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Réhabilitation des mangroves comprises entre Fresco et Grand-Lahou


en Côte d’ivoire : Zones importantes pour la pêche
Mathieu Wadja EGNANKOU 1

Résumé
Bien que la Côte d’Ivoire soit l’un des pays d’Afrique francophone les mieux étudiés sur
le plan botanique, les mangroves sont très mal connues. Malgré le rôle important qu’elles
jouent sur les plans écologiques et socio-économiques, elles ne reçoivent pas l’attention
qu’elles méritent et se dégradent à un rythme inquiétant tout au long du littoral. Les
mangroves comprises entre les villes de Fresco et de Grand-Lahou au Centre du littoral
ivoirien, jouent un rôle important dans l’approvisionnement en poissons des centres
urbains que sont Abidjan, peuplé aujourd’hui de près de 5 millions d’habitants et
Yamoussoukro. Ces zones humides aux dépens desquelles vivent 60 à 80% des
populations côtières, sont menacées de disparition par les prélèvements anarchiques du
bois et la pêche par empoisonnement des eaux.

D’une superficie de 15 000 ha il y a une vingtaine d’années, les mangroves entre Fresco
et Grand-Lahou atteignent difficilement 6 000 ha aujourd’hui. Les formations arborées à
Palétuviers rouge Rhizophora racemosa et Palétuvier blanc Avicennia germinans, sont
de plus en plus remplacées par une strate herbacée à Paspalum vaginatum ou arbustive à
Drepanocarpus lunatus et Dalbergia ecastaphyllum. Corrélativement à cette
dégradation, on a assisté, ces dernières années, à une baisse de productivité au niveau
des pêcheries ; accentuant la pauvreté des populations surtout chez les jeunes et les
femmes.

C’est pour tenter de réhabiliter l’écosystème et rétablir le stock halieutique que nous
avons entrepris une action de sylviculture sur cette partie du littoral ivoirien.

Introduction
Les mangroves, écosystèmes forestiers des zones intertidales tropicales, s’étirent sur le
littoral ivoirien, d’Est en Ouest, d’Assinie-Mafia à Bliéron. Elles sont situées
approximativement entre les longitudes 2° 50’ et 7° 59’ Ouest et les latitudes 4° 30’ et 5°
40’ Nord.

Elles ont joué et continuent de jouer un rôle important sur l’ensemble du littoral ivoirien :
le bois est utilisé dans la construction d’habitats et de d’ouvrages d’art, dans la fabrication
d’outils de confection des filets pour la pêche et surtout comme bois de feu. Les baies et
innombrables chenaux représentent d’importantes réserves de pêche. Les plans d’eau et la
richesse en biodiversité de ces zones humides procurent des revenues substantiels à
travers le développement des activités touristiques.

1
Mathieu Wadja EGNANKOU, Enseignant - Chercheur, Faculté des Sciences et Techniques,
Département de Botanique, Université de Cocody-Abidjan, Président de l’ONG
SOS – Forêts. 22 BP 582 Abidjan 22, Côte d’Ivoire Email: [email protected]

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Malheureusement, cet écosystème est menacé de disparition par les pressions


anthropiques très intenses : exploitation anarchique du bois, pêche par empoisonnement
des eaux et la fermeture des passes qui relient les lagunes au milieu marin.

En dépit des progrès scientifiques réalisés sur la connaissance des écosystèmes forestiers
ivoiriens, les mangroves demeurent encore très mal connues. Certes, des auteurs tels que
Adjanohoun, 1962 Et 1965 ; Guillaumet, 1967, Ake-Assi, 1982 et Paradis, 1988 y ont
consacré quelques «études», mais celles-ci ont été si ponctuelles et limitées qu’elles ne
permettent pas d’avoir des informations clés sur l’écosystème. Ces auteurs ont étudié
respectivement la physionomie des formations savanicoles, la composition floristique des
forêts côtières et la mise en évidence des groupes aquatiques et sub-aquatiques.

La cartographie par exemple qui aurait permis d’avoir une vue globale sur son étendue et
envisager un aménagement approprié, n’est pas encore réalisée et l’écosystème se
dégrade de plus en plus sur l’ensemble du littoral ivoirien.

Egnankou, 1985 et 1987 a signalé le problème de la disparition de cette mangrove et les


conséquences de cette disparition et de la désorganisation des données physico –
chimiques sur les pêcheries, ont fait l’objet d’une étude en 1997 par le même auteur qui a
analysé également les possibilités de leur aménagement. Le rôle prépondérant joué par
l’exutoire des lagunes dans le développement des mangroves de cette partie du littoral
ivoirien, a été mis en exergue. Des actions menées par l’ONG SOS-Forêts de 2001 à 2003
ont entretenu l’ouverture de la passe de la lagune N’Gni de Fresco jusqu’à aujourd’hui. Il
restait à réhabiliter le couvert végétal afin de réunir toutes les conditions écologiques à la
restauration de la diversité biologique.
Le présent travail est le premier d’une série que nous comptons réaliser pour améliorer les
connaissances sur les mangroves ivoiriennes pour la réussite d’une gestion durable de ces
ressources.

Situation géographique du site d’étude


Notre étude porte sur la portion du littoral comprise entre les villes de Fresco et Grand-
Lahou. Elle est située approximativement entre les longitudes Ouest 5° 38’ et 4° 50’ et
les latitudes Nord 5° 6’ et 5° 20’ (Figure 1).

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Figure 1. Carte de localisation des zones humides comprises entre Fresco et Grand-Lahou
Echelle : 1/1 000 000. Source : (Egnankou et al, 1989)

Matériel et méthodes
Pour réussir la sylviculture, des données de base doivent être connues et maîtrisées. Ces
données relatives à la physico-chimie des eaux, à la végétation et à l’hydrologie ont fait
l’objet d’une étude préliminaire. Le matériel utilisé se présente comme suit :
- un salinomètre de type ATAGO ; 0-28% étalonné à 28° C au Laboratoire de
Botanique. Le prélèvement des échantillons d’eau est fait à l’aide d’une seringue à
20cm de profondeur. L’eau interstitielle est recueillie également à 20 cm de
profondeur mais dans des trous creusés dans la vase.
- La mesure du pH a été effectuée à l’aide d’un ph-mètre de type « stylo » avec une
précision de plus ou moins 0,5 pH. Le pH est obtenu directement en plongeant le
ph-mètre dans l’eau prélevée dans les mêmes conditions que pour la lecture de
salinité ;
- L’étude de la végétation a été réalisée par la méthode topographique de transect de
Duvigneaud. L’échantillonnage est effectué de part et d’autre d’une corde tendue
à la surface de l’eau libre jusqu’aux berges inondées de façon permanente ou
temporaire, sur une surface jugée suffisamment homogène. On détermine ensuite,
le long de cette corde, toutes les espèces végétales en prenant soin d’en prélever
pour une vérification au laboratoire. L’utilisation de photographies aériennes
réalisées par nous – mêmes, à bord d’un avion monomoteur de type CESNA, nous
permet de disposer de données pour la réalisation de la cartographie des
mangroves de cette partie du littoral ivoirien.

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- les sites de reboisement ont été choisis en fonction de leurs submersions


quotidiennes et régulières par les eaux saumâtres ;
- le Palétuvier rouge Rhizophora racemosa (Rhizophoraceae), a été préféré par
rapport aux autres palétuviers (Avicennia germinans (Avicenniaceae) et
Conocarpus erectus (Combretaceae)), parce que l’exploitation de la mangrove
monospécifique, ne porte que sur cette espèce dont le bois réputé de bonne
qualité, rentre dans divers modes d’utilisations ;
- compte tenu de la viviparité chez Rhizophora racemosa, la collecte, le stockage et
/ ou le transport des semis ont été réalisées de la manière suivante : (i) les
propagules sont, soit récoltées sur l’arbre (selon un indice de maturité basé sur la
couleur de la graine ou manchon cotylédonaire et surtout, la résistance au toucher,
car, à maturité, la plantule tombe dès qu’on la touche) ; soit collectées lorsqu’elles
flottent sur l’eau ; (ii) lorsque le transport doit avoir lieu sur une grande distance,
on procède à un premier traitement des plantules et à leur stockage dans une zone
ombragée, soumise aux grandes marées et aux marées dites de mortes
eaux pendant 5 à 15 jours; les plantules sont ensuite mises en terre avec un
écartement de 1 m environ. Pour apprécier les capacités de germination des semis,
5 000 semis ont été prélevés directement sur les arbres ; 3 000 déjà en
germination, ont été déracinés pour être replantés dans des parcelles
expérimentales et 2 000 semis flottant sur l’eau, ont été ramassées.
- Le suivi de la plantation se fait régulièrement par des mesurages et des comptages
d’organes végétatifs et du nombre de jeunes plants en développement.

Résultats
Les résultats obtenus, relatifs à la salinité, à la flore, à la végétation et au reboisement en
mangrove, se présentent comme suit :
Salinité des eaux
La salinité des eaux, est reportée dans le tableau N°1 ci-dessous. Le pH est consigné dans
le tableau N° 2.
Tableau 1 : Salinité des eaux dans les mangroves de Fresco et de Grand-Lahou (en g %o)

Distance par rapport à EAUX D’IMMERSION EAUX D’IMMERSION


la passe (en km) Fresco Fresco Grand-Lahou Grand-Lahou
Saison sèche Saison des pluies Saison sèche Saison des pluies
0,50 28 %o 10%o 25 %o 8 %o
4,00 22 %o 8 %o 22 %o 6 %o
6,50 20 %o 6 %o 18 %o 6 %o
8,00 15 %o 2 %o 17 %o 4 %o
10,00 10%o 00 5 %o 1%o
15,00 00 00 00 00
20,00 00 00 00 00

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Tableau 2 : pH des eaux

Distance par rapport à EAUX D’IMMERSION EAUX D’IMMERSION


la passe (en km) Fresco Fresco Grand-Lahou Grand-Lahou
Saison sèche Saison des pluies Saison sèche Saison des pluies
0,50 8,00 7,29 7,00 6,00
4,00 7,20 7,18 7,00 6,00
6,50 7,00 7,90 7,00 5,50
8,00 7,00 6,55 5,50 5,00
10,00 7,80 6,90 5,00 6,50
15,00 7,90 7,00 6,50 7,00
20,00 7,90 6,20 6,20 7,00

L’analyse du tableau 1 montre que la salinité diminue de l’embouchure des cours d’eau
ou de l’exutoire des lagunes vers les sites les plus éloignés. La variation du pH par contre
se fait de façon désordonnée montrant ainsi l’influence possible d’autres paramètres que
des études ultérieures mettront en exergue.

Flore et végétation
L’étude de la végétation à partir des transects nous a révélé 3 types d’associations entre
les palétuviers. Ces associations se présentent de la manière suivante :
x une mangrove monospécifique à Rhizophora racemosa (figure 2), une mangrove
dégradée renfermant Avicennia germinans seul qu’accompagne Paspalum
vaginatum (Poaceae) et une mangrove à deux espèces de palétuviers avec Avicennia
germinans succédant à Rhizophora racemosa vers la terre ferme. Ces formations à
palétuviers se rencontrent aussi bien dans les mangroves lagunaires (tout autour des
lagunes de Fresco et de Grand-Lahou), qu’estuarienne (à l’embouchure des rivières
Bolo et Niouniourou et du fleuve Bandama) ;
x une formation herbacée où Paspalum vaginatum (Poaceae) représente, selon le site,
entre 95 et 100% de la couverture végétale. Les espèces Mariscus ligularis , Cyperus
articulatus et Pycreus polystachyos (Cyperaceae) auxquelles il faut ajouter Ethulia
conyzoides (Asteraceae), Echinochloaz pyramidalis (Poaceae), Sporobolus virginicus
Fimbristylis thonningiana et Fuirena umbellata (Cyperaceae) ;
x une formation à Drepanocarpus lunatus et Dalbergia ecastaphyllum en arrière -
mangrove, renferme de nombreuses espèces arbustives et arborescentes parmi
lesquelles nous pouvons citer Hibiscus tiliaceus (Malvaceae), Acrostichum aureum
(Adiantaceae), Ceasalpinia bonduc (Ceasalpiniaceae), Nauclea latifolia (Rubiaceae).

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Figure 2 : Belle mangrove à Rhizophora racemosa à Ebonou à l’Ouest du


complexe lagunaire de Grand-Lahou (Photo EGNANKOU, 2007)

Reboisement
Pour le reboisement, les observations effectuées 5 mois après le repiquage des jeunes
plants, ont donné les résultats suivants :
x sur les 5 000 semis récoltés sur les arbres, seulement 1 000 ont germé et poursuivi
leur développement soit 20% de succès ;
x parmi les 2 000 semis ramassés sur l’eau, 1 500 ont développé des feuilles dès les
trois premiers mois et ont poursuivi leur développement soit un taux de réussite de
75% ;
x sur les 3 000 repousses déracinées et replantées sur les sites de reboisement, 2 950 ont
poursuivi leur développement, soit un taux de réussite de 95,66%.

Les meilleurs rendements ont été obtenus avec les plants qui ont déjà amorcé leur
développement suivi des graines ramassées sur l’eau. Les semis prélevés sur les arbres,
malgré leur maturité et les précautions prises, n’ont connu que 20% de réussite nous
amenant ainsi à opter pour les plants en développement dans notre activité de
reboisement. Ces plants s’obtiennent soit en régénération sous les arbres, soit par la mise
en place de pépinières (figure 3). Ainsi, après avoir installé des stations expérimentales
au Sud de la lagune N’Gni, nous avons réhabilité au total, une centaine d’hectares de
mangroves sur le littoral ivoirien.

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Figure 3 : Entretien de la pépinière de Rhizophora racemosa à Fresco


(Photo EGNANKOU, 2006)

Discussions
Les mangroves ivoiriennes en général et celles comprises entre Fresco et Grand-Lahou,
par méconnaissance, sont menacées de disparition. Sous l’action des coupes à grande
échelle, des stations entières ont disparu, remplacées par des prairies à Paspalum
vaginatum. D’autres sont en voie de l’être ; dans les années 60, la ville de Grand-Bassam
était caractérisée par ses immenses massifs forestiers des bords lagunaires composés
essentiellement de palétuvier rouge Rhizophora racemosa (Rhizophoraceae) pouvant
atteindre 25 mètres de hauteur. La mangrove d’Azuretti près de Grand-Bassam renfermait
encore une frange importante de palétuvier gris Conocarpus erectus (Combretaceae) en
arrière-mangrove et de beaux peuplements de palétuvier blanc Avicennia germinans
(Avicenniaceae) AKE-ASSI (987). Aujourd’hui, ces mangroves à l’Est du littoral ivoirien
ne sont représentées que par des pieds épars de Palétuviers rouge et blanc. Le palétuvier
gris ne se rencontre plus dans ces régions où les cocoteraies et autres lotissements ont
empiété considérablement sur l’écosystème mangrove. A Fresco et à Grand-Lahou, l’on a
constaté que la diminution de la superficie de l’écosystème mangrove entraîne la
réduction des ressources halieutiques vérifiée sur le terrain par la réduction des prises par
les pêcheurs (Egnankou, (1989 et 1997). Le front de dégradation des mangroves,
actuellement mis en évidence dans la portion du littoral comprise entre Fresco et Grand-
Lahou, nous a amené à y débuter nos actions de réhabilitation par le reboisement.

Le succès obtenu à travers la technique de reboisement par l’utilisation de jeunes plants,


nous a amené à poursuivre le processus de reboisement en passant par la mise en place

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voire la promotion des pépinières à palétuviers. En effet, alors que plus de 95% des
jeunes plants déracinés et replantés ont poursuivi leur développement, les plantules
récoltées sur les arbres et celles ramassées flottant sur l’eau, ont donné des résultats
respectifs de 20% et de 75%. Comme le propose BAGLO, 1989, les semis ramassés
flottant sur l’eau, présentent des qualités germinatives au-dessus de la moyenne,
cependant, il convient de souligner que le passage par des pépinières peut représenter un
moyen efficace dans les opérations de reboisement en mangrove. Il augmente le taux de
germination et permet également de faire un premier tri car les semis de mauvaise qualité
s’éliminent en pépinière. De plus les pépinières ont un double avantage : elles permettent
non seulement d’augmenter le taux de réussite mais constituent aussi un moyen efficace
pour une bonne conservation et de disposer de plants en toutes saisons pour un
reboisement à grande échelle et en tous temps.

Conclusion
Les mangroves jouent un rôle d’importance capitale pour les populations côtières. Elles
assurent la richesse des pêcheries et procurent aux populations du bois pour la
construction de leurs habitats et de plusieurs autres produits. Ce sont des zones propices
pour la reproduction de plusieurs espèces animales aquatiques marines et continentales.

Mais, en dépit de cette importance, cet écosystème hautement productif, subit en Côte
d’Ivoire en général et plus particulièrement dans cette partie du littoral, les effets néfastes
des activités humaines qui ont fini par détruire entre 50 et 70% de ces zones humides
côtières.

Malgré les nombreuses études botaniques consacrées à la Côte d’Ivoire, les mangroves
sont très mal connues. Elles ne reçoivent pas la protection qu’elles méritent et se
dégradent irréversiblement sous les pressions conjuguées et constantes d’une exploitation
anarchique du bois et des ressources halieutiques.

C’est dans une perspective de réhabilitation en vue de la restauration de la diversité


biologique de cet écosystème en Côte d’Ivoire, que nous avons entrepris des recherches et
des opérations de reboisement. Aujourd’hui, une centaine d’hectares de mangroves ont
été reboisées. Nous comptons réaliser une cartographie complète de toutes les mangroves
de Côte d’Ivoire et mettre en place un Système d’Informations Géographiques afin de
fournir aux décideurs des informations en temps réel sur cet écosystème hautement
important pour le développement de la zone côtière.

Références
ACHARD F. 1989. Etude des rythmes saisonniers de la végétation en Afrique de l’Ouest
par Télédétection. Thèse de Doctorat troisième cycle –ICIV, UPS, Toulouse, 242 pages.

ADJANOHOUN E. 1962. Etude phytosociologique des savanes de Basse Côte d’Ivoire


(savanes lagunaires). Vegetatio, XI (1-2) : 1-38

AKE ASSI, L., PARADIS G. 1982. Malacofaune et flore holocènes d’un forage en
bordure de la lagune Adjin (Côte d’Ivoire). Géobois, Lyon, 15 (1) : 43-52

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AUBREVILLE A.1964. Problèmes de la mangrove d’hier à aujourd’hui ; Adansonia Ser.


2, 4 Nogent sur - Marne.

BAGLO, M.A. 1989 . La Mangrove du Bénin, grands équilibres écologiques et


perspectives d’aménagement. Doct. 3ème Cycle-Ecologie ; UPS-Toulouse III, N° 2329 ;
200pages

BLASCO F. 1982. Ecosystèmes mangroves : Fonctionnement, utilité, évolution.


Communication présentée au SILCO/UNESCO tenu à Bordeaux, 8-14 Sept. 1981.
Océanologica Acta N° SP : 225-230

EGNANKOU W.M. 1985. Etude des Mangroves de Côte d’Ivoire : aspects écologiques
et Recherches sur les possibilités de leur aménagement. Thèse de Doctorat troisième
cycle –ICIV, UPS, Toulouse III, 167 pages.

EGNANKOU W.M. 1987. La Mangrove ivoirienne en voie de disparition. Annales de


l’Université d’Abidjan, Série E, Tome XIX, pp 09-29.

EGNANKOU W.M. 1987. Recherches sur les Possibilités d’Aménagement des


Mangroves de Côte d’Ivoire. Annales de l’Université d’Abidjan, Série E, tome XIX ; pp
30-50.

EGNANKOU W.M. 1989 Importance de l’écosystème mangrove dans la productivité


des lagunes ivoiriennes – 1989 – Communication présentée au Symposium International
de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), du 25 au 29 juillet 1989.
EGNANKOU W.M., NICOLE, M. 1994. A Preliminary Inventory of Coastal Wetlands
of Côte d’Ivoire. The IUCN Wetlands Programme. 80 pages.

EGNANKOU W.M. 1994. Le Développement du Littoral ivoirien et ses Conséquences


sur l’Ecosystème mangrove ; Communication présentée au Forum International
d’Abidjan sur la Forêt ; du 24 au 27 mai 1994.

EGNANKOU W.M.1997. La fermeture de la passe de Fresco et ses conséquences sur la


productivité de la lagune N’GNI : In Mangrove Ecosystem in Latin America and Africa –
Unesco, ISME and US Forest Service (Dpt of Agricult.) pp 271 – 283.

HAMILTON L. et SNEDAKER S.C. 1984. Handbook for Mangrove area management,


Env. And Policy Institute East West Center, 1777, Esat West Road. Honolulu, Hawaï
96848 U.S.A. 123 pages.

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Fluctuations de la salinité dans les forêts de mangrove de la baie de Gazi


au Kenya : leçons pour les prochaines recherches
Elisabeth Robert 1,2*, Nele Schmitz1, 2,*, Hamisi Ali Kirauni 3 et Nico Koedam1

Résumé
Les études sur les écosystèmes de mangrove traitant de l’interaction entre les organismes
et leur environnement tirent souvent des conclusions basées uniquement sur un nombre
restreint de mesures de la salinité de l’eau du sol. Puisque l’inondation par l’eau salée
est la caractéristique la plus courante de l’environnement de mangrove, les auteurs ont
abordé la question de la fluctuation temporelle et spatiale de la salinité de l’eau du sol
sur sept sites différents dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi au Kenya. Dans le
cadre d’une étude pilote, l’équipe de chercheurs a mesuré la salinité de l’eau du sol deux
fois par mois, en période des mortes-eaux et en période des vives-eaux pour une année.
L’on peut conclure que la salinité de l’eau du sol dans les forêts de mangrove peut être
très variable en temps ainsi qu’en espace et dépend d’une interaction complexe entre la
fréquence de l’inondation, la fermeture du couvert, l’influx d’eau douce et la texture du
sol. Les chercheurs en matière de mangrove devraient donc prêter attention aux
différences dans les conditions sur le site local à l’intérieur de la forêt de mangrove et
prendre des mesures couvrant les fluctuations temporelles et spatiales avant de tirer des
conclusions sur la relation avec cette condition environnementale.

Introduction
En raison du fait que les écosystèmes de mangroves sont d’une grande importance
écologique et économique mais sont en voie de disparition et de dégradation rapide
(Duke, et al., 2007) il est vital d’entreprendre des études scientifiques (fondamentales et
de gestion) pour obtenir le savoir nécessaire en vue de préserver, protéger et restaurer les
forêts de mangrove. L’idéal serait que ces études traitent non seulement des organismes
de l’écosystème de mangrove (faune et flore), mais également de l’interaction entre ces
organismes et leur milieu. Les éléments les plus caractéristiques de l’environnement de
mangrove sont les inondations fréquentes et l’eau saline (Tomlinson, 1994) qui non
seulement déterminent de manière prononcée la vie des habitants des mangroves (ex.
Fratini, et al, 2004, Schmitz, 2008, Robert, et al, 2009) mais également, par sélection, la
diversité et la composition de la nature.

Les études traitant de la relation entre les organismes et leur milieu génèrent souvent des
conclusions dérivées d’un ensemble de données et de paramètres environnementaux

1
Laboratoire pour biologie végétale et de gestion de la nature (APNA), Vrije Universiteit
Brussel (VUB), Pleinlaan 2, B-1050 Brussels, Belgium, Tel.: +32 2 629 34 14, Fax: +32 2 629 34
13. E-mail: [email protected] (E.M.R.R. – PhD student); [email protected]
(N.S. – postdoctoral researcher); [email protected] (N.K. – professor)
2
Laboratory for Wood Biology and Xylarium, Royal Museum for Central Africa (RMCA),
Leuvensesteenweg 13, B-3080 Tervuren, Belgium, Tel.: +32 2 769 56 13.
3
Kenya Marine and Fisheries Research Institute (KMFRI), PO Box 81651, Mombasa, Kenya,
Tel.: +254 414 75 15 14.
E-mail: [email protected] (H.A.K. – scientific employee)
*
Les deux premiers auteurs ont fait des contributions égales à cet article

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limités dans l’espace et dans le temps. L’objectif de cette recherche est d’étudier la
variabilité de la salinité de l’eau du sol sur une échelle spatiale et temporelle, dans les
forêts de mangrove de la Baie de Gazi au Kenya, un site très étudié dans le domaine de la
recherche sur les mangroves. Les résultats de l’étude visaient à évaluer la fluctuation de
l’un des paramètres clés du milieu de la mangrove sur une échelle intra-annuelle et cela
pour des sites d’étude différents situés non loin les uns des autres.

Zone d’étude

Sites d’étude
La zone d’étude est située au Kenya, dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi
(39°30’E, 4°25’S) qui couvre environ 600 ha (UNEP, 2001, Neukermans, et al., 2008) et
est située à environ 50 km au sud de Mombasa. La forêt de mangrove a une amplitude
des marées d’environ 3,8 m avec un maximum de 4,1 m (Tableaux des marées des Ports
autonomes du Kenya pour Kilindini et Mombasa) et est caractérisée par une topographie
en pente (Matthijs, et al., 1999). Sept sites éparpillés à travers la forêt de mangrove
(Figure 1) ont été étudiés avec une caractéristique commune, l’occurrence de l’espèce
d’arbre de mangrove Avicennia marina.

Figure 1: Description de la zone d’étude. Carte de l’Afrique de l’est (centre gauche) montrant la situation
de la Baie de Gazi sur la côte Est du Kenya (point noir) et deux images du satellite QuickBird de la Baie de
Gazi (Kenya) (en haut au centre et à droite) acquises en 2002 (Neukermans, et al., 2008) montrant la
positions des sept sites d’étude dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi et l’endroit où les photos A et
B (en haut à gauche et en bas à gauche) ont été prises. Les deux fleuves saisonniers fournissant l’eau douce
à la forêt de mangrove sont indiqués sur l’image par satellite au milieu. Le schéma du climat (en bas au
milieu) de Mombasa (adapté de Lieth, et al., 1999) représente le climat de la côte de l’Afrique de l’est. La
température (°C) est indiquée sur l’axe vertical de gauche et les précipitations (mm) sur l’axe vertical de
droite. L’échelle des précipitations est réduite à 1/10 au-dessus de la ligne horizontale. Images : Nele
Schmitz et Elisabeth Robert.

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Description du climat
Le long du littoral Kenyan, le climat est caractérisé par une répartition bimodale des
précipitations (Figure 1). Une saison sèche distincte (Janvier – Février) est suivie d’une
saison pluvieuse longue (avril – juillet) et courte (octobre – novembre) (Figure 1). Durant
la saison humide, les fleuves Mkurumuji et Kidogoweni (Figure 1) fournissent une source
importante d’eau douce pour les mangroves de la Baie de Gazi. La température moyenne
sur le littoral kenyan varie entre 22 et 30°C avec un taux moyen d’humidité relative de
65% à 81% (moyennes annuelles des valeurs minimales et maximales pour Mombasa
pour la période 1972 – 2001 ; données du département météorologique à Mombasa au
Kenya).

Matériel et méthodes
Collecte des données environnementales
Pour chacun des sept sites (i) la texture du sol a été déterminée à l’aide de méthodes
standards de caractérisation sur le terrain (GLOBE, 2005) et (ii) la hauteur au-dessus du
niveau de la mer et la fréquence de l’inondation ont été calculées sur la base des tableaux
de marées du port de Kilindini (Kenya, 39°39’E, 4°04’S). Le niveau d’inondation locale a
été mesuré en utilisant du papier-calque imprégné de teinture Ecoline. Pour le septième
site d’étude, la hauteur exacte au-dessus de la référence et la fréquence d’inondation n’ont
pu être déterminées. Sur ce site, les arbres de mangrove poussent dans un bassin et sont
déconnectés du reste de la forêt de type bassin par une route en hauteur. Par conséquent,
la fréquence des inondations diffère en saison pluvieuse et en saison sèche puisque le
niveau de l’eau atteint plus fréquemment le niveau de la route pendant la saison des
pluies.

D’avril 2007 à février 2008, la salinité a été mesurée sur chaque site à l’aide d’un
réfractomètre manuel (ATAGO, Tokyo, Japan/ 0 – 100‰). L’eau du sol a été
échantillonnée deux fois par mois, une fois durant la marée haute et une fois durant la
marée basse, à environ 25 cm de profondeur à trois endroits dispersés sur les sept sites
d’étude. Cet échantillonnage a été effectué soit à l’aide d’un tube en plastique perforé
connecté à une pompe à vide, soit en creusant un trou de la même profondeur, ou lorsque
les fines particules du sol ont bouché le tissu de filtrage enroulé autour du tube en
plastique perforé. La salinité de l’eau du sol a été mesurée uniquement à 25 cm de
profondeur de manière à ce que la variation de la salinité de l’eau du sol en profondeur ne
soit pas dans le cadre de cette étude.

Analyse des données


Pour démontrer la variation de la salinité de l’eau du sol, des valeurs médianes, minimum
et maximum ont été calculées. Cependant, sur trois des sept sites, l’eau du sol n’a pu être
extraite à certaines dates (Figure 2, étoiles noires). Dans ces cas, la plus haute salinité de
l’eau du sol mesurée durant les expéditions de travail sur le terrain pendant la saison
pluvieuse de 2005 et 2006 et la saison sèche de 2007 et 2009 a été enregistrée. La
moyenne a été établie pour la période 1966-2006 sur la base des données mensuelles de
la pluviosité fournies par le Département météorologique du Kenya à Mombasa.

Résultats
Les sept sites d’étude, bien que situés dans une forêt de mangrove, diffèrent énormément
en matière de conditions environnementales (texture du sol – hauteur au-dessus du niveau

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de la mer – fréquence d’inondation) (Tableau 1). La salinité annuelle moyenne ainsi que
le type de variation de la salinité de l’eau du sol au fil de l’année variaient d’un site à
l’autre (Figure 2).

Discussion
L’étude n’a pas été en mesure d’identifier un facteur unique comme étant la
caractéristique environnementale principale déterminant la salinité de l’eau du sol. Au
lieu de cela, différents facteurs environnementaux contribuent à la salinité annuelle
moyenne ainsi qu’au type de variation de la salinité de l’eau du sol au fil de l’année.
Cependant, bien qu’aucune relation clairement définie n’ait été déduite de la Figure 2
entre la salinité de l’eau du sol et les caractéristiques environnementales, certaines
tendances ont été observées.

Tableau 1. Description environnementale des sept sites d’étude dans les forêts de mangrove de la Baie
de Gazi au Kenya.
Location Texture du sol Hasl (m) † Fréquence d’inondation‡
(jours/mois)
site 1 Argile limoneuse 2,18 30
site 2 Limon sableux 2,84 23
site 3 Sable limoneux 3,25 14
site 4 Limon argileux 3,35 12
site 5 Limon argileux – Sable limoneux 3.49 8
site 6 Limon sableux – Sable limoneux 3,63 5
site 7 Sable limoneux – Limon sableux 3,66-3,80* 5-3*

Hauteur au-dessus du niveau de la mer

Fréquence d’inondation basée sur les tableaux des marées du Port de Kilindini pour
2009
*
Voir ‘Matériel et méthodes – Collecte des données environnementales’ pour plus
d’informations

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Figure 2: La variation spatiale et temporelle de la salinité de l’eau du sol dans la forêt de mangrove
de la Baie de Gazi au Kenya. Les barres représentent l’intervalle de salinité de trois mesures le jour
de la marée haute la plus élevée en période de vives-eaux ou la plus basse durant la période des
mortes-eaux. Les étoiles noires indiquent les moments où l’on n’a pu extraire d’eau du sol et la
salinité de l’eau du sol la plus élevée mesurée dans la période de 2005-2009 a été parcellée (voir
également « Matériel et méthodes – Analyse des données’). Le nombre de jours depuis la dernière
inondation le jour de la mesure a été parcellée pour chaque site comme moyenne mensuelle (min-
moyenne-max).

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D’abord, les sites d’études inondés chaque jour ont une salinité de l’eau du sol plutôt
constante en comparaison avec les sites d’étude inondés juste quelques jours par mois
(Figure 2, site 4-7 contre 1-3). Les inondations non-fréquentes impliquent des périodes
sèches plus longues durant lesquelles l’eau du sol s’évapore, entrainant une augmentation
de la salinité de l’eau du sol en raison de l’alternance avec des périodes de dilution par
l’eau de pluie et de diminution de la salinité. En contraste, l’inondation fréquente sature
de manière permanente le sol avec l’eau d’une teneur en sel similaire à celle de l’eau de
mer. Un effet semblable a été attendu du rythme mensuel des marées. En période de
mortes-eaux, les sites d’étude connaissent une période de sécheresse qui dure entre une
journée à plus de deux mois (Figure 2). En période de vives-eaux tous les sites sont
inondés au moins une fois par jour excepté pour le site situé le plus sur le côté terre qui
est détachés de la mer par une route (Figure 1 et 2, site 6-7) qui connait des périodes de
sécheresse d’un maximum d’un mois. Cependant, aucun lien n’a été découvert entre la
période des marées et la salinité de l’eau du sol.

Deuxièmement, la salinité annuelle moyenne a augmenté avec la fréquence décroissante


de l’inondation dans les sites d’études situés vers la mer (Figure 1 et 2, site 1-3). Plus loin
du côté de la terre, cette tendance s’est effondrée pour la moyenne annuelle mais non pour
la salinité maximum, à l’exception du site d’étude 5. En général, la tendance interrompue
avec la fréquence de l’inondation dans les sites 4 à 7 a pu être liée aux changements de
l’influence de l’eau douce, la fermeture du couvert et la texture du sol. Alors que le site 3
est une forêt ouverte (Indice foliaire de 0,23) avec de petits arbres (hauteur moyenne des
arbres : 2 m) (Schmitz, et al., 2008), la forêt de mangrove sur le site d’étude 4 a
également un couvert fermé (indice foliaire de 1,18) (Schmitz, et al., 2008) et un sol
boueux (Tableau 1), ces deux éléments neutralisant l’évaporation et luttant ainsi contre
l’augmentation de la salinité de l’eau du sol. Sur les sites d’étude 5 et 6, l’influx d’eau
douce affecte la salinité de l’eau du sol. Le site 5 est situé en amont du fleuve Kidgoweni,
entrainant l’équivalence de la salinité de l’eau du sol avec la courbe des précipitations. Le
site 6 est situé en bordure de la forêt de mangrove, connaissant de grandes quantités de
ruissellement d’eau douce durant la saison des pluies qui infiltrent le sol sablonneux
(Tableau 1). En raison du sol sablonneux combiné à la forêt ouverte (indice foliaire de
0,62) (Schmitz, et al., 2008), le site d’étude 6 enregistre également l’impact le plus
important de la sécheresse. Sur le site d’étude 7, le facteur principal déterminant la
salinité de l’eau du sol est la topographie comparable à celle d’un bassin. L’eau de mer
est ainsi stagnante et la salinité dans la mare augmente graduellement de la surface vers le
fond. La stratification de l’eau de la mare peut ainsi expliquer pourquoi l’évaporation ou
l’influx d’eau douce n’a pas directement affecté la salinité de l’eau du sol. Seulement au
milieu de la saison sèche, vers février, des valeurs s’élevant jusqu’à 140‰ ont été
enregistrées dans la dernière quantité d’eau avant que le bassin ne s’assèche
complètement.

La salinité de l’eau du sol a un effet direct sur les relations de l’eau dans les arbres alors
que la salinité élevée et fluctuante de l’eau du sol exige beaucoup du système de transport
de l’eau en créant un risque important de l’air bloquant les canaux de transport de l’eau
(Cochard, 2006, Naidoo, 2006). Cela est particulièrement vrai pour les arbres de
mangrove régulièrement inondés par l’eau saline jusqu'à deux fois par jour. Les
différences dans l’espace de la salinité de l’eau du sol influencent la répartition des
espèces de forêts de mangrove en raison des différences dans la capacité à maintenir une

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salinité élevée et fluctuante entre les arbres de mangrove (Verheyden, et al., 2005,
Schmitz, 2008 et al., 2009). La répartition des espèces d’arbres à son tour influence par
exemple la dispersion des plants (différents complexes de racines agissent différemment
dans la dispersion et l’établissement des propagules – Di Nitto, et al., 2008) et la faune de
mangrove (ex. Smith, 1987), ainsi nous pouvons conclure que la salinité est l’un des
facteurs principaux influençant et structurant la vie dans l’écosystème de mangrove.

Conclusion
La variabilité des forêts de mangroves en termes de salinité de l’eau du sol tel
qu’observée dans la forêt de mangrove de la baie de Gazi au Kenya, devrait alerter toutes
les personnes impliquées dans l’étude des mangroves. Les facteurs contribuant à ce
dynamisme dans le temps et dans l’espace, leurs interactions et la magnitude des
fluctuations qui en résultent, varieront d’une forêt de mangrove à l’autre à travers le
monde entier. Toutefois, la leçon apprise de cette étude est d’une importance générale. La
salinité de l’eau du sol ne peut être prédite uniquement à partir de la fréquence de
l’inondation et les facteurs d’influence supplémentaires tels que la fermeture du couvert,
la topographie, l’influx d’eau douce et la texture du sol peuvent varier de manière
significative dans les limites de quelques centaines de mètres. Le nombre important de
microenvironnements pouvant constituer une forêt de mangrove doit être pris en compte
pour parvenir à une meilleure compréhension du fonctionnement de l’écosystème de
mangrove et pour être en mesure de tirer des conclusions d’impact important qui vont au
delà des sites de mangrove spécifiques.

Recommandations
La salinité de l’eau du sol, la fréquence de l’inondation et la texture du sol peuvent être
déterminées grâce à des méthodes abordables et rapides. Les auteurs recommandent que
la pratique devienne la norme afin que les chercheurs des mangroves puissent comparer
soigneusement les différentes situations d’une forêt de mangrove pour ces paramètres
environnementaux en raison de leur importance pour obtenir une réflexion fiable sur la
variation de la salinité de l’eau du sol. En outre, un nombre approprié de mesures doivent
être effectuées pour couvrir la variation locale non seulement dans l’espace mais
également dans le temps. Au cas où cela n’est pas possible, les limitations de
l’échantillonnage de l’eau du sol devraient être enregistrées et prises en compte lors de
l’établissement des conclusions.

Remerciements
Nous remercions James Gitundu Kairo de KMFRI pour son aide durant le travail de
terrain. La chercheuse postdoctorale est appuyée par le Fond national pour la recherche
scientifique (FWO, Belgique), mais durant cette étude, elle et l’étudiant en doctorat
E.M.R.R. ont été appuyés par l’Institut pour la promotion de l’innovation à travers la
Science et la technologie en Flandre (IWT-Vlaaderen). Cette recherche a également été
sponsorisée par des subventions de voyage contribuées par FWO, le Fonds Schure-
Beijerinck-Popping (Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen,
Nederland) et le Conseil interuniversitaire flamand (VLIR).

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Références

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Smith T. J. III. (1987) Seed predation in relation to tree dominance and distribution in
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Développement de rizières de mangrove en Casamance dans le sud du Sénégal


Boubacar Barry 1

Résumé
Les zones de mangrove en Casamance ont été de toujours utilisées pour la culture du riz,
la pêche, la pisciculture, le ramassage des coquillages et le bois. Le Sénégal a été affecté
par la sécheresse depuis 1963 et cela a eu des effets pervers sur les mangroves,
entrainant une diminution de toute la zone. L’intensification de l’agriculture et la
pression exercée par la population croissante ont résulté en une érosion et un envasement
accrus. En raison de l’absence de précipitations occasionnée par les sécheresses
récurrentes au fil des trois décennies écoulées, l’on peut facilement noter une tendance
vers l’augmentation de la salinité des sols et de la nappe phréatique basse. Le
développement du site est devenu la seule solution au problème de l’intrusion du sel
depuis le début des années 1970. Le présent article souligne les différents types de
développement de site tels que le polder traditionnel et les barrages anti-sel et leur rôle
dans l’amélioration de la riziculture.

Contexte
Le Sénégal, pays ouest africain (Figure 1) est d’abord un pays agricole. L’agriculture
contribue 28% du PNB et emploie 80% de la population économiquement active.

Figure 1: Carte de l’Afrique et de l’Afrique de l’ouest montrant le Sénégal

1
Boubacar Barry. Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI) Bureau
régional pour l’Afrique et Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’ouest, s/c Campus du CSIR,
Martin Odei Block, Airport Res. Area, Accra, Ghana. PMB CT 112, Cantonments, Accra, Ghana.
Téléphone: +233-(0) 21 784753-4 Fax: +233-(0) 21 784752 .
Email: [email protected]

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Durant les années écoulées, la production de céréales, en particulier le riz, n’a pas été
suffisante pour satisfaire les besoins croissants de la population. Actuellement, il y a un
déficit annuel d’environ 200 000 tonnes de grains de céréale. Vers la fin des années
soixante et au début des années soixante-dix, en raison de la croissance rapide des zones
urbaines due à la migration des populations provenant en particulier des zones rurales, la
pénurie de la production alimentaire occasionnée par les politiques favorables aux
cultures de rente, l’instabilité des prix mondiaux, et les sècheresses sahéliennes
fréquentes, le pays est devenu péniblement conscient de sa dépendance vis-à-vis des
aliments importés, notamment le riz. Depuis 1977, en raison de la sécheresse généralisée,
le Sénégal a importé plus de 600 000 tonnes de céréales annuellement. A l’heure actuelle,
la production intérieure du riz couvre seulement 15 à 30% des besoins annuels du pays. A
cause de l’instabilité économique générée par les facteurs combinés de la forte
dépendance vis-à-vis des aliments importés largement due à l’instabilité des
précipitations, le développement agricole dans la zone de mangrove de la Casamance est
devenu une priorité principale ainsi que l’irrigation et la maîtrise complète de l’eau pour
la production agricole le long des fleuves majeurs. Un programme ambitieux de gestion
du sol et de l’eau a été développé au début des années 1980 dans la zone de mangrove de
la Casamance pour accroître la production alimentaire.

Pendant plusieurs années, la région de la Casamance a été autosuffisante en matière


alimentaire. Les décennies récentes ont vu la région traverser des périodes de déficit
alimentaire. En Casamance, les précipitations annuelles ont baissé de 1500 mm à moins
de 1000mm. Le plus frappant est que durant la période de 1966 à 1980, il y a eu une
réduction de plus de 20% des précipitations annuelles et durant la période de 1980-1990
la moyenne était encore plus basse.

Caractéristiques des zones de mangrove en Casamance


La zone de mangrove de la Casamance dans le sud-ouest du Sénégal, est constituée de
plats intertidaux avec des forêts de mangroves riveraines et de ‘tannes’, des marais
composés en partie de surfaces dénudées. Les sols sont acidosulphates, très
superficiellement développés sur des argiles et des sables sulfuriques boueux tourbeux et
sujets aux inondations par les marées. La zone de mangrove est concentrée dans l’estuaire
du fleuve Casamance.

Puisque la zone de mangrove en Casamance est partiellement appropriée pour la


riziculture, une réduction de 20 à 30% des précipitations a été désastreuse pour la
production des rizières. Avec des précipitations insuffisantes, les polders ne s’infiltrent
pas assez et avec l’augmentation de la teneur en sel, la production du riz devient
presqu’impossible.

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Figure 2: Carte de la région de la Casamance au Sénégal

Du point de vue géographique, la proportion saline de l’estuaire du fleuve Casamance


s’étend sur 220 km vers l’intérieur du pays ; l’eau salée s’élève régulièrement jusqu’à 130
km dans le continent. La teneur en sel atteint son niveau maximum en juin et son
minimum en octobre. La salinité dans la ville d Ziguinchor varie entre 19 et 37 grammes
de sel par litre. L’amplitude maximale des marées est d’environ un mètre, et elles sont
toutes sujettes à l’infiltration de l’eau de mer. Puisque la région est plutôt plate, tous les
bras morts (marigots et les bolons) sont également affectés par le sel sur la majeure partie
de leur longueur.

Un autre résultat au niveau du paysage est le manque de ruissellement. En moyenne,


seulement 6% des précipitations en Basse Casamance ruissellent, aidant ainsi à dessaler
les plantations de riz dans les mangroves. En raison du manque de précipitations durant
les années 1970, 1980 et fin 1990, l’accumulation accrue du sel dans le sol, combinée
avec les conflits et les troubles politiques, ont conduit au déclin de la production de riz.
Ainsi le nombre de rizières de mangrove abandonnées a augmenté sur les deux dernières
décennies à travers la Casamance.

Le long des portions intertidales des bassins du fleuve, il y a une tendance non seulement
d’augmentation de la salinité des lits du fleuve, mais également d’une augmentation de la
nappe phréatique basse. Ce processus de salinisation survient à la fin de la saison des
pluies à la suite des marées hautes qui ravitaillent la nappe phréatique. Par conséquent,
non seulement les polders, mais également les rizières situées au premier niveau des

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terrasses sont négativement affectées par le manque de précipitations et le problème de la


salinisation.

Dans les zones de mangrove, le socle rocheux continental, principalement le grès, se


trouve sous des argiles et des sables boueux non consolidés, et à une profondeur de
jusqu’à 20 mètres. La composition chimique de la boue varie peu le long de l’estuaire. La
boue est relativement pauvre en Ca, K et oligo-éléments.

Figure 3: Relations typiques entre les apports de sol de la zone de mangrove continentale
terminale, marine et fluviomarine

Développement agricole des zones de mangrove en Casamance


Les rizières de mangrove ont été pratiquées depuis des siècles en Casamance par les
exploitants. Le système traditionnel Diola de récupération des mangroves est basé sur
l’utilisation judicieuse des mouvements de marée. En l’absence de l’eau libre, les
exploitants ont réussi à dessaler leurs rizières sans diminuer le pH. Cela a été réalisé en
permettant une réadmission continue de l’eau salée pendant la saison sèche. Durant les
années de pluies abondantes, les rizières pouvaient produire jusqu’à 3 tonnes de riz paddy
par hectare sans engrais, et dans certains cas, sans désherbage. Les systèmes de double-
digue qui favorisent l’exploitation de toutes les ressources de la mangrove (bois, charbon
de bois, poisson, pâturage, riziculture) ont été largement adaptés mais exigent
énormément de labeur. En raison des fréquentes années de basses précipitations annuelles
et l’exode des jeunes vers les villes, l’avenir de la riziculture des mangroves est
présentement compromis.

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Figure 4: Développement de site traditionnel

Le développement de sites (polders, drains, barrages anti-sel) en Casamance met l’accent


sur le dessalement à travers la rétention de l’eau douce et l’exclusion partielle de l’eau
saumâtre. Les difficultés rencontrées dans ces systèmes incluent la réalisation d’un
équilibre entre l’exclusion de l’eau saline et l’assèchement du sol qui peuvent provoquer
un déclin dramatique du pH.

Le bas niveau des précipitations dans les années récentes à réduit de manière dramatique
la quantité d’eau douce disponible pour le dessalement de ces rizières, et a ainsi diminué
la possibilité du développement du site. Les résultats des recherches sur différents sites
(Madina, Tobor, Djibelor et Guidel) montrent que le développement de site permet de
convertir les horizons des surfaces d’un sol acidosulphate à un sol para-acidosulphate et,
avec davantage d’eau douce (davantage de précipitations, des digues de rétention de l’eau
douce) les polders pourraient une fois de plus devenir viables pour la production de riz
(Beye, 1977, Marius, 1980 et Barry, 1991). C’est la raison pour laquelle, le gouvernement
du Sénégal a lancé en 1994 un important programme sur le sol et l’eau en Casamance
avec pour but d’améliorer la production de riz dans la région. La construction de petits
barrages anti-sel dans la plupart des vallées demeure l’objectif principal.

Il est estimé qu’en Casamance, un total de 100 000 hectares de terres couvertes de
mangroves pourraient être développées à des fins agricoles. La majeure partie de ce
potentiel se trouve dans la région de la Basse Casamance, le long des affluents principaux
du fleuve Casamance. Ces programmes sont moins ambitieux que les programmes
nationaux de conservation du sol et de l’eau (SWC) qui ont été conçus pour de grands
bassins versants d’une capacité de plusieurs centaines de kilomètres carrés et impliquent
des systèmes sophistiqués de maîtrise de l’eau. Les petits barrages anti-sel sont dirigés
vers les petits bassins versants, pas plus grands que plusieurs centaines d’hectares, et sont

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construits et gérés par les petits exploitants d’un village, ou au plus, un groupe de trois
villages. La plupart des rizières protégées par le barrage-anti-sel ne sont pas durement
affectées par le sel, et le problème principal est de conserver une quantité d’eau douce
assez profonde dans les parcelles durant toute la saison de croissance.

Le barrage anti-sel est composé d’une diguette et d’une ou deux structures en béton armé.
Les diguettes sont longues de 400 à 1000 mètres, larges de 4 à 6 mètres à la base, et de 2
à 4 mètres au sommet. Leur hauteur varie entre 1,5 et 2,5 mètres. Dans la plupart des cas,
la diguette est construite par les exploitants qui partagent la terre en amont et en aval du
barrage. En général, une route traversant la vallée est utilisée comme assise de fondation.
Cela a également l’avantage de faciliter l’accès à plusieurs villages durant la saison des
pluies, principalement durant les inondations.

Une structure en béton armé située dans le lit de l’affluent est composée de deux ou
quatre portes d’écluse (larges de 1,5 m) ; chaque porte est conçue de manière à avoir un
déversoir rectangulaire haut de 20 centimètres et large de 60 centimètres à la base.
En vue de retenir l’eau derrière le barrage, les exploitants doivent fermer les portes
d’écluse en installant deux lignes de planches sur le déversoir, et remplir les espaces entre
elles avec de la boue. Les planches sont placées l’une sur l’autre. Le nombre de planches
dépend du calendrier agricole. Chaque planche est haute de 20 centimètres et est
légèrement plus longue que la largeur de la porte d’écluse. Au début de la saison des
pluies, les exploitants utilisent deux planches pour retenir une certaine quantité d’eau en
vue d’inonder la rizière la plus basse et dissoudre le sel. L’eau est ensuite évacuée en
retirant les planches. Ce type d’opération doit être effectué autant de fois que nécessaire
pour obtenir des bonnes conditions pour la culture du riz, dans plusieurs cas, de façon
répétée jusqu’à la mi-juillet lorsque les exploitants commencent à labourer leurs parcelles.

Après l’opération de transplantation du riz qui débute à la mi-août, les exploitants


utilisent des planches supplémentaires pour retenir plus d’eau alors que la saison des
pluies prend fin. Le surplus d’eau n’est libéré qu’après de grandes tempêtes pour éviter
d’inonder les semis. Durant la saison sèche, les portes d’écluse demeurent closes ; l’eau
de mer n’est ainsi pas admise.

Suivant la situation de leurs parcelles sur la topo-séquence, les exploitants décident soit
de libérer ou non une partie de l’eau derrière le barrage. Le plus souvent, il n’y a pas
d’accord parmi les propriétaires terriens, ou alors la décision finale est prise trop tard et la
question de la quantité d’eau à libérer du réservoir peut être plus compliquée, comme par
exemple lorsque les rizières en aval des barrages ne reçoivent pas suffisamment d’eau
pour le dessalement.

Aujourd’hui, plus de 100 barrages ont été construits en Casamance en vue de protéger les
rizières de mangrove contre l’intrusion de l’eau de mer durant les marées hautes de la
saison sèche et pour stocker l’eau douce durant la saison des pluies. Il est estimé que plus
d’un tiers des rizières avaient été abandonnées en Casamance en raison de la salinité
élevée de la nappe phréatique. L’eau douce stockée derrière le petit barrage anti-sel a
contribué au fil des ans à dessaler les rizières de mangroves et a favorisé la culture du riz
après la récupération des rizières abandonnées.

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Dans la plupart des vallées où de petits barrages anti-sel ont été construits, la production
de riz a augmenté de manière substantielle. Le meilleur exemple de cette augmentation
est probablement la vallée de Katouré située à 10 km au sud-est de Ziguinchor, où pour
plus d’une décennie, les rizières de mangrove affectées par l’intrusion de l’eau salée ont
été tout simplement abandonnées. Toutefois, deux ans seulement après la construction du
barrage, la production moyenne de ces mêmes rizières était de 3,5 tonnes par hectare.

Références

Barry, B. 1990: Groundwater flow and Quality behind an anti-salt dam in Lower
Casamance Senegal (West Africa). MSc Thesis, Michigan State University USA.

Beye, G. 1973: Bilan de Cinq Années d’Etudes du dessalement des sols du polder de
Madina. Mimeo ISRA/CRA Djibelor, Sénégal

Marius C. and M. Cheval 1980: Note sur les sols de Guidel. ORSTOM Dakar, Senegal.

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Variabilité d’abondance et de recrutement de postlarves et juvéniles de


Fenneropenaeus indicus et Metapenaeus monoceros dans les mangroves
de la baie d’Ambaro à Madagascar
Marguerite Voahirana Rasolofo 1 et Olga Ramilijaona 2

Résumé

La filière crevettière malgache s’oriente actuellement à l’élevage crevettière en raison


d’une baisse drastique de la production des pêcheries. Pour mieux comprendre le
recrutement des crevettes pénéides dans les pêcheries en mer, des recherches ont été
menées sur les espèces Fenneropenaeus indicus et Metapenaeus monoceros, au niveau de
deux rivières en Baie d’Ambaro: Ambohinangy et Ambazoana. Les variations
d’abondance des classes de taille (postlarves, petits juvéniles et grands juvéniles) et la
migration des crevettes ont été étudiées par échantillonnage de septembre 2004 à août
2005, à l’aide d’un filet dénommé « sihitra » utilisé par la pêche traditionnelle.
L’influence des facteurs de l’environnement (pluies, salinité et température) sur le
recrutement est analysée. 4 198 individus de F. indicus (58%) et de M. monoceros (42%)
ont été capturés dans les prélèvements et la dominance des petits juvéniles confirme la
fonction de zone de nourricerie pour la zone d’étude. L’évolution saisonnière de la
densité des classes de taille est quasi-similaire chez les deux espèces avec une abondance
marquée des postlarves en début de saison humide et en début de saison sèche; tandis
que les grands juvéniles se concentrent en début et pendant la saison humide. Une forte
pluviosité inhibe l’immigration des postlarves chez F. indicus et la température des eaux
de mangroves favorise l’émigration des grands juvéniles chez M. monoceros. Les
perspectives de recherche proposées concernent les effets des facteurs climatiques et les
impacts de la crevetticulture sur les mangroves suivies de quelques recommandations
d’aménagement en vue d’une gestion durable des ressources.

Introduction
Les mangroves occupent une superficie de 303 814 ha (FAO, 2007) à Madagascar. Ces
écosystèmes constituent des zones de haute productivité pour le milieu aquatique côtier et
fournissent ainsi des habitats préférés des juvéniles des espèces animales qui viennent s’y
abriter (Robertson & Duke, 1987, Sasekumar et al, 1992). Les animaux résidents de la
zone intertidale jouent un rôle significatif dans la production de détritus et du flux
trophique dans les mangroves. Le détritus représente un aliment de base pour les crevettes
pénéides et par le biais de la chaîne alimentaire, elles sont étroitement liées à la

1
Marguerite Voahirana Rasolofo, Chercheur au Département Ecosystèmes Aquatiques et
Côtiers, Centre National de Recherches sur l’Environnement, B.P: 1739, Fiadanana,
Antananarivo 101, Madagascar, mobile : 261330463625, Email : [email protected].
2
Olga Ramilijaona, Professeur Enseignant au Département Biologie Animale, Faculté des
Sciences, Université d’Antananarivo. BP 906, Antananarivo 101, Madagascar,-Mobile :
261331287749, E-mail: [email protected]

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productivité de ces zones. Les mangroves, utilisées comme habitat par les crevettes durant
la phase juvénile de leur cycle biologique sont appelées zones de nourricerie 3 .
A Madagascar, la pêcherie crevettière tient une place prépondérante dans l’économie
nationale avec un chiffre d’affaire de 68 millions d’euros pour la pêche industrielle en
2002 (Rajaosafara, 2006). Depuis quelques années, elle a connu des chutes drastiques en
matière de rendement et actuellement, la filière crevettière malgache s’est orientée vers
l’aquaculture pour faire face à la demande mondiale toujours croissante en produits de
mer. Notons toutefois que les impacts écologiques de l’activité aquacole sur les
écosystèmes de mangroves sont considérables : la déforestation des palétuviers, la
modification de la qualité de l’eau dans les milieux récepteurs des rejets, le phénomène de
salinisation, la reconversion des tannes engendrant la perte d’habitats, plus
particulièrement pour l’avifaune. Ces problèmes associés aux mangroves et à
l'aquaculture côtière proviennent généralement des pratiques de gestion aquacole et aux
faibles applications des règlements environnementaux. Dans les captures des pêcheries
crevettières, les raisons des fluctuations seraient reliées aux facteurs de l’environnement.
Ces derniers agissent sur la survie ou la mortalité des stades les plus jeunes (larves et
postlarves) influençant ainsi le recrutement des crevettes dans les pêcheries en mer.

Notre étude sur la dynamique des jeunes crevettes en zones de mangroves est menée
suivant l’hypothèse que les variations interannuelles et saisonnières du recrutement en
mer des crevettes pénéides dépendent de la disponibilité des jeunes crevettes au niveau
des zones de nourriceries sous l’influence des conditions du milieu. L’objectif de l’étude
est de déterminer l’abondance, la distribution et le déplacement des jeunes crevettes dans
les zones d’estuaires. L’investigation a été menée par des observations expérimentales
suivant une campagne d’échantillonnage sur Fenneropenaeus indicus et Metapenaeus
monoceros, espèces les plus communes dans les captures des pêcheries. La Baie
d’Ambaro, une des principales zones de pêches de la côte Ouest de Madagascar a été
choisie comme site d’étude.

Matériels et méthodes

Zone d’étude
La baie d’Ambaro est située sur la côte nord-ouest de Madagascar entre 48°30’ et 48°53’
de longitude Est et 13°15’ et 13°30’ latitude Sud (Fig. 1). C’est une baie bordée de
mangrove qui occupe la zone intertidale sur quelques kilomètres en remontant les
estuaires. La zone d’étude est soumise à un climat tropical subhumide caractérisé par une
saison sèche et fraîche, du début mai à fin octobre, et une saison pluvieuse et chaude, du
début novembre à fin avril. Comme pour toute la partie Ouest du littoral de l’île, la marée
en baie d’Ambaro est de type semi diurne, régulière. Le marnage varie de 3 à 3,5m.

Echantillonnage
Les échantillonnages ont été réalisés de septembre 2004 à août 2005 au niveau des deux
estuaires des rivières Ambohinangy et Ambazoana situés dans la partie méridionale de la
baie (Fig. 1). Trois stations de prélèvement ont été définies le long des rivières ; la station
1 est située à l'embouchure de la rivière, la station 2 et la station 3 ont été fixées
respectivement à 1km et à 3km en amont de la station 1. A chaque station, des mesures de
température et de salinité de l’eau ont été effectuées à une profondeur de moins de 0,50m
3
Nourricerie : zone dans laquelle les juvéniles d’une espèce se concentrent pour se nourrir

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en dessous de la surface de l’eau. Les données de la pluviométrie proviennent de la


station météorologique de l’aéroport de Nosy-Be située à 30km à l’Ouest de la zone
d’étude.

Les prélèvements ont été effectués tous les quinze jours pendant les marées de vives eaux.
Le matériel biologique a été prélevé à l’aide d’un filet dénommé sihitra en forme de
poche rectangulaire avec 1.0-2.0mm de vide de maille. Le filet présente l’avantage de
pouvoir être utilisé à l’intérieur des zones de mangroves. Il est tiré à contre courant par
deux hommes ; le bord inférieur est maintenu au ras du fond et le bord supérieur auprès
de la surface. Le prélèvement a lieu une à trois heures avant la marée basse, suivant un
trait d’une minute. Les crevettes pénéides sont triées des débris végétaux et des autres
organismes.

Figure 1. La localisation des stations de prélèvements en baie d’Ambaro. Les parties


hachurées représentent les écosystèmes de mangroves (St1 : Station 1 ; St2 : Station 2 ; St3 :
Station 3 )

Au laboratoire, chaque spécimen a été identifié suivant Motoh & Buri (1980) et la
longueur céphalothoracique (LC) 4 des crevettes a été mesurée sous loupe binoculaire
pour les crevettes de LC<3mm et à l’aide d’un pied à coulisse pour les plus grandes. Les
crevettes ont été regroupées en 3 classes de taille : postlarves (LC3mm), petits juvéniles
(3mm<LC7mm) et grands juvéniles (LC>7mm).

Traitement de données.
L’abondance est exprimée par la densité (n.m-2) qui est le nombre de crevettes capturées
sur une surface balayée par l’engin, ramené au m2. L’immigration en zones de mangroves

4
LC : Longueur céphalothoracique est mesurée entre le creux orbitaire et le bord postérieur de la
carapace

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a été estimée suivant le pourcentage d’abondance des postlarves. L’émigration a été


examinée à partir du pourcentage de densité des grands juvéniles. La relation entre les
paramètres du milieu et les indices de migration est exprimée par le coefficient de
Pearson.

Résultats
La composition spécifique et les effectifs des échantillons
Dans les prélèvements, les crevettes pénéides les plus nombreuses ont été Metapenaeus
stebbingï, Fenneropenaeus indicus, Metapenaeus monoceros tandis que Penaeus
semisulcatus et Penaeus japonicus ont été moins représentées. 4 198 individus de F.
indicus (58%) et de M. monoceros (42%) ont été capturés durant la campagne
d’échantillonnage. La taille des jeunes crevettes est comprise entre 0,8mm et 22,0mm de
LC.

L’abondance
La moyenne de densité toutes classes confondues de M. monoceros est faiblement
représentée (0,37 + 0,23crevettes.m-2) par rapport à F. indicus (0,60 + 0,133 crevettes.m-
2
). La classe des petits juvéniles prédomine dans l’abondance relative de l’effectif total
des jeunes crevettes. Par ailleurs, les grands juvéniles sont plus nombreux par rapport aux
postlarves.

a) Variation spatiale.
Entre les deux rivières, l’analyse des variations de la densité moyenne des différentes
classes de taille n’a pas révélé de différence significative chez les deux espèces (P = 0,599
pour F. indicus et P = 0,933 pour M. monoceros). Tandis qu’au niveau des stations, la
distribution d’abondance a présenté des différences chez F. indicus (0,01<P<0,05).

b) Variations saisonnières
L’évolution saisonnière de l’abondance est quasi-similaire chez les deux espèces. Les
postlarves sont abondantes en début de saison humide (octobre-novembre), en début de
saison sèche (mars à mai) et durant la saison sèche (juillet-août). Les petits juvéniles sont
constamment présents toute l’année et les grands juvéniles suivent approximativement la
même évolution mensuelle que les petits. Les périodes de croissance révélées par une
augmentation simultanée des classes de taille sont observées en début et durant la saison
humide (Figure 2).

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(a) 4,0 (b) 4,0

3,0 3,0
crevettes°/m2

2,0 2,0

1,0 1,0

0,0 0,0
S O N D J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A

mois

PL PJ GJ

Figure. 2. Moyenne mensuelle d’abondance (n° crevettes.m-2) des différentes classes de taille (PL:
Postlarves, PJ: Petits juvéniles, GJ: Grands juvéniles) de (a) F. indicus et (b) M. monoceros

Recrutement
L’introduction des postlarves de F. indicus (Fig. 3a.) dans les eaux de mangroves
s’effectue de façon continue mais principalement en début de saison humide (octobre-
novembre), en début de saison sèche (avril-mai) et durant la saison sèche (juillet-août).
Les émigrations des grands juvéniles de M. monoceros des zones de mangroves sont plus
intenses en début de saison humide (octobre-novembre), se poursuivent en fin de saison
humide et chaude (mars à mai) et sont moindres en saison sèche (juillet à août) (Fig.3b).

Les pluies de la quinzaine de jours précédant les prélèvements sont négativement reliées
(Fig. 3a) avec l’immigration des postlarves avec r = -0,62 pour F. indicus et r = -0,34
chez M. monoceros. La salinité des eaux de mangroves n’affiche pas de relation
significative avec le déplacement des jeunes crevettes. Chez M. monoceros, la corrélation
entre la température de l’eau et l’émigration des grands juvéniles r = 0.54 est significative
(Fig. 3b).

a b
500 50 50 29

28
400 40 40
Température (°C)

27
300 30 30
mm

% 26

200 20 20
25

100 10 10
24

0 0 0 23
S O N D J F M A M J J A
S O N D J F M A M J J A

pluies Indice Immigration Indice Abondance GJ Température

Figure. 3. Variations saisonnières de a)Indice d'immigration des postlarves de F.indicus et des


pluies b) Indice d'abondance des grands juvéniles de M. monoceros et la température de l'eau.

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Discussion
La constante profusion de petits juvéniles dans les prélèvements confirme, pour la baie
d’Ambaro, la fonction de zones de nourricerie. Avec les mêmes méthodes et lieux de
prélèvement, l’effectif des crevettes capturées dans cette investigation est faible, par
rapport à celui obtenu dans les précédents travaux (Rasolofo, 1990). Cependant, les
valeurs de densités estimées sont comparables à celles d’autres études effectuées sur les
mêmes espèces (Rönnback et al, 2002 ; Macia, 2004). Les faibles valeurs de densités
prononcées chez M. monoceros résultent des captures parfois nulles de postlarves. Bien
que les méthodes de prélèvements n’aient pas été les mêmes, le recrutement en mer
biannuel commun parmi les crevettes pénéides (Ahmad-Adman et al, 2002) a été retrouvé
dans la présente étude avec l’apparition de deux principales périodes de recrutement en
zones de mangroves. Les immigrations de postlarves en début de saison humide chez les
deux espèces reflètent bien les pics de reproduction (période de ponte) définis dans les
travaux antérieurs de Le Reste (1978) et Rafalimanana (2003).

L’inhibition de la rentrée des postlarves pendant la saison humide pourrait résulter de


l’augmentation des flux dans les rivières après les fortes pluies, en retenant les postlarves
dans les eaux marines. L’étude a montré une relation significative entre les facteurs
climatiques (température et pluies) et le recrutement des jeunes crevettes. Aussi, les
changements climatiques tels l’accroissement de la température et l’augmentation des
eaux de pluies peuvent affecter le stock naturel des ressources crevettières dans les zones
côtières. En outre, le développement inhérent de l’aquaculture de crevettes dans les
mangroves malgaches risque à la longue de compromettre les habitats (zones de
nourricerie) des jeunes crevettes et par conséquent les pêcheries crevettières.

Conclusion
L’évaluation de l’abondance des petits juvéniles indique l’importance des mangroves de
la baie d’Ambaro en tant que zone potentielle de nourricerie. Malgré une campagne
réduite à un seul cycle annuel d’échantillonnage, l’analyse des variations d’abondance a
pu reconnaître deux principales périodes d’abondance, de croissance et de recrutement
avec une dynamique saisonnière quasi-similaire chez les deux espèces.

Perspectives de recherches et d’aménagement.


Dans les recherches futures, il s’avère important de mieux connaître les structures et les
fonctions écologiques des zones de nourriceries, en axant les recherches sur une
caractérisation des mangroves, tenant compte des changements probables des facteurs
environnementaux et aussi des effets néfastes du développement de l’aquaculture de
crevettes sur les écosystèmes littoraux.

Pour les mangroves, il est essentiel de pratiquer une approche intégrée en vue d’une
exploitation rationnelle des ressources. L’aménagement devrait ainsi prévoir la protection
des stades biologiques particuliers (larves, postlarves) et les habitats critiques pour leur
développement. Des normes d’exploitation devraient être mises en place et suivies d’une
application effective pour la durabilité des ressources et de leur exploitation. Enfin, la
concertation suivant une approche participative est à encourager à l’instar du projet ZAC
(Zones d’Aménagement Concerté) qui a déjà connu ses effets en baie d’Ambaro.

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Références
Ahmad-Adam, N.; Loneragan, N.R. & Connolly R.J., 2002.Variability of, and the
influence environmental factors on, the recruitment of postlarval and juvenile Penaeus
merguiensis in the Matang mangroves of Malaysia. Marine Biology 141, 241-251.
FAO, 2007. The world’s mangrove 1980-2005, - A thematic study prepared in the
framework of the global Forest Resources Assessment 2005. Forestry paper 53.
Le Reste, L., 1978. Biologie d'une population de crevettes Penaeus indicus H. Milne
Edwards sur la côte nord-ouest de Madagascar. Travaux et documents Orstom 99, 291
pp.
Macia, A., 2004. Juvenile penaeid shrimp density, spatial distribution and size
composition in four adjacent habitats within a mangrove-fringed bay on Inhaca Island,
Mozambique. WIOMSA Journal of Marine Sciences 3 (2), 163-178
Motoh, H., Buri, P., 1980. Identification of the post larval Penaeus (Crustacea,
Decapoda, Penaeidae) appearing along shore waters. Southeast Asian Fisheries
Development Center 4, 15-19.
Rajaosafara, S., 2006. Performances économiques de la filière crevettière sur les 5
dernières années, Actes de l’atelier « Aménagement de la pêcherie crevettière », 111-129
Rafalimanana, T., 2003. Les crevettes exploitées sur la côte ouest de Madagascar :
Variabilités spatio-temporelles des paramètres biologiques et dynamiques des
populations. Thèse ENSAR, 2003-17, H51, Rennes, France. 268 pp.
Rasolofo, V.M., 1990. Etude de la répartition et de la disponibilité des crevettes pénéides
dans les mangroves de la Baie d’Ambaro. Archives CNRO 6/7, 117-125
Robertson, A.I. & Duke, N.C., 1987. Mangroves as nursery sites: comparison of
abundance and species composition of fish and crustaceans in mangroves and other near
shore habitats in tropical Australia. Marine Biology 96, 193-205
Ronnbäck, P.; Macia, A.; Almqvist, G.; Schultz, L.; Troell & M., 2002. Do penaeid
shrimps have a preference for mangrove habitats? Distribution pattern analysis on Inhaca
Island, Mozambique, Estuarine Coastal and Shelf Science 55, 427-436
Sasekumar, A.; Chong, V.C.; Leh, M.U.& D’Cruz, R., 1992. Mangrove as a habitat
for fish and prawns. Hydrobiologia 247, 195-207.

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Caractéristiques biologiques du gobie de Schlegel, Porogobius schlegelii,


dans la mangrove – écosystème du nipa, au sud-est du delta du Niger au
Nigéria

Mfon T. UDO 1

Résumé
Une étude de certains aspects des caractéristiques biologiques du Porogobius schlegelii
[Gobiidae] dans deux criques marécageuses estuariennes différentes au sein de l’estuaire
du fleuve Qua Iboe au Nigéria, a été effectuée entre janvier et décembre 2004, pour
déterminer l’impact du remplacement des mangroves par les palmiers nipa. Un total de
729 spécimens du poisson ont été examiné ; parmi lesquels 50,2% étaient des
échantillons de mangrove [taille 3,6 – 11,8 cm TL] et 49,8% de collections de nipa [taille
3,7 – 11,4 cm TL). Dans cette étude, il a été découvert que le gobie de Schlegel,
Prorogobius schlegelii originaire de la zone de la crique de mangrove du Nigéria n’a pas
ingéré les espèces de phytoplancton Biddulphia spp., le crustacé et mollusque
Tympanotonus fuscatus, alors que les algues Gyrosigma spp. et Navicula spp. les larves
de mouches et les restes d’insectes étaient absents de l’alimentation de leurs
contreparties de la crique de nipa. En dépit de la similarité de l’ordre hiérarchique des
objets alimentaires [p<0,002], il y avait des différences entre les proportions des objets
alimentaires. L’intensité de l’alimentation était plus élevée dans la zone du nipa vis-à-vis
de la crique de mangrove. La bisexualité existait dans la proportion relative des sexes
entre les criques mais avec la dominance des femelles dans chaque crique. Les mâles et
les femelles de la crique de mangrove ont augmenté en poids corporel par rapport à ceux
du nipa. Les spécimens de la crique de mangrove étaient plus élevés en matière
d’investissement reproductif (indices gonadosomatiques et de condition). La moyenne de
fécondité de 8 466 et 10 164 œufs de la mangrove et des criques de nipa respectivement,
n’était différente du point de vue statistique. Les Schlegels de mangrove étaient plus
élevés en matière de puissance du rapport longueur-poids. En bref, cette étude souligne
les influences dépressives de la succession active de l’écosystème de mangrove et biote
originels et ‘déterministes’ par l’étranger ‘stochastique’ palmier nipa [Nypa] dans
l’estuaire du fleuve Qua Iboe au Nigéria.

Introduction
Une vaste forêt de mangrove domine les marais estuariens côtiers du fleuve Qua Iboe.
Faisant partie des réserves forestières du Nigéria, les écosystèmes de mangrove
estuarienne des fleuves Qua Iboe, Cross River, Imo River et le Delta du Niger ainsi que
leurs criques et affluents représentent une source riche de ravitaillement en bois pour
diverses utilisations domestiques et industrielles [Ekundao, 1985]. Les effets fertilisants
crées par la décomposition des macrophytes de mangrove ont été enregistrés (Moses,
1985). Dans les mêmes criques marécageuses du Nigéria, l’on trouve le gobie de
Schlegel, Porogobius schlegelii [Gobiidae]. Présentement, les estuaires précités sont
couverts de palmiers nipa dans la vaste étendue des marécages intertidaux attenants et
seulement de petites portions résiduelles isolées de la végétation de mangrove originelle

1
Mfon T. UDO. Department of Fisheries and Aquaculture, Faculty of Agriculture, University of
Uyo, PMB 1017,Akwa Ibom State, Nigeria. Tel.: (234) 8028901377;
Email: [email protected]

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demeurent (King et Ud, 1997, Udo, 2002a, b ; Udo et al., 2008]. C’est seulement
récemment que le nipa a été introduit de Singapore à l’origine comme plante ornementale
dans les villes nigérianes de Calabar [1904] et d’Oron [1912].

Afin de comprendre les changements dans certains aspects de la biologie des espèces,
certains aspects de l’écologie des populations de poissons dans deux criques séparées
dans l’espace et écologiquement [mangrove et palmiers nipa] ont été étudiées dans
l’estuaire du fleuve Qua Iboe au Nigéria ; les caractéristiques incluses dans l’étude étaient
entre autres, les habitudes alimentaires, le dimorphisme sexuel, la proportion relative des
sexes, l’investissement reproductif/l’élevage, la fécondité et le rapport longueur-poids.

Matériels, méthodes et résultats


L’étude a été effectuée dans les marécages estuariens du fleuve Qua Iboe aux environs de
la zone des collectivités locales de Ibeno, dans l’état d’Akwa Ibom au Nigéria. Le
système du fleuve Qua Ibo (70 30 - 80 20 W; 40 30 - 50 30 N) est l’une des
caractéristiques hydrographiques majeures de l’état d’Akwa Ibom. Des échantillons
mensuels du gobie de Schlegel ont été obtenus parmi les captures de subsistance de
certains pêcheurs pour une période de 12 mois (Janvier à décembre 2004). Pour enquêter
sur l’impact du remplacement de la mangrove par les palmiers nipa sur l’écologie du P.
schlegelii, des échantillons de poissons ont été obtenus séparément dans le marécage en
majeure partie couvert par la végétation de la mangrove originelle à Iwochang (appelée
crique de mangrove) ; et le marécage composé principalement de palmiers nipa introduits
à Upenekang (appelé crique nipa). Les échantillons ont été préservés dans du formol
10%. Les spécimens de poissons ont été sexués (Udo, 2002a), mesurés, pesés et
disséqués. L’importance alimentaire quantitative des différents objets alimentaires selon
Udo (2002b) a été évaluée à l’aide des indices suivants : 1. Indice de satiété du tube
digestif (GRI %). Moyenne de satiété du tube digestif (MGF) (Hyslop, 1980). Les
paramètres suivants ont été calculés selon les équations suivantes : 1. Modifier le numéro
d’objet alimentaire : MFON = mx + tx 100/(A U B) ; 2. Longueur relative de la gonade :
RGL = GL.100/SL ; 3. Poids somatique : SW = TW – GW ; 4. Indice gonadosomatique :
GSI = GW.100/SW ; 5. Indice de condition: K = GW.100/TL3; 6. Indice
hépatosomatique: HIS = LW.100/TW – LW; 7. Estimations de la fécondité: F = a ib

Dynamique du régime alimentaire


Sur les 729 spécimens de P. schlegelii examinés pour l’intensité alimentaire, 366 (50,2%)
ont été échantillonnés de l’écosystème de mangrove (étendue de la taille : 3,6 – 11,8 cm
TL) et 363 (49,8%) de l’écosystème nipa (étendue: 3,7 – 11,4 cm TL). Le changement
végétal dans les régimes alimentaires du P. schlegelii est présenté au Tableau 1. Il s’est
avéré que les espèces de phytoplancton Biddulphia spp., le crustacé et le mollusque
Tympanotonus fuscatus, n’ont pas été ingérés par les poissons dans la crique de
mangrove ; alors que les algues Gyrosigma spp. et Navicula spp., la larve de mouche et
les restes d’insectes n’étaient pas présents dans les régimes alimentaires consommés par
les poissons dans la crique nipa. Comme démontré dans le Tableau 1, malgré la similarité
dans l’ordre hiérarchique des objets alimentaires (p < 0002), les proportions des différents
aliments ingérés dans les deux écosystèmes étaient différentes.

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Dynamique de l’intensité de l’alimentation


Il y a eu une augmentation substantielle en %GRI du P. schlegelii dans la zone dominée
par les palmiers nipa (p < 0,001) par rapport à la crique de mangrove, alors qu’il n’y a pas
eu de variation dépendante de la crique en MGF (p > 0,05). Le résultat est indicatif d’une
intensité d’alimentation plus élevée chez les individus de P. schlegelii de la crique nipa
que chez ceux de la crique de mangrove.

Tableau 1. Variabilité spatiale du spectre trophique du P. schlegelii dans l’estuaire du fleuve Qua Iboe
au Nigeria.

Modify food object number [MFON %]


Aliment Crique de mangrove Crique de palmier nipa
Algues
Bacillariophycées
Biddulphia - 0,09
Coscinodiscus 0,31 0,14
Gyrosigma 0,04 -
Navicula 0,20 -
Chlorophycées
Spirogyre 1,12 1,25
Crustacés
Décapodes [crabes]
Sesarma alberti 4,24 2,72
Restes de Sesarma 17,36 22,01
Décapodes [crevettes]
Penaeus notialis 15,41 14,10
Restes de Penaeus 17,50 21,40
Détritus
Détritus grossiers 1,38 1,13
Détritus fins 1,05 1,13
Poissons [proie]
Gobioides ansorgii 0,94 0,43
Pellonulla sp 4,82 1,30
Porogobius schlegelii 17,33 9,42
Restes de poissons 10,54 19,20
Poissons non identifiés 2,88 1,02
Insectes
Larve de mouche 0,22 -
Restes d’insecte 0,60 -
Matière macrophyte 2,25 0,52
Mollusques
Neritina glabrata 0,.09 0,14
Tympanotonus fuscatus - 0,17
Nématodes 0,16 0,35
Grain de sable 1,56 1,35
Grand Total = 100,00 100,0

Dimorphisme sexuel
Il n’y avait pas de changement intersexuel significatif dans la longueur des poissons (p >
0,05) entre les criques de mangrove et de nipa. Cependant, il y a eu des augmentations de
poids des mâles et des femelles (p < 0,05) dans la crique de mangrove par rapport à leurs
contreparties dans la crique de nipa.

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Proportion relative des sexes


Généralement, la proportion relative des sexes a démontré une prépondérance des
femelles dans les deux zones étudiées.

Changements dans l’investissement reproductif


Les femelles de la crique de mangrove avaient un GSI plus élevé (p<0,001) et K
(p<0,001) que les femelles de la crique de nipa. Cependant, il n’y a pas eu
d’augmentations importantes dans la longueur ovarienne et l’HSI (p>0,05 dans chaque
cas) entre les deux criques. Les résultats suggèrent que l’investissement reproductif était
plus élevé dans la mangrove que dans la crique de nipa. Sur la base des analyses, les
mâles de la crique de mangrove étaient plus nombreux uniquement en k (p<0,001) que les
échantillons mâles de la crique de nipa, alors qu’il n’y a eu aucune différence en GSI,
longueur gonade et HSI (p>0,05 dans tous les cas) entre les criques.

Fécondité
La moyenne absolue de production d’œufs de 18 spécimens du gobie de Schlegel dans la
crique de mangrove (intervalle de la taille : 5,3 – 9,9 cm TL) était de 8466 r 4060 œufs
(intervalle: 3000 – 19000 œufs). La moyenne absolue de la fécondité de 16 spécimens du
gobie de Schlegel de la crique de nipa (intervalle: 5,7 – 10,1 cm TL) était de 10 164 r
5924 œufs (intervalle: 5300 – 27 400 œufs). Dans les deux zones, la fécondité a augmenté
avec la taille des poissons (longueur et poids) avec les équations fonctionnelles des
formes – Mangrove : F = 36,8723 TL2,6983, F = 2491,7244 TW0,9109 ; Nipa : F = 25,0001
TL0,4944 et F = 2577,145 TW0,8835. Cependant, malgré le nombre élevé d’œufs enregistré
dans la zone de la crique de nipa, il n’y avait pas de différence statistique significative
(p>0,05) dans les estimations de fécondité entre les deux zones d’étude.

Relations allométriques
Les régressions longueur-poids du P. schlegelii dans les types de végétation étaient :
mangrove : BW= 0,0111972.869 TL (r = 0,969); et nipa : BW = 0,011017TL2.812 (r =
0,967). L’exposant de la longueur dans chaque crique n’était pas différent de la loi du
cube prévue. Toutefois il y a eu une augmentation de la puissance de l’exposant par les
spécimens de mangrove (t = 6.706, 727 df, P<0.001) sur leurs éléments de la crique de
nipa.

Discussion
Le classement de l’importance relative de chacun des objets alimentaires ingérés par le P.
schlegelii étaient les mêmes dans les deux criques. Cependant, les individus de la crique
de nipa étaient plus élevés en intensité d’alimentation que les individus de la crique de
mangrove. Les raisons de l’alimentation élevée dans la crique de nipa ne sont pas claires,
mais l’observation est d’accord avec la ‘théorie de l’alimentation optimale’. La théorie
(Schoener, 1971, Angermeier, 1982) stipule que l’ampleur du régime alimentaire
s’élargira durant les périodes de pénurie et d’abondance. L’observation dans la crique de
nipa présente les influences dépressives et les implications écologiques du changement de
végétation pour les pêches côtières estuariennes. Le palmier nipa exotique n’a pas l’effet
fertilisant avantageux souvent fourni par la décomposition de la végétation de mangrove,
en outre, il ne fournit pas un substrat pour l’attachement des organismes alimentaires
aussi bon que celui de la végétation de la mangrove originelle (Moses, 1985 ; King et
Udo, 1007 ; Udo, 2002b). Cela est probablement dû au fait que la crique de nipa est un

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écosystème relativement homogène avec une variété limitée de micro-habitats pour


supporter les différentes ressources alimentaires (cf. King et Udo, 1997). Ainsi les
poissons dans la zone de la crique de nipa doivent consommer ce qui est disponible pour
croître et survivre. Cette observation indique que les poissons dans la crique de nipa
devront s’alimenter intensivement pour compenser le manque et/ou l’irrégularité des
ressources alimentaires. Le comportement alimentaire de ces poissons impliquera un
changement écologique, d’un régime alimentaire spécialiste à généraliste puisque les
écosystèmes de palmiers nipa sont moins complexes sur le plan structurel que les
écosystèmes de marécages de palétuviers et ainsi ne disposent pas des énormes
différences en micro habitats de ces derniers et qui supportent une plus grande variété de
ressources alimentaires (Udo, 2002b).

Le dimorphisme sexuel a démontré des femelles plus grosses et lourdes que les mâles
dans les deux marécages. Cela est conforme avec le modèle de l’avantage de la fécondité
de Darwin (Darwin, 1874 p. 332 ; voir également p.275 pour un argument similaire) qui
stipule que chez la plupart des espèces animales, les femelles atteignent des tailles
corporelles plus importantes que les mâles.

Les changements dans l’espace et dans le temps de l’intensité de reproduction du P.


schlegelii soulignent qu’il y a une augmentation de son intensité dans les spécimens de
mangrove par rapport aux poissons de la crique de nipa, y compris dans la saisonnalité de
la reproduction. Les observations effectuées sur les types de reproduction indiquent
probablement que les conditions de vie dans l’écosystème de marécage de palétuviers
sont plus appropriées pour les poissons que celles de la crique de nipa ; elles suggèrent
également qu’il y a une différence écologique entre les biotopes indigènes non perturbés
(mangrove) et les biotopes perturbés (nipa) consistant d’espèces introduites.

En bref, l’on ne saurait trop souligner l’importance de l’écosystème des marécages de


palétuviers originels pour les poissons et les pêches et la richesse des autres ressources,
par rapport à l’écosystème de palmier nipa introduit. Les rapports abondent également
(Moses, 1985 ; Udo, 2002a, b) sur le fait que là où les macrophytes de mangrove ont été
ôtés et/ou détruits, le rendement des poissons à nageoire et des crustacés a
considérablement baissé. Ainsi la crique de marécage de mangrove est un biotope typifié
par de meilleures conditions de vie pour la biote. Des initiatives et des politiques d’appui
sont nécessaires pour maintenir et protéger les écosystèmes originaux dans la zone du
delta du Niger (Udo et al., 2008).

Références

Angemeier, P. L. 1982. Resource seasonality and fish diets in an Illinois stream. J. Env.
Biol. Fish. 7 (3): 251 – 264. Darwin, C. R. 1874. The descent of man and selection in
relation to sex. Pp,. 275,332. John Murray, London.

Ekundayo, J.A. 1985. The challenges of the mangrove ecosystem. In: Mangrove
ecosystem of Niger Delta. Proceedings of a workshop (ed. By B. H. R. Wilcox and
C.B. Powell). University of Port Harcourt, Port Harcocurt, Nigeria. 357p.

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Hyslop, E.J. 1980. Stomach contents analysis. A review of methods and their application.
J. Fish Biol. 17, 411-429.

King, R. P. and M.T. Udo. 1997. Vegetational sucession mediated spatial heterogeneity
in the environmental biology of Periophthalmus barbarus (Gobiidae) in the estuarine
swamps of Imo River, Nigeria. Netherlands J. Surf. Min. Reclam. Env. 11: 151-154.

Moses, B.S. 1985. Distribution, ecology and fisheries potential of Nigeria wetlands. In:
Nigeria Wetlands (edited by Akpata, T. V. I. and D. U. O. Okali). Printed by Offset
Lithography, Ibadan. 167p.

Schoener, T. W. 1971. Theory of feeding strategies. J. Ann. Rev. Ecol. Syst. 2: 269-404.

Udo, M. T. 2002a. Morphometric relationships and reproductive maturation of the


mudskipper, Periophthalmus barbarus from subsistence catches in the
mangrove swamps of Imo Estuary, Nigeria. Journal Environment Science. Vol. 14,
No. 2, 221-226.

Udo. M. T. 2002b. Trophic attributes of the mudskipper, Periophthalmus barbarus


(Gobiidae: Oxudercinae) in the mangrove swamps of Imo River estuary, Nigeria.
Journal of Enviromental. Sciiences Vol. 14, No.4: 508-517.

Udo, M. T., A. W. Akpan and A. O. Ekwu. 2008. Observations on the indices of


fecundity of the mudskipper, Periophthalmus barbarus [Gobiidae] in the Qua
Iboe River estuary Southeastern Nigeria. Ecol. Env.& Cons. 14 [2-3]; 255-262.

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Mangroves v1.0: Un nouvel outil taxonomique de caractérisation


des mangroves.
Le cas des mangroves du sud-est de l’Inde et du Sri Lanka et
l’application potentielle aux mangroves d’Afrique

Juliana Prosperi 1 , Pierre Grard 2 et Denis Depommier 3

Résumé
Dans cet article nous présentons un outil innovateur d’identification des plantes conçu
pour renforcer le développement des capacités nationales en matière de taxonomie. Nous
présentons Mangroves v1.0, conçu à partir d’un système d’identification des espèces
appelé IDAO (Identification Assistée par Ordinateur). Ce logiciel permet l’identification
de 50 espèces de mangroves du Sud-est de l’Inde et du Sri Lanka, avec la perspective de
l’ajuster et de l’étendre à d’autres parties du monde. Ce logiciel fourni et facilite la
dissémination du savoir scientifique et traditionnel. Par conséquent il semble être un bon
appui à la formation, à la recherche et au développement et ses applications qui varient
de la sensibilisation à la gestion pratique des arbres et de l’écosystème, pourraient
bénéficier aux mangroves africaines et contribuer à leur regain d’intérêt.

Introduction
L’importance écologique et socioéconomique des arbres et des forêts de mangrove a été
largement reconnue dans diverses régions de la zone côtière, en particulier en Asie et en
Afrique où les mangroves sont les plus étendues (21 et 39% respectivement de la zone
mondiale totale des mangroves, FAO, 2007) et sont riches en plantes et en espèces
animales. Dans ces zones, elles contribuent notamment à la protection du milieu marin et
terrestre et sont une source majeure d’aliments, de combustibles, de bois, de fourrages, de
médicaments, etc. pour les communautés locales, en particulier les pêcheurs qui sont
parmi les populations les plus démunies (Dahdouh-Guebas et al., 2006).

Les mangroves tropicales sont également caractérisées par une pression humaine
importante et la mauvaise gestion : la surexploitation des arbres, notamment la conversion
des mangroves à d’autres systèmes d’utilisation des terres (étangs de crevettes,
plantations de riz et production de sel), la pollution, etc.

La législation adéquate, ou son application effective, pour protéger, conserver et gérer


durablement les mangroves, manque toujours dans la plupart des pays africains. D’un
autre côté, bien que des études importantes aient été effectuées durant les décennies
passées pour mieux connaitre les écosystèmes uniques et fragiles constitués par ces
1
Juliana Prosperi. CIRAD, UMR BotAnique et bioinforMatique de l'Architecture des Plantes
(AMAP – CIRAD) TA A-51/PS2, Boulevard de la Lironde. 34398 Montplellier
Cedex 5. France.E-mail: [email protected] Website: http://amap.cirad.fr/
2
Pierre Grard. CIRAD, UMR BotAnique et bioinforMatique de l'Architecture des Plantes
(AMAP – CIRAD). TA A-51/PS2, Boulevard de la Lironde. 34398 Montplellier Cedex 5. France.
E-mail: [email protected]
3
Denis Depommier. CIRAD, Regional Direction for Eastern and Eastern Africa,
P.O. Box 30677, Nairobi, 00100, Kenya. Email: [email protected]

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mangroves, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne leur fonctionnement et


leur dynamique en rapport avec leur exploitation et l’impact potentiel sur le changement
climatique. Dès lors, le savoir scientifique est nécessaire pour guider et rationaliser la
gestion des mangroves, leur exploitation et reboisement, et pour mieux préserver leur
biodiversité.

Finalement, les informations disponibles ne sont pas suffisamment distribuées, et


l’existence de plusieurs langues locales rend la tâche encore plus difficile (Taylor et al.,
2003).

Dans ce cadre, le manque de capacité d’identification des espèces est un handicap majeur
pour la mise en œuvre des mesures recommandées par la Convention sur la Diversité
Biologique (CDB) dans la plupart des régions du monde. La réduction dramatique du
nombre de taxonomistes à travers le monde et la perte irrémédiable de leur savoir a rendu
la tâche encore plus difficile pour les écologistes et les non spécialistes. Cet ‘obstacle
taxonomique’ est un problème sérieux entravant la mise en œuvre complète de la CDB.

Dans les écosystèmes de mangrove, l’un des besoins les plus urgents, en dépit des
contributions importantes d’une grande diversité de disciplines (écologie, écophysiologie,
hydrologie, pédologie …) demeure l’identification et l’éducation sur la biologie des
espèces. Sans le savoir de base contenant les informations sur cette flore particulière, l’on
ne peut évaluer sa biodiversité et définir les priorités en termes de conservation des
espèces, et dans l’ensemble, la gestion durable de la mangrove.

Pour faire face à ce défi, au moins en partie, nous avons développé Mangroves v1.0 qui a
été conçu sur la base du système d’identification des espèces dénommé IDAO
(Identification Assistée par Ordinateur, Grard, 1996). Il a été appliqué à la mangrove du
sud-est de l’Inde et du Sri Lanka – avec l’objectif futur de l’ajuster et de l’étendre aux
autres mangroves du monde.

Mangroves v1.0 (Prosperi et al., 2005) a été développé par le Centre international pour la
recherche agricole pour le développement (CIRAD) en coopération avec l’Institut
français de Pondicherry, l’Université d’Andhra en Inde, et l’Université de Ruhuna au Sri
Lanka, les partenaires dans le projet européen ‘Evaluation de la dégradation et de la
résilience de la mangrove dans le sous-continent indien : les cas de l’estuaire de Godavari
et du sud-ouest du Sri Lanka’.

Matériels et méthodes
Les clés classiques pour l’identification des plantes sont difficiles à utiliser pour les non-
spécialistes. Leurs systèmes sont principalement basés sur les caractères floristiques (pas
toujours faciles à obtenir lors de la collecte des échantillons), utilisent des termes
techniques et imposent le choix ainsi que l’ordre des questions pour obtenir
l’identification.

IDAO est différent des autres systèmes informatiques d’identification des espèces pour les
raisons suivantes :

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x Il utilise uniquement les dessins au lieu du jargon technique et fourni aux


utilisateurs la liberté de choisir le caractère à décrire.

Figure 1: Interface utilisateur de Mangrove v1.0

x Les informations ou données manquantes sont permises, permettant ainsi


l’identification des échantillons incomplets.
x Un certain niveau d’erreur observationnel est toléré et, à chaque étape du
processus d’identification une probabilité de ressemblance est calculée pour
chaque espèce. Ainsi, les espèces sont classées en ordre décroissant de similarité.
x Les utilisateurs peuvent accéder aux photos, à la description et aux illustrations
botaniques des espèces n’importe quand. Au cas où les utilisateurs sont dans le
doute quant au choix des caractères (pour la description), ils peuvent demander au
programme d’en indiquer le plus pertinent. Si la probabilité d’une espèce
identifiée est de moins de 100 pour cent, le programme indique les caractères
contenant les erreurs d’observation par l’utilisateur.
x Les descriptions des espèces sont accessibles sur le site web à l’aide de n’importe
quel navigateur.

Résultats
L’identikit
Dans cet article, nous nous concentrerons uniquement sur la caractéristique de l’identikit
(portrait-robot) qui est typique du logiciel. Elle comprend tous les caractères et tous les
états de ces caractères et aide l’utilisateur à faire correspondre chaque caractère aux
autres, en faisant toutes sortes de combinaisons possibles. La réalisation de l’identikit
exige une expertise des caractères botaniques entre les espèces listées afin d’en
sélectionner les plus pertinentes du point de vue végétatif et sexuel. L’identikit utilise une
interface graphique basée sur un système de couches qui reconstitue les plantes en
utilisant des dessins vectorisés. Pour Mangroves v1.0 nous avons analysé et dessiné 108
caractères botaniques appartenant à 15 caractères, représentant les différentes couches
(Tableau 1), et 5400 dessins nécessaires pour identifier 50 espèces de mangroves. Ces

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espèces appartiennent à 34 genres et 26 familles ; elles couvrent des espèces appropriées


et associées de mangroves. (Voir Annexe 1, Liste des espèces).

Tableau 1: Caractères de l’Identikit de Mangroves v1.0

1- Port 9 – Types de stipule


2 - Racines 10 – Apex de la feuille ou de la foliole
3 - Pneumatophores 11 – Base de la feuille ou de la foliole
4 – Arrangement des feuilles 12 – Marge de la feuille ou de la foliole
5 – Types de feuilles 13 – Section de la feuille ou de la foliole
6 - Inflorescences 14 – Nervation
7 – Couleur de la fleur 15 - Exsudation - Sève
8 – Types de fruit

L’identikit est organisé autour de trois zones représentées par trois dessins principaux de
l’interface : le port, la tige avec les feuilles et une vue agrandie de la feuille et du fruit.
Ces dessins sont simples, génériques et théoriques afin d’être facilement compris par les
utilisateurs et pour les aider dans le processus d’identification de la plante. Nous avons
favorisé les caractères végétatifs (80% de tous les caractères, principalement liés aux
feuilles et aux tiges) parce qu’ils sont toujours présents et plus accessibles que les
caractères sexuels.

Figure 2: Identikit de mangroves pour l’identification d’une espèce de Rhizophora

Ce système permet à l’utilisateur d’accéder à ces caractères de trois manières consistant à


‘pointer et cliquer’ :

x Les rectangles représentés sur différents organes des plantes

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x Les couleurs recouvrant la plus grande surface dans l’identikit


x Les boutons placés sur le côté droit de l’identikit

Durant le processus d’identification, l’utilisateur clique sur les dessins de l’écran


d’identification pour sélectionner un caractère correspondant à la plante qu’il/elle désire
identifier. Sur la base du calcul des coefficients de similarité, le logiciel fournit une
probabilité de similarité calculée pour chaque espèce.

Les utilisateurs peuvent accéder aux photos, à la description et aux illustrations botaniques
des espèces à n’importe quel moment durant le processus d’identification. Parmi les 50
espèces, les utilisateurs peuvent apprendre beaucoup sur les aspects botaniques en
vérifiant plus de 500 photos et 21 plaques botaniques. Le fichier de description de chaque
espèce comprend des informations sur : les caractères de diagnostic, la botanique et la
morphologie, la régénération, la biologie reproductive, l’écologie, la distribution et les
utilisateurs (voir http://umramap.cirad.fr/amap2/logiciels_amap/Mangrove_
web/Mangrove_list.html). Tous les termes techniques utilisés dans le fichier de
description sont surlignés et une définition hypertexte illustrée est accessible d’un simple
clic.

Mangroves v1.0 est disponible sur CD-ROM pour installation sur les PC, sur le net, et
nous travaillons actuellement à développer une application libre sur l’internet dans un
format Scalable Vector Graphics (SVG) (Voir http://www.ifpindia.org/Identification-
des-plantes-de-mangroves.html).

Conclusion et perspectives d’application aux mangroves africaines


Les nombreux étudiants, scientifiques et agents de développement qui utilisent l’outil
taxonomique Mangroves v1.0 que nous avons développé pour les mangroves de l’Inde du
sud-est et le Sri Lanka, l’ont trouvé innovant, facile à utiliser et ont beaucoup apprécié sa
composante iconographique interactive qui permet à l’utilisateur d’obtenir une réponse
rapide d’une manière illustrative et éducative.

L’identikit, et son processus sélectif d’identification d’une espèce, est certainement la


partie la plus originale du logiciel grâce à son interface graphique. Et à n’importe quel
moment, des informations détaillées sur chacune des 50 espèces de mangrove peuvent
être accédées indépendamment de la base de données importante que nous avons
constituée.

Un point intéressant en rapport avec la capacité de ce logiciel et la base de données


constituée est l’intégration du savoir scientifique et traditionnel, dont les multiples usages
des espèces. La restitution est volontairement donnée de manière synthétique (fichiers de
description des espèces) mais pourrait être développée, enrichie ou corrigée si besoin est,
dans les prochaines versions de Mangroves v1.0.

Puisqu’Ellison (2000) et d’autres avant lui nous ont rappelé le besoin d’un bureau central
d’informations sur les mangroves, le développement de bases de données internationales
et une meilleure communication parmi les chercheurs, les gestionnaires, les planteurs et

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les résidents, utilisant l’Internet et les technologies de l’information afférentes,


Mangroves v1.0 semble être une contribution appropriée à ce défi. Il pourrait notamment
aider les gestionnaires dans la plantation d’un nombre plus important d’espèces d’arbres
dans la mesure où les méthodes de plantation des projets de restauration des mangroves se
focalisent uniquement sur quelques espèces, permettant ainsi à travers la meilleure
richesse, d’obtenir davantage de produits et de services et de mieux se conformer à
l’écosystème originel.

Sur la base de cette expérience de l’Asie du sud, et au vu des avantages de cet outil en
termes d’échange des informations, d’apprentissage et de renforcement des capacités,
d’appui à la recherche et à la prise de décision pour la restauration et la gestion des
mangroves, l’on pourrait étendre favorablement son application à d’autres mangroves et
notamment aux mangroves africaines qui sont parmi les plus dégradées et sont très
menacées localement lorsqu’elles n’ont pas tout simplement disparu. Incidemment,
Mangroves v1.0 couvre la plupart des espèces de mangrove d’Afrique, et toutes les 16
espèces de l’Afrique et du Moyen orient identifiées par Spalding et al. (1997) et Saenger
(2002).

Les applications pratiques de cet outil aux mangroves africaines à travers le


développement approprié de ses données et l’intégration d’informations spécifiques
pourraient inclure :

x La sensibilisation de l’importance environnementale et socioéconomique des arbres et


de l’écosystème de mangroves ;
x La diffusion et la vulgarisation de techniques testées de plantation d’arbre et de
réhabilitation de mangrove ;
x L’intégration de savoirs écologiques scientifiques et traditionnels dans le but de
promouvoir les meilleures pratiques de gestion et les valeurs à long terme de
l’écosystème ;
x La distribution vaste, à travers le monde et notamment à travers l’Afrique, des
données collectées, traitées et mises à la disposition de tous grâce aux réseaux, aux
échanges d’information, aux études de cas, etc. ;
x Les politiques, règles et règlements concernant les mangroves, avec les informations
pour les décideurs.

La structure même du Web (notamment l’Internet) offre de nouvelles opportunités pour


l’organisation des informations et fournit des informations multimédia accessibles,
hyperliées universellement, et offre un créneau approprié pour le développement de cet
outil et de ses applications multiples.

Dans la perspective d’un intérêt renouvelé pour les mangroves africaines et pour initier le
processus, des questions majeures telles que les informations de base nécessaires pour
l’évaluation de l’impact environnemental et les plans de gestion, la distribution de
l’information et l’éducation, pourraient être discutées lors d’ateliers avec l’appui
d’organisations internationales telles que la FAO, et les parties prenantes concernées.
Dans ce cadre, Mangroves v1.0 pourrait être présenté et discuté pour son développement
et ses applications potentiels en Afrique.

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Références

Dahdouh-Guebas F., Collin S., Lo Seen D., Ronnback P., Depommier D.,
Ravishankar T. & Koedam N. 2006. Analysing ethnobotanical and fishery-related
importance of mangroves of the East-Godavari Delta (Andhra Pradesh, India) for
conservation and management purposes. Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine,
2(4), 1-22.

Ellison A.M. 2000. Mangrove restoration: Do we know enough? Restoration Ecology


8(3), 219-229.

FAO. 2007. The world’s mangroves 1998-2005. A thematic study prepared in the
framework of the Global Forest Resources Assessment 2005, Forestry Paper 153,
Rome, 77 p. http://www.fao.org/docrep/010/a1427e/a1427e00.htm.

Grard P. 1996. Contribution à la méthodologie de l’identification des plantes assistée par


ordinateur, Université Montpellier II, Montpellier, France (Thèse de doctorat).

Prosperi, J., Ramesh, B. R., Grard, P., Jayatissa, L.P., Aravaly, S., Depommier, D.,
2005. Mangroves v1.0: A multimedia identification system of mangroves species
[CD-Rom]. Pondichéry: IFP / CIRAD. (Collection Ecologie, vol. 52).
http://www.ifpindia.org/Identification-des-plantes-de-mangroves.html

Saenger P. 2002. Mangrove Ecology, Silviculture and Conservation. Kluwer Academic


Publishers. Dordrecht, Netherlands. 360 p.

Taylor M., Ravilious C. & Green E. P. 2003. Mangroves of East Africa UNEP, WCMC
Biodiversity series N°13, 24 p. http://www.ourplanet.com/wcmc/pdfs/mangroves.pdf.

Spalding M.D., Blasco F. & Field C.D. (Eds). 1997. World Mangrove Atlas. The
International Society for Mangrove Ecosystems, Okinawa, Japan. 178 pp.

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PAYS À LA UNE : Madagascar

Hajanirina Razafindrainibe1 s’entretient avec Nature & Faune

Madagascar (République Malgache) située dans l’Océan indien, est la 4ème île la plus
grande (après Greenland, la Nouvelle Guinée et Bornéo) avec une superficie de 587
931km². Selon Aditya Maheshwari et Rickets2 , Madagascar compte environ 17 millions
d’habitants, avec un taux de croissance de 3,03%. Environ 88% de la population travaille
dans le secteur de l’agriculture avec 13,5 millions d’habitants vivant uniquement des
produits des champs. En ce qui concerne la faune sauvage, environ 85% des animaux de
Madagascar existent uniquement à Madagascar. Il existe 8 espèces de carnivores sur l’île
et 40 espèces d’oiseaux coureurs. Le pays contient la troisième plus grande forêt de
mangroves en Afrique. Entre 2000 et 2005, le changement annuel de la couverture
forestière était de -37 000ha et le taux annuel de déforestation de -0,3%. Le changement
en taux de déforestation depuis les années 90 a été de -41%. La perte totale de forêt
depuis 1990 est de -854 000ha et la perte totale de forêt depuis 1990 est de 6,2%3 .

Afin de mieux comprendre l’importance des forêts de mangrove pour la faune sauvage de
Madagascar, les ressources en eau et les pêches, Nature & Faune a interviewé Hajanirina
Razafindrainibe, une technocrate travaillant au SAGE (Service d’Appui à la Gestion de
l’Environnement) de Madagascar.

1
Hajanirina Razafindrainibe Service d'Appui à la Gestion de l'Environnement (SAGE)
Madagascar Email: [email protected]; Email: [email protected]
2
Site Web: http://www.freewebs.com/madagascar-wildlife/aboutmadagascar.htm du 5 aout 2009
http://www.wildmadagascar.org/wildlife/; http://www.wildmadagascar.org/; http://www.cactus-
madagascar.com/madagascar-wildlife/madagascar-wildlife-flora.htm;
http://animals.jrank.org/pages/3068/Mongooses-Fossa-Herpestidae-DIET.html
http://www.thewildones.org/Animals/lemur.html) Guide touristique - Ottawa Citizen. Livres:
Cultures of the world Madagascar, Jay Heale; Madagascar, Mary N. Oluonye.
3
FAO. 2005b. State of the World’s Forests 2005. Rome (également disponible à l’adresse
suivante : www.fao.org/docrep/007/y5574e/y5574e00).
http://rainforests.mongabay.com/20madagascar.htm

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Nature & Faune: Quelle est l’étendue et la diversité de l’écosystème de mangrove à


Madagascar ?

Hajanirina Razafindrainibe: Madagascar dispose d’environ 320 000ha de mangrove


avec seulement 8 espèces. Quatre-vingt dix-huit pourcent des mangroves sont situées le
long de la côte ouest du pays et peuvent être regroupées en deux principaux types : les
mangroves estuariennes situées à l’entrée de la baie, des embouchures et des deltas ; et le
second type est la mangrove côtière qui se développe dans les zones inondées par les eaux
fraîches souterraines.

Nature & Faune: Quel est l’impact des forêts de mangrove sur la pêche, les
ressources en eau et les secteurs de la faune sauvage à Madagascar ?

Hajanirina Razafindrainibe: Les mangroves sont des écosystèmes extrêmement riches et


jouent un rôle vital pour les diverses espèces aquatiques et continentales. Elles servent de
pépinières et/ou d’habitats pour plusieurs espèces marines et estuariennes telles que la
crevette pénéide, le crabe caillou, plusieurs espèces de poissons et de mollusques. Ainsi,
leur existence et leur santé font partie des conditions clés pour la régénération de ces
ressources. Pour Madagascar, la pêche à la crevette est pêche nationale commerciale la
plus importante et contribue de manière significative aux entrées en de devises étrangères
du pays. Au niveau international, la demande en crabe caillou a considérablement
augmenté au fil des dix dernières années.

Même si leur distribution n’est pas restreinte aux forêts de mangrove, quelques oiseaux
endémiques et/ou menacés utilisent ces écosystèmes comme refuges ou zones
d’alimentation ; ces oiseaux incluent par exemple le pygargue (Haliaeatus vociferoides),
la sarcelle (Anas bemieri) et le héron cendré. Le Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)
est encore présent dans certaines mangroves de delta, alors que les sangliers cherchent
refuge aux abords des mangroves dans les zones déboisées.

Les mangroves jouent d’autres rôles vitaux en protégeant les côtes contre l’érosion
marine, en fixant les sédiments contre l’érosion en amont, protégeant ainsi les récifs de
corail contre la sédimentation, réglementant les flux d’eau, et protégeant le paysage
pendant les inondations.

Nature & Faune: Les forêts de mangrove de Madagascar possèdent-elles des


caractéristiques uniques en comparaison avec celles des autres zones tropicales ?

Hajanirina Razafindrainibe: Il est difficile pour moi de dire que nos mangroves ont des
caractéristiques uniques puisque je ne peux prétendre connaitre les mangroves des autres
pays. Cependant, je pense que la possibilité pour les mangroves côtières de se développer
dans les zones où l’eau fraîche souterraine inonde régulièrement les arbres, est plutôt
basse. En outre, je pense que les mangroves de Madagascar sont situées à l’altitude la
plus basse de la zone. Si la dynamique des mangroves peut être catégorisée en fonction de
l’envasement et de l’eutrophisation du site, je dirais que nous avons observé à
Madagascar, une reconstitution naturelle d’une mangrove après plusieurs années de
dégradation complète !

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Nature & Faune: Pouvez-vous nous décrire brièvement les recherches principales
conduites dans les écosystèmes de mangrove à Madagascar. Quelles sont les besoins
en recherche de cet écosystème ?

Hajanirina Razafindrainibe: Il n’y a pas eu de recherches approfondies dans les


mangroves de Madagascar en comparaison avec les autres écosystèmes tels que les forêts
humides, mais l’on peut mentionner entre autres: la cartographie de la mangrove, la
structure et la biogéographie des mangroves (inventaires des oiseaux) ; l’évaluation des
stocks et la biologie des ressources marines commerciales (crevette, crabe caillou) ;
l’évaluation de la disponibilité du bois ; les pêches.

Je suis d’avis que l’on devrait étendre la recherche pour évaluer les divers aspects de
l’écosystème de mangrove, notamment : (i) la capacité des mangroves à réguler le flot des
polluants en provenance de diverses sources (pesticides, eaux usées des industries
côtières, etc.) ; (ii) la capacité de régénération dans le contexte de la production de
charbon et d’utilisation des bois de chauffe ; (iii) la reconstitution inattendue après un état
très avancé de dégradation ; (iv) la dynamique des mangroves locales. En outre, il faudrait
entreprendre des études et des inventaires plus focalisés à des fins d’écotourisme. Il
faudra accorder une attention particulière à l’importance des mangroves pour les oiseaux
endémiques et migratoires. Les communautés côtières dans certaines zones enregistrent la
présence des vers à soie qui étaient exploités il y a plusieurs années pour produire le fil
des métiers à tisser ; leurs stocks devraient être évalués pour une possible valorisation.

Nature & Faune: Quels sont les défis rencontrés pour la protection, la conservation
et l’utilisation durables des forêts de mangroves à Madagascar ?

Hajanirina Razafindrainibe: Je pense que les défis majeurs consistent à limiter la


pression sur les mangroves résultant des facteurs suivants: la demande urbaine en énergie
pour les ménages (bois de chauffe, charbon), la conversion en champs de riz,
l’urbanisation y compris la demande en terre pour la construction, les infrastructures
(routes), et la progression des dunes de sable. Dans une certaine mesure, la demande
côtière en matière de bois de charpente peut également devenir un défi particulièrement
dans la mesure où les forêts naturelles sont appauvries dans plusieurs zones. Selon les
rapports, le broutage du bétail a également contribué à la dégradation de la mangrove
dans le Sud de Madagascar. Souvent, la perception populaire peut entraîner la destruction
de la mangrove comme c’est le cas dans le Sud où les communautés considéraient les
mangroves comme l’abri des moustiques et, par conséquent une source du paludisme et
les ont tout simplement abattus. Cependant, le défi commun que je mettrais en exergue est
l’application inadéquate des règlementations en raison d’une administration forestière
faible, puisque l’accès aux sites de mangrove est généralement difficile. Et non des
moindres, il semble que la découverte et l’extraction de pierres potentiellement très
précieuses (diamantoids) près des écosystèmes de mangrove, menace la mangrove.

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Nature & Faune: Quels sont les objectifs de gestion pour les forêts de mangrove à
Madagascar et comment sont-ils mis en œuvre ? Quelles sont les étapes pratiques
que l’administration a entreprises (ou prévoit d’entreprendre) pour sauvegarder les
forêts de mangroves du pays ? Existe-t-il des règlementations gouvernementales aux
niveaux de la communauté, de l’industrie et du secteur privé?

Hajanirina Razafindrainibe: Dans l’ensemble, les objectifs de gestion des mangroves


tendent à se focaliser sur la conservation et le développement non extractif. Les
écosystèmes de mangrove sont classés zones sensibles à Madagascar. Ainsi, au niveau
industriel, tout investissement ayant un impact sur ces écosystèmes est soumis à une étude
d’impact environnemental (EIE) complète. Les efforts visant à établir des zones protégées
sont intensifiés, avec certains sites classés d’importance critique ou nationale, alors que
d’autres demeurent à des niveaux inférieurs. En même temps que la protection, et autant
que possible, l’écotourisme est développé dans et autour de ces zones protégées pour
ajouter une dimension économique et sociale à cette protection. Madagascar fait
également la promotion de la gestion contractuelle et communautaire des ressources
naturelles renouvelables à travers un transfert officiel de la gestion aux communautés
locales. Le contrat inclut un plan de gestion simplifié établi sur une base participative par
les communautés et approuvé par le Département des forêts et/ou des pêches.

La Loi sur la Gestion locale sécurisée (GELOSE) a été mise en vigueur depuis 1996.
GELOSE est l’acronyme en français pour ‘Gestion Locale Sécurisée’. Le terme a été
largement adopté par les communautés locales pour faire référence au transfert de
l’autorité de gestion des ressources naturelles du gouvernement aux populations
résidentes locales ou aux groupes communautaires. Cette loi concrétise l’autonomisation
de la communauté puisque le rôle de gestion du gouvernement est officiellement transféré
aux communautés qui en font la demande. Pour être qualifiée, une communauté doit être
légalement reconnue en tant que ‘communauté locale de base’ dont la constitution
respecte trois principes : (i) résidence/proximité aux ressources (tous les membres doivent
être des résidents de la zone où est située la ressource) ; (ii) volontaire, et (iii) non
discriminatoire (tous les membres de la communauté remplissant les deux critères
mentionnés plus haut ne peuvent faire l’objet de discrimination). Le premier contrat est
valable pour une durée de trois ans après lesquels une évaluation est menée à la suite de
laquelle le contrat peut être renouvelé pour dix ans si la performance est satisfaisante. Le
contrat est habituellement signé entre la ‘Communauté locale de base’, le District et le
Gouvernement représenté par l’Administration forestière ou des pêches. Depuis
l’introduction de la loi GELOSE, l’on a assisté à une amélioration de la prise de
conscience de l’importance des mangroves et des techniques requises pour leur gestion
durable.

Nature & Faune: Quelle est la réaction des autres parties prenantes (y compris les
habitants indigènes des mangroves) face aux défis représentés par la protection, la
conservation et l’utilisation durables de l’écosystème de mangrove dans la
République malgache ?

Hajanirina Razafindrainibe: Je pense que dans l’ensemble, les parties prenantes et les
personnes répondent favorablement, en particulier à la protection de la mangrove,
excepté ceux dont les moyens d’existence sont basés sur la production de charbon. La

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plupart des zones marines protégées incluent les mangroves adjacentes ; et la mangrove
est le premier écosystème que les communautés côtières veulent gérer. Dans le nord de
Madagascar par exemple, tous les sites de mangrove sont gérés par les communautés
locales avec ou sans contrat de transfert de gestion. La raison pour laquelle les
communautés côtières demandent le transfert de la gestion des mangroves est qu’elles
sont convaincues que les mangroves jouent un rôle essentiel dans la régénération du stock
marin qui représente des ressources dont dépendent leurs moyens d’existence. La
restauration des mangroves est devenue courante. L’on peut présumer de l’étendue des
forêts de mangrove n’a pas diminué (depuis l’autonomisation des communautés en dépit
d’une certaines utilisations extractives) en comparaison avec les autres écosystèmes
forestiers. Ce fait démontre le niveau élevé du succès réalisé par ce changement de
l’approche de gestion.

En dépit des succès réalisés par les habitants indigènes, il est toujours courant de voir les
sites de mangroves convertis en hôtels de tourisme ou en résidences privées dans
plusieurs villes côtières. L’abattage des arbres pour les poteaux de clôture est une autre
cause de la décimation de l’écosystème de mangrove à Madagascar.

Nature & Faune: Quelles sont les leçons apprises par Madagascar en ce qui concerne
la gestion de son patrimoine riche en forêts de mangrove ?

Hajanirina Razafindrainibe: L’établissement d’une dimension sociale et économique


pour la protection contribue énormément à un engagement plus ferme des communautés
locales. Le développement de filières marchandes de la mangrove a renforcé cette
attitude. La protection et la conservation de la mangrove devraient être entreprises sur une
grande échelle pour éviter de déplacer la pression. Les communautés et les individus
doivent être informés sur les espèces spécifiques qui se trouvent dans ces écosystèmes, et
les divers rôles qu’ils jouent dans leur bien-être et moyens d’existence.

Nature & Faune: Nous vous remercions Haja, pour votre disponibilité et votre
expertise technique sur ces sujets d’importance.

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Activitiés de la FAO
Les mangroves en voie de disparition sur la côte nord-est de l’Afrique :
le cas du Soudan
1
Michel Laverdière

Contexte
Le Soudan est le plus grand pays en Afrique avec une population actuellement estimée à
41 millions d’habitants. Son PIB par habitant est d’environ 2000$EU. Les recettes du
pays dépendent en grande partie de la production de pétrole, l’industrie, l’agriculture et
l’élevage. Le Soudan fait frontière avec la mer Rouge sur une distance relativement
longue et abrite quelques hectares de mangrove ; l’espèce principale est l’Avicennia
marina (Figure 1).

Figure 1. Mangroves près de la mer Rouge au Soudan

La situation générale de l’eau de mer et des pêches


La pêche en mer au Soudan est peu développée bien que les eaux de la mer Rouge sous la
juridiction du Soudan contiennent une faune et une flore variées. Les poissons
cartilagineux comptent 30 espèces de requins et 21 espèces de mantes et de raies. Les
poissons osseux enregistrés comptent 250 espèces. Les mollusques ont une importance
commerciale, ainsi que les crustacés (crevettes). Plus de 90 espèces de corail ont été

1
Forestier, Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’est. Organisation des
Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture, Kirkos Sub City, Kebeleol, House No.126.
P.O. Box 5536, Addis Ababa. Ethiopia. Courriel: [email protected]

Le Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’est (SFE) est basé à Addis Abeba en
Ethiopie. Il fournit l’expertise dans les domaines principaux de la FAO : agriculture, élevage,
pêches, foresterie, et ressources naturelles. SFE a pour mandat de fournir l’expertise et les
ressources à 8 pays : Burundi, Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Somalie et
Soudan.

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enregistrées dans les récifs périphériques, les récifs-barrières et les atolls, en plus des
autres ressources. L’essentiel de l’exploitation actuelle est centrée sur les poissons à
nageoires, les mollusques et les crustacés. En dehors des poissons à nageoires, aucun
inventaire des stocks n’est disponible pour ces ressources. Les activités de pêche sont en
premier confinées aux zones côtières, dans les lagunes et les baies, les canaux pour
bateaux, les récifs périphériques et les récifs-barrières externes. Les débarquements
annuels récents de poissons à nageoire se chiffrent à 5000 tonnes sur un potentiel estimé à
plus de 10 000tonnes/an. La production de mollusques sauvages dans la zone est de 450
tonnes/an. Les statistiques relatives aux captures de crevettes sont plutôt contradictoires,
suggérant des estimations qui ne dépassent pas 20 tonnes/an alors que les chalutiers
étrangers opérant dans le cadre d’accords d’exploitation recueillent environ 130
tonnes/an. Les mangroves sont importantes dans la production des fruits de mer y compris
les crabes (Bage et al, 2009).

La situation des forêts


Le Soudan abrite une variété d’écosystèmes forestiers. Le nord est en grande partie
désert ; une zone relativement limitée est couverte par une savane boisée clairsemée, avec
quelques plantations d’arbres composées principalement d’Acacia et d’Eucalyptus. Le
sud est plus boisé et possède encore des ressources forestières importantes dans les forêts
claires. Le problème principal dans le nord est le manque d’arbres pour la construction et
l’énergie. Pour cette dernière, les petites gazinières au gaz GPL sont utilisées comme
remplacement, atténuant ainsi la pression sur l’exploitation du bois. Cependant, le bois de
chauffe est toujours nécessaire pour les pauvres et également pour la production de
charbon. La nécessité d’un inventaire forestier à jour est un problème majeur pour la
gestion des ressources forestières. Le pays a également besoin d’améliorer le contrôle des
mesquites envahissantes (Prosopis chilensis) et la gestion de ses mangroves.

Les mangroves
Il reste environ 500 hectares de mangroves. Elles sont éparpillées le long de la mer Rouge
sur des centaines de kilomètres, au nord et au sud de Port Sudan, la capitale de l’état de la
Mer rouge (Corporation soudanaise de la foresterie, Khartoum). En général, ces
mangroves sont de petits peuplements d’arbres (Avicennia sp.) dans un état de
dégradation avancée (Photo 2). Le manque flagrant d’attention pour ces peuplements de
mangroves a entrainé le pâturage excessif par les chameaux. Le coupage de bois pour le
chauffage est désormais courant. En outre, il y a la pratique du stoppage du flot d’eau
douce vers les mangroves perpétrée par les compagnies de production de sel, les
compagnies de construction d’autoroute et par les communautés qui construisent des
barrages pour recueillir l’eau douce. Les impacts de cette pratique doivent être étudiés
davantage. Il semble que la majorité des mangroves sont menacées et pourraient
disparaitre dans la prochaine décennie.

Une autre cause de dégradation de la mangrove au Soudan est liée à la pêche aux bêches-
de-mer par les pêcheurs qui collectent le bois de feu dans les forêts de mangroves pour
traiter leurs captures. La pêche aux bêches-de-mer est cependant actuellement interdite au
Soudan.

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Figure 2: Forêt de mangrove dans un état dégradé dans l’Etat de la mer Rouge au Soudan

Les mangroves jouent un rôle écologique vital dans les écosystèmes côtiers en servant de
protection contre les tempêtes de pluies tropicales, fixant les boues mouvantes et
empêchant l’érosion des terres côtières tout en fournissant l’abri et l’habitat aux poissons
et autres espèces marines. Les mangroves contribuent également à la pêche hauturière en
servant de pépinière et d’abri. En Inde, il est estimé que 60 pour cent des ressources en
poissons, importantes du point de vue économique, se reproduisent dans les mangroves et
que les captures de crevettes en mer sont directement proportionnelles à la zone de
mangrove. Au Soudan, les ressources en crevettes sont présentement principalement
exploitées par les chalutiers égyptiens travaillant dans le cadre d’accords d’exploitation.
Cela représente la source la plus importante de recettes en devises étrangères dans le
secteur des pêches. En outre, la mangrove est l’habitat du crabe de mangrove, une espèce
de grande valeur récoltée à la main par les communautés de pêcheurs et vendue aux
restaurants et super marchés.

Il y avait par le passé, un projet dénommé PERSGA financé par l’Arabie saoudite,
impliquant la gestion côtière. Le projet a tenté d’améliorer la conservation des mangroves
mais a été interrompu en 2005 et n’a pas pu résoudre les nombreux problèmes à la source
de la dégradation des mangroves. Il semble en effet qu’il y a quelques difficultés à
amener la plupart des parties prenantes (propriétaires de chameaux, Autorité du port de
Port Sudan, producteurs de sel marin, pêcheurs) à s’entendre sur la gestion de
l’écosystème de mangrove et le résultat est l’absence d’un système de gestion et par
conséquent un manque d’utilisation durable de la ressource.

Une vision pour une meilleure gestion des mangroves au Soudan


Les mangroves sont un écosystème de transition important entre la terre et la mer ; elles
jouent un rôle vital pour les pêches, la purification de l’eau et la protection côtière, et sont
également une source de fourrage et de bois de chauffe. En dépit du fait qu’elle soit de

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plus en plus rare et dans un état de dégradation avancée, l’Organisation des Nations unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) considère qu’il est important pour le Soudan de
préserver, améliorer et gérer de manière durable ses ressources en mangroves.

La FAO a formulé et appuyé la mise en œuvre de projets de gestion des mangroves en


Egypte, un pays voisin du Soudan. Il est souhaité que cela inspirera les autorités
soudanaises et les autres parties prenantes dans le secteur des ressources de mangroves, à
conserver les derniers vestiges des ressources d’un écosystème très précieux dans l’état de
la mer Rouge du Soudan. La FAO est prête à renforcer les efforts nationaux dans ce
domaine.

Références

Mangrove Conservation and management in the Sudan, GCP SUD 047 INT,
Ministry of Environment and Tourism, FAO, Khartoum 1995

Ahmed, K.M.S. Mangrove on the Sudanese Coast, Red Sea University, 1999

Bage, H., Malo. M and Laverdiere, M. Unpublished document 2009. Forestry


National Corporation of Sudan, Khartoum

La FAO appuie la gestion de la biodiversité de l’écosystème de mangrove au


Cameroun
La Représentation de la FAO au Cameroun a exécuté un projet sur la gestion et la
conservation participatives de la biodiversité de l’écosystème de mangrove au Cameroun.
Dans le cadre de ce projet, des études ont été entreprises sur deux sites majeurs de
mangrove dans le pays, notamment Ndongoré (estuaire de Rio Del Rey) et Douala-Edea
(estuaire du Cameroun). Le projet a été mis en œuvre de janvier à décembre 2005 et a été
suivie par la production de la cartographie des zones de mangrove du Cameroun et d’un
document de politique et de stratégie pour la gestion participative des écosystèmes de
mangrove dans le pays. En outre, une proposition de projet sur la gestion durable de
l’écosystème de mangrove pour la sous-région de l’Afrique centrale a été préparée et est
en instance de mise en œuvre en fonction de la disponibilité des fonds. Pour des
informations plus détaillées sur ce projet, veuillez contacter : Représentation de la FAO
au Cameroun. P.O. Box 281 Yaoundé. 335 rue 1810 Bastos, Yaoundé, Cameroun.
Courriel: [email protected]. Téléphone: +237 22211242; +237 7486009.

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Liens
Le Réseau africain des mangroves (RAM)
Le Réseau africain des mangroves (RAM) a été établi au Cameroun en Mai 2003. Sa
mission consiste à encourager la collaboration régionale afin de sauver les mangroves
africaines de la destruction et coopérer afin de mettre la mangrove à l’ordre du jour dans
les arènes nationales et internationales. Le réseau compte actuellement 22 pays membres
qui sont : la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, la Sierra
Leone, le Libéria, Sao tome & principe, le Congo, la République démocratique du Congo,
l’Angola, le Kenya, la somalie et la Tanzanie.
Pour plus de détails, veuillez visiter le site suivant : http://www.mangrove-africa.net
Contacts : Réseau africain des mangroves (RAM) Secrétariat, P.O. Box 26352 Dakar,
HLM Hann Maristes, villa 193 Dakar. Sénégal. Tel/Fax : +221 33 832 51 23
Cel: +221 77 553 31 03. Email: [email protected]

Statut et conservation des mangroves en Afrique


G. Ajonina, D. Ndiame et J. Kairo. 2008. Statut actuel et conservation des mangroves en
Afrique : Une vue d’ensemble. World Rainforest Movement Bulletin 133.

Informations sur les mangroves à la FAO


Sites web: http://www.fao.org/forestry/mangrove/en/;
http://www.fao.org/forestry/mangrove/fr/

Commémoration de la Journée internationale des mangroves – l’Histoire !


En 2000, le 27 juillet a été choisi pour la première fois comme journée des mangroves en
raison de sa grande importance pour le mouvement en Amérique latine dirigé par Red
Manglar (Réseau pour la mangrove). Le 26 juillet commémore cette journée en 1998
lorsque Hayhow Daniel Nanoto, un activiste de Greenpeace originaire de Micronésie, est
décédé des suites d’une crise cardiaque alors qu’il participait à une grande manifestation
organisée par FUNDECOL et Greenpeace International. Durant cette action, la
communauté locale de Muisne a rejoint les ONG pour démonter un étang de crevettes en
vue d’essayer de restaurer cette zone endommagée à son état premier de forêt de
mangrove. Depuis la mort de Hayhow, FUNDECOL et d’autres organisations ont célébré
cette journée pour se souvenir et prendre des actions renouvelées pour Sauver les
mangroves ! En 2003, le MAP (Mangrove Action Project) et Red Manglar se sont unis
pour encourager les pêcheurs du monde entier à se joindre à eux lors de la Journée de
Mangrove Action pour former des flottilles de coopératives pour protester contre
l’expansion destructrice de l’élevage des crevettes dans ces zones. Cet appel à l’action a
obtenu des réactions positives en provenance du Bangladesh, de l’Inde, de la Malaisie, de
l’Equateur, du Brésil, de la Colombie, du Mexique, du Honduras, du Nigéria, du Sénégal,
du Kenya, de l’Europe et des Etats unis. Depuis lors, le 26 Juillet est devenu une journée
mondiale commémorative pour les mangroves.
Article basé sur des informations contribuées par : Alfredo Quarto, Mangrove Action
Project (MAP) Courriel : [email protected];
http://www.earthisland.org/map/map.html
Pour lire tout l’article, veuillez visiter: www.wrm.org.uy/bulletin/109/Mangrove.html

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Le changement climatique réduit le débit de certains des plus grands fleuves du


monde
Selon une nouvelle étude du débit de 925 grands fleuves, il ressort que la majorité des
plus grands fleuves dans certaines des régions les plus peuplées du monde perdent leurs
eaux. L’étude qui a été dirigée par des scientifiques au Centre national pour la recherche
atmosphérique à Boulder, dans l’état du Colorado aux Etats unis, a indiqué que les débits
réduits sont associés au changement climatique et pourraient, à l’avenir, menacer le
ravitaillement alimentaire et en eau. Plusieurs des fleuves à débit réduit tels que le Yellow
River dans le nord de la chine, le Gange en Inde, le Niger en Afrique de l’ouest, et le
Colorado River dans le sud-ouest des Etats unis, desservent des populations importantes.
Pour lire tout l’article, veuillez visiter : http://www.ens-newswire.com/ens/apr2009/2009-
04-21-01.asp
Lien sélectionné de : Environment News Services (ENS) 2009

Du 13 au 25 mars 2010, CITES se réunira à Doha, la capitale du Qatar


La Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction (CITES) dirige le commerce international de la faune sauvage.
Tous les deux ans et demi ou trois ans, des délégués venant de plus de 170 pays se
réunissent à la faveur de la Conférence des parties du CITES pour débattre et décider du
sort de plusieurs des espèces sauvages du monde. Du 13 au 25 mars 2010, la CITES se
réunira pour la quinzième fois à Doha, la capitale du Qatar.
Lien : http://www.cites.org/eng/disc/CoP.shtml
Source: http://www.evana.org/index.php?id=48210&lang=en

Nouvel article de REDD 2009 sur: La nécessité vitale de redéfinir les termes ‘forêt’
et ‘dégradation forestière’ dans les accords internationaux sur le changement
climatique
Si les politiques globales visant à promouvoir la conservation de la forêt continuent
d’utiliser la définition du terme ‘forêt ’ adoptée en 2001 par le Cadre de la Convention
des Nations unies sur le changement climatique (une aire de plus de 0,05-1 ha avec plus
de 10-30% d’un couvert de plantes > 2-5 m d’exploitabilité), de grandes quantités de
carbone et d’autres valeurs environnementales seront perdues lorsque les forêts naturelles
sont sévèrement dégradées ou remplacées par des plantations mais demeurent du point de
vue technique, des ‘forêts’. Bien qu’il soit nécessaire d’avoir une définition du terme
‘forêt’ globalement acceptable et appropriée pour la surveillance, l’utilisation des options
standards de télédétection seront nécessairement basées sur un petit ensemble de
paramètres facilement mesurables, il existe des risques lorsque des définitions simples
sont appliquées localement. Nous recommandons que la forêt naturelle soit au moins
distinguée des plantations et que pour définir la ‘forêt ’ la limite minimum définissant les
‘arbres’ soit fixée à moins de 5 mètres de hauteur avec le couvert minimum d’arbre fixé à
moins de 40%. Ces changements contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de
serre émanant de ce qui est actuellement appelé ‘dégradation’ forestière sans augmenter
les coûts de surveillance. En outre, ces changements mineurs dans la définition de la
‘forêt’ favoriseront le changement de la dégradation à la gestion forestière responsable, ce
qui contribuera à atténuer le réchauffement de la planète tout en protégeant la biodiversité
et en contribuant au développement durable.

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Accessible à l’adresse suivante:


http://www3.interscience.wiley.com/journal/122515795/abstract
Source: Nophea Sasaki, Harvard University. http://harvardforest.fas.harvard.edu/

Les ateliers IHOF (Dans les mains des pêcheurs)


IHOF est un programme phare du Mangrove Action Project (MAP). Il a été lancé en
1999 grâce à une étroite collaboration avec l’Association Yadfon de Thaïlande et la
fédération sri-lankaise des petits pêcheurs.

IHOF est une série d’ateliers dont l’objectif est de réunir les chefs de village, les pêcheurs
et les ONG de base originaires des pays en développement où l’on trouve les mangroves.
C’est un format nouveau qui favorise le partage des expériences et le réseautage, améliore
la recherche de solution aux problèmes, et dissémine les solutions et les conclusions des
recherches parmi les parties prenantes locales. En plus des ateliers, des projets de suivi
sont entrepris dans les villages participants, qui servent ensuite comme sites ou centres
pour modeler les alternatives de développement durable et à faible intensité. Depuis 1999,
MAP a organisé 12 ateliers IHOF régionaux avec la participation de 3 pays ou plus
chacun, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.
Pour en lire plus: http://www.mangroveactionproject.org/map-programs/fisher-
workshops.
Contacts: Mangrove Action Project. P.O. Box 1854, Port Angeles, WA 98362.
Phone/Fax: (360) 452-5866. Email: [email protected]

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Thème et date limite pour le prochain numèro


Le thème pour le prochain numéro est : « Les systèmes de régimes fonciers des ressources
naturelles et leur implication pour la conservation de la nature en Afrique». Le prochain
numéro s’est fixé l’objectif d’explorer les questions relatives au système foncier des
terres, des arbres et de l’eau aux niveaux communautaire, national et régional, en mettant
l’accent sur leurs applications pratiques et leurs implications pour la conservation durable
de la nature et la sécurité alimentaire en Afrique.

La sécurité du régime foncier influence la durabilité des mesures de conservation de la


nature et prend de plus en plus d’importance dans les débats sur la réduction des
émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD) ainsi qu’un
droit fondamental aux moyens d’existence, en particulier pour les pauvres. Le prochain
numéro de Nature & Faune visera à contribuer à ce débat.

Nature & Faune vous invite à soumettre des manuscrits sur n’importe quel sujet lié au thème.
En vue de faciliter les contributions des auteurs potentiels, nous avons développé des
instructions pour la préparation des manuscrits à soumettre pour Nature & Faune. Nous
donnons la préférence aux articles courts et précis. Veuillez visiter notre site web ou nous
envoyer un email pour recevoir une copie des ‘Directives à l’intention des auteurs’. Courriel:
[email protected] ou [email protected]
Site web: http://www.fao.org/africa/publications/nature-and-faune-magazine/

La date limite pour la soumission des articles et autres contributions est fixée au 30 Décembre
2009.

Guide aux auteurs, Abonnement et Correspondance


A l’attention de nos abonnés, lecteurs et auteurs:

x Directives à l’intention des auteurs – En vue de faciliter les contributions


d’auteurs potentiels, nous avons élaboré des directives pour la préparation des
manuscrits de Nature & Faune. Veuillez visiter notre site web ou nous envoyer un
e-mail pour recevoir une copie des ‘Directives à l’intention des auteurs’.
x Soumission d’articles - Nous vous invitons à nous envoyer vos articles, nouvelles,
annonces et rapports. Nous tenons à exprimer à quel point il est important et
plaisant pour nous de recevoir vos contributions et vous remercions pour votre
appui constant au magazine Nature & Faune dans le cadre de nos efforts
communs pour étendre la portée et l’impact des initiatives de conservation en
Afrique.
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mailings, veuillez nous envoyer un email.

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Contact :

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P.O. Box GP 1628 Accra. GHANA
Tel.: (+233-21) 675 000 ou (+233-21) 70 10 930
Fax: (+233-21) 70 10 943 ou (+233-21) 668 427
E-mail : [email protected]
Site web: www.fao.org/africa/publications/nature-and-faune-magazine/

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