02/12/2021
Thème : la place des
institutions financières
dans le risque d’évasion
fiscale
MASTER 2 BANQUE - FINANCE
NOM DE L’ETUDIANTE:
BOUANGA TALIANE Richy
PrinciaSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
SSSSSSSSSSSSSSSSSSVBBNNNNN
JH
SOUS LA DIRECTION DE : Mr. EYOUGHA Pamphile
PLAN :
Introduction
I/ la notion d’évasion fiscale
II/ la relation existante entre les institutions
financières et les paradis fiscaux
III/ Le Rôle des autres institutions financières
dans l’évasion fiscale et soutien aux inégalités
IV/ Rôle des banque dans le risque d’évasion
fiscale
V/ l’imposition du secteur financier et le vrai
taux de contribution fiscale des banques
Conclusion
Introduction
une institution financière est une institution publique ou privée, qui assure une
mission économique ou financière et qui fournit des services financiers à ses clients.
Les institutions financières privées sont en général tributaires d'une reglementation
fonctionnel édictée par les autorités financières. Les institutions financières participent
au financement de l'économie par l'octroi de prêts. Les banques de voient de plus en
plus contraires à participer à la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Il s’agit des
flux financiers illicites. Ce travail s’accentue sur le rôle des banques et des acteurs
financiers dans l’évasion des ressources financières en ses conséquences fiscales et
sur les équilibres économiques ainsi que sur l’efficacité du dispositif législatif, juridique
et administratif destiné à le combattre ».
L’expression « flux financiers illicites » (FFI) est un terme général qui renvoie à la fois
au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme, ainsi qu’à d’autres
mouvements illégaux de fonds. Le Panel de haut niveau Union africaine-CEA (HLP)4
sur les FFI définit les FFI comme des fonds illégalement gagnés, transférés ou utilisés.
Cette définition adapte celle de Baker (2005) : «de l’argent transféré de manière
illégale et utilisée de manière illégale ». La définition des FFI de Baker a été adoptée
par les Nations Unies, Global Financial Integrity et la Banque mondiale, entre autres.
Il s’agit de flux de fonds (sans trace écrite pour la plupart) qui contreviennent aux lois
en vigueur dans leur lieu d’origine ou lors de leur mouvement ou utilisation, et sont par
conséquent considérés comme illicites. Ils proviennent principalement du produit de
vols, de pots-de-vin et d’autres formes de corruption par les responsables
gouvernementaux et du produit d’activités criminelles, dont le trafic de stupéfiants, le
racket, la contrefaçon, la contrebande et le financement du terrorisme ; et aussi) du
produit d’évasion fiscale et d’opérations commerciales blanchies. Ainsi, pour ce qui
est de la définition, on s’accorde sur le fait que le flux d’argent qui, par son origine,
son mouvement ou son utilisation, a enfreint la loi est considéré comme illicite.
Selon le rapport du Panel de haut niveau (HLP), les FFI en provenance d'Afrique
émanent habituellement de trois sources de la corruption, notamment l'argent acquis
par la corruption et les abus de pouvoir par les fonctionnaires du secteur public et les
responsables du secteur privé ,les activités criminelles, allant du trafic des personnes
et des drogues, à la contrebande d’armes, en passant par la fraude dans le secteur
financier, qui se traduit notamment par les prêts non autorisés ou non garantis, le
blanchiment de capitaux, la manipulation boursière et la falsification pure et simple; et
les activités commerciales résultant des actes liés aux affaires et ayant plusieurs
objectifs, notamment la dissimulation de richesses, la fuite ou l'évitement agressif des
impôts et l'élimination des droits de douane et des prélèvements fiscaux intérieurs.
Certaines des activités commerciales les plus techniques liées notamment à la
fiscalité sont appelées pratiques d'érosion de la base d'imposition et de transfert de
bénéfices, en particulier dans le cadre de l'OCDE. Parmi les autres, les FFI, par le
biais des activités commerciales, se produisent à travers les moyens suivants: la
falsification de prix, la mauvaise facturation des services et des biens intangibles, les
prix de transfert et les contrats inégaux, en particulier dans le cadre des contrats
d'extraction de ressources qui sont conclus dans le secret et alimentés par des pots
de vin avec pour objectif de contourner les dispositions juridiques en vigueur
concernant le paiement des redevances et des impôts
Bien que l'on s'accorde généralement sur le fait que la falsification des prix des
importations et des exportations et la mauvaise facturation des services et des actifs
intangibles sont des sources claires de flux financiers illicites, une grande partie du
débat sur les FFI à motivation fiscale est axée sur la formulation et l'application de la
réglementation des prix de transfert, leurs lacunes et la façon dont ces dispositions
sont exploitées à des fins d'évasion fiscale et d'évitement fiscal, en particulier dans le
cadre du principe de pleine concurrence. Le principe de pleine concurrence est une
norme internationale qui compare les prix de transfert facturés entre des entités liées
aux prix dans des transactions similaires effectuées entre des entités indépendantes
selon le principe de pleine concurrence. Toutefois, la mise en œuvre effective du
principe de pleine concurrence dépend de la disponibilité de données comparables
sur les biens et les services.
Les paradis fiscaux sont devenus une infrastructure clé de la circulation des flux
financiers internationaux (Chavagneux et Palan, 2017). Les grandes banques du
monde entier, françaises incluses, sont aujourd’hui dépendantes de ces territoires.
Elles y organisent de fructueuses stratégies d’optimisation fiscale agressive, pour
elles-mêmes et leurs clients. Mais leur présence dans ces centres offshore va au-delà
des questions fiscales : elle accroît l’instabilité financière internationale, une dimension
sous-estimée. Les deux points avaient été parfaitement identifiés par le G20 de
Londres d’avril 2009 qui a posé les bases d’une nouvelle régulation financière
mondiale. Mais si les avancées sont réelles sur la remise en cause des pratiques
fiscales douteuses, la lutte contre l’instabilité financière nourrie par les paradis fiscaux
est restée lettre morte.
I/ la notion d’évasion fiscale
L’optimisation de la charge fiscale des entreprises veut que les centres de coûts soient
localisés dans les pays à taux d’imposition comparativement élevé, les centres de
profits là où ils sont relativement faibles.
La mise en œuvre de cet arbitrage peut être plus ou moins facile en raison des
contraintes qui peuvent s’exercer sur lui : mobilité des facteurs, effets des variables
non fiscales, de nature réglementaire (par exemple le contrôle des flux de capitaux ou
des changes) ou économiques (les autres coûts).
Toutefois, les ressources financières échappent, et de plus en plus, au poids de ces
contraintes.
Les règles limitant les flux financiers ont été largement désactivées. Par ailleurs, leur
mobilité est, techniquement, quasiment parfaite puisqu’en particulier les richesses
financières peuvent être gérées à distance par une main d’œuvre qui, pour être
souvent plus mobile que d’autres, n’a pas à occuper systématiquement une position
de proximité avec son outil de travail. Enfin, en dépit de l’existence de risques
internationaux spécifiques, comme ceux résultant du manque d’un système monétaire
international géré, la perception que des techniques de réduction du risque
immunisent contre celui-ci s’est largement répandue.
Il faut à cet égard souligner l’événement majeur qu’a représenté l’intégration régionale,
en particulier en Europe, pour la constitution d’espaces financiers intégrés. La création
de l’euro n’a pas suffi à offrir toutes garanties à ce propos puisqu’aussi bien sa
pérennité, au moins dans le schéma actuel de la zone euro, est régulièrement remise
en cause. Néanmoins, en éliminant le risque de change entre les pays de la zone euro
elle a favorisé la circulation financière entre les espaces unis monétairement mais
restés fiscalement hétéroclites.
En cela, l’euro a créé un contexte monétaire susceptible de renforcer l’arbitrage fiscal
tout particulièrement dans le champ des opérations et positions financières.
La «gestion» de l’impôt par les entreprises consiste selon les réponses adressées au
questionnaire de votre rapporteur à s’assurer de leur conformité fiscale.
Peu de réponses, mais il en existe quelques-unes, font l’état d’un objectif de réduction
de la charge fiscale.
Celui-ci est pourtant présenté par la doctrine, majoritairement issue des cabinets
fiscalistes, comme une contrainte incontournable et légitime, la maximisation du
rendement du capital après impôts répondant à l’intérêt des actionnaires et se trouvant
être une nécessité dans un monde économique présenté comme concurrentiel
II/ la relation existante entre les institutions
financières et les paradis fiscaux
Les liens entre les banques et les paradis fiscaux faisaient déjà l’objet d’un débat
politique en France au début du XXe siècle. L’une des techniques favorites des
fraudeurs consiste alors à ouvrir un compte joint dans une banque étrangère pour
échapper à l’impôt sur les successions : le co titulaire du compte peut faire ce qu’il
veut, discrètement du contenu au décès de l’autre détenteur. La loi impose que les
fonds ou les titres déposés dans un tel compte soient déclarés, mais c’est loin d’être
toujours le cas. Les plus aisés s’appuient pour cela sur les banquiers, en particulier
étrangers, et deux pays ressortent, la Belgique et, surtout, la Suisse. Les
établissements de Genève, de Bâle, de Lausanne et de Zurich n’hésitent pas à faire
de la publicité dans les journaux français pour louer leur opacité et attirer le chaland
français. Le comportement de la Suisse et plus généralement les pratiques de fraude
et d’évasion fiscale sont alors régulièrement dénoncés dans les débats parlementaires
juste avant la Première Guerre mondiale (Chavagneux, 2016).
Après la Seconde Guerre mondiale, la dimension financière s’ajoute à la dimension
fiscale. En 1957, la création du marché des eurodollars – des dollars déposés et prêtés
par les banques en dehors du territoire des États-Unis – apporte une innovation
majeure : la Banque d’Angle- terre permet que des transactions financières réalisées
à Londres, entre deux non-résidents, dans une devise autre que la livre sterling, soient
exemptes de tout contrôle réglementaire de sa part. Comme ce marché se développe
en Angleterre, les autorités monétaires américaines ne peuvent y exercer quelque
contrôle que ce soit.
La naissance du marché des eurodollars marque ainsi, bien avant la fin officielle du
système de Bretton Woods au début des années 1970, le premier pas de la période
de mondialisation financière telle que nous la connaissons encore aujourd’hui : celle
d’une circulation des capitaux offshore, sans contrôle public. C’est en devenant des
acteurs centraux du marché des eurodollars que les paradis fiscaux vont acquérir le
rôle prédominant qu’ils jouent aujourd’hui dans la finance et les investissements
internationaux.
Le brillant journaliste économique britannique Paul Einzig (1964) comprend dès le
début que le marché des eurodollars sert, déjà, des comportements fiscaux douteux.
Il établit également clairement que Londres est devenu un paradis réglementaire pour
les banques qui l’utilisent pour des activités spéculatives sur les marchés des
changes. Les banques britanniques développent alors leurs stratégies à partir de
Jersey, Guernesey, l’Île de Man. Les banques américaines et canadiennes installent
leurs filiales à Londres, mais s’aperçoivent vite qu’elles peuvent bénéficier des mêmes
avantages en s’établissant dans les territoires d’outre-mer britanniques (Bahamas,
Bermudes, îles Caï- mans) sans décalage horaire avec la côte Est américaine. Toutes
ces « petites îles » situées à proximité des grands centres financiers commencent
ainsi à prendre leur place dans la mondialisation financière.
III/ Le Rôle des autres institutions financières dans
l’évasion fiscale et soutien aux inégalités
Les banques ne sont pas les seules institutions à jouer un rôle dans la l’évasion fiscale
Mais les opérations d’emprunts-prêts ne recouvrent pas, de loin, la totalité des enjeux
financiers de l’offshore, non plus que les banques n’en sont les seuls vecteurs.
Il faut y ajouter les activités non bancaires (qui souvent impliquent les banques elles-
mêmes) dont un recensement exhaustif n’est pas accessible mais qui apparaissent
comme s’étant considérablement développées.
Quelques indices relevés par le CPO peuvent être cités :
• La moitié, au moins, des hedge funds sont domiciliés dans les paradis fiscaux. Les
hedge funds sont domiciliés offshore mais les équipes restent basées dans les pays
développés.
• Les « captives d’assurance », filiales qui ont pour objet de fournir des produits
d’assurance couvrant les seuls risques du groupe (auto assurance en quelque sorte)
(pour 20 %, elles relèvent d’établissements du secteur financier, 80% d’entre elles
couvrant les risques des entreprises
De plus, Les banques ne sont pas les seuls intermédiaires qui permettent aux
particuliers et aux entreprises d’éviter les impôts. Les Panama Papers et les Paradise
Papers ont bien montré que les clients des paradis fiscaux recourent à un ensemble
de cabinets de conseils spécialisés agissant comme les maîtres d’œuvre d’un chantier
global associant banquiers et professionnels du droit et du chiffre. Dans ce monde de
l’opacité, on ne dispose que d’estimations sur les coûts que font porter aux budgets
publics de telles pratiques. Pour l’économiste français Gabriel Zucman (2017), 350
MdA de recettes fiscales sont perdues dans le monde chaque année (120 MdA pour
l’Union européenne ; 20 MdA en France, contre une estimation généralement située
dans la fourchette 60-80 MdA) du fait des pratiques des particuliers et des entreprises.
Au niveau mondial, un peu plus de 40 % des profits de multinationales et 8 % de la
richesse financière des ménages seraient ainsi enregistrés dans les paradis fiscaux.
L’universitaire, à juste titre soucieux de ne pas en rajouter, indique souvent que ses
estimations sont prudentes et correspondent plutôt à une fourchette basse.
L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a fourni
une estimation en octobre 2015 des pertes de recettes d’impôt sur les sociétés dans
le monde, soit entre 100 Md$ et 240 Md$ (entre 4 % et 10 % du total). Mais Pascal
Saint-Amans, le négociateur en chef sur ces sujets, soulignait « un choix d’hypothèses
très conservatrices », une estimation officieuse de l’OCDE indiquant quelques mois
auparavant un montant plus proche de 500 Md$ à 600 Md$, un quart de l’impôt sur
les sociétés. Une étude des Nations unies (Cobham et Janský, 2017) confirme cet
ordre de grandeur de l’ordre de 500 Md$, rien que pour les entreprises.
Les différentes affaires mises sur le devant de la scène ces dernières années par un
journalisme d’investigation de plus en plus mondialisé (96 médias dans 67 pays
mobilisés pour les Paradise Papers) ont montré une forme de « démocratisation » du
recours aux paradis fiscaux : des patrons de PME, des professions libérales, des
cadres internationaux et très souvent des représentants de l’Église ayant trouvé un
accès plus rapide au paradis, des entreprises moyennes.
Pour autant, les plus gros montants concernent les plus riches et les plus grandes
entreprises. Les banques qui facilitent l’utilisation des paradis fiscaux contribuent donc
à l’accroissement des inégalités entre les entreprises au détriment des plus petites.
Mais également entre les particuliers, en permettant aux plus fortunés d’échapper à
l’impôt et en leur offrant des possibilités de placement rémunérateur sur des montants
importants.
Selon Alstadsæter et al. (2017), les plus fortunés n’utilisent pas les paradis fiscaux
avec la même intensité. Les Coréens du Sud y auraient peu recours, dissimulant
l’équivalent de 1,2 % de leur PIB (produit intérieur brut), un montant qui passe à près
des trois quarts aux Émirats Arabes Unis. Si l’on se concentre sur les vieux pays
industrialisés, les riches Européens continentaux apparaissent comme de gros clients
avec, en moyenne, l’équivalent de 15 % du PIB qui serait dissimulé offshore.
L’étude redessine alors le niveau des inégalités dans les pays : quand les plus fortunés
recourent aux paradis fiscaux, la part de la richesse nationale qu’ils détiennent est
sous-évaluée par les déclarations officielles. Si l’on se concentre sur la France,
l’utilisation des paradis fiscaux par les riches Français apparaît bien plus importante
aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. En 2014, les 0,01 % les plus fortunés
concentreraient 4,6 % de la richesse privée, au lieu des 2,8 % estimés en utilisant les
déclarations fiscales. Les Américains détiennent également une part importante de
leur fortune dans ces territoires (7,3 % du PIB). Mais le niveau des inégalités est déjà
tel que réintégrer la part de la fortune détenue offshore accroît peu les écarts. À
l’inverse, pour les pays, comme la France, dont les institutions permettent une
meilleure maîtrise des inégalités, l’utilisation des paradis fiscaux représente une
remise en cause plus profonde de notre modèle social et démocratique.
L’OCDE développe une action mondiale incitant à une réduction de l’utilisation des
paradis fiscaux à des fins d’optimisation fiscale agressive. Une action internationale
pourrait également inciter les banques à moins utiliser ces territoires, diminuant
d’autant leurs prises de risque avec des conséquences positives pour la stabilité
financière mondiale et la réduction des inégalités
IV/ Rôle des banque dans le risque d’évasion fiscale
Les institutions financières exercent une importante fonction d’alerte dans la lutte
contre les transactions suspectes, l’évasion fiscale et les pratiques de blanchiment.
Les institutions financières des pays voisins de la Belgique ne remplissent pas ce rôle.
Le secteur insiste bien sur la différence entre la fraude financière, qui est illégale par
définition et l’optimisation fiscale, un service qui est tout à fait légal. Dans la lutte contre
la fraude par internet, le secteur financier encourage les consommateurs à faire
preuve de vigilance dans la communication de données personnelles et financières .
Un des phénomènes majeurs de la finance contemporaine est l’émergence de
groupes financiers gigantesques, too big to fail ou encore « systémiques », aux bilans
supérieurs à ceux des Etats parmi les plus développés, bénéficiant d’un pouvoir
prescriptif, sinon normatif, et jouissant à ce titre, des avantages retirés des situations
d’aléa moral.
La complexité des groupes financiers accompagne ce gigantisme sur une échelle
planétaire.
La considération du nombre des entités réunies par ces banques est un indice parmi
d’autres de cette situation.
Le nombre des filiales de premier rang varie selon les banques mais ressort comme
toujours élevé.
Si l’on ajoute les filiales de filiales, ou les participations, on aboutit au constat que le
périmètre de chaque établissement est à peu près impossible à déterminer d’autant
que des structures opaques peuvent échapper à tout recensement tandis que de leur
côté les banques éliminent du camp de leur consolidation comptable des entités
jugées par elles peu significatives (pratique qui n’est pas sans poser de problèmes) et
ne répondant pas à ce qu’elles appellent leur critère de matérialité (voir infra).
Des données disponibles, on peut extraire celles qui correspondent à des filiales
situées à l’étranger. Des 6 000 filiales de premier rang des treize premiers groupes
bancaires européens, 55 % sont localisées à l’étranger. Sur les 30 000 filiales allant
jusqu’au dixième rang, 60 % sont étrangères.
L’internationalisation des banques a été considérable dans les vingt-cinq dernières
années.
Elle se manifeste par la forte croissance des activités financières transfrontières dont
témoignent différents indicateurs.
Les prêts aux non-résidents représentent désormais 30 % des prêts au secteur non-
financier, proportion en forte croissance.
Le secteur financier intervient en tant qu’intermédiaire entre les acteurs financiers et
économiques, les citoyens et les pouvoirs publics. Il facilite la majorité des flux
financiers, comme lors de la perception de certains impôts, comme la retenue du
précompte mobilier ou du précompte professionnel. Dans les pays voisins de la
Belgique, les secteurs financiers ne remplissent pas ce rôle et ils ne doivent par
conséquent pas intervenir en cas d’évasion fiscale. Le secteur financier souhaite
évoluer vers un système dans lequel la perception des impôts se fera via des canaux
alternatifs (par exemple, via la déclaration fiscale). Il consentira des efforts
supplémentaires en matière d’échange d’informations, mais il pourra réaffecter les
fonds opérationnels pour une meilleure prestation de services financiers.Les
institutions financières aident leurs clients à optimiser leurs flux financiers pour qu’ilsz
puissent bénéficier de conditions aussi avantageuses que possible sur le plan fiscal.
Il est toutefois important de souligner qu’il existe une grande différence entre
l’optimisation fiscale et la fraude fiscale.
Les institutions financières exercent une importante fonction d’alerte dans la lutte
contre la fraude et les pratiques de blanchiment. Elles ont l’obligation de signaler les
transactions et personnes suspectes à la Cellule de Traitement des Informations
Financières (CTIF), une autorité administrative indépendante avec des experts
juridiques et financiers et un officier supérieur de la police fédérale chargé de la lutte
contre et de la prévention du blanchiment.
En 2011, les institutions financières ont été à l’origine de 3.831 signalements,
représentant 19,2 % du nombre total de signalements introduits.
Les bureaux de change ont signalé le plus grand nombre de transactions suspectes :
12.364, soit 61,8 %.
Les institutions financières sont également légalement tenues de conserver les
données bancaires et de mettre en place des procédures internes permettant de
faciliter la détection des transactions suspectes.
Dans les prochaines années, la législation belge anti-blanchiment sera évaluée par
différentes institutions internationales. Les deux prochaines années, le Groupe
d’Action Financière (GAFI) évaluera comment la Belgique a implémenté ses
recommandations pour lutter contre le blanchiment. Parallèlement, l’UE votera une
nouvelle directive anti-blanchiment pour mieux appréhender l’évolution de ce
phénomène. Cette nouvelle directive concernera principalement la vigilance des
institutions financières à l’égard de leurs clients, la recherche des bénéficiaires
effectifs et les relations d’affaires.
V/ l’imposition du secteur financier et le vrai taux de
contribution fiscale des banques
Le taux d’imposition des bénéfices des entreprises du secteur financier a suscité des
débats au sein des commissions d’enquêtes..
Il est important en soi et offre un aperçu sur les questions fiscales du moment: l’effet
de l’internationalisation des groupes sur leur taux de contribution dans un monde
fiscalement fractionné, la répartition des droits d’imposer entre les Etats, l’impact de
l’emploi de « leviers » financiers pour gérer la charge fiscale des entreprises.
Surplombant ces problèmes, il ressort qu’un considérable besoin de clarification reste
à satisfaire.
L’appréciation précise du taux d’imposition des banques à l’impôt sur les sociétés vise
à identifier les prélèvements sur les bénéfices qu’elles supportent en tant que
personnes morales.
Cette question répond à une préoccupation générale concernant l’équilibre entre leurs
contributions et leurs capacités contributives renouvelée à l’occasion de la crise
financière et de ses effets systémiques sur la collectivité publique ; ceux-ci sont
passés par l’octroi de soutiens directs aux banques par les autorités publiques (Budget
et autorités monétaires), ainsi que par des pertes de production et d’opportunités
exerçant des effets en retour sur les budgets des autres agents économiques. Dans
ces conditions, la considération des prélèvements sur les banques est aussi à
considérer sous l’angle d’un meilleur équilibre entre les profits privés et les coûts
publics reportés sur les tiers dans la crise.
La question a été abordée par le CPO mais avec des conclusions contrastées et
surtout une communication ambivalente sur les conclusions des études alors publiées.
Le rapport principal fait ressortir des résultats intéressants mais qui sont présentés
sous une forme banalisée. Les rapports « associés », dont principalement le rapport
n° 3 dont votre commission a auditionné l’un des auteurs, met davantage en exergue
la différenciation entre les résultats des banques et leurs contributions à l’impôt sur
les sociétés.
Le taux implicite d’imposition des banques qui n’est appréciable que moyennant
beaucoup d’appréciations dans les conditions actuelles de l’information, semble
s’écarter sensiblement de son taux théorique, en raison de l’essor des activités
internationales mais aussi de choix financiers et fiscaux aboutissant à une optimisation
qui doit susciter des investigations adaptées.
Un écart important entre taux théorique et taux effectif d’imposition qui appelle des
éclaircissements
Le taux implicite d’imposition des banques est l’objet d’une discussion qui, pour
résulter de la subtilité des règles d’imposition des entreprises financières, traduit un
défaut de transparence qu’il faut corriger.
Les impositions sur lesquelles les banques communiquent n’ont qu’un rapport lointain
avec leurs contributions effectives.
L’écart entre recettes bruttes et recettes nettes d’imposition des sociétés est
considérable pour le secteur financier qui est le secteur où l’écart entre ces deux
grandeurs est le plus élevé puisque in fine le secteur n’acquitte que 49 % des
cotisations brutes depuis 2009.
Le taux s’établit à 37 % pour les banques et à 38 % pour les assurances.
Cet écart provient sans doute beaucoup des effets de la législation fiscale.
Soit par « l’intégration fiscale intertemporelle » qu’offre le régime des reports de
déficits, soit par des dispositions particulières impliquant des restitutions d’impôts,
celle-ci donne aux entreprises du secteur l’occasion de moduler leurs décaissements
fiscaux en considération de différentes situations de nature économique ou fiscale.
Les chefs de modulation les plus conséquents concernent les reports de déficit en
avant et en arrière (dans ce dernier cas, modifié en 2011 dans un sens restrictif), le
régime de l’intégration fiscale, les créances sur l’administration fiscale au titre de
différents crédit d’impôt mais aussi les crédits d’impôts étrangers.
Ceux-ci exercent des effets sur la répartition des contributions entre les pays où les
banques sont imposées.
Mais d’autres facteurs doivent être considérés.
Ainsi en va-t-il de l’internationalisation des banques qui exerce des effets complexes
sur leur imposition, les uns, de composition, en lien avec des écats de taux
d’imposition entre Etats, les autres, plus opaques.
La répartition internationale des impôts payés par les entreprises financières n’est pas
connue, ce qui a justifié l’intervention du Parlement déjà mentionnée.
Cependant , cette affirmation n’est pas exacte.
Dans le cadre de la mission de rapporteur de la commission d’enquête sur l’évasion
fiscale des données de cette nature lui avaient été fournies. Il est d’ailleurs impensable
que des entreprises de cette puissance ne suivent pas des indicateurs aussi triviaux.
Par ailleurs, même si elle appelle l’attention sur la qualité des informations transmises,
l’ACPR dispose de statistiques sur le PNB bancaire et sur les résultats des
implantations étrangères qui sont suivies par elle.
Votre rapporteur a interrogé les plus grandes banques sur certains aspects de la
répartition de leurs résultats, en particulier sur les résultats réalisés dans les pays
mentionnés sur une liste représentative de juridicitions offshore.
Il s’est vu répondre que les banques ne publiaient pas de résultats de cette sorte, ce
dont tout un chacun peut s’apercevoir.
Les banques interrogées suggèrent n’être pas en mesure de fournir ces données
avant le déroulé du calendrier prévu par le loi bancaire
Enfin, l’affirmation des banques suppose qu’elles seraient déliées de toutes
obligations comptables ou fiscales dans les pays sous revue, ce qui, en dépit de leurs
singularités, n’est pas sysématiquement exact (non plus d’ailleurs que crédible).
Votre rapporteur déplore vivement ce qui constitue une forme de recul de la
transparence particulièrement paradoxal alors que le Parlement vient de manifester
sa claire volonté de voir celle-ci progresser.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’un taux implicite d’imposition structurellement plus
faible associé aux caractéristiques d’une activité financière de plus en plus
internationalisée doit être considérée comme jouant un rôle important dans le
décrochage entre les profits et les contributions des banques.
Selon les données de l’OCDE, le taux implicite d’imposition des banques se serait
élevé en moyenne à 20 % dans les années 1999-2009. Les niveaux varient cependant
beaucoup entre pays.
Conclusion :
En somme, La lutte contre l’évasion fiscale n’accomplira de progrès significatifs qu’à
condition que les intermédiaires indélicats comprennent qu’ils seront traités avec la
même sévérité que les fraudeurs eux-mêmes. A cet égard, la commission d’enquête
exprime une nette préférence pour les dispositions législatives et réglementaires
contraignantes par rapport aux déclarations de bonnes intentions, codes de bonne
conduite et autres «relations améliorées » avec l’administration – qui tardent à
produire leurs effets au- delà de la rhétorique. De plus, il convient de rappeler que si
les banques, sociétés de conseil fiscal et autres sites Internet se jouent aisément des
frontières et des régimes juridiques, les individus, eux, sont bien présents sur un
territoire donné – et souvent le nôtre : c’est sur ces derniers que doit se porter l’effort.
A la multiplication des initiatives et réflexions sur le sujet, la commission d’enquête
préfère insister sur quelques propositions fortes et concrètes, destinées à renforcer
l’arsenal fiscal et judiciaire utilisable contre les intermédiaires. Certaines d’entre elles
du fait de la superposition des agendas sont en cours d’examen dans le cadre de
projet de loi contre la fraude fiscale mais dans un format qui mériterait parfois d’être
élargi.
C’est d’abord à l’administration fiscale qu’incombe la tâche d’agir contre les
facilitateurs d’évasion fiscale: à cette fin, la commission d’enquête soutient la mise en
place d’un dispositif du type « FATCA » à l’échelle européenne et d’un système de
déclaration préalable obligatoire des schémas d’optimisation fiscale, ainsi qu’une
réorientation des outils et priorités du contrôle fiscal. Cependant, les moyens dont
dispose l’administration fiscale apparaissent vite trop limités, rendant impératif de
confier à l’autorité judiciaire un rôle plus important dans la lutte contre les complices
de la fraude fiscale.