un projet sur:
La Théorèmes d’approximation de weinstrass complexe
Presenté pa:Youness Echentoufi
encadré par: Dr.Youness El Yazidi
Master: Mathématiques et applications
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Préliminaires
1) Fonctions holomorphes
2) Série entière
3) Rayon de convergence
4) Théorème de Weierstrass complexe
5) Exemple du Théorème de Weierstrass complexe
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Introduction
0.1 1) Introduction
Le théorème de Weierstrass, également appelé théorème d’approximation
de Weierstrass, est un résultat fondamental en analyse complexe et réelle.
Dans le contexte complexe, il traite des propriétés des séries de fonctions
holomorphes et est souvent lié à l’idée d’approximation par des fonctions
polynomiales.
En analyse complexe, le théorème de Weierstrass affirme essentiellement
que si une suite de fonctions holomorphes définies sur un domaine ouvert
converge uniformément sur tout compact vers une fonction limite, alors
cette fonction limite est également holomorphe. Ce résultat est crucial,
car il garantit la stabilité des propriétés des fonctions holomorphes sous
la convergence uniforme.
Le théorème d’approximation par des polynômes (dans le cas réel) et
d’autres résultats en analyse complexe portant le nom de Weierstrass
montrent à quel point les polynômes jouent un rôle central dans l’analyse
mathématique, servant d’outil puissant pour l’étude des fonctions con-
tinues et holomorphes.
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définition
Soit Ω ⊂ C un sous-ensemble ouvert, soit : f : Ω → C une fonction
continue et soit un point z0 ∈ Ω. On dit que f est holomorphe en z0 si
le quotient :
f (z0 + h) − f (z0 )
h
converge vers une limite lorsque le nombre complexe h ∈ C ∗ est non nul
et tend vers 0.
Ici, la subtilité encore invisible — à suivre... suspense ! —, c’est que
h ∈ C varie dans un ensemble 2-dimensionnel de type disque (épointé)
autour de 0. Bien entendu, on a z0 + h ∈ Ω pour h assez petit puisque
Ω est ouvert.
Lorsqu’elle existe, la limite de ces quotients est alors notée :
f (z0 + h) − f (z0 )
f ′ (z0 ) := lim .
h→0 h
définition
Une fonction continue f : Ω → C définie sur un ouvert Ω ⊂ C est dite
holomorphe dans Ω lorsqu’elle est holomorphe en tout point z0 ∈ Ω.
Théorème
La fonction f (z) = u(x, y) + iv(x, y) est holomorphe dans Ω si et seule-
ment si u et v sont différentiables dans Ω et satisfont aux conditions (ou
équations) de Cauchy-Riemann :
∂u ∂v ∂u ∂v
= , =− .
∂x ∂y ∂y ∂x
En outre, on a
∂u ∂v ∂v ∂u ∂v ∂v
f ′ (z) = +i = −i = +i .
∂x ∂x ∂y ∂y ∂y ∂x
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définition
Une série entière en la variable z ∈ C est une somme infinie de la forme
:
∞
X
an z n ,
n=0
où les an ∈ C sont des coefficients complexes.
Théorème
Étant donné une série entière quelconque :
∞
X
an z n ,
n=0
il existe toujours un rayon :
0≤R≤∞
tel que :
- la série converge absolument lorsque |z| < R; - la série diverge absolu-
ment lorsque |z| > R.
De plus, en admettant la convention que :
1 1
= ∞ et = 0,
0 ∞
ce rayon R est donné par la formule :
1 p
= lim sup n |an |.
R n→∞
Théorème approximation de weinstras complexe
Les fonctions holomorphes dans un disque DR = DR (z0 ) de rayon 0 <
R ≤ 1 sont approximables uniformément sur les compacts K ⊂ DR par
des polynômes :
∀f ∈ O(DR ), ∀ϵ > 0, ∃P (z) = Pϵ (z) ∈ C[z] telque max |f (z)−P (z)| ≤ ϵ.
z∈K
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démonstration
Après translation, on se ramène à z0 = 0. En vertu d’un théorème vu
dans le chapitre qui précède, toute fonction holomorphe f ∈ O(DR )
admet une série de Taylor en tout point w ∈ DR qui converge au moins
dans le plus grand disque centré en w contenu dans DR . Au point w = 0,
ce plus grand disque coı̈ncide avec DR . Ainsi, f est représentée par une
série entière :
∞
X
f (z) = an z n ,
n=0
où les coefficients an ∈ C sont complexes et le rayon de convergence R
satisfait 0 < R ≤ 1.
P∞
D’après le chapitre précédent, le rayon de convergence de n=0 an z n est
défini par :
1 p
= lim sup n n |an |.
R n→∞
Par conséquent, la définition de la limite supérieure fournit, pour tout
ϵ > 0, un entier N (ϵ) ≥ 1 tel que :
p 1
n > N (ϵ) ⇒ n n |an | ≤ + ϵ.
R
Soit K ⊂ DR , un compact contenu dans le disque ouvert DR centré
en l’origine de C. D’après un théorème topologique vu précédemment,
la distance entre K et le complémentaire fermé C \ DR est strictement
positive. Si on prend 0 < r < R satisfaisant :
0 < R − r < dist(K, C \ DR ),
alors on assure que K ⊂ Dr .
Choisissons maintenant ϵ > 0 assez petit pour que :
1
q := + ϵ r < 1.
R
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Démonstration la suite
En utilisant l’inégalité triangulaire suivie de la sommation d’une série
géométrique, on obtient pour tout z ∈ K :
∞
X ∞
X
an z n ≤ |an ||z|n avec |z| ≤ r.
n=N n=N
∞ n ∞
X 1 X 1
≤ + ϵ rn = qN qm = qN .
R m=0
1−q
n=N
Soit maintenant ϵ > 0 arbitrairement petit. Toujours avec K ⊂ Dr ⊂
DR , et avec δ assez petit pour que :
1
+ δ r = q < 1,
R
choisissons N (δ) ≥ 1 et N (ϵ) ≥ 1 assez grands pour qu’on ait :
n
1
n > N (δ) ⇒ |an | ≤ +δ ,
R
1
N > N (ϵ) ⇒ q N ≤ ϵ,
1−q
ce qui est possible car q N → 0 quand N → ∞. En prenant :
N := max(N (δ), N (ϵ)),
si on découpe alors la série qui représente f (z) en deux morceaux :
N
X −1 ∞
X
f (z) = an z n = P (z) polynôme + an z n ,
n=0 n=N
dont le premier est visiblement un polynôme de degré ≤ N −1, on atteint
l’inégalité conclusive :
∞
X 1
max |f (z) − P (z)| = max an z n ≤ q N ≤ ϵ.
z∈K z∈K 1−q
n=N
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Exemple : Approximation de la fonction exp z sur le disque unité
Exemple : Approximation de la fonction exp z
sur le disque unité
Soit D le disque unité dans le plan complexe défini par
D = {z ∈ C : |z| ≤ 1}.
La fonction f (z) = exp z est une fonction holomorphe sur tout le plan
complexe, et donc en particulier sur le disque D. Nous allons mon-
trer que f (z) =exp z peut être approximée de manière uniforme par des
polynômes sur D.
1. La série de Taylor de exp z
La fonction exp z est infiniment différentiable et holomorphe sur tout le
plan complexe. Sa série de Taylor autour de 0 est donnée par :
∞
X zn
ez = ,
n=0
n!
et cette série est convergente pour tous les z ∈ C, en particulier pour
tous les z ∈ D.
2. Convergence uniforme sur le disque D
Sur le disque D, la série de Taylor converge uniformément vers ez . En
effet, pour z ∈ D tel que |z| ≤ 1, la suite partielle de la série
N
X zn
PN (z) =
n=0
n!
fournit une approximation de ez . L’erreur d’approximation se contrôle
par :
∞
X zn
|ez − PN (z)| = .
n!
n=N +1
n
Comme |z| ≤ 1, nous avons |z | ≤ 1 pour tout n, ce qui donne
l’estimation suivante :
∞
X 1
|ez − PN (z)| ≤ .
n!
n=N +1
Cette somme tend vers 0 lorsque N → ∞, et la convergence est uniforme
sur D en raison de l’inégalité ci-dessus.