Rabbits SC Report 2017 FR
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Janvier 2017
REMERCIEMENTS
Le présent rapport est le fruit d’un travail considérable qui a bénéficié de l’aide et de
l’encadrement de plusieurs personnes. Le Comité scientifique souhaite remercier Dre Stephanie
Torrey pour ses contributions et ses efforts importants au cours de l’élaboration du rapport. Nous
tenons aussi à remercier Dre Renée Bergeron, qui a aimablement coordonné l’évaluation par les
pairs. Le rapport a également profité des commentaires songés de deux évaluateurs de textes
anonymes. Merci enfin à Caroline Ramsay pour son appui précieux tout au long du processus.
Le financement de ce projet est assuré par le programme Agri-marketing dans le cadre de Cultivons
l’avenir 2, une initiative fédérale-provinciale-territoriale.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
Contexte
Il est largement accepté que les codes, les lignes directrices, les normes et la législation au sujet du bien-
être animal doivent s’appuyer sur les connaissances les plus à jour qui existent. Ce savoir provient
souvent de la littérature scientifique.
Le CNSAE crée un Comité scientifique pour chaque code de pratiques en cours d’élaboration ou de
révision. Ce comité est composé d’un nombre cible de 6 spécialistes de la recherche sur les soins et la
gestion des animaux à l’étude. Le CNSAE sollicite des mises en candidature de la part : 1) de
l’Association canadienne des médecins vétérinaires, 2) de la Société canadienne de science animale, et 3)
de la section canadienne de la Société internationale d’éthologie appliquée. Au moins un représentant de
chacun de ces organismes scientifiques professionnels est nommé au Comité scientifique. D’autres
organismes scientifiques professionnels peuvent aussi siéger au Comité scientifique au besoin.
Objectifs et buts
Le Comité scientifique rédige un rapport qui fait la synthèse de tous les résultats de la recherche portant
sur les questions de bien-être animal essentielles, telles que déterminées par le Comité scientifique et par
le Comité d’élaboration du code. Ce dernier se sert du rapport en question lors de la rédaction du code de
pratiques pour l’espèce visée.
Le mandat intégral du Comité scientifique, qui s’inscrit dans le Processus d’élaboration des codes de
pratiques applicables aux soins et à la manipulation des animaux d’élevage du CNSAE, est disponible sur
le site www.nfacc.ca/processus-delaboration-des-codes#appendixc.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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TABLEAUX ET FIGURES
Tableau 1. Compilation d’études évaluant différents types de planchers ................................................... 15
Tableau 2. Compilation d’études portant sur la dimension de cages, la taille des groupes et les seuils
d’espace alloué ............................................................................................................................................ 16
Tableau 3. Résultats d’études portant sur la séparation mère-portée et son effet sur le bien-être des
lapereaux. .................................................................................................................................................... 31
Tableau 4. Résultats d’études portant sur l’allaitement restreint et son effet sur le bien-être des
lapereaux. .................................................................................................................................................... 32
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Le mandat du Comité scientifique était de se pencher sur les répercussions des thèmes définis sur le bien-
être des lapins. Il ne fait peu ou pas référence aux considérations économiques ni aux problèmes de santé
et de bien-être des humains, car ces éléments dépassaient le cadre de son mandat et étaient rarement
abordés dans les articles étudiés. Le Comité d’élaboration du code, pour lequel le présent rapport est
préparé, compte des représentants qui ont une vaste expertise dans ces domaines et a pour tâche de tenir
compte de tels facteurs dans ses discussions.
Notes bibliographiques
Broom, D.M. (1991). « Animal welfare: concepts and measurement », Journal of Animal Science, vol. 69,
p. 4167-4175.
Duncan, I.J.H. (1993). « Welfare is to do with what animals feel », Journal of Agricultural and
Environmental Ethics, vol. 6, suppl. 2, p. 8-14.
Fraser, D. (2008). Understanding Animal Welfare: The Science in its Cultural Context, Wiley-Blackwell,
Ames (Iowa).
Fraser, D., Weary D.M., Pajor E.A. et Milligan B.N.. (1997). « A scientific conception of animal welfare
that reflects ethical concerns », Animal Welfare, vol. 6, p. 187-205
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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1. Logement
Conclusions
Les lapins en engraissement logés sur des planchers en grillage de métal présentent des taux similaires de
croissance, d’ingestion d’aliments et de mortalité que ceux logés sur des planchers en grillage ou en lattes
de plastique (Trocino et coll., 2008; Gerencsér et coll., 2014). De plus, aucune différence n’a été observée
dans la dimension du fémur ou dans la solidité des os (Trocino et coll., 2008). Toutefois, pour les lapines
reproductrices, le plancher en grillage métallique est associé à une apparition accrue des pododermatites
précoces lorsqu’il est utilisé sur plusieurs cycles de reproduction (grillage : prévalence de 65-68 %;
plastique : prévalence de 5 %; Buijs et coll., 2014). Aucune différence n’a été observée dans le budget
d’activités des lapins logés sur des planchers en plastique ou en grillage métallique (Princz et coll., 2008).
Par ailleurs, les lapins à l’engraissement manifestent une nette préférence pour les planchers en plastique
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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plutôt qu’en grillage (Princz et coll., 2008), mais cette préférence disparaissait avec l’âge (Princz et coll.,
2008) et lorsque les sujets sont logés à des températures ambiantes plus élevées (Gerencsér et coll., 2014).
Les chercheurs ont aussi étudié l’impact d’un logement avec litière sur le bien-être des lapins.
Comparativement aux autres types de planchers (grillage en métal, plastique ou acier inoxydable), la
litière de paille remplacée une fois par semaine réduirait les taux de croissance des lapins en
engraissement (Dal Bosco et coll., 2002; Trocino et coll., 2008; Gerencsér et coll., 2014) et augmenterait
la mortalité globale en raison de la prévalence accrue de troubles entériques (Dal Bosco et coll., 2002).
Deux études ont observé des niveaux de locomotion accrus chez les lapins logés sur de la paille plutôt que
du grillage (Dal Bosco et coll., 2002; Siloto et coll., 2008), ce qui a amené Dal Bosco et collègues (2008)
à poser l’hypothèse que la litière de paille est plus confortable pour les lapins. Toutefois, quand on leur
donnait le choix entre un plancher en grillage et une litière remplacée aux trois semaines, les lapins ont
passé entre 77 % et 89 % de leur temps sur le plancher en grillage (Morisse et coll., 1999). Ce résultat
s’est répété dans d’autres études de préférence entre le plancher en plastique, le plancher en grillage et la
litière épaisse (Orova et coll., 2004; Gerencsér et coll., 2014). L’épaisse litière de paille remplacée chaque
semaine était le plancher le moins prisé, peu importe la température ambiante (Gerencsér et coll., 2014).
Des lapins ont préféré s’entasser sur le plancher en grillage, à une densité de logement de 27,5 lapins/m2,
plutôt que d’aller sur la litière, à une densité de 4,5 lapins/m2 (Orova et coll., 2004). Siloto et collègues
(2008) ont également constaté que les lapins préféraient un plancher en grillage à un plancher en lattes de
bois recouvertes de paille dans les bâtiments d’élevage à ventilation naturelle sous les climats chauds.
Cette préférence disparaissait dans les atmosphères contrôlées de 20 °C et de 71 % d’humidité relative.
Morisse et collaborateurs (1999) ont posé deux hypothèses pour expliquer pourquoi les lapins
choisissaient un plancher en grillage plutôt qu’une litière de paille changée aux trois semaines. La
première est que les lapins préféreraient un lieu de repos plus frais alors que la deuxième est que la litière
serait perçue comme étant sale et impropre à tout usage autre que l’élimination. Orova et collègues (2004)
ont constaté que bien que les lapins préféraient généralement passer du temps sur un plancher en grillage
plutôt que sur une litière de paille, la proportion des lapins sur la litière augmentait au cours des 3 heures
suivant un épandage de litière, suggérant que l’état de la paille est intégralement lié à sa valeur.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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aux sujets avec pododermatite précoce peut les aider à récupérer. Rosell et de la Fuente (2009) ont
constaté que plus de 80 % des lapins avec pododermatite précoce ayant reçu des tapis de repos en
plastique avaient guéri. Les résultats de Mikó et collaborateurs (2012b, 2014) sont conformes aux études
antérieures; 85 % des femelles ayant accès à un tapis de repos en plastique ne présentaient aucune
pododermatite, ou une pododermatite très légère, après cinq cycles de reproduction. De plus, les femelles
logées dans des cages avec des tapis de repos en plastique avaient un poids plus élevé que celles logées
dans les mêmes cages sans tapis de repos (Mikó et coll., 2014). L’hypothèse des chercheurs est que la
présence de tapis de repos accroît le confort et par conséquent le comportement de repos et l’ingestion
d’aliments.
Rosell et de la Fuente (2013) ont également étudié la prévalence de la pododermatite dans les élevages
cunicoles commerciaux en Espagne et au Portugal sur une période de 12 ans. Au début de la période,
28 % des élevages utilisaient des tapis de repos en plastique; ce chiffre a grimpé à 75 % en 2012 (Rosell
et de la Fuente, 2013). Parallèlement, la prévalence des femelles avec pododermatite a diminué, passant
de 11,4 % en 2001 à 6,3 % en 2012. Dans l’ensemble, 13,7 % des lapins logés sans tapis de repos avaient
des pododermatites, contre seulement 4,9 % de ceux logés avec des tapis de repos en plastique.
Certains des producteurs qui n’utilisent pas de tapis de repos en plastique expliquent leur réticence à
adopter ces tapis par des questions d’hygiène (Rosell et de la Fuente, 2013). Toutefois, Rommers et de
Jong (2011) ont trouvé très peu de signes de souillure sur les tapis de repos en plastique, même après cinq
cycles de reproduction, et à peine 1 % des tapis de repos avaient été rongés.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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fluctuante réduite (c.-à-d., des os des pattes plus symétriques). Les lapins dans la grande cage (160 x 100
cm) présentaient une augmentation de 3,1 % du diamètre des os et une augmentation de 3,6 % du poids
des os par rapport aux lapins logés dans la petite cage (40 x 100 cm). Ceci montre que les lapins logés
dans des cages moins densément peuplées ont une meilleure qualité des os, mesurée selon plusieurs
paramètres. Aucun écart constaté dans le poids des lapins selon les dimensions de la cage ne pouvait
expliquer les différences de qualité des os, bien que les lapins logés dans les petites cages aient consommé
9 g de moins d’aliments/jour que ceux des grandes cages (Buijs et coll., 2011b). Les auteurs imputent les
améliorations de la qualité des os à la possibilité pour les lapins des grandes cages de faire davantage
d’activités de port de poids, comme bondir, comparativement aux sujets logés dans les petites cages.
Cependant, en utilisant les mêmes densités d’élevage et les mêmes dimensions de cages, Buijs et
collaborateurs (2011b) n’ont observé aucun écart dans les concentrations en glucocorticoïdes fécaux selon
les traitements. Ils en déduisent que l’asymétrie fluctuante et la corticostérone fécale sont sensibles à
différents agents de stress, d’où le besoin de mesurer plusieurs indicateurs de bien-être animal. Onbaşilar
et Onbaşilar (2007) ont logé un, trois ou cinq lapins dans des cages de 70 x 60 cm et mesuré leur
croissance et leurs niveaux de corticostérone plasmatique et de glucose. Les lapins logés à la densité la
plus élevée (cinq lapins; 11,9 lapins/m2) ont pris le moins de poids durant l’étude et ont présenté des
niveaux de corticostérone plasmatique et de glucose après 6 semaines plus élevés que les lapins logés
dans des cages de plus faibles densités.
Trocino et collaborateurs (2004, 2008) ont logé des lapins en groupes de six à huit et modifié les
dimensions de la cage pour donner soit 12, soit 16 animaux/m2. Ils ont mesuré le rendement, l’état de
santé, la qualité des os (déterminée par la résistance à la fracture des os) et la qualité de la carcasse.
Quand les lapins étaient logés en groupes de six, la densité de la cage n’avait aucun effet sur le gain
quotidien moyen, l’ingestion d’aliments, les caractéristiques de la carcasse et la solidité des os (Trocino et
coll., 2008). Dans les groupes de huit lapins, les chercheurs ont constaté que les sujets logés à la densité
supérieure présentaient une efficience alimentaire accrue jusqu’à l’âge de 71 jours et une ingestion
d’aliments réduite au cours des deux dernières semaines (Trocino et coll., 2004). Selon eux, les lapins
logés selon un ratio de 16 lapins/m2 consommeraient moins d’aliments à la fin de leur période de
croissance en raison de l’espace alloué réduit. Dans une étude ultérieure, ils ont constaté que les lapins
logés selon un ratio de 16 lapins/m2 avaient une densité de 48 kg/m2 à la fin de l’essai, ce qui est
beaucoup plus élevé que les 40 kg/m2 recommandés par l’EFSA (2005). Toutefois, l’ingestion d’aliments
réduite que l’on a observée ne s’est pas traduite par des écarts dans le poids final ni dans les dimensions et
la solidité du fémur (Trocino et coll., 2004). À l’aide des mêmes densités d’élevage (12 ou 16 lapins/m2),
Trocino et collaborateurs (2015) ont fait passer la taille du groupe de 20 à 27 sujets et évalué le taux de
croissance des lapins, les lésions cutanées et la solidité des os (mesurée selon le poids des os, leur
longueur et leur résistance à la fracture). Contrairement aux deux études précédentes, ils ont constaté que
la densité d’élevage supérieure (16 lapins/m2) entraînait une réduction de la croissance à partir de l’âge de
55 jours jusqu’à l’abattage, ce qui donnait un poids vif final inférieur pour les lapins de ce groupe. Ils ont
également constaté un nombre significativement plus élevé d’égratignures et d’autres lésions cutanées
dues à l’agression chez les lapins logés dans des enclos à forte densité comparativement aux enclos à
faible densité (Trocino et coll., 2015).
On a dégagé peu de tendances claires quant aux effets comportementaux bénéfiques de diverses densités
d’élevage pour les lapins en engraissement logés dans des cages ou des enclos. Cela peut s’expliquer en
partie par les différentes méthodes utilisées pour changer la densité de logement (voir tableau 2). Certains
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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ont maintenu le nombre de lapins par enceinte et modifié l’aire de plancher pour changer la densité de
logement (Buijs et coll., 2011a; Trocino et coll., 2004, 2008), tandis que d’autres (Morisse et Maurice,
1997; Onbaşilar et Onbaşilar, 2007; Jekkel et Milisits, 2009) ont maintenu l’aire de plancher et modifié le
nombre d’animaux par enceinte. Comme ces démarches sont différentes, il est difficile de séparer la
densité de logement de la taille du groupe, et leurs effets sur l’utilisation des ressources, l’agression et les
comportements de maintien (Estevez et coll., 2007). Buijs et collaborateurs (2011a) ont enregistré les
comportements, les postures et l’utilisation de l’espace pour des lapins logés selon des ratios de 5, 7,5, 10,
12,5, 15, 17,5 et 20 lapins/m2 à 6 et à 9 semaines. Ils ont constaté que la densité de la cage avait un effet
sur le contact social, la position sternale, la position assise, la position debout et les comportements
alimentaires. La position sternale diminuait quand la densité de la cage diminuait aussi. Les auteurs
présument que la position sternale est un comportement transitoire qui se manifeste plus souvent dans les
espaces réduits. La position assise augmentait quand la densité diminuait, mais ce changement était
minime (Buijs et coll., 2011a). Trocino et collaborateurs (2004) ont aussi observé quelques tendances
dans le comportement des groupes de huit lapins logés selon des ratios de 12 ou de 16 lapins/m2. Dans un
test réalisé en plein champ, les lapins logés à la densité supérieure étaient légèrement plus réactifs que
ceux logés à la densité inférieure. Il n’est pas clair, cependant, en quoi le comportement en plein champ
peut-être transposé au comportement en cage, car aucune différence n’a été observée dans l’alimentation,
le repos ou les comportements locomoteurs pour les lapins élevés en cage. Par contre, Morisse et Maurice
(1997) ont constaté qu’en augmentant la densité de logement de 15,2 lapins/m2 à 23 lapins/m2 et en
faisant passer la taille du groupe de six à neuf lapins, on augmentait le comportement de repos. En outre,
les lapins dans les cages de la plus faible densité manifestaient davantage de comportements sociaux et
d’investigation que ceux logés à la densité supérieure. On notera à ce sujet que les lapins logés à la plus
faible densité manifestaient aussi davantage de comportements agonistiques que ceux logés à la densité
supérieure, peut-être parce que l’espace accrue permettait davantage l’expression d’un comportement
territorial. Dans les enclos, le lien entre le bien-être animal et la densité d’élevage est ambigu. Jekkel et
Milisits (2009) ont élevé des lapins dans des enclos selon trois densités possibles se situant entre 8,24
lapins/m2 à 15,29 lapins/m2, entre l’âge de 5 et de 11 semaines. Les lapins logés à la densité la plus élevée
ont manifesté des comportements d’alimentation réduits et des comportements de confort et de
locomotion accrus.
Peu d’études portent sur l’effet de l’espace alloué sur le bien-être des femelles, et aucune sur le bien-être
des mâles. Pour les lapins de laboratoire, le Conseil canadien de protection des animaux (2003)
recommande de loger les lapins seuls de moins de 4 kg dans 0,37 m2, et les lapins de plus de 4 kg dans
0,46 m2. Il recommande aussi de loger les femelles en lactation et leurs portées dans plus de 0,93 m2
(CCPA, 2003). L’EFSA (2005) recommande une surface de plancher d’au moins 0,35 m2 pour les
femelles seules dans leur cage. En Belgique, les lapines reproductrices doivent avoir un espace d’au
moins 0,30 m2 (Fonction publique fédérale, 2014). Aux Pays-Bas, les reproducteurs mâles doivent être
logés dans au moins 0,40 m2 (Rommers et coll., 2014). Prola et collaborateurs (2013) ont étudié deux
seuils d’espace par animal différents (0,32 m2 contre 0,52 m2 avec un tapis en plastique) avec des femelles
et comparé les niveaux de corticostérone fécale à différents stades du cycle de reproduction. Les femelles
dans les grandes cages avaient des niveaux de corticostérone fécale inférieurs à ceux des femelles logées
dans les petites cages avant l’insémination artificielle, immédiatement avant la mise-bas et le lendemain
du sevrage (Prola et coll., 2013). Quand on leur a donné accès à une petite (0,22 m2) et à une grande cage
(0,44 m2) entre lesquelles elles pouvaient se déplacer librement, des femelles non gestantes ont passé le
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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tiers de leur temps dans la petite cage et les deux tiers dans la grande, en proportion de la superficie des
cages, mais elles ont accru le temps passé dans la grande cage avec le temps (Mikó et coll., 2014). Les
femelles gestantes et en lactation ont passé plus de temps dans la grande cage, bien que l’emplacement de
leur parturition ait influencé leur préférence de cage. Si elles avaient mis bas dans la petite cage, elles
augmentaient le temps passé dans la grande cage comparativement aux femelles ayant mis bas dans la
grande cage, possiblement pour se reposer à l’écart de leur portée.
En utilisant des femelles nullipares de 10 semaines, Bignon et collaborateurs (2012a) ont étudié si le fait
d’offrir un espace de cage supplémentaire à deux niveaux influençait le comportement des femelles et le
poids vif des lapereaux. Ils ont logé les femelles seules dans l’une de trois cages : une cage de 0,12 m2 à
un niveau, une cage de 0,23 m2 à deux niveaux et une cage de 0,34 m2 à un niveau avec une plateforme de
0,088 m2. Quand les femelles avaient accès à une plateforme, elles y passaient 17 % de leur temps et elles
étaient plus actives dans les grands enclos, en manifestant une locomotion accrue. La taille de la cage
n’avait pas d’influence sur les comportements de rongeage ou de toilettage, mais le poids vif total de la
portée était de 136 g supérieur dans les grandes cages comparativement aux cages standard (Bignon et
coll., 2012a).
Princz et collaborateurs (2008c) ont mené une série d’études pour évaluer la préférence des lapins en
engraissement pour des cages de différentes hauteurs, ainsi que l’effet de la hauteur de la cage sur le gain
de poids, l’ingestion d’aliments, la mortalité et les lésions aux oreilles. Dans leur première étude, des
lapins logés à une densité de 12 ou de 16 lapins/m2 ont été laissés libres de choisir entre des segments de
cage avec un plafond à 20, 30 ou 40 cm ou sans plafond. Peu importe la densité de logement, le segment
de cage sans plafond a été le moins choisi. À la densité de logement supérieure, il n’y a eu aucune
différence entre les différentes hauteurs de cage, mais les préférences variaient selon l’âge. En vieillissant,
les lapins étaient moins nombreux à choisir le segment de 20 cm de hauteur (Princz et coll., 2008). À la
densité de logement inférieure, légèrement plus de lapins choisissaient le segment de cage de 40 cm de
hauteur plutôt que les segments de 20 et de 30 cm, lesquels étaient sélectionnés dans les mêmes
proportions. Peu importe la densité de logement, la plupart des lapins choisissaient le segment de 40 cm
de hauteur durant leur période d’activité et celui de 20 cm de hauteur durant leur période de repos.
Dans une étude ultérieure, Princz et collaborateurs (2008c) ont évalué la préférence des lapins en
engraissement entre deux cages de hauteur intermédiaire, soit de 30 et de 40 cm. Un nombre
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significativement plus élevé de lapins ont choisi la hauteur de 40 cm, mais avec un écart de moins de 3 %.
La préférence pour la cage la plus haute était plus prononcée à la densité de 16 lapins/m2
comparativement à celle de 12 lapins/m2. Dans leur troisième étude, ils ont comparé des paramètres de
production (mesurés selon le taux de croissance et l’ingestion d’aliments) et de santé lorsque les lapins
étaient logés dans des cages de 20, 30 ou 40 cm de hauteur ou dans des cages sans plafond, à une densité
de 13 lapins/m2 (Princz et coll., 2008c). La hauteur des cages n’a pas eu d’effets globaux sur les taux de
croissance des lapins, leur ingestion d’aliments ou leur mortalité. Cependant, le pourcentage des lapins
ayant des lésions aux oreilles dans les cages de 20 cm de hauteur (20 %) était significativement plus élevé
que dans les cages de 30 cm de hauteur (5 %). Les lapins logés dans les cages de 40 cm de hauteur et dans
les cages sans plafond présentaient un pourcentage intermédiaire de lésions aux oreilles (10,3 % pour les
deux types de cages).
Il y a peu d’études sur l’effet de la hauteur de la cage sur le bien-être des femelles. Rommers et Meijerhof
(1997) ont comparé différentes grandeurs de cage avec des femelles nullipares durant quatre parités : de
grandes cages (0,60 m2) ou de petites cages (0,30 m2), avec des plafonds à 50 ou à 30 cm de hauteur,
dotées de planchers en plastique ou en grillage métallique. L’augmentation de la hauteur de la cage a eu
un effet positif sur la réduction du taux de mortalité des lapereaux. Aussi, l’utilisation conjointe de la cage
la plus haute et la plus grande avec un plancher en plastique a produit les lapereaux les plus lourds au
moment du sevrage (Rommers et Meijerhof, 1997). En outre, les femelles ont été observées debout sur
leurs pattes de derrière dans les cages de 50 cm de hauteur lorsqu’on leur en a laissé la possibilité.
1.5 Plateformes
L’EFSA (2005) recommande des conditions de logement qui offrent suffisamment d’espace aux lapins
pour se retirer devant les menaces potentielles. Plusieurs études portent sur l’utilisation des plateformes
par les lapins en engraissement et les lapines reproductrices afin d’évaluer la productivité, le
comportement et l’utilisation de l’espace par les animaux. Toutefois, les études comparant les logements
avec et sans plateformes confondent souvent l’utilisation d’une plateforme avec les dimensions de
l’enceinte (Bignon et coll., 2012a; Mikó et coll., 2014) ou la taille du groupe (Postellec et coll., 2008), ce
qui complexifie l’analyse de l’impact des plateformes sur le bien-être des lapins.
Postellec et collaborateurs (2008) ont logé des lapins en engraissement dans des cages classiques (0,39
m2; six lapins/cage), dans de petits enclos (0,503 m2 plus une plateforme de 0,159 m2, 30 cm au-dessus du
plancher; 10 lapins/enclos) ou dans de grands enclos (3,67 m2 plus une plateforme de 0,39 m2, 30 cm au-
dessus du plancher; 60 lapins/enclos). La densité d’élevage était la même dans les trois types de logement
(15 lapins/m2). Les lapins logés dans les cages ont présenté un gain quotidien moyen supérieur à celui des
lapins dans les enclos, mais les écarts étaient imputés à la diminution de l’espace alloué et de l’activité
plutôt qu’à la présence d’une plateforme (Postellec et coll., 2008). Dans les petits enclos, la plateforme
servait de surface de repos supplémentaire, tandis que dans les grands enclos, elle était utilisée pour de
brefs épisodes d’exercice (sauter, bondir). La plateforme n’avait toutefois aucun effet sur le nombre de
lésions cutanées, la morbidité, la mortalité ou le temps global consacré à l’alimentation, à l’abreuvement,
au repos ou à l’activité.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Bignon et collaborateurs (2012a) ont constaté que lorsque des femelles primipares avaient accès à une
plateforme de 35 x 25 cm, 30 cm au-dessus du plancher de la cage, dans leurs cages individuelles, elles
s’y assoyaient 17 % du temps. Pour examiner l’utilisation d’une plateforme par des femelles en lactation
au cours de cinq cycles de production, Mikó et collaborateurs (2014) ont logé des femelles et leurs
lapereaux dans des enclos dotés d’une plateforme en plastique (41,5 x 52,5 cm, 25 cm au-dessus du
plancher de la cage) ou en grillage métallique (28,5 x 38 cm, 26,5 cm au-dessus du plancher de la cage).
Les femelles logées avec une plateforme en plastique l’utilisaient durant leur période d’activité et
passaient leur période de repos en dessous. Ces femelles utilisaient aussi la plateforme en plastique 25 %
plus souvent que celle en grillage métallique. La plateforme en plastique faisait toutefois plus de deux fois
les dimensions de celle en grillage métallique (Mikó et coll., 2014). La présence d’une plateforme, qu’elle
soit en grillage métallique ou en plastique, diminuait significativement la gravité des pododermatites; sans
plateforme, 48 % des femelles avaient une pododermatite modérée à grave, tandis que 0 à 5 % des
femelles ayant accès à une plateforme avaient une pododermatite modérée à grave (Mikó et coll., 2014).
À mesure que les lapereaux devenaient plus actifs, les femelles augmentaient leur utilisation de la
plateforme, quel que soit le matériau utilisé. Cependant, quand les lapereaux ont été capables d’utiliser les
plateformes (après le 21e jour), leur utilisation par les femelles a diminué, tandis que leur utilisation par
les lapereaux a augmenté jusqu’au sevrage (Mikó et coll., 2014).
Szendrő et collaborateurs (2012) ont examiné les préférences des lapins en engraissement pour divers
types de planchers de plateformes. À une densité de 11,1 lapins/m2, des lapins Pannon White ont été logés
en groupes de 14 dans des cages grillagées de 0,84 m2 dotées d’une plateforme de 0,42 m2 placée à 30 cm
au-dessus du plancher. Les plateformes avaient soit un plancher recouvert d’une couche épaisse de litière,
soit un plancher en grillage ouvert (Expérience 1) ou soit un plancher recouvert d’une couche épaisse de
litière, soit un plancher en grillage avec un bac à fumier en-dessous (Expérience 2). Dans les deux
expériences, les lapins ayant une plateforme en grillage ont passé de 12 à 13 % plus de temps sur la
plateforme que ceux qui avaient une plateforme recouverte de litière (Szendrő et coll., 2012). Lors de la
première expérience, on a trouvé plus de lapins sous la plateforme recouverte de litière que sous la
plateforme en grillage sans bac à fumier. Quand on a ajouté le bac à fumier pour la seconde expérience,
les lapins ont passé plus de temps sous la plateforme que ce à quoi on s’attendait, peu importe le type de
plateforme. Les auteurs ont conclu que la présence d’une plateforme en grillage avec un bac à fumier
permet aux lapins d’utiliser pleinement leur espace (Szendrő et coll., 2012).
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L’EFSA (2005) a conclu qu’en l’absence de preuves suffisantes pour savoir s’il vaut mieux loger les
femelles en groupe ou en paire, on ne peut pas formuler de recommandation valable pour toute l’industrie.
Toutefois, certains chercheurs ont étudié des interventions visant à réduire les effets néfastes du logement
collectif. Mugnai et collaborateurs (2009) ont comparé le logement de femelles en cages individuelles au
logement en groupes de quatre en incluant (ou non) un entraînement pour apprendre aux femelles à
reconnaître leur propre boîte à nid. Les femelles logées en groupe ont manifesté une plus grande gamme
de comportements et présenté moins de comportements stéréotypés que celles logées individuellement
(Mugnai et coll., 2009). Cependant, les femelles qui n’avaient pas été entraînées au préalable à
reconnaître leur boîte à nid ont manifesté des niveaux d’agression et de dominance accrus, et il y avait
davantage de femelles gravement blessées dans ce groupe que dans celui des femelles entraînées. Ces
femelles présentaient aussi des niveaux moindres de réceptivité sexuelle et de fécondité et ont mis bas un
plus petit nombre de lapereaux vivants que les femelles logées individuellement; les femelles entraînées
logées en groupe se situaient entre les deux pour ces variables. Les femelles logées seules ont présenté les
paramètres de reproduction et de fécondité les plus élevés.
Rommers et collaborateurs (2014) ont examiné les moyens possibles d’atténuer les effets indésirables du
logement collectif. Ils ont offert à des femelles logées en systèmes semi-collectifs soit une cachette, soit
de la paille comme enrichissement, soit une familiarisation avec la cage avant le regroupement, soit
différentes combinaisons de ces trois stratégies. Les femelles familiarisées avec leur cage avant d’être
mélangées ont manifesté plus de comportements de confort (autotoilettage, étirements, bâillements), et
aucun des sujets n’a défendu son territoire. Plus de la moitié des femelles ont subi des lésions cutanées, et
le type de traitement n’a eu aucun effet sur la prévalence des blessures. Le pourcentage de femelles
gravement blessées était de 13 % à 39 % selon les traitements; les femelles les moins gravement blessées
ont été celles qui avaient accès à une cachette.
Quand on utilise le logement collectif pour les femelles, on constate que les dimensions de l’enceinte et la
familiarité avec les congénères sont des éléments importants pour la réussite du logement. Valuska et
Mench (2013) ont évalué des paires de femelles inconnues logées dans de petites et de grandes enceintes
où l’on avait placé des obstacles pour prévenir les agressions directes. Quand les femelles étaient
inconnues, on a observé moins d’agressions si elles avaient d’abord été placées dans la grande enceinte
plutôt que dans la petite. Toutefois, quand les lapines se connaissaient, celles qui avaient été placées dans
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la petite enceinte se sont montrées plus agressives lorsqu’elles ont été placées dans la grande enceinte par
la suite (Valuska et Mench, 2013).
De nombreuses études démontrent que la présence d’un bâton à ronger n’a aucun effet indésirable ou
presque sur les paramètres de production cunicole. L’une des rares études ayant démontré des écarts
significatifs dans la production Rizzi et collaborateurs (2008) rapportent que des lapins en engraissement
logés individuellement ont gagné 3,5 g/jour de plus et consommé 10 g/jour de plus s’ils avaient des
bâtons de bois à ronger que s’ils n’en avaient pas. Cependant, Zucca et collaborateurs (2012) ainsi que
Verga et collaborateurs (2004) n’ont constaté aucun effet de la présence d’un bâton à ronger sur les
indicateurs de rendement jusqu’à l’âge de 79 jours et jusqu’à l’âge de 75 jours, respectivement. Princz et
collaborateurs (2007, 2008a) ne rapportent également aucun effet de la présence de différents types de
bâtons de bois sur les indicateurs de rendement. Toutefois, bien que Princz et collaborateurs (2009) ne
rapporte aucun effet sur l’ingestion d’aliments, ils rapportent que les lapins en croissance élevés avec des
bâtons à ronger pesaient davantage à 11 semaines. Bignon et collaborateurs (2012b) ont étudié quant à
eux l'introduction de blocs de fibre de bois dans les cages de lapins en croissance et n’ont constaté aucun
effet sur les taux de croissance ni la mortalité, mais rapportent une meilleure efficience alimentaire dans
les cages avec blocs. L’accès des femelles à un bloc de fibre de bois n’a pas non plus eu d’effet sur la
performance maternelle, la mortalité au nid, la production de lait ou le poids des lapereaux (Bignon et
coll., 2012b).
Des chercheurs ont constaté que des lapins en engraissement avaient des niveaux de calcium tibial plus
faibles lorsqu’ils étaient logés avec des bâtons de bois à ronger, qui s’expliquerait par les niveaux de tanin
dans le bois (Rizzi et coll., 2008). Princz et collègues (2008a) ont constaté une prévalence
significativement plus faible de lésions aux oreilles chez des lapins en engraissement ayant eu accès à des
bâtons de bois à ronger (bois de tilleul pour 1,9 % des lapins; acacia blanc pour 7,7 %) comparativement à
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ceux n’ayant pas eu accès à un bâton à ronger (17,3 % des lapins). Dans une autre étude, Princz et
collègues (2009) ont constaté que la présence de bâtons à ronger dans les cages ou les enclos réduisait
significativement le pourcentage de lapins en engraissement blessés : de 18,5 % sans bâtons à 1,2 % avec
bâtons.
Les résultats de plusieurs études montrent que la présence de bâtons de bois à ronger pourrait réduire les
agressions et les stéréotypies buccales et influencer l’emploi du temps comportemental global des lapins
en engraissement (Verga et coll., 2004; Princz et coll., 2007, 2008b). Cela n’a pas été constaté dans toutes
les études (Zucca et coll., 2012). Zucca et collaborateurs (2012), pour leur part, n’ont observé aucune
différence dans le comportement général, le tempérament ou les styles d’adaptation (évalués par les tests
d’immobilité protectrice et d’émergence) entre des lapins en engraissement logés avec ou sans bâtons de
bois à ronger, bien que l’accoutumance et la perte d’intérêt pour ces objets aient pu jouer avec le temps.
Dans d’autres études, des lapins en engraissement logés en groupe ayant eu accès à des bâtons à ronger
ont été plus actifs et ont présenté plus de comportements d’autotoilettage, de bondissement et
d’allotoilettage, et moins de comportements agressifs et de stéréotypies buccales, que les sujets sans
bâtons (Verga et coll., 2004; Princz et coll., 2007, 2008b). Les lapins préfèrent aussi avoir des bâtons de
bois à ronger dans leur environnement. Lorsqu’ils pouvaient se déplacer librement entre des cages avec
ou sans bâtons à ronger, des lapins ont passé de 6 % à 8 % plus de temps dans les cages avec des bâtons à
ronger (Princz et coll., 2008b). Ils ont aussi passé plus de leur temps d’activité, et consommé une plus
grande partie de leurs aliments, dans les cages avec des bâtons à ronger.
Les écarts rapportés dans ces études peuvent être liés en partie au type de bois des bâtons à ronger.
Lidfors (1997) a comparé l’inclusion de foin, de cubes d’herbe ou de bâtons à ronger en tremble écorcé
sur le comportement de mâles de 83 jours et l’utilisation d’enrichissements. Les mâles de l’étude ont
consommé en moyenne 71 g/jour de cubes d’herbe et 31 g/jour de foin, mais ils ont pratiquement ignoré
les bâtons à ronger. L’auteure présume que le type de bois a pu influencer le comportement des lapins.
Rizzi et collègues (2008) ont également suggéré que la structure chimique du bois des bâtons à ronger est
importante pour des variables comme les niveaux de calcium dans les os. Princz et collègues (2007) ont
évalué les préférences de lapins en croissance entre neuf types de bois. Sur les types de bois évalués, les
lapins ont préféré les bâtons à ronger faits de tilleul à petites feuilles, de saule blanc et de pavier glabre
aux autres sortes. Les lapins ayant seulement eu accès à des bâtons de tilleul à petites feuilles ont
également consommé plus de bois que ceux ayant eu accès soit à des bâtons d’épinette de Norvège, soit à
des bâtons de chêne commun. Cependant, ce sont les sujets qui ont eu des bâtons d’épinette de Norvège
qui ont passé le plus de temps à réellement ronger le bois. Dans une autre étude, Princz et collègues
(2008a) ont comparé la consommation de bois et la santé de lapins en engraissement ayant eu dans leur
enclos un bâton à ronger d’acacia blanc, un bâton à ronger de tilleul à petites feuilles ou aucun bâton. Les
lapins ayant eu un bâton à ronger en tilleul ont consommé une plus grande partie du bâton que ceux qui
ont eu un bâton d’acacia blanc, mais n’ont présenté aucune différence de productivité. Toutefois, les
lapins ayant eu des bâtons de tilleul à ronger ont subi significativement moins de lésions aux oreilles que
ceux ayant eu des bâtons d’acacia, et les deux catégories de sujets ayant eu des bâtons à ronger ont subi
moins de lésions aux oreilles que les lapins n’ayant eu accès à aucun bâton à ronger dans leur enclos
(Princz et coll., 2008a).
D’autres types d’améliorations de l’environnement, dont les structures en bois (Buijs et coll., 2011a,
2011b), les miroirs (Dalle Zotte et coll., 2009; Edgar et Seaman, 2010), le fourrage grossier (Lidfors,
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1997) et d’autres produits alimentaires et non alimentaires (Harris et coll., 2001), ont été évalués afin de
vérifier leur impact sur le bien-être des lapins. Buijs et collègues (2011a, 2011b) ont logé des lapins selon
différentes densités d’élevage, avec ou sans une structure en bois en U composée de deux murs en bois
reliés par un plancher en bois (40 x 20 x 20 cm). Comme la structure en bois pouvait potentiellement
servir à deux fins (comme structure à ronger et comme structure physique divisant la cage en zones
fonctionnelles distinctes), les auteurs ont posé l’hypothèse que l’inclusion de la structure réduirait les
agressions et la manipulation de la cage. Les lapins ont passé 4 % de leur temps à ronger, lécher ou
renifler la structure (Buijs et coll., 2011a), et leur intérêt à son égard n’a pas décliné avec le temps. Avec
la structure, les lapins ont moins manipulé la cage (Buijs et coll., 2011a) et ont présenté des niveaux
réduits de glucocorticoïdes fécaux (Buijs et coll., 2011b). Ces lapins ont aussi réduit leurs contacts avec
leurs congénères (Buijs et coll., 2011a). Bien que le contact social soit généralement censé être positif
pour le bien-être animal, les auteurs présument que les structures ont permis aux lapins d’éviter des
interactions non voulues.
Dans l’étude susmentionnée, Lidfors (1997) a constaté que des lapins interagissaient davantage avec le
foin qu’avec les autres enrichissements dans leur cage (cubes d’herbe ou bâtons à ronger en tremble
écorcé). Dans les enclos pourvus de foin ou de cubes d’herbe, les lapins ont manifesté moins de
comportements anormaux que ceux logés dans les enclos témoins (sans enrichissement). Le gain de poids
a également été supérieur chez les lapins logés dans les enclos avec cubes d’herbe que dans les enclos
témoins, en raison, en partie, de leur consommation quotidienne de 71 g de cubes d’herbe.
Des études ont également cherché à déterminer si la présence de miroirs dans les cages individuelles
pouvait servir de substitut au contact social. Dalle Zotte et collègues (2009) ont donné à des lapins logés
individuellement le choix entre une cage avec ou sans miroir. Les lapins ont passé plus de temps et
consommé une plus grande partie de leurs aliments dans la cage avec miroir. De même, les lapins logés
en groupe ont préféré la cage avec miroir à une cage sans miroir, bien que cette préférence ait diminué
avec l’âge (et potentiellement l’entassement accru dans leur zone préférée; Dalle Zotte et coll., 2009).
Edgar et Seaman (2010) ont également offert à des lapins logés individuellement le choix entre une zone
avec miroir et une zone sans miroir. Les chercheures ont constaté des différences dans les réponses
comportementales des mâles et des femelles en contact avec les miroirs. Les femelles ont répondu au
miroir en réduisant leur comportement de toilettage et en augmentant leur comportement d’investigation,
tandis que les mâles ont manifesté un comportement de vigilance globalement accru ainsi que des
comportements stéréotypés accrus au cours des deux premiers jours avec le miroir. Les auteures
suggèrent que les mâles pourraient avoir perçu des concurrents dans leur reflet de même taille qu’eux
dans le miroir.
Enfin, Harris et collègues (2001) ont étudié l’offre de produits alimentaires ou non alimentaires à des
lapins sur une brève période (1 heure) chaque jour. L’intérêt pour certains produits non alimentaires (balle
à grelot, jouet Kong) était initialement élevé, mais a diminué rapidement. Les interactions des lapins avec
des produits alimentaires (Bunny Blocks, céleri) a atteint un sommet au bout d’environ 4 à 7 jours, mais
les lapins ont continué à interagir avec le produit Bunny Stix pendant toute la durée de l’essai de 15 jours.
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Tableau 2. Compilation d’études portant sur la dimension de cages, la taille des groupes et les seuils d’espace alloué
Référence Étape de Dimensions Aire de Nb de lapins Seuils d’espace Lapins/m2 Variables mesurées
production (long. x larg.), plancher, m2 par enceinte par lapin, m2
cm
Femelles 25 x 46 0,12 1 0,12 0,87 Comportement
Bignon et coll., 33 x 68.5a 0,23 1 0,23 0,44 Mortalité
2012a 38 x 90b 0,34b 1 0,34b 0,29 Production
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a Empilement
sur deux niveaux
b Plateforme de 0,089 m2 à 30 cm de hauteur
c Enclos sans plafonds
d Enclos sans plafond. Plateforme supplémentaire de 0,16 m2 à 30 cm du plancher
e Enclos sans plafond. Plateforme supplémentaire de 0,39 m2 à 30 cm du plancher
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2. Reproduction
Conclusions
1. Les femelles doivent être en bonne santé, avec une cote d’état de chair normale, avant le
premier accouplement pour limiter la perte de poids durant la gestation et la lactation.
Sinon, un intervalle plus long peut être nécessaire entre les accouplements pour permettre
aux femelles de récupérer.
2. Avec les pratiques de gestion actuelles, le taux de mortalité des lapines reproductrices reste
élevé en raison des maladies intercurrentes.
Les lapines sont des reproductrices saisonnières dont le système d’accouplement est polygyne (Southern,
1948; Surridge et coll., 1999); elles sont donc naturellement prolifiques. Le lapin est une espèce à
ovulation provoquée; les femelles sont réceptives et s’accoupleront avec les mâles durant la période
œstrale post-partum, qui dure environ 48 heures après la mise-bas (Bell, 1984; Diaz et coll., 1988; Beyer
et Rivaud, 1969). La gestation dure de 31 à 33 jours; pendant ce temps, les concentrations plasmatiques
circulantes d’estradiol et de progestérone augmentent (González-Mariscal et coll., 1994), induisant les
modèles de comportement maternel nécessaires à la survie des lapereaux (Zarrow et coll., 1961;
González-Mariscal et coll., 2007). Le lapin est aussi une espèce à développement tardif, c’est-à-dire que
la nutrition et la survie des lapereaux dépend entièrement de leur mère pendant au moins les trois
premières semaines de vie. Les lapins nouveau-nés sont nus, ils ont les yeux et les oreilles fermés, et le
rapport entre leur surface cutanée et leur masse corporelle est élevé, ce qui nécessite un nid et/ou la
présence de compagnons de portée pour leur thermorégulation (Bautista et coll., 2008). Dans des
conditions naturelles ou semi-naturelles, les lapines commencent à construire un nid une semaine avant la
parturition (González-Mariscal, 2007), à partir de fibres végétales (quand elles sont disponibles) et de
poils arrachés sur leur propre corps (Zarrow et coll., 1963; Canali et coll., 1991). La parturition est un
processus relativement rapide chez le lapin (Hudson et Distel, 1982); les femelles ne retournent au nid
que pendant 3 à 5 minutes une fois par jour (ou, moins fréquemment, deux ou trois fois par jour) pour
allaiter les lapereaux, d’habitude à l’aube ou au crépuscule (Selzer et coll., 2004; Hoy et Selzer, 2010). On
pense que ce comportement réduit la détection du nid par les prédateurs.
Le comportement de construction de nid des femelles diffère selon leur âge et leur expérience; les
femelles primipares sont plus susceptibles que les femelles multipares de ne pas construire de nid
(González-Redondo, 2010) ou de construire un nid inadéquat (Ross et coll., 1956; Canali et coll., 1991).
La génétique influe aussi sur le comportement de construction de nid. Hamilton et collègues (1997) ont
constaté des différences dans les aptitudes de construction de nid de lapines de race néo-zélandaise
blanche (NZB) et de race californienne (CAL). Les lapines NZB utilisaient plus de fourrure dans leurs
nids (18 g) que les lapines CAL (11,8 g), leurs nids étaient plus structurés, et le placement de la fourrure à
l’intérieur du nid était plus optimal (Hamilton et coll., 1997). Les différences selon la race peuvent
s’expliquer en partie par les différences de densité de la fourrure, car Szendrő et collègues (1998) ont
constaté que les lapines NZW avaient plus de fourrure que les lapines CAL. L’absence d’un nid
convenable augmente les taux de mortalité chez les lapins sauvages et domestiques (Canali et coll., 1991;
González-Redondo, 2010). Hamilton et collaborateurs (1997) ont constaté que les caractéristiques du nid
représentent entre 21 et 35 % des écarts de mortalité néonatale; toutefois, seulement 5 % de la mortalité
présevrage peut s’expliquer par ces caractéristiques. La présence de compagnons de portée est également
importante pour la survie des lapereaux : les portées d’un seul lapereau sont très désavantagées par
rapport aux portées de deux, quatre ou six lapereaux (Bautista et coll., 2003). L’allaitement croisé pourrait
faire diminuer la mortalité au sein des petites portées. Bautista et collègues (2008) rapportent que les
lapereaux morts au cours des cinq premiers jours de vie avaient passé moins de temps à se blottir contre
22
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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leurs compagnons de portée, avaient une température moyenne inférieure (33,8 ° contre 36,1 °) et avaient
reçu moins de lait (1,9 g contre 9,5 g) que leurs compagnons de portée. L’allaitement croisé peut aussi
réduire les variations de poids entre les lapereaux et avoir ainsi des effets positifs durables sur les taux de
croissance. Bautista et collaborateurs (2015) rapportent que les lapereaux de poids significativement plus
faible que leurs compagnons de portée ont des températures corporelles, une consommation de lait et des
taux de croissance plus faibles.
Les élevages commerciaux de lapins de chair au Canada utilisent l’accouplement naturel ou dirigé; une
minorité de producteurs a recours à l’insémination artificielle (IA). Peu d’études comparent les effets de
l’accouplement naturel à ceux de l’IA sur le bien-être des femelles ou des mâles. Gil et collaborateurs
(2004) ont comparé la prévalence des gestations abdominales chez des femelles provenant d’un élevage
ayant exclusivement recours à l’IA et chez d’autres femelles provenant d’un élevage ayant principalement
recours à l’accouplement naturel. Les gestations abdominales peuvent passer inaperçues pendant de
longues périodes et peuvent être concomitantes avec les gestations viables, mais elles peuvent entraîner la
rupture utérine, des hémorragies et des infections. Les auteurs ont constaté une prévalence de 7,8 % des
gestations abdominales dans l’élevage ayant exclusivement recours à l’IA, contre une prévalence de
1,7 % dans l’élevage ayant recours à l’IA avec parcimonie (Gil et coll., 2004). Beaucoup d’autres
pratiques de gestion pourraient expliquer cet écart de prévalence, mais les auteurs indiquent qu’une
mauvaise technique d’insémination peut perforer la paroi vaginale et causer une gestation abdominale
(Gil et coll., 2004).
Les mâles commencent à manifester un comportement sexuel vers l’âge de 60 à 70 jours, mais ils
n’atteignent la maturité sexuelle que 60 à 70 jours plus tard (Alvariño, 2000). Quand on leur offre la
possibilité de s’accoupler à volonté, les mâles adultes demeurent très motivés à se livrer à l’activité
sexuelle, même après de nombreuses montes avec éjaculation (Jiménez et coll. 2012), ce qui indique que
l’acte d’accouplement naturel, en soi, n’a pas d’effets négatifs sur leur bien-être. Peut-être en raison de la
grande motivation des mâles à s’accoupler, Gacek et collègues (2012) n’ont pas trouvé d’écarts
significatifs dans le délai avant l’accouplement ni dans l’efficacité de l’accouplement entre des mâles
caractérisés comme étant timides, dociles ou agressifs lors de deux tests comportementaux. D’autres
études sont nécessaires pour comparer les effets de l’accouplement naturel à ceux de l’IA sur le bien-être,
tant des femelles que celui des mâles.
Les jeunes lapines n’ont pas terminé leur croissance lorsqu’elles atteignent l’âge de la puberté, et les
quatre premiers cycles de reproduction représentent une période critique dans le développement de leurs
réserves d’énergie et de protéines (Rommers, 2004). De nombreuses variables ont un effet sur le
développement des lapins en phase d’élevage, notamment leur poids de naissance et la stratégie
d’alimentation employée (Szendrő et coll., 2006). Chez les femelles primipares, il existe une disparité
significative entre l’apport énergétique de l’alimentation et la dépense énergétique que représente la
production de lait (Xiccato et coll., 2004). Cette divergence entraîne des pertes d’état de chair plus
importantes durant la lactation chez les jeunes femelles que chez les plus âgées (Xiccato et coll., 2004).
Les résultats d’un sondage auprès de 130 clapiers espagnols par Rosell et de la Fuente (2009) ont montré
que l’âge moyen des lapines au premier accouplement était de 147 jours (21 semaines) et qu’aucune
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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n’avait moins de 114 jours (16,3 semaines). Bien qu’ils n’aient trouvé aucun lien entre l’âge à la première
insémination et le taux de mortalité des mères (Rosell et de la Fuente, 2009), le taux de mortalité après la
première mise-bas était de 8,7 %. Différentes pratiques de gestion des femelles avant le premier
accouplement peuvent contribuer à maximiser leur ingestion d’aliments et leurs réserves corporelles
(Rommers et coll., 2006). Rommers (2004) a émis l’hypothèse que les femelles « bien développées » pour
ce qui est de la croissance du squelette et des réserves adipeuses ont une performance de reproduction
améliorée et des taux de réforme réduits. En 2004, Rommers a résumé ses rapports publiés et inédits sur
l’âge à la première insémination (14,5 ou 17,5 semaines) et la méthode d’alimentation (à volonté ou
restreinte). L’âge à la première insémination influence la productivité, particulièrement quand les femelles
pèsent sensiblement moins que leur poids adulte (4 kg pour les lapines néo-zélandaises blanches) lors de
l’insémination (Rommers, 2004). Lorsqu’elles ont été inséminées à l’âge de 14,5 semaines, les femelles
de moins de 4 kg ont eu de plus petites portées que les femelles plus lourdes, et il y a eu davantage de
lapereaux mort-nés de femelles inséminées à 14,5 plutôt qu’à 17,5 semaines. Les femelles inséminées à
17,5 semaines et dont l’alimentation a été rationnée après l’âge de 10 semaines ont eu des lapereaux plus
lourds au 16e jour post-partum que les femelles inséminées à 14,5 semaines, ou à 17,5 semaines et
nourries à volonté. Rommers et collègues (2006) rapportent que limiter les dépôts adipeux tout en
encourageant la croissance du poids durant le développement sexuel sont des éléments essentiels de la
condition physique des femelles primipares. Dans leurs expériences, le taux de réforme des femelles n’a
pas varié au cours des trois premièrs parités, mais le nombre d’animaux utilisé était limité (Rommers et
coll., 2006).
À l’aide de deux races différentes, Matics et collègues (2008) ont étudié l’âge à la première insémination
combiné avec la restriction alimentaire. Ils ont constaté que les femelles inséminées à l’âge de 15
semaines et nourries à volonté en phase d’élevage ont eu des portées avec des taux de mortalité
présevrage supérieurs à celle des portées des femelles inséminées à l’âge de 19 semaines et ayant subi une
période de restriction alimentaire de 7 semaines. Ce résultat était le plus marqué chez les plus lourds
génotypes étudiés (Matics et coll., 2008).
On peut conclure que les jeunes femelles sont particulièrement vulnérables aux maladies, et que l’âge au
premier accouplement devrait être choisi de manière à limiter les pertes de poids durant la lactation.
Comme le lapin est une espèce à ovulation provoquée et que le comportement de la femelle reste le même
qu’elle soit ou non sexuellement réceptive (Stoufflet et Caillol, 1988), les producteurs synchronisent
souvent les cycles œstriens de leurs femelles pour faciliter les pratiques d’insémination et améliorer les
taux de fécondité (Boiti et coll., 2006) ainsi que pour optimiser les pratiques de biosécurité par la gestion
tout plein/tout vide. Utilisée pour la première fois il y a une cinquantaine d’années pour provoquer la
superovulation chez les lapines (Kennelly et Foote, 1965), la gonadotrophine extraite du sérum de jument
gravide (PMSG) est régulièrement utilisée depuis 15 ans pour provoquer et synchroniser l’œstrus des
lapines commerciales (Theau-Clément, 2007).
Comparativement aux femelles non traitées à la PMSG, les femelles multipares ayant reçu une injection
de 25 UI de PMSG deux jours avant l’IA étaient 26 % plus réceptives et avaient un taux de mise-bas
supérieur (72 % avec PMSG; 62 % sans PMSG; Theau-Clément et Lebas, 1996). La fécondité était aussi
plus élevée avec la PMSG, mais seulement au cours des quatre premiers cycles d’utilisation. Par ailleurs,
Theau-Clément et Lebas (1996) n’ont observé aucun effet du traitement sur le taux de mortalité des
femelles ou des lapereaux. Cependant, Maertens et Luzi (1995) ont observé un taux de mortalité des
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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lapereaux sensiblement plus élevé chez les femelles ayant reçu 30 UI de PMSG (14 %) que chez les
femelles témoins n’ayant pas reçu d’injections hormonales (6 %), explicable en partie par les différences
dans la taille des portées. Les femelles traitées à la PMSG avaient davantage de petites portées (<5
lapereaux) et de grosses portées (>12 lapereaux) que les femelles non traitées (Maertens et Luzi, 1995);
des écarts dans les taux de mortalité des portées de taille « normale » ont cependant aussi été observés. En
plus des grandes variations dans la taille des portées découlant du traitement à la PMSG, l’usage répété de
la PMSG (à une dose de 25 UI) a entraîné le développement d’anticorps anti-PMSG (Lebas et coll.,
2010). Après sept gestations provoquées avec des injections de PMSG, plus de 30 % des femelles ont
développé une immunité significative à la PMSG, qui a duré jusqu’à 18 semaines après le traitement.
2.4 Biostimulation
En raison des inquiétudes entourant l’usage d’hormones, de stéroïdes et d’autres xénobiotiques dans la
chaîne alimentaire (EFSA, 2005), on s’intéresse aux solutions de rechange possibles à la PMSG pour
synchroniser l’œstrus des femelles. De nombreuses études scientifiques ont exploré des approches visant
à maintenir la performance de reproduction sans recourir à la PMSG. Une de ces approches consistait à
étudier différentes périodes de séparation mère-portée (voir tableau 3). Des chercheurs ont comparé des
durées de séparation allant de 24 à 48 heures, avant de réaliser l’insémination artificielle, généralement à
11 jours après la mise-bas. Quand les femelles multipares étaient séparées de leurs portées pendant
24 heures, il n’y avait aucun écart dans la performance de reproduction ou dans le taux de croissance des
lapereaux comparativement aux femelles et aux portées ayant librement accès à leur boîte à nid (Castellini
et coll., 2010). Toutefois, quand les femelles étaient retirées de leur cage sur des périodes de 24 heures
durant chacune de leurs lactations pendant toute leur vie reproductive, la mortalité présevrage était
sensiblement plus élevée (22,6 %) dans les portées séparées que lorsque les femelles avaient librement
accès à la boîte à nid (14,7 %; Castellini et coll., 2010). Il n’y avait toutefois aucune différence dans le
nombre de lapereaux nés vivants (8,8 contre 8,3), dans le nombre de lapins sevrés (6,8 contre 7,1), ni dans
le poids de sevrage de chaque lapereau (658 contre 670 g) entre ces deux groupes (Castellini et coll.,
2010). Rebollar et collaborateurs (2006) ont eux-aussi étudié l’effet d’une séparation mère-portée de
24 heures. Ils ont comparé les effets de la séparation mère-portée et de la stimulation hormonale de la
fertilité de la lapine par des injections de gonadotrophine chorionique équine (eCG) sur la mortalité des
lapereaux. À l’aide de femelles secondipares élevées selon un cycle de reproduction court (35 jours),
Rebollar et collaborateurs (2006) ont comparé l’injection de 25 UI d’eCG aux femelles avec la séparation
mère-portée pendant 24 ou 48 heures avant l’IA le 4e jour post-partum. La séparation mère-portée était
aussi efficace que l’eCG pour accroître les taux de fécondité, comparativement aux femelles non traitées.
Toutefois, à l’âge de 4 jours, les lapereaux des portées séparées pesaient 30 % de moins que ceux des
portées témoins, et ceux qui avaient été séparés pendant 48 heures avaient le taux de mortalité le plus
élevé, soit 12 % au 4e jour post-partum (Rebollar et coll., 2006).
D’autres chercheurs ont évalué des périodes de séparation plus longues, souvent comparées à
l’allaitement libre ou à d’autres méthodes de biostimulation (voir tableau 3). Maertens (1998) a comparé
les effets d’une séparation mère-portée de 40 heures à un traitement à la PMSG ou à une alimentation
intensive. Les femelles traitées par alimentation intensive ont reçu un régime enrichi pendant les quatre
jours précédant l’insémination. La PMSG a été injectée en doses de 20 UI au 9e jour post-partum, et l’IA
a été effectuée le 11e jour. Maertens (1998) a observé des taux de fécondité aussi élevés pour la PMSG
que pour la séparation mère-portée (77-78 %), comparativement aux témoins (67 %) ou à une
alimentation intensive (55 %). Cependant, l’efficacité de la PMSG ou de la séparation avait disparu à la
quatrième parité, et les lapereaux des portées séparées avaient un poids inférieur de 7 à 8 % à celui des
lapereaux de tous les autres traitements (Maertens, 1998).
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Beaucoup d’études comparent une période de séparation plus longue à l’allaitement libre (Bonanno et
coll., 2004, 2010; Rebollar et coll., 2004; Ilés et coll., 2013; Ubilla et coll., 2000a, 2000b). Bonanno et
collaborateurs (2004, 2010) ont comparé la mortalité et le taux de croissance de lapereaux dont les mères
étaient soit libres d’allaiter, soit séparées de leur portée pendant 44 à 48 heures, soit séparées en une ou
deux périodes, ou soit transférées dans une autre cage avec leur portée, puis séparées pendant 44 heures.
Quand les portées étaient soumises à une séparation de 44 heures, la mortalité et le poids vif des
lapereaux étaient comparables à ceux des portées qui n’avaient subi qu’un changement de cage (Bonanno
et coll., 2010). Lorsque la période de séparation consistait en deux périodes de 24 heures, la croissance
des lapereaux était comparable à celle des portées témoins (librement allaitées), et supérieure à celle des
portées séparées pendant 48 heures d’affilée (Bonanno et coll., 2004). Les portées témoins ont eu une plus
forte mortalité pré-sevrage du 14e au 35e jour (9,6 %) que les portées séparées (4,3 % à 5 %).
Contrairement aux portées des jeunes femelles, les portées des femelles multipares séparées de leurs
portées pendant 48 heures d’affilée ont eu des gains de poids compensatoires après la séparation
(Bonanno et coll., 2004).
À l’aide de femelles multipares, Ubilla et collaborateurs (2000a, 2000b) ont étudié la séparation mère-
portée au moyen d’un écran métallique sur une période de 48 heures avant l’insémination.
Comparativement aux portées librement allaitées, les portées séparées avaient un poids vif inférieur du 9e
au 11e jour, mais la différence avait disparu au 21e jour. Toujours à l’aide de femelles multipares,
Rebollar et collaborateurs (2004) ont quant à eux comparé les effets d’un allaitement contrôlé (une fois
par jour) à un allaitement contrôlé combiné avec une séparation mère-portée de 48 heures sur le poids vif
et la mortalité des lapereaux et sur l’ingestion d’aliments par la mère. Les femelles soumis au traitement
avec séparation ont produit 11 % moins de lait que les femelles témoins jusqu’au 21e jour. Les lapereaux
issus à ce traitement avaient un poids vif inférieur à celui des lapereaux témoins après la séparation, mais
l’écart avait disparu au 16e jour (Rebollar et coll., 2004). Les femelles soumises au traitement avec
séparation ont aussi consommé 40 % moins d’aliments que les femelles témoins aux 10e et 11e jours. Les
auteurs formulent l’hypothèse que ce changement de courte durée dans l’ingestion d’aliments pourrait
être lié à la douleur ou à l’inconfort de la pression intramammaire. Cette hypothèse n’a toutefois pas été
explorée davantage.
Ilés et collaborateurs (2013) ont étudié l’effet d’une séparation mère-portée (SMP) de 48 heures sur
l’activité des glandes surrénales et sur le comportement de femelles primipares. Les femelles ont eu
librement accès à la boîte à nid (témoins) et certaines ont été complètement séparées de leur portée (SMP)
du 9e au 11e jour post-partum. Il n’y a eu aucun écart dans les niveaux de cortisol plasmatique entre les
témoins et les sujets SMP, ni avant, ni après les jours de séparation. Les femelles témoins ont affiché une
faible acceptation de l’accouplement (54,2 %) comparativement aux femelles SMP (88,5 %) en présence
d’un mâle le 11e jour. Cependant, 60 % des femelles SMP ont refusé l’accouplement avant d’allaiter.
Comme Rebollar et collaborateurs (2004), Ilés et collaborateurs (2013) ont indiqué que la période de
séparation de 48 heures suscitait un certain inconfort, les glandes mammaires étant gonflées. Toutefois, le
stress associé à la séparation n’était pas suffisant pour modifier la sécrétion du cortisol (Ilés et coll.,
2013). La séparation mère-portée, qu’elle dure 24 ou 48 heures, a réduit les taux de croissance des
lapereaux comparativement à ceux des portées non séparées (Rebollar et coll., 2004, 2006; Maertens,
1998; Ubilla et coll., 2000a), ce qui a influencé les taux de mortalité dans certaines études (Castellini et
coll., 2010; Rebollar et coll., 2006, avec séparation de 48 heures), mais pas toutes (Bonanno et coll.,
2004). D’autres études, incluant d’autres indicateurs comportementaux et physiologiques du bien-être,
sont nécessaires pour conclure à l’acceptabilité des pratiques de séparation mère-portée pour le bien-être
des lapines et des lapereaux.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Lorsqu’on a recours à l’insémination artificielle (IA), l’ovulation doit être provoquée artificiellement. On
provoque communément l’ovulation des femelles par injection intramusculaire de gonadolibérine
(gn-RH) immédiatement avant ou après l’IA. Comme l’injection des femelles implique une manipulation
supplémentaire pouvant augmenter le stress, Quintela et collègues (2004) ont envisagé la possibilité
d’ajouter de la buséréline (un agoniste de la gn-RH) directement dans la dose séminale pour réduire les
manipulations tout en préservant la fécondité. Il a fallu utiliser une dose de buséréline 15 fois supérieure
dans le sperme pour maintenir une productivité élevée, mais cette dose n’a eu aucun effet négatif sur le
taux de mortalité des femelles (Quintela et coll., 2004).
Contrairement aux lapins sauvages, les lapins domestiques sont généralement logés dans des cages, avec
une boîte à nid ouverte attachée à la cage de la mère ou placée à l’intérieur. Au cours des 7 à 10 premiers
jours, si elle en a la possibilité, la mère quitte le nid et les lapereaux quand elle ne les allaite pas, mais elle
peut rester en contact visuel, auditif et olfactif avec eux pendant ce temps, ce qui peut influencer son
propre bien-être et celui de la portée. Quand les lapereaux ouvrent les yeux, vers l’âge de 10 à 12 jours, ils
commencent à explorer leur environnement et à quitter la boîte à nid, ce qui leur donne accès à la mère et
à leur nourriture.
Dans certaines unités commerciales, les femelles ont accès à la boîte à nid et à la portée pendant une
brève période chaque jour pour allaiter, ce qui imite les conditions naturelles (Selzer et coll., 2004; Hoy et
Selzer, 2010). En dehors de cette période, l’accès à la boîte à nid et à la portée est restreint. On a étudié
différentes méthodes de séparation des portées (voir tableau 4), qui ont des effets variables sur le bien-
être. Baumann et collaborateurs (2005a, 2005b, 2005c) ont mené une série d’expériences pour comparer
différentes méthodes d’allaitement contrôlé. Au cours de leur première expérience, ils ont comparé le
comportement de femelles ayant librement accès à la boîte à nid à celui de femelles dont l’accès était
contrôlé (Baumann et coll., 2005a). Pour les femelles dont l’accès était restreint, soit on a placé la boîte à
nid fermée à côté de l’enclos d’attache, soit on l’a ôtée complètement, sauf une fois par jour pendant 15
minutes pour l’allaitement. Les femelles ayant un accès libre se sont approchées plus souvent du nid, et
ont vérifié leur portée dans 40 % de ces approches. Les femelles ayant eu un accès restreint à une boîte à
nid fermée ont exécuté des activités au nid (comportements d’ouverture et de fermeture du nid) durant
toute la période de 24 heures, tandis que les femelles ayant eu un accès restreint à une boîte à nid ôtée ont
limité leur activité au nid à l’heure précédant l’allaitement. Les diverses formes d’accès à la boîte à nid
n’ont pas eu d’effet significatif sur le poids vif ou sur la mortalité des lapereaux. Toutefois, la croissance
des lapereaux a été plus lente dans les portées dont la mère a eu un accès restreint à une boîte à nid fermée
que celle des lapereaux des portées où les femelles ont eu un accès libre. Les auteurs indiquent que la
présence d’une boîte à nid inaccessible pourrait avoir davantage perturbé la mère et la portée que le retrait
de la boîte à nid (Baumann et coll., 2005a).
Au cours d’une deuxième expérience, Baumann et collègues (2005c) ont voulu déterminer si l’usage
d’une chatière permettant un accès libre mais visuellement obstrué améliorerait le bien-être de la femelle
et des lapereaux. Les femelles ayant un accès libre (sans chatière) ont présenté des niveaux de
corticostérone sérique plus élevés et ont plus fréquemment mis toute leur tête dans le nid hors des heures
d’allaitement, comparativement aux femelles avec chatière. Les portées des femelles ayant un accès libre
ont eu de plus hauts taux de mortalité présevrage (11,8 %) que celles avec chatière (6,3 %), ce qui
pourrait s’expliquer par le fait que les lapereaux pouvaient sortir du nid. À l’âge de 8 jours, 39 % plus de
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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lapereaux des portées ayant un accès libre ont été observés hors du nid que ceux des portées avec chatière.
La chatière a eu un effet positif sur le bien-être de la femelle et des lapereaux, mais les femelles du
traitement avec chatière ont manifesté un comportement répété de fermeture du nid, caractérisé par le
grattement du sol et le tapotement à l’entrée du nid, après les épisodes d’allaitement (Baumann et coll.,
2005c), pouvant signifier que les femelles trouvent ces nids inadéquats. Les auteurs croient que la
présence de repères olfactifs des lapereaux dans les deux expériences pourrait avoir eu un effet négatif sur
le bien-être des femelles en causant un comportement d’indécision (Baumann et coll., 2005a, 2005c).
Dans leur expérience de suivi, Baumann et collègues (2005b) ont testé des femelles ayant un accès
restreint au nid avec soit un nid propre et vide, soit un nid vide avec des odeurs de lapereaux. La boîte à
nid vide avec des odeurs de lapereaux a suscité davantage de comportements liés au nid, comme des
mouvements de creusage répétitifs à l’entrée du nid, le grattement du sol et le blocage de l’entrée du nid,
que le nid propre et vide. Étant donné que les lapines sauvages ferment d’ordinaire leurs terriers après les
épisodes d’allaitement pour masquer les odeurs (un comportement anti-prédateurs), les auteurs indiquent
que l’incapacité des femelles en laboratoire d’échapper à la présence des odeurs de lapereaux dans les
cages d’élevage standard pouvait réduire leur bien-être (Baumann et coll., 2005b).
Eiben et collègues (2007) ont comparé les effets de l’allaitement libre et de quatre variations de l’accès
restreint à l’allaitement sur la productivité et la mortalité des lapereaux. Les lapereaux ont pu soit téter
librement pendant 35 jours (« témoins »), soit téter une seule fois par jour au cours des 14 premiers jours
de lactation (« pratique agricole ») et avoir un accès libre par la suite, soit téter une seule fois par jour du
8e au 10e jour post-partum avec un contact visuel, olfactif et acoustique (« B2 »), avec un contact olfactif
et acoustique par ailleurs (« B1 ») ou sans autre contact (« B0 »). Avant le 8e jour et après le 10e jour post-
partum, les femelles soumises aux traitements B1, B2, et B0 ont pu allaiter librement. Les femelles ont été
inséminées le 11e jour post-partum. Les femelles sans contact avec leur portée sauf pendant l’allaitement
restreint (B0) ont eu les plus hauts taux de fécondité (89,5 %) et de mise-bas (88,2 %), mais les lapereaux
de ces portées ont eu des poids vifs au sevrage inférieurs à ceux des portées B2 et B1. Les lapereaux des
portées soumises à la pratique agricole ont eu le taux de mortalité le plus élevé au cours des 8 premiers
jours post-partum et pesaient de 4 à 7 % de moins que les lapereaux des autres portées sevrés au 35e jour.
Les lapins en engraissement issus de la pratique agricole (13,5 %) et du traitement B0 (11,9 %) ont
également eu des taux de mortalité du sevrage à la transformation supérieurs à ceux de la progéniture des
témoins (7,9 %) et des sujets du traitement B2 (7,9 %), mais la raison n’est pas claire. Les auteurs ont
conclu qu’il n’était pas nécessaire de restreindre l’accès à l’allaitement au cours des 14 premiers jours, car
cela ralentissait la croissance des lapereaux et ne présentait qu’un mince avantage pour la fécondité
(Eiben et coll., 2007). Ils recommandent de permettre un contact olfactif et acoustique en dehors de la
période d’allaitement (traitement B1). Au cours d’une seconde expérience, Eiben et collaborateurs (2008)
ont comparé l’allaitement libre (« témoins ») à l’accès restreint à l’allaitement (une fois par jour au cours
des 14 premiers jours de lactation et accès libre par la suite; « pratique agricole ») et à l’accès restreint à
l’allaitement avec une période de jeûne de 24 heures pour la femelle entre le 8e et le 9e jour (« B »).
Toutes les mères ont été inséminées le 11e jour. Durant la lactation, les lapereaux des portées B ont eu des
taux de croissance plus lents (4,98 g/j) que les portées de la « pratique agricole » (8,25 g/j). L’écart a
subsisté pendant toute la période d’engraissement; les lapereaux des portées B ont eu une croissance plus
lente jusqu’au 70e jour (36,1 g/j contre 40,5 à 40,8 g/j pour les lapereaux des portées de la pratique
agricole et des portées témoins; Eiben et coll., 2008). Les traitements n’ont eu aucun effet sur la mortalité
présevrage, mais les taux de mortalité du 35e au 70e jour ont été plus élevés chez les lapereaux des
femelles traitées selon la pratique agricole (13,5 %) et selon le traitement B (12,3 %) que chez les
lapereaux témoins (7,9 %). L’accès restreint aux lapereaux post-partum peut réduire la mortalité des
lapereaux, particulièrement dans les portées des femelles primipares. Une telle restriction peut toutefois
réduire le poids des lapereaux au sevrage. Il faudrait pousser la recherche pour comprendre les
conséquences à long terme de cette pratique sur la santé et le bien-être des lapins.
28
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
Dans la nature, le processus de sevrage commence avec le comportement d’émergence vers l’âge de
21 jours (Richardson et Wood, 1982). Si elles sont gravides et en lactation, les femelles deviennent
agressives envers leurs lapereaux avant la mise-bas de la portée suivante (Mykytowycz et Rowley, 1958).
L’allaitement peut se poursuivre pendant six semaines (Lloyd et McCowan, 1968), et les lapereaux
sauvages peuvent essayer de téter jusqu’à la septième semaine (Lehmann, 1991). La plupart des lapins
domestiques sont sevrés vers l’âge de 4 semaines, car la production de lait diminue après 21 à 25 jours
(Scapinello et coll., 1999; Schlolaut et coll., 2013). Dans les clapiers commerciaux d’Espagne et du
Portugal, la plupart des producteurs inséminent les femelles le 11e jour post-partum et sèvrent les
lapereaux le 31e jour en utilisant un cycle de reproduction de 42 jours (Rosell et de la Fuente, 2009; de la
Fuente et Rosell, 2012; Sánchez et coll., 2012). Cependant, certains producteurs utilisent des intervalles
d’accouplement plus courts ou sèvrent les lapereaux plus tôt pour maximiser le nombre de lapereaux par
femelle par année.
Xiccato et collègues (2006) ont comparé l’état de chair de femelles multipares ayant été réaccouplées le
2e, le 11e ou le 26e jour post-partum. Celles ayant été réaccouplées le 2e jour post-partum ont accusé une
perte de poids vif et un déficit énergétique significatifs entre leur première et leur dernière mise-bas
(Xiccato et coll., 2006). Celles ayant été réaccouplées au 11e ou au 26e jour ont maintenu leur bilan
énergétique et ont soit maintenu leur poids (réaccouplement le 11e jour), soit pris du poids
(réaccouplement le 26e jour). Dans une étude semblable, Gerencsér et collaborateurs (2011) ont comparé
le bien-être de femelles et de lapereaux avec un intervalle de réaccouplement standard le 11e jour (avec
sevrage le 35e jour) et avec un intervalle de réaccouplement plus long (25e jour post-partum avec sevrage
le 23e jour). Les femelles ont été étudiées sur six à huit parturitions. Avec le cycle d’accouplement le plus
long, le taux de mise-bas était plus élevé (89,3 % contre 82 %), et les femelles avaient un poids supérieur
lors de la mise-bas (4 474 contre 4 188 g). Les femelles présentaient aussi un taux de survie plus élevé au
336e jour avec le cycle plus long (26 % contre 13 %). Avec l’intervalle de réaccouplement le plus court
(et l’âge de sevrage retardé), les portées étaient plus lourdes à la naissance (564 contre 528 g). Cependant,
les lapereaux sevrés tôt ont présenté des gains compensatoires et pesaient davantage que les sujets sevrés
plus tard à la 11e semaine (2 694 contre 2 632 g; Gerencsér et coll., 2011).
Dans leur sondage auprès de clapiers espagnols, de la Fuente et Rosell (2012) ont constaté que 75 % des
lapines reproductrices étaient jugées en bonne santé, avec un poids moyen de 4,81 kg et une cote d’état de
chair de 4,5 (sur une échelle de 1 [émaciation] à 9 [obésité]). La cote d’état de chair variait aussi selon le
cycle de lactation, la génétique et l’exploitation agricole (de la Fuente et Rosell, 2012; Sánchez et coll.,
2012). Après les cinq premières lactations, la cote d’état de chair restait stable jusqu’à la 20e lactation,
après quoi elle commençait à baisser (Sánchez et coll., 2012). Des recherches plus poussées sur les
intervalles entre les accouplements et les taux de réforme seraient nécessaires, surtout au cours des
premières parités, quand le risque de mortalité est à son plus haut.
La réceptivité sexuelle et le taux de fécondité des femelles en lactation varient selon le jour où elles sont
réaccouplées post-partum (Stoufflet et Caillol, 1988; Ubilla et Rebollar, 1995). Ceci peut avoir un effet
sur le bien-être des lapereaux. Castellini et collaborateurs (2003) ont comparé les effets de différents
intervalles d’accouplement sur les femelles et la survie des lapereaux. La moitié des femelles a été
accouplée selon un cycle fixe tous les 42 jours (insémination au 11e jour post-partum). L’autre moitié a
été réaccouplée selon un cycle en alternance : au premier cycle, elles ont été réaccouplées le 1er jour post-
partum et au cycle suivant, le 27e jour post-partum. Les tailles des portées ont été standardisées à six ou
huit lapereaux, et tous les lapereaux ont été sevrés à 26 jours (Castellini et coll., 2003). La mortalité pré-
et post-sevrage des lapereaux a été la plus élevée dans les portées de huit lapereaux, surtout les portées
des femelles suivant un cycle de réaccouplement de 11 jours post-partum. On a observé le même
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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intervalle de mise-bas dans les deux cycles de réaccouplement, même si l’intervalle entre les
accouplements du cycle en alternance était trois jours plus long, en moyenne. Les auteurs concluent que
l’alternance des cycles de réaccouplement sont meilleurs pour le bien-être des lapireaux lorsqu’ils sont
sevrés avant l’âge de 35 jours et surtout qu’ils proviennent d’une grosse portée (Castellini et coll., 2003).
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Tableau 3. Résultats d’études portant sur la séparation mère-portée et son effet sur le bien-être des lapereaux. a≠b, x≠y dénotent des
écarts statistiques (P<0,05) dans une même étude dans chaque colonne
1 Représente
une valeur convertie par rapport à l’article original
2 Taux
de mortalité divisé en intervalles : 9-16 jours et 16-35 jours
3
On a cessé de prendre les mesures après le 21e jour
4
Mortalité divisée en intervalles : 2-4 jours, 5-16 jours et 17-25 jours
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires Janvier 2017
Tableau 4. Résultats d’études portant sur l’allaitement restreint et son effet sur le bien-être des lapereaux. a≠b≠c dénotent des écarts
statistiques (P<0,05) dans une même étude dans chaque colonne
1 Taux
de mortalité divisé en intervalles : 1-15 jours et 16-35 jours
2 Les
taux de mortalité ne sont différents qu’entre l’âge de 16 et de 35 jours
3 Poids mesuré au j 21
4
Taux de mortalité divisé en intervalles : 1-8 jours et 1-35 jours
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
3. Gestion de santé
Conclusions
Comparativement à d’autres espèces d’animaux destinés à l’alimentation, les lapins domestiques affichent
des taux de mortalité élevés de la naissance à la fin de la production, se situant autour de 25 % en
moyenne dans les troupeaux canadiens (Kylie et coll., 2016a). Ces taux ont peu varié au cours des
dernières décennies (EFSA, 2005). Des causes infectieuses et non infectieuses contribuent à la morbidité
et à la mortalité des lapereaux non sevrés, des lapins en engraissement et des sujets reproducteurs, ce qui
réduit leur bien-être. Le taux de mortalité est communément utilisé comme indice du bien-être des
animaux dans les clapiers commerciaux (Hoy et Verga, 2006). Le présent chapitre porte sur les facteurs
qui agissent sur la santé des lapins, et donc sur leur bien-être, à différents stades de production.
Il est difficile d’évaluer la santé et le bien-être des lapins, car comme les autres animaux de proie, ils sont
programmés pour masquer leurs signes de morbidité, de faiblesse et de douleur jusqu’au stade terminal de
la maladie. Les changements survenant dans le budget d’activités, l’ingestion d’aliments et d’eau ou l’état
de chair d’un lapin peuvent indiquer que son bien-être est menacé; il est cependant difficile de l’évaluer
individuellement dans des conditions d’élevage intensif. Il existe peu d’outils d’évaluation de la santé et
du bien-être des lapins en élevage commercial. Toutefois, des chercheurs ont étudié une approche basée
sur l’observation des changements du comportement, des expressions faciales et le suivi de la température
corporelle pour détecter la douleur chez les lapins en milieu expérimental (Leach et coll., 2009;
Farnworth et coll., 2011; Keating et coll., 2012). Des lapins mâles ayant subi une chirurgie abdominale
ont manifesté une réduction de l’ingestion d’aliments et d’eau, du toilettage en général et de la position
allongée, mais ont consacré un temps considérable au toilettage du site de l’incision abdominale
(Farnworth et coll., 2011). Les lapins ont aussi exprimé des comportements interprétés comme étant
spécifiques à la douleur, comme la position assise avec le dos voûté et les pattes avant et arrière repliées
sous le corps (« en poule »), la marche d’un pas traînant et les sauts partiels (extension des pattes avant
comme pour sauter, sans mouvement des pattes arrière; Farnworth et coll., 2011). Suivant une
ovariohystérectomie, des lapines ont aussi exécuté des ajustements lents de leur posture, traîné les pattes,
vacillé et contracté rapidement les muscles, des mouvements qui n’avaient pas été observés avant la
chirurgie (Leach et coll., 2009). Weaver et collègues (2010) ont suivi des lapines ayant subi une
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
ovariohystérectomie et observé une diminution significative de leur ingestion d’aliments et d’eau ainsi
que de leur production fécale après la chirurgie, quel que soit l’analgésique utilisé. Ils ont aussi noté une
réduction de 75 % de la distance parcourue dans leur cage et une baisse de 98 % de la position debout sur
les pattes arrière. Cependant, Leach et collaborateurs (2009) mettent en garde contre l’utilisation des hauts
niveaux d’inactivité comme indicateur de douleur après une chirurgie en raison de l’effet potentiellement
sédatif de l’anesthésie ou de l’analgésie sur la locomotion et aussi parce que l’observation directe des
lapins les incitent à se figer. Après le tatouage de l’oreille, Keating et collaborateurs (2012) n’ont observé
aucun effet de l’intervention, effectuée avec ou sans crème anesthésique topique (EMLA, un mélange
eutectique topique contenant 2,5 % de prilocaïne et 2,5 % de lidocaïne), sur le comportement dans la
cage. Ils ont cependant noté une augmentation du comportement de toilettage des oreilles en raison de
l’application d’EMLA, avec ou sans tatouage. D’autres changements pouvant être des indicateurs
spécifiques à la douleur ont été notés dans l’étude (voir l’Échelle d’évaluation des expressions faciales du
lapin, ci-après) et pourraient servir à différencier les lapins ayant reçu un anesthésique topique avant le
tatouage de ceux qui n’en ont pas reçu.
D’autres indicateurs comportementaux et physiologiques du bien-être ont été étudiés chez le lapin. Les
fluctuations pondérales et les cotes d’état de chair sont utiles comme indicateurs de santé, de douleur et de
maladie chez beaucoup d’autres espèces (Bonde et coll., 2004; Pritchard et coll., 2005; Roche et coll.,
2009), et ils ont été étudiés chez le lapin. de la Fuente et Rosell (2012) ont évalué les cotes d’état de chair
de 2 775 lapins reproducteurs et constaté que les sujets malades avaient une cote d’état de chair
marginalement mais significativement réduite comparée à celle des sujets en santé. La différence de cote
d’état de chair était toutefois marginale, et l’utilisation de ces indices pour évaluer la santé et le bien-être
des animaux demeure une méthode rétrospective. Elle permet la détection de la douleur ou de la maladie
que lorsqu’elles sont présentes depuis un certain temps.
Keating et collaborateurs (2012) ont validé l’utilisation d’une nouvelle Échelle d’évaluation des
expressions faciales du lapin dans une étude portant sur le tatouage de l’oreille chez les lapins. Cette
échelle considère cinq expressions faciales (resserrement orbital, renflement des joues, renflement du nez,
changement de position des moustaches et changement de position de l’oreille) pour obtenir une note
globale qui augmente quand les lapins éprouvent de la douleur. Ceci s’est confirmé dans l’étude en
question lorsqu’on a tatoué des lapins sans anesthésique topique (Keating et coll., 2012). Certaines
interventions (comme le tatouage de l’oreille) peuvent invalider une ou plusieurs expressions faciales
(p. ex., le changement de position de l’oreille) en raison de la nature de l’intervention (Keating et coll.,
2012). L’Échelle d’évaluation des expressions faciales demeure néanmoins un outil efficace pour faire
une évaluation rapide du bien-être animal dans les cages. De plus, l’utilisation de cette échelle n’exige
aucun appareil et ne requiert qu’une formation minimale. Il s’agit donc d’un outil prometteur pour évaluer
le bien-être des lapins à la ferme.
L’utilisation de la thermographie infrarouge a également été étudiée pour évaluer le stress nuisible
(Ludwig et coll., 2010) et le stress thermique (de Lima et coll., 2013) chez le lapin. Ludwig et
collaborateurs (2010) ont soumis des lapins adultes de races croisées à une source de stress social (le
placement dans une cage avec des lapins inconnus) ou auditif (un bruit soudain) et à l’immobilité tonique.
Ils ont enregistré les températures externes de l’œil et de l’oreille à l’aide d’une caméra infrarouge avant
et après les stress et prélevé des échantillons sanguins avant et après l’immobilité tonique pour évaluer les
niveaux de corticostérone sérique. Les températures de l’œil n’ont pas changé entre les conditions de base
et les conditions de stress, mais les températures de l’oreille ont diminué après chacun des stresseurs. Les
niveaux de corticostérone étaient plus élevés après l’immobilité tonique qu’avant (Ludwig et coll., 2010).
Selon les auteurs, la vasoconstriction de l’oreille après les conditions stressantes pourrait être une
stratégie d’adaptation. Chez d’autres espèces, les réponses physiologiques à différents stress dépendent de
la possibilité pour le sujet d’influencer l’effet du stress (Sherwood et coll., 1990). En présence d’un stress
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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social ou auditif, la vasoconstriction de l’oreille pourrait servir à protéger les oreilles contre les menaces.
de Lima et collaborateurs (2013) ont aussi fait appel à la thermographie infrarouge pour détecter les
différences de la température corporelle superficielle dues au stress thermique. Ils ont exposé des lapins à
des conditions ambiantes de base (20-30 °C) ou à des conditions de stress thermique extrême (32 °C) et
ont photographié leurs yeux, leurs oreilles internes et externes et leur nez. Ils ont aussi prélevé des
échantillons fécaux pour évaluer les niveaux de corticostérone fécale. Sous le stress thermique, la
température des yeux est l’élément ayant le plus augmenté (jusqu’à 3,36 °C au-dessus des niveaux de
base), suivies de la température de l’oreille interne, de l’oreille externe et du nez. Étant donné que les
résultats obtenus dans cette étude avec la température des oreilles contredisent les résultats obtenus par
Ludwig et collègues (2010), il faudrait pousser la recherche pour comprendre l’effet de différents types de
stress sur la réponse physiologique des lapins. L’utilisation de la thermographie infrarouge peut être
corrélée au stress physiologique en période de stress thermique, mais c’est un appareil spécialisé et cher;
il est donc peu probable qu’il soit utilisé dans les élevages.
Le comportement des lapereaux d’élevage nouveau-nés est semblable à celui de leurs congénères
sauvages. Au cours des cinq premiers jours de vie, les lapereaux passent plus de 90 % de leur temps
immobiles dans le nid; les sujets les plus légers sont plus actifs que les plus lourds (Bautista et coll.,
2008). Les lapereaux manifestent un comportement de blottissement dynamique : une circulation presque
constante vers le centre du groupe, où la température est la plus élevée (Bautista et coll., 2003).
La mortalité présevrage des lapins d’élevage varie beaucoup, soit de 5 à 46 % (Coureaud et coll., 2000a;
Drummond et coll., 2000; Bautista et coll., 2008; Rödel et coll., 2009; Garrido et coll., 2010; González-
Redondo, 2010; Huneau-Salaün et coll., 2015; Kylie et coll., 2016a). Contrairement à la mortalité des
lapins en engraissement et des sujets reproducteurs, dont les causes sont souvent infectieuses, la plupart
des mortalités qui surviennent avant le sevrage peuvent être imputés à la taille et au poids de la portée
(Bautista et coll., 2003), au comportement de la mère (González-Redondo, 2010), à la génétique (Whitney
et coll., 1976; Lukefahr et coll., 1983), à des facteurs de gestion (Garrido et coll., 2010) et à la santé de la
mère. Les causes courantes de décès sont les refroidissements, les nids inadéquats, les mauvais soins
maternels, l’insuffisance de lait et le cannibalisme. Le premier jour de vie est particulièrement important;
Coureaud et collègues (2000b) ont constaté que les lapereaux nés de femelles primipares n’ayant pas
consommé le colostrum au cours des 12 heures suivant la mise-bas avaient un taux de mortalité de 16 %
jusqu’à l’âge de 10 jours, contre 6,8 % si les lapereaux avaient consommé le colostrum. Toutefois, l’écart
disparaissait chez les lapereaux nés de femelles multipares, et le taux de mortalité global était plus bas (de
2,2 à 2,5 %; Coureaud et coll., 2000b). Ainsi, bien que la consommation hâtive de colostrum soit
importante pour la santé des lapereaux, elle n’est pas le seul déterminant de leur survie, car il y a un
transfert partiel d’anticorps maternels in utero (Peri et Rothberg, 1986).
Les lapereaux sont protégés par les anticorps maternels jusqu’au sevrage (Yoshiyama et Brown, 1987;
Milon et Camguilhem, 1989), mais ils sont très sujets aux infections infracliniques par divers agents
infectieux, comme Pasteurella multocida et Staphylococcus aureus. Cette vulnérabilité survient surtout
en présence d’une lourde charge environnementale, de mauvaises conditions d’hygiène et quand les
lapereaux sont exposés aux sécrétions maternelles contaminées durant les activités courantes, comme
l’allaitement et le toilettage. Cette exposition précoce à des agents infectieux, bien qu’elle ne nuise pas
immédiatement à leur santé, sensibilise les lapereaux à d’éventuelles maladies plus graves au cours de
leur vie, en période de stress durant la croissance et reproduction. Les pratiques de biosécurité à la ferme
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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sont encore faiblement adoptées dans le secteur des lapins de chair au Canada, ce qui contribue au
problème récurrent de maladie (Kylie et coll., 2016a).
Les jeunes lapereaux sont à risque de contracter une hypoplasie myofibrillaire (déviation de membres en
dehors), un trouble observé dans la majorité des élevages commerciaux visités lors d’une étude (Rosell et
coll., 2009). L’hypoplasie myofibrillaire (« syndrome des pattes écartées » ou « splay leg ») est associée à
la dysplasie de la hanche et peut être légère (si le lapereau présente une démarche anormale, mais n’est
pas autrement affecté) ou grave (si le lapereau ne peut pas se déplacer). En général, les lapins atteints
d’hypoplasie myofibrillaire sont cliniquement normaux, sans autres troubles physiques ou neurologiques
(Joosten et coll., 1981; Owiny et coll., 2001; Fallahi, 2014). On ignore quelle est la pathogénie exacte de
l’hypoplasie myofibrillaire, mais la génétique (Joosten et coll., 1981) et le logement (Owiny et coll.,
2001) sont possiblement impliqués. Joosten et collègues (1981) ont étudié la prévalence de l’hypoplasie
myofibrillaire dans un élevage fermé de de lapins hollandais reproducteurs. Les lapereaux atteints
d’hypoplasie myofibrillaire depuis l’âge de 3 ou 4 semaines ne présentaient aucun autre signe clinique de
maladie. Les chercheurs ont constaté que 4 % des portées comptaient un ou plusieurs lapereaux atteints, et
que ce trouble était transmissible par la lignée paternelle (Joosten et coll., 1981). Cependant, le schéma
héréditaire n’était pas direct. L’élevage sélectif pour ce trouble en a augmenté la prévalence à 10 % de
portées atteintes, mais le nombre observé de lapereaux atteints a été plus faible que prévu, ce qui amène
certains chercheurs à croire que l’hypoplasie myofibrillaire est plurifactorielle. Owiny et collaborateurs
(2001) ont étudié l’effet du plancher des boîtes à nid et de l’exposition au dichlorodiphényltrichloroéthane
(DDT) sur la prévalence de l’hypoplasie myofibrillaire. Ils ont exposé des lapins hollandais femelles à 0,
25 ou 250 μmol/kg de DDT durant la gestation et pendant quatre semaines de lactation. Les mères et leurs
portées ont été logées dans des cages dont les nids comportaient un plancher parmi les trois types: en
carton ciré, en Plexiglas lisse ou en lamelles antidérapantes de Plexiglas texturé. La prévalence de
l’hypoplasie myofibrillaire était sensiblement plus élevée chez les lapereaux logés sur du Plexiglas lisse
(prévalence de 21,8 %) que chez les sujets logés sur du carton (6,7 %) ou sur des lamelles de Plexiglas
texturées (0 %). L’exposition des mères au DDT augmentait la prévalence de l’hypoplasie myofibrillaire,
mais seulement sur les planchers en Plexiglas. Owiny et collègues (2001) indiquent que l’exposition à la
toxine neuromusculaire pourrait avoir affaibli les lapereaux et accru la prévalence de l’hypoplasie
myofibrillaire chez les sujets logés sur un plancher sous-optimal. On peut réduire la prévalence de
l’hypoplasie myofibrillaire par la sélection génétique (Fallahi, 2014) et en offrant aux lapereaux un
plancher approprié dans leur boîte à nid.
L’entérite est courante chez les jeunes lapins sevrés. Les sujets de ce groupe d’âge deviennent très
sensibles aux infections lorsqu’ils passent d’un régime principalement lacté à un régime cellulosique et
que leur tube digestif acquiert une nouvelle flore. Les taux de mortalité déclarés pour les lapins en
engraissement sont très variables. Dans leur sondage auprès de 95 élevages français, Huneau-Salaün et
collègues (2015) ont constaté un taux de mortalité annuel moyen de 7,1 %, avec une variation allant de
1,9 à 11,3 % selon l’élevage. Whitney et collaborateurs (1976) quant à eux ont rapporté un taux de
mortalité post-sevrage moyen de 5,5 %. Par contre, dans leur étude sur les âges de sevrage, Chen et
collaborateurs (1978) ont observé des taux de mortalité post-sevrage allant de 17,8 à 23,8 %. Néanmoins,
la plupart des études s’accordent pour dire que les maladies entériques sont la cause principale de
mortalité des lapins en engraissement au Canada et ailleurs (Chen et coll., 1978; Percy et coll., 1993;
Badagliacca et coll., 2010; Garrido et coll., 2010; Kylie et coll., 2016a).
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Le risque de mortalité et de réforme précoce des jeunes lapines reproductrices affiche un pic au cours des
trois premières parturitions (Rosell et de la Fuente, 2009a), en partie à cause de la prévalence élevée des
maladies respiratoires, particulièrement la pasteurellose (Sánchez et coll., 2012; Rosell et de la Fuente,
2016). Étant donné le taux de mortalité élevé des jeunes femelles, la longévité moyenne des lapines est
inférieure à 8 mois (Lukefahr et Hamilton, 2000), et leur taux de remplacement annuel est très élevé par
rapport à celui d’autres espèces animales destinées à l’alimentation (120-140 %; Sánchez et coll., 2006;
Gil et coll., 2007). Rosell et de la Fuente (2009a, 2016) ont étudié des clapiers espagnols, où le risque de
mortalité spontanée des femelles était de 2,8 à 3,4 % par mois. Le taux de mortalité à la gestation était de
4,5 %, le risque le plus élevé survenant entre le 10e et le 15e et entre le 25e et le 33e jour de gestation
(Rosell et de la Fuente, 2009a), principalement en raison de maladies respiratoires et digestives.
3.2.4 Mâles
Dans leur étude sur des reproducteurs, de la Fuente et Rosell (2012) ont trouvé que les mâles étaient
généralement en moins bonne santé que les femelles (25,6 % contre 18,5 % atteints de rhinite; 4,4 %
contre 3,9 % ayant des maux de pattes) et que leurs cotes d’état de chair étaient inférieures à celles des
femelles (4,1 contre 4,69; 5 étant la cote idéale sur une échelle de 9 points). Dans deux autres études,
Rosell et de la Fuente (2009, 2016) ont constaté que le risque de mortalité moyen des mâles était de 1,2 %
et de 1,87 % par mois, respectivement, avec un risque de réforme de 4,2 % par mois. La mise à la réforme
s’expliquait principalement par la faible productivité (Rosell et de la Fuente, 2009). Plus de 25 % des
mâles étaient atteints de rhinite (de la Fuente et Rosell, 2012), et les infections des voies respiratoires
étaient la principale cause de mortalité (0,88 % dans l’ensemble; 65 % des mortalités dues à la
pneumonie; Rosell et de la Fuente, 2009, 2016). Les mâles étaient aussi plus sujets aux maladies
gastrointestinales. Rosell et de la Fuente (2009) rapportent que 5,9 % des mortalités étaient dues à
l’entérite, et que le risque de mortalité mensuel moyen dû aux maladies entériques était de 0,35 % (Rosell
et de la Fuente, 2016).
Whitney (1970) a été le premier à parler de « complexe entéritique » pour désigner les infections
intestinales non spécifiques des lapins à l’engraissement qui entraînent souvent la mort sans aucun signe
clinique de maladie antérieur. Les entéropathies atteignent leur sommet entre le 10e et le 14e jour post-
sevrage (Badagliacca et coll., 2010; Garrido et coll., 2010), et les lapins meurent généralement dans les 24
à 72 heures qui suivent l’apparition de l’anorexie ou de la diarrhée (Whitney, 1970; Peeters et coll.,
1984). De nombreux agents bactériens, viraux et parasitaires pourraient contribuer au complexe
entéritique du lapin (CEL), dont Escherichia coli, Clostridium spiriforme, Lawsonia intracellularis, les
rotavirus, les coronavirus, les astrovirus et les coccidioses. Plus de deux agents sont généralement
présents en même temps (Whitney, 1976; Peeters et coll., 1984; Percy et coll., 1983; Badagliacca et coll.,
2010; Dewrée et coll., 2010). Certains, comme les rotavirus, sont jugés légèrement pathogènes (Peeters et
coll., 1984), tandis que d’autres, comme E. coli, C. spiriforme et diverses espèces coccidiennes, sont
associés à une entérite plus grave et à des taux de mortalité modérés à élevés (Peeters et coll., 1984;
Badagliacca et coll., 2010). Les signes cliniques du CEL sont la diarrhée aqueuse légère à grave, mêlée de
sang ou non, la distension abdominale et les borborygmes (bruits de gargouillement dans l’intestin;
Whitney, 1976; Coudert et Licois, 2005; Badagliacca et coll., 2010).
Comme le CEL est plurifactoriel, il n’existe pas de traitement unique. Certaines pratiques de gestion
peuvent néanmoins réduire le risque d’entérite. Le sevrage tardif (≥ 35 jours) est associé à un risque accru
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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d’entérite (Le Bouquin et coll., 2009; Huneau-Salaün et coll., 2015), peut-être en raison du stress accru
pour l’animal. Les cages malpropres et contaminées (Garrido et coll., 2010) ou la présence de litière
accumulée lorsque les animaux sont logés sur le sol (Schlolaut et coll., 2013) peuvent accroître la
transmission des coccidioses des lapins âgés aux jeunes animaux en croissance (Le Bouquin et coll.,
2009). Les producteurs peuvent introduire des agents antimicrobiens dans les aliments pour tenter de
gérer le CEL, mais ceci peut bouleverser davantage l’équilibre délicat de la flore gastrointestinale des
lapins, causant une dysbiose mortelle. En outre, l’utilisation systématique d’antimicrobiens peut
contribuer à la résistance antimicrobienne chez les animaux et les humains (Kylie et coll., 2016b). Il serait
donc nécessaire d’évaluer des méthodes et des pratiques non pharmacologiques de réduction de la
prévalence du CEL chez les lapins à l’engraissement.
3.3.2 Pasteurellose
Pasteurella multocida (le coryza pasteurellique) est l’agent pathogène respiratoire le plus courant chez le
lapin. Il est associé à la rhinite et aux éternuements, à l’otite moyenne/interne, à la conjonctivite, aux
maladies systémiques, à la pneumonie, aux abcès, à la métrite et aux infections génitales (Percy et coll.,
1984; Deeb et coll., 1990; Rougier et coll., 2006). Les signes cliniques de la pasteurellose sont
l’écoulement oculonasal mucopurulent, des poils souillés aux pattes antérieures, les éternuements et
l’inclinaison de la tête (Kunstýř et Naumann, 1985), mais les infections peuvent aussi être sous-cliniques
(Deeb et coll., 1990). Dans une étude, 29 % des reproducteurs étaient porteurs de P. multocida
(DiGiacomo et coll., 1991). Cependant, selon d’autres rapports, ce taux serait beaucoup plus élevé dans
les élevages commerciaux, car la probabilité d’infection à P. multocida augmente avec l’âge (Deeb et
coll., 1990). Rosell et de la Fuente (2009a) ont aussi constaté que les maladies respiratoires cliniques
représentaient 30 % des mortalités survenues dans les fermes d’élevage. De même, Sánchez et collègues
(2012) ont étudié 103 fermes d’élevage et trouvé que 32,1 % des lapines reproductrices étaient malades,
avec une prévalence de maladies respiratoires apparentes de 22,7 % et une prévalence de comorbidités de
3,3 %. Dans une autre étude, Rosell et collaborateurs (2009) ont rapporté que les maladies respiratoires
avaient contribué à 7,2 % des visites vétérinaires d’urgence dans les clapiers espagnols et portugais sur
une période de 10 ans, avec une augmentation des visites durant les mois d’été. Virag et collaborateurs
(2004) indiquent que des sources de stress commela mauvaise ventilation, les températures ambiantes
élevées, le transport et le relogement, peuvent activer une infection latente. Bien qu’aucune étude n’ait
porté spécifiquement sur l’impact de P. multocida sur le comportement et le bien-être, ou sur l’impact de
diverses sources de stress sur le taux de maladie, les taux de mortalité élevés associés à l’infection
témoignent d’une réduction du bien-être des animaux.
La température corporelle normale des lapins se situe entre 38,1 et 40,8 °C (Chen et White, 2006); ils ne
peuvent pas réguler leur température corporelle lorsque la température ambiante est supérieure (Nicol et
Maskrey, 1997). Les lapins sont donc particulièrement sensibles au stress thermique. Selon Amici et
collègues (2000), l’exposition aiguë à un grand stress thermique (42 °C pendant une heure) a accru la
température corporelle des lapins au cours des deux heures suivantes et réduit leur ingestion d’aliments
sur une période pouvant aller jusqu’à cinq jours; les lapins exposés à une température de 43,3 °C ont
atteint une température corporelle de 41,7 °C, et leur rythme respiratoire était de 812 respirations/minute
au bout de 40 minutes d’exposition. Dans le climat tempéré du Canada, il est rare que les températures
atteignent 40 °C, mais les lapins commencent à montrer des signes de stress thermique modéré dès 30 °C.
Gonzalez et collègues (1971) ont observé une faible augmentation du rythme respiratoire des lapins à
30 °C comparativement à 25 °C (172 contre 84 respirations/minute). De même, Kasa et Thwaites (1990)
ont constaté que des lapins logés à une température de 32,2 °C augmentaient leur rythme respiratoire à
204 respirations/minute après 20 minutes d’exposition à la chaleur, et à 610 respirations/minute au bout
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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de quatre heures. L’exposition de lapins à une température de 33,5 °C pendant 24 jours a réduit
l’ingestion d’aliments et le poids, a augmenté la température rectale et a réduit les concentrations en
immunoglobuline comparativement aux sujets logés à une température de 18 °C (Franci et coll., 1996).
Les lapins peuvent toutefois s’acclimater à un stress thermique modéré. Dalmau et collègues (2015) ont
logé des lapins soit à 18,4 °C, soit à 20,1 °C entre 16 h et 9 h et à 27,9 °C entre 9 h et 16 h. À la
température diurne supérieure, les lapins assujettis au stress thermique ont passé plus de temps étalés sur
le sol (45 à 54 % plus de temps que les animaux témoins). Leur budget d’activités global différait
cependant très peu de celui des animaux témoins; les auteurs en concluent que le rythme prévisible du
stress thermique permet aux lapins d’adapter leur comportement aux conditions ambiantes. S’ils sont
logés à des températures supérieures à leur zone thermoneutre de 15 à 25 °C, les lapins ont besoin d’un
espace suffisant pour exprimer des comportements de réduction de la chaleur. Quel que soit l’espace
disponible, les températures extrêmement élevées peuvent entraîner une mortalité accrue à certains stades
de production.
La pododermatite ulcéreuse représente une autre menace importante pour le bien-être des lapines
reproductrices. La maladie commence par la perte de poils et l’apparition de callosités (ce qu’on appelle
aussi l’hyperkératose plantaire), qui évoluent en callosités fissurées et ouvertes. La maladie devient plus
grave quand des plaies vives ou des ulcères se forment sur les jarrets. La question de savoir si
l’hyperkératose plantaire est douloureuse pour les lapins fait l’objet de débats (Rommers et de Jong,
2011), mais il est généralement accepté que la pododermatite est une condition douloureuse (Rosell et de
la Fuente, 2009b; Rommers et de Jong, 2011; Buijs et coll., 2014; Mancinelli et coll., 2014). Bien qu’elle
ne figure pas parmi les principales causes de mortalité (Rosell et de la Fuente, 2009a), la pododermatite
est un facteur de risque considérable pour la mise à la réforme (Cervioli et coll., 2008; Huneau-Salaün et
coll., 2015), surtout quand les lapins vieillissent. Il s’agit d’un trouble influencé significativement par le
type de logement. D’autres détails sur la pododermatite se trouvent dans le chapitre sur le Logement.
3.3.5 Staphylococcie
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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présence d’une éclosion active de mammite, il faut donc limiter la pratique de l’allaitement croisé et
l’introduction de nouveaux animaux (Hermans et coll., 2003).
3.3.6 Encéphalitozoonose
Pour toutes les maladies infectieuses, une détection précoce est nécessaire pour réduire la souffrance des
animaux et la charge parasitaire dans environnement, ce qui améliore le bien-être animal. Mais la
détection précoce doit aller de pair avec le maintien des pratiques de biosécurité à la ferme. Des mesures
de biosécurité rehaussées réduisent considérablement la prévalence des espèces du genre Campylobacter
chez les poulets de chair (Gibbens et coll., 2001) et du virus du syndrome reproducteur et respiratoire
porcin (SRRP; Dee et coll., 2004). Or, lors d’un récent sondage auprès des producteurs de lapin de
l’Ontario, Kylie et collaborateurs (2016) ont constaté que les pratiques de nettoyage des cages étaient
irrégulières, et que seulement 55 % des élevages mettaient les nouveaux animaux en quarantaine à leur
arrivée à la ferme. En outre, 63 % des producteurs élevaient d’autres espèces animales, le plus souvent
dans le même bâtiment que les lapins. Étant donné que le statut sanitaire à la ferme est lié au poids et à
l’état de chair des lapins (de la Fuente et Rosell, 2012) et qu’il peut modifier la prévalence des maladies
infectieuses (Bennegadi et coll., 2001), il est impératif pour les producteurs d’augmenter l’état sanitaire
de leur exploitation agricole.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
Conclusions
1. Les fibres, en particulier les fibres au détergent acide (FDA), sont un élément nutritif
essentiel à la santé du tube digestif et peuvent réduire l’incidence des maladies entériques
lorsqu’elles sont fournies en quantité suffisante.
2. Les pratiques de restriction qualitative ou quantitative de l’alimentation peuvent, dans
certaines limites, améliorer le bien-être en réduisant les troubles digestifs et l’obésité.
3. L’accès illimité à une eau potable propre est essentiel au bien-être des lapins.
4. La présence de mycotoxines dans les aliments peut nuire au bien-être des lapins.
Les lapins sont strictement herbivores; quand ils en ont la possibilité, ils adoptent un régime alimentaire
très sélectif en maintenant des niveaux adéquats de fibres et de protéines selon la quantité et la qualité des
aliments qu’ils ingèrent (Cooke, 2014). Les lapins produisent et ingèrent aussi des caecotrophes (une
forme molle d’excréments), qui représentent environ 15 % de leur ingestion totale d’aliments; on pense
qu’il s’agit d’une source importante de protéines, de micronutriments et de vitamines B (Gidenne et
Lebas, 1987). Quand ils sont nourris à volonté, les lapins commerciaux consomment leurs aliments en 30
à 40 petits repas par jour, habituellement concentrés en fin d’après-midi et la nuit (Prud’hon et coll.,
1975). Soixante p. cent de leur apport en matières sèches est consommé en période d’obscurité, avec un
apport maximal au début de la période d’obscurité (Gidenne et coll., 2010).
Les lapereaux dépendent entièrement du lait de la mère pour satisfaire leurs besoins nutritifs au cours des
16 à 18 premiers jours de leur vie. La femelle allaite les lapereaux au moins une fois par jour pendant 3 à
5 minutes (Zarrow et coll., 1965; Hoy et Seltzer, 2002). Durant leur première semaine de vie, les
lapereaux consomment environ 15 à 25 % de leur poids vif en lait, qui est riche en lipides et en protéines
(Gidenne et coll., 2010). Les lapereaux consomment peu d’aliments solides avant l’âge d’environ 21 jours
(Gidenne et coll., 2002). Ils commencent à s’intéresser aux aliments solides entre 16 et 18 jours et à
produire de petites quantités de caecotrophes (Gidenne et Lebas, 1987), mais la majorité de leur apport est
encore sous forme de lait. Après le sevrage, vers l’âge de 4 ou 5 semaines, les lapins consomment environ
84 g/jour d’aliments solides et commencent à produire des caecotrophes en plus grandes quantités
(Maertens, 2010). Leur apport en caecotrophes augmente à environ 55 g/jour jusqu’à l’âge de 2 mois,
après quoi il se stabilise (Gidenne et Lebas, 1987).
Les besoins nutritionnels des lapins ont été décrits en détail (NRC, 1977). Dans ce chapitre, nous nous
intéresserons aux effets des pratiques de gestion des aliments et de l’eau sur le bien-être des lapins.
Quand ils en ont la possibilité, les lapins adoptent un régime sélectif et régulent leur ingestion d’aliments
pour en optimiser les protéines et la digestibilité (Somers et coll., 2008; Gidenne et coll., 2010; Cooke,
2014). de Blas et Mateos (2010) ont étudié les besoins énergétiques et nutritionnels des lapins à
l’engraissement et des sujets reproducteurs. Selon eux, les besoins en énergie métabolisable sont
d’environ 10 MJ/kg, selon les portions recommandées, pour les lapins en élevage intensif. Krohn et
collègues (1999) ont comparé le comportement de lapines en croissance recevant deux régimes de
densités énergétiques différentes, mais en quantités différentes pour maintenir le même contenu
52
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
énergétique global, à savoir, 10,1 MJ/kg contre 7 MJ/kg d’énergie métabolisable selon les portions
recommandées. Ils n’ont observé aucun effet du régime sur le comportement de repos, mais ont toutefois
constaté davantage de comportements exploratoires et anormaux (grugeage des barreaux et grattement du
coin de la cage) chez les sujets ayant reçu le régime de plus faible volume mais de plus haute densité
énergétique. Ils en ont déduit que le plus gros volume de nourriture nécessaire au régime de faible densité
énergétique a allongé la durée des repas, ce qui a réduit le temps disponible pour la manifestation de
comportements exploratoires et anormaux. Nourris de brins d’herbe coupés à différentes longueurs, des
lapins domestiques ont préféré les brins les plus riches en protéines brutes, peu importe leur longueur
(Somers et coll., 2008). On ignore toutefois si les fourrages préférés par les lapins ont eu d’autres effets
sur leur bien-être.
Il n’y a pas eu beaucoup d’autres études sur l’effet des additifs alimentaires sur le bien-être des lapins. On
ignore si les extraits de tanins sont non nutritifs et toxiques ou au contraire bénéfiques (Mueller-Harvey,
2006). Deux études ont porté sur l’impact sur le bien-être de l’ajout d’extraits de tanins hydrolysables aux
régimes de lapins à l’engraissement (Maertens et Štruklec, 2006; Liu et coll., 2012). Maertens et Štruklec
(2006) ont cherché à savoir si les extraits de tanins hydrolysables, de par leur rôle potentiel dans la
réduction de la digestibilité des protéines, peuvent réduire les taux de mortalité liés aux troubles digestifs.
Dans deux essais sur trois, ils ont constaté des diminutions du taux de mortalité des lapins à
l’engraissement jusqu’à l’âge de 57 jours avec l’ajout de 5 g/kg d’extrait de tanins de châtaignier au
régime des lapins. Liu et collègues (2012) ont comparé les niveaux de cortisol sérique de lapins nourris de
régimes avec ou sans présence de tanins de châtaignier hydrolysables, des antioxydants naturels censés
réduire les effets néfastes des températures ambiantes élevées. Ils ont logé des lapins mâles en
engraissement (âgés de 45 jours) à 20 °C sans tanins ou à 33 °C avec 0, 5 ou 10 g/kg de tanins de
châtaignier. Comparativement aux lapins logés à 20 °C, ceux qui étaient logés à 33 °C sans tanins de
châtaignier ont présenté des gains quotidiens moyens plus faibles (22,8 contre 26,6 g/j) et des niveaux de
cortisol plus élevés (2 078 pg/mL contre 1 067 pg/mL) après trois semaines. Cependant, l’effet du stress
thermique sur le gain de poids et les niveaux de cortisol a disparu avec la présence de tanins de
châtaignier dans le régime (à raison de 5 g/kg : gain quotidien moyen = 25,9 g/j; cortisol = 1 332 pg/mL;
à raison de 10 g/kg : gain quotidien moyen = 24,7 g/j; cortisol = 1 236 pg/mL). Ces résultats indiquent
que la présence de tanins de châtaignier à raison de 5 ou de 10 g/kg atténue certaines des répercussions
néfastes du stress thermique chez les lapins en croissance. Il y a de plus en plus de recherche sur
l’utilisation d’autres additifs, comme les probiotiques, les prébiotiques, les enzymes et les aminoacides,
au lieu des antimicrobiens (Dalle Zotte et coll., 2016), mais il n’y a encore aucun résultat sur leurs effets
sur le bien-être des lapins.
Les lapins d’élevage commercial sont généralement nourris de concentrés granulés, qu’ils préfèrent aux
tourteaux (Harris et coll., 1983). Les autres formulations d’aliments, comme les tourteaux, la purée et le
fourrage grossier, sont associées à une réduction de l’ingestion moyenne d’aliments par jour (Maertens,
2010). Les lapins ont également une taille de granules préférée : celles-ci doivent faire au moins 0,8 à 1
cm de longueur (Gidenne et coll., 2010). On ne sait toutefois presque rien d’autre sur les effets de
différentes formes d’aliments sur le bien-être des lapins.
4.2 Fibres
À l’aide de lapins nouvellement sevrés, Gidenne et collaborateurs (2000) ont étudié l’effet d’un
changement dans la composition du régime. Ils ont augmenté de 12 à 20 % la teneur en fibres au
détergent acide (FDA) par l’ajout de son de blé, de farine de luzerne déshydratée et de pulpe de betterave
déshydratée. Les FDA constituent la portion la moins digestible du fourrage; à mesure qu’elles
53
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
augmentent dans le régime, l’énergie digestible diminue. Gidenne et collaborateurs (2000) ont constaté
que la présence de fibres avait un effet significatif sur la morbidité entre 42 et 70 jours; en effet, des
lapins en croissance nourris d’un régime faible en fibres ont affiché une morbidité supérieure à celle de
sujets nourris d’un régime riche en fibres. De même, Bennegadi et collaborateurs (2001) ont offert à des
lapins nouvellement sevrés un régime en granulés contenant soit 19 % ou soit 9 % de FDA et ont évalué
leur morbidité et leur mortalité sur 70 jours. Les lapins nourris avec le régime faible en fibres ont eu deux
fois plus de jours de diarrhée et un taux de mortalité 2,7 fois plus élevé (25 % contre 9,4 %) que ceux
nourris avec le régime riche en fibres.
Toutes les fibres n’ont cependant pas le même effet sur la morbidité et la mortalité, et il se peut que la
source de fibres alimentaires, la teneur en fibres, le rapport entre les fibres hautement et faiblement
digestibles (Gidenne, 2003) et le ratio énergie/protéines soient également importants (de Blas et coll.,
1981). Champe et Maurice (1983) ont étudié l’effet de la source de fibres et de la teneur en fibres de
différentes fibres alimentaires sur des lapins nouvellement sevrés. Des tourteaux de luzerne et de
chiendent pied-de-poule ont été ajoutés à leurs régimes à raison de 3, 6, 9 ou 12 %. Les auteurs ont
observé une diminution de la mortalité proportionnelle à l’ajout de luzerne dans le régime. Toutefois, les
taux de mortalité des lapins nourris de chiendent pied-de-poule ont varié entre 50 et 70 %, principalement
en raison d’une entérite aspécifique, peu importe le taux d’ajout de cette fibre (Champe et Maurice,
1983). de Blas et collaborateurs (1981) ont évalué les effets de différentes valeurs en fibres brutes
combinées à différentes valeurs en protéines brutes sur les taux de mortalité de lapins en engraissement.
En général, ils ont constaté que les régimes ayant une faible teneur en fibres brutes étaient associés à une
mortalité élevée, mais que cela dépendait aussi des niveaux de protéines. En effet, ils ont obtenu le taux
de mortalité le plus faible avec un ratio énergie/protéines de 24,35 kcal d’énergie digestible par gramme
de protéines digestibles brutes.
Feugier et collaborateurs (2006) ont mené une série d’expériences pour évaluer les effets de différents
niveaux de fibres et de protéines sur la santé de lapins en engraissement de 23 à 50 jours d’âge. Pour leur
première expérience, ils ont augmenté la quantité de fibres alimentaires de 160 à 220 g/kg de FDA en
modifiant les teneurs en amidon et en matières grasses dans le régime. L’augmentation des fibres a eu un
effet négatif sur le taux de croissance au cours des deux premières semaines suivant le sevrage, mais n’a
pas eu d’effet au cours de la période de croissance ultérieure. Le taux de mortalité a été inférieur à 4 %
dans l’ensemble, avec une augmentation inexplicable lorsque les lapins en ont reçu 190 g/kg de FDA. Au
cours de la deuxième expérience, Feugier et collaborateurs (2006) ont augmenté la teneur en protéines
(protéines brutes; PB) de 150 à 210 g/kg PB en modifiant les teneurs en amidon et en matières grasses.
Globalement, la morbidité a été élevée (32 %) en raison d’une éclosion d’entérite, et le niveau de
protéines n’a eu aucun effet sur le taux de mortalité. Au cours d’une troisième expérience, Feugier et
collaborateurs (2006) ont formulé un régime pour reproduire les régimes les plus performants des deux
premières expériences (160 g/kg de FDA et 210 g/kg de PB, avec 110 g d’amidon) et l’ont comparé à un
régime témoin (160 g/kg de FDA et 180 g/kg de PB, avec 170 g d’amidon). Les lapins soumis au régime
expérimental ont affiché une mortalité supérieure (20,4 %) à celle des sujets du régime témoin (6,8 %), et
leur croissance a été plus lente de 1,7 g/j. Les auteurs indiquent que les niveaux de fibres et de protéines,
dans la fourchette utilisée, n’ont pas eu d’effet sur la mortalité, mais que le ratio protéines/amidon a pu
influencer les taux de mortalité.
Pascual et collaborateurs (2013) ont étudié les résultats de nombreuses études sur l’ajout de fibres dans le
régime des jeunes lapines. Ils rapportent que les régimes à haute teneur en fibres (fibres au détergent
neutre supérieures à 40 % de la matière sèche), lorsqu’ils sont offerts à des femelles de moins de 60 à
70 jours, ont un effet positif sur leur performance de reproduction. Il manque cependant de données sur
l’effet de la restriction qualitative sur le bien-être des femelles.
54
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
Prebble et collaborateurs (2015) ont étudié l’effet de fibres administrées en supplément sous forme de
foin intact sur le comportement de lapins hollandais de compagnie sur une période de 17 mois. Les lapins
ont été nourris d’un régime de foin extrudé, de moulée texturée avec ou sans foin, ou de foin seulement.
Les lapins nourris de foin seulement ont passé plus de temps à manger et moins de temps d’inactivité que
les sujets nourris de müesli sans foin. Ils ont aussi passé moins de temps en contact avec les autres lapins,
peut-être parce qu’ils ont passé 50 % de leur temps à s’alimenter. Les lapins nourris avec de la moulée
texturée sans foin ont passé un temps considérable à mâcher leur tapis de caoutchouc. Le comportement
des sujets nourris à volonté de foin extrudé n’a pas été différent de ceux nourris de foin seulement
(Prebble et coll., 2015). De même, Berthelsen et Hansen (1999) ont étudié le comportement de lapins
adultes (16 à 31 mois) logés seuls soit dans des cages en grillage standard (46 x 77 x 40 cm) ou soit dans
des cages enrichies (une cage standard dont la moitié de la superficie était surélevée à 80 cm, dans
laquelle on avait ajouté une boîte en bois de 44 x 25 x 19 cm avec un toit en plastique perforé) lorsqu’ils
avaient accès à du foin à volonté. Sans foin, les lapins des deux types de cages ont consacré jusqu’à 16 %
de leur temps au toilettage. Lorsqu’ils avaient du foin, les lapins ont passé plus de temps à renifler leur
environnement immobiles sur leurs pattes arrière, et moins de temps à faire leur toilette et à ronger que
lorsqu’ils n’avaient pas de foin. Les lapins dans les cages standards ont par ailleurs interagi davantage
avec le foin que les sujets des cages enrichies (Berthelsen et Hansen, 1999). Il n’est pas clair si les
différences de comportement des lapins nourris de foin s’expliquent par la satiété induite par la teneur
accrue en fibres ou parce qu’une plus grande partie de leur emploi du temps était consacrée aux
interactions avec le foin. On n’a observé aucune différence dans les taux de mortalité.
Leslie et collaborateurs (2004) ont évalué la préférence de lapins pour l’herbe ou les mélanges grossiers.
Lorsqu’ils n’avaient pas d’expérience antérieure avec les herbes, les lapins ont choisi l’herbe plus que le
mélange grossier. Dans un essai de motivation où des lapins devaient parcourir un labyrinthe, tous les
lapins ont été disposés à travailler légèrement plus fort pour avoir accès à l’herbe que pour avoir accès au
mélange grossier (11,9 parcours du labyrinthe pour l’herbe; 10,3 parcours du labyrinthe pour le mélange
grossier). Les auteurs présument que la nouveauté de l’herbe pourrait avoir influencé la préférence des
lapins (Leslie et coll., 2004).
Globalement, les régimes ayant des niveaux suffisants et la bonne qualité de fibres peuvent améliorer la
santé gastrointestinale des lapins et les protéger contre le complexe entéritique. Les fibres alimentaires
pourraient avoir des effets positifs supplémentaires sur le comportement des lapins.
Les systèmes de gestion de la production et de l’alimentation varient considérablement entre les pays
européens et le Canada, surtout parce que la consommation de lapins par habitant est sensiblement plus
élevée en Europe. La cuniculture commerciale au Canada se fait à une échelle plus petite et moins
intensive. Contrairement à la situation dans de nombreux pays européens (Maertens, 2010), la plupart des
lapins commerciaux sont nourris à volonté au Canada. Les conditions qui peuvent justifier une restriction
énergétique sont les éclosions de troubles digestifs (p. ex., le complexe entéritique du lapin [CEL]
[Gidenne et coll., 2012]) ou le gain de poids excessif chez les lapines reproductrices (Manal et coll.,
2010). L’énergie peut être restreinte soit en augmentant les fibres digestibles dans le régime, comme on
l’a vu dans la section précédente, soit en limitant la quantité d’aliments (Fernández-Carmona et coll.,
1996) et/ou en contrôlant l’accès aux aliments à certaines heures de la journée.
Pour les lapins de chair, la restriction de la quantité d’aliments sur une certaine période après le sevrage
est utilisée dans les pays à forte prévalence de CEL, et cette pratique réduit les taux de morbidité et de
55
Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
Janvier 2017
mortalité (Foubert et coll., 2008; Martignon et coll., 2010; Romero et coll., 2010). Foubert et
collaborateurs (2008) ont sevré des lapins à l’âge de 32 jours et induit le CEL dans la moitié des cages.
Lorsqu’ils étaient élevés dans de bonnes conditions sanitaires, les lapins ont eu un taux de mortalité de
3,5 % indépendamment de leur alimentation (Foubert et coll., 2008). Cependant, quand le CEL a été
induit, le taux de mortalité a grimpé à 29 %; les sujets dont l’alimentation était restreinte ont affiché des
taux de mortalité inférieurs au cours des trois premières semaines suivant l’induction de la maladie
(Foubert et coll., 2008). Martignon et collaborateurs (2010) ont restreint l’alimentation de lapins sevrés à
28 jours à 72 % de l’accès à volonté au cours des 25 jours suivant le sevrage. Ils ont observé une baisse
du taux de mortalité chez les lapins soumis à la restriction des aliments comparativement aux lapis nourris
à volonté. De même, Romero et collaborateurs (2010) ont étudié des lapins nouvellement sevrés ayant eu
accès aux aliments soit à volonté ou soit pendant 8 h/jour au cours des deux premières semaines suivant le
sevrage. Lors de l’éclosion de Clostridium spp. induite au cours de l’expérience, les lapins soumis à la
restriction des aliments ont affiché des taux de mortalité inférieurs à ceux des sujets nourris à volonté
(Romero et coll., 2010).
Les pratiques de restriction quantitative de l’alimentation ont un effet sur le comportement des lapins. À
l’aide de lapins sevrés à 34 jours, Gidenne et Feugier (2009) ont graduellement restreint les aliments à 60,
70, 80 et 100 % de l’accès à volonté. Ils ont observé des changements immédiats dans les habitudes
alimentaires. Les lapins nourris à volonté ont consommé la majorité de leurs aliments durant la période
d’obscurité et n’ont jamais consommé plus de 10 % de leur ration au cours d’une même heure (Gidenne et
coll., 2012). Les lapins soumis à la restriction de leurs aliments, nourris à 8 h, ont complètement terminé
leur ration quotidienne au cours de la période d’éclairage (Gidenne et Feugier, 2009). Ceci a modifié en
conséquence le rythme circadien de la coecotrophie. Alors que les lapins nourris à volonté ont éliminé la
majorité de leurs coecotrophes durant la période d’obscurité, les lapins nourris à 60 % de la ration à
volonté ont éliminé la majorité de leurs coecotrophes le matin et en début d’après-midi et n’ont pas
produit de coecotrophes durant la nuit. On ignore quel est l’effet des changements d’habitudes
alimentaires sur le bien-être des lapins.
Martínez-Paredes et collaborateurs (2012) ont étudié les effets de la restriction qualitative ou quantitative
de l’ingestion d’aliments de jeunes lapines en phase d’élevage sur leur performance et leur mortalité. À
l’aide de 190 jeunes lapines âgées de 9 semaines au départ, ils ont comparé l’accès à volonté à un régime
témoin (11,03 MJ/kg de matière sèche d’énergie digestible [MSÉD], 114 g/kg de matière sèche de
protéines digestibles [MSPD]), l’accès restreint au régime témoin (140 g/j), l’accès à volonté à un autre
régime avec moins de calories et plus de fibres (8,72 MJ kg-1 MSÉD; 88 g kg-1 MSPD), et deux
combinaisons d’accès à volonté au régime témoin et à l’autre régime. Le régime témoin et l’autre régime
avaient des ratios PD:ÉD semblables (10,3 et 10,1 g/MJ, respectivement). Lors de l’insémination, les
lapines nourries à volonté avec le régime témoin ont eu une énergie corporelle sensiblement plus élevée
(MJ/kg) que les sujets ayant eu un accès restreint au régime témoin ou que les sujets ayant reçu l’autre
régime. Les lapines nourries d’une combinaison des deux régimes ont obtenu des résultats intermédiaires.
Lors de la parturition toutefois, le traitement n’a pas eu d’effet sur la masse corporelle. Les lapines
nourries à volonté avec le régime témoin ont affiché une mortalité sensiblement plus élevée (34 %) entre
l’âge de 9 et de 12 semaines que celles nourries avec l’autre régime (3 %) en raison du CEL, et une
mortalité supérieure (14 %) à celle des sujets de tous les autres traitements (3 %) durant les trois dernières
semaines de gestation.
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du groupe R1 ont perdu du poids durant la restriction de l’alimentation, mais ont eu des gains
compensatoires une fois leur alimentation restaurée. Par contre, elles n’ont pas pu atteindre le poids final
des femelles témoins (Menchetti et coll., 2015). Les femelles du groupe R2 ont affiché le taux de
mortalité périnatale le plus faible, mais leur mortalité présevrage a été plus élevée que celle des lapines
dont l’alimentation a été restreinte en milieu (27 %) ou en fin (37 %) de gestation, comparativement aux
témoins (10,6 %) ou aux sujets en début de gestation (9,6 %). En fin de gestation, les femelles des
groupes R1 et R2 avaient des cotes d’état de chair plus faibles que celles des témoins, et les témoins ont
produit entre 23 et 32 g/jour de plus de lait que n’importe lesquelles des femelles assujetties à une
alimentation restreinte.
L’ingestion volontaire d’aliments chez les lapines reproductrices actives varie beaucoup, soit de 150 à
450 g/jour selon leur situation dans le cycle de reproduction (Maertens, 2010). En plus de leurs besoins de
maintien, leurs besoins en énergie sont dictés par la croissance, la gestation et la lactation. En début de
gestation, les femelles répondent facilement à ces besoins (Maertens, 2010). Si leur alimentation n’est pas
restreinte, elles risquent d’avoir des réserves de graisse excessives, ce qui réduit la survie embryonnaire
(Manal et coll., 2010). Pourtant, les femelles en lactation ont souvent du mal à pourvoir à leurs besoins
énergétiques au cours de leurs premières lactations (Xiccato et coll., 1996, 1999). Il existe peu d’études
sur le bien-être des lapines à cet égard, mais les jeunes femelles primipares sont généralement soumises à
une restriction de l’alimentation à 40 g/kg de poids vif entre l’âge de 11 semaines et la première mise-bas
(Rommers et coll., 2001; Pascual et coll., 2013). Si leur alimentation n’est pas restreinte durant la
parturition, les jeunes lapines peuvent devenir obèses, avoir une fécondité réduite (Rommers, 2004) et
être plus à risque de contracter une toxémie de gestation (Flatt et coll., 1974). Manal et collaborateurs
(2010) ont restreint l’alimentation de femelles primipares gravides à 1,32 fois leurs besoins de maintien
au cours des 10, 15 ou 20 premiers jours de gestation et les ont comparées à des femelles nourries à
volonté. Ils n’ont constaté aucun effet de la restriction sur les taux de fécondité ou de mise-bas, sur la
taille totale des portées ou sur le nombre de lapereaux nés vivants. Toutefois, il y a eu moins de mort-nés
dans le groupe dont l’alimentation avait été restreinte. La restriction a aussi eu des effets positifs sur le
comportement maternel avant la mise-bas. Les femelles soumises à la restriction de leur alimentation ont
commencé à construire et à tapisser leur nid plus tôt que les femelles nourries à volonté. Les lapereaux
des femelles dont l’alimentation avait été restreinte pendant 15 et 20 jours étaient aussi plus lourds à la
naissance et au sevrage (Manal et coll., 2010). Les chercheurs ont conclu que la restriction à court terme
de l’alimentation a entraîné une ingestion compensatoire d’aliments en fin de gestation, qui est
généralement une période de perte de poids pour les femelles, car elle correspond à la période de plus
forte croissance intra-utérine.
On manque de données sur les régimes alimentaires des jeunes. Selon Maertens (2010), les mâles adultes
(plus de 18 semaines) sont généralement soumis à une restriction de l’alimentation à 40 g/kg, mais les
données sur l’efficacité de la restriction de l’alimentation sur les traits de reproduction sont équivoques
(Alvariño, 2000), et il n’y a pas d’études de leurs effets sur le bien-être des lapins mâles.
Les pratiques de restriction de l’alimentation et d’alimentation contrôlée ont un impact positif sur la santé
des lapins en réduisant les maladies entériques, mais on ignore leurs effets sur la faim et sur les aspects du
comportement qui peuvent influencer le bien-être.
4.4 Mycotoxines
Les mycotoxines sont des métabolites secondaires produits par les champignons. On en trouve souvent
dans les aliments pour animaux. Il existe de nombreux types de mycotoxines, et leur présence est
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déterminée par les conditions d’humidité et de température dans les champs et lors de l’entreposage. De
nombreuses études ont cherché à comprendre les effets toxiques des mycotoxines sur les lapins (p. ex.,
Mézes et Balogh, 2009) et ont abouti à des recommandations sur les seuils maximaux de mycotoxines
peuvant être tolérés dans leur alimentation (EFSA, 2014). Le désoxynivalénol (DON ou vomitoxine) est
la mycotoxine la plus courante dans le fourrage nord-américain. Hewitt et collaborateurs (2012) ont
comparé des lapins en engraissement nourris d’un régime de maïs naturellement contaminé par les
mycotoxines Fusarium à des lapins nourris d’un régime témoin sans mycotoxine. Le DON était le
principal contaminant présent dans les aliments, à raison de 4,2 μg/g. La contamination des aliments n’a
eu aucun effet sur le refus de se nourrir, mais les lapins nourris d’aliments contaminés ont affiché une
consommation d’eau supérieure et des taux d’activité de la phosphatase alcaline sérique inférieurs à ceux
des lapins témoins (Hewitt et coll., 2012). En l’absence d’autres différences, les auteurs ont conclu que les
aliments contaminés aux mycotoxines ont eu un effet négatif sur les lapins, mais que les lapins semblent
moins sensibles aux mycotoxines d’origine alimentaire que d’autres espèces d’animaux d’élevage (Hewitt
et coll., 2012).
Les aflatoxines A et B et l’ochratoxine A (OTA) sont hautement tératogènes; elles entraînent des
anomalies physiques et des anomalies du squelette et des organes chez les lapereaux nés de femelles
exposées à ces toxines dans leur alimentation (Wangikar et coll., 2005; Wangikar et coll., 2010). Les
lapereaux peuvent aussi être exposés à l’OTA par le lait maternel. Ferrufino-Guardia et collaborateurs
(2000) ont trouvé des corrélations significatives entre la quantité de toxines consommées par les femelles
et les concentrations de toxines dans leur lait. Les niveaux d’OTA dans les reins des lapereaux étaient
deux fois supérieurs à ceux trouvés chez les femelles (Ferrufino-Guardia et coll., 2000).
Les effets de la toxine T-2, un métabolite de Fusarium que l’on trouve souvent dans les céréales et les
produits végétaux, ont été évalués dans plusieurs études (Gentry et Cooper, 1981; Glávits et coll., 1989;
Kovács et coll., 2013). Gentry et Cooper (1981) ont administré une injection intraveineuse de 0,05 mg par
kilogramme de poids corporel de la toxine T-2 à des lapins adultes mâles et femelles. L’injection a causé
une baisse rapide de l’hématocrite, de la leucocytémie et des niveaux de phosphatase alcaline sérique. Ils
ont ensuite étudié les effets sur les lapins de cette toxine administrée par voie orale (Gentry et Cooper,
1981). À une dose orale de 2 mg par kilogramme de poids corporel, les lapins ont eu des lésions buccales,
de la diarrhée, de l’anorexie, une perte de poils et un écoulement nasal. Glávits et collaborateurs (1989)
ont comparé diverses concentrations de la toxine T-2 en administrant une seule dose orale de 1 à 15 mg
par kilogramme de poids corporel à des lapins adultes. Les doses supérieures à 4 mg par kilogramme de
poids corporel ont entraîné la mort en 24 à 48 heures. Les doses plus faibles ont causé des problèmes
hépatiques et endommagé les cellules intervenant dans l’immunité à médiation humorale et cellulaire
(Glávits et coll., 1989). Dans leur expérience de suivi, les chercheurs ont administré une dose orale de 2
mg par kilogramme de poids corporel et observé des signes de gastrite, d’émaciation et d’hypertrophie de
la corticosurrénale (un signe aspécifique de stress systémique sévère) chez les lapins.
Pour déterminer la dose sans effet nocif observé (DSENO), Kovács et collaborateurs (2013) ont étudié les
effets de l’exposition chronique à la toxine T-2 chez les lapins. Ils ont administré par gavage à des mâles
de 9 mois des doses variées de la toxine T-2 au cours d’un essai de 65 jours. Ils ont observé une
réduction, proportionnelle à la dose, de l’ingestion d’aliments au cours des quatre premières semaines de
l’expérience, mais aucun effet de la toxine sur la morbidité ni sur la mortalité. Ils ont déterminé que
la DSENO se situait entre 0,05 et 0,1 mg/lapin/jour (environ 0,01 à 0,02 mg/kg/jour). Les concentrations
plus élevées ont causé une dysfonction hépatique temporaire et une lésion parenchymateuse du foie
(Kovács et coll., 2013).
Les lapins sont modérément sensibles aux effets des différentes mycotoxines présentes dans leurs
aliments. Toute contamination excessive est à éviter.
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Dans la nature, il est rare que les lapins boivent l’eau de sources à ciel ouvert, peut-être parce qu’ils sont
des proies et qu’ils se rassemblent rarement au bord de grandes étendues d’eau (Cooke, 2014). Quand ils
en ont la possibilité, ils choisissent des aliments dont la teneur en eau est supérieure à 55 %, ce qui leur
permet de répondre à leurs besoins en eau par leur alimentation (Cooke, 2014). Cependant, les régimes en
granulés standard ont une teneur élevée en matière sèche; les lapins en croissance doivent donc
consommer environ 1,6 à 1,8 fois plus d’eau que d’aliments, et les sujets adultes et les lapines
reproductrices doivent consommer deux fois plus d’eau que d’aliments (Gidenne et coll., 2010). Cizek
(1961) a étudié la consommation d’eau de 146 lapins et produit des données sur plusieurs races de lapins
(hollandais, angora anglais, rex, chinchilla, géant des Flandres, himalayen, néo-zélandais blanc et
polonais). En général, la consommation d’aliments et d’eau des lapins a diminué avec l’âge, mais la
relation entre l’ingestion d’aliments et la consommation d’eau change également selon la race (Cizek,
1961). Les jeunes mâles néo-zélandais blancs (2,3 kg) ont consommé 104 ml/kg d’eau par jour, tandis que
les femelles (2,5 kg) ont consommé 99,5 ml/kg d’eau par jour. Les lapins des deux sexes ont mangé
environ 37 g/kg d’aliments en granulés par jour (Cizek, 1961).
S’ils n’ont pas accès à volonté à de l’eau potable ou à des aliments à forte teneur en eau, les lapins
limitent leur ingestion d’aliments (Boisot et coll., 2004; Tschudin et coll., 2011b; Bovera et coll., 2013) et
ont un débit urinaire réduit. La teneur en matière sèche dans leur urine et leurs excréments se retrouve
plus élevée (Tschudin et coll., 2011a). Bovera et collaborateurs (2013) ont aussi observé des niveaux de
cholestérol sérique plus élevés chez des lapins dont on avait restreint la consommation d’eau. Ces
constatations confirment que la restriction de l’eau est associée à des problèmes de bien-être.
Il y a peu d’études sur la consommation d’eau des lapins de chair commerciaux, et aucune donnée sur les
préférences pour les types d’abreuvoirs. On peut cependant consulter des études sur les lapins de
compagnie. Tschudin et collègues (2011a) ont étudié la préférence de lapins de compagnie pour les
abreuvoirs à bille ou les coupelles ouvertes montées à différentes hauteurs. Tous les lapins ont préféré
boire aux coupelles ouvertes et ont bu plus rapidement à ces coupelles qu’aux abreuvoirs à bille
(Tschudin et coll., 2011a). Quand ils avaient accès à volonté à l’eau et qu’ils étaient nourris d’un régime
de persil frais, des lapins nains adultes ont consommé 106 ml d’eau par jour aux abreuvoirs en
30 épisodes par jour. Les lapins n’ont affiché aucune préférence pour la hauteur des abreuvoirs à pipettes,
mais les différences individuelles étaient importantes (Tschudin et coll., 2011a). Bien que les lapins
préfèrent les coupelles ouvertes posées sur le sol (Tschudin et coll., 2011a), celles-ci deviennent vite
contaminées (Tschudin et coll., 2011b), ce qui pourrait augmenter la propagation des agents pathogènes.
L’eau est nécessaire à la survie. Pour leur bien-être, les lapins doivent avoir un accès illimité à une eau
potable propre.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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5. Avant le transport
Conclusions
1. Un plancher en grillage peut contribuer à la propreté des étages supérieurs des camions,
mais accroître les salissures aux étages inférieurs, ce qui peut diminuer le bien-être.
La plupart des lapins sont transportés au moins une fois dans leur vie, et pourtant le transport entre les
élevages et les abattoirs demeure un important facteur de risque pour le bien-être des lapins au Canada.
Les lapins ne sont pas mentionnés dans l’actuel Code de pratiques pour le transport (Conseil de
recherches agro-alimentaires du Canada, 2001), et le secteur cunicole n’a pas de conseil national pouvant
offrir des directives. Bien que la période du transport, y compris le séjour dans des installations d’attente,
ne soit pas visée par le présent examen, celle qui précède le transport (qui peut inclure le retrait des
aliments et de l’eau, la manipulation, et le placement dans des caisses ou des contenants) comporte de
nombreux aspects névralgiques pouvant donner lieu à des signes comportementaux et physiologiques de
carences en matière de bien-être, ainsi qu’à des états affectifs négatifs.
Au Canada, les périodes d’attente avant le départ de la ferme peuvent durer plus de 24 heures, et les
périodes d’attente à l’abattoir dépassent parfois 48 heures. Pendant ce temps, les lapins ne sont
généralement ni nourris, ni abreuvés. Selon la loi canadienne (Règlement sur la santé des animaux, 2015),
les lapins, étant une espèce monogastrique, ne peuvent être enfermés plus de 36 heures sans être nourris et
abreuvés. Une étude indique que les lapins pourraient être plus résistants à la soif et à la faim que d’autres
espèces monogastriques non ruminantes en raison de leur capacité de produire et de consommer des
excréments coecaux (coecotrophie; Jolley, 1990). Cependant, la production de ces coecotrophes suit un
rythme circadien (Jilge, 1982) facilement perturbé en situation de stress (Mugnai et coll., 2009). En
conséquence, le retrait des aliments et de l’eau avant le transport est considéré comme l’un des principaux
facteurs de risque ayant un impact sur le bien-être (Cavani et coll., 2006; EFSA, 2011).
Dans l’une des seules études portant sur le retrait des aliments et de l’eau indépendamment du transport,
Purdue (1984) a étudié les effets du retrait des aliments et de l’eau pendant des périodes pouvant aller
jusqu’à 36 heures sur la perte de poids de lapins de 2,2 kg. Après un jeûne d’aliments et d’eau de 6
heures, les lapins avaient perdu 2,7 % de leur poids. Au bout de 12 heures, les sujets sans accès aux
aliments avaient perdu 4,9 % de leurs poids, et les sujets sans accès aux aliments ni à l’eau avaient perdu
7,1 % de leur poids. La perte de poids atteignait un niveau maximal au bout de 24 heures sans accès aux
aliments ni à l’eau (perte de 13,9 %). Purdue a également observé la présence de poils dans le contenu de
l’estomac des sujets transportés et soumis au jeûne. Bien qu’aucun comportement de léchage de la
fourrure n’ait été observé, l’accumulation de poils pourrait s’expliquer par le fait que les lapins boivent
des gouttelettes d’eau sur leur propre fourrure ou sur celles de leurs congénères, par un comportement de
toilette normal ou par une réponse comportementale au stress.
La durée respective du transport et du séjour dans des installations d’attente peut être une mesure
indirecte du retrait des aliments et de l’eau, car les lapins ne sont généralement ni nourris, ni abreuvés
dans les camions et les installations d’attente. La durée du séjour dans des installations d’attente, bien
qu’elle ne soit pas uniquement une variable prédictive de la durée du retrait des aliments et de l’eau (il
peut y avoir une période de jeûne à la ferme avant le transport), peut fournir des informations sur les
réactions des lapins soumis au retrait prolongé des aliments et de l’eau. Dans une étude portant sur les
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durées de séjour dans les installations d’attente, María et collaborateurs (2005) ont transporté des lapins
pendant 3 heures, les ont fait attendre soit 2 ou soit 6 heures à l’abattoir, puis ont mesuré leurs réponses
physiologiques aux traitements. Ils ont observé des niveaux accrus de corticostérone et de lactate chez les
lapins mis en attente pendant 2 heures. De même, Liste et coll. (2009) ont transporté des lapins pendant
3 heures et les ont fait attendre soit 2 ou soit 8 heures avant l’abattage. En évaluant les indicateurs
physiologiques du stress, ils ont constaté que les lapins ayant attendu plus longtemps (et donc jeûné plus
longtemps) présentaient des concentrations significativement plus basses en corticostérone, en glucose et
en lactate, et moins d’hématomes, que les sujets laissés moins longtemps dans les installations d’attente.
Bien qu’il soit impossible de démêler l’effet du transport et de la manipulation et que les auteurs n’aient
pas indiqué la durée du jeûne avant le transport, le séjour plus long dans les installations d’attente (et,
vraisemblablement, la plus longue durée de jeûne) n’a pas eu d’impact négatif sur les indicateurs
physiologiques du stress dans cette étude.
Par contre, Petracci et collaborateurs (2008) ont pu associer des effets néfastes aux périodes de transport
et d’attente prolongées. Ils ont étudié 831 troupeaux de lapins en engraissement transportés à l’abattoir.
On a fait jeûner les lapins pendant environ 5 heures avant leur chargement. Les taux de mortalité ont
significativement augmenté avec l’augmentation de la durée du trajet et de celle du séjour dans les
installations d’attente. Les trajets de plus de 320 minutes présentaient un taux de mortalité plus de deux
fois supérieur à celui des trajets de moins de 220 minutes, ainsi qu’une plus grande perte de poids vif et
davantage d’ecchymoses que lors des trajets de moyenne et de courte durée. Les taux de mortalité
augmentaient graduellement avec la durée du séjour dans les installations d’attente, les taux de mortalité
les plus élevés étant associés aux durées d’attente de plus de 4 heures.
5.2 Contenants
Les dimensions et la hauteur du contenant (ci-après dénommé « cage de transport ») sont considérés
comme étant parmi les principaux facteurs de risque pour le bien-être animal durant le transport (EFSA,
2011). Le format des cages de transport d’expédition varie beaucoup, mais le format type (européen) des
cages de transport est de 100-110 x 50-60 x 22-30 cm (longueur × largeur × hauteur; superficie = 5 000-6
600 cm2; Verga et coll., 2009; Petracci et coll., 2010). La plupart des lapins sont transportés dans des
cages de transport en plastique (Cavani et coll., 2006). Au Canada et aux États-Unis, les producteurs
utilisent souvent des cages de transport en plastique servant normalement au transport des poulets,
lesquelles mesurent environ 87,6 x 58,4 x 27,9 cm (superficie = 5 116 cm2). En Espagne, Buil et coll.
(2004) ont sondé plus de 100 élevages, abattoirs et entreprises de transport routier au sujet de leurs
pratiques de transport. Tous les élevages utilisaient un système de cages de transport dont la superficie
moyenne était de 4 300 cm2 (intervalle de 1 430 à 10 000 cm2 par caisse). Les chercheurs ont constaté que
la densité moyenne des cages de transport était de 353,7 cm2/lapin, l’intervalle étant de 179 à 667
cm2/lapin, et que la hauteur moyenne des cages de transport était de 30,7 cm. Dans ce sondage, la plupart
des camions n’avaient pas de mécanismes de réglage des conditions ambiantes, et la litière était rarement
utilisée.
Il n’y a pas de données scientifiques portant sur les différents modèles de cages de transport des lapins et
de leurs impacts sur le bien-être des animaux. L’Union européenne a cependant formulé des
recommandations en ce qui a trait à la conception et au placement des cages de transport (EFSA, 2011), et
la loi allemande prescrit la hauteur des cages de transport (Luzi et coll., 2006). Selon l’Autorité
européenne de sécurité des aliments (EFSA), les cages de transport devraient permettre une « ventilation
adéquate » durant le transport pour que la température se situe entre 5 et 20 °C et, lorsqu’elles sont posées
sur d’autres cages de transport durant le transport, elles devraient empêcher l’urine et les excréments de
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tomber dans les cages de transport du dessous. La loi allemande prescrit une hauteur minimale de 15 cm
pour les cages transportant des lapins de 1 kg et moins, de 20 cm pour les lapins entre 1 et 3 kg, et de 25
cm pour les lapins de plus de 3 kg (Luzi et coll., 2006). Toutefois, les conditions de transport en
Allemagne sont très différentes de celles du Canada : les lapins en engraissement y sont transportés
pendant moins de 4 heures et restent moins de 8 heures dans les cages de transport (Luzi et coll., 2006).
Dans une étude utilisant des sujets mâles et femelles en fin de cycle de production, Lambertini et
collaborateurs (2006) ont transporté des lapins à des densités de logement élevées (75,5 kg/m2; 15
lapins/cage; 340 cm2/lapin) ou faibles (49 kg/m2; 10 lapins/cage; 510 cm2/lapin) pendant 1, 2 ou 4 heures.
L’étude portait principalement sur des paramètres de qualité de la chair, mais les chercheurs n’ont observé
aucun effet de la densité de chargement sur la perte de poids durant le transport, et aucune interaction
entre la durée du trajet et la densité de chargement. Toutefois, leur densité « élevée » était proche de la
densité jugée normale dans l’industrie européenne, et les pertes de poids vif de 3,3 % qu’ils ont observées,
même avec « la longue durée de transport et la densité élevée », concordaient avec les résultats des
travaux antérieurs (de la Fuente et coll., 2007; Mazzone et coll., 2010).
de La Fuente et collaborateurs (2004) ont évalué les réponses physiologiques de lapins transportés de
deux densités de logement différentes (53,6 et 37 kg/m2) et de deux saisons différentes (hiver et été). Bien
qu’ils aient constaté des concentrations sensiblement plus élevées en cortisol, en lactate, en glucose et
ainsi qu’une augmentation de l’activité de la lacticodéshydrogénase l’été par rapport à l’hiver, la densité
de chargement n’a eu aucun effet sur les paramètres mesurés. Cela pourrait s’expliquer par les différences
trop petites entre les densités de logement, par un effet dominant de la saison, ou par le fait que la densité
de chargement n’a pas d’impact significatif sur le bien-être mesuré selon le fonctionnement biologique.
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Code de pratiques pour le soin et la manipulation des lapins : revue de la littérature scientifique relative aux questions prioritaires
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6. Euthanasie à la ferme
Conclusions
1. Lorsqu’un pistolet percuteur est utilisé, il est essentiel de le positionner correctement sur la
tête de l’animal.
2. Le traumatisme contondant est associé à des taux d’échec élevés lorsqu’il s’agit de causer
une insensibilité immédiate.
Chaque année, environ 600 000 lapins sont transformés en viande dans les abattoirs canadiens. Avec des
pertes avant commercialisation estimées entre 20 % et 30 % (Kylie et coll., 2016), il y a chaque année à
peu près 200 000 lapins qui meurent ou sont réformés dans les élevages cunicoles commerciaux. En
Ontario, la plupart des producteurs utilisent le traumatisme contondant comme méthode d’euthanasie
(Walsh et coll., 2016b). Or, environ 50 % des cuniculteurs canadiens n’ont pas de plan à jour pour
l’euthanasie à la ferme (Walsh et coll., 2016b). Il y a donc un besoin pressant pour de la recherche sur les
méthodes non cruelles d’euthanasie à la ferme.
L’euthanasie est définie comme étant « le processus consistant à mettre fin à la vie d’un animal d’une
manière qui minimise ou élimine la douleur et la détresse » (AVMA, 2013). L’Association canadienne
des médecins vétérinaires (ACMV; 2014) stipule que les animaux « doivent perdre connaissance de
manière irréversible le plus rapidement possible et avec le moins de douleur, de peur et d’anxiété
possible ». Les animaux peuvent être abbatus par l’un des trois moyens suivants : par l’hypoxie directe ou
indirecte du cerveau et des tissus connexes, par la dépression des messages nerveux nécessaires à la vie,
ou en infligeant des dommages physiques au cerveau interférant avec son activité ou celle des voies
neuronales vitales (AVMA, 2013). L’hypoxie survient lorsque les niveaux d’oxygène (O2) sont inférieurs
à la normale. Cela peut se produire par l’exposition à des gaz comme le dioxyde de carbone (CO2) ou
l’azote (N2). Cependant, l’hypoxie peut aussi survenir indirectement par l’asphyxie et par toute méthode
qui interfère directement avec la respiration. La dépression des neurones corticaux nécessaires à la vie
peut se faire par des méthodes chimiques, gazeuses ou physiques, mais les dommages physiques à
l’activité cérébrale ne sont causés que par les traumatismes directs à la tête.
Chez les lapins, on peut évaluer la perte de conscience par l’analyse des réflexes du tronc cérébral et de la
moelle épinière, dont les réflexes photomoteur et cornéen, le réflexe de redressement, les spasmes tonique
ou clonique, la réaction aux stimuli douloureux, la respiration rythmique et les ondes d’EEG (Szczodry,
2013; Walsh et coll., 2016a). La mort devrait être confirmée par l’arrêt des battements cardiaque et de la
respiration.
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Des études se sont penchées sur l’efficacité potentielle et la qualité de l’euthanasie conférée par des
anesthésiques par inhalation (Hayward et Lisson, 1978; Flecknell et coll., 1999; Llonch et coll., 2012;
Dalmau et coll., 2016). Flecknell et collègues ont évalué l’induction de l’anesthésie par le sévoflurane et
l’isoflurane. L’administration de ces deux gaz, à raison de 4 L/min (jusqu’à 5 % d’isoflurane dans 100 %
d’O2 ou 8 % de sévoflurane dans 100 % d’O2), a immédiatement induit une tachypnée (accélération du
rythme respiratoire), suivie d’une apnée (interruption de la respiration) pouvant se prolonger pendant
180 secondes, accompagnées de tentatives de fuite de la chambre (Flecknell et coll., 1999).
Hayward et Lisson (1978) ont évalué deux concentrations de CO2 selon la perte de conscience
occasionnée. À 30 % de CO2, peu d’animaux ont perdu conscience, tandis qu’à 40 % de CO2, les lapins
ont perdu conscience en 4 à 10 minutes. Bien qu’ils n’aient pas cherché à déterminer le caractère aversif
du CO2 chez les lapins, Hayward et Lisson (1978) ont observé des différences entre les réactions de lapins
sauvages et domestiques à ce gaz, à savoir que les lapins sauvages ont survécu plus longtemps que les
lapins domestiques (Hayward et Lisson, 1978). Dalmau et collègues (2016) ont étudié l’aversion de lapins
à différentes concentrations élevées de CO2 (70 %, 80 %, 90 % ou 98 %, dans l’air). À toutes ces
concentrations, les lapins ont présenté une gêne nasale et des vocalisations lorsqu’ils ont été exposés
au CO2. Plus d’animaux ont présenté une gêne nasale et des spasmes musculaires à 90 % qu’à 70 %
de CO2, mais la perte de posture est survenue plus rapidement à 90 % et 98 % qu’à 70 % et 80 % de CO2.
Les comportements indicateurs d’aversion ont duré environ 15 secondes avant la perte de posture et de
conscience (Dalmau et coll., 2016). Dans une étude semblable, Llonch et collègues (2012) ont étudié
l’aversion de lapins à 90 % de CO2 et à 80 % de N2 avec 20 % de CO2. Ils ont observé un pourcentage
supérieur d’animaux en détresse respiratoire à 90 % de CO2 qu’avec le mélange N2/CO2 (97 % contre
42 %), et un temps de réaction plus long avant la perte de posture à 90 % de CO2 (28,2 secondes) qu’avec
le mélange N2/CO2 (24,2 secondes). Dans les lignes directrices les plus récentes du CCPA (2010),
l’exposition au CO2 est considérée comme une méthode d’euthanasie acceptable à certaines conditions
mais le CCPA et l’AMVA (2013) stipulent que la chambre à gaz doit être remplie progressivement.
Les méthodes physiques d’euthanasie, dont l’usage de pistolets percuteurs à tige pénétrante ou non
pénétrante, la dislocation cervicale avec ou sans aide, le traumatisme contondant et la décapitation,
causent des dommages importants et directs au cerveau, entraînant une dépression du système nerveux
central. Les pistolets percuteurs sont inclus parmi les méthodes d’euthanasie jugées acceptables pour
toutes les espèces animales dans les lignes directrices du CCPA (2010) et de l’AVMA (2013) à condition
que le dispositif soit correctement positionné, nettoyé et entretenu. Peu d’études ont été faites sur les
divers pistolets à tige pénétrante et non pénétrante disponibles, mais Schütt-Abraham et collègues (1992)
ont constaté que le bon positionnement des pistolets percuteurs à ressort est essentiel. En effet, 95 % des
lapins de 3 kg ont été immédiatement tués ou étourdis, mais le mauvais positionnement du pistolet a
réduit l’efficacité de ces dispositifs à 63 %.
Tout récemment, Walsh et collaborateurs (2016a) ont évalué les lésions cérébrales et les taux d’échec du
traumatisme contondant (TC), de la dislocation cervicale manuelle assistée (DCMA) avec un dispositif
mural et du pistolet à tige non pénétrante (PTNP) pour euthanasier des lapereaux non sevrés, des lapins en
engraissement et des lapins adultes. Le PTNP a causé des lésions cérébrales beaucoup plus importantes
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que les deux autres méthodes et a entraîné une insensibilité immédiate chez 100 % des lapins euthanasiés
(Walsh et coll., 2016a). Le TC a échoué chez 22 % des lapins et a été inefficace chez 43 % des sujets
adultes (poids vif = 4 kg). Le taux d’échec de la DCMA s’est situé entre les deux, à 6 %, la plupart des
échecs survenant chez les lapereaux non sevrés (poids vif = 0,4 kg). Les auteurs en ont conclu que
le PTNP et la DCMA, utilisés seuls, sont efficaces pour l’euthanasie à la ferme, mais que le traumatisme
contondant est cruel ou inefficace dans tous les groupes d’âge (Walsh et coll., 2016a). Peu importe la
méthode choisie, une formation est essentielle pour améliorer la précision et l’efficacité du dispositif et la
confiance de l’utilisateur.
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