XVIIe siècle – Le Grand Siècle / Siècle Classique /
Siècle de Louis XIV
🟩 Des qualificatifs élogieux :
"Grand Siècle", "Siècle classique", "Siècle de Louis XIV"
Ces expressions traduisent une époque de magnificence, de rayonnement culturel et
de puissance monarchique.
🟧 Premier versant du siècle (jusqu’en 1661)
➡️Contexte religieux : tensions persistantes
Après les guerres de religion, l’Édit de Nantes (1598) tente d’assurer une paix entre
catholiques et protestants.
Mais l’assassinat d’Henri IV en 1610 prouve que les tensions demeurent fortes.
Les catholiques extrêmes restent hostiles à cette tolérance.
➡️Contexte politique : instabilité et rivalités
Fin du règne d’Henri IV (jusqu’en 1610).
Régences et gouvernements successifs :
o Marie de Médicis (1610-1617),
o Louis XIII,
o Anne d’Autriche (1643-1661).
Les rivalités autour du pouvoir affaiblissent la stabilité.
Deux figures marquent ce siècle :
o Richelieu (ministre de Louis XIII),
o Mazarin (ministre d’Anne d’Autriche).
→ Leur objectif : renforcer l’autorité royale.
🟦 Deuxième versant du siècle (après 1661)
➡️Règne personnel de Louis XIV (1661-1715)
Concentration du pouvoir : Louis XIV gouverne seul = monarchie absolue.
Il impose son autorité sur l’ensemble du royaume.
Symbole : Versailles, somptueux, au service du prestige royal.
La cour devient un centre culturel, artistique et politique.
➡️L’absolutisme royal :
Le roi détient tous les pouvoirs.
Il impose l’ordre, contrôle les nobles, dirige l’économie, la culture, la religion.
L’État = le roi. (« L’État, c’est moi. »)
🟨 Les paradoxes du XVIIe siècle
1. Une vie culturelle brillante :
Paris : centre intellectuel du royaume.
Développement des salons littéraires (lieux où nobles et bourgeois cultivés
échangent).
Précieux et Précieuses : recherchent l’élégance dans le langage et les sentiments.
Émergence des grands auteurs classiques (Molière, Racine, Corneille, La Fontaine).
Révolution scientifique : Galilée, Copernic ouvrent un nouveau regard sur le monde.
2. Une société inégalitaire :
Derrière les dorures de la cour : grande pauvreté dans le royaume.
Majorité de la population : analphabète, pauvre, rurale.
Conditions de vie très difficiles, inégalités sociales fortes.
✅ Conclusion :
→ Un siècle de grandeur artistique et monarchique, mais aussi marqué par des tensions,
des inégalités et des contrastes forts entre la cour et le peuple.
1) La Fable
Définition :
La fable (du latin fabula) est un court apologue (petit récit) souvent en vers, qui se termine par
une moralité. Elle remonte à l'Antiquité et combine divertissement, enseignement, réflexion
et critique.
Historique :
Ésope (VIe siècle av. J.-C.) : fondateur de la fable en Grèce.
Phèdre (Ier siècle) : adapte Ésope en latin.
Abstemius (XVIe siècle, Italie),
Pilpay (littérature orientale, Inde).
La Fontaine s'inspire de ces diverses sources.
Caractéristiques :
Texte narratif court, souvent en vers.
Structure du récit : état initial → actions → état final.
Temps utilisés : imparfait, passé simple ; présent pour généraliser.
Personnages :
Animaux à valeur symbolique :
o Le loup = cruauté,
o Le renard = ruse,
o Le lion = pouvoir,
o L’agneau = innocence.
Ils représentent des traits humains.
Humains parfois présents, souvent représentatifs de leur époque (ex. : nobles à la cour
chez La Fontaine).
Thèmes :
Les rapports de pouvoir,
Conflits (familiaux, sociaux),
Solitude, vieillesse,
Condition humaine,
Rapports homme/nature.
Fonctions :
Divertir : scènes amusantes mettant en scène des animaux.
Enseigner : morale explicite ou implicite.
Critiquer : critique sociale ou politique déguisée pour éviter la censure.
2) Le Classicisme
Définition :
Mouvement culturel et artistique du XVIIe siècle lié au rayonnement de la monarchie
absolue, qui prône ordre, raison, mesure et s’inspire de l’Antiquité gréco-romaine.
Un Idéal Esthétique :
1. L’imitation des Anciens :
Les classiques s’inspirent des modèles antiques (mythologie, tragédies grecques, auteurs
latins).
2. Le souci de l’universel :
Le classicisme recherche ce qui est valable pour tous les hommes, en toute époque. On croit
à une vérité éternelle.
3. L’autorité de la raison :
La raison (le bon sens partagé) est une valeur fondamentale. Elle guide les choix artistiques.
4. Les règles :
Les œuvres classiques suivent des règles strictes, comme :
La règle des trois unités au théâtre :
o Unité de temps (24h),
o Unité de lieu,
o Unité d’action (une seule intrigue principale).
5. Vraisemblance et bienséance :
Vraisemblance : le spectateur doit croire que l’histoire pourrait être vraie.
Bienséance : on ne montre rien de choquant (pas de violence ou de scènes
inappropriées sur scène).
Un Idéal Humain :
1. L’honnête homme :
Cultivé, poli, modéré,
Curieux sans être pédant,
Ouvert d’esprit et agréable à vivre,
Maîtrise ses passions.
2. L’art de plaire :
Être profond tout en divertissant.
La Fontaine, par exemple, enseigne par le biais de récits plaisants et accessibles.
3) Le portrait
Définition
Le portrait est une forme de description centrée sur un personnage. Il peut être physique,
moral ou mixte, et révèle souvent des informations profondes sur le personnage ou sur le
regard de celui qui le décrit.
Les différents types de portraits
Portrait physique :
Décrit l’aspect extérieur : visage, corps, vêtements.
Vocabulaire concret : champ lexical de l’anatomie, du vêtement, des
sensations.
Portrait moral ou psychologique :
Décrit le caractère, les qualités/défauts, goûts, pensées, émotions.
Vocabulaire abstrait : lexique moral, champ lexical des sentiments et de la
pensée.
Portrait mixte :
Le plus courant : traits physiques + éléments psychologiques, souvent entremêlés.
Un détail physique peut révéler un trait moral.
Analyser un portrait
Ordre de présentation :
De l’extérieur vers l’intérieur, du général au particulier, du statique au dynamique.
Portrait statique :
Personnage figé, observé dans un moment précis.
Portrait dynamique :
Personnage en action, révélant ses gestes, attitudes, comportements.
Point de vue (focalisation) :
Le portrait dépend du regard de celui qui décrit :
Externe (objectif), interne (vue d’un autre personnage), omniscient.
Tonalité :
Jamais neutre :
Éloge (vocabulaire laudatif), critique ou moquerie (vocabulaire péjoratif).
Les fonctions du portrait
Informer :
Situer le personnage (âge, classe sociale, apparence, statut).
Révéler :
Montrer des traits cachés, évolution (ascension, chute), émotions visibles.
Exprimer un jugement :
À travers le regard du narrateur : admiration, ironie, satire.
Fonction symbolique :
Le portrait peut représenter une idée :
Giton et Phédon chez La Bruyère incarnent la richesse et la pauvreté.
Faire réfléchir :
Beaucoup de portraits ont une portée morale ou philosophique, dénonçant la vanité,
l’orgueil, l’absurdité, etc.
XVIIIe siècle : siècle des Lumières — La philosophie des
Lumières
Signification du mot « Lumières »
Le mot Lumières insiste sur le pouvoir de la raison, considérée comme une lumière
guidant vers la vérité, opposée à l’obscurité (ignorance, fanatisme, préjugés).
Le mot philosophie renvoie à un idéal humain, fondé sur la réflexion, l’analyse,
l’esprit critique.
Une société à observer et à contester
Les écrivains du XVIIIe siècle critiquent une société socialement, politiquement et
religieusement injuste.
Leur démarche repose sur la clarté de l’observation : ils analysent les inégalités
sociales, les abus du pouvoir religieux (du roi, du pape), et dénoncent l’intolérance.
Tout est observé de façon méthodique, avec la volonté de lever les zones d’ombre,
c’est-à-dire d’éclairer tout ce qui nuit à la liberté.
La clarté du raisonnement
Les Lumières adoptent une approche pédagogique : ils veulent instruire et faire
réfléchir, pas seulement transmettre des idées.
Ils s’opposent aux pensées obscures et peu rigoureuses, comme les croyances
irrationnelles, les superstitions, les préjugés et les traditions non justifiées.
Ils remettent en question :
o la monarchie de droit divin,
o l’hérédité des privilèges,
o un ordre social où la richesse et le pouvoir sont concentrés entre les mains de
quelques-uns, alors que les véritables artisans du progrès sont ignorés.
Le philosophe des Lumières
Héritier de l’humaniste de la Renaissance et de l’honnête homme du XVIIe siècle.
Défini dans l’Encyclopédie comme quelqu’un pour qui « rien de ce qui est humain
ne lui est étranger ».
Il applique un esprit clair et rigoureux à l’analyse de tous les aspects du monde :
société, politique, religion, connaissances, comportements.
Il est :
o Guidé par la raison, c’est-à-dire la capacité à réfléchir et juger,
o Plein d’humanité, tourné vers les autres,
o Engagé, prêt à affronter la censure, la prison, l’exil, ou la destruction de son
œuvre (exemples : Voltaire, Diderot).
Un combat pour une société meilleure
Le philosophe conteste pour reconstruire.
Son but est de remplacer le fanatisme, la superstition et l’arbitraire par une
organisation :
o Juste
o Rationnelle
o Raisonnable
Il veut toujours défendre l’être humain dans son contexte social, avec esprit
critique, rigueur et générosité.
Le XIXe siècle : Contexte historique,
progrès et littérature
1) Contexte historique : une France en perpétuelle transformation
Le Premier Empire (1804-1815)
Bonaparte devient Napoléon Ier le 2 décembre 1804.
Il mène une politique d’organisation intérieure et de conquêtes extérieures.
Sa gloire forge le mythe napoléonien, notamment chez la jeunesse.
L’effondrement de l’Empire (1815)
Défaite de Waterloo le 18 juin 1815 face à la coalition anglo-prussienne.
L’Empire s’écroule, et avec lui les ambitions d’une génération. La Restauration
débute.
La Restauration (1815-1830)
Retour de la monarchie avec Louis XVIII (1815-1824), puis Charles X.
Impossible de revenir totalement à l’Ancien Régime : les mentalités ont changé.
Les Trois Glorieuses (1830) et la Monarchie de Juillet
Révolte de juillet 1830 chasse Charles X.
Louis-Philippe devient roi : monarchie plus libérale, mais dominée par les bourgeois
et banquiers.
La Révolution de 1848
Héritière de 1789 : abolition de la censure, de l’esclavage, de la peine de mort.
Instauration du suffrage universel.
La Seconde République est de courte durée : coup d’État de Louis-Napoléon
Bonaparte en 1851.
Le Second Empire (1852-1870)
Régime autoritaire, réprimant l’opposition.
Développement d’ambitions extérieures et de projets intérieurs structurants.
La guerre franco-prussienne (1870) et la Commune
Défaite à Sedan, chute du Second Empire.
Commune de Paris violemment réprimée (1871).
Naissance de la Troisième République.
L’enracinement de la République (1871-1900)
Malgré crises politiques et scandales, la République s’installe durablement.
Progrès économique, scientifique et industriel marquent cette période.
2) Un siècle de progrès scientifique et technique
Machine à vapeur : moteur du développement industriel.
Tour Eiffel (1886) : symbole de l’ingénierie moderne (Gustave Eiffel).
Pasteur : vaccin contre la rage, pasteurisation.
Koch : découverte du bacille de la tuberculose (1882).
Découvertes majeures : rayons X, anesthésie, phonographe.
Claude Bernard fonde la méthode expérimentale.
Naissance de la pensée positiviste : la science au service du progrès matériel, moral et
social.
3) La littérature du XIXe siècle : miroir des bouleversements
Déceptions et désillusions
1815 marque la fin des ambitions nées sous Napoléon.
La Restauration déçoit une génération bercée d’idéaux de gloire.
La littérature devient refuge, compensation face à l’échec politique et social.
Un artiste en décalage avec son temps
Les écrivains oscillent entre :
o L’introspection lyrique (individualisme, expression des sentiments).
o L’observation sociale (compassion, dénonciation des injustices).
Le moi devient central : les passions personnelles pallient les désillusions collectives.
L’écrivain engagé
Certains auteurs se sentent responsables de témoigner pour les pauvres et les exclus.
La littérature devient un instrument de salut :
o Pour soi (écrire pour se consoler),
o Pour les autres (donner la parole aux oubliés).
Une esthétique renouvelée
Les formes classiques (alexandrin, tragédie) jugées inadéquates.
Le romantisme ouvre la voie à une littérature plus libre, plus proche du cœur et de la
réalité.
En parallèle, le réalisme émerge, soucieux de décrire la vie quotidienne avec
précision.
Le Romantisme : un mouvement du cœur et de l’âme
1. Le contexte : le mal du siècle
Le Romantisme naît d’un profond malaise existentiel, appelé « mal du siècle », ressenti par
les premières générations du XIXe siècle. Ce sentiment d’incertitude, de déception et de
nostalgie provient du contraste entre les idéaux de liberté issus de la Révolution et les réalités
politiques conservatrices du siècle. Il se manifeste par une alternance de mélancolie et d’élans
passionnés.
2. Les grandes caractéristiques du Romantisme
L’exaltation du moi :
Les écrivains mettent en avant leurs sentiments personnels. Le "je" lyrique devient
central, surtout en poésie, où l’écriture devient introspective, une forme d’analyse et
de confession.
Le lyrisme et la nature :
La nature est vue comme une confidente, miroir de l’âme du poète. Les saisons, le
temps qui passe (surtout l’automne) deviennent des thèmes de méditation sur la vie,
la solitude, et la mort.
La quête d’évasion :
Les Romantiques fuient la réalité par :
o le voyage : pour fuir l’ennui et la douleur ;
o le rêve et la mémoire : en se plongeant dans leurs souvenirs ou un monde
imaginaire ;
o le passé historique : Moyen Âge, Renaissance, époques jugées plus
authentiques.
La liberté artistique :
Le romantisme brise les règles classiques : la poésie s’assouplit, le théâtre
s’affranchit de la règle des trois unités et du bon goût classique.
3. Le héros romantique
Il est tiraillé entre ses idéaux et la société. Épris de liberté, souvent solitaire, il se sent
incompris, mal adapté au monde moderne, et poursuit des rêves inaccessibles. Il incarne le
mal du siècle, entre grandeur d’âme et souffrance.
En résumé, le Romantisme est un mouvement centré sur l’émotion, la liberté et l’évasion,
dans un monde que les artistes jugent trop froid et rationnel. Il marque une révolution
littéraire et une libération du moi.