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Aménagements Paysagers

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Pratique des aménagements

paysagers

par Jean-Noël TOURNIER


Architecte-Paysagiste
Ingénieur Agronome
Ingénieur Horticole
Urbaniste

1. Rôle et importance des aménagements paysagers........................ C 4 182 - 2


2. Acteurs des aménagements paysagers ............................................. — 2
2.1 Architectes-paysagistes .............................................................................. — 2
2.2 Entrepreneurs paysagistes ......................................................................... — 3
2.3 Producteurs pépiniéristes ........................................................................... — 3
3. Aménagements paysagers .................................................................... — 3
3.1 Différents types d’aménagements ............................................................. — 3
3.2 Contraintes par type d’aménagement ....................................................... — 3
4. Constituants .............................................................................................. — 5
4.1 Végétaux....................................................................................................... — 5
4.2 Substrats ...................................................................................................... — 8
4.3 Arrosage ....................................................................................................... — 9
5. Mise en œuvre........................................................................................... — 12
5.1 Végétaux....................................................................................................... — 12
5.2 Substrats ...................................................................................................... — 13
5.3 Arbres existants ........................................................................................... — 13
6. Entretien et gestion................................................................................. — 14
6.1 Entretien et garantie dus par l’entreprise .................................................. — 14
6.2 Contraintes liées à l’entretien ..................................................................... — 14
7. Éléments de coût ..................................................................................... — 14
8. Qualification des entreprises paysagistes selon le CNIH ............. — 15
8.1 Classification ................................................................................................ — 15
8.2 Qualification ................................................................................................. — 16
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. C 4 182

es aménagements paysagers font partie de ce que l’on appelle plus géné-


L
5 - 1990

ralement les espaces extérieurs, dont ils sont le constituant végétal associé
aux autres éléments de ces espaces que sont : les voiries, les réseaux, le
mobilier, les clôtures, etc.
Le rôle de ces aménagements est d’assurer la liaison entre les divers équipe-
ments d’un ensemble urbain, de créer une continuité entre les bâtiments et le
milieu extérieur, ou de jouer un rôle d’équipement à part entière.
C 4 182

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PRATIQUE DES AMÉNAGEMENTS PAYSAGERS ______________________________________________________________________________________________

1. Rôle et importance Tableau 1 – Aptitude de certains végétaux


des aménagements à amortir le bruit

paysagers Efficaces Assez efficaces Peu efficaces


Populus alba Carpinus betulus Betula alba
Tilia platyphyllos Fagus sylvatica Acer negundo
L’intérêt esthétique des aménagements paysagers est évident Acer pseudoplatanus Ilex aquifolium Tilia cordata
au sein du milieu urbain. Il est difficile d’imaginer un ensemble Platanus acerifolia Alnus incana
architectural de qualité, dont les espaces de proximité seraient
pauvres et sans caractère. De plus, l’ensemble des aménagements
paysagers ou extérieurs d’une ville contribuent à lui donner son
image, au même titre que la qualité de son architecture.
L’organisation urbaine est concernée sur le plan fonctionnel par
ces aménagements, leur conception pouvant privilégier telle ou telle
liaison, ou susciter des usages particuliers.
La vie sociale peut aussi profiter des aménagements paysagers,
dont la conception et l’équipement peuvent favoriser les rencontres
et les échanges, au sens large, entre les usagers.
Le climat et l’environnement sont modifiés par la présence des
végétaux dans le milieu urbain. Certaines propriétés des plantes sont
connues de tous ; ainsi, elles sont la source unique d’oxygène de
l’atmosphère terrestre et consomment de grandes quantités de gaz
carbonique (§ 4.1.1), assurant ainsi le renouvellement de notre air.
Mais d’autres propriétés moins connues méritent d’être remar-
quées. Les plantes en général, et plus particulièrement les arbres,
qui possèdent un important volume foliaire, évaporent d’impor-
tantes masses d’eau en permanence (§ 4.1.1), ce qui dans certains
secteurs peut conduire à un abaissement de la nappe phréatique
après une plantation dense d’arbres à fort pouvoir évapotrans-
pirateur (pins, peupliers, saules, eucalyptus, etc.) si cette nappe est
proche du niveau du sol. À l’inverse, la suppression d’un massif
végétal important sur une parcelle peut conduire à une forte
remontée de la nappe. Ces variations du niveau de la nappe peuvent
être de l’ordre de 0,5 à 1 m selon les cas.
De plus, cette évaporation constante consomme une forte part de
l’énergie thermique apportée par le soleil, ce qui entraîne une nette
différence de température (jusqu’à 3 oC) entre l’ombre des arbres
et celle des éléments bâtis en un même lieu. Cette qualité est particu-
lièrement appréciable en été. Figure 1 – Influence des végétaux sur le vent
La présence d’arbres ou de haies végétales contribue aussi à
l’atténuation des bruits ambiants, les feuilles jouant le rôle d’amor-
tisseurs des ondes sonores. Ainsi, dans une rue plantée d’arbres,
ceux-ci diminuent les réverbérations multiples des ondes sonores 2. Acteurs des aménagements
sur les façades ; ou encore, associée à un mur antibruit le long d’une
voie urbaine, la végétation apporte, en plus de son intérêt esthétique, paysagers
une efficacité accrue vis-à-vis de l’atténuation des bruits (tableau 1).
Le régime des vents est, lui aussi, susceptible d’être fortement 2.1 Architectes-paysagistes
modifié par la présence des végétaux. Des arbres en alignement le
long d’une rue freinent les déplacements d’air et limitent l’accélé-
ration du vent dans les couloirs formés par les façades. Une haie
2.1.1 Rôle et mode d’intervention
végétale dense peut diminuer la vitesse du vent jusqu’à 50 % sur
Les architectes-paysagistes assurent la maîtrise d’œuvre des
une distance d’environ dix fois sa hauteur, et ce du fait de sa perméa-
espaces paysagers et plus généralement des espaces extérieurs.
bilité (figure 1).
À ce titre, ils gèrent l’ensemble des composantes de ces aména-
Les aménagements paysagers contribuent à la qualité de notre gements tels que voiries, revêtements de sol, mobilier, etc., ainsi que
environnement ; leur conception et leur réalisation doivent donc les plantations et ce, en collaboration avec les spécialistes dont les
être l’objet d’autant de soins que les autres éléments de l’aména- compétences sont nécessaires selon les projets [bureau d’étude VRD
gement de nos villes. (0) (voirie et réseaux divers), géographes, écologues, hydrologues, etc.].
Il faut d’ailleurs noter que la collaboration entre les architectes et
les architectes-paysagistes est fréquente.

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Le mode d’intervention des architectes-paysagistes est du même


type que celui des autres maîtres d’œuvre, généralement basé sur 3. Aménagements paysagers
les Missions d’ingénierie normalisées.
3.1 Différents types d’aménagements
2.1.2 Formations et organismes professionnels
L’alignement urbain est le plus simple et le plus évident des
aménagements paysagers. Il consiste en une plantation d’arbres en
De nombreuses écoles en France et à l’étranger conduisent à la ligne, sur les trottoirs d’une voie. Le nombre de ces alignements peut
formation d’architecte-paysagiste au cours de cycles variant de varier selon la largeur disponible pour les plantations. Lorsque ces
Bac + 3 à Bac + 6 ; parmi celles-ci nous pouvons citer les principales : alignements sont multiples, on les appelle des mails. Ces aligne-
— l’École nationale supérieure du paysage (ENSP), qui délivre un ments jouent de nombreux rôles dans l’aménagement urbain, parmi
diplôme de paysagiste DPLG ; lesquels peuvent être cités : l’identification et la hiérarchisation des
— l’École nationale supérieure d’horticulture (ENSH), qui délivre voies par un aménagement spécifique, la création d’une ambiance
un diplôme d’ingénieur horticole ; agréable à travers les actions de ces arbres sur la température, le
— l’École nationale des ingénieurs de travaux horticoles d’Angers vent et le bruit, l’unification d’une façade urbaine généralement hété-
(ENITH), qui délivre un diplôme d’ingénieur spécialisé en aména- rogène sans en masquer les particularités.
gement paysager ; L’accompagnement de bâtiments ou d’équipements par des
— l’École supérieure d’art des jardins (ESAJ), qui délivre un plantations paysagères poursuit aussi des buts bien précis : mise en
diplôme d’architecte de jardin. valeur esthétique et architecturale des bâtiments et identification de
Les architectes-paysagistes ne possèdent pas d’ordre profes- certains points tels que les entrées, liaison entre les équipements
sionnel, mais une fédération (Fédération française du paysage, FFP) et le milieu environnant, qu’il soit urbain ou naturel, prolongation
qui regroupe une grande partie de ces professionnels. à l’extérieur des fonctions du bâtiment (par exemple : une biblio-
thèque publique peut posséder une salle de lecture extérieure
installée sous des arbres, une école doit posséder à l’extérieur des
équipements ludiques et pédagogiques, etc.).
2.2 Entrepreneurs paysagistes Les squares et les parcs constituent des équipements à part
entière dans lesquels l’aspect paysager et primordial, devant ici
Les entrepreneurs paysagistes forment une profession spécifique, construire et créer l’animation, tout en suscitant sans cesse de
seule apte à mettre en œuvre, dans les règles de l’art, les végétaux nouveaux intérêts pour des usagers de toutes catégories. Ainsi, des
qui composent les aménagements paysagers. Généralement, ces lieux différents propices au repos, à la promenade, aux jeux des
entreprises sont capables de mettre en œuvre la plupart des autres enfants ou aux activités semi-sportives doivent s’insérer dans la
composants des espaces extérieurs tels que : clôtures, revêtements composition générale. Le végétal est ici utilisé comme élément
de sol, mobilier, etc. d’architecture pour identifier chaque espace, guider les circulations,
isoler l’aménagement des nuisances extérieures (voies de circu-
La majorité de ces entreprises sont adhérentes au CNIH (Comité lation, bruit, vent, etc.), apporter par la variété des plantes utilisées
national interprofessionnel de l’horticulture) qui délivre des titres de une animation colorée au cours des saisons.
qualification en fonction de la taille et des compétences de l’entre-
prise. Ces qualifications concernent quatre types d’intervention : Les jardins sur dalle sont une catégorie particulière d’aména-
gement paysager. Ils permettent d’habiller et d’humaniser de
— aménagement de jardins et d’espaces verts ; grandes surfaces minérales telles que les dalles supérieures de
— aménagement de terrains de sport ; parkings souterrains ou même les toitures d’immeubles. Des
— reboisement ; techniques récentes permettent d’obtenir des aménagements de ce
— arrosage intégral manuel ou automatique. type, riches en végétation. Ils peuvent être aménagés en squares,
La connaissance de ces qualifications est essentielle pour la promenades ou tout autre type d’équipement ; seules les contraintes
définition du type d’entreprise à consulter selon le type de projet à de mise en œuvre sont particulières.
mettre en œuvre (§ 8). Les accompagnements d’ouvrages linéaires (routes, auto-
routes, etc.) participent à l’amélioration du paysage et à la hiérarchi-
sation des voies par une végétalisation des talus et un marquage
2.3 Producteurs pépiniéristes des points remarquables tels que les carrefours et les échangeurs.

Comme les entrepreneurs, les producteurs de végétaux sont 3.2 Contraintes par type d’aménagement
adhérents au CNIH et peuvent adhérer à la FNPHP (Fédération
nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières). L’alignement urbain est l’ensemble végétal soumis aux plus
La qualité sanitaire de la production est garantie par un contrôle nombreuses contraintes. Celles-ci sont de plusieurs ordres (figure 2).
périodique des services régionaux de protection des végétaux, qui Tout d’abord, les éléments fonctionnels tels que les nécessités
délivrent un numéro de contrôle sanitaire attestant de la qualité de d’accès liées à la circulation imposent l’écartement et l’implanta-
la production. De plus, douze normes AFNOR regroupées sous le tion de chaque arbre. Sur le plan spatial, des éléments relatifs à
titre produits de pépinière définissent précisément les caractéris- largeur de la rue, à la présence de réseaux souterrains et aériens
tiques que doivent présenter les végétaux commercialisés. ou encore aux hauteurs minimales de circulation (passage des bus
et camions) déterminent un volume utilisable par l’arbre extrême-
ment limité. Ainsi, un platane planté dans une rue étroite
comportant de nombreux réseaux aériens devra rapidement être
élagué, et ce de plus en plus souvent, créant de lourdes contraintes
d’entretien et réduisant fortement la longévité de l’arbre, sans
parler de l’aspect esthétique peu satisfaisant qu’il présentera.

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Les conditions climatiques sont, elles aussi, défavorables, la Les jardins sur dalle, outre les contraintes générales citées
présence de fronts bâtis pouvant créer des couloirs de vent et des précédemment, sont soumis à des contraintes spécifiques en rela-
phénomènes de réverbération solaire (sur des façades claires ou tion avec la présence d’une dalle en sous-sol. Celle-ci limite le
vitrées) auxquels de nombreux arbres ne résistent pas. volume de terre disponible pour les végétaux, qui trouveront donc
Le sol lui-même est généralement inhospitalier. L’imperméabili- des quantités d’eau et d’éléments minéraux réduites devant être
sation quasi générale des trottoirs et la stérilité du sous-sol urbain sans cesse renouvelées.
limitent fortement les possibilités pour les racines de l’arbre de La faible profondeur du sol interdit un ancrage suffisant aux
s’alimenter en eau, air et sels minéraux (§ 4.1.1). racines ; les plantes pouvant alors être facilement déracinées par
La pollution de l’air est, pour certains arbres, une contrainte vent fort, le haubanage des arbres et des grands arbustes est alors
absolue, une grande partie d’entre eux ne résistant pas aux divers indispensable.
composés gazeux provenant de l’activité industrielle ou de la circu- La présence d’une surface étanche (la dalle) sous les zones
lation automobile. plantées impose la mise en place d’un système de drainage et
Les agressions physiques telles que les chocs donnés par les d’évacuation des eaux de pluie (figure 3) sous peine de voir les
véhicules lors de leur stationnement sont aussi des éléments à végétaux dépérir, leurs racines étant noyées. Cette disposition, alliée
prendre en compte, les plaies ainsi formées étant des portes d’entrée au faible volume de terre offert, réduit considérablement les réserves
pour de nombreuses maladies parfois fatales pour des arbres géné- en eau disponibles et rend indispensable un arrosage journalier, cas
ralement affaiblis. ou généralement s’impose l’irrigation automatique.
Les squares et les parcs, ainsi que les aménagements Enfin, les contraintes de surcharge de la dalle demandent
d’accompagnement de bâtiments, sont soumis aux mêmes généralement l’utilisation de mélanges terreux allégés qui ne
contraintes, à des degrés moindres, auxquelles il faut parfois ajouter conviennent pas à tous les végétaux.
le vandalisme qui nécessite de concevoir parfois des aménagements Les accompagnements d’ouvrages linéaires présentent des
particuliers. Ainsi, les massifs d’arbustes doivent généralement être contraintes spécifiques liées à leur constitution. Le sol de plantation
séparés des circulations piétonnes par une limite physique (barrière, est généralement de mauvaise qualité, provenant des déblais du
muret ou clôture) pour éviter le piétinement. Et dans certains squares chantier de voirie ; les vents sont souvent forts et tourbillonnants,
parisiens, des plantes doivent même être enchaînées au sol pour dus à la circulation des véhicules et à l’effet de couloir créé par les
éviter leur vol. voies. Enfin, compte tenu de l’étendue importante des surfaces à
De plus, les espaces fréquentés par les enfants (aire de jeux, traiter, celles-ci doivent être plantées le plus économiquement
cour d’école) ne doivent pas comporter de végétaux agressifs possible, ce qui proscrit généralement les systèmes d’arrosage
(Pyracantha, Berberis, etc.) ou toxiques (Nerium oleander, Datura, intégrés et les apports de bonne terre végétale. De plus, le rejaillis-
Arum, etc.). sement d’eau chargée de sels déverglaçants est nuisible aux végé-
taux. Ils devront donc être choisis soigneusement pour résister à ces
conditions particulières.

Figure 3 – Constitution des jardins sur dalle

Figure 2 – Contraintes du milieu urbain sur les végétaux

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4. Constituants solaire pour croître, mais certaines ne supportent pas un éclairement


trop important, d’autres ne peuvent survivre qu’en plein soleil ;
— les conditions climatiques (température et vent) doivent être
4.1 Végétaux en accord avec les caractéristiques de la plante ; ainsi la majorité
des palmiers ne peuvent être utilisés que dans le Sud-Est de la
France, le froid hivernal leur étant fatal dans les autres régions ;
4.1.1 Physiologie et biologie — l’espace disponible doit permettre le développement complet
des systèmes aériens et racinaires ;
Les végétaux sont des êtres vivants et sont, de ce fait, soumis — les concentrations des éléments toxiques dans le sol et dans
aux conditions du site dans lequel ils prospèrent pour assurer leur l’atmosphère doivent être inférieures aux seuils propres à chaque
survie. Les notions qui vont être exposées ici sont simplifiées, mais plante.
constituent les bases élémentaires permettant de comprendre
quelles sont les contraintes d’utilisation et de mise en œuvre des Ces conditions nécessaires ou suffisantes sont très variables
végétaux. d’une plante à l’autre, ce qu’exprime la richesse du monde végétal,
mais explique la complexité que présente l’utilisation des végétaux
Le système aérien est constitué de la tige, de branches et des en aménagement.
feuilles. Les feuilles ont pour rôle d’absorber la lumière solaire et
d’en utiliser l’énergie (ce que seuls les végétaux sont capables de Ainsi les exigences peuvent varier d’un extrême à l’autre, les
faire parmi les êtres vivants) pour extraire le carbone du dioxyde plantes pouvant demander les conditions suivantes :
de carbone capté dans l’atmosphère et l’hydrogène de l’eau apportée — sol profond permettant un enracinement important (chênes,
par les racines, pour les recombiner en chaînes hydrocarbonées qui platanes, peupliers, etc.) ;
sont la base de constitution des cellules. Cette réaction essentielle, — sol sec (cactus, plantes grasses) ;
appelée photosynthèse, a donc pour effet de consommer le dioxyde — sol humide (peupliers, saules, taxodiums, aulnes, etc.) ;
de carbone de l’atmosphère et d’y rejeter de l’oxygène (selon la — sol drainant (pin maritime, etc.) ;
formule simplifiée : 2CO2 + 2H2O = 2CH2 + 3O2). Par exemple, un — sol dépourvu de calcaire (eucalyptus, etc. ; ce sont les plantes
hêtre de 25 m de hauteur absorbe 2,3 kg/h de dioxyde de carbone calcifuges) ;
et rejette 1,7 kg/h d’oxygène par jour. — sol riche en matière organique et éléments nutritifs (chênes,
marronniers, etc.) ;
Une grande partie de l’eau absorbée par les racines est direc- — sols acides (azalées, rhododendrons, etc. ; plantes acido-
tement évaporée par les feuilles (évapotranspiration), consommant philes) ;
ainsi l’excès d’énergie thermique apporté par le soleil et permettant — ensoleillement important (platanes, pins, etc. ; plantes hélio-
une régulation thermique limitant l’échauffement des feuilles. Cela philes) ;
explique qu’en cas de manque d’eau les feuilles grillent par échauf- — ensoleillement réduit (azalées, rhododendrons, tilleuls jeunes,
fement excessif. etc. ; plantes ombrophiles) ;
Le système racinaire, situé dans le sol, est constitué de racines — absence de vent (robinier, platane, marronnier, etc.).
ramifiées à l’image des branches (le système racinaire d’une plante
occupe généralement un volume comparable à celui de son système
aérien, ce qui peut représenter plusieurs centaines de mètres cubes
dans le cas d’arbres âgés). Un des rôles des racines est d’ancrer la
plante dans le sol, lui permettant ainsi de résister au vent, mais leur
rôle primordial est d’assurer l’alimentation de la plante en eau qui,
nous l’avons vu, est l’élément essentiel de survie.
En même temps qu’elles absorbent l’eau du sol, les racines
assimilent les composés minéraux qu’il contient sous forme d’ions
et qui sont nécessaires à une bonne croissance de la plante. Les
éléments minéraux essentiels sont l’azote, le phosphore et le
potassium ; d’autres éléments indispensables doivent être dispo-
nibles en très faible quantité, tels que le fer, le cuivre, le bore, le
calcium, etc. ; certains de ces éléments peuvent d’ailleurs se révéler
toxiques si leur concentration est trop forte.
Il faut noter que, les racines étant composées de cellules vivantes,
elles doivent trouver dans le sol l’oxygène indispensable à leur respi-
ration.
Les conditions nécessaires à une bonne croissance des végétaux
sont très précises et peuvent être indiquées sommairement ; ainsi
(figure 4) :
— le sol doit pouvoir assurer une bonne alimentation en oxygène
des racines, ce qui proscrit les sols compactés ou inondés (sauf pour
certains végétaux particuliers) ;
— les réserves d’eau du sol doivent être suffisantes et facilement
utilisables par la plante ; à défaut, des apports réguliers sont
nécessaires ;
— la plante doit trouver à sa disposition les éléments minéraux
nécessaires à sa croissance, ceux-ci devant être apportés sous forme
d’engrais en cas de déficit ;
— les racines doivent trouver un volume suffisant pour assurer
l’ancrage de la plante ;
— les conditions d’éclairement doivent correspondre aux besoins
du végétal considéré ; toutes les plantes ont besoin de lumière
Figure 4 – Conditions de vie des végétaux

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D’autres plantes peuvent présenter une résistance à certaines 4.1.3 Classifications


conditions défavorables, tout en prospérant mieux dans des
conditions idéales : Les diverses classifications botaniques sont complexes et ne font
— sol asphyxiant (robiniers, platanes, peupliers, etc.) ; pas l’objet du présent article. Nous distinguerons les différents types
— sol pauvre (pins, robiniers, cèdres, etc.) ; de végétaux en fonction de leurs caractéristiques physiologiques et
— sol sec (tamaris, pins, robiniers, etc.) ; morphologiques ayant un intérêt pour leur utilisation.
— sol calcaire (chêne vert, pins, etc. ; ce sont des plantes
■ Plantes ligneuses
calcicoles) ;
— vent fort (mûriers, peupliers, tamaris, etc.) ; Ce sont des plantes produisant des tiges composées de bois
— pollution atmosphérique (platane, tilleul, marronnier, etc.). Par (arbres, arbustes) ; on peut distinguer :
exemple, un tilleul peut fixer jusqu’à 1,6 g/m2/ j de poussières sur — les angiospermes, qui présentent une graine protégée et
son feuillage. correspondent aux plantes feuillues (§ 4.1.4) ; elles peuvent être :
Ces exemples sont les plus significatifs ; leur liste peut être • dicotylédones ; la graine comporte deux cotylédons distincts
étendue à l’infini, chaque plante requérant des conditions de vie qui (la plupart des plantes ligneuses et une partie des herbacées),
lui sont propres. • monocotylédones ; la graine ne comporte qu’un cotylédon
(quelques rares plantes ligneuses telles que les palmiers, les
bambous et une grande partie des herbacées, dont les graminées,
4.1.2 Nomenclature § 4.1.6 ; les bambous en font d’ailleurs partie) ;
— les gymnospermes, qui présentent une graine non protégée
Les noms des végétaux sont généralement donnés en latin dans et un fruit généralement en forme de cône et correspondent aux
le cadre de leur utilisation professionnelle. Cette pratique correspond conifères (§ 4.1.4).
à une nécessité de précision dans la dénomination des plantes. En ■ Plantes herbacées
effet, de nombreuses confusions ou imprécisions peuvent provenir
de l’utilisation de noms communs ou incomplets. Par opposition, ces plantes ne produisent pas de bois (graminées
à gazon, plantes annuelles, etc.).
Par exemple, le nom acacia peut désigner le Robinia pseudoacacia
(en latin) (ou robinier en français), alors qu’il correspond au nom latin
des mimosas (en français). De même, le nom laurier correspond à de 4.1.4 Arbres
nombreuses espèces très différentes telles que le laurier palme ou lau-
rier cerise (Prunus laurocerasus ), le laurier tin (Viburnum tinus ) ou Les plus grands parmi le monde végétal, ils sont aptes à
encore le laurier rose (Nerium oleander ) qui sont des plantes très développer un tronc différencié permettant d’élever leur couronne
différentes sur le plan physiologique et morphologique. Une dénomina- foliaire au-dessus du sol.
tion incomplète peut aussi prêter à confusion ; ainsi le terme Acer pal-
Compte tenu de leurs volumes foliaires et racinaires importants,
matum désigne l’érable du Japon, mais Acer palmatum atropurpureum
les arbres sont les plus exigeants en ce qui concerne les conditions
désigne la même plante possédant des feuilles rouges et Acer palma-
de sol et d’atmosphère qui leur sont proposées. Ils doivent recevoir
tum atropurpureum dissectum désigne la même plante possédant des
des soins pendant quelques années après leur plantation avant de
feuilles rouges et fortement découpées. De tels exemples peuvent
devenir autonomes.
être multipliés et montrent bien l’intérêt d’utiliser la terminologie latine,
qui a, en plus, l’avantage d’être internationale. Les arbres sont utilisés en alignement urbain, en ombrage sur les
parkings, en exemplaires isolés et en mails dans les parcs et les
Les noms des végétaux comportent plusieurs termes corres- squares. Leur volume important leur confère un rôle primordial dans
pondant respectivement aux différents niveaux de nomenclature. l’aménagement urbain ; ils créent en effet des repères forts ou
Le genre regroupe les végétaux de même caractéristiques bota- soulignent des axes majeurs.
niques. ■ Classification
Exemple : acer (érable). Les arbres peuvent être classés selon plusieurs critères relatifs à
leur morphologie ou à leur physiologie.
La variété désigne les caractéristiques communes à une partie
du genre. ● Caducs/persistants : les arbres caducs perdent leurs feuilles en
automne et les renouvellent au printemps suivant. Les persistants,
Exemple : palmatum (du Japon). au contraire, ont une activité végétative constante toute l’année,
conservant leurs feuilles plusieurs saisons (de 2 à 6 ans) ; le renou-
Les sous-variétés désignent des différences supplémentaires.
vellement de celles-ci est donc constant et progressif, ces arbres
Exemple : atropurpureum (rouge). semblant conserver leurs feuilles indéfiniment.
Lorsqu’une variété provient de l’hybridation de deux variétés Outre la variété d’aspect constatée au cours des saisons entre ces
connues, elle est notée par un x comme, par exemple, Platanus x deux types d’arbres, cette différence physiologique a des
acerifolia, notre platane commun qui est issu du croisement de conséquences sur leur comportement végétatif. Par exemple, les
Platanus occidentalis (platane d’Occident) et de Platanus orientalis persistants sont généralement plus sensibles que les caducs aux pol-
(platane d’Orient). luants atmosphériques, leurs feuilles pouvant y être exposées plu-
sieurs années, contre quelques mois pour les caducs. Ils sont aussi
Lorsque la variété n’existe pas à l’état naturel et ne peut être plus exposés aux conditions de froid hivernal exceptionnel, les
obtenue qu’artificiellement, on l’appelle cultivar et elle est notée caducs n’ayant à cette époque aucune activité vitale.
entre guillemets simples avec majuscule. Ainsi le cèdre de l’Atlas
● Feuillus/conifères : cette autre distinction a pour origine des
pleureur qui ne peut être obtenu que par bouture se nomme : Cedrus
différences morphologiques du fruit peu évidentes pour le
atlantica ‘Pendula’ (Pendula signifiant pleureur). En dehors des
non-spécialiste. Toutefois, il peut être pris en compte une différence
cultivars, seul le nom de genre possède une majuscule.
recoupant presque parfaitement la précédente concernant la forme
de la feuille :
— feuillus : végétaux supérieurs présentant des feuilles au limbe
étalé irrigué par des nervures en éventail (platane) ; ces feuilles
peuvent être simples ou composées de plusieurs folioles ;

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— conifères : végétaux supérieurs présentant des feuilles en effet, il existe autant de types de gazons que de conditions de site
forme d’aiguille (pin, sapin, épicéa) ou d’écaille (cyprès, thuya, (sol pauvre, sec, humide, situation ensoleillée, ombragée, etc.) mais
juniperus). Dans ces deux cas, les nervures sont parallèles. aussi d’utilisation :
En règle générale, pour les végétaux propres à nos latitudes, on — un gazon de présentation, à rôle uniquement visuel, sera choisi
constate que la plupart des feuillus sont caducs (exceptions : pour la finesse de feuillage des variétés qui le composent ;
Magnolia grandiflora, chêne vert, chêne liège), la presque totalité — un gazon fréquenté par le public devra résister au piétinement
des conifères étant persistants (sauf le mélèze et le cyprès chauve). tout en présentant les qualités esthétiques voulues ;
— un gazon à usage sportif devra résister au piétinement intense
■ Tailles et à l’arrachement, et avoir un potentiel de régénération élevé ;
Les arbres peuvent avoir des tailles adultes s’étageant entre — les gazons pour golf sont très particuliers et sont choisis très
5 et 80 m ou plus selon les genres. Ainsi, le platane atteint environ précisément en fonction des zones de jeux et des conditions de site.
30 à 40 m, alors que le sorbier ne dépasse pas 10 m. Ces différences
sont à prendre en compte, lors du choix d’un arbre, en fonction de
l’effet recherché et des possibilités de développement offertes. 4.1.7 Autres types de plantes
■ Formes ■ Plantes grimpantes
La forme des arbres est généralement compacte, formant un Ce sont des végétaux ligneux ou herbacés, nécessitant un support
volume approximativement sphérique ou globuleux. Mais le port des pour s’installer, leur tige n’assurant pas seule leur tenue. Certaines
arbres peut être fastigié (en forme de fuseau) comme pour le peuplier plantes grimpantes s’accrochent par un système de ventouse leur
noir ou le charme pyramidal. La forme de la cime peut aussi être permettant de coloniser un mur lisse (lierres, hortensia grimpant,
étalée à la manière d’un parasol tel que le pin parasol ou le murier etc.). D’autres se fixent en entourant le support de leurs tiges
platane. Les arbres peuvent aussi être pleureurs, les branches volubiles et demandent donc des supports aérés tels que des
retombant vers le sol comme dans le cas du saule pleureur. treillages (chèvrefeuille, clématites, glycines, etc.).
Ces plantes sont utilisées pour habiller des éléments construits
4.1.5 Arbustes tels que des murs ou des clôtures, et étendre ainsi l’emprise du
végétal au sein de l’aménagement.
Les arbustes sont des plantes ligneuses qui ne développent pas ■ Plantes vivaces
de tronc différencié, les ramifications multiples étant de force égale.
Les arbustes regroupent un nombre très important de genres et de Ces plantes herbacées présentent la caractéristique de disparaître
variétés. en période de repos végétatif, pour réapparaître au printemps
suivant. Généralement très florifères, elles sont utilisées pour créer
■ Classification des scènes colorées, appelées parfois mixed border, dont les
Les critères de classification sont identiques à ceux des arbres. floraisons s’étalent du printemps à l’automne.
Il faut noter toutefois que, chez les arbustes, les feuillus persistants Les plantes vivaces demandent beaucoup d’entretien, étant faci-
sont beaucoup plus nombreux. lement envahies et concurrencées par les mauvaises herbes.
■ Taille ■ Plantes annuelles
Les tailles des arbustes s’étagent de quelques décimètres à Comme leur nom l’indique, elles ne vivent qu’une saison, leur
plusieurs mètres selon les cas. Ainsi, le millepertuis n’atteint jamais floraison produisant les graines donnant naissance aux plantes de
plus de 20 cm de haut et le laurier palme peut atteindre 4 à 5 m s’il l’année suivante. Ces plantes herbacées sont utilisées pour la
n’est pas taillé. composition de massifs fleuris, très à la mode depuis Napoléon III,
qui ornent la plupart de nos villes. Afin de présenter une floraison
■ Forme continue, les plantes sont remplacées, dès leur floraison achevée,
Le port des arbustes est très varié, ce qui fait la richesse de leur par d’autres plantes en fleurs à ce moment là, ce qui représente de
utilisation. Ils peuvent être rampants tels que le Juniperus repens, 5 à 8 remplacements pour une saison. L’entretien de ces massifs
ou étalés comme les lavandes ou les spirées. Certains sont dressés est donc très lourd en main d’œuvre et en coût de fourniture de
en fuseau comme le Juniperus skyrocket, la variété des formes plantes.
pouvant être multipliée à l’infini.
■ Usage
4.1.8 Production
Les utilisations des arbustes sont aussi diverses que les types et
les formes qu’ils présentent. Les plantes supportant la taille sont ■ Normes
utilisées pour former des haies, les grands arbustes des haies
L’ensemble des végétaux offerts par la production doit être
hautes ou écrans, les arbustes à fleurs des massifs fleuris. Les
conforme aux normes AFNOR.
arbustes rampants créent une couverture de sol pouvant permettre
la fixation des talus. Les plantes de petite taille permettent de former ■ Conditionnement
des parterres. Les plantes sont proposées soit en conteneur, soit en motte, soit
Les arbustes sont, à la fois, un matériau de construction et de encore à racine nue. Les arbres de grande taille sont généralement
structuration de l’espace et son élément décoratif. transplantés en bacs (figure 5).
Les plantes à racines nues sont proposées après arrachage de
leur sol de culture, sans terre autour des racines. Leur replantation
4.1.6 Gazons doit être rapide pour éviter le dessèchement des radicelles. Seuls
les végétaux caducs peuvent être transplantés de cette manière,
Les gazons sont le constituant d’une grande partie des espaces car ils présentent une longue période de repos végétatif. Cela
verts sous forme de pelouses. Ils peuvent même en être l’élément implique que la période de plantation de ce type de végétaux se
principal, dans le cas des golfs par exemple. situe uniquement de novembre à mars.
Les gazons sont constitués d’un mélange de diverses variétés de Les végétaux en conteneurs sont cultivés dans des pots ou des
graminées telles que : Agrostis, Poa (pâturin), Festuca (fétuque). sacs plastiques, et commercialisés dans leur conteneur de culture.
L’association de ces variétés, ainsi que leurs proportions respec- Ils sont généralement plus faciles à mettre en œuvre et offrent de
tives, déterminent les conditions d’utilisation de chaque gazon. En meilleures garanties de reprises. En outre, ils peuvent être trans-

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— baliveaux ; ils sont mesurés en taille au-dessus du sol tous les


25 cm pour les végétaux à croissance lente (100/125, 125/150,
150/175, etc.), ou tous les 50 cm pour les plantes à croissance
rapide (100/150, 150/200, etc.) ;
— arbustes : leur taille est exprimée en centimètres au-dessus
du sol tous les 10 ou 20 cm selon la vitesse de croissance des
végétaux (30/40, 40/ 50, 50/60, etc. ou 40/60, 60/80, etc.) ;
— jeunes plants : la taille des jeunes plants dépend du végétal
considéré, la dénomination ne concernant que l’âge de la plante.
Ainsi un jeune plant d’arbre peut mesurer de 40 à 80 cm, et un jeune
plant d’arbuste de 10 à 40 cm.

4.2 Substrats

4.2.1 Rôle et composition

Le substrat constitue le milieu sur lequel les végétaux vivent,


puisant eau et éléments nutritifs par l’intermédiaire de leurs
racines. Dans les conditions naturelles, les plantes s’établissent sur
la couche superficielle du sol appelée terre végétale, lorsqu’elle est
propre à leur croissance.
Le substrat permet l’ancrage du système racinaire et, de ce fait,
Figure 5 – Types de conditionnement des végétaux le maintien de la plante au sein de son milieu. Mais il assure surtout
l’alimentation du végétal en eau et en éléments minéraux, et doit
apporter suffisamment d’oxygène au niveau des racines. Il doit donc
plantés pratiquement tout au long de l’année, les racines n’étant posséder les qualités suivantes :
jamais à l’air libre. Toutefois, le prix d’une plante en conteneur est — être assez structuré pour assurer un bon ancrage de la plante ;
plus élevé que celui du même végétal à racines nues. — être suffisamment léger pour autoriser un développement
Le conditionnement en motte est traditionnellement celui des profond du système racinaire tout en permettant son aération ;
conifères lorsqu’ils ne sont pas cultivés en conteneurs (les conifères — posséder une capacité de rétention en eau permettant la
ne pouvant être transplantés à racines nues). La plante est extraite constitution de réserves utilisables peu à peu par la plante à la
de son sol de culture avec la motte de terre entourant ses racines, manière d’une éponge ;
cette motte est maintenue par une tontine en paille, en plastique ou — contenir les éléments nutritifs nécessaires à la croissance de
en grillage métallique. Cette tontine doit être enlevée avec précaution la plante. Ces éléments sont classés en :
lors de la plantation pour ne pas casser la motte. • éléments indispensables : azote, phosphore et potassium,
Les forts sujets d’arbres sont généralement transplantés dans des respectivement sous forme NO3 et NH4 , PO3 et P2O5 , K2O et KCl
bacs qui emprisonnent la motte à la manière d’un conteneur. Compte (liste de composés non exhaustive),
tenu de la taille importante de cette motte, qui peut atteindre • éléments secondaires : calcium, magnésium, soufre, fer,
plusieurs mètres de diamètre, le bac peut peser plusieurs tonnes, • oligo-éléments : bore, cobalt, cuivre, manganèse, zinc ;
et son transport et sa mise en place sont des opérations délicates — posséder les qualités physicochimiques permettant de retenir
nécessitant des moyens mécaniques importants. ces éléments nutritifs à la disposition des racines.
Notons que les gazons sont généralement utilisés sous forme de il faut noter que ces qualités moyennes sont à adapter à chaque
graines à semer, contenues dans des sacs portant l’indication précise végétal. Par exemple, certaines plantes demandent des sols lourds
de leur composition ; mais ils sont aussi proposés déjà levés en alors que d’autres ne peuvent prospérer que dans des sols légers.
plaques ou en rouleaux qui se posent alors comme une moquette Le substrat est constitué d’un mélange d’éléments minéraux
sur sol préparé. La réduction du temps nécessaire à l’installation (sables, limons, argiles) et de matière organique. Les proportions
d’une pelouse par cette technique est compensée par un coût de chacun de ces constituants caractérisent chaque type de
beaucoup plus important. substrat, définissant ses qualités physicochimiques. Ainsi les sols
peuvent être sableux, argileux lourds, argileux, argilo-sableux,
■ Dénomination sablo-argileux, etc. (figure 6).
Les végétaux sont commercialisés sous des dénominations Le sable assure une bonne aération du sol, mais ne peut stocker
correspondant à leur âge et à leur mode de culture : que peu d’eau ou d’éléments nutritifs, ceux-ci étant rapidement
— arbres tiges : arbres dont les branches basses ont été élaguées entraînés vers les couches profondes du sol. Ce phénomène est
pour former une couronne différenciée sur un tronc unique ; appelé lessivage. De plus, le sable n’assure pas un bon ancrage de
— baliveaux : jeunes arbres non élagués en cours de culture la plante.
présentant une forme naturelle ;
L’argile permet une bonne rétention des éléments nutritifs et leur
— cépée : baliveaux présentant plusieurs troncs principaux ;
utilisation à la demande par les plantes, les ions étant stockés sous
— arbustes : arbustes formés, de plus de 2 ans ;
forme de complexes argilo-humiques. L’ancrage de la plante est
— jeunes plants : arbres ou arbustes de moins de 2 ans, issus de
solide dans ce type de substrat. Par contre, l’aération des racines
bouture ou de semis.
est généralement insuffisante et la circulation d’eau y est difficile.
■ Tailles Les limons, constitués de particules minérales très fines, sont
Les tailles des végétaux sont indiquées de différentes façons riches en éléments fertiles, mais ont tendance à se colmater en
selon le type de plante concernée : surface, offrant alors une forte imperméabilité à l’eau et à l’air. Ce
— arbres tiges : leur taille est exprimée en circonférence du tronc phénomène est appelé battance.
mesurée à 1 m du sol, à 2 cm près. Cette taille est donc indiquée
ainsi : 6/8, 8/10, 10/12, etc. ;

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Les engrais sont caractérisés par les proportions respectives de


N, P et K notées sous la forme de trois nombres exprimés en pour-
centage. Ainsi, un engrais à gazon sera de type 20/5/8, contenant
20 % d’azote sous formes diverses, 5 % de phosphore sous forme
P2O5 et 8 % de potassium sous forme K2O ; un engrais pour arbres
et arbustes sera de type 15/8/10 et un engrais pour plantes à fleurs
de type 10/10/10 par exemple.
Les structurants de sol sont destinés à modifier les qualités
physiques du sol, améliorant son aération, sa capacité de rétention
en eau et en éléments nutritifs et facilitant le développement du
système racinaire. Les structurants de sol peuvent être naturels, le
plus connu et le plus performant étant la tourbe, constituée de
débris végétaux incomplètement décomposés. Mais de nombreux
produits artificiels possèdent maintenant les mêmes qualités et
rendent les mêmes services ; ils sont généralement constitués de
matières inertes expansées sous forme de mousses, ou de silicates
colloïdaux de type SiO2 . Les structurants de sol sont nécessaires
dans les sols trop sableux, dont ils améliorent la rétention en eau
et en éléments nutritifs, ou trop lourds (argileux), leur apportant
une bonne aération et facilitant la pénétration des eaux de surface.
Plus généralement, tout apport de structurant de sol dans un
substrat quelconque ne peut qu’en améliorer les performances.

4.2.3 Cas particuliers


Figure 6 – Classification des différents types de sol
En réalité, chaque cas est particulier en fonction du substrat
considéré et des végétaux à mettre en place. Mais deux exemples
La matière organique associée à une flore microbienne active caractéristiques peuvent être cités.
apporte au végétal les éléments nutritifs indispensables (principa-
lement l’azote dont elle est la seule source, l’azote de l’atmosphère Les plantes dites de terre de bruyère que sont les azalées, les
ne pouvant être, sauf exception, utilisé par les plantes). Sa présence camélias, les bruyères, les rhododendrons et quelques autres ne
dans le substrat est donc essentielle pour lui assurer sa fertilité. prospèrent que sur un type particulier de substrat appelé « terre de
bruyère », la caractéristique de ce substrat étant de posséder un pH
La roche mère qui est à l’origine de chaque sol lui donne un certain acide et d’être riche en matière organique ou tourbeuse. Un apport
nombre de caractéristiques ; ainsi, une roche calcaire portera un sol important de cette terre est indispensable lors de la plantation de
riche en calcaire de pH basique, alors qu’un granit donnera au sol tels végétaux.
un pH acide.
Les jardins sur dalle, compte tenu des contraintes techniques
liées aux limites de surcharge, demandent l’utilisation de substrats
4.2.2 Améliorations allégés à base de tourbe, d’argile expansée, de mousse de polys-
tyrène ou autres. Dans ce cas, le substrat n’est qu’un support de
culture pratiquement inerte, et les apports d’éléments nutritifs
En fonction du substrat utilisé, les améliorations à apporter sont doivent être constants.
celles qui tendront à lui donner les qualités citées précédemment,
en les adaptant aux exigences de chaque végétal. En règle générale, les aménagements paysagers, surtout en milieu
urbain, s’effectuent sur des sols de mauvaise qualité. Un apport de
Les travaux aratoires avant plantation, tels que les labours ou terre végétale de bonne qualité se rapprochant de la terre franche
le bêchage du sol, améliorent l’aération du sol, facilitent la diffusion de jardin, dans le trou de plantation, accompagnée d’engrais de fond
de l’eau et des éléments nutritifs ainsi que le développement du et de structurant de sol, est le meilleur gage de réussite de la
système racinaire. plantation.
Les engrais ou amendements apportent dans le sol les éléments
nutritifs essentiels au développement de la plante que sont l’azote,
le phosphore, le potassium pour les principaux, ainsi que le magné-
sium, le soufre, le calcium, etc. Ces engrais peuvent être organiques,
4.3 Arrosage
c’est-à-dire apportés sous forme de matière organique libérant peu
à peu les éléments nutritifs N, P, K, au cours de sa décomposition 4.3.1 Rôle et intérêt
dans le sol, ou d’origine chimique, composés d’azote, de phosphore
et de potassium. Ces engrais chimiques peuvent être à action rapide, L’arrosage est un des éléments essentiels de l’entretien et de la
la totalité des éléments apportés étant immédiatement disponible maintenance des espaces verts. Un apport d’eau est indispensable
dans le sol, ou à action lente, les éléments nutritifs étant libérés petit à la bonne croissance des végétaux (§ 4.1.1) pendant les saisons
à petit dans le sol pendant plusieurs mois. Ces derniers sont appelés sèches, au moins dans les premières années après leur mise en
engrais retards et constituent la fumure de fond. Les engrais à action place, jusqu’à ce que leur système racinaire soit assez développé
rapide sont apportés généralement au printemps, au départ de la pour explorer un volume de sol suffisant et leur assurer une bonne
végétation. Les proportions des trois éléments principaux N, P, et alimentation en eau. Il est à noter que les végétaux de petite taille
K sont variables selon les variétés d’engrais, ce qui permet d’adapter ayant un système racinaire réduit explorent une faible profondeur
les apports à chaque type de plante. Ainsi, les gazons ont besoin de sol et sont donc sensibles au moindre manque d’eau. L’exemple
d’engrais très fortement dosés en azote, stimulant la pousse de leur extrême est le gazon qui doit être arrosé quel que soit son âge.
feuilles. Les plantes à fleurs nécessitent au contraire des engrais Compte tenu du temps important nécessaire aux opérations
contenant des proportions de N, P, K plus équilibrées pour permettre d’arrosage et du coût de main-d’œuvre qui en découle, de plus en
une floraison abondante. Les arbres et arbustes cultivés pour leurs plus d’espaces verts sont équipés de systèmes d’arrosage intégrés.
volume foliaire demandent des engrais à proportion d’azote
intermédiaire.

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4.3.2 Différents types de systèmes raisons, les tuyères peuvent être fixes ou escamotables. Les tuyè-
res sont généralement de portée plus faible, comprise entre 2 et
4.3.2.1 Bouches d’arrosage 8 m, et conviennent pour l’arrosage de petites surfaces de gazon et
de massifs d’arbustes.
Système le plus simple et le moins coûteux à la création, il
nécessite un potentiel important de main-d’œuvre pour son Pour ces deux appareils le débit et la portée dépendent de la buse
utilisation. choisie.
Le réseau est constitué de bouches d’eau réparties sur l’ensemble Le goutte-à-goutte est un procédé de principe différent. L’eau n’est
de la zone à arroser et espacées au maximum de 50 m pour des pas apportée par aspersion, mais ponctuellement au pied de chaque
raisons pratiques. Le personnel d’entretien doit raccorder des tuyaux plante. Le système se compose de goutteurs placés sur la canali-
d’arrosage sur ces bouches et effectuer les apports d’eau manuel- sation, et apportant l’eau au pied des végétaux par l’intermédiaire
lement, au pied de chaque plante, ou placer des appareils d’asper- d’un tuyau très fin appelé capillaire (figure 8). Les goutteurs peuvent
sion qui doivent être régulièrement déplacés. être monosortie ou posséder plusieurs sorties (généralement six)
permettant l’irrigation de plusieurs plantes simultanément. Les
goutteurs ont un débit allant de 2 à 6 L/h selon les modèles.
4.3.2.2 Systèmes intégrés
Ce principe d’arrosage présente plusieurs intérêts dont un faible
Contrairement au principe précédent, le réseau ne comporte plus coût d’installation, une économie importante d’eau (jusqu’à 50 %
de simples bouches, mais des appareils d’aspersion ou d’arrosage par rapport à un système par aspersion) et un développement
qui sont placés à demeure. Une simple mise en eau du réseau réduit des mauvaises herbes (l’apport d’eau étant très limité), mais
assure l’apport d’eau nécessaire sur l’ensemble de la zone. se trouve être relativement fragile vis-à-vis du vandalisme et
■ Appareils d’arrosage demande une surveillance accrue afin de pallier l’obturation des
goutteurs. Ce mode d’arrosage convient aux arbres et arbustes iso-
Ces appareils sont différents selon le type d’espace et de végé- lés ou aux haies.
taux à irriguer.
Le tuyau poreux est un dispositif d’irrigation se rapprochant du
Les asperseurs sont des arroseurs rotatifs constitués d’une buse goutte à goutte et pouvant être intéressant dans certains cas. L’eau
diffusante tournant autour d’un axe, soit par impact d’un balancier est apportée par un tuyau poreux laissant filtrer de faibles quanti-
sur le jet (figure 7a ), soit par un engrenage situé dans le corps de tés d’eau (environ 2 L/h/m de tuyau), placé à faible profondeur, au
l’appareil et entraîné par l’eau (figure 7b ). Ces appareils ont une pied des plantes. Les avantages de ce système sont un faible coût
portée variable selon le modèle considéré, allant de 5 à 30 m et plus de mise en œuvre, une invisibilité totale au sol le mettant à l’abri
pour les gros arroseurs utilisés sur les grandes étendues de gazon du vandalisme et une économie d’eau très importante (supérieure
(golf par exemple). Le secteur d’arrosage est généralement à l’économie réalisée avec le goutte-à-goutte). Toutefois, par
réglable ; ainsi, les arroseurs peuvent opérer sur un cercle complet, constitution, les incidents (éclatement ou colmatage du tuyau) sont
un demi ou un quart de cercle selon les formes des surfaces à difficilement décelables et les réparations sont difficiles.
irriguer (certains appareils sont réglables au degré près). Les asper-
seurs peuvent être fixes, installés sur des tuyaux rigides au-dessus ■ Réseau d’eau
du sol, ou escamotables, la partie comportant la buse n’appa- Le réseau d’eau sur lequel sont branchés les appareils d’arrosage
raissant au-dessus du sol que lors de son fonctionnement et se est constitué de tuyaux en polychlorure de vinyle ou polyéthylène.
rétractant ensuite entièrement dans le corps de l’appareil enterré ;
ce principe met l’asperseur à l’abri du vandalisme et améliore Les tuyaux en PVC étant rigides, ils sont généralement utilisés
l’aspect esthétique de l’aménagement. Les asperseurs sont géné- pour les antennes principales rectilignes de forts diamètres.
ralement utilisés pour arroser les grandes étendues de gazon. Le polyéthylène, souple, est employé pour les branchements
Les tuyères (figure 7c ) sont des arroseurs constitués d’une buse secondaires et les raccordements des appareils d’arrosage, ou
non rotative, la répartition de l’eau en cercle se faisant par un encore pour les antennes sur lesquelles sont placés des goutteurs.
diffuseur. Le secteur du cercle de diffusion est réglable comme Le diamètre des canalisations est choisi en fonction du débit
précédemment et, comme les asperseurs, et pour les mêmes qu’elles devront assurer.

Figure 7 – Appareils d’arrosage escamotables

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■ Vannes
L’ouverture et la fermeture des différents réseaux du système
d’arrosage sont assurées par des vannes qui peuvent être de
modèles très divers. Ces vannes sont soit à commande manuelle
pour les systèmes non automatisés, soit à commande électrique
(électrovannes) pour les systèmes automatiques. Une catégorie de
vannes permet de faire fonctionner le réseau d’arrosage en mode
semi-automatique ; elles ne nécessitent qu’une intervention pour
leur ouverture, leur fermeture s’effectuant automatiquement après
un temps donné (pour les vannes de type horloge ) ou après le
passage d’un volume d’eau préréglé (pour les vannes dites
volumétriques ).
Le diamètre des vannes doit être choisi, comme pour les canali-
sations, en tenant compte du débit prévu. Le choix du type de vanne
peut aussi être fonction de la qualité de l’eau utilisée ; en particulier,
certaines vannes sont prévues pour fonctionner avec des eaux
chargées provenant, par exemple, de forages.
■ Commande
Le système de commande du système d’arrosage peut être
manuel, par ouverture et fermeture manuelle de vannes. L’utili- Figure 8 – Goutteurs de système goutte à goutte
sation de vannes volumétriques ou horloges permet un pilotage
semi-automatique du réseau.
Toutefois, dans de nombreux cas, le système est entièrement auto-
matisé, les différents réseaux étant commandés par des vannes
électromagnétiques dont l’ouverture et la fermeture sont asservies
à un programmateur horaire.
Ce programmateur peut être de plusieurs types. Les plus simples
sont électromécaniques, composés d’une horloge commandant
l’ouverture des vannes par contact électrique. Les programmateurs
électroniques sont plus complexes et offrent plus de possibilités,
mais ils sont aussi plus fragiles vis-à-vis de l’humidité et des
orages. Enfin, pour les cas de programmation très complexes (cas
des golfs), le programmateur est, en fait, un micro-ordinateur
gérant l’arrosage en fonction de multiples paramètres (vent, humi-
dité, saison, etc.).
■ Conception
La conception du réseau d’arrosage s’effectue en plusieurs étapes
logiques, fonctions des données techniques exposées
précédemment.
● Implantation des arroseurs : les arroseurs sont implantés de
manière à couvrir la totalité de la zone, espacés d’une distance
voisine de leur portée, de manière à se recouper à 95 ou 100 %
(figure 9). Les goutteurs sont implantés à raison de un au pied de
chaque plante.
● Réseaux : une fois implantés, les arroseurs sont regroupés en
réseaux de débit équivalent correspondant au débit disponible à
l’alimentation (le débit est calculé en additionnant le débit de chaque
appareil d’un même réseau, débit donné par les notices de ces
derniers). Ces réseaux sont connectés à l’antenne principale qui
assure l’alimentation de l’ensemble du système. Pour limiter les
pertes de charge pouvant intervenir sur de grandes longueurs, ces
réseaux sont bouclés dans la mesure du possible.
● Canalisations : le diamètre des canalisations est choisi en
fonction des débits devant traverser chaque branche et des pertes de Figure 9 – Disposition des arroseurs
charges prévues pour alimenter chaque arroseur à sa pression d’utili-
sation. Cette pression est généralement comprise entre 2,5 et 5 bar
pour les asperseurs et les tuyères et entre 0,5 et 2 bar pour les gout- ● Électrovannes : une électrovanne est placée à chaque départ de
teurs et le tuyau poreux. Le calcul des diamètres s’effectue selon les réseau (figure 10) et reliée par un fil électrique de commande au
abaques classiques de l’hydrodynamique (article Écoulement des programmateur.
fluides dans les tuyauteries [A 738] du traité Génie mécanique). ● Programmateur : le programmateur est choisi en fonction du
● Accessoires : si la pression de fourniture est trop faible ou trop nombre de réseaux à piloter ; il doit comporter autant de canaux ou
forte, elle doit être régulée par un surpresseur ou un régulateur directions que de réseaux (figure 11). Il peut même comporter des
selon les cas. directions supplémentaires en prévision d’extensions futures de
l’aménagement.

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La température ne doit pas être inférieure à 0 oC lors de la


plantation.
La hauteur de la plante dans le trou doit permettre de placer le
collet exactement au niveau du sol fini, le collet représentant la limite
entre le système racinaire et le système aérien.
Le comblement du trou, après mise en place de la plante, doit être
suivi d’un tassement modéré ne devant pas traumatiser les racines.
Un arrosage copieux, appelé plombage, doit être effectué immé-
diatement après plantation afin de permettre un contact étroit entre
les racines et le sol et d’achever le tassement du sol.

5.1.2 Période de plantation

Les plantes à racines nues ne peuvent être plantées que de


novembre à mars. Par contre, les plantes en conteneurs peuvent être
mises en place tout au long de l’année, à la condition de recevoir
Figure 10 – Montage d’un arroseur les soins appropriés, et principalement un arrosage important en cas
de plantation estivale.
Les persistants et les conifères sont, de préférence, plantés
d’octobre à avril.
Les gazons sont généralement semés de mars à octobre pour
éviter les périodes de gelées sur jeunes pousses, en écartant si
possible juillet et août qui sont des périodes plus difficiles (séche-
resse et développement important de mauvaises herbes).

5.1.3 Tuteurage

Les arbres de haute tige et les baliveaux de taille importante


nécessitent un tuteurage pendant les premières années, cela afin
d’éviter que les mouvements de l’arbre sous l’effet du vent ne
sectionnent les jeunes racines en formation. Le tuteur, pour être
efficace, doit être enfoncé dans le fond de fouille (figure 12a ). Il doit
être fixé au tronc en plusieurs endroits à l’aide de colliers non
blessants (attaches métalliques exclues).
Dans le cas des conifères et des arbres persistants, en général,
le tuteurage doit être plus important, ces arbres présentant une
forte prise au vent pendant l’hiver. La pratique utilisée consiste en
un haubanage sur trois côtés de la plante, à l’aide de fils de fer
galvanisés fixés au sol par des piquets et attachés au tronc à l’aide
d’attaches non blessantes (figure 12b ).
Figure 11 – Système d’arrosage avec programmateur
5.1.4 Paillage

5. Mise en œuvre Le paillage consiste en la mise en place d’une couche protectrice


sur le sol après plantation. Cette protection présente plusieurs
intérêts, dont les principaux sont une conservation de l’humidité du
La mise en œuvre de tous les éléments cités dans le paragraphe 4 sol par arrêt de l’évaporation directe et une suppression presque
est soumise à un certain nombre de contraintes réglementaires ou totale des mauvaises herbes. Ce paillage peut être naturel, formé
techniques. par exemple d’écorce de pin broyée étendue entre les végétaux
(l’écorce de pin présente l’avantage de libérer des essences inhibant
la germination des mauvaises herbes, et de se décomposer à la
5.1 Végétaux longue, apportant de la matière organique aux plantations), ou
artificiel sous forme de film plastique noir percé de trous pour la
plantation des arbustes (méthode généralement utilisée pour les
5.1.1 Mise en place plantations importantes de jeunes plants sur talus routiers par
exemple).
Le trou de plantation doit être de taille suffisante pour permettre
la mise en place de la motte ou des racines sans traumatisme. Les
parois du trou ne doivent pas être lissées, principalement en ce qui
concerne les sols argileux travaillés lorsqu’ils sont humides, ce qui
aurait comme conséquence de placer la plante dans un pot. Dans
cette hypothèse, les parois doivent être repiquées avant plantation.

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— roulage de la surface (passage d’un rouleau lesté redonnant


une cohésion au sol) ;
— semis et apports d’engrais ;
— roulage définitif assurant un contact étroit entre la graine et le
sol ;
— arrosage des zones semées par aspersion fine.

5.2 Substrats
Lors de leur mise en place, les substrats doivent être débarrassés
des éléments grossiers et des cailloux pour ne pas blesser les
racines lors du tassement.
Le compactage de sol après plantation doit être limité pour ne
pas le rendre asphyxiant.
Si la terre doit être stockée pendant plusieurs mois avant utili-
sation, elle ne doit pas l’être sur une hauteur de plus de 2 m, sous
peine de voir la flore microbienne disparaître par asphyxie, ce qui
rendrait le substrat considéré stérile, la décomposition de matières
organiques n’ayant plus lieu.

5.3 Arbres existants


Lors des interventions au voisinage d’arbres déjà existants, de
nombreuses précautions doivent être prises afin d’assurer leur
conservation. En effet, ces arbres sont installés depuis parfois
plusieurs années, et les modifications brutales que peuvent entraîner
des travaux leur sont généralement fatales. Or ces végétaux sont,
dans la plupart des cas, irremplaçables de par leur taille et leur âge.
■ Nappe phréatique
Toutes les précautions doivent être prises pour ne pas modifier
le niveau de la nappe, une étude hydrogéologique précise devant
être effectuée avant travaux, surtout si cette nappe est proche du sol.
■ Niveau du sol
Le niveau initial du sol doit être impérativement conservé au pied
des arbres. Si le terrain doit être rehaussé ou abaissé, des murets
permettront de conserver le niveau existant (figure 13).
■ Traumatismes racinaires
La suppression des racines lors du passage de tranchées en pied
de l’arbre est à éviter. Toutefois, si cette opération est indispensable,
l’arbre doit être élagué d’un volume équivalent pour rééquilibrer les
échanges hydriques. La survie de l’arbre est alors hypothétique, ses
Figure 12 – Tuteurage
chances étant proportionnelles au volume racinaire laissé intact.
Dans tous les cas, les coupes doivent être réalisées à l’aide d’outils
5.1.5 Gazons tranchants désinfectés, les plaies devant être traitées par pulvéri-
sation d’un produit cicatrisant et désinfectant.
Les gazons demandent une procédure de mise en place précise ■ Traumatismes du tronc
pour assurer leur succès : Les coups accidentels portés au tronc peuvent paraître bénins,
— terrassements généraux, décompactage et profilage de la mais pourront favoriser l’implantation de maladies et conduire à la
surface ; mort de l’arbre. Les plaies doivent être traitées impérativement par
— apport éventuel d’améliorants de sols ; pulvérisation d’un produit cicatrisant et désinfectant.
— nettoyage et épierrage ;

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Figure 13 – Modification du niveau du sol

6. Entretien et gestion L’arrosage intégré automatique est un des éléments les plus
importants. En effet, dans le cas de réseaux manuels, l’arrosage
peut représenter 70 % du temps nécessaire à l’entretien. Un
Une fois créé, un espace vert doit être l’objet de soins constants système intégré automatique rend cette durée presque négligeable.
pour garder son aspect initial et évoluer dans les meilleures L’investissement supplémentaire qu’il représente à la création est
conditions. Cet entretien représente une dépense importante qui ainsi rapidement compensé, d’autant plus que l’arrosage étant dans
peut être comprise entre 5 et 20 % du coût de création selon le type ce cas plus régulier, l’espace est généralement mieux entretenu.
et la surface de l’aménagement et demande l’intervention de Cette prestation devrait être systématique lors de toute création
personnel compétent. Cette donnée est malheureusement ignorée d’espace vert.
de beaucoup de gestionnaires, ce qui conduit fréquemment à un Les largeurs de passage de tondeuses et autres matériels
délabrement rapide de ces espaces. d’entretien doivent être prises en compte lors de l’implantation des
végétaux et la création de bandes engazonnées. L’ensemble des
espaces doit rester accessible aux engins d’entretien.
6.1 Entretien et garantie La qualité du substrat utilisé et son amélioration par un apport
dus par l’entreprise de terre de bonne qualité, de structurants de sol et d’engrais sont
aussi susceptibles de simplifier, donc de réduire, les interventions
d’entretien ultérieures.
Les marchés de travaux de création d’espaces verts comprennent
généralement une clause de garantie de reprise assurant le rempla- Le choix des végétaux est aussi très important dans cette
cement, par l’entreprise ayant réalisé les travaux, des plantes perspective. Plus ils seront adaptés aux conditions du site, moins
disparues, sur une période de 1 ou 2 ans selon les cas (parfois plus). ils demanderont de soin pour prospérer convenablement. Cette
adaptation concerne les données écologiques du site (climat, sol,
Cette garantie ne peut être demandée que si l’entreprise
etc.), mais aussi ses données physiques. Ainsi, un arbre à fort déve-
considérée est chargée de l’entretien de ces espaces pendant la
loppement planté dans un espace où le volume aérien est réduit
même période. Ces prestations font l’objet d’un prix particulier
demandera de constantes interventions de taille pesant lourdement
dans le devis de travaux.
dans les opérations d’entretien.
En ce qui concerne les gazons, la garantie généralement
demandée est comprise jusqu’à la première tonte, les gazons étant
transférés sous la responsabilité du gestionnaire après celle-ci.
Pour les arbres et arbustes, l’entreprise doit effectuer toutes les
opérations d’entretien nécessaires pendant la période considérée.
7. Éléments de coût
Ces prestations concernent l’arrosage, le désherbage, les apports
d’engrais, les tailles hivernale et printanière, les traitements contre Le tableau 2 présente les coûts unitaires moyens hors taxes des
les maladies s’il y a lieu. principales prestations concernant les aménagements paysagers.
Ces prix sont extrêmement variables selon les quantités concernées
et les conditions de mise en œuvre. (0)

6.2 Contraintes liées à l’entretien


Un certain nombre de précautions prises lors de la conception
de l’espace vert peuvent permettre de réduire ses coûts futurs
d’entretien.

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Tableau 2 – Éléments de coûts hors taxes des aménagements paysagers


Prestation Unité Coût moyen (HT) par unité (1)
Terrassements avec évacuation des déblais ............................................................... m3 40 à 60 F
Terre végétale (fourniture et mise en place) ................................................................ m3 90 à 120 F
Arbuste 40/60 (fourniture) ....................................................................................... U 50 à 100 F selon variété
60/80 (fourniture) ....................................................................................... U 70 à 150 F selon variété
80/100 (fourniture) ....................................................................................... U 100 à 200 F selon variété
Arbre 8/10 (fourniture) ....................................................................................... U 100 à 300 F selon variété
10/12 (fourniture) ....................................................................................... U 150 à 400 F selon variété
12/14 (fourniture) ....................................................................................... U 200 à 600 F selon variété
14/16 (fourniture) ....................................................................................... U 250 à 800 F selon variété
en bac ............................................................................................................ U 5 000 à 50 000 F et plus
Mise en place et garantie de reprise des végétaux ..................................................... .................. 30 à 50 % du prix de fourniture
Entretien des plantations pendant 1 an ....................................................................... .................. 20 à 40 % du prix de fourniture
Engazonnement par semis ............................................................................................ m2 7 à 15 F
par plaquage ...................................................................................... m2 50 à 80 F
Tuteurage des arbres ..................................................................................................... U 15 à 30 F
Haubanage des conifères .............................................................................................. U 20 à 50 F
Tranchée pour réseau d’arrosage ................................................................................. m 20 à 40 F
Réseau d’arrosage ∅ 25 mm ....................................................................................... m 20 à 30 F
∅ 50 mm ....................................................................................... m 40 à 50 F
∅ 90 mm ....................................................................................... m 60 à 70 F
Tuyère escamotable ....................................................................................................... U 200 à 300 F
Arroseur escamotable, modèle moyen ........................................................................ U 300 à 500 F
gros modèle ............................................................................ U 500 à 1 000 F et plus
Goutteur monosortie ..................................................................................................... U 5 à 8F
multisortie ...................................................................................................... U 15 à 20 F
Électrovanne de commande ......................................................................................... U 150 à 500 F selon modèle
Programmateur d’arrosage ........................................................................................... U 2 000 à 10 000 F et plus
(1) Sauf indication contraire, les prix donnés comprennent la fourniture et la mise en place.

■ Pour les qualifications Arrosage intégré manuel ou automatique,


8. Qualification les entreprises sont classées de 1 à 6 en fonction de la moyenne du
des entreprises paysagistes chiffre d’affaires hors taxe de leurs trois derniers exercices, modulés
par des coefficients, suivant le barème ci-après (grille actualisée
selon le CNIH 1984) :
— catégorie 1 : plus de 500 000 F
— catégorie 2 : de 500 000 à 1 000 000 F
8.1 Classification — catégorie 3 : de 1 000 000 à 1 500 000 F
— catégorie 4 : de 1 500 000 à 2 000 000 F
Les entreprises sont classées suivant deux critères qui permettent — catégorie 5 : de 2 000 000 à 2 500 000 F
d’estimer leur capacité quant à l’importance des travaux qu’elles — catégorie 6 : plus de 2 500 000 F
peuvent entreprendre :
— classification d’après le chiffre d’affaires ;
— classification d’après les effectifs moyens des salariés. 8.1.2 Effectif moyen des salariés
Il est attribué à chaque entreprise un nombre d’étoiles variant
8.1.1 Chiffre d’affaires avec l’effectif moyen de ses salariés.
■ Pour les qualifications Jardins, espaces verts et Terrains de
■ Pour les qualifications Jardins et espaces verts, Terrains de sports
sports :
et Reboisement, les entreprises sont classées de 1 à 7 en fonction de
la moyenne des chiffres d’affaires hors taxe de leurs trois derniers 0 à 5 salariés : ★
exercices, modulés par des coefficients, suivant le barème ci-après 6 à 14 salariés : ★ ★
(grille actualisée 1984) : 15 à 49 salariés : ★ ★ ★
50 à 99 salariés : ★ ★ ★ ★
— catégorie 1 : moins de 1 140 000 F
100 à 150 salariés : ★ ★ ★ ★ ★
— catégorie 2 : de 1 140 000 à 2 270 000 F
plus de 150 salariés : ★ ★ ★ ★ ★ ★
— catégorie 3 : de 2 270 000 à 4 260 000 F
— catégorie 4 : de 4 260 000 à 8 520 000 F ■ Pour les qualifications Reboisement :
— catégorie 5 : de 8 520 000 à 14 200 000 F 0 à 5 salariés : ★
— catégorie 6 : de 14 200 000 à 28 410 000 F 6 à 15 salariés : ★ ★
— catégorie 7 : plus de 28 410 000 F 16 à 25 salariés : ★ ★★
26 à 50 salariés : ★ ★★★
plus de 50 salariés : ★ ★★★★

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■ Pour les qualifications Arrosage intégré manuel ou automatique : ■ P 140 : entreprise disposant d’une main-d’œuvre spécialisée dans
0 à 3 salariés : ★ l’élagage des arbres, avec les assurances et garanties nécessaires.
4 à 6 salariés : ★ ★ ■ P 141 : entreprise spécialisée dans l’élagage et la taille des arbres,
plus de 6 salariés : ★ ★ ★ assurant toutes les activités comprises dans la rubrique P 140, avec
son propre personnel formé et son matériel propre ou loué, de
manière permanente, en mesure de réaliser, en outre : les travaux
8.2 Qualification de formation, les tailles architecturées, les tailles de grands sujets,
quelles que soient les contraintes.
● Conditions d’obtention : nécessité de stages de recyclage tous
La lettre P – Paysagiste – en face de la codification est destinée les trois ans et de la qualification spéciale élagage prévue par
à éviter la confusion avec la codification de l’OPQCB (Office Profes- l’arrêté du ministère de l’Agriculture en date du 10 juillet 1986.
sionnel de Qualification et de Classification du Bâtiment et des
■ P 142 : entreprise spécialisée dans les soins aux arbres d’orne-
activités annexes).
ment, assurant toutes les activités comprises dans la rubrique P 140,
avec son propre personnel formé et son matériel propre ou loué, de
manière permanente, susceptible de réaliser en outre : les opérations
8.2.1 Aménagement de jardins et espaces verts de soins aux arbres d’ornement, quelles que soient les contraintes.
● Conditions d’obtention : nécessité de stages de recyclage tous
■ P 100 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
les trois ans et de la qualification spéciale soins aux arbres
matériel propre ou loué, la préparation et la mise en œuvre des
d’ornement prévue par l’arrêté du ministère de l’Agriculture en date
matériaux et des végétaux nécessaires à l’aménagement ou à la
du 10 juillet 1986.
transformation de jardins et de tous espaces verts dans le respect
des règles professionnelles. Ces travaux d’aménagement ou de
transformation comprennent les différentes activités de nature
horticole nécessaires à l’exécution complète de l’ouvrage.
8.2.2 Aménagement de terrains de sport
Ces activités doivent comporter : ■ P 200 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
— des terrassements courants pour mise en forme de terrain, matériel propre ou loué, la préparation des fonds de forme, la mise
avec mise en œuvre de terre végétale ; en œuvre des matériaux nécessaires à l’aménagement ou à la trans-
— des travaux de préparation de sol et d’engazonnement ; formation de terrains de sport de plein air, à usage scolaire ou
— des travaux de préparation de sol et de plantation ; d’entraînement.
— des travaux d’aménagement de terre-pleins et d’allées piéton-
Ces aménagements comportent notamment :
nières ou carrossables gravillonnées.
— les drainages, la mise en place de matériaux, terre et aména-
■ P 110 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans la gements, les nivellements et les ensemencements des sols de
rubrique P 100, mais disposant de moyens suffisants d’étude et terrains gazonnés ;
d’exécution pour lui permettre l’aménagement ou la transformation — les drainages, la mise en place et le blocage des différents
d’espaces verts pouvant comporter notamment, et simultanément, matériaux nécessaires pour les fondations, les couches de souplesse
la réalisation de plusieurs des travaux suivants : et les chapes de sols stabilisés ;
— terrassements généraux pour la mise en forme de terrains, — les travaux accessoires de bordures.
nécessitant des moyens mécaniques importants pour la profession ;
■ P 210 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
— travaux d’assainissement des eaux de ruissellement ;
matériel propre ou loué, la préparation des fonds de forme, la mise
— travaux de pose de bordures et bordurettes ;
en œuvre de tous matériaux nécessaires à l’aménagement de
— circulations piétonnières ou carrossables stabilisées ou
terrains de sport de plein air, pouvant être utilisés pour des
revêtues ;
compétitions régionales, nationales ou internationales.
— travaux de pose de dallages ou de pavages ;
— travaux de construction d’ouvrages, de maçonnerie décorative Ces travaux comportent nécessairement, en plus des
en pierre naturelle, brique ou béton, tels que bassins, murettes, rubriques 200 :
emmarchements de jardins ; — les terrassements généraux d’assise ;
— clôtures diverses en bois, en béton ou métalliques, utilisées — tous drainages et assainissements ;
dans les travaux d’espaces verts ; — tous travaux de bordure et de lissage ;
— travaux d’irrigation ; — les surfaces de réception et les aires de concours ;
— travaux d’installation d’équipements, type mobilier urbain, — la construction des pistes, des plateaux, des tennis ;
jeux, etc. — les travaux d’aménagement des circulations et des abords.
Les Commissions pourront cumuler les différentes natures de ■ P 250 : entreprise bénéficiant de la qualification P 210 et assurant,
travaux portées sur les attestations concernant les différents avec son propre personnel formé aux techniques de golf (stages,
chantiers présentés, pour former un ensemble répondant à la formation confirmée) et son matériel propre ou loué, la préparation
définition de la qualification. des fonds de forme suivant un plan de nivellement et d’implantation
■ P 120 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son précis, la mise en œuvre de tous matériaux nécessaires à l’aména-
matériel propre ou loué, les travaux de plantation, d’engazon- gement de parcours pouvant être utilisés pour des compétitions
nement et d’entretien sur autoroutes, rocades et routes nationales, régionales, nationales ou internationales.
impliquant une organisation spéciale de chantier. Ces travaux comportent nécessairement :
■ P 130 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son — les opérations spécifiques à la réalisation d’un green (drainage,
matériel propre ou loué, les travaux d’entretien d’espaces verts, mélange terreux, mélange de graines de gazon, amendement, etc.) ;
notamment les tontes de gazon, taille de végétaux, nettoyage de — ainsi que les travaux se rapportant à la réalisation de départ,
massifs. fairways et bunker ou practice.

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8.2.3 Reboisement matériaux et matériels nécessaires à l’installation de réseaux d’arro-


sage intégré à commande manuelle ou programmée, dans le res-
■ P 300 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son pect des règles professionnelles. Ces travaux doivent comporter les
matériel propre ou loué, les travaux de plantations forestières ou de différentes activités nécessaires à l’exécution complète de
semis sur des surfaces annuelles cumulées : l’ouvrage :
• P3 001 : inférieures à 100 ha ; — les terrassements de tranchées et leur remblaiement ;
• P3 002 : comprises entre 101 et 300 ha ; — les poses de conduites et tous branchements hydrauliques et
• P3 003 : comprises entre 301 et 500 ha ; électriques nécessaires ;
• P3 004 : supérieures à 500 ha. — le réglage et la maintenance du réseau.

■ P 310 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son ■ A 510 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans la
matériel propre ou loué, les travaux préparatoires et d’entretien des rubrique A 500, mais disposant en outre d’un bureau d’études
plantations de reboisement, sur des surfaces annuelles cumulées : permanent spécialisé et de moyens d’exécution suffisants pour
permettre la réalisation des travaux énumérés suivants :
• P 3101 : inférieures à 100 ha ;
• P 3102 : comprises entre 101 et 300 ha ; — station de pompage et/ou surpression d’un débit unitaire
• P 3103 : comprises entre 301 et 500 ha ; allant jusqu’à 25 m3/h ;
• P 3104 : supérieures à 500 ha. — mise en place de réseaux programmés pour des espaces tels
que jardins publics ou privés et terrains de sports.
■ P 302 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
matériel propre ou loué, les travaux d’équipement, de protection et ■ A 520 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans les
d’assainissement des surfaces boisées. rubriques A 500 et A 510, mais disposant, en plus, des moyens
techniques permettant la réalisation :
— de stations de pompage, de reprise et/ou de surpression et de
8.2.4 Arrosage intégral manuel ou automatique filtration éventuellement, d’une capacité globale supérieure à
25 m3/h avec leur tableau de commande et leur régulation ;
■ A 500 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son — des réseaux d’arrosage intégré automatisé et des réseaux
matériel propre ou loué, la fourniture et la mise en œuvre des d’adduction pour grands espaces tels que golfs, hippodromes, parcs.

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P
O
U
Pratique des aménagements R
paysagers
E
N
par Jean-Noël TOURNIER
Architecte-Paysagiste
Ingénieur Agronome
S
Ingénieur Horticole
Urbaniste A
V
Normalisation O
Association Française de Normalisation AFNOR
Produits de pépinières
NF V 12-053
NF V 12-054
3-80
3-80
Rosiers. Spécifications particulières.
Conifères d’ornement. Spécifications particulières.
I
NF V 12-031 3-80 Jeunes plants et jeunes touffes de pépinières fruitières
et ornementales. Spécifications générales.
NF V 12-055 3-80 Arbres d’alignement et d’ornement. Spécifications parti-
culières. R
NF V 12-032 3-80 Jeunes plants d’arbres fruitiers. Spécifications particu- NF V 12-056 3-80 Arbres d’alignement et arbustes d’ornement particuliers
lières. aux régions de climat méditerranéen ou océanique
NF V 12-037 3-80 Jeunes plants et jeunes touffes d’arbres et d’arbustes doux. Spécifications particulières.
d’ornement à feuilles caduques ou persistantes. Spéci-
fications particulières.
NF V 12-057 3-80 Arbustes à feuilles caduques ou persistantes. Spécifi-
cations particulières. P
NF V 12-051 3-80 Arbres et plantes de pépinières fruitières et ornemen-

NF V 12-052 3-80
tales. Spécifications générales.
Arbres fruitiers. Spécifications particulières.
NF V 12-058

NF V 12-059
3-80

3-80
Plantes grimpantes et sarmenteuses. Spécifications
particulières.
Plantes dites de terre de bruyère. Spécifications
L
particulières.
U
Organismes
S
Comité National Interprofessionnel de l’Horticulture (CNIH). École Supérieure d’Art des Jardins (ESAJ).
École Nationale des Ingénieurs de Travaux Horticoles (ENITH). Fédération Française du Paysage (FFP).
École Nationale Supérieure d’Horticulture (ENSH). Fédération Nationale des producteurs de l’Horticulture et des Pépinières
École Nationale Supérieure du Paysage (ENSP). (FNPHP).
5 - 1990
Doc. C 4 182

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