Le XVIIème siècle est une période qui marque un véritable tournant littéraire en France car il suit
le tournant politique : celui de Louis XIV, le Roi Soleil. D’un désordre laissé par la Renaissance, on
se dirige vers un ordre rigoureux qui caractérise les auteurs modernes de cette période comme
Molière ou La Fontaine.
Voici un tableau récapitulatif des grands mouvements de la littérature en France au XVIIème
siècle :
Mouvement Caractéristiques Exemples
Burlesque Utilisation du vulgaire et de l’humour dans un cadre sérieux, comique de
situation et violent Molière
Classicisme Idéal de l’honnête homme, recherche de la perfection et utilisation de la raison
Molière, Boileau, Racine, Corneille
Quiétisme Cheminement vers Dieu par la passivité spirituelle, absence d’activité Fénélon,
Madame Guyon
Préciosité Recherche de l’embellissement de la langue française, raffinement extrême
Madeleine de Scudéry, Madame de Lafayette
Moralisme Réflexion sur les mœurs, remise en cause des coutumes et façons de vivre
Blaise Pascal, La Rochefoucauld, La Fontaine
Baroque Mise en valeur de l’émotion et du sensible face à la raison, utilisation de
l’imaginaire, des contrastes et des allégories Théophile de Viau, Théodore Agrippa d’Aubigné,
Jean de Sponde
Voici un tableau récapitulatif des auteurs français du XVIIème siècle les plus célèbres :
Auteur Dates Œuvres
René Descartes 1596-1650 Discours de la Méthode
Pierre Corneille 1606-1684 Le Cid, Médée, L’Illusion Comique
Madeleine de Scudéry 1607-1701 Ibrahim ou l’Illustre Bassa, Artamène ou le Grand Cyrus,
Clélie, histoire romaine
Jean de la Fontaine 1621-1695 Le Lièvre et la Tortue, Le Lion et le Rat, la Cigale et la
Fourmi, Le Corbeau et le Renard
Molière1622-1673 L’Ecole des Femmes, Le Bourgeois Gentilhomme, Le Malade Imaginaire,
L’Avare, Le Tartuffe
Pascal 1623-1662 Pensées, Les Provinciales
Mme de Sévigné 1626-1696 Lettres
Charles Perrault 1628-1703 Peau d’Âne, La Belle au Bois Dormant, Le Petit Chaperon
Rouge, Cendrillon, Le Petit Poucet
Mme de Lafayette 1634-1693 La Princesse de Clèves, Zaïde, La Princesse de
Montpensier, La Comtesse de Tende
Nicolas Boileau 1636-1711 Les Satires, Le Lutrin, L’Art Poétique
Jean Racine 1639-1699 Andromaque, Britannicus, Bérénice, Iphigénie, Phèdre
La Bruyère 1645-1696 Les Caractères
Les thèmes littéraires à l’aube du XVIIIème siècle : a) L’idéal honnête homme b)la querelle des
anciens et des modernes c) Plaire et Instruire
Les thèmes littéraires à l’aube du XVIIIème siècle
La littérature du XVIIème siècle est partagée entre les idéaux du classicisme, l’alternative
baroque et les revendications précieuses.
L’idéal de l’honnête homme
C’est un idéal de l’âge classique. L’honnête homme est d’abord un homme de la bonne société.
La qualité première est la mesure : s’il est cultivé, il ne le montre pas trop ; s’il est passionné, il
doit se maîtriser ; son goût doit s’écarter des extrêmes et cultiver la nuance. Dans les comédies
de Molière, les hommes de bon sens qui s’opposent aux esclaves de leurs vices et de leurs
obsessions représentent bien cet idéal ; c’est par exemple Chrysalde quand il s’efforce de
raisonner Arnolphe dans l’École des femmes. Voici un extrait de La Bruyère dans lequel il décrit
le portrait d’une personne allant à l’encontre de l’idéal de l’honnête homme :
« J’entends Théodecte de l’antichambre; il grossit sa voix à mesure qu’il s’approche; le voilà
entré : il rit, il crie, il éclate, on bouche ses oreilles, c’est un tonnerre. Il n’est pas moins
redoutable par les choses qu’il dit que par le ton dont il parle. Il ne s'apaise, et il ne revient de ce
grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sottises. Il a si peu d’égard au temps, aux
personnes, aux bienséances, que chacun a son fait sans qu’il ait eu l’intention de le lui donner; il
n’est pas encore assis qu’il a, à son insu, désobligé toute l’assemblée. A-t-on servi, il se met le
premier à table et dans la première place; les femmes sont à sa droite et à sa gauche. Il mange, il
boit, il conte, il plaisante, il interrompt tout à la fois. Il n’a nul discernement des personnes, ni du
maître, ni des conviés; il abuse de la folle déférence qu’on a pour lui. Est-ce lui, est-ce Euthydème
qui donne le repas ? Il rappelle à soi toute l’autorité de la table; et il y a un moindre inconvénient
à la lui laisser entière qu’à la lui disputer. Le vin et les viandes n’ajoutent rien à son caractère; Si
on joue, il gagne au jeu; il veut railler celui qui perd, et il l’offense; les rieurs sont pour lui : il n’y a
sorte de fatuités qu’on ne lui passe ».
Le Classicisme. Le terme de classiscisme a été créé par la critique, au XIX
siècle. Il se fonde en réaction à l’esthétique baroque.
Réaction à l’esthétique baroque. En effet, le classicisme est d’abord un art de la maîtrise :
maîtrise des passions, maîtrise de l’imagination et également de l’écriture. Car le style classique
est très sobre. On cherche le mot juste, la phrase claire et bien rythmée : «ce qui se conçoit bien
s’énonce clairement», dit Boileau. Cette maîtrise est soutenue par la présence de règles (par
exemple, les règles du théâtre classique) et l’imitation des grands écrivains de la culture antique.
On ne cultive pas le fuyant et l’éphémère, tout au contraire : on pense qu’il existe un être
humain universel présent à travers toutes les époques, et l’art est chargé d’exprimer ce caractère
universel de l’être et de la pensée.
Voici un tableau récapitulatif des grands mouvements de la littérature en France au XVIIème
siècle :
Mouvement Caractéristiques Exemples
Burlesque Utilisation du vulgaire et de l’humour dans un cadre sérieux, comique de
situation et violent Molière
Classicisme Idéal de l’honnête homme, recherche de la perfection et utilisation de la raison
Molière, Boileau, Racine, Corneille
Quiétisme Cheminement vers Dieu par la passivité spirituelle, absence d’activité Fénélon,
Madame Guyon
Préciosité Recherche de l’embellissement de la langue française, raffinement extrême
Madeleine de Scudéry, Madame de Lafayette
Moralisme Réflexion sur les mœurs, remise en cause des coutumes et façons de vivre
Blaise Pascal, La Rochefoucauld, La Fontaine
Baroque Mise en valeur de l’émotion et du sensible face à la raison, utilisation de
l’imaginaire, des contrastes et des allégories Théophile de Viau, Théodore Agrippa d’Aubigné,
Jean de Sponde