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Introduction Memoire Fintech Keren

Le document traite de l'impact des technologies financières, notamment M-Pesa, sur l'inclusion financière en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2020 et 2024. Il souligne la faible bancarisation en RDC et explore comment M-Pesa pourrait améliorer l'accès aux services financiers tout en posant des questions sur sa capacité à favoriser une bancarisation durable. La recherche vise à fournir des recommandations pratiques pour renforcer l'inclusion financière dans le pays.

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Introduction Memoire Fintech Keren

Le document traite de l'impact des technologies financières, notamment M-Pesa, sur l'inclusion financière en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2020 et 2024. Il souligne la faible bancarisation en RDC et explore comment M-Pesa pourrait améliorer l'accès aux services financiers tout en posant des questions sur sa capacité à favoriser une bancarisation durable. La recherche vise à fournir des recommandations pratiques pour renforcer l'inclusion financière dans le pays.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

Dans un contexte mondialisé où la technologie numérique redéfinit


constamment les paradigmes économiques, la finance connaît une
transformation sans précédent. Cette mutation s'illustre à travers l'émergence
des technologies financières (Fintech), qui déploient des solutions
innovantes pour répondre aux besoins financiers des populations
traditionnellement exclues du système bancaire formel¹. Alors que les
acteurs bancaires traditionnels peinent parfois à s'adapter à la rapidité des
évolutions technologiques, les Fintech proposent des plateformes de
paiements mobiles, de prêts peer-to-peer, de robo-conseillers ou encore de
blockchain pour assurer une meilleure efficience et une plus grande
accessibilité des services financiers.

En Afrique subsaharienne, le recours aux Fintech s'inscrit dans une


dynamique plus large d'inclusion financière, visant à pallier l'inadéquation
des services bancaires avec les réalités socio-économiques du continent².
Selon le rapport 2023 de la GSMA Intelligence, plus de 500 millions
d'Africains utilisaient un service financier mobile à la fin de 2022, soit une
augmentation de près de 40% par rapport à 2020³. Face à cette évolution, les
gouvernements, les institutions internationales et les opérateurs de
télécommunications multiplient les partenariats pour favoriser l'adoption de
la finance digitale.

La République Démocratique du Congo (RDC), bien que dotée d'un


potentiel démographique significatif (près de 100 millions d'habitants en
2024), demeure caractérisée par une faible bancarisation. Selon les données
de la Banque Centrale du Congo (BCC), moins de 15% de la population
adulte disposait d'un compte bancaire formel en 2020, contre une moyenne
de 43% pour l'ensemble des pays d'Afrique subsaharienne⁴ . Ce faible taux
de bancarisation s'explique par plusieurs facteurs : la prédominance du
secteur informel, une densité bancaire limitée (environ 2,5 agences pour 10
000 km²), des coûts d'accès élevés et une confiance mitigée envers les
établissements financiers traditionnels.

Dans ce paysage, les services financiers mobiles ont émergé comme une
voie prometteuse pour étendre l'accès aux transactions financières de base.
Lancé au Kenya en 2007, M-Pesa s'est rapidement imposé comme une
référence, permettant à des millions d'utilisateurs de réaliser des paiements,
des transferts et même de faire des économies via un simple téléphone
portable⁵ . En 2012, Vodacom RDC, filiale de Vodacom Group, a introduit
M-Pesa dans certaines grandes villes du pays, avant de procéder à une
relance plus ambitieuse en 2020, en vue de capter un marché potentiellement
inexploité et de participer à l'amélioration de l'inclusion financière.

Malgré son potentiel, l’impact de M-Pesa en RDC reste à ce jour peu


documenté de manière exhaustive. Contrairement au cas kenyan où
l’adoption fut quasi immédiate et spectaculaire, le contexte congolais est
plus complexe, avec des défis tels que l’infrastructure télécom encore en
développement, l’analphabétisme financier, ainsi qu’un cadre réglementaire
en évolution. Par conséquent, la question centrale que soulève cette
recherche est la suivante :

« Dans quelle mesure M-Pesa, de 2020 à 2024, a-t-il contribué à une véritable
inclusion financière en RD Congo, et en quoi a-t-il influencé la croissance
du taux de bancarisation ?» ⁶

Cette interrogation s’inscrit dans un débat plus large : celui de la distinction


entre inclusion numérique — c’est-à-dire l’accès et l’usage d’un service
financier digital — et bancarisation formelle, qui implique l’ouverture d’un
compte bancaire au sein d’une institution régulée. En RDC, ces deux
phénomènes coexistent, mais leur relation précise demeure à clarifier. Si de
nombreux utilisateurs recourent aux transactions via M-Pesa, cela se traduit-
il systématiquement par une transition vers un compte bancaire classique ?
Ou bien M-Pesa répond-il surtout à des besoins transactionnels ponctuels,
sans générer une bancarisation durable ?

Afin d'apporter des éléments de réponse à ces questions, nous formulons


trois hypothèses principales :
- H1 : M-Pesa a amélioré l'accès aux services financiers pour les populations
non bancarisées, en particulier les habitants des zones rurales et les
catégories vulnérables (femmes, jeunes).
- H2 : L’adoption de M-Pesa entre 2020 et 2024 a eu un impact positif sur la
croissance du taux de bancarisation formelle en RDC, avec une progression
plus marquée dans les zones urbaines.
- H3 : Des facteurs structurels (faible couverture réseau, coût des services,
analphabétisme financier) et réglementaires (normes KYC, absence
d’interopérabilité complète) limitent l’impact maximal de M-Pesa sur la
bancarisation⁷ .

Sur le plan scientifique, ce travail contribue à enrichir la littérature naissante


sur les Fintech en Afrique centrale. Alors que plusieurs études se sont
concentrées sur des pays anglophones comme le Kenya, la Tanzanie ou le
Nigeria, peu de recherches académiques ont exploré en profondeur le cas
congolais⁸ . Ce mémoire s'inscrit donc dans la lignée d’une analyse
comparative, visant à mettre en lumière les spécificités locales et à proposer
des pistes d’action pertinentes pour les acteurs du secteur.

Sur le plan pratique, l’étude offre un intérêt majeur pour différents acteurs :
- Les décideurs politiques pourront s'appuyer sur des données empiriques
pour ajuster le cadre réglementaire, favoriser l’interopérabilité et encourager
la collaboration entre banques et opérateurs mobiles.
- Les institutions financières traditionnelles pourront identifier des stratégies
de partenariat avec les Fintech pour atteindre de nouvelles clientèles et
diversifier leurs services.
- Les opérateurs de télécommunications, notamment Vodacom, évalueront
l’efficacité de leurs investissements et adapteront leurs offres en fonction des
profils d’utilisateur et des zones géographiques les plus porteuses.

L’approche méthodologique adoptée combine analyse quantitative et analyse


qualitative. Sur le plan quantitatif, nous mobilisons des données secondaires :
rapports de la BCC (2020–2024), statistiques de Vodacom RDC sur les
utilisateurs M-Pesa, données du Global Findex Database (Banque
Mondiale 2021) et rapports GSMA Intelligence⁹ . Sur le plan qualitatif, des
entretiens semi-directifs seront menés avec un échantillon représentatif
d’utilisateurs de M-Pesa (urbains, ruraux, femmes, entrepreneurs) et avec
des responsables bancaires ou Fintech, afin de saisir les motivations, les
freins et les usages réels des services mobiles.

Le plan de ce mémoire s’articule en quatre chapitres complémentaires :


- Chapitre I : Cadre théorique et conceptuel – Examen des notions de Fintech,
d’inclusion financière et de bancarisation, et des théories économiques sous-
jacentes.
- Chapitre II : Présentation du contexte congolais et de M-Pesa – Description
du secteur financier congolais, du taux de bancarisation, et historique de M-
Pesa en RDC.
- Chapitre III : Analyse de l’impact de M-Pesa sur l’inclusion financière
(2020–2024) – Étude de l’évolution des usages et de l’accès aux services
pour les populations cibles.
- Chapitre IV : M-Pesa et la croissance du taux de bancarisation en RDC –
Corrélation entre l’utilisation de M-Pesa et l’ouverture de comptes bancaires,
limites de l’approche mobile, et recommandations.

En guise d’outils d’analyse, seront mobilisés :


- Statistiques descriptives (taux de croissance des utilisateurs M-Pesa, taux
de bancarisation).
- Cartographie des zones de couverture réseau vs densité de population.
- Analyse de contenu des entretiens pour dégager les perceptions et les
obstacles.
- Comparaison inter-pays (RDC vs Kenya) pour situer la performance
relative de M-Pesa.

Cette étude vise à fournir une compréhension fine des dynamiques à l’œuvre,
afin de proposer des recommandations opérationnelles :
- Comment améliorer la littératie financière ?
- Quelles mesures pour renforcer l’interopérabilité entre M-Pesa et les
banques ?
- Quels partenariats publics-privés pour étendre la couverture et réduire les
coûts ?
- Comment adapter les offres pour les zones rurales et les populations
fragiles ?

En synthèse, cette introduction a pour mission d’établir le cadre général de la


recherche : elle expose le contexte global et congolais, définit la
problématique, présente les hypothèses, décrit les objectifs, justifie l’intérêt
du sujet, détaille la méthodologie et annonce le plan. Les sections suivantes
approfondiront ces aspects, en s’appuyant sur des données factuelles et des
analyses théoriques rigoureuses, afin d’évaluer l’impact réel de M-Pesa et de
proposer des pistes pour une inclusion financière renforcée en RDC.
Notes de bas de page
[1] SCHUEFFEL, Patrick. Fintech : An Overview of the Ecosystem. Journal
of Innovation Management, vol. 4, no. 4, 2016, pp. 32–56.

[2] DÉMÉ, Ousmane. Les services financiers mobiles et l’inclusion


financière en Afrique de l’Ouest. L’Harmattan, 2021.

[3] GSMA Intelligence. The Mobile Economy Africa 2023. GSMA, 2023.

[4] Banque Centrale du Congo (BCC). Rapport annuel 2020. Kinshasa, 2021.
Disponible sur www.bcc.cd.

[5] BECK, Thorsten ; ROSENGREN, Eric. Banking and Financial Access in


Sub-Saharan Africa. World Bank, 2018.

[6] MPEMBELE, M. L’inclusion financière en RDC : état des lieux et


perspectives. Mémoire , Université de Kinshasa, 2021.

[7] WORLD BANK Group. Digital Financial Services in Sub-Saharan


Africa : Innovations and Challenges. World Bank, 2022.

[8] ARON, Janine. Le rôle des technologies mobiles dans la finance


inclusive. Revue d’économie du développement, 2019/1 (Vol. 27), pp. 45–72.

[9] Banque Mondiale. Global Findex Database 2021. World Bank, 2022.

[10] GSMA Intelligence. The Mobile Economy Africa 2022. GSMA, 2022.

[11] AFDB. African Economic Outlook 2022. African Development


Bank, 2022.

[12] SAFARICOM / VODACOM. M-Pesa Annual Report 2023.


Safaricom, 2023.

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