Aménagements Paysagers
Aménagements Paysagers
paysagers
ralement les espaces extérieurs, dont ils sont le constituant végétal associé
aux autres éléments de ces espaces que sont : les voiries, les réseaux, le
mobilier, les clôtures, etc.
Le rôle de ces aménagements est d’assurer la liaison entre les divers équipe-
ments d’un ensemble urbain, de créer une continuité entre les bâtiments et le
milieu extérieur, ou de jouer un rôle d’équipement à part entière.
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Comme les entrepreneurs, les producteurs de végétaux sont 3.2 Contraintes par type d’aménagement
adhérents au CNIH et peuvent adhérer à la FNPHP (Fédération
nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières). L’alignement urbain est l’ensemble végétal soumis aux plus
La qualité sanitaire de la production est garantie par un contrôle nombreuses contraintes. Celles-ci sont de plusieurs ordres (figure 2).
périodique des services régionaux de protection des végétaux, qui Tout d’abord, les éléments fonctionnels tels que les nécessités
délivrent un numéro de contrôle sanitaire attestant de la qualité de d’accès liées à la circulation imposent l’écartement et l’implanta-
la production. De plus, douze normes AFNOR regroupées sous le tion de chaque arbre. Sur le plan spatial, des éléments relatifs à
titre produits de pépinière définissent précisément les caractéris- largeur de la rue, à la présence de réseaux souterrains et aériens
tiques que doivent présenter les végétaux commercialisés. ou encore aux hauteurs minimales de circulation (passage des bus
et camions) déterminent un volume utilisable par l’arbre extrême-
ment limité. Ainsi, un platane planté dans une rue étroite
comportant de nombreux réseaux aériens devra rapidement être
élagué, et ce de plus en plus souvent, créant de lourdes contraintes
d’entretien et réduisant fortement la longévité de l’arbre, sans
parler de l’aspect esthétique peu satisfaisant qu’il présentera.
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Les conditions climatiques sont, elles aussi, défavorables, la Les jardins sur dalle, outre les contraintes générales citées
présence de fronts bâtis pouvant créer des couloirs de vent et des précédemment, sont soumis à des contraintes spécifiques en rela-
phénomènes de réverbération solaire (sur des façades claires ou tion avec la présence d’une dalle en sous-sol. Celle-ci limite le
vitrées) auxquels de nombreux arbres ne résistent pas. volume de terre disponible pour les végétaux, qui trouveront donc
Le sol lui-même est généralement inhospitalier. L’imperméabili- des quantités d’eau et d’éléments minéraux réduites devant être
sation quasi générale des trottoirs et la stérilité du sous-sol urbain sans cesse renouvelées.
limitent fortement les possibilités pour les racines de l’arbre de La faible profondeur du sol interdit un ancrage suffisant aux
s’alimenter en eau, air et sels minéraux (§ 4.1.1). racines ; les plantes pouvant alors être facilement déracinées par
La pollution de l’air est, pour certains arbres, une contrainte vent fort, le haubanage des arbres et des grands arbustes est alors
absolue, une grande partie d’entre eux ne résistant pas aux divers indispensable.
composés gazeux provenant de l’activité industrielle ou de la circu- La présence d’une surface étanche (la dalle) sous les zones
lation automobile. plantées impose la mise en place d’un système de drainage et
Les agressions physiques telles que les chocs donnés par les d’évacuation des eaux de pluie (figure 3) sous peine de voir les
véhicules lors de leur stationnement sont aussi des éléments à végétaux dépérir, leurs racines étant noyées. Cette disposition, alliée
prendre en compte, les plaies ainsi formées étant des portes d’entrée au faible volume de terre offert, réduit considérablement les réserves
pour de nombreuses maladies parfois fatales pour des arbres géné- en eau disponibles et rend indispensable un arrosage journalier, cas
ralement affaiblis. ou généralement s’impose l’irrigation automatique.
Les squares et les parcs, ainsi que les aménagements Enfin, les contraintes de surcharge de la dalle demandent
d’accompagnement de bâtiments, sont soumis aux mêmes généralement l’utilisation de mélanges terreux allégés qui ne
contraintes, à des degrés moindres, auxquelles il faut parfois ajouter conviennent pas à tous les végétaux.
le vandalisme qui nécessite de concevoir parfois des aménagements Les accompagnements d’ouvrages linéaires présentent des
particuliers. Ainsi, les massifs d’arbustes doivent généralement être contraintes spécifiques liées à leur constitution. Le sol de plantation
séparés des circulations piétonnes par une limite physique (barrière, est généralement de mauvaise qualité, provenant des déblais du
muret ou clôture) pour éviter le piétinement. Et dans certains squares chantier de voirie ; les vents sont souvent forts et tourbillonnants,
parisiens, des plantes doivent même être enchaînées au sol pour dus à la circulation des véhicules et à l’effet de couloir créé par les
éviter leur vol. voies. Enfin, compte tenu de l’étendue importante des surfaces à
De plus, les espaces fréquentés par les enfants (aire de jeux, traiter, celles-ci doivent être plantées le plus économiquement
cour d’école) ne doivent pas comporter de végétaux agressifs possible, ce qui proscrit généralement les systèmes d’arrosage
(Pyracantha, Berberis, etc.) ou toxiques (Nerium oleander, Datura, intégrés et les apports de bonne terre végétale. De plus, le rejaillis-
Arum, etc.). sement d’eau chargée de sels déverglaçants est nuisible aux végé-
taux. Ils devront donc être choisis soigneusement pour résister à ces
conditions particulières.
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— conifères : végétaux supérieurs présentant des feuilles en effet, il existe autant de types de gazons que de conditions de site
forme d’aiguille (pin, sapin, épicéa) ou d’écaille (cyprès, thuya, (sol pauvre, sec, humide, situation ensoleillée, ombragée, etc.) mais
juniperus). Dans ces deux cas, les nervures sont parallèles. aussi d’utilisation :
En règle générale, pour les végétaux propres à nos latitudes, on — un gazon de présentation, à rôle uniquement visuel, sera choisi
constate que la plupart des feuillus sont caducs (exceptions : pour la finesse de feuillage des variétés qui le composent ;
Magnolia grandiflora, chêne vert, chêne liège), la presque totalité — un gazon fréquenté par le public devra résister au piétinement
des conifères étant persistants (sauf le mélèze et le cyprès chauve). tout en présentant les qualités esthétiques voulues ;
— un gazon à usage sportif devra résister au piétinement intense
■ Tailles et à l’arrachement, et avoir un potentiel de régénération élevé ;
Les arbres peuvent avoir des tailles adultes s’étageant entre — les gazons pour golf sont très particuliers et sont choisis très
5 et 80 m ou plus selon les genres. Ainsi, le platane atteint environ précisément en fonction des zones de jeux et des conditions de site.
30 à 40 m, alors que le sorbier ne dépasse pas 10 m. Ces différences
sont à prendre en compte, lors du choix d’un arbre, en fonction de
l’effet recherché et des possibilités de développement offertes. 4.1.7 Autres types de plantes
■ Formes ■ Plantes grimpantes
La forme des arbres est généralement compacte, formant un Ce sont des végétaux ligneux ou herbacés, nécessitant un support
volume approximativement sphérique ou globuleux. Mais le port des pour s’installer, leur tige n’assurant pas seule leur tenue. Certaines
arbres peut être fastigié (en forme de fuseau) comme pour le peuplier plantes grimpantes s’accrochent par un système de ventouse leur
noir ou le charme pyramidal. La forme de la cime peut aussi être permettant de coloniser un mur lisse (lierres, hortensia grimpant,
étalée à la manière d’un parasol tel que le pin parasol ou le murier etc.). D’autres se fixent en entourant le support de leurs tiges
platane. Les arbres peuvent aussi être pleureurs, les branches volubiles et demandent donc des supports aérés tels que des
retombant vers le sol comme dans le cas du saule pleureur. treillages (chèvrefeuille, clématites, glycines, etc.).
Ces plantes sont utilisées pour habiller des éléments construits
4.1.5 Arbustes tels que des murs ou des clôtures, et étendre ainsi l’emprise du
végétal au sein de l’aménagement.
Les arbustes sont des plantes ligneuses qui ne développent pas ■ Plantes vivaces
de tronc différencié, les ramifications multiples étant de force égale.
Les arbustes regroupent un nombre très important de genres et de Ces plantes herbacées présentent la caractéristique de disparaître
variétés. en période de repos végétatif, pour réapparaître au printemps
suivant. Généralement très florifères, elles sont utilisées pour créer
■ Classification des scènes colorées, appelées parfois mixed border, dont les
Les critères de classification sont identiques à ceux des arbres. floraisons s’étalent du printemps à l’automne.
Il faut noter toutefois que, chez les arbustes, les feuillus persistants Les plantes vivaces demandent beaucoup d’entretien, étant faci-
sont beaucoup plus nombreux. lement envahies et concurrencées par les mauvaises herbes.
■ Taille ■ Plantes annuelles
Les tailles des arbustes s’étagent de quelques décimètres à Comme leur nom l’indique, elles ne vivent qu’une saison, leur
plusieurs mètres selon les cas. Ainsi, le millepertuis n’atteint jamais floraison produisant les graines donnant naissance aux plantes de
plus de 20 cm de haut et le laurier palme peut atteindre 4 à 5 m s’il l’année suivante. Ces plantes herbacées sont utilisées pour la
n’est pas taillé. composition de massifs fleuris, très à la mode depuis Napoléon III,
qui ornent la plupart de nos villes. Afin de présenter une floraison
■ Forme continue, les plantes sont remplacées, dès leur floraison achevée,
Le port des arbustes est très varié, ce qui fait la richesse de leur par d’autres plantes en fleurs à ce moment là, ce qui représente de
utilisation. Ils peuvent être rampants tels que le Juniperus repens, 5 à 8 remplacements pour une saison. L’entretien de ces massifs
ou étalés comme les lavandes ou les spirées. Certains sont dressés est donc très lourd en main d’œuvre et en coût de fourniture de
en fuseau comme le Juniperus skyrocket, la variété des formes plantes.
pouvant être multipliée à l’infini.
■ Usage
4.1.8 Production
Les utilisations des arbustes sont aussi diverses que les types et
les formes qu’ils présentent. Les plantes supportant la taille sont ■ Normes
utilisées pour former des haies, les grands arbustes des haies
L’ensemble des végétaux offerts par la production doit être
hautes ou écrans, les arbustes à fleurs des massifs fleuris. Les
conforme aux normes AFNOR.
arbustes rampants créent une couverture de sol pouvant permettre
la fixation des talus. Les plantes de petite taille permettent de former ■ Conditionnement
des parterres. Les plantes sont proposées soit en conteneur, soit en motte, soit
Les arbustes sont, à la fois, un matériau de construction et de encore à racine nue. Les arbres de grande taille sont généralement
structuration de l’espace et son élément décoratif. transplantés en bacs (figure 5).
Les plantes à racines nues sont proposées après arrachage de
leur sol de culture, sans terre autour des racines. Leur replantation
4.1.6 Gazons doit être rapide pour éviter le dessèchement des radicelles. Seuls
les végétaux caducs peuvent être transplantés de cette manière,
Les gazons sont le constituant d’une grande partie des espaces car ils présentent une longue période de repos végétatif. Cela
verts sous forme de pelouses. Ils peuvent même en être l’élément implique que la période de plantation de ce type de végétaux se
principal, dans le cas des golfs par exemple. situe uniquement de novembre à mars.
Les gazons sont constitués d’un mélange de diverses variétés de Les végétaux en conteneurs sont cultivés dans des pots ou des
graminées telles que : Agrostis, Poa (pâturin), Festuca (fétuque). sacs plastiques, et commercialisés dans leur conteneur de culture.
L’association de ces variétés, ainsi que leurs proportions respec- Ils sont généralement plus faciles à mettre en œuvre et offrent de
tives, déterminent les conditions d’utilisation de chaque gazon. En meilleures garanties de reprises. En outre, ils peuvent être trans-
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4.2 Substrats
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4.3.2 Différents types de systèmes raisons, les tuyères peuvent être fixes ou escamotables. Les tuyè-
res sont généralement de portée plus faible, comprise entre 2 et
4.3.2.1 Bouches d’arrosage 8 m, et conviennent pour l’arrosage de petites surfaces de gazon et
de massifs d’arbustes.
Système le plus simple et le moins coûteux à la création, il
nécessite un potentiel important de main-d’œuvre pour son Pour ces deux appareils le débit et la portée dépendent de la buse
utilisation. choisie.
Le réseau est constitué de bouches d’eau réparties sur l’ensemble Le goutte-à-goutte est un procédé de principe différent. L’eau n’est
de la zone à arroser et espacées au maximum de 50 m pour des pas apportée par aspersion, mais ponctuellement au pied de chaque
raisons pratiques. Le personnel d’entretien doit raccorder des tuyaux plante. Le système se compose de goutteurs placés sur la canali-
d’arrosage sur ces bouches et effectuer les apports d’eau manuel- sation, et apportant l’eau au pied des végétaux par l’intermédiaire
lement, au pied de chaque plante, ou placer des appareils d’asper- d’un tuyau très fin appelé capillaire (figure 8). Les goutteurs peuvent
sion qui doivent être régulièrement déplacés. être monosortie ou posséder plusieurs sorties (généralement six)
permettant l’irrigation de plusieurs plantes simultanément. Les
goutteurs ont un débit allant de 2 à 6 L/h selon les modèles.
4.3.2.2 Systèmes intégrés
Ce principe d’arrosage présente plusieurs intérêts dont un faible
Contrairement au principe précédent, le réseau ne comporte plus coût d’installation, une économie importante d’eau (jusqu’à 50 %
de simples bouches, mais des appareils d’aspersion ou d’arrosage par rapport à un système par aspersion) et un développement
qui sont placés à demeure. Une simple mise en eau du réseau réduit des mauvaises herbes (l’apport d’eau étant très limité), mais
assure l’apport d’eau nécessaire sur l’ensemble de la zone. se trouve être relativement fragile vis-à-vis du vandalisme et
■ Appareils d’arrosage demande une surveillance accrue afin de pallier l’obturation des
goutteurs. Ce mode d’arrosage convient aux arbres et arbustes iso-
Ces appareils sont différents selon le type d’espace et de végé- lés ou aux haies.
taux à irriguer.
Le tuyau poreux est un dispositif d’irrigation se rapprochant du
Les asperseurs sont des arroseurs rotatifs constitués d’une buse goutte à goutte et pouvant être intéressant dans certains cas. L’eau
diffusante tournant autour d’un axe, soit par impact d’un balancier est apportée par un tuyau poreux laissant filtrer de faibles quanti-
sur le jet (figure 7a ), soit par un engrenage situé dans le corps de tés d’eau (environ 2 L/h/m de tuyau), placé à faible profondeur, au
l’appareil et entraîné par l’eau (figure 7b ). Ces appareils ont une pied des plantes. Les avantages de ce système sont un faible coût
portée variable selon le modèle considéré, allant de 5 à 30 m et plus de mise en œuvre, une invisibilité totale au sol le mettant à l’abri
pour les gros arroseurs utilisés sur les grandes étendues de gazon du vandalisme et une économie d’eau très importante (supérieure
(golf par exemple). Le secteur d’arrosage est généralement à l’économie réalisée avec le goutte-à-goutte). Toutefois, par
réglable ; ainsi, les arroseurs peuvent opérer sur un cercle complet, constitution, les incidents (éclatement ou colmatage du tuyau) sont
un demi ou un quart de cercle selon les formes des surfaces à difficilement décelables et les réparations sont difficiles.
irriguer (certains appareils sont réglables au degré près). Les asper-
seurs peuvent être fixes, installés sur des tuyaux rigides au-dessus ■ Réseau d’eau
du sol, ou escamotables, la partie comportant la buse n’appa- Le réseau d’eau sur lequel sont branchés les appareils d’arrosage
raissant au-dessus du sol que lors de son fonctionnement et se est constitué de tuyaux en polychlorure de vinyle ou polyéthylène.
rétractant ensuite entièrement dans le corps de l’appareil enterré ;
ce principe met l’asperseur à l’abri du vandalisme et améliore Les tuyaux en PVC étant rigides, ils sont généralement utilisés
l’aspect esthétique de l’aménagement. Les asperseurs sont géné- pour les antennes principales rectilignes de forts diamètres.
ralement utilisés pour arroser les grandes étendues de gazon. Le polyéthylène, souple, est employé pour les branchements
Les tuyères (figure 7c ) sont des arroseurs constitués d’une buse secondaires et les raccordements des appareils d’arrosage, ou
non rotative, la répartition de l’eau en cercle se faisant par un encore pour les antennes sur lesquelles sont placés des goutteurs.
diffuseur. Le secteur du cercle de diffusion est réglable comme Le diamètre des canalisations est choisi en fonction du débit
précédemment et, comme les asperseurs, et pour les mêmes qu’elles devront assurer.
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■ Vannes
L’ouverture et la fermeture des différents réseaux du système
d’arrosage sont assurées par des vannes qui peuvent être de
modèles très divers. Ces vannes sont soit à commande manuelle
pour les systèmes non automatisés, soit à commande électrique
(électrovannes) pour les systèmes automatiques. Une catégorie de
vannes permet de faire fonctionner le réseau d’arrosage en mode
semi-automatique ; elles ne nécessitent qu’une intervention pour
leur ouverture, leur fermeture s’effectuant automatiquement après
un temps donné (pour les vannes de type horloge ) ou après le
passage d’un volume d’eau préréglé (pour les vannes dites
volumétriques ).
Le diamètre des vannes doit être choisi, comme pour les canali-
sations, en tenant compte du débit prévu. Le choix du type de vanne
peut aussi être fonction de la qualité de l’eau utilisée ; en particulier,
certaines vannes sont prévues pour fonctionner avec des eaux
chargées provenant, par exemple, de forages.
■ Commande
Le système de commande du système d’arrosage peut être
manuel, par ouverture et fermeture manuelle de vannes. L’utili- Figure 8 – Goutteurs de système goutte à goutte
sation de vannes volumétriques ou horloges permet un pilotage
semi-automatique du réseau.
Toutefois, dans de nombreux cas, le système est entièrement auto-
matisé, les différents réseaux étant commandés par des vannes
électromagnétiques dont l’ouverture et la fermeture sont asservies
à un programmateur horaire.
Ce programmateur peut être de plusieurs types. Les plus simples
sont électromécaniques, composés d’une horloge commandant
l’ouverture des vannes par contact électrique. Les programmateurs
électroniques sont plus complexes et offrent plus de possibilités,
mais ils sont aussi plus fragiles vis-à-vis de l’humidité et des
orages. Enfin, pour les cas de programmation très complexes (cas
des golfs), le programmateur est, en fait, un micro-ordinateur
gérant l’arrosage en fonction de multiples paramètres (vent, humi-
dité, saison, etc.).
■ Conception
La conception du réseau d’arrosage s’effectue en plusieurs étapes
logiques, fonctions des données techniques exposées
précédemment.
● Implantation des arroseurs : les arroseurs sont implantés de
manière à couvrir la totalité de la zone, espacés d’une distance
voisine de leur portée, de manière à se recouper à 95 ou 100 %
(figure 9). Les goutteurs sont implantés à raison de un au pied de
chaque plante.
● Réseaux : une fois implantés, les arroseurs sont regroupés en
réseaux de débit équivalent correspondant au débit disponible à
l’alimentation (le débit est calculé en additionnant le débit de chaque
appareil d’un même réseau, débit donné par les notices de ces
derniers). Ces réseaux sont connectés à l’antenne principale qui
assure l’alimentation de l’ensemble du système. Pour limiter les
pertes de charge pouvant intervenir sur de grandes longueurs, ces
réseaux sont bouclés dans la mesure du possible.
● Canalisations : le diamètre des canalisations est choisi en
fonction des débits devant traverser chaque branche et des pertes de Figure 9 – Disposition des arroseurs
charges prévues pour alimenter chaque arroseur à sa pression d’utili-
sation. Cette pression est généralement comprise entre 2,5 et 5 bar
pour les asperseurs et les tuyères et entre 0,5 et 2 bar pour les gout- ● Électrovannes : une électrovanne est placée à chaque départ de
teurs et le tuyau poreux. Le calcul des diamètres s’effectue selon les réseau (figure 10) et reliée par un fil électrique de commande au
abaques classiques de l’hydrodynamique (article Écoulement des programmateur.
fluides dans les tuyauteries [A 738] du traité Génie mécanique). ● Programmateur : le programmateur est choisi en fonction du
● Accessoires : si la pression de fourniture est trop faible ou trop nombre de réseaux à piloter ; il doit comporter autant de canaux ou
forte, elle doit être régulée par un surpresseur ou un régulateur directions que de réseaux (figure 11). Il peut même comporter des
selon les cas. directions supplémentaires en prévision d’extensions futures de
l’aménagement.
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5.1.3 Tuteurage
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5.2 Substrats
Lors de leur mise en place, les substrats doivent être débarrassés
des éléments grossiers et des cailloux pour ne pas blesser les
racines lors du tassement.
Le compactage de sol après plantation doit être limité pour ne
pas le rendre asphyxiant.
Si la terre doit être stockée pendant plusieurs mois avant utili-
sation, elle ne doit pas l’être sur une hauteur de plus de 2 m, sous
peine de voir la flore microbienne disparaître par asphyxie, ce qui
rendrait le substrat considéré stérile, la décomposition de matières
organiques n’ayant plus lieu.
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6. Entretien et gestion L’arrosage intégré automatique est un des éléments les plus
importants. En effet, dans le cas de réseaux manuels, l’arrosage
peut représenter 70 % du temps nécessaire à l’entretien. Un
Une fois créé, un espace vert doit être l’objet de soins constants système intégré automatique rend cette durée presque négligeable.
pour garder son aspect initial et évoluer dans les meilleures L’investissement supplémentaire qu’il représente à la création est
conditions. Cet entretien représente une dépense importante qui ainsi rapidement compensé, d’autant plus que l’arrosage étant dans
peut être comprise entre 5 et 20 % du coût de création selon le type ce cas plus régulier, l’espace est généralement mieux entretenu.
et la surface de l’aménagement et demande l’intervention de Cette prestation devrait être systématique lors de toute création
personnel compétent. Cette donnée est malheureusement ignorée d’espace vert.
de beaucoup de gestionnaires, ce qui conduit fréquemment à un Les largeurs de passage de tondeuses et autres matériels
délabrement rapide de ces espaces. d’entretien doivent être prises en compte lors de l’implantation des
végétaux et la création de bandes engazonnées. L’ensemble des
espaces doit rester accessible aux engins d’entretien.
6.1 Entretien et garantie La qualité du substrat utilisé et son amélioration par un apport
dus par l’entreprise de terre de bonne qualité, de structurants de sol et d’engrais sont
aussi susceptibles de simplifier, donc de réduire, les interventions
d’entretien ultérieures.
Les marchés de travaux de création d’espaces verts comprennent
généralement une clause de garantie de reprise assurant le rempla- Le choix des végétaux est aussi très important dans cette
cement, par l’entreprise ayant réalisé les travaux, des plantes perspective. Plus ils seront adaptés aux conditions du site, moins
disparues, sur une période de 1 ou 2 ans selon les cas (parfois plus). ils demanderont de soin pour prospérer convenablement. Cette
adaptation concerne les données écologiques du site (climat, sol,
Cette garantie ne peut être demandée que si l’entreprise
etc.), mais aussi ses données physiques. Ainsi, un arbre à fort déve-
considérée est chargée de l’entretien de ces espaces pendant la
loppement planté dans un espace où le volume aérien est réduit
même période. Ces prestations font l’objet d’un prix particulier
demandera de constantes interventions de taille pesant lourdement
dans le devis de travaux.
dans les opérations d’entretien.
En ce qui concerne les gazons, la garantie généralement
demandée est comprise jusqu’à la première tonte, les gazons étant
transférés sous la responsabilité du gestionnaire après celle-ci.
Pour les arbres et arbustes, l’entreprise doit effectuer toutes les
opérations d’entretien nécessaires pendant la période considérée.
7. Éléments de coût
Ces prestations concernent l’arrosage, le désherbage, les apports
d’engrais, les tailles hivernale et printanière, les traitements contre Le tableau 2 présente les coûts unitaires moyens hors taxes des
les maladies s’il y a lieu. principales prestations concernant les aménagements paysagers.
Ces prix sont extrêmement variables selon les quantités concernées
et les conditions de mise en œuvre. (0)
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■ Pour les qualifications Arrosage intégré manuel ou automatique : ■ P 140 : entreprise disposant d’une main-d’œuvre spécialisée dans
0 à 3 salariés : ★ l’élagage des arbres, avec les assurances et garanties nécessaires.
4 à 6 salariés : ★ ★ ■ P 141 : entreprise spécialisée dans l’élagage et la taille des arbres,
plus de 6 salariés : ★ ★ ★ assurant toutes les activités comprises dans la rubrique P 140, avec
son propre personnel formé et son matériel propre ou loué, de
manière permanente, en mesure de réaliser, en outre : les travaux
8.2 Qualification de formation, les tailles architecturées, les tailles de grands sujets,
quelles que soient les contraintes.
● Conditions d’obtention : nécessité de stages de recyclage tous
La lettre P – Paysagiste – en face de la codification est destinée les trois ans et de la qualification spéciale élagage prévue par
à éviter la confusion avec la codification de l’OPQCB (Office Profes- l’arrêté du ministère de l’Agriculture en date du 10 juillet 1986.
sionnel de Qualification et de Classification du Bâtiment et des
■ P 142 : entreprise spécialisée dans les soins aux arbres d’orne-
activités annexes).
ment, assurant toutes les activités comprises dans la rubrique P 140,
avec son propre personnel formé et son matériel propre ou loué, de
manière permanente, susceptible de réaliser en outre : les opérations
8.2.1 Aménagement de jardins et espaces verts de soins aux arbres d’ornement, quelles que soient les contraintes.
● Conditions d’obtention : nécessité de stages de recyclage tous
■ P 100 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
les trois ans et de la qualification spéciale soins aux arbres
matériel propre ou loué, la préparation et la mise en œuvre des
d’ornement prévue par l’arrêté du ministère de l’Agriculture en date
matériaux et des végétaux nécessaires à l’aménagement ou à la
du 10 juillet 1986.
transformation de jardins et de tous espaces verts dans le respect
des règles professionnelles. Ces travaux d’aménagement ou de
transformation comprennent les différentes activités de nature
horticole nécessaires à l’exécution complète de l’ouvrage.
8.2.2 Aménagement de terrains de sport
Ces activités doivent comporter : ■ P 200 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
— des terrassements courants pour mise en forme de terrain, matériel propre ou loué, la préparation des fonds de forme, la mise
avec mise en œuvre de terre végétale ; en œuvre des matériaux nécessaires à l’aménagement ou à la trans-
— des travaux de préparation de sol et d’engazonnement ; formation de terrains de sport de plein air, à usage scolaire ou
— des travaux de préparation de sol et de plantation ; d’entraînement.
— des travaux d’aménagement de terre-pleins et d’allées piéton-
Ces aménagements comportent notamment :
nières ou carrossables gravillonnées.
— les drainages, la mise en place de matériaux, terre et aména-
■ P 110 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans la gements, les nivellements et les ensemencements des sols de
rubrique P 100, mais disposant de moyens suffisants d’étude et terrains gazonnés ;
d’exécution pour lui permettre l’aménagement ou la transformation — les drainages, la mise en place et le blocage des différents
d’espaces verts pouvant comporter notamment, et simultanément, matériaux nécessaires pour les fondations, les couches de souplesse
la réalisation de plusieurs des travaux suivants : et les chapes de sols stabilisés ;
— terrassements généraux pour la mise en forme de terrains, — les travaux accessoires de bordures.
nécessitant des moyens mécaniques importants pour la profession ;
■ P 210 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
— travaux d’assainissement des eaux de ruissellement ;
matériel propre ou loué, la préparation des fonds de forme, la mise
— travaux de pose de bordures et bordurettes ;
en œuvre de tous matériaux nécessaires à l’aménagement de
— circulations piétonnières ou carrossables stabilisées ou
terrains de sport de plein air, pouvant être utilisés pour des
revêtues ;
compétitions régionales, nationales ou internationales.
— travaux de pose de dallages ou de pavages ;
— travaux de construction d’ouvrages, de maçonnerie décorative Ces travaux comportent nécessairement, en plus des
en pierre naturelle, brique ou béton, tels que bassins, murettes, rubriques 200 :
emmarchements de jardins ; — les terrassements généraux d’assise ;
— clôtures diverses en bois, en béton ou métalliques, utilisées — tous drainages et assainissements ;
dans les travaux d’espaces verts ; — tous travaux de bordure et de lissage ;
— travaux d’irrigation ; — les surfaces de réception et les aires de concours ;
— travaux d’installation d’équipements, type mobilier urbain, — la construction des pistes, des plateaux, des tennis ;
jeux, etc. — les travaux d’aménagement des circulations et des abords.
Les Commissions pourront cumuler les différentes natures de ■ P 250 : entreprise bénéficiant de la qualification P 210 et assurant,
travaux portées sur les attestations concernant les différents avec son propre personnel formé aux techniques de golf (stages,
chantiers présentés, pour former un ensemble répondant à la formation confirmée) et son matériel propre ou loué, la préparation
définition de la qualification. des fonds de forme suivant un plan de nivellement et d’implantation
■ P 120 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son précis, la mise en œuvre de tous matériaux nécessaires à l’aména-
matériel propre ou loué, les travaux de plantation, d’engazon- gement de parcours pouvant être utilisés pour des compétitions
nement et d’entretien sur autoroutes, rocades et routes nationales, régionales, nationales ou internationales.
impliquant une organisation spéciale de chantier. Ces travaux comportent nécessairement :
■ P 130 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son — les opérations spécifiques à la réalisation d’un green (drainage,
matériel propre ou loué, les travaux d’entretien d’espaces verts, mélange terreux, mélange de graines de gazon, amendement, etc.) ;
notamment les tontes de gazon, taille de végétaux, nettoyage de — ainsi que les travaux se rapportant à la réalisation de départ,
massifs. fairways et bunker ou practice.
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C 4 182 − 16 © Techniques de l’Ingénieur, traité Construction
______________________________________________________________________________________________ PRATIQUE DES AMÉNAGEMENTS PAYSAGERS
■ P 310 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son ■ A 510 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans la
matériel propre ou loué, les travaux préparatoires et d’entretien des rubrique A 500, mais disposant en outre d’un bureau d’études
plantations de reboisement, sur des surfaces annuelles cumulées : permanent spécialisé et de moyens d’exécution suffisants pour
permettre la réalisation des travaux énumérés suivants :
• P 3101 : inférieures à 100 ha ;
• P 3102 : comprises entre 101 et 300 ha ; — station de pompage et/ou surpression d’un débit unitaire
• P 3103 : comprises entre 301 et 500 ha ; allant jusqu’à 25 m3/h ;
• P 3104 : supérieures à 500 ha. — mise en place de réseaux programmés pour des espaces tels
que jardins publics ou privés et terrains de sports.
■ P 302 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son
matériel propre ou loué, les travaux d’équipement, de protection et ■ A 520 : entreprise assurant toutes les activités comprises dans les
d’assainissement des surfaces boisées. rubriques A 500 et A 510, mais disposant, en plus, des moyens
techniques permettant la réalisation :
— de stations de pompage, de reprise et/ou de surpression et de
8.2.4 Arrosage intégral manuel ou automatique filtration éventuellement, d’une capacité globale supérieure à
25 m3/h avec leur tableau de commande et leur régulation ;
■ A 500 : entreprise assurant, avec son propre personnel et son — des réseaux d’arrosage intégré automatisé et des réseaux
matériel propre ou loué, la fourniture et la mise en œuvre des d’adduction pour grands espaces tels que golfs, hippodromes, parcs.
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Construction C 4 182 − 17
P
O
U
Pratique des aménagements R
paysagers
E
N
par Jean-Noël TOURNIER
Architecte-Paysagiste
Ingénieur Agronome
S
Ingénieur Horticole
Urbaniste A
V
Normalisation O
Association Française de Normalisation AFNOR
Produits de pépinières
NF V 12-053
NF V 12-054
3-80
3-80
Rosiers. Spécifications particulières.
Conifères d’ornement. Spécifications particulières.
I
NF V 12-031 3-80 Jeunes plants et jeunes touffes de pépinières fruitières
et ornementales. Spécifications générales.
NF V 12-055 3-80 Arbres d’alignement et d’ornement. Spécifications parti-
culières. R
NF V 12-032 3-80 Jeunes plants d’arbres fruitiers. Spécifications particu- NF V 12-056 3-80 Arbres d’alignement et arbustes d’ornement particuliers
lières. aux régions de climat méditerranéen ou océanique
NF V 12-037 3-80 Jeunes plants et jeunes touffes d’arbres et d’arbustes doux. Spécifications particulières.
d’ornement à feuilles caduques ou persistantes. Spéci-
fications particulières.
NF V 12-057 3-80 Arbustes à feuilles caduques ou persistantes. Spécifi-
cations particulières. P
NF V 12-051 3-80 Arbres et plantes de pépinières fruitières et ornemen-
NF V 12-052 3-80
tales. Spécifications générales.
Arbres fruitiers. Spécifications particulières.
NF V 12-058
NF V 12-059
3-80
3-80
Plantes grimpantes et sarmenteuses. Spécifications
particulières.
Plantes dites de terre de bruyère. Spécifications
L
particulières.
U
Organismes
S
Comité National Interprofessionnel de l’Horticulture (CNIH). École Supérieure d’Art des Jardins (ESAJ).
École Nationale des Ingénieurs de Travaux Horticoles (ENITH). Fédération Française du Paysage (FFP).
École Nationale Supérieure d’Horticulture (ENSH). Fédération Nationale des producteurs de l’Horticulture et des Pépinières
École Nationale Supérieure du Paysage (ENSP). (FNPHP).
5 - 1990
Doc. C 4 182