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Module 2

Le document traite du moment d'une force, défini comme la capacité d'une force à provoquer une rotation autour d'un axe, dépendant de la force appliquée et de la distance au point de rotation. Il présente les calculs associés, les unités, et les conventions de signe pour déterminer le sens de rotation. Des exercices résolus illustrent les méthodes de calcul du moment dans différents scénarios.

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Arnaud BOUVIER
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Module 2

Le document traite du moment d'une force, défini comme la capacité d'une force à provoquer une rotation autour d'un axe, dépendant de la force appliquée et de la distance au point de rotation. Il présente les calculs associés, les unités, et les conventions de signe pour déterminer le sens de rotation. Des exercices résolus illustrent les méthodes de calcul du moment dans différents scénarios.

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M O D U L E 2 - M O M E N T ET C O U P L E D E F O R C E S

p. 58
6.2 DEFINITION DU MOMENT D’UNE FORCE
Lorsqu'on serre un écrou, lorsqu'on visse un tire-bouchon, lorsqu'on agit sur le volant d'une voiture, le solide en question tend à tourner
sur lui-même; il subit un mouvement de rotation.

À la tendance d'une force à déplacer le corps selon la direction de sa ligne d'action, il faut donc ajouter l'autre tendance d'une force
qui cherche à mettre le corps en rotation autour d'un axe. Cet axe peut être une ligne quelconque qui ne rencontre pas la ligne d'action
de cette force et qui ne lui est pas parallèle. La tendance que possède une force à imprimer une rotation porte le nom de moment
de cette force. On définira le moment comme la capacité que possède une force de mettre le corps étudié en rotation autour d’un axe donné.

À titre d'exemple courant et révélateur du concept de moment, considérons la clé


anglaise de la figure ci-contre. On comprend sans effort que l'un des effets de la force
appliquée à angle droit sur la poignée de la clé est de vouloir faire tourner le tube autour
de son axe vertical.

La grandeur de cette tendance est fonction à la fois de la grandeur de la force F (pour


une même distance, plus F augmente, plus la tendance à la rotation sera grande) et de
la distance effective d de la poignée de la clé (pour une même force, plus d augmente,
plus la tendance à la rotation sera grande). L'expérimentation sur le cas familier qu'est
une porte montre que ces deux seuls facteurs influencent la tendance plus ou moins
grande qu'à une force pour mettre un corps (ici, la porte) en rotation. Il découle de ceci
que la grandeur du moment a comme définition M = F . d

L'entre-distance d de la force à l'axe s'appelle le bras de levier de la force, c’est la distance entre la ligne d’action de la force et le
pôle, point autour duquel on tourne; donc, une force F a un moment nul si sa ligne d'action contient le pôle A puisque dans ce cas,
d=0

Le moment est une action de rotation provoquée par une force.

Un moment dépend de 3 paramètres :


1. Un point de rotation O
2. Une force F
3. Un bras de levier50 d
Si la force F ┴51 au bras de levier d, on peut déterminer l’intensité d’un moment suivant : M = F * d

L’unité d’un moment est donc logiquement le Newton * mètre52

F est toujours positif dans cette formule.


Le signe d’un moment dépend uniquement de son sens de rotation :
Un sens horlogique53 négatif
Un sens anti-horlogique54 positif

Une technique très simple permet de déterminer le sens de rotation concret du moement d’une force:

Place un crayon le long du bras de levier d.


Maintenir un doigt appuyé sur le point de rotation O.
Pousser le crayon :
A l’endroit où s’applique la force F.
Dans le même sens que F.

Cas où M = 0 :

Si F passe par le point de rotation.


Une porte ne peut pas s’ouvrir si on pousse sur ses charnières.

Si F //55 d.
Une porte ne peut pas s’ouvrir si on pousse parallèlement à la porte.

50 Distance entre le point de rotation et la force.


51 Symbole qui signifie « est perpendiculaire à ».
52 A ne pas confondre avec le N/m qui est lui, l’unité d’une charge répartie.
53 Sens des aiguilles d’une montre.
54 Sens inverse des aiguilles d’une montre.
55 Symbole qui signifie « est parallèle à ».
p. 59
[Link] Exercice résolu
Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment de la force F par rapport au point O, sachant que :
F = 100 N
d=4m

Etape 1 : Déterminer le sens de rotation du moment.


La méthode du crayon détermine un sens horlogique négatif.
Etape 2 : La force F ┴ son bras de levier d. On peut donc directement calculer le moment.
Mo = - (F) (d)
ó Mo = - (100 N) (4 m)
ó Mo = - 400 N*m
C’est le signe « - » qui indique que le moment tourne dans un sens horlogique.

La réponse attendue dans les tests sur l’UV est donc bien : - 400 N*m

6.3 CARACTÉRISTIQUES VECTORIELLES


Si on fait glisser la force le long de sa ligne d’action, on observe que la tendance à la
rotation reste la même; que le moment de la force F par rapport au pôle P reste le même
(le principe du Glissement reste valable pour la tendance à la rotation).

On peut donc écrire que l'intensité du moment en fonction de la distance entre le pôle
P et le point d'application de la force M F/P = F . AP . sinα puisque, comme le montre le
schéma ci-contre, si on déplace le point d'application de P à P',
M = F . d = F . AP . sin α = F . AP' . sin α'

Nous avons que cette intensité du moment rendra compte de la tendance à la rotation
autour d'un axe, donc d'une direction. Une Intensité combinée à une direction. Nous
pouvons donc dire qu'un moment a les dimensions d'un vecteur!

La figure ci-contre représente un corps bidimensionnel soumis à une force F se trouvant


dans son plan. Le moment est un vecteur M ayant la direction perpendiculaire au plan
contenant la force qui le produit et le point autour duquel le corps tend à tourner (son
pôle). Le sens de M dépend de la position de la force F par rapport à l'axe.

Pour déterminer le sens du moment M on utilise la règle de la main droite illustrée à la


figure ci-contre. On peut imaginer que le moment de F autour de O-O est un vecteur
qui pointe vers le haut du pouce. Les autres doigts s'enroulent dans le sens de la force
F qui tend à mettre le corps en rotation.

Le moment M respecte toutes les règles du calcul vectoriel et on peut le considérer


comme un vecteur glissant dont la ligne d'action coïncide avec l'axe de la rotation.
Nous utiliserons comme unité du moment, le newton-mètre (N.m) ou le kilogramme-
mètre (kg.m), selon les données des problèmes.

Comme précédemment56, nous pourrons donc écrire M en fonction de son sens, de


son intensité et d'un vecteur unitaire, k, lié à sa direction suivant l'expression
vectorielle: M = M.k = +/- || M || . k, où M est la composante de M suivant k, et || M ||
(également notée en italique M) est l'intensité du moment.

56 Voir le point 6.1, p. 26


p. 60
6.4 MOMENT DANS LE CAS PLAN | MÉTHODE DU “BRAS DE LEVIER”
Quand on travaille avec des forces qui sont toutes dans un même plan (ce qui sera le cas dans le cadre de ce cours), il est habituel
de parler de moment par rapport à un point. En réalité, on veut dire un moment par rapport à l'axe perpendiculaire au plan qui passe
par ce point.
Les moments de forces par rapport à un point auront tous la même direction (perpendiculaire au plan des forces), leur composition
entre eux donnera donc aussi un vecteur perpendiculaire à ce même plan des forces.

Lorsque nous sommons des vecteurs moments ayant le même pôle, ceux-ci étant portés par le même axe z perpendiculaire au plan,
ils sont également portés par le même vecteur unitaire k. Sommer ces moments (vecteurs) revient donc, comme vu précédemment à
sommer des vecteurs colinéaires, et donc a sommer leurs composantes (scalaires)

Ces composantes porteront par convention un signe. La convention de signe retenue est celle liée au sens et à la définition de k (via
la règle de la main droite). Nous pourrons dès lors réduire un moment à ses points d’application, sens et intensité, en ayant
bien en tête que ce sens correspond à celui du vecteur unitaire k perpendiculaire au plan et sortant de celui-ci.

L'utilisation en tout temps dans un problème de la même convention de signe est primordiale quand on somme les composantes des
moments. Par contre, quand nous voudrons représenter le sens physique (réel) du moment, nous rendrons compte du sens réel du
moment et de sont intensité.

Donc, le moment de la force F par rapport au point O de la figure ci-contre, a comme


grandeur M = F.d et comme sens réel, le sens contraire des aiguilles d'une montre (sens
antihoraire).

La composante de ce moment suivant k par rapport au sens conventionnel positif (sens


anti-horaire, en lien avec la règle de la main droite) sera donc M = + F.d 57. La flèche
courbe ajoutée à cette figure est un code pratique pour représenter un moment dans les
analyses bidimensionnelles.

Si la distance d est aisée à calculer ou a priori connue, on peut calculer directement ce


moment via sa définition: Mo = F.d

6.5 MOMENT DANS LE CAS PLAN | MÉTHODE DU “THÉORÈME DE VARIGNON


Si par contre, d est inconnue, ou difficile à obtenir, on peut travailler de la manière suivante grâce au théorème de Varignon (démontré
dans les annexes de ce syllabus):

" Le moment d'une force par rapport à un point est égal à la somme des moments des forces qui la composent, par rapport
au même point."
Ou
"Le moment par rapport à un point O de la résultante des forces F1, F2,…, Fn , est égal à la résultante des moments, par
rapport à O, des F1, F2,…, Fn "

Sur base de la décomposition de F en ses composantes Fx et Fy et de ce théorème, nous pouvons donc dire que:

Donc, MF,O = MFx,O + MFy,O

Avec
MFx,O = - Fx . bras de levier de Fx par rapport à O, c'est-à-dire y
MFy,O = + Fy . bras de levier de Fy par rapport à O, c'est-à-dire x
dont la somme vaut: Mo = – [Link] + [Link]

Dans le calcul du moment d'une force par rapport à un point donné, la préférence à accorder à l’une de ces deux méthodes de
détermination : via la détermination du bras de levier, ou via la méthode des composantes, dépendra grandement de la façon de
spécifier la géométrie du problème:

§ Si la distance perpendiculaire entre la ligne d'action de la force et pôle est connue ou se déduit sans difficulté, alors la démarche
scalaire doit être privilégiée.
§ Au contraire, si le bras de levier est diffcile à obtenir, alors c'est la méthode des composantes qu'il faudra choisir.

57 Notez bien ici encore la distinction entre M et M suivant les définition des intensité et composante, p.23
p. 61
En conclusion, quand une force est appliquée sur un corps, deux grandeurs de natures différentes apparaissent:

§ la force proprement dite,


§ le moment de cette force,

auxquelles s'associent les déplacements, de nature distincte également:

§ la translation d'ensemble,
§ la rotation d'ensemble.

Vu leur nature différente, forces et moments ne peuvent se combiner (écrire F+ M n'a pas de sens).

6.5.1 Exercice résolu

[Link] Exercice résolu 1 « Console métallique »


Calculez de cinq manières différentes la grandeur du moment par rapport au point O
de la force de 600 N agissant sur la pièce métallique.

Solution I
Le bras de levier de la force de 600 N est d = 4 cos 40° + 2 sin 40° = 4,35 m
Le sens58 de la force de 600 N indique que le moment par rapport au point 0 est dans
le sens horaire et que la grandeur de ce moment est M0 = 600(4,35) = 2610 N.m

Solution II
Remplaçons la force par ses composantes rectangulaires 59 en A dont les intensités
valent : F1 = 600 cos 40° = 460 N, F2 = 600 sin 40° = 386 N
Le moment par rapport au point O a la grandeur suivante: M0 = 460(4) + 386(2)
= 2610 N.m

Solution III
D'après le principe du glissement, déplaçons la force de 600 N selon sa ligne d'action
jusqu'au point B, ce qui élimine le moment de la composante F2. Le bras de levier de
F1 devient:
d1 = 4 + 2tan40° = 5,68m ce qui donne comme moment par rapport au point O
Mo = 460(5,68) = 2610 N.m

Solution IV
Faisons glisser60 la force jusqu'au point C afin d'éliminer le moment de la composante
F1. Le bras de levier de F2 est
d2 = 2 + 4 cot 40° = 6,77 m d'où le moment par rapport au point O résulte
Mo = 386(6,77) = 2610 N.m

58 Les relations géométriques dans ce problème et dans les problèmes semblables sont évidentes si le croquis est précis
59 Cette marche à suivre est souvent la plus rapide
60 Le fait que les points S et C ne soient pas sur le corps même ne crée aucune diffi¬culté, puisque le calcul mathématique du moment d'une force n'oblige pas la force
à se trouver sur le corps.
p. 62
[Link] Exercice résolu 1 « Moement résultant de F1 et F2»
Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment des forces F1 et F2 au point O, sachant que :
F1 = 100 N
F2 = 200 N
d1 = 3 m
d2 = 2 m
α = 30°
β = 60°

Etape 1 : Déterminer le moment provoqué par la force F1 au point O.


F1 ┴ d1 et le moment de F1 tourne dans un sens anti-horlogique positif.
Mo(F1) = + (F1) (d1)
ó Mo(F1) = (100 N) (3 m)
ó Mo(F1) = 300 N*m

Etape 2 : Déterminer l’angle entre F2 et d2


Rappel : Les angles alternes-internes ont une même amplitude.
On peut ainsi déterminer que F2 ┴ d2

Etape 3 : Déterminer le moment provoqué par la force F2 au point O.


Le moment tourne dans un sens horlogique négatif.
Mo(F2) = - (F2) (d2)
ó Mo(F2) = - (200 N) (2 m)
ó Mo(F2) = - 400 N*m

Etape 4 : Déterminer le moment total au point O.


On applique le théorème de Varignon en additionnant les 2 moments :
Mo = Mo(F1) + Mo(F2)
ó Mo = 300 N*m + (- 400 N*m)
ó Mo = - 100 N*m

[Link] Exercice résolu 2


Déterminer l’intensité de la force F2, si le moment des forces F1 et F2 au point O est nul, sachant que :
F1 = 100 N
d1 = 3 m
d2 = 2 m
α = 90°

Etape 1 : Déterminer le moment provoqué par la force F1 au point O.


F1 ┴ d1 et le moment de F1 tourne dans un sens anti-horlogique positif.
Mo(F1) = + (F1) (d1)
ó Mo(F1) = (100 N) (3 m)
ó Mo(F1) = 300 N*m

Etape 2 : Déterminer le moment provoqué par la force F2 au point O.


F2 ┴ d2 et le moment de F2 tourne dans un sens horlogique négatif.
On ne connait pas la valeur de l’intensité de F2. On la garde donc comme inconnue.
Mo(F2) = - (F2) (d2)
ó Mo(F2) = - (F2) (2 m)
ó Mo(F2) = - 2 F2

Etape 3 : Appliquer le théorème de Varignon pour déterminer l’intensité de la force F2.


L’énoncé indique que le moment total est nul.

Mo = Mo(F1) + Mo(F2)
ó 0 = 300 N*m - 2 F2
ó 2 F2 = 300 N*m
300 N*m
ó F2 =
2m
p. 63
ó F2 = 150 N

[Link] Exercice résolu 3 « F désaxée »


Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment de la force F au point O, sachant que :
F = 100 N
d=3m
α = 60°

Etape 1 : Cette fois-ci la force F n’est plus ┴ bras de levier d. Pour retourner à un système pareil, il faut décomposer la force F suivant
ses composantes Fx et Fy
Fx est dans le prolongement de d.
Fy ┴ d.
On obtient ainsi un système composé de 2 forces (Fx et Fy) qui provoquent chacune un moment. Selon le théorème de Varignon la
somme des 2 moments = le moment que provoque la force F.

Etape 2 : Déterminer le moment provoqué par Fx au point O.


Fx glisse sur son axe jusqu’au point de rotation O.
Rappel : M = 0 si la force F passe par le point de rotation.
Mo(Fx) = 0 N*m

Etape 3 : Déterminer le moment provoqué par Fy au point O.


Fy ┴ d et provoque ainsi un moment qui tourne dans un sens anti-horlogique positif.
Mo(Fy) = (Fy) (d)
ó Mo(Fy) = (100 sin 60°) (3)
ó Mo(Fy) = 259,808 N*m

Etape 4 : Appliquer le théorème de Varignon pour déterminer le moment de la force F.


Mo = Mo(Fx) + Mo(Fy)
ó Mo = 0 N*m + 259,808 N*m
ó Mo = 259,8 N*m
Le signe positif indique un sens anti-horlogique.

[Link] Exercice résolu 4 « d désaxé »


Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment de la force F au point O, sachant que :
F = 100 N
d=3m
α = 30°

Etape 1 : Tout comme la force F, le bras de levier d peut être décomposé suivant ses composantes scalaires dx et dy
dx = d cos α
ó dx = 3 cos 30°
ó dx = 2,598 m
dy = d sin α
ó dy = 3 sin 30°
ó dy = 1,5 m

Etape 2 : Déterminer le moment de la force F au point O.


Rappel : M = 0 si F // d.
En faisant glisser la force F le long de son axe, F ┴ dx. Ce qui provoque un moment qui tourne dans
un sens anti-horlogique positif.
F // dy. Ce qui provoque un moment nul.

Mo = (F) (dx) + 0 N*m


p. 64
ó Mo = (100 N) (2,598 m)
ó Mo = 259,8 N*m

[Link] Exercice résolu 5 « dF et d désaxés »


Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment de la force F au point O, sachant que :
F = 100 N
d=3m
α = 30°
β = 60°

Etape 1 : Décomposer la force F suivant ses composantes Fx et Fy


Fx = 100 cos 60°
ó Fx = 50 N
Fy = 100 sin 60°
ó Fy = 86,603 N

Etape 2 : Décomposer le bras de levier d suivant ses composantes dx et dy


dx = 3 cos 30°
ó dx = 2,598 m
dy = 3 sin 30°
ó dy = 1,5 m

Etape 3 : Déterminer le moment de la force F au point O.


Rappel : M = 0 si F // d.
Fx // dx. Ce qui provoque un moment nul.
Fx ┴ dy. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens horlogique négatif.
Fy ┴ dx. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens anti-horlogique positif.
Fy // dy. Ce qui provoque un moment nul.

Mo = 0 N*m - (Fx) (dy) + (Fy) (dx) + 0 N*m


ó Mo = - (50 N) (1,5 m) + (86,603 N) (2,598 m)
ó Mo = - 75 N*m + 224,995 N*m
ó Mo = 150 N*m

[Link] Exercice résolu 6


Déterminer l’intensité de la force F3, si le moment des forces F1, F2 et F3 au point O
est nul, sachant que :
F1 = 200 N
F2 = 100 N
a=1m
b=5m
c=4m
α = 30°

Etape 1 : Déterminer les composantes F1x et F1y de la force F1


Rappel : Dans le calcul d’un moment, les forces sont positives. Seul le sens de rotation du moment détermine son signe.
Il est donc inutile de déterminer le signe des composantes scalaires.
F1x = F1
ó F1x = 200 N
F1y = 0

Etape 2 : Déterminer les composantes F2x et F2y de la force F2


F2x = 0
F2y = F2
ó F2y = 100 N
p. 65
Etape 3 : Déterminer les composantes F3x et F3y de la force F3
On ne connait pas la valeur de l’intensité de F3. On la garde donc comme inconnue.
F3x = F3 sin α
ó F3x = F3 sin 30°
ó F3x = 0,5 F3

F3y = F3 cos α
ó F3y = F3 cos 30°
ó F3y = 0,866 F3

Etape 4 : Appliquer le théorème de Varignon pour déterminer l’intensité de la force F3

F1y et F2x = 0. Elles provoquent donc un moment nul.


En faisant glisser les forces F1x et F2y le long de leur axe :
F1x ┴ a. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens anti-horlogique positif.
F2y ┴ b. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens horlogique négatif.
F3x ┴ c, Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens anti-horlogique positif.
F3y passe par le point de rotation O. Ce qui provoque un moment nul.

On additionne tous les moments non nuls ensemble pour détermine l’intensité de la force F3. L’énoncé indique que le moment total
est nul.

Mo = (F1x) (a) - (F2y) (b) + (F3x) (c)


ó 0 = (200 N) (1 m) - (100 N) (5 m) + (0,5 F3) (4 m)
ó 0 = 200 N*m - 500 N*m + (F3) (2 m)
ó (F3) (2 m) = 300 N*m

300 N*m
ó F3 =
2m
ó F3 = 150 N

[Link] Exercice résolu « Expression vectorielle »


Nous avons vu que chaque axe a son propre vecteur unitaire :
Axe x → vecteur unitaire ⃗i
Axe y → vecteur unitaire ⃗j
Il existe également un 3ème axe :
Axe z → vecteur unitaire k"⃗

Cet axe z correspond à l’axe autour duquel le moment M tourne.


"""⃗ = M * "⃗
M k

Déterminer l’expression vectorielle du moment de la force F au point O, sachant que :


F = 100 N
α = 60°

Etape 1 : Déterminer les composantes Fx et Fy de la force F


Fx = F sin α
ó Fx = 100 sin 60°
ó Fx = 86,603 N
Fy = F cos α
ó Fy = 100 cos 60°
ó Fy = 50 N

p. 66
Etape 2 : Déterminer le moment de la force F au point O.
En faisant glisser la composante Fx le long de son axe, Fx ┴ 2. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens horlogique
négatif.
En faisant glisser la composante Fy le long de son axe, Fy ┴ 3. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens anti-horlogique
positif.

Mo = - (Fx) (2) + (Fy) (3)


ó Mo = - (86,603) (2) + (50) (3)
ó Mo = - 173,206 + 150
ó Mo = - 23,206

Etape 3 : Déterminer l’expression vectorielle du moment.


L’expression vectorielle d’un moment = l’intensité du moment, son sens, multiplié au vecteur unitaire "⃗k.
"""⃗
M = Mo k"⃗
óM """⃗ = - 23,2 "⃗
k
La réponse attendue dans les tests sur l’UV est donc : - 23,2 k

______________________________________________________________________________
Une force F est appliquée perpendiculairement à l’extrémité d’une clé pour serrer un boulon
positionné au point A.
Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment provoqué par la force F par rapport au
centre O de la roue, sachant que :
F = 80 daN
a = 50 cm
b = 7 cm
α = 30°

Etape 1 : Dessiner une version simplifiée des forces en jeu.


On garde :
La force F.
Le bras de levier a.
La longueur b.
L’angle α.
Les points A et O.

Etape 2 : Déterminer l’angle entre la force F et l’horizontale.


Rappel : Les angles alternes-internes ont une même amplitude.
La force F forme un angle droit avec le bras de levier a.
α + β = 90°
ó β = 90° - 30°
ó β = 60°

Etape 3 : Décomposer la force F suivant ses composantes Fx et Fy


Même si la force F ┴ bras de levier a. On ne connait pas la longueur qui sépare la force F et le point de rotation O. Il est donc
nécessaire de décomposer la force F et le bras de levier a suivant leurs composantes scalaires.
Rappel : Dans le calcul d’un moment, les forces sont positives. Seul le sens de rotation du moment détermine son signe.
Il est donc inutile de déterminer le signe des composantes scalaires.
Fx = 80 cos 60°
ó Fx = 40 daN
Fy = 80 sin 60°
ó Fy = 69,282 daN

Etape 4 : Décomposer le bras de levier a suivant ses composantes ax et ay


ax = 50 cos 30°
p. 67
ó ax = 43,301 cm
ay = 50 sin 30°
ó ay = 25 cm

Etape 5 : Déterminer les distances entre le point O et les composantes Fx et Fy


distance (Fx, O)61 = distance (Fx, A)
ó distance (Fx, O) = ay = 25 cm
distance (Fy, O) = ax - b
ó distance (Fy, O) = 43,301 cm - 7 cm
ó distance (Fy, O) = 36,301 cm = c

Etape 6 : Déterminer le moment de la force F au point O.


Fx ┴ ay. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens horlogique négatif.
Fy ┴ c. Ce qui provoque un moment qui tourne dans un sens horlogique négatif.

Mo = - (Fx) (ay) - (Fy) (c)


ó Mo = - (40 daN) (25 cm) - (69,282 daN) (36,301 cm)
ó Mo = - 1000 daN*cm - 2515,006 daN*cm
ó Mo = - 3515 daN*cm

61
La distance entre la composante Fx et le point O.
p. 68
6.6 COUPLE DE FORCES
Deux forces égales, parallèles et de sens opposés constituent un couple de forces. Les couples possèdent des caractéristiques
uniques et interviennent dans des applications importantes de la mécanique.

Soit l'action des deux forces égales et opposées, ayant entre elles une distance d et agissant sur un corps. Que nous montre
l'expérience? L'action de ces deux forces met le corps en rotation mais aucune translation n'est observée.

En définissant comme sens positif le sens trigonométrique (anti-horlogique), intéressons-nous à


l'intensité de ce vecteur:

Elle est donnée par MR,O = F . (a + d) – F. a ou M = F. d


Remarquons particulièrement que la grandeur du couple ne dépend pas de la dimension a qui
situe les forces par rapport au point O. On peut donc bien confirmer que l’intensité du moment
résultant d'un couple de forces est identique pour tous points.

L'expérience montrant qu'aucune translation ne résulte de l'application d'un couple de forces, on peut aussi dire que tout moment
extérieur appliqué à un corps aura le même effet en tout point.

Pour donner une illustration pratique, c'est exactement ce qui se passe lorsque, des deux mains,
on agit sur un volant dans le but de le faire tourner. Le couple permet aussi de représenter un
moment quelconque par deux forces

Si on résume :

Un couple de forces est constitué de 2 forces :

• De même direction.
• De même intensité.
• De sens opposés.

Le couple de forces provoque un effet de rotation (un moment) dont le bras de levier d est la distance entre les 2 forces F.
C=F*d

Tout comme pour un moment, le signe d’un couple de forces dépend uniquement de son sens de
rotation :

• Un sens horlogique négatif


• Un sens anti-horlogique positif

Pour très simplement déterminer le sens de rotation d’un couple de forces :

1) Placer un crayon le long du bras de levier d.


2) Pousser le crayon :
• A l’endroit où s’applique les forces F.
• Dans le même sens que les forces F.
3) La rotation observée vous renseignera du sens positif ou négatif

p. 69
6.6.1 Exercice résolus

[Link] Exercice 1

L'élément de structure rigide est soumis à un couple formé de deux forces de 100 N. Remplacez
ce couple par un couple équivalent constitué de deux forces P et -P, chacune valant 400 N.
Déterminez l'angle θ. L'unité de mesure est le mm.

Solution
Le sens du couple original est antihoraire quand on regarde le plan des forces d'en haut, et sa
grandeur est donnée par M = [Link] = 100(0,1) = 10 N.m
Les forces P et -P produisent un couple antihoraire
M = 400(0,040) cos θ

En égalant ces deux expressions 62, on obtient


10 = 400(0,040) cos θ
θ = cos-1 10/16 = 51,3°

[Link] Exercice 2
Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment provoqué par le couple de forces, par
rapport au point O, sachant que :
F = 100 N
a=2m
b=4m

Etape 1 : Déterminer le sens de rotation du couple de forces.


Le moment tourne dans un sens horlogique négatif.

Etape 2 : Déterminer le moment provoqué par le couple de forces.


On demande de déterminer le moment provoqué par le couple de forces au point O, mais en réalité,
ce moment est le même partout. La double flèche est d’ailleurs souvent remplacée par une flèche
qui tourne autour d’un point pour représenter l’effet de rotation.
La distance a est donc complètement inutile.

C = - (F) (b)

ó C = - (100 N) (4 m)
ó C = - 400 N*m

62 Comme les deux couples sont des vecteurs libres parallèles, les seules dimensions importantes sont celles qui déterminent les distances perpendiculaires entre les
forces des couples.
p. 70
[Link] Exercice 4
Déterminer l’intensité et le sens de rotation du moment provoqué par le couple de forces, sachant que :
F = 100 N
a=3m
b=4m
α = 45°

Etape 1 : Dessiner la distance entre les 2 forces F.


Pour calculer le moment provoqué par le couple de forces, il est nécessaire de trouver la distance entre les 2 forces F.
La distance entre les 2 forces F = la mesure du segment perpendiculaire aux 2 forces F.
Il faut donc tracer une droite :

• ┴ 2 forces F.
• Passant par un point connu : le point O.

Rappel : Les angles alternes-internes ont une même amplitude.


On dessine ainsi 2 triangles rectangles :

• De côtés a et c et d’angle α.
• De côtés b et d et d’angle α.

Etape 2 : Déterminer la mesure du côté c.


On utilise le SOH des formules de SOH CAH TOA.

c
sin α =
a
c
ó sin 45° =
3m
ó c = 3 sin 45°
ó c = 2,121 m

Etape 3 : Déterminer la mesure du côté d.


On utilise le SOH des formules de SOH CAH TOA.

d
sin α =
b
d
ó sin 45° =
4m
ó d = 4 sin 45°
ó d = 2,828 m

Etape 4 : Calculer la distance entre les 2 forces F.

e=c+d
ó e = 2,121 m + 2,828 m
ó e = 4,949 m

p. 71
Etape 5 : Déterminer le sens de rotation du couple de forces.
Le moment tourne dans un sens anti-horlogique positif.

Etape 6 : Déterminer le moment provoqué par le couple de forces.

C = (F) (e)
ó C = (100 N) (4,949 m)
ó C = 494,4 N*m

[Link] Exercice 5 « Force inconnue »

On souhaite installer l’enseigne d’une pharmacie. Le mur est capable de


résister à une force d’arrachement des boulons F kN.
Déterminer le poids63 P maximum de l’enseigne, sachant que :
F = 200 daN
a = 10 cm
b = 70 cm

Etape 1 : Dessiner une version simplifiée des forces en jeu.


On garde :

• Le couple de forces F.
• Le poids P.
• Les bras de levier a et b.

Etape 2 : Déterminer le poids P maximum.


Avec cet exercice, on commence avec la notion d’équilibre. Le système comprend :

• Un poids P qui déséquilibre le système (il a tendance à le faire tomber à terre).


• Un couple de force F qui rééquilibre le système (il le maintient suspendu au mur).

Pour que le système reste à l’équilibre, le moment provoqué par le poids P = le moment provoqué par le couple de forces F. Dans ce
type d’équation, il est évident que les 2 moments tournent dans des sens opposés (vu qu’ils doivent s’annuler). Il est donc inutile de
chercher le signe des moments. On considère que les 2 moments sont positifs.

M(P) = M(F)

ó (P) (b) = (F) (a)


ó (P) (70 cm) = (200 daN) (10 cm)
ó (P) (70 cm) = 2000 daN*cm
2000 daN*cm
óP=
70 cm
ó P = 28,6 daN

63
On peut noter que le poids d’un objet s’applique, en général, en son centre.
p. 72
6.7 EXERCICES À RÉSOUDRE

12. Déterminez le moment de la force F par rapport ,


a) au point O
b) au point B
par la méthode du bras de levier, et par la méthode des composantes (Varignon)

13. La force F de 12 kN est appliquée au point A. Calculez le moment de F par rapport


au point O, en indiquant sa grandeur et son sens et son expression vectorielle.

14. La force P de 30 N est appliquée perpendiculairement à la partie BC de la tige


coudée. Trouvez le moment de P par rapport au point B et par rapport au point A.

15. Une force de 200 N est appliquée à l'extrémité de la clé afin de serrer un des
boulons de jante qui retient la roue sur le moyeu. Pour la position de clé illustrée,
déterminez le moment de cette force par rapport au centre O de la roue.

16. Calculez le moment MA de la force de 200 N par rapport au point A en utilisant trois
méthodes.

p. 73
17. La région lombaire inférieure A de la colonne vertébrale est la plus fragile en raison
de la résistance qu'elle oppose à une flexion excessive causée par le moment de la
force F par rapport à A. Pour des valeurs données de F, b et h, trouvez l'angle θ qui
sollicite la colonne en flexion le plus durement.

18. Si le moment résultant par rapport au point A de la force de 50 N et de la force P


est nul, obtenez graphiquement et algébriquement la grandeur de P. La plaque qui
reçoit la sollicitation de ces forces est divisée en carreaux.

19. La tête d'un mât est soumise aux deux forces représentées.
Déterminez la grandeur de T pour laquelle le mât ne subit aucune flexion (moment nul)
au point O.

20. Calculez le moment résultant des deux forces de 24 N par rapport,


a) au point O
b) au point A.

21. Chaque hélice du bateau à hélices jumelles développe une poussée pleine vitesse
de 300 kN. Lors de la manœuvre du bateau, une hélice tourne à plein régime vers
l'avant et l'autre vers l'arrière. Quelle poussée P chaque remorqueur doit-il appliquer
sur le bateau pour empêcher l'effet de rotation imprimé par les hélices ?

p. 74
7 RESULTANTE D’UNE FORCE RÉPARTIE

7.1 RÉSULTANTE DE FORCES PARALLÈLES


La figure suivante illustre ce cas avec deux forces; on a FR = F1 + F2
Dans ce cas-ci puisque les forces sont parallèles, on a aussi, FR = F1 + F2
Donc, FR = F1 + F2 , puisque ces deux forces ont ici le même sens.
puis, en choisissant arbitrairement le point A (et la distance b) 64 et en appliquant le
théorème de Varignon, on obtient:
MFR,A = b.F1 + (a + b).F2 = [Link] = (F1 + F2).dR

On peut ainsi facilement déterminer le bras de levier dR de la résultante.


Notons que dans le cas d'un système de forces parallèles, on a tout intérêt à choisir
un axe de coordonnées dans la direction des forces.

7.2 RÉSULTANTE DE FORCE RÉPARTIE


w=f(x)
y Intéressons-nous à présent à la détermination de la résultante d'une charge répartie
linéaire65. Ce type de forces est constitué d'un faisceau de forces parallèles,
s'appliquant sur tous les points d'une longueur donnée, et dont l'intensité w [N/m] peut
être constante ou variable (voir fig. ci-contre) 66

Pour traiter une charge répartie, nous ne disposons d'aucun outil. Nous allons donc
devoir, le plus précisément possible, assimiler une charge répartie à un faisceau de
forces ponctuelles parallèles.
x
0 L Partageons l'élément de longueur L sur lequel s'applique w [N/m] en une infinité de
petits segments de longueur dx [m]. Nous dirons que la charge ponctuelle
w=f(x)
y correspondant à la charge répartie w s'appliquant sur dx vaut [Link] [N]

Nous avons à présent un système d'un nombre infini de forces ponctuelles parallèles.
w(xi)

Grâce à ce que nous venons de voir au point 0, nous pouvons donc calculer l'intensité
w(x1)

et la position de sa résultante!

Nous l'avons vu ci-dessus au point 0, l'intensité R de la résultante vaudra la somme


des intensités des forces ponctuelles [Link] en ne perdant pas de vue que w est une
x fonction de x
¥
0 x1 xi L Donc, R = å w(x i ).dx
i =1

Cette somme infinie revient à chercher l'intégrale de w(x), càd, l'aire sous la courbe de
w, de 0 à L! 67
y ¥ L
Donc, R = å w(x i ).dx = ò [Link]
w(xi).dx

i =1
w(x1).dx

Reprenons à présent le théorème de Varignon pour la détermination de la position


de R.
Appelons r le bras de levier de la résultante par rapport au pôle O. On remarque que
x dans notre cas de forces parallèles, et avec le choix de nos axes, les bras de leviers
de nos forces ponctuelles parallèles seront les abscisses x.
0 x1 xi L
Nous pouvons donc écrire
¥ L
r .R = å x i .w(x i ).dx donc, r .R = ò [Link]
i =1 0
y
R

Ce calcul nous permettra de déterminer r, position de la force résultante R d'une charge


répartie w dont l'intensité vaudra l'aire mesurée sous sa courbe.

x
0 r

64 On aurait pu choisir le point A sur le support de F1 pour simplifier les calculs (b = 0).
65 Voir point 5.3.1, p. 25
66 Dans le cadre de ce cours, nous étudierons principalement les cas où elles sont constantes ou linéairement variables.
67 Voir le rappel mathématique sur les intégrales en annexe, au point 35.3, p.4
p. 75
7.2.1 Cas courants de charges réparties
A l’inverse d’une force qui s’applique sur un point ponctuel, une charge répartie est une série de forces parallèles qui s’appliquent sur
une longueur donnée.

La figure ci-dessous illustre les trois situations de charge répartie les plus courantes et les résultantes correspondantes.

Nous avons constaté au point précédent que la charge résultante R est représentée par l'aire donnée par le produit de la grandeur w
(force par unité de longueur) par la longueur L sur laquelle cette force est répartie. Les premiers cas reviendront régulièrement dans
les chapitres suivants, ayez-les présent à l'esprit.

Dans la situation c), l'aire trapézoïdale est fractionnée en une zone rectangulaire et une zone triangulaire, et les résultantes
correspondantes R1 et R2 de ces zones sont calculées séparément. Généralement, la détermination d'une résultante unique n'est pas
une nécessité.

Démontrons-le pour le cas d'une charge répartie linéaire

y w(L) Déterminons d'abord l'équation de la droite w=f(x)


Son équation sera du type y = a.x + b
w=f(x)
Que valent ces deux nombres a (coefficient directeur) et b (terme indépendant)?
x △y w(L) − 0 w(L)
a= = =
0 L △x L−0 L
Cette droite passant par l'origine (0,0), on peut donc écrire que:
w(L)
0= × 0 + b donc, b=0
L
w(L)
L'équation de cette droite est donc: y = ×x
L
Que vaut l'intensité R de la résultante R?
L L L L
w(L) w(L) w(L) é x² ù w(L) L² w(L) × L
R = ò [Link] = ò
L ò0
× x × dx = x × dx = = × = 68

0 0
L L êë 2 úû 0 L 2 2
En appliquant Varignon, on a maintenant:
L
r .R = ò [Link]
y 0

Donc,
L
w(L) ⎡ x 3 ⎤ w(L) L3 w(L)⋅L2
L L L
w(L)⋅L w(L) w(L) 2
= ∫ [Link] = ∫ x ⋅
L ∫0
r. ⋅x ⋅dx = x ⋅dx = ⎢ ⎥ = ⋅ =
2 L L ⎣ 3 ⎦0 L 3 3
R

0 0

Donc,
w(L) × L w(L) × L²
x r. =
2 3
0 r = 2L/3 L
Donc,
2L
r=
3
Ceci signifie que la résultante d’une charge répartie triangulaire sera positionnée au
deux tiers de sa longueur d’application (à partir du point où sa valeur est nulle).

68 Ce qui correspond bien à l'aire du triangle de L de base et w(L) de hauteur


p. 76
7.2.2 Exercices résolus

[Link] Exercice résolu 1 Charge « plate »


Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge répartie, sachant que :
q = 2 N/m
L=6m

Souvent méprisées, les unités sont pourtant un parfait moyen de retrouver les formules :
Newton
La charge q [ ]
Mètre
La résultante R [ Newton ]

La longueur L [ Mètre ]
Newton
R [ Newton ] = q [ ] * L [ Mètre ]
Mètre
La charge « plate » étant uniforme, sa résultante se situe donc au milieu de la charge.

L
d=
2
Afin de mieux comprendre comment déterminer la résultante d’une charge « non plate », on considère la charge « plate » comme un
rectangle :
La charge q = la hauteur
La longueur L = la base
En appliquant la formule ci-dessus, on se rend compte que la résultante d’une charge n’est autre que l’aire de la forme que prend la
charge répartie.

Etape 1 : Déterminer l’intensité de la résultante.


R = (2 N/m) (6 m)
ó R = 12 N

Etape 2 : Déterminer la distance de la résultante par rapport au point O.


6m
d=
2
ód=3m

[Link] Exercice résolu 2 Charge « en triangle »


Déterminer l’intensité et les positions par rapport aux points A et B de la résultante de la charge
répartie, sachant que :
q = 2 N/m
L=6m

Si on reprend le principe de l’aire, la résultante d’une charge « en triangle » vaut la moitié d’une charge « plate ».
Il faut toutefois admettre comme établi que la résultante se situe :
Au 1/3 de la longueur de la charge par rapport à sa grande hauteur (point A).
Du coup, au 2/3 de la longueur de la charge par rapport à sa petite hauteur (point B).

2*L
dB =
3
Etape 1 : Déterminer l’intensité de la résultante.
(2 N/m) (6 m)
R=
2
óR=6N

Etape 2 : Déterminer la distance de la résultante par rapport au point A.


6m
dA =
3
ó dA = 2 m

p. 77
Etape 3 : Déterminer la distance de la résultante par rapport au point B.
(2) (6 m)
dB =
3
ó dB = 4 m
L 2*L
Selon la question et la distance recherchée (par rapport au point A ou B), il faudra savoir si on a besoin du ou du
3 3

[Link] Exercice résolu 3 « Charge quelconque »


Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge répartie, sachant que :
qA = 2 N/m
qB = 3 N/m
qC = 1 N/m
a=3m

Pour déterminer la résultante de la charge répartie, il faut la considérer comme 2 charges « plates » et 2 charges « triangles ».

Etape 1 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge « en triangle » gauche.
q1 = 3 N/m - 2 N/m
ó q1 = 1 N/m
(1 N/m) (3 m)
R1 =
2
ó R1 = 1,5 N
(2) (3 m)
d1 =
3
ó d1 = 2 m

Etape 2 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge « en triangle » droite.
q2 = 3 N/m – 1 N/m
ó q2 = 2 N/m
(2 N/m) (3 m)
R2 =
2
ó R2 = 3 N
Pour trouver la position de la résultante par rapport au point O, on doit additionner les 3 premiers mètres (qui séparent le début de la
charge du point O) et le 1/3 de la longueur de la charge (qui sépare la résultante du début de la charge).
3m
d2 = 3 m +
3
ó d2 = 3 m + 1 m
ó d2 = 4 m

Etape 3 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge « plate » gauche.
q3 = qA = 2 N/m

R3 = (2 N/m) (3 m)
ó R3 = 6 N
3m
d3 =
2
ó d3 = 1,5 m

Etape 4 : Déterminer l’intensité et la position par rapport au point O de la résultante de la charge « plate » droite.
q4 = qC = 1 N/m

R4 = (1 N/m) (3 m)
ó R4 = 3 N
3m
d4 = 3 m +
2
ó d4 = 3 m + 1,5 m
ó d4 = 4,5 m

p. 78
Etape 5 : Déterminer l’intensité de la résultante.
R = R1 + R2 + R3 + R4
ó R = 1,5 N + 3 N + 6 N + 3 N
ó R = 13,5 N

Etape 6 : Utiliser le théorème de Varignon pour trouver la position par rapport au point O de la résultante.
(R) (d) = (R1) (d1) + (R2) (d2) + (R3) (d3) + (R4) (d4)
ó (13,5) (d) = (1,5) (2) + (3) (4) + (6) (1,5) + (3) (4,5)
3 N*m + 12 N*m + 9 N*m + 13,5 N*m
ód=
13,5 N
37,5 N*m
ód=
13,5 N
ó d = 2,8 m

[Link] Exercice résolu 4


Déterminez la charge concentrée équivalente à la charge répartie appliquée sur la poutre simplement appuyée illustrée.

Solution.
L'aire qui représente la répartition de la charge peut être divisée en une zone
rectangulaire et en une zone triangulaire, comme on peut le voir. Les charges
concentrées équivalentes sont obtenues en mesurant ces aires. Les points
d'application de ces charges concentrées sont donc situés à la moitié et au tiers des
côtés horizontaux de ces aires respectives.

A ce stade, nous reste à déterminer la résultante de deux forces ponctuelles


positionnée comme ci-contre.

En utilisant le théorème de Varignon, on obtient alors l'égalité suivante:


xr ⋅R = 5⋅12000+ 8⋅4800
or, R = 12000 + 4800 = 16800 N
donc, xr = 5,88 m

16800
5,88

p. 79
[Link] Exercice résolu 6
Déterminez la résultante de la force répartie sur la poutre encastrée aux
caractéristiques ci-contre.

2024 Solution
Sachant que si x = 0, alors w = 1000 N/m
Et que si x = 8, alors w = 2024 N/m,
On déduit que w0 = 1 000 N/m et k = 2 N/m4. 69

Suivant Varignon, on sait que:

r ⋅R = ∫ x ⋅ w dx

Si on s'intéresse d'abord au premier terme de cette égalité, et plus particulièrement à


la valeur de la charge résultante R, on peut écrire que :
⎡ ⎤8
8 8
x4 ⎥
( ⎢ 3
)
R = ∫ w dx =∫ 1000 + 2x dx = ⎢1000x + ⎥ = 10048N
0 0 ⎢⎣ 2⎥
⎦0
Le second s'écrit:
8 8
(3
∫ x ⋅w dx = ∫ x ⋅ 1000+ 2x dx
0 0
)
8
(
= ∫ 1000x + 2x 4 dx
0
)
8
⎡ 2 ⎤
= ⎢⎢ 500x 2 + x 5 ⎥⎥
⎣ 5 ⎦0
= 45115,5N⋅m

45115,5
donc, r = = 4,49m
10048

7.3 RÉSULTANTE DE L’ATTRACTION GRAVITATIONNELLE

L'une des forces les plus fréquentes est le poids, due à l'attraction gravitationnelle.
Cette force a un impact sur toutes les masses élémentaires d'un corps, sur tous les
points du corps et, par conséquent, est répartie dans son volume.

Cependant, on aura intérêt à utiliser la résultante de ces forces de pesanteur.


La résultante de l'attraction gravitationnelle C’est ce quon appelle communément le poids W = m.g du corps, dont le point
agissant sur tous les éléments d'un corps de d'application est le centre de masse G et la direction celle de la ligne dirigée vers le
masse m est le poids W = mg dont la
centre de la Terre (pour le cas des ouvrages terrestres).
direction est la droite reliant son centre de
masse G et le centre de la Terre
Pappelons-nous que dans le cadre de ce cours, on assimilera g à 10 (m/s2), au lieu
de 9,81. Ceci nous permettra d’écrire que 1kg = 10 N

L'emplacement de G est souvent évident d'après la géométrie du corps,


particulièrement quand celui-ci est symétrique.

Quand l'emplacement du centre de masse n'est pas évident, sa position doit être
calculée ou déterminée expérimentalement.

69 Faites attention à utiliser les bonnes unités pour les constantes w0 et k


p. 80
8 SYNTHÈSE_FORMULATION DES PROBLÈMES ET
MÉTHODE DE RÉSOLUTION

Dans cette première partie du cours, nous avons exposé les propriétés des forces, des moments et des couples, ainsi que les façons
appropriées de représenter leurs effets. La maîtrise de cette matière est absolument essentielle à l'étude de l'équilibre que nous
aborderons dans les chapitres suivants. Plusieurs difficultés regardant la mise en pratique des principes de l'équilibre ont leur source
dans l'incapacité à respecter et à appliquer correctement les marches à suivre expliquées dans cette partie. Pour cette raison, l'étudiant
devra revenir y s'il éprouve des difficultés, afin de s'assurer qu'il maîtrise bien les forces, les moments et les vecteurs.

Pour travailler correctement avec les forces, il convient de prendre en considération toutes les propriétés reliées à la nature vectorielle
de ces dernières. Pour les situations où la direction d'une force est indiquée par un ou plusieurs angles ou par deux points, nous avons
élaboré une méthode qui permet d'exprimer la force en fonction de ses composantes rectangulaires. En outre, nous sommes en
mesure de composer deux ou plusieurs forces concourantes pour trouver leur force résultante équivalente, et nous avons appris à
procéder à l'inverse et à décomposer une force en ses composantes suivant des directions quelconques (obliques).

La tendance d'une force à mettre en rotation ou à faire tourner un corps autour d'un axe a été prise en compte par la notion de moment
; nous avons démontré que le moment était un vecteur. Nous avons constaté que l'on pouvait fréquemment calculer le moment d'une
force en additionnant les moments de ses composantes.
Un couple a été défini comme le moment total de deux forces égales, de sens opposés et parallèles. La seule et unique propriété d'un
couple consiste à produire une torsion ou une rotation pure, quelle que soit la position de ces forces.

Pour trouver la résultante d'une force répartie, nous avons d'abord multiplié la grandeur de la force par l'élément de longueur. Ensuite
pour obtenir la résultante, nous avons fait la somme (intégration) de toutes les forces élémentaires intervenant dans le domaine étudié.
Pour localiser la ligne d'action de la résultante, nous avons appliqué le théorème de Varignon. Dans cette étape, nous avons égalé la
somme des moments de toutes les forces élémentaires par rapport à un axe commode au moment de la résultante par rapport au
même axe. Ensuite, nous avons déterminé le bras de levier inconnu de la résultante.

p. 81

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