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Etude Linéaire n8 O. de Gouges

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ETUDE LINÉAIRE N°8 SUR LE « POSTAMBULE »

ETUDE LINÉAIRE N°8 LE POSTAMBULE

Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes
droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de
superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la
sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir
aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô
femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que
vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé.
Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre
empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. La
réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages décrets de la nature ! Qu’auriez-vous à
redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ?
Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps
accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent :
“femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ?-Tout, auriez vous à répondre”. S’ils
s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs
principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de
supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie
de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants
à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que
soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous
n’avez qu’à le vouloir.”

INTRODUCTION

Cette Déclaration, sans valeur légale n’est parue à l’époque, qu’en cinq exemplaires et a été
politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la declaration a
fait sensation dans toute la France, et même a l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que
quelques extraits de cette DECLARATION soient publiés, et l’intégralité du texte ne l’a été
qu’en 1986, par Benoîte Groult.
L’importance historique de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne réside
dans son statut de première déclaration universelle des droits humains qui élève une
exigence universellement valable à la fois pour les hommes et les femmes. De cette façon,
la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui n’avait été arrêtée que pour
une moitié de l’humanité, sans avoir été légitimée par l’autre moitié, se trouvait, en réalité,
dépassée alors qu’elle continue à être transmise, dans la conscience historique moderne,
comme la base des droits de l’homme. La Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne constitue, de ce fait, un brillant plaidoyer radical en faveur des revendications
féminines et une proclamation authentique de l’universalisation des droits humains.
Le Postambule fait écho au texte initiatique le préambule où O. de Gouges veut réveiller les
consciences des femmes. Elle appelle ainsi au combat pour affirmer leur droit. Elle souhaite
impliquer les femmes dans la vie politique et sociale au même titre que les hommes. C’est
l’intention qui se révèle à travers ce texte ;

Problématique
En quoi cet extrait est une véritable invitation à l’émancipation des femmes?

1ER MOUVEMENT : L’HEURE DE LA REVOLTE


2EME MOUVEMENT : LA PRISE DE CONSCIENCE
3EME MOUVEMENT : COMMENT SE BATTRE ?

1ER MOUVEMENT : L’HEURE DE LA REVOLTE

Femme, réveille-toi ! Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de


l’usurpation.

Le substantif « femme » mis en incise interpelle directement le destinataire de ce


postambule. L’attaque est directe, O. De Gouges s’adresse aux femmes et leur intime de se
réveiller comme le montre l’emploi de l’impératif. L’utilisation du tutoiement, en-dehors de sa
volonté provocatrice, renvoie au degré de proximité de l’auteur. Elle appelle ainsi à la révolte.

Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant
empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de
mensonges.

A l’heure des Lumières, elle utilise une métaphore « le tocsin de la raison » pour indiquer
que l’heure est venue pour la femme de prendre son destin en main en s’imposant en tant
que citoyenne. Cette métaphore fait référence à la sonorité. Le tocsin sonne fort, c’est un
réveil en fanfare qu’elle souhaite. Il est là pour donner l’alarme. L’impératif est toujours
employé avec « reconnais tes droits ». Apparemment peu de rapport entre cet impératif et la
métaphore mais la ponctuation semble indiquée le contraire. Pour O. de Gouges, à une
époque où la raison domine, il est censé de revendiquer ses droits. C’est cette même raison
qui a repoussé tout les maux moraux signalés par une énumération « de préjugés, de
fanatisme, de superstition et de mensonges ». La raison l’a emporté écartant toute dérive
malsaine pour l’homme. Nous pouvons alors relever « préjugés », idée préconçue qu’on se
fait sur une personne, « fanatisme », dérive extrême d’une religion, « superstition »,
croyance imaginaire, « mensonges », le fait de ne pas dire la vérité. Indirectement, O. de
Gouges insinue que ce sont les causes qui ont empêché les femmes d’être considérées
comme l’égal des hommes. Si on suit son raisonnement, les hommes ne pouvaient donc
reconnaitre les femmes comme leur égale car la raison ne les avaient pas encore révélé la
vérité. Ce qui se confirme par l’emploi de la métaphore « flambeau de la vérité a dissipé
tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. Les termes qu’elle emploie, portent une forte
charge négative « sottise, usurpation » mais aussi « préjugés, fanatisme… » mais en les
intégrant dans une métaphore, elle souhaite illustrer son propos pour être plus persuasive.
Ce procédé a comme avantage de mettre en avant le concept de raison et de vérité.

L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses
fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne.

Ainsi, l’homme s’étant délivré, aidé de la femme n’a pas su être connaissant envers celle-ci.
Ici, « les fers » sont la métaphore de la méconnaissance. L’homme était asservi par son
absence d’entendement, il ne possédait pas la connaissance (« la vérité, le flambeau »). On
relève deux itérations du participe passé « devenu »dans la dernière phrase. Comme si
l’accès au savoir, du moins c’est qu’il faut comprendre par l’emploi de l’adjectif « libre »
amène à « l’injustice ». Ce premier mouvement s’inscrit en plein dans l’esprit des Lumières.
Toutefois, de cette manière, O. de Gouges semble nous faire comprendre que si l’homme
est devenu un esprit éclairé, il l’a fait grâce à l’aide des femmes mais sans la considérer
comme son égal. C’est pourquoi la femme doit revendiquer ses droits. Ce premier
mouvement repose donc sur un raisonnement déductif car elle pose d’abord l’idée principale
qui est la revendication des droits de la femme et explique par la suite pourquoi il faut être
dans cette dynamique.

2EME MOUVEMENT : LA PRISE DE CONSCIENCE

Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ?


L’interjection a pour effet d’interpeller une fois de plus les femmes. Elle renforce également
la volonté d’O. de Gouges a vouloir les faire réagir, qu’elles sortent de leur torpeur où elles
ont oublié jusqu’à leurs droits. Avec cette interjection, la gente féminine est généralisée alors
que le substantif « femmes » au pluriel se veut plus proche, plus intime. La question de
rhétorique insiste sur le moment où les femmes vont prendre conscience, vont ouvrir les
yeux comme semble l’indiquer l’adjectif péjoratif « aveugles ». On notera l’impératif qui
intime l’ordre aux femmes de prendre leur destin en main, de ne pas se cacher et de
s’assumer.

Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus
marqué, un dédain plus signalé.

Toujours sous forme de question de rhétorique mais avec une interrogative partielle. Elle
rappelle que les femmes sont les grandes oubliées de la révolution car elles n’ont obtenu
que « mépris » voire un « dédain ». L’intérêt réside dans les superlatifs qu’elle emplie « plus
marqué », « plus signalé » qui semblent montrer que leur situation est pire qu’avant la
révolution, que le manque de reconnaissance est encore plus flagrant. Elle ne précise pas
qui adopte cette attitude mais le l’interjection du début de paragraphe ne laisse pas de doute.
Ce sont bien les hommes qui se manquent de considération pour les femmes.

Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre
empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. La
réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages décrets de la nature ! Qu’auriez-vous à
redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ?
Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps
accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent :
“femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ?-Tout, auriez vous à répondre”.

Elle poursuit par une série de questions de rhétorique qui évoque la période avant la
révolution qu’elle nomme par un complément du nom « de corruption ». Les femmes, selon
elle, dominaient comme le montre l’emploi du verbe « avez régné » mais c’était de façon
négative car c’était « sur la faiblesse des hommes ». Elle sous-entend ainsi que les femmes
n’avaient recours qu’à leur charme pour dominer. Mais, la révolution a fait son effet et les
hommes sont, à présent, éclairés. Elle pose alors la question : que vous reste-t-il donc ? On
relève alors un présent d’énonciation qui montre l’urgence de la situation. Une phrase
nominale permet de répondre « la conviction des injustices de l’homme ». Elle n’emploie
aucun modalisateur, le ton est donc ferme et sans équivoque. On remarque également
qu’elle n’explique pas, elle affirme. Cette revendication se veut naturelle ce qu’elle confirme
par l’expression « les sages décrets de la nature ». L’égalité hommes/femmes vient de la
nature. L’emploi du conditionnel passé indique qu’elles ne doivent pas avoir peur. Le seul
adjectif mélioratif dans cet extrait est associé à la démarche que les femmes doivent
entreprendre pour revendiquer leurs droits « une si belle entreprise ». Sa référence aux
noces de Cana est sujette à interprétation, il s’agit d’une périphrase du Christ qui, lors des
noces de Cana, répond à sa mère, la vierge Marie, « que me veux-tu, femme ? ». Ce propos
est extrêmement virulent, O. de Gouges fait, ici, une critique de christianisme remettant en
cause l’oppression des femmes dans cette religion. Par ailleurs, le fait même que la question
de l’égalité soit prononcée montre que pour les hommes, elle est inexistante. C’est ce qu’elle
évoque avec les Législateurs français et l’emploi du terme « commun ». Elle donne, une fois
de plus la réponse, qui se veut lapidaire : « tout ». L’emploi du masculin avec le mot
« législateur » rappelle que ce sont les hommes qui font les lois. Le pronom « tout » marque
une opposition forte. De nouvelles lois sont à venir pour les femmes qui doivent s’affirmer
pour ne pas reproduire les injustices faites aux femmes d’un point législatif comme religieux.

3EME MOUVEMENT : COMMENT SE BATTRE ?

S’ils s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec
leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de
supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie
de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants
à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que
soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous
n’avez qu’à le vouloir.”

Par l’emploi de la proposition subordonné circonstancielle de condition, elle anticipe la


réponse des hommes. Le verbe « s’obstinaient » porte encore une connotation dépréciative.
Pourtant, les rôles semblent inversés car les hommes agiraient par faiblesse et iraient même
à l’encontre de « leurs principes ». Seule les femmes peuvent les mettre dans le droit chemin
avec une confrontation directe comme l’indique le verbe « opposer » à l’impératif. O. de
Gouges fait appel au l’intelligence des femmes qui constituent leur force. La tyrannie
s’oppose ainsi à la raison comme le montre l’antithèse « la force de la raison » et « vaines
prétention de supériorité ». On notera les connotations péjoratives à travers ces derniers
morts. Elle montre qu’elle est particulièrement attachée aux principes des Lumières avec la
métaphore « les étendards de la philosophie ». Elle incite les femmes à rassembler toute
leur force pour contrer « ces orgueilleux » qui ploieront devant la raison certes mais qui
assumeront comme le souligne l’emploi de l’adjectif « fiers ». Alors, l’égalité apparaitra
comme une sorte de révélation devant « l’Etre Suprême », espèce de divinité portant les
valeurs des Lumières notamment la liberté, l’égalité, la fraternité, la raison…Enfin, pour finir
de convaincre les femmes de réclamer leur droit, il n’est plus question d’argumenter. Pour O.
de Gouges, il s’agit simplement d’une question de volonté. Toutes les craintes ayant été
dissipées, elles n’ont plus qu’à agir !

CONCLUSION
O. de Gouges, à travers cet extrait, propose une véritable exhortation. Elle souhait que les
femmes s’arrogent le pouvoir au nom de l’égalité homme-femme. A travers un dialogue fictif,
elle balaye tout doute, toute idée qui pourrait s’opposer à cette volonté. Car, effectivement,
après discussion, il est bien question de volonté qui ne pourra s’affirmer à travers la raison
en ces temps de Lumière !
Par cette diatribe, O. de Gouges bâtit son argumentation sur la Déclaration des Droits de
l’Homme de 1789 et notamment sur la devise : « tous les Hommes naissent libres et égaux
en droit ». Elle reprend une notion essentielle celle de l’égalité qui veut que les hommes et
les femmes ont les mêmes droits.

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