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Ble Marcel Yoro

ANTHROPOLOGIE MEDICALE
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Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en

milieu rural ivoirien 1 : approche méthodologique

Blé Marcel Yoro, Ph.D.


Université de Cocody-Abidjan

Résumé
Cet article porte sur les spécificités de la recherche qualitative en milieu rural africain,
à partir d’une recherche portant sur les manières dont s’opèrent les choix des instances
thérapeutiques dans un contexte de pluralisme thérapeutique. Nous montrons comment
la recherche qualitative, au moyen des entrevues semi-dirigées et des observations
directes, nous a permis d’atteindre cet objectif. L’application de la recherche qualitative
en contexte africain est aussi l’occasion où le chercheur qualitatif rencontre des
difficultés propres au milieu. Ce texte nous a permis d’en évoquer quelques-unes, mais
aussi la manière dont nous avons réglé celles-ci pour atteindre nos objectifs. La
recherche qualitative se présente donc comme un outil méthodologique pouvant
permettre aux chercheurs de s’adapter au contexte africain pour la réalisation de leurs
recherches.
Mots clés
MÉDECINE TRADITIONNELLE, RECHERCHE QUALITATIVE, GUÉRISSEUR, PROPHÈTE, CÔTE
D’IVOIRE

Introduction
Quelles sont les spécificités de la recherche qualitative en milieu rural africain
en général, et ivoirien en particulier? Telle est l’interrogation principale à
laquelle nous voudrions répondre à partir de la démarche méthodologique que
nous avons adoptée à l’occasion de notre recherche en Afrique. L’objet
principal de cette dernière partait d’un constat selon lequel l’Afrique noire
contemporaine présente un large éventail de recours thérapeutiques, allant de la
médecine moderne aux médecines traditionnelles, en passant par les cultes de
guérison des religions judéo-chrétiennes ou prophétiques ou encore les
pratiques maraboutiques. À côté de ces possibilités de recours, s’ajoutent les
pratiques populaires de soins dont les principaux acteurs sont les mères, les
pères, les grands-mères et grands-pères, mais aussi tous les colporteurs de
médicaments (modernes ou traditionnels) vendus au détail à travers les villes et
villages africains.

RECHERCHES QUALITATIVES – Vol. 31(1), pp. 47-61.


RECHERCHE QUALITATIVE EN CONTEXTE AFRICAIN
ISSN 1715-8702 - http://www.recherche-qualitative.qc.ca/Revue.html
© 2012 Association pour la recherche qualitative

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48 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

Pour Dozon (1995), le succès de ce pluralisme thérapeutique en Afrique


est à la mesure de la crise des systèmes de santé et, plus globalement, de la
crise des États africains. Concernant son fonctionnement, Dozon et Sindzingre
(1986) affirment :
Ce pluralisme médical fonctionne sans exclusive : ses différentes
composantes font l’objet d’un assez grand pragmatisme de la part
des patients ou des consultants qui usent en effet de l’une comme
de l’autre et suivent des itinéraires thérapeutiques balisés aussi
bien par l’hôpital que par le guérisseur, tendant ainsi à égaliser ou
à cumuler les spécificités et les avantages de chacune (p. 46).
Cette observation, à elle seule, pose la problématique des déterminants
des recours aux soins dans un contexte pluraliste. En d’autres mots, le
questionnement de recherche pourrait être formulé ainsi : quels sont les
déterminants socioculturels locaux qui sous-tendent les choix thérapeutiques et
quel est le « drame social » (Turner, 1972) qui se joue autour de la maladie et
qui influence le processus de recherche de la guérison en milieu rural? Quelle
est l’implication de la médecine moderne et des médecines traditionnelles dans
les comportements de recherche de soins des populations?
La recherche dont il est question ici a eu lieu en pays bété 2 au
Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Gagnoa, plus
précisément dans la sous-préfecture de Guibéroua.Les raisons du choix de la
région de Guibéroua sont les suivantes :
• La première se situe sur le plan de la pertinence de cette région par
rapport à l’objet de recherche. En effet, Guibéroua est l’une des régions
forestières du pays touchées par la crise économique persistante du fait
de la mévente des produits agricoles qui sont la principale source de
revenus des paysans et, donc, l’une des régions où le pluralisme médical
est le plus fonctionnel;
• La deuxième raison est plutôt d’ordre pratique. Ce choix n’impliquait
pour nous aucun changement de terrain étant donné qu’il constitue
depuis plusieurs années notre champ d’investigation.
Plus encore, nous sommes originaire de la région, ce qui nous donnait
dès lors l’avantage de la langue, indispensable à notre avis pour réaliser un tel
travail de recherche. En effet, comme le dit Hubert (1990), « la connaissance de
la langue est d’une grande importance : il faut pouvoir communiquer
directement avec les gens, dans leur propre langue, c’est la base de
l’ethnologie » (p. 259).
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 49

Cet article vise à justifier l’opportunité de la démarche qualitative, à


montrer les conditions de son utilisation à travers le déroulement de l’enquête
sur le terrain et à relever les difficultés liées à l’usage de la démarche
qualitative en milieu rural africain en général et à Guibéroua en particulier.
Nous présenterons enfin brièvement les résultats obtenus avant de conclure.
De l’opportunité de la démarche qualitative
Avant d’en arriver à la justification de l’usage des techniques qualitatives, il
faut souligner au préalable les axes méthodologiques qui ont guidé le recueil
des données et la rédaction de notre travail. Il s’agit de l’approche par la théorie
de la représentation sociale, des approches émique et étique, et de l’approche
écologique.
Nous entendons par représentations sociales (Jodelet, 1989) les idées
plus ou moins arrêtées que les individus se sont faits de la santé et de la
maladie et qui concourent à faire un choix thérapeutique. Le choix de la théorie
de la représentation sociale nous a permis d’appréhender la connaissance
individuelle et sociale qu’ont les individus et les groupes des notions de santé,
maladie, guérison, mort et funérailles. L’importance de cette approche se
justifie par le fait que les représentations sociales préparent à l’action et
génèrent aussi un ensemble d’attentes normatives. Ainsi, elles permettent de
comprendre et d’expliquer les liens sociaux et les pratiques sociales.
Quant aux approches émique et étique, voici comment Lett (1990) les
définit :
Les construits émiques sont des récits, des descriptions et des
analyses exprimées dans des schèmes conceptuels et des
catégories considérés comme significatifs et appropriés par les
membres natifs d’une culture dont les croyances et les
comportements sont étudiés [, tandis que] les construits étiques
sont des récits, des descriptions et des analyses exprimés dans les
termes des schèmes conceptuels et des catégories considérés
comme significatifs et appropriés par la communauté des
observateurs scientifiques [Traduction] (p. 130).
La conjugaison de ces deux approches nous a permis, d’une part, d’être à
l’écoute des discours que tiennent les enquêtés eux-mêmes (sur la santé, la
maladie, la guérison, etc.) de même que les thérapeutes pour comprendre les
principes et les valeurs propres à la société bété et, d’autre part, de rendre le
plus fidèlement possible ce discours de l’intérieur à travers les canons
sociologiques et anthropologiques.
50 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

Pour ce qui est de l’approche écologique, l’un des premiers


anthropologues l’ayant appliquée (Paul, 1955) affirme qu’elle permet de
comprendre le processus dynamique déclenché par la rencontre des systèmes
médicaux non occidentaux avec la médecine occidentale. Avec lui,
l’anthropologie médicale sort définitivement de l’analyse statique des systèmes
médicaux traditionnels et débouche sur l’analyse de la rencontre entre les
systèmes médicaux. L’enjeu de l’approche écologique est donc de comprendre
le rôle des divers facteurs environnementaux (physiques, économiques,
sociaux, politiques et culturels) qui empêchent ou facilitent l’adoption de tel
comportement, de telle habitude de vie ou de telle thérapie. Les déterminants
culturels se voient toujours reconnaître un rôle majeur, mais en conjonction
avec les autres composantes de l’environnement socio-économique. Ainsi, cette
approche nous a permis, à travers le concept d’adoption que Pelto, Bentley et
Pelto (1990) considèrent comme central pour cette approche, de savoir quels
sont les facteurs culturels, biologiques et environnementaux qui interviennent
dans le choix des recours aux approches thérapeutiques.
Concernant à présent l’opportunité de l’approche qualitative dans cette
étude, il faut dire qu’elle est requise par l’objet même de la recherche. En effet,
l’étude des recours aux soins exige une fine analyse des trajectoires
thérapeutiques, de la représentation de la maladie, de la santé, mais aussi de la
guérison, des rapports de force vécus aussi bien dans la famille du malade que
dans son entourage extra familial et, enfin, des relations entre patients et
thérapeutes. L’identification des types de recours et surtout leur caractérisation
exigent des descriptions qui doivent être le fruit d’une collecte de données
auprès des personnes qui vivent ces trajectoires. Ainsi, les entrevues
semi-dirigées s’avèrent très pertinentes pour répondre à ces exigences. En effet,
comme le disent Savoie-Zajc (1997) et Patton (2002), on est justifié de choisir
l’entrevue de type qualitatif lorsque les données à recueillir sont des
perceptions, des représentations, des évaluations personnelles. Ce genre de
données doit être recueilli par un instrument qui permet et suscite l’expression
et la construction libres du discours. Ce qui doit être donné est de l’ordre du
sens qu’a telle expérience pour les personnes qui la vivent. L’entrevue de
recherche qualitative permet l’expression de ce sens parce qu’elle permet de
susciter le discours dans lequel se construit et se transmet le sens ou ce qui est
« invisible » pour les yeux et qui ne peut donc pas être observé directement.
Dans le même sens, selon Seidman (1991), l’entrevue de recherche
qualitative est appropriée lorsqu’on cherche la « signification subjective »
(p. 5) d’un phénomène ou, comme le dit Kvale (1996), lorsqu’on veut étudier
un phénomène du point de vue du sujet.
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 51

Savoie-Zajc (2009) définit l’entrevue comme suit :


L’entrevue est une interaction verbale entre des personnes qui
s’engagent volontairement dans pareille relation afin de partager
un savoir d’expertise, et ce, pour mieux dégager conjointement
une compréhension d’un phénomène d’intérêt pour les personnes
en présence (p. 339).
En complément des entrevues, nous avons eu recours aux observations
directes au sens où Peretz (1998, cité par Laperrière, 2009) définit ce terme :
« L’observation directe consiste à être le témoin des comportements sociaux
d’individus ou de groupes dans les lieux mêmes de leurs activités ou de leurs
résidences, sans en modifier le déroulement ordinaire. » (p. 316).
De plus, la compréhension des enjeux sociaux liés à la sélection des
soins requiert de cerner l’ensemble des éléments qui définissent la situation
globale du malade dans ses rapports avec les personnes susceptibles d’orienter
ce choix. Seul un recueil d’informations qualitatives prenant en compte des
dynamiques sociales relatives à la situation du malade peut aboutir aux
résultats escomptés. Comme le souligne Fassin (1992), « la seule façon
d’aborder le problème de la différenciation sociale dans le recours aux
pratiques traditionnelles paraît être qualitative au travers d’histoires de
maladies ou d’observations en situation. » (p. 163).
Une fois justifié le recours à l’approche qualitative, il convient à présent
de montrer comment s’est déroulée notre démarche de façon concrète sur le
terrain.
Le déroulement de la recherche
De façon pratique, nos enquêtes se sont déroulées en deux grandes phases : la
pré-enquête et la recherche sur le terrain proprement dite.
La pré-enquête
Au cours de cette phase, nous avons sensibilisé les populations des villages de
Kosséhoa, Galébouo et Onahio par le biais des chefs de ces villages ainsi que
les populations de Guibéroua avec le concours des autorités administratives.
Ces lieux sont ceux que nous avions préalablement retenus et leur choix tenait
compte du critère de la disponibilité ou non d’une structure moderne de soins.
Kosséhoa et Guibéroua disposent de structures modernes de soins, tandis que
les deux autres étaient considérés comme villages témoins. La logique de ces
choix répondait au besoin de comparaison des comportements de recherche de
soins selon qu’il existe ou non une structure moderne de soins dans la localité.
Mais nous avons dû abandonner cette distinction car nous nous sommes rendu
compte sur le terrain que la présence ou l’absence d’une structure moderne de
52 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

soins avait peu d’incidence sur le comportement de santé des populations. Au


cours de nos premiers entretiens, le nom du village de Bassi revenait sur toutes
les lèvres comme village de rebouteux à grande renommée. C’est ainsi que
nous avons retenu ce village comme cinquième lieu d’enquête. En outre, nous
avons été informé de la survivance du culte prophétique dénommé gbahié 3
dans le village de Bilahio alors que, selon nos informateurs, ce culte avait été
délaissé dans la quasi-totalité des villages de la région. Nous avons donc ajouté
ce village à la liste précédente. Nous avons également séjourné brièvement
dans d’autres villages de la région au cours de l’enquête proprement dite, à
savoir Dignago, Ziriwa et Basséhoa, soit pour rejoindre un malade, soit pour
rechercher des témoignages sur un cas.
Au cours de la phase de la pré-enquête, nous avons demandé à nos
interlocuteurs de nous citer les noms de tous les guérisseurs (le guérisseur est
un spécialiste des plantes médicinales) et devins-guérisseurs (le
devin-guérisseur est celui qui, en plus d’être spécialiste des plantes
médicinales, est doté d’un pouvoir de clairvoyance qui lui permet de
communiquer avec le monde invisible) proches ou lointains auxquels les gens
ont recours quand ils sont malades, mais aussi les noms des malades ayant
recours à des praticiens, qu’ils soient traditionnels ou modernes, pour
n’importe quel évènement de la vie. Nous avions ainsi un nombre élevé de
guérisseurs et de devins-guérisseurs, et aussi une liste des gens avec lesquels
nous pouvions faire des entrevues ou des observations.
L’enquête proprement dite
Nos principaux informateurs étaient composés du personnel des structures
modernes de soins, des guérisseurs, des devins-guérisseurs, des leaders
religieux et des malades.
Nous avons interrogé de façon systématique le personnel des structures
modernes de soins, soit 16 personnes. En revanche, pour les guérisseurs, seuls
ont été retenus ceux qui avaient au moins trois spécialités socialement
reconnues, soit 9 guérisseurs, tandis que pour les devins-guérisseurs qui sont au
nombre de 6, n’ont été retenus que ceux qui recevaient en moyenne (et selon
nos observations) 10 malades par mois. Les leaders religieux au nombre de 5
ont tous été interrogés sans tenir compte du nombre de malades qui les
consultaient. Il s’agit des leaders des religions catholique, protestante,
musulmane et prophétique, dont les cultes prophétiques gbahié et déima 4 La
population des non-malades était composée des hommes et femmes de 25 ans
et plus sans autre critère particulier de choix. En revanche, le choix des
malades s’est fondé sur le caractère multiépisodique de la trajectoire
thérapeutique. Nous en avons ainsi interrogés 27. Au total, les informateurs
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 53

clés composés des thérapeutes, des leaders religieux et des malades étaient au
nombre de 63 personnes.
Nous avons prioritairement rencontré les guérisseurs, les
devins-guérisseurs, les leaders religieux et les malades dont nous avions
préalablement recueilli les noms et adresses pendant la période de préparation
de l’enquête sur le terrain. Notre tâche a été facilitée par le fait que nous avions
une voiture personnelle, de sorte qu’il nous était possible de rencontrer un
praticien le matin, et revenir chez un autre le soir, d’un village à un autre. Nous
avons fait un relevé systématique de tous les thérapeutes locaux socialement
reconnus comme tels, vivant dans les villages d’enquête et campements
environnants, et nous avons enquêté par entrevue semi-dirigée auprès des
spécialistes les plus importants pour connaître leur champ d’activité, leurs
réseaux d’apprentissage, leur clientèle, les rapports de collaboration entre eux
et avec le personnel médical des structures modernes de soins. Nous les
observions pendant les consultations, mais observions aussi leurs lieux de
consultation, qui étaient pour certains une case à la périphérie du campement,
et, pour d’autres, une partie du salon de la maison conjugale. Il s’agissait donc
d’une exploration dans l’univers de l’autre. C’est à juste titre que Kvale (1996)
compare l’interviewer à un voyageur qui observe et recueille tout ce dont il a
besoin pour faire une belle histoire par la suite.
Concernant les malades, nous leur rendions visite régulièrement et nous
les interrogions sur leurs maux, les thérapies en cours et les antérieures de
même que sur les interprétations successives de leurs maux qui les avaient fait
aboutir au praticien, dans un esprit d’ouverture. En effet, l’entrevue de
recherche qualitative exige une grande ouverture de la part de l’interviewer.
Kvale (1996) parle de naïveté délibérée dans le sens d’une grande curiosité,
d’un grand intérêt pour ce que dit la personne, d’une confiance en la
congruence de la personne et d’une ouverture à la nouveauté et à l’inattendu.
Les entrevues individuelles d’une durée moyenne de deux heures avaient
lieu en tête-en-tête avec le praticien ou avec le malade. C’était seulement quand
la personne était trop malade pour parler que la présence des parents à ses côté
s’imposait, surtout quand il s’agissait d’évoquer des recours thérapeutiques
antérieurs, car certains malades en oubliaient trop souvent les différentes
étapes. Pour les malades incapables de parler, le discours sur le mal était
produit soit par le thérapeute, soit par l’entourage du malade. Les
accompagnateurs du malade, que Janzen (1995) appelle le groupe organisateur
de la thérapie, généralement des proches parents, n’étaient pas forcément ceux
qui l’avaient suivi dans des périples antérieurs. Dans ce cas, nous cherchions si
54 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

possible à rencontrer celui ou ceux qui avaient accompagné le malade dans ses
recours antérieurs.
Concernant les non-malades, nous accompagnions souvent des villageois
au champ soit pour extraire le bangui (vin de palme), soit pour les aider à
défricher leurs plantations de cacao, de café ou leurs champs de riz. Cette
pratique avait pour but de favoriser notre intégration au sein de la communauté
et à mettre nos interlocuteurs en confiance. En effet, « le rôle de l’interviewer
consiste simplement à faciliter, par ses attitudes et ses interventions, la libre
expression des points de vue » (Poupart, 1997.p. 183). Il cherche aussi à mettre
le répondant en confiance afin de lui permettre de s’exprimer aisément (Boutin,
1997; Pauzé, 1984; Savoie-Zajc, 1997). Cette attitude avait aussi pour but
d’améliorer nos relations avec nos informateurs. Comme le dit Poupart :
Pour favoriser l’établissement d’une bonne relation avec les
interviewés, les interviewers vont se plier aux règles élémentaires
de sociabilité, telles qu’accepter une boisson ou prendre le temps
de bavarder de choses et d’autres avant que l’entretien débute.
Cette dernière dimension qui passe souvent inaperçue, fait appel à
la connaissance implicite de conventions sociales et à la capacité
de composer avec celles-ci. Elle illustre bien en quoi la réalisation
d’entrevues suppose que les interviewers recourent à l’ensemble
de leurs compétences sociales dans le but d’entrer en relation avec
les autres (1997, p. 191).
Ces moments étaient mis à profit pour poser quelques questions à propos
de notre sujet d’étude. Étaient ainsi abordées, notamment avec les vieux, les
questions relatives aux traditions médicales bétés, les différents types de
maladies, les causes présumées de celles-ci, les itinéraires thérapeutiques
récurrents, les facteurs explicatifs de ces choix, etc. Il était aussi question des
histoires de maladies incurables et ce qui fait la différence entre les médecines
moderne et traditionnelle. En retour, nous étions souvent soumis, par nos
interlocuteurs, à des questions relatives au mode de vie en ville et
particulièrement dans l’univers universitaire. Nous étions donc souvent dans
une situation d’enquêteur enquêté. Bien entendu, nous répondions à toutes
leurs préoccupations pour les inciter à répondre aux nôtres.
Un an après notre premier séjour sur le terrain nous avons réalisé un
deuxième séjour pour des recherches complémentaires sur des points que nous
avions oubliés ou que nous ne comprenions pas bien. Nous avons profité de ce
moment pour acquérir des nouvelles de certains malades que nous avions
quittés en traitement.
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 55

Les difficultés rencontrées sur le terrain


Nous avons rencontré nos premières difficultés avec les guérisseurs et les
devins-guérisseurs. En effet, le domaine de la médecine traditionnelle étant
celui où le secret est recommandé, car le savoir ne doit être transmis qu’aux
initiés, l’attitude des guérisseurs et des devins-guérisseurs variait. C’est ainsi
que certains guérisseurs hésitaient beaucoup et manifestaient une certaine
réticence à nous parler, soit parce qu’ils ne savaient pas trop ce que nous
allions faire des informations que nous recueillions, soit parce qu’ils avaient
peur tout simplement de parler devant un magnétophone. Il fallait alors trouver
quelqu’un dans le village en qui ils avaient confiance et avec qui ils se sentaient
en sécurité, afin de favoriser leur parole. D’autres encore (y compris des
profanes) nous prenaient soit pour un médecin et nous réclamaient par
conséquent des médicaments ou nous décrivaient tout simplement leurs maux,
soit pour quelqu’un qui était envoyé par l’administration et qui venait enquêter
sur eux afin de les poursuivre par la suite, surtout qu’il régnait encore un climat
de suspicion politique à la suite des élections présidentielles de 1995. Dans ces
cas, nous leur expliquions que nous étions étudiant et que c’étaient nos maîtres
qui souhaitaient savoir comment on se soigne chez nous au village. Nous
montrions même à certains, plus réticents, des attestations de notre statut et leur
expliquions que nos études avaient un intérêt pour la société bété restée
longtemps méconnue dans le domaine des pratiques sanitaires.
En outre, l’enquête dans sa première phase a eu lieu en plein travaux
champêtres (surtout les mois de février, mars, avril, mai) où femmes et
hommes travaillaient dans leurs champs de cacao, café, et dans leurs rizières.
Certains villageois dormaient dans les campements et ne venaient au village
que le jour de marché qui variait d’un village à l’autre. Ainsi nous faisions
souvent le déplacement pour les y rejoindre, ceci pour les mettre en confiance :
« Cette démarche de mise en confiance implique que le chercheur accorde du
pouvoir aux répondants notamment en leur laissant le choix du lieu de la
rencontre ou en se rendant dépendant de leur disponibilité » (Savoie-Zajc,
1997, p. 270).
Une autre difficulté résulte de l’image que les populations rurales se sont
faites des chercheurs en général. « Ils posent trop de questions », tel est le
jugement porté sur les chercheurs, au point que certains interlocuteurs nous
évitaient quand ils savaient ne pas avoir assez de temps à nous consacrer. En
général les hommes étaient disponibles dans l’après midi, à partir de 16 heures,
tandis que les femmes ne l’étaient qu’aux environs de 19 heures. Mais, même à
cette heure, quand elles rentrent des champs, elles s’adonnent aux activités
ménagères. Par conséquent, il était particulièrement difficile de poser des
56 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

questions aux femmes en dehors des jours de repos, c’est-à-dire les jours de
marché. Une autre difficulté avec les femmes, notamment les malades, était que
nous n’étions pas autorisé ou habilité à leur poser certaines questions sur des
maladies jugées intimes telles que les questions de stérilité chronique, de
maladies sexuellement transmissibles, de maladies dues à un avortement, de
maladies incurables comme le sida. Dans ce cas, nous faisions appel à d’autres
femmes en qui elles avaient confiance pour mener l’entrevue pour nous. Nous
avons rencontré la même réticence avec certains hommes malades de maladies
présumées honteuses comme la hernie et l’épilepsie. Là encore, nous avions
recours à une tierce personne pour obtenir les informations dont nous avions
besoin.
Bien que nous parlions parfaitement la langue locale et que nous
partagions tout avec les villageois (nous mangions ensemble, allions extraire le
bangui ensemble, accompagnions certains malades, etc.), nous restions toujours
le gômla, c’est-à-dire le blanc, l’intellectuel, mais aussi l’homme qui vient de la
ville avec beaucoup d’argent. De ce fait, nous étions souvent sollicité
financièrement par des villageois, qui pour ouvrir une boutique de boisson
alcoolisée, qui pour acheter un médicament, qui pour aller à l’hôpital en ville.
De temps à autre, l’on nous demandait aussi d’accompagner des malades en
ville à des heures tardives. Certains guérisseurs pensaient même que nous
allions voler leurs connaissances pour aller les vendre aux blancs. Après nos
explications, ils acceptaient de nous parler tout en évitant d’évoquer les noms
des plantes médicinales qu’ils utilisent pour soigner leurs malades.
Au fur et à mesure que notre séjour s’allongeait, nous remarquions que
les gens ne s’empressaient plus pour nous accueillir. Il arrivait même que
certains venaient en retard aux rendez-vous quand ils ne s’absentaient pas tout
simplement. La plupart pensaient que nous allions leur distribuer de l’argent.
D’autres faisaient même exprès, quand ils savaient que nous venions pour leur
poser des questions, d’évoquer la situation de précarité qu’ils vivaient, ou
même réclamaient systématiquement de l’argent pour manger avant de
répondre à nos questions.
Dans la mesure de nos possibilités, nous répondions à leurs sollicitations
dans l’intérêt de notre recherche.
Les résultats dont nous allons faire à présent un résumé succinct
proviennent des enquêtes que nous avons menées dans les conditions décrites
ci-dessus.
Les résultats obtenus
Rappelons que l’objet de notre recherche dans le contexte socioculturel bété
était les représentations et les pratiques des usagers et des spécialistes des
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 57

médecines. Ces représentations et pratiques ont été analysées et confrontées à


l’éclairage des variables sexe, âge, situation matrimoniale, et religion. Les
données ainsi recueillies à partir de techniques qualitatives, notamment les
entrevues semi-dirigées et les observations directes, révèlent que le pluralisme
thérapeutique à Guibéroua renvoie d’une part à une situation économique
nationale précaire se traduisant par une insuffisance des ressources matérielles
et humaines, mais aussi, d’autre part, à une inégale répartition de ces
ressources, qui accordent la primauté aux zones urbaines au détriment des
zones rurales. Ainsi, les comportements de recherche de soins des populations
qui se caractérisent par le recours aux médecines autres que la médecine
moderne, soit en alternance, soit de façon concomitante, visent à combler ce
dysfonctionnement du système sanitaire moderne. D’autre part, les pratiques et
les représentations qui les sous-tendent renvoient à une logique pragmatique et
d’efficacité. Cette logique est dans certains cas plus prégnante que les
déterminants financiers ou idéologiques. Elle explique qu’une personne utilise
les médecines traditionnelles ou autres, non à cause de problèmes financiers,
mais parce qu’elle croit en leur efficacité. C’est ainsi que nous avons souhaité
une amélioration de l’organisation des médecines traditionnelles africaines
notamment à cause de leur efficacité réelle et de leur complémentarité avec la
médecine moderne.
Conclusion
Rappelons pour conclure que la question de recherche de cette étude est la
suivante : quelles sont les spécificités de la recherche qualitative en contexte
africain? Pour répondre à cette interrogation, nous avons eu recours aux
recherches que nous avons menées en milieu rural bété, au centre-ouest de la
Côte d’Ivoire, portant sur les déterminants des choix thérapeutiques dans un
contexte de pluralisme thérapeutique.
Il ressort des analyses que l’approche qualitative s’avère pertinente pour
cette étude en regard du type de données à recueillir, à savoir, entre autres, les
représentations de la maladie, de la santé, de la guérison, les rapports de force
vécus dans la famille du malade et dans son entourage, les relations entre
patients et thérapeutes, ainsi que l’identification des types de recours et leur
caractérisation. Tous ces éléments d’information qui exigent des descriptions
ont pu être obtenus grâce à des entrevues semi-dirigées et des observations
directes auprès des personnes vivant ces trajectoires. L’approche qualitative
s’est donc avérée très pertinente pour cette étude. En effet, « on choisit
l’entrevue de recherche qualitative lorsque l’information dont on a besoin ne
peut être que donnée par les personnes qui la possèdent » (Daunais, 1992,
p. 253). Comme le disent Mayer, Ouellet, Saint-Jacques et Turcotte (2000) :
58 RECHERCHES QUALITATIVES / VOL. 31(1)

Décider de recourir à l’entretien […] c’est considérer qu’il est plus


pertinent de s’adresser aux individus eux-mêmes que d’observer
leur conduite et leur rendement à certaines tâches ou obtenir une
autoévaluation à l’aide de divers questionnaires (p. 116).
L’application de la démarche qualitative a nécessité un ensemble de
conditionnalités : la connaissance de la langue locale, de l’organisation sociale,
culturelle, économique et politique; un long séjour sur le terrain; et une enquête
de proximité. Comme le dit Paillé (1996) à propos de la recherche qualitative,
« la recherche menée comprend presque toujours un contact personnel et
prolongé avec un milieu ou des gens et une sensibilité à leur point de vue (ou
perspective, expérience, vécu, etc.) » (p. 196).
L’étude a révélé en outre des difficultés propres au milieu africain, à
savoir la suspicion d’usurpation (de la part des guérisseurs et des
devins-guérisseurs) des connaissances des thérapeutes par le chercheur, le refus
des enquêtés à répondre à certaines questions jugées intimes ou en rapport avec
l’intimité présumée de la répondante ou du répondant, la résistance à se faire
enregistrer à l’aide d’un magnétophone, les représentations que les populations
se sont faites des chercheurs, c’est-à-dire des gens posant trop de questions et
qu’il fallait éviter par moment, l’influence du statut de chercheur et d’envoyé
de l’administration ou des blancs, sur les enquêtés, etc. Mais la souplesse
propre à la démarche qualitative (Gorden, 1980) a permis de surmonter ces
difficultés pour atteindre les objectifs de la recherche.
La souplesse est une qualité essentielle au bon déroulement de
l’entrevue. L’intervenant doit toujours, lorsqu’il s’aperçoit que son
plan n’est pas adéquat, qu’il ne mène nulle part ou néglige des
points essentiels aux yeux de son interlocuteur, être prêt à
modifier ou même à abandonner complètement son plan (Pauzé,
1984, p. 69).
Wengraf (2001) parle d’une double attention de la part de l’interviewer,
attention aux propos de l’interviewé, bien sûr, mais aussi attention aux
stratégies d’adaptation propres à l’entrevue réalisée dans le cadre de tel projet
de recherche.
Il résulte de tout ce qui précède que l’approche qualitative est une
démarche pertinente pour des recherches en contexte africain.
YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 59

Notes
1
République de Côte d’Ivoire.
2
Selon Dozon (1985), le pays bété « dessine grossièrement un vaste triangle orienté
nord-ouest/sud-est, dont les sommets représentent ses pôles urbains : Daloa, Gagnoa et
Soubré » (p. 25).
3
Gbahié est le nom du prophète fondateur dont l’esprit s’est incarné après sa mort en
son petit frère Koudou Jeannot. Celui-ci, du groupe ethnique dida, habitait la localité de
Zoukoubré, non loin de la ville de Lakota. Il fut le prophète de ce culte au milieu des
années 80.
4
Déima est la religion créée par la prophétesse Bagué Honoyo (1892-1950) née à
Gagoué en pays dida au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Elle reçut l’appellation
coutumière de Guigba Dahonon. Par la suite, ses fidèles lui donnèrent le nom familier
de Marie Lalou, et elle-même s’attribua celui de Bagué Honoyo.

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YORO / Pluralisme thérapeutique et recours aux soins en milieu rural ivoirien… 61

Blé Marcel Yoro est socioanthropologue de la santé et détient un doctorat unique de


l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est enseignant-chercheur à l’Institut des
sciences anthropologiques de développement (ISAD) de l’Université de
Cocody-Abidjan en Côte d’Ivoire et chef du département de socioanthropologie de cet
institut. Il est aussi responsable du pôle Santé de l’Association nationale des
anthropologues et sociologues de Côte d’Ivoire (ANAS-CI). Ses projets de recherche
en cours portent sur l’apport de la culture africaine à la prévention et à la gestion des
conflits, sur les définitions contemporaines de la santé et de la maladie chez les
Ivoiriens, ainsi que sur le rôle du sacré dans les représentations religio-thérapeutiques
des Bétés de Côte d’Ivoire. Blé Marcel Yoro s’intéresse également aux méthodes
qualitatives pour lesquelles il est chargé des enseignements à l’ISAD.

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