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Groupes

Thomas Dedieu
Rentrée 2019, compilé le 22 novembre 2019

Avertissement. Ceci n’est pas un polycopié de cours. Ce texte est constitué de mes notes
personnelles pour un cours de préparation à l’agrégation, grossièrement mises en forme.
Néanmoins, si vous trouvez des erreurs il m’intéresse que vous me les communiquiez.

Exercices propédeutiques 2

I Groupes opérant sur un ensemble 5


1 Définitions 5
2 Groupe agissant sur lui-même 6
3 Équation aux classes 8
4 Application : théorèmes de Sylow 10

II Groupes monogènes 13
1 Description générale 13
2 Générateurs de (Z/nZ, +) 13
3 Sous-groupes de Z/nZ 14
4 Lemme chinois 16
5 Indicatrice d’Euler 16
6 Automorphismes de (Z/nZ, +) 17

III Groupe symétrique 19


1 Décomposition en produit de cycles à supports disjoints 19
2 Signature 20
3 Groupe alterné 23

IV Groupes abéliens de type fini (grabdetf) 25


1 Groupes abéliens de type fini 25
2 Matrices à coefficients dans un anneau principal 26
3 Unicité de la décomposition 27

1
Groupes Th. Dedieu

Exercices propédeutiques

Exercice 1. Donner des exemples de :


— groupes abéliens finis non-cycliques ;
— groupes monogènes non-cycliques ;
— groupes abéliens infinis non-monogènes ;
— groupes infinis non-abéliens.

Exercice 2. Montrer que Z2 n’est pas monogène. En déduire que Z2 et Z sont deux groupes
non-isomorphes. Sont-ils isomorphes en tant qu’ensembles ?

Exercice 3. 1) Démontrer le théorème de Lagrange : soit G un groupe fini. Pour tout sous-
groupe H < G, l’ordre de H divise l’ordre de G.
2) En déduire le théorème d’Euler : soit n > 0 un entier. Pour tout entier x premier avec n, on
a
xϕ(n) ≡ 1 mod n,
où ϕ(n) = Card{i ∈ [[1, n]] : pgcd(i, n) = 1} est la fonction indicatrice d’Euler.
3) En déduire le petit théorème de Fermat : pour tout entier p premier, et tout entier a, on a
ap ≡ a mod p.

Exercice 4. 1) Soit G un groupe, K / G un sous-groupe distingué. Montrer que l’ensemble


quotient G/K est muni d’une structure de groupes canoniquement induite par la structure de
groupe de G. Montrer que l’application x ∈ G 7→ x̄ ∈ G/K est un morphisme de groupes.
2) Soit φ : G → H un morphisme de groupes. Montrer que le noyau K = ker(φ) est un sous-
groupe distingué de G. Montrer que φ induit un morphisme injectif G/K → H.
3) Soit G un groupe, K / G un sous-groupe distingué. Soit H un groupe, et φ : G → H
un morphisme. On suppose que φ(K) = {1H }. Montrer qu’il existe un unique morphisme de
groupes φ̄ : G/K → H tel que φ = φ̄ ◦ π, où π est le morphisme canonique G → G/K.
4) Soit G un groupe. On considère

D(G) = haba−1 b−1 , a, b ∈ Gi

(sous-groupe dérivé de G).


a) Montrer que D(G) est un sous-groupe distingué de G, et que le groupe quotient Gab :=
G/D(G) est abélien.
b) Soit M un groupe abélien, φ : G → M un morphisme de groupes. Montrer qu’il existe un
unique morphisme φ̄ : Gab → M tel que φ = φ̄ ◦ π, où π est le morphisme canonique G → Gab .

Exercice 5. Donner un morphisme de Z/3Z × Z/17Z dans GLn (C).

Exercice 6. 1) Démontrer que tout sous-groupe de Z est monogène. Exhiber un sous-groupe


de R qui n’est pas monogène.
2) Soit a, b ∈ Z. Démontrer que

aZ + bZ = pgcd(a, b)Z et aZ ∩ bZ = ppcm(a, b)Z.

2
Groupes Th. Dedieu

3) a) Démontrer le théorème de Bezout : deux entiers a et b sont premiers entre eux si et


seulement si il existe u, v ∈ Z tels que au + bv = 1.
b) Soit d ∈ Z. Est-il vrai que pgcd(a, b) = d si et seulement si il existe u, v ∈ Z tels que
au + bv = d ?
4) Soit a et b deux entiers. On note d = pgcd(a, b) et m = ppcm(a, b).
a) Montrer qu’il existe a0 , b0 ∈ Z tels que a = da0 et b = db0 .
b) Montrer que m = ab0 = a0 b.
c) Montrer que md = ab.

Exercice 7. 1) Démontrer que Z/nZ est un corps si et seulement si n est un nombre premier.
2) Montrer que 18 est inversible pour la multiplication dans Z/55Z, et déterminer son inverse.
3) a) Soit x = ā ∈ Z/nZ. On note d = pgcd(a, n). Montrer que hxi (le sous-groupe de Z/nZ
¯
engendré par x) est égal à hdi.
b) Déterminer le sous-groupe engendré par 1038 dans Z/1 000 000Z.
4) Déterminer tous les générateurs du groupe additif Z/24Z.
5) Montrer que l’ensemble des éléments non nuls de Z/19Z constitue un groupe pour la multi-
plication. Vérifier que ce groupe est cyclique, et trouver tous ses générateurs.

Exercice 8. Soit a, b ∈ Z.
1) Déterminer le noyau du morphisme de groupes (ou d’anneaux)

n ∈ Z 7→ (n mod a, n mod b) ∈ Z/aZ × Z/bZ.

En déduire qu’il existe un morphisme injectif Z/ppcm(a, b)Z → Z/aZ × Z/bZ.


2) Si a et b sont premiers entre eux, déduire de la question précédente qu’il existe un isomor-
phisme Z/abZ ∼ = Z/aZ × Z/bZ. (Indication : utiliser un argument de cardinalité).
3) On suppose a et b premiers entre eux, et on considère u, v ∈ Z tels que au + bv = 1. Montrer
que l’application
(x̄, ȳ) ∈ Z/aZ × Z/bZ 7→ xbv + yau ∈ Z/abZ
est bien définie, et que c’est un morphisme de groupes (d’anneaux en fait). Vérifier que ce
morphisme est l’inverse du morphisme Z/abZ ∼ = Z/aZ × Z/bZ des questions précédentes.
4) On ne suppose plus a et b premiers entre eux, et on considère leurs décompositions en
produits de facteurs irréductibles : soit p1 , . . . , pr des nombres premiers deux à deux distincts,
et a1 , . . . , ar , b1 , . . . , br ∈ N tels que a = pa1 1 · · · par r et b = pb11 · · · pbrr (certains des bi ou ai
peuvent être nuls).
a) Montrer que

Z/aZ × Z/bZ ∼ = Z/pa1 1 Z × · · · × Z/par r Z × Z/pb11 Z × · · · × Z/pbrr Z


 

b) En déduire que Z/aZ × Z/bZ ∼


= Z/pgcd(a, b)Z × Z/ppcm(a, b)Z.
10000
Exercice  de la permutation σ, ainsi que σ
 9. Déterminer la signature dans les cas suivants :
1 2 3 4 5 6 7 8
(i) σ = ;
8 7 1 5 2 4 6 3 
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
(ii) σ = ;
11 5 7 12 10 3 6 4 2 1 9 8
 
1 2 3 4 5 6 7 8 9
(iii) σ = .
2 8 5 3 9 1 7 6 4

3
Groupes Th. Dedieu

Exercice 10. Soient n ∈ N∗ , σ ∈ Sn , a1 , a2 , . . . , ak k éléments deux à deux distincts de [[1, n]].


Montrer que
σ ◦ [a1 , a2 , . . . , ak ] ◦ σ −1 = [σ(a1 ), σ(a2 ), . . . , σ(ak )].

Exercice 11. 1) Déterminer tous les sous-groupes des groupes symétriques S3 et S4 . Lesquels
sont des sous-groupes distingués ?
2) Déterminer un morphisme non constant du groupe S4 dans le groupe S3 .
3) Vérifier que le groupe alterné A5 possède deux sous-groupes isomorphes à A4 et Z/5Z respec-
tivement, et tels que l’application de multipliciation
(σ 0 , σ 00 ) ∈ A4 × Z/5Z 7→ σ 0 ◦ σ 00 ∈ A5
réalise une bijection. Les groupes A4 × Z/5Z et A5 sont-ils isomorphes ?
4) Vérifier l’existence des suites de sous-groupes distingués suivantes :
a) {1} = A2 / S2 ∼ = Z/2Z ;
b) {1} / A3 = Z/3Z / S3 ;
c) {1} / Z/2Z / V4 / A4 / S4 (V4 est le groupe de Klein Z/2Z × Z/2Z).

Exercice 12. On considère le plan euclidien orienté E2 , muni d’un repère orthonormal direct.
On note pour tout α ∈ R/(2πZ), rα la rotation vectorielle d’angle α, et pour tout γ ∈ R/(πZ),
sγ la réflexion orthogonale par rapport à la droite Dγ formant un angle γ avec l’axe des abscisses.
1) Montrer que R : α ∈ R/(2πZ) 7→ rα ∈ GL(E) est un morphisme de groupes. Montrer que
l’image de R est le noyau du morphisme det : u ∈ O(E) 7→ det(u) ∈ R. En déduire que l’image
de R est un sous-groupe distingué de O(E). Est-ce un sous-groupe distingué de GL(E) ?
2) a) Soit γ, γ 0 ∈ R/(πZ). Montrer que sγ 0 ◦ sγ = r2(γ 0 −γ) . Faire un dessin.
b) L’ensemble R/(πZ) des réflexions orthogonales est contenu dans GL(E). L’injection corre-
spondante R/(πZ) → GL(E) est-elle un morphisme de groupes ?
3) Calculer rα ◦ sγ et sγ ◦ rα pour tout α ∈ R/(2πZ) et γ ∈ R/(πZ). (Indication : écrire
rα = sα/2+γ ◦ sγ et rα = sγ ◦ sγ−α/2 ).
4) Soit α ∈ R/(2πZ), γ, γ 0 ∈ R/(πZ). Vérifier les relations (faire des dessins) :
a) sγ rα sγ = r−α ;
b) rα sγ r−α = sγ+α ;
c) sγ sγ 0 s−1
γ = s2γ−γ 0 (réflexion orthogonale par rapport à la droite sγ (Dγ 0 ).
5) On considère l’ensemble D4 à huit éléments
D4 = {r0 , rπ/2 , rπ , r3π/2 , s0 , sπ/4 , sπ/2 , s3π/2 }.
a) Montrer que D4 est le groupe des isométries du carré formé des points d’affixe une racine
4-ème de l’unité dans l’identification E 2 ∼
= C donnée par le choix de notre repère.
b) On note r = rπ/2 et s = s0 . Montrer que
D4 = {1, r, r2 , r3 , s, sr, sr2 , sr3 }.

c) Montrer que D4 est le groupe donné par générateurs et relations


hr, s : s2 = r4 = srsr = 1i.

d) Déterminer les cinq classes de conjugaison de D4 .


e) Déterminer tous les sous-groupes de D4 . Lesquels sont distingués ?

4
Groupes Th. Dedieu

I – Groupes opérant sur un ensemble

Slogan. « Un groupe c’est fait pour agir. »

1 – Définitions
1.1 – Actions de groupes
(1.1) Définition. G groupe, X ensemble. G agit à gauche sur X (G X) si [...]
Remarque. Chaque ĝ est automatiquement une bijection.
(1.1.1) De manière équivalente, on veut un morphisme de groupes G → Bij(X).

(1.2) Exemples. GL(E) E (telle quelle pas très intéressante en fait), (E, +) AE .
Sn {1, . . . , n}.
On en verra plein d’autres.

(1.3) Une action est fidèle si seul 1 ∈ G agit comme l’identité.


On peut toujours se ramener à une action fidèle en remplaçant G par le noyau du morphisme
G → S(X) — qui est toujours un sous-groupe distingué ; on l’appelle le noyau de l’action.

(1.4) Une action est transitive si pour tous x, y ∈ X, il existe g ∈ G tel que y = g.x.
Exemples. E AE est transitive, GL(E) E non (il y a deux orbites, {0} et E \ {0}, qui ne
se ressemblent pas beaucoup). PGLn+1 Pn est transitive.

(1.5) Plus généralement, pour k ∈ N, une action G X est k-transitive si [...]


Exemple. Sn agit n-transitivement sur {1, . . . , n}. An agit (n − 2)-transitivement :
   
x1 · · · xn−2 xn−1 xn x1 · · · xn−2 xn xn−1
ou
y1 · · · yn−2 yn−1 yn y1 · · · yn−2 yn yn−1

convient ; en revanche An {1, . . . , n} n’est pas (n − 1)-transitive (remarque : dans ce cas, c’est
équivalent à la n-transitivité).

1.2 – Orbites et partitions


(1.6) Définition. Pour x ∈ X, l’orbite ω(x) est {g.x : g ∈ G}.
Exemple. Action du groupe des rotations (R/2πZ, +) sur R2 .
`
(1.7) Proposition. X = G\X ω.
Preuve. (i) ω 1 6= ω 2 ⇒ ω 1 ∩ ω 2 = ∅.
(ii) x ∈ ω(x). 2

On peut aussi regarder la relation d’équivalence « être transporté l’un sur l’autre par l’ac-
tion ».

5
Groupes Th. Dedieu

2 – Groupe agissant sur lui-même


2.1 – Action par conjugaison
(2.1) g.h = ghg −1 .
Attention : g −1 hg définit une action à droite.

(2.2) Principe de conjugaison.


(2.2.1) Exemple. Si p est la projection sur F dans la direction de G, u ◦ p ◦ u−1 est la projection
sur u(F ) dans la direction de u(G).
Pour f = λ1 p1 +· · ·+λs ps , on a donc
 [...]. Idem pour une décomposition de Dunford–Jordan.
(2.2.2) Exemple. Dans Sn , σ 1, . . . , k σ −1 = σ(1), . . . , σ(k) .


(2.2.3) Lien avec la formule de changement de base.

2.2 – Action par multiplication et quotient


(2.3) g.h = gh action G G à gauche.

Quotient par un sous-groupe


(2.4) H < G sous-groupe quelconque. H agit à droite sur G (G  H) par multiplication :
g.h = gh.
Pour a ∈ G, on note
aH = ω(a) = {ah : h ∈ H} ;
ceci s’appelle une classe à gauche modulo H.

(2.5) Lemme. Toutes les orbites sont en biijection avec H.


En particulier si H est fini, elles ont toutes le même cardinal |H|.
Preuve. φa : H → aH est une application injective et surjective pour tout a. 2

(2.6) Application. Théorème de Lagrange.

Parenthèse : propriété universelle du quotient


(2.7) Proposition. Soit G un groupe, et K/G un sous-groupe distingué, de sorte que le quotient
G/K est muni d’une structure de groupe. On considère un autre groupe H. Les morphismes de
groupes G/K → H sont en correspondance bi-univoque avec les morphismes de groupes G → H
qui sont triviaux sur K.

(2.8) Exercice. Si H = M est un groupe abélien, l’ensemble Hom(G, H) est muni d’une
structure canonique de groupe, automatiquement abélien.
1) La composition (à gauche) avec G → G/K et la restriction à K définissent respectivement
deux morphismes de groupes

Hom(G/K, M ) → Hom(G, M ) et Hom(G, M ) → Hom(K, M ).

2) Le morphisme Hom(G/K, M ) → Hom(G, M ) est injectif, et son image est le noyau de


Hom(G, M ) → Hom(K, M ).

6
Groupes Th. Dedieu

Action sur un quotient


(2.9) G G/H par multiplication à gauche : [Link] = gaH, autrement dit g.ā = ga. Valable
pour un sous-groupe quelconque (pas nécessairement distingué).
Attention : on ne peut pas écrire ga = ḡā, quand H n’est pas distingué on ne peut même pas
mettre de structure de monoïde sur le quotient. Il n’y a pas en général d’action G/H G/H
qui correspond à G G/H, c’est pour ça que cette dernière est intéressante.

(2.10) Lemme. L’action G G/H par multiplication à gauche est transitive, mais n’est pas
fidèle en général. De plus, un g ∈ G peut très bien agir avec points fixes.

Preuve. L’action G G/H est transitive comme G G : pour a, b ∈ G, b̄ = ba−1 .ā. Les autres
affirmations sont justifiées par l’Exemple (2.10.2) ci-dessous. 2
(2.10.1) Noyau de l’action G G/H. Il est clair que ça ne peut pas être H en général, sinon
celui-ci serait distingué. En général :

g ∈ ker G G/H ⇔ ∀a ∈ G, ∃h(a) ∈ H : ga = ah(a)
⇔ ∀a ∈ G, g ∈ aHa−1 ;

autrement dit, g agit trivialement ssi il est dans l’intersection de tous les conjugués de H.
(2.10.2) Exemple. On réalise Pnk comme un quotient de GLn+1 (k) par un certain sous-groupe
(cf. (2.11)). L’espace projectif Pnk contient un espace affine Ank . Les transformations de Ank
provenant de l’action de GLn+1 sur Pn sont exactement les transformations affines. Parmi elles,
on sait bien que certaines ont des points fixes.
Les homothéties dans GLn+1 agissent bien sûr trivialement sur Pn , et on sait bien que ce
sont les seules (cf. (2.11.1)).

(2.11) Grassmanniennes. A COMPLÉTER. Voici déjà un calcul pour comprendre le quotient


par le sous-groupe des matrices triangulaires supérieures par bloc : dans le produit M = N H,
soit    
0
 
M1 · · · Mn  = N1 · · · Nn  × A B ,
0 B

les p premières colonnes (où p est la taille du bloc A) sont


     
 
M1 · · · Mp  = N1 · · · Nn  × A
= N1 ··· Np  × A.
0

(2.11.1) Noyau de GLn+1 Pn . Pour A = (A0 , . . . , An ) ∈ GLn+1 et P ∈ GLn+1 , l’action de P


sur Ā = [A0 ] ∈ Pn est induite par
   

P ×  A0 ··· An  = P A0 ··· P An 

et donc P.[A0 ] = [P A0 ] sans surprise. Les matrices P agissant trivialement sont celles agissant
comme une homothétie sur toutes les droites ; on sait bien que ceci caractérise les homothéties.
(2.11.2) Question. Quel est le noyau de GLn+1 Gr(k + 1, n + 1) ?

7
Groupes Th. Dedieu

3 – Équation aux classes


(3.1) Pour G X et x ∈ X, on note

Stab(x) = {g ∈ G : g.x = x}.

C’est un sous-groupe de G, en général pas distingué.

(3.2) Lemme. On a une bijection équivariante entre ω(x) et G/ Stab(x).


Peut-être contrairement aux apparences, Stab(x) n’a aucune raison d’être un noyau, et ω(x)
n’est en général pas un groupe.
Preuve. On cherche φ : G/ Stab(x) → ω(x) bijection qui fasse commuter pour tout g ∈ G le
diagramme suivant :
G/ Stab(x)
φ
/ ω(x)

g g
 
G/ Stab(x)
φ
/ ω(x)

On prend
φ : ḡ ∈ G/ Stab(x) 7→ g.x ∈ ω(x).
C’est bien défini, surjectif (définition de l’orbite), injectif (petit calcul), et équivariant :

g.φ(h̄) = g.(h.x) = gh.x = φ(gh) = φ(g.h̄).

(3.3) On déduit de (3.2) que l’orbite de x est finie ssi Stab(x) est d’indice fini dans G (il n’y a
pas besoin que G soit fini), et dans ces conditions on a

| ω(x)| = [G : Stab(x)].

Si de plus G est fini, alors


|G|
[G : Stab(x)] = .
| Stab(x)|
Les considérations précédentes indiquent que si x et x0 appartiennent à la même orbite, alors

[G : Stab(x)] = [G : Stab(x0 )].

Une bonne raison pour cette égalité est le fait que les deux stabilisateurs sont conjugués ; en
appliquant le principe de conjugaison, on voit immédiatement que

Stab(g.x) = g Stab(x)g −1 .

(3.3.1) Notation. Soit ω ∈ G \ X. Si pour x ∈ ω le stabilisateur Stab(x) est fini, je note

st(ω) = | Stab(x)|.

Je n’introduis pas de notation pour l’indice ; pour nous le plus souvent X et G seront tous les
deux finis.

8
Groupes Th. Dedieu

(3.4) Équation aux classes. Supposons l’ensemble X fini. On peut alors supposer G fini sans
grand dommage, quitte à quotienter par le noyau de l’action (S(X) est fini bien sûr) ; je le fais
dès à présent. On déduit de la partition de X selon ses orbites sous l’action de G l’égalité
X
|X| = |ω|
ω∈G\X

puis, tenant compte de (3.3),


X |G|
(3.4.1) |X| = .
st(ω)
ω∈G\X

(3.5) Application. Soit p un nombre premier. On suppose ici en plus des hypothèses de (3.4)
que G est un p-groupe, c’est-à-dire un groupe d’ordre une puissance de p. Alors
(3.5.1) |X| ≡ X G mod p.
Preuve. Dans (3.4.1), on distingue les orbites constituées d’un seul élément et les autres : pour
les premières on a ω = {x} et | ω | = 1 ; pour les secondes
|G| pr
|ω| = = s
st(ω) p
avec r > s, et donc | ω | ≡ 0 mod p. 2
(3.5.2) Remarque. On observe de nouveau au cours de la preuve précédente que deux orbites
sous une même action ont en général des tailles qui n’ont rien à se dire.

(3.6) De manière en quelque sorte duale par rapport à (3.1), on pose pour g ∈ G
Fix(g) = {x ∈ X : g.x = x}
l’ensemble des points fixes sous l’action de g.

(3.7) Formule de Burnside. On considère l’action G X d’un groupe fini sur un ensemble
fini. On a les deux formules :
1 X
(3.7.1) G\X = | Stab(x)|,
|G|
x∈X
X X
(3.7.2) | Stab(x)| = | Fix(g)|.
x∈X g∈G

Preuve. On commence par montrer (3.7.2) ; elle s’obtient en calculant de deux façons équivalentes
par le théorème de Fubini le cardinal du graphe des points fixes de l’action
 
Fix G X = (g, x) ∈ G × X : g.x = x .
Il y a une toute petite astuce pour (3.7.1) :
X X  1 X  X | Stab(x)|
G\X = 1= 1 = .
| ω | x∈ω |G|
ω∈G\X ω∈G\X x∈X

2
Remarque. Cette formule est un ingrédient essentiel dans la classification des sous-groupes finis
de SO3 (R).

9
Groupes Th. Dedieu

4 – Application : théorèmes de Sylow


Attention, les théorèmes de Sylow sont hors programme 2019 de l’agreg. En revanche les
actions de groupes sont bien au programme, et les théorèmes de Sylow en sont une jolie appli-
cation.
Il y a des preuves dans le cours de F. Castel, ainsi que dans ma feuille de TD 2012–2013. Je
choisis ici de donner les énoncés sous la forme la plus synthétique et efficace possible, faisant fi
d’une éventuelle chronologie.

(4.1) Théorème. Soit p un nombre premier et G un groupe fini. Écrivons |G| = pα m, avec
α > 0 et m premier à p. Pour tout β = 0, . . . , α, G possède un sous-groupe d’ordre pβ .
Le premier théorème de Sylow est le cas β = α dans l’énoncé ci-dessus (1872 d’après Castel).
Un sous-groupe d’ordre pα s’appelle un p-Sylow (ou p-sous-groupe de Sylow). Le cas β = 0 de
l’énoncé est vide ; le cas β = 1 est le théorème de Cauchy.

(4.2) Théorème. Soit G un groupe fini.


(a) Les p-Sylow de G sont conjugués deux à deux.
(b) Tout p-sous-groupe de G est contenu dans un p-Sylow.
Second théorème de Sylow (1872) pour l’ensemble, d’après Castel. Dans les notations de
(4.1), (b) signifie que tout sous-groupe d’ordre pβ de G est contenu dans un sous-groupe d’ordre
pα .

(4.3) Corollaire. Si G possède un seul p-Sylow, ce p-Sylow est un sous-groupe distingué.

(4.4) Théorème. On reprend les notations de (4.1). Pour tout β = 0, . . . , α, notons npβ (G) le
nombre de sous-groupes d’ordre pβ de G.
(a) Pour tout β = 0, . . . , α,
npβ ≡ 1 mod p.
(b) np divise m.
Le troisième théorème de Sylow (1872) est classiquement énoncé comme le cas β = α de
(a) plus (b). La version complète de (a) est la version “améliorée” qu’on a établie avec Peter
Haïssinsky.

(4.5) Preuve de (4.4), (a), et ainsi de (4.1). Il suffit de démontrer la congruence (a) de (4.4),
puisque si celle-ci est satisfaite on a nécessairement npβ 6= 0.
On considère X = Ppβ (G) l’ensemble des parties à pβ éléments de G, et l’action G X par
translation à gauche :
g.{a1 , . . . , apβ } = {ga1 , . . . , gapβ }
(c’est bien défini, et c’est bien une action).
(4.5.1) Pour tout A ∈ X, on a | Stab(A)| 6 pβ . En effet, pour tout choix d’un élément a ∈ A,
on a une fonction injective
φa : h ∈ Stab(A) 7→ ha ∈ A.
C’est effectivement injectif, puisque dans un groupe on a bien

ha = h0 a ⇔ h = h0 .

10
Groupes Th. Dedieu

(4.5.2) Pour tout ω ∈ G \ X, si st(ω) = pβ alors ω contient un et un seul sous-groupe Hω < G.


On va montrer ceci en deux temps.
(i) A ∈ ω est un sous-groupe ssi 1 ∈ A.
La première implication est claire. Supposons donc 1 ∈ A ∈ ω. L’application
φ1 : h ∈ Stab(A) 7→ h ∈ A
du (4.5.1) est toujours injective, et ici surjective par égalité des cardinaux. On en déduit A =
Stab(A) et donc notre assertion, puisque Stab(A) est un sous-groupe de G.
(ii) L’orbite ω contient un et un seul élément A tel que 1 ∈ A.
L’existence d’un tel A est assez claire ; notons
A = {a1 = 1, a2 , . . . , apβ }.
Soit g ∈ G, et supposons que 1 ∈ g.A. Alors gai = 1 pour un certain i ∈ [[1, pβ ]]. Mais A est le
sous-groupe Stab(A) d’après (i), donc g = a−1
i ∈ Stab(A) et g.A = A, d’où l’unicité.
(4.5.3) Pour ω ∈ G \ X, si st(ω) < pβ alors | ω | ≡ 0 mod pα−β+1 . En effet, si | Stab(A)| < pβ
on peut écrire
| Stab(A)| = pγ m0 , γ < β et m0 |m,
d’où l’on déduit
|G| m
| ω(A)| = = 0 pα−γ ≡ 0 mod pα−β+1
| Stab(A)| m
comme il fallait, puisque m/m0 ∈ N et α − γ > α − β + 1.
On a donc : X X X
|X| = |ω| = |ω| + | ω |,
ω∈G\X st(ω)<pβ st(ω)=pβ

où le premier terme de la somme est divisible par pα−β+1 d’après (4.5.3), et le second égal à
npβ |G|/pβ = npβ mpα−β d’après (4.5.2). On a ainsi établi la congruence
 α
mp
(4.5.4) ≡ npβ (G)mpα−β mod pα−β+1 .

On conclut en considérant le groupe G = Z/mpα Z qu’on connaît bien (cf. partie II). Puisque
pour tout d|n, Z/nZ possède un unique sous-groupe d’ordre d, on a
npβ Z/mpα Z = 1,


d’où l’on déduit la congruence à 0% de théorie des groupes


 α
mp
(4.5.5) ≡ mpα−β mod pα−β+1 .

par (4.5.4) (cf. (4.7) pour un calcul direct).
Mettant (4.5.4) et (4.5.5) bout à bout, on obtient pour G quelconque d’ordre mpα :
mpα−β ≡ npβ (G)mpα−β mod pα−β+1
⇐⇒ pα−β ≡ npβ (G)pα−β mod pα−β+1 ,
l’équivalence entre les deux congruences étant donnée par l’inversibilité de m modulo pα−β+1
(cf. Proposition (2.1) ; m est premier à p par hypothèse, donc premier à pα−β+1 puisque p est
premier). Il existe donc un entier q tel que
npβ (G)pα−β = pα−β + qpα−β+1 ⇐⇒ npβ (G) = 1 + qp,
comme il fallait démontrer. 2

11
Groupes Th. Dedieu

(4.6) Applications des théorèmes de Sylow [Castel, 4.2].


(i) Prouver qu’un groupe n’est pas simple (en démontrant qu’un p-Sylow est distingué grâce
au troisième théorème de Sylow).
(ii) Compter le nombre de sous-groupes d’un ordre donné (en particulier le nombre de p-
Sylow). S’il n’y en a qu’un, il est caractéristique.
(iii) Montrer qu’un groupe est un produit semi-direct en exhibant un complément (générale-
ment un p-Sylow) d’un sous-groupe distingué.
(iv) Montrer que des sous-groupes, ou simplement des éléments d’un certain ordre, sont
conjugués.
(v) Prouver qu’il existe ou non des éléments d’un certain ordre.
(vi) Amorcer la classification des groupes finis et dans certains, pouvoir conclure. Les théorèmes
de Sylow et une bonne connaissance des produits semi-directs permettent de classer assez facile-
ment de nombreux groupes (i.e. de déterminer le nombre de classes d’isomorphie en fonction de
l’ordre).

(4.7) Preuve directe de la congruence sur les coefficients binomiaux.


Dans [Francinou–Gianella–Nicolas, Alg. 1, 4.24], il est prouvé (et c’est facile !) que si p est un
nombre premier, alors pour tout k = 1, . . . , pn − 1 :
 n 
p
vp = n − vp (k).
k

 moins général que le fameux théorème de Kummer, qui donne la valuation p-adique de
C’est
N
k pour n’importe quel N .

12
Groupes Th. Dedieu

II – Groupes monogènes
1 – Description générale
(1.1) Définition. Monogène, cyclique.

(1.2) Avatars “du” groupe cyclique. Z/nZ, µn , groupe des rotations d’angle k2π/n, k ∈ Z
(= groupe des isométries  polygône régulier à n côtés).
 directes d’un
NB : Z/2Z = {0, 1}, + = {±1}, × .

(1.3) Proposition. Tout groupe monogène est isomorphe (non canoniquement) à Z ou Z/nZ.

Corollaire. Tout groupe monogène est abélien (OSD).

Rappel. Sous-groupes de Z.
Preuve de (1.3). Le choix (non canonique) d’un générateur de G induit un morphisme surjectif
f : Z  G. Le noyau de f est un sous-groupe de Z. 2

(1.4) Structure d’anneau induite par la structure de groupe. Tout comme Z, Z/nZ
est non seulement un groupe mais aussi un anneau, et la structure d’anneau est induite par la
structure de groupe :
k · n = n + ··· + n
| {z }
k fois

dans Z, et
k̄ · n̄ = n + · · · + n
| {z }
k fois

dans Z/nZ (oui, c’est bien défini).


Il faut faire particulièrement attention quand on utilise une réalisation multiplicative de
Z/nZ, par exemple µn :
0 0
exp 2πi nk · exp 2πi kn = exp 2πi k+k

n

sans problème, mais où a disparu le produit ? Certes


k 0 0
exp 2πi nk = exp 2πi kk
n ,

mais ça n’est pas tout-à-fait ce qu’on veut.

2 – Générateurs de (Z/nZ, +)
(2.1) Proposition. Soit s, n deux entiers, n 6= 0. LPSSE :
(i) s̄ générateur de (Z/nZ, +) ;
(ii) s et n premiers entre eux ;
(iii) s̄ inversible de l’anneau (Z/nZ, +, ·).

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Groupes Th. Dedieu

3 – Sous-groupes de Z/nZ
(3.1) Je vous rappelle que vous connaissez les sous-groupes de (Z, +), et (R, +) aussi d’ailleurs.

(3.2) Proposition. (i) Tout sous-groupe d’un groupe monogène est monogène.
(ii) Pour d|n, tout groupe cyclique d’ordre n possède un unique sous-groupe d’ordre d.
On peut voir cet énoncé comme un super théorème de Sylow dans le cas des groupes cycliques.

Preuve. (i) Soit G monogène, f : Z  G induit par le choix d’un générateur. Soit H < G. On
sait que f −1 (H) est un sous-groupe de Z, donc on peut écrire

f −1 (H) = dZ.

On en déduit que f (d) est un générateur de H. 1


(ii) Soit d > 0 un diviseur de n. On va montrer que Z/nZ possède un unique sous-groupe
d’ordre d. Considérons le sous-groupe

Hd := ha ∈ Z/nZ : ordre(a) = di .

Il contient hn/di, donc d divise l’ordre de Hd .


Comme tous les sous-groupes de Z/nZ il est cyclique, engendré par un x ∈ Hd . On calcule
d · x = 0, donc l’ordre de x divise d. On conclut que l’ordre de Hd divise d.
Finalement on a démontré que |Hd | = d. D’autre part, tout sous-groupe d’ordre d de Z/nZ,
étant monogène donc engendré par un élément d’ordre d, est contenu dans Hd , et donc en fait
égal à Hd . 2

Remarque. En général Hd n’est pas un sous-groupe : dans Sn , (12)(23) = (123) n’est pas d’ordre
2. Si G est abélien, alors Hd est un sous-groupe, mais en général il n’est pas d’ordre d. Regarder
par exemple le groupe de Klein.

Attention : Z/nZ contient un unique sous-groupe d’ordre d|n, mais en général plusieurs éléments
d’ordre d, qui sont les différents générateurs de Hd .
Exemple : h2̄i = h4̄i dans Z/6Z.

(3.3) Proposition. Soit a ∈ Z, et notons d = pgcd(a, n). On a

¯
hāi = a · Z/nZ = d · Z/nZ = hdi.

Preuve. Par définition,


hāi = {k · ā : k ∈ Z}.
Puisque k · ā = a · k̄ (cf. (1.4)), on a hāi = a · Z/nZ comme annoncé.
Considérons la surjection canonique f : Z  Z/nZ (pour le choix préféré de générateur, 1̄),
et notons H = hāi. Puisque H = f (aZ) et ker(f ) = nZ, on a

f −1 (H) = f −1 (f (aZ)) = aZ + nZ = dZ,

donc
H = f (f −1 (H)) = f (dZ) = d · Z/nZ.
1. En général en théorie des ensembles, on a f (f −1 (A)) ⊆ A, et l’inclusion inverse est vraie si f est surjective.

14
Groupes Th. Dedieu

Enfin, d · Z/nZ = d¯ tout comme hāi = a · Z/nZ. 2


Exercice. Démontrer f −1 (H) = aZ + nZ calmement par double inclusion.

Preuve élémentaire. Puisque d|a, on peut écrire a = qd, et donc pour tout entier k on a
¯
k.ā = kq.d,
donc
hāi ⊆ d¯ .
Pour montrer l’inclusion inverse, écrivons une relation de Bezout
au + nv = d.
On en déduit d¯ = uā, et donc par le même raisonnement qu’avant
d¯ ⊆ hāi .
2
Attention ! Il n’y a aucune raison pour que dans la relation de Bezout au+nv = d, u soit premier
à n. Exemple :
−2 × 4 + 1 × 10 = 2.

(3.4) Corollaire. (i) L’ordre de ā est n/d.


(ii) Les générateurs de Z/nZ sont les ā avec a premier à n.

(3.5) Proposition. Tout quotient d’un groupe monogène est monogène.


Preuve. Soit Q quotient de G monogène. On a une surjection canonique π : G  Q. Considérons
d’autre part une surjection f : Z  G. Le morphisme composé π ◦ f est surjectif de Z dans Q.
Ceci prouve le caractère monogène de Q. 2

(3.6) Proposition. On reprend les notations de (3.3). On a


Z/nZ / hāi ∼

= Z/dZ.


Preuve. Le quotient Z/nZ / hāi est cyclique, d’ordre
n n
= .
ordre(ā) n/d
2

On peut écrire une preuve un peu plus conceptuelle en s’appuyant sur l’énoncé ci-dessous,
valable pour des groupes quelconques.

(3.7) Lemme. Soit f : G → Q morphisme surjectif, et H / Q. Alors


(i) Ĥ := f −1 (H) / G, et
(ii) les deux groupes G/Ĥ et Q/H sont isomorphes.
Preuve. On considère la surjection canonique π : Q → Q/H. Par définition, son noyau est le
sous-groupe distingué H. Le morphisme composé π ◦ f : G → Q/H est surjectif, de noyau Ĥ.
Ceci prouve d’une part le caractère distingué de Ĥ dans G (“un noyau c’est distingué”), d’autre
part l’isomorphisme G/Ĥ ∼ = Q/H. 2

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Groupes Th. Dedieu

4 – Lemme chinois
C’est aussi un isomorphisme d’anneau. On a une réciproque : Z/aZ × Z/bZ est cyclique si
et seulement si a et b sont premiers entre eux.

(4.1) Preuve 1. (1, 1) ∈ Z/aZ × Z/bZ est d’ordre ppcm(a, b) = ab. 2

(4.2) Preuve 2. On regarde le morphisme canonique Z → Z/a × Z/b. Il est surjectif, et son
noyau est aZ ∩ bZ = ppcm(a, b)Z = abZ.

(4.3) Construction de l’inverse. On cherche quelqu’un dans Z qui donne (1, 0) par le mor-
phisme ci-dessus. Il doit donc être λb, avec λb ≡ 1 mod a.
On conclut que l’inverse s’écrit

(ᾱ, β̄) 7→ α · b0 b + β · a0 a ∈ Z/ab

(où a0 a + b0 b = 1 relation de Bezout).

(4.4) Exercice.
(4.4.1) Si pgcd(a, b) 6= 1 alors Z/a × Z/b n’est pas cyclique.
(4.4.2) Z/a × Z/b ∼ = Z/pgcd × Z/ppcm.
(4.4.3) Démontrer sans utiliser la décomposition en produit de facteurs premiers l’identité ab =
pgcd(a, b) · ppcm(a, b).

5 – Indicatrice d’Euler
(5.1) Définition. On désigne par ϕ : N∗ → N∗ la fonction indicatrice d’Euler, définie par

∀n > 1 ϕ(n) = Card k ∈ [[1, n]] : n ∧ k = 1 .

(5.2) Lemme. Le nombre de générateurs dans un groupe cyclique à n éléments est ϕ(n).
C’est un corollaire immédiat de la Proposition (2.1).
X
(5.3) Proposition. n = ϕ(d).
0<d|n

S’obtient en comptant les éléments de Z/nZ en les regroupant selon leur ordre ; ce n’est pas
trivial, il faut le super-Sylow des groupes cycliques. (On peut aussi faire une récurrence en se
basant sur (5.4) ci-dessous, en initialisant pour n une puissance d’un nombre premier, mais
j’aime beaucoup moins).

(5.4) Lemme. Si pgcd(a, b) = 1, alors ϕ(ab) = ϕ(a)ϕ(b).

S’obtient en mettant ensemble le lemme chinois et le Lemme (5.2) ci-dessus.

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Groupes Th. Dedieu

(5.5) Proposition. Soit n ∈ N∗ , n = pα αr


1 · · · pr
1
sa décomposition en produits de facteurs
premiers (les pi sont des nombres premiers deux à deux distincts, et les αi des entiers positifs).
On a
r
Y 1
ϕ(n) = n 1− .
i=1
pi

Preuve. On commence par calculer ϕ(pα ) = pα−1 (p − 1) en comptant les nombres premiers à p
entre 1 et pα :

1, . . . , p − 1, p + 1, . . . , 2p − 1, 2p + 1, . . . , (pα−1 − 1)p − 1, (pα−1 − 1)p + 1, . . . , pα − 1 ;

il y en a pα − pα−1 puisque on a sauté tous les multiples de p.


Ensuite on utilise la formule (5.4) :
Y Y Y 1
ϕ(n) = ϕ(pαi
i = piαi −1 (pi − 1) = n (pi − 1)
i i i
pi

6 – Automorphismes de (Z/nZ, +)
(6.1) Remarquons que (Aut(Z/nZ), ◦) et ((Z/nZ)× , ·) sont des groupes. Le premier a priori
n’a aucune raison d’être abélien.

(6.2) Proposition. On a les isomorphismes de groupes suivants :


(6.2.1) Aut(Z) ∼
= Z/2 ;
(6.2.2) Aut(Z/nZ) ∼
= (Z/nZ)× .
Bien sûr la formulation intrinqèque de cet énoncé est « si G est monogène, alors le groupe
Aut(G) des automorphismes du groupe G est isomorphe au groupe G× des inversibles de l’anneau
naturellement défini sur G ».
Preuve. Je le fais pour Z/nZ. On définit un morphisme de groupes

φ : u ∈ Aut(Z/nZ) 7→ u(1) ∈ (Z/nZ)× .

Déjà, si u est un automorphisme, u(1) doit être comme 1 un générateur de Z/nZ, soit u(1) ∈
(Z/nZ)× d’après (2.1). Pour voir que φ est bien un morphisme, on dit que

u ◦ v(1) = u v(1) = u(1 + · · · + 1) = u(1) + · · · + u(1)) = v(1) · u(1) = u(1) · v(1).
| {z } | {z }
v(1) fois v(1) fois

Le fond de l’histoire ici, c’est que vu comment est définie la structure d’anneau sur Z/nZ,
un automorphisme du groupe (Z/nZ, +) est automatiquement un automorphisme de l’anneau
(Z/nZ, +, ×).
C’est une correspondance injective, puisque une fois qu’on connaît u(1) on a u(x) = x · u(1)
pour tout x ∈ Z/nZ. C’est une correspondance surjective, puisque pour tout a ∈ (Z/nZ)× ,
x 7→ ax est un automorphisme de (Z/nZ, +). 2

(6.3) Proposition. Le groupe Z/n est abélien d’ordre ϕ(n).

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Groupes Th. Dedieu

(6.4) Corollaire (théorème d’Euler). Si a est premier à n, alors aϕ(n) ≡ 1 mod n.

(6.5) Lemme.
× ×

Y
Z/n = Z/pα
i
i
.
(C’est une application directe du lemme chinois).

(6.6) Classification (largement admise ; cf. [Perrin] pour les preuves complètes).
(6.6.1) Pour tout p premier, (Z/pZ)× ∼ = Z/(p − 1)Z (tout sous-groupe fini du groupe multipli-
catif d’un corps est cyclique, cf. (6.7) ci-dessous).
(6.6.2) Pour tout p premier, p 6= 2, on a de même (Z/pα Z)× ∼ = Z/ϕ(pα )Z = Z/(pα−1 (p − 1))Z.
(6.6.3) Pour p = 2, en revanche : (Z/2Z) = {1} ; (Z/4Z) = Z/2Z ; (Z/2α Z)× ∼
× × ∼
= Z/2Z ×
Z/2α−2 Z pour α > 3.
Exercice. Trouver les éléments d’ordre 2 dans (Z/8Z)× . En déduire que (Z/8Z)× ∼
= Z/2Z×Z/2Z.

(6.7) Théorème. Soit k un corps.


(a) Tout sous-groupe fini du groupe multiplicatif (k× , ·) est cyclique.
(b) Pour tout n ∈ N, (k× , ·) possède au plus un sous-groupe d’ordre n.

Preuve. Soit x ∈ k× un élément d’ordre d. On a l’égalité de polynômes à coefficients dans k


Y
Xd − 1 = (X − xα ),
06α6d−1

donc tous les éléments d’ordre d de k × sont dans hxi. On en déduit que k × contient 0 ou ϕ(d)
éléments d’ordre d.
Soit G < k× un sous-groupe fini d’ordre n. Pour tout diviseur d de n, si G contient un
élément x d’ordre d, il contient hxik× et donc tous les éléments d’ordre d de k× . Donc, G
contient 0 ou ϕ(d) éléments d’ordre d. Puisque
X
|G| = n = ϕ(d)
d|n

(Proposition (5.3)), |G| doit en fait contenir ϕ(d) éléments d’ordre d pour tout diviseur d de
|G|. En particulier, il contient un élément d’ordre maximal n, donc il est cyclique.
Si G0 est un autre sous-groupe d’ordre n de k× , il est engendré par un élément d’ordre n de
k . Puisque ceux-ci sont déjà tous dans G, G0 = G.
×
2

Exercice. (i) Montrer que tous les sous-groupes finis de C∗ sont des µn . Exhiber un sous-groupe
non monogène de C∗ (nécessairement infini).
(ii) Montrer que H8 n’est pas cyclique.

18
Groupes Th. Dedieu

III – Groupe symétrique


(0.1) Notation.  
1 2 ··· n
σ(1) σ(2) ··· σ(n)
Application au calcul de la composée de deux permutations.

1 – Décomposition en produit de cycles à supports disjoints


(1.1) Théorème. Soit σ ∈ Sn . Il existe des cycles κ1 , . . . , κr à supports disjoints tels que

σ = κ1 · · · κr .

Une telle décomposition est unique à modifications triviales près.

Preuve. Regardons l’action de hσi ∼


= Z/aZ (a = ordre(σ)) sur Xn = [[1, n]] ; on obtient
a
Xn = ω = ω1 t · · · t ωr .
ω∈hσi\Xn

Pour chaque orbite ω i , choisissons un point de départ xi ∈ ω i . Le stabilisateur Stab(xi ) s’écrit


h`i i dans Z/aZ, `i ∈ [[0, a − 1]] diviseur de a :

∀k ∈ Z, σ k (xi ) = xi ⇔ `i |k,

et σ a (xi ) = xi . Ensuite ω i s’identifie à hσi / Stab(xi ) ∼ = Z/`i Z via k̄ ∈ Z/`i Z 7→ σ k (xi ) ;


autrement dit,
ω i = xi , σ(xi ), . . . , σ `i −1 (xi ) ,


0
avec σ k (x) 6= σ k (x) si k 6= k 0 dans [[0, `i − 1]]. On voit ainsi que σ|ωi est un cycle de longueur `i .
Posons pour i = 1, . . . , r,

κi = xi , σ(xi ), . . . , σ `i −1 (xi ) ;


c’est un cycle de longueur `i et de support ω i . On a bien σ = κ1 · · · κr comme il fallait.


Réciproquement, si σ = κ01 · · · κ0r , alors quitte à rajouter tous les cycles triviaux (x) qu’il
faut on a que les orbites de Xn sous l’action de hσi sont les supports des κ0i . De plus, pour
xi ∈ Supp(κ0i ), on a Stab(xi ) = h`(κ0i )i, et
0 0
κ0i = (xi , κ0i (xi ), . . . , (κ0i )`(κi )−1 (xi )) = (xi , σ(xi ), . . . , (σ)`(κi )−1 (xi )).

On obtient ainsi l’unicité de la décomposition. 2

Remarque. On peut mener une analyse semblable dès qu’on a un groupe monogène qui agit sur
un ensemble (si l’ensemble est fini, c’est exactement la présente analyse, d’ailleurs).

19
Groupes Th. Dedieu

(1.2) Exercice. (i) Si κ1 , . . . , κr sont des cycles à supports disjoints, alors



ordre(κ1 · · · κr ) = ppcm `(κ1 ), . . . , `(κr ) .

(Le point important est que si les supports sont disjoints alors les cycles commutent).
(ii) Quel est l’ordre de (12)(23) ?

(1.3) Application (générateurs de Sn ).


(1.3.1) Question : à quoi ça sert de connaître un ensemble de générateurs ? et générateurs et
relations ?
(1.3.2) Sn est engendré par les transpositions. Il suffit de savoir écrire un cycle comme produit
de transpositions, et
(a0 · · · ad−1 ) = (a0 a1 ) · · · (ad−2 ad−1 ).

(1.4) Application (classes de conjugaison dans Sn ). Deux permutations σ, σ 0 ∈ Sn sont


conjuguées si et seulement si leurs décompositions en produits de cycles à supports disjoints sont
combinatoirement équivalentes.
Autrement dit, si σ = κ1 · · · κr et σ 0 = κ01 · · · κ0r0 (décompositions sans cycle trivial), σ et σ 0
sont conjuguées si et seulement si r = r0 et pour tout ` il y a autant de cycles de longueur `
parmi κ1 , . . . , κr et parmi κ01 , . . . , κ0r .
(1.4.1) Corollaire. Le nombre de classes de conjugaison de Sn est le nombre de partitions de n.
Preuve. On applique le principe de conjugaison sans mauvaise surprise. 2

2 – Signature
(2.1) Théorème. Il existe un unique morphisme de groupes non-trivial

ε : Sn → {±1}.

Pour toute transposition τ on ait ε(τ ) = −1.


Preuve. Si ε(τ0 ) = +1 pour une transposition τ0 , alors ε(τ ) = +1 pour toute transposition
τ puisque les transpositions sont conjuguées et {±1} est abélien. Ensuite l’unicité vient du
fait que Sn est engendré par les transpositions (tiens, ça peut servir à ça d’avoir un ensemble
générateur).
Pour l’existence, on introduit le nombre d’inversions d’une permutation σ,

I(σ) = Card (i, j) ∈ [[1, n]]2 : i < j et σ(i) > σ(j) ,




puis on définit ε(σ) = (−1)I(σ) .


Si τ = (ab), a < b, alors

(i, j) ∈ [[1, n]]2 : i < j et τ (i) > τ (j)




= {(a, a + k), 1 6 k < b − a} t {((a + k, b), 1 6 k < b − a} t {(a, b)}

et donc I(τ ) est impair.


Pour montrer que ε ainsi défini est un morphisme de groupes, on considère l’action Sn
Z[X1 , . . . , Xn ] définie par

(σ.P )(X1 , . . . , Xn ) = P (Xσ(1) , . . . , Xσ(n) ).

20
Groupes Th. Dedieu

C’est bien une action de groupe. On regarde son effet sur


1 ··· 1
Y X1 ··· Xn
∆= (Xj − Xi ) = .. .. :
i<j . .
X1n−1 ··· Xnn−1
on a σ.∆ = (−1)I(σ) ∆ (i.e. σ.∆ = ε(σ)∆) en regardant l’expression comme un produit, et ça
permet de conclure. 2

(2.2) Lemme. Sn Z[X1 , . . . , Xn ] est effectivement une action à gauche.


(2.2.1) Déjà, une autre façon de définir l’action est de dire que
σ.(X1a1 · · · Xnan ) = Xσ(1)
a1 an
· · · Xσ(n)
et qu’ensuite on étend par linéarité. Une fois qu’on a écrit l’action comme ça, il me semble
complètement évident que
a1 an a1 an
α.(Xβ(1) · · · Xβ(n) ) = Xαβ(1) · · · Xαβ(n) .
Voyons voir ça :
a1 an a −1 (1) a −1 (n)
Xσ(1) · · · Xσ(n) = X1 σ · · · Xnσ ;
a1 an aβ −1 (1) aβ −1 (n) a −1 −1 a −1 −1
α.(Xβ(1) · · · Xβ(n) )= Xα(1) · · · Xα(n) = X1 β (α (1)) · · · Xnβ (α (n))
a −1 (1) a −1 a1 an
= X1 (αβ) · · · Xn(αβ) (n) = Xαβ(1) · · · Xαβ(n) .
Donc OK. 2

(2.2.2) Si on préfère s’en tenir à la définition initiale, il vaut mieux faire un changement de
variable :
P̃ (X1 , . . . , Xn ) := (β.P )(X1 , . . . , Xn ) = P (Xβ(1) , . . . , Xβ(n) ) ;
(α.P̃ )(Y1 , . . . , Yn ) = P̃ (Yα(1) , . . . , Yα(n) ) ;
si Yi = Xβ(i) , alors Yα(i) = Xβ(α(i)) .
2

(2.2.3) Il est fortement recommandé de regarder un (bon) exemple. Par exemple


P = X12 + X2 + X1 X3 ,
avec α = (12) et β = (123) et donc
αβ = (23) et βα = (13),
de sorte que
αβ.P = P (X1 , X3 , X2 ) = X12 + X3 + X1 X2
et βα.P = P (X3 , X2 , X1 ) = X32 + X2 + X1 X3 .
On a d’autre part
β.P (X1 , X2 , X3 ) = P (X2 , X3 , X1 ) = X22 + X3 + X1 X2
et α.β.P (X1 , X2 , X3 ) = β.P (X2 , X1 , X3 ) = X12 + X3 + X1 X2 = αβ.P.

21
Groupes Th. Dedieu

(2.2.4) Exercice. Exhiber une matrice Aσ telle que

(σ.P )(X1 , . . . , Xn ) = P (X1 , . . . , Xn )A−1



σ .

Pourquoi mettre A−1 σ et pas simplement Aσ ? (il y a une bonne raison) Montrer que σ 7→ Aσ
définit une représentation de Sn (c’est la représentation de permutation standard).

2.1 – Formule de Laplace


(2.3) Proposition. Soit M = (aij )16i,j6n , matrice carrée à coefficients dans k anneau com-
mutatif (oui !). On fixe un ensemble de colonnes J = {j1 < · · · < jp }. On a
X
det(M ) = (−1)|I|+|J| det(MIJ ) det(MI¯J¯),
I={i1 <···<ip }

où |I| = i1 + · · · + ip .

La preuve est essentiellement semblable à celle du développement par rapport à une seule
colonne, sauf qu’il y a un petit lemme pas complètement trivial sur la signature. C’est sur ce
point qu’on se concentre ici.

(2.4) Notations. Pour tout p ∈ [[1, n]], on note Pp l’ensemble des parties à p éléments de
{1, . . . , n}. Pour I = {i1 < · · · < ip } ∈ Pp , on note ı̄1 < · · · < ı̄n−p les n − p entiers tels que

{i1 , . . . , ip , ı̄1 , . . . , ı̄n−p } = {1, . . . , n},



et ωJI = σ ∈ Sn : σ(J) = I .

(2.5) Preuve. Le point de départ est la partition Sn = ω IJ , qui donne


`

X X X
ε(σ)aσ(1)1 · · · aσ(n)n = ε(σ)aσ(j1 )j1 · · · aσ(jp )jp aσ(̄1 )̄1 · · · aσ(̄p )̄p .
σ∈Sn I∈Pp σ∈ω I
J

On va voir que σ ∈ ωJI se décompose en (σ 0 , σ 00 ) ∈ SI × SI¯ avec ε(σ) = ε(σ 0 ) · ε(σ 00 ) (ensuite la
conclusion est laissée au lecteur).
On définit une bijection

ΦIJ : Sp × Sn−p → ωJI


par ΦIJ (σ 0 , σ 00 )(js ) = iσ0 (s) , ΦIJ (σ 0 , σ 00 )(̄s ) = ı̄σ00 (s) .

Manifestement ΦIJ est injective, et il est à peu près aussi manifeste qu’elle est surjective ; de
toute façon, pour les besoins de la preuve nous allons exhiber une réciproque à ΦIJ . Attention
toutefois : ΦIJ n’est pas un morphisme de groupes ! d’ailleurs ωJI n’est même pas un groupe.
A tout (σ 0 , σ 00 ) ∈ Sp × Sn−p , on associe une permutation Ψ(σ 0 , σ 00 ) ∈ Sn définie par
 
1 ··· p p+1 ··· p + (n − p)
Ψ(σ 0 , σ 00 ) = .
σ 0 (1) · · · σ 0 (p) p + σ 00 (1) · · · p + σ 00 (n − p)

Pour tout I ∈ Pp , on définit une permutation ρI ∈ Sn par


 
1 · · · p p + 1 · · · p + (n − p)
ρI = .
i1 · · · ip ı̄1 ··· ı̄n−p

22
Groupes Th. Dedieu

Je prétends que

(2.5.1) σ = ρI ◦ Ψ(σ 0 , σ 00 ) ◦ ρ−1


J ,

et je laisse au lecteur le soin de le démontrer. Si on n’était pas encore convaincu du caractère


bijectif de ΦJI , on peut maintenant arguer du fait que ρ−1 0 00
I σρJ est bien un Ψ(σ , σ ).
Enfin on montre l’identité voulue sur les signatures en calculant des nombres d’inversions.
D’une part, ε(Ψ(σ 0 , σ 00 )) = ε(σ 0 )ε(σ 00 ) car

I(Ψ(σ 0 , σ 00 )) = I(σ 0 ) ∪ (p, p) + I(σ 00 )


 

(I désigne l’ensemble des inversions, dont il faut calculer le cardinal pour définir le nombre
d’inversions). D’autre part,

I(ρI ) = (r, s0 ) ∈ [[1, p]] × [[p + 1, n]] : ir > ı̄s0 −p



a 
' s ∈ [[1, n − p]] : ı̄s < ir
16r6p
a
' I¯ ∩ [[1, ir − 1]]
16r6p
a
' [[1, ir − 1]] \ {i1 , . . . , ir−1 }
16r6p

donc
X  X X p(p + 1)
I(ρI ) = ir − 1 − (r − 1) = ir − r = |I| − .
2
16r6p 16r6p 16r6p
2

3 – Groupe alterné
(3.1) Proposition. An est engendré par les 3-cycles.
Preuve. Puisque le groupe symétrique est engendré par les transpositions, il suffit de savoir écrire
le produit d’un nombre pair de transpositions comme produit de 3-cycles. Dans

τ1 τ2 · · · τ2k−1 τ2k ,

chaque τ2i−1 τ2i (1 6 i 6 k) est ou bien (12)(23) = (123), ou bien (12)(34) = (123)(234). 2

(3.2) Proposition. Considérons une classe de conjugaison paire dans Sn , correspondant à la


partition n = b1 + · · · + br (chaque bi ∈ [[1, n]]). Cette classe constitue une classe de conjugaison
dans An si l’un au moins des bi est pair ou s’il existe i 6= j tels que bi = bj , et se scinde en deux
classes de conjugaison sinon.
J’appelle classe de conjugaison paire une classe dont tous les éléments sont de signature +1.
Ceci équivaut à la condition Xr
(bi − 1) ≡ 0 mod 2.
i=1

Preuve. Soit κ1 , . . . , κr des cycles à supports disjoints de longueurs b1 , . . . , br , et σ = κ1 · · · κr .


On a pour tout s ∈ Sn et tout i = 1, . . . , k,

sκ1 · · · κr s−1 = sκi κ1 · · · κr κ−1


i s
−1
.

23
Groupes Th. Dedieu

Si bi est pair, ou bien s ou bien sκi est impair, donc toute permutation conjuguée à σ peut être
obtenue en conjuguant par une permutation paire.
Si bi = bj , on utilise la même idée avec un élément du stabilisateur de σ d’un autre type.
On peut supposer grâce à ce qui précède que b = bi = bj est impair. Notant κi = (x1 · · · xb ) et
κj = (y1 · · · yb ), on pose
τ = (x1 y1 ) · · · (xb yb ).
C’est une permutation impaire si b est impair, qui laisse κ1 · · · κr stable par conjugaison. Ainsi
pour tout s ∈ Sn ,
sσs−1 = sτ στ −1 s−1 .
Ceci termine la preuve de la première partie de l’énoncé.
Pour démontrer l’autre partie, il faut se convaincre que si les bi sont deux à deux distincts,
alors
sκ1 · · · κr s−1 = κ1 · · · κr ⇐⇒ s = κα αr
1 · · · κr
1

(si on veut, ça découle de la preuve du Théorème (1.1)). Ainsi, si de plus les bi tous impairs, le
stabilisateur de σ pour la conjugaison est un sous-groupe de An . On en déduit que pour toute
transposition τ , σ et τ στ −1 ne sont pas conjuguées dans An . En revanche, toute permutation
conjuguée à σ dans Sn est conjuguée dans An ou bien à σ ou bien à τ στ −1 . 2

(3.3) Exercice. On considère l’action de Sn sur lui-même par conjugaison.


1) Montrer que si κ est un cycle de longueur b, alors Stab(κ) = hκi ∼ = Z/bZ.
2) Montrer que si κ1 , . . . , κr sont des cycles de longueurs b1 , . . . , br deux à deux distinctes, alors

Stab(κ1 · · · κr ) = hκ1 , . . . , κr i ∼
= Z/b1 Z × · · · × Z/br Z.

3) Déterminer le stabilisateur d’une permutation en général.

24
Groupes Th. Dedieu

IV – Groupes abéliens de type fini (grabdetf)


Dans le programme 2018 de l’agreg : « matrices à coefficients dans un anneau commutatif.
Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, déterminant, inversibilité » ; « groupes
abéliens de type fini ».
Pour cette partie, je recommande vivement les magnifiques notes de Fokko du Cloux.

1 – Groupes abéliens de type fini


(1.1) Définition. Groupe de type fini, abélien de type fini, abélien libre de type fini. Quotient
du groupe libre à n générateurs, de Zn , isomorphe à Zn .

(1.2) Exemples. Z, Z/nZ sont des groupes abéliens de type fini. Ne sont pas de type fini en
revanche : (Z[X], +) groupe additif des polynômes à coefficients entiers. (Q, +) (donner quelques
indications). (R, +) et (S1 , ×) qui n’est autre que R/Z via l’exponentielle.
Exercice. Tout sous-groupe de type fini de (Q, +) est monogène. Dans (R, +), ha, bi est monogène
si et seulement si a et b sont commensurables. √
Attention, on peut avoir a et b non commensurables et ha, bi R ; exemple, 1, 2 n’est
certainement pas R tout entier.

(1.3) Théorème. Tout groupe abélien de type fini s’écrit de manière unique

(1.3.1) Zr × Z/d1 Z × · · · × Z/ds Z,

avec r, s ∈ N, et 1 < d1 | · · · |ds .


Exemple. Z/18Z × Z/15Z × Z/75Z.

Pour démonter l’existence, il suffit de traiter le cas d’un quotient de Zn , ce qui revient à
comprendre la structure des sous-groupes de Zn . Pour démontrer l’unicité il faut se méfier un
peu plus.

(1.4) Proposition. Tout sous-groupe de (Zn , +) est un groupe abélien de type fini.
Cet énoncé traduit le fait que Z est un anneau noethérien, comme tous les anneaux principaux,
cf. [Laszlo, p. 23]. En fait les sous-groupes de Zn sont également libres, comme l’indique la
preuve suivante ; c’est visible dans l’énoncé plus précis (1.5), que l’on déduit de (1.4) en utilisant
seulement la partie “type fini”.
Preuve. Par récurrence sur n. Si n 6 1 c’est non trivial, mais on connaît. Si n > 1, soit e1 , . . . , en
la base canonique, N < Zn notre sous-groupe, et

N1 = N ∩ (Ze1  · · ·  Zen−1 ).

Si N1 = N , alors N < Zn−1 et on conclut par récurrence ; sinon, N/N1 est un sous-groupe
non nul de Zn /(Ze1  · · ·  Zen−1 ) ∼
= Z, donc monogène comme tout sous-groupe d’un groupe
monogène.

25
Groupes Th. Dedieu

Soit a générateur de N/N1 , v ∈ N un représentant. Pour tout x ∈ N , il existe un unique


n ∈ Z tel que x̄ = n.a ⇔ x − n.v ∈ N1 . Ainsi tout x ∈ N s’écrit de manière unique x1 + n.v,
x1 ∈ N1 , n ∈ Z (le v étant choisi au départ). Puisque N1 < Zn−1 on peut lui appliquer
l’hypothèse de récurrence, ce qui permet de conclure. 2

(1.5) Proposition. Tout sous-groupe de (Zn , +) s’écrit canoniquement

d1 Z × · · · × dn Z ⊂ Z × · · · × Z = Zn ,

dans une base adaptée de Zn (cette dernière pas nécessairement unique), avec 0 6 d1 | · · · |dn (les
premiers d1 sont éventuellement 1, les derniers éventuellement 0).
∼ Zn donné
Plus précisément, pour tout sous-groupe N < Zn il existe un automorphisme φ : Zn =
par une matrice de GLn (Z) tel que φ(N ) soit comme dans la Proposition. La preuve s’appuie
sur les résultats de la Section 2 et sera donnée là-bas.

(1.6) Corollaire. Tout sous-groupe de Zn est libre, engendré par au plus n éléments.
La Proposition (1.5) donne l’existence d’une décomposition (1.3.1) pour un groupe abélien
de type fini, mais ne suffit pas pour avoir l’unicité, en dépit de l’unicité d’écriture pour les
sous-groupes de Zn dans la Proposition (1.5).
En effet, on peut toujours prendre deux présentations différentes Zn  M et Zm  M ; il
n’est pas très difficile de supposer n = m en ajoutant des générateurs triviaux, mais a priori
rien n’interdit que deux telles présentations donnent des décompositions différentes ; il faut
déterminer à quelle condition deux sous-groupes H1 , H2 < Zn donnent des quotients isomorphes,
autrement dit quelle condition un diagramme à lignes exactes

0 / H1 / Zn /Q /0

0 / H2 / Zn /Q /0

impose sur H1 et H2 . 1) On pourrait dire quelque chose si on savait que Zn = Q × H1 et 2 ,


mais les suites exactes ne sont même pas scindées en général : typiquement, tous les morphismes
Z/2Z → Z sont triviaux ! 2) On est hors du domaine d’application du lemme des cinq [Laszlo,
p. 18], qui étant donné un diagramme de groupes abéliens de type fini

M1 / M2 / M3 / M4 / M5
f f f f f
 1  2  3  4  5
N1 / N2 / N3 / N4 / N5

dit des choses sur f3 sachant des choses sur f1 , f2 , f4 ou f5 , f2 , f4 . Dans notre situation, on n’a
a priori même pas de flèche f2 .
La preuve de l’unicité se fait pas à pas en s’appuyant sur la théorie de la dimension pour les
espaces vectoriels. On verra qu’au bout du compte, Zn /H1 ∼ = Zn /H2 ssi H1 ∼ = H2 , mais il faut
bien le démontrer !

2 – Matrices à coefficients dans un anneau principal


(2.1) Pivot de Gauss et théorème des facteurs invariants. Voir la section correspondante
dans le cours d’algèbre linéaire.

26
Groupes Th. Dedieu

(2.2) Exemple.
   
−2 −11 −7 L2 + 2L1 1 −4 −3
5 18 11  ∼ L1 −2 −11 −7
−6 −20 −12 L3 − 3L1 0 13 9
   
1 −4 −3 1 0 0
∼ L2 + 2L1 0 −19 −13 ∼ 0 19 13
0 13 9 0 13 9
   
1 0 0 1 0 0
∼ −2L2 + 3L3 0 1 1  ∼ 0 1 0
13L2 − 19L3 0 0 −2 0 0 2

C’est plus intéressant comme ça qu’en étant malin pour fabriquer un 1 au premier coup avec L2
et L3 , car on voit ainsi un vrai algorithme d’Euclide en cours de route :

19 = 13 × 1 + 6 6 = 19 − 13
13 = 6 × 2 + 1 1 = 13 − 2 · 6
= 13 − 2(19 − 13) = −2 · 19 + 3 · 13.

(2.3) Interprétation géométrique du pivot de Gauss. Si on a F ∈ Mn,m (Z) dont les


colonnes F1 , . . . , Fm sont les coordonnées de vecteurs f1 , . . . , fm ∈ Zn dans une base B :
(i) pour P ∈ GLn (Z), les colonnes de la matrice P −1 F sont les coordonnées de f1 , . . . , fm ∈
Z dans la base B 0 telle que P = Mat(B, B 0 ) ;
n

(ii) pour Q ∈ GLm (Z), les colonnes de la matrice F Q sont les coordonnées des vecteurs
f10 , . . . , fm
0
∈ Zn ,
fj0 = q1j f1 + · · · + qmj fj ,
et on a
hf1 , . . . , fm iZn = hf10 , . . . , fm
0
iZn
puisque pour tout Λ ∈ Zm on a F Λ = (F Q)(Q−1 Λ) (et (F Q)(Λ) = F (QΛ) !).
Quand on a une matrice sous forme normale, la famille correspondante est libre une fois
débarassée des vecteurs nuls correspondant aux di nuls.

(2.4) Interprétation d’un quotient de Zn comme groupe abélien défini par générateurs et rela-
tions. Zn est le groupe abélien engendré par e1 , . . . , en sans aucune relation. Quotienter par (le
sous-groupe engendré par) (a1 , . . . , an ) revient à imposer la relation

a1 .e1 + · · · + an .en = 0.

3 – Unicité de la décomposition
3.1 – Rang
Ici on s’attache à démontrer la canonicité du nombre r de copies de Z dans la décomposition
(1.3.1). Le fond de l’histoire, c’est que

r(M ) = dimQ M Z Q .

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Groupes Th. Dedieu

(3.1) Pour M groupe abélien, le sous-groupe de torsion de M est



Mtors = éléments d’ordre finis = éléments d’ordre finis .

On dit que M est sans torsion si Mtors = {0}.

(3.2) Proposition. Un groupe abélien de type fini est libre si et seulement si il est sans torsion.
Preuve. C’est un corollaire de la partie existence du Théorème (1.3), donnée par la Proposi-
tion (1.5). Si M est sans torsion, toute écriture (1.3.1) donne M ' Zr , ce qui dit que M est
libre (même si l’unicité de r n’est pas encore acquise à ce stade).
Réciproquement, un groupe abélien libre est manifestement sans torsion. 2
(3.2.1) Attention : c’est complètement faux si on retire l’hypothèse de type fini. En effet, le
groupe (Q, +) est sans torsion mais n’est pas libre. (Même si a contrario, h1/2, 1/3i est bien
libre, puisque c’est Z.1/6).
(3.2.2) « Tout module de type fini sur un un anneau principal sans torsion est libre. » ; c’est
un énoncé de géométrie algébrique !

(3.3) Lemme. Des vecteurs v1 , . . . , vs ∈ Qn sont linéairement indépendants sur Z ssi ils le
sont sur Q.

(3.4) Proposition. Soit M abélien libre de type fini. Toutes les bases de M ont le même
cardinal, appelé rang de M .
Preuve. On peut supposer M = Zn ⊂ Qn . Par le Lemme (3.3), toute famille libre de Zn est une
famille libre de Qn , donc est constituée d’au plus n vecteurs d’après la théorie de la dimension.
Ainsi toute famille finie extraite d’une base de Zn est de cardinal au plus n, ce qui prouve que
toute base de Zn est finie (pas OSD !).
Soit B base de Zn à m élements : m 6 n par ce qui précède. Si m < n, on aurait Zn ' Zm <
Q donc toutes les bases de Zn auraient au plus m éléments, en contradiction avec l’existence
m

manifeste d’une base à n éléments de Zn . 2

(3.5) Conclusion. L’entier r(M ) est le rang du groupe abélien libre de type fini M/Mtors , qui
est un invariant intrinsèque de M .

3.2 – Facteurs invariants


Ici on démontre la canonicité des facteurs invariants 1 < d1 | · · · |ds dans la décomposition (1.3.1).
On peut supposer M = Mtors , canoniquement défini à partir de M . L’unicité provient du fait
que, pour tout p premier,
(
 1 si p|d
dimFp Z/dZ Z Fp =
0 si p 6 |d.

Attention : ZZ Fp ∼= Fp , donc si on ne suppose pas M = Mtors il faut tenir compte des facteurs
libres dans les comptes.
Rappel. On a en général M A A/I ∼ = M/IM , donc pour ce qui nous intéresse ici

Z/aZ Z Z/bZ ∼
= Z/pgcd(a, b)Z.

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Groupes Th. Dedieu

(3.6) Soit M groupe abélien, p un nombre premier. La multiplication externe Z × M → M


induit une structure de Fp -espace vectoriel sur le quotient M/pM .
Si M = Z/dZ, (
 1 si p|d
dimFp M/pM =
0 si p 6 |d.
En effet, si p divise d, alors M/pM ∼ = (Z/dZ)/p(Z/dZ) ∼ = Z/pZ est un groupe monogène non
trivial, et si p ne divise pas n, alors p̄ est un générateur de M donc M/pM = {0} (voir (3.6)
pour les deux).

(3.7) Unicité des facteurs invariants. Soit M groupe abélien fini. On sait à présent qu’il
existe des entiers 1 < d1 | · · · |ds tels que

(3.7.1) M∼
= Z/d1 Z × · · · × Z/ds Z.

Montrons par récurrence sur l’ordre de M que les entiers di > 1 sont uniquement déterminés
par M .
Si |M | = 1 c’est trivial (s = 0 et il n’y a pas de di ). Sinon, choisissons p réalisant la borne
 
(3.7.2) sup dimFp (M/pM ) ;
p premier

l’ensemble des tels p est visiblement indépendant de tout choix (il n’y a qu’à regarder la déf-
inition du sup !). Il faut quand même se convaincre que ce sup est atteint. L’existence d’une
décomposition (3.7.1) permet de le voir : d’après (3.6) la dimension de M/pM est 6 s, et cette
dimension est réalisée pour tous les p divisant d1 , et donc tous les di . En particulier le supremum
détermine le nombre s de facteurs cycliques dans n’importe quelle écriture.
Partant de la décomposition, (3.7.1), on a

pM ∼ = p Z/d1 Z × · · · × Z/ds Z ∼

= pZ/d1 Z × · · · × pZ/ds Z
(3.7.3) ∼
= Z/(d1 /p)Z × · · · × Z/(ds /p)Z.

C’est une décomposition du type voulu une fois qu’on s’est débarassé des facteurs triviaux,
i.e. ceux pour lesquels di /p = 1. Puisque |pM | < |M | (sinon M/pM = {0} pour tout p, donc
M = {0}), on a une décomposition unique

pM ∼
= Z/d01 Z × · · · × pZ/d0s0 Z,

qui est nécessairement (3.7.3). Ceci détermine d1 = · · · = ds−s0 = p et ds−s0 +i = pd0i pour
i = 1, . . . , s0 . 2

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