Partie 3
Machines électriques
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Origine des machines électriques
1821: l'Anglais Michael FARADAY réalise le premier moteur
électromagnétique
1822: Peter BARLOW lui adjoint une roue dentée. C'est sous le nom de
"roue de BARLOW" que cette machine est connue en France (les Anglo-
Saxons la nomment "moteur de FARADAY").
1831 : FARADAY énonce les principes de l'induction électromagnétique,
en même temps que le Russe Friedrich Emil LENZ et l'Américain Joseph
HENRY effectuent des travaux similaires contribuant à la découverte et
à la compréhension de ce phénomène.
1865 : l'Italien Antonio PACCINOTTI construit un prototype de machine
à courant continu à induit en anneau et collecteur radial.
1869 : le Belge Zénobe GRAMME dépose un brevet sur l'induit en
anneau proposé par PACCINOTTI.
1883 : le Yougoslave Nikola TESLA construit le premier prototype
grossier de machine asynchrone.
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Origine des champ magnétiques
2 sources des champs magnétiques :
• Courants électriques DC (champ constant) ou AC (champ magnétique à la même fréquence
que le courant)
• Aimants permanents
Application Champ Magnétique Typique (B)
Champ magnétique terrestre ~ 25 à 65 µT (microteslas)
Machine électrique de qq centaines de W à qq
0,1 à 1,5 T
centaines de kW
Électroaimant industriel 0,1 – 1 T (tesla)
IRM médical (hôpital) 1,5 – 3 T (standard)
Aimant supraconducteur 10-50 T
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Circuit magnétique
Un circuit magnétique est constitué d’un matériau ferromagnétique constituant un trajet de
longueur et présentant une section constante S.
Les matériaux ferromagnétiques permettent de canaliser les lignes de champs et d’obtenir des
inductions élevées comparativement au vide ou à d’autres matériaux non ferromagnétiques.
Théorème d’Ampère : avec : excitation magnétique
En régime non saturé, un circuit magnétique est caractérisé par sa réluctance ℛ (propriété d'un
matériau de s'opposer au passage d'un flux magnétique) :
ℛ (Unité : H-1)
Avec = 4π.10-7 la perméabilité du vide et la perméabilité relative du matériau. 65
Exercice : Force magnétique / entrefer
CAS 1 : entrefer = 0
1) Calculer l’expression de la réluctance équivalente au circuit magnétique.
2) Sachant que la force d’attraction magnétique créée par l’aimant est F = B²S/2µ0, donner l’expression de
la valeur du courant I pour maintenir la partie mobile.
CAS 2 : entrefer = e
3) Calculer l’expression de la réluctance équivalente au nouveau circuit magnétique (avec entrefer).
4) donner la nouvelle expression de la valeur du courant I pour maintenir la partie mobile.
5) Représenter les évolutions de ce courant en fonction de e sur un graphique.
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Exercice : Force magnétique / entrefer
corrigé
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Loi de Lenz
Une bobine parcourue par un courant alternatif produit un champ magnétique alternatif, dont
la direction reste fixe dans l’espace mais dont l’intensité varie sinusoïdalement.
En régime sinusoïdal, la loi de Lenz permet d’écrire la tension aux bornes d’une bobine de N spires
enroulée sur un circuit magnétique et parcourue par un courant i :
avec Φ .
ℛ
Remarque : . On identifie l′ inductance du circuit :
ℛ ℛ
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Circuit couplé
Soient 2 circuits C1 et C2 parcourus par des courants d'intensités I1 et I2 et comprenant chacun une
bobine (de N1 et N2 spires respectivement) enroulée sur un même circuit magnétique.
Les équations des circuits sont données par :
! !
"# et $ $ "#
avec
, $ et # k $
ℛ! ℛ
L’inductance mutuelle # représente la capacité de deux circuits à s’influencer magnétiquement.
k=0 aucune influence, k=1 → couplage parfait (tout le flux de la bobine 1 traverse la bobine 2).
L'inductance mutuelle M d’un circuit par rapport à l'autre est égale à l'inductance mutuelle de
l'autre par rapport à l’un. 69
Loi de Faraday : force électromagnétique
Une force électromagnétique (fem = tension & " , avec Φ ∗ : flux magnétique )
apparait aux bornes d’un conducteur si :
(a) Le conducteur bouge dans un champ magnétique ( fixe (cas des machines à courant
continu ou à aimants)
(b) Le conducteur est immobile et le champ magnétique ( varie ou tourne (cas des
machines avec des courants alternatifs)
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Machine à courant continu
Fonctionnement en moteur
La machine est composée :
• D’un stator avec un enroulement alimenté par un courant continu ou avec des aimants
permanents. Dans ce stator est généré un champ magnétique constant.
• D’un rotor avec des conducteurs, également alimentés par un courant continu. Un
commutateur (avec des balais ou brush) commute le courant dans les enroulements, chaque
conducteur est alors soumis à une force qui crée un couple C = kI qui actionne le rotor à la
vitesse Ω.
STATOR DC current in commutator
rotor +I
Commutator
segment
ROTOR
-I brush
Field winding
DC current in stator (or permanent magnets)
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MCC : modèle simple
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Source : Lalanne
MCC : bilan de puissance
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Source : Lalanne
Définition d’un champ tournant
• Un champ tournant est un champ magnétique résultant, dont le vecteur d'induction magnétique
(B) garde une intensité constante mais change continuellement de direction en tournant autour
d’un axe. Il est généralement créé par l’alimentation en courant alternatif déphasé de plusieurs
bobines réparties dans l’espace.
• Dans un moteur triphasé, trois enroulements sont placés à 120° électriquement les uns des
autres et alimentés par trois courants alternatifs sinusoïdaux déphasés de 120°. Le champ
magnétique généré par ces trois enroulements tourne en continu dans le stator.
+ - . 0
) * * Ω
$, . 1
) : fréquence des courants alternatifs * : nombre de paires de pôles au rotor
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2 : vitesse angulaire en rad/s Ω : vitesse de rotation du rotor en tr/min
Machines synchrones
Fonctionnement en moteur :
Slip-ring
Une machine synchrone est constituée : STATOR
ROTOR
- d’un stator avec des enroulements alimentés par
inductor
des courants alternatifs triphasés
- d’un rotor avec des enroulements alimentés par
armature
des courants continus ou avec des aimants
permanents
3ϕ N ( I AC current) J ( DC current)
Le rotor tourne à une vitesse dépendant de la
fréquence des courants dans les enroulements du
stator:
Remarque : Les machines synchrones à aimants
Ω = 60 f / p permanents sont principalement utilisés comme
moteurs. Ils sont nommés moteurs synchrones
Avec f hertz , p le nombre de paires de pôles, Ω auto-pilote ou «moteurs brushless» en contraste
vitesse en tr/min. avec les moteurs à courant continu.
Les machines synchrones à enroulements sont
principalement utilisés comme générateurs.
Avantage: bon rapport puissance/volume
Inconvénient : commande plus difficile que MCC, prix
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MS : modèle de Behn-Eschenburg
La machine synchrone est représentée par un circuit triphasé.
La mise en équation de chaque phase fait apparaitre un schéma monophasé équivalent
basé sur une inductance équivalent appelée inductance ou réactance synchrone.
Fonctionnement en générateur i1
v1
i1
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MS : fonctionnement moteur et alternateur
Le moteur consomme de l’énergie électrique L’alternateur produit de l’énergie électrique
Convention récepteur Convention générateur
(fem E et i dans le sens opposé) (fem E et i dans le même sens)
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Source : Lalanne
Machines synchrones : bilan de puissance
78
Source : Lalanne
Remarque : machine synchrone monophasée
En triphasé, c'est le déphasage de 120° entre les trois tensions alimentant trois bobinages
également disposés à 120° qui est à l'origine du champ tournant dans l'espace ainsi créé.
En monophasé, nous ne disposons que d'une seule tension et nous devons recourir à des
artifices pour créer et utiliser un champ tournant.
Nous pouvons considérer que ce champ magnétique B est le champ résultant de deux champs
tournants de même amplitude tournants en sens inverses à la même fréquence de rotation .
Cette propriété est appelée théorème de Leblanc.
Ce sont les différentes techniques utilisées pour créer ce déséquilibre entre les champs qui
constituent les différentes familles de moteur synchrones monophasés. La constitution de ces
moteurs monophasés et triphasés étant très semblable en dehors de l'artifice de démarrage
(exemple d'artifice de démarrage : on ajoute un enroulement auxiliaire pour créer un champ
pseudo-tournant qui permet le démarrage).
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Machines asynchrones
Fonctionnement en moteur :
Un moteur asynchrone est constitué :
- d’un stator constitué de paires de bobines (ou paires de pôles)
alimentées en alternatif triphasé
- d’un rotor composé de conducteurs en court-circuit dans
lesquels sont générés des courants induits par le champ
magnétique créé par le courant de stator (=> rotor non relié à
une alimentation).
Quand une alimentation AC triphasée est connectée au stator, un
champ tournant de vitesse 34 = 60) / * (avec ) : fréquence des Moteur asynchrone à cage d’écureuil
courants induits, p: nombre de paires de pôles) est créé au stator
et actionne le rotor à une vitesse nr inférieure à ns (d’où le nom
de moteur asynchrone) :
56758
= g : (g = glissement, de l’ordre de quelques %)
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Avantages : bon marché et fiable
Inconvénients : commande plus difficile que MCC, rapport
puissance/ masse plus faible que les moteurs synchrones peu 80
utilisée dans les systèmes embarqués.
MAS : modèle
La machine asynchrone est constituée de deux ensembles de bobinages triphasés enroulés sur le
même circuit magnétique.
La différence de pulsation fait que, du point de vue du rotor, ce dernier voit un champ magnétique
à une fréquence fr = gf avec g : glissement.
Par analogie, on peut considérer qu’elle est équivalente à un transformateur triphasé dont la
pulsation du secondaire serait égale à g*2πf et dont le secondaire serait court-circuité.
Schéma monophasé équivalent
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MAS : modèle équivalent monophasé
En ramenant les impédances du secondaire au primaire, on aboutit alors au schéma ci-dessous.
Lm est l’inductance du circuit magnétique.
Pour rendre compte des pertes fer qui dépendent du carré de l'alimentation, on ajoute dans le
modèle du circuit magnétique une résistance fictive Rf en parallèle de l'inductance magnétisante.
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MAS : bilan de puissance
Fonctionnement en moteur
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Comparaison des machines
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[Link]