Civilisation matérielle
Cours d’anthropologie.
Prof travaille avec des artistes autochtones en Océanie et Australie, travaille aussi sur
des ouvrages anciens.
Question de la pollution aussi, matérialité des déchets.
Mardi 7 oct, à Brest : conférence avec deux auteurs aborigènes.
Donc lundi 6 : absente le lundi aprem.
13 oct : absente aussi
Anthropologie, a pour synonymes ethnologie et ethnographie.
Selon Levi-Strauss, ces 3 termes sont trois étapes d’une même démarche scientifique,
trois moments progressifs d’une même recherche.
Ethnographie = travail sur le terrain, observation, recueil de données et description de
situations.
Ethnologie = représente le premier moment de synthèse, on analyse les données
qu’on a récolté, cette analyse se fait sur un groupe/ethnie/aire culturelle.
Anthropologie = « l’anthropologie vise à une connaissance globale de l’homme,
embrassant son sujet dans toute son extension historique et géographique ; aspirant à
une connaissance applicable à l’ensemble du développement humain depuis disons
les hominidés jusqu’aux races modernes ; et tendant à des conclusions positives ou
négatives mais valables pour toutes les sociétés humaines depuis la grande ville
moderne jusqu’à la plus petite tribu mélanésienne » Levi-Strauss, Anthropologie
structural, 1958.
Levi-Strauss s’est fait connaître en publiant Tristes tropiques, publié dans la
collection Terres humaines, où des chercheurs sont invités à parler de leurs enquêtes
et recherches à la première personne, comment la tradition universitaire et la
réception du public a évolué avec le temps.
Étymologie :
ethno = l’ethnie, graphe = écriture. Ethnographie = prise de note sur un petit groupe
humain. La taille est à relativiser (on peut faire une ethnographie sur la poste).
Observation sur un terrain c’est aussi conduire des entretiens formels/informels ;
archives personnelles ou d’État. On note les mots en langue vernaculaire.
L’anthropologie s’est institutionnalisée en France dans les 1920s, tandis qu’en
Angleterre c’est dans les 1890s.
En anthropologie, on a aussi des textes historiques pour parler des peuples (les
romains qui parlent des peuples ; écrits des missionnaires et des administrateurs
coloniaux). Ces descriptions peuvent être erronées, tout comme elles peuvent être
pertinentes.
Ethnologie (science de la différence, de l’altérité) = description scientifique (logos =
raison) d’un groupe. Elle va décrire de manière exhaustive un groupe, au-delà de
décrire on va essayer de comprendre les institutions : l’État, la religion, les pratiques,
etc. À l’époque on a beaucoup de monographies, mais pas exclusivement. On va
chercher à comprendre les spécificités culturelles de chaque groupe, mais en même
temps on va essayer de comprendre ce qui est commun à tous les peuples,
indépendamment de la période historique ou aire géographique.
On a une visée comparative (= anthropologie, la science de l’homme).
L’anthropologie a aussi intérêt à croiser différents regards qu’on a sur un même
groupe. Parfois on mobilise la biologie marine ou d’autres sciences (essayer
d’imaginer une boule à facettes).
Chaque groupe humain a des rites, mais ils le font tous de manière différente.
On fait un va et vient entre la singularité culturelle et ce qui est commun aux
hommes, car on est ethnocentriques donc on a des biais cognitifs.
Les collections muséales font une coupure artificielle dans l’évolution des pratiques.
La sociologie étéait présenté comme la science des sociétés modernes, c’est-à-dire
l’Europe. L’ethnologie se présente comme la science de l’altérité des autres peuples
« primitifs », c’est-à-dire en dehors de l’europe.
À force d’avoir cette littérature de plus en plus abondante, la frontière entre peuples
modernes et primitifs ne tient plus.
Aujourd'hui on a un dialogue assez étroit entre sociologie et ethnologie, certains
disent qu’il n’y a plus de frontière entre les 2 disciplines.
L’un des pères de l’anthropologie c’est Henri Lewis Morgan, avocat aux USA. Il est
sollicité par une compagnie de chemins de fer qui veut s’étendre. Il fait une analyse
sur le terrain et parle aux indigènes Seneka (??), et se rend compte que on nomme
différemment les mmebres de la famille : Père signifie son père mais aussi le frère de
son père, classification différente. Il va s’intéresser aux termes d’adresse, comment
on nomme ses parents, il va de groupe en groupe.
Puis il va se demander si c’est spécifique à cette aire culturelle des Iroquois ou si on a
plus loin, donc il va envoyer des questionnaires aux 4 coins du monde, il va couvrir
70 groupes différents.
Morgan dit qu’il y a 4 groupes classificatoires, finalement un autre anthropologue
révèle qu’il en a trouvé 36.
De nos jours, avec la PMA, ça bouge de nouveau les ancrages de la famille en
Europe.
L’anthropologie s’est fondée sur des peuples distants du centre euroaméricain, mais
de nos jours du fait de la mondialisation, un grand nombre de groupes humains sont
connectés en dehors des frontières physiques, ils peuvent partager des similarités
culturelles grâce à ça.
CM1 : Anthropologie du déchet
Faire une carte mentale sur le terme de déchet, ce qui nous vient à l’esprit sur le mot
déchet :
- rejet
- pollution
- usé
- odeur
- continent de plastique
- archéologie
- Arman
Correction :
Historicité des déchets (ex : amas coquilliers à La Torche), question de la nocivité.
Plan du cours :
Quelques grandes théories sur les notions de saleté, on va se pencher sur Mary
Douglas qui, en 1966, a publié un ouvrage traduit en français par « De la souillure ».
Est-ce que la saleté est bien placée, mal placée ?
Exemple d’une décharge, la plus grande au monde qui est à New York.
Problématique de la gestion des déchets et aussi du recyclage/réparabilité.
On parlera aussi de la représentation iconographique/artistique de ces déchets.
Rudologie (science des déchets) et waste studies (science du rejet/déchets).
Définitions :
- Écotoxicologie : quand on parle d’un déchet, on le définit par son potentiel de
dangerosité pour l’environnement et la santé, mais on a tendance à mêler les deux.
Cette définition n’est pas basée sur l’apparence ou l’usage, mais sur les effets
biologiques et chimiques va produire. On dit un déchet écotoxique s’il a des effets
immédiats ou proches sur une ou plusieurs espèces.
- En géographie : on définit le déchet comme un objet qui n’a plus d’utilité zt rejeté
de son cycle de vie initial. Jean Gouiher (?), a créé la rudologie, l’étude systématique
des déchets, des biens et des espaces déclassés. On étudie la collecte du déchet, son
traitement, etc.
- Sociologie : déchet est une production de l’activité humaine, rejeté car plus de
valeur d’usage ou d’échange, en sociologie on s’intéresse au rôle des acteurs dans le
rôle des déchets. Déchet reflet d’une société de consommation mais aussi marqueur
d’inégalité sociale.
- Anthropologie : Question du symbolisme, le déchet est une notion symbolique. Pour
Mary Douglas, le déchet est une « matière mal placée ». Les rituels de gestion de
déchets peuvent être considérés comme des actes sociaux qui réaffirment un ordre
symbolique.
On est dans ce que certains chercheurs appellent une « civilisation du plastique »,
concept critique qui va être utilisé dans de nombreux domaines pour qualifier notre
époque façonné par ce plastique, qui est à la fois matière et rejet.
La civilisation du déchet, ouvrage publié en 2024, Tastevin et Cave. Les déchets
plastiques peuvent perdurer pendant des décennies voir plus. Durabilité qui a
profondément modifié notre relation avec le déchet.
Culture du jetable, anthropologue Baptiste Monsageon a écrit sur le plastique, a
travaillé avec des anciens commerciaux qui, dans les 50s/60s, ont eu une formation
pour pouvoir convaincre les gens de jeter et remplacer (ex : tupperware en plastique)
pour toujours avoir quelque chose de nouveau, on a retiré les processus de réparation
qui étaient alors oubliés. Donc on a un flux constant de déchets.
Le plastique a une portée écologique, mais aussi une portée géologique, certains
parlent de « plasticocène »(?), c’est-à-dire une nouvelle ère géologique créée par le
plastique. On peut retrouver de plastiglomérats, des traces de plastiques dans la roche
et dans l’air, sous forme microscopique, ça modifie la composition de la planète terre.
Permet de se décaler de la question de la saleté pour parler de la question de la durée,
voire de traces indélébiles.
Le plastique permet de parler d’inégalités :
pratique d’externalisation des déchets, cette exportation va des pays du Nord vers les
pays du Sud. Certains vont parler d’inégalités environnementales et sociales.
Max Liboiron, amérindien, a évoqué l’expression de gaspillage colonial, elle montre
que c’est systémique : les logiques coloniales ont permis de développer la culture
industrielle, les usines sont souvent localisées sur les territoires autochtones, donc
cette pollution va impacter certains groupes vulnérables.
Exemple d’une décharge :
Les objets peuvent aussi être source de fonds patrimoine.
Décharge de NY Freshkill, emblématique pour montrer comment le déchet se
transforme en paysage mémoriel, voir politique. Cette décharge a fermé en 2001, et
de nos jours c’est le plus grand parc de NY (plus que Central Park), ils ont transformé
un site de pollution en espace de loisirs et de réhabilitation écologique.
Transformation par un acte de redéfinition culturel.
Vidéo :
Les gens se souviennent de l’odeur.
Gros projet.
Actuellement en train de le construire.
Ont demandé aux gens ce qu’ils voulaient avoir.
C’est un travail communautaire de définition des besoins, ce qu’elle veut.
Freshkill est aussi un objet de mémoire, de patrimoine. Les déchets forment les
collines.
La question de la mémoire apparaît : comment on transmet l’information ? Le parc le
fait ? La population ?
Est-ce que Freshkill est un monument de l’anthropocène ? La mémoire n’est pas
seulement historique, elle est aussi matérielle.
Qui a le droit de transformer ? Qui a le droit de parcourir cette ancienne décharge ?
Lucy Taieb, livre Freshkills, parle de « souterrain fantôme », qui vient interroger
notre surconsommation, les ordures sont « les spectres des marchandises ».
On a appris à invisibiliser les déchets, les mettre à l’écart. Donc c’est un lieu de
mémoire qui dérange, les gens sont confrontés à leur propre saleté.
Mary Douglas parle de « matière mal placée ». L’attitude sociale va marquer une
démarcation entre le propre et le sale, Douglas montre que la valeur de déchet est
forcément négative. Ce dégoût va aussi nous rassurer, on va prendre une distance.
Mais cet ordre là n’a rien à voir avec l’hygiène, mais est un ordre culturel. Lié à notre
représentation du monde.
Ex : le déchet marin n’est pas aussi répugnant s’il est dans l’eau que s’il est sur la
terre, comme si l’eau purifiait ce déchet.
Douglas montre que le déchet peut faire l’objet d’une inversion : la saleté brouille, on
sait pas ce qui est de l’ordre du désordre. Certains artistes exploitent le pouvoir positif
de la saleté (sur le plan symbolique), parfois un déchet peut devenir un matériau
artistique.
Stabilité ontologique, par Boetzkes, Pendakis, montre comment les sociétés modernes
gardent une stabilité mentale/morale (écoanxiété) en invisibilisant les déchets.
Comme ils sont une menace pour notre rapport au monde, la stabilité ontologique est
gardé par des mécanismes sociaux qui permettent d’invisibiliser/limiter l’impact. Ex :
la décharge, on enterre les déchets hors de notre vue ; on vit avec la « promesse du
recyclage », en imaginant que le déchet disparaît, devient autre chose ; on exporte les
déchets vers d’autres pays ce qui les invisibilise.
La stabilité ontologique permet de critiquer l’invisibilisation. Ex : la mairie de San
Francisco a dit qu’ils avaient réduits leurs déchets plastiques, mais en fait ils les
exportaient à l’étranger.
Debora Laks, historienne de l’art, a produit une histoire des déchets à travers
l’iconographie, Poubelles : Une histoire sociale des rebuts urbains à Paris, du XVIIIe
à nos jours.
Au XVIIIe, le déchet est une ressource valorisée. Puis il est caché (invention
poubelle), puis il devient un problème de gestion urbaine.
XVIIIe-début XIXe : Paris préindustriel, ce qui n’a plus d’utilité (tissu usagé), on va
le réutiliser : les chiffonniers vont récupérer les tissus pour l’industrie papetière, les
matières organiques comme compost, etc. Métiers organisés en corporation,
essentiels pour l’économie de la ville, permettent une gestion + ou – formelle de ces
rebus.
Milieu XIXe – milieu XXe : on va commencer à le percevoir comme un problème,
avec la figure de Haussmann et l’hygiénisme. Le déchet va être perçu comme sale,
qu’il faut le cacher. Les chiffonniers n’ont plus le droit d’exercer. Le préfet Poubelle
invente la poubelle.
Fin XXe : massification de la conso, se pose le problème de gestion.
Debora Laks regarde comment ces déchets étaient représentés dans la photo, la
peinture, les gravures, etc. Son travail montre l’évolution de la représentation de ces
métiers : le chiffonniers était pittoresque mais honorable, puis au XIXe ils deviennent
isolés, représentation misérabiliste.
Exercice :
Chercher des représentations iconographiques de déchets.
Ne pas chercher des œuvres d’arts du Xxe/XXIe.
Permet de discuter de la place des déchets.
Gravure sur bois allemande du XVIe, représente une femme qui jette ses déchets par
la fenêtre alors que des gens jouent sous sa fenêtre.
Asarotos Oikos
DEVOIR : Lire les dossiers d’étudiants sur les techniques du corps, puis on en fera
une scénographie.
Exam : Un dossier, pas d’exposé oral, pour le 15 novembre (date non officielle).
Choisir un type d’objet venant de notre quoitidien (au sens large), en lien avec la
thématique du déchet, et on analyse les relations qu’on peut et d’autres personnes
peuvent avoir avec l’objet.
4 PAGES = COURT DONC IL FAUT FAIRE DES CHOIX, UNE
PROBLÉMATIQUE.
Intro + conclu + biblio.
Thèmes à aborder : saleté, mémoire, cycle de vie.
Idées : jeux de cartes ? Dés ? (pas vraiment sale)
III) Mouvements artistiques
Noter les noms des mouvements artistiques
Tournant XXe, les artistes veulent détourner des objets du quotidien (Duchamp,
César, ARMAN), récupèrent des déchets (perçus comme n’ayant plus de valeurs
d’usages), on a aussi le Nouveau Réalisme, qui conforte les artistes dans la quête de
l’objet déchet, dans les 60s. À partir des 60s, on a des artistes qui ne cherchent des
objets pas seulement pour le côté symbolique (social, couleur, texture) mais parce
qu’ils sont révélateurs d’injustices sociales et écologiques.
On a des termes qui émergent : junk art (contre culture, pas bon) parfois renommé en
trash art (question de l’ordure) comme David Hammons, qui va dans des quartiers
afro américains et récupèrent des objets abandonnés (paniers de basket, morceaux de
métal, morceaux de tresse) pour dénoncer la marginalisation de communautés.
En Italie, c’est l’arte povera, « art pauvre », valorise des matériaux peu nobles, on va
chercher dans des objets relégués, dénoncent l’attachement aux matières nobles et
couteuses pour remettre au cœur de la démarche artistique une intention
philosophique.
Cet héritage artistique avec ce geste révolutionnaire de Duchamp et César et tout se
double d’une attention aux crises environnementale qui apparaît en même temps.
On va avoir des déchets urbains mais aussi des déchets sauvages, mobilisation des
artistes qui appellent à l’action plutôt qu’à la contemplation.
Déchet sauvage : celui qui ne va pas être dans le paysage urbain. Peut résulter
d’activités industrielles (billes de sirènes), mais aussi des endroits naturels où les
hommes vont déposer leurs déchets (décharges sauvages ou décharge mal
conçue/gérée), porté par les ruissellements des eaux de pluie aussi. Entités non
humaines comme les rongeurs, oiseaux, insectes qui sont involontairement des
acteurs de la dispersion.
Bioaccumulation de toxines (gros poisson qui mange petit poisson) et ça remonte la
chaine alimentaire, donc éviter de consommer trop de gros poissons, donc dispersion
et accumulation.
Dans cette démarche contestataire, on invite au réemploi, au recyclage, on a des
artistes qui travaillent sur site, du « landart », œuvre d’art qui place l’environnement
en son sein.
Ouvrage de Paul Ardenne sur l’art écologique.
On va avoir des artistes qui travaillent avec des déchets non pour avoir une empreinte
plus grosse mais réparer les erreurs en valorisant la beauté de l’endroit, car il est
nettoyé par l’artiste.
Su Spaid et Amy Lipton, ont défini le concept de « écovention », concept qui définit
les courants artistiques qui visent à défendre et nettoyer l’espace naturel.
Art écologique en dialogue avec l’environnement, engagé dans sa protection et qui va
faire que le déchet est de plus en plus présent, matériellement ou dans le discours de
l’artiste.
Deux nouveaux mouvements artistiques très récents : l’un reprend le concept du
waste art, et un autre qui s’appelle Sea Art, appellent « seatoyen », les gens qui
s’engagent par eux même dans la protection d’un espace marin.
Amènent le spectateur à changer de rôle : il ne regarde plus, il devient un acteur, donc
on est dans l’artivisme, cet artivisme a besoin la participation d’autres personnes, plus
de gens pour collecter les déchets, etc. Réseau de personnes qui vont être mises au
service de l’environnement, et cette initiative est saluée par des acteurs : caractère
ludique salué, dimension collective qui permet un apprentissage horizontal, donc on
le voit parfois comme une forme d’alternative à une non-réaction, qui provoque chez
certains une ecoanxiété.
Aujourd'hui, de plus en plus de scientifiques/collectivités/assos/entreprises vont
soutenir ces démarches en finançant ou en étant acteur, car ils saluent l’initiative.
D’un point de vue anthropo, ça permet une transmission du savoir qui sont une forme
de résistance, ne pas s’accommoder des déchets présents face à l’invisibilisation des
déchets.
L’oeuvre d’art permet de se jouer des paradoxes, elle expose une vulnérabilité, invite
l’individu à ressentir des émotions, d’exprimer des sentiments, de dialoguer, invite à
interroger les choses sous un autre angle. Elle engage, et la personne après décide
d’en parler ou d’explorer plus en détail le projet.
L’oeuvre d’art visibilise l’invisible, et bouscule les choses établies.
Artistes :
Sur l’objet déchet en matériau, face à la « plastification de l’océn » (Boguéra??).
Alexandro Duran, a fait une foret de brosses à dents ; Mandy Barker, photograhe, on
dirait que c’est l’espace mais c’est l’océan, avec les microdéchets ; Tess Felix,
revisite l’art du portrait, il fait des représentations d’activistes de l’environnement
avec des déchets en plastique.
Un déchet sauvage peut devenir un matériau d’art.
Dans la pratique artistique, il y a une porosité entre déchet urbain et artistique. Un
déchet urbain peut devenir sauvage par les aléas.
George Nuku, scénographie autour du continent de plastique, une eau polluée en
espace rural aura un impact sur la mer.
Deux notions :
Michael Thompson, a écrit sur le cycle de vie des objets, Rubbish Theory, 1979,
conceptualise le cycle de vie des objets qui passent entre 3 catégories de valeur :
- La première, transitoire, parle d’objets d’éphémères de la consommation courante
(sachets plastiques, petit sac alimentaire)
- La deuxième, un objets qui a une valeur durable, des objets rares ou collectionnés
(œuvres d’arts, valeur symbolique qui fait que la personne qui l’a récupéré lui en a
donné une)
- La troisième, le déchet, a perdu de sa valeur. Peut en avoir de nouveau grâce à la
personne qui la re-garde.
Donc ces trois catégories sont fluides, dépend de la conception sociale de la valeur en
fonction de l’époque.
Arjun Appadurai, Social Life of things, insiste sur le fait que les objets ont une vie
sociale. Une œuvre d’art a eu une vie avant d’en être une, ça permet de retracer le
parcours d’un objet.
Donc les objets circulent et sont transformés. Qui définit un objet, sa fonction, sa
valeur. On parle aussi des personnes, qui contribuent à cette circulation.
Garbage project, projet de recherche Rathje et Ritenbaugh, projet en 73 de collecter
les ordures de la ville de Tucson, en Arizona. Les gens produisent beaucoup plus de
déchets alimentaires que ce qu’ils pensent. Pas de décomposition dans les décharges
parce qu’il n’y a pas assez d’oxygène pour que ça se décompose.
EXERCICE :
à partir des noms qu’on vient d’avoir ou d’artistes qu’on connaît, puis on va essayer
de mettre des notions sur ces œuvres.
Nuku, poissons/animaux marins en bouteilles de plastiques, là on est sur des déchets
sauvages (plastique rejeté à la mer). Activités où les visiteurs aident Nuku à faire ses
œuvres = artivisme (implique les gens).
Pour Nuku, le plastique a une plus grande valeur, le compare.
Pour Mary Douglas, le déchet est une « matière mal placée ». Les rituels de gestion
de déchets peuvent être considérés comme des actes sociaux qui réaffirment un ordre
symbolique.
CORRECTION :
Subodh Gupta.
Tony Cragg, lié à la civilisation du plastique.
Andy Warhol, conserves mais pas de notion de saleté.
REPRISE COURS :
Max Liboiron, a écrit un livre Pollution is colonialism, soutient que la production de
déchets n’est pas un accident du capitalisme mais le fait que le colonialisme persiste.
A fondé un sous champ d’études, « discard studies », étudie les systèmes de
gaspillages et les relations de pouvoirs qui les sous-tend, avec son collaborateur Josh
Lepawsky.
S’intéressent à pourquoi on jette autant. Ex : s’intéressent aux verbes (jeter, gaspiller,
polluer).
Problématique provocante : qu’est-ce qui doit être gaspillé pour qu’un système
perdure ?
Rapports de pouvoirs, systèmes dominants.
Mickaela Le Meur, a publié dans le magasine Technique et Culture, que jusqu’à
récemment les européens envoyaient en Asie, surtout Vietnam, et des quartiers entiers
se réorganisaient face à ces déchets exogènes, on a des vrais métiers qui se forment,
adaptation économique.
Autre numéro de la revue Technique et Culture, en 2016, Réparer le monde, sur le
prisme de la réparation, le déchet étant alors une ressource potentielle.
On sort de la vision linéaire produire/consommer/jeter, on a une réparation qui
intervient dans le cycle des objets. Ça fait aussi écho à une exposition « Vie
d’ordures », montée par des chercheurs qui ont travaillé avec des gens de Marseille.
Octave Debarry, De la poubelle au musée, a travaillé avec des artistes, s’intéresse au
quotient de déchet, de transmission. Là on est sur des objets jugés usagés,
abandonnés, trouvés dans les fonds de greniers, et il a « l’art d’accommoder les
restes », révélateur de facteur sociaux et culturel, permet de gérer la mémoire et
l’oubli.
Ex : vendre un objet en vide grenier lui permet de s’en défaire et de lui offrir une
deuxième vie. Le déchet, en devenant un reste, devient un témoin de ce qui a été.
La qualification d’un objet en déchet est un acte social, et le relègue en dehors du
champ de valeur de l’utilité, mais ce n’est pas définitif.
Déchet comme manière d’interroger notre mécanisme de mémoire.
Debarry invite à voir le déchet non pas comme la fin d’un processus mais comme un
instant de transition, un entre-deux, qui possède un pouvoir de signification sur le
passage du temps.