Colorants Rouges
Colorants Rouges
hhe addition to food items of substances devoted to modify their colour is today a
well well-known technical necessity, above all linked to the need of manufacturers to
deliver a product that is more pleasant for the consumer. A great deal of the additives used
with this purpose is of synthetic origin; in comparison with their naturally-delivered
analogous, indeed, synthetic colorants are easier to produce, cheaper and often more effective
and endowed with superior technical properties than natural ones.
They may be easier mixed and do not confer to food secondary tastes, are more stable to
light, heath and oxygen.
Unfortunately, in many cases a debate about their real harmlessness is still open. Many
compounds have been cancelled from the list of colorants, and many of the still admitted
molecules have been submitted to repeated toxicological screenings, with results which are
not always rassuring. The growing inputs coming from consumers toward the return to the
naturally-derived products open the way to a renewed interest in all the vegetable species
which are, or could be, used for the extraction of pigments useful for industry.
In our study, we especially took an interest in red colorants which are currently employed to
color sweets, sausages, soft drinks and many other products.
2
SOMMAIRE
INTRODUCTION………………………………………………………………………….…4
IV. Réglementation………………………………………………………………………….28
CONCLUSION……………………………………………………………………………...30
GLOSSAIRE………………………………………………………………………………...31
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………….32
ANNEXES…………………………………………………………………………………...34
3
INTRODUCTION
« Les hommes éprouvent une grande joie à la vue de la couleur, l’œil en a besoin
comme il a besoin de lumière »
Cette citation illustre à quel point les hommes attachent une grande importance à la couleur
des aliments qui représente un gage de qualité. L’aspect esthétique des produits alimentaires
affecte, dans une certaine mesure, leur succès commercial. En effet, des enquêtes ont révélé
que la couleur d’un aliment influe fortement sur le goût que perçoit le consommateur qui
préfère acheter une tomate bien rouge plutôt que légèrement tachetée de vert, ce qui est vrai
même si la qualité gustative n’est absolument pas modifiée par la teinte d’un aliment.
Par ailleurs, les industriels ont également recours aux colorants pour palier aux pertes de
coloration ayant lieu lors des étapes de production, pour colorer des aliments incolores ou
pour renforcer une idée gustative spécifique. A cet effet, une étude menée par la Sefcal
(Société d’Etudes de la Fabrication et de la Commercialisation des Colorants Alimentaires) a
démontré qu’augmenter l’intensité de la couleur d’une boisson à la fraise induisait une
perception accrue du goût sucré de ce produit.
4
Comme l’illustrent les divers exemples cités ci-dessus, notre exposé sera ciblé sur l’étude
des colorants rouges. Dans un premier temps, nous retracerons leur évolution au cours des
siècles jusqu’à aujourd’hui ; dans un second temps, nous procèderons à une analyse
descriptive de ces composés ; puis, nous nous intéresserons à l’importance de leurs
applications dans le domaine agroalimentaire ; enfin, nous ferons le point sur les
réglementations – différant d’un pays à un autre – appliquées dans le but de limiter l’usage de
ces additifs et de veiller ainsi à la bonne santé des consommateurs. [1]
La longue histoire des matières colorantes rouges se distingue en deux périodes séparées par
une année relativement récente, 1858, marquée par la découverte du premier colorant rouge
de synthèse.
Auparavant, les couleurs ne pouvaient être obtenues qu’à partir d’éléments naturels. Les
premiers colorants connus ont été utilisés par les hommes préhistoriques pour leurs peintures
rupestres que l’on a découvertes entre autres dans les grottes de Lascaux, en Dordogne, datant
de 15 000 ans avant Jésus-Christ et dans celles d’Altamira en Espagne datant du Magdalénien
(13ème et 12ème siècles avant Jésus-Christ). Ces colorants étaient des pigments minéraux dont
les oxydes de fer qui sont particulièrement intéressants ici car à l’origine des teintes rouges.
Dès 3000 ans avant notre ère, les chinois se servaient déjà du cinabre (ou sulfure de mercure)
pour la préparation du rouge vermillon tandis que les égyptiens utilisaient, entre autre, de la
garance fournissant un colorant rouge permettant de teindre les étoffes. Dès lors, les colorants
employés n’étaient plus seulement minéraux mais également d’origine organique : [2]
- d’origine animale : la pourpre de Tyr, qui ornait les vêtements des hauts dignitaires du
monde oriental et romain, provient d’un mollusque de la Méditerranée, le murex.
5
Une cochenille du Mexique, Coccus cacti (car on la trouve sur les cactus), fournit un
rouge écarlate, le carmin, utilisé pour la teinture de la laine et de la soie et maintenant
utilisé dans l’industrie agroalimentaire (E 120) et dans la fabrication des cosmétiques.
Enfin, Kermès ilicis (appelée kermès ou « cochenille des teinturiers ») a servi à teindre
des textiles en écarlate. [2] [3]
Les colorants rouges de synthèse ont progressivement supplanté les colorants naturels. Les
recherches, menées depuis le milieu du XIXème siècle, ont abouti à la fabrication de très
nombreuses familles de colorants de synthèse : après la découverte de la mauvéine en 1856
par William Perkin, le français François Vergues réalise, en 1858, la synthèse de la fuchsine
(ou rouge magenta) issue comme la mauvéine de l’aniline (C6H5NH2) qui est un hydrocarbure
aromatique extrait du goudron de houille. La fuchsine a servi de base pour l’obtention
d’autres colorants. Toutefois, malgré de nombreuses révolutions dans le domaine de la chimie
liées à ces recherches, les colorants rouges naturels – ainsi que les autres d’ailleurs – restaient
les plus utilisés, ce qui incita les chercheurs à poursuivre leurs investigations. [3]
Les premiers colorants dits « azoïques » furent découverts en Grande-Bretagne en 1860 : ils
évincèrent rapidement les colorants à l’aniline dont la résistance à la lumière était faible.
C’est cependant à l’industrie allemande (essentiellement à la Badische Anilin und Soda
Fabrif : BASF) que revient la contribution la plus importante à l’essor des colorants rouges
durant cette période : en 1868, Carl Graebe et Carl Liebermann réalisent la synthèse de
l’alizarine, principe colorant de la garance ; ce nouveau produit, obtenu à un meilleur coût que
son équivalent naturel et plus résistant à la lumière, au lavage et au chlore, ruine les
producteurs de garance du Languedoc qui abandonnent leurs cultures et se reconvertissent
dans la viticulture.
6
L’intérêt de substituer les colorants rouges naturels par des homologues synthétiques, qui
sont soit des copies conformes des colorants naturels (dont la plupart sont encore utilisés
aujourd’hui), soit des composés n’existant pas dans la nature, réside dans le fait que les
premiers sont plus sensibles à la lumière, à l’oxygène ou à l’action des bactéries, c’est-à-dire
qu’ils ne sont pas d’une grande stabilité aux facteurs environnementaux susceptibles d’altérer
les denrées alimentaires. Les colorants synthétiques, plus « résistants », ont une durée de vie
plus longue et donnent une coloration plus intense, ce qui permet de réduire leur utilisation à
de petites quantités. Un autre aspect intéressant est qu’ils sont moins onéreux et peuvent être
fabriqués en quantité massive. [3]
L’essor de l’industrie des colorants et leur intérêt dans le secteur agroalimentaire n’a eu de
cesse d’évoluer depuis la fin du XIXème siècle : elle constitue aujourd’hui l’un des secteurs
capitaux de la chimie moderne.
Si les domaines d’application des colorants rouges restent très variés (l’industrie textile
demeure le principal secteur faisant usage de ces composés), on remarque que, depuis
quelques décennies, l’industrie alimentaire mondiale utilise une quantité de plus en plus
importante de colorants rouges naturels ou artificiels en particulier dans les confiseries, les
desserts, les boissons, mais également dans la charcuterie, les fruits et légumes et le sucre.
7
b) L’avènement des colorants rouges de synthèse jusqu’aux années 1970
Durant la première moitié du XXème siècle, le marché des colorants rouges de synthèse
prospère tandis que la production des colorants rouges naturels, beaucoup plus chers et plus
sensibles aux aléas environnementaux (chaleur, lumière, pH, microorganismes,…), est en
crise.
Cette situation n’a guère évolué jusqu’en 1975 où l’on retrouvait parmi les principaux pays
producteurs de colorants rouges les Etats-unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France
ainsi que de nouveaux concurrents tels que le Japon, la Russie (ancienne U.R.S.S) et l’Italie.
Cependant, on assiste depuis le début des années 90 à l’apparition d’importations venues des
pays asiatiques et d’Europe de l’Est : les colorants qui y sont élaborés sont peu onéreux,
requièrent une main d’œuvre bon marché et ne sont pas soumis à une législation très stricte en
matière de protection de l’environnement ou de santé des consommateurs. [5]
Le début des années 70 est marqué par un bouleversement des mentalités. En effet, durant
cette période où la mode est au végétarisme et à la préservation de l’environnement, les
consommateurs se soucient davantage du contenu de leur assiette, encouragés par les
nutritionnistes qui prônent l’utilisation de colorants 100% naturels notamment dans la gamme
des rouges. [6]
8
Au milieu des années 70, aux Etats-Unis, les autorités ont banni plusieurs colorants rouges
synthétiques par crainte de leurs effets cancérigènes. Cette « psychose » a permis le
développement d’une industrie au Pérou grâce à un insecte, la cochenille, que l’on trouve
dans les plateaux désertiques des Andes péruviennes où elle trouve refuge sur les cactus. On
extrait de cet animal un colorant naturel, le carmin, que l’on utilise comme matière colorante
dans les aliments ainsi que dans les médicaments et les cosmétiques. Le carmin est d’ailleurs
le principal colorant approuvé par la Food and Drug Administration des Etats-Unis.
A ce jour, le Pérou est le plus gros fournisseur de cochenilles au monde : moins de la moitié
de ces insectes sont traités et vendus comme colorants, le reste étant vendu séché.
Le gouvernement péruvien prévoit d’augmenter la production de carmin traité : dans les
régions arides de l’Amérique latine où le cactus est la seule culture possible, ces insectes
permettraient d’accroître l’industrialisation des campagnes et donner du travail aux
populations locales.
Actuellement, la crainte des méfaits des colorants de synthèse est toujours à l’ordre du jour
et a par ailleurs été amplifiée suite à l’entrée sur le marché des produits « bio » qui ne tolèrent
que certains colorants rouges naturels.
Les consommateurs et les industriels exigent désormais des colorants naturels, fonctionnels et
bon marché. La renaissance des colorants rouges naturels dans l’industrie alimentaire a
d’ailleurs entraîné la croissance de grosses sociétés implantées en France, en Allemagne, en
Grande-Bretagne et au Danemark ainsi que le développement de nouvelles technologies avec
l’application du génie génétique dans la confection des colorants naturels (les recherches du
professeur Hinz, basé à Lausanne en Suisse, ont abouti à la réalisation d’un pigment jaune
dans la betterave par clonage in vitro d’un gène de champignon, l’amanite-tue-mouche). [6]
A l’aube du XXIème siècle, la tendance est aux produits « fluo » et aux couleurs « tape-à-
l’œil ». Les industriels fabriquant les colorants alimentaires regorgent d’imagination, comme
c’est le cas de la société Chr Hansen spécialisée dans les colorants naturels qui a fait preuve
d’une grande inventivité en mettant sur le marché des colorants « caméléons » ayant la
propriété de changer de couleur. Ainsi, petits et grands sont amusés de voir des billes de
glace blanches virer au rouge dès qu’elles se mettent à fondre ![7]
9
Néanmoins, si ce type d’aliment « transgressif » tel que la moutarde rouge font fureur dans
les pays anglo-saxons, il n’en est pas de même en France où la gastronomie respecte de façon
très stricte les codes couleur-aliment. Dans notre pays, les innovations en terme de coloration
alimentaire, si originales soient-elles, ne transgressent pas ces règles. Selon Philippe Fagot,
consultant chez Couleurs Management Conseil, « Modifier en profondeur des produits
traditionnels et chargés d’une forte valeur affective comporte des dangers : il vaut mieux s’en
tenir à des écarts chromatiques faibles ». Le consommateur adhère plus à la variété de la
gamme de couleurs en ce qui concerne les confiseries ou les aliments non traditionnels.
Désormais, les industriels osent également casser les codes lors de périodes de fête telles que
Halloween où la vue du « sang » est à l’honneur et où l’usage des colorants rouges est de
rigueur. [7]
Les colorants sont, par définition, des substances colorées naturelles ou synthétiques
obtenues par extraction physique et/ou chimique conduisant à une sélectivité des pigments par
rapport aux constituants aromatiques, sapides ou nutritifs. Ils ajoutent ou redonnent de la
couleur.
La couleur est un élément immédiatement accessible puisque visible à l’œil nu ; elle donne
toutes sortes de renseignements :
- Sur le goût et l’arôme (le rouge fait penser aux fruits rouges tels que la fraise) ;
- Elle permet d’évaluer la qualité d’un produit : sa pureté, sa contamination et son degré
de maturité lorsqu’il s’agit d’un fruit ou d’un légume. [8]
N° CE Nom de l’additif
E 120 acide carminique ou carmin
E 160b Rocou
E 160d Lycopène
E 162 Bétanine
E 163a, c, e et f Anthocyanes
E 172 Oxydes de fer rouges
10
a) La nature des colorants rouges
Les colorants rouges minéraux sont plutôt utilisés pour les peintures et sont
généralement des argiles colorées par des oxydes métalliques.
Les colorants rouges organiques d’origine végétale sont très divers, on les retrouve
dans les fleurs, les fruits et les légumes.
Les colorants rouges organiques d’origine animale tels que l’extrait de cochenille
du Mexique employé en industrie agroalimentaire. [3]
b) Informations techniques
Ce colorant rouge d’origine animale, dont l’usage est extrêmement répandu, est extrait d’un
insecte appartenant à la famille des Homoptères, la cochenille (Coccus cacti), ce à l’aide
d’eau chaude ou d’alcool. Le carmin peut également être obtenu lorsqu’il est sous forme de
sel d’ammonium.
Ce colorant rouge est utilisé pour colorer les aliments de manière uniforme, c’est-à-dire aussi
bien dans la denrée elle-même qu’en surface.
L’extraction de ce colorant est effectuée sur la femelle au moment de la gestation car ses œufs
sont riches en acide carminique (une cochenille desséchée contient en moyenne 10 à 15 % de
ce composé). [9]
D’origine naturelle, ce pigment rouge est issu de l’enveloppe des graines de Rocou
provenant du rocouyer (Bixa orellana) qui est un arbre de climat tropical. Le principal
colorant des extraits huileux de rocou est la bixine, tandis que le colorant des extraits aqueux
de rocou est le sel alcalin de norbixine.
Il s’agit d’un colorant ayant des nuances diverses qui, tout comme le carmin, peut être utilisé
pour colorer uniformément les aliments. Il possède en plus la propriété d’être soluble dans
l’eau et l’huile. [9]
11
E 160 d : le lycopène (pigment caroténoïde)
Le lycopène est obtenu par extraction par solvant (dichlorométhane, dioxyde de carbone,
acétone, méthanol, …qui est ensuite éliminé) à partir de souches naturelles de tomates rouges
(Lycopersicon esculentem.) en particulier. Les produits obtenus sont majoritairement sous
forme trans.
Encore ici, nous avons à faire à un pigment employé pour des colorations homogènes des
aliments. [9] [10]
12
c) Exemple d’extraction
L’extraction de carmin se fait au moyen d’une eau déminéralisée à laquelle on ajoute des
sels de manière à pouvoir contrôler l’acidité. L’eau doit être dépourvue de minéraux car la
sensibilité du carmin entraîne un changement de sa couleur en présence des minéraux présents
dans une eau dure.
L’extrait est filtré à l’alun, au carbonate de calcium et à l’acide citrique. Le colorant précipite
en complexe calcium – aluminium qui sera isolé par centifugation. [6]
Les colorants de synthèse ont progressivement remplacé les colorants naturels par leur coût
de fabrication plus faible et grâce à leur grande stabilité. Ils ont en effet une durée de vie plus
longue et donnent une coloration plus intense ce qui permet de réduire la quantité de colorant
à utiliser. [5] [10]
13
E121: Orseille orcéine
Ce colorant peut être synthétique ou naturel (dans ce cas extrait d’un lychen). [5]
E122:Azorubine
L’azorubine est essentiellement constituée de sel disodique de l’acide hydroxy-4-(sulfo-4-
naphtylaso-1)-3-naphtalènesulfonique-1 et de matières colorantes accessoires associées à du
chlorure et/ou du sulfate de sodium (non colorés).
Ce colorant rouge est un dérivé azoïque utilisé pour la coloration en masse et en surface des
aliments. [5] [8]
E123: Amarante
L’amarante, ou sel trisodique de l’acide hydroxy-2-( sulfo-4 naphtylazo-1)-1-
naphtalènedisulfonique-3,6, appartient à la classe des colorants azoïques. [8]
E125: Ecarlate GN
Ce colorant rouge synthétique est désormais interdit dans de nombreux pays dont la France.
E127: Erythrosine
Egalement connue sous le nom de teinture d’iodésine ou FD&C Red3, l’érythrosine est un
sel disodique ou dipotassique de l’acide (tétraiodo-2,4,5,7hydroxy-6oxo-3 3H-xanthyl-9)-2
benzènecarboxylique ou tétraiodo-2,4,5,7fluorescéine.
Composée de benzène, elle colore les aliments en masse et en surface. Elle est également
employée en tant que révélateur de la plaque dentaire. [5] [8]
14
E128: Rouge 2G
Le rouge 2G, qui est un colorant azoïque, est essentiellement constitué de sel disodique de
l’acide acétamido-8-hydroxy-phénylazo-2-naphtalène-disulfonique-3,6. Des études sont en
cours car son innocuité est controversée. [8]
E180 : La litholrubine BK
Ce pigment rouge est constitué de sels calciques et d’aluminium de l’acide hydroxy-
2(méthyl-4-sulfo-2-phénylazo-1) naphtalène carboxylique-3. Ce composé azoïque est
uniquement employé dans la coloration en surface de certains fromages. [8]
Les colorants sont des substances qui nous apparaissent colorées car elles absorbent la
lumière dans le domaine visible c'est-à-dire dans une gamme de longueurs d’onde comprises
entre 400 et 800 nm. Nous ne percevons que la couleur complémentaire absorbée par un
colorant. Dans le cas des colorants rouges qui absorbent de 610 à 700 nm, la couleur
complémentaire observée est le vert. L’absorbance des colorants est étudiée avec l’aide d’un
spectrophotomètre et au moyen du tracé de courbes. [3] [11]
Classification chimique : Les colorants peuvent être classés selon plusieurs critères :
Leur couleur : la moins complexe ;
Leur nature chimique : on effectue le regroupement des colorants rouges en fonction
de leur solubilité ou de leur réactivité (colorants azoïques, dérivés polyphénoliques…) ;
Leur origine : naturelle ou synthétique. Dans le domaine de l’alimentation,
l’origine naturelle apporte une dimension positive au produit tandis que les colorants
obtenus par synthèse chimique ont plutôt une connotation négative aux yeux des
consommateurs. Néanmoins, on doit garder à l’esprit qu’un aliment additionné d’un
colorant, naturel ou synthétique, n’a plus l’aspect qu’il aurait si on le laissait tel quel.
L’étape de coloration d’un aliment demeure une opération superflue et ce quel que soit le
colorant utilisé. [4] [5]
15
a) Structure générale des colorants rouges
En 1876, à l’époque du grand essor des colorants de synthèse, le chimiste allemand O.N Witt
introduit la théorie du pouvoir colorant. Il remarqua qu’en faisant réagir des composés
colorés avec de l’hydrogène, on observait une décoloration de ces derniers. Il en déduisit que
toute molécule colorée renferme des groupes d’atomes insaturés (possédant une ou plusieurs
doubles liaisons) puisque l’hydrogénation n’a lieu que dans les zones présentant des liaisons
multiples. Ces groupes d’atomes, encore appelés groupements chromophores, renferment des
noyaux azoïques (-N=N-), nitrés, carbonylés et des fonctions alcènes responsables de la
couleur des colorants. [3] [4] [5]
¾ Les anthraquinoniques :
Ces colorants sont synthétisés par substitution d’atomes d’hydrogène par des groupements
hydroxyles (-OH) et amines (-NH2).
Par exemple, le rouge alizarine s’obtient par substitution de deux atomes d’hydrogène par
deux groupements hydroxyle -OH. Sa structure marque le début de la chimie
anthraquinonique qui permet désormais d’obtenir un vaste assortiment de colorations
résistantes. Ces composés sont des matières premières importantes pour la synthèse de
colorants. [3] [4] [11]
¾ Les caroténoïdes
Ce sont les pigments naturels les plus répandus. La plupart possède environ une quarantaine
d’atomes de carbone.
16
¾ Les colorants azoïques
Ces colorants sont synthétisés par diazotation.
Ils constituent la plus importante famille de colorants de synthèse et fournissent une gamme
étendue de nuances. Les colorants azoïques se répartissent en plusieurs classes :
les thiazoliques pour les couleurs allant du jaune au rouge (ils sont formés par l’action
du soufre sur des amines aromatiques) ;
les triphénylméthaniques qui sont des colorants donnant un éclat remarquable ;
les xanthéniques qui possèdent un grand pouvoir colorant dans les nuances du rouge
au violet ainsi que des propriétés antiseptiques. La plupart d’entre eux présente des
propriétés fluorescentes.
¾ Les quinoléiniques
Dans notre cas, le groupe qui nous intéresse est celui des thiaziniques, fabriqués par
oxydation de diamines aromatiques en présence de sulfure d’hydrogène H2S. Ils fournissent
des teintes rouges (parfois bleues) et certains possèdent des propriétés bactéricides.[3] [4] [11]
La structure de chaque colorant rouge sera donnée dans l’ordre de leur code d’identification
européen E 1.. .
Cochenille, acide carminique (E 120)
L’acide carminique (ou acide β-D-glucopyranosyl-7-dihydro-9,10-tétrahydroxy-3,5,6,8-
méthyl-1-dioxo-9,10-anthracènecarboxylique-2) est soluble dans l’eau (rouge en milieu
acide), l’éthanol et l’acide sulfurique et pratiquement insoluble dans les solvants organiques.
Formule brute : C22 H20 O13 [5] [8] [9] Poids moléculaire : 492,4.
Formule développée :
17
Azorubine ou carmoisine (E122)
Découverte le siècle dernier, il s’agit d’un sel disodique de l’acide hydroxy-4-(sulfo-4-
naphtylaso-1)-3-naphtalènesulfonique-1. [5] [8] [9]
Formule brute : C20 H12 N2 07 S2 Na2 Poids moléculaire: 502,4
Formule développée :
Amarante (E 123)
Objet de contestation toxicologique il y a 20 ans, il peut désormais être utilisé en France.
Chimiquement, il s’agit d’un sel trisodique de l’acide hydroxy-2-( sulfo-4 naphtylazo-1)-1-
naphtalènedisulfonique-3,6.
Formule brute : C20 H11 N2 010 S3 Na3
Poids moléculaire: 604,5
Ce colorant est soluble dans l’eau et légèrement dans l’éthanol. Il atteint un maxima
d’absorption vers 520 nm dans l’eau. L’acidité ne change pas son intensité de coloration mais
les solutions aqueuses basiques la renforce. [5] [8] [9]
Formule développée :
18
Erythrosine (E127)
Ce composé est soluble dans l’eau et l’alcool. La solution est rouge et absorbe de façon
maximale à 531 nm. Il jaunit dans les solutions acides.
C’est un sel disodique ou dipotassique de l’acide (tétraiodo-2,4,5,7hydroxy-6oxo-3 3H-
xanthyl-9)-2 benzènecarboxylique. [5] [8] [9]
Formule brute : C20 H6 I4 05 Na2 Poids moléculaire : 879,9
Formule développée :
Rouge 2G (E 128)
Il est constitué d’un sel disodique de l’acide acétamido-8-hydroxy-phénylazo-2-naphtalène-
disulfonique-3,6. [8] [9]
Formule brute : C18 H13 N3 08 S2 Na2 Poids moléculaire: 509,4
Rocou (E160b)
Ces pigments naturels végétaux peuvent être extraits à l’aide de solvants tels que le
dichlorométhane ou par une solution aqueuse alcaline. Ils peuvent également être obtenus par
génie génétique.
19
Lycopène (E160d)
Ce pigment rouge foncé se trouve sous forme cristallisée en aiguilles longues. Il absorbe à
446, 472, et 505 nm (pour la forme trans). Ce composé est soluble dans le chloroforme et le
benzène et pratiquement insoluble dans le méthanol et l’éthanol. [5] [8] [9]
Formule brute : C40 H56 Poids moléculaire : 536,9
Formule développée :
Anthocyanes (E163)
C’est un groupe de pigments hydrosolubles obtenus par extraction à l’eau, au méthanol et à
l’éthanol.
Pendant cette extraction on peut ajouter un acide alimentaire ou une solution aqueuse de
sulfite comme agent régulateur de pH et stabilisateur.
A l’état naturel, les anthocyanes sont des sels de phényl-2-benzopyrylium. Ces composés ne
diffèrent que par la nature des radicaux R et R’ fixés au noyau benzénique.
20
Cyanidine Péodine Pétunidine Malvidine
R -OH -O-CH3 -O-CH3 -O-CH3
R’ -H -H -OH -O-CH3
Leur point de fusion est compris entre 300 et 350°C. [5] [8]
Litholrubine BK (E180)
Ce colorant rouge est composé de sels calciques et d’aluminium de l’acide hydroxy-
2(méthyl-4-sulfo-2-phénylazo-1) naphtalène carboxylique-3. [5] [8]
Formule brute : C18 H12 N206 S Ca
Poids moléculaire: 424,4
L’addition de colorant est employée pour normaliser la couleur d’un aliment en raison des
transformations et des traitements thermiques susceptibles de modifier la couleur des produits.
Ils permettent d’améliorer l’aspect d’une denrée alimentaire afin d’en accentuer l’appétence et
de faciliter l’identification de son arôme.
Il est intéressant de signaler que les colorants rouges peuvent être utilisés de manière
frauduleuse dans le but de tromper le consommateur en dissimulant d’éventuelles altérations
et masquer la présence de résidus indésirables dans un produit, comme par exemple lorsque le
les matières grasses d’une viande sont colorées au moyen de rouge de cochenille (E124) afin
de ne pas être décelées.
21
Malgré tout, l’usage principal que l’on fait des colorants rouges vise à obtenir des produits
correspondant aux souhaits présumés ou réels des consommateurs tels que :
Les denrées destinées aux enfants : les industriels ont souvent recours aux couleurs
vives comme le rouge qui captive le regard de l’enfant ;
La coloration des denrées incolores qui vise à associer l’aliment à une saveur précise
comme c’est le cas de beaucoup de boissons aux extraits végétaux comme l’Orangina
rouge à l’orange sanguine. [9] [10]
Comme nous l’avons vu précédemment, les colorants rouges naturels sont beaucoup plus
instables que leurs homologues synthétiques et se détériorent plus facilement en présence de
certains facteurs environnants.
Les paramètres susceptibles d’altérer les propriétés colorantes des colorants rouges naturels
sont les suivants :
Le pH
La sensibilité au pH se traduit le plus souvent par un changement de couleur du colorant.
Parmi les colorants rouges réagissant aux variations de pH, on peut citer :
⇒ L’acide carminique E 120 qui n’est rouge que pour une gamme de pH supérieure à
4,5. A pH acide, il devient bleu tandis qu’un milieu alcalin lui fait prendre une teinte
jaune.
⇒ Les anthocyanes rouges E 163 a, c, e et f qui eux, au contraire, ne sont rouges qu’à pH
Ces différences de couleur s’expliquent par une modification de la structure moléculaire des
colorants lorsque le pH change.
22
Il est également important de noter que quelques colorants rouges peuvent être dégradés en
milieu acide comme c’est le cas pour le rocou E 160 b. [12]
La chaleur
L’augmentation de température peut être à l’origine d’une dégradation des colorants rouges.
Elle peut également modifier la couleur d’un colorant en la brunissant ou en lui faisant perdre
son éclat.
Le colorant rouge naturel le plus vulnérable à l’action de la chaleur est le rouge de betterave
E 162. [12]
Certains colorants rouges peuvent être affectés s’ils sont soumis à un rayonnement lumineux
ou mis au contact de l’air. C’est notamment le lycopène E 160d appartenant à la famille des
pigments caroténoïdes.
La meilleure protection est alors l’emploi d’un emballage adéquat (opaque et sous vide) ou
l’ajout d’additifs préservant la qualité des matières colorantes. [12]
L’homogénéisation
Cette étape, qui consiste à incorporer le colorant dans l’aliment de façon uniforme, peut
avoir des effets néfastes tels qu’une modification de la nuance de couleur dans l’aliment
lorsque l’on change la structure physique de celui-ci (par cuisson, séchage, liquéfaction,…)
ou lors de l’homogénéisation de colorants rouges solubles dans des huiles.
Les colorants peuvent également précipiter ou floculer s’ils sont mis en présence de certains
émulsifiants et arômes incompatibles. [12]
23
conservation assez brève, ce dans le but de maintenir une qualité optimale de leurs propriétés
colorantes. [12]
Le tableau ci-contre récapitule l’impact des trois premiers paramètres cités – les plus
couramment rencontrés – sur les différents colorants rouges naturels.
a-1/ Toxicité
Cependant, bien que des toxicologues avaient auparavant mis en évidence chez des animaux
le risque de cancer lié à l’ingestion de certains colorants azoïques rouges, ce n’est qu’après la
Seconde Guerre Mondiale que de sérieux tests biologiques ont abouti à la remise en cause de
la plupart des colorants rouges utilisés. Dès lors, une réglementation plus exigeante a été
instaurée entre 1940 et 1960, induisant la décroissance du nombre de colorants portés sur les
listes d’autorisation. En 1960, tout colorant mis sur le marché est systématiquement soumis à
des tests toxicologiques.
Depuis 1978, la plupart des colorants rouges font l’objet de la définition d’une dose
journalière admissible (DJA) fixant un seuil limite de leur utilisation dans les aliments. La
notion de DJA sera plus amplement développée dans le chapitre suivant. [5] [13]
24
Les colorants utilisés à ce jour dans l’industrie agroalimentaire sont tous des produits
hydrosolubles car leur forte polarité qui découle de cette propriété assure une absorption
intestinale minime de ces composés par l’organisme. En dépit de cela, l’ingestion de ces
colorants rouges n’est pas sans conséquence pour la santé. En effet, certains sont responsables
d’intolérances et d’allergies.
D’autres colorants rouges sont plus nocifs et peuvent avoir des effets mutagènes et
génotoxiques qui peuvent provoquer à terme des cancers de la thyroïde ou des tumeurs au
niveau des reins et des glandes surrénales (observés chez des animaux). Ces derniers effets
sont néanmoins rarissimes et ne surviennent que s’ils sont consommés à forte dose.
L’amarante, que l’on peut considérer comme toxique pour l’être humain, est semble-t-il à
l’origine du syndrome d’hyperactivité et pourrait contenir des substances cancérigènes.
Les réactions d’intolérance faisant suite à l’absorption de colorants rouges sont quant à elles
de nature différente :
Le tableau ci-contre fait état des risques associés à chaque colorant rouge alimentaire.
Le désir des pouvoirs publics – plus marqué dans les pays développés – de sauvegarder la
santé publique a conduit à la réalisation de nombreuses recherches. De nos jours, un certain
nombre de colorants rouges sont admis dans l’alimentation mais peuvent toujours faire
l’objet d’un retrait des listes si de nouvelles données amenaient quelques soupçons sur leur
innocuité. La recherche sur leurs effets est sans doute moins intense mais persiste, notamment
dans le domaine des allergies. Elle s’oriente actuellement vers d’autres colorants extraits de
végétaux ou produits par des microorganismes. [13]
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a-2/ Cas particuliers
L’amarante : E 123
L’amarante a fait l’objet de nombreuses études sur les effets biochimiques, cliniques, la
toxicité aiguë, la toxicité à court terme, la mutagénicité, la reproduction, la tératogénicité et
les effets à long terme. Seuls 10 à 20% du colorant est absorbé par l’organisme. Les résultats
de ces différents tests n’ont indiqué aucune réaction toxique sérieuse, aucune activité
génotoxique et pas d’effet négatif sur la fonction reproductrice, que ce soit à court ou à long
terme.[5]
L’érythrosine : E 127
Il s’agit d’un composé dérivé du xanthène portant quatre atomes d’iode. Les chercheurs se
sont donc posé la question quant au mécanisme de transport de l’iode dans l’organisme et se
sont rendus compte qu’une quantité importante d’érythrosine administrée chez un rat induisait
la formation d’adénomes folliculaires au niveau de la thyroïde. L’évolution de ces adénomes
en tumeurs malignes est très controversée car aucune étude à ce jour n’a pu démontré la
véracité de ce risque. Des doutes subsistent toujours et plusieurs Etats refusent d’autoriser cet
additif dans l’industrie alimentaire. [5]
Des tests analogues aux précédents ont été menés sur des rats et des souris mais n’ont pas
abouti à la confirmation d’un danger réel, même si la vigilance reste de rigueur en ce qui
concerne ce colorant interdit dans de nombreux pays, comme nous le verrons par la suite. [5]
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a-3/ Il existe cependant des exceptions….
Heureusement pour le consommateur, tous les colorants rouges ne sont pas dangereux pour
la santé : c’est le cas du lycopène E 160d et des anthocyanes rouges (cyanidine, maldivine,
péonidine et pétunidine) qui sont des pigments végétaux. Le lycopène est un antioxydant qui,
une fois absorbé par l’organisme, aide à protéger et à réparer les cellules endommagées. Ce
type de composé a démontré sa capacité à empêcher l’oxydation de l’ADN, laquelle serait à
l’origine des cancers.
Selon de récentes études, le lycopène préviendrait les risques de certains cancers (de la
prostate, du poumon, du sein et de l’appareil digestif), de maladies cardio-vasculaires ainsi
que de la dégénérescence maculaire.
L’organisme ne produit pas de lycopène ; on le trouve dans le pamplemousse, la goyave et le
melon mais c’est la tomate la plus grande source de cette molécule. De surcroît, il a été
démontré qu’il est mieux absorbé par le corps et encore plus concentré s’il provient de
produits industriels comme le coulis de tomate plutôt que de tomates fraîches. [4]
Si les pays industriellement développés ont réellement pris conscience des problèmes
d’environnement liés à la fabrication des colorants rouges de synthèse, il n’en est pas de
même dans les pays en voie de développement tels que les pays d’Asie ou d’Europe de l’est
où la production de colorants, bien moins réglementée, est effectuée de façon plus anarchique
sans tenir compte de l’impact des déchets issus de cette industrie sur l’environnement.
D’autre part, lorsque l’on se penche sur l’élevage de cochenilles au Pérou qui est primordial
pour l’économie du pays, on peut être amené à s’interroger sur le devenir de cet animal. En
effet, quand on sait que 15 000 insectes sont nécessaires à l’obtention de 100 grammes de
carmin et que plusieurs tonnes de ce colorant rouge sont produites chaque année, la question
d’une éventuelle extinction de l’espèce semble susciter l’inquiétude. [6]
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IV. Réglementation de l’usage des colorants rouges en agroalimentaire
La réglementation touchant les colorants rouges alimentaires est régie sur trois niveaux :
Au niveau international par la FAO (Food and Agriculture Organization), l’OMS
(Organisation Mondiale de la santé) ou encore la WHO (World Health Organization) ;
Au niveau européen selon un protocole strict : « le codex alimentarius » qui regroupe
une multitude d’établissements ;
Au niveau national (dans notre pays, par le Conseil Supérieur d’Hygiène publique de
France et par l’Académie de Médecine). [16]
L’utilisation de ces additifs est strictement réglementée selon le principe dit de « liste
positive », ce qui signifie que tout ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit. Les
colorants rouges alimentaires autorisés en Europe sont dotés d’un numéro de code précédé de
la lettre E et composé de trois chiffres dont celui des centaines est le 1 et celui des dizaines le
2 (le plus courant), le 6, le 7 et le 8. [16]
Par rapport à la réglementation française, cette directive a apporté les changements notables
suivants :
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- sauf exception (colorants dans les gommes à mâcher, rocou dans les céréales au petit
déjeuner), la législation française ne spécifiait pas de doses maximales d’emploi pour
les colorants. La tendance est désormais inversée puisque la directive 94/36/CE
prévoit cette information en ce qui concerne l’usage global (plusieurs colorants
ensemble) et individuelle.
- Certains colorants, autorisés en France sans restriction particulière, ont vu se limiter à
la fois leur domaine d’application et leur dose d’emploi. C’est notamment le cas de
l’érythrosine et du rocou.
- Des produits traditionnellement colorés tels que les saucisses, saucissons et autres
pâtés sont aujourd’hui colorés modérément. [16]
Ainsi, avant de pouvoir mettre un nouveau colorant sur le marché, l’industriel doit
obligatoirement passer par un organisme public de contrôle. Toute demande doit fournir des
preuves convaincantes que le colorant proposé est utile et satisfait son but prévu. S’il est
autorisé, il lui sera remis un nom de code et un domaine d’utilisation spécifique. Des études
sur animaux sont ensuite entreprises à court et à long terme pour déterminer si, oui ou non,
l’additif est sans danger pour l’homme. Cette méthode présente néanmoins d’importantes
lacunes : d’une part, l’homme ne réagit pas comme les animaux donc il est délicat de
transposer des résultats obtenus sur l’animal à l’homme sans risque d’erreur ; d’autre part, les
études consistent en une analyse de substances isolées, or nous savons bien que notre
alimentation contient un mélange de produits de toutes sortes susceptibles de se combiner et
de développer des effets synergiques. [16]
La sécurité absolue n’est jamais prouvée, c’est pourquoi la législation peut être modifiée en
fonction de l’évolution des connaissances. Si la substance s’avère dangereuse à forte dose (ce
qui concerne pas moins de 80% des cas), une DJA (Dose Journalière Admissible) est fixée.
Son unité se mesure en milligramme par kilogramme de masse corporelle.
( Se référer au tableau ci-contre indiquant les DJA des colorants rouges alimentaires)
Malgré cette législation stricte, on constate parfois des abus dans l’utilisation des colorants
rouges de la part des industriels. En 1999, une enquête réalisée par la DGCCRF sur des
confiseries révélait des teneurs en rouge cochenille A (E 124) et azorubine (E 122) plus de dix
fois supérieures aux normes en vigueur et la présence d’érythrosine interdite dans ce type
d’aliments. (Voir le rapport en annexe) [17]
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CONCLUSION
Les colorants rouges occupent une place importante dans l’industrie alimentaire depuis
quelques décennies. Initialement d’origine naturelle, les hommes ont appris à créer des
colorants rouges de synthèse au succès fulgurant au XXème et suscitant désormais la méfiance
des consommateurs qui se déclarent en faveur d’additifs naturels.
Les colorants favorisent les ventes en donnant une apparence plus attrayante aux aliments.
Cependant, si quelques rares colorants rouges ont des effets positifs, il n’en demeure pas
moins que la plupart d’entre eux posent des problèmes puisqu’ils peuvent se révéler nocifs
(cancérigènes, à l’origine d’intolérances, d’allergies…). C’est pourquoi l’étiquetage
informatif est nécessaire, pour les colorants rouges comme pour tout autre additif, de façon à
prévenir toute personne présentant une intolérance vis-à-vis de l’un d’eux.
Bien que les colorants rouges embellissent nos assiettes et ravissent petits et grands en
apportant de la couleur et de l’originalité dans leur gourmandises, il semble important de se
poser cette question : le plaisir des yeux prime-t-il sur la santé ? Chacun doit garder à l’esprit
que ces substances sont continuellement étudiées car leurs méfaits réels sont souvent mal
connus. Il convient donc de surveiller la composition de son alimentation car, certaines études
le prouvent, la réglementation n’est pas toujours respectée de manière rigoureuse.
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GLOSSAIRE
Acétylcholine (p 25) : neurotransmetteur libéré par les terminaisons des nerfs moteurs
et des fibres du système nerveux parasympathique.
Amine biogène (p 25) : Amine non volatil obtenus par décarboxylation d’acides
aminés libres par des enzymes d’origine tissulaire ou microbienne.
Homoptère (p 11) : ordre des insectes hémiptéroïdes à trompe piqueuse, aux ailes
égales, souvent végétariens, tels que les pucerons et la cigale.
Mutagénicité (p 25) : capacité à provoquer des mutations génétiques chez les êtres
vivants.
Système nerveux périphérique (p 25) : ensemble des nerfs situés hors de l’encéphale
et de la moëlle épinière.
31
BIBLIOGRAPHIE
@ Sites internet
[1] Anvar, Agence Française pour l’innovation, Extraction de colorants naturels pour
l’agroalimentaire, consulté le 09/01/2004. Disponible sur :
[Link]/innovatio/150/agro/txt/[Link]
[14] Les colorants alimentaires (E 100 à E 180), consulté le 09/01/2004. Disponible sur :
[Link]
32
[15] Colorants, consulté le 09/01/2004. Disponible sur :
[Link]/additifs/colorant.php3
[17] Laboratoire DGCCRF Bilan 1999, Colorants dans les confiseries, consulté le
01/02/2004. Disponible sur :
[Link]/DGCCRF/01_presentation/activites/labos/1999/[Link]
Ouvrages consultés
[7] Clapham Nadège, Colorants : faut-il casser les codes ?, magasine PROCESS n°1185,
septembre 2002, p 32-34.
[8] Syndicat National des Producteurs d’Additifs Alimentaires, Les additifs autorisés das les
produits alimentaires, Edition Janvier 1996, Alimentation Humaine.
[9] Arden Christopher et Marie-Françoise, Guide des additifs alimentaires, Edition de Vecchi,
1988, 286p.
[10] Hanssen Maurice, E comme Additif, produits chimiques au menu, Edition Flammarion,
1988, 156p.
[13] Brigard Gérard et al., Dossiers Scientifiques de l’Institut Français pour la Nutrition,
Dossier scientifique n°10 « Les Additifs », septembre 1998, 130p.
33
ANNEXES
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