0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues30 pages

T.A. Tapsoba

migrants transfer

Transféré par

yvannambua
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues30 pages

T.A. Tapsoba

migrants transfer

Transféré par

yvannambua
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité

climatique : le cas du Burkina Faso


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes
Dans Revue économique 2023/2 (Vol. 74), pages 53 à 81
Éditions Presses de Sciences Po
ISSN 0035-2764
ISBN 9782724640373
DOI 10.3917/reco.742.0053
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Article disponible en ligne à l’adresse


[Link]

Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s’abonner...


Flashez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur [Link].

Distribution électronique [Link] pour Presses de Sciences Po.


La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le
cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque
forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est
précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.
Transferts de migrants, sécurité alimentaire
et variabilité climatique :
le cas du Burkina Faso
Tebkieta Alexandra Tapsoba*
Pascale Combes Motel**
Jean-Louis Combes**

Cet article évalue l’impact des transferts des migrants et de la variabilité clima-
tique sur la sécurité alimentaire des ménages au Burkina Faso. Il s’appuie sur
une base de données originale construite à partir de l’enquête 2009 de la Banque
mondiale sur les migrations et les transferts. Une analyse en composantes princi-
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
pales permet d’élaborer un indice de sécurité alimentaire. L’indice standardisé de
précipitation et d’évapotranspiration (SPEI) caractérise la situation climatique dans
les différenes régions. Les résultats économétriques corroborent l’effet négatif de
la détérioration des conditions climatiques sur la sécurité alimentaire des ménages.
En revanche, les transferts de fonds renforcent la sécurité alimentaire et atténuent
l’effet négatif du SPEI sur la sécurité alimentaire. Ces résultats sont robustes à un
biais d’endogénéité potentiel des transferts en utilisant la distance au chemin de
fer des ménages et l’éducation des migrants comme instruments.

REMITTANCES, FOOD SECURITY AND CLIMATE VARIABILITY:


THE CASE OF BURKINA FASO

This paper assesses the impact of remittances and climate variability on house-
holds’ food security in Burkina Faso. It relies on an original database from the
World Bank survey on migration and remittances conducted in 2009. A principal
component analysis allows elaborating a food security index. The Standardised
Precipitation and Evapotranspiration Index (SPEI) makes it possible to characterise
the climate situation throughout the country relative to long-term records. The
econometric results corroborate the harmful effect of deteriorating climatic condi-
tions on households’ food security. Remittances, however, enhance food security
and dampen the negative effect of the SPEI on food security. These findings are

* Institut supérieur des sciences de la population, Université Joseph Ki-Zerbo. Correspondance :


03 BP 7118 Ouagadougou, Burkina Faso. Courriel : teb_kieta@[Link], atapsoba@[Link]
** Université Clermont Auvergne, Université d’Orléans, LEO (Laboratoire d’économie
d’Orléans). Correspondance : Pôle tertiaire, 26 avenue Léon Blum, 63000 Clermont-Ferrand, France.
Courriels : pascale.motel_combes@[Link], [Link]@[Link]
Les auteurs remercient le rédacteur en chef de la Revue économique et les trois rapporteurs
anonymes pour leurs commentaires qui ont permis d’améliorer le manuscrit. Ils sont également
reconnaissants aux participants de la conférence CSAE 2016. L’article a bénéficié des remarques
de Katrin Millock, Catherine Benjamin et Simone Bertoli, membres du jury de thèse de l’un des
auteurs ainsi que du soutien technique d’Olivier Santoni (FERDI). Les auteurs restent responsables
des éventuelles erreurs qui pourraient subsister.

53

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

robust to a potential endogeneity bias using distance from migrants’ households


to railway lines and migrant education as instruments.

Mots clés : sécurité alimentaire, SPEI, transferts de migrants, Burkina Faso

Keywords: food security, SPEI, remittances, Burkina Faso

Classification JEL : F24, O13, Q18, Q54.

INTRODUCTION

Des changements profonds dans les précipitations et les températures ont


considérablement affecté la production agricole en Afrique subsaharienne (ASS)
(Barrios, Ouattara et Strobl [2008]). La variabilité climatique a également eu un
impact négatif sur les revenus des agriculteurs, en particulier pour les cultures et
le bétail des zones arides (Kurukulasuriya et al. [2006]). En 2014, le cinquième
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
rapport d’évaluation sur l’adaptation du Groupe d’experts intergouvernemental
sur l’évolution du climat (GIEC) mettait en évidence les principaux risques liés
à l’augmentation du stress hydrique et à la réduction de la productivité agricole.
Ces phénomènes peuvent durablement affecter le bien-être des ménages ruraux
et urbains dans les pays en développement. Dans ce contexte, la variabilité clima-
tique devrait conditionner la sécurité alimentaire future des pays africains (Field
et al. [2014]). Elle engendrera vraisemblablement des chocs de consommation
plus importants (Porter [2012]) et participera des désastres environnementaux
qui sont l’un des principaux facteurs de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté
et des conflits dans les pays africains (Misselhorn [2005]).
La sécurité alimentaire reste au premier rang des priorités des politiques de
développement en Afrique subsaharienne, où la proportion de personnes sous-
alimentées a atteint une moyenne de 26,8 % entre 2010 et 2012 (Porter et Xie
[2014]) et où la part du revenu consacrée à l’alimentation est très élevée, en parti-
culier pour les ménages pauvres (Chauvin, Mulangu et Porto [2012]). Les événe-
ments climatiques extrêmes de plus en plus fréquents exacerbent la vulnérabilité
de toutes les personnes en situation d’insécurité alimentaire. Les changements
dans les régimes des précipitations et des températures sont aussi susceptibles d’af-
fecter toutes les dimensions de la sécurité alimentaire (Schmidhuber et Tubiello
[2007]). Les pertes de récoltes consécutives aux chocs climatiques affectent la
disponibilité des ressources alimentaires, notamment pour des ménages dépen-
dants de l’agriculture pluviale. Les populations risquent de ne pas obtenir la
diversité nécessaire de nutriments alimentaires puisqu’elles rationneront leur
consommation en donnant la priorité aux aliments riches en calories mais pauvres
en nutriments (Bloem, Semba et Kraemer [2010]). Enfin, la variabilité climatique
peut également alimenter les flambées des prix des produits alimentaires de base
(Niang et al. [2014]).
Les stratégies d’adaptation jouent donc un rôle crucial dans la prévention des
effets néfastes du changement climatique sur la sécurité alimentaire en Afrique.
La diversification des cultures est une pratique très répandue chez les popula-
tions africaines qui dépendent principalement de l’agriculture de subsistance
ou pluviale (Harrower et Hoddinott [2005]). La hausse des températures, la

54

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

diminution des précipitations et la fréquence accrue des événements climatiques


extrêmes ont poussé de nombreux agriculteurs africains à changer leurs pratiques
agricoles. Ils diversifient les variétés cultivées, modifient les dates de plantation,
augmentent la conservation de l’eau et utilisent des techniques de culture sous
ombrage et abri (Maddison [2007]). Cependant, certains agriculteurs peuvent
avoir plus de difficultés à s’adapter en raison de l’existence de fortes contraintes
économiques. Ils peuvent être confrontés à de nombreux obstacles découlant de
leur pauvreté et des contraintes de liquidité. L’assouplissement de ces dernières
peut donc jouer un rôle essentiel pour une adaptation réussie au changement
climatique (Di Falco, Veronesi et Yesuf [2011]).
Cet article porte sur le rôle des transferts de migrants comme instrument
d’amélioration de la sécurité alimentaire dans le contexte des pays en dévelop-
pement. La migration interne et transfrontalière est la principale stratégie de
diversification des revenus pratiquée dans les pays en développement, en parti-
culier en Afrique subsaharienne. Selon la littérature, la migration induite par le
climat pourrait augmenter de manière significative dans les prochaines années
(par exemple, Marchiori, Maystadt et Schumacher [2012] et Maurel et Tuccio
[2016]). La migration peut affecter l’état nutritif par plusieurs canaux dont les
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
effets pourraient être contradictoires (Zezza et al. [2011]). Par exemple, dans le
cas d’une étude microéconomique au Ghana, il ne semble pas que la migration
affecte significativement la consommation alimentaire par individu (Karamba,
Quiñones et Winters [2011]).
Les transferts de fonds des migrants ont fortement augmenté depuis le début
des années 2000 et représentent désormais une source importante de ressources
dans les pays en développement (Yang et Choi [2007]). Une littérature appliquée
importante a déjà mis en évidence l’effet modérateur des transferts sur l’insta-
bilité de la consommation (Combes et Ebeke [2011]), les migrations induites
par le climat (Damette et Gittard [2017]), les inégalités de revenus (Chauvet et
Mesplé-Somps [2007] ; Koechlin et Leon [2007]) et la pauvreté (Adams et Page
[2005] ; Acosta et al. [2008] ; Gupta, Pattillo et Wagh [2009]). Bien que les pays
d’Afrique subsaharienne ne figurent pas parmi les pays qui reçoivent le plus de
transferts, ceux-ci ont plus que doublé entre 2000 et 2006 (Mohapatra, Joseph et
Ratha [2012]). Ils représentaient 2,6 % du PIB de ces pays en 2009 (Ratha et al.
[2011]). De plus, selon les indicateurs de la Banque mondiale, les transferts ont
connu une croissance remarquable de 20 % par an entre 2001 et 2010, soit le taux
de croissance annuel moyen le plus élevé parmi les régions en développement. Les
envois de fonds par les migrants jouent sans doute un rôle clé dans l’atténuation
des effets d’une grande variété de risques, tant ex ante qu’ex post. Par exemple,
l’effet amortisseur des transferts sur les chocs négatifs en Afrique subsaharienne
a été documenté (Azam et Gubert [2006] ; Combes et al. [2014]). Les envois de
fonds ont également renforcé la préparation ex ante des ménages aux catastrophes
naturelles et fourni des ressources à la suite de celles-ci (Mohapatra, Joseph et
Ratha [2012]).
Cet article teste l’hypothèse selon laquelle les transferts de migrants contri-
buent à améliorer la sécurité alimentaire en cas de choc climatique et cela, en
utilisant le Burkina Faso comme cas d’étude. À notre connaissance, peu de
recherches ont été menées sur l’impact des transferts dans les pays d’Afrique
de l’Ouest et au Burkina Faso en particulier. Parmi les exceptions, une étude
a montré que les revenus non agricoles, y compris les transferts migratoires,
améliorent la sécurité alimentaire dans l’État de Kwara au Nigeria (Babatunde

55

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

et Qaim [2010]). On a également constaté que les transferts avaient un impact


positif sur la probabilité que les ménages ruraux maliens améliorent leur niveau de
sécurité alimentaire (Generoso [2015]). Les études existantes sur le Burkina Faso
axées sur le lissage de la consommation et des revenus remontent aux lendemains
des sécheresses des années 1980. Par exemple, plusieurs auteurs ont remis en
question le lissage de la consommation par le bétail (Reardon, Matlon et Delgado
[1988] ; Kazianga et Udry [2006]). Certains ont souligné que les ménages ruraux
des zones soudanienne et sahélienne étaient fortement impliqués dans la diversi-
fication des revenus pour assurer leur sécurité alimentaire (Barbier et al. [2009]).
D’autres auteurs ont montré qu’au Burkina Faso les transferts sont ancrés dans un
système complexe d’échange de cadeaux (Kazianga et Udry [2006]). Les motifs
d’assurance n’ont donc pas toujours été la principale raison des transferts. Il paraît
alors utile de mener de nouvelles investigations sur le rôle des transferts de fonds
en matière de sécurité alimentaire des ménages dans un contexte de variabilité
climatique grandissante dans un pays d’Afrique subsaharienne.
Cet article innove sur plusieurs aspects. Premièrement, il intègre un indice de
sécurité alimentaire afin de prendre en compte son caractère multidimensionnel.
Deuxièmement, des données météorologiques recueillies à un niveau adéquat ont
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
permis la construction d’un indice standard de précipitation-évapotranspiration
(SPEI). Cet indice combine les enregistrements des précipitations et des tempéra-
tures et rend compte des situations locales anormales de sécheresse et d’humidité
par rapport aux données historiques. Troisièmement, l’analyse économétrique
traite de l’endogénéité potentielle des transferts de fonds dans une équation expli-
cative de la sécurité alimentaire.
Dans la suite de l’article, la deuxième section donne des faits stylisés sur les
transferts de migrants au Burkina Faso. La troisième section définit les concepts et
décrit la construction de l’indice de sécurité alimentaire et du SPEI. La quatrième
section présente le cadre économétrique, les principaux résultats et les tests de
robustesse. La cinquième section discute des implications politiques, et la sixième
section conclut l’article.

LES TRANSFERTS DE MIGRANTS AU BURKINA FASO

Cet article exploite l’enquête sur les migrations et les transferts de fonds
des migrants réalisée par la Banque mondiale auprès des ménages au Burkina
Faso, en 2009, dans le cadre de l’Africa Migration Project. Cette enquête visait
à améliorer l’impact de la migration et des transferts sur le développement en
Afrique subsaharienne 1. Les données sont issues des réponses recueillies auprès
de 2 102 ménages ruraux et urbains dans sept régions, dix districts et 77 villages
(carte A1, annexe I). L’enquête se concentre sur les régions du sud du pays qui
abritent les provinces les plus concernées par la migration : Banwa, Boulgou,
Boulkiemdé, Kadiogo, Namentenga, Passoré, Sanmatenga, Sourou, Tuy et
Yatenga.

1. Les autres pays étudiés par la Banque mondiale sont l’Éthiopie, le Kenya, le Nigeria, le
Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ouganda. Pour une présentation complète du projet, voir Ratha et al.
[2011].

56

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Au Burkina Faso, la plupart des flux migratoires sont internes et ont pour
destination Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les plus grandes villes du pays.
Cependant, les migrants internationaux représentaient au moins 28,9 % des
migrants en 2006 (Ministère de l’Économie et des Finances [2009]). Selon la
Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, les transferts internationaux
représentaient 1,3 % du PIB du pays en 2013, ce qui est cohérent avec la moyenne
des transferts de fonds sur la période 2001-2010 calculée à partir des indicateurs
de la Banque mondiale. Un tiers de ce montant a bénéficié aux communautés
rurales les plus pauvres et les plus vulnérables. Par ailleurs, la majorité des trans-
ferts de fonds internationaux (30,9 % du total) proviennent de la Côte d’Ivoire
(cf. tableau 1), ce qui est cohérent avec le fait que le Burkina Faso et la Côte
d’Ivoire sont un corridor migratoire central dans la sous-région (Ratha et al.
[2011]). L’enquête sur les conditions de vie des ménages réalisée en 2009 par
l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) du Burkina Faso
a montré que les hommes, qui migrent principalement pour des raisons écono-
miques, sont à l’origine de la plupart des envois de fonds (87,4 %).
Les transferts des migrants constituent une source essentielle de revenus au
Burkina Faso, en particulier pour les ménages pauvres. La plupart des sommes
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
reçues couvrent les dépenses de consommation et d’investissement des ménages
(cf. tableau 2). Ces dépenses concernent généralement l’éducation et le logement.
Les transferts de fonds des travailleurs installés en Côte d’Ivoire sont corrélés à
l’augmentation de la pauvreté au Burkina Faso sur la période 1998-2003 (Lachaud
[2012]). Des résultats obtenus précédemment sur des enquêtes menées dans la
région du Plateau-Central, ont conclu que l’effet des transferts de fonds sur la
pauvreté et la diversification des revenus était conditionnel aux pays de destina-
tion des migrants (Wouterse et Taylor [2008] ; Wouterse [2010]). Par conséquent,
on peut s’interroger sur les effets des transferts de fonds sur la sécurité alimen-
taire, dimension essentielle du bien-être des ménages.

Tableau 1. Transferts internationaux par pays d’origine en 2009

Pays d’origine Montants (en francs CFA) % du total des transferts


Côte d’Ivoire 17 108 661 241 30,9
Pays de l’Union économique 4 595 530 366 8,3
et monétaire ouest-africaine
Ghana 609 046 193 1,1
Pays de la CEDEAO 332 207 014 0,6
France 5 204 576 559 9,4
Italie 6 367 301 109 11,5
États-Unis 8 360 543 195 15,1
Reste du monde 12 789 970 054 23,1
Total 55 367 835 730 100,0

Source : BCEAO [2013].

57

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

Tableau 2. Affectation des transferts internationaux par les ménages

Montants (en francs CFA) % du total des transferts


Consommation 9 210 882 416 37,3
Santé 543 269 204 2,2
Éducation 3 704 108 210 15,0
Investissement immobilier 6 346 372 067 25,7
Autres investissements 4 025 130 922 16,3
Epargne 370 410 821 1,5
Événements familiaux 419 798 931 1,7
Autre 74 082 164 0,3
Total 24 694 054 736 100,0

Source : BCEAO [2013].


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
QUELQUES FAITS STYLISÉS SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
ET LES CHOCS CLIMATIQUES AU BURKINA FASO

La base de données disponible permet de construire un indice de sécurité


alimentaire dont l’élaboration est détaillée dans la première sous-section.
L’originalité de l’approche est de pouvoir fusionner les informations sur la
migration et la sécurité alimentaire avec celles concernant les conditions clima-
tiques locales. Des stations météorologiques réparties dans tout le pays (carte A1,
annexe I) enregistrent régulièrement divers paramètres concernant les précipi-
tations et les températures qui sont ensuite compilés par l’Agence nationale de
la météorologie du Burkina Faso. Ce riche ensemble de données est disponible
à partir de 1986 et sert de base au calcul du SPEI présenté dans la deuxième
sous-section.

La sécurité alimentaire

La littérature propose plusieurs définitions de la sécurité alimentaire, le concept


lui-même ayant évolué avec les différents contextes socio-économiques depuis sa
première introduction au début des années 1940 (Hassan [2016]). Au début des
années 1970, en raison de la faim et des pénuries alimentaires en Afrique subsaha-
rienne et en Asie, les préoccupations malthusiennes prédominaient : elles relient
principalement les crises alimentaires à un déficit de l’offre de produits alimen-
taires. Plus tard, la Conférence mondiale de l’alimentation de 1974 (FAO) a défini
la sécurité alimentaire comme « la disponibilité à tout moment d’approvisionne-
ments mondiaux suffisants en produits alimentaires de base […] pour soutenir
une expansion régulière de la consommation alimentaire […] et compenser les
fluctuations de la production et des prix ». Les questions d’accessibilité sont
apparues dans les années 1980 avec la vision développée par Amartya Sen dans
Poverty and Famines (Sen [1982]). Ce travail a mis en évidence que la capacité
des individus à accéder à la nourriture est aussi essentielle que la disponibilité de

58

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

la nourriture. En 2002, la FAO a déclaré qu’il y a sécurité alimentaire « lorsque


tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et écono-
mique à une nourriture suffisante, saine et nutritive qui répond à leurs besoins
énergétiques et à leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et
active ». Aujourd’hui, il est généralement admis que la sécurité alimentaire fait
référence à quatre dimensions principales : la disponibilité, l’accessibilité, l’uti-
lisation et la stabilité 2.
L’enquête de la Banque mondiale auprès des ménages sur les migrations et
les transferts de fonds couvre plusieurs dimensions de la sécurité alimentaire :
l’accessibilité et l’utilisation de la nourriture3. Une analyse en composantes princi-
pales (ACP), qui combine des variables discrètes et continues, permet de calculer
un indice synthétique de sécurité alimentaire. L’ACP permet de positionner les
ménages les uns par rapport aux autres en ce qui concerne leur statut de sécu-
rité alimentaire. Plus précisément, l’ACP calcule de nouvelles variables non
corrélées, qui résument les données brutes. Les nouvelles variables, à savoir les
composantes, sont une combinaison linéaire de variables centrées. Le Programme
alimentaire mondial (PAM) ainsi que plusieurs études de cas par pays recourent
souvent à une ACP pour construire des indices de sécurité alimentaire et établir
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
les profils alimentaires des ménages (Demeke, Keil et Zeller [2011]).
Dans notre cas, les variables permettent à la fois de saisir l’accessibilité et
l’utilisation de la nourriture. En effet, l’enquête fournit des informations détaillées
sur les dépenses des ménages en céréales, légumineuses, oléagineux, tubercules,
fruits, viande et œufs. Comme les dépenses alimentaires reflètent non seulement
l’accessibilité et la diversité alimentaire des huit principaux groupes d’aliments 4
mais aussi leurs utilisations 5, nous capturons bien ces deux dimensions à travers
ces variables. L’utilisation signifie aussi que le ménage fait un usage optimal
de la nourriture, ce qui est représenté ici par l’existence d’une pièce dédiée à la
cuisine et la présence d’un accès à l’eau à l’intérieur du logement.
L’annexe II détaille la construction de l’indice de sécurité alimentaire. La
matrice de corrélation montre que les variables incluses sont dans l’ensemble
corrélées positivement (cf. tableau A1). La valeur de la mesure de l’adéquation
de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) est de 0,531, montrant des
schémas relativement compacts de corrélations entre les variables et justifiant
l’utilisation de l’analyse en composantes principales (cf. tableau A2). Le tableau
des communalités donne la variance expliquée à deux composantes pour chaque
variable. Toutes les variables présentent également un pourcentage élevé de

2. Les lecteurs peuvent se référer à Barrett [2010] et à Pinstrup-Andersen [2009] pour une présen-
tation approfondie des questions méthodologiques relatives à la mesure de l’insécurité alimentaire.
3. Nous essayons de capter la dimension de la disponibilité avec une variable muette relative à
la possession de terres agricoles. Cependant les calculs n’ont pas donné de résultats satisfaisants. La
dimension stabilité fait référence à l’expression « à tout moment » de la définition de la FAO. Elle fait
donc référence à la stabilité des trois dimensions citées ci-dessus dans le temps. Comme nos données
ne comportent pas de dimension temporelle, cet aspect n’est pas pris en compte.
4. Céréales, lait, viande, sucre, huiles végétales, fruits, légumes, racines amylacées (Pangaribowo,
Gerber et Torero [2013]).
5. « L’utilisation est communément comprise comme la manière dont l’organisme tire le meilleur
parti des différents nutriments présents dans les aliments. Un apport suffisant en énergie et en nutri-
ments par les individus est le résultat de bonnes pratiques de soins et d’alimentation, de la préparation
et de la diversité du régime alimentaire et de la distribution intra-ménage des aliments. Combiné à
une bonne utilisation biologique des aliments consommés, cela détermine l’état nutritionnel des
individus » (source : [Link]

59

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

variance expliquée par les composantes. La variable « Existence d’une pièce


séparée pour cuisiner » a la plus grande variance expliquée (71,8 %), et la variable
« Présence d’un robinet interne » a la plus faible variance expliquée (45,2 %)
(cf. tableau A3). Les résultats de l’ACP montrent que les deux premières compo-
santes ont des valeurs propres supérieures à 1 (cf. figure A1, annexe III).
Le tableau 3 montre les « loadings » des variables pour les deux premières
composantes. Ils correspondent à la part de la variance de chaque variable prise
en compte par les deux composantes, mais aussi la part de la variance totale expli-
quée par chacune des composantes. La première composante explique 30,9 % de
la variance totale des données et la seconde 25,7 % de la variance. Nous avons
conservé la première composante qui est positivement corrélée avec les dépenses
en céréales, tubercules, légumes, viande, poisson et œufs, ainsi qu’avec la posses-
sion d’un robinet interne et l’existence d’une pièce séparée pour cuisiner. Nous
considérons alors cette première composante comme notre indice de sécurité
alimentaire. Nous vérifions également que notre indice construit est positivement
corrélé avec les dépenses alimentaires mensuelles par habitant : le coefficient de
corrélation est de 0,57 et est significatif au seuil de 1 %.
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Tableau 3. Résultats de l’analyse en composantes principales :
« loadings » des variables, valeurs propres et variance expliquée

Composante 1 Composante 2
Robinet interne 0,530 0,415
Pièce séparée pour cuisiner 0,251 0,809
Dépenses céréales/tubercules/légumes 0,685 – 0,311
Dépenses viande/poisson/œufs 0,651 – 0,322
Valeurs propres 1,23662 1,02804
Variance expliquée 0,3092 0,2570

Sources : Enquête 2009 de la Banque mondiale sur les migrations et les transferts de fonds au Burkina Faso et
calculs des auteurs.

L’indice standardisé de précipitation


et d’évapotranspiration (SPEI)

Les climats tropical et soudano-sahélien prédominent au Burkina Faso. Le


pays est partagé en trois grandes zones : la zone sahélienne, les zones nord-­
soudanaise et sud-soudanaise. En moyenne, elles reçoivent respectivement moins
de 600 millimètres (mm), entre 600 mm et 900 mm, et plus de 900 mm de précipi-
tations par an. Les températures ont globalement augmenté dans le pays au cours
des dernières années. Selon l’Agence nationale de la météorologie du Burkina
Faso, une augmentation de 0,8 °C est attendue d’ici à 2025 et de 1,7 °C d’ici à
2050, contribuant principalement aux niveaux d’évapotranspiration à travers
le pays (Secrétariat permanent du Conseil national pour l’environnement et le
développement durable [2007]). L’Agence nationale de la météorologie indique
que le pays enregistre 206,9 milliards de mètres cubes de pluie chaque année. Sur
cette quantité, 16 % s’infiltrent dans le sol et 80 % s’évaporent.

60

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Les indices de détection de la sécheresse peuvent permettre de mesurer les


conditions climatiques dans les pays de l’Afrique subsaharienne. Ainsi, l’indice
de gravité de la sécheresse de Palmer [1965], nommé PDSI pour Palmer Drought
Severity Index, est basé sur l’équilibre sol-eau et mesure l’humidité et la séche-
resse des sols en fonction des précipitations antérieures, de l’apport d’humidité,
du ruissellement et de l’évaporation en surface. Le principal avantage du PDSI
est qu’il capture des caractéristiques essentielles des conditions climatiques, à
savoir les non-linéarités. Cependant, certains problèmes se posent concernant en
particulier la période d’étalonnage, la comparaison spatiale et la subjectivité lors-
qu’il s’agit de relier les scores de l’indice aux conditions de sécheresse. L’indice
de précipitation standardisé – Standardized Precipitation Index, SPI (McKee,
Doesken et Kleist [1993]) – est plus facile à calculer et permet la comparabilité
dans le temps et l’espace. Cependant, il lui est reproché d’être uniquement basé
sur les précipitations : cet indice n’inclut pas des variables comme les tempéra-
tures, l’évapotranspiration ou la capacité de rétention d’eau (Vicente-Serrano,
Beguería et López-Moreno [2010]). Dans ce travail, nous adoptons le SPEI. Il
combine les deux approches en associant, d’une part, la sensibilité du PDSI aux
changements de températures et d’évapotranspiration et, d’autre part, la simplicité
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
et la nature inter-temporelle du SPI. Cet indice est basé sur la différence entre
les quantités mensuelles ou hebdomadaires de pluie Pit et l’évapotranspiration
PETit, à savoir le bilan hydrique :
Dit = Pit – PETit,

où i représente la localisation de l’observation et t la période. Les données utili-


sées proviennent de l’Agence nationale de la météorologie du Burkina Faso.
Les données brutes sur les précipitations et l’évapotranspiration des dix stations
météorologiques du pays (carte A1, annexe I) sont mensuelles et remontent à
1986. Les précipitations sont mesurées en millimètres, et le calcul de l’éva-
potranspiration est basé sur l’équation de Penman-Monteith (PM) qui utilise le
transfert de masse et le bilan énergétique avec la température et la conductance
de la végétation. Nous calculons le bilan hydrique pour chaque mois depuis 1986
(package disponible sous R). L’utilisation d’une loi log-logistique permet de
calculer le SPEI à partir des données du bilan hydrique (voir Liu et Liu [2019]
pour la construction de l’indicateur). Nous choisissons une échelle de temps de
six mois de mai à octobre pour nous concentrer sur la saison des pluies qui est
cruciale pour les ménages agricoles (Stagge et al. [2014]). Après avoir calculé
le SPEI au niveau de chaque station et compte tenu de l’absence d’informations
sur la géolocalisation sur les ménages, nous avons attribué les scores des mois
considérés à chaque région 6.
En regardant plus précisément mois par mois, on constate que le SPEI est
négatif de janvier à août (cf. tableau 4). Selon la catégorisation du SPEI, les
conditions du Centre (Ouagadougou) de janvier à mars sont proches de la normale
par rapport aux conditions observées de 1986 à 2009. Les mois d’avril et mai
peuvent être considérés comme modérément secs, et les mois suivants normaux.

6. S’il n’y a pas de station météorologique dans la région, nous avons attribué l’indice calculé à
partir des observations de la station la plus proche. De plus, si un ménage vit plus près de la station
météorologique de la région voisine que de celle de sa propre région, nous lui avons attribué l’indice
de la station la plus proche.

61

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

Cependant, nous remarquons que les conditions climatiques sont « sévèrement


humides » à partir de septembre par rapport aux conditions historiques. Il est par
ailleurs important de noter que les ménages récoltent de septembre à octobre.
Ces conditions peuvent donc être très néfastes pour la production agricole. Ces
résultats vont dans le sens de ce qui a été enregistré au cours de l’année 2009 au
Burkina Faso, où de fortes pluies ont provoqué des inondations, notamment dans la
région Centre du pays. En causant la perte de récoltes, celles-ci ont probablement
nui à la sécurité alimentaire. C’est-à-dire que la pluie est nécessaire, mais un excès
de pluie au mauvais moment est aussi préjudiciable que de graves sécheresses.

Tableau 4. SPEI pour l’année 2009 dans la région Centre du Burkina Faso

Mois Valeurs du SPEI Catégorisation sécheresse-humidité


Janvier – 0,59 Proche de la normale
Février – 0,44 Proche de la normale
Mars – 0,89 Proche de la normale
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Avril – 1,013 Sécheresse modérée
Mai – 1,22 Sécheresse modérée
Juin 0,04 Proche de la normale
Juillet – 0,21 Proche de la normale
Août – 0,43 Proche de la normale
Septembre 1,59 Sévèrement humide
Octobre 1,46 Sévèrement humide
Novembre 1,66 Sévèrement humide
Decembre 1,21 Modérément humide

Note : La région Centre est l’une des premières régions d’envoi de migrants. Catégorisation sécheresse-humidité :
extrêmement humide : plus de 2,00 ; sévèrement humide : 1,5 à 1,99 ; modérément humide : 1,00 à 1,49 ; proche
de la normale : – 0,99 à 0,99 ; sécheresse modérée : – 1,49 à – 1,00 ; sécheresse sévère : – 1,99 à – 1,50 ; sécheresse
extrême : moins de – 2,00 (Liu et Liu [2019], p. 7).
Sources : Agence nationale de la météorologie et calcul des auteurs.

L’ANALYSE ÉCONOMÉTRIQUE

Nous présentons d’abord le modèle économétrique avec, comme mesure de la


variabilité climatique, l’indice standardisé de précipitation et d’évapotranspiration
(SPEI). Nous donnons ensuite les résultats des estimations par les MCO, que
nous complétons par des tests de robustesse et, enfin, par l’utilisation de variables
instrumentales pour remédier aux biais potentiels d’endogénéité.

Le modèle

La spécification économétrique de base utilisée pour capter l’impact des trans-


ferts de fonds sur la sécurité alimentaire est la suivante :

62

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Yi = a0 + a1Ri + a2SPEIi + X′i b + ei, (1)

où i est un indice de ménage, avec i = 1 … 2102, le nombre maximum de ménages


dans l’échantillon enquêté. Y représente l’indice de sécurité alimentaire, R est la
variable de transferts des migrants reçus par le ménage en milliers de francs CFA,
SPEI est l’indice climatique, et X est un vecteur d’autres variables explicatives, y
compris des variables muettes de province. a et b sont les coefficients à estimer
et e est le terme d’erreur. Nous supposons que les transferts de fonds améliorent
la sécurité alimentaire tandis que celle-ci est influencée négativement par les
conditions climatiques : a1 > 0 et a2 < 0.
Le vecteur X comprend des variables relatives au capital humain du ménage,
comme le nombre de personnes sachant lire et écrire en français, ainsi que des
caractéristiques du chef de ménage, comme le sexe et l’âge. Le fait d’avoir un
homme comme chef de famille peut avoir un impact positif sur la sécurité alimen-
taire, étant donné que les hommes sont souvent les soutiens de famille. La force
de travail potentielle disponible dans le ménage, mesurée par le nombre d’ado-
lescents de sexe masculin, est également incluse en raison de son impact positif
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
attendu sur la sécurité alimentaire. La variable muette prenant la valeur de 1 si le
ménage se trouve dans une zone rurale et 0 sinon, ainsi que le nombre d’enfants
dans le ménage sont censés avoir un effet négatif sur la sécurité alimentaire. En
effet, les zones rurales sont généralement plus pauvres et peuvent être moins
sûres sur le plan alimentaire que les zones urbaines. De nombreux enfants dans
le ménage peuvent entraîner de moindres dépenses alimentaires au profit par
exemple de dépenses de santé ou d’éducation et ainsi réduire la sécurité alimen-
taire. Enfin, nous contrôlons par une variable de migration afin de distinguer les
effets des transferts de ceux de la migration. Cette variable muette prend la valeur
de 1 si le ménage compte au moins un migrant. Les statistiques descriptives des
variables sont présentées dans le tableau 5.
Le modèle est augmenté en introduisant une variable interactive entre SPEI
et R :
Yi = a0 + a1Ri + a2SPEIi + a3Ri × SPEIi + X′i b +ei. (2)

Nous attendons a1 > 0, a2 < 0 et a3 > 0 de sorte que les transferts de migrants
sont censés améliorer la sécurité alimentaire des ménages dans un contexte de
variabilité climatique. Selon cette spécification, l’impact marginal de SPEI sur
∂Y
la sécurité alimentaire dépend linéairement des transferts : = a 2 + a 3R i.
∂Y ∂ SPEI
Résoudre l’équation = 0 permet de calculer le montant des transferts R*i
∂ SPEI
qui annule les effets de SPEI sur la sécurité alimentaire :
a
R *i = − 2 . (3)
a3
La figure 1 ci-dessous présente l’intuition de nos résultats en utilisant l’analyse
des correspondances multiples. Cette méthode permet de représenter graphique-
ment plusieurs variables (y compris qualitatives) afin de saisir précisément leur
association. Elle illustre la relation entre l’indice de sécurité alimentaire distribué
en quatre quartiles et les données sur les transferts de fonds. On remarque que

63

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

la partie haute du diagramme regroupe les ménages qui reçoivent des transferts
de fonds et qui ont une sécurité alimentaire élevée 7. Ils vivent dans les régions
Centre-Ouest, Centre et Nord, historiquement les régions qui envoient le plus
de migrants. De plus, en 2009, ces régions sont celles qui ont connu des inon-
dations dévastatrices. Par conséquent, on peut s’attendre à ce que l’indice SPEI
ait un effet négatif sur la sécurité alimentaire, mais les transferts de fonds atté-
nuent cet effet. La partie basse du graphique regroupe les ménages ayant un
niveau de sécurité alimentaire faible ou normal et ne recevant pas de transferts
de fonds.

Figure 1. Relation entre les transferts migratoires et l’indice de sécurité alimentaire


à l’aide de l’analyse des correspondances multiples
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Source : Calculs des auteurs à partir de l’enquête de 2009 sur les migrations et les envois de fonds des ménages.

7. À noter que sur les 2102 ménages enquêtés, un tiers (689) reçoit des transferts de fonds.

64

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Tableau 5. Statistiques descriptives

Variable Moyenne Écart Nbre Définition Source statistique


type obs.
R 25,98 107,09 2 102 Montant des Enquête de la Banque
transferts de fonds mondiale sur les
reçus par le ménage, migrations et les
en milliers de francs transferts de fonds au
CFA Burkina Faso (2009)
Migrant 64,56 % – – Égale à 1 si le Enquête de la Banque
household ménage a au moins mondiale sur les
un migrant migrations et les
transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
Rural 94,00 % 0,25 2 102 Égale à 1 si le Enquête de la Banque
ménage vit dans une mondiale sur les
zone rurale migrations et les
transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
SPEI 1,12 0,21 2 102 Indice standardisé Agence nationale
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
de précipitation et de la météorologie,
d’évapotranspiration Burkina Faso
calculé à partir des
températures et
des précipitations
enregistrées dans
les dix stations
météorologiques.
Cf. troisième section
pour plus de détails
Food 3 793,59 4 318,40 2 102 Dépenses Enquête de la Banque
Expenditures alimentaires par mondiale sur les
habitant et par mois migrations et les
en francs CFA transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
HH Head 93,00 % 2 102 Égale à 1 si le chef Enquête de la Banque
Gender de ménage est un mondiale sur les
homme migrations et les
transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
HH Head Age 49,50 15,89 2 099 Âge du chef de Enquête de la Banque
ménage mondiale sur les
migrations et les
transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
Literacy 1,45 1,87 2 069 Nombre de Enquête de la Banque
personnes mondiale sur les
alphabétisées dans le migrations et les
ménage transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
Teenagers 1,00 1,30 2 069 Nombre Enquête de la Banque
d’adolescents mondiale sur les
(15 ans ou plus) dans migrations et les
le ménage transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)

65

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

Variable Moyenne Écart Nbre Définition Source statistique


type obs.
Children 1,52 1,46 2 069 Nombre d’enfants Enquête de la Banque
(moins de 5 ans) mondiale sur les
dans le ménage migrations et les
transferts de fonds au
Burkina Faso (2009)
Luminosity 2,68 10,15 1 913 Intensité de la Centre national
Intensity luminosité nocturne d’information sur
l’environnement
Poverty 46,18 % 15,07 2 102 Part de la population Rapports de l’Institut
Incidence sous le seuil de national de la
pauvreté entre 2008 statistique et de la
et 2009 par région démographie du
Burkina Faso
Migrant’ 26,39 % 0,44 2 102 Égale à 1 si le Enquête de la Banque
Education migrant a au moins mondiale sur les
Level atteint un niveau migrations et les
d’éducation primaire transferts de fonds au
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Burkina Faso (2009)
Distance to 64,05 57,91 2 102 La distance (en Enquête de la Banque
Railway kilomètres) du mondiale sur les
centroïde du village migrations et les
de résidence du transferts de fonds au
ménage au chemin Burkina Faso (2009)
de fer et calcul des auteurs

Les estimations de base (MCO)

Le tableau 6 présente les résultats des MCO de la spécification de base (équa-


tion 1). Des variables de contrôle supplémentaires entrent progressivement dans
les équations. Le facteur d’inflation de la variance (VIF) permet d’évaluer la
sévérité de la multicolinéarité. D’une part, les résultats montrent que les trans-
ferts de fonds des migrants ont un impact positif sur la sécurité alimentaire des
ménages. D’autre part, le SPEI affecte significativement et négativement la sécu-
rité alimentaire. Concernant les variables de contrôle, le fait de vivre dans une
zone rurale a bien un impact négatif sur la sécurité alimentaire. Avoir un homme
à la tête du ménage, la présence d’adolescents de sexe masculin et le fait pour un
ménage d’avoir au moins un migrant affectent de manière significative et positive
la sécurité alimentaire. D’autres variables telles que les enfants et l’âge du chef
de ménage n’ont pas d’impact significatif sur la sécurité alimentaire.
Le tableau 7 présente les résultats de l’équation 2 en introduisant la variable
interactive entre les transferts et l’indice climatique : R × SPEI. Comme attendu,
le coefficient associé à cette variable est positif et significatif, ce qui signifie que
les transferts migratoires atténuent les effets néfastes des chocs climatiques sur
la sécurité alimentaire. Dans le même temps, SPEI et R ont respectivement un
signe négatif et positif.

66

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Tableau 6. Impact des transferts de fonds et du SPEI sur la sécurité alimentaire – Résultats des MCO – Tous les ménages

Variable dépendante Sécurité alimentaire


R 1,46e-06*** 1,52e-06*** 1,52e-06*** 1,50e-06*** 1,48e-06*** 1,48e-06***
(5,58e-07) (5,70e-07) (5,69e-07) (5,61e-07) (5,62e-07) (5,62e-07)
Migrant HH 0,138*** 0,135*** 0,128*** 0,122*** 0,116*** 0,117***
(0,0419) (0,0418) (0,0433) (0,0438) (0,0438) (0,0438)
SPEI – 2,630*** – 2,644*** – 2,641*** – 2,603*** – 2,607*** – 2,591***
(0,950) (0,950) (0,950) (0,938) (0,937) (0,939)
Rural – 1,414*** – 1,430*** – 1,433*** – 1,405*** – 1,409*** – 1,402***

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


(0,118) (0,119) (0,119) (0,121) (0,121) (0,121)
HHH Gender 0,260*** 0,260*** 0,259*** 0,257*** 0,260***
(0,0680) (0,0686) (0,0703) (0,0703) (0,0702)
HHH Age 0,000640 0,000694 0,000509 0,000511
(0,00136) (0,00138) (0,00138) (0,00138)
Literacy 0,0273** 0,0179 0,0189
(0,0118) (0,0122) (0,0124)
Teenagers 0,0364** 0,0384**
(0,0164) (0,0163)
Children – 0,0111
(0,0130)
VIF 1,10 1,08 1,09 1,09 1,13 1,13
Observations 2 094 2 094 2 091 2 058 2 058 2 058
R-squared 0,166 0,170 0,171 0,173 0,175 0,175

67
Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Note : Les écarts types robustes sont indiqués entre parenthèses : *** p < 0,01 ; ** p < 0,05 ; * p < 0,1.

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Tableau 7. Impact des transferts de fonds et du SPEI sur la sécurité alimentaire – Résultats des MCO avec le terme interactif

68
– Ensemble des ménages

Variable dépendante Sécurité alimentaire


R 9,74e-07*** 1,01e-06*** 1,01e-06*** 9,80e-07*** 9,78e-07*** 9,83e-07***
(3,30e-07) (3,30e-07) (3,29e-07) (3,29e-07) (3,29e-07) (3,29e-07)
Migrant HH 0,147*** 0,145*** 0,137*** 0,128*** 0,129*** 0,126***
(0,0429) (0,0428) (0,0441) (0,0446) (0,0447) (0,0447)
SPEI – 2,692*** – 2,710*** – 2,707*** – 2,603*** – 2,588*** – 2,656***
(0,856) (0,854) (0,852) (0,852) (0,852) (0,853)
R × SPEI 2,79e-06** 2,94e-06** 2,95e-06** 2,91e-06** 2,90e-06** 2,85e-06**
(1,34e-06) (1,34e-06) (1,34e-06) (1,34e-06) (1,34e-06) (1,34e-06)
Rural – 1,408*** – 1,424*** – 1,428*** – 1,418*** – 1,413*** – 1,397***
(0,0951) (0,0950) (0,0950) (0,0966) (0,0970) (0,0975)
HHH Gender 0,266*** 0,267*** 0,260*** 0,262*** 0,266***
(0,0816) (0,0816) (0,0837) (0,0838) (0,0838)
HHH Age 0,000754 0,000612 0,000613 0,000616
(0,00131) (0,00133) (0,00133) (0,00133)
Literacy 0,0464*** 0,0483*** 0,0392**
(0,0158) (0,0161) (0,0172)
Teenagers – 0,00842 – 0,0107
Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

(0,0144) (0,0144)
Children 0,0182
(0,0119)

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Observations 2 094 2 094 2 091 2 058 2 058 2 058
R-squared 0,167 0,171 0,173 0,176 0,176 0,177

Note : Les écarts types robustes sont indiqués entre parenthèses : *** p < 0,01 ; ** p < 0,05 ; * p < 0,1.

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Les tests de robustesse

Nous vérifions la robustesse de nos résultats en changeant la variable dépen-


dante. Au lieu d’utiliser l’indice de sécurité alimentaire calculé, nous utilisons
les dépenses alimentaires par habitant des ménages. Le tableau 8 montre que
les résultats précédents sont toujours valables et que les dépenses alimentaires
réagissent de manière similaire aux transferts de fonds, y compris en ne contrô-
lant pas par la variable de migration. Les deux dernières colonnes présentent des
estimations sur un sous-échantillon de ménages qui ont reçu les fonds les plus
élevés, à savoir le quatrième quartile dans la distribution des transferts de fonds.
Les transferts de fonds améliorent toujours la sécurité alimentaire, tandis que
SPEI et la variable interactive deviennent non significatifs.

Le traitement du biais d’endogénéité

La principale préoccupation concernant la variable de transferts dans l’équa-


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
tion explicative de la sécurité alimentaire est son caractère potentiellement endo-
gène. Celui-ci peut résulter d’un biais de variables omises. Il est en outre probable
que la sécurité alimentaire et les transferts s’influencent mutuellement (Gupta,
Pattillo et Wagh [2009]). C’est-à-dire que les ménages qui connaissent l’insécurité
alimentaire pourraient bénéficier de davantage de transferts, la migration pouvant
constituer une stratégie d’adaptation aux chocs climatiques. Cependant, il faut
noter que les estimations par les MCO donnent un coefficient positif et signifi-
catif. Or, si une causalité inverse existait, on s’attendrait plutôt à un coefficient
négatif ou non significatif. Néanmoins, nous mobilisons un estimateur à variables
instrumentales en utilisant deux instruments.
Le tableau 9 présente deux groupes de spécifications. Le premier mobilise un
instrument (VI.1), le modèle est donc strictement identifié. Le second mobilise
deux instruments (VI.2), le modèle est alors suridentifié. Les tests de diagnostic
usuels sont administrés : le test de Stock et Yogo pour les instruments faibles et
le test de Sargan-Hansen pour les restrictions de suridentification. Nous présen-
tons maintenant les deux instruments : la distance au chemin de fer du ménage
et l’éducation du migrant.

La distance au chemin de fer


L’instrument privilégié dans ce travail est la distance entre les ménages et les
lignes de chemin de fer. Il a été utilisé pour expliquer les modèles de migration
et de transferts de fonds au Mexique (Woodruff et Zenteno [2007] ; Demirgüç-
Kunt et al. [2011]). Dans le contexte du Burkina Faso, il permet de saisir les
schémas migratoires récents et actuels qui passent par l’unique voie ferrée vers
la Côte d’Ivoire. L’histoire de cette infrastructure ferroviaire est liée à la migra-
tion et aux déplacements de la population à travers le pays. Par conséquent, la
distance par rapport au chemin de fer reflète également les schémas historiques
des flux migratoires. Cette voie ferrée, qui s’étend aujourd’hui sur 1 260 km, a été
construite entre 1904 et 1954 et reliait Abidjan en Côte d’Ivoire à Ouagadougou
au Burkina Faso. En 1926, la construction a atteint Ferkessedougou, une ville
située entre les deux pays. Elle arrive à Bobo Dioulasso en 1934, la première
ville du Burkina Faso. Pendant la période coloniale, les travailleurs burkinabés,

69

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Tableau 8. Impact des transferts de fonds et du SPEI sur la sécurité alimentaire – Tests de robustesse – Résultats MCO

Variable Dépenses Sécurité Dépenses Sécurité Dépenses Dépenses Sécurité Sécurité


dépendante alimentaires alimentaire alimentaires alimentaire alimentaires alimentaires alimentaire alimentaire

70
Échantillon Tous Tous Tous Tous Tous Tous Principaux Principaux
ménages ménages ménages ménages ménages ménages bénéficiaires bénéficiaires
R 0,0573* 1,59e-06*** 0,0533* 1,48e-06*** 0,0528** 0,0196* 1,75e-06** 1,80e-06***
(0,0307) (5,40e-07) (0,0319) (5,62e-07) (0,0318) (0,0118) (6,91e-07) (5,76e-07)
Migrant HH 4,201*** 0,117*** 4,237*** 6,353*** 0,252 0,255
(1,505) (0,0438) (1,507) (1,526) (0,568) (0,571)
SPEI – 49,462** – 53,518* – 0,202 – 0,106
(20,320) (– 30,345) (2,783) (3,127)
R × SPEI 0,202*** – 2,64e-07
(0,0478) (3,33e-06)
Rural – 12,523*** – 1,401*** – 12,511*** – 1,402*** – 12,490*** – 11,372*** – 0,196 – 0,196
(2,467) (0,121) (2,456) (0,121) (2,445) (– 3,363) (0,514) (0,515)
HHH Gender 10,383*** 0,264*** 10,228** 0,260*** 10,115** 10,827** 0,0551 0,0475
(2,318) (0,0707) (2,280) (0,0702) (2,263) (– 2,911) (0,313) (0,305)
HHH Age 158,0*** 0,00139 126,2** 0,000511 132,8** 0,0103* 0,0103*
(54,46) (0,00132) (53,92) (0,00138) (53,55) (0,00537) (0,00538)
Literacy 570,8 0,0201 528,9 0,0189 617,2 0,0101 0,0107
(482,2) (0,0124) (484,2) (0,0124) (425,7) (0,0523) (0,0492)
Teenagers 1,626*** 0,0408** 1,545*** 0,0384** 1,423*** 0,0799 0,0794
Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

(541,5) (0,0163) (545,3) (0,0163) (531,1) (0,0535) (0,0541)


Children 119,2 – 0,00999 77,10 – 0,0111 82,71 – 0,0412 – 0,0408
(479,1) (0,0129) (480,2) (0,0130) (482,6) (0,0447) (0,0448)
Observations 2 066 2 058 2 066 2 058 2 066 2 102 157 157

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


R-squared 0,095 0,172 0,098 0,175 0,096 0,093 0,372 0,372
e
Note : Les écarts types robustes sont indiqués entre parenthèses : *** p < 0,01 ; ** p < 0,05 ; * p < 0,1. Les principaux bénéficiaires des envois de fonds sont les ménages du 4 quartile.

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

considérés comme une source de main-d’œuvre en Afrique subsaharienne, ont


été les principaux constructeurs du chemin de fer (Coulibaly [1986]). Près de
61 000 migrants burkinabés, dont la moitié était originaire du centre du pays, ont
travaillé sur le chemin de fer surnommé « le chemin de fer des Mossi », du nom de
la principale ethnie du Burkina Faso originaire des régions centrales. L’extension
du chemin de fer jusqu’à Ouagadougou en 1954 a facilité les migrations internes
et internationales (Piché et Cordell [2015]). Dans les pays en développement,
il est bien connu que les migrations internes se font de façon privilégiée des
zones rurales vers les villes, car les migrants espèrent y trouver de meilleures
opportunités économiques. En 1975, les villes les plus dynamiques en termes
de migration étaient Koudougou pour son industrie textile et Banfora, principa-
lement en raison du commerce généré par le chemin de fer via la Côte d’Ivoire
(Coulibaly et al. [1980]).
S’agissant de la migration internationale, il est nécessaire de se rappeler
l’histoire complexe des relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, qui
a façonné les flux migratoires en provenance du Burkina Faso. Au début des
années 1930, le Burkina Faso (la Haute-Volta à l’époque) est devenu une partie
de la Côte d’Ivoire sous l’administration française de l’Afrique de l’Ouest. Mais
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
d’autres parties du territoire ont rejoint des pays voisins. Le Burkina Faso a
ensuite retrouvé ses frontières d’origine après son indépendance en 1960. Entre
1951 et 1955, la Côte d’Ivoire était le premier pays d’accueil des migrants en
provenance du Burkina Faso, recevant près de 60 % d’entre eux (Piché et Cordell
[2015]). Après les indépendances, le développement des lignes de chemin de fer
entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire a fait perdurer cette situation. Selon les
équations de première étape présentées dans le tableau 9, la distance au chemin
de fer réduit effectivement les transferts de fonds reçus par les ménages.
La validité de l’instrument suppose qu’il n’influence pas directement la sécu-
rité alimentaire. Il est vrai que la proximité de la ligne ferroviaire peut avoir
un impact sur le développement des marchés régionaux, ce qui nécessairement
affecte la sécurité alimentaire. Pour contrôler l’impact potentiel du dévelop-
pement régional, nous incluons d’abord une variable captant l’incidence de la
pauvreté 8. Ensuite, nous utilisons l’intensité de la luminosité nocturne enregistrée
entre 2009 et 2010 mesurée autour de la localisation du ménage pour prendre
en compte les écarts infranationaux de développement. Le recours aux données
de luminosité répond à la difficulté de trouver des données socio-économiques
infranationales fiables. Elle est une bonne variable approchée des facteurs écono-
miques et démographiques (Chen et Nordhaus [2011]) et permet, en particulier,
de prédire le PIB par habitant aux niveaux national et infranational (Ebener et al.
[2005]). Elle est calculée à partir de données de luminosité présentées sous forme
de valeurs comprises entre 0 et 63. Ces valeurs sont additionnées pour calculer
la luminosité agrégée pour une cellule d’une grille de 1° de longitude et de 1°
de latitude.

8. Cette variable est tirée des rapports annuels de l’Institut national de la statistique et de la
démographie du Burkina Faso et représente la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté
par région.

71

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

L’éducation du migrant
Le deuxième instrument est le niveau d’éducation du migrant. Il s’agit d’une
variable muette qui prend la valeur de 1 si le migrant a au moins atteint un
niveau d’éducation primaire et 0 sinon. D’une part, il n’y a pas de raison de
penser que le niveau d’éducation du migrant influence directement la sécurité
alimentaire du ménage, une fois contrôlée l’éducation du ménage. D’autre part,
l’éducation du migrant peut affecter les montants transférés. Cependant, le sens
de cette relation est ambigu. Ainsi, la littérature ancienne tendait à conclure que
la migration des personnes qualifiées diminuait les transferts de fonds vers le
pays d’origine (Bhagwati [1976]). Aujourd’hui, la littérature est moins tranchée.
Les migrants qualifiés peuvent avoir une propension moindre à envoyer des
fonds, car ils viennent souvent de familles plus aisées et sont plus susceptibles
de migrer avec l’ensemble de leur ménage (Faini [2007]). Dans ce cas, l’envoi
de fonds vers le pays d’origine est moins justifié. Dans une étude macroécono-
mique sur des données internationales, les transferts de fonds diminuent avec la
part des migrants ayant une éducation tertiaire (Niimi, Ozden et Schiff [2010]).
Cela pourrait expliquer pourquoi les pays d’origine préfèrent la migration non
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
qualifiée. Inversement, les migrants plus instruits peuvent envoyer davantage de
fonds car ils sont moins susceptibles d’être en situation irrégulière. Ils peuvent
donc accéder plus aisément aux banques et à des mécanismes de transferts moins
coûteux. Docquier, Rapoport et Salomone [2012] étudient la relation entre les
transferts de fonds et l’éducation des migrants en utilisant plusieurs bases de
données sur la migration et en tenant compte d’un large panel de pays d’origine.
Leur modèle suggère que l’éducation d’un migrant a un impact positif sur les
transferts de fonds lorsque la politique d’immigration du pays de destination
est plus restrictive et moins sélective en termes de compétences. S’agissant de
notre étude, selon les estimations de l’équation de première étape l’éducation du
migrant augmente les transferts de fonds (cf. tableau 9).
Les modèles strictement identifiés et les modèles suridentifiés donnent des
résultats cohérents avec notre hypothèse (tableau 9). Les tests de diagnostic ne
rejettent pas la validité des instruments. Trois variables de contrôle supplémen-
taires sont introduites à des fins de robustesse. Les résultats restent robustes.
Les transferts affectent positivement la sécurité alimentaire et ont un coeffi-
cient plus élevé que dans les estimations MCO, tandis que le SPEI a un effet
négatif. La variable interactive continue à avoir un signe positif et significatif.
Par ailleurs et comme attendu, la proportion de personnes vivant sous le seuil
de pauvreté entrave la sécurité alimentaire. Sur la base de la colonne VI.2.3 et
de l’équation 3, nous calculons que des transferts de fonds annuels s’élevant à
259 124,08 francs CFA, soit 470 USD par ménage et 52,51 USD par habitant,
sont nécessaires pour neutraliser l’effet négatif de SPEI sur la sécurité alimentaire.
En 2010, le PIB par habitant du pays est estimé à 592,61 USD. Par conséquent,
sur la base de l’enquête de 2009, les ménages ont besoin de près de 8 % du PIB
par habitant de l’année en envois de fonds pour compenser intégralement l’impact
négatif du SPEI sur la sécurité alimentaire.

72

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Tableau 9. Effet des transferts de fonds et du SPEI sur la sécurité alimentaire –


Résultats avec variables instrumentales – Ensemble des ménages

Variable Sécurité
dépendante alimentaire
VI.1.1 VI.1.2 VI.2.1 VI.2.2 VI.2.3
R 1,27e-05* 1,27e-05* 1,39e-05 1,22e-05** 1,23e-05**
(7,32e-06) (7,54e-06) (6,61e-06) (5,47e-06) (5,62e-06)
Migrant HH – 0,271 – 0,273 – 0,314 0,265 0,276
(0,271) (0,273) (0,248) (0,218) (0,217)
SPEI – 1,044*** – 0,961*** – 1,042 – 0,793** – 0,710**
(0,331) (0,339) (0,350) (0,362) (0,358)
R × SPEI 2,71e-06* 2,74e-06*
(1,51e-06) (1,54e-06)
Luminosity 0,00461 0,00397 0,00434 0,00488 0,00439
(0,00390) (0,00420) (0,00403) (0,00351) (0,00378)
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Poverty incidence – 0,00547 -0,00491 – 0,00555 – 0,0118* – 0,0112*
(0,00487) (0,00491) (0,00514) (0,00608) (0,00600)
Rural – 1,148*** – 1,149*** – 1,122*** – 1,174*** – 1,169***
(0,214) (0,209) (0,209) (0,169) (0,172)
HHH Gender 0,616** 0,622** 0,654*** 0,550***
(0,261) (0,274) (0,246) (0,195)
HHH Age 0,000777 0,000769 0,000777 7,43e-05
(0,00206) (0,00211) (0,00218) (0,00209)
Literacy 0,00365 0,00818
(0,0195) (0,0184)
Teenagers 0,00462 0,00617
(0,0372) (0,0333)
Children 0,0214 0,0156
(0,0278) (0,0239)
Équations de
première étape
Variable dépendante R

Distance to railway – 0,2513** – 0,2457** – 0,2499** – 0,3031*** – 0,2924***


Migrant education 16,2459*** 15,1310*** 14,9647***

Autres variables Oui Oui Oui Oui Oui


F Stock Yogo 16,38 16,38
Test de Sargan 0,7668 0,5739 0,4543
p-value
Observations 1 902 1 869 1 902 1 905 1 869

Note : Les écarts types robustes sont indiqués entre parenthèses : *** p < 0,01 ; ** p < 0,05 ; * p < 0,1.

73

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

IMPLICATIONS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Les résultats indiquent que les transferts migratoires constituent une stratégie
pour gérer l’insécurité alimentaire. Nous développons maintenant deux aspects
de la question : l’un est lié à l’efficacité et l’autre à l’équité.
Pour améliorer l’effet amortisseur des transferts sur l’insécurité alimentaire,
les gouvernements peuvent chercher à réduire les coûts de transferts. Ainsi, le
Burkina Faso a adhéré aux Objectifs de développement durable. L’objectif 10
et la cible 10.c visent à « réduire à moins de 3 % les coûts de transmission des
envois de fonds des migrants et éliminer les couloirs d’envois de fonds dont les
coûts de transmission sont supérieurs à 5 % ». Par ailleurs, le Burkina Faso risque
de connaître davantage d’épisodes climatiques extrêmes dans un avenir proche.
Cela aura inévitablement un impact sur l’agriculture, qui est la première activité
des Burkinabés. Par conséquent, la mise en œuvre de stratégies visant à éviter la
dépendance à l’agriculture pluviale est utile. Cela pourrait nécessiter de canaliser
les transferts des migrants vers la diversification des activités, permettant ainsi
aux populations d’avoir les moyens de se nourrir en cas de mauvaise récolte.
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Les transferts migratoires constituent une forme de mécanisme d’assurance
autarcique pour les ménages bénéficiaires qui est jugée plus coûteuse en termes de
bien-être que les autres stratégies permettant de faire face au risque (par exemple,
le crédit formel ou informel et la fourniture d’une assurance basée sur la mutua-
lisation des risques au sein d’un groupe). La question de l’équité se pose alors.
Les transferts des migrants ne sont pas un substitut aux filets de sécurité sociale
qui atteignent un plus grand nombre de ménages. C’est-à-dire que les transferts
et les mécanismes de sécurité sociale doivent être compris comme des dispositifs
complémentaires d’assurance. Comme l’a souligné le cinquième rapport du GIEC
sur l’adaptation, « sur l’ensemble du continent, la plupart des mesures d’adap-
tation à la variabilité et au changement climatiques répondent à des motivations
à court terme, se produisent de manière autonome au niveau des ménages et
ne bénéficient pas du soutien des parties prenantes et des politiques gouverne-
mentales » (Niang et al. [2014], p. 1225). Compte tenu de l’intensification de la
variabilité climatique et des catastrophes naturelles, il pourrait être nécessaire de
se concentrer sur des stratégies d’adaptation ex ante, ciblant prioritairement les
populations les plus vulnérables, généralement les plus pauvres.
De telles stratégies devraient être financées de préférence par des initiatives
gouvernementales avec l’aide des migrants par le biais des transferts de fonds.
Les politiques susceptibles de favoriser ces transferts doivent par conséquent être
encouragées. Ainsi, le PNDS (Plan national de développement économique et
social) vise à faire passer la contribution des investissements de la diaspora de
1,9 % en 2011 à 3 % en 2020.

CONCLUSION

Cet article contribue à la littérature qui étudie les effets des transferts de
migrants sur le bien-être des ménages en se focalisant sur le Burkina Faso,
l’un des dix premiers pays d’émigration d’Afrique subsaharienne (World Bank

74

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

[2010]). De nombreuses études ont déjà mis en évidence le rôle crucial des trans-
ferts dans la réduction de la pauvreté et le financement de l’investissement dans
les secteurs de la santé et de l’éducation. Nous enrichissons cette littérature en
nous concentrant sur le rôle des transferts comme un outil permettant d’amortir
l’impact négatif des chocs climatiques sur la sécurité alimentaire. Nous nous
sommes appuyés sur un ensemble de données originales qui combine, d’une
part, les résultats de l’enquête 2009 de la Banque mondiale sur la migration et
les envois de fonds et, d’autre part, des relevés météorologiques. Ces derniers
ont permis de calculer un indice d’évapotranspiration (SPEI) pour saisir les effets
combinés de la température et des précipitations. Cet indice spatialement diffé-
rencié tient compte du fait que la température conditionne l’effet de la pluie sur
la production agricole. Pour évaluer le rôle critique des conditions climatiques
sur la sécurité alimentaire, l’indice a été calculé sur les six mois de la saison des
pluies. Par rapport aux données de longue période couvrant la période de 1986
à 2009, nous avons constaté que les conditions climatiques de 2009 ont été très
humides à partir de septembre, ce qui a probablement entraîné une plus grande
insécurité alimentaire.
Les résultats montrent que la variabilité climatique affecte négativement la
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
sécurité alimentaire au Burkina Faso. De plus, et conformément à notre hypo-
thèse, nous avons mis en lumière l’effet amortisseur des transferts de migrants sur
la sécurité alimentaire au Burkina Faso. À notre connaissance, c’est la première
fois qu’est calculé le montant des transferts permettant de neutraliser l’impact
négatif de la variabilité climatique sur la sécurité alimentaire : il s’élève à 8 %
du PIB annuel par habitant. Les résultats sont robustes à l’inclusion de plusieurs
variables de contrôle, au sous-échantillonnage des données et au biais d’endogé-
néité en s’appuyant sur une stratégie d’identification basée principalement sur la
distance au chemin de fer des ménages. Les résultats peuvent justifier à la fois
les efforts pour améliorer l’efficacité des transferts et la nécessité de favoriser les
filets de sécurité permettant aux ménages les plus pauvres de mieux faire face à
l’insécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Acosta P., Calderon C., Fajnzylber P. et Lopez H. [2008], « What Is the Impact of
International Remittances on Poverty and Inequality in Latin America ? », World
Development, 36 (1), p. 89-114.
Adams R. H. et Page J. [2005], « Do International Migration and Remittances Reduce
Poverty in Developing Countries ? », World Development, 33 (10), p. 1645-1669.
Azam J.-P. et Gubert F. [2006], « “Migrants” Remittances and the Household in Africa :
A Review of Evidence », Journal of African Economies, 15 (suppl. 2), p. 426-462.
Babatunde R. O. et Qaim M. [2010], « Impact of Off-Farm Income on Food Security and
Nutrition in Nigeria », Food Policy, 35 (4), p. 303-311.
Barbier B., Yacouba H., Karambiri H., Zoromé M. et Somé B. [2009], « Human
Vulnerability to Climate Variability in the Sahel : Farmers’ Adaptation Strategies in
Northern Burkina Faso », Environmental Management, 43 (5), p. 790-803.
Barrett C. B. [2010], « Measuring Food Insecurity », Science, 327 (5967), p. 825-828.
Barrios S., Ouattara B. et Strobl E. [2008], « The Impact of Climatic Change on
Agricultural Production : Is It Different for Africa ? », Food Policy, 33 (4), p. 287-298.
BCEAO [2013], Enquête sur les envois de fonds des travailleurs migrants au Burkina,
Dakar, Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

75

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

Bhagwati J. N. [1976], « The International Brain Drain and Taxation : A Survey of the
Issues », dans J. N. Bhagwati (dir.), The Brain Drain and Taxation : Theory and
Empirical Analysis, Amsterdam, North-Holland, p. 34-38.
Bloem M. W., Semba R. D. et Kraemer K. [2010], « An Introduction to the Impact
of Climate Change, the Economic Crisis, and the Increase in the Food Prices on
Malnutrition », The Journal of Nutrition, 140 (1), p. 132S-135S.
Chauvet L. et Mesplé-Somps S. [2007], « Impact des financements internatio-
naux sur les inégalités des pays en développement », Revue économique, 58 (3),
p. 735-744.
Chauvin N. D., Mulangu F. et Porto G. [2012], « Food Production and Consumption
Trends in Sub-Saharan Africa : Prospects for the Transformation of the Agricultural
Sector », UNDP-Regional Bureau of Africa Working Paper, WP 2012-011.
Chen X. et Nordhaus W. D. [2011], « Using Luminosity Data as a Proxy for Economic
Statistics », PNAS, 108 (21), p. 8589-8594.
Combes J.-L. et Ebeke C. H. [2011], « Remittances and Household Consumption Instability
in Developing Countries », World Development, 39 (7), p. 1076-1089.
Combes J.-L., Ebeke C. H., Etoundi S. M. N. et Yogo T. U. [2014], « Are Remittances and
Foreign Aid a Hedge Against Food Price Shocks in Developing Countries ? », World
Development, 54, p. 81-98.
Coulibaly S. [1986], « Colonialisme et migration en Haute-Volta (1896-1946) », dans
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
D. Gauvreau, J. Gregory, M. Kempeneers et V. Piché (dir.), Démographie et sous-
développement dans le Tiers-Monde, Montréal, Université McGill, Centre d’études sur
les régions en développement, p. 73-110.
Coulibaly S., Desrosiers D., Gregory J. et Piché V. [1980], Migrations voltaïques.
Tome VIII : Appréciation collective du phénomène migratoire, Ouagadougou, Centre
voltaïque de la recherche scientifique.
Damette O. et Gittard M. [2017], « Changement climatique et migrations : les transferts
de fonds des migrants comme amortisseurs ? », Mondes en développement, 179 (3),
p. 85-102.
Demeke A. B., Keil A. et Zeller M. [2011], « Using Panel Data to Estimate the Effect of
Rainfall Shocks on Smallholders Food Security and Vulnerability in Rural Ethiopia »,
Climatic Change, 108 (1-2), p. 185-206.
Demirgüç-Kunt A., Córdova E. L., Pería M. S. M. et Woodruff C. [2011], « Remittances
and Banking Sector Breadth and Depth : Evidence from Mexico », Journal of
Development Economics, 95 (2), p. 229-241.
Di Falco S., Veronesi M. et Yesuf M. [2011], « Does Adaptation to Climate Change
Provide Food Security ? A Micro-Perspective from Ethiopia », American Journal of
Agricultural Economics, 93 (3), p. 829-846.
Docquier F., Rapoport H. et Salomone S. [2012], « Remittances, Migrants’ Education and
Immigration Policy : Theory and Evidence from Bilateral Data », Regional Science
and Urban Economics, 42 (5), p. 817-828.
Ebener S., Murray C., Tandon A. et Elvidge C. C. [2005], « From Wealth to Health :
Modelling the Distribution of Income Per Capita at the Sub-National Level Using
Night-Time Light Imagery », International Journal of Health Geographics, 4 (1),
p. 1-17
Faini R. [2007], « Remittances and the Brain Drain : Do More Skilled Migrants Remit
More ? », The World Bank Economic Review, 21 (2), p. 177-191.
Field C. B. et al. (dir.) [2014], Climate Change 2014 – Impacts, Adaptation and
Vulnerability : Part A : Global and Sectoral Aspects. Working Group II Contribution
to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change,
Cambridge, Cambridge University Press.
Generoso R. [2015], « How Do Rainfall Variability, Food Security and Remittances
Interact ? The Case of Rural Mali », Ecological Economics, 114, p. 188-198.
Gupta S., Pattillo C. A. et Wagh S. [2009], « Effect of Remittances on Poverty and
Financial Development in Sub-Saharan Africa », World Development, 37 (1),
p. 104-115.

76

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

Harrower S. et Hoddinott J. [2005], « Consumption Smoothing in the Zone Lacustre,


Mali », Journal of African Economies, 14 (4), p. 489-519.
Hassan A. (dir.) [2016], Food Security and Child Malnutrition : The Impact on Health,
Growth, and Well-Being, Boca Raton, CRC Press.
Karamba W. R., Quiñones E. J. et Winters P. [2011], « Migration and Food Consumption
Patterns in Ghana », Food Policy, 36 (1), p. 41-53.
Kazianga H. et Udry C. [2006], « Consumption Smoothing ? Livestock, Insurance
and Drought in Rural Burkina Faso », Journal of Development Economics, 79 (2),
p. 413-446.
Koechlin V. et Leon G. [2007], « International Remittances and Income Inequality : An
Empirical Investigation », Journal of Economic Policy Reform, 10 (2), p. 123-141.
Kurukulasuriya P. et al. [2006], « Will African Agriculture Survive Climate Change ? »,
The World Bank Economic Review, 20 (3), p. 367-388.
Lachaud J.-P. [2012], « Crise ivoirienne, envois de fonds et pauvreté au Burkina Faso »,
Revue Tiers Monde, 183, p. 651-673.
Liu W. et Liu L. [2019], « Analysis of Dry/Wet Variations in the Poyang Lake Basin
Using Standardized Precipitation Evapotranspiration Index Based on Two Potential
Evapotranspiration Algorithms », Water, 11 (7), p. 1170-1380.
McKee T. B., Doesken N. J. et Kleist J. [1993], « The Relationship of Drought Frequency
and Duration to Time Scales », dans Proceedings of the 8th Conference on Applied
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Climatology, Boston, AMS, p. 179-183.
Maddison D. J. [2007], « The Perception of and Adaptation to Climate Change in Africa »,
The World Bank Policy Research Working Paper, 4308.
Marchiori L., Maystadt J.-F. et Schumacher I. [2012], « The Impact of Weather Anomalies
on Migration in Sub-Saharan Africa », Journal of Environmental Economics and
Management, 63 (3), p. 355-374.
Maurel M. et Tuccio M. [2016], « Climate Instability, Urbanisation and International
Migration », The Journal of Development Studies, 52 (5), p. 735-752.
Ministère de l’Économie et des Finances [2009], Analyse des résultats définitifs. Thème 8 :
Migrations. Recensement général de la population et de l’habitation de 2006 (RGPH
2006), Ouagadougou, Ministère de l’Économie et des Finances du Burkina Faso.
Misselhorn A. A. [2005], « What Drives Food Insecurity in Southern Africa ? A Meta-
analysis of Household Economy Studies », Global Environmental Change, 15 (1),
p. 33-43.
Mohapatra S., Joseph G. et Ratha D. [2012], « Remittances and Natural Disasters : Ex-post
Response and Contribution to Ex-ante Preparedness », Environment, Development and
Sustainability, 14 (3), p. 365-387.
Niang I. et al. [2014], « Chapter 22 : Africa », dans C. B. Field et al. (dir.), Climate Change
2014 – Impacts, Adaptation and Vulnerability : Part A : Global and Sectoral Aspects.
Working Group II Contribution to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental
Panel on Climate Change, Cambridge, Cambridge University Press.
Niimi Y., Ozden C. et Schiff M. [2010], « Remittances and the Brain Drain : Skilled
Migrants Do Remit Less on JSTOR », Annals of Economics and Statistics, 97/98,
p. 123-141.
Palmer W. C. [1965], « Meteorological Drought », Weather Bureau Research Paper, 45.
Pangaribowo E. H., Gerber N. et Torero M. [2013], « Food and Nutrition Security
Indicators : A Review », ZEF Working Paper, 78.
Piché V. et Cordell D. [2015], Entre le mil et le franc. Un siècle de migrations circulaires
en Afrique de l’Ouest. Le cas du Burkina Faso, Québec, Presses de l’Université du
Québec.
Pinstrup-Andersen P. [2009], « Food Security : Definition and Measurement », Food
Security, 1 (1), p. 5-7.
Porter C. [2012], « Shocks, Consumption and Income Diversification in Rural Ethiopia »,
Journal of Development Studies, 48 (9), p. 1209-1222.
Porter J. R. et Xie L. [2014], « Chapter 7 : Food Security and Food Production Systems »,
dans C. B. Field et al. (dir.), Climate Change 2014 – Impacts, Adaptation and

77

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

Vulnerability : Part A : Global and Sectoral Aspects. Working Group II Contribution


to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change,
Cambridge, Cambridge University Press.
Ratha D., Mohapatra S., Özden C., Plaza S., Shaw W. et Shimeles A. [2011], Leveraging
Migration for Africa : Remittances, Skills, and Investments, Washington (D. C.), The
World Bank.
Reardon T., Matlon P. et Delgado C. [1988], « Coping with Household-Level Food
Insecurity in Drought-Affected Areas of Burkina Faso », World Development, 16 (9),
p. 1065-1074.
Schmidhuber J. et Tubiello F. N. [2007], « Global Food Security under Climate Change »,
PNAS, 104 (50), p. 19703-19708.
Secrétariat permanent du Conseil national pour l’environnement et le développement
durable [2007], Programme d’action national d’adaptation à la variabilité et aux
changements climatiques (PANA du Burkina Faso), Ouagadougou, Ministère de l’En-
vironnement et du Cadre de vie.
Sen A. K. [1982], Poverty and Famines : An Essay on Entitlement and Deprivation,
Oxford, Clarendon Press.
Stagge J. H., Tallaksen L. M., Xu C. Y. et Van Lanen H. A. J. [2014], « Standardized
Precipitation-Evapotranspiration Index (SPEI) : Sensitivity to Potential
Evapotranspiration Model and Parameters », dans T. Daniell (dir.), Hydrology in a
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Changing World : Environmental and Human Dimensions, Wallingford, IAHS Press,
p. 367-373.
Vicente-Serrano S. M., Beguería S. et López-Moreno J. I. [2010], « A Multiscalar Drought
Index Sensitive to Global Warming : The Standardized Precipitation Evapotranspiration
Index », Journal of Climate, 23 (7), p. 1696-1718.
Woodruff C. et Zenteno R. [2007], « Migration Networks and Microenterprises in
Mexico », Journal of Development Economics, 82 (2), p. 509-528.
World Bank [2010], Migration and Remittances Factbook 2011, Washington (D. C.),
The World Bank.
Wouterse F. [2010], « Remittances, Poverty, Inequality and Welfare : Evidence from
the Central Plateau of Burkina Faso », The Journal of Development Studies, 46 (4),
p. 771-789.
Wouterse F. et Taylor J. E. [2008], « Migration and Income Diversification : Evidence
from Burkina Faso », World Development, 36 (4), p. 625-640.
Yang D. et Choi H. [2007], « Are Remittances Insurance ? Evidence from Rainfall Shocks
in the Philippines », The World Bank Economic Review, 21 (2), p. 219-248.
Zezza A., Carletto C., Davis B. et Winters P. [2011], « Assessing the Impact of Migration
on Food and Nutrition Security », Food Policy, 36 (1), p. 1-6.

78

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

ANNEXES

I. Localisation des villages enquêtés et des stations météorologiques

Au Burkina Faso, il existe 13 régions administratives englobant 45 provinces. Les


régions observées dans cette enquête sont : Boucle du Mouhoun, Centre-Est, Centre-Ouest,
Centre, Centre-Nord, Nord, Hauts Bassins. Les provinces observées dans cette enquête sont
Banwa, Sourou, Kadiogo, Namentenga, Sanmatenga, Boulkiemde, Boulgou, Tuy, Passoré,
Yatenga. Sept régions sur 13, 10 provinces sur 45 et 78 villages sur 9 000 ont été enquêtés
en 2009. La carte A1 ci-dessous présente la localisation des dix stations météorologiques
et des ménages enquêtés dans les régions du Burkina Faso.

Carte A1. Ménages enquêtés et stations météorologiques


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

Source : Banque mondiale et auteurs.

79

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Transferts de migrants, sécurité alimentaire et variabilité climatique

II. Construction de l’indice de sécurité alimentaire

Tableau A1. Matrice de corrélation des variables utilisées dans la construction


de l’indice de sécurité alimentaire

Pièce Dépenses en Dépenses Robinet


séparée pour viande, œufs en céréales, interne
la cuisine et poisson tubercules
et légumes
Pièce séparée pour 1,000
la cuisine
Dépenses en viande, 0,022 1,000
œufs et poisson
Corrélation
Dépenses en 0,008 0,168 1,000
céréales, tubercules
et légumes
Robinet interne 0,076 0,063 0,095 1,000
© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Tableau A2. Indice KMO et test de Bartlett

Mesure de l’adéquation de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin 0,531


Khi-carré approx. 96,527
Test de sphéricité de Barlett Degrés de liberté 6
Niveau de significativité 0,000

Note : Le test de Barlett de la sphéricité est significatif, ce qui indique que l’hypothèse nulle selon laquelle il n’existe
pas de corrélations entre les variables peut être rejetée.

Tableau A3. Communalités

Initial Extraction
Pièce séparée pour la cuisine 1,000 0,718
Dépenses en viande, œufs et poisson 1,000 0,528
Dépenses en céréales, tubercules et légumes 1,000 0,566
Robinet interne 1,000 0,452

80

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81


Tebkieta Alexandra Tapsoba, Pascale Combes Motel, Jean-Louis Combes

III. Méthode d’extraction : analyse en composantes principales

Figure A1. Courbe des valeurs propres


© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])

© Presses de Sciences Po | Téléchargé le 09/05/2023 sur [Link] via Université de Poitiers (IP: [Link])
Note : Seules les deux premières valeurs propres supérieures à 1 sont conservées pour calculer l’indice de sécurité
alimentaire. Deux composantes ont des valeurs propres supérieures à 1, comme le montre la figure. Ce sont donc
ces deux composantes et le « loadings » des variables qui sont présentées dans le tableau 3.
Source : Calcul des auteurs à partir de l’enquête de la Banque mondiale de 2009.

81

Revue économique – vol. 74, n° 2, mars 2023, p. 53-81

Vous aimerez peut-être aussi