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1.4. Eléments constitutifs
On distingue trois parties :
- L’ossature, qui comprend la partie portante (solives en bois, fer, Béton armé, poutrelles,
nervures en béton armé) et le hourdis de remplissage ou la dalle pleine.
- Le revêtement, posé sur la partie portante et qui constitue le sol fini.
- Le plafond (enduit plâtre, tôle d’acier, enduit ciment, …).
1.5. Typologie
Les planchers entrent dans de grandes catégories selon :
Le système porteur vertical.
Le matériau.
Les ouvertures.
1.5.1. Selon le système porteur vertical
Les trois principaux systèmes porteurs verticaux sont :
La construction murale massive.
La construction à pans de murs.
La construction à ossature.
Figure 1.1. Les trois principaux systèmes porteurs verticaux
En fonction d’un premier choix du système porteur vertical et des dimensions des portées désirées, il
est possible d’optimiser le type de plancher. De la direction de portance d’un système de plancher,
c’est-à-dire de sa propriété à transmettre les charges aux supports verticaux, dans une direction
privilégiée ou de tous côtés, de façon linéaire ou ponctuelle, découle sa relation à la structure du
bâtiment. La vérification inverse est aussi valable, par exemple, d’un système de poutres découlera un
système à pans de murs, un système de construction massive n’est pas nécessaire et un système
ossature est impossible, du moins sans moyens auxiliaires. La coordination de systèmes de planchers 5
prédéterminés et des structures verticales pourrait être l’élément directif d’un choix, mais l’association
de tous les arguments, à commencer par l’utilisation, par l’aménagement et par la possibilité de
transformation sont des préalables plus importants à la décision.
1.5.2. Selon le matériau
Chaque élément constructif ne peut travailler que dans les limites du matériau le composant. Ainsi, le
matériau influencera, à travers ses particularités intrinsèques, la capacité de résistance aux charges, la
continuité structurale et naturellement les caractéristiques thermos acoustiques, de résistance au feu et
de durabilité du plancher. Celui-ci travaillant en flexion, on choisira des matériaux qui ont une
résistance à la traction, c’est-à-dire l’acier, le béton armé, soit des matériaux habituels dans le
bâtiment. Mis à part quelques cas où le matériau est imposé pour des raisons esthétiques ou
commerciales, ou devant une situation de pénurie limitant le choix, les caractéristiques du matériau de
structure horizontale correspondent logiquement aux exigences de la géométrie recherchée.
1.5.2.a. Le bois
N’est plus beaucoup utilisé bien que ses propriétés le rendent encore compétitif dans certains
domaines. On le voit particulièrement dans les habitations individuelles. Mais, par exemple, les
qualités du lamellé-collé font qu’on le trouve en génie chimique (teinturerie industrielles) ou en génie
rural (silos à céréales), cela étant dû à la possibilité de grandes portées et à son inaltérabilité naturelle.
1.5.2.b. L’acier
Est employé sous différentes formes :
Profilés associés à un corps creux de terre cuite ou de béton.
Coffrage métallique perdu d’une dalle en béton, avec ou sans profilés.
Ouvrages mixtes béton acier.
1.5.2.c. Le béton armé
Est le matériau le plus courant à l’heure actuelle, utilisé sous de très nombreuses formes soit coulé en
place ou préfabriqué. Le plancher peut être plein, nervuré, à caissons, avec des sommiers ou des
champignons.
1.5.3. Selon les ouvertures
La nécessité d’ouvertures importantes appelées trémies peut être une contrainte dans le choix du
système de plancher et du matériau et inversement le choix de la forme structurale limite les 6
possibilités d’ouvertures. Par analogie aux baies praticables dans les murs, les ouvertures découlent de
la mise en place des éléments de construction.
1.6. Les différents types de planchers
1.6.1. Les planchers à corps creux
1.6.1.a. Définition les planchers à corps creux
Sont composés de 3 éléments principaux :
- Les corps creux ou "entrevous" qui servent de coffrage perdu (ressemblent à des parpaings).
- Les poutrelles en béton armé ou précontraint qui assurent la tenue de l'ensemble et reprennent
les efforts de traction grâce à leurs armatures.
- Une dalle de compression armée ou "hourdis" coulée sur les entrevous qui reprend les efforts
de compression.
- Le plancher est entouré par un chaînage horizontal.
Figure 1.2. Les éléments principaux d’un plancher à corps creux
1.6.1.b. Dimensions
La hauteur de l'entrevous et du plancher dépend de la portée des poutrelles. Par contre, l'entraxe entre
ces poutrelles est de 60 7
Tableau 1.1. Portée indicative du plancher en fonction de sa hauteur.
Hauteur en cm Portée pour un plancher isolé Portée pour un plancher continu
12+4 4.30 4.70
16+4 5.40 5.80
18+4 6.00 6.40
20+4 6.50 7.00
25+4 7.70 8.50
1.6.1.c. Les poutrelles
Les poutrelles supportent le plancher et transmettent ses charges à la structure porteuse.
On trouve toute une gamme de poutrelles préfabriquées sur le marché :
Poutrelle en béton précontraint par fils adhérents.
Poutrelle en béton armé.
Poutrelle treillis.
Figure 1.3. Les différents types de poutrelles
1.6.1.d. Les entrevous (hourdis)
Le rôle des entrevous consiste au départ à supporter le poids de la dalle de compression en phase de
coulage. Ce sont donc des éléments de coffrage perdu. Mais on peut aussi leur octroyer un rôle
d'isolant. 8
Figure 1.4. Schémas des entrevous en béton et des entrevous en polystyrène
Généralement les entrevous sont en béton de petits granulats. Mais, on trouve aussi dans le commerce
des entrevous en terre cuite ou en polystyrène (isolation thermique). La hauteur des éléments en béton
varie de 9 à 30 cm suivant la portée du plancher. La largeur varie de 16 à 21 cm. La longueur est
constante et correspond à un espacement des poutrelles de 60 cm.
1.6.1.e. La table de compression
Le hourdis est l'âme de ce type de plancher.
Il a généralement une épaisseur supérieure à 4 cm.
Cette dalle de compression qui est coulée en place sur les entrevous et les poutrelles doit être
correctement armée.
Figure 1.5. La table de compression 9
1.6.1.f. Mise en œuvre des planchers avec poutrelles préfabriquées
Les poutrelles sont tout d'abord posées sur les porteurs.
Leur bon écartement est assuré par la mise en place d'entrevous à chaque extrémité.
Ensuite, on pose des bastaings soutenus par des étais sous les poutrelles afin de leur permettre de
supporter la mise en œuvre du hourdis.
Les files d'étais sont posées au 1/3 de la portée pour les poutrelles BA et au 2/5 pour les poutrelles BP.
Puis, on pose les autres entrevous, le treillis et on coule le hourdis.
La pose s’effectue à partir du plan fourni par le constructeur : Préconisations de certains
constructeurs……
Pose d’une poutrelle d’extrémité.
Pose d’une seconde poutrelle d’entraxe 60 cm.
Pose des 2 entrevous d’extrémité de poutrelles.
Pose de toutes les poutrelles + 2 entrevous.
Étaiement (ou non) des poutrelles en L/2.
Pose des entrevous.
Figure 1.6. Mise en œuvre des planchers avec poutrelles préfabriquées
Coffrage « classique » des zones restantes et étude des zones particulières (trémies, renforts ponctuels,
balcons… 10
1.6.1.g. Critiques de ce mode de construction
Tableau 1.2. Les avantages et les inconvénients d’un plancher corps creux.
AVANTAGES INCONVENIENTS
C’est le type de plancher le plus employé par les
petites entreprises, car :
-Mise en œuvre facile, pas de coffrage.
-Ne nécessite pas de gros engin de levage.
-Isolation thermique améliorée.
-Le plancher est relativement léger.
-Idéal pour la confection des vides sanitaires.
-Grande épaisseur de plancher.
-Sous face à enduire.
-Portée limitée à 6 ou 7 mètres.
-Pas de souplesse de forme et de taille.
« Mauvaise » isolation acoustique.
-Nécessite beaucoup de manutentions.
-Mise en œuvre relativement longue.
1.6.1.h. Pose des planchers poutrelles - entrevous
Les divers constituants sont manuportables et ne nécessitent donc pas obligatoirement un moyen de
levage particulier.
1.6.2. Les planchers en béton arme (dalles)
Les planchers en béton armé présentent des avantages qui expliquent leur utilisation de plus en plus
répandue, non seulement le béton armé permet des réalisations variées et économique mais de plus, il
offre, par son monolithisme, des garanties d’une excellente liaison entre les différents éléments (Figure
1.7).
Figure 1.7. Plancher en béton arme (dalles) 11
Les planchers en béton armé peuvent être entièrement coulés sur place (d’où nécessité de coffrage) ;
Ils peuvent être semi-préfabriqués (les éléments préfabriqués vont servir de coffrage) ; Ils peuvent être
entièrement préfabriqués.
Dans la suite on expose les trois types de planchers les plus répandus.
1.6.2.a. Les dalles pleines en béton armé
C’est une plaque en béton armé qui peut reposer avec ou sans continuité sur 2, 3 ou 4 appuis constitués
par des poutres, des poutrelles ou des murs (Figure 1.8).
L’épaisseur à donner aux dalles résulte des conditions :
De résistance à la flexion : 1/30 à 1/35 de la portée pour une dalle reposant sur 2 appuis ; et 1/40 à
1/50 pour une dalle reposant sur 3 ou 4 cotés.
D’isolation acoustique : ≥ 16 cm.
De rigidité ou limitation de la flèche ≤ 1/500.
De sécurité vis à vis de l’incendie : on adopte une épaisseur de 7 cm pour 1 heure de coupe-feu et de
11 cm pour 2 heures de coupe-feu.
Figure 1.8. Dalle pleine
La dalle est réalisée sur un coffrage jointif recouvrant toute la surface.
Le ferraillage est simple et facile à poser, cependant la dalle est un élément plan, les efforts qui la
sollicitent doivent être repris suivant les deux directions principales d’où la nécessité de constituer un
quadrillage lors du ferraillage des dalles.
Les ouvertures nécessitées par le passage de conduites électriques ou de tuyauteries doivent être
prévues et tracées sur le plan de coffrage avant la réalisation.
1.6.2.b. Dalles coulées en place
A. Disposition des armatures
Les planchers sont généralement armés comme ci-dessous en fonction de leur chargement et des
liaisons aux appuis.
- En zone courante : En partie basse, un treillis à calculer.
- Aux appuis : Des aciers en chapeau. 12
- Aux rives : Un chaînage tout autour du plancher
Figure 1.9. Disposition des armatures dans les dalles
B. Mise en œuvre du béton
Le béton est coulé sur un coffrage préalablement mis en place.
Avant la phase de coulage, on a positionné les armatures.
Le coffrage doit rester en place tant que le béton n'est pas assez résistant pour se tenir seul. Puis, après
son démontage et pendant une vingtaine de jours, on laissera des étais sous la dalle afin d'éviter le
fluage du béton.
C. Critiques de ce procédé
Tableau 1.3. Les avantages et les inconvénients d’une dalle pleine.
AVANTAGES INCONVENIENTS
-Pas de contrainte liée à la préfabrication.
-Dalle de taille et de forme quelconque.
-Ne nécessite pas forcément un gros matériel
de levage.
-Bonne isolation aux bruits aériens.
-Bonne résistance au feu.
-Nécessite l’immobilisation de nombreux
coffrages.
-Mise en œuvre longue.
-Mauvaise résistance aux bruits d’impacts.
1.6.2.c. Les planchers champignons
C’est des dalles pleines reposant sur des points d’appuis isolés constitués par des poteaux et comme
les poteaux ont la tête évasée, on les appelle dalle champignon. Ce type de dalle est adopté lorsqu’on a
besoin d’un espace libre important sans murs avec simplement les piliers et les planchers et lorsqu’on
veut éviter la présence de poutres apparentes (Figure 1.10). Les poteaux disposés selon une trame
régulière doivent cependant être implantés de manière à ce que
la portée dans un sens ne dépasse pas 2 fois la portée dans l’autre sens.
Dans le cas de plancher champignon, l’évasement, c.a.d., l’augmentation progressive de la section du
poteau en tête s’appelle chapiteau. Le chapiteau présente une forme homothétique à celle du poteau
pour une distribution régulière des forces.
L’écartement des poteaux varie de 8 à 12 m dans chaque sens, et l’épaisseur de la dalle varie de 22 à
35 cm.
Figure 1.10. Plancher champignon
1.6.2.d. Les planchers collaborant
Ce plancher est surtout utilisé pour les constructions métalliques (Figure 1.11).
Une tôle bac en acier est placée dans la zone tendue du plancher et collabore avec le béton pa