0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues3 pages

N°1 Olympes de Gouges

la ddfc

Transféré par

julie.nerat
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues3 pages

N°1 Olympes de Gouges

la ddfc

Transféré par

julie.nerat
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1ER MOUVEMENT : INTERPELLER L’HOMME POUR LE DÉFIER ET LE PLACER FACE À LA RÉALITÉ

Dès le premier mot, Olympe de Gouges interpelle directement l’homme avec l’apostrophe
« Homme », qui sert à désigner son adversaire avec force. Elle emploie le tutoiement, visible dans
le pronom personnel « tu » ou le déterminant possessif « tes », pour marquer une égalité
apparente entre elle et lui, mais surtout pour renforcer l’effet d’interpellation directe, ce qui donne
un ton plus incisif et familier, accentuant la violence de son reproche.

Elle poursuit avec une interrogation rhétorique : « Es-tu capable d’être juste ? ». Il s’agit d’une
interrogation totale (avec inversion du sujet), mais surtout d’une question oratoire, car l’auteure
n’attend pas de réponse : elle met en doute la capacité de l’homme à rendre justice, ce qui le
place sur la défensive.

Puis, elle affirme : « C’est une femme qui t’en fait la question », une formule provocatrice qui
introduit une antithèse entre « femme » et « homme », servant à souligner l’opposition injuste
entre les deux sexes et à renverser le rapport de force traditionnel. Le fait que cette phrase soit
courte et isolée accentue son ton de dé .

Quand elle ajoute : « Tu ne lui ôteras pas du moins ce droit », l’énoncé est formulé en négation
totale (« ne… pas » autour du verbe « ôter »), pour défendre un droit fondamental : la liberté
d’expression. Le futur simple (« ôteras ») montre la certitude de cette résistance. L’expression « du
moins », quant à elle, relativise l’optimisme, comme si l’auteure ne pouvait pas croire totalement
en la justice de l’homme.

En n, avec la question oratoire « Dis-moi ? », Olympe de Gouges relance la confrontation, en


insistant sur l’hypocrisie de l’homme qui veut interdire aux femmes ce qu’il réclame pour lui-
même : la parole.

Elle enchaîne ensuite une série de trois questions pour renforcer son attaque :
• « Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? » est une interrogation rhétorique qui
met en lumière l’illégitimité de la domination masculine. On note ici un champ lexical de la
tyrannie avec les mots « souverain », « empire », « opprimer », « empire tyrannique », qui montrent
que le pouvoir masculin est injuste, arbitraire et violent.
• Par l’expression « mon sexe », Olympe de Gouges parle au nom de toutes les femmes. Elle ne
se présente pas comme une personne individuelle, mais comme porte-parole collective, ce qui
renforce la portée universelle de son discours.

Elle interroge ensuite l’origine de ce pouvoir masculin en demandant si ce droit vient de la


« force » ou des « talents », ce qui implique une fausse alternative, car ni la force physique ni les
capacités intellectuelles ne justi ent une telle supériorité.

Elle utilise ensuite plusieurs impératifs : « Observe », « parcours », « donne-moi », qui sont des
injonctions fortes montrant une volonté de reprendre l’autorité dans l’argumentation. Olympe de
Gouges inverse le rapport de pouvoir : elle donne des ordres à l’homme, ce qui constitue un
renversement symbolique de la domination.

Puis elle construit un parallélisme syntaxique :


« Observe le créateur dans sa sagesse » / « parcours la nature dans toute sa grandeur ». Cette
structure symétrique met en valeur deux entités supérieures (Dieu et la nature), qui agissent avec
sagesse et harmonie, contrairement à l’homme, ce qui renforce la critique indirecte de son
comportement.

En n, elle conclut ce premier mouvement avec une hypothèse :


« Si tu l’oses ». La proposition subordonnée de condition introduite par « si » est une provocation.
L’auteure sait que l’homme ne pourra trouver aucun exemple naturel de domination
du mâle sur la femelle, ce qui prouve l’incohérence de son comportement. Cette structure
hypothétique est donc ironique et accusatrice.
fi
fi
fi
fi
2E MOUVEMENT : FAIRE L’ÉLOGE DE LA NATURE POUR MIEUX BLÂMER LE COMPORTEMENT DES
HOMMES

Dans cette partie, Olympe de Gouges insiste sur l’observation de la nature comme modèle de
justice et d’équilibre.

Elle multiplie les impératifs : « Remonte », « consulte », « étudie », « jette un coup d’œil ». Ces
verbes montrent une démarche scienti que, une invitation à observer objectivement le monde,
comme le ferait un chercheur. Cela permet de déplacer le débat sur un terrain rationnel pour
mieux accuser l’homme de subjectivité et de partialité.

Elle énumère ensuite plusieurs éléments naturels : « les animaux, les éléments, les végétaux, la
matière organisée », ce qui crée une énumération progressive, allant du plus familier au plus
abstrait. Cela vise à montrer l’universalité de la coopération entre les sexes dans le vivant, en
suggérant l’absence de hiérarchie sexuelle naturelle.

Elle conclut : « rends-toi à l’évidence », avec une nouvelle injonction marquant la défaite
argumentative de l’homme. Il est invité à admettre son erreur, à se rendre.

De nouveaux verbes d’observation apparaissent ensuite : « cherche, fouille, distingue »,


renforçant l’idée que l’homme n’a pas fait l’effort d’étudier la nature, et que sa domination repose
sur l’ignorance.

Elle reprend alors une structure hypothétique : « si tu le peux », qui accentue l’ironie. L’homme est
invité à prouver une supériorité qui n’existe pas, ce qui le ridiculise. C’est un dé impossible, qui
le condamne à échouer.

Ensuite, elle insiste sur l’idée de coopération naturelle entre les sexes, avec une anaphore :
« partout », et deux verbes positifs : « confondus » et « coopèrent ». Le premier suggère
l’indistinction, donc l’égalité, et le second l’action commune et harmonieuse.

Elle termine ce passage avec une métaphore artistique :


« ce chef-d’œuvre immortel ». Ce procédé compare l’ordre naturel à une œuvre d’art parfaite, ce
qui valorise la nature tout en dénonçant l’imperfection du système social humain. L’adjectif
« immortel » renforce l’idée que cette harmonie est éternelle et supérieure à toute création
humaine.

3E MOUVEMENT : L’HOMME IGNORANT EST LE SEUL COUPABLE

Dans ce dernier mouvement, le ton se durcit. Olympe de Gouges n’interpelle plus directement
l’homme, elle le juge à distance, en employant le nom générique « L’homme », ce qui généralise le
blâme.

Elle affirme : « L’homme seul s’est fagoté un principe », une formule qui accuse clairement. Le
verbe familier « fagoté » évoque une construction grossière, soulignant que la justi cation de la
domination masculine est arti cielle et ridicule.

Suit une gradation péjorative avec une série d’adjectifs de plus en plus négatifs : « bizarre »,
« aveugle », « boursou é de sciences », « dégénéré ». Cette accumulation sert à dénigrer
l’homme, à montrer sa déchéance intellectuelle et morale. L’homme est présenté comme
arrogant, prétentieux, mais fondamentalement incompétent.

Elle ajoute : « dans l’ignorance la plus crasse », où l’on trouve un superlatif péjoratif (« la plus »)
associé à un terme familier et très fort (« crasse ») pour souligner l’étendue de son ignorance. Ce
procédé ridiculise l’homme au moment même où il se prétend éclairé, ce qui crée un paradoxe
ironique en plein siècle des Lumières.

Le comble est atteint quand elle écrit : « il veut commander en despote ». Le verbe « veut »
exprime une volonté autoritaire, et le nom « despote » renvoie à un tyran absolu. Cela rappelle
encore une fois le champ lexical de la tyrannie évoqué au début du texte
fl
fi
fi
fi
fi
.Elle poursuit avec : « il prétend jouir de la Révolution », ce qui signi e que l’homme veut pro ter
des droits nouveaux, mais refuse de les étendre aux femmes. Le verbe « prétend » souligne son
hypocrisie et son égoïsme.

La phrase nale « pour ne rien dire de plus » est une ellipse volontaire, qui suggère le mépris de
l’auteure. Elle signi e que l’homme ne mérite même pas qu’on développe davantage, tant sa
conduite est indéfendable.
fi
fi
fi
fi

Vous aimerez peut-être aussi