Synth Groupes
Synth Groupes
Thomas Dedieu
Rentrée 2019, compilé le 22 novembre 2019
Avertissement. Ceci n’est pas un polycopié de cours. Ce texte est constitué de mes notes
personnelles pour un cours de préparation à l’agrégation, grossièrement mises en forme.
Néanmoins, si vous trouvez des erreurs il m’intéresse que vous me les communiquiez.
Exercices propédeutiques 2
II Groupes monogènes 13
1 Description générale 13
2 Générateurs de (Z/nZ, +) 13
3 Sous-groupes de Z/nZ 14
4 Lemme chinois 16
5 Indicatrice d’Euler 16
6 Automorphismes de (Z/nZ, +) 17
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Groupes Th. Dedieu
Exercices propédeutiques
Exercice 2. Montrer que Z2 n’est pas monogène. En déduire que Z2 et Z sont deux groupes
non-isomorphes. Sont-ils isomorphes en tant qu’ensembles ?
Exercice 3. 1) Démontrer le théorème de Lagrange : soit G un groupe fini. Pour tout sous-
groupe H < G, l’ordre de H divise l’ordre de G.
2) En déduire le théorème d’Euler : soit n > 0 un entier. Pour tout entier x premier avec n, on
a
xϕ(n) ≡ 1 mod n,
où ϕ(n) = Card{i ∈ [[1, n]] : pgcd(i, n) = 1} est la fonction indicatrice d’Euler.
3) En déduire le petit théorème de Fermat : pour tout entier p premier, et tout entier a, on a
ap ≡ a mod p.
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Exercice 7. 1) Démontrer que Z/nZ est un corps si et seulement si n est un nombre premier.
2) Montrer que 18 est inversible pour la multiplication dans Z/55Z, et déterminer son inverse.
3) a) Soit x = ā ∈ Z/nZ. On note d = pgcd(a, n). Montrer que hxi (le sous-groupe de Z/nZ
¯
engendré par x) est égal à hdi.
b) Déterminer le sous-groupe engendré par 1038 dans Z/1 000 000Z.
4) Déterminer tous les générateurs du groupe additif Z/24Z.
5) Montrer que l’ensemble des éléments non nuls de Z/19Z constitue un groupe pour la multi-
plication. Vérifier que ce groupe est cyclique, et trouver tous ses générateurs.
Exercice 8. Soit a, b ∈ Z.
1) Déterminer le noyau du morphisme de groupes (ou d’anneaux)
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Groupes Th. Dedieu
Exercice 11. 1) Déterminer tous les sous-groupes des groupes symétriques S3 et S4 . Lesquels
sont des sous-groupes distingués ?
2) Déterminer un morphisme non constant du groupe S4 dans le groupe S3 .
3) Vérifier que le groupe alterné A5 possède deux sous-groupes isomorphes à A4 et Z/5Z respec-
tivement, et tels que l’application de multipliciation
(σ 0 , σ 00 ) ∈ A4 × Z/5Z 7→ σ 0 ◦ σ 00 ∈ A5
réalise une bijection. Les groupes A4 × Z/5Z et A5 sont-ils isomorphes ?
4) Vérifier l’existence des suites de sous-groupes distingués suivantes :
a) {1} = A2 / S2 ∼ = Z/2Z ;
b) {1} / A3 = Z/3Z / S3 ;
c) {1} / Z/2Z / V4 / A4 / S4 (V4 est le groupe de Klein Z/2Z × Z/2Z).
Exercice 12. On considère le plan euclidien orienté E2 , muni d’un repère orthonormal direct.
On note pour tout α ∈ R/(2πZ), rα la rotation vectorielle d’angle α, et pour tout γ ∈ R/(πZ),
sγ la réflexion orthogonale par rapport à la droite Dγ formant un angle γ avec l’axe des abscisses.
1) Montrer que R : α ∈ R/(2πZ) 7→ rα ∈ GL(E) est un morphisme de groupes. Montrer que
l’image de R est le noyau du morphisme det : u ∈ O(E) 7→ det(u) ∈ R. En déduire que l’image
de R est un sous-groupe distingué de O(E). Est-ce un sous-groupe distingué de GL(E) ?
2) a) Soit γ, γ 0 ∈ R/(πZ). Montrer que sγ 0 ◦ sγ = r2(γ 0 −γ) . Faire un dessin.
b) L’ensemble R/(πZ) des réflexions orthogonales est contenu dans GL(E). L’injection corre-
spondante R/(πZ) → GL(E) est-elle un morphisme de groupes ?
3) Calculer rα ◦ sγ et sγ ◦ rα pour tout α ∈ R/(2πZ) et γ ∈ R/(πZ). (Indication : écrire
rα = sα/2+γ ◦ sγ et rα = sγ ◦ sγ−α/2 ).
4) Soit α ∈ R/(2πZ), γ, γ 0 ∈ R/(πZ). Vérifier les relations (faire des dessins) :
a) sγ rα sγ = r−α ;
b) rα sγ r−α = sγ+α ;
c) sγ sγ 0 s−1
γ = s2γ−γ 0 (réflexion orthogonale par rapport à la droite sγ (Dγ 0 ).
5) On considère l’ensemble D4 à huit éléments
D4 = {r0 , rπ/2 , rπ , r3π/2 , s0 , sπ/4 , sπ/2 , s3π/2 }.
a) Montrer que D4 est le groupe des isométries du carré formé des points d’affixe une racine
4-ème de l’unité dans l’identification E 2 ∼
= C donnée par le choix de notre repère.
b) On note r = rπ/2 et s = s0 . Montrer que
D4 = {1, r, r2 , r3 , s, sr, sr2 , sr3 }.
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1 – Définitions
1.1 – Actions de groupes
(1.1) Définition. G groupe, X ensemble. G agit à gauche sur X (G X) si [...]
Remarque. Chaque ĝ est automatiquement une bijection.
(1.1.1) De manière équivalente, on veut un morphisme de groupes G → Bij(X).
(1.2) Exemples. GL(E) E (telle quelle pas très intéressante en fait), (E, +) AE .
Sn {1, . . . , n}.
On en verra plein d’autres.
(1.4) Une action est transitive si pour tous x, y ∈ X, il existe g ∈ G tel que y = g.x.
Exemples. E AE est transitive, GL(E) E non (il y a deux orbites, {0} et E \ {0}, qui ne
se ressemblent pas beaucoup). PGLn+1 Pn est transitive.
convient ; en revanche An {1, . . . , n} n’est pas (n − 1)-transitive (remarque : dans ce cas, c’est
équivalent à la n-transitivité).
On peut aussi regarder la relation d’équivalence « être transporté l’un sur l’autre par l’ac-
tion ».
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(2.8) Exercice. Si H = M est un groupe abélien, l’ensemble Hom(G, H) est muni d’une
structure canonique de groupe, automatiquement abélien.
1) La composition (à gauche) avec G → G/K et la restriction à K définissent respectivement
deux morphismes de groupes
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(2.10) Lemme. L’action G G/H par multiplication à gauche est transitive, mais n’est pas
fidèle en général. De plus, un g ∈ G peut très bien agir avec points fixes.
Preuve. L’action G G/H est transitive comme G G : pour a, b ∈ G, b̄ = ba−1 .ā. Les autres
affirmations sont justifiées par l’Exemple (2.10.2) ci-dessous. 2
(2.10.1) Noyau de l’action G G/H. Il est clair que ça ne peut pas être H en général, sinon
celui-ci serait distingué. En général :
g ∈ ker G G/H ⇔ ∀a ∈ G, ∃h(a) ∈ H : ga = ah(a)
⇔ ∀a ∈ G, g ∈ aHa−1 ;
autrement dit, g agit trivialement ssi il est dans l’intersection de tous les conjugués de H.
(2.10.2) Exemple. On réalise Pnk comme un quotient de GLn+1 (k) par un certain sous-groupe
(cf. (2.11)). L’espace projectif Pnk contient un espace affine Ank . Les transformations de Ank
provenant de l’action de GLn+1 sur Pn sont exactement les transformations affines. Parmi elles,
on sait bien que certaines ont des points fixes.
Les homothéties dans GLn+1 agissent bien sûr trivialement sur Pn , et on sait bien que ce
sont les seules (cf. (2.11.1)).
P × A0 ··· An = P A0 ··· P An
et donc P.[A0 ] = [P A0 ] sans surprise. Les matrices P agissant trivialement sont celles agissant
comme une homothétie sur toutes les droites ; on sait bien que ceci caractérise les homothéties.
(2.11.2) Question. Quel est le noyau de GLn+1 Gr(k + 1, n + 1) ?
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g g
G/ Stab(x)
φ
/ ω(x)
On prend
φ : ḡ ∈ G/ Stab(x) 7→ g.x ∈ ω(x).
C’est bien défini, surjectif (définition de l’orbite), injectif (petit calcul), et équivariant :
(3.3) On déduit de (3.2) que l’orbite de x est finie ssi Stab(x) est d’indice fini dans G (il n’y a
pas besoin que G soit fini), et dans ces conditions on a
| ω(x)| = [G : Stab(x)].
Une bonne raison pour cette égalité est le fait que les deux stabilisateurs sont conjugués ; en
appliquant le principe de conjugaison, on voit immédiatement que
Stab(g.x) = g Stab(x)g −1 .
st(ω) = | Stab(x)|.
Je n’introduis pas de notation pour l’indice ; pour nous le plus souvent X et G seront tous les
deux finis.
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(3.4) Équation aux classes. Supposons l’ensemble X fini. On peut alors supposer G fini sans
grand dommage, quitte à quotienter par le noyau de l’action (S(X) est fini bien sûr) ; je le fais
dès à présent. On déduit de la partition de X selon ses orbites sous l’action de G l’égalité
X
|X| = |ω|
ω∈G\X
(3.5) Application. Soit p un nombre premier. On suppose ici en plus des hypothèses de (3.4)
que G est un p-groupe, c’est-à-dire un groupe d’ordre une puissance de p. Alors
(3.5.1) |X| ≡ X G mod p.
Preuve. Dans (3.4.1), on distingue les orbites constituées d’un seul élément et les autres : pour
les premières on a ω = {x} et | ω | = 1 ; pour les secondes
|G| pr
|ω| = = s
st(ω) p
avec r > s, et donc | ω | ≡ 0 mod p. 2
(3.5.2) Remarque. On observe de nouveau au cours de la preuve précédente que deux orbites
sous une même action ont en général des tailles qui n’ont rien à se dire.
(3.6) De manière en quelque sorte duale par rapport à (3.1), on pose pour g ∈ G
Fix(g) = {x ∈ X : g.x = x}
l’ensemble des points fixes sous l’action de g.
(3.7) Formule de Burnside. On considère l’action G X d’un groupe fini sur un ensemble
fini. On a les deux formules :
1 X
(3.7.1) G\X = | Stab(x)|,
|G|
x∈X
X X
(3.7.2) | Stab(x)| = | Fix(g)|.
x∈X g∈G
Preuve. On commence par montrer (3.7.2) ; elle s’obtient en calculant de deux façons équivalentes
par le théorème de Fubini le cardinal du graphe des points fixes de l’action
Fix G X = (g, x) ∈ G × X : g.x = x .
Il y a une toute petite astuce pour (3.7.1) :
X X 1 X X | Stab(x)|
G\X = 1= 1 = .
| ω | x∈ω |G|
ω∈G\X ω∈G\X x∈X
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Remarque. Cette formule est un ingrédient essentiel dans la classification des sous-groupes finis
de SO3 (R).
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(4.1) Théorème. Soit p un nombre premier et G un groupe fini. Écrivons |G| = pα m, avec
α > 0 et m premier à p. Pour tout β = 0, . . . , α, G possède un sous-groupe d’ordre pβ .
Le premier théorème de Sylow est le cas β = α dans l’énoncé ci-dessus (1872 d’après Castel).
Un sous-groupe d’ordre pα s’appelle un p-Sylow (ou p-sous-groupe de Sylow). Le cas β = 0 de
l’énoncé est vide ; le cas β = 1 est le théorème de Cauchy.
(4.4) Théorème. On reprend les notations de (4.1). Pour tout β = 0, . . . , α, notons npβ (G) le
nombre de sous-groupes d’ordre pβ de G.
(a) Pour tout β = 0, . . . , α,
npβ ≡ 1 mod p.
(b) np divise m.
Le troisième théorème de Sylow (1872) est classiquement énoncé comme le cas β = α de
(a) plus (b). La version complète de (a) est la version “améliorée” qu’on a établie avec Peter
Haïssinsky.
(4.5) Preuve de (4.4), (a), et ainsi de (4.1). Il suffit de démontrer la congruence (a) de (4.4),
puisque si celle-ci est satisfaite on a nécessairement npβ 6= 0.
On considère X = Ppβ (G) l’ensemble des parties à pβ éléments de G, et l’action G X par
translation à gauche :
g.{a1 , . . . , apβ } = {ga1 , . . . , gapβ }
(c’est bien défini, et c’est bien une action).
(4.5.1) Pour tout A ∈ X, on a | Stab(A)| 6 pβ . En effet, pour tout choix d’un élément a ∈ A,
on a une fonction injective
φa : h ∈ Stab(A) 7→ ha ∈ A.
C’est effectivement injectif, puisque dans un groupe on a bien
ha = h0 a ⇔ h = h0 .
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où le premier terme de la somme est divisible par pα−β+1 d’après (4.5.3), et le second égal à
npβ |G|/pβ = npβ mpα−β d’après (4.5.2). On a ainsi établi la congruence
α
mp
(4.5.4) ≡ npβ (G)mpα−β mod pα−β+1 .
pβ
On conclut en considérant le groupe G = Z/mpα Z qu’on connaît bien (cf. partie II). Puisque
pour tout d|n, Z/nZ possède un unique sous-groupe d’ordre d, on a
npβ Z/mpα Z = 1,
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moins général que le fameux théorème de Kummer, qui donne la valuation p-adique de
C’est
N
k pour n’importe quel N .
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II – Groupes monogènes
1 – Description générale
(1.1) Définition. Monogène, cyclique.
(1.2) Avatars “du” groupe cyclique. Z/nZ, µn , groupe des rotations d’angle k2π/n, k ∈ Z
(= groupe des isométries polygône régulier à n côtés).
directes d’un
NB : Z/2Z = {0, 1}, + = {±1}, × .
(1.3) Proposition. Tout groupe monogène est isomorphe (non canoniquement) à Z ou Z/nZ.
Rappel. Sous-groupes de Z.
Preuve de (1.3). Le choix (non canonique) d’un générateur de G induit un morphisme surjectif
f : Z G. Le noyau de f est un sous-groupe de Z. 2
(1.4) Structure d’anneau induite par la structure de groupe. Tout comme Z, Z/nZ
est non seulement un groupe mais aussi un anneau, et la structure d’anneau est induite par la
structure de groupe :
k · n = n + ··· + n
| {z }
k fois
dans Z, et
k̄ · n̄ = n + · · · + n
| {z }
k fois
2 – Générateurs de (Z/nZ, +)
(2.1) Proposition. Soit s, n deux entiers, n 6= 0. LPSSE :
(i) s̄ générateur de (Z/nZ, +) ;
(ii) s et n premiers entre eux ;
(iii) s̄ inversible de l’anneau (Z/nZ, +, ·).
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3 – Sous-groupes de Z/nZ
(3.1) Je vous rappelle que vous connaissez les sous-groupes de (Z, +), et (R, +) aussi d’ailleurs.
(3.2) Proposition. (i) Tout sous-groupe d’un groupe monogène est monogène.
(ii) Pour d|n, tout groupe cyclique d’ordre n possède un unique sous-groupe d’ordre d.
On peut voir cet énoncé comme un super théorème de Sylow dans le cas des groupes cycliques.
Preuve. (i) Soit G monogène, f : Z G induit par le choix d’un générateur. Soit H < G. On
sait que f −1 (H) est un sous-groupe de Z, donc on peut écrire
f −1 (H) = dZ.
Hd := ha ∈ Z/nZ : ordre(a) = di .
Remarque. En général Hd n’est pas un sous-groupe : dans Sn , (12)(23) = (123) n’est pas d’ordre
2. Si G est abélien, alors Hd est un sous-groupe, mais en général il n’est pas d’ordre d. Regarder
par exemple le groupe de Klein.
Attention : Z/nZ contient un unique sous-groupe d’ordre d|n, mais en général plusieurs éléments
d’ordre d, qui sont les différents générateurs de Hd .
Exemple : h2̄i = h4̄i dans Z/6Z.
¯
hāi = a · Z/nZ = d · Z/nZ = hdi.
donc
H = f (f −1 (H)) = f (dZ) = d · Z/nZ.
1. En général en théorie des ensembles, on a f (f −1 (A)) ⊆ A, et l’inclusion inverse est vraie si f est surjective.
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Preuve élémentaire. Puisque d|a, on peut écrire a = qd, et donc pour tout entier k on a
¯
k.ā = kq.d,
donc
hāi ⊆ d¯ .
Pour montrer l’inclusion inverse, écrivons une relation de Bezout
au + nv = d.
On en déduit d¯ = uā, et donc par le même raisonnement qu’avant
d¯ ⊆ hāi .
2
Attention ! Il n’y a aucune raison pour que dans la relation de Bezout au+nv = d, u soit premier
à n. Exemple :
−2 × 4 + 1 × 10 = 2.
Preuve. Le quotient Z/nZ / hāi est cyclique, d’ordre
n n
= .
ordre(ā) n/d
2
On peut écrire une preuve un peu plus conceptuelle en s’appuyant sur l’énoncé ci-dessous,
valable pour des groupes quelconques.
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4 – Lemme chinois
C’est aussi un isomorphisme d’anneau. On a une réciproque : Z/aZ × Z/bZ est cyclique si
et seulement si a et b sont premiers entre eux.
(4.2) Preuve 2. On regarde le morphisme canonique Z → Z/a × Z/b. Il est surjectif, et son
noyau est aZ ∩ bZ = ppcm(a, b)Z = abZ.
(4.3) Construction de l’inverse. On cherche quelqu’un dans Z qui donne (1, 0) par le mor-
phisme ci-dessus. Il doit donc être λb, avec λb ≡ 1 mod a.
On conclut que l’inverse s’écrit
(4.4) Exercice.
(4.4.1) Si pgcd(a, b) 6= 1 alors Z/a × Z/b n’est pas cyclique.
(4.4.2) Z/a × Z/b ∼ = Z/pgcd × Z/ppcm.
(4.4.3) Démontrer sans utiliser la décomposition en produit de facteurs premiers l’identité ab =
pgcd(a, b) · ppcm(a, b).
5 – Indicatrice d’Euler
(5.1) Définition. On désigne par ϕ : N∗ → N∗ la fonction indicatrice d’Euler, définie par
∀n > 1 ϕ(n) = Card k ∈ [[1, n]] : n ∧ k = 1 .
(5.2) Lemme. Le nombre de générateurs dans un groupe cyclique à n éléments est ϕ(n).
C’est un corollaire immédiat de la Proposition (2.1).
X
(5.3) Proposition. n = ϕ(d).
0<d|n
S’obtient en comptant les éléments de Z/nZ en les regroupant selon leur ordre ; ce n’est pas
trivial, il faut le super-Sylow des groupes cycliques. (On peut aussi faire une récurrence en se
basant sur (5.4) ci-dessous, en initialisant pour n une puissance d’un nombre premier, mais
j’aime beaucoup moins).
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Preuve. On commence par calculer ϕ(pα ) = pα−1 (p − 1) en comptant les nombres premiers à p
entre 1 et pα :
6 – Automorphismes de (Z/nZ, +)
(6.1) Remarquons que (Aut(Z/nZ), ◦) et ((Z/nZ)× , ·) sont des groupes. Le premier a priori
n’a aucune raison d’être abélien.
Déjà, si u est un automorphisme, u(1) doit être comme 1 un générateur de Z/nZ, soit u(1) ∈
(Z/nZ)× d’après (2.1). Pour voir que φ est bien un morphisme, on dit que
u ◦ v(1) = u v(1) = u(1 + · · · + 1) = u(1) + · · · + u(1)) = v(1) · u(1) = u(1) · v(1).
| {z } | {z }
v(1) fois v(1) fois
Le fond de l’histoire ici, c’est que vu comment est définie la structure d’anneau sur Z/nZ,
un automorphisme du groupe (Z/nZ, +) est automatiquement un automorphisme de l’anneau
(Z/nZ, +, ×).
C’est une correspondance injective, puisque une fois qu’on connaît u(1) on a u(x) = x · u(1)
pour tout x ∈ Z/nZ. C’est une correspondance surjective, puisque pour tout a ∈ (Z/nZ)× ,
x 7→ ax est un automorphisme de (Z/nZ, +). 2
×
(6.3) Proposition. Le groupe Z/n est abélien d’ordre ϕ(n).
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(6.5) Lemme.
× ×
∼
Y
Z/n = Z/pα
i
i
.
(C’est une application directe du lemme chinois).
(6.6) Classification (largement admise ; cf. [Perrin] pour les preuves complètes).
(6.6.1) Pour tout p premier, (Z/pZ)× ∼ = Z/(p − 1)Z (tout sous-groupe fini du groupe multipli-
catif d’un corps est cyclique, cf. (6.7) ci-dessous).
(6.6.2) Pour tout p premier, p 6= 2, on a de même (Z/pα Z)× ∼ = Z/ϕ(pα )Z = Z/(pα−1 (p − 1))Z.
(6.6.3) Pour p = 2, en revanche : (Z/2Z) = {1} ; (Z/4Z) = Z/2Z ; (Z/2α Z)× ∼
× × ∼
= Z/2Z ×
Z/2α−2 Z pour α > 3.
Exercice. Trouver les éléments d’ordre 2 dans (Z/8Z)× . En déduire que (Z/8Z)× ∼
= Z/2Z×Z/2Z.
donc tous les éléments d’ordre d de k × sont dans hxi. On en déduit que k × contient 0 ou ϕ(d)
éléments d’ordre d.
Soit G < k× un sous-groupe fini d’ordre n. Pour tout diviseur d de n, si G contient un
élément x d’ordre d, il contient hxik× et donc tous les éléments d’ordre d de k× . Donc, G
contient 0 ou ϕ(d) éléments d’ordre d. Puisque
X
|G| = n = ϕ(d)
d|n
(Proposition (5.3)), |G| doit en fait contenir ϕ(d) éléments d’ordre d pour tout diviseur d de
|G|. En particulier, il contient un élément d’ordre maximal n, donc il est cyclique.
Si G0 est un autre sous-groupe d’ordre n de k× , il est engendré par un élément d’ordre n de
k . Puisque ceux-ci sont déjà tous dans G, G0 = G.
×
2
Exercice. (i) Montrer que tous les sous-groupes finis de C∗ sont des µn . Exhiber un sous-groupe
non monogène de C∗ (nécessairement infini).
(ii) Montrer que H8 n’est pas cyclique.
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σ = κ1 · · · κr .
∀k ∈ Z, σ k (xi ) = xi ⇔ `i |k,
0
avec σ k (x) 6= σ k (x) si k 6= k 0 dans [[0, `i − 1]]. On voit ainsi que σ|ωi est un cycle de longueur `i .
Posons pour i = 1, . . . , r,
κi = xi , σ(xi ), . . . , σ `i −1 (xi ) ;
Remarque. On peut mener une analyse semblable dès qu’on a un groupe monogène qui agit sur
un ensemble (si l’ensemble est fini, c’est exactement la présente analyse, d’ailleurs).
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Groupes Th. Dedieu
(Le point important est que si les supports sont disjoints alors les cycles commutent).
(ii) Quel est l’ordre de (12)(23) ?
2 – Signature
(2.1) Théorème. Il existe un unique morphisme de groupes non-trivial
ε : Sn → {±1}.
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Groupes Th. Dedieu
(2.2.2) Si on préfère s’en tenir à la définition initiale, il vaut mieux faire un changement de
variable :
P̃ (X1 , . . . , Xn ) := (β.P )(X1 , . . . , Xn ) = P (Xβ(1) , . . . , Xβ(n) ) ;
(α.P̃ )(Y1 , . . . , Yn ) = P̃ (Yα(1) , . . . , Yα(n) ) ;
si Yi = Xβ(i) , alors Yα(i) = Xβ(α(i)) .
2
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Pourquoi mettre A−1 σ et pas simplement Aσ ? (il y a une bonne raison) Montrer que σ 7→ Aσ
définit une représentation de Sn (c’est la représentation de permutation standard).
où |I| = i1 + · · · + ip .
La preuve est essentiellement semblable à celle du développement par rapport à une seule
colonne, sauf qu’il y a un petit lemme pas complètement trivial sur la signature. C’est sur ce
point qu’on se concentre ici.
(2.4) Notations. Pour tout p ∈ [[1, n]], on note Pp l’ensemble des parties à p éléments de
{1, . . . , n}. Pour I = {i1 < · · · < ip } ∈ Pp , on note ı̄1 < · · · < ı̄n−p les n − p entiers tels que
X X X
ε(σ)aσ(1)1 · · · aσ(n)n = ε(σ)aσ(j1 )j1 · · · aσ(jp )jp aσ(̄1 )̄1 · · · aσ(̄p )̄p .
σ∈Sn I∈Pp σ∈ω I
J
On va voir que σ ∈ ωJI se décompose en (σ 0 , σ 00 ) ∈ SI × SI¯ avec ε(σ) = ε(σ 0 ) · ε(σ 00 ) (ensuite la
conclusion est laissée au lecteur).
On définit une bijection
Manifestement ΦIJ est injective, et il est à peu près aussi manifeste qu’elle est surjective ; de
toute façon, pour les besoins de la preuve nous allons exhiber une réciproque à ΦIJ . Attention
toutefois : ΦIJ n’est pas un morphisme de groupes ! d’ailleurs ωJI n’est même pas un groupe.
A tout (σ 0 , σ 00 ) ∈ Sp × Sn−p , on associe une permutation Ψ(σ 0 , σ 00 ) ∈ Sn définie par
1 ··· p p+1 ··· p + (n − p)
Ψ(σ 0 , σ 00 ) = .
σ 0 (1) · · · σ 0 (p) p + σ 00 (1) · · · p + σ 00 (n − p)
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Je prétends que
(I désigne l’ensemble des inversions, dont il faut calculer le cardinal pour définir le nombre
d’inversions). D’autre part,
donc
X X X p(p + 1)
I(ρI ) = ir − 1 − (r − 1) = ir − r = |I| − .
2
16r6p 16r6p 16r6p
2
3 – Groupe alterné
(3.1) Proposition. An est engendré par les 3-cycles.
Preuve. Puisque le groupe symétrique est engendré par les transpositions, il suffit de savoir écrire
le produit d’un nombre pair de transpositions comme produit de 3-cycles. Dans
τ1 τ2 · · · τ2k−1 τ2k ,
chaque τ2i−1 τ2i (1 6 i 6 k) est ou bien (12)(23) = (123), ou bien (12)(34) = (123)(234). 2
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Si bi est pair, ou bien s ou bien sκi est impair, donc toute permutation conjuguée à σ peut être
obtenue en conjuguant par une permutation paire.
Si bi = bj , on utilise la même idée avec un élément du stabilisateur de σ d’un autre type.
On peut supposer grâce à ce qui précède que b = bi = bj est impair. Notant κi = (x1 · · · xb ) et
κj = (y1 · · · yb ), on pose
τ = (x1 y1 ) · · · (xb yb ).
C’est une permutation impaire si b est impair, qui laisse κ1 · · · κr stable par conjugaison. Ainsi
pour tout s ∈ Sn ,
sσs−1 = sτ στ −1 s−1 .
Ceci termine la preuve de la première partie de l’énoncé.
Pour démontrer l’autre partie, il faut se convaincre que si les bi sont deux à deux distincts,
alors
sκ1 · · · κr s−1 = κ1 · · · κr ⇐⇒ s = κα αr
1 · · · κr
1
(si on veut, ça découle de la preuve du Théorème (1.1)). Ainsi, si de plus les bi tous impairs, le
stabilisateur de σ pour la conjugaison est un sous-groupe de An . On en déduit que pour toute
transposition τ , σ et τ στ −1 ne sont pas conjuguées dans An . En revanche, toute permutation
conjuguée à σ dans Sn est conjuguée dans An ou bien à σ ou bien à τ στ −1 . 2
Stab(κ1 · · · κr ) = hκ1 , . . . , κr i ∼
= Z/b1 Z × · · · × Z/br Z.
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(1.2) Exemples. Z, Z/nZ sont des groupes abéliens de type fini. Ne sont pas de type fini en
revanche : (Z[X], +) groupe additif des polynômes à coefficients entiers. (Q, +) (donner quelques
indications). (R, +) et (S1 , ×) qui n’est autre que R/Z via l’exponentielle.
Exercice. Tout sous-groupe de type fini de (Q, +) est monogène. Dans (R, +), ha, bi est monogène
si et seulement si a et b sont commensurables. √
Attention, on peut avoir a et b non commensurables et ha, bi R ; exemple, 1, 2 n’est
certainement pas R tout entier.
(1.3) Théorème. Tout groupe abélien de type fini s’écrit de manière unique
Pour démonter l’existence, il suffit de traiter le cas d’un quotient de Zn , ce qui revient à
comprendre la structure des sous-groupes de Zn . Pour démontrer l’unicité il faut se méfier un
peu plus.
(1.4) Proposition. Tout sous-groupe de (Zn , +) est un groupe abélien de type fini.
Cet énoncé traduit le fait que Z est un anneau noethérien, comme tous les anneaux principaux,
cf. [Laszlo, p. 23]. En fait les sous-groupes de Zn sont également libres, comme l’indique la
preuve suivante ; c’est visible dans l’énoncé plus précis (1.5), que l’on déduit de (1.4) en utilisant
seulement la partie “type fini”.
Preuve. Par récurrence sur n. Si n 6 1 c’est non trivial, mais on connaît. Si n > 1, soit e1 , . . . , en
la base canonique, N < Zn notre sous-groupe, et
N1 = N ∩ (Ze1 · · · Zen−1 ).
Si N1 = N , alors N < Zn−1 et on conclut par récurrence ; sinon, N/N1 est un sous-groupe
non nul de Zn /(Ze1 · · · Zen−1 ) ∼
= Z, donc monogène comme tout sous-groupe d’un groupe
monogène.
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d1 Z × · · · × dn Z ⊂ Z × · · · × Z = Zn ,
dans une base adaptée de Zn (cette dernière pas nécessairement unique), avec 0 6 d1 | · · · |dn (les
premiers d1 sont éventuellement 1, les derniers éventuellement 0).
∼ Zn donné
Plus précisément, pour tout sous-groupe N < Zn il existe un automorphisme φ : Zn =
par une matrice de GLn (Z) tel que φ(N ) soit comme dans la Proposition. La preuve s’appuie
sur les résultats de la Section 2 et sera donnée là-bas.
(1.6) Corollaire. Tout sous-groupe de Zn est libre, engendré par au plus n éléments.
La Proposition (1.5) donne l’existence d’une décomposition (1.3.1) pour un groupe abélien
de type fini, mais ne suffit pas pour avoir l’unicité, en dépit de l’unicité d’écriture pour les
sous-groupes de Zn dans la Proposition (1.5).
En effet, on peut toujours prendre deux présentations différentes Zn M et Zm M ; il
n’est pas très difficile de supposer n = m en ajoutant des générateurs triviaux, mais a priori
rien n’interdit que deux telles présentations donnent des décompositions différentes ; il faut
déterminer à quelle condition deux sous-groupes H1 , H2 < Zn donnent des quotients isomorphes,
autrement dit quelle condition un diagramme à lignes exactes
0 / H1 / Zn /Q /0
0 / H2 / Zn /Q /0
M1 / M2 / M3 / M4 / M5
f f f f f
1 2 3 4 5
N1 / N2 / N3 / N4 / N5
dit des choses sur f3 sachant des choses sur f1 , f2 , f4 ou f5 , f2 , f4 . Dans notre situation, on n’a
a priori même pas de flèche f2 .
La preuve de l’unicité se fait pas à pas en s’appuyant sur la théorie de la dimension pour les
espaces vectoriels. On verra qu’au bout du compte, Zn /H1 ∼ = Zn /H2 ssi H1 ∼ = H2 , mais il faut
bien le démontrer !
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(2.2) Exemple.
−2 −11 −7 L2 + 2L1 1 −4 −3
5 18 11 ∼ L1 −2 −11 −7
−6 −20 −12 L3 − 3L1 0 13 9
1 −4 −3 1 0 0
∼ L2 + 2L1 0 −19 −13 ∼ 0 19 13
0 13 9 0 13 9
1 0 0 1 0 0
∼ −2L2 + 3L3 0 1 1 ∼ 0 1 0
13L2 − 19L3 0 0 −2 0 0 2
C’est plus intéressant comme ça qu’en étant malin pour fabriquer un 1 au premier coup avec L2
et L3 , car on voit ainsi un vrai algorithme d’Euclide en cours de route :
19 = 13 × 1 + 6 6 = 19 − 13
13 = 6 × 2 + 1 1 = 13 − 2 · 6
= 13 − 2(19 − 13) = −2 · 19 + 3 · 13.
(ii) pour Q ∈ GLm (Z), les colonnes de la matrice F Q sont les coordonnées des vecteurs
f10 , . . . , fm
0
∈ Zn ,
fj0 = q1j f1 + · · · + qmj fj ,
et on a
hf1 , . . . , fm iZn = hf10 , . . . , fm
0
iZn
puisque pour tout Λ ∈ Zm on a F Λ = (F Q)(Q−1 Λ) (et (F Q)(Λ) = F (QΛ) !).
Quand on a une matrice sous forme normale, la famille correspondante est libre une fois
débarassée des vecteurs nuls correspondant aux di nuls.
(2.4) Interprétation d’un quotient de Zn comme groupe abélien défini par générateurs et rela-
tions. Zn est le groupe abélien engendré par e1 , . . . , en sans aucune relation. Quotienter par (le
sous-groupe engendré par) (a1 , . . . , an ) revient à imposer la relation
a1 .e1 + · · · + an .en = 0.
3 – Unicité de la décomposition
3.1 – Rang
Ici on s’attache à démontrer la canonicité du nombre r de copies de Z dans la décomposition
(1.3.1). Le fond de l’histoire, c’est que
r(M ) = dimQ M Z Q .
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(3.2) Proposition. Un groupe abélien de type fini est libre si et seulement si il est sans torsion.
Preuve. C’est un corollaire de la partie existence du Théorème (1.3), donnée par la Proposi-
tion (1.5). Si M est sans torsion, toute écriture (1.3.1) donne M ' Zr , ce qui dit que M est
libre (même si l’unicité de r n’est pas encore acquise à ce stade).
Réciproquement, un groupe abélien libre est manifestement sans torsion. 2
(3.2.1) Attention : c’est complètement faux si on retire l’hypothèse de type fini. En effet, le
groupe (Q, +) est sans torsion mais n’est pas libre. (Même si a contrario, h1/2, 1/3i est bien
libre, puisque c’est Z.1/6).
(3.2.2) « Tout module de type fini sur un un anneau principal sans torsion est libre. » ; c’est
un énoncé de géométrie algébrique !
(3.3) Lemme. Des vecteurs v1 , . . . , vs ∈ Qn sont linéairement indépendants sur Z ssi ils le
sont sur Q.
(3.4) Proposition. Soit M abélien libre de type fini. Toutes les bases de M ont le même
cardinal, appelé rang de M .
Preuve. On peut supposer M = Zn ⊂ Qn . Par le Lemme (3.3), toute famille libre de Zn est une
famille libre de Qn , donc est constituée d’au plus n vecteurs d’après la théorie de la dimension.
Ainsi toute famille finie extraite d’une base de Zn est de cardinal au plus n, ce qui prouve que
toute base de Zn est finie (pas OSD !).
Soit B base de Zn à m élements : m 6 n par ce qui précède. Si m < n, on aurait Zn ' Zm <
Q donc toutes les bases de Zn auraient au plus m éléments, en contradiction avec l’existence
m
(3.5) Conclusion. L’entier r(M ) est le rang du groupe abélien libre de type fini M/Mtors , qui
est un invariant intrinsèque de M .
Attention : ZZ Fp ∼= Fp , donc si on ne suppose pas M = Mtors il faut tenir compte des facteurs
libres dans les comptes.
Rappel. On a en général M A A/I ∼ = M/IM , donc pour ce qui nous intéresse ici
Z/aZ Z Z/bZ ∼
= Z/pgcd(a, b)Z.
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(3.7) Unicité des facteurs invariants. Soit M groupe abélien fini. On sait à présent qu’il
existe des entiers 1 < d1 | · · · |ds tels que
(3.7.1) M∼
= Z/d1 Z × · · · × Z/ds Z.
Montrons par récurrence sur l’ordre de M que les entiers di > 1 sont uniquement déterminés
par M .
Si |M | = 1 c’est trivial (s = 0 et il n’y a pas de di ). Sinon, choisissons p réalisant la borne
(3.7.2) sup dimFp (M/pM ) ;
p premier
l’ensemble des tels p est visiblement indépendant de tout choix (il n’y a qu’à regarder la déf-
inition du sup !). Il faut quand même se convaincre que ce sup est atteint. L’existence d’une
décomposition (3.7.1) permet de le voir : d’après (3.6) la dimension de M/pM est 6 s, et cette
dimension est réalisée pour tous les p divisant d1 , et donc tous les di . En particulier le supremum
détermine le nombre s de facteurs cycliques dans n’importe quelle écriture.
Partant de la décomposition, (3.7.1), on a
pM ∼ = p Z/d1 Z × · · · × Z/ds Z ∼
= pZ/d1 Z × · · · × pZ/ds Z
(3.7.3) ∼
= Z/(d1 /p)Z × · · · × Z/(ds /p)Z.
C’est une décomposition du type voulu une fois qu’on s’est débarassé des facteurs triviaux,
i.e. ceux pour lesquels di /p = 1. Puisque |pM | < |M | (sinon M/pM = {0} pour tout p, donc
M = {0}), on a une décomposition unique
pM ∼
= Z/d01 Z × · · · × pZ/d0s0 Z,
qui est nécessairement (3.7.3). Ceci détermine d1 = · · · = ds−s0 = p et ds−s0 +i = pd0i pour
i = 1, . . . , s0 . 2
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