TEXTE
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Le soleil était clair et chaud. Un chat blanc et noir reposait sur le mur et suivait Le soleil était clair et chaud. Un chat blanc et noir reposait sur le mur et suivait
mes mouvements de ses yeux à demi fermés. Je ne m’en approchai point. Le mes mouvements de ses yeux à demi fermés. Je ne m’en approchai point. Le
coup de griffe du matou pensionnaire de Sidi Ali Boughaleb m’avait appris à me coup de griffe du matou pensionnaire de Sidi Ali Boughaleb m’avait appris à me
méfier des chats qui ronronnent au soleil. méfier des chats qui ronronnent au soleil.
Ma mère s’inquiétait déjà de mon absence, elle m’appelait à la cantonade. Je Ma mère s’inquiétait déjà de mon absence, elle m’appelait à la cantonade. Je
m’engageai dans l’escalier pour redescendre. Quelqu’un montait pieds nus. Les m’engageai dans l’escalier pour redescendre. Quelqu’un montait pieds nus. Les
pas mous et le froufrou des vêtements se rapprochaient. Apparut Rahma. Ma pas mous et le froufrou des vêtements se rapprochaient. Apparut Rahma. Ma
mère ne lui parlait plus depuis leur dispute. Les deux femmes évitaient de se mère ne lui parlait plus depuis leur dispute. Les deux femmes évitaient de se
rencontrer, moi, je ne savais pas s’il fallait lui sourire ou me sauver. Je me rencontrer, moi, je ne savais pas s’il fallait lui sourire ou me sauver. Je me
plaquai contre le mur et attendis que les événements décidassent pour moi. En plaquai contre le mur et attendis que les événements décidassent pour moi. En
arrivant à ma hauteur, Rahma s’arrêta, me caressa la joue et me glissa un objet arrivant à ma hauteur, Rahma s’arrêta, me caressa la joue et me glissa un objet
dans la main, un objet lisse et froid, mais dont le toucher me plongea dans un dans la main, un objet lisse et froid, mais dont le toucher me plongea dans un
bain de délice. bain de délice.
– C’est pour toi, me murmura notre voisine. – C’est pour toi, me murmura notre voisine.
Je ne répondis rien et courus rejoindre ma mère qui s’impatientait. L’objet était Je ne répondis rien et courus rejoindre ma mère qui s’impatientait. L’objet était
toujours dans le creux de ma main et dégageait une fraîcheur d’eau de source. toujours dans le creux de ma main et dégageait une fraîcheur d’eau de source.
Installé dans un coin de la pièce, j’osai enfin le regarder. C’était un gros Installé dans un coin de la pièce, j’osai enfin le regarder. C’était un gros
cabochon de verre à facettes taillé en diamant, un bijou fabuleux et barbare, cabochon de verre à facettes taillé en diamant, un bijou fabuleux et barbare,
provenant à n’en pas douter de quelque palais souterrain où demeurent les provenant à n’en pas douter de quelque palais souterrain où demeurent les
puissances de l’Invisible. Était-ce un message de ces lointains royaumes ? Était- puissances de l’Invisible. Était-ce un message de ces lointains royaumes ? Était-
ce un talisman ? Était-ce une pierre maudite qui m’était remise par notre ennemie ce un talisman ? Était-ce une pierre maudite qui m’était remise par notre ennemie
pour attirer sur nous la colère des démons ? Que m’importait la colère de tous les pour attirer sur nous la colère des démons ? Que m’importait la colère de tous les
démons de la terre ! démons de la terre !
Je tenais dans mes mains un objet d’une richesse insoupçonnable. Il prendra Je tenais dans mes mains un objet d’une richesse insoupçonnable. Il prendra
place dans ma Boîte à Merveilles et je saurai découvrir toutes ses vertus. place dans ma Boîte à Merveilles et je saurai découvrir toutes ses vertus.
Ma mère me trouva dans mon coin. Elle me jeta un regard négligent et dit : Ma mère me trouva dans mon coin. Elle me jeta un regard négligent et dit :
– Encore un bout de verre ! Fais attention de ne pas te blesser. – Encore un bout de verre ! Fais attention de ne pas te blesser.
ANTIGONE même ne le savait peut-être pas, mais Polynice n’était
Tu as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi qu’un prétexte. Quand elle a dû y renoncer, elle a
maintenant avec tes jérémiades. Il fallait y aller ce trouvé autre chose tout de suite. Ce qui importait pour
matin, à quatre pattes, dans la nuit. Il fallait aller elle, c’était de refuser et de mourir.
gratter la terre avec tes ongles pendant qu'ils étaient
tout près et te faire empoigner par eux comme une LE CHŒUR
voleuse ! C’est une enfant, Créon.
ISMÈNE CRÉON
Eh bien, j’irai demain ! Que veux-tu que je fasse pour elle ?
La condamner à vivre ?
ANTIGONE
Tu l’entends, Créon ? Elle aussi. Qui sait si cela ne va HÉMON, entre en criant.
pas prendre à d’autres encore, en m’écoutant ? Qu’est- Père !
ce que tu attends pour me faire taire, qu’est-ce que tu
attends pour appeler tes gardes ? Allons, Créon, un peu CRÉON, court à lui, l’embrasse.
de courage, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Oublie-la, Hémon ; oublie-la, mon petit.
Allons, cuisinier, puisqu’il le faut !
HÉMON
CRÉON, crie soudain. Tu es fou, père. Lâche-moi.
Gardes !
Les gardes apparaissent aussitôt.
CRÉON
Emmenez-la.
ANTIGONE, dans un grand cri soulagé.
Enfin, Créon !
Les gardes se jettent sur elle et l’emmènent.
Ismène sort en criant derrière elle.
ISMÈNE
Antigone ! Antigone !
Créon est resté seul. Le Chœur entre et va à lui.
LE CHŒUR
Tu es fou, Créon. Qu’as-tu fait ?
CRÉON, qui regarde au loin devant lui.
Il fallait qu’elle meure.
LE CHŒUR
Ne laisse pas mourir Antigone, Créon ! Nous allons
tous porter cette plaie au côté, pendant des siècles.
CRÉON
C’est elle qui voulait mourir. Aucun de nous n’était
assez fort pour la décider à vivre. Je le comprends
maintenant, Antigone était faite pour être morte. Elle-
FICHE PÉDAGOGIQUE
Niveau : 1re Année Baccalauréat
Activité principale : Entraînement à la compréhension de l’écrit et à la production écrite
Thème : Préparation à l’examen régional de langue française
Durée : 2 heures
Support : Examen régional – Académie Souss-Massa – Session 2022 (Lettres)
Objectif général :
Permettre aux élèves de se familiariser avec la structure et les exigences de l’examen régional de langue
française à travers l’analyse et la résolution d’un sujet réel.
Objectifs spécifiques :
Identifier les différentes parties de l’examen régional.
Comprendre les types de consignes et les attentes des questions.
Rédiger un texte argumentatif clair et structuré en respectant les critères de l’examen.
Apprendre à gérer efficacement le temps imparti lors de l’épreuve.
TEXTE
Le soleil était clair et chaud. Un chat blanc et noir reposait sur le mur et suivait mes mouvements de ses yeux
à demi fermés. Je ne m’en approchai point. Le coup de griffe du matou pensionnaire de Sidi Ali Boughaleb
m’avait appris à me méfier des chats qui ronronnent au soleil.
Ma mère s’inquiétait déjà de mon absence, elle m’appelait à la cantonade. Je m’engageai dans l’escalier pour
redescendre. Quelqu’un montait pieds nus. Les pas mous et le froufrou des vêtements se rapprochaient.
Apparut Rahma. Ma mère ne lui parlait plus depuis leur dispute. Les deux femmes évitaient de se rencontrer,
moi, je ne savais pas s’il fallait lui sourire ou me sauver. Je me plaquai contre le mur et attendis que les
événements décidassent pour moi. En arrivant à ma hauteur, Rahma s’arrêta, me caressa la joue et me glissa
un objet dans la main, un objet lisse et froid, mais dont le toucher me plongea dans un bain de délice.
– C’est pour toi, me murmura notre voisine.
Je ne répondis rien et courus rejoindre ma mère qui s’impatientait. L’objet était toujours dans le creux de ma
main et dégageait une fraîcheur d’eau de source.
Installé dans un coin de la pièce, j’osai enfin le regarder. C’était un gros cabochon de verre à facettes taillé en
diamant, un bijou fabuleux et barbare, provenant à n’en pas douter de quelque palais souterrain où demeurent
les puissances de l’Invisible. Était-ce un message de ces lointains royaumes ? Était-ce un talisman ? Était-ce
une pierre maudite qui m’était remise par notre ennemie pour attirer sur nous la colère des démons ? Que
m’importait la colère de tous les démons de la terre !
Je tenais dans mes mains un objet d’une richesse insoupçonnable. Il prendra place dans ma Boîte à Merveilles
et je saurai découvrir toutes ses vertus.
Ma mère me trouva dans mon coin. Elle me jeta un regard négligent et dit :
– Encore un bout de verre ! Fais attention de ne pas te blesser.