Al061f05 1
Al061f05 1
REGIONAL
FAO DE
LARegional
FAO POUR
L’AFRIQUE
Office for
Africa
Résumé
Bien que la Côte d’Ivoire soit l’un des pays d’Afrique francophone les mieux étudiés sur
le plan botanique, les mangroves sont très mal connues. Malgré le rôle important qu’elles
jouent sur les plans écologiques et socio-économiques, elles ne reçoivent pas l’attention
qu’elles méritent et se dégradent à un rythme inquiétant tout au long du littoral. Les
mangroves comprises entre les villes de Fresco et de Grand-Lahou au Centre du littoral
ivoirien, jouent un rôle important dans l’approvisionnement en poissons des centres
urbains que sont Abidjan, peuplé aujourd’hui de près de 5 millions d’habitants et
Yamoussoukro. Ces zones humides aux dépens desquelles vivent 60 à 80% des
populations côtières, sont menacées de disparition par les prélèvements anarchiques du
bois et la pêche par empoisonnement des eaux.
D’une superficie de 15 000 ha il y a une vingtaine d’années, les mangroves entre Fresco
et Grand-Lahou atteignent difficilement 6 000 ha aujourd’hui. Les formations arborées à
Palétuviers rouge Rhizophora racemosa et Palétuvier blanc Avicennia germinans, sont
de plus en plus remplacées par une strate herbacée à Paspalum vaginatum ou arbustive à
Drepanocarpus lunatus et Dalbergia ecastaphyllum. Corrélativement à cette
dégradation, on a assisté, ces dernières années, à une baisse de productivité au niveau
des pêcheries ; accentuant la pauvreté des populations surtout chez les jeunes et les
femmes.
C’est pour tenter de réhabiliter l’écosystème et rétablir le stock halieutique que nous
avons entrepris une action de sylviculture sur cette partie du littoral ivoirien.
Introduction
Les mangroves, écosystèmes forestiers des zones intertidales tropicales, s’étirent sur le
littoral ivoirien, d’Est en Ouest, d’Assinie-Mafia à Bliéron. Elles sont situées
approximativement entre les longitudes 2° 50’ et 7° 59’ Ouest et les latitudes 4° 30’ et 5°
40’ Nord.
Elles ont joué et continuent de jouer un rôle important sur l’ensemble du littoral ivoirien :
le bois est utilisé dans la construction d’habitats et de d’ouvrages d’art, dans la fabrication
d’outils de confection des filets pour la pêche et surtout comme bois de feu. Les baies et
innombrables chenaux représentent d’importantes réserves de pêche. Les plans d’eau et la
richesse en biodiversité de ces zones humides procurent des revenues substantiels à
travers le développement des activités touristiques.
1
Mathieu Wadja EGNANKOU, Enseignant - Chercheur, Faculté des Sciences et Techniques,
Département de Botanique, Université de Cocody-Abidjan, Président de l’ONG
SOS – Forêts. 22 BP 582 Abidjan 22, Côte d’Ivoire Email: [email protected]
En dépit des progrès scientifiques réalisés sur la connaissance des écosystèmes forestiers
ivoiriens, les mangroves demeurent encore très mal connues. Certes, des auteurs tels que
Adjanohoun, 1962 Et 1965 ; Guillaumet, 1967, Ake-Assi, 1982 et Paradis, 1988 y ont
consacré quelques «études», mais celles-ci ont été si ponctuelles et limitées qu’elles ne
permettent pas d’avoir des informations clés sur l’écosystème. Ces auteurs ont étudié
respectivement la physionomie des formations savanicoles, la composition floristique des
forêts côtières et la mise en évidence des groupes aquatiques et sub-aquatiques.
La cartographie par exemple qui aurait permis d’avoir une vue globale sur son étendue et
envisager un aménagement approprié, n’est pas encore réalisée et l’écosystème se
dégrade de plus en plus sur l’ensemble du littoral ivoirien.
Figure 1. Carte de localisation des zones humides comprises entre Fresco et Grand-Lahou
Echelle : 1/1 000 000. Source : (Egnankou et al, 1989)
Matériel et méthodes
Pour réussir la sylviculture, des données de base doivent être connues et maîtrisées. Ces
données relatives à la physico-chimie des eaux, à la végétation et à l’hydrologie ont fait
l’objet d’une étude préliminaire. Le matériel utilisé se présente comme suit :
- un salinomètre de type ATAGO ; 0-28% étalonné à 28° C au Laboratoire de
Botanique. Le prélèvement des échantillons d’eau est fait à l’aide d’une seringue à
20cm de profondeur. L’eau interstitielle est recueillie également à 20 cm de
profondeur mais dans des trous creusés dans la vase.
- La mesure du pH a été effectuée à l’aide d’un ph-mètre de type « stylo » avec une
précision de plus ou moins 0,5 pH. Le pH est obtenu directement en plongeant le
ph-mètre dans l’eau prélevée dans les mêmes conditions que pour la lecture de
salinité ;
- L’étude de la végétation a été réalisée par la méthode topographique de transect de
Duvigneaud. L’échantillonnage est effectué de part et d’autre d’une corde tendue
à la surface de l’eau libre jusqu’aux berges inondées de façon permanente ou
temporaire, sur une surface jugée suffisamment homogène. On détermine ensuite,
le long de cette corde, toutes les espèces végétales en prenant soin d’en prélever
pour une vérification au laboratoire. L’utilisation de photographies aériennes
réalisées par nous – mêmes, à bord d’un avion monomoteur de type CESNA, nous
permet de disposer de données pour la réalisation de la cartographie des
mangroves de cette partie du littoral ivoirien.
Résultats
Les résultats obtenus, relatifs à la salinité, à la flore, à la végétation et au reboisement en
mangrove, se présentent comme suit :
Salinité des eaux
La salinité des eaux, est reportée dans le tableau N°1 ci-dessous. Le pH est consigné dans
le tableau N° 2.
Tableau 1 : Salinité des eaux dans les mangroves de Fresco et de Grand-Lahou (en g %o)
L’analyse du tableau 1 montre que la salinité diminue de l’embouchure des cours d’eau
ou de l’exutoire des lagunes vers les sites les plus éloignés. La variation du pH par contre
se fait de façon désordonnée montrant ainsi l’influence possible d’autres paramètres que
des études ultérieures mettront en exergue.
Flore et végétation
L’étude de la végétation à partir des transects nous a révélé 3 types d’associations entre
les palétuviers. Ces associations se présentent de la manière suivante :
x une mangrove monospécifique à Rhizophora racemosa (figure 2), une mangrove
dégradée renfermant Avicennia germinans seul qu’accompagne Paspalum
vaginatum (Poaceae) et une mangrove à deux espèces de palétuviers avec Avicennia
germinans succédant à Rhizophora racemosa vers la terre ferme. Ces formations à
palétuviers se rencontrent aussi bien dans les mangroves lagunaires (tout autour des
lagunes de Fresco et de Grand-Lahou), qu’estuarienne (à l’embouchure des rivières
Bolo et Niouniourou et du fleuve Bandama) ;
x une formation herbacée où Paspalum vaginatum (Poaceae) représente, selon le site,
entre 95 et 100% de la couverture végétale. Les espèces Mariscus ligularis , Cyperus
articulatus et Pycreus polystachyos (Cyperaceae) auxquelles il faut ajouter Ethulia
conyzoides (Asteraceae), Echinochloaz pyramidalis (Poaceae), Sporobolus virginicus
Fimbristylis thonningiana et Fuirena umbellata (Cyperaceae) ;
x une formation à Drepanocarpus lunatus et Dalbergia ecastaphyllum en arrière -
mangrove, renferme de nombreuses espèces arbustives et arborescentes parmi
lesquelles nous pouvons citer Hibiscus tiliaceus (Malvaceae), Acrostichum aureum
(Adiantaceae), Ceasalpinia bonduc (Ceasalpiniaceae), Nauclea latifolia (Rubiaceae).
Reboisement
Pour le reboisement, les observations effectuées 5 mois après le repiquage des jeunes
plants, ont donné les résultats suivants :
x sur les 5 000 semis récoltés sur les arbres, seulement 1 000 ont germé et poursuivi
leur développement soit 20% de succès ;
x parmi les 2 000 semis ramassés sur l’eau, 1 500 ont développé des feuilles dès les
trois premiers mois et ont poursuivi leur développement soit un taux de réussite de
75% ;
x sur les 3 000 repousses déracinées et replantées sur les sites de reboisement, 2 950 ont
poursuivi leur développement, soit un taux de réussite de 95,66%.
Les meilleurs rendements ont été obtenus avec les plants qui ont déjà amorcé leur
développement suivi des graines ramassées sur l’eau. Les semis prélevés sur les arbres,
malgré leur maturité et les précautions prises, n’ont connu que 20% de réussite nous
amenant ainsi à opter pour les plants en développement dans notre activité de
reboisement. Ces plants s’obtiennent soit en régénération sous les arbres, soit par la mise
en place de pépinières (figure 3). Ainsi, après avoir installé des stations expérimentales
au Sud de la lagune N’Gni, nous avons réhabilité au total, une centaine d’hectares de
mangroves sur le littoral ivoirien.
Discussions
Les mangroves ivoiriennes en général et celles comprises entre Fresco et Grand-Lahou,
par méconnaissance, sont menacées de disparition. Sous l’action des coupes à grande
échelle, des stations entières ont disparu, remplacées par des prairies à Paspalum
vaginatum. D’autres sont en voie de l’être ; dans les années 60, la ville de Grand-Bassam
était caractérisée par ses immenses massifs forestiers des bords lagunaires composés
essentiellement de palétuvier rouge Rhizophora racemosa (Rhizophoraceae) pouvant
atteindre 25 mètres de hauteur. La mangrove d’Azuretti près de Grand-Bassam renfermait
encore une frange importante de palétuvier gris Conocarpus erectus (Combretaceae) en
arrière-mangrove et de beaux peuplements de palétuvier blanc Avicennia germinans
(Avicenniaceae) AKE-ASSI (987). Aujourd’hui, ces mangroves à l’Est du littoral ivoirien
ne sont représentées que par des pieds épars de Palétuviers rouge et blanc. Le palétuvier
gris ne se rencontre plus dans ces régions où les cocoteraies et autres lotissements ont
empiété considérablement sur l’écosystème mangrove. A Fresco et à Grand-Lahou, l’on a
constaté que la diminution de la superficie de l’écosystème mangrove entraîne la
réduction des ressources halieutiques vérifiée sur le terrain par la réduction des prises par
les pêcheurs (Egnankou, (1989 et 1997). Le front de dégradation des mangroves,
actuellement mis en évidence dans la portion du littoral comprise entre Fresco et Grand-
Lahou, nous a amené à y débuter nos actions de réhabilitation par le reboisement.
voire la promotion des pépinières à palétuviers. En effet, alors que plus de 95% des
jeunes plants déracinés et replantés ont poursuivi leur développement, les plantules
récoltées sur les arbres et celles ramassées flottant sur l’eau, ont donné des résultats
respectifs de 20% et de 75%. Comme le propose BAGLO, 1989, les semis ramassés
flottant sur l’eau, présentent des qualités germinatives au-dessus de la moyenne,
cependant, il convient de souligner que le passage par des pépinières peut représenter un
moyen efficace dans les opérations de reboisement en mangrove. Il augmente le taux de
germination et permet également de faire un premier tri car les semis de mauvaise qualité
s’éliminent en pépinière. De plus les pépinières ont un double avantage : elles permettent
non seulement d’augmenter le taux de réussite mais constituent aussi un moyen efficace
pour une bonne conservation et de disposer de plants en toutes saisons pour un
reboisement à grande échelle et en tous temps.
Conclusion
Les mangroves jouent un rôle d’importance capitale pour les populations côtières. Elles
assurent la richesse des pêcheries et procurent aux populations du bois pour la
construction de leurs habitats et de plusieurs autres produits. Ce sont des zones propices
pour la reproduction de plusieurs espèces animales aquatiques marines et continentales.
Mais, en dépit de cette importance, cet écosystème hautement productif, subit en Côte
d’Ivoire en général et plus particulièrement dans cette partie du littoral, les effets néfastes
des activités humaines qui ont fini par détruire entre 50 et 70% de ces zones humides
côtières.
Malgré les nombreuses études botaniques consacrées à la Côte d’Ivoire, les mangroves
sont très mal connues. Elles ne reçoivent pas la protection qu’elles méritent et se
dégradent irréversiblement sous les pressions conjuguées et constantes d’une exploitation
anarchique du bois et des ressources halieutiques.
Références
ACHARD F. 1989. Etude des rythmes saisonniers de la végétation en Afrique de l’Ouest
par Télédétection. Thèse de Doctorat troisième cycle –ICIV, UPS, Toulouse, 242 pages.
AKE ASSI, L., PARADIS G. 1982. Malacofaune et flore holocènes d’un forage en
bordure de la lagune Adjin (Côte d’Ivoire). Géobois, Lyon, 15 (1) : 43-52
EGNANKOU W.M. 1985. Etude des Mangroves de Côte d’Ivoire : aspects écologiques
et Recherches sur les possibilités de leur aménagement. Thèse de Doctorat troisième
cycle –ICIV, UPS, Toulouse III, 167 pages.
Résumé
Les études sur les écosystèmes de mangrove traitant de l’interaction entre les organismes
et leur environnement tirent souvent des conclusions basées uniquement sur un nombre
restreint de mesures de la salinité de l’eau du sol. Puisque l’inondation par l’eau salée
est la caractéristique la plus courante de l’environnement de mangrove, les auteurs ont
abordé la question de la fluctuation temporelle et spatiale de la salinité de l’eau du sol
sur sept sites différents dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi au Kenya. Dans le
cadre d’une étude pilote, l’équipe de chercheurs a mesuré la salinité de l’eau du sol deux
fois par mois, en période des mortes-eaux et en période des vives-eaux pour une année.
L’on peut conclure que la salinité de l’eau du sol dans les forêts de mangrove peut être
très variable en temps ainsi qu’en espace et dépend d’une interaction complexe entre la
fréquence de l’inondation, la fermeture du couvert, l’influx d’eau douce et la texture du
sol. Les chercheurs en matière de mangrove devraient donc prêter attention aux
différences dans les conditions sur le site local à l’intérieur de la forêt de mangrove et
prendre des mesures couvrant les fluctuations temporelles et spatiales avant de tirer des
conclusions sur la relation avec cette condition environnementale.
Introduction
En raison du fait que les écosystèmes de mangroves sont d’une grande importance
écologique et économique mais sont en voie de disparition et de dégradation rapide
(Duke, et al., 2007) il est vital d’entreprendre des études scientifiques (fondamentales et
de gestion) pour obtenir le savoir nécessaire en vue de préserver, protéger et restaurer les
forêts de mangrove. L’idéal serait que ces études traitent non seulement des organismes
de l’écosystème de mangrove (faune et flore), mais également de l’interaction entre ces
organismes et leur milieu. Les éléments les plus caractéristiques de l’environnement de
mangrove sont les inondations fréquentes et l’eau saline (Tomlinson, 1994) qui non
seulement déterminent de manière prononcée la vie des habitants des mangroves (ex.
Fratini, et al, 2004, Schmitz, 2008, Robert, et al, 2009) mais également, par sélection, la
diversité et la composition de la nature.
Les études traitant de la relation entre les organismes et leur milieu génèrent souvent des
conclusions dérivées d’un ensemble de données et de paramètres environnementaux
1
Laboratoire pour biologie végétale et de gestion de la nature (APNA), Vrije Universiteit
Brussel (VUB), Pleinlaan 2, B-1050 Brussels, Belgium, Tel.: +32 2 629 34 14, Fax: +32 2 629 34
13. E-mail: [email protected] (E.M.R.R. – PhD student); [email protected]
(N.S. – postdoctoral researcher); [email protected] (N.K. – professor)
2
Laboratory for Wood Biology and Xylarium, Royal Museum for Central Africa (RMCA),
Leuvensesteenweg 13, B-3080 Tervuren, Belgium, Tel.: +32 2 769 56 13.
3
Kenya Marine and Fisheries Research Institute (KMFRI), PO Box 81651, Mombasa, Kenya,
Tel.: +254 414 75 15 14.
E-mail: [email protected] (H.A.K. – scientific employee)
*
Les deux premiers auteurs ont fait des contributions égales à cet article
limités dans l’espace et dans le temps. L’objectif de cette recherche est d’étudier la
variabilité de la salinité de l’eau du sol sur une échelle spatiale et temporelle, dans les
forêts de mangrove de la Baie de Gazi au Kenya, un site très étudié dans le domaine de la
recherche sur les mangroves. Les résultats de l’étude visaient à évaluer la fluctuation de
l’un des paramètres clés du milieu de la mangrove sur une échelle intra-annuelle et cela
pour des sites d’étude différents situés non loin les uns des autres.
Zone d’étude
Sites d’étude
La zone d’étude est située au Kenya, dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi
(39°30’E, 4°25’S) qui couvre environ 600 ha (UNEP, 2001, Neukermans, et al., 2008) et
est située à environ 50 km au sud de Mombasa. La forêt de mangrove a une amplitude
des marées d’environ 3,8 m avec un maximum de 4,1 m (Tableaux des marées des Ports
autonomes du Kenya pour Kilindini et Mombasa) et est caractérisée par une topographie
en pente (Matthijs, et al., 1999). Sept sites éparpillés à travers la forêt de mangrove
(Figure 1) ont été étudiés avec une caractéristique commune, l’occurrence de l’espèce
d’arbre de mangrove Avicennia marina.
Figure 1: Description de la zone d’étude. Carte de l’Afrique de l’est (centre gauche) montrant la situation
de la Baie de Gazi sur la côte Est du Kenya (point noir) et deux images du satellite QuickBird de la Baie de
Gazi (Kenya) (en haut au centre et à droite) acquises en 2002 (Neukermans, et al., 2008) montrant la
positions des sept sites d’étude dans la forêt de mangrove de la Baie de Gazi et l’endroit où les photos A et
B (en haut à gauche et en bas à gauche) ont été prises. Les deux fleuves saisonniers fournissant l’eau douce
à la forêt de mangrove sont indiqués sur l’image par satellite au milieu. Le schéma du climat (en bas au
milieu) de Mombasa (adapté de Lieth, et al., 1999) représente le climat de la côte de l’Afrique de l’est. La
température (°C) est indiquée sur l’axe vertical de gauche et les précipitations (mm) sur l’axe vertical de
droite. L’échelle des précipitations est réduite à 1/10 au-dessus de la ligne horizontale. Images : Nele
Schmitz et Elisabeth Robert.
Description du climat
Le long du littoral Kenyan, le climat est caractérisé par une répartition bimodale des
précipitations (Figure 1). Une saison sèche distincte (Janvier – Février) est suivie d’une
saison pluvieuse longue (avril – juillet) et courte (octobre – novembre) (Figure 1). Durant
la saison humide, les fleuves Mkurumuji et Kidogoweni (Figure 1) fournissent une source
importante d’eau douce pour les mangroves de la Baie de Gazi. La température moyenne
sur le littoral kenyan varie entre 22 et 30°C avec un taux moyen d’humidité relative de
65% à 81% (moyennes annuelles des valeurs minimales et maximales pour Mombasa
pour la période 1972 – 2001 ; données du département météorologique à Mombasa au
Kenya).
Matériel et méthodes
Collecte des données environnementales
Pour chacun des sept sites (i) la texture du sol a été déterminée à l’aide de méthodes
standards de caractérisation sur le terrain (GLOBE, 2005) et (ii) la hauteur au-dessus du
niveau de la mer et la fréquence de l’inondation ont été calculées sur la base des tableaux
de marées du port de Kilindini (Kenya, 39°39’E, 4°04’S). Le niveau d’inondation locale a
été mesuré en utilisant du papier-calque imprégné de teinture Ecoline. Pour le septième
site d’étude, la hauteur exacte au-dessus de la référence et la fréquence d’inondation n’ont
pu être déterminées. Sur ce site, les arbres de mangrove poussent dans un bassin et sont
déconnectés du reste de la forêt de type bassin par une route en hauteur. Par conséquent,
la fréquence des inondations diffère en saison pluvieuse et en saison sèche puisque le
niveau de l’eau atteint plus fréquemment le niveau de la route pendant la saison des
pluies.
D’avril 2007 à février 2008, la salinité a été mesurée sur chaque site à l’aide d’un
réfractomètre manuel (ATAGO, Tokyo, Japan/ 0 – 100‰). L’eau du sol a été
échantillonnée deux fois par mois, une fois durant la marée haute et une fois durant la
marée basse, à environ 25 cm de profondeur à trois endroits dispersés sur les sept sites
d’étude. Cet échantillonnage a été effectué soit à l’aide d’un tube en plastique perforé
connecté à une pompe à vide, soit en creusant un trou de la même profondeur, ou lorsque
les fines particules du sol ont bouché le tissu de filtrage enroulé autour du tube en
plastique perforé. La salinité de l’eau du sol a été mesurée uniquement à 25 cm de
profondeur de manière à ce que la variation de la salinité de l’eau du sol en profondeur ne
soit pas dans le cadre de cette étude.
Résultats
Les sept sites d’étude, bien que situés dans une forêt de mangrove, diffèrent énormément
en matière de conditions environnementales (texture du sol – hauteur au-dessus du niveau
de la mer – fréquence d’inondation) (Tableau 1). La salinité annuelle moyenne ainsi que
le type de variation de la salinité de l’eau du sol au fil de l’année variaient d’un site à
l’autre (Figure 2).
Discussion
L’étude n’a pas été en mesure d’identifier un facteur unique comme étant la
caractéristique environnementale principale déterminant la salinité de l’eau du sol. Au
lieu de cela, différents facteurs environnementaux contribuent à la salinité annuelle
moyenne ainsi qu’au type de variation de la salinité de l’eau du sol au fil de l’année.
Cependant, bien qu’aucune relation clairement définie n’ait été déduite de la Figure 2
entre la salinité de l’eau du sol et les caractéristiques environnementales, certaines
tendances ont été observées.
Tableau 1. Description environnementale des sept sites d’étude dans les forêts de mangrove de la Baie
de Gazi au Kenya.
Location Texture du sol Hasl (m) † Fréquence d’inondation‡
(jours/mois)
site 1 Argile limoneuse 2,18 30
site 2 Limon sableux 2,84 23
site 3 Sable limoneux 3,25 14
site 4 Limon argileux 3,35 12
site 5 Limon argileux – Sable limoneux 3.49 8
site 6 Limon sableux – Sable limoneux 3,63 5
site 7 Sable limoneux – Limon sableux 3,66-3,80* 5-3*
†
Hauteur au-dessus du niveau de la mer
‡
Fréquence d’inondation basée sur les tableaux des marées du Port de Kilindini pour
2009
*
Voir ‘Matériel et méthodes – Collecte des données environnementales’ pour plus
d’informations
Figure 2: La variation spatiale et temporelle de la salinité de l’eau du sol dans la forêt de mangrove
de la Baie de Gazi au Kenya. Les barres représentent l’intervalle de salinité de trois mesures le jour
de la marée haute la plus élevée en période de vives-eaux ou la plus basse durant la période des
mortes-eaux. Les étoiles noires indiquent les moments où l’on n’a pu extraire d’eau du sol et la
salinité de l’eau du sol la plus élevée mesurée dans la période de 2005-2009 a été parcellée (voir
également « Matériel et méthodes – Analyse des données’). Le nombre de jours depuis la dernière
inondation le jour de la mesure a été parcellée pour chaque site comme moyenne mensuelle (min-
moyenne-max).
D’abord, les sites d’études inondés chaque jour ont une salinité de l’eau du sol plutôt
constante en comparaison avec les sites d’étude inondés juste quelques jours par mois
(Figure 2, site 4-7 contre 1-3). Les inondations non-fréquentes impliquent des périodes
sèches plus longues durant lesquelles l’eau du sol s’évapore, entrainant une augmentation
de la salinité de l’eau du sol en raison de l’alternance avec des périodes de dilution par
l’eau de pluie et de diminution de la salinité. En contraste, l’inondation fréquente sature
de manière permanente le sol avec l’eau d’une teneur en sel similaire à celle de l’eau de
mer. Un effet semblable a été attendu du rythme mensuel des marées. En période de
mortes-eaux, les sites d’étude connaissent une période de sécheresse qui dure entre une
journée à plus de deux mois (Figure 2). En période de vives-eaux tous les sites sont
inondés au moins une fois par jour excepté pour le site situé le plus sur le côté terre qui
est détachés de la mer par une route (Figure 1 et 2, site 6-7) qui connait des périodes de
sécheresse d’un maximum d’un mois. Cependant, aucun lien n’a été découvert entre la
période des marées et la salinité de l’eau du sol.
La salinité de l’eau du sol a un effet direct sur les relations de l’eau dans les arbres alors
que la salinité élevée et fluctuante de l’eau du sol exige beaucoup du système de transport
de l’eau en créant un risque important de l’air bloquant les canaux de transport de l’eau
(Cochard, 2006, Naidoo, 2006). Cela est particulièrement vrai pour les arbres de
mangrove régulièrement inondés par l’eau saline jusqu'à deux fois par jour. Les
différences dans l’espace de la salinité de l’eau du sol influencent la répartition des
espèces de forêts de mangrove en raison des différences dans la capacité à maintenir une
salinité élevée et fluctuante entre les arbres de mangrove (Verheyden, et al., 2005,
Schmitz, 2008 et al., 2009). La répartition des espèces d’arbres à son tour influence par
exemple la dispersion des plants (différents complexes de racines agissent différemment
dans la dispersion et l’établissement des propagules – Di Nitto, et al., 2008) et la faune de
mangrove (ex. Smith, 1987), ainsi nous pouvons conclure que la salinité est l’un des
facteurs principaux influençant et structurant la vie dans l’écosystème de mangrove.
Conclusion
La variabilité des forêts de mangroves en termes de salinité de l’eau du sol tel
qu’observée dans la forêt de mangrove de la baie de Gazi au Kenya, devrait alerter toutes
les personnes impliquées dans l’étude des mangroves. Les facteurs contribuant à ce
dynamisme dans le temps et dans l’espace, leurs interactions et la magnitude des
fluctuations qui en résultent, varieront d’une forêt de mangrove à l’autre à travers le
monde entier. Toutefois, la leçon apprise de cette étude est d’une importance générale. La
salinité de l’eau du sol ne peut être prédite uniquement à partir de la fréquence de
l’inondation et les facteurs d’influence supplémentaires tels que la fermeture du couvert,
la topographie, l’influx d’eau douce et la texture du sol peuvent varier de manière
significative dans les limites de quelques centaines de mètres. Le nombre important de
microenvironnements pouvant constituer une forêt de mangrove doit être pris en compte
pour parvenir à une meilleure compréhension du fonctionnement de l’écosystème de
mangrove et pour être en mesure de tirer des conclusions d’impact important qui vont au
delà des sites de mangrove spécifiques.
Recommandations
La salinité de l’eau du sol, la fréquence de l’inondation et la texture du sol peuvent être
déterminées grâce à des méthodes abordables et rapides. Les auteurs recommandent que
la pratique devienne la norme afin que les chercheurs des mangroves puissent comparer
soigneusement les différentes situations d’une forêt de mangrove pour ces paramètres
environnementaux en raison de leur importance pour obtenir une réflexion fiable sur la
variation de la salinité de l’eau du sol. En outre, un nombre approprié de mesures doivent
être effectuées pour couvrir la variation locale non seulement dans l’espace mais
également dans le temps. Au cas où cela n’est pas possible, les limitations de
l’échantillonnage de l’eau du sol devraient être enregistrées et prises en compte lors de
l’établissement des conclusions.
Remerciements
Nous remercions James Gitundu Kairo de KMFRI pour son aide durant le travail de
terrain. La chercheuse postdoctorale est appuyée par le Fond national pour la recherche
scientifique (FWO, Belgique), mais durant cette étude, elle et l’étudiant en doctorat
E.M.R.R. ont été appuyés par l’Institut pour la promotion de l’innovation à travers la
Science et la technologie en Flandre (IWT-Vlaaderen). Cette recherche a également été
sponsorisée par des subventions de voyage contribuées par FWO, le Fonds Schure-
Beijerinck-Popping (Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen,
Nederland) et le Conseil interuniversitaire flamand (VLIR).
Références
Di Nitto D., Dahdouh-Guebas F., Kairo J. G., Decleir H., Koedam N. (2008) Digital
terrain modelling to investigate the effects of sea level rise on mangrove propagule
establishment. Marine Ecology-Progress Series 356:175-188.
Duke N. C., Meynecke J. O., Dittmann S., Ellison A. M., Anger K., Berger U.,
Cannicci S., Diele K., Ewel K. C., Field C. D., Koedam N., Lee S. Y., Marchand
C., Nordhaus I. & Dahdouh-Guebas F. (2007) A world without mangroves?
Science 317: 41-42.
Fratini S., Vigiani V., Vannini M. & Cannicci S. (2004) Terebralia palustris
(Gastropoda; Potamididae) in a Kenyan mangal: size structure, distribution and
impact on the consumption of leaf litter. Marine Biology 144: 1173-1182.
Lieth H., Berlekamp J., Fuest S. & Riediger S. (1999) CD 1 - Climate Diagram World
Atlas. Backhuys Publishers, Leiden.
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Résumé
Les zones de mangrove en Casamance ont été de toujours utilisées pour la culture du riz,
la pêche, la pisciculture, le ramassage des coquillages et le bois. Le Sénégal a été affecté
par la sécheresse depuis 1963 et cela a eu des effets pervers sur les mangroves,
entrainant une diminution de toute la zone. L’intensification de l’agriculture et la
pression exercée par la population croissante ont résulté en une érosion et un envasement
accrus. En raison de l’absence de précipitations occasionnée par les sécheresses
récurrentes au fil des trois décennies écoulées, l’on peut facilement noter une tendance
vers l’augmentation de la salinité des sols et de la nappe phréatique basse. Le
développement du site est devenu la seule solution au problème de l’intrusion du sel
depuis le début des années 1970. Le présent article souligne les différents types de
développement de site tels que le polder traditionnel et les barrages anti-sel et leur rôle
dans l’amélioration de la riziculture.
Contexte
Le Sénégal, pays ouest africain (Figure 1) est d’abord un pays agricole. L’agriculture
contribue 28% du PNB et emploie 80% de la population économiquement active.
1
Boubacar Barry. Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI) Bureau
régional pour l’Afrique et Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’ouest, s/c Campus du CSIR,
Martin Odei Block, Airport Res. Area, Accra, Ghana. PMB CT 112, Cantonments, Accra, Ghana.
Téléphone: +233-(0) 21 784753-4 Fax: +233-(0) 21 784752 .
Email: [email protected]
Durant les années écoulées, la production de céréales, en particulier le riz, n’a pas été
suffisante pour satisfaire les besoins croissants de la population. Actuellement, il y a un
déficit annuel d’environ 200 000 tonnes de grains de céréale. Vers la fin des années
soixante et au début des années soixante-dix, en raison de la croissance rapide des zones
urbaines due à la migration des populations provenant en particulier des zones rurales, la
pénurie de la production alimentaire occasionnée par les politiques favorables aux
cultures de rente, l’instabilité des prix mondiaux, et les sècheresses sahéliennes
fréquentes, le pays est devenu péniblement conscient de sa dépendance vis-à-vis des
aliments importés, notamment le riz. Depuis 1977, en raison de la sécheresse généralisée,
le Sénégal a importé plus de 600 000 tonnes de céréales annuellement. A l’heure actuelle,
la production intérieure du riz couvre seulement 15 à 30% des besoins annuels du pays. A
cause de l’instabilité économique générée par les facteurs combinés de la forte
dépendance vis-à-vis des aliments importés largement due à l’instabilité des
précipitations, le développement agricole dans la zone de mangrove de la Casamance est
devenu une priorité principale ainsi que l’irrigation et la maîtrise complète de l’eau pour
la production agricole le long des fleuves majeurs. Un programme ambitieux de gestion
du sol et de l’eau a été développé au début des années 1980 dans la zone de mangrove de
la Casamance pour accroître la production alimentaire.
Le long des portions intertidales des bassins du fleuve, il y a une tendance non seulement
d’augmentation de la salinité des lits du fleuve, mais également d’une augmentation de la
nappe phréatique basse. Ce processus de salinisation survient à la fin de la saison des
pluies à la suite des marées hautes qui ravitaillent la nappe phréatique. Par conséquent,
non seulement les polders, mais également les rizières situées au premier niveau des
Figure 3: Relations typiques entre les apports de sol de la zone de mangrove continentale
terminale, marine et fluviomarine
Le bas niveau des précipitations dans les années récentes à réduit de manière dramatique
la quantité d’eau douce disponible pour le dessalement de ces rizières, et a ainsi diminué
la possibilité du développement du site. Les résultats des recherches sur différents sites
(Madina, Tobor, Djibelor et Guidel) montrent que le développement de site permet de
convertir les horizons des surfaces d’un sol acidosulphate à un sol para-acidosulphate et,
avec davantage d’eau douce (davantage de précipitations, des digues de rétention de l’eau
douce) les polders pourraient une fois de plus devenir viables pour la production de riz
(Beye, 1977, Marius, 1980 et Barry, 1991). C’est la raison pour laquelle, le gouvernement
du Sénégal a lancé en 1994 un important programme sur le sol et l’eau en Casamance
avec pour but d’améliorer la production de riz dans la région. La construction de petits
barrages anti-sel dans la plupart des vallées demeure l’objectif principal.
Il est estimé qu’en Casamance, un total de 100 000 hectares de terres couvertes de
mangroves pourraient être développées à des fins agricoles. La majeure partie de ce
potentiel se trouve dans la région de la Basse Casamance, le long des affluents principaux
du fleuve Casamance. Ces programmes sont moins ambitieux que les programmes
nationaux de conservation du sol et de l’eau (SWC) qui ont été conçus pour de grands
bassins versants d’une capacité de plusieurs centaines de kilomètres carrés et impliquent
des systèmes sophistiqués de maîtrise de l’eau. Les petits barrages anti-sel sont dirigés
vers les petits bassins versants, pas plus grands que plusieurs centaines d’hectares, et sont
construits et gérés par les petits exploitants d’un village, ou au plus, un groupe de trois
villages. La plupart des rizières protégées par le barrage-anti-sel ne sont pas durement
affectées par le sel, et le problème principal est de conserver une quantité d’eau douce
assez profonde dans les parcelles durant toute la saison de croissance.
Le barrage anti-sel est composé d’une diguette et d’une ou deux structures en béton armé.
Les diguettes sont longues de 400 à 1000 mètres, larges de 4 à 6 mètres à la base, et de 2
à 4 mètres au sommet. Leur hauteur varie entre 1,5 et 2,5 mètres. Dans la plupart des cas,
la diguette est construite par les exploitants qui partagent la terre en amont et en aval du
barrage. En général, une route traversant la vallée est utilisée comme assise de fondation.
Cela a également l’avantage de faciliter l’accès à plusieurs villages durant la saison des
pluies, principalement durant les inondations.
Une structure en béton armé située dans le lit de l’affluent est composée de deux ou
quatre portes d’écluse (larges de 1,5 m) ; chaque porte est conçue de manière à avoir un
déversoir rectangulaire haut de 20 centimètres et large de 60 centimètres à la base.
En vue de retenir l’eau derrière le barrage, les exploitants doivent fermer les portes
d’écluse en installant deux lignes de planches sur le déversoir, et remplir les espaces entre
elles avec de la boue. Les planches sont placées l’une sur l’autre. Le nombre de planches
dépend du calendrier agricole. Chaque planche est haute de 20 centimètres et est
légèrement plus longue que la largeur de la porte d’écluse. Au début de la saison des
pluies, les exploitants utilisent deux planches pour retenir une certaine quantité d’eau en
vue d’inonder la rizière la plus basse et dissoudre le sel. L’eau est ensuite évacuée en
retirant les planches. Ce type d’opération doit être effectué autant de fois que nécessaire
pour obtenir des bonnes conditions pour la culture du riz, dans plusieurs cas, de façon
répétée jusqu’à la mi-juillet lorsque les exploitants commencent à labourer leurs parcelles.
Suivant la situation de leurs parcelles sur la topo-séquence, les exploitants décident soit
de libérer ou non une partie de l’eau derrière le barrage. Le plus souvent, il n’y a pas
d’accord parmi les propriétaires terriens, ou alors la décision finale est prise trop tard et la
question de la quantité d’eau à libérer du réservoir peut être plus compliquée, comme par
exemple lorsque les rizières en aval des barrages ne reçoivent pas suffisamment d’eau
pour le dessalement.
Aujourd’hui, plus de 100 barrages ont été construits en Casamance en vue de protéger les
rizières de mangrove contre l’intrusion de l’eau de mer durant les marées hautes de la
saison sèche et pour stocker l’eau douce durant la saison des pluies. Il est estimé que plus
d’un tiers des rizières avaient été abandonnées en Casamance en raison de la salinité
élevée de la nappe phréatique. L’eau douce stockée derrière le petit barrage anti-sel a
contribué au fil des ans à dessaler les rizières de mangroves et a favorisé la culture du riz
après la récupération des rizières abandonnées.
Dans la plupart des vallées où de petits barrages anti-sel ont été construits, la production
de riz a augmenté de manière substantielle. Le meilleur exemple de cette augmentation
est probablement la vallée de Katouré située à 10 km au sud-est de Ziguinchor, où pour
plus d’une décennie, les rizières de mangrove affectées par l’intrusion de l’eau salée ont
été tout simplement abandonnées. Toutefois, deux ans seulement après la construction du
barrage, la production moyenne de ces mêmes rizières était de 3,5 tonnes par hectare.
Références
Barry, B. 1990: Groundwater flow and Quality behind an anti-salt dam in Lower
Casamance Senegal (West Africa). MSc Thesis, Michigan State University USA.
Beye, G. 1973: Bilan de Cinq Années d’Etudes du dessalement des sols du polder de
Madina. Mimeo ISRA/CRA Djibelor, Sénégal
Marius C. and M. Cheval 1980: Note sur les sols de Guidel. ORSTOM Dakar, Senegal.
Résumé
Introduction
Les mangroves occupent une superficie de 303 814 ha (FAO, 2007) à Madagascar. Ces
écosystèmes constituent des zones de haute productivité pour le milieu aquatique côtier et
fournissent ainsi des habitats préférés des juvéniles des espèces animales qui viennent s’y
abriter (Robertson & Duke, 1987, Sasekumar et al, 1992). Les animaux résidents de la
zone intertidale jouent un rôle significatif dans la production de détritus et du flux
trophique dans les mangroves. Le détritus représente un aliment de base pour les crevettes
pénéides et par le biais de la chaîne alimentaire, elles sont étroitement liées à la
1
Marguerite Voahirana Rasolofo, Chercheur au Département Ecosystèmes Aquatiques et
Côtiers, Centre National de Recherches sur l’Environnement, B.P: 1739, Fiadanana,
Antananarivo 101, Madagascar, mobile : 261330463625, Email : [email protected].
2
Olga Ramilijaona, Professeur Enseignant au Département Biologie Animale, Faculté des
Sciences, Université d’Antananarivo. BP 906, Antananarivo 101, Madagascar,-Mobile :
261331287749, E-mail: [email protected]
productivité de ces zones. Les mangroves, utilisées comme habitat par les crevettes durant
la phase juvénile de leur cycle biologique sont appelées zones de nourricerie 3 .
A Madagascar, la pêcherie crevettière tient une place prépondérante dans l’économie
nationale avec un chiffre d’affaire de 68 millions d’euros pour la pêche industrielle en
2002 (Rajaosafara, 2006). Depuis quelques années, elle a connu des chutes drastiques en
matière de rendement et actuellement, la filière crevettière malgache s’est orientée vers
l’aquaculture pour faire face à la demande mondiale toujours croissante en produits de
mer. Notons toutefois que les impacts écologiques de l’activité aquacole sur les
écosystèmes de mangroves sont considérables : la déforestation des palétuviers, la
modification de la qualité de l’eau dans les milieux récepteurs des rejets, le phénomène de
salinisation, la reconversion des tannes engendrant la perte d’habitats, plus
particulièrement pour l’avifaune. Ces problèmes associés aux mangroves et à
l'aquaculture côtière proviennent généralement des pratiques de gestion aquacole et aux
faibles applications des règlements environnementaux. Dans les captures des pêcheries
crevettières, les raisons des fluctuations seraient reliées aux facteurs de l’environnement.
Ces derniers agissent sur la survie ou la mortalité des stades les plus jeunes (larves et
postlarves) influençant ainsi le recrutement des crevettes dans les pêcheries en mer.
Notre étude sur la dynamique des jeunes crevettes en zones de mangroves est menée
suivant l’hypothèse que les variations interannuelles et saisonnières du recrutement en
mer des crevettes pénéides dépendent de la disponibilité des jeunes crevettes au niveau
des zones de nourriceries sous l’influence des conditions du milieu. L’objectif de l’étude
est de déterminer l’abondance, la distribution et le déplacement des jeunes crevettes dans
les zones d’estuaires. L’investigation a été menée par des observations expérimentales
suivant une campagne d’échantillonnage sur Fenneropenaeus indicus et Metapenaeus
monoceros, espèces les plus communes dans les captures des pêcheries. La Baie
d’Ambaro, une des principales zones de pêches de la côte Ouest de Madagascar a été
choisie comme site d’étude.
Matériels et méthodes
Zone d’étude
La baie d’Ambaro est située sur la côte nord-ouest de Madagascar entre 48°30’ et 48°53’
de longitude Est et 13°15’ et 13°30’ latitude Sud (Fig. 1). C’est une baie bordée de
mangrove qui occupe la zone intertidale sur quelques kilomètres en remontant les
estuaires. La zone d’étude est soumise à un climat tropical subhumide caractérisé par une
saison sèche et fraîche, du début mai à fin octobre, et une saison pluvieuse et chaude, du
début novembre à fin avril. Comme pour toute la partie Ouest du littoral de l’île, la marée
en baie d’Ambaro est de type semi diurne, régulière. Le marnage varie de 3 à 3,5m.
Echantillonnage
Les échantillonnages ont été réalisés de septembre 2004 à août 2005 au niveau des deux
estuaires des rivières Ambohinangy et Ambazoana situés dans la partie méridionale de la
baie (Fig. 1). Trois stations de prélèvement ont été définies le long des rivières ; la station
1 est située à l'embouchure de la rivière, la station 2 et la station 3 ont été fixées
respectivement à 1km et à 3km en amont de la station 1. A chaque station, des mesures de
température et de salinité de l’eau ont été effectuées à une profondeur de moins de 0,50m
3
Nourricerie : zone dans laquelle les juvéniles d’une espèce se concentrent pour se nourrir
Les prélèvements ont été effectués tous les quinze jours pendant les marées de vives eaux.
Le matériel biologique a été prélevé à l’aide d’un filet dénommé sihitra en forme de
poche rectangulaire avec 1.0-2.0mm de vide de maille. Le filet présente l’avantage de
pouvoir être utilisé à l’intérieur des zones de mangroves. Il est tiré à contre courant par
deux hommes ; le bord inférieur est maintenu au ras du fond et le bord supérieur auprès
de la surface. Le prélèvement a lieu une à trois heures avant la marée basse, suivant un
trait d’une minute. Les crevettes pénéides sont triées des débris végétaux et des autres
organismes.
Au laboratoire, chaque spécimen a été identifié suivant Motoh & Buri (1980) et la
longueur céphalothoracique (LC) 4 des crevettes a été mesurée sous loupe binoculaire
pour les crevettes de LC<3mm et à l’aide d’un pied à coulisse pour les plus grandes. Les
crevettes ont été regroupées en 3 classes de taille : postlarves (LC3mm), petits juvéniles
(3mm<LC7mm) et grands juvéniles (LC>7mm).
Traitement de données.
L’abondance est exprimée par la densité (n.m-2) qui est le nombre de crevettes capturées
sur une surface balayée par l’engin, ramené au m2. L’immigration en zones de mangroves
4
LC : Longueur céphalothoracique est mesurée entre le creux orbitaire et le bord postérieur de la
carapace
Résultats
La composition spécifique et les effectifs des échantillons
Dans les prélèvements, les crevettes pénéides les plus nombreuses ont été Metapenaeus
stebbingï, Fenneropenaeus indicus, Metapenaeus monoceros tandis que Penaeus
semisulcatus et Penaeus japonicus ont été moins représentées. 4 198 individus de F.
indicus (58%) et de M. monoceros (42%) ont été capturés durant la campagne
d’échantillonnage. La taille des jeunes crevettes est comprise entre 0,8mm et 22,0mm de
LC.
L’abondance
La moyenne de densité toutes classes confondues de M. monoceros est faiblement
représentée (0,37 + 0,23crevettes.m-2) par rapport à F. indicus (0,60 + 0,133 crevettes.m-
2
). La classe des petits juvéniles prédomine dans l’abondance relative de l’effectif total
des jeunes crevettes. Par ailleurs, les grands juvéniles sont plus nombreux par rapport aux
postlarves.
a) Variation spatiale.
Entre les deux rivières, l’analyse des variations de la densité moyenne des différentes
classes de taille n’a pas révélé de différence significative chez les deux espèces (P = 0,599
pour F. indicus et P = 0,933 pour M. monoceros). Tandis qu’au niveau des stations, la
distribution d’abondance a présenté des différences chez F. indicus (0,01<P<0,05).
b) Variations saisonnières
L’évolution saisonnière de l’abondance est quasi-similaire chez les deux espèces. Les
postlarves sont abondantes en début de saison humide (octobre-novembre), en début de
saison sèche (mars à mai) et durant la saison sèche (juillet-août). Les petits juvéniles sont
constamment présents toute l’année et les grands juvéniles suivent approximativement la
même évolution mensuelle que les petits. Les périodes de croissance révélées par une
augmentation simultanée des classes de taille sont observées en début et durant la saison
humide (Figure 2).
3,0 3,0
crevettes°/m2
2,0 2,0
1,0 1,0
0,0 0,0
S O N D J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A
mois
PL PJ GJ
Figure. 2. Moyenne mensuelle d’abondance (n° crevettes.m-2) des différentes classes de taille (PL:
Postlarves, PJ: Petits juvéniles, GJ: Grands juvéniles) de (a) F. indicus et (b) M. monoceros
Recrutement
L’introduction des postlarves de F. indicus (Fig. 3a.) dans les eaux de mangroves
s’effectue de façon continue mais principalement en début de saison humide (octobre-
novembre), en début de saison sèche (avril-mai) et durant la saison sèche (juillet-août).
Les émigrations des grands juvéniles de M. monoceros des zones de mangroves sont plus
intenses en début de saison humide (octobre-novembre), se poursuivent en fin de saison
humide et chaude (mars à mai) et sont moindres en saison sèche (juillet à août) (Fig.3b).
Les pluies de la quinzaine de jours précédant les prélèvements sont négativement reliées
(Fig. 3a) avec l’immigration des postlarves avec r = -0,62 pour F. indicus et r = -0,34
chez M. monoceros. La salinité des eaux de mangroves n’affiche pas de relation
significative avec le déplacement des jeunes crevettes. Chez M. monoceros, la corrélation
entre la température de l’eau et l’émigration des grands juvéniles r = 0.54 est significative
(Fig. 3b).
a b
500 50 50 29
28
400 40 40
Température (°C)
27
300 30 30
mm
% 26
200 20 20
25
100 10 10
24
0 0 0 23
S O N D J F M A M J J A
S O N D J F M A M J J A
Discussion
La constante profusion de petits juvéniles dans les prélèvements confirme, pour la baie
d’Ambaro, la fonction de zones de nourricerie. Avec les mêmes méthodes et lieux de
prélèvement, l’effectif des crevettes capturées dans cette investigation est faible, par
rapport à celui obtenu dans les précédents travaux (Rasolofo, 1990). Cependant, les
valeurs de densités estimées sont comparables à celles d’autres études effectuées sur les
mêmes espèces (Rönnback et al, 2002 ; Macia, 2004). Les faibles valeurs de densités
prononcées chez M. monoceros résultent des captures parfois nulles de postlarves. Bien
que les méthodes de prélèvements n’aient pas été les mêmes, le recrutement en mer
biannuel commun parmi les crevettes pénéides (Ahmad-Adman et al, 2002) a été retrouvé
dans la présente étude avec l’apparition de deux principales périodes de recrutement en
zones de mangroves. Les immigrations de postlarves en début de saison humide chez les
deux espèces reflètent bien les pics de reproduction (période de ponte) définis dans les
travaux antérieurs de Le Reste (1978) et Rafalimanana (2003).
Conclusion
L’évaluation de l’abondance des petits juvéniles indique l’importance des mangroves de
la baie d’Ambaro en tant que zone potentielle de nourricerie. Malgré une campagne
réduite à un seul cycle annuel d’échantillonnage, l’analyse des variations d’abondance a
pu reconnaître deux principales périodes d’abondance, de croissance et de recrutement
avec une dynamique saisonnière quasi-similaire chez les deux espèces.
Pour les mangroves, il est essentiel de pratiquer une approche intégrée en vue d’une
exploitation rationnelle des ressources. L’aménagement devrait ainsi prévoir la protection
des stades biologiques particuliers (larves, postlarves) et les habitats critiques pour leur
développement. Des normes d’exploitation devraient être mises en place et suivies d’une
application effective pour la durabilité des ressources et de leur exploitation. Enfin, la
concertation suivant une approche participative est à encourager à l’instar du projet ZAC
(Zones d’Aménagement Concerté) qui a déjà connu ses effets en baie d’Ambaro.
Références
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Mfon T. UDO 1
Résumé
Une étude de certains aspects des caractéristiques biologiques du Porogobius schlegelii
[Gobiidae] dans deux criques marécageuses estuariennes différentes au sein de l’estuaire
du fleuve Qua Iboe au Nigéria, a été effectuée entre janvier et décembre 2004, pour
déterminer l’impact du remplacement des mangroves par les palmiers nipa. Un total de
729 spécimens du poisson ont été examiné ; parmi lesquels 50,2% étaient des
échantillons de mangrove [taille 3,6 – 11,8 cm TL] et 49,8% de collections de nipa [taille
3,7 – 11,4 cm TL). Dans cette étude, il a été découvert que le gobie de Schlegel,
Prorogobius schlegelii originaire de la zone de la crique de mangrove du Nigéria n’a pas
ingéré les espèces de phytoplancton Biddulphia spp., le crustacé et mollusque
Tympanotonus fuscatus, alors que les algues Gyrosigma spp. et Navicula spp. les larves
de mouches et les restes d’insectes étaient absents de l’alimentation de leurs
contreparties de la crique de nipa. En dépit de la similarité de l’ordre hiérarchique des
objets alimentaires [p<0,002], il y avait des différences entre les proportions des objets
alimentaires. L’intensité de l’alimentation était plus élevée dans la zone du nipa vis-à-vis
de la crique de mangrove. La bisexualité existait dans la proportion relative des sexes
entre les criques mais avec la dominance des femelles dans chaque crique. Les mâles et
les femelles de la crique de mangrove ont augmenté en poids corporel par rapport à ceux
du nipa. Les spécimens de la crique de mangrove étaient plus élevés en matière
d’investissement reproductif (indices gonadosomatiques et de condition). La moyenne de
fécondité de 8 466 et 10 164 œufs de la mangrove et des criques de nipa respectivement,
n’était différente du point de vue statistique. Les Schlegels de mangrove étaient plus
élevés en matière de puissance du rapport longueur-poids. En bref, cette étude souligne
les influences dépressives de la succession active de l’écosystème de mangrove et biote
originels et ‘déterministes’ par l’étranger ‘stochastique’ palmier nipa [Nypa] dans
l’estuaire du fleuve Qua Iboe au Nigéria.
Introduction
Une vaste forêt de mangrove domine les marais estuariens côtiers du fleuve Qua Iboe.
Faisant partie des réserves forestières du Nigéria, les écosystèmes de mangrove
estuarienne des fleuves Qua Iboe, Cross River, Imo River et le Delta du Niger ainsi que
leurs criques et affluents représentent une source riche de ravitaillement en bois pour
diverses utilisations domestiques et industrielles [Ekundao, 1985]. Les effets fertilisants
crées par la décomposition des macrophytes de mangrove ont été enregistrés (Moses,
1985). Dans les mêmes criques marécageuses du Nigéria, l’on trouve le gobie de
Schlegel, Porogobius schlegelii [Gobiidae]. Présentement, les estuaires précités sont
couverts de palmiers nipa dans la vaste étendue des marécages intertidaux attenants et
seulement de petites portions résiduelles isolées de la végétation de mangrove originelle
1
Mfon T. UDO. Department of Fisheries and Aquaculture, Faculty of Agriculture, University of
Uyo, PMB 1017,Akwa Ibom State, Nigeria. Tel.: (234) 8028901377;
Email: [email protected]
demeurent (King et Ud, 1997, Udo, 2002a, b ; Udo et al., 2008]. C’est seulement
récemment que le nipa a été introduit de Singapore à l’origine comme plante ornementale
dans les villes nigérianes de Calabar [1904] et d’Oron [1912].
Afin de comprendre les changements dans certains aspects de la biologie des espèces,
certains aspects de l’écologie des populations de poissons dans deux criques séparées
dans l’espace et écologiquement [mangrove et palmiers nipa] ont été étudiées dans
l’estuaire du fleuve Qua Iboe au Nigéria ; les caractéristiques incluses dans l’étude étaient
entre autres, les habitudes alimentaires, le dimorphisme sexuel, la proportion relative des
sexes, l’investissement reproductif/l’élevage, la fécondité et le rapport longueur-poids.
Tableau 1. Variabilité spatiale du spectre trophique du P. schlegelii dans l’estuaire du fleuve Qua Iboe
au Nigeria.
Dimorphisme sexuel
Il n’y avait pas de changement intersexuel significatif dans la longueur des poissons (p >
0,05) entre les criques de mangrove et de nipa. Cependant, il y a eu des augmentations de
poids des mâles et des femelles (p < 0,05) dans la crique de mangrove par rapport à leurs
contreparties dans la crique de nipa.
Fécondité
La moyenne absolue de production d’œufs de 18 spécimens du gobie de Schlegel dans la
crique de mangrove (intervalle de la taille : 5,3 – 9,9 cm TL) était de 8466 r 4060 œufs
(intervalle: 3000 – 19000 œufs). La moyenne absolue de la fécondité de 16 spécimens du
gobie de Schlegel de la crique de nipa (intervalle: 5,7 – 10,1 cm TL) était de 10 164 r
5924 œufs (intervalle: 5300 – 27 400 œufs). Dans les deux zones, la fécondité a augmenté
avec la taille des poissons (longueur et poids) avec les équations fonctionnelles des
formes – Mangrove : F = 36,8723 TL2,6983, F = 2491,7244 TW0,9109 ; Nipa : F = 25,0001
TL0,4944 et F = 2577,145 TW0,8835. Cependant, malgré le nombre élevé d’œufs enregistré
dans la zone de la crique de nipa, il n’y avait pas de différence statistique significative
(p>0,05) dans les estimations de fécondité entre les deux zones d’étude.
Relations allométriques
Les régressions longueur-poids du P. schlegelii dans les types de végétation étaient :
mangrove : BW= 0,0111972.869 TL (r = 0,969); et nipa : BW = 0,011017TL2.812 (r =
0,967). L’exposant de la longueur dans chaque crique n’était pas différent de la loi du
cube prévue. Toutefois il y a eu une augmentation de la puissance de l’exposant par les
spécimens de mangrove (t = 6.706, 727 df, P<0.001) sur leurs éléments de la crique de
nipa.
Discussion
Le classement de l’importance relative de chacun des objets alimentaires ingérés par le P.
schlegelii étaient les mêmes dans les deux criques. Cependant, les individus de la crique
de nipa étaient plus élevés en intensité d’alimentation que les individus de la crique de
mangrove. Les raisons de l’alimentation élevée dans la crique de nipa ne sont pas claires,
mais l’observation est d’accord avec la ‘théorie de l’alimentation optimale’. La théorie
(Schoener, 1971, Angermeier, 1982) stipule que l’ampleur du régime alimentaire
s’élargira durant les périodes de pénurie et d’abondance. L’observation dans la crique de
nipa présente les influences dépressives et les implications écologiques du changement de
végétation pour les pêches côtières estuariennes. Le palmier nipa exotique n’a pas l’effet
fertilisant avantageux souvent fourni par la décomposition de la végétation de mangrove,
en outre, il ne fournit pas un substrat pour l’attachement des organismes alimentaires
aussi bon que celui de la végétation de la mangrove originelle (Moses, 1985 ; King et
Udo, 1007 ; Udo, 2002b). Cela est probablement dû au fait que la crique de nipa est un
Le dimorphisme sexuel a démontré des femelles plus grosses et lourdes que les mâles
dans les deux marécages. Cela est conforme avec le modèle de l’avantage de la fécondité
de Darwin (Darwin, 1874 p. 332 ; voir également p.275 pour un argument similaire) qui
stipule que chez la plupart des espèces animales, les femelles atteignent des tailles
corporelles plus importantes que les mâles.
Références
Angemeier, P. L. 1982. Resource seasonality and fish diets in an Illinois stream. J. Env.
Biol. Fish. 7 (3): 251 – 264. Darwin, C. R. 1874. The descent of man and selection in
relation to sex. Pp,. 275,332. John Murray, London.
Ekundayo, J.A. 1985. The challenges of the mangrove ecosystem. In: Mangrove
ecosystem of Niger Delta. Proceedings of a workshop (ed. By B. H. R. Wilcox and
C.B. Powell). University of Port Harcourt, Port Harcocurt, Nigeria. 357p.
Hyslop, E.J. 1980. Stomach contents analysis. A review of methods and their application.
J. Fish Biol. 17, 411-429.
King, R. P. and M.T. Udo. 1997. Vegetational sucession mediated spatial heterogeneity
in the environmental biology of Periophthalmus barbarus (Gobiidae) in the estuarine
swamps of Imo River, Nigeria. Netherlands J. Surf. Min. Reclam. Env. 11: 151-154.
Moses, B.S. 1985. Distribution, ecology and fisheries potential of Nigeria wetlands. In:
Nigeria Wetlands (edited by Akpata, T. V. I. and D. U. O. Okali). Printed by Offset
Lithography, Ibadan. 167p.
Schoener, T. W. 1971. Theory of feeding strategies. J. Ann. Rev. Ecol. Syst. 2: 269-404.
Résumé
Dans cet article nous présentons un outil innovateur d’identification des plantes conçu
pour renforcer le développement des capacités nationales en matière de taxonomie. Nous
présentons Mangroves v1.0, conçu à partir d’un système d’identification des espèces
appelé IDAO (Identification Assistée par Ordinateur). Ce logiciel permet l’identification
de 50 espèces de mangroves du Sud-est de l’Inde et du Sri Lanka, avec la perspective de
l’ajuster et de l’étendre à d’autres parties du monde. Ce logiciel fourni et facilite la
dissémination du savoir scientifique et traditionnel. Par conséquent il semble être un bon
appui à la formation, à la recherche et au développement et ses applications qui varient
de la sensibilisation à la gestion pratique des arbres et de l’écosystème, pourraient
bénéficier aux mangroves africaines et contribuer à leur regain d’intérêt.
Introduction
L’importance écologique et socioéconomique des arbres et des forêts de mangrove a été
largement reconnue dans diverses régions de la zone côtière, en particulier en Asie et en
Afrique où les mangroves sont les plus étendues (21 et 39% respectivement de la zone
mondiale totale des mangroves, FAO, 2007) et sont riches en plantes et en espèces
animales. Dans ces zones, elles contribuent notamment à la protection du milieu marin et
terrestre et sont une source majeure d’aliments, de combustibles, de bois, de fourrages, de
médicaments, etc. pour les communautés locales, en particulier les pêcheurs qui sont
parmi les populations les plus démunies (Dahdouh-Guebas et al., 2006).
Les mangroves tropicales sont également caractérisées par une pression humaine
importante et la mauvaise gestion : la surexploitation des arbres, notamment la conversion
des mangroves à d’autres systèmes d’utilisation des terres (étangs de crevettes,
plantations de riz et production de sel), la pollution, etc.
Dans ce cadre, le manque de capacité d’identification des espèces est un handicap majeur
pour la mise en œuvre des mesures recommandées par la Convention sur la Diversité
Biologique (CDB) dans la plupart des régions du monde. La réduction dramatique du
nombre de taxonomistes à travers le monde et la perte irrémédiable de leur savoir a rendu
la tâche encore plus difficile pour les écologistes et les non spécialistes. Cet ‘obstacle
taxonomique’ est un problème sérieux entravant la mise en œuvre complète de la CDB.
Dans les écosystèmes de mangrove, l’un des besoins les plus urgents, en dépit des
contributions importantes d’une grande diversité de disciplines (écologie, écophysiologie,
hydrologie, pédologie …) demeure l’identification et l’éducation sur la biologie des
espèces. Sans le savoir de base contenant les informations sur cette flore particulière, l’on
ne peut évaluer sa biodiversité et définir les priorités en termes de conservation des
espèces, et dans l’ensemble, la gestion durable de la mangrove.
Pour faire face à ce défi, au moins en partie, nous avons développé Mangroves v1.0 qui a
été conçu sur la base du système d’identification des espèces dénommé IDAO
(Identification Assistée par Ordinateur, Grard, 1996). Il a été appliqué à la mangrove du
sud-est de l’Inde et du Sri Lanka – avec l’objectif futur de l’ajuster et de l’étendre aux
autres mangroves du monde.
Mangroves v1.0 (Prosperi et al., 2005) a été développé par le Centre international pour la
recherche agricole pour le développement (CIRAD) en coopération avec l’Institut
français de Pondicherry, l’Université d’Andhra en Inde, et l’Université de Ruhuna au Sri
Lanka, les partenaires dans le projet européen ‘Evaluation de la dégradation et de la
résilience de la mangrove dans le sous-continent indien : les cas de l’estuaire de Godavari
et du sud-ouest du Sri Lanka’.
Matériels et méthodes
Les clés classiques pour l’identification des plantes sont difficiles à utiliser pour les non-
spécialistes. Leurs systèmes sont principalement basés sur les caractères floristiques (pas
toujours faciles à obtenir lors de la collecte des échantillons), utilisent des termes
techniques et imposent le choix ainsi que l’ordre des questions pour obtenir
l’identification.
IDAO est différent des autres systèmes informatiques d’identification des espèces pour les
raisons suivantes :
Résultats
L’identikit
Dans cet article, nous nous concentrerons uniquement sur la caractéristique de l’identikit
(portrait-robot) qui est typique du logiciel. Elle comprend tous les caractères et tous les
états de ces caractères et aide l’utilisateur à faire correspondre chaque caractère aux
autres, en faisant toutes sortes de combinaisons possibles. La réalisation de l’identikit
exige une expertise des caractères botaniques entre les espèces listées afin d’en
sélectionner les plus pertinentes du point de vue végétatif et sexuel. L’identikit utilise une
interface graphique basée sur un système de couches qui reconstitue les plantes en
utilisant des dessins vectorisés. Pour Mangroves v1.0 nous avons analysé et dessiné 108
caractères botaniques appartenant à 15 caractères, représentant les différentes couches
(Tableau 1), et 5400 dessins nécessaires pour identifier 50 espèces de mangroves. Ces
L’identikit est organisé autour de trois zones représentées par trois dessins principaux de
l’interface : le port, la tige avec les feuilles et une vue agrandie de la feuille et du fruit.
Ces dessins sont simples, génériques et théoriques afin d’être facilement compris par les
utilisateurs et pour les aider dans le processus d’identification de la plante. Nous avons
favorisé les caractères végétatifs (80% de tous les caractères, principalement liés aux
feuilles et aux tiges) parce qu’ils sont toujours présents et plus accessibles que les
caractères sexuels.
Les utilisateurs peuvent accéder aux photos, à la description et aux illustrations botaniques
des espèces à n’importe quel moment durant le processus d’identification. Parmi les 50
espèces, les utilisateurs peuvent apprendre beaucoup sur les aspects botaniques en
vérifiant plus de 500 photos et 21 plaques botaniques. Le fichier de description de chaque
espèce comprend des informations sur : les caractères de diagnostic, la botanique et la
morphologie, la régénération, la biologie reproductive, l’écologie, la distribution et les
utilisateurs (voir http://umramap.cirad.fr/amap2/logiciels_amap/Mangrove_
web/Mangrove_list.html). Tous les termes techniques utilisés dans le fichier de
description sont surlignés et une définition hypertexte illustrée est accessible d’un simple
clic.
Mangroves v1.0 est disponible sur CD-ROM pour installation sur les PC, sur le net, et
nous travaillons actuellement à développer une application libre sur l’internet dans un
format Scalable Vector Graphics (SVG) (Voir http://www.ifpindia.org/Identification-
des-plantes-de-mangroves.html).
Puisqu’Ellison (2000) et d’autres avant lui nous ont rappelé le besoin d’un bureau central
d’informations sur les mangroves, le développement de bases de données internationales
et une meilleure communication parmi les chercheurs, les gestionnaires, les planteurs et
Sur la base de cette expérience de l’Asie du sud, et au vu des avantages de cet outil en
termes d’échange des informations, d’apprentissage et de renforcement des capacités,
d’appui à la recherche et à la prise de décision pour la restauration et la gestion des
mangroves, l’on pourrait étendre favorablement son application à d’autres mangroves et
notamment aux mangroves africaines qui sont parmi les plus dégradées et sont très
menacées localement lorsqu’elles n’ont pas tout simplement disparu. Incidemment,
Mangroves v1.0 couvre la plupart des espèces de mangrove d’Afrique, et toutes les 16
espèces de l’Afrique et du Moyen orient identifiées par Spalding et al. (1997) et Saenger
(2002).
Dans la perspective d’un intérêt renouvelé pour les mangroves africaines et pour initier le
processus, des questions majeures telles que les informations de base nécessaires pour
l’évaluation de l’impact environnemental et les plans de gestion, la distribution de
l’information et l’éducation, pourraient être discutées lors d’ateliers avec l’appui
d’organisations internationales telles que la FAO, et les parties prenantes concernées.
Dans ce cadre, Mangroves v1.0 pourrait être présenté et discuté pour son développement
et ses applications potentiels en Afrique.
Références
Dahdouh-Guebas F., Collin S., Lo Seen D., Ronnback P., Depommier D.,
Ravishankar T. & Koedam N. 2006. Analysing ethnobotanical and fishery-related
importance of mangroves of the East-Godavari Delta (Andhra Pradesh, India) for
conservation and management purposes. Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine,
2(4), 1-22.
FAO. 2007. The world’s mangroves 1998-2005. A thematic study prepared in the
framework of the Global Forest Resources Assessment 2005, Forestry Paper 153,
Rome, 77 p. http://www.fao.org/docrep/010/a1427e/a1427e00.htm.
Prosperi, J., Ramesh, B. R., Grard, P., Jayatissa, L.P., Aravaly, S., Depommier, D.,
2005. Mangroves v1.0: A multimedia identification system of mangroves species
[CD-Rom]. Pondichéry: IFP / CIRAD. (Collection Ecologie, vol. 52).
http://www.ifpindia.org/Identification-des-plantes-de-mangroves.html
Taylor M., Ravilious C. & Green E. P. 2003. Mangroves of East Africa UNEP, WCMC
Biodiversity series N°13, 24 p. http://www.ourplanet.com/wcmc/pdfs/mangroves.pdf.
Spalding M.D., Blasco F. & Field C.D. (Eds). 1997. World Mangrove Atlas. The
International Society for Mangrove Ecosystems, Okinawa, Japan. 178 pp.
Madagascar (République Malgache) située dans l’Océan indien, est la 4ème île la plus
grande (après Greenland, la Nouvelle Guinée et Bornéo) avec une superficie de 587
931km². Selon Aditya Maheshwari et Rickets2 , Madagascar compte environ 17 millions
d’habitants, avec un taux de croissance de 3,03%. Environ 88% de la population travaille
dans le secteur de l’agriculture avec 13,5 millions d’habitants vivant uniquement des
produits des champs. En ce qui concerne la faune sauvage, environ 85% des animaux de
Madagascar existent uniquement à Madagascar. Il existe 8 espèces de carnivores sur l’île
et 40 espèces d’oiseaux coureurs. Le pays contient la troisième plus grande forêt de
mangroves en Afrique. Entre 2000 et 2005, le changement annuel de la couverture
forestière était de -37 000ha et le taux annuel de déforestation de -0,3%. Le changement
en taux de déforestation depuis les années 90 a été de -41%. La perte totale de forêt
depuis 1990 est de -854 000ha et la perte totale de forêt depuis 1990 est de 6,2%3 .
Afin de mieux comprendre l’importance des forêts de mangrove pour la faune sauvage de
Madagascar, les ressources en eau et les pêches, Nature & Faune a interviewé Hajanirina
Razafindrainibe, une technocrate travaillant au SAGE (Service d’Appui à la Gestion de
l’Environnement) de Madagascar.
1
Hajanirina Razafindrainibe Service d'Appui à la Gestion de l'Environnement (SAGE)
Madagascar Email: [email protected]; Email: [email protected]
2
Site Web: http://www.freewebs.com/madagascar-wildlife/aboutmadagascar.htm du 5 aout 2009
http://www.wildmadagascar.org/wildlife/; http://www.wildmadagascar.org/; http://www.cactus-
madagascar.com/madagascar-wildlife/madagascar-wildlife-flora.htm;
http://animals.jrank.org/pages/3068/Mongooses-Fossa-Herpestidae-DIET.html
http://www.thewildones.org/Animals/lemur.html) Guide touristique - Ottawa Citizen. Livres:
Cultures of the world Madagascar, Jay Heale; Madagascar, Mary N. Oluonye.
3
FAO. 2005b. State of the World’s Forests 2005. Rome (également disponible à l’adresse
suivante : www.fao.org/docrep/007/y5574e/y5574e00).
http://rainforests.mongabay.com/20madagascar.htm
Nature & Faune: Quel est l’impact des forêts de mangrove sur la pêche, les
ressources en eau et les secteurs de la faune sauvage à Madagascar ?
Même si leur distribution n’est pas restreinte aux forêts de mangrove, quelques oiseaux
endémiques et/ou menacés utilisent ces écosystèmes comme refuges ou zones
d’alimentation ; ces oiseaux incluent par exemple le pygargue (Haliaeatus vociferoides),
la sarcelle (Anas bemieri) et le héron cendré. Le Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)
est encore présent dans certaines mangroves de delta, alors que les sangliers cherchent
refuge aux abords des mangroves dans les zones déboisées.
Les mangroves jouent d’autres rôles vitaux en protégeant les côtes contre l’érosion
marine, en fixant les sédiments contre l’érosion en amont, protégeant ainsi les récifs de
corail contre la sédimentation, réglementant les flux d’eau, et protégeant le paysage
pendant les inondations.
Hajanirina Razafindrainibe: Il est difficile pour moi de dire que nos mangroves ont des
caractéristiques uniques puisque je ne peux prétendre connaitre les mangroves des autres
pays. Cependant, je pense que la possibilité pour les mangroves côtières de se développer
dans les zones où l’eau fraîche souterraine inonde régulièrement les arbres, est plutôt
basse. En outre, je pense que les mangroves de Madagascar sont situées à l’altitude la
plus basse de la zone. Si la dynamique des mangroves peut être catégorisée en fonction de
l’envasement et de l’eutrophisation du site, je dirais que nous avons observé à
Madagascar, une reconstitution naturelle d’une mangrove après plusieurs années de
dégradation complète !
Nature & Faune: Pouvez-vous nous décrire brièvement les recherches principales
conduites dans les écosystèmes de mangrove à Madagascar. Quelles sont les besoins
en recherche de cet écosystème ?
Je suis d’avis que l’on devrait étendre la recherche pour évaluer les divers aspects de
l’écosystème de mangrove, notamment : (i) la capacité des mangroves à réguler le flot des
polluants en provenance de diverses sources (pesticides, eaux usées des industries
côtières, etc.) ; (ii) la capacité de régénération dans le contexte de la production de
charbon et d’utilisation des bois de chauffe ; (iii) la reconstitution inattendue après un état
très avancé de dégradation ; (iv) la dynamique des mangroves locales. En outre, il faudrait
entreprendre des études et des inventaires plus focalisés à des fins d’écotourisme. Il
faudra accorder une attention particulière à l’importance des mangroves pour les oiseaux
endémiques et migratoires. Les communautés côtières dans certaines zones enregistrent la
présence des vers à soie qui étaient exploités il y a plusieurs années pour produire le fil
des métiers à tisser ; leurs stocks devraient être évalués pour une possible valorisation.
Nature & Faune: Quels sont les défis rencontrés pour la protection, la conservation
et l’utilisation durables des forêts de mangroves à Madagascar ?
Nature & Faune: Quels sont les objectifs de gestion pour les forêts de mangrove à
Madagascar et comment sont-ils mis en œuvre ? Quelles sont les étapes pratiques
que l’administration a entreprises (ou prévoit d’entreprendre) pour sauvegarder les
forêts de mangroves du pays ? Existe-t-il des règlementations gouvernementales aux
niveaux de la communauté, de l’industrie et du secteur privé?
La Loi sur la Gestion locale sécurisée (GELOSE) a été mise en vigueur depuis 1996.
GELOSE est l’acronyme en français pour ‘Gestion Locale Sécurisée’. Le terme a été
largement adopté par les communautés locales pour faire référence au transfert de
l’autorité de gestion des ressources naturelles du gouvernement aux populations
résidentes locales ou aux groupes communautaires. Cette loi concrétise l’autonomisation
de la communauté puisque le rôle de gestion du gouvernement est officiellement transféré
aux communautés qui en font la demande. Pour être qualifiée, une communauté doit être
légalement reconnue en tant que ‘communauté locale de base’ dont la constitution
respecte trois principes : (i) résidence/proximité aux ressources (tous les membres doivent
être des résidents de la zone où est située la ressource) ; (ii) volontaire, et (iii) non
discriminatoire (tous les membres de la communauté remplissant les deux critères
mentionnés plus haut ne peuvent faire l’objet de discrimination). Le premier contrat est
valable pour une durée de trois ans après lesquels une évaluation est menée à la suite de
laquelle le contrat peut être renouvelé pour dix ans si la performance est satisfaisante. Le
contrat est habituellement signé entre la ‘Communauté locale de base’, le District et le
Gouvernement représenté par l’Administration forestière ou des pêches. Depuis
l’introduction de la loi GELOSE, l’on a assisté à une amélioration de la prise de
conscience de l’importance des mangroves et des techniques requises pour leur gestion
durable.
Nature & Faune: Quelle est la réaction des autres parties prenantes (y compris les
habitants indigènes des mangroves) face aux défis représentés par la protection, la
conservation et l’utilisation durables de l’écosystème de mangrove dans la
République malgache ?
Hajanirina Razafindrainibe: Je pense que dans l’ensemble, les parties prenantes et les
personnes répondent favorablement, en particulier à la protection de la mangrove,
excepté ceux dont les moyens d’existence sont basés sur la production de charbon. La
plupart des zones marines protégées incluent les mangroves adjacentes ; et la mangrove
est le premier écosystème que les communautés côtières veulent gérer. Dans le nord de
Madagascar par exemple, tous les sites de mangrove sont gérés par les communautés
locales avec ou sans contrat de transfert de gestion. La raison pour laquelle les
communautés côtières demandent le transfert de la gestion des mangroves est qu’elles
sont convaincues que les mangroves jouent un rôle essentiel dans la régénération du stock
marin qui représente des ressources dont dépendent leurs moyens d’existence. La
restauration des mangroves est devenue courante. L’on peut présumer de l’étendue des
forêts de mangrove n’a pas diminué (depuis l’autonomisation des communautés en dépit
d’une certaines utilisations extractives) en comparaison avec les autres écosystèmes
forestiers. Ce fait démontre le niveau élevé du succès réalisé par ce changement de
l’approche de gestion.
En dépit des succès réalisés par les habitants indigènes, il est toujours courant de voir les
sites de mangroves convertis en hôtels de tourisme ou en résidences privées dans
plusieurs villes côtières. L’abattage des arbres pour les poteaux de clôture est une autre
cause de la décimation de l’écosystème de mangrove à Madagascar.
Nature & Faune: Quelles sont les leçons apprises par Madagascar en ce qui concerne
la gestion de son patrimoine riche en forêts de mangrove ?
Nature & Faune: Nous vous remercions Haja, pour votre disponibilité et votre
expertise technique sur ces sujets d’importance.
Activitiés de la FAO
Les mangroves en voie de disparition sur la côte nord-est de l’Afrique :
le cas du Soudan
1
Michel Laverdière
Contexte
Le Soudan est le plus grand pays en Afrique avec une population actuellement estimée à
41 millions d’habitants. Son PIB par habitant est d’environ 2000$EU. Les recettes du
pays dépendent en grande partie de la production de pétrole, l’industrie, l’agriculture et
l’élevage. Le Soudan fait frontière avec la mer Rouge sur une distance relativement
longue et abrite quelques hectares de mangrove ; l’espèce principale est l’Avicennia
marina (Figure 1).
1
Forestier, Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’est. Organisation des
Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture, Kirkos Sub City, Kebeleol, House No.126.
P.O. Box 5536, Addis Ababa. Ethiopia. Courriel: [email protected]
Le Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’est (SFE) est basé à Addis Abeba en
Ethiopie. Il fournit l’expertise dans les domaines principaux de la FAO : agriculture, élevage,
pêches, foresterie, et ressources naturelles. SFE a pour mandat de fournir l’expertise et les
ressources à 8 pays : Burundi, Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Somalie et
Soudan.
enregistrées dans les récifs périphériques, les récifs-barrières et les atolls, en plus des
autres ressources. L’essentiel de l’exploitation actuelle est centrée sur les poissons à
nageoires, les mollusques et les crustacés. En dehors des poissons à nageoires, aucun
inventaire des stocks n’est disponible pour ces ressources. Les activités de pêche sont en
premier confinées aux zones côtières, dans les lagunes et les baies, les canaux pour
bateaux, les récifs périphériques et les récifs-barrières externes. Les débarquements
annuels récents de poissons à nageoire se chiffrent à 5000 tonnes sur un potentiel estimé à
plus de 10 000tonnes/an. La production de mollusques sauvages dans la zone est de 450
tonnes/an. Les statistiques relatives aux captures de crevettes sont plutôt contradictoires,
suggérant des estimations qui ne dépassent pas 20 tonnes/an alors que les chalutiers
étrangers opérant dans le cadre d’accords d’exploitation recueillent environ 130
tonnes/an. Les mangroves sont importantes dans la production des fruits de mer y compris
les crabes (Bage et al, 2009).
Les mangroves
Il reste environ 500 hectares de mangroves. Elles sont éparpillées le long de la mer Rouge
sur des centaines de kilomètres, au nord et au sud de Port Sudan, la capitale de l’état de la
Mer rouge (Corporation soudanaise de la foresterie, Khartoum). En général, ces
mangroves sont de petits peuplements d’arbres (Avicennia sp.) dans un état de
dégradation avancée (Photo 2). Le manque flagrant d’attention pour ces peuplements de
mangroves a entrainé le pâturage excessif par les chameaux. Le coupage de bois pour le
chauffage est désormais courant. En outre, il y a la pratique du stoppage du flot d’eau
douce vers les mangroves perpétrée par les compagnies de production de sel, les
compagnies de construction d’autoroute et par les communautés qui construisent des
barrages pour recueillir l’eau douce. Les impacts de cette pratique doivent être étudiés
davantage. Il semble que la majorité des mangroves sont menacées et pourraient
disparaitre dans la prochaine décennie.
Une autre cause de dégradation de la mangrove au Soudan est liée à la pêche aux bêches-
de-mer par les pêcheurs qui collectent le bois de feu dans les forêts de mangroves pour
traiter leurs captures. La pêche aux bêches-de-mer est cependant actuellement interdite au
Soudan.
Figure 2: Forêt de mangrove dans un état dégradé dans l’Etat de la mer Rouge au Soudan
Les mangroves jouent un rôle écologique vital dans les écosystèmes côtiers en servant de
protection contre les tempêtes de pluies tropicales, fixant les boues mouvantes et
empêchant l’érosion des terres côtières tout en fournissant l’abri et l’habitat aux poissons
et autres espèces marines. Les mangroves contribuent également à la pêche hauturière en
servant de pépinière et d’abri. En Inde, il est estimé que 60 pour cent des ressources en
poissons, importantes du point de vue économique, se reproduisent dans les mangroves et
que les captures de crevettes en mer sont directement proportionnelles à la zone de
mangrove. Au Soudan, les ressources en crevettes sont présentement principalement
exploitées par les chalutiers égyptiens travaillant dans le cadre d’accords d’exploitation.
Cela représente la source la plus importante de recettes en devises étrangères dans le
secteur des pêches. En outre, la mangrove est l’habitat du crabe de mangrove, une espèce
de grande valeur récoltée à la main par les communautés de pêcheurs et vendue aux
restaurants et super marchés.
Il y avait par le passé, un projet dénommé PERSGA financé par l’Arabie saoudite,
impliquant la gestion côtière. Le projet a tenté d’améliorer la conservation des mangroves
mais a été interrompu en 2005 et n’a pas pu résoudre les nombreux problèmes à la source
de la dégradation des mangroves. Il semble en effet qu’il y a quelques difficultés à
amener la plupart des parties prenantes (propriétaires de chameaux, Autorité du port de
Port Sudan, producteurs de sel marin, pêcheurs) à s’entendre sur la gestion de
l’écosystème de mangrove et le résultat est l’absence d’un système de gestion et par
conséquent un manque d’utilisation durable de la ressource.
plus en plus rare et dans un état de dégradation avancée, l’Organisation des Nations unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) considère qu’il est important pour le Soudan de
préserver, améliorer et gérer de manière durable ses ressources en mangroves.
Références
Mangrove Conservation and management in the Sudan, GCP SUD 047 INT,
Ministry of Environment and Tourism, FAO, Khartoum 1995
Ahmed, K.M.S. Mangrove on the Sudanese Coast, Red Sea University, 1999
Liens
Le Réseau africain des mangroves (RAM)
Le Réseau africain des mangroves (RAM) a été établi au Cameroun en Mai 2003. Sa
mission consiste à encourager la collaboration régionale afin de sauver les mangroves
africaines de la destruction et coopérer afin de mettre la mangrove à l’ordre du jour dans
les arènes nationales et internationales. Le réseau compte actuellement 22 pays membres
qui sont : la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, la Sierra
Leone, le Libéria, Sao tome & principe, le Congo, la République démocratique du Congo,
l’Angola, le Kenya, la somalie et la Tanzanie.
Pour plus de détails, veuillez visiter le site suivant : http://www.mangrove-africa.net
Contacts : Réseau africain des mangroves (RAM) Secrétariat, P.O. Box 26352 Dakar,
HLM Hann Maristes, villa 193 Dakar. Sénégal. Tel/Fax : +221 33 832 51 23
Cel: +221 77 553 31 03. Email: [email protected]
Nouvel article de REDD 2009 sur: La nécessité vitale de redéfinir les termes ‘forêt’
et ‘dégradation forestière’ dans les accords internationaux sur le changement
climatique
Si les politiques globales visant à promouvoir la conservation de la forêt continuent
d’utiliser la définition du terme ‘forêt ’ adoptée en 2001 par le Cadre de la Convention
des Nations unies sur le changement climatique (une aire de plus de 0,05-1 ha avec plus
de 10-30% d’un couvert de plantes > 2-5 m d’exploitabilité), de grandes quantités de
carbone et d’autres valeurs environnementales seront perdues lorsque les forêts naturelles
sont sévèrement dégradées ou remplacées par des plantations mais demeurent du point de
vue technique, des ‘forêts’. Bien qu’il soit nécessaire d’avoir une définition du terme
‘forêt’ globalement acceptable et appropriée pour la surveillance, l’utilisation des options
standards de télédétection seront nécessairement basées sur un petit ensemble de
paramètres facilement mesurables, il existe des risques lorsque des définitions simples
sont appliquées localement. Nous recommandons que la forêt naturelle soit au moins
distinguée des plantations et que pour définir la ‘forêt ’ la limite minimum définissant les
‘arbres’ soit fixée à moins de 5 mètres de hauteur avec le couvert minimum d’arbre fixé à
moins de 40%. Ces changements contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de
serre émanant de ce qui est actuellement appelé ‘dégradation’ forestière sans augmenter
les coûts de surveillance. En outre, ces changements mineurs dans la définition de la
‘forêt’ favoriseront le changement de la dégradation à la gestion forestière responsable, ce
qui contribuera à atténuer le réchauffement de la planète tout en protégeant la biodiversité
et en contribuant au développement durable.
IHOF est une série d’ateliers dont l’objectif est de réunir les chefs de village, les pêcheurs
et les ONG de base originaires des pays en développement où l’on trouve les mangroves.
C’est un format nouveau qui favorise le partage des expériences et le réseautage, améliore
la recherche de solution aux problèmes, et dissémine les solutions et les conclusions des
recherches parmi les parties prenantes locales. En plus des ateliers, des projets de suivi
sont entrepris dans les villages participants, qui servent ensuite comme sites ou centres
pour modeler les alternatives de développement durable et à faible intensité. Depuis 1999,
MAP a organisé 12 ateliers IHOF régionaux avec la participation de 3 pays ou plus
chacun, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.
Pour en lire plus: http://www.mangroveactionproject.org/map-programs/fisher-
workshops.
Contacts: Mangrove Action Project. P.O. Box 1854, Port Angeles, WA 98362.
Phone/Fax: (360) 452-5866. Email: [email protected]
Nature & Faune vous invite à soumettre des manuscrits sur n’importe quel sujet lié au thème.
En vue de faciliter les contributions des auteurs potentiels, nous avons développé des
instructions pour la préparation des manuscrits à soumettre pour Nature & Faune. Nous
donnons la préférence aux articles courts et précis. Veuillez visiter notre site web ou nous
envoyer un email pour recevoir une copie des ‘Directives à l’intention des auteurs’. Courriel:
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Site web: http://www.fao.org/africa/publications/nature-and-faune-magazine/
La date limite pour la soumission des articles et autres contributions est fixée au 30 Décembre
2009.
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