Hermès
dieu de la mythologie grecque et le
messager des dieux
Hermès
Dieu de la mythologie grecque
Hermes Ludovisi, copie romaine conservée au Musée national romain à Rome.
Caractéristiques
Fonction principale Dieu du commerce et des voyages, héraut des dieux, dieux des voleurs et
messager des dieux
Résidence Mont Olympe
Lieu d'origine Grèce
Période d'origine Antiquité
Groupe divin divinité Olympienne
Équivalent(s) par Mercure, Turms
syncrétisme
Famille
Père Zeus
Mère Maïa
Conjoint Aphrodite, Chioné, Mérope, Péitho
• Enfant(s) Pan, Hermaphrodite, Abdère, Autolycos, Eudore, Angélia, Myrtilos, Palaestra
Symboles
Attribut(s) sandales ailées, Caducée, Lyre, pétase,
Animal Coq
modifier ([Link]
Dans la religion grecque antique, Hermès (Ἑρμῆς / Hermễs en grec, Ἑρμᾶς / Hermãs en
dorien) est une des divinités de l'Olympe. Il est le messager des dieux, principalement de
Zeus, au même titre qu'Iris, donneur de la chance, inventeur des poids et des mesures,
gardien des routes et carrefours, dieu des voyageurs, des commerçants, des voleurs et des
orateurs. Il conduit les âmes aux Enfers[1]. Il tient une place importante dans la mythologie
grecque en intervenant dans de nombreux mythes. Son équivalent latin est Mercure.
Étymologie
Le nom d'Hermès Hermeíãs d'où ionien-attique Hermễs semble attesté dans les tablettes
mycéennes. L'absence d'étymologie sûre a suggéré que le dieu pouvait être une divinité
préhellénique ou empruntée, mais aucune de ces hypothèses n'a conduit quelque part[2].
Origine
Selon Jean Haudry, son origine lunaire « largement estompée » est néanmoins révélée par le
jour de sa naissance : le quatrième jour du mois qui commence après les trois jours de la
nouvelle lune[3]. Pour Ernst Siecke, Hermès est un ancien dieu lune indo-européen[4]. Son
qualificatif d'Ἀργειφόντης / Argeiphóntês peut être interprété comme celui « qui gonfle dans
la clarté », une désignation de la lune dans sa phase ascendante[5]. Il est lié à la déesse
lunaire Hécate.
Des éléments importants de sa légende suggèrent d'identifier Hermès à un ancien « Feu
divin » : comme Héphaïstos et Prométhée, il est présenté comme l'inventeur de l'allumage du
feu par frottement[6]. Son association avec Hestia, la divinité du feu sacré et du foyer, est
caractéristique du couple contrasté entre feu mobile et foyer fixe. Son caractère phallique est
étroitement lié à sa nature de « Feu divin »[7].
Mythe antique
Jeunesse
Selon la légende, il est le fils de Zeus et de Maïa, qui, fille du géant Atlas, est une immortelle
mais n'est pas une déesse[8],[9]. Il naît un matin dans une caverne du mont Cyllène en
Arcadie[10] « pour être le tourment des hommes mortels et des dieux immortels[11] ». Selon le
premier Hymne homérique qui lui est consacré, il bondit de son berceau quelques instants
seulement après sa naissance et se met en quête du troupeau d'Apollon[12]. Sur son chemin,
il rencontre une tortue qu'il tue ; de la carapace, il fabrique une lyre sur laquelle il célèbre sa
propre naissance ainsi que la demeure de sa mère[13]. Quelque temps plus tard, il invente la
flûte de Pan ou syrinx[14]. Il gagne le soir même la Piérie où paissent les troupeaux divins[15].
Il dérobe cinquante bœufs à son demi-frère Apollon, soit la moitié d'une hécatombe[16]. En
cherchant à faire cuire deux des animaux, il découvre l'art de faire le feu en frottant des
morceaux de bois l'un contre l'autre[17], puis consacre la viande aux douze dieux. Lui-même
s'abstient de toucher au sacrifice. Après avoir dispersé les cendres, il retourne chez sa mère
à laquelle il annonce avec assurance son intention d'embrasser le meilleur des métiers, c'est-
à-dire celui de voleur[18].
Quand Apollon découvre son voleur, Hermès commence par prétendre être un nouveau-né
sans malice, proposant même de jurer de son innocence sur la tête de Zeus[19]. Le dieu
archer n'est pas dupe et veut saisir son demi-frère par le bras quand Hermès l'arrête par un
éternuement. L'affaire est finalement portée devant Zeus. De nouveau, Hermès proteste de
son innocence. Amusé par la précocité de son fils, le roi des dieux ordonne la réconciliation ;
Hermès devra lui révéler l'endroit où il a caché le troupeau[20]. Il devra aussi charmer son frère
en jouant de la lyre, puis lui donner l'instrument ; Apollon lui accorde en échange une
baguette d'or, le futur caducée[21], et le don de prophétie mineure par le biais de l'oracle des
Thries (femmes-abeilles)[22].
Selon Pausanias, il est élevé par Acacos, fils de Lycaon, par ailleurs fondateur d'Acacésion en
Arcadie, d'où son épiclèse d'« Acacésien ».
Amours et descendance
Il apparaît souvent sous les traits d'un jeune homme « à sa première barbe, dans le charme
de cet âge »[23]. Il se plaît en la compagnie des Charites et des Heures. Devant le spectacle
d'Arès et d'Aphrodite faits prisonniers par Héphaïstos, il s'exclame que lui aussi aimerait
dormir dans les bras de la déesse, fût-ce au prix de trois fois plus de chaînes.
Avec Aphrodite justement, Hermès engendre Hermaphrodite, divinité bisexuée, mais aussi
Éros dans les traditions plus tardives[24]. Il est, selon les auteurs, le père de dieux rustiques à
la sexualité débridée tels Pan, son fils par « la fille de Dryops » (Hymne homérique à Pan) ou
par la nymphe Thymbris ou Hybris (pseudo-Apollodore), ou par la nymphe Pénélope (les
Dionysiaques), voire par Pénélope, femme d'Ulysse (divers récits post-homériques) ; comme
Pan ou comme le dieu phallique Priape, parfois également donné pour son fils (Hygin,
Fables), il est d'ailleurs souvent représenté sexe dressé (il aime la beauté humaine) et ses
amours sont aussi bien féminines (nymphes) que masculines (Pollux, frère jumeau de Castor
et archétype du guerrier valeureux, ou le bel Anthéos d'Assessos par exemple). La tradition
hésiodique lui prête des amours avec la nymphe-déesse Calypso, rencontrée par Ulysse dans
l’Odyssée, qui le rend père du peuple des Céphalléniens (Hésiode, Catalogue des
femmes [réf. incomplète]). On le range également volontiers parmi les prétendants de
Perséphone et divers chants des Dionysiaques (notamment le chant VI) lui reconnaissent
pour épouse Péitho, la déesse de la Persuasion. Pindare, enfin, lui attribue la paternité d'une
fille, la déesse messagère Angélia ou La Renommée, sans toutefois indiquer le nom de la
mère de cette dernière[25].
Hermès est également le père d'amants mythologiques célèbres, comme Abdère (amant
d'Héraclès) ou Daphnis (de Pan ou Apollon).
Apémosyne a été violée par Hermès.
Parmi ses autres enfants, on compte notamment :
Hermès Ingenui, copie romaine d'un original grec du ve siècle av. J.-C., musée Pio-Clementino, Vatican.
Autolycos avec Chioné ;
Céryx ;
Échion et Éthalidès, deux argonautes ;
Les satyres, avec la nymphe Apémosyne.
Palaestra
Fonctions
Messager des dieux
Hermès psychopompe. Lécythe du Peintre de la Phiale, v. 450 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen de Munich.
Sa fonction de dieu messager et accompagnateur a été préfigurée par sa fonction pastorale
dont est resté encore plus proche son fils Pan[26].
Lors de la guerre de Troie, il prend parti pour les Achéens mais ne participe guère à la
bataille. Cependant il se retrouve face à Léto mère d'Apollon et d'Artémis mais refuse de la
combattre. Il se contente d'être le messager et l'interprète (on rapproche son nom du mot
ἑρμηνεύς / hermêneús, « interprète ») de Zeus. Ainsi, il guide au mont Ida Aphrodite, Athéna
et Héra qui concourent pour la pomme d'or, afin de les soumettre au jugement de Pâris. Il
escorte Priam, venu chercher le corps d'Hector, dans le camp grec ; il avertit (sans succès)
Égisthe de ne pas tuer Agamemnon ; il transmet à Calypso l'ordre de libérer Ulysse. Après la
guerre, c'est lui qui amène Hélène en Égypte.
De même, c'est lui qui, d'après le pseudo-Apollodore, devant enlever Io sur demande de Zeus,
tue Argos aux cent yeux, placé en surveillance par Héra, d'où son épiclèse d'« Argiphonte »
(Ἀργειφόντης / Argeiphóntês, « tueur d'Argos ») — l'interprétation de cette épithète est
pourtant sujette à caution : la légende d'Argos est probablement postérieure à Homère, qui
emploie déjà cette épiclèse ; une autre interprétation traduit par « à la lumière blanche,
éblouissant ». Guide des héros tout comme Athéna, il conduit Persée dans sa quête de
Méduse et guide Héraclès dans les Enfers.
Conducteur des âmes vers Hadès, d'où son épithète de Πομπαῖος / Pompaĩos, puis plus tard
« Psychopompe » (en grec Ψυχοπομπός / Psukhopompós). À la fin de l'Odyssée, on le voit
ainsi conduisant les âmes des prétendants dans le pré de l'Asphodèle. L'hymne orphique
consacré à l'Hermès souterrain, chthonien ou infernal, le dit fils de Dionysos et
d'Aphrodite[27]. Il le qualifie également de « maître des morts »[28].
Cette fonction de messager, de convoyeur et de héraut ne doit rien à ses origines pastorales,
mais est typique des Feux divins : c'est celle du feu sacrificiel qui relie les dieux et les
hommes. Cette fonction est également une des fonctions principales d'Agni, la divinité
védique, seigneur du feu sacrificiel et du foyer[29].
Statut social
Il est qualifié de (w)ánax « roi », de despótēs « maître de maison ». Comme Janus et d'autres
Feux divins, il partage le statut et les prestiges du maître du foyer où il brûle[30].
Mais, extension inverse, il est le dieu des serviteurs. Dans Prométhée enchaîné, Prométhée le
qualifié de « valet », de « serviteur », qualifications qui sont en accord avec la fête des
Hermaia au cours de laquelle les maîtres servent leurs serviteurs. C'est un dieu populaire qui
sert les petites gens et dont le pilier se trouve sur les lieux de leur travail et de leurs
divertissements[31].
Inventeur
Il est l'inventeur de la production du feu par frottement. Ce faisant, il donne le feu aux
hommes, fonction comparable à celle de Prométhée[32].
Il est aussi l'inventeur de la cithare qu'il donne à Apollon. Ensuite, il invente la flûte de Pan qui
reflète ses origines pastorales[33].
Nature
Il est, parmi les dieux grecs, le plus proche des hommes et le plus bienveillant à leur égard : il
leur donne l'écriture, la danse, les poids et mesures, la flûte et la lyre, le moyen de produire
une étincelle lorsque le feu s'est éteint. Aristophane dit de lui que « c'est le plus humain et le
plus libéral des dieux »[34]. C'est Hermès qui a fait don de parole à Pandore la première
femme et qui a présenté Pandore aux hommes. Il réunit en lui la triade de la pensée de la
parole et de l'action. Dieu de la parole, de la voix qui est liée à sa fonction de héraut et qui
justifie l'usage de lui réserver la langue des victimes sacrificielles, il est celui qui donne la
connaissance : « nous demandons la connaissance, don d'Hermès »[35]. On lui attribue
l'invention des mathématiques et de l'astronomie.
Néanmoins, contrairement à Dionysos « philanthrope », il est dit philandros : les hommes
(ándres) qu'il favorise sont ses compagnons ou plutôt ses complices, ceux qui réussissent
par chance, habileté ou malhonnêteté[36] Le vol des vaches d'Apollon lui a valu le titre de
« Prince des voleurs » et il existe un culte d'Hermès kléptēs « voleur » à Chios comme à
Samos. Cette activité se concilie avec son caractère nocturne et son premier hymne
homérique le décrit comme un « brigand » et comme un « Ravisseur de bœufs ». Autant de
qualités qui s'accordent aux origines pastorales d'Hermès à travers la pratique traditionnelle
de la razzia et autant de points communs avec le dieu védique Rudra dont il partage les
mêmes liens avec le feu. Dans les deux cas, elles sont liées au paradoxe traditionnel du feu
qui se voit mieux dans l'obscurité[37].
Il est avant tout la personnification de l'ingéniosité, de la mètis (intelligence rusée) et de la
chance. Le mot « coup de chance », lorsqu'un bienfait arrive inopinément, se dit en grec
ancien Ἑρμαιον / hermaíon) et évoque le dieu également. Dans ses Caractères, le philosophe
Théophraste rapporte ce proverbe antique : Ἑρμῆς κοινός[38], « Hermès est à tout le monde »,
qui signifie que le dieu est loué pour avoir apporté la bonne fortune, le bon hasard[39],[40]. Il est
qualifié de kunánkhēs et de kandaúlēs « étrangleur du chien », « qui triomphe de la
malchance »[41].
Épithètes et attributs
Hermès portant un pétase. Coupe attique à figures rouges, c. 480–470 av. J.-C.. Vulci.
Ses attributs : le pétase (chapeau rond) ailé, le caducée, les sandales ailées (grec πέδιλα /
pedila, latin talaria) et la bourse d'argent.
Ses animaux favoris : le coq[42], le bélier, la tortue.
Épiclèses :
Son qualificatif principal Argiphonte (Ἀργειφόντης / Argeiphóntês) se laisse
interpréter comme celui « qui gonfle dans la clarté », une dénomination de l'astre
lunaire dans sa phase ascendante[43] ;
Acacésien (Ἀκακήσιος / Akakếsios), dont la glose varie entre « bienveillant » et
« intelligent », un qualificatif qu'il partage avec Prométhée[44] ;
Chtonien (Χθόνιος / Chthónios) ;
Psychopompe (Ψυχοπομπός / Psukhopompós) ;
phutálmios « qui fait pousser » atteste sa fonction fécondante illustrée par les épis
figurant sur les monnaies le représentant. Il fait croître le bétail.
Épithètes :
« à la houlette d'or » (Χρυσόρραπις / Khrusórrapis).
Culte
Stèle hermaïque en pierre, 129-138, Musée national archéologique d'Athènes.
Les hermès
La forme la plus ancienne de son culte s'adressait à ses représentations dites hermai, en
Arcadie ou en Attique, sous la forme de colonnes de pierre quadrangulaires surmontées
d'une tête barbue, pourvue éventuellement d'un phallus et souvent accompagnées d'une
inscription. Ces hermès se trouvaient au bord des routes, sur les frontières, aux croisements,
aux portes des villes et des maisons, mais également sur les places, dans les gymnases, les
bibliothèques, les sanctuaires. Ils constituent la base de son culte[45].
Il était de coutume de placer des empilements de pierres en son honneur aux carrefours :
chaque voyageur ajoutait une pierre à l'édifice. Ces tas de pierres ont été peu à peu
supplantés par des bornes en pierre de forme phallique placées le long des routes, pour
aboutir à la forme équarrie et quadrangulaire des hermès, surmontés de la tête du dieu et
portant, en leur centre et en relief, ses attributs virils (voir le scandale de la mutilation des
Hermès, Hermocopides, auquel fut mêlé Alcibiade).
Les hermai recevaient des couronnes, des onctions, différents dons comme de la monnaie,
des fruits, des épis, des gâteaux, des victimes animales. Quelques-uns de ces hermai sont
janiformes, présentent une tête féminine et une tête masculine. D'autres associent deux têtes
masculines, l'une imberbe et l'autre barbue. Certaines sont tricéphales, d'autres
quadricéphales[45].
Toute rencontre, tout événement, tout accident imprévu sur une route est appelé « don
d'Hermès » (en grec ἕρμαιον / hermaion qui désigne aussi notre coup de chance).
Culte public
Kriophoros Hermes qui porte le bélier, copie romaine tardive d'un original grec du ve siècle av. J.-C.. Musée Barracco,
Rome.
En dehors de ces hermès, le dieu n'a pas d'autres sanctuaires : « pas un seul grand temple,
pas une ville où le dieu règne en maître incontesté dans une demeure centrale »[46].
Ainsi, bien qu'il soit un dieu très populaire, son culte public est peu développé. Plusieurs
régions de la Grèce, au premier chef l'Argolide, intègrent dans leur calendrier un mois qui lui
est dédié, Ἕρμαιος / Hermaios (mi-octobre à mi-novembre). Il semble avoir été associé à une
fête des morts. Dans une symbolique similaire, un sacrifice lui est offert, toujours à Argos, le
trentième jour suivant des funérailles. À Athènes, au troisième jour des Anthestéries, une
offrande de gruau de graines est consacrée à Hermès chthonien. Ce rapport à la mort est lié
au cycle du sommeil sur lequel il exerce une influence, notamment sur les rêves. Alors que
pour la plupart la mort est un sommeil, Hermès éveille les siens pour une survie consciente.
Cet éveil ouvre aux initiés la « voie » hodós des dieux. Ce rôle sera probablement l'origine du
lien entre Hermès et la littérature ésotérique dite « hermétique »[47].
Il est célébré sous le nom de Kadmilos au sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace
comme le compagnon d'Axieros-Déméter, la Grande Mère [réf. nécessaire].
Hermès, messager des dieux était le patron protecteur des Céryces, hérauts officiels qui
portaient le caducée comme lui[48]. Hermès est, avec Héraclès, le patron des gymnases et
palestres, où son buste est toujours présent. Il protège donc les sportifs et est le fondateur
des concours de lutte (sa fille Palaestra est d'ailleurs tout à la fois l'inventrice de ce sport et
sa déesse). C'est donc le dieu du commerce, des voyageurs et des voleurs, des pasteurs et
de leurs troupeaux, ainsi que des orateurs ou des prostituées[49].
Sa victime préférée est le bélier et il est souvent représenté en portant un, c'est l'Hermès
criophore, figure typique de ses origines pastorales. Comme offrande, il apprécie beaucoup la
pâtisserie, affinité commune qu'il partage avec Vesta[50]. Comme dieu des orateurs, ses
offrandes préférées sont le lait mêlé de miel et les langues d'animaux.
Correspondances et postérité
Dans la Rome antique, Hermès est assimilé au dieu romain Mercure.
Il correspond à Sarmis ou Armis chez les Daces[51], Armes chez les Scythes et Sarruma en
Anatolie[52] [réf. à confirmer],[53].
Les trois Hermès
Vers la fin de l'Antiquité, notamment dans l'Égypte hellénisée, Hermès est assimilé à Thot
(nom grec — le nom égyptien était Djehuty), le dieu des savoirs cachés. Il devient ainsi
l'auteur mythique, sous le nom d'Hermès trois fois le plus grand, ou trismégistos, ou Hermès
Trismégiste, d'une véritable bibliothèque ésotérique qui nourrit par la suite, notamment, les
travaux des alchimistes du Moyen Âge.
« La généalogie la plus classique d'Hermès à l'époque hellénistique fut élaborée au IIIe ou IIe
siècle avant Jésus-Christ. Elle fait commencer la série des Hermès par Thot, qui grava sa
science sur des stèles et la cacha. Son fils fut Agathodémon… Le fils d'Agathodémon est le
deuxième Hermès, c'est lui que plus tard, au iie siècle, on appelle souvent Trismégiste… Et le
fils du Trismégiste est Tat » (Antoine Faivre)[54].
Pour André-Jean Festugière, la tradition « hermétique » n'a utilisé le nom d'Hermès que
comme un prête-nom pour contenter le besoin de révélation propre à l'époque
hellénistique[55].
Hermès au Moyen Âge et à la Renaissance
Statue d'Hermès dans les jardins de Versailles.
Au Moyen Âge, Robert de Chester affirme :
« Nous lisons dans les anciennes histoires des dieux qu'il y eut trois Philosophes dont
chacun s'appelait Hermès. Le premier fut Hénoch… Le deuxième fut Noé… Le troisième fut
l'Hermès qui, après le Déluge, régna en Égypte. » (préface au Liber de compositione
alchemiae, 1144).
Plus tard, Hermès apparaît notamment dans les travaux des alchimistes et des hermétistes
(qui lui doivent leur nom) sous le nom d'« Hermès Trismégiste ». L'adjectif référant à Hermès
est hermaïque.
Dans l'islam, Idris-Hermès est associé à Hénoch, fils de Yared, arrière-grand-père de Noé[56]. Il
est mentionné dans le Coran (XIX, 57 ; XXI, 85).
Hermès dans les arts après l'Antiquité
Littérature
Au xixe siècle, certains poètes français, appartenant au courant du Parnasse, aiment à
traiter des sujets antiques empruntés notamment à la mythologie grecque. José-Maria de
Heredia inclut ainsi une épigramme « À Hermès Criophore » (porteur de bœuf) dans son
recueil Les Trophées publié en 1893.
À partir du xxe siècle, dans les littératures de l'imaginaire, notamment la fantasy, Hermès
apparaît régulièrement parmi les autres grandes divinités grecques dans les romans qui les
mettent en scène. Il apparaît ainsi dans la série romanesque Percy Jackson de l'auteur
américain Rick Riordan, publiée entre 2005 et 2010.
Hermès fait partie des nombreux dieux cités dans la série de bande dessinée Astérix.
Notes et références
1. Lucien de Samosate 2015, p. 201.
2. Jean Haudry, Le feu dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan, 2016
(ISBN 978-8872523438), p. 460-461.
3. Jean Haudry, Le mariage du dieu Lune, Baltistica XXXVI, 2001, p. 25-36.
4. (de) Ernst Siecke, Hermes der Mondgott. Studien zur Aufhellung der Gestalt dieses
Gottes, (Mythologische Bibliothek, II. Band, Heft 1), Leipzig, J. C. Hinrichs, 1908.
5. Jean Haudry, 2016, p.467-468 et p.478.
6. « En regard du feu démiurgique d'Héphaistos, celui d'Hermès semble quelque feu follet.
Sans doute est-ce aussi un feu qui cuit la viande et que le héraut a charge d'allumer. Mais
ce feu alimentaire, la métis d'Hermès le fait jaillir du mouvement rapide de deux pièces de
bois, elle l'invente dans la nuit, au retour d'une course entre brousse et cultures. Et à peine
s'en est-elle servi qu'elle imagine d'en faire disparaître les traces. C'est un feu mobile,
comme Hermès, un feu engendré sexuellement, comme le dieu de Cylène » in M. Detienne
& J.P. Vernant, Les ruses de lÕintelligence, la métis des Grecs, Paris, 1974, pp. 263-264
7. Samson Eitrem, Article Hermes, Wissowa, VIII-I, 1913, p. 778-779.
8. Lucien de Samosate 2015, p. 278.
9. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne ([Link]
C3%A9e) ], XIV, 435 ; Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne ([Link]
[Link]/wiki/La_Th%C3%A9ogonie) ], 938-939 ; Hymnes homériques [détail des
éditions] [lire en ligne ([Link] ] : à
Hermès I, 1-5 et II, 1-6.
10. Lucien de Samosate 2015, p. 302.
11. Hymne à Hermès I, 160-161. Extrait de la traduction de Jean Humbert pour les Belles
Lettres, 1936.
12. Hymne à Hermès I, 20-23.
13. Hymne à Hermès I, 16 et 24-61.
14. Hymne à Hermès I, 511-512.
15. Hymne à Hermès I, 68-70.
16. Hymne à Hermès I, 73-74.
17. Hymne à Hermès I, 108-111.
18. Hymne à Hermès I, 162-181.
19. Hymne à Hermès I, 261-277.
20. Hymne à Hermès I, 389-396.
21. Hymne à Hermès I, 528-532.
22. Hymne à Hermès I, 550-566.
23. Odyssée, X, 278. Extrait de la traduction de Philippe Jaccottet.
24. Cicéron, De natura deorum [détail des éditions] [lire en ligne ([Link]
f/philosophes/Ciceron/[Link]#N) ], III, 23.
25. Pindare, Olympiques, Ode VIII, vers 106-107.
26. Jacqueline Duchemin, La houlette et la lyre I: Hermès et Apollon, recherche sur les
origines pastorales de la poésie, Paris, les Belles lettres , 1960, p.226 et p.233 et suiv.
27. Hymnes orphiques, 57.
28. Jean Haudry, 2016, p. 470.
29. Jean Haudry, 2016, p. 468.
30. Jean Haudry, 2016, p. 469.
31. Gérard Siebert, « Hermes », Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae, vol. IV I,
Zurich and Munich, 1990, p.285-387.
32. (en) William D. Furley, Studies in the Use of Fire in Ancient Greek Religion, Ayer Co Pub,
1981, p.39.
33. Jean Haudry, 2016, p. 472.
34. Aristophane, Paix, 393, trad. Van Daele, CUF.
35. Callimaque, frag. 82 a.
36. Jean Haudry, 2016, p.465.
37. Jean Haudry, 2016, p.475-476.
38. Les Caractères (XXX Le Cupide).
39. Pellegrin 2014, p. 2709.
40. 2015 Lucien de Samosate, p. 1036.
41. Jean Haudry, 2016, p.473.
42. Lucien de Samosate 2015, p. 271.
43. Jean Haudry, 2016, p.467-468.
44. Jean Haudry, 2016, p. 463.
45. Jean Haudry, 2016, p.465-466.
46. Jeanine J. Orgogozo, L'Hermès des Achéens (deuxième et dernier article) ([Link]
[Link]/doc/rhr_0035-1423_1949_num_136_2_5683) , Revue de l'histoire des religions,
Année 1949, 136-2-3, pp. 139-179.
47. Jean Haudry, 2016, p.476-477.
48. Encyclopædia Britannica, 2012 [(en) lire en ligne ([Link]
opic/315587/keryx) ].
49. « Les Dieux de l'Olympe: Hermès » ([Link] , sur
[Link] (consulté le 12 juin 2018).
50. Samson Eitrem, Article Hermes, Wissowa, VIII-I, 1913, p. 763.
51. « SARMIS ȘI HERMES. UN REGE LEGENDAR DAC INTEMEIETOR AL
SARMI(SE)GETUZEI » ([Link]
dar-dac-intemeietor-al-sarmisegetuzei/2016/07/16) , sur [Link], 16 juillet 2016
(consulté le 22 août 2016).
52. (en) « PREHISTORIC DACIA PART 6 » ([Link] ,
sur [Link] (consulté le 16 mai 2011).
53. Emmanuel Laroche, « Divinité lunaire d'Anatolie » ([Link]
e/prescript/article/rhr_0035-1423_1955_num_148_1_7039?_Prescripts_Search_tabs1=sta
ndard&) , sur [Link] (consulté le 6 mai 2011).
54. Antoine Faivre, D'Hermès-Mercure à Hermès Trismégiste, in Présence d'Hermès
[réf. incomplète]
Trismégiste, Albin Michel, coll. Cahiers de l'hermétisme, 1988, p. 28. .
55. André-Jean Festugière, La Révélation d’Hermès Trismégiste, Paris, Les Belles Lettres, 3.
vol. p. 355.
56. [Link] .
Bibliographie
Émile Chambry, Alain Billault, Émeline Marquis et Dominique Goust (trad. du grec ancien
par Émile Chambry, préf. Alain Billault), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Paris,
Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2015, 1248 p. (ISBN 978-2-221-10902-1).
Pierre Pellegrin (dir.) (trad. du grec ancien), Aristote : Œuvres complètes, Paris, Éditions
Flammarion, 2014, 2923 p. (ISBN 978-2-08-127316-0)
Les Caractères (trad. du grec ancien par Nicolas Waquet, préf. Nicolas Waquet), Paris,
Payot & Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », 2010, 112 p. (ISBN 978-2-7436-2138-4)
(en) Walter Burkert (trad. John Raffan), Greek Religion [« Griechische Religion des
archaischen und klassichen Epoche »], Oxford, Blackwell, 1985 (éd. orig. 1977)
(ISBN 978-0-631-15624-6), p. 156-159.
(en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press, 1993 [détail de
l’édition], p. 105-112.
Dominique Jaillard, Configurations d'Hermès : une "théologie hermaïque", Liège, Centre
international d'étude de la religion grecque antique, Kernos supplément no 17, 2007.
Laurence Kahn, Hermès passe ou les Ambiguïtés de la communication, Paris, Éditions
Maspero, 1978.
Pierre Lévêque et Louis Séchan, Les grandes divinités de la Grèce, Éditions E. de Boccard,
1966, 448 p. (ISBN 978-2-200-37211-8)
(de) Henning Wrede, Die Antike Herme, Mainz am Rhein, Ph. von Zabern, cop., 1986.
(en) Paul-Louis van Berg, « Hermes and Agni : a fire-god in Greece ? », Proceedings of the
Twelth Annual UCLA Indo-European Conference, 2001, p. 189-204.
Sources radiophoniques
Paul Schubert, « Hermès et la lyre » ([Link]
o/chroniques-mythomane-saison-5-episode-56-hermes-et-la-lyre?id=6713378) ,
Mythomane, Radio télévision suisse, 3 mai 2015 (consulté le 27 avril 2020)
Voir aussi
Articles connexes
Divinités olympiennes
Liste des divinités de la mythologie grecque
Hermès et Hermocopides
Hermétisme
Mercure
Pétase, Caducée et Talaria
Liens externes
Portail de la mythologie grecque
Ce document provient de
« [Link]
title=Hermès&oldid=183167204 ».
Dernière modification il y a 10 jours par LOGOS & ALOGOS
Le contenu est disponible sous licence CC BY-SA
3.0 sauf mention contraire.