01.notions de Logique
01.notions de Logique
1 baccalauréat scientifique
MATHÉMATIQUES
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de
coours
Notions de logique
• Notions de logique
1. Proposition
Définition
On appelle proposition (ou assertion) tout énoncé mathématique, noté P, dont on peut dire s‛il est
vrai (V) ou s‛il est faux (F), mais jamais les deux à la fois.
Exemple
4. P4 : ”L‛intersection des deux intervalles 0; 5 et 0; 1 est l‛intervalle 0; 1 ” est une proposition
fausse.
Définition
On appelle négation d‛une proposition P la proposition notée ”non P ”, qui est vraie lorsque P est
fausse et qui est fausse lorsque P est vraie.
Remarques
⋄ La proposition non P est aussi notée ¬P ou encore P.
Exemple
2. À partir de la proposition P2 : ”25 est un multiple de 7” (qui est fausse), on peut former la
proposition non(P2 ) : ”25 n‛est pas un multiple de 7” qui est vraie.
3. À partir de la proposition P3 : ”35 53 ” (qui est vraie), on peut former la proposition non(P3 ) :
∨
”35 ≤ 53 ” qui est fausse.
Définition
Soit P et Q deux propositions.
On appelle conjonction de P et Q la proposition notée ”P et Q”, qui est vraie lorsque les deux propo-
sitions P et Q sont simultanément vraies , et qui est fausse quand l‛une au moins des propositions P
et Q est fausse.
P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F
Remarques
Exemple
nément vraies.
2. À partir des deux propositions suivantes : P1 : ”2 + 2 = 4” ; P2 : ”25 est un multiple de 7”
on peut former la proposition R : ”2 + 2 = 4 et 25 est un multiple de 7” qui est fausse, car P2
est fausse.
Définition
Soit P et Q deux propositions.
On appelle disjonction de P et Q la proposition notée ”P ou Q”, qui est vraie lorsque l‛une au moins des
propositions P et Q est vraie, et qui est fausse quand les deux propositions P et Q sont simultanément
fausses.
P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
Remarques
Exemple
∨
on peut former la proposition Q : ”2 + 2 = 4 ou 35 53 ” qui est vraie, car P1 et P3 sont vraies.
∨
Définition
Soit P et Q deux propositions.
On appelle implication de P et Q la proposition ”non P ou Q”, notée ”P ⇒ Q”, qui est fausse lorsque
P est vraie et Q est fausse, et qui est vraie dans tous les autres cas.
Remarques
⋄ La proposition ”P ⇒ Q” se lit :
– P implique Q.
– Si P alors Q.
– P est une condition suffisante pour Q.
– Q est une condition nécessaire pour P.
⋄ La proposition ”Q ⇒ P” est appelée implication réciproque de la proposition ”P ⇒ Q”.
⋄ il n‛y a en général aucun lien logique entre une implication et sa réciproque : il se peut que l‛une
soit vraie et l‛autre soit fausse.
Exemple
∨
on peut former la proposition Q : ”2 + 2 = 4 ⇒ 35 53 ” qui est vraie, car P1 et P3 sont vraies.
∨
2. À partir des deux propositions suivantes : P1 : ”2 + 2 = 4” ; P2 : ”25 est un multiple de 7”
on peut former la proposition R : ”Si 2 + 2 = 4 alors 25 est un multiple de 7” qui est fausse, car
P1 est vraie et P2 est fausse .
3. À partir des deux propositions suivantes : P2 : ”25 est un multiple de 7” ; P4 : ”1 – π ∈ D”
on peut former la proposition S : ”Si 25 est un multiple de 7 alors 1 – π ∈ D” qui est vraie , car
P2 est fausse.
Définition
Soit P et Q deux propositions.
On appelle équivalence de P et Q la proposition ”P ⇒ Q et Q ⇒ P”, notée ”P ⇐⇒ Q”, qui est vraie
lorsque P et Q sont simultanément vraies ou fausses, et qui est fausse dans les autres cas.
P Q P⇒Q Q⇒P P ⇐⇒ Q
V V V V V
V F F V F
F V V F F
F F V V V
Remarques
⋄ La proposition ”P ⇐⇒ Q” se lit :
– P si et seulement si Q.
– P est équivaut à Q.
– P et Q sont équivalentes.
⋄ La proposition ”Q ⇐⇒ P” a la même valeur de vérité que la proposition ”P ⇐⇒ Q”.
⋄ Deux propositions sont équivalentes ont la même valeur de vérité.
7
Exemple
∨
on peut former la proposition Q : ”2 + 2 = 4 ⇐⇒ 35 53 ” qui est vraie, car P1 et P3 sont vraies.
∨
2. À partir des deux propositions suivantes : P1 : ”2 + 2 = 4” ; P2 : ”25 est un multiple de 7”
on peut former la proposition R : ”2 + 2 = 4 si et seulement si 25 est un multiple de 7” qui est
fausse, car P1 est vraie et P2 est fausse .
3. À partir des deux propositions suivantes : P2 : ”25 est un multiple de 7” ; P4 : ”1 – π ∈ D”
on peut former la proposition S : ” 25 est un multiple de 7 est équivaut à 1 – π ∈ D” qui est vraie
, car P2 et P4 sont fausses.
1. Fonction propositionnelle
Définition
On appelle fonction propositionnelle tout énoncé mathématique contenant une (ou plusieurs) va-
riable(s) appartenant à un ensemble E qui devient une proposition, quand on remplace chacune de
ses variables par des éléments particuliers de E.
Remarques
⋄ Une proposition peut être considérée comme une fonction propositionnelle sans variable qui est
toujours vraie ou toujours fausse.
Exemple
1. On considère la fonction propositionnelle P(n) définie sur N par : ” n est un entier naturel
premier”
On a :
a. P(2) : ” 2 est un nombre premier” est une proposition vraie.
b. P(4) : ” 4 est un nombre premier” est une proposition fausse.
2. On considère la fonction propositionnelle P(x) définie sur R par : ”Si x 1 alors x 3”
∨
On a :
√ √ √
a. P( 2) : ” 2 1 ⇒ 2 3” est une proposition fausse.
∨
2. Proposition quantifiée
À partir d‛une fonction propositionnelle P(x) définie sur un ensemble E, on peut construire de nouvelles
propositions que l‛on appelle propositions quantifiées, en utilisant les quantificateurs ” quel que soit ”
et ” il existe au moins”.
Définition
Soit P(x) une fonction propositionnelle défini sur un ensemble E.
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1. On appelle quantificateur universel le symbole ”∀”, se lit ” quel que soit ”, qui permet de former
la proposition quantifiée :
” ∀x ∈ E, P(x) ”
qui est vraie si P(x) est vraie pour tous les éléments x de E, et qui est fausse si P(x) est fausse
pour au moins un élément x de E.
2. On appelle quantificateur existentiel le symbole ”∃”, se lit ” il existe au moins”, qui permet de
former la proposition quantifiée :
” ∃x ∈ E, P(x) ”
qui est vraie si P(x) est vraie pour au moins un élément x de E, et qui est fausse si P(x) est
fausse pour tous les éléments x de E.
Remarques
Exemple
Propriété
Soit P(x) une fonction propositionnelle défini sur un ensemble E.
1. La négation de la proposition ” ∀x ∈ E, P(x) ” est la proposition ” ∃x ∈ E, non(P(x)) ”.
2. La négation de la proposition ” ∃x ∈ E, P(x) ” est la proposition ” ∀x ∈ E, non(P(x)) ”.
Exemple
”∃x ∈ R, x 1 et x ≤ 3”.
∨
1. Loi logique
Définition
On appelle loi logique toute proposition composée de plusieurs propositions (P, Q, R, . . . ) à l‛aide des
connecteurs logiques (∨, ∧, ⇒ et ⇐⇒), qui est vraie quelles que soient les valeurs de vérité qui la
composent.
Exemple
Propriété
Soit P, Q et R trois propositions.
1. ” P et Q ⇐⇒ P ou Q ” et ” P ou Q ⇐⇒ P et Q ” sont deux lois logiques (lois de Morgan).
2. ” P ⇒ Q ⇐⇒ Q ⇒ P ” est une loi logique (principe de contraposition).
3 . ” P ⇒ Q et P ⇒ Q ⇐⇒ P ” est une loi logique (principe de l‛absurde).
4. ” P ⇒ Q et P ⇒ Q ⇒ Q ” est une loi logique (principe de disjonction de cas).
5. ” P ⇒ Q et Q ⇒ R ⇐⇒ P ⇒ R ” est une loi logique (principe de transitivité de l‛implica-
tion).
6. ” P ⇐⇒ Q et Q ⇐⇒ R ⇐⇒ P ⇐⇒ R ” est une loi logique (principe de transitivité de
l‛équivalence).
Méthode
Soit P et Q deux propositions.
Démontrer que la proposition ”P ⇒ Q” est vraie, par contraposition, consiste à démontrer que la
proposition ”Q ⇒ P” est vraie.
Dans la pratique, on suppose que Q est vraie et on montre que P est vraie.
Exemple
1. Montrons que pour tout entier naturel n, si n2 est un nombre pair alors n est un nombre pair.
Soit n un nombre entier naturel. On va raisonner par contraposition, en démontrant :
On suppose que n est un nombre impair, donc il existe un entier naturel k tel que : n = 2k + 1
2
D‛où n2 = 2k + 1 = 4k2 + 4k + 1 = 2p + 1, où p = 2k2 + 2k
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Par conséquent, n2 est un nombre impair. ce qui démontre que pour tout entier naturel n :
∨
x y
Par contraposition, on a : ∀x ∈ R+ ∀y ∈ R+ x ̸= y ⇒ ̸= .
y+1 x+1
Méthode
Soit P une proposition.
Démontrer que la proposition ”P” est vraie, par l‛absurde, consiste à supposer que ”P” est vraie et on
montre que cela entraîne une contradiction.
Remarques
⋄ Pour montrer, par l‛absurde, que la proposition ”P ⇒ Q” est vraie, on suppose que ”P” et ”nonQ”
sont vraies et on montre que cela conduit à une contradiction.
Exemple
x2 + 2
1. Montrons que pour tout x de R : ̸= 1.
x2 + 1
Supposons par l‛absurde que l‛énoncé soit faux. Dans ce cas, il existe un réel x de R tel que :
x2 + 2
= 1 ⇐⇒ x2 + 2 = x2 + 1 ⇐⇒ 2 = 1, ce qui est absurde (contradiction)
x2 + 1
x2 + 2
Donc ∀x ∈ R, 2 ̸= 1.
x +1
2. Montrons que pour tout entier naturel n, si n2 est un nombre pair alors n est un nombre pair.
On suppose qu‛il existe un entier naturel n tel que :
Comme n est un nombre impair, donc il existe un entier naturel k tel que n = 2k + 1
2
On a alors n2 = 2k + 1 = 4k2 + 4k + 1 = 2p + 1, où p = 2k2 + 2k
Par conséquent, n2 est un nombre impair, ce qui contredit l‛hypothèse que n2 est un nombre pair
Donc pour tout entier naturel n, si n2 est un nombre pair alors n est un nombre pair.
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Méthode
Soit P(x) une fonction propositionnelle définie sur un ensemble E .
Démontrer que ”P(x)” est vraie pour tout élément x de E, par disjonction de cas, consiste à séparer
le raisonnement suivant toutes les valeurs que peut prendre x.
Exemple
n(n + 1)
1. Montrons que pour tout entier naturel que ∈ N.
2
On considère deux cas : ”n est pair” et ”n est impair”
a. Si n est pair alors il existe un entier naturel k tel que : n = 2k
n(n + 1)
d‛où = k(2k + 1) qui est un entier naturel.
2
b. Si n est impair alors il existe un entier naturel k tel que : n + 1 = 2k
n(n + 1)
d‛où = (2k + 1)k qui est un entier naturel.
2
n(n + 1)
On a bien montré que pour tout entier naturel que ∈ N.
2
2. Montrons que pour tout x de R : x – 1 x2 + 2.
∧
Ainsi x – 1 x2 + 2.
∧
b. Si x 1 alors x – 1 = 1 – x
∧
Ainsi x – 1 x2 + 2.
∧
Méthode
Soit P, Q et R trois propositions.
Pour montrer que la proposition ”P ⇐⇒ Q” est vraie, On distingue deux méthodes :
1. On établit une suite d‛équivalence entre P et Q, en préservant les équivalences à chaque étape,
alors on procède comme suit : P ⇐⇒ · · · ⇐⇒ · · · ⇐⇒ Q.
2. On raisonne généralement par double implications : on montre que ”P ⇒ Q” et vraie, puis que
”Q ⇒ P” l‛est aussi.
Exemple
√
1. Montrons que pour tout x de R+ : x – 2 = x ⇐⇒ x = 4.
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Soit x ∈ R+
√
x–2= x ⇐⇒ (x – 2)2 = x et x–2≥0
2
⇐⇒ x – 5x + 4 = 0 et x ≥ 2
⇐⇒ (x – 4)(x – 1) = 0 et x ≥ 2
⇐⇒ x = 4 ou x = 1 et x ≥ 2
⇐⇒ x = 4 et x ≥ 2 ou x = 1 et x ≥ 2
⇐⇒ x = 4
√
On a bien montré, par une succession d‛équivalences, que pour tout x de R+ : x–2 = x ⇐⇒ x = 4.
2. Montrons que pour tous x et y de R : x2 + y2 = 0 ⇐⇒ x = y = 0. Soit x; y ∈ R2
a. Montrons d‛abord que : x = y = 0 ⇒ x2 + y2 = 0
si x = y = 0, alors on a : x2 + y2 = 02 + 02 = 0.
b. Montrons que : x2 + y2 = 0 ⇒ x = y = 0
si x2 + y2 = 0, alors x2 = –y2 ≤ 0
Comme x2 ≥ 0, on en déduit que x2 = y2 = 0, donc x = y = 0.
On a bien montré, par double implication, que : ∀ x; y ∈ R2 x2 + y2 = 0 ⇐⇒ x = y = 0.
Méthode
Soit n0 un entier naturel et P(n) une fonction propositionnelle définie sur l‛ensemble N .
Démontrer que ”∀n ≥ n0 , P(n)” est vraie, par récurrence, consiste à procéder en deux étapes :
1. On démontre que P(n0 ) est vraie.
2. On fixe n ≥ n0 et on suppose que P(n) est vraie, on démontre alors que P(n + 1) est aussi vraie.
Ces deux étapes suffisent à démontrer que ”∀n ≥ n0 , P(n)” est vraie.
Exemple
1. Montrons que pour tout n de N, le nombre 10n – 1 est divisible par 9.
Pour tout n de N, on pose P(n) : ”10n – 1 est divisible par 9”
a. Pour n = 0, on a 100 – 1 = 0 est divisible par 9, donc P(0) est vraie.
b. Soit n ∈ N. Supposons que P(n) : ”10n – 1 est divisible par 9” est vraie
et montrons que P(n + 1) : ”10n+1 – 1 est divisible par 9” est vraie
On a ”10n – 1 est divisible par 9”, c‛est à dire qu‛il existe un entier naturel k tel que :
10n – 1 = 9k
c‛est à dire ∃k ∈ N 10n = 9k + 1
D‛où ∃k ∈ N 10n+1 – 1 = 10 9k + 1 – 1 = 9 × 10k + 10 – 1 = 9 10k + 1 , avec 10k + 1 ∈ N
On a bien montré, par récurrence, que pour tout n de N, le nombre 10n – 1 est divisible par 9.
n
X n n+1
∗
2. Montrons que pour tout n de N , k = 1 + 2 + 3 + ··· + n = .
2
k=1
n
X n n+1
∗
Pour tout n de N , on pose P(n) : ” k = 1 + 2 + 3 + ··· + n = ”
2
k=1
13
X
1
1 1+1
a. Pour n = 1, on a k = 1 et = 1, donc P(1) est vraie.
2
k=1
n
X n n+1
b. Soit n ∈ N∗ .
Supposons que P(n) : ” k = 1 + 2 + 3 + ··· + n = ” est vraie
2
k=1
n+1
X n+1 n+2
et montrons que P(n + 1) : ” k = 1 + 2 + 3 + ··· + n + 1 = ” est vraie
2
k=1
On a
n+1
X
k = 1 + 2 + 3 + ··· + n + 1
k=1
+ · · · + +n} + n + 1
= 1| + 2 + 3 {z
n n+1
= + n+1
2
n n+1 +2 n+1 n+1 n+2
= =
2 2
n
X n n+1
On a bien montré, par récurrence, que : ∀n ∈ N∗ k = 1 + 2 + 3 + ··· + n = .
2
k=1