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Traitement insecticide des bovins

contre les glossines par pédiluve


en conditions expérimentales

J. Bouyer 1, 2 * F. Stachurski 1, 3 A. Gouro 2 R. Lancelot 1

■ PATHOLOGIE PARASITAIRE
Mots-clés Résumé
Bovin – Glossina – Pyréthrine de L’étude du comportement des arthropodes vecteurs peut aboutir à la mise
synthèse – Contrôle de maladie – au point de méthodes de lutte innovantes et économiques pour les éleveurs.
Pulvérisation – Trypanosomose – Ainsi, le traitement ciblé de l’extrémité des membres des bovins par pédiluve
Dispositif expérimental. acaricide permet-il d’éliminer les tiques Amblyomma variegatum (Acari :
Ixodidae) capturées au pâturage avant qu’elles n’accèdent à leurs sites de
fixation définitifs. Les auteurs ont récemment montré qu’avec une solution
d’α-cyperméthrine, le traitement pédiluve était aussi efficace qu’une
pulvérisation intégrale pour lutter contre Glossina tachinoides Westwood,
1850 (Diptera, Glossinidae) et G. palpalis gambiensis Vanderplank 1949. Ils
ont comparé ici en conditions expérimentales (cages et étable moustiquaire)
l’efficacité d’une formulation de deltaméthrine (Vectocid) administrée par
pulvérisation intégrale, partielle, ou par pédiluve, efficacité qui s’est traduite
par la paralysie de ces deux espèces et de G. morsitans submorsitans
Newstead 1910 lorsqu’elles ont été mises en présence des animaux traités.
Lors de l’exposition aux glossines en cage, le taux de paralysie des glossines
exposées aux bovins imprégnés par pédiluve a été similaire à celui obtenu par
pulvérisation partielle (p = 0,062) mais inférieur à celui obtenu par aspersion
complète (p < 10−3). En volières, il a été inférieur à celui des deux autres
modalités de traitement (p < 10−3). Malgré cela, la mortalité due au pédiluve,
calculée sur 15 jours avec une fréquence de traitement de trois jours, est
restée supérieure à celle nécessaire pour obtenir l’extinction d’une population
isolée de glossines (3 p. 100 j−1). Cette technique pourrait donc être efficace
dans la lutte préventive contre les trypanosomoses bovines transmises par les
glossines dans certaines conditions.

Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167

■ INTRODUCTION leurs hôtes. En effet, chez les bovins pâturant sur parcours natu-
rel, ces tiques se fixent provisoirement dans les espaces interdigi-
L’étude du comportement des arthropodes vecteurs de maladies tés avant de gagner, lorsque les animaux se couchent, leurs sites de
infectieuses ou parasitaires peut aboutir à la mise au point de prédilection (mamelle, périnée…) ; elles peuvent alors être facile-
méthodes de lutte innovantes et économiques pour les éleveurs. ment éliminées par un traitement administré par pédiluve (14, 15).
L’application d’une suspension aqueuse de pyréthrinoïdes sur la
De nombreux auteurs ont relevé une dominance marquée des atta-
partie distale des membres des bovins à l’aide d’un pédiluve per-
ques de glossines sur les parties basses des membres, en particu-
met ainsi de tuer les tiques de l’espèce Am­blyomma variegatum
lier chez Glossina tachinoides (3, 4, 11) et G. longipennis (9). Au
(Acari : Ixodidae) avant qu’elles ne se fixent définitivement sur
Cirdes, les auteurs ont étudié en étable moustiquaire les zones pré-
férentielles de prise de repas sanguin par G. palpalis gambiensis
et G. tachinoides, qui provoquent les pertes économiques les plus
1. Cirad, UMR Contrôle des maladies animales exotiques et émergentes, importantes au Burkina Faso. Les zones potentiellement attein-
TAA-15/B, Campus international de Baillarguet, Montpellier Cedex 5, F-34398 France.
2. Cirdes, UR Elevage et environnement, Bobo Dioulasso, Burkina Faso.
tes lors d’un traitement par pédiluve (membres et, dans une moin-
3. Fofifa, département de Recherches zootechniques et vétérinaires, Antananarivo, dre mesure, ventre et poitrail), totalisaient ainsi 84 ± 8 p. 100 et
Madagascar. 92 ± 6 p. 100 des repas pour G. tachinoides et G. palpalis gam-
* Auteur pour la correspondance biensis (intervalles de confiance avec α = 5 p. 100) (1). L’impact du
Tél. : +226 20 97 22 87 ; fax : +226 20 97 23 20 traitement de bovins à l’aide d’un pédiluve contenant une solution
E-mail : bouyer@[Link] d’α-cyperméthrine (Dominex) a été étudié en étable moustiquaire
161
Tsetse Control using a Footbath Treatment

contre ces deux espèces lors d’un précédent essai. Les animaux zones anatomiques par la formulation insecticide ; au total, 252
avaient été traités à la fréquence de passage préconisée pour la lutte lots d’insectes ont été utilisés, soit 6 302 glossines. Pour le second,
contre les tiques en début de saison des pluies (tous les deux jours). 300 glossines (en nombre identique pour les trois espèces) ont été
Le traitement par pédiluve a provoqué une paralysie des glossines lâchées pendant deux heures (de 8 à 10 h du matin) en présence
identique à celle observée lors du traitement intégral par pulvérisa- d’un des bovins de l’étude dans une étable recouverte d’une mous-
tion manuelle de la même molécule (1). Malgré le rinçage de l’ani- tiquaire. Les insectes ont ensuite été capturés et placés en cages
mal traité, un taux de paralysie des glossines supérieur à 90 p. 100 à l’insectarium. Ces lâchers ont été effectués tous les deux jours
a encore été observé trois jours après le dernier traitement. Par jusqu’à l’obtention pendant trois séances successives d’un taux de
ailleurs, Vale et coll. ont récemment montré l’efficacité d’un traite- mortalité inférieur à 50 p. 100 pour le traitement le plus rémanent
ment ciblé des parties déclives par pulvérisateur manuel contre G. (pulvérisation complète). Deux cent trente-trois lots d’insectes ont
pallidipes et G. morsitans morsitans (16, 17). été utilisés, totalisant 22 082 glossines.
Le pédiluve permet le traitement de nombreux animaux en peu de Deux heures après leur capture, toutes les glossines ont été exami-
■ PATHOLOGIE PARASITAIRE

temps (après habituation, 120 animaux passent en moins de 15 min nées afin d’estimer leur état de gorgement et leur éventuelle para-
dans l’installation) (15). Il donne aux éleveurs la possibilité de lysie. Ce délai a permis de considérer toutes les glossines encore
mettre en place de façon pérenne une lutte économiquement via- paralysées comme mortes, ce qui aurait été le cas si elles avaient
ble contre les glossines et les trypanosomoses, d’une part, et contre été soumises aux conditions naturelles (prédation et dessèche-
A. variegatum d’autre part. Ces installations étant de plus en plus ment).
utilisées dans le pays pour lutter contre A. variegatum, il est impor-
En début d’expérience, avant tout traitement, chaque bovin a été
tant d’évaluer leur impact contre les glossines.
présenté aux glossines, dans l’étable moustiquaire, à quatre repri-
C’est pourquoi des essais ont été mis en place en conditions expé- ses afin d’évaluer une éventuelle différence d’attractivité entre les
rimentales afin de déterminer l’effet insecticide des traitements animaux. Durant l’expérience, les volières ont été systématique-
réalisés à une fréquence ayant une visée acaricide, de préciser l’in- ment mouillées une heure avant chaque lâcher, pour assurer la sur-
tervalle entre traitements à appliquer pour lutter contre les glossi- vie des glossines en augmentant l’humidité ambiante, puis lavées
nes sur le terrain, et pour évaluer l’efficacité et la rémanence d’un après chaque séance pour éliminer les éventuels résidus d’insecti-
traitement pédiluve contenant une suspension aqueuse de delta- cide. Des lâchers d’une heure (entre 8 et 9 h) ont été effectués en
méthrine (Vectocid) sur trois espèces de glossines, G. morsitans volières vides au cours de l’expérience pour déterminer une éven-
submorsitans, G. tachinoides et G. palpalis gambiensis. Ce mode tuelle rémanence des insecticides dans le bâtiment. La température
de traitement a été comparé à l’imprégnation totale des animaux et l’hygrométrie ont été mesurées au cours de toutes les séances de
par la même formulation, et à la pulvérisation partielle ciblée sur lâchers pour écarter l’effet d’un éventuel « accident » climatique.
les pattes des bovins.
Analyse des données
■ MATERIEL ET METHODES La variable à expliquer a été le taux de paralysie des glossines
après leur exposition aux animaux traités. Ce taux était formé d’un
Recueil des données numérateur égal au nombre de glossines paralysées ou mortes
Six bovins métis zébu × baoulé, âgés de 3 à 5 ans et pesant de 250 après exposition, et d’un dénominateur égal au nombre de glossi-
à 350 kg ont été utilisés. Un animal a servi de témoin négatif et nes contenues dans la cage ou lâchées dans la volière.
n’a fait l’objet d’aucun traitement. Un autre animal a été le témoin Pour l’étude en cages, les variables explicatives ont été :
positif et a été traité intégralement par pulvérisation manuelle de – la région anatomique où les cages ont été appliquées : « mem-
2 L de suspension aqueuse de deltaméthrine à la concentration pré- bres » (partie distale et proximale des membres) et « autre régions
conisée par le fabricant en Europe (1 mL / 2 L, soit 0,0025 p. 100) » (abdomen, corps, cou, tête) ;
ainsi qu’à une concentration double (1 mL / L, soit 0,005 p. 100), – le type de traitement utilisé pour imprégner les bovins selon qua-
préconisée par le fabricant en Afrique subsaharienne. Deux ani- tre modalités : une modalité « Témoin » qui ne comprenait pas
maux sont passés trois fois à deux jours d’intervalle dans un pédi- d’imprégnation, pour montrer l’absence d’insecticide résiduel dans
Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167

luve contenant une suspension aqueuse de deltaméthrine à la même la volière ou sur les bovins utilisés et dont les données n’ont pas
concentration (le niveau de la formulation dans le bac du pédiluve été utilisées dans les analyses statistiques ; une modalité « Spray
a varié durant l’essai entre 19 et 16 cm). Deux animaux ont été partiel » avec application de 200 mL de suspension insecticide sur
traités une fois au niveau des membres jusqu’à l’épaule et la han-
che par la même suspension au moyen d’un pulvérisateur manuel
(200 mL de suspension). Tous les deux jours, les animaux ont été
exposés au soleil pendant 3 h et arrosés entièrement par 50 L d’eau Tableau I
pour se rapprocher des conditions naturelles de la saison des pluies Plan d’expérience : numéros de boucle des animaux
et de l’effet de trempage des pieds qui intervient lors de l’abreuve- utilisés pour les différentes modalités de traitement
ment (effet de rinçage). Des rotations entre les modalités de trai-
tement (tableau I) ont permis de différentier les variations indivi-
duelles des effets du traitement. Un délai permettant la disparition Date du Témoin Pulvérisation Pédiluve Pulvérisation
de tout effet insecticide a séparé ces rotations. traitement partielle intégrale
Afin d’évaluer l’impact des traitements sur les glossines, deux Traitement simple dose
types de contacts entre les mouches et les animaux ont été étudiés.
29/01/2005 196 199 198 197
Pour le premier, des cages contenant 25 individus (G. p. gambien-
sis mâles) ont été régulièrement installées, pendant 10 min, sur Traitement double dose
huit emplacements précis du corps des bovins (cou, dos, ventre, 25/06/2005 152 199 198 197
sections proximales, intermédiaires et distales des pattes avant et 18/10/2005 932 197 196 199
arrière) dans le but de comparer l’imprégna­tion des différentes
162
Lutte contre les glossines par traitement pédiluve

les pattes des bovins à l’aide d’un spray manuel ; une modalité uniquement sur bovins imprégnés et que l’intervalle entre les repas
« Pédiluve » avec traitement des animaux à l’aide d’un pédiluve ; de sang était constant et d’une durée de quatre jours. Avec cette
et une modalité « Spray total » avec aspersion de l’ensemble de hypothèse, les glossines de la cohorte se sont nourries aux jours 1,
l’animal par 2 L de suspension insecticide à l’aide d’un pulvérisa- 5, 9 et 13 pour lesquels la mortalité pit , g était celle prédite par le
teur manuel ; meilleur modèle de régression béta-binomiale pour la catégorie de
– le temps (en jours) depuis l’imprégnation ; les mouches ont été traitement t, l’espèce de glossine g le ie jour après l’administration
exposées à des bovins imprégnés d’insecticide depuis le lendemain du traitement. Pour les autres jours, on a supposé que la mortalité
du traitement jusqu’à quatre semaines après cette date. des mouches de la cohorte était nulle. La mortalité M 1t−, 15 g
a ainsi
été calculée selon la formule :
Pour l’étude en volière, les variables explicatives ont été :
– l’espèce de glossine – G. tachinoides, G. palpalis gambiensis et pt,i g = 0 si i / {1, 5, 9, 13}

G. morsitans submorsitans ; 15
– la dose utilisée pour le traitement, soit 0,0025 p. 100 (modalité
« Simple »), ou 0,005 p. 100 (modalité « Double ») ;
t, g
M 1–15 = 1 – Π (1 – p
i=1
t, g
i )

– le type de traitement utilisé pour imprégner les bovins, avec les Une régression logistique à effets fixes et aléatoires a été effectuée
mêmes modalités que dans le cas précédent ; pour étudier la variabilité de la réponse liée à la vache. Pour le lot i
– le temps depuis l’imprégnation (en jours). de glossines et la vache j, j ∈ {1, … 6}, le modèle de la mortalité
observée p i, j a été le suivant :
Une analyse exploratoire a été réalisée afin d’étudier la forme et
l’intensité de la relation entre les variables explicatives et la varia- pi, j = πi + ei, j
ble à expliquer. Un graphe de dispersion a été utilisé pour représen-
ter la relation entre la variable à expliquer et le temps – ajustée par
une régression logistique ordinaire, conditionnellement aux autres
variables explicatives.
logit (πj) = log
( )
π j
–––––––
1 − πj
= Xb + Zûj

uj = N (0, ν2)
Etant donné la nature de la variable à expliquer (proportion), un
modèle de régression logistique a été utilisé pour quantifier l’in-
tensité de sa relation avec les variables explicatives (8). Différents où π j était la mortalité prédite par le modèle, ei, j l’erreur rési-
facteurs étaient susceptibles d’introduire une dispersion des don- duelle, X la matrice du plan d’observation correspondant aux effets
nées plus grande – phénomène appelé surdispersion – que celle fixes du meilleur modèle béta-binomial identifié précédemment, b
de la loi binomiale souvent utilisée pour modéliser les proportions le vecteur des coefficients de ces effets fixes, Z une matrice colonne
(10) : répétition des expositions aux mêmes bovins, conditions cli- unité (ne contient que des 1), uj le coefficient de l’effet aléatoire lié
matiques variables selon les jours où les essais ont été réalisés, etc. à l’intercept du modèle, constant pour la vache j et indépendant de
Pour tenir compte de cette éventualité, les auteurs ont utilisé un l’effet aléatoire de la vache k, avec j ≠ k, supposé de distribution
modèle de régression logistique béta-binomiale (12), sauf dans le gaussienne, de moyenne nulle et de variance v2 (à estimer).
cas de l’étude de la variabilité du taux de mortalité liée aux bovins Les valeurs estimées de la mortalité ont été utilisées pour calcu-
imprégnés où un modèle de régression logistique à effets fixes et ler la mortalité M t,g(1–15) en séparant la variabilité liée aux effets
aléatoires a été utilisé (5). Avec la paramétrisation retenue pour le fixes X bˆ et à la vache j Z uˆ j . Le logiciel R a été utilisé pour
modèle béta-binomial, la surdispersion des données (par rapport à l’analyse des données et les graphiques (13).
une loi binomiale) a été représentée par un coefficient de corréla-
tion intra-groupe j.
■ RESULTATS
Différents modèles étaient plausibles et ont été comparés afin de
sélectionner le modèle pouvant ajuster correctement les données
tout en restant parcimonieux en nombre de paramètres. La qualité Expérience en cages
de l’ajustement a été vérifiée pour le modèle le plus complexe en Le résultat de l’exploration graphique est présenté dans la figure 1. Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167
calculant la statistique du chi-deux de Pearson (10) et en compa- Les glossines mises au contact des parties déclives des animaux
rant graphiquement les valeurs observées et prédites. Un modèle ont subi une mortalité plus forte ; l’application de deltaméthrine
plus parcimonieux a ensuite été sélectionné à l’aide du critère d’in- par pédiluve a entraîné un taux de mortalité plus faible que le spray
formation d’Akaike (AIC) ou de l’AIC corrigé (AICc) dans le cas partiel ou complet, qui a lui-même fait preuve d’une persistance
de taille d’échantillon n faible par rapport au nombre de paramètres plus forte que l’aspersion partielle. Aucune mortalité n’a été enre-
k estimés (n / k < 40) (2). gistrée avec le témoin négatif : cette catégorie a été éliminée des
analyses ultérieures.
La persistance T50% de l’effet de la deltaméthrine a été estimée à
partir de l’équation des modèles : temps au bout duquel on observe Sur la base des résultats de l’exploration graphique, un modèle
encore 50 p. 100 de mortalité chez les glossines exposées à des additif avec des effets principaux « Temps », « Traitement » et
bovins imprégnés. L’intervalle de confiance a été estimé à l’aide « Région anatomique» semblait s’imposer. D’autres modèles ont
d’une méthode de Monte Carlo. été comparés à ce modèle additif pour tester l’existence d’une inte-
raction entre le temps et la catégorie de traitement, et entre le temps
Afin de comparer l’impact des différents types de traitement sur
et la région anatomique. Le modèle comportant tous les effets prin-
des populations de mouches en tenant compte des différents ryth-
cipaux ainsi que toutes les interactions d’ordre 1 a également été
mes d’administration de la deltaméthrine (chaque quinzaine pour
pris en compte pour servir de base aux comparaisons.
les aspersions complètes et partielles, tous les trois jours pour le
pédiluve), la mortalité M 1t−, 15
g
d’une cohorte de glossines de l’es- Le meilleur modèle au sens de l’AIC a été le modèle comportant
pèce g, nées trois jours avant le premier traitement, a été calculée tous les effets principaux ainsi que l’interaction entre le temps
après 15 j d’exposition à des bovins traités selon la méthode t. On et le traitement. La qualité globale de l’ajustement du modèle le
a supposé pour cette estimation que les mouches se nourrissaient plus complet n’a pas été mise en doute par le calcul du chi-deux
163
Tsetse Control using a Footbath Treatment

(p = 0,67). L’estimation du coefficient de corrélation intra-groupe d’une interaction entre les variables temps et dose. La persistance
du meilleur modèle béta-binomial a été j^ = 0,64 (p < 10−3). Un de l’effet de l’insecticide a semblé plus élevée pour les glossines de
test du rapport des vraisemblances a permis de confirmer la signi- l’espèce G. morsitans, notamment dans le cas des imprégnations à
fication de l’interaction entre le temps et le traitement (p = 0,009). double dose.
La dispersion des réponses est restée forte pour un profil de varia-
La figure 2 montre l’influence de l’effet du temps et de la catégo-
bles explicatives données, probablement en raison de l’hétérogé-
rie de traitement sur le taux de paralysie des glossines. La variable
néité de l’imprégnation par la deltaméthrine des régions anato-
temps a été décalée d’un jour de manière à avoir son origine au
miques classées dans chacune des deux catégories (membres ou
premier jour d’observation (le lendemain de l’imprégnation). La
autres). L’interaction entre le temps et la région anatomique n’a pas
persistance de l’effet de l’exposition a dépendu à la fois du traite-
été significative (p = 0,67). L’effet de la région anatomique a été en
ment (lecture des panels par ligne), de la dose d’insecticide utilisée
revanche significatif (p = 2.10-4), de même que l’effet du type de
pour l’imprégnation (comparaison des courbes dans chaque panel)
traitement (p = 3.10-6).
et de l’espèce de glossine (lecture des panels par colonne). Ces
■ PATHOLOGIE PARASITAIRE

Le taux de paralysie des glossines exposées aux bovins traités par effets supposés ont correspondu à des interactions entre le temps
pédiluve a été inférieur à celui obtenu lors de la mise en présence et le type d’imprégnation, entre le temps et la dose d’insecticide, et
des bovins imprégnés par aspersion complète (p < 10−3). En revan- entre le temps et l’espèce de glossine. L’ajustement des différents
che, la différence de taux de mortalité entre les glossines exposées modèles possibles et leur comparaison à l’aide de l’AIC indiquait
aux bovins traités par pédiluve et celles en contact avec des ani- que le meilleur modèle comportait tous les effets fixes ainsi que
maux ayant subi une aspersion partielle n’a pas été significative les interactions Temps*Dose, Temps*Traitement et Temps*Espèce.
(test de Wald : c = 5,6 ; ddl = 2 ; p = 0,062). Comme attendu après
l’exploration graphique (figure 1), le taux de mortalité des glossi-
nes exposées aux régions anatomiques supérieures a été inférieur
à celui observé aux niveau des membres (p < 10−3). Le tableau II Tableau II
présente une synthèse des résultats sous forme de persistance de Persistance (en jours) de l’effet du traitement (T 50% )
l’effet de la deltaméthrine (T50%). des bovins par la deltaméthrine sur le taux de paralysie
des glossines en cages
Expérience en volière
Le résultat de l’exploration graphique est présenté dans la figure 2. Type de traitement Région T50% IC 95%
Les glossines exposées aux animaux témoins n’ont pas présenté de anatomique
mortalité notable, excepté au jour 20 pour l’un d’entre eux (panel
supérieur gauche). Cette mortalité a été imputable à une tempé- Pulvérisation intégrale Membres 18 (16,22)
rature externe particulièrement élevée ce jour-là. Les glossines Autres 14 (12,16)
exposées aux animaux traités par pulvérisation totale ont connu un
taux de mortalité élevé (> 50 p. 100) jusque vers le dixième jour, Pulvérisation partielle Membres 11 (7,17)
avec les deux doses de traitement. En revanche, les taux de mor- Autres 7 (4,11)
talité sont restés bas pour les animaux imprégnés par aspersion Pédiluve Membres 4 (2,8)
partielle et par pédiluve. Seul le traitement à double dose a permis Autres 0 (0,2)
de maintenir un taux de mortalité supérieur à 50 p. 100 pendant
quelques jours. Cette observation a conduit à supposer l’existence IC : intervalle de confiance

Dose normale Dose double


Données observées Moyenne ajustée
G. tachinoides G. tachinoides G. tachinoides G. tachinoides
Autres régions Autres régions Autres régions Autres régions Témoin Spray partiel Pédiluve Spray complet
Témoin Spray partiel Pédiluve Spray complet 0,8
Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167

1,0 0,4
0,8 0,0
Proportion de mouches paralysées

0,6
0,4
G. palpalis G. palpalis G. palpalis G. palpalis
0,2 Témoin Spray partiel Pédiluve Spray complet
Taux de mortalité

0,0 0,8
0,4
Membres Membres Membres Membres 0,0
Témoin Spray partiel Pédiluve Spray complet
1,0
G. morsitans G. morsitans G. morsitans G. morsitans
0,8
Témoin Spray partiel Pédiluve Spray complet
0,6
0,8
0,4
0,4
0,2 0,0
0,0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Temps après traitement (jours)
Temps après traitement (jours)
Figure 2 : effet du traitement sur le taux de paralysie des glossi-
Figure 1 : effet des modalités de traitement des bovins à la nes selon leur espèce, la dose de produit actif et les modalités
deltaméthrine sur la mortalité de Glossina palpalis gambiensis de son application sur les bovins. Les points représentent les
mâles, mis dans des cages contenant 25 mouches, en fonc- données brutes. Les courbes sont les valeurs prédites par une
tion de la région anatomique d’exposition. L’intersection de régression logistique de la probabilité de mortalité en fonc-
la courbe de mortalité moyenne (ajustée avec une régression tion du temps dans chaque panel. L’intersection de la courbe
logistique) avec la ligne horizontale tiretée tracée à y = 0,5 de paralysie avec la ligne horizontale tiretée tracée à y = 0,5
représente la persistance de l’effet de l’insecticide (T50%). représente la persistance de l’effet de l’insecticide (T50%).
164
Lutte contre les glossines par traitement pédiluve

La qualité globale de l’ajustement n’a pas été mise en doute par le Tableau III
test du chi-deux (p = 0,52), et les graphes des valeurs observées et
Coefficients des effets fixes du meilleur modèle béta-
prédites (non montrés ici) ont révélé que l’ajustement des données
binomial du taux de paralysie des glossines après
par le modèle était satisfaisant.
exposition à des bovins imprégnés à la deltaméthrine
Les coefficients des effets fixes du meilleur modèle béta-bino-
mial sont présentés dans le tableau III. Le coefficient de corréla-
Effet Estimation Erreur standard P
tion intra-groupe estimé a été j^ = 0,09 (p < 10−3). Le lendemain
de l’imprégnation des bovins à la deltaméthrine, le taux de mor-
Intercept 1,06 0,28 < 10-3
talité des mouches exposées aux bovins traités par pédiluve a été
inférieur à celui obtenu par l’exposition aux bovins imprégnés Temps –0,18 0,03 < 10-3
par spray partiel (p < 10−3). Paradoxalement, le taux de mortalité Pédiluve –1,29 0,23 < 10-3
des glossines exposées à des bovins imprégnés par pulvérisation Pulvérisation totale 2,23 0,24 < 10-3
partielle à la deltaméthrine avec une dose double a été inférieur à Double dose –1,05 0,24 < 10-3
celui observé avec une dose normale (p < 10−3). Le taux de mor- G. palpalis gambiensis –0,59 0,24 0,014
talité de G. p. gambiensis a été inférieur à celui de G. m. submor- G. tachinoides 0,20 0,26 0,443
sitans en début d’expérience (p < 10−3), mais il n’y a pas eu de
Temps * Pédiluve 0,04 0,02 0,069
différence significative entre G. m. submorsitans et G. tachinoides
Temps * Spray total –0,12 0,02 < 10-3
(p = 0,443). L’effet du traitement par pulvérisation totale a diminué
plus rapidement que celui obtenu pas spray partiel (p < 10−3). Le Temps * Double dose 0,14 0,02 < 10-3
traitement à double dose a permis d’obtenir une diminution plus Temps * G. palpalis gambiensis –0,05 0,02 0,016
lente du taux de mortalité qu’avec un traitement à dose normale Temps * G. tachinoides –0,11 0,03 < 10-3
(p < 10−3). Enfin, la diminution du taux de mortalité a été plus
lente avec G. m. submorsitans et plus rapide avec G. tachinoides.
Le tableau IV présente une synthèse des résultats sous forme de Tableau IV
persistance de l’effet de la deltaméthrine. L’imprégnation des
bovins par pédiluve n’a pas eu d’effet suffisant pour estimer la per- Persistance de l’effet du traitement (T 50% ) des bovins
sistance telle que définie ici. La dose d’insecticide n’a pas eu d’in- par la deltaméthrine sur le taux de paralysie
fluence dans le cas d’une imprégnation des bovins par spray total. des glossines
En revanche, la persistance estimée avec le spray total a été environ
deux fois plus longue qu’avec le spray partiel. Espèce Traitement Dose T50% (j) IC 95% (j)
Les résultats du meilleur modèle béta-binomial utilisé pour calculer
la mortalité de cohortes de glossines sont présentés dans le tableau Glossina morsitans Pulvérisation Simple 7 (5,9)
V. A titre de comparaison, les taux de mortalité d’une cohorte de submorsitans partielle Double 1 (0,9)
glossines soumise pendant 15 j à des probabilités quotidiennes Pédiluve Simple 0 (0,3)
de mortalité de 1 et 3 p. 100 seraient respectivement de 14,0 et Double – –
36,7 p. 100. Le tableau V illustre l’effet compensatoire du passage Pulvérisation Simple 12 (11,13)
régulier dans le pédiluve (par rapport aux traitements par asper-
totale Double 16 (14,18)
sion) sur la mortalité cumulée calculée sur 15 j. Cette mortalité est
restée supérieure à celle nécessaire pour obtenir l’extinction d’une G. palpalis Pulvérisation Simple 3 (0,5)
population isolée de glossines (3 p. 100 j−1) (6, 7). En revanche,
gambiensis partielle Double – –
l’utilisation d’une double dose d’insecticide n’a pas semblé être
justifiée par les résultats de cette étude. Pédiluve Simple – –
Double – –
Afin d’évaluer l’impact des variations liées aux bovins, le même Pulvérisation Simple 9 (8,10)
indicateur que celui calculé dans le tableau IV a été estimé à l’aide Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167
totale Double 9 (8,10)
du modèle de régression logistique à effets fixes et aléatoires. Seuls
ont été considérés les traitements effectués avec une dose normale G. tachinoides
Pulvérisation Simple 5 (4,7)
de deltaméthrine. Les résultats sont présentés dans la figure 3. La
partielle Double 2 (0,5)
variabilité liée à la vache a été importante, quelle qu’ait été l’espèce
de glossine considérée, et s’est manifestée de manière d’autant plus Pédiluve Simple 1 (0,3)
forte que le taux de mortalité se rapprochait de 50 p. 100. Double – –
Pulvérisation Simple 10 (9,11)
totale Double 10 (9,12)
■ DISCUSSION
IC : intervalle de confiance
Les résultats des essais en cage ont présenté une forte variabilité
probablement liée à l’inclusion, dans une même catégorie (mem-
bres et autres régions), de régions anatomiques subissant une
imprégnation insecticide très variable lors des passages dans le du traitement par pédiluve, elle a été en revanche inférieure
pédiluve. à celle observée dans les mêmes conditions au Cirdes pour
l’α-cyperméthrine 0,005 p. 100 (Dominex), alors que les résul-
La persistance de la deltaméthrine 0,005 p. 100 (Vectocid) esti- tats étaient similaires pour le traitement intégral (1). Il est possi-
mée dans cette étude pour les pulvérisations partielle ou totale ble que la deltaméthrine, sous cette forme, soit moins stable que
a été similaire à celle rapportée par Torr et coll. (2007) pour l’α-cyperméthrine lorsqu’elle séjourne dans de l’eau souillée (boue
G. m. morsitans et G. pallidipes avec du Decatic. Dans le cas et bouse s’accumulent rapidement dans le pédiluve). Il serait utile
165
Tsetse Control using a Footbath Treatment

de confirmer cette hypothèse par une étude expérimentale et, le pulvérisation partielle est encore plus efficace, probablement liée à
cas échéant, de rechercher une formulation permettant d’améliorer une meilleure efficacité de la deltaméthrine non souillée, et pour-
cette stabilité. rait donc être utilisée par les éleveurs nomades. Cependant, elle
nécessite un temps de traitement plus important et une contention
Malgré une efficacité inférieure à celle obtenue avec une admi- efficace des animaux, sans quoi une grande proportion du produit
nistration par spray, il semble possible d’envisager le contrôle de est perdue.
populations sauvages de glossines de ces trois espèces à l’aide de
suspension de deltaméthrine administrée à des bovins par pédiluve, Au-delà de la réduction du coût en insecticides lié à l’utilisation du
en particulier lorsque celui-ci est utilisé tous les trois jours, comme pédiluve, le gain de temps procuré par cette méthode est intéressant
c’est le cas dans le cadre de la lutte acaricide. Un suivi de terrain pour les agroéleveurs, notamment en saison des pluies, moment où
d’une population de glossines dans le village de Dafinso avait ils sont très occupés par les cultures (15). Son efficacité contre A.
d’ailleurs révélé une réduction rapide et significative des densités variegatum (15) en fait par ailleurs une technique de lutte intégrée
de glossines sauvages (G. p. gambiensis et G. tachinoides) (1). La contre les vecteurs, qui a déjà été choisie par des projets de déve-
■ PATHOLOGIE PARASITAIRE

loppement au Burkina Faso. Par ailleurs, des travaux sont en cours


pour évaluer l’effet de ces traitements par pédiluve sur la transmis-
Tableau V sion de la trypanosomose bovine.
Taux de mortalité de cohortes de glossines exposées
à des bovins imprégnés à la deltaméthrine pendant ■ CONCLUSION
15 j en fonction du type de traitement, sous
l’hypothèse d’un cycle trophogonique de 4 j, d’une La mortalité imposée aux glossines par le pédiluve permet de sup-
mortalité quotidienne prédite par le meilleur modèle poser que cette technique est utilisable pour la lutte préventive
béta-binomial pour les jours de repas sanguins contre les trypanosomoses bovines transmises par les glossines
et nulle les autres jours dans certaines conditions. Il est cependant nécessaire d’étudier
l’impact de cette technique sur l’incidence des trypanosomoses en
Espèce Traitement Dose Mortalité (%) milieu réel et dans différentes conditions environnementales pour
en évaluer l’impact définitif. De plus, il est nécessaire de dévelop-
Glossina morsitans Pulvérisation Simple 93,5
per « l’emballage » de la technique qui reste difficile à utiliser pour
les populations illettrées, en collaboration avec des chercheurs des
submorsitans partielle Double 89,9
sciences sociales. Il est déjà prévu de construire des pédiluves et de
Pédiluve Simple 85,9 tester leur adoption dans le cadre de divers projets de développe-
Double 62,6 ment au Burkina, Tchad, Mali, Bénin et Sénégal.
Pulvérisation Simple 99,9
totale Double 99,7 Remerciements
G. palpalis Pulvérisation Simple 77,7 Nous remercions la société Ceva Santé animale (Libourne, France)
gambiensis partielle Double 66,6 pour le financement de cet étude. Nous remercions également le
Cirdes qui a mis à notre disposition ses installations et a fourni les
Pédiluve Simple 67,3
glossines utilisées pour les essais, et plus particulièrement S. Boli,
Double 41,1 B. Cene, S.P. Kaboré, A. Sana, L. Sanogo, F. Sanou, W. Yoni et
Pulvérisation Simple 98,8 S. Zoungrana.
totale Double 97,3

G. tachinoides
Pulvérisation Simple 89,4
partielle Double 80,7
Pédiluve Simple 86,3 BIBLIOGRAPHIE
Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167

Double 63,1
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Lutte contre les glossines par traitement pédiluve

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Summary Resumen
Bouyer J., Stachurski F., Gouro A., Lancelot R. On-Station Cat- Bouyer J., Stachurski F., Gouro A., Lancelot R. Tratamiento
tle Insecticide Treatment against Tsetse Flies using a Footbath insecticida de bovinos contra las glosinas mediante pediluvio
bajo condiciones experimentales
The study of arthropod vector behavior can lead to inex-
pensive and innovative control techniques for farmers. For El estudio del comportamiento de los artrópodos vectores
instance, treating cattle feet with an insecticide footbath elimi- puede llevar al establecimiento de métodos de lucha innova-
nates Amblyomma variegatum (Acari: Ixodidae) ticks captured dores y económicos para los criadores. De esta manera, el tra-
in the pasture, before they can reach their predilection sites. tamiento orientado a las extremidades de los miembros de los
The authors recently showed that treating cattle with a for- bovinos mediante un pediluvio acaricida permite eliminar las
mulation of α-cypermethrin in a footbath was as efficient as garrapatas Amblyomma variegatum (Acari: Ixodidae) captura-
full spraying to control Glossina tachinoides Westwood, 1850 das en el potrero, antes de que accedan a sus sitios de fijación
(Diptera, Glossinidae) and G. palpalis gambiensis Vanderplank definitivos. Los autores mostraron recientemente que con una
1949. Here, the authors compared the knock-down efficacy solución de α-cypermetrina, el tratamiento por pediluvio fue
of a deltamethrin formulation (Vectocid) applied as full or tan eficaz como una pulverización integral para luchar con-
partial spray, or in a footbath, against these two species and tra Glossina tachinoides Westwood, 1850 (Diptera, Glossini-
G. morsitans submorsitans Newstead 1910, in experimental dae) y G. palpalis gambiensis Vanderplank 1949. Los autores
conditions (exposure to tsetse flies in cage, and in the stable comparan aquí bajo condiciones experimentales (jaulas y
under mosquito netting). When exposing cattle to flies in cages, establo con mosquitero) la eficacia de una formulación de
the knock-down effect was similar (p = 0.062) for the footbath deltametrina (Vectocid) administrada mediante pulverización
and the partial spraying, but lower than with full spraying integral, parcial o por pediluvio, eficacia que se tradujo por la
(p < 10-3). In-stable, the footbath treatment was less efficacious parálisis de estas dos especies y de G. morsitans submorsitans
than that of the other two techniques (p < 10−3). Nonetheless, Newstead 1910 cuando se pusieron en presencia de los ani-
fly mortality obtained by footbath was higher than that needed males tratados. Durante la exposición a las glosinas en jaula,
to eliminate an isolated tsetse population (> 3% day−1), when las tasas de parálisis de las glosinas expuestas a los bovinos Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 2008, 61 (3-4) : 161-167
assessed over 15 days using a three-day treatment frequency. impregnados por pediluvio fue similar a las obtenidas por pul-
The footbath treatment may thus prevent tsetse-transmitted cat- verización parcial (p = 0,062), pero inferior al obtenido por
tle trypanosomose infection under some conditions. aspersión completa (p < 10-3). En pajareras, fue inferior al de
las dos otras modalidades de tratamiento (p < 10-3). A pesar
Keywords: Cattle – Glossina – Synthetic pyrethrin – Disease de esto, la mortalidad debida al pediluvio, calculada sobre 15
control – Spraying – Trypanosomosis – Experimental design. días con una frecuencia de tratamiento de tres días, se man-
tuvo superior a la necesaria para obtener la extinción de una
población aislada de glosinas (3% d-1). Esta técnica podría ser
eficaz en la lucha preventiva contra las tripanosomosis bovi-
nas transmitidas por las glosinas bajo ciertas condiciones.

Palabras clave: Ganado bovino – Glossina – Piretrina sintética –


Control de enfermedades – Pulverización – Tripanosomosis –
Diseño experimental.

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