Master Droit pénal et sciences criminelles
Matière : Politique criminelle
Exposé sous le thème :
Les grands mouvements de la politique
criminelle
Réalisé par :
- Aoubayd Basma
- Assemahli Soukaina
- Jelda Houda
Soumis à l’appréciation du professeur : KHALID ENNASHI
Année universitaire : 2020/2021
Sommaire :
Introduction ............................................................................................................................3
Partie 1 : Les mouvements doctrinaux de la politique criminelle .............................................6
Section 1 : L'école de la justice absolue ...............................................................................6
Section 2 : L’école classique et l’école néoclassique ...........................................................6
Section 3 :L’école positiviste et l’école de la défense sociale...............................................7
Partie 2 : Les Mouvements Sociojuridiques de la Politique Criminelle .................................. 10
Section 1 : Le Mouvement de Décriminalisation ............................................................... 10
Section 2 : Le Mouvement de la Dépénalisation ................................................................ 11
Section 3 : Le Mouvement de la Diversification ................................................................ 11
Conclusion : ......................................................................................................................... 13
1
Liste des abréviations :
Act. Jur. Pén : Actualité juridique pénale
Al : Alinéa
Art : Article
CA : Cour d’appel
Ed : Edition
Op cité : Opus citatum est une locution latine qui signifie « ouvrage cité »
ONU : Organisation des Nations Unies
P : Page
Pén : Pénal
PUF : Presses universitaires de France
TPI : Tribunal de première instance
2
Introduction
« Nemo sine crimine vivit » (Personne ne vit sans crime), ce qui signifie, comme le dit Saint
Thomas : « Personne n'est sans péché » ; tenter un délinquant qui, par la vertu de la correction
pénale, reprendra le droit chemin. 1
Le phénomène criminel en effet au sens large, n'est pas constitué des seules infractions pénales,
contraventions, délits ou crimes, mais de l'ensemble des comportements incriminés ou non par
la loi pénale, considérés comme troublant l'ordre social parce que s'exprimant dans un refus des
normes. A l'encontre de ces comportements, délinquants ou déviants, une politique criminelle
tente de proposer des réponses étatiques ou sociétales dans le respect des droits de l'homme.
La formule « politique criminelle » n'est pas récente. Elle serait apparue en 18032. Comme
l’affirmera Feuerbach : « La politique criminelle, c'est la sagesse de l'État légiférant » et le
préconisera, comme BECCARIA (1764), la légalité du droit pénal : la loi pénale écrite est la
pierre angulaire de la politique criminelle étatique, garde-fou de l’arbitraire et elle peut exercer
une pression sur la population impact du «code sacré des lois» de BECCARIA , «contrainte
psychologique» de FEUERBACH pour la retenir de commettre des infractions. BECCARIA
affirmait encore que «le moyen le plus sûr, mais le plus difficile, de lutter contre le crime est de
perfectionner l’éducation».
Plus d’un siècle après lui, VON LISZT (1882) prononcera cette phrase devenue célèbre : «Une
bonne politique sociale est la meilleure politique criminelle».
C’est la connaissance des moyens que peut trouver le législateur selon la disposition spéciale
de chaque Etat pour empêcher les délits et protéger le droit naturel de ses sujets.
C'est au début du XX siècle qu'on a commencé à définir la politique criminelle comme «
l'ensemble systématique des principes au moyen desquels l'État et la société doivent organiser
la lutte contre le crime ».
1
Dr. Papa Gueye, Criminalité organisée, terrorisme et cybercriminalité : réponses de politique criminelles,
l’Harmattan, Sénégal.
2
Dans un manuel de droit pénal, sous la plume de l'Allemand FEUERBACH.
Emmanuel DRAYER, Droit pénal général, LexisNexis SA, 2002, p 125.
3
Cette définition recoupe pratiquement celle de Feuerbach, qui considère que la notion de
politique criminelle peut être définie comme « l'ensemble des procédés répressifs par lesquels
l'Etat réagit contre le crime »3.
II s'agit là d'une approche limitative de la politique criminelle ; la perspective s'est
progressivement élargie.4
La fonction de la politique était ainsi développée en une réponse punitive et répressive du crime
pour s'affirmer ensuite dans sa richesse avec Marc Ancel et le mouvement de la Défense sociale
nouvelle.5
Marc Ancel, dans sa définition de la politique criminelle, a ajouté « à la fois les problèmes de
prévention et le système de répression ». D'une manière beaucoup plus large, on peut retenir la
politique criminelle comme l'ensemble des procédés par lesquels le corps social organise les
réponses au phénomène criminel. Il s'agit non seulement des procédés répressifs.
D'une manière pratique, nous avons par exemple la réparation ou la médiation, qui nécessite
non seulement l'intervention de l'État mais aussi la réaction du corps social tout entier. À la
réponse réactionnelle s'ajoute celle préventive, parce que le crime englobe tout comportement
de refus de normes, infraction et déviance.
La politique criminelle dépasse la seule réflexion basée uniquement sur le droit pénal.
Classiquement, la décision de justice est le prononcé de la peine contre l'auteur d'une infraction
dont la preuve a été rapportée. Cependant, il peut être décidé une « mesure de protection,
d'assistance, de surveillance et d'éducation qui semblera appropriée » ou « une sanction
éducative »6.
Nous voyons que même la politique pénale n'a pas uniquement pour but de mettre en place un
appareil répressif. Une infraction n'appelle donc pas toujours une répression. Le pouvoir
politique peut d'abord décider d'écarter toute pénalisation pour des raisons diverses.
Il devient clair que ni le droit pénal ni les sciences criminelles ne doivent s'approprier la
politique criminelle, qui dépasse leur champ d'action respectif, mais elle peut les servir tous.
3
FEUERBACH, Manuel de droit pénal(1803), pouvoirs, no 16, 1981, cité par M. DELMAS MARTY, les grands
systèmes de politiques criminelles, Paris, PUF, 1992, p. 13
4
M. DELMAS-MARTY, Modèles et mouvements de politique criminelle, op. Cit. p. 13
5
M. ANCEL, La Défense sociale nouvelle : un mouvement de politique criminelle humaniste, paris, cujas, 1954
6
P. TRUCHE, La pénalisation à l’épreuve du temps, des décisions judiciaires et politiques, Paris, Seuil, Pouvoirs,
n 128, 2009, p. 121 et s.
4
Telle est la vision de Mireille Delmas-Marty. Selon cette dernière, toute politique criminelle est
science et art, explicative, préventive et répressive. Toute politique criminelle s'inscrit dans un
système de politique criminelle.7
Il existe différents modèles et écoles de pensée de l'analyse et de la compréhension de la
criminalité, ainsi que des réponses qui doivent y être apportées. Pour une bonne compréhension
de la notion, il convient de voir ces écoles et ces modèles au travers de la présentation des
modèles de politique criminelle en passant en revue les idéologies et les options en la matière.
La politique criminelle s'insérant dans une stratégie globale des écoles de pensée et les
approches sur celle-ci, et les solutions proposées pour déjouer et réguler le phénomène criminel.
Parmi ces différentes écoles, nous citerons l'école de la justice absolue, les écoles classiques et
néo-classique, l'école positiviste et le mouvement de la Défense sociale nouvelle.
Il sera question de montrer comment, par le biais de certains mouvements, la politique
criminelle a réussi à combler le phénomène criminel, et par quels moyens ou procédés
juridiques il le traite.
7
M. DELMAS-MARTY, Les grands systèmes de politique criminelle, PUF, coll. "Thémis", 1992, p. 8.
5
Partie 1 : Les mouvements doctrinaux de la
politique criminelle
Il existe différents modèles et écoles de pensée de l'analyse et de la compréhension de la
criminalité. Parmi ces différentes écoles, nous citerons l'école de la justice absolue, les écoles
classique et néo-classique, l'école positiviste et le mouvement de la Défense sociale nouvelle.
Section 1 : L'école de la justice absolue
C'est Kant qui avait posé les bases de la doctrine de la justice absolue dans ses ouvrages
« Critique de la raison pratique8 » et « Éléments métaphysiques de la doctrine du droit ».9 Il
associait le droit pénal à la morale et théorisait l'idée d'expiation dans l'exécution de la peine.
L'école de la justice absolue considère la peine comme une souffrance infligée au condamné
en réponse à la souffrance qu'il a fait subir à l'ordre public et à un particulier en même temps,
lorsque l’infraction fait une victime privée. Si l'expiation n'est plus aujourd'hui prônée comme
fonction essentielle de la sanction, elle demeure l'une de ses fonctions. L'idée d'expiation n'est
pas radicalement rejetée, preuve en est la suggestion réitérée chaque fois que l'idéologie
sécuritaire prend le dessus sur l'idéologie que nous qualifierons d'idéologie de l'insertion, de
réinstituer les bagnes d'essence expiatoire et éliminatoire, qu'il s'agisse d'individus majeurs ou
même de mineurs.
Section 2 : L’école classique et l’école néoclassique
La pensée classique est résumée dans le Traité des délits et des peines de Beccaria10 et dans la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.11
On peut rattacher Jeremy Bentham à l'école classique. Ce dernier a largement inspiré les
rédacteurs du Code pénal de 1810 et a insisté sur la fonction utilitaire de la peine, conçue comme
un moyen de prévenir le crime par la crainte qu'elle fait naître.
8
E. KANT, Critiques de la raison pratique, Librairie philosophique de Landrange, Paris, 1788.
9
E.KANT, Eléments méthaphysiques de la doctrine du droit, Librairie Auguste Durand, Paris, 1796.
10
Cesare BECCARIA, Traité des délits et des peines, 1ère éd., 1764.
11
C . A. COLLIARD, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Paris, La documentation
française, 1990.
6
Pour l'école classique, la société a le droit de punir parce que la répression est utile et nécessaire
à la défense de l'ordre social. Mais la société ne peut punir que dans la mesure où la sanction
est conforme à la justice qui commande l’expiation.
L'idée est synthétisée dans la formule célèbre : « punir pas plus qu'il n'est utile, pas plus
qu'il n'est juste »12. L'impératif de justice fonde la nécessaire individualisation de la peine.
La pensée des néo-classiques, apparue dès la fin du XIX siècle, s'est penchée sur le seul
problème des relations de la peine avec la responsabilité morale du délinquant. Ils appuient
d'individualisation de la sanction et admettent l'utilité des mesures préventives à côté des
mesures répressives. Cette thèse est proche de celle de l'école pénitentiaire qui recherche les
moyens les plus appropriés à l'amélioration de l'efficacité thérapeutique de la peine.
Les fonctions de la peine exprimées par la politique criminelle conduite, deviennent, pour
répondre aux impératifs des classiques puis des néo-classiques, multiples, complexes et
difficilement conciliables. Expiatoire la sanction doit l'être, éliminatoire temporairement ou
définitivement chaque fois que cela est nécessaire ; enfin, cette sanction doit favoriser
l'amendement et la réinsertion et même la réconciliation du délinquant et de la société sans
oublier l'apaisement et la réparation de la victime.
D'une certaine façon le système positiviste, déterministe, est moins ambitieux.
Section 3 :L’école positiviste et l’école de la défense sociale
Il n'est pas excessif de dire que la doctrine de l'école positiviste a bouleversé l'orientation de la
politique criminelle au-delà même de l'Europe occidentale. Cette doctrine a vu le jour en Italie
à la fin du XIXème siècle 13; elle est à l'origine du développement des sciences criminologiques.
Le crime est analysé comme le produit fatal de causes diverses endogènes et exogènes. 14
L'expiation ne peut plus en conséquence, être un objectif de la sanction puisqu’elle suppose une
faute et une responsabilité morale. C'est la défense de la société qui est selon les positivistes le
fondement même du droit de punir et de prévenir.
Pour garantir l'ordre social, le contrôle non seulement du délinquant est nécessaire mais aussi
celui du déviant, l'alcoolique par exemple. Ce contrôle préventif, avec les risques que cela
12
C . A. COLLIARD, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Paris, La documentation
française, 1990.
13
Cesare LOMBROSO, L 'homme criminel, 1ère éd., 1876 ; Enrico FERRI, Sociologie criminelle, 1ère éd., 1881 ;
Raffaele GAROFALO, Criminologie, 1ère éd., 1885.
14
C. LOMBROSO, op. cit.
7
présente en matière de libertés, et répressif, sera fait en fonction de la personnalité de celui qui
en fait l'objet et du danger qu’il représente pour l'ordre public. Un tel système conduit, comme
l’avait réalisé Lombroso, à classer les criminels en catégories, forcément peu nuancées, et à
opter pour des sanctions qualifiées de « mesures de sûreté » adaptées à chaque type de
délinquant.
Le mouvement de la Défense sociale nouvelle trouve ses racines chez Prins au début du siècle
dans l'ouvrage « La Défense sociale et les transformations du droit pénal. 15», dans lequel il
affirme : « Le juge répressif n'a pas à trancher une controverse métaphysique, sa mission est
une mission de défense sociale ». Et plus loin : « Pour choisir les mesures à prendre, c'est l'état
permanent de l'individu qu'il faut considérer plus que son acte passager ». De telles idées sont
au croisement de la pensée positiviste et de la pensée de la défense sociale dans sa formulation
italienne 16ou française17.
Marc Ancel dans « La Défense sociale nouvelle» lance un mouvement de réforme pénale et de
politique criminelle, largement entendue. Cette politique criminelle doit tendre à une action
systématique de resocialisation des délinquants, qui ne peut se développer, dit-il, que par une
humanisation toujours croissante du système répressif et doit se fonder sur des assises
scientifiques : étude de l'acte, étude de la personnalité de l'auteur de l'acte.
La défense sociale proclame aujourd'hui le droit à être différent. Ce droit dont on a dit qu'il
représentait une des formes les plus évoluées des droits fondamentaux. Protéger le droit à être
différent, revient à renforcer la capacité de tolérance et d'acceptation du corps social dans les
limites des risques que l'on peut faire courir, au nécessaire maintien d'un ordre dans la cité.
Décrire les mouvements sociojuridiques c’est admettre le paradoxe d’un certain modèle de
politique criminelle qui définit son propre objet à partir d’un rejet idéologiquement hiérarchisé
des comportements de refuse aux normes, en organisant ses réponses selon l’intensité de la
pression exercée par les groupes sociaux dominants.
Fréquemment, la réaction de la société et de l’État à l’activité criminelle reste envisagée comme
une entité juridique. À cause de ça, le crime, comme action de l’homme en pleine condition de
15
A.PRINS, La défense sociale et les transformations du droit pénal, Bruxelles, 1910.
16
F.GRAMATICA, Principes de défense sociale, Cujas, 1964.
17
M.ANCEL, La défense sociale nouvelle (un mouvement de politique criminelle humaniste) , Paris, Cujas, 1954,
2ème Ed, 1966, 3ème Ed .1981.
8
comprendre les conséquences de sa conduite déviante, est le témoignage de sa responsabilité
personnelle, que doit être traitée à la lumière d’une réserve exclusivement légale.
Dans ce sens, la politique criminelle s’ouvre à d’autres perspectives et déviant un chapitre de
la politique sociale, mettant en relief l’interdépendance entre la criminalité et les facteurs
socioéconomiques changeants, en plus d’intégralité aux mesures de répression les mesures de
prévention et formes complexes (mesures administratives, médico-sociales, services
d’éducation surveillée, direction départementale de l’action sanitaire et sociale etc.) de réponse
réactive au phénomène criminelle. Au sein de cette révision d’objectifs de la politique
criminelle s’insèrent les mouvements sociojuridiques de la “décriminalisation”,
“dépénalisation” et “diversification” :
9
Partie 2 : Les Mouvements Sociojuridiques de la
Politique Criminelle
Section 1 : Le Mouvement de Décriminalisation
Le mouvement de “décriminalisation”, thématisé par le Comité du Conseil d’Europe, peut être
défini comme “les processus par lesquels la compétence du système pénal d’appliquer sanctions
comme une réaction face à certaines formes de conduite est annulée à l’égard de cette conduite
spécifique.
En effet, cette position de révision du procès de criminalisation du système pénal s’appuie sur
le fait que certaines conduites d’offenses moins graves aux biens juridiquement protégées
doivent être retirées de la sphère du Droit Pénal, ou, d’un autre côté, non plus caractérisées
comme d’offenses pénales et converties en infractions administratives, et plus encore par
l’élimination d’application effective de la sanction pénale comme mesure de politique
préventive dans le processus de stigmatisation sociale.18
En règle, Cervini19 prévoit trois modalités de manifestation des procès de “décriminalisation” :
a) “décriminalisation de jure”, au niveau formel qui signalise la reconnaissance légale et
sociale d’un total manque de relief d’offense pratiquée par la conduite, comme par exemple,
dans le cas de l’adultère, d’avortement consenti, de la séduction et du comportement
homosexuel;
b) “décriminalisation substitutive”, que se rapporte à l’adoption de “substitutifs pénaux”,
c’est-à-dire ; à une transformation de la nature du délit pénal en des infractions fiscales ou
administratives, dans le sens que la sanction –généralement amendée – acquiert un caractère
disciplinaire.
c) "décriminalisation de fait”, qui a pour but la suspension graduelle de l’application de la
sanction pénale par l’organisme compétent, sans, néanmoins, éliminer le caractère illicite pénal
de la conduite. Il s’agit ici des délits dits “sans victime”, c’est-à-dire, délits mineurs contre la
propriété et les infractions de trafic routier.
18
M. DELMAS-MARTY, Les grands systèmes de politique criminelle, PUF, coll. "Thémis", 1992, p. 267-270.
19
Eric Cervini est un auteur, activiste et historien américain de la politique et de la culture
10
En effet, tous ces procédés discriminateurs sont confrontés à la lumière d’une politique
criminelle qui tend à considérer la criminalité comme un processus d’évaluation qu’il a un
caractère téléologique et qui doit prendre en considération le contexte fragmentaire du
développement social et économique au niveau national et international.
Section 2 : Le Mouvement de la Dépénalisation
La “dépénalisation”, toute comme ce qu’arrive avec la “décriminalisation”, est aussi une mesure
de politique de prévention criminelle.
Mais, la “dépénalisation” consiste dans le procédé de réduire la peine d’un délit sans le
“décriminaliser”, c’est-à-dire, sans exclure de fait le caractère d’illicite pénal. À ce sujet, le
Comité du Conseil d’Europe se prononce : “ce concept inclut toute une gamme de possibles
formes d’atténuation et d’alternatives pénales : prison de fin-de-semaine, terme de services
d’utilité publique, amende réparatrice, indemnisation à la victime, semi détention, systèmes de
contrôle de conduites en liberté, prison domiciliaire, inhabilitation, réduction du salaire et toutes
les mesures rééducatives des systèmes pénaux.
En effet, les processus de “dépénalisation” ratifient une sorte d’enseignement moral de la
législation, une fois qu’il devient clair dans ce type de procédé alternatif la convenance de se
maintenir l’illicite de la conduite avec la graduation à peine des conditions de pénibilité. Dans
ce sens, la “dépénalisation” semble être un procédé alternatif de sanction pénale qui doit
précéder le procès de “décriminalisation”.
Section 3 : Le Mouvement de la Diversification
Différemment des deux autres mouvements déjà cités, la “diversification” consiste en la
suspension des procédés criminels même si le système de justice pénale maintenait
formellement sa compétence. Dans le cas de l’application de la “diversification”, la solution du
problème est renvoyée, dans certaines situations, soit aux propres parties directement affectées,
soit à une entité externe ad hoc sans aucune liaison avec le système pénal ordinaire, qui exerce
une fonction notamment médiatrice.20
Au contour des processus de “diversification” sont liées les situations rapportées à la
réconciliation entre délinquants et leurs victimes, conflits d’environnement, conflits de
20
Christine LAZERGES, Introduction à la politique criminnelle, L’harmattan, Traité des sciences
criminelles.
11
voisinage, familières, travaillistes et de locations, victimes de mauvais traitements et de viols,
violence exercée sur les enfants et de mineurs etc. Comme exemple typique de l’adoption de
cet instrument alternatif de politique criminelle, on a dans les pays nordiques et le Canada, où
la forte décentralisation des processus de diversification permet de mettre placer à la disposition
de la communauté des unités autonomes capables d’entreprendre des réponses plus adéquates
au problème do contrôle social.
Néanmoins, le consensus largement majoritaire des juristes sur la convenance d’une
décriminalisation progressive, le champ des processus de décriminalisation n’importe quelle de
ses modalités se trouve compromise systématiquement préjudiciable par des nombreuses
variables, parmi lesquelles, on peut citer les plus importantes :
a) absence de critères implicites ou explicites pour décider dans quelle circonstance on doit
décriminaliser ;
b) impossibilité de mesurer les effets du processus décriminalisateurs ;
c) influence de l’opinion publique, des préjugés irrationnels et des attitudes émotives gérées
par les moyens de communication de masse ;
d) position conservatrice et dogmatisme des législateurs et des autorités juridiques ;
e) faible action des organismes privés dans le système de prévention de délits ;
f) difficultés budgétaires et financières du pouvoir public ;
g) peur que la décriminalisation puisse provoquer l’augmentation accélérée des comportements
décriminalisés ;
h) crainte que la décriminalisation provoque la perte du respect au système pénal ;
i) aigu processus de stigmatisation sociale et économique ;
j) aigu processus d’exclusion sociale et pauvreté de populations urbaines et rurales etc.
De forme que ces processus alternatifs de contrôle social finissent par rester dans les limites
d’une discussion théorique, sans, néanmoins, atteindre un niveau concret d’applicabilité.
12
Conclusion :
En guise de conclusion, on déduit donc qu'il y'a une pluralité de mouvements et des écoles de
la politique criminelle, mais on constate bien que la plupart des politiques criminelles adoptées
par les Etats restent restreintes et bloquées dans la conception étroite de la politique criminelle
qui est celle de la répression et de la multiplication des mécanismes de droit pénal
(incriminations, sanctions, procédure).
Et restent même influencées par le mouvement positiviste qui nie le libre arbitre et soutenues
dans un déterminisme absolu que l'individu n'est pas responsable de ses actes dont la cause
revient aux disfonctionnements de la société, et considère que le délinquant est '' un Microbe
social qui menace la santé de la société '' comme l'a dit LOMBROSO et par conséquent l'Etat a
le pouvoir d'imposer toutes sortes de répression pour défendre l'ordre public.
En synthèse, il faut réorganiser le système pénal de façon à ce que la législation pénale, le
système pénitencier, les pratiques des cours d’appel et le système policier s’intègrent au
contexte de la Constitution Fédérale, afin qu’une politique de sécurité publique puisse de forme
adéquate rendre les stratégies rationnelles de contrôle de la criminalité.
En renforçant l’option em faveur de la démocratie et d’un État de Droit, on rend impossible
l’idée d’une démocratie de droits fragmentés : les uns étant plus citoyens que les autres. Cette
assertive met en lumière la polémique des droits humains et fondamentaux qui doivent être en
vigueur dans un ordre de Droit Pénal Minimum. Il faut ici vaincre le dilemme institutionnel de
la difficulté de concilier le principe juridique formel de l’ “égalité devant la loi” avec l’inégalité
devant la réalité”. L’individu en plein jouissance du status civitatis – en règle appelé de
citoyenneté – est celui à qui la Constitution confère droits et garanties fondamentaux : droits de
l’exercice de la liberté individuelle, droits civils et politiques et droits sociaux.
13
Bibliographie :
Ouvrages généraux :
- Emmanuel Drayer, Droit pénal général, LexisNexis SA, 2012, Paris, 1195p.
- Fréderic Debove, François Falletti et Emmanuel Dupic, Précis de droit pénal et de procédure
pénale, 5ème édition mise à jour, ParisEditions, 2013.
- Kaoutar BALBOUL, Youssef LAHJOUJI, Précis Droit Pénal Général, 1 ère édition 2019,
Rabat, 269p.
- Mourad Bousetta, Elément de Droit Pénal Général Marocain, 1ère édition 2004, 280 p.
Ouvrages spéciaux :
-M. DELMAS MARTY, les grands systèmes de politiques criminelles, Paris, PUF, 1992, p. 13
- Christine LAZERGES, Introduction à la politique criminnelle, L’harmattan, Traité des
sciences criminelles.
- Cesare LOMBROSO, L’homme criminel, 1ère éd., 1876 ; Enrico FERRI, Sociologie
criminelle, 1ère éd., 1881 ; Raffaele GAROFALO, Criminologie, 1ère éd., 1885.
- Dr. Papa Gueye, Criminalité organisée, terrorisme et cybercriminalité : réponses de politique
criminelles, l’Harmattan, Sénégal.
- M.ANCEL, La défense sociale nouvelle (un mouvement de politique criminelle humaniste),
Paris, Cujas, 1954, 2ème Ed, 1966, 3ème Ed .1981.
- E. KANT, Critiques de la raison pratique, Librairie philosophique de Landrange, Paris, 1788.
- E.KANT, Eléments méthaphysiques de la doctrine du droit, Librairie Auguste Durand, Paris,
1796.
- C . A. COLLIARD, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Paris, La
documentation française, 1990.
14
Revues, thèses, mémoires et colloques :
-A.D.I.J.J, La politique pénale au Maroc : réalité et perspectives, TOME 2.
- Revue internationale des recherches pénales et de la gouvernance sécuritaire, Le droit pénal
marocain entre immobilisme et évolution, n° 3-2020.
- Travaux du colloque organisé par l’observatoire international des recherches pénales et de la
gouvernance sécuritaire et le département du droit privé de la Faculté de Droit de Marrakech,
en partenariat avec la cour d’appel de Marrakech et l’ordre des avocats de Marrakech, les 3 et
4 mai 2019.
Textes de lois :
-BIHI Habib, « le nouveau code de procédure pénale annoté » (Tome I), n°59, publiée en 2004.
-Code de procédure pénale français, http://codes.droit.org/CodV3/procedure_penale.pdf
-Dahir n° 1-58-261 du 1er chaabane 1378(10 février 1959) formant Code de procédure pénale).
-La constitution de 2011
-Loi n° 22-01 relative à la procédure pénale, promulguée par le dahir n° 1-02-255 du 25 rejeb
1423 (3 octobre 2002); Edition générale du Bulletin Officiel n° 5078 du 27 kaada 1423 (30
janvier 2003), p. 315 (publiée uniquement en arabe)
-Mohammed Marzougi, Code de procédure pénale, Traduction intégrale non-officielle, DAR
ESSALAM- Rabat, 2ème édition.2012.
-TAWFIK Abd el aziz « code de procédure pénale » najah 2003
Ouvrages arabes :
سطات- الواقع واآلفاق مكتبة الرشاد، السياسة الجنائية بالمغرب،محمد اقبلي
2004 - .2018
, 2018 الشرح العلمي لقانون المسطرة الجنائية،جعفري عبدهللا
صفحة123,
منشورات، المؤسسات القضائية: الجزء االول، , المسطرة الجنائية,محمد اإلدريسي العالمي المشيشي
صف287 ,1991جمعية تنمية البحوثو الدراسات القضائية
15
Table des matières
Sommaire : ............................................................................................................................1
Liste des abréviations : .........................................................................................................2
Introduction ..........................................................................................................................3
Partie 1 : Les mouvements doctrinaux de la politique criminelle .......................................6
Section 1 : L'école de la justice absolue ............................................................................6
Section 2 : L’école classique et l’école néoclassique .........................................................6
Section 3 :L’école positiviste et l’école de la défense sociale ............................................7
Partie 2 : Les Mouvements Sociojuridiques de la Politique Criminelle ........................... 10
Section 1 : Le Mouvement de Décriminalisation ........................................................... 10
Section 2 : Le Mouvement de la Dépénalisation ............................................................ 11
Section 3 : Le Mouvement de la Diversification............................................................. 11
Conclusion : ........................................................................................................................ 13
Bibliographie : .................................................................................................................... 14
Table des matières .............................................................................................................. 16
16