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Le Naturalisme

Littérature

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Le mouvement littéraire,

Naturalisme
I-) Présentation
La fin du XIX° siècle voit se développer à la fois une littérature qui dépeint la
réalité en s’appuyant sur un travail minutieux de documentation, et une contestation du
monde moderne naturaliste.

Ce mouvement littéraire renforce ou développe certains caractères du Réalisme :


la reproduction la plus parfaite de la réalité les méthodes des sciences expérimentales
(Cf. VI) et la le positivisme.

« Le roman naturaliste est une expérience véritable que le romancier fait sur l’homme, en
s’aidant de l’observation. »

Le Roman expérimental, Zola.

II-) Histoire du mouvement


C’est à l’époque de la publication de l’Assommoir, en 1877, que Zola réunit tous les
jeudis dans sa maison de campagne à Médan, Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique
et Alexis (Cf. VII). C’est en 1880 que la pensée de ce groupe s’affirme avec la publication
de l’ouvrage, les soirées de Médan.

Maupassant écrit :

« Nous nous trouvions réunis, l'été, chez Zola, dans sa


propriété de Médan. Pendant les longues
digestions des longs repas (car nous
sommes tous gourmands et gourmets, et
Zola mange à lui seul comme trois
romanciers ordinaires), nous causions. Il
nous racontait ses futurs romans, ses idées
littéraires, ses opinions sur toutes choses.
Certains jours on pêchait à la ligne.
Hennique alors se distinguait, au grand
désespoir de Zola, qui n'attrapait que des savates. Moi, je restais étendu dans la barque la Nana, ou
La maison du Médan de Zola
bien je me baignais pendant des heures, tandis que Paul Alexis rôdait avec des idées grivoises, que
Huysmans fumait des cigarettes, et que Céard s'embêtait, trouvant stupide la campagne. [] »
III-) Les origines du mouvement
Le mouvement est, à l’origine, amorcé par les frères Goncourt, et est ensuite
théorisé par Zola. La détermination des Goncourt ne leur valut pourtant pas la gloire
littéraire. Après la mort de son frère, irrité par le succès de
Zola, Edmond tenta de revendiquer la paternité du
mouvement naturaliste. Le roman des frères Goncourt,
Germine Lacerteuse, écrit en 1865, est fondé sur
l’étude d’un cas réel d’hystérie. Dans la préface, ils
revendiquent la dimension scientifique du roman
moderne :

« Aujourd’hui que le roman s’élargit et grandit, qu’il


commence à être la grande forme sérieuse, passionnée,
vivante, de l’étude littéraire et de l’enquête sociale, qu’il devient
par analyse et par la recherche psychologique, l’Histoire
morale contemporaine, aujourd’hui que le roman s’est
imposé les études et les devoirs de la science, il peut en
revendiquer les libertés et les franchises. »
Les frères
Pour Zola, le naturalisme s’appuie sur trois principes :

 Rien n’existe en dehors de la nature.  Philosophique


 Représentation exacte de la nature  Esthétique
 Ensemble des procédés permettant à un artiste témoin de son temps de
donner l’illusion du réel  Littéraire

IV-) Genres et Formes


Tous les genres sont concernés par le
naturalisme mais surtout le roman, la critique et l’histoire.
En peinture, la recherche suit, devance ou
accompagne les travaux des écrivains. Les peintres
représentent les milieux populaires et même les bas- fonds : la
vie paysanne, les travaux pénibles […]. Le théâtre naturaliste; quand à lui rejette la
convention et représente des « tranches de vie ».
« La paie des moissonneurs »
V-) Les influences Lhermitte. L

Le mouvement naturaliste est influencé par :

 La révolution scientifiques et industrielle, notamment les sciences naturelles.


 Les théories scientifiques sur l’hérédité ou l’évolutionnisme de Darwin : avant
lui, on pense que les espèces étaient fixes ; ensuite on pense qu’elles évoluent.
 La philosophie positive d’Auguste Comte, dans les années 1920 : c’est une
nouvelle manière de philosopher qui s’appuie sur les faits réels, « positifs », à
ne réfléchir qu’à partir de certitudes précises, pour ne pas donner lieu à des
divagations.
 La nouvelle génération qui demande une nouvelle forme d’expression. Le
roman doit s’attacher à l’étude de cette « génération d’esprits affolés et
hystériques » Mes Haines, Zola.

Le Naturalisme naît également :

 Contre l’Idéalisme (courant philosophique qui subordonne à la pensée toute


existence) et le Romantisme (ensemble des mouvements intellectuels et
artistiques de la fin du XVIII ème S qui font revaloir les sentiments sur la pensée
et l’imagination sur l’analyse critique) : « tout écrivain qui, le voulant ou non,
emploie la formule scientifique, reprend l’étude du monde par l’observation
et l’analyse » écrit Zola.

VI-) Le Roman Expérimental


Le Roman expérimental, écrit pas Zola en 1880, est un ouvrage théorique. Zola
s’est inspiré des recherches de Darwin sur le milieu naturel et se persuade que le corps
social est lui aussi régi pas les lois de la sélection naturelle et de la lutte pour la vie.

Cette œuvre applique à la littérature la méthode


expérimentale, mise au point par Claude Bernard (1813-
1878), physiologiste et médecin. Elle consiste à observer,
induire, vérifier, selon une vision matérialiste et mécaniste du
monde et des comportements humains.

Voici un extrait du Roman expérimental :


Une séance d’expérimentation
« […] Notre grande étude est là, dans le travail réciproque de la société
scientifique sur l’individu
de Claude Bernard et de
l’individu sur la société. […] Dès lors, nous verrons qu’on peut agir sur le milieu social, en agissant
sur les phénomènes dont on se sera rendu maître chez l’homme. Et c’est là ce qui constitue le roman
expérimental : posséder le mécanisme des phénomènes chez l’homme, montrer les rouages des
manifestations intellectuelles et sensuelles […] sous les influences de l’hérédité et des circonstances
ambiantes, puis montrer l’homme vivant dans le milieu social qu’il a produit lui-même, qu’il modifie
tous les jours, et au sein duquel il éprouve à son tour une transformation continue. »
VII-) Les auteurs majeurs du mouvement

Emile Zola
Zola a un rôle très important, voire même envahissant, dans le mouvement
naturaliste. Par ses campagnes dans la presse, le retentissement de ses œuvres et sa
personnalité, il attire autour de lui beaucoup de jeunes.

Pour Zola, le romancier ne doit pas juger ses personnages mais montrer quel
déterminisme s’exerce dans les comportements individuels et sociaux. C’est le projet
qu’il mène à bien de 1871 à 1893 dans les romans des Rougons-Macquart, Histoire
naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire.

Les différents thèmes des œuvres de Zola ont préalablement fait l’objet d’une
recherche et d’une documentation poussée (comme toutes les œuvres naturalistes).
Pour écrire La Bête humaine, il fait un voyage en chemin de fer pour se documenter sur
le rail et les locomotives ; il parcourt le quartier de la Goutte d’or en quête d’un langage
populaire authentique pour écrire L’Assommoir, et assiste même à une messe pour que
La Faute de l’abbé Mouret puisse décrire la liturgie catholique avec exactitude .

Joris-Karl Huysmans
Huysmans débute en littérature en 1874 avec un recueil de poèmes en prose, Le
drageoir aux épices. Deux ans plus tard, il écrit une critique louangeuse de L’Assommoir
et un petit roman, Marthe, que lui valent l’amitié de Zola. Désormais les personnalités du
groupe naturaliste (Hennique, Alexis, Céard, Zola et Maupassant) vont se regrouper
autour de lui. Huysmans prendra ses distances avec le naturalisme et l’explique ainsi, en
1903.

« Au moment où parut A Rebours c’est-à-dire en 1884, la situation était donc celle-ci : le


naturalisme s’essoufflait à tourner la meule dans le même cercle. [ …]

Mais Zola était Zola, c’est-à-dire un artiste un peu massif, mais doué de puissants poumons et de
gros poings. Nous autres, moins râblés et préoccupés d’un art plus subtil et plus vrai, nous devions
nous demander si le naturalisme n’aboutissait pas à une impasse et si nous n’allions pas bientôt
nous heurter contre le mur du fond.

Il y avait beaucoup de choses que Zola ne pouvait comprendre, d’abord. Ce besoin que j’éprouvais
d’ouvrir les fenêtres, de fuir un milieu où j’étouffais : puis, le désir qui m’appréhendait de secouer les
préjugés, de briser les limites du roman, d’y faire entrer l’art, la science, l’histoire, de ne plus se
servir, en un mot. De cette forme que comme d’un cadre pour y insérer de plus sérieux travaux. Moi,
c’était cela qui me frappait surtout à cette époque, supprimer l’intrigue traditionnelle, voire même
la passion, la femme, concentrer le pinceau de lumière sur un seul personnage, faire à tout prix du
neuf. »

Henry Céard
Il est né à Bercy le 18 novembre 1851 et mort à Paris le 16 août 1924, est un
romancier, poète, auteur dramatique et critique littéraire français. Écrivain naturaliste, il
fut un ami proche d'Émile Zola.

Il est employé au ministère de la Guerre, et attaché au cabinet du préfet de la


Seine, puis sous-directeur de la bibliothèque de la Ville de Paris à l'hôtel Carnavalet.

Léon Hennique
Il est né à Basse-Terre en Guadeloupe le 4 novembre 1850 et mort à Paris le
25 décembre 1935, c’est un romancier naturaliste et auteur dramatique français.

Il étudie la peinture mais se consacre après la guerre de 1870 à la littérature. Il


s'occupa de la fondation de l'Académie Goncourt, et assuma la présidence de 1907 à
1912.

Paul Alexis
Il est né à Aix-en-Provence le 16 juin 1847 et mort à Levallois-Perret dans la Seine
le 28 juillet 1901, c’est un romancier, auteur dramatique et publiciste français.
Il s'installe en 1869 à Paris où il devient intime de Zola et
de sa famille. Il collabore à de nombreux journaux, parmi
lesquels L'Avenir national, La Cloche, Le Corsaire, Le Cri du peuple
(sous le pseudonyme de Trublot), Gil Blas, Le Journal, La Réforme,
Le Récueil, Le Voltaire. Il est l'auteur de romans et de nouvelles
dans le style naturaliste, ainsi que de pièces de théâtre.

Paul Alexis était un grand admirateur de Flaubert et ami de Renoir. Henri Céard
l'appelait l'« ombre de Zola ». Cézanne a peint un tableau le représentant en train de faire
la lecture à Émile Zola.
La lecture de Paul Alexis chez Zola,
Cézanne

Guy de Maupassant
Guy de Maupassant, n é l e 5 août 1850 à Tourville-sur-Arques[], Guy de
Maupassant est mort le 6 juillet 1893 à Paris. C’est un écrivain français.

Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, il a marqué la littérature française par ses
six romans, dont Une Vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, mais
surtout par ses nouvelles (plus de 300), parfois intitulées contes, comme Boule de Suif en
1880, Les Contes de la bécasse en 1883 ou le Horla en 1887. Ces œuvres retiennent
l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le
pessimisme qui s’en dégage le plus souvent mais aussi par la maîtrise stylistique. La
carrière littéraire de Guy de Maupassant se limite à une décennie de 1880 à 1890 avant
qu’il sombre peu à peu dans la folie et meure à quarante-deux ans.

VIII-) La fin du naturalisme


C’est de l’intérieur même du mouvement naturaliste que vinrent les
« trahisons » et les coups les plus durs.

En 1887, au lendemain de la publication par Zola de La Terre, cinq de ses disciples


signèrent un Manifeste où ils reprochent au maître d’être « descendu au fond de
l’immondice », reprenant les thèses de la critique conservatrice.

En fait, cette trahison était le signe d’une crise plus profonde. La réconciliation de
l’Eglise avec la République « modérée », le « retour offensif du mysticisme » (possibilité
d’une union parfaite avec dieu), et le procès du positiviste : autant d’éléments qui dans
les dernières années du XIXème S ont déstabilisé le climat intellectuel dans lequel s’était
épanoui le naturalisme. Flaubert et Zola deviennent les boucs émissaires d’un règlement
de comptes.
Peintures représentatives du mouvement naturaliste :

Le chimiste Henri Sainte Claire


Deville : leçon sur l’aluminium
1890

Léon Augustin Lhermitte,

La fenaison

1850

Jules Breton,

Le chant de l'alouette.

1884

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