L’enfant trouvé
Je suis un enfant trouvé. Mais jusqu’à huit ans, j’ai cru, comme tous les autres
enfants, que j’avais une mère car, lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me
serrait dans ses bras en me berçant si doucement que mes larmes s’arrêtaient
d’elles-mêmes. … Ma mère n’était pas veuve, son mari … travaillait à Paris. Il
n’était pas revenu au village depuis que j’avais eu conscience de ce qui
m’entourait.
Seulement, un jour du mois de novembre, un homme que je ne connaissais
pas arriva. La porte s’ouvrit brusquement.
- Qui est là ? demanda Mère Barberin.
- Ah bien ! répondit une voix rude.
- Ah mon dieu ! s’écria mère Barberin, c’est toi Jérôme.
Puis me prenant par le bras, elle me poussa vers l’homme dont la silhouette se
dressait dans le chambranle en me disant : « C’est ton père ! »
Mon père !
Je m’avançai pour l’embrasser, mais lui, il m’arrêta du bout de son bâton ferré
en demandant d’une voix sourde :
- Qu’est-ce que c’est que celui-là ?
- C’est Rémi, dit Mère Barberin.
- Ah, pas vrai, fit l’homme.
Et il leva sur moi son bâton d’une façon si menaçante que reculai
instinctivement. Pourquoi cet accueil ? me demandai-je, qu’avais-je fait ? …
Mère Barberin, sans rien dire, se mit en devoir de préparer la soupe. Pendant
ce temps, l’homme s’était lourdement assis. Il avait un visage rude et des yeux
durs. Je regardais, terrifié. Je ne pouvais que me répéter : « Mon père ! C’est mon
père ! »
La soupe prête, nous nous mîmes à table, j’étais si trouble que je ne pouvais
rien avaler …
- Ah ! dit l’homme puisqu’il n’a pas faim, il n’a qu’à aller se coucher et tout
de suite.
Je me couchai bien vite mais je ne pus faire autrement que d’entendre ce que
disait cet homme à Mère Barberin.
- Voilà, dit-il rapidement. Le gamin ira aux enfants trouvés, nous ne pouvons
plus le nourrir, n’en parlons plus…
J’entendis la porte s’ouvrir et se refermer bruyamment. Il était sorti. Je me
levai d’un bond et me jetai dans les bras de Mère Barberin.
- Mère Barberin ! m’écriai-je au comble de la terreur, je ne veux pas aller à
l’hospice ! Je t’en prie, ne m’envoie pas à l’hospice !
- Non, mon petit Rémi, ne pleure pas.
Pourtant, je continuais à pleurer, j’avais trop peur de l’hospice ! C’est que j’en
avais vu des enfants de l’hospice sales, mal habillés de mauvais vêtements gris,
avec, au cou, une plaque de plomb avec un numéro !
Cette nuit, j'eus bien du mal à dormir.
HECTOR MALOT, Sans Famille.
A/ Compréhension :
1. Coche la bonne réponse et justifie-la.
a. dans une famille d’accueil.
Rémi vit : b. avec ses parents adoptifs.
c. avec une femme qu’il croyait sa mère biologique.
………………………………………………………………………………………………………………………..
2. Réponds par « vrai » ou « faux » et justifie ta réponse.
a. Mère Barberin maltraite Rémi, elle ne l’aime pas. Vrai Faux
………………………………………………………………………………….…………………………
b. Rémi ne connait pas son père. Vrai Faux
……………………………………………………………………………………………………….…
c. Rémi et Mère Barberin attendent la visite du père Jérôme avec impatience. Vrai Faux
…………………………………………………………………………………………………………….
3. Comment était la rencontre du narrateur avec le père Jérôme ? Justifie ta réponse.
...……………………………………………………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………...
4. Quels sentiments éprouve Rémi en présence de « son père » ?
………………………………………………………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………...
Relève trois indices textuels qui le montrent.
………………………………………………………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………...
………………………………………………………………………………………………………………..
5. Rémi est terrifié à l’idée d’aller vivre dans un hospice. Pourquoi ?
………………………………………………………………………………………………………………..
.
……………………………………………………………………………………………………………….
1. Complète par une expression du temps selon l’indication donnée
entre (…).
a. ……………………………………………………Rémi vit heureusement avec Mère
Barberin. (GNP)
b. Rémi alla se coucher ……………………………………………………… (P.S.
circonstancielle /avant que)
c. ……………………….……… Rémi se jeta dans les bras de Mère Barberin.
(proposition participiale)
d. Mère Barberin protégeait …………………………… Rémi. (adverbe)
[Link], à partir des deux propositions données, une phrase complexe
comportant une subordonnée de temps en respectant le rapport temporel
proposé.
a. Mr Jérôme rentra vivre avec Mère Barberin. La souffrance de Rémi
commença.
Postériorité :
………………………………………………………………………………………………
b. Jérôme se met en colère et bat Rémi. Mère Barberin se précipite pour l’en
empêcher.
Antériorité :
…………………………………………………………………………………………………
[Link] le complément de temps par une subordonnée de temps de
même sens.
a. En apercevant Rémi, le père Jérôme lui montrait une figure maussade.
……………………………………………………………………………………………………………
………
b. Après avoir adopté Rémi, Mère Barberin le protégeait contre toutes les
menaces.
……………………………………………………………………………………………………………
………
c. Mère Barberin traitait bien Rémi depuis son installation chez elle.
……………………………………………………………………………………………………………
………
[Link], à partir des propositions proposées, une phrase complexe
comportant une subordonnée relative.
[Link] enfants de l’hospice menaient une vie lamentable. Rémi avait souvent
croisé ces enfants.
……………………………………………………………………………………………………
…………………………………………
b.Mère Barberin est une brave femme. Rémi compte sur Mère Barberin
pour le protéger.
……………………………………………………………………………………………………
………………………………………….
c. Mr Jérôme était féroce. Rémi avait peur de Mr Jérôme et il n’adresse plus
la parole à Mr Jérôme.
…………………………………………………………………………………………………….
…………………………………..…….
[Link]ète par le pronom relatif qui convient.
a. Les enfants ………….. avait rencontrés Rémi vivaient à l’hospice …………
ils menaient une vie lamentable.
b. Cet homme ………….. la voix était sourde et ………… maltraitait Rémi
n’était que son père adoptif.
c. Rémi ……………… se comportait méchamment le mari de Mère Barberin
était gentil.
d. Cette femme ……………………. Rémi avait beaucoup d’estime n’était pas
sa mère biologique.
[Link] les GN soulignés par le pronom qui convient.
a. Rémi n’aime pas Jérôme et a souvent peur de Jérôme.
……………………………………………………………………………………………………
………
b. Rémi et son frère se sont installés à l’hospice depuis que leur mère a
abandonné Rémi et son frère.
…………………………………………………………………………………………………….
………............
c. Il faut se débarrasser de cette enfant et oublier cette enfant à jamais.
……………………………………………………………………………………………………
………...............
d. Mère Barberin offre quelques friandises à Rémi.
……………………………………………………………………………………………......
……………..........
7. Mets les phrases suivantes à la forme passive.
a.Jérôme ne battra plus Rémi.
.......................................................................................
b.Mère Barberin le protégeait
souvent. ..................................................................................
c. On l’avait adoptée depuis six ans.
................................................................................
[Link] ne devez pas violenter les
orphelins. ........................................................................
e. Mère Barberin ne peut plus le protéger.
.......................................................................
8. Mets les phrases suivantes à la forme active.
[Link] ont été punis par leurs parents.
.................................................................................
b.Rémi aurait été adopté par
pitié. ...................................................................................
c. Cette enfant avait été oubliée sur le
quai. .......................................................................
d.Mère Barberin est tant aimée de
Rémi. ..........................................................................
e. Jérôme n’est connu de personne dans cette
maison. .....................................................
9.