Université Montpellier II Année universitaire 2012-2013
L3 Mathématiques, GLMA501
Algèbre générale
Exercices sur les groupes
Exemples et généralités :
Exercice 1 Parmi les paires (G, ·) ci-dessous, déterminer celles qui sont des groupes :
1. G = R, x · y = x + y − 3;
2. G = R, x · y = x − y + 5;
3. G = R, x · y = xy 2 ;
x+y
4. G =] − 1, 1[, x · y = xy+1 ;
Exercice 2 Soient G = {a + ib | a, b ∈ Z}, et H = {(1 + i)(a + ib) | a, b ∈ Z}. Montrer que : G est un
sous-groupe de (C, +) contenant Z; H est un sous-groupe de G; H ∩ Z = 2Z.
Exercice 3 Soit p un nombre premier. On rappelle que tout élément non nul de Z/pZ a un inverse pour
la multiplication (Z/pZ est un corps). Soit
a b
T ={ | a ∈ (Z/pZ)∗ , b ∈ Z/pZ}
0 a−1
1 b a 0
H={ | b ∈ Z/pZ}, K = { | a ∈ (Z/pZ)∗ }.
0 1 0 a−1
1. Vérifier que T , H et K sont des sous-groupes du groupe linéaire GL2 (Z/pZ). Préciser leurs ordres
et leurs relations d’inclusions.
2. Montrer que les applications suivantes sont des isomorphismes de groupes :
Z/pZ −→ H (Z/pZ)∗ −→ K
1 b a 0
b 7−→ a 7−→ .
0 1 0 a−1
Exercice 4 Montrer que l’application exponentielle exp : (R, +) → (R∗+ , ×) est un isomorphisme de
groupes. Qu’en est-il de l’application exp : (C, +) → (C∗ , ×) ?
Exercice 5 (Groupe des quaternions) Soit Q l’ensemble formé par les matrices ±Id, ±I, ±J, ±K de
GL2 (C), où
1 0 1 0 0 1 0 1
Id := , I := i , J := , K := i .
0 1 0 −1 −1 0 1 0
Montrer que Q est un sous-groupe de GL2 (C).
Exercice 6 Soit G un groupe. Montrer que l’intersection de deux sous-groupes H1 et H2 de G est un
sous-groupe de G. Montrer que H1 ∪ H2 est un sous-groupe de G si, et seulement si, H1 ⊂ H2 ou
H2 ⊂ H1 . (On pourra raisonner par l’absurde.)
Exercice 7 Soit G un groupe, H un sous-groupe de G, et x, y ∈ G. On note xH := {xh | h ∈ H}.
Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes : (i) xH = yH; (ii) xH ∩ yH 6= ∅; (iii) y −1 x ∈ H.
1
Exercice 8 Soient G un groupe, et H, K deux sous-groupes de G. On note HK := {hk | h ∈ H, k ∈ K}
et KH := {kh | k ∈ K, h ∈ H}.
1. Montrer sur un exemple dans G = S3 qu’en général les ensembles HK et KH ne sont pas égaux
et ne sont pas des sous-groupes de G.
2. Montrer que HK est un sous-groupe de G si, et seulement si, HK = KH.
Exercice 9 Soit G un groupe dont tous les éléments sont d’ordre 2.
1. Montrer que g = g −1 pour tout élément g ∈ G.
2. Montrer que G est abélien.
Exercice 10 Soit G un groupe, et x un élément de G. Montrer que ZG (x) := {y ∈ G | yx = xy} est un
sous-groupe de G (le centralisateur de x.)
Exercice 11 (Produit direct) Soient H et K deux groupes.
1. Vérifier que l’ensemble H × K = {(h, k) | h ∈ H, k ∈ K} est un groupe pour la loi produit
(h1 , k1 )(h2 , k2 ) := (h1 h2 , k1 k2 ) (on appelle H × K le produit direct de H et K).
2. On suppose que H et K sont des sous-groupes d’un groupe G d’élément neutre e. On considère
l’application
f : H × K −→ G
(h, k) 7−→ hk.
Montrer que f est un isomorphisme de groupes si et seulement si G = HK, H ∩ K = {e}, et pour
tous h ∈ H et k ∈ K on a hk = kh.
3. On suppose que H et K sont des groupes finis. Montrer que l’ordre d’un élément (h, k) ∈ H × K
est le plus petit commun multiple des ordres de h et k.
Groupe symétrique :
Exercice 12 Montrer par récurrence que toute permutation σ ∈ Sn distincte de l’identité peut s’écrire
comme un produit d’au plus (n − 1) transpositions.
Exercice 13 (Générateurs de Sn )
1. Soit σ ∈ Sn et c = (i1 , . . . , ik ) un k-cycle de Sn . Montrer que σcσ −1 = (σ(i1 ), . . . , σ(ik )). (On
pourra supposer d’abord que σ est une transposition, et distinguer trois cas selon l’intersection des
supports de σ et c.)
2. En déduire que : les transpositions de la forme (1, i), 2 ≤ i ≤ n, engendrent Sn ; la transposition
(1, 2) et le n-cycle (1, 2, . . . , n) engendrent Sn .
3. On suppose que n > 2. Déterminer le centre C(Sn ) = {σ ∈ Sn | ∀τ ∈ Sn , στ = τ σ}. (On montrera
d’abord que pour tout groupe G, C(G) est un sous-groupe de G).
Exercice 14 (Formule de Cauchy) Pour toute permutation σ ∈ Sn on pose
Y σ(j) − σ(i)
ε(σ) = .
j−i
1≤i<j≤n
1. Montrer que si σ est une transposition, alors ε(σ) = −1.
2. Montrer que pour toutes transpositions σ, τ ∈ Sn on a ε(στ ) = 1.
3. En déduire ε = sg : Sn → {±1}.
2
Exercice 15 Déterminer la décomposition canonique et l’ordre de la permutation :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
σ= ∈ S10 .
5 1 10 7 6 2 9 3 4 8
En utilisant l’exercice 14 calculer la signature de σ de deux manières différentes.
Exercice 16 Soit n > 2. On définit le groupe alterné An comme le noyau de l’homomorphisme de
signature sg : Sn → {±1}.
1. Montrer que tout 3-cycle σ ∈ Sn appartient à An .
2. Montrer que le produit de deux transpositions distinctes peut toujours s’écrire soit comme un
3-cycle, soit comme un produit de deux 3-cycles.
3. En déduire que An est engendré par les 3-cycles.
Autour des groupes cycliques :
Exercice 17 Soit G un groupe, e l’élément neutre de G, et x ∈ G un élément d’ordre fini r.
1. Montrer que pour tout m ∈ Z on a xm = e si, et seulement si, r divise m.
2. Montrer que pour tout n ∈ Z l’ordre de l’élément xn est égal à r/d, où d = pgcd(r, n). (On pourra
montrer que l’ordre de xn divise r/d et réciproquement.)
Exercice 18 Soit G un groupe cyclique.
1. Montrer qu’il existe un élément x ∈ G tel que G = {xk | 0 ≤ k ≤ |G| − 1}.
2. Donner un exemple de sous-groupe cyclique du groupe multiplicatif des nombres complexes (C∗ , ×).
Montrer que tous les groupes cycliques de même ordre sont isomorphes.
3. En utilisant l’exercice 17, montrer qu’un groupe cyclique d’ordre n a ϕ(n) générateurs distincts, où
ϕ(n) = |{k ∈ N | 1 ≤ k ≤ n, pgcd(k, n) = 1}| est la fonction d’Euler.
4. En utilisant l’exercice 11, montrer que si H et K sont des groupes cycliques d’ordre m et n respec-
tivement, alors H × K est cyclique si et seulement si pgcd(m, n) = 1.
Exercice 19 (Les sous-groupes de Z et Z/nZ)
1. On note Z le groupe additif des entiers relatifs (Z, +). Montrer que si H est un sous-groupe de Z
alors il existe n ∈ N tel que H = nZ, et que nZ < mZ si, et seulement si, m divise n.
2. Déterminer toutes les classes d’isomorphisme des sous-groupes de Z.
3. On rappelle que Z/nZ est le groupe additif des classes résiduelles d’entiers relatifs modulo n.
Montrer que l’application
πn : Z −→ Z/nZ
a 7−→ ā
est un homomorphisme de groupes. En déduire que :
(a) πn établit une bijection entre les sous-groupes de Z contenant nZ et les sous-groupes de Z/nZ.
(b) pour tout diviseur m de n, il existe un sous-groupe de Z/nZ d’ordre égal à m; le déterminer.
(c) les sous-groupes de Z/nZ sont des groupes cycliques.
4. Soit p premier et r ∈ N∗ . Montrer que les sous-groupes de Z/pr Z sont emboités pour l’inclusion,
puis que Z/pr Z a exactement pr − pr−1 éléments générateurs.
3
αk
5. Soit n un entier, et n = pα
1 . . . pk sa factorisation en puissances de nombres premiers distincts.
1
Montrer que l’application
αk
f: Z/nZ −→ (Z/pα
1 Z) × . . . × (Z/pk Z)
1
a mod(n) 7−→ (a mod(p1 ), . . . , a mod(pα
α1
k ))
k
est un isomorphisme de groupes (le produit direct à droite est défini dans l’exercice 11). En déduire
Qk
la formule ϕ(n) = n i=1 (1 − 1/pi ). (NB: donc si m ∧ n = 1, alors ϕ(m)ϕ(n) = ϕ(mn).)
Exercice 20 Déterminer tous les morphismes du groupe (Z/nZ, +) dans le groupe (C∗ , ×).
Exercice 21 (Une caractérisation des groupes cycliques.) On a vu que les sous-groupes d’un groupe
cyclique sont en bijection avec les diviseurs positifs de son ordre (cf. exercice 19). Soit G est un groupe
fini d’ordre n, tel que pour tout diviseur positif d de n il existe au plus un sous-groupe Hd de G d’ordre
d. On va montrer que G est cyclique.
1. Pour tout diviseur positif d de n on pose Gd = {g ∈ G | ordre(g) = d}. Montrer que les ensembles
Gd non vides forment une partition de G, et que si Gd est non vide, alors tout élément de Gd
engendre Hd . Dans ce cas, quel est le cardinal de Gd ?
2. Soit ϕ : N∗ → N la fonction d’Euler, et n ∈ N∗ . Vérifier l’identité d|n ϕ(d) = (n/d)|n ϕ(n/d). En
P P
P
utilisant la définition de ϕ, en déduire la formule d’Euler : d|n ϕ(d) = n.
3. Conclure.
Exercice 22 (Les groupes (Z/nZ)∗ ) On rappelle que (Z/nZ)∗ est le groupe multiplicatif formé par les
éléments de Z/nZ qui sont inversibles pour la multiplication.
1. En utilisant Bézout, montrer que |(Z/nZ)∗ | = ϕ(n) (la fonction d’Euler).
2. Soit x ∈ (Z/nZ)∗ un élément d’ordre r. Déterminer un isomorphisme de (Z/rZ, +) sur le sous-
groupe hxi de (Z/nZ)∗ engendré par x.
αk
3. Montrer que si n est un entier, et n = pα1 . . . pk sa factorisation en puissances de nombres premiers
1
distincts, alors l’application suivante est un isomorphisme de groupes :
αk
f: (Z/nZ)∗ −→ (Z/pα ∗
1 Z) × . . . × (Z/pk Z)
1 ∗
a mod(n) 7−→ (a mod(p1 ), . . . , a mod(pα
α1
k )).
k
4. Déterminer un isomorphisme de groupes ((Z/nZ)∗ , ×) ∼
= (Aut(Z/nZ), ◦).
5. Soit p un nombre premier impair. On rappelle que pour tout 1 ≤ i ≤ p − 1, p divise Cpi . En
raisonnant par récurrence sur l’entier k, établir la formule
k
(1 + p)p = 1 + pk+1 mod(pk+2 ).
En déduire l’ordre de la classe résiduelle x de 1 + p dans le groupe (Z/pk Z)∗ (k ≥ 2).
6. Déterminer le noyau du morphisme naturel (Z/pk Z)∗ → (Z/pZ)∗ .
7. Soit e le plus petit entier non nul tel que pour tout ā ∈ (Z/pZ)∗ , on a āe = 1 (on appelle e l’exposant
de (Z/pZ)∗ ). Montrer que e = p − 1. (On pourra considérer le nombre de racines du polynôme
X e − 1 ∈ Fp [X], où Fp := Z/pZ.)
8. En déduire que (Z/pk Z)∗ possède un élément y dont l’ordre d est divisible par p − 1. Montrer que
d = p − 1.
9. Calculer l’ordre de xy dans (Z/pk Z)∗ . Montrer que (Z/pk Z)∗ est un groupe cyclique.
k
10. En raisonnant par récurrence sur l’entier k établir la formule (1 + 4)2 = 1 + 2k+2 mod(2k+3 ). En
déduire l’ordre de 5 dans (Z/2k Z)∗ , puis montrer que les éléments de (Z/2k Z)∗ sont représentés
dans Z par ±5α , 0 ≤ α < 2k−2 . (On pourra montrer qu’il n’existe pas d’entiers 0 ≤ α, β < 2k−2
distincts tels que 5α ≡ −5β mod(2k ).)
4
11. En déduire que pour k ≥ 3, (Z/2k Z)∗ ∼
= (Z/2k−2 Z)∗ × Z/2Z.
12. Déterminer les entiers n pour lesquels (Z/nZ)∗ est cyclique.
Actions de groupes, Sylow, et théorèmes d’isomorphisme :
Exercice 23 Montrer que :
1. l’ordre de tout élément d’un groupe d’ordre fini divise l’ordre du groupe.
2. tout groupe d’ordre premier est cyclique.
Exercice 24 Parmi les applications ψ définies ci-dessous, déterminer celles qui définissent une action à
gauche de G sur E, et dans ce cas préciser l’ensemble quotient :
1. G = nZ, E = Z, ψ : (nk, a) 7→ a + nk.
2. G = pZ × qZ, E = Z × Z, ψ : ((pk, ql), (a, b)) 7→ (a + pk, b + ql).
3. G = Z, E = R, ψ : (n, x) 7→ x + n (utiliser l’homomorphisme exp(2πi ·) : (R, +) → (C∗ , ×) pour
identifier l’ensemble quotient).
a b a b
4. G = , a ∈ C∗ , b ∈ C , E = C, ψ : , z 7→ az 2 + b.
0 1 0 1
5. G = GLn (C), E = Mn (C), ψ : (P, A) 7→ P A; Même question avec ψ : (P, A) 7→ AP , ψ : (P, A) 7→
AP −1 , et ψ : (P, A) 7→ P AP −1 .
Exercice 25 On note Aut(P1 ) l’ensemble des fonctions rationnelles d’une variable complexe de la forme
z 7→ az+b
cz+d , où ad − bc ∈ {−1, +1}.
1. Montrer que Aut(P1 ) est un groupe.
2. Montrer que l’application
ϕ : SL2 (C) −→ Aut(P1 )
a b az+b
7−→ (z 7→ cz+d )
c d
est un homomorphisme de groupes. En déduire que Aut(P1 ) ∼
= SL2 (C)/{±I2 }.
Exercice 26 Soit G un groupe, H un sous-groupe de G, et G/H l’ensemble des classes à gauche de G
modulo H. Rappeler la définition de l’action de G sur G/H par translation à gauche. Déterminer le
noyau de l’homomorphisme G → Bij(G/H) qui définit cette action.
Exercice 27 Soit G un p-groupe. On considère l’action de G sur G par conjugaison :
ψ: G × G −→ G
(g1 , g2 ) 7−→ g1 g2 g1−1 .
Pour tout élément g ∈ G, on note Og l’orbite de g sous l’action ψ.
1. Énoncer la formule des classes pour l’action ψ.
2. Reconnaı̂tre l’ensemble des éléments g ∈ G tels que |Og | = 1.
3. Montrer que si |Og | =
6 1, alors p divise |Og |.
4. En déduire que le centre de G a au moins p éléments.
5
Exercice 28 (Sous-groupes distingués : autour des définitions)
1. Donner une condition sur un groupe G qui implique que tout sous-groupe de G est distingué dans
G.
2. Soit G un groupe, et H un sous-groupe de G.
(a) Montrer que si [G : H] = 2, alors H est un sous-groupe distingué de G.
(b) Si H C G, et K est un sous-groupe de G contenant H, alors H C K.
(c) On a défini en cours H comme un sous-groupe distingué de G par la condition : pour tout
x ∈ G, xH = Hx. Montrer que cette condition équivaut à : pour tout x ∈ G, xH ⊂ Hx, ou
encore : pour tout x ∈ G, Hx ⊂ xH, ou encore : pour tout x ∈ G, xHx−1 ⊂ H.
(d) Montrer que pour tout morphisme de groupes f : G → G0 on a H C G ⇒ f (H) C f (G) et
H 0 C G0 ⇒ f −1 (H 0 ) C G.
3. Donner un sous-groupe distingué non trivial de GLn (K) et Sn . Préciser leur indice.
Exercice 29 Soit G un groupe, et H1 et H2 deux sous-groupes de G d’indices finis dans G. Montrer que
H1 ∩ H2 est d’indice fini dans G.
Exercice 30 Soit f : G → G0 un homomorphisme de groupes, et H un sous-groupe de G. Montrer que
f −1 (f (H)) = HKer(f ) (défini comme l’ensemble {g ∈ G | ∃h ∈ H, k ∈ Ker(f ), g = hk}). Justifier de
deux manières différentes que HKer(f ) est un sous-groupe de G.
Exercice 31 Soit U le groupe des nombres complexes de module 1, n ∈ N∗ , et Un le sous-groupe de U
formé par les racines n-ièmes de 1. En utilisant le morphisme z 7→ z n , montrer que U/Un est isomorphe
à U .
Exercice 32 Soit G un groupe, C(G) son centre, et
ϕ : G −→ Aut(G)
g 7−→ (g 0 7→ gg 0 g −1 ) .
1. Vérifier que ϕ est un morphisme de groupes. On note Inn(G) l’image de ϕ.
2. Montrer que ϕ induit un isomorphisme de groupes G/C(G) ∼
= Inn(G).
3. Justifier que le groupe quotient Out(G) := Aut(G)/Inn(G) est bien défini.
Exercice 33 Soit G un groupe abélien, et T (G) l’ensemble des éléments de G d’ordre fini.
1. Montrer que T (G) est un sous-groupe de G, et que G/T (G) n’a aucun élément d’ordre fini à part
son élément neutre.
2. Calculer T (R/Z) (cf. Exercice 24, question 3).
Exercice 34 Soit H le sous-groupe de S3 engendré par le cycle σ = (1, 2, 3).
1. Montrer que H est le seul sous-groupe distingué de S3 d’ordre 3.
2. Déterminer le groupe quotient S3 /H.
3. Quels sont les sous-groupes de S3 d’ordre 2 ?
Exercice 35 Soit G = {a + ib | a, b ∈ Z}, et H = {(1 + i)(a + ib) | a, b ∈ Z}. On a vu dans l’exercice 2
que G est un sous-groupe de (C, +), H un sous-groupe de G, et H ∩ Z = 2Z. On note πH : G → G/H
la surjection canonique, i : Z → G l’homomorphisme induit par l’inclusion, et f = πH ◦ i : Z → G/H.
Montrer que f induit par passage au quotient un isomorphisme de groupes f¯ : Z/2Z → G/H.
6
Exercice 36 Soit G un groupe d’ordre 12.
1. On note np le nombre de p-groupes de Sylow de G. Montrer que n2 ∈ {1, 3} et n3 ∈ {1, 4}.
2. On suppose que G est engendré par deux éléments σ et τ tels que σ 6 = τ 2 = e et στ = τ σ 5 .
(a) Énumerer les éléments de G. Montrer que G a 7 éléments d’ordre deux.
(b) Combien G possède-t-il de sous-groupes d’ordre 4 ?
(c) Trouver un sous-groupe H d’ordre 3 de G. Montrer qu’il est unique et distingué dans G.
(d) Montrer que le groupe quotient G/H possède trois éléments d’ordre 2.
(e) En déduire que G/H est isomorphe à Z/2Z × Z/2Z.
Exercice 37 Soit G un groupe d’ordre 15. On va montrer que G est cyclique, donc que G ∼
= Z/15Z.
1. Montrer qu’il existe un unique sous-groupe H3 de G d’ordre 3 et un unique sous-groupe H5 de G
d’ordre 5.
2. Montrer que l’ensemble H3 H5 est un sous-groupe de G.
3. Montrer que H3 H5 est cyclique. Conclure.
Exercice 38 (Plus fort.) Soit G un groupe d’ordre 255. On va montrer que G est cyclique.
1. Montrer que G admet un seul sous-groupe d’ordre 17. On note L ce sous-groupe.
2. Montrer que G admet un sous-groupe K d’ordre 3, et un sous-groupe H d’ordre 5. Montrer que
l’un au moins des deux groupes K et H est distingué dans G. En déduire que HK, HL et KL sont
des sous-groupes cycliques de G. (On pourra calculer leur ordre et raisonner comme dans l’exercice
37.)
3. Montrer que HKL est un sous-groupe de G. Donner son ordre. Montrer qu’il est abélien. Conclure.
Compléments :
Exercice 39 (Groupe dérivé.) Soit G un groupe. On appelle groupe dérivé de G le sous-groupe [G, G]
de G engendré par les éléments de la forme [g, h] := ghg −1 h−1 , pour tous g, h ∈ G. On appelle [g, h] le
commutateur de g et h.
1. Décrire explicitement les éléments de [G, G].
2. Montrer que [G, G] est un sous-groupe distingué de G.
3. Montrer que le groupe quotient G/[G, G] est abélien.
4. Soit π : G → G/[G, G] la projection canonique. Montrer que si K est un groupe abélien et ϕ : G →
K un homomorphisme de groupes, alors il existe un unique homomorphisme ϕ̄ : G/[G, G] → K tel
que ϕ̄ ◦ π = ϕ.
5. Soit H un sous-groupe distingué de G. Montrer que si G/H est abélien, alors [G, G] ⊂ H.
6. Déduire de la question 4 une bijection entre les homomorphismes de groupes G → C∗ et les homo-
morphismes de groupes G/[G, G] → C∗ .
7. Exemple. En déterminant tous les homomorphismes de Sn vers C∗ , montrer que [Sn , Sn ] = An
(le groupe alterné).
Exercice 40 (Produit semi-direct) Soient H et K deux groupes, Aut(H) le groupe des automorphismes
de H, et ρ : K → Aut(H) un homomorphisme de groupes. On définit une application :
(K × H) × (K × H) −→ (K × H)
((k1 , h1 ), (k2 , h2 )) 7−→ (k1 k2 , h1 ρ(k1 )(h2 )).
7
1. Questions de cours :
(a) Montrer que cette application définit un loi de groupe sur l’ensemble K ×H. On appelle K ×H
muni de cette loi le produit semi-direct de K par H, noté K n H.
(b) Montrer que les application
K −→ K nH H −→ K nH
k 7−→ (k, 1) h 7−→ (1, h)
sont des homomorphismes de groupes injectifs. On note leurs images K 0 et H 0 .
(c) Décrire l’action par conjugaison de K 0 sur H 0 à l’aide de l’homomorphisme ρ. En déduire que
H 0 C K n H.
(d) Montrer qu’un groupe G est le produit semi-direct de deux de ses sous-groupes H et K si l’un
des deux est distingué dans G, si H ∩ K = {1} (l’élément neutre), et si HK = G.
2. Exemples :
(a) Vérifier que GLn (K) = K∗ n SLn (K), où K∗ est identifié au sous-groupe de GLn (K) formé
par les matrices de la forme
λ 0 ... 0
0 1 ... 0
, λ ∈ K∗ .
...
0 ... 1
(b) Le groupe dihédral Dn . Par définition, il est engendré par deux éléments h d’ordre n et k
d’ordre 2, vérifiant la relation khk −1 = h−1 .
i. Énumérer les éléments de Dn .
ii. Montrer que Dn est un produit semi-direct du groupe cyclique H d’ordre n et du groupe
cyclique K d’ordre 2.
iii. Vérifier que le groupe G de l’exercice 36 est isomorphe à D6 .
iv. Déterminer tous les groupes d’ordre 2p, où p est premier impair, à isomorphisme près.
(c) Le sous-groupe des matrices triangulaires supérieures de SL2 (Z/pZ). Soit p premier, et B le
sous-groupe de SL2 (Z/pZ) défini par :
a b
B={ | a ∈ (Z/pZ)∗ , b ∈ Z/pZ}
0 a−1
1 b
i. Montrer que H = { | b ∈ Z/pZ} est un sous-groupe de p-Sylow de B.
0 1
a 0
ii. Soit p0 6= p un diviseur premier de |B|. Montrer que K = { | a ∈ (Z/pZ)∗ }
0 a−1
contient un p0 -groupe de Sylow de B.
iii. En déduire que tout sous-groupe de Sylow de B est cyclique. (Rappel d’arithmétique : le
groupe K∗ des éléments inversibles d’un corps fini K, par exemple Z/pZ, est cyclique.)
a b
iv. Montrer que B = K n H. Donner la décomposition d’un élément g = de B
0 a−1
comme produit hk, où h ∈ H, k ∈ K, et décrire l’action de K sur H définie par la loi de
groupe de B.
v. Montrer que le centre de B est C(B) = {±1}, et que B/H ∼ = (Z/pZ)∗ . En déduire que
H = [B, B], le groupe dérivé de B.
Exercice 41 Déterminer tous les groupes d’ordre au plus égal à 10 à isomorphisme près.