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Droit Penal Militaire

Le document traite du droit pénal militaire, en détaillant les infractions militaires et mixtes, ainsi que les sanctions associées. Il aborde des concepts tels que l'insoumission, l'absence irrégulière, et différentes formes de désertion, en précisant les éléments constitutifs et les peines encourues. Les infractions sont classées selon leur gravité, allant de l'insoumission à la désertion à l'ennemi, avec des peines pouvant aller jusqu'à la mort.

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Droit Penal Militaire

Le document traite du droit pénal militaire, en détaillant les infractions militaires et mixtes, ainsi que les sanctions associées. Il aborde des concepts tels que l'insoumission, l'absence irrégulière, et différentes formes de désertion, en précisant les éléments constitutifs et les peines encourues. Les infractions sont classées selon leur gravité, allant de l'insoumission à la désertion à l'ennemi, avec des peines pouvant aller jusqu'à la mort.

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RESUME :

DROIT PENAL MILITAIRE

Titre 1 : Des infractions


Préalables :
Il existe 2 catégories d'infractions :
Les infractions d’ordre militaire : ce sont celles qui ne sont commises que par les militaires ou
assimilés (art. 40).
Les infractions d’ordre mixte : ce sont des infractions de droit commun aggravées en raison des
circonstances de perpétration, réprimées à la fois par le code pénal ordinaire et militaire.
Titre 2 : Les infractions d’ordre militaire
Sous-titre 1 : Des infractions tendant à soustraire leur auteur de ses obligations militaires
Chapitre 1 : De l’insoumission
Le législateur a consacré 2 dispositions à cette incrimination pour réprimer toute personne qui se
rend coupable d’insoumission ainsi que toute personne qui provoque l’insoumission.
Toute personne insoumise est punie, en temps de paix, de 6 mois à 5 ans de servitude pénale. En
temps de guerre, la peine maximale est de 20 ans de servitude pénale (art. 41 du CPM). Par ailleurs,
comme peine complémentaire, il peut y avoir interdiction d’exercer des droits civiques et politiques,
prononcé de la dégradation ou destitution selon le cas.
Il convient de noter que le législateur est resté muet sur la définition du concept d'insoumission.
La doctrine récente tente de définir « l’insoumission » comme le délit commis par un individu qui,
régulièrement appelé à rejoindre son corps de troupe, ne se rend pas dans les délais légaux à la
destination qui lui est assignée. Toutefois, malgré les efforts de cette doctrine pour rapprocher ce
concept du domaine militaire, il est important d'observer que l’insoumission n'est infractionnelle
que par rapport aux lois sur le recrutement.

Section I : Les éléments constitutifs


Cette infraction suppose pour sa réalisation la réunion de trois éléments constitutifs :
La nationalité de l’agent (il faut être congolais).
Le refus ou l’abstention d’observer le délai imparti par l’autorité compétente (élément moral).
Sous-chapitre II : De la provocation à l’insoumission
L’article 42 du CPM dispose :
« Tout individu qui, par quelques moyens que ce soit, qu’ils aient été ou non suivis d’effets,
provoque ou favorise l’insoumission, est puni en temps de paix de 2 mois à 5 ans de servitude

KALONJI KANYINDA Josué


pénale principale. En temps de guerre, la peine prévue est de 20 ans au maximum de servitude
pénale. »
Les individus non militaires ou non assimilés aux militaires sont en outre punis d’une peine
d’amende de 5 000 à 10 000 Francs Congolais.
Explication : Ici aussi, le législateur se tait sur la définition. Il est à noter que l'auteur de cette
infraction peut être un membre de l'armée, d'un corps assimilé, ou toute autre personne civile, peu
importe sa nationalité.
Section I : Éléments constitutifs

A. Éléments matériels :
L’acte prohibé consiste à provoquer ou favoriser l’insoumission par des actes extérieurs tels que
l'isolement, l'incitation, amener, pousser ou exhorter un militaire à rejoindre son corps de troupes,
ou l’empêcher d’exécuter ses obligations. Cela inclut également le fait de favoriser l’insoumission
en aidant, soutenant ou assistant à la perpétration de l'insoumission.

B. L’élément moral :
La provocation à l’insoumission est une infraction intentionnelle, résultant d'une contrainte morale
ou physique.

Chapitre II : De l’absence irrégulière


L’article 43 du CPM dispose :
« Est punie de 2 ans de servitude pénale au maximum, l’absence non autorisée du corps pendant
plus de trois jours. »

Explication :
L’absence irrégulière est une infraction d’origine disciplinaire. En effet, le service commandé
requiert une disponibilité constante du militaire (ou assimilé), dont la présence est quotidiennement
contrôlée lors de l'appel matinal. Celui qui ne s’y présente pas est considéré comme « un manquant
», et sa situation est qualifiée d'absence justifiée ou non justifiée, selon qu’il ait ou non présenté des
motifs légitimes pour son absence à l’unité, à son poste de garde ou à sa position.

Ainsi, l’absence ou la non-présence est la situation d’un militaire (ou assimilé) qui ne se présente
pas à son unité, à son poste de service ou à la position où il doit accomplir ses obligations résultant
de son contrat d’incorporation dans l’armée (ou autres services assimilés).

KALONJI KANYINDA Josué


Section II : Éléments constitutifs
L’incrimination d'absence irrégulière exige pour sa réalisation la réunion des éléments constitutifs
suivants :
La qualité requise pour l’agent : cette infraction n'est commise que par des militaires ou assimilés.
Les éléments matériels :
A. Le fait de quitter son unité sans autorisation.
B. La durée maximale d’absence non infractionnelle est de trois jours, car c’est à partir du quatrième
jour que l'absence est considérée comme irrégulière.
L’élément moral :
La volonté délictueuse de cette incrimination résulte d’un dol général, consistant en un acte libre et
conscient de l’agent qui se dérobe à ses obligations militaires pendant au moins quatre jours.
CHAPITRE III : DES DÉSERTIONS

Il existe cinq sortes de désertion.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA DÉSERTION SIMPLE

L’article 44 du CPM dispose : « Est réputé déserteur :


Tout militaire ou assimilé qui, six jours après l’absence constatée, se sera absenté sans autorisation
de son corps ou détachement, de sa base ou formation, de son établissement, ou d’un hôpital
militaire ou civil où il était en traitement, ou qui s’évade d’une maison d’arrêt ou de détention où il
était gardé à vue ou détenu préventivement ;
Tout militaire ou assimilé qui, voyageant isolément, dont la mission, la permission ou le congé est
expiré, et qui, dans les douze jours suivant celui fixé pour son arrivée ou son retour, ne s’est pas
présenté à l’unité, au corps ou détachement, à sa base ou formation ou à son établissement ;
Tout militaire ou assimilé qui, sur le territoire de la République, se trouve absent sans permission
au moment du départ pour une destination hors de ce territoire, d’un navire ou d’un aéronef
militaire auquel il appartient ou à bord duquel il est embarqué, même s’il s’est présenté à l’autorité
avant l’expiration des délais fixés ci-dessus. En temps de guerre ou dans une région où l’état de
siège ou d’urgence est proclamé, ou à l’occasion d’une opération de police visant au maintien ou
au rétablissement de l’ordre public, tous les délais prévus par le présent article sont réduits de deux
tiers. »

L’article 45 du CPM ajoute :


« Tout militaire ou assimilé coupable de désertion simple en temps de paix est puni de 2 mois à 5
ans de servitude pénale.

KALONJI KANYINDA Josué


Si la désertion a lieu en temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence est
proclamé, ou à l’occasion d’une opération tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre
public, la peine de servitude pénale prévue en temps de paix peut être portée à la servitude pénale
à perpétuité, voire à la peine de mort. Dans tous les cas, si le coupable est un officier, la destitution
peut en outre être prononcée. »

Section II : Éléments constitutifs

La qualité de militaire pour l’agent : il faut être un militaire ou assimilé.


La rupture définitive de ses liens avec l’armée.
L’intention coupable.
SOUS-CHAPITRE II : DE LA DÉSERTION AVEC COMPLICE

L’article 46 du CPM dispose :


« Est réputée désertion avec complot toute désertion effectuée de concert par au moins deux
individus.
La désertion avec complot est punie, en temps de paix, de 2 à 10 ans de servitude pénale et, en
temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles liées à l’état de siège ou d’urgence, ou à
l’occasion d’une opération de police visant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public, la
peine peut être portée à la servitude pénale à perpétuité, voire à la peine de mort. »
La loi prévoit ici une des formes plurales de la désertion procédant d’une résolution criminelle
débattue et décidée par au moins deux agents, militaires ou assimilés. C’est ce qu’on qualifie de
désertion avec complot, qui s’articule autour de deux conditions : la résolution concertée et arrêtée
d’une part, et cette résolution doit porter sur la désertion d’autre part.

SOUS-CHAPITRE III : DE LA DÉSERTION À L’ÉTRANGER


L’article 47 du CPM dispose :
« Est déclaré déserteur à l’étranger :
Tout militaire ou assimilé qui, trois jours après l’absence constatée, franchit sans autorisation les
limites du territoire de la République, ou qui, hors de ce territoire, abandonne l’unité ou le
détachement, la base ou la formation à laquelle il appartient, le navire ou l’aéronef à bord duquel il
est embarqué ;
Tout militaire ou assimilé qui, hors du territoire de la République, à l’expiration du délai fixé au
point 1 ci-dessus pour son retour de congé, de mission ou de déplacement, ne se présente pas à
l’unité ou au détachement, à la base ou à la formation à laquelle il appartient, au navire ou à l’aéronef
à bord duquel il est embarqué. »

KALONJI KANYINDA Josué


L’article 48 du CPM prescrit :
« Tout militaire ou assimilé coupable de désertion à l’étranger est puni, en temps de paix, de 1 à 5
ans de servitude pénale principale.
Si le coupable a emporté une arme ou du matériel de l’État, ou s’il a déserté en étant de service ou
avec complot, la peine encourue est de 3 à 10 ans de servitude pénale.
Si la désertion à l’étranger a lieu en temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles, la
peine peut être portée à la servitude pénale à perpétuité, voire à la peine de mort. »

Explication :
Il convient d’observer que le législateur renonce à la présomption de désertion dans cette variante.
L’article 47 prévoit trois hypothèses de désertion à l’étranger, dont deux reprises au point 1 et une
troisième au point 2.
Les deux cas de l’article 47, point 1 :
Par rapport à la désertion simple, le délai de grâce dans ces deux cas est réduit de moitié, soit à 3
jours à partir du constat de l’absence de l’agent militaire à son unité, à sa formation, ou à bord du
navire ou de l’aéronef militaire battant pavillon congolais.
Le cas de l’article 47, point 2 :
Dans cette hypothèse, le législateur prévoit et sanctionne l’attitude d’un militaire ou assimilé
congolais qui, autorisé à prendre son congé, à accomplir isolément une mission, ou à effectuer un
voyage en dehors de nos frontières, ne rejoint pas son unité, son détachement, sa base ou
formation, le navire ou l’aéronef à bord duquel il était embarqué, et ce, au-delà de quatre jours
suivant le constat de son absence. Tel serait le cas d’un agent (militaire ou assimilé) envoyé à
l’étranger pour raison d’études, de santé, en congé statutaire, ou pour la conclusion d’un contrat de
coopération bilatérale avec un pays ami, etc. Un tel agent qui, sans motif valable, dépasserait
l’échéance légale du délai de grâce, tomberait sous le coup de cette loi et s’exposerait aux sanctions
y afférentes.

SOUS-CHAPITRE IV : DE LA DÉSERTION À BANDE ARMÉE

L’article 49 du CPM dispose :


« Par bande armée, il faut entendre un groupe de plus de deux militaires dont au moins l’un est
porteur d’une arme. Tout militaire ou assimilé qui déserte à bande armée est puni de dix à vingt ans
de servitude pénale principale. Si le coupable est officier, il est puni du maximum de la peine prévue
à l’alinéa 2.
Si la désertion a été commise avec complot, les coupables sont punis de la servitude pénale à
perpétuité. En temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles, la peine de mort peut
être prononcée. Les coupables sont punis de la peine de mort s’ils ont emporté une arme ou des
munitions. »

KALONJI KANYINDA Josué


Explication :
Il convient de retenir que la désertion à bande armée est celle commise par un militaire ou assimilé
en intégrant une bande armée au détriment des forces loyales. Cette incrimination résulte de la
réalisation de trois conditions et se trouve assortie d’une répression appropriée.

Section I : Les conditions de réalisation de cette incrimination


La réalisation de la désertion à bande armée suppose la réunion de trois conditions essentielles :

L’existence d’une bande armée : Le législateur définit la bande armée comme tout « groupe de plus
de deux militaires dont au moins l’un est porteur d’une arme ».
L’intégration de ladite bande par l’agent : Il s’agit du fait pour un ou plusieurs militaires ou assimilés
de quitter définitivement les forces loyales pour rejoindre ce groupe de hors-la-loi.
Cette intégration doit être libre et consciente : La seule intégration à la bande armée ne suffit pas à
établir la culpabilité de l’agent ; il faut également que son acte soit posé en toute liberté et
conscience.

SOUS-CHAPITRE V : DE LA DÉSERTION À L’ENNEMI OU EN PRÉSENCE DE


L’ENNEMI
L’article 50 du CPM dispose :
« Est puni de mort tout militaire ou assimilé, ou tout individu non militaire faisant partie de
l’équipage d’un navire ou d’un aéronef militaire, coupable de désertion à l’ennemi. »

L’article 51 du CPM précise :


« Est considéré comme se trouvant en présence de l’ennemi, tout militaire ou assimilé, ou tout
individu non militaire faisant partie d’une unité ou d’une formation, de l’équipage du navire ou de
l’aéronef militaire, pouvant être rapidement aux prises avec l’ennemi ou déjà engagé avec lui ou
soumis à ses attaques. Toute désertion en présence de l’ennemi est punie de mort. »
Explication :
Ces deux dispositions légales prévoient chacune une variante spécifique de la désertion, dont les
traits communs demeurent d’une part l’extension du champ d’application quant à la qualité de
l’agent, et d’autre part la peine capitale prononcée contre l’auteur de l’une ou l’autre hypothèse.
Trois conditions caractérisent ces deux formes de désertion :

L’existence d’un ennemi (section I) ;

KALONJI KANYINDA Josué


La qualité requise pour l’agent (section II) ;
L’élément moral (section III).
Section I : Les conditions essentielles de ces deux formes de désertion
L’existence d’un ennemi : L’ennemi est celui qui mène la guerre (internationale ou interne) contre
l’État congolais ou ses institutions légitimes.
La qualité requise pour l’agent : L’acte peut être commis par toute personne étrangère à l’armée, à
la police nationale ou au service national, à condition que cet agent ait fait partie de l’équipage d’un
aéronef ou d’un navire militaire.
L’élément moral : Pour tomber sous le coup de la loi, il ne suffit pas que l’agent ait intégré les rangs
de l’ennemi ou qu’il ait rompu ses liens avec l’armée en fuyant l’ennemi ; il faut également qu’il ait
posé cet acte de manière délibérée. Dans la première hypothèse, on exclut le cas d’une captivité en
tant que prisonnier de guerre, mais dans la seconde hypothèse, l’agent peut être disculpé par un cas
de force majeure (maladie grave, catastrophe naturelle, etc.).
CHAPITRE IV : DE LA PROVOCATION À LA DÉSERTION ET DU RECEL DE
DÉSERTEUR

Ce chapitre sera subdivisé en deux volets essentiels :


La provocation à la désertion d’une part (sous-chapitre I), et le recel de déserteur d’autre part (sous-
chapitre II).

SOUS-CHAPITRE I : DE LA PROVOCATION À LA DÉSERTION


L’article 53 du CPM dispose :
« Tout individu qui, par quelque moyen que ce soit, qu’ils aient été ou non suivis d’effets, provoque
ou favorise la désertion, est puni, en temps de paix, de 2 mois à 5 ans de servitude pénale. En temps
de guerre ou pendant les circonstances exceptionnelles, la peine est de 5 à 20 ans de servitude
pénale.
Si le coupable est officier, la peine de mort est prononcée. À l’égard des individus non militaires ou
non assimilés aux militaires, une peine d’amende de 5.000 à 10.000 Francs Congolais peut, en outre,
être prononcée. »
Explication :
L’infraction de désertion, sous ses multiples formes exposées ci-dessus, peut être le résultat d’un
dessein souverain de l’agent, mais elle peut également être matérialisée avec le concours d’un tiers
qui, par n’importe quel procédé, exhorte ou facilite sa perpétration.
D’autre part, à l’instar de la provocation à l’insoumission, cette incrimination constitue aussi une
limitation à celle globalisante d’incitation à commettre des actes contraires au devoir ou à la
discipline, telle qu’organisée à l’article 88 de ce même code.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE II : DU RECEL DE DÉSERTEUR

L’article 54 du CPM dispose :


« Tout individu convaincu d’avoir sciemment soit recelé un déserteur, soit soustrait ou tenté de
soustraire, d’une manière quelconque, un déserteur aux poursuites ordonnées contre lui par la loi,
est puni, en temps de paix, de 2 mois à 5 ans de servitude pénale et peut, en outre, s’il n’est militaire
ni assimilé, être puni d’une amende de 5.000 à 10.000 Francs Congolais.
Sont exemptés de la présente disposition les ascendants ou descendants, époux ou épouse même
divorcés, frères et sœurs de déserteur ou leur allié aux mêmes degrés. »

Explication :
La loi reste muette sur l’expression « recel de déserteur », dont le contenu mérite d’être élucidé pour
mieux appréhender l’incrimination. Ainsi, au sens de cette loi, le recel de déserteur peut être perçu
comme le fait pour un individu (militaire, assimilé ou civil) d’accueillir en connaissance de cause,
d’héberger ou de garder sous sa responsabilité, mais aussi toute tentative ou tout acte de
soustraction aux poursuites judiciaires d’un agent ayant rompu ses liens avec l’armée, la police
nationale ou le service national.
Si la qualité de l’auteur de cette infraction n’en constitue pas un élément indispensable, le législateur
innove tout de même en érigeant le lien de parenté, même par alliance, de premier degré en excuse
absolutoire. Par conséquent, sont exonérés de toute responsabilité du chef de cette incrimination :
les ascendants et descendants, l’époux ou épouse même divorcés, les frères et sœurs de déserteur
ou alliés aux mêmes degrés, c’est-à-dire les frères et sœurs du conjoint non incriminé ou encore les
beaux-frères ou belles-sœurs par rapport aux frères et sœurs (leurs épouses ou leurs maris). Nous
devons nous réjouir de cette solution légale qui consolide la primauté de l’ordre familial, fondé sur
l’amour et la solidarité.

CHAPITRE V : DE LA MUTILATION VOLONTAIRE ET DE LA LÂCHETÉ

Ce chapitre sera subdivisé en deux sous-chapitres correspondant aux deux incriminations mises en
exergue : la mutilation volontaire d’une part et la lâcheté d’autre part.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA MUTILATION VOLONTAIRE

L’article 55 du CPM dispose :


« Tout militaire ou assimilé convaincu de s’être volontairement rendu impropre ou inapte au
service, soit d’une manière temporaire, soit d’une manière permanente, dans le but de se soustraire
à ses obligations militaires, est puni :

KALONJI KANYINDA Josué


En temps de paix, de 10 à 20 ans de servitude pénale et de l’interdiction pour une durée de 5 ans
de l’exercice des droits politiques et civiques ; en temps de guerre ou en périodes exceptionnelles,
de la servitude pénale à perpétuité ou de la peine de mort, s’il était en présence d’une bande armée
ou en présence de l’ennemi. »

Explication :
L’article 61 du CPO LII punit « quiconque aura méchamment mutilé un cadavre humain ».
Comme on peut le constater, l’article 55 du CPM se démarque de l’article 61 du CPO LII, d’autant
plus qu’en droit commun, le législateur réprime l’atteinte à l’intégrité physique du cadavre humain,
tandis qu’en droit militaire, il sanctionne, à travers les blessures, fractures ou autres lésions
provoquées par l’agent contre lui-même, son indisponibilité occasionnée à dessein par crainte de
combats, ou par suite d’un pressentiment de son issue fatale : expression par excellence de l'instinct
de lâche.

2. Des complices de la mutilation


Le législateur consacre tout l’article 56 au régime répressif des complices de la mutilation qu’il
énumère limitativement. Il s’agit de : médecins, pharmaciens, assistants médicaux, infirmiers,
guérisseurs, tradipraticiens ou autres professionnels de santé.
Les complices limitativement cités par la loi peuvent être punis de servitude pénale à perpétuité en
temps de paix, et de la peine de mort en temps de guerre ou en toute autre situation exceptionnelle.
À l’encontre des complices non militaires ou non assimilés aux militaires, il est prévu en plus une
peine obligatoire d’amende de 5.000 à 10.000 Francs Congolais. Ils peuvent également subir la
dégradation ou la destitution, selon le cas, et l’interdiction de l’exercice des droits civiques et
politiques.

SOUS-CHAPITRE II : DE LA LÂCHETÉ
L’article 57 du CPM stipule :
« Est puni de mort tout militaire ou assimilé qui se rend coupable de lâcheté.
Par lâcheté, il faut entendre fuite devant les forces ennemies ou les bandes insurrectionnelles, ou
l’emploi de moyens irréguliers pour se soustraire à un danger. »

SOUS-TITRE II : DES INFRACTIONS CONTRE L’HONNEUR OU LE DEVOIR (2ème


catégorie)
À la lumière de l’intitulé, nous aborderons l’étude d’une série d’incriminations dirigées contre
l’honneur ou le devoir, c’est-à-dire celles susceptibles d’ébranler gravement le crédit du

KALONJI KANYINDA Josué


commandement ainsi que le sens profond du devoir dans le chef de tous ceux qui servent sous le
drapeau. Il s’agit de : la capitulation ou le défaitisme (chapitre I) ; le complot militaire (chapitre II)
; les pillages (chapitre III) ; les destructions (chapitre IV) ; les faux, falsifications, détournements,
concussions et corruptions (chapitre V) ; l’usurpation d’uniformes, décorations, signes distinctifs
et emblèmes (chapitre VI) ; l’outrage au drapeau ou à l’armée (chapitre VII). Il n’échappe à
personne que le législateur a opéré un regroupement adéquat de ces incriminations qui correspond
rationnellement à l’énoncé sommaire de ce sous-titre. Il s’agit là d’une approche heureuse qui, à
notre estime, aurait pu être étendue à d'autres incriminations que nous allons intégrer dans cette
analyse.

CHAPITRE I : DE LA CAPITULATION OU DU DÉFAITISME


La doctrine, principalement inspirée de la conception française, définit la capitulation comme le
délit commis par un chef militaire qui, renonçant à la résistance, se rend à l’ennemi avec la troupe
qu’il commande.
Quant au défaitisme, à défaut d’un sens technique, le Micro Robert nous renseigne que c’est
l’attitude de ceux qui ne croient pas à une victoire et préconisent la cessation des hostilités,
l’abandon. À travers l’actuel code pénal militaire, le défaitisme se caractérise soit par la
démoralisation de la troupe en ébruitant la peur ou en causant la panique ; soit par l’abstention à
dessein ou le refus de combattre un ennemi égal ou inférieur en force, de secourir une troupe, un
navire ou un aéronef national ; soit par l’envoi des troupes à une mission de combat sans avoir pris
soin de s’assurer de l’adéquation entre les armes et les munitions.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA CAPITULATION
L’article 58 du CPM dispose :
« Est puni de mort tout commandant d’une formation, d’une unité, d’une force, d’un aéronef ou
d’un navire militaire qui, après avis d’un conseil de discipline, est reconnu coupable d’avoir capitulé
devant un ennemi, ou ordonné de cesser le combat ou amené le pavillon sans avoir épuisé tous les
moyens de défense dont il disposait et sans avoir fait tout ce que lui prescrivaient le devoir et
l’honneur. »

SOUS-CHAPITRE II : DU DÉSARMEMENT OU DE LA DÉMORALISATION DE LA


TROUPE

L’article 59 du CPM dispose :


« Tout militaire ou assimilé qui, pendant les circonstances exceptionnelles, désarme ou démoralise
la troupe en répandant la peur ou en causant la panique, le désordre et la confusion, est puni de 5
à 20 ans de servitude pénale.
Si l’infraction et ses effets sont particulièrement graves, le tribunal peut prononcer la servitude
pénale à perpétuité ou la peine de mort.

KALONJI KANYINDA Josué


Dans tous les cas, si le coupable est un officier, le juge prononce en outre la destitution. »

Explication :
En attendant d’examiner « la participation à une entreprise de démoralisation de l’armée », organisée
par l’article 146 de ce même code sous la rubrique des atteintes à la sécurité des forces armées, il
convient de noter que la présente infraction se trouve subordonnée à un double prérequis, avant la
réunion des éléments proprement constitutifs qui exposent l’agent à la répression.

SOUS-CHAPITRE III : DE L’ABSTENTION DE COMBATTRE L’ENNEMI OU DE


PORTER SECOURS À UNE TROUPE, À UN NAVIRE OU AÉRONEF NATIONAL EN
DANGER

L’article 60 du CPM dispose :


« Est puni de mort tout commandant d’une formation, d’un navire ou d’un aéronef militaire qui,
pouvant attaquer et combattre un ennemi égal ou inférieur en force, secourir une troupe, un navire
ou un aéronef national poursuivi par l’ennemi ou engagé dans un combat, ne l’a pas fait, à moins
d’en avoir été empêché par des instructions générales ou des motifs graves. »

Explication :
Il s’agit ici d’une disposition à double visage, car elle renferme deux faits punissables distincts, mais
pouvant être commis par un type d’agent identique et dans un même contexte temporel : d’une
part, l’abstention de combattre l’ennemi, et d’autre part, l’abstention de porter secours à une troupe,
à un navire ou un aéronef national en danger. Si, dans la première hypothèse, il est fait
fondamentalement appel au sens élevé du devoir dans le chef de l’agent, dans la seconde hypothèse,
il doit être conjugué ce sens avec celui de la sauvegarde du patrimoine national ainsi que l’esprit
d’équipe qui doit caractériser la vie communautaire de tous les compagnons d’armes, appelés à
intérioriser leurs sorts respectifs, surtout en cas de rude épreuve, et cela dans l’intérêt bien compris
de la collectivité nationale. Autant le commandant se doit de voler au secours d’une troupe en
difficulté, autant il est impérativement tenu d’apporter assistance à tout navire ou aéronef national,
c’est-à-dire tout aéronef ou navire congolais, militaire ou commercial, en présence des forces
ennemies. L’intervention légale se trouve dictée par l’humaine faiblesse, manifestée tant par
l’instinct primaire de conservation de la vie que par les tergiversations et autres manipulations de la
société. En un mot, la loi consolide l’engagement héroïque et anéantit les contraintes sociales, en
vue d’une attitude responsable de l’agent. Somme toute, procédant d’une série de prérequis, ce
double fait ne devient punissable qu’au regard des éléments proprement constitutifs qui, imputés
totalement à l’agent, l’exposent inévitablement à une sanction.

SOUS-CHAPITRE IV : DE LA MISE EN EXÉCUTION D’UNE MISSION DE COMBAT


SANS MOYENS OFFENSIFS ADÉQUATS
L’article 61 du CPM dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Tout officier, tout commandant d’une formation, d’un navire ou d’un aéronef militaire qui, par
négligence, fait exécuter une mission de combat sans avoir pris des dispositions utiles à la réussite
de celle-ci, notamment en ce qui concerne l’adéquation entre les armes et les munitions, la dotation
nécessaire pour engager le combat ou résister, la qualité et l’état du matériel, est puni d’une peine
de vingt ans de servitude pénale.
S’il est établi que cette attitude a été déterminée par la volonté délibérée de l’agent de se débarrasser
de la mission, sans y prêter l’attention responsable nécessaire, ou s’il en est résulté des conséquences
graves sur les hommes ou sur le matériel, la peine de mort est prononcée. »

CHAPITRE II : DU COMPLOT MILITAIRE


L’article 62 du CPM dispose :
« Tout militaire ou assimilé, coupable de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du
commandant d’une formation militaire, d’un navire ou d’un aéronef militaire, ou à la discipline ou
à la sécurité de la formation, du navire ou de l’aéronef, est puni de 5 à 10 ans de servitude pénale.
Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs individus.
Le maximum de la peine est appliqué aux militaires les plus élevés en grade et aux instigateurs de
l’infraction. Si le complot a lieu en temps de guerre, en périodes exceptionnelles ou dans toutes
circonstances pouvant mettre en péril la sécurité de la formation, de l’aéronef ou du navire, ou a
pour but de peser sur la décision du chef militaire responsable, le coupable est puni de mort. »

CHAPITRE III : DES PILLAGES


L’article 63 du CPM dispose :
« Sont punis de servitude pénale à perpétuité tous pillages ou dégâts de denrées, marchandises ou
effets, commis en bande par des militaires ou des individus embarqués, soit avec des armes ou
force ouverte, soit avec bris des portes et clôtures extérieures, soit avec violences envers les
personnes.
Dans tous les autres cas, le pillage est puni de 10 à 20 ans de servitude pénale. Néanmoins, si dans
les cas prévus par le premier alinéa du présent article... »
Il existe parmi les coupables un ou plusieurs instigateurs, ainsi qu’un ou plusieurs militaires
supérieurs en grade. La peine de servitude pénale à perpétuité n’est infligée qu’aux instigateurs et
aux militaires les plus élevés en grade.

KALONJI KANYINDA Josué


CHAPITRE IV : DES DESTRUCTIONS

Il s'agit d'une entorse non moins négligeable à la loi défunte. Ainsi, les destructions sont prévues
aux articles 66, 67, 68 et 70 du CPM, sans oublier la destruction méchante intégrée à l’article 202
de ce même code.

CHAPITRE V : DES FAUX, FALSIFICATIONS, DÉTOURNEMENTS, CONCUSSIONS ET


CORRUPTIONS

SOUS-CHAPITRE I : DU FAUX ET DE LA FALSIFICATION


L’article 71 du CPM dispose :
« Sans préjudice des peines plus fortes prévues par le Code Pénal Ordinaire, quiconque, militaire
ou civil, chargé au sein des Forces Armées ou du Ministère de la Défense de la tenue d’une
comptabilité, des deniers ou matières, commet un faux dans ses comptes ou fait usage d’actes faux
est puni de 10 à 20 ans de servitude pénale. »

L’article 72 du même code précise :


« Lorsque le faux commis porte sur un rapport de commandement ou d’état-major et tend à altérer
ou à travestir la situation de l’outil ou des moyens de défense, ou sur les données de renseignements
opérationnels, le coupable est puni de quinze à vingt ans de servitude pénale. La destitution sera
prononcée s’il est officier.
Si le faux commis a eu pour objet de porter atteinte à la défense nationale ou aux intérêts vitaux de
la nation en temps de guerre, il est puni de la peine de mort.
Si le faux commis a occasionné des pertes en matériels ou la destruction totale ou partielle d’une
unité ou des troupes en opérations, la peine de mort sera prononcée. »

L’article 73 de ce code dispose :


« Est puni de 1 à 5 ans de servitude pénale tout militaire ou assimilé qui falsifie ou fait falsifier des
documents, des substances, des matières, des denrées ou des boissons confiées à sa garde ou placées
sous sa surveillance, ou qui, sciemment, les a distribués ou fait distribuer.
Lorsque la falsification est de nature à altérer gravement la santé, elle est punie de 10 à 20 ans de
servitude pénale, sans préjudice des peines plus graves prévues par le Code Pénal Ordinaire. »

KALONJI KANYINDA Josué


Explication :
Le concept de « faux » est perçu différemment selon qu’on se trouve en droit civil ou en droit pénal.
En droit civil, le faux s’entend d’une procédure principale ou incidente, dirigée contre un acte
authentique pour montrer qu’il a été altéré, modifié, complété par de fausses indications, ou même
fabriqué. Ladite procédure est déclenchée par une inscription en faux.
En droit pénal, le faux en écriture est conçu comme toute altération de la vérité avec l’intention de
nuire ou de se procurer un avantage illicite, dans un acte de nature à faire preuve dans une mesure
quelconque des faits qu’il énonce.
En d’autres termes, le faux en écriture s’entend d’une altération de la vérité dans un écrit de toute
nature, « réalisée avec une intention frauduleuse ou à dessein de nuire, susceptible de causer un
préjudice ».

SOUS-CHAPITRE II : DU DÉTOURNEMENT, DE LA DISSIPATION ET DU VOL DES


EFFETS MILITAIRES
L’article 74 du CPM dispose :
« Est puni d’un à dix ans de servitude pénale quiconque dissipe, vole ou détourne des armes,
munitions, véhicules, deniers, effets et autres objets qui lui ont été remis pour le service ou à
l’occasion du service, ou appartenant à des militaires ou à l’État.
Le tribunal peut en outre prononcer la confiscation de tous les biens, produits du vol, du
détournement ou de la dissipation. »

L’article 75 du même code ajoute :


« Constitue un détournement de deniers publics le fait pour un commandant d’unité, un officier
chargé des finances ou un préposé à la paie, d’utiliser à des fins quelconques les reliquats provenant
des fonds de la paie des militaires sans avoir préalablement obtenu l’autorisation du Ministère de la
Défense. »

Explication :
Le législateur n’apporte aucune restriction au champ d’application de ce triple fait punissable, quant
à la qualité de l’agent. En effet, il peut s’agir d’un militaire ou assimilé, ou de toute autre personne
étrangère à l’armée, pourvu que l’agent ait accédé à ces effets pour le service ou à l’occasion du
service, ou qu’il se soit emparé des effets des militaires ou de l’État. Tel serait le cas d’un pilote
(militaire ou non) d’un avion militaire, chargé du transport des troupes, mais qui l'utilise pour le
fret des particuliers en contrepartie d’énormes sommes d’argent. Il en est de même d’un chef de
poste qui, en possession d’une arme individuelle pour le service intérieur, l'expédie en forêt pour
l'abattage des pachydermes. À l’image de l’intitulé, nous traiterons tour à tour du détournement, de
la dissipation ainsi que du vol des effets militaires ou des effets de l’État.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE III : DU VOL, DU DÉTOURNEMENT ET DE LA DESTRUCTION
MÉCHANTE DES EFFETS DESTINÉS À DES OPÉRATIONS MILITAIRES
L’article 202 du CPM dispose :
« Le vol, le détournement et la destruction méchante en temps de guerre ou pendant les
circonstances exceptionnelles, des armes, munitions, véhicules, effets et autres objets destinés à des
opérations militaires constituent des actes de sabotage. Ils sont punis de mort. »
Les détournements et vols d’effets militaires destinés à des opérations militaires peuvent être érigés
en alinéa de l’article 74 du CPM, tandis que le volet « destruction méchante » s’intégrerait aisément
à l’article 67 préalablement rappelé.
SOUS-CHAPITRE IV : DU VOL DE CHAMBREE

L’article 205 du CPM dispose :


« Est puni d’une peine de servitude pénale de cinq à dix ans tout militaire ou assimilé coupable de
vol au préjudice de l’habitant chez qui il est logé en vertu d’une réquisition. »

Explication :
Il convient de relever que la notion de « vol de chambrée » a subi une évolution remarquable en
droit positif congolais depuis le décret du 22 décembre 1888 jusqu’à ce jour. En effet, selon une
jurisprudence aujourd’hui dépassée, le législateur, en incriminant spécifiquement l’infraction de vol
de chambrée, visait le vol commis dans la chambre dont fait partie le prévenu, au préjudice d'un de
ses camarades qui en fait également partie. Selon l’actuelle loi, le vol de chambrée s’entend de toute
soustraction frauduleuse par un membre de l’armée ou assimilé d’un bien appartenant à l’occupant
d’une habitation où celui-ci est logé en vertu d’une réquisition régulièrement établie par une autorité
compétente.

SOUS-CHAPITRE VII : DE LA CONCUSSION

L’article 77 du CPM dispose :


« Tout militaire ou assimilé, ou tout individu au service du Ministère de la Défense qui aura reçu,
exigé ou ordonné de percevoir, même avec l'autorisation d'une autorité, ce qu'il savait n'être pas
légalement dû ou excéder ce qui était dû, sera puni de cinq à dix ans de servitude pénale et d’une
amende de 5.000 à 10.000 Francs Congolais constants.
Les mêmes peines seront applicables aux détenteurs de l'autorité publique qui, sous une forme
quelconque et pour quelque motif que ce soit, auront, sans autorisation de la loi, accordé une
perception indue. »

Face au silence de la loi sur le sens de ce concept, il importe de s'y prononcer avant d'évoquer les
composantes ainsi que les pénalités de cette infraction.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE VIII : DE LA PERCEPTION INDUE D’UNE PARTICIPATION PAR
TRAVAIL, CONSEILS OU CAPITAUX

L’article 78 du CPM dispose :


« Est puni d’une servitude pénale de cinq à dix ans et d’une amende de 5.000 à 10.000 Francs
Congolais constants, tout militaire ou assimilé, ou tout individu au service du Ministère de la
Défense, chargé à raison même de sa fonction :

de la surveillance ou du contrôle d’une entreprise privée ;


de la passation, au nom de l’État, des marchés ou contrats de toute nature avec une entreprise
privée ou toute autre personne privée ;
de l’expression d’avis sur les marchés ou contrats de toute nature passés avec une entreprise privée
ou toute autre personne privée, pendant un délai de cinq ans à compter de la cessation de la
fonction, prendra ou recevra une participation par travail, conseils ou capitaux dans une quelconque
des entreprises ou personnes visées ci-dessus. »
Explication :
Cette incrimination semble inspirée par le droit français, où elle est qualifiée de « délit d’ingérence
» et réglementée par les articles 175 et 175-1 du Code pénal français. Madame la professeure
Delmas-Marty Mireille affirme que ces articles « sont destinés à réprimer les actes par lesquels les
fonctionnaires publics, au mépris de leur qualité, établiraient des liens trop étroits entre leurs
intérêts personnels et ceux des entreprises privées que leurs fonctions les chargent de surveiller ou
contrôler. »

SOUS-CHAPITRE IX : DE LA CONTREFAÇON, FALSIFICATION OU ALTÉRATION


DES DOCUMENTS DÉLIVRÉS PAR LES AUTORITÉS MILITAIRES OU DE L’USAGE
DESDITS DOCUMENTS

L’article 79 du CPM dispose :


« Quiconque aura contrefait, falsifié ou altéré des documents délivrés par les autorités militaires, en
vue de constater un droit, une indemnité ou une qualité, ou d’accorder une autorisation, est puni
de dix ans de servitude pénale au maximum et d’une amende qui n’excède pas 15.000 Francs
Congolais constants.
Les mêmes peines seront applicables à celui qui aura fait usage desdits documents contrefaits,
falsifiés ou altérés. Il en sera de même pour celui qui aura fait usage des mêmes documents lorsque
les mentions invoquées par l’intéressé sont devenues incomplètes ou inexactes. »

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE X : DE LA FABRICATION OU DE L’USAGE D’UNE FAUSSE FEUILLE
DE ROUTE, D’UNE FAUSSE CARTE MILITAIRE OU D’UN FAUX ORDRE DE MISSION,
OU DE LA FALSIFICATION DE CES DOCUMENTS ORIGINAIREMENT VÉRITABLES
OU DE LEUR USAGE

L’article 81 du CPM dispose :


« Quiconque fabriquera une fausse feuille de route, une fausse carte militaire ou un faux ordre de
mission, ou falsifiera l’un de ces documents originellement véritables, ou en fera usage, sera puni :
D’une servitude pénale d’un mois à cinq ans, si le faux n’a eu pour effet que de tromper la
surveillance de l’autorité publique ; de six mois à dix ans, si le Trésor public a payé au porteur du
faux document des indemnités de mission ou avantages quelconques qui ne lui étaient pas dus ou
qui excédaient ceux auxquels il pouvait avoir droit, le tout néanmoins en dessous de 1.000 Francs
Congolais constants ; d’une servitude pénale d’un à vingt ans, si les sommes indûment perçues par
le porteur du faux document visé au présent article s’élèvent à 1.000 Francs Congolais constants
ou plus. »
L’article 82 du même code précise :
« Les peines portées à l’article précédent seront appliquées, selon les distinctions qui y sont établies,
à toute personne qui se sera fait délivrer par l’administration militaire une feuille de route, un ordre
de mission ou une carte militaire sous un faux nom ou une fausse qualité, ou qui en aura fait usage.
Si l’autorité était instruite de la supposition du nom ou de son caractère faux lorsqu’elle a délivré le
faux document, elle sera punie des mêmes peines selon les distinctions établies. »

Explication :
Nul n’ignore que la feuille de route, l’ordre de mission ainsi que la carte militaire sont également
des documents délivrés par des autorités militaires ou assimilées. En y consacrant des dispositions
spécifiques, le législateur souligne l’importance que revêtent ces documents au sein de l’armée ou
d’autres services apparentés. La feuille de route et l’ordre de mission méritent une attention
particulière, puisque la feuille de route permet le contrôle de la mobilité des militaires et autres
assimilés, de même que toutes les personnes liées d’une manière ou d’une autre à l’armée, à la police
ou au service national ; alors que l’ordre de mission permet à l’agent d’accomplir un devoir reçu de
sa hiérarchie militaire ou de celle d’un service apparenté.
SOUS-CHAPITRE XI : DE LA FABRICATION DE FAUX DOCUMENTS MÉDICAUX

L’article 84 du CPM précise :


« Hors le cas de corruption prévu par la loi, tout médecin, chirurgien, dentiste, sage-femme ou autre
professionnel de santé qui, dans l’exercice de ses fonctions et pour favoriser un membre des forces
armées, certifiera faussement ou dissimulera l’existence de maladies ou infirmités, ou un état de
grossesse, ou fournira des indications mensongères sur l’origine d’une maladie ou d’une infirmité,
ou la cause d’un décès, sera puni d’une servitude pénale d’un an au moins et de cinq ans au plus.

KALONJI KANYINDA Josué


Si le coupable est militaire, il pourra en outre être privé de son grade.**

Explication :
Le législateur précise que cette disposition ne doit pas être confondue avec les lois réprimant la
corruption. Il s'agit d'une loi plus spécifique qui régit les comportements prohibés du personnel de
santé désigné, qui, dans l'exercice de ses fonctions, présentera une fiche dénaturée de l'état de santé
d'un membre de l'armée ou fournira des raisons inexactes concernant son état ou sa mort.

CHAPITRE VI : DE LA DÉTENTION ILLÉGALE D’ARMES OU DE MUNITIONS DE


GUERRE

L’arme se présente à la fois comme un instrument de sécurité et de préoccupation au sein de la


nation mondiale.

L’article 203 du CPM dispose :


« Est puni de 20 ans de servitude pénale, tout individu qui détient sans titre ni droit des armes ou
des munitions de guerre. »

CHAPITRE VII : DE LA VENTE OU DE LA MISE EN GAGE DES EFFETS MILITAIRES


D’HABILLEMENT, D’ÉQUIPEMENT OU D’ARMEMENT

L’article 204 du CPM dispose :


« Sera puni d’une peine de 4 ans de servitude pénale au maximum, tout militaire qui aura vendu ou
donné en gage des effets militaires d’habillement, d’équipement ou d’armement. »

CHAPITRE VIII : DE L’USURPATION D’UNIFORMES, DÉCORATIONS, SIGNES


DISTINCTIFS ET EMBLÈMES

L’article 85 du CPM dispose :


« Est puni de servitude pénale de 2 mois à 5 ans, quiconque porte publiquement des décorations,
médailles, insignes, uniformes ou costumes militaires sans en avoir le droit.
La même peine est prononcée contre tout militaire, assimilé, ou tout individu employé par le
Ministère de la Défense, qui porte des décorations, médailles, insignes, uniformes ou costumes
militaires étrangers sans y avoir été préalablement autorisé. »

KALONJI KANYINDA Josué


En outre, l’article 86 du CPM dispose :
« Est puni de 5 à 10 ans de servitude pénale, quiconque, en temps de guerre ou dans une région où
l’état de siège ou d’urgence est proclamé, ou à l’occasion d’une opération de police tendant au
maintien ou au rétablissement de l’ordre public, en violation des lois et coutumes de la guerre,
emploie indûment les insignes distinctifs et emblèmes définis par les conventions internationales
pour assurer le respect des personnes, des biens ainsi que des lieux protégés par ces conventions. »

Explication :
La lecture attentive des deux alinéas de l’article 85 du CPM révèle une compétence personnelle
illimitée des juridictions militaires nationales à l’égard de tout individu responsable du port illégal
des décorations, médailles, insignes, uniformes ou costumes militaires congolais. Cette compétence
est cependant limitée aux seuls militaires, assimilés ou employés du Ministère de la Défense
concernant le port illégal des décorations, médailles, insignes, uniformes ou costumes militaires
étrangers.
D’autre part, en rapport avec le droit de la guerre, l’utilisation des signes distinctifs et emblèmes
spécifiés par les instruments juridiques internationaux doit être conforme aux lois et coutumes y
afférentes. La loi militaire interne, qui s’applique de manière stricte en périodes exceptionnelles,
sanctionne, à travers l’article 86 précité, toute infraction perpétrée dans ce domaine.

SOUS-CHAPITRE I : DE L’USURPATION DES DÉCORATIONS, MÉDAILLES,


INSIGNES, UNIFORMES OU COSTUMES MILITAIRES

La pratique montre que l’incrimination la plus fréquemment commise par les hommes en uniforme
reste celle du port illégal des insignes de grade auxquels ils n’ont pas encore accédé, ou des insignes
de grade dont ils ont été déchus, soit par une décision judiciaire, soit par une sanction disciplinaire.
Cette fréquence a donné lieu à une dénomination plus ou moins appropriée de « port illégal des
grades », qui ne reflète cependant pas toute la réalité.
Dans ce contexte, l’usurpation peut s’entendre de tout acte d’appropriation illégitime, généralement
par fraude, des décorations, médailles, insignes, uniformes ou costumes militaires, que l’agent
expose au regard public sans titre ni droit, c’est-à-dire en l’absence d’un acte de l’autorité
compétente, ou après en avoir été déchu par une juridiction de jugement, par un conseil de
discipline, ou par démission ou décision de l'autorité habilitée.
De ce fait, outre les pénalités y rattachées, des mesures supplémentaires peuvent être envisagées.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE II : DE L’USURPATION DES SIGNES DISTINCTIFS ET EMBLÈMES
DÉTERMINÉS PAR LES CONVENTIONS INTERNATIONALES

À travers l’article 86 du CPM, le législateur démontre son réel attachement à l’ordre juridique
international en général, mais plus particulièrement au droit humanitaire, en assurant, sous peine
de sanction, la protection des signes distinctifs et autres emblèmes bien déterminés.
Le droit international humanitaire (DIH), ou le droit de la guerre, peut être perçu comme une
discipline dont l’objet est de prévenir, de limiter et d’atténuer les calamités provoquées par la guerre.
Ce droit est également dénommé "Droit des conflits armés", car il concilie les nécessités de la
guerre avec les exigences humanitaires. Cette branche du droit fait la distinction entre ce qui est
permis (licite) et ce qui ne l’est pas.

Section I : L'approche comparative des articles 138-sexies du CPO LII et 87 du CPM


Aux termes de l’article 138-sexies du CPO LII, il est stipulé :
« Sera puni d’une servitude pénale de huit jours à trois mois, celui qui aura publiquement outragé
l’emblème national. »
Alors que l’article 87 al. 2 et 3 du CPM dispose :
« Est puni de six mois à cinq ans, tout militaire ou assimilé qui commet un outrage au drapeau
national.
Est puni de la même peine, quiconque commet un outrage à l’armée (...) »
L'approche comparative de ces deux dispositions nous permet d'en dégager quelques points de
distinction ainsi qu'un dénominateur commun.

1. Les points de distinction


L'infraction de l'article 138-sexies du CPO LII se distingue de celle de l'article 87 du CPM
notamment par : la qualité de l'agent, la portée de la publicité, ainsi que les taux de pénalités.
La qualité de l'agent
La réforme législative met un terme à une difficulté d'application des deux textes en vigueur,
autrefois destinés indistinctement à n'importe quelle catégorie d'agents. L'insécurité judiciaire était
avérée, car la doctrine avait tenté sans appui légal de contourner cette difficulté en alléguant que la
compétence du juge militaire n'était admise que si l'infraction était commise au sein de l'armée.
Malheureusement, cette prise de position, bien que visant à sauvegarder les normes d'équité, ne
pouvait modifier une loi. L'actuelle loi harmonise ces deux textes, permettant à chaque agent de
répondre de son acte devant son juge naturel : le militaire devant la juridiction militaire et le civil
devant la juridiction de droit commun.

KALONJI KANYINDA Josué


La portée de la publicité
La publicité est un élément indispensable de l’infraction de l’article 138-sexies du CPO LII. En
revanche, pour l'article 87 du CPM, le législateur ne l'étend pas à tout acte répréhensible. Cette
condition n'est exigée qu'en cas d'attitude de mépris vis-à-vis de l'emblème national. En revanche,
la publicité n'est pas requise lorsque l'agent (militaire ou assimilé) déchire, brûle ou détruit
l'emblème. L'autorité prééminente de l'emblème national requiert des égards particuliers
concernant l'atteinte physique à ce symbole de souveraineté nationale. Ainsi, l'outrage par atteinte
au drapeau est punissable en tout temps et en tout lieu.

Les taux de pénalités


L’article 138-sexies réprime légèrement l’acte du délinquant, à savoir de huit jours à trois mois de
servitude pénale. En droit militaire, le législateur aggrave cette peine à six mois à dix ans de servitude
pénale. Cette sévérité s'explique par les circonstances particulières entourant les militaires et
assimilés.

2. Le dénominateur commun : le bien protégé


Le bien protégé par le législateur rapproche ces deux dispositions légales. Il s'agit de l'emblème ou
du drapeau national, symbole par excellence de la souveraineté de tout État indépendant. Chaque
citoyen, civil ou militaire, lui doit des égards et des honneurs. Ce symbole traduit l'attachement à
un territoire inaliénable partagé par des communautés humaines aux aspirations profondes. Cela
nous permet d'aborder les éléments constitutifs de l'article 87 du CPM.
CHAPITRE X : DE L’INCITATION À COMMETTRE DES ACTES CONTRAIRES AU
DEVOIR OU À LA DISCIPLINE

L’article 88 du CPM dispose :


« Quiconque, par quelque moyen que ce soit, incite un ou plusieurs militaires à commettre des actes
contraires au devoir ou à la discipline est puni de cinq à vingt ans de servitude pénale.

Si le coupable est d’un grade supérieur à celui des militaires incités à commettre lesdits actes, la
peine sera le maximum de celle prévue à l’alinéa précédent.
Lorsque les faits sont commis en temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles, ou
dans toute situation pouvant mettre en péril la sécurité d’une formation militaire, d’un navire ou
d’un aéronef militaire, la peine de mort est prononcée.**

Explication :
Bien que cette disposition émane de l’ancien article 457 du code de justice militaire, abrogé, la loi
de réforme a érigé en infractions autonomes les faits suivants :

KALONJI KANYINDA Josué


« Le fait d’inciter à s’armer contre l’autorité de l’État ou contre une partie de la population est puni
de dix ans de servitude pénale » (article 141 du CPM).
« Quiconque, en vue de nuire à la défense nationale, incite des militaires appartenant aux Forces
Armées Congolaises à passer au service d’une puissance étrangère, est puni de mort » (article 143
du CPM).
« Est puni de dix ans de servitude pénale, tout militaire ou tout individu qui, en vue de nuire à la
défense nationale, incite à la désobéissance, par quelque moyen que ce soit, des militaires, des
assimilés ou des assujettis affectés à toute forme de service civique » (article 145 du CPM).
SOUS-TITRE III : DES INFRACTIONS CONTRE LA DISCIPLINE

Les actes infractionnels de violation de la discipline se divisent en deux catégories : d’une part, les
actes d’insubordination, et d’autre part, les actes d’abus d’autorité.
Sont classés parmi les actes d’insubordination les incriminations suivantes :

CHAPITRE I : DES ACTES D’INSUBORDINATION

Le législateur de la réforme ne définit pas le terme « insubordination », mais il lui confère une portée
extensive pour le maintien de la discipline intérieure. À l’heure actuelle, sans circonscrire les
contours de ce concept, il désigne le refus d’un ordre ainsi que d’autres actes tels que la rébellion,
le refus d’un service dû légalement, les outrages envers un supérieur, etc.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA RÉVOLTE MILITAIRE

L’article 89 du CPM dispose :


« Est qualifiée de révolte militaire toute résistance simultanée aux ordres reçus de leurs chefs par
plus de deux militaires réunis, lorsque l’ordre est donné pour le service. »
L’article 90 du même Code dispose :
« Tout militaire ou assimilé coupable de révolte militaire est puni de cinq ans au maximum de
servitude pénale. Si la révolte a eu lieu avec complot, la peine encourue est de dix ans au maximum
de servitude pénale.
La peine prévue par le présent article peut être portée à la servitude pénale à perpétuité et même à
la peine de mort, si la révolte a été commise en temps de guerre ou dans des circonstances
exceptionnelles.
Si les coupables sont des officiers, la peine de destitution ou de privation de grade pourra être
prononcée.
Les instigateurs sont punis de cinq à dix ans de servitude pénale en temps de paix et, en temps de
guerre, de la peine de mort.

KALONJI KANYINDA Josué


Si la révolte a lieu en présence de l’ennemi ou d’une bande armée, la peine de mort sera encourue.**

Explication :
La portée de cette incrimination a évolué quant au nombre d'agents impliqués. En effet, sous le
décret du 22 décembre 1888, la révolte punissable était perpétrée par plus de trois militaires réunis,
c’est-à-dire au moins quatre militaires. Depuis l’ordonnance-loi n°72/060 du 25 septembre 1972,
le nombre minimum de militaires auteurs de la révolte a été réduit à trois.
Le législateur de la réforme n’a pas innové sur ce point, car il a maintenu cette option de son
prédécesseur, illustrant ainsi les préoccupations de maintien d’une discipline stricte au sein de
l’armée ou des services apparentés (police nationale ou service national).
Par ailleurs, selon la définition légale, l’incrimination de révolte militaire se matérialise par plusieurs
éléments essentiels et se trouve assortie des pénalités prévues par l’article 90 précité.

Infraction plurale, la révolte militaire ne peut être perpétrée que par au moins trois militaires ou
assimilés. Le législateur de la réforme étend le champ d’application de cette infraction aux assimilés,
c’est-à-dire aux membres de la police nationale ou du service national.
Il en résulte que deux militaires ou assimilés, ou encore deux agents (militaire et assimilé) qui
résistent à l’ordre d’un supérieur ne peuvent être poursuivis en vertu des articles 89 et 90 précités.
Échappent également à ces dispositions un groupe de quatre ou cinq individus qui résisteraient aux
ordres d’un chef militaire, même armés, si à l’intérieur de ce groupe se trouvent des civils.
En revanche, la révolte militaire sera retenue contre tous les militaires ou assimilés, au nombre de
trois au moins, qui seraient amenés à résister aux ordres de la hiérarchie militaire, sous l’influence
d’un gradé. Il a été jugé qu’un gradé qui, malgré l’ordre de son supérieur, refuse de faire demi-tour
et ordonne à ses hommes de rester en place, commet une infraction de provocation à la révolte et
engage ainsi sa responsabilité.

SOUS-CHAPITRE II : DE LA RÉBELLION
L’article 91 du CPM dispose :
« Constitue une rébellion toute attaque ou résistance avec violences et voies de fait commises par
un militaire ou un individu embarqué ou employé par le Ministère de la Défense envers les Forces
Armées ou les agents de l’autorité publique.
Si la rébellion a lieu sans arme, elle est punie de cinq à dix ans de servitude pénale.
Si la rébellion a lieu avec arme, la peine encourue est de dix à vingt ans de servitude pénale.
S’il en résulte des blessures ou la mort de l’autorité contre laquelle ils sont dirigés, les coupables
sont punis de servitude pénale à perpétuité ou de la peine de mort, selon le cas.**
L’article 92 du CPM dispose :
« Toute rébellion commise par des militaires ou par des individus désignés à l’article précédent,
armés et agissant au nombre de trois au moins, est punie de vingt ans de servitude pénale.

KALONJI KANYINDA Josué


La même peine est applicable, quel que soit le nombre d’auteurs de la rébellion, si l’un d’eux au
moins porte ostensiblement des armes.
Sont passibles de la servitude pénale à perpétuité les instigateurs ou chefs de rébellion et le militaire
le plus élevé en grade.
Si la rébellion a lieu en temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles, les coupables
sont punis de mort..

Explication :
La rébellion s’entend de toute attaque ou résistance empreinte de violence et de voies de fait
commises par un ou plusieurs militaires, ou par un ou plusieurs individus embarqués ou employés
par le Ministère de la Défense envers les Forces Armées ou les agents de l’autorité publique.
Il est précisé que la force armée ou les agents de l’autorité ne bénéficient de la protection légale que
si leur agression ou résistance violente est imposée dans l’accomplissement légitime de leur mission.
Cette rébellion peut se produire sans recours aux armes ou avec elles, indépendamment du nombre
d’infracteurs.
Nous allons examiner les articulations substantielles de cette définition avant d’aborder le régime
répressif.

SOUS-CHAPITRE III : DU REFUS D’OBÉIR


L’article 93 du CPM dispose :
« Quiconque, militaire ou civil, embarqué ou employé par le Ministère de la Défense, refuse d’obéir
aux ordres de son supérieur, ou s’abstient à dessein de les exécuter, ou, sauf cas de force majeure,
n’exécute pas l’ordre reçu, est puni de dix ans maximums de servitude pénale.
Cette peine peut être portée à la servitude pénale à perpétuité et même à la peine de mort, si cette
infraction a été commise en temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles. »
L’article 94 du CPM dispose :
« Est puni de mort quiconque, embarqué ou au service des Forces Armées, refuse d’obéir lorsqu’il
est commandé pour marcher contre l’ennemi ou pour tout autre service ordonné par son chef en
présence de l’ennemi ou d’une bande armée. »

SOUS-CHAPITRE IV : DES VOIES DE FAIT ET OUTRAGES ENVERS DES


SUPÉRIEURS
La discipline demeurant l’âme du métier d’armes, on ne peut tolérer de la part d’un subalterne une
attitude susceptible de souiller l’honneur de son supérieur, ni un acte attentatoire à son intégrité
physique. Adopter une telle attitude négative ou agressive envers son chef, c’est heurter de front la
loi, comme nous allons le voir dans les lignes ci-dessous, consacrées d’une part aux voies de fait
envers un supérieur (section I) et d’autre part aux outrages envers un supérieur (section II).

KALONJI KANYINDA Josué


Section I : Des voies de fait envers un supérieur
L’article 95 du CPM dispose :
« Quiconque, civil, militaire ou assimilé, embarqué ou au service des Forces Armées, exerce, pendant
le service ou à l’occasion du service, même hors du bord, des voies de fait envers un supérieur ou une
autorité qualifiée, est puni de cinq ans au maximum de servitude pénale.
Si le coupable est officier, la peine peut être portée à dix ans au maximum de servitude pénale et
même à la servitude pénale à perpétuité.

Il en est de même si les voies de fait ont été commises par un militaire porteur d’une arme. »

L’article 96 du CPM précise :


« Si les voies de fait n’ont pas été exercées pendant le service ou à l’occasion du service, elles sont
punies de six mois à deux ans de servitude pénale.
Si le coupable est officier, il est puni d’un à cinq ans de servitude pénale. »

Explication :
A. La loi précise que pour être punissables, ces voies de fait doivent être perpétrées : soit pendant
le service, soit à l’occasion du service, soit même hors du bord, soit en dehors du service.
B. Il est utile de noter que les voies de fait peuvent être exercées soit directement, soit
indirectement.
1. Les voies de fait exercées directement par l’agent.
L’auteur des voies de fait peut les matérialiser par la main, la tête ou les pieds. Cela inclut le fait
d’administrer une gifle, de saisir violemment ou de toucher un supérieur ou une autorité qualifiée,
de jeter sa victime contre un mur, un arbre, une table, de la heurter pour la faire tomber, de la
plonger dans l’eau, de la bousculer, etc. De même, il y a lieu de considérer le fait pour un
subordonné de lancer un coup de tête, de poing ou de pied, même sans atteindre matériellement le
supérieur, mais en le mettant dans un état de vive impression.
Ainsi, un agent, militaire ou assimilé, qui, en présence de son supérieur, taperait du poing sur le
bureau de ce dernier, ou qui se jetterait sur ledit bureau pour impressionner son supérieur, tombe
sous le coup de la loi, même sans volonté d’attenter physiquement à la personne de ce dernier.
En ce sens, la Cour Militaire du Sud-Kivu déclare coupable de tentative de voies de fait envers un
supérieur « le prévenu qui, reflétant une mine de colère, fournit un effort furieux pour se libérer
des obstacles et repartir en direction de son supérieur hiérarchique. Cette réaction, contraire à
l’attitude de discipline, prouve que le prévenu n’était pas animé de bonnes intentions, et qu’il
s’apprêtait à impressionner son supérieur, même sans contact matériel. »
2. Les voies de fait exercées indirectement par l’agent.

L’agent peut utiliser un objet pour commettre son acte. Il peut notamment jeter du sable, des
cailloux, de l’eau sale, des ordures sur un supérieur ou une autorité qualifiée. Il peut également se
servir d’une corde, d’un bâton, de menottes, etc. pour exercer des voies de fait, peu importe que la
qualité de la victime soit connue ou non, ou que l’objet ait atteint ou non la victime.
La préoccupation légale est de sauvegarder toute la considération due à un supérieur légitime au
sein de l’armée ou de la police nationale. La nature de la violence (physique ou morale) importe
peu, dès lors qu’elle est exercée délibérément par l’agent. À cet égard, la sagesse du juge de fond

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est sollicitée pour évaluer l’impact de l’acte répréhensible de l’agent sur l’honneur ou la dignité du
supérieur, ainsi que sur la consolidation de la discipline et du commandement.
Ainsi, l’option pour un délit manqué doit être écartée au profit d’une infraction consommée de «
voies de fait envers un supérieur » si l’agent lance un projectile ou un coup de pied simplement
pour impressionner son chef, sans intention d’attenter physiquement à sa personne.
Section II : Des outrages envers un supérieur

L’article 97 du CPM dispose :

« Quiconque, embarqué ou au service des Forces Armées, outrage son supérieur par paroles, écrits,
gestes ou menaces, est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale. Si le coupable est officier,
il peut en outre encourir la destitution. »
Explication :
Prévue également en droit commun, l’infraction d’outrage, organisée en droit pénal militaire, voit
son champ d’application réduit à une catégorie d’agents spécifiquement désignés par la loi. Ainsi,
le législateur protège strictement les personnes suivantes : les supérieurs militaires, connus ou non,
ainsi que d’autres supérieurs au service de l’armée, peu importe leur lieu de présence. La discipline
étant un impératif pour la survie d’une armée, nous considérons que tout outrage envers un chef
militaire, même s’il n’est pas physiquement présent, est punissable. En tant que « force de brèche »
des hommes sous le drapeau, son ombre plane partout et le respect doit lui être réservé à tout
moment.
Procédés de réalisation des outrages :
Le législateur précise que les outrages se commettent par paroles, écrits, gestes ou menaces.
1. Les outrages par paroles.

L’agent exprime verbalement une pensée injurieuse ou offensante à l’égard d’un supérieur, peu
importe qu’il soit connu ou non, présent ou éloigné.

2. Les outrages par écrits.


L’expression offensante, méprisante, diffamatoire, d’imputations dommageables, peut se
manifester par écrit, à travers une correspondance, un rapport, un télégramme, un fax, un croquis,
une affiche électronique, etc.
3. Les outrages par gestes.
Le geste s’entend de tout mouvement du corps, principalement des bras, des mains, ou de la tête,
révélant un état psychologique ou visant à exprimer une opinion, généralement négative ou
offensante envers un supérieur. L’outrage peut ainsi se matérialiser par l’imitation de la démarche
d’un supérieur souffrant ou en indiquant que sa tête est grosse.
4. Les outrages par menaces.

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La loi ne définit pas le concept de « menace », mais se réfère à une manifestation marquant à
quelqu’un sa colère, avec l’intention de lui faire craindre le mal qu’on lui prépare.

SOUS-CHAPITRE V : DES VIOLENCES OU INSULTES À LA SENTINELLE


Explication :
La protection légale ne se limite pas aux seules autorités militaires, mais s’étend également aux
hommes de rang, car, en tant que personnes humaines, ils ont droit à la considération, au respect,
et à la sauvegarde de leur intégrité physique, en particulier dans l’accomplissement de leur devoir
militaire. C’est pourquoi la sentinelle est légalement protégée contre les violences de toute nature
et contre toute insulte, quelle qu’en soit l’origine.

Cependant, le législateur ne précise pas la signification du terme « sentinelle ». Ainsi, il peut désigner
dans un sens large « tout soldat chargé d’exercer une surveillance ou de veiller à l’exécution d’une
consigne ». La sentinelle est un observateur avancé, chargé de certains contrôles, visant notamment
à assurer la sûreté de son unité en situation statique (bivouac, position défensive, stationnement).
Cela peut inclure un individu ou un groupe d’hommes détachés de l’unité, maintenant la liaison par
la voix, par la vue, par téléphone, ou par radio. Cette mission délicate doit être accomplie avec
sérénité et suffisamment de ressources morales ; la protection légale apparaît donc comme un gage
précieux de l’exécution efficace de cette tâche.

Ainsi, deux volets essentiels constitueront la substance de cette étude : d’une part, les violences
envers la sentinelle (section I) et d’autre part, les insultes envers la sentinelle (section II).
Section I : Des violences envers la sentinelle
L’article 101 du CPM dispose :

« Quiconque, civil ou militaire, se rend coupable de violence contre une sentinelle est puni de dix
mois à cinq ans de servitude pénale.

La peine peut être portée à dix ans de servitude pénale si les violences ont été commises par
plusieurs personnes.

La peine encourue peut être portée à vingt ans de servitude pénale et même à la servitude pénale à
perpétuité si les violences ont été commises à main armée par une ou plusieurs personnes.
Les violences à sentinelle commises en temps de guerre, dans une région où l’état de siège ou
d’urgence est proclamé, ou lors d’une opération de police tendant au maintien ou au rétablissement
de l’ordre public, ou en présence de l’ennemi ou d’une bande armée, sont punies de mort. »
Explication :
Le champ d’application de cette infraction n’est assorti d’aucune limite légale quant à la qualité de
l’auteur. Le législateur l’étend indistinctement à tout individu, militaire ou civil, de quelque
nationalité que ce soit. Cette option légale révèle l’importance accordée à la mission que la sentinelle
assume, tant en temps de paix qu’en toute situation exceptionnelle.

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Avant d’évoquer les différentes pénalités rattachées à ce délit, il est important d’en analyser les
éléments essentiels.
Section II : De l’insulte à la sentinelle
L’article 102 du CPM dispose :

« Quiconque, civil ou militaire, embarqué ou au service des Forces Armées, insulte une sentinelle
par paroles, écrits, gestes ou menaces, est puni de deux mois à deux ans de servitude pénale. »

SOUS-CHAPITRE VI : DES VIOLENCES ENVERS LES POPULATIONS CIVILES


L’article 103 du CPM dispose :

« Tout militaire ou assimilé qui se rend coupable de violences ou de sévices graves à l’endroit des
populations civiles, en temps de guerre ou pendant des circonstances exceptionnelles, est puni de
mort. »
L’article 104 du CPM ajoute :

« Tout militaire ou assimilé qui se rend coupable d’acte arbitraire ou attentatoire aux droits et
libertés garantis aux particuliers par la loi à l’encontre d’une personne civile sera puni de quatre ans
de servitude pénale.

Si le fait est constitutif d’une infraction punie par des peines plus fortes, le coupable sera puni selon
ces peines. »

Dès à présent, observons que si l’actuel article 103 du CPM est une émanation de l’article 472 de
l’ancien code de justice militaire, l’innovation légale porte plutôt sur l’article 104, qui consacre
désormais en droit pénal militaire l’infraction « d’atteintes portées par les militaires ou assimilés aux
droits et libertés garantis aux particuliers », déjà organisée en droit commun par l’article 180 du
CPO L II 679. Par cette innovation, le législateur entend protéger, non sans difficulté, la personne
civile contre tout acte, même apparemment minime, mais entaché d’un caractère arbitraire ou
attentatoire aux droits et libertés garantis aux « faibles » ou aux « vulnérables », et perpétré
spécialement par les membres de l’armée, de la police nationale ou du service national (bâtisseurs
de la nation). Cette évolution positive du législateur procède à la fois de sa réelle volonté de se
conformer à l’ordre juridique international, et plus particulièrement aux normes du droit
international humanitaire, ainsi que d’un judicieux raisonnement de réalisme face aux rapports
souvent orageux entre les hommes en uniforme et leurs compatriotes civils. Cette loi est destinée
indistinctement à tout fonctionnaire public, y compris le militaire ou son assimilé. Avec
l’organisation de cette infraction spéciale, les militaires et assimilés seront désormais jugés sur la
base de l’article 104 du CPM en vertu de l’adage « specialia generalibus derogant ».

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SOUS-CHAPITRE VII : DE LA TORTURE
La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
entrée en vigueur le 26 juin 1987 conformément aux prescrits de son article 17, a bénéficié de
l’adhésion de la [Link] par l’ordonnance-loi n° 89-04 du 17 février 1989. Étant donné que le
pays relève de la famille moniste, l’intégralité de cet instrument juridique enrichit dès lors le droit
positif congolais. Cependant, cette Convention étant dépourvue de sanctions, elle prescrit en son
article 4 que : « Tout État partie veille à ce que tous les actes de torture constituent des infractions
au regard de son droit pénal. Il en est de même de la tentative de pratiquer la torture ou de tout
acte commis par n’importe quelle personne qui constitue une complicité ou une participation à
l’acte de torture. Tout État partie rend ces infractions passibles de peines appropriées qui prennent
en considération leur gravité. »

SOUS-CHAPITRE VIII : DU REFUS D’UN SERVICE LÉGAL


Section I : Du refus d’exécuter une réquisition de l’autorité civile.
L’article 105 du CPM dispose : « Tout commandant d’unité qui, régulièrement saisi d’une
réquisition légale de l’autorité civile, a refusé ou s’est abstenu de faire agir les forces de l’ordre est
puni de six mois à deux ans de servitude pénale. »

Explication :
L’autorité politico-administrative veille impérativement au maintien ou au rétablissement de l’ordre,
soit au niveau national, soit dans son ressort administratif territorialement déterminé. À cet effet,
elle dispose des forces de l’ordre sur l’étendue du territoire national ou dans les limites de son
ressort administratif.

Au niveau national, on peut citer notamment :


Le Ministre de la Défense Nationale, qui peut réquisitionner toutes les forces de l’ordre, c’est-à-
dire de l’armée, de la police ou du service national ;
Le Ministre des Affaires Intérieures, qui a en charge le maintien de l’ordre public et qui réquisitionne
généralement les forces de la police nationale, relevant de son autorité ;
Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, qui peut réquisitionner toutes les forces de l’ordre
pour le compte des juridictions de droit commun.
Au niveau provincial, le Gouverneur de province, le Commissaire de district, le Maire de la ville, le
Bourgmestre, l’Administrateur du territoire, le Chef de secteur ou le Chef de cité peuvent aussi
mettre à contribution les forces de l’ordre lorsque les nécessités de l’ordre public l’exigent.

La durée de la réquisition :
Les effets de la réquisition cessent lorsque l’autorité requérante signifie par écrit ou verbalement la
levée de la réquisition au commandant chargé de son exécution. La durée de la réquisition est

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fonction des circonstances ayant nécessité son établissement. Elle commence par l’acte de l’autorité
légitime et cesse, parallélisme de forme oblige, par l’acte contraire de la même autorité.

Section II : Du refus de siéger aux audiences des juridictions militaires.


L’article 106 du CPM dispose : « Tout militaire ou assimilé qui refuse ou qui, sans excuse légitime,
s’abstient de se rendre aux audiences des juridictions militaires où il est appelé à siéger, est puni de
deux mois à un an de servitude pénale. En cas de refus, si le coupable est désigné pour présider la
juridiction, il peut, en outre, être puni de destitution ou de privation de grade. »

Explication :
Il est incontestable que l’action de la justice militaire doit respecter les exigences de célérité et
d’exemplarité, lesquelles ne peuvent être gênées par de simples caprices ou autres humeurs
négatives d’un individu. Toute absence injustifiée dans la composition d’une juridiction militaire
par un agent régulièrement notifié de la tenue de l’audience publique l’expose à des sanctions
pénales. Selon les prescrits légaux, « sauf cas de force majeure, les devoirs de fonction judiciaire
priment les autres services militaires ».

L’article 189 du Code Judiciaire Militaire dispose : « Toute autorité civile ou militaire, ou tout agent
de la force publique, qui refuse d’exécuter un mandat d’amener ou s’abstient à dessein de l’exécuter,
est puni de trois à six mois de servitude pénale et d’une amende qui ne dépassera pas 2000 Francs
Congolais constants, ou d’une de ces peines seulement. En temps de guerre ou pendant des
circonstances exceptionnelles, la peine peut être portée à trois ans de servitude pénale au maximum,
et à une amende qui ne dépassera pas 10.000 Francs Congolais constants, ou d’une de ces peines
seulement. »

Explication :
Cette situation est couramment observée dans la société congolaise, où la solidarité négative avec
la personne incriminée découle soit d’un manque de collaboration avec les instances judiciaires,
soit du mépris de celles-ci, soit de l’ignorance de la loi, etc. La fréquence de cette délinquance a, à
notre sens, déterminé le législateur à réformer et à aggraver les pénalités.

CHAPITRE II : DES ABUS D’AUTORITÉ


Le législateur n’a pu circonscrire les contours de l’expression « abus d’autorité ». Nous pouvons
cependant affirmer qu’il entend contenir tous les écarts de comportements ou les élans
d’extravagance pouvant affecter les dépositaires de l’autorité publique à travers un exercice excessif
du droit de commandement, du pouvoir légitime ou non d’imposer à leurs subalternes une
obéissance passive et nuisible. Ces derniers, à l’instar de tous les humains, doivent bénéficier de la
protection de leurs droits et libertés fondamentaux, consacrés tant par les instruments juridiques
internationaux que par l’ordre juridique interne.

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Dans ce même ordre d’idées, le législateur s’emploie à veiller au caractère sacré de la propriété
privée, à laquelle les détenteurs de la puissance publique, fussent-ils militaires ou assimilés, ne
peuvent porter atteinte sans motif légitime, en recourant aux réquisitions iniques ou aux
détournements des biens placés sous la main de la justice.

SOUS-CHAPITRE I : DES VOIES DE FAIT ET OUTRAGE À SUBORDONNÉ


Section I : Des voies de fait commises sur un subordonné.
L’article 107 du CPM dispose : « Est puni de deux ans de servitude pénale, tout militaire ou assimilé
qui, or le cas de légitime défense de soi-même ou d’autrui, exerce des violences sur un subordonné.
Toutefois, il n’y a pas d’infraction si les violences ont été commises pour rallier des fuyards en
présence de l’ennemi ou d’une bande armée, ou pour arrêter le pillage, la dévastation, la destruction,
ou le désordre grave. Si, par les circonstances dans lesquelles elles ont été commises ou par leurs
conséquences, les violences constituent une infraction sévèrement réprimée par le Code Pénal
Ordinaire, elles sont punies des peines prévues par le présent Code. Sans préjudice des peines plus
fortes visées à l’alinéa précédent, est puni de deux ans de servitude pénale, tout acte arbitraire ou
attentatoire aux libertés et aux droits garantis aux militaires par les lois, décrets, arrêtés ou autres
actes réglementaires, ordonné ou exécuté par un supérieur ou un officier investi d’un
commandement. »

Section II : Des outrages à un subordonné.


L’article 108 du CPM dispose : « Tout militaire ou assimilé qui, pendant le service ou à l’occasion
du service, par paroles, gestes, menaces ou écrits, outrage un subordonné gravement et sans y avoir
été provoqué, est puni de quinze jours à un an de servitude pénale. Si l’infraction n’a pas été
commise pendant le service ou à l’occasion du service, la peine est de six mois de servitude pénale.
»

SOUS-CHAPITRE II : DES ABUS DU DROIT DE RÉQUISITION


L’article 110 du CPM dispose : « Quiconque, au service des Forces Armées, abuse des pouvoirs qui
lui sont conférés en matière de réquisition ou refuse de donner reçu des quantités fournies, est puni
de deux mois à deux ans de servitude pénale. Quiconque, au service des Forces Armées, exerce
une réquisition sans avoir la qualité, est puni, si cette réquisition est faite sans violence, d’un à trois
ans de servitude pénale. Si la réquisition est exercée avec violence, il est puni de trois à cinq ans de
servitude pénale. Sans préjudice des peines prévues ci-dessus, le coupable est en outre condamné
à la restitution. »

Explication :
En droit positif congolais, la réquisition militaire s’entend de tout acte de la puissance publique
consistant en la mainmise par l’autorité, indépendamment du consentement du propriétaire quant
à la délivrance et au prix de l’objet, sur les choses jugées nécessaires aux besoins de l’armée.
Rappelons que depuis août 2011, la loi définit « la réquisition comme un procédé permettant à

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l’administration de contraindre les particuliers à lui accorder des services ou l’usage des biens
meubles ou immeubles, dans les hypothèses énumérées par les textes légaux. »

SOUS-CHAPITRE III : DU DÉTOURNEMENT D’OBJETS SAISIS, MIS SOUS


SÉQUESTRE OU CONFISQUÉS.
L’article 111 du CPM dispose : « Quiconque détourne les objets saisis, mis sous séquestre ou
confisqués est puni d’une peine de cinq à dix ans de servitude pénale. Lorsque le détournement est
commis par le saisi, constitué gardien en vertu d’un procès-verbal, la peine est de deux à cinq ans
de servitude pénale. » En outre, aux termes de l’article 132 du même Code, il est prescrit : « L’officier
du Ministère Public ou le membre de la Commission des biens séquestrés qui utilise ou détourne
les objets saisis, mis sous séquestre ou confisqués est puni d’une peine de cinq à dix ans de servitude
pénale. Si les faits sont commis en temps de guerre ou sur une partie du territoire où l’état de siège
ou d’urgence a été décrété, la peine de mort est encourue. »

Explication :
Il convient de noter que l’on ne peut en rien énerver l’orthodoxie légale en fusionnant ces deux
textes légaux et les ramener à une disposition unique. À notre humble avis, la qualité d’Officier du
Ministère Public ou de membre de la Commission des biens séquestrés peut constituer simplement
une circonstance aggravante légale, à l’instar du temps de guerre, ou de la portion territoriale
soumise à l’état de siège ou d’urgence. Dès lors, le second alinéa de l’article 132 s’intégrerait
aisément au titre de troisième alinéa de l’article 111. Par l’organisation de cette incrimination en
droit militaire, le législateur souscrit à une option globale de renforcement du « code de bonne
conduite » devant être observé par l’autorité judiciaire visée, ainsi que par tout membre de la
Commission des biens saisis, mis sous séquestre ou confisqués.

SOUS-CHAPITRE IV : DE LA CONSTITUTION ILLEGALE D’UNE JURIDICTION


RÉPRESSIVE
L’article 112 du CPM dispose :
« Tout militaire ou assimilé qui, hors le cas prévu par le présent Code, établit et maintient une
juridiction répressive, est puni de dix à vingt ans de servitude pénale, sans préjudice des peines plus
fortes pouvant être encourues du fait de l’exécution des sentences prononcées. »

SOUS-TITRE IV : DES INFRACTIONS AUX CONSIGNES


En droit positif congolais, la notion de « consigne », initialement forgée par la jurisprudence, revêtait
une portée restrictive, celle d’une injonction spéciale et formelle donnée à un militaire déterminé.
À l’époque, l’on ne pouvait parler d’une consigne générale ni permanente dont l’existence précède
même l’engagement de l’agent sous le drapeau. Mais de nos jours, la loi dégage une conception
extensive de ce vocable, perçu désormais non seulement comme l’ensemble de mesures
prohibitives et d’interdictions, mais encore comme toutes les instructions formelles données aux
membres des forces armées ou des corps assimilés par une autorité militaire ou son assimilé dans

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l’intérêt du service. Le fondement de cette approche demeure, à notre sens, le renforcement de la
discipline au sein de l’armée (ou corps assimilés) : ce service commandé dont l’efficacité doit être
entretenue sans relâche dans l’intérêt supérieur de la nation.

CHAPITRE I : DE LA VIOLATION DES CONSIGNES


L’article 113 du CPM dispose :
« Par consigne, il faut entendre notamment toutes mesures prohibitives, interdictions, instructions
formelles données aux membres des Forces Armées ou corps assimilés. Quiconque, au service des
Forces Armées, de la Police Nationale et du Service National, viole une consigne générale donnée
à la troupe ou une consigne qu’il a personnellement reçu mission de faire exécuter, ou force une
consigne donnée à un militaire, est puni de trois à dix ans de servitude pénale. L’instigateur sera
puni de quinze ans de servitude pénale. La peine de mort pourra être prononcée lorsque la violation
de la consigne a été commise en présence de l’ennemi ou d’une bande armée, en temps de guerre
ou durant des circonstances exceptionnelles, ou lorsque la sécurité d’un établissement militaire,
d’une formation, d’un aéronef ou d’un navire militaire est menacée. »

Et l’article 195 de ce même Code se rapproche de cette disposition en stipulant :


« Est passible des peines prévues pour violation des consignes, tout militaire ou tout individu qui,
dans une installation militaire ou assimilée, se rend coupable de culture, de détention, de trafic ou
de commercialisation de la drogue, du chanvre à fumer, des stupéfiants ou d’autres substances
narcotiques. »

Explication
Par rapport à l’article 113 du CPM, la loi vise aussi bien le non-respect ou l’inexécution d’une
consigne reçue que le fait de forcer une consigne donnée à un militaire (ou assimilé), pourvu qu’elle
soit explicite, claire et justifiée par l’intérêt du service. Il s’agit d’un acte positif perpétré par un
agent « indiscipliné », au mépris des impératifs du bon fonctionnement de l’armée ou des corps
assimilés. En revanche, une consigne dictée par l’intérêt personnel d’un chef militaire n’est pas
protégée par cette loi, et son inexécution par l’agent ne l’expose à aucune responsabilité pénale. Tel
serait le cas d’une autorité militaire qui interdit aux éléments de son unité de consommer les fruits
d’un arbre planté dans l’enceinte même des bureaux, au motif qu’elle en est devenue propriétaire.
La violation d’une telle consigne, générée par les humeurs conjoncturelles de l’autorité militaire, ne
peut engager la responsabilité pénale de l’agent « indiscipliné ».

CHAPITRE II : DU NON-ACCOMPLISSEMENT D’UNE MISSION RELATIVE AUX


OPÉRATIONS DE GUERRE
L’article 114 du CPM dispose :
« En temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence est proclamé, est puni de
mort tout commandant d’une unité ou formation, d’un navire de la force navale militaire, assimilé
ou d’un aéronef militaire ou assimilé, tout militaire, tout individu au service des Forces Armées qui,

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volontairement, n’a pas rempli la mission dont il a été chargé, lorsque cette mission était relative
aux opérations de guerre. »

Et l’article 115 du CPM précise :


« Si la mission a été manquée par négligence, ou si le coupable s’est laissé surprendre par l’ennemi,
ou, du fait de sa négligence, s’est séparé de son chef en présence de l’ennemi ou a été la cause de la
prise par l’ennemi d’un navire ou aéronef militaire placé sous ses ordres ou à bord duquel il se
trouvait, il est puni de cinq à dix ans de servitude pénale. Si le coupable est officier, il est en outre
puni de destitution. »

Explication
Les opérations de guerre s’entendent notamment d’un ensemble de mouvements ou expéditions,
de manœuvres militaires visant aux préparatifs d’une guerre ou à la conduite de celle-ci, c’est-à-dire
aux combats proprement dits. Il faudrait ainsi que l’agent soit chargé de remplir cette mission
spécifique, c’est-à-dire cette tâche inhérente aux dites opérations. Tel serait le cas de
l’acheminement d’un armement d’appui dans une zone de combats ou sur une région où l’état de
siège ou d’urgence est proclamé. Il en est de même d’un voyage à l’extérieur du pays dont l’objet
consiste à acheter des vivres pour les troupes au front sur le territoire national.

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CHAPITRE III : DE L’ABANDON DE POSTE
SOUS-CHAPITRE I : DE L’ABANDON DE POSTE EN TEMPS DE PAIX, ET EN
PRÉSENCE DE L’ENNEMI OU DE LA BANDE ARMÉE
L’article 116 du CPM dispose :
« Tout militaire ou assimilé qui, en temps de paix, abandonne son poste, est puni de six mois à cinq
ans de servitude pénale. Par poste, il faut entendre l’endroit où le militaire doit se trouver à un
moment donné pour l’accomplissement de la mission reçue de ses chefs. En temps de guerre ou
pendant les situations exceptionnelles, la peine prévue ci-dessus peut être portée à la servitude
pénale à perpétuité et même à la peine de mort. »

Et l’article 121 du même texte dispose :


« Tout militaire ou assimilé qui abandonne son poste en présence de l’ennemi ou de la bande armée
est puni de mort. Est considéré comme ayant abandonné son poste en présence de l’ennemi ou de
la bande armée, tout commandant de l’unité ou de formation, d’un navire ou aéronef militaire ou
assimilé qui, volontairement, en temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence
est proclamé, ou à l’occasion d’une opération de police tendant au maintien ou au rétablissement
de l’ordre public, ne maintient pas au combat son unité ou formation, son navire ou aéronef, ou se
sépare volontairement de son chef en présence de l’ennemi ou de la bande armée. Est également
puni de la peine de mort, quiconque, embarqué ou au service des forces armées, provoque
volontairement l’un des manquements prévus à l’alinéa précédent. »

Explication
Malgré la différence des contextes, les actes mis en exergue sont consacrés à une même matière :
l’abandon de poste. C’est pourquoi une approche réaliste nous permet de procéder à une analyse
comparative de ces deux dispositions légales, en regroupant les éléments constitutifs communs
d’une part, et d’épingler les éléments particuliers à chaque cas d’autre part.

L’acte interdit par la loi n’est autre que l’abandon de poste. Et par poste, dit le législateur, il faut
entendre l’endroit où le militaire doit se trouver à un moment donné pour l’accomplissement de la
mission reçue de ses chefs. L’abandon de poste indique donc que l’agent quitte son lieu de service
sans l’autorisation (ou à l’insu) de ses supérieurs hiérarchiques. Tel serait le cas d’un soldat qui,
s’estimant privé de la joie du mariage, quitte l’état-major de son bataillon où il était de piquet pour
rejoindre le toit conjugal, avant le terme prescrit par sa hiérarchie superbement ignorée pour la
circonstance. Il en serait de même pour un caporal de poste qui, profitant du déplacement de son
chef de poste appelé en consultation par l’autorité militaire, disparaît à son tour d’une position
défensive pour « aller prendre de l’air ».

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE II : DE L’ABANDON DE POSTE DE GARDE ET DE LA VIOLATION
DES CONSIGNES DE GARDE
L’article 117 du CPM dispose :
« Tout militaire ou assimilé qui, étant de faction, en temps de paix, abandonne son poste ou viole
sa consigne, est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale. Si, bien qu’à son poste, le militaire
est trouvé endormi, il est puni de six mois à trois ans de servitude pénale. En temps de guerre, sous
l’état de siège ou d’urgence, ou à l’occasion d’une opération de police tendant au maintien ou au
rétablissement de l’ordre public, la peine encourue est la servitude pénale à perpétuité ou la peine
de mort. »

Explication
Le législateur interdit justement le fait d’abandonner son poste de garde : cela se matérialise par
l’attitude d’un soldat qui quitte un secteur de surveillance qui lui était délimité, sans autorisation de
ses chefs hiérarchiques.

KALONJI KANYINDA Josué


CHAPITRE IV : DE L’ABANDON D’UN NAVIRE OU D’UN AÉRONEF MILITAIRE OU
ASSIMILÉ
SOUS-CHAPITRE II : DE L’ABANDON D’UN NAVIRE OU AÉRONEF MILITAIRE OU
ASSIMILÉ
L’article 118 du CPM dispose :
« Quiconque, embarqué dans un navire ou aéronef militaire ou assimilé, l’abandonne, lorsque celui-
ci est en danger, sans ordre ou en violation des consignes reçues, est puni d’un à cinq ans de
servitude pénale. S’il est membre de l’équipage, la peine est de cinq ans de servitude pénale. Si le
coupable est officier, il est en outre puni de la destitution. »
L’article 119 du CPM dispose :
« Tout pilote d’un navire ou d’un aéronef militaire coupable d’avoir abandonné le navire ou
l’aéronef qu’il était chargé de conduire, est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale. Si
l’abandon a lieu en présence de l’ennemi ou en cas de danger imminent, la peine de mort est
encourue. »
L’article 120 du même Code dispose :
« Est puni de mort tout commandant de navire ou tout pilote d’aéronef militaire en vol qui,
volontairement et en violation des consignes reçues, en cas de perte du navire ou de l’aéronef, ne
l’abandonne pas le dernier. Est puni de la même peine le commandant non pilote d’un aéronef
militaire qui, dans les mêmes conditions, abandonne son aéronef avant l’évacuation des autres
personnes embarquées, hormis le pilote. »
Explication
À travers ces trois dispositions légales, l’on interdit l’abandon d’un navire ou aéronef militaire, soit
en cas de péril, soit avant que sa perte soit totalement consommée. Toutefois, les procédés de
réalisation de cet acte répréhensible diffèrent d’une hypothèse à l’autre.
Pour l’article 118, l’abandon du navire ou de l’aéronef militaire doit être perpétré sans ordre et en
violation des consignes reçues de ses chefs hiérarchiques pour la sauvegarde de l’engin et dans
l’intérêt du service. À contrario, est exonéré de toute responsabilité pénale, l’agent embarqué qui
quitte l’un de ces engins par suite d’un ordre ou en exécution d’une consigne de l’autorité militaire
compétente.
Pour l’article 119, l’abandon d’un navire ou d’un aéronef militaire ne peut être punissable que
lorsque le pilote est chargé de conduire l’un ou l’autre engin, c’est-à-dire de naviguer avec le navire
ou de voler avec l’aéronef militaire. En dehors de cette circonstance, le pilote échappe à cette loi.
Nous sommes d’avis que cet acte peut être matérialisé dès l’instant où l’autorité compétente désigne
ledit pilote pour conduire l’engin ; en d’autres termes, il n’est pas forcément exigé que l’engin soit
en marche ou qu’il ait déjà volé.
L’abandon d’un navire ou d’un aéronef militaire n’est punissable que si l’agent, commandant du
navire ou pilote de l’aéronef, quitte l’engin avant le dernier individu embarqué. S’il est simplement
commandant de l’aéronef sans être pilote, son acte est punissable s’il évacue l’engin avant toute
autre personne embarquée, hormis le pilote : il doit donc être l’avant-dernière personne à quitter
l’appareil (avant le pilote) pour échapper à la rigueur légale.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE III : DE L’ABANDON D’UN NAVIRE DE COMMERCE OU D’UN
AÉRONEF CONVOYÉ OU RÉQUISITIONNÉ
L’article 122 du CPM dispose :
« Tout commandant d’un navire de commerce ou d’un aéronef convoyé ou réquisitionné et qui, en
temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence est proclamé, ou à l’occasion
d’une opération de police tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public, abandonne
volontairement le convoi dont il fait partie ou désobéit aux ordres, est puni de dix à vingt ans de
servitude pénale. »

Explication
Loin de nous l’idée de verser dans les redites intempestives, il sied de retenir que l’on parle de «
navire ou aéronef de commerce » pour désigner tout simplement l’engin naviguant ou volant
destiné aux opérations d’achat et de vente de biens licites.

De plus, le législateur exige que ces engins de commerce soient « convoyés ou réquisitionnés ». Ils
sont « convoyés » lorsqu’ils sont escortés, c’est-à-dire accompagnés par des militaires ou assimilés
désignés par l’autorité compétente, chargés d’assurer leur sécurité lors d’une opération militaire.
Ces appareils sont « réquisitionnés », rappelons-le, lorsqu’ils sont mis à la disposition de l’autorité
légitime par suite d’un acte régulier pour cause d’utilité publique, et moyennant indemnité. Comme
on le sait, les pouvoirs de réquisition sont abondamment exercés en circonstances de crise, donc
en circonstances exceptionnelles.

L’acte incriminé
Il est reproché au commandant l’abandon du navire ou de l’aéronef de commerce convoyé ou
réquisitionné, ou encore la désobéissance aux ordres portant sur l’un ou l’autre de ces engins. Tous
les développements consacrés précédemment à l’acte d’abandon de navire ou d’aéronef, prévu aux
articles 118 et suivants, demeurent valables dans cette hypothèse également. Néanmoins,
concernant la désobéissance aux ordres relatifs aux engins visés par cette loi, elle a une portée très
restreinte. Les ordres de l’autorité consistent particulièrement à assurer la sécurité de ces appareils
jusqu’à leur destination.

KALONJI KANYINDA Josué


CHAPITRE V : DE LA NON-ASSISTANCE À UN NAVIRE MILITAIRE OU ASSIMILÉ EN
DÉTRESSE
L’article 123 du CPM dispose :
« Est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale, pour abstention coupable, tout commandant
de navire, d’unité ou formation militaire ou assimilée qui, sans motifs légitimes, refuse de porter
assistance à un autre navire en détresse. »
En outre, l’article 124 du CPM dispose :
« Est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale, tout capitaine d’un navire de commerce
national qui refuse de porter assistance à un navire militaire ou assimilé en détresse. »

CHAPITRES VI : DE L’OMISSION DE PRÉVENTION OU D’AVERTISSEMENT D’UN


ÉVÉNEMENT OU FAIT PRÉOCCUPANT, D’UN DANGER MILITAIRE OU PROJET
CRIMINEL
L’article 125 du CPM dispose :
« Quiconque, en temps d’appel à la mobilisation générale ou de guerre, aura omis de prévenir ou
d’avertir son chef, le supérieur ou le commandant militaire d’un événement ou d’un fait connu de
lui exigeant que des mesures militaires soient prises, sera puni de deux à cinq ans de servitude
pénale. Les mêmes peines sont applicables en cas de défaut d’avertissement d’un danger militaire
ou d’un projet de trahison, d’espionnage, de mutinerie ou de désertion. »

TROISIÈME TITRE : DES ATTEINTES CONTRE LES INTÉRÊTS FONDAMENTAUX


DE LA NATION
Aux termes de l’article 126 du CPM, l’expression « intérêts fondamentaux de la Nation » désigne :
son indépendance, l’intégrité de son territoire, sa sécurité, la forme républicaine de ses institutions,
les moyens de sa défense et de sa diplomatie, la sauvegarde de sa population, même à l’étranger,
l’équilibre de son milieu naturel et de son environnement, ainsi que les éléments essentiels de son
potentiel scientifique, économique et de son patrimoine culturel. Dans une énumération améliorée,
le législateur reprend, au nombre des intérêts fondamentaux de la nation, notamment :
 Indépendance ;
 Intégrité du territoire et sécurité ;
 Forme républicaine des institutions ;
 Moyens de défense et de diplomatie ;
 Protection de la population, même à l’étranger ;
 Équilibre du milieu naturel et de l’environnement ;
 Potentiel scientifique, économique, artistique et patrimoine culturel ;
 Développement durable.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-TITRE I : DE LA TRAHISON ET DE L’ESPIONNAGE
L’article 127 du CPM précise que « sans préjudice des dispositions des articles 181 à 186 du Code
Pénal Ordinaire Livre II, en temps de guerre, la trahison et l’espionnage sont punis conformément
aux dispositions du présent Code. »

Explication
En droit commun, le législateur congolais consacre une quarantaine de dispositions aux atteintes à
la sûreté de l’État, dont douze exclusivement aux atteintes à la sûreté extérieure et vingt-quatre
réglementant uniquement les atteintes à la sûreté intérieure. Dans ce dernier éventail d’articles,
quatre (181, 182, 183 et 184) portent sur la trahison et deux (185 et 186) portent sur l’espionnage.
C’est à juste titre qu’après la réforme intervenue le 18 novembre 2002, le législateur détermine le
contexte temporel d’application de nouvelles dispositions du Code Pénal Militaire, dont la
rédaction se rapproche dans une certaine mesure de certains alinéas des articles 182 à 185 du Code
Pénal Ordinaire Livre II. En clair, la trahison et l’espionnage sont, en droit pénal militaire, des
incriminations qui ne peuvent être réprimées qu’en temps de guerre. En temps de paix et dans
d’autres circonstances exceptionnelles (état de siège ou d’urgence, opération de police tendant au
maintien ou au rétablissement de la paix), ce sont les dispositions consacrées à ces délinquances en
droit commun qui s’appliquent, et l’auteur de tels actes sera conduit devant son juge naturel, en
fonction de sa qualité (militaire ou civil).

Ainsi, l’article 128 du CPM dispose :


« En temps de guerre, tout Congolais qui se rend coupable de trahison est puni de mort. Par
trahison, il faut entendre :
✓ le fait de livrer à une puissance étrangère, à une organisation étrangère ou sous contrôle
étranger, ou à leurs agents, soit des troupes appartenant aux Forces Armées Congolaises,
soit tout ou partie du territoire national ;
✓ le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère
ou sous contrôle étranger, ou à leurs agents, des matériels, constructions, équipements,
installations, appareils ou autres matériels affectés à la défense nationale ;
✓ le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou
une organisation étrangère ou sous contrôle étranger, ou avec leurs agents, en vue de
susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la République ;
✓ le fait de fournir à une puissance étrangère, une entreprise ou à une organisation étrangère
ou sous contrôle étranger, ou à leurs agents, les moyens d’entreprendre des hostilités ou
d’accomplir des actes d’agression contre la République ;
✓ le fait de livrer ou de rendre accessibles à une puissance étrangère, à une entreprise ou
organisation étrangère ou sous contrôle étranger, ou à leurs agents, des renseignements,
procédés, objets, documents, données informatisées ou fichiers dont l’exploitation, la
divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la
Nation. »

Et l’article 129 du même Code dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Est coupable d’espionnage et puni de mort, tout étranger auteur des actes énumérés à l’article ci-
dessus. »

C’est ce qui semble ressortir de l’article 131 du CPM, qui stipule :


« En cas de condamnation pour les infractions prévues aux articles 129 et 130 du présent Code, la
juridiction militaire saisie est tenue de prononcer d’office les dommages-intérêts en faveur de l’État
congolais pour le préjudice subi. Le montant des dommages-intérêts est récupéré au profit du
Trésor Public par la Commission de gestion des biens séquestrés sur la valeur des biens du
condamné. »
SOUS-TITRE II : DES AUTRES ATTEINTES À LA DÉFENSE NATIONALE
Le législateur congolais définit la défense nationale comme « l’ensemble des moyens militaires et
non militaires ayant pour objet d’assurer la protection et la sauvegarde des intérêts fondamentaux
de la nation, en toute circonstance et contre toutes les formes d’agression et de menace ».

CHAPITRE I : DU SABOTAGE
L’article 133 du CPM dispose :
« Est puni de vingt ans de servitude pénale quiconque sera coupable de sabotage. Par sabotage, il
faut entendre le fait de détruire, de détériorer ou de détourner tout document, matériel,
construction, équipement, installation, appareil, dispositif technique ou appareil de traitement
automatisé d’informations, ou d’y apporter des malfaçons, lorsque ce fait est de nature à porter
atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Lorsqu’il est commis dans le but de servir les
intérêts d’une puissance étrangère, d’une entreprise ou d’une organisation étrangère ou sous
contrôle étranger, le sabotage est puni de mort. »

Il convient de rappeler l’article 202 du CPM, qui organise ces actes de sabotage portant sur les
effets destinés aux opérations. Il a une application limitée à cet égard, alors que le sabotage dont il
est question ici s’applique à tout moment si l’incidence et le but de l’acte peuvent être clairement
définis. Dans ces deux hypothèses, aucune restriction n’est apportée au champ d’application quant
à la qualité de l’agent, et ce, indépendamment de sa nationalité.

Explication
Le législateur s’emploie à sauvegarder tout document, tout matériel, toute construction, tout
équipement, toute installation, tout appareil, tout dispositif technique ou appareil de traitement
automatisé d’informations. Le dispositif technique peut s’entendre comme un ensemble de
mécanismes mis en œuvre pour le rendement efficace d’un matériel, d’un appareil ou d’un autre
équipement. L’anéantissement d’un tel dispositif constitue un acte de sabotage. En incluant parmi
les biens protégés les appareils de traitement automatisé d’informations, le législateur prend en
compte le progrès technologique qui contribue considérablement à l’instauration des armées hyper
équipées à l’échelle mondiale. Tout acte de sabotage de tels appareils expose son auteur à la rigueur
légale lorsque sa responsabilité morale est engagée.

KALONJI KANYINDA Josué


CHAPITRE II : DE LA FOURNITURE DE FAUSSES INFORMATIONS ET DE
L’ABSTENTION DE DÉFÉRER AUX MESURES RÉGULIÈRES DE L’AUTORITÉ
PUBLIQUE
Explication
Il sied d’observer que cette articulation découle rationnellement de l’innovation apportée par la loi
organique n° 11/012 du 11 août 2011, portant organisation et fonctionnement des Forces armées.
Contrairement au décret-loi n° 001/2002 du 26 janvier 2002, cette loi introduit une nouvelle
infraction destinée à garantir l’application effective des dispositions relatives aux réquisitions des
personnes, des biens et des services, au contrôle ou au rationnement des ressources en énergie et
des produits de première nécessité. De plus, contrairement à la loi du 26 janvier 2002, le législateur
rattache aux deux infractions de la loi n° 11/012 une peine de servitude pénale principale pour se
conformer à l’option de suppression de la peine de « travaux forcés », non seulement en droit
militaire, mais également dans tout l’arsenal juridique national.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA FOURNITURE DE FAUSSES INFORMATIONS


L’article 134 du CPM dispose :
« Est puni de vingt ans de servitude pénale quiconque aura fourni, en vue de servir les intérêts
d’une puissance étrangère, d’une entreprise ou d’une organisation étrangère ou sous contrôle
étranger, aux autorités civiles ou militaires de la République des informations fausses de nature à
les induire en erreur et à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. En temps de
guerre, le coupable est puni de mort. »

L’article 134 de la loi organique n° 11/012 du 11 août 2011, portant organisation et fonctionnement
des Forces armées, dispose :
« En temps de paix, quiconque s’abstiendra de déférer aux mesures régulièrement ordonnées par
l’autorité publique pour l’application des dispositions de la présente loi relatives aux réquisitions
des personnes, des biens et services ainsi qu’au contrôle ou au rationnement des ressources en
énergie et des produits de première nécessité, sera passible d’un à trois ans de servitude pénale
principale et d’une amende de 50 000 à 100 000 francs congolais. En cas de récidive, ces peines
sont portées au double. Quiconque aura sciemment fourni de faux renseignements ou fait de
fausses déclarations ou aura, par des manœuvres frauduleuses, dissimulé ou tenté de dissimuler des
biens soumis à rationnement sera passible des peines prévues à l’alinéa 1er du présent article. En
temps de guerre, les peines prévues aux alinéas précédents sont portées au double. »

SOUS-CHAPITRE II : DE L’ABSTENTION DE DÉFÉRER AUX MESURES RÉGULIÈRES


DE L’AUTORITÉ PUBLIQUE

KALONJI KANYINDA Josué


Rappelons qu’aux termes de l’article 134, al. 1, 2 et 4 de la loi organique n° 11/012 du 11 août 2011
:
« En temps de paix, quiconque s’abstiendra de déférer aux mesures régulièrement ordonnées par
l’autorité publique pour l’application des dispositions de la présente loi relatives aux réquisitions
des personnes, des biens et services ainsi qu’au contrôle ou au rationnement des ressources en
énergie et des produits de première nécessité, sera passible de un à trois ans de servitude pénale
principale et d’une amende de 50 000 à 100 000 francs congolais. En cas de récidive, ces peines
sont portées au double (...). En temps de guerre, les peines prévues aux alinéas précédents sont
portées au double. »

CHAPITRE III : DES ATTEINTES AUX INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE OU À


L’INTÉGRITÉ DU TERRITOIRE
SOUS-CHAPITRE I : DE L’ATTENTAT
L’article 135 du CPM dispose :
« Constitue un attentat le fait de commettre un ou plusieurs actes de violence de nature à mettre en
péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national.
L’attentat est puni de vingt ans de servitude pénale. La peine de mort est appliquée lorsque l’attentat
est commis par une bande armée. »

Explication
À ce stade, il convient de noter qu’en parlant d’un acte ou de plusieurs actes de violence, le
législateur précise que ce délit peut être consommé même par un acte de violence perpétré par un
individu agissant isolément ou en groupe.

SOUS-CHAPITRE II : DE LA PARTICIPATION AU MOUVEMENT INSURRECTIONNEL


L’article 136 du CPM dispose :
« Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective de nature à mettre en péril les
institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire. »

L’article 137 de ce texte prescrit :


« Est puni de cinq à vingt ans de servitude pénale quiconque participe à un mouvement
insurrectionnel :
✓ en édifiant des barricades, des retranchements ou en faisant tous travaux ayant pour objet
d’empêcher ou d’entraver l’action de la force publique ;
✓ en occupant à force ouverte ou par ruse ou en détruisant tout édifice ou installation ;
✓ en assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ;
✓ en provoquant des rassemblements d'insurgés, par quelque moyen que ce soit ;
✓ en étant soi-même porteur d’une arme ;

KALONJI KANYINDA Josué


✓ en se substituant à une autorité légale.
En temps de guerre, lorsque les insurgés sont porteurs d’armes, ils sont punis de mort. »
L’article 138 du même texte dispose :
« Est puni de mort quiconque participe à un mouvement insurrectionnel :
En s’emparant d’armes, de munitions, de substances explosives ou dangereuses ou de matériels de
toute espèce, soit à l’aide de violences ou de menaces, soit par le pillage, soit en désarmant la force
publique. »

en procurant aux insurgés des armes, des munitions, des substances explosives ou dangereuses, ou
tout matériel de toute espèce.
Enfin, aux termes de l’article 139 de cette loi (CPM) : « Le fait de diriger, d’organiser ou de
commander un mouvement insurrectionnel est puni de mort. »
SOUS-CHAPITRE III : DE L’USURPATION DE COMMANDEMENT, DE LA LEVÉE DE
FORCES ARMÉES, ET DE L’ARRANGEMENT AVEC LE POUVOIR ENNEMI
Section I : De l’usurpation de commandement et de la levée de forces armées
L’article 140 du CPM dispose :
« Est puni de dix à vingt ans de servitude pénale quiconque :

sans droit ou sans autorisation, prend un commandement militaire quelconque ou le retient contre
l’ordre des autorités légales ;
lève des forces armées sans ordre ou sans autorisation des autorités légales.
En temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence est proclamé, ou à l’occasion
d’une opération de police tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public, le coupable
est puni de mort. »
L’usurpation de commandement
L’usurpation de commandement consiste, pour un individu (militaire, assimilé ou civil), à s’emparer
sans aucun droit ni autorisation de l’autorité habilitée, et en l’absence de tout motif légitime, de la
direction d’une unité, d’un corps ou d’une formation de l’armée ou des corps assimilés, ou encore
à retenir le commandement qu’on exerçait au mépris des ordres de l’autorité légale.
La levée des forces armées
On parle de la levée des forces armées chaque fois qu’un individu procède soit à la mise des troupes
sur le pied de guerre, soit à l’affectation des citoyens à des postes militaires. La levée illégale est
celle qui est effectuée sans aucun ordre ni autorisation de l’autorité légale.

Section II : De l’arrangement avec le pouvoir ennemi


L’article 142 du CPM dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Est puni de dix à vingt ans de servitude pénale tout militaire, ou assimilé, qui, tombé au pouvoir
de l’ennemi, s’est engagé personnellement, pour obtenir sa liberté sous condition, à ne plus porter
les armes contre l’ennemi. »

Explication
La loi interdit tout arrangement entre un combattant des forces régulières et le pouvoir ennemi
l’ayant capturé, consistant à renoncer à toute attaque ou riposte contre les forces de ce dernier. Cet
acte est considéré comme une forme de « trahison passive » et peut être réprimé en droit interne
sans enfreindre les normes du droit international humanitaire, qui permettent aux prisonniers de
guerre d’obtenir leur liberté sur parole, à condition que les lois nationales les y autorisent.

CHAPITRE IV : DES ATTEINTES À LA SÉCURITÉ DES FORCES ARMÉES ET AUX


ZONES PROTÉGÉES INTÉRESSANT LA DÉFENSE NATIONALE
À ce stade, il importe de noter que nous n’allons plus nous attarder sur les incriminations organisées
par les articles 143, 144 et 145, dont les quintessences respectives sont déjà explicitées dans les
exposés précédents. En ce qui concerne les articles 143 et 145, il convient de se référer à l’analyse
de l’article 88 portant sur l’incitation à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline.
Quant à l’article 144, même si la qualité de l’auteur n’est pas prise en considération, son contenu se
rapproche de celui des articles 67 et 68 portant spécialement sur la mise hors de service définitive
ou temporaire des effets affectés au service des forces armées.

SOUS-CHAPITRE I : DE LA PARTICIPATION À UNE ENTREPRISE DE


DÉMORALISATION DE L’ARMÉE
L’article 146 du CPM dispose :
« Le fait de participer à une entreprise de démoralisation de l’armée en vue de nuire à la défense
nationale est puni de dix à vingt ans de servitude pénale. Lorsque ces faits sont commis en temps
de guerre, ils sont punis de mort. »

Cette disposition est quasiment un extrait de l’article 183, point 3, du CPO LII qui stipule :
« Sera coupable de trahison et puni de mort, tout Congolais qui, en temps de guerre (...) aura
participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la nation ayant pour objet
de nuire à la défense nationale. »

SOUS-CHAPITRE II : DE L’ACCÈS ILLICITE AUX ZONES PROTÉGÉES OU AUX


ENGINS OU APPAREILS INTÉRESSANT LA DÉFENSE
L’article 147 du CPM dispose :
« Est puni de deux ans de servitude pénale le fait, pour tout individu, de s’introduire
frauduleusement ou sans autorisation des autorités compétentes, dans un terrain, dans les

KALONJI KANYINDA Josué


installations ou dans des engins ou des appareils de toute natures affectés à l’autorité militaire ou
placés sous son contrôle pour les intérêts de la défense. »

SOUS-CHAPITRE III : DES FAITS DESTINÉS À NUIRE À LA DÉFENSE NATIONALE


OU À ENTRAVER LE FONCTIONNEMENT NORMAL DES SERVICES, DES
ÉTABLISSEMENTS OU DES ENTREPRISES PUBLIQUES OU PRIVÉES, INTÉRESSANT
LA DÉFENSE NATIONALE
L’article 148 du CPM dispose :
« Tout individu qui se rend coupable de faits destinés à nuire à la défense nationale ou à entraver
le fonctionnement normal de services, des établissements ou des entreprises publiques ou privées,
intéressant la défense nationale, est puni de cinq à vingt ans de servitude pénale. En temps de
guerre, le coupable est puni de mort. »

Explication
Cette disposition vise tous les actes non érigés en infractions autonomes par le Code Pénal Militaire,
mais qui sont destinés à nuire à la défense nationale ou à empêcher le fonctionnement normal des
services, établissements ou entreprises publiques ou privées, intéressant la défense nationale.

SOUS-TITRE III : DES ATTEINTES AU SECRET DE LA DÉFENSE NATIONALE


À l’article 149 du CPM, il est stipulé : « Au sens de la présente loi, présentent le caractère de secret
de la défense nationale, les renseignements, procédés, objets, documents, données informatisées
ou fichiers intéressant la défense nationale qui ont fait l’objet de mesures de protection destinées à
restreindre leur diffusion. »

CHAPITRE I : DE LA DIVULGATION DES INFORMATIONS SECRÈTES OU DE LA


RÉCEPTION ILLICITE D’UN DOCUMENT OU ÉCRIT SECRET
L’article 150 du CPM dispose :
« Ceux qui se rendent coupables de divulgation, diffusion, publication ou reproduction des
informations visées à l’article ci-dessus (149) ou ceux qui en fournissent les moyens, sont punis de
vingt ans de servitude pénale, sans préjudice des peines plus fortes qu’ils peuvent encourir par
d’autres dispositions légales. En temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence

KALONJI KANYINDA Josué


est proclamé, ou à l’occasion d’une opération de police tendant au maintien ou au rétablissement
de l’ordre public, les coupables sont punis de mort. »
En outre, aux termes de l’article 151, il est prescrit :
« Est puni de cinq à vingt ans de servitude pénale quiconque se fait remettre tout document ou
écrit qui, de par sa nature, est secret. »

CHAPITRE II : DE LA CONTRIBUTION PAR NÉGLIGENCE À LA DIVULGATION DES


INFORMATIONS SECRÈTES
L’article 152 du CPM dispose :
« Quiconque, en raison de ses fonctions ou de son service, a soit la garde ou est en possession des
objets, soit, pour les mêmes motifs, a connaissance des renseignements ou exerce la surveillance
des lieux d’intérêt militaire et a rendu possible ou seulement facilité, par négligence, l’exécution de
l’infraction prévue à l’article 150, sera puni de cinq ans au maximum de servitude pénale. Si le fait
a compromis les préparatifs ou la défense militaire de l’État, la peine sera de dix à vingt ans de
servitude pénale. En temps de guerre ou dans des circonstances exceptionnelles, le coupable pourra
être puni de la servitude pénale à perpétuité. »

CHAPITRE III : DE L’INCITATION À COMMETTRE DES INFRACTIONS CONTRE LE


SECRET DE LA DÉFENSE
L’article 153 du CPM dispose :
« Quiconque incite à commettre l’une des infractions contre le secret de la défense militaire ou
offre ses services pour les commettre, dans le cas où l’instigation ou l’offre seraient acceptées ou
non, mais que l’infraction n’aurait pas été commise, sera puni de cinq à dix ans de servitude pénale.
»
Explication
Contrairement au champ d’application très vaste de l’incrimination de l’article 88, qui s’étend aux
actes contraires au devoir ou à la discipline, l’acte de délit de l’article 153 ne porte que sur les
infractions contre le secret de la défense militaire. Il s’agit concrètement de l’incitation à commettre
ou de l’offre de services pour commettre la divulgation, la publication, la diffusion, la reproduction
des informations secrètes intéressant la défense nationale, ou la fourniture des moyens pour les
commettre. La portée de l’article 153 s’avère donc restreinte, car son cadre légal ne peut jamais être
débordé.

NB
Il y a lieu de faire la part des choses :
Si la personne incitée revêt la qualité de militaire, on appliquera à l’incitateur les prescriptions de
l’article 88 du CPM.

KALONJI KANYINDA Josué


Mais si la personne incitée n’est pas militaire, l’incitateur sera poursuivi en participation criminelle
comme auteur moral sur le fondement de l’article 187 du CPO LII, portant sur d’autres actes
attentatoires à la sûreté extérieure de l’État, en vue des sanctions appropriées.
CHAPITRE IV : DES PRINCIPES COMMUNS AUX INFRACTIONS CONTRE LE SECRET
DE LA DÉFENSE
L’article 154 du CPM dispose :
« Quiconque est au courant d’une des infractions contre le secret de la défense militaire et n’en
informe pas immédiatement les autorités compétentes sera puni des mêmes peines que les auteurs
ou coauteurs desdites infractions. »
Explication
Le législateur fait obligation à tout individu, témoin d’une infraction contre le secret de la défense,
d’en informer l’autorité légalement établie (polico-administrative ou judiciaire, militaire ou
assimilée). L’abstentionniste, c’est-à-dire celui qui n’apporte pas cette information, encourt les
mêmes peines que l’auteur matériel du délit, c’est-à-dire comme coauteur. Il s’agit ici d’une corréité
(ou coactivité) issue de la volonté dérogatoire de la loi, qui échappe aux modes de participation
criminelle prévus aux articles 21 du CPO L Ier et 05 du CPM. Notons enfin qu’il s’agit ici d’une
limitation légale à l’application de l’article 187 de ce même Code, qui, comme nous allons le voir,
prévoit et réprime la non-dénonciation par un militaire, individu embarqué ou au service des forces
armées, d’une infraction commise par un justiciable des juridictions militaires.
Section II : La protection de l’État allié ou associé, à des fins de guerre avec l’État Congolais
L’article 155 du CPM dispose :
« Les peines établies par les dispositions précédentes s’appliquent également lorsque l’infraction a
été commise au préjudice d’un État allié ou associé, à des fins de guerre, avec la République. »

Explication
L’État allié ou associé dont il est question est celui qui vole au secours d'un gouvernement
légalement établi. Un tel État, consentant à d’énormes sacrifices pour la défense des institutions
légales en place ou pour l’instauration d’un nouvel ordre institutionnel jugé salutaire pour la
population, a droit à un regard bienveillant de son hôte en difficulté.
C’est l’expression d’un devoir de gratitude qui incombe à l’État Congolais. Il serait inadmissible
que le territoire national serve de lieu de déstabilisation d’un partenaire empreint d’humanité et de
solidarité envers le peuple congolais.

Section III : Les excuses atténuantes


L’article 156 du CPM dispose :
« Les peines établies pour les infractions prévues par le présent chapitre (entendez sous-titre) seront
atténuées lorsque le fait se révèle de peu d’importance, soit par la nature, le genre, les moyens, les
modalités ou les circonstances de l’acte, soit par le caractère particulièrement insignifiant du
dommage ou du danger. »

KALONJI KANYINDA Josué


Explication
Le législateur, qui réprime très sévèrement la participation passive à ces infractions, tempère
quelque peu l’élan en accordant un champ d’appréciation très large au juge de fond. Les peines à
prononcer devront résulter du degré de perturbation de l’ordre public, des cas d’espèce, des
procédés de réalisation de l’infraction, etc. ; et ce, loin de la violence terroriste à laquelle le législateur
consacre des dispositions spécifiques.

QUATRIÈME TITRE : DU TERRORISME


CHAPITRE I : DU TERRORISME EN DROIT CONGOLAIS
En effet, l’article 157 du CPM dispose :
« Constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont en relation avec une entreprise individuelle
ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur,
les infractions suivantes :
✓ les atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité physique de la personne, l’enlèvement et la
séquestration de la personne, ainsi que le détournement d’aéronef, de navire ou de tout
autre moyen de transport ;
✓ les vols, extorsions, destructions, dégradations et détériorations ;
✓ la fabrication, la détention, le stockage, l’acquisition et la cession des machines, engins
meurtriers, explosifs ou autres armes biologiques, toxiques ou de guerre.
✓ Constitue également un acte de terrorisme, lorsqu’il est en relation avec une entreprise
individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par
l’intimidation ou la terreur, le fait d’introduire dans l’atmosphère, sur le sol, dans le sous-
sol ou dans les eaux de la République, une substance de nature à mettre en péril la santé de
l’homme ou des animaux ou le milieu naturel. »
L’article 158 du même Code ajoute :
« Le terrorisme est puni de vingt ans de servitude pénale. S’il a entraîné la mort d’homme, le
coupable est passible de la peine de mort. »

NB : En ce qui concerne les mineurs


Malgré le mutisme de la loi de fond, rappelons que l’article 114 du Code judiciaire militaire
rencontre cette préoccupation comme suit : « Les juridictions militaires sont incompétentes à
l’égard des personnes âgées de moins de dix-huit ans. » Il y a ainsi une consécration de
l’irresponsabilité pénale des mineurs devant les juridictions militaires, mais cela ne peut profiter aux
auteurs intentionnels de leurs actes (commanditaires, recruteurs, etc.). Saluons une fois de plus cette
évolution louable du législateur qui s’est dépouillé de nombreux textes obsolètes en souscrivant à
la dynamique de l’ordre normatif international.

KALONJI KANYINDA Josué


Cependant, depuis la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, les mineurs
âgés de 14 à 17 ans, auteurs de faits qualifiés de terrorisme, engagent leur responsabilité pénale
devant les tribunaux pour enfants, en progressive implantation sur le territoire national. En effet,
aux termes de l’article 94 de cette loi, « Le tribunal pour enfants n’est compétent qu’à l’égard des
personnes âgées de moins de 18 ans. »
L’article 95 stipule : « L’enfant âgé de moins de 14 ans bénéficie, en matière pénale, d’une
présomption irréfragable d’irresponsabilité. »

CINQUIÈME TITRE : DES CRIMES DE GÉNOCIDE, DES CRIMES CONTRE


L’HUMANITÉ ET DES CRIMES DE GUERRE
CHAPITRE I : DES CRIMES DE GÉNOCIDE
L’article 164 du CPM dispose :
« Le génocide est puni de mort.
Par génocide, il faut entendre l’un des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout
ou en partie, un groupe national, politique, racial, ethnique ou religieux :
▪ meurtre de membres du groupe ;
▪ atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
▪ soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa
destruction physique totale ou partielle ;
▪ mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
▪ transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe. »
▪ Les actes énumérés au Statut de Rome de la CPI
De la définition du crime de génocide, il émerge les actes ci-après :
le meurtre de membres du groupe ;
l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe ;
la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction
physique totale ou partielle.

CHAPITRE II : DES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ


Aux termes de l’article 165 du CPM, « les crimes contre l’humanité sont des violations graves du
droit international humanitaire commises contre toutes populations civiles avant ou pendant la
guerre. Ils ne sont pas nécessairement liés à l’état de guerre et peuvent se commettre non seulement
entre personnes de nationalités différentes, mais même entre sujets d’un même État. »
D’après l’article 166 du CPM, « constituent des crimes contre l’humanité (...), les infractions graves
énumérées ci-après portant atteinte, par action ou par omission, aux personnes et aux biens

KALONJI KANYINDA Josué


protégés par les Conventions de Genève du 12 août 1949 et les Protocoles additionnels du 8 juin
1977, sans préjudice des dispositions pénales plus graves prévues par le Code pénal ordinaire :

• les tortures ou autres traitements inhumains, y compris les expériences biologiques ;


• le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves
à l’intégrité physique ou à la santé ;
• le fait de contraindre à servir dans les Forces armées de la puissance ennemie ou de la partie
adverse un prisonnier de guerre ou une personne civile protégée par les Conventions ou
les Protocoles additionnels relatifs à la protection des personnes civiles pendant la guerre ;
• le fait de priver un prisonnier de guerre ou une personne civile protégée par les Conventions
ou les Protocoles additionnels relatifs à la protection des personnes en temps de guerre, de
son droit d’être jugé régulièrement et impartialement selon les prescriptions de ces
dispositions ;
• la déportation, le transfert ou le déplacement illicites, la détention illicite d’une personne
civile protégée par les Conventions ou les Protocoles additionnels ;
• la prise d’otages ;
• la destruction ou l’appropriation des biens, non justifiées par des nécessités militaires telles
qu’admises par le droit des gens et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et
arbitraire ;
• les actes et les omissions non légalement justifiés, susceptibles de compromettre la santé et
l’intégrité physique ou mentale des personnes protégées par des Conventions relatives à la
protection des blessés, des malades et des naufragés, notamment tout acte médical qui ne
serait pas justifié par l’état de santé de ces personnes.

Personnes visées par les règles de l’art médical


Sauf s’ils sont justifiés dans les conditions prévues au point 8, les actes consistant à pratiquer sur
les personnes visées au point 8, même avec leur consentement, des mutilations physiques, des
expériences médicales ou scientifiques, ou des prélèvements de tissus ou d’organes pour des
transplantations, à moins qu’il ne s’agisse de dons de sang en vue de transfusions ou de dons de
peau destinés à des greffes, pour autant que ces dons soient volontaires, consentis et destinés à des
fins thérapeutiques.

Le fait de soumettre la population civile ou des personnes civiles à une attaque.


Le fait de lancer sans discrimination des attaques atteignant la population civile ou des biens à
caractère civil, en sachant que cette attaque causera des pertes en vies humaines, des blessures aux
personnes civiles ou des dommages aux biens de caractère civil, qui seraient excessifs par rapport
à l’avantage militaire concret et direct attendu, sans préjudice de la criminalité de l’attaque dont les
effets, même proportionnés à l’avantage militaire, seraient incompatibles avec les principes du droit
des gens.
Le fait de lancer une attaque contre des ouvrages ou installations contenant des substances
dangereuses, en sachant que cela causera des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes
civiles ou des dommages aux biens de caractère civil, qui seraient excessifs par rapport à l’avantage
militaire concret et direct attendu.

KALONJI KANYINDA Josué


Le fait de soumettre à une attaque des localités non défendues ou des zones démilitarisées.
Le fait de soumettre une personne à une attaque tout en sachant qu’elle est hors de combat.
Le transfert d’une partie de la population civile de la puissance occupante dans un territoire occupé,
en cas de conflit armé international.
Le fait de retarder sans justification le rapatriement des prisonniers de guerre ou des civils.
Le fait de se livrer à des pratiques d’apartheid ou à d’autres pratiques inhumaines ou dégradantes
fondées sur la discrimination raciale, donnant lieu à des outrages à la dignité humaine.
Le fait de diriger des attaques contre des monuments historiques, des archives, des œuvres d’art ou
des lieux de culte clairement reconnus, qui constituent le patrimoine culturel ou spirituel des
peuples et auxquels une protection spéciale a été accordée en vertu d’un arrangement particulier,
alors qu’il n’existe aucune preuve de violation par la partie adverse de l’interdiction d’utiliser ces
biens à l’appui de l’effort militaire, et que ces biens ne sont pas situés à proximité immédiate des
objectifs militaires.
L’article 169 de ce même texte, qui reproduit l’article 7 du Statut de Rome de la CPI, complète
l’énumération des crimes de guerre par ces actes qui, en temps de paix ou en temps de guerre, sont
perpétrés dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée sciemment contre la
République ou contre la population civile. Le législateur enrichit cette énumération de l’ordre
normatif international par les points 9 et 10 ci-après :

La dévastation grave de la faune, de la flore, des ressources du sol et du sous-sol.


La destruction du patrimoine naturel ou culturel universel.
Explication
Pour être plus complet, il faut ajouter au nombre de ces actes les faits suivants : l’empoisonnement
des eaux ou des denrées consommables, le dépôt, l’aspersion ou l’utilisation de substances nocives
destinées à donner la mort en situations exceptionnelles, la mise à mort par représailles, et l’emploi
de prisonniers de guerre ou de civils à des fins de protection contre l’ennemi, qui sont érigés en
infractions autonomes.
En dépit de l’effort louable de la loi nationale tendant à couvrir dans leur globalité les actes
constitutifs de crimes contre l’humanité, il importe de signaler que l’autonomie de ce concept par
rapport aux autres notions qui lui sont proches (crimes de guerre, crimes contre la paix) demeure,
comme nous allons le voir, très controversée. D’où le rôle du juge de fond dans l’appréciation de
chaque cas d’espèce ne peut être négligé.

NB :
Les faits punissables sont ceux repris aux articles 166 et 169 susmentionnés, mais aussi ceux
inhérents au droit international humanitaire et qui seront examinés dans cette étude comme des
infractions autonomes : ils sont prévus aux articles 170 et 172 du CPM.

KALONJI KANYINDA Josué


SOUS-CHAPITRE IV : DE L’EMPOISONNEMENT DES EAUX OU DENRÉES
CONSOMMABLES, DU DÉPÔT, DE L’ASPERSION OU DE L’UTILISATION DE
SUBSTANCES NOCIVES DESTINÉES À DONNER LA MORT
L’article 170 du CPM dispose :
« Tout empoisonnement des eaux ou des denrées consommables, tout dépôt, aspersion ou
utilisation de substances nocives destinées à donner la mort, en temps de guerre ou sur une région
où l’état de siège ou d’urgence aura été proclamé, ou à l’occasion d’une opération de police tendant
au maintien ou au rétablissement de l’ordre public, sera puni de mort. »

Explication
L’article 170 du CPM est une expression exaltante de l’attachement du législateur congolais à la vie
humaine. En s’inscrivant dans la dynamique du droit international humanitaire, le législateur
congolais veille à la sauvegarde de la vie de tout consommateur de ces eaux ou denrées,
indépendamment de son statut (ennemi, civil, militaire, combattant ou personne hors de combat,
etc.).

SOUS-CHAPITRE V : DES REPRÉSAILLES


L’article 171 du CPM dispose :
« La mise à mort par représailles est assimilée à l’assassinat. »

Explication
Cette disposition prête à confusion ; car, par une lecture hâtive, on pourrait être amené à croire que
la notion de « représailles » serait identique à celle de « l’assassinat », ou encore que les « représailles
» seraient une des formes de l’« assassinat ». Or, il n’en est rien. Car, outre quelques points de
rapprochement, les représailles gardent leur autonomie par un élément spécifique : l’esprit de
vengeance.
Nous allons dégager les acceptions respectives de ces vocables (section I), avant d’en préciser les
points de rapprochement (section II) et celui de démarcation (section III).

Section I : Les notions


Nous évoquerons tout naturellement la définition de l’assassinat (§1) et celle de représailles (§2), en
vue de mieux appréhender leur spécificité.

§1. L’assassinat
Au regard de la loi, on ne peut aborder la notion de l’assassinat sans évoquer celle de meurtre
simple. En effet, l’article 1er de l’ordonnance-loi n° 68-193 du 3 mai 1968, ayant remplacé les
articles 44 et 45 du CPO LII, définit le meurtre simple comme « l’homicide commis avec l’intention

KALONJI KANYINDA Josué


de donner la mort ». L’assassinat, quant à lui, est conçu comme « tout meurtre commis avec
préméditation ».
En un mot, l’assassinat peut être perçu comme tout acte préalablement et suffisamment réfléchi
qu’un individu commet librement en vue de causer la mort à un être humain, c’est-à-dire une
personne physique née et vivante. L’assassinat peut être perpétré en tout temps.

§2. Les représailles


Le législateur congolais reste muet sur cette notion, mais il se borne simplement à l’assimiler à
l’assassinat. C’est pourquoi, comprises au sens usuel, les représailles s’entendent de « toute riposte
individuelle à un mauvais procédé », laquelle riposte résulte d’un esprit de vengeance. Elles sont
aussi définies comme « des mesures de violence prises par un État pour répondre à un acte jugé
illicite d’un autre État ».
Cette seconde acception semble avoir inspiré le droit humanitaire, où les représailles sont perçues
comme des actes contraires au droit des gens « par lesquels un État riposte à un ou plusieurs actes
contraires au droit des gens commis à son préjudice par un autre État, afin de contraindre celui-ci
à réparer le dommage causé ou, du moins, à faire cesser l’activité dommageable et qui trouve dans
cette circonstance une justification exceptionnelle ».

SOUS-CHAPITRE VI : DE L’EMPLOI DE PRISONNIERS DE GUERRE OU DE CIVILS À


DES FINS DE PROTECTION CONTRE L’ENNEMI
L’article 172 du CPM dispose :
« L’emploi de prisonniers de guerre ou de civils à des fins de protection contre l’ennemi est puni
de quinze à vingt ans de servitude pénale. En temps de guerre ou pendant les circonstances
exceptionnelles, le coupable est puni de mort. »
Explication
Il est utile de rappeler que les prisonniers de guerre ainsi que les personnes civiles ne constituent
jamais des objectifs militaires, pour autant qu’ils demeurent totalement tiers aux combats. Ainsi, le
droit international humanitaire les protège spécialement contre les atteintes portées à la vie, à la
santé et au bien-être physique et mental des personnes, en particulier le meurtre, contre les
traitements cruels tels que la torture, les mutilations ou toutes formes de peines corporelles ; contre
les punitions collectives, et ce, en tout temps et en tout lieu.

KALONJI KANYINDA Josué


De plus, quel que soit le motif, ces personnes vulnérables ne peuvent être entraînées sur le champ
d’honneur. Même la nécessité militaire ne peut en aucun cas justifier une telle conduite, du reste
inhumain. Car « la nécessité militaire est incluse dans ce droit ». Tous ces arguments avancés en
droit international pour justifier l’interdiction de cette pratique doivent être pris en considération
dans l’ordre juridique interne. Ainsi, pour être établi à suffisance de droit, l’élément moral de cette
infraction est requis dans le chef de l’agent.

CHAPITRE IV : DES CRIMES DE GUERRE


L’article 173 du CPM en dégage le sens. Aux termes de cette disposition, il est stipulé : « Par crime
de guerre, il faut entendre toutes infractions aux lois de la République commises pendant la guerre
et qui ne sont pas justifiées par les lois et coutumes de la guerre. »

Explication
Sur la base de cette définition, on peut, à travers le Code Pénal Militaire, identifier des faits
punissables constitutifs de « crimes de guerre » inspirés par les instruments juridiques
internationaux. Dans le cadre strict du droit interne, il existe des infractions qui, au cours d’un
conflit armé interne ou international, passent pour des « crimes de guerre » : il s’agit
fondamentalement des actes attentatoires à la vie ou à l’intégrité physique des personnes, ainsi que
de ceux qui portent atteinte au patrimoine public ou privé.

Contenu de « crimes contre la paix »


A priori, l’opposé de la guerre étant la paix, on pourrait être enclin à croire, d’une manière simpliste,
que les crimes de guerre sont synonymes de crimes contre la paix. Il n’en est rien. Car les deux
concepts gardent juridiquement leur spécificité.
Encore ignorée en droit congolais, la notion de « crime contre la paix » est déjà une réalité en droit
international, particulièrement à travers les droits de Nuremberg et de Tokyo. En effet, selon
l’article 6 a du Statut de Nuremberg, l’on désigne par « crime contre la paix » la direction, la
préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression, ou d’une guerre en
violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté
ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes qui précèdent. Abondant
dans le même sens, l’article 5 de la charte du tribunal de Tokyo précise qu’il importe peu que la
guerre ait été déclarée ou non.

Il en ressort que sont constitutifs de « crimes contre la paix » les actes suivants :

Le crime majeur qui est le déclenchement de la guerre d’agression ou toute autre guerre contraire
aux normes de droit international.
La préparation d’une telle guerre.
La direction de ce conflit.

KALONJI KANYINDA Josué


La « conspiracy anglaise » ou le fait d’avoir participé à un plan commun (ou complot) en vue de
l’accomplissement de l’un ou l’autre crime contre la paix, même si ce plan n’a pas fait l’objet d’un
commencement d’exécution.
NOTA BENE
L’article 206 du CPM dispose :
« L’apologie ou la propagande des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, des actes
terroristes, des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité est punie
au maximum de la moitié de la peine prévue pour l’une ou l’autre de ces infractions. »

Explication
L’apologie s’entend de « tout discours ou écrit visant à défendre ou à justifier » l’un ou l’autre de
ces faits ignobles. Tandis que la propagande n’est qu’une démarche ou action exercée sur l’opinion
pour l’amener à commettre ces actes odieux ou à les soutenir. Ces deux attitudes sont
répréhensibles au sens de cette disposition légale, dès lors qu’elles procèdent d’une résolution libre
et consciente.
SIXIÈME TITRE
DES ÉVASIONS DE DÉTENUS OU DE PRISONNIERS DE GUERRE
CHAPITRE I : DES ÉVASIONS DE DÉTENUS OU DE PRISONNIERS DE GUERRE
L’article 176 du CPM dispose :
« Toutes les fois qu’une évasion de détenus ou de prisonniers de guerre aura lieu, le Commandant
ou le Directeur de la prison, ou tout militaire, ou assimilé, des Forces Armées servant d’escorte, ou
garnissant les postes, ainsi que les gardiens, geôliers ou tous autres préposés à la conduite, au
transport ou à la garde des détenus ou prisonniers, seront punis conformément aux prescriptions
des articles suivants.
Les peines prévues pour le cas de connivence seront également encourues si les personnes visées
à l’alinéa précédent ont tenté de procurer ou de faciliter une évasion, même si celle-ci n’a été ni
consommée ni tentée, et même si les préparatifs ont été menés à l’insu des détenus ou prisonniers.
Elles seront également encourues lorsque l’aide à l’évasion n’aura consisté qu’en une abstention
volontaire.

Explication
La régularité de la détention
On ne peut parler d’évasion lorsque l’agent qui quitte le lieu de détention a été irrégulièrement
gardé. Du reste, il est de jurisprudence de la Cour Suprême de Justice que « doit être cassée sans
renvoi, la décision d’une juridiction ayant condamné pour évasion sans avoir préalablement vérifié
la régularité de la détention. »

KALONJI KANYINDA Josué


NB
Cependant, un évadé ayant mis à contribution des moyens qui ne seraient pas constitutifs de bris
de prison ou de violence ne peut tomber sous le coup des articles 179, 180 et 181 du CPM. Tel
serait le cas d’une personne « qui s’évade soit en faisant usage d’un déguisement, soit en trompant
la surveillance, soit en rompant des fers qui la retiendraient ». En revanche, cette personne
s’exposera à la rigueur des articles 176 à 178 du CPM. Quant à l’évasion obtenue par la corruption,
la solution doit être envisagée selon la qualité des participants à la séance criminelle. Si la personne
corrompue est un militaire, le législateur nous éloigne de l’infraction d’évasion, tant et si bien que
le délinquant tombe sous le coup de l’article 88 du CPM portant sur l’incitation à commettre des
actes contraires au devoir ou à la discipline. Alors que le corrupteur devient incitateur, le militaire
de garde sera l’incité. Par contre, si la personne corrompue est étrangère à l’armée (ou aux corps
assimilés), le corrupteur et le corrompu seront coupables d’évasion au regard des articles 176 et 178
déjà précisés : la corruption se révélant comme une infraction-moyen tendant à la réalisation de
l’évasion, qui est une infraction-fin dont les peines doivent être encourues par les coupables.

1. La dépénalisation post-judiciaire de l’évasion par négligence


L’article 183 du CPM dispose :
« Les peines établies (...) contre les conducteurs ou gardiens en cas de négligence seulement,
cesseront lorsque les évadés se seront présentés, pourvu que ce soit dans les quatre mois de
l’évasion, et qu’ils ne soient pas arrêtés pour d’autres infractions commises postérieurement. »

Explication
En clair, toutes les personnes arrêtées et condamnées pour l’infraction d’évasion par négligence
retrouvent immédiatement leur liberté après que l’évadé se soit présenté ou qu’il ait été récupéré
dans les quatre mois suivant la commission de l’évasion et à condition de ne pas avoir perpétré
d’autres infractions.

2. La dépénalisation automatique de la tentative de provocation à l’évasion


L’article 184 du CPM dispose :
« Aucune poursuite n’aura lieu contre ceux qui auront tenté de provoquer ou de faciliter une évasion
si, avant que celle-ci ait été réalisée, ils ont donné connaissance du projet aux autorités
administratives ou judiciaires, et leur en ont révélé les auteurs. »

Explication
Le législateur congolais rejoint partiellement son collègue belge qui consacre la dépénalisation
automatique des faits d’évasion et de tentative d’évasion des détenus par bris de clôture ou par
violences. Mais plus que le législateur national, le législateur belge n’a point entendu assurer
l’impunité à des faits délictueux, par lesquels les détenus auraient tenté ou consommé leur évasion.

KALONJI KANYINDA Josué


Car l’auteur de ces actes encourt, conformément au Code pénal belge, les peines rattachées à la
destruction de clôture.

CHAPITRE II : DES INFRACTIONS VOISINES DE L’ÉVASION


SOUS-CHAPITRE I : DE LA REMISE OU SORTIE IRRÉGULIÈRE DE SOMMES
D’ARGENT, CORRESPONDANCES OU OBJETS QUELCONQUES
L’article 185 du CPM dispose :
« Sans préjudice de l’application, le cas échéant, des peines plus fortes portées aux articles qui
précèdent, sera puni d’une servitude pénale de six mois à deux ans, quiconque aura, dans des
conditions irrégulières, remis ou fait parvenir ou tenté de faire parvenir ou de remettre à un détenu
ou à un prisonnier de guerre, en quelque lieu que ce soit, des sommes d’argent, correspondances
ou objets quelconques.
Quiconque fait sortir ou tente de faire sortir irrégulièrement des sommes d’argent, correspondances
ou objets quelconques, sera puni des mêmes peines.
Les actes visés aux alinéas précédents seront considérés comme accomplis dans des conditions
irrégulières s’ils ont été commis en violation d’un règlement émanant de la Direction du Service
Pénitentiaire ou approuvé par elle.
Si le coupable est l’une des personnes visées à l’article 176, ou une personne habilitée par ses
fonctions à approcher à quelque titre que ce soit les détenus, la peine à son égard sera d’un à cinq
ans de servitude pénale.

NB
La réintégration sociale des pensionnaires des milieux carcéraux ne peut être facilitée que par le
maintien des contacts avec l’extérieur, et spécialement avec ceux qui leur sont chers. En effet,
l’ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965, qui organise le régime pénitentiaire, reconnaît aux
détenus la faveur de « recevoir des visites aux jours et heures fixés par le règlement d’ordre intérieur,
moyennant une autorisation spéciale du gardien », à moins d’une décision contraire du magistrat
instructeur en ce qui concerne les détenus préventifs.

SOUS-CHAPITRE II : DU RECEL D’UNE PERSONNE RECHERCHÉE POUR ÉVASION


L’article 186 du CPM dispose :
« Quiconque est reconnu coupable d’avoir sciemment recelé ou pris à son service une personne
recherchée pour évasion est punie de dix ans au maximum de servitude pénale et d’une amende
qui n’excédera pas 10 000 Francs Congolais. »
SEPTIÈME TITRE : DES INFRACTIONS DIVERSES
Par cette expression « d’infractions diverses », le législateur regroupe une série d’incriminations
dont certaines peuvent être commises en tout temps (non dénonciation d’une infraction commise
par un justiciable des juridictions militaires, non-assistance à personne en danger, réquisition ou

KALONJI KANYINDA Josué


emploi de la force pour empêcher l’exécution des lois sur le recrutement militaire ou sur la
mobilisation, discrimination, clientélisme), et d'autres exclusivement en circonstances
exceptionnelles (imposition d’amendes collectives, travail obligatoire ou déportation des civils,
arrestation, détention ou séquestration des personnes quelconques).

DE LA NON-DÉNONCIATION D’UNE INFRACTION COMMISE PAR UN


JUSTICIABLE DES JURIDICTIONS MILITAIRES
L’article 187 du CPM dispose :
« Tout militaire ou tout individu embarqué ou au service des Forces Armées qui refuse ou s’abstient
volontairement de dénoncer une infraction commise par un individu justiciable des juridictions
militaires est puni de dix ans au maximum de servitude pénale. »

CHAPITRE II : DE LA NON-ASSISTANCE À PERSONNE EN DANGER


L’article 188 du CPM, qui est la base légale de cette matière, dispose :
« Tout militaire ou tout individu embarqué ou au service des Forces Armées qui se rend coupable
de non-assistance à personne en danger est puni de dix ans au maximum de servitude pénale. »

Alors que l’article 66 ter du CPO LII dispose :


« Sera puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinq à cinquante
francs congolais ou de l’une de ces peines seulement, quiconque s’abstient volontairement de porter
à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ni pour un tiers, il pouvait lui prêter,
soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. »

NB
Par rapport à l’article 66 ter du CPO LII, il faut rappeler que l’infraction de l’article 188 est plus
sévèrement sanctionnée. Car le coupable peut encourir une peine de servitude pénale principale
dont le maximum s’élève à dix ans. Le législateur interpelle les membres de l’armée et ceux ayant
un lien avec eux sur le sens profond de leur responsabilité, particulièrement en ce qui concerne la
protection de leurs semblables ainsi que de tout patrimoine public ou privé. À cet égard, l’assistance
par eux de tout individu que guette un danger est un impératif catégorique. Toute abstention
injustifiée engendre, même d’office, la mise en branle de l’action publique.

Aux termes de l’article 258 du Code Civil Congolais Livre III :


« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel
il est arrivé à le réparer. »

KALONJI KANYINDA Josué


L’article 259 du même Code ajoute :
« Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seulement par son fait, mais encore par
sa négligence ou par son imprudence. »

CHAPITRE III : DE LA RÉQUISITION OU DE L’EMPLOI DE LA FORCE PUBLIQUE


POUR EMPÊCHER L’EXÉCUTION DES LOIS SUR LE RECRUTEMENT MILITAIRE OU
SUR LA MOBILISATION
L’article 189 du CPM dispose :
« Sera punie de quinze à vingt ans de servitude pénale, toute personne qui, pouvant disposer de la
force publique, en aura requis ou ordonné, fait requérir ou ordonner l’action ou l’emploi pour
empêcher l’exécution des lois sur le recrutement militaire ou sur la mobilisation.
Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, le coupable sera puni de la servitude
pénale à perpétuité.
En temps de guerre ou pendant les circonstances exceptionnelles, la peine de mort sera encourue.
»

CHAPITRE IV : DE L’ENROLEMENT PAR L’ENNEMI


L’article 190 du CPM dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Tout enrôlement par l’ennemi ou ses agents sera puni de mort. »

Explication
Le législateur interdit l’acte d’enrôlement, auquel il ne confère pas un sens technique. Usuellement,
enrôler, c’est inscrire sur les rôles de l’armée ; c’est faire entrer dans un groupe. L’enrôlement peut
être perçu comme toute incorporation, toute insertion ou toute intégration par un agent de l’ordre
dans un groupe ou mouvement dont les activités sont dirigées contre l’ordre institutionnel en place
au pays, ou contre les intérêts de la population, ou tout simplement contre la paix au sein d’un État.
Tel serait le cas des membres de la défunte Gendarmerie Nationale qui, après avoir commis des
forfaits graves, échappaient aux poursuites judiciaires en adhérant à une bande armée, dénommée
« Katuku », autrefois cantonnée dans la portion forestière entre les provinces du Maniema et du
Nord-Kivu. Cette terrible bande s’adonnait, vers les années 90, aux pillages des biens des villageois,
et aux viols des femmes et jeunes filles. Il est seulement précisé que la responsabilité morale des
agents dans l’accomplissement de ces actes doit être engagée.

CHAPITRE V : DE L’IMPOSITION D’AMENDES COLLECTIVES, DE RÉQUISITIONS


ABUSIVES OU ILLEGALES, DE CONFISCATIONS OU SPOLIATIONS, DE
L’IMPORTATION OU DE L’EXPORTATION HORS DU TERRITOIRE DE LA
RÉPUBLIQUE DES BIENS, VALEURS MOBILIÈRES ET MONNAIE.

KALONJI KANYINDA Josué


L’article 191 du CPM
L’article 191 du CPM dispose :
« Quiconque, en temps de guerre ou pendant les circonstances exceptionnelles, se rend coupable
d’imposition d’amendes collectives, de réquisitions abusives ou illégales, de confiscations ou
spoliations, d’importations ou d’exportations hors du territoire de la République, par tous moyens,
des biens de toute nature, y compris les valeurs mobilières et la monnaie, sera puni de dix à vingt
ans de servitude pénale.
Si ces faits ont été accompagnés de sévices, tortures ou suivis d’une autre infraction, le coupable
sera puni de mort. »

CHAPITRE VI : DU TRAVAIL OBLIGATOIRE DES CIVILS ET DE LA DÉPORTATION


L’article 192 du CPM dispose :
« En temps de guerre ou dans les circonstances exceptionnelles, le travail obligatoire des civils et la
déportation sous quelque motif que ce soit d’un individu détenu ou interné, sans qu’une
condamnation régulière au regard des lois et coutumes de la guerre ait été définitivement
prononcée, seront punis de quinze à vingt ans de servitude pénale.
Si ces faits ont été accompagnés de sévices, tortures ou suivis d’une autre infraction, le coupable
sera puni de mort. »

Explication
Soulignons que le double fait punissable que renferme l’article 192 du CPM implique la notion de
violence résultant d’une soumission contraignante des personnes à un travail rude ou à un transfert
indésirable vers un endroit inhabituel.
À cet égard, il s’agit d’un dol spécial caractérisé d’une part, en ce qui concerne le travail forcé ou
obligatoire, par l’intention de nuire à autrui en vue d’un gain facile pour soi-même ou pour autrui,
et d’autre part, en ce qui concerne la déportation, par une intention d’attenter soit aux droits et
libertés fondamentaux des individus, soit à la souveraineté d’une entité étatique. Dès lors, ce dol
criminel est établi, quel que soit le motif, dans le chef de tout individu ayant agi de manière
consciente et libre tout en connaissant le caractère illégal de son acte.

CHAPITRES VII : DE L’ARRESTATION, DE LA DÉTENTION OU DE LA


SÉQUESTRATION DES PERSONNES DURANT LES HOSTILITÉS
L’article 193 du CPM dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Quiconque, durant les hostilités, sans ordre des autorités constituées et hormis les cas où la loi
ordonne de saisir des prévenus, aura arrêté, détenu ou séquestré des personnes quelconques, sera
puni de quinze à vingt ans de servitude pénale.
Quiconque aura prêté un lieu pour exécuter la détention ou la séquestration subira la même peine.
Si la détention ou la séquestration a duré plus de quinze jours, la peine sera celle de la servitude
pénale à perpétuité. »

L’article 194 du CPM dispose :


« Quiconque, durant les hostilités, aura procédé, avec un faux costume, sous un faux nom ou sur
un faux ordre de l’autorité publique, à l’arrestation, à la séquestration ou à la détention d’un
individu, ou si l’individu arrêté, détenu ou séquestré a été menacé de mort, sera puni de la peine de
servitude pénale à perpétuité.
La peine de mort sera applicable lorsque les victimes d’arrestation, de détention ou de séquestration
ont été soumises à des tortures corporelles. »
Explication
a) L’arrestation
Lors de l’examen de la notion d’emprisonnement militaire, nous avons noté que le droit
international considère l’arrestation comme « tout acte qui consiste à appréhender une personne
du chef d’une prétendue infraction ou par le fait d’une autorité quelconque ».
b) La détention
En droit international, il est rappelé que la détention est conçue comme « la condition d’une
personne privée de sa liberté individuelle, sauf à la suite d’une condamnation pour une infraction
».
c) La séquestration
Cette forme de privation de liberté n’est formellement organisée qu’en droit pénal militaire, alors
qu’en droit commun, elle est généralement assimilée à la détention illégale. L’accent est mis sur le
fait que la personne séquestrée doit être enfermée dans un endroit parfois isolé, alors que la
détention illégale est consommée même si la personne est gardée à vue, c’est-à-dire à découvert.
NB : Par ailleurs, c’est cette période d’hostilités qui permet de distinguer l’incrimination
d’arrestation arbitraire et de détention illégale, organisée en droit commun par l’article 67 du CPO
LII, des incriminations sous examen ; celle-ci pouvant être perpétrée tant en temps de paix que
durant d’autres circonstances exceptionnelles non émaillées d’hostilités.

CHAPITRES VIII : DE LA DISCRIMINATION ET DU CLIENTÉLISME


L’article 196 du CPM dispose :

KALONJI KANYINDA Josué


« Constitue une discrimination, toute distinction opérée entre les militaires ou assimilés, en raison
de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie,
une tribu, une région ou une province, à une religion, à une association de fait ou de droit de
quelque nature que ce soit. »

L’article 197 du CPM dispose :


« Le clientélisme consiste en toute pratique ou tout procédé d’attribution sélective d’avantages
indus, se fondant notamment sur des critères d’origine, d’appartenance ou de non-appartenance à
une ethnie, une tribu, une région ou à une province, à une religion, à une association de fait ou de
droit, ou sur tout autre critère discriminatoire.
Il consiste également dans la création ou l’entretien, sur cette base, d’attaches personnelles ayant
des incidences manifestes et perverses sur la gestion d’un service ou d’une unité, sur leur
organisation ou sur leur fonctionnement. »

§ 1. L’article 198 du CPM dispose :


« Sont punissables de deux à quatre ans de servitude pénale, toute discrimination et tout clientélisme
lorsqu’ils consistent à :

• Refuser la fourniture d’un bien ou d’un service ;


• Entraver l’exercice normal d’une activité militaire quelconque ;
• Refuser d’affecter, de désigner à une formation, d’utiliser un militaire ;
• Sanctionner un militaire ;
• Subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une condition fondée sur l’un des
éléments visés aux articles 196 et 197 ;
• Subordonner, dans les mêmes conditions, une offre d’affectation, de mutation ou de
mouvement du personnel. »
§ 2. L’article 199 du CPM dispose :
« La même peine prévue à l’article précédent sera appliquée à tout militaire qui fera manifestement
intervenir d’autres critères que ceux déterminés par les lois et les règlements dans le recrutement
de ses collaborateurs, dans l’accomplissement d’une mission qui lui est confiée, ou dans la gestion,
l’organisation ou le fonctionnement du service ou de l’unité où il assume, à quelque échelon qu’il
se trouve, des responsabilités de direction ou de commandement. »
§ 3. L’article 200 du CPM dispose :
« Si les infractions prévues aux articles 196 et 197 ont causé une désorganisation des pouvoirs
publics ou de l’armée, des troubles graves, un mouvement sécessionniste ou une rébellion, le
militaire coupable sera puni de servitude pénale à perpétuité. »

KALONJI KANYINDA Josué

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