Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs
2 - Les travaux comportant l’exposition aux risques infectieux et parasi-
taires suivants :
- travaux effectués dans les égouts;
- travaux effectués dans les abattoirs, travaux d’équarrissage;
- manipulation, chargement, déchargement, transport soit de peaux brutes,
poils, crins, laines, os, ou autres dépouilles animales, soit de sacs, enve-
loppes ou récipients contenant ou ayant contenu de telles dépouilles, à l’ex-
clusion des os dégélatinés ou dégraissés et des déchets de tannerie chaulés;
- travaux effectués par le personnel hospitalier dans les services de soins et
laboratoires ;
- collecte et traitement des ordures.
3 - Les travaux comportant l’exposition aux risques physiques suivants :
- rayons X et substances radioactives;
- travaux effectués dans l’air comprimé;
- emploi d’outils pneumatiques à main transmettant des vibrations ;
- travaux effectués dans les chambres frigorifiques ;,
- travaux exposant aux poussières de silice ou d’ardoise;
- travaux exposant aux poussières d’amiante ;
- travaux exposant aux poussières de fer;
- travaux exposant aux poussières de métaux durs ( tantale, titane, tungstè-
ne et vanadium ) ;
- travaux exposant aux poussières d’antimoine;
- travaux exposant aux poussières de bois;
- travaux exposant à un niveau de bruit supérieur à 85 décibels.
Autres travaux comportant les risques suivants :
- application des peintures et vernis par pulvérisation,
- travaux exposant à des hautes températures, à des poussières ou émana-
tions toxiques et concernant le traitement des minerais, la production des
métaux et les verreries,
- travaux en équipes alternantes effectués de nuit en tout ou partie; travaux
d’opérateur sur standard téléphonique,
- travaux d’opérateur sur terminal à écran, travaux d’opérateur sur vision-
neuse en montage électronique;
216
Annexe
- travaux de préparation, de conditionnement, de conservation et de distri-
bution de denrées alimentaires;
- travaux dans les postes de sécurité ( manipulation de grues, ponts roulants,
tableaux de commande ... );
- conduite de véhicule de transport en commun;
- travaux comportant la préparation, l’emploi et la manipulation des pro-
duits phytosanitaires.
217
Décret exécutif n° 91-05 du 19 Janvier 1991 relatif aux prescriptions
générales de protection applicables en matières d’hygiène et de sécurite
en milieu de travail
Référence : JORA n° 4 / 1991.
Le Chef du Gouvernement,
Sur le rapport conjoint du ministre des affaires sociales et du ministre de la
santé,
- Vu la constitution et notamment ses articles 51 (2°), 81 (alinéas 2, 3 et 4)
et 116 (alinéa 2);
- Vu l’ordonnance n° 71-74 du 16 novembre 1971 relative à la gestion
socialiste des entreprises, ensemble des textes pris pour son application.
- Vu l’ordonnance n° 75-33 du 29 avril 1975 relative aux attributions de
l’inspection du travail et des affaires sociales;
- Vu la loi n° 78-12 du 5 août 1978 relative au statut général du travailleur,
notamment son article 13,
- Vu la loi n° 83-03 du 5 février 1983 relative à la protection de l’environ-
nement,
- Vu la loi n° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la pro-
motion de la santé, modifiée par la loi n° 90-17 du 31 juillet 1990;
- Vu la loi n° 88-01 du 12 janvier 1988 portant loi d’orientation sur les
entreprises publiques économiques;
- Vu la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, la sécurité et la
médecine du travail;
- Vu la loi n° 90-03 du 6 février 1990 relative à l’inspection du travail;
- Vu la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail;
- Vu le décret n° 86-132 du 27 mai 1986 fixant les règles de protection des
travailleurs contre les risques ionisants ainsi que celles relatives au contrô-
le de la détention et de l’utilisation des substances radioactives et des appa-
reils émettant des rayonnements ionisants ;
Décrète :
Article 1er - Le présent décret a pour objet de fixer, en application de l’ar-
ticle 45 (l°) de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 susvisée, les prescrip-
tions générales de protection applicables en matière d’hygiène et de sécu-
rité en milieu de travail à tout organisme employeur, tel que prévu à l’article
2 de la loi précitée.
219
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 2
TITRE I
Hygiène générale des locaux et de
leurs dépendances
Section 1
Propreté et prophylaxie
Art. 2 - Les dispositions de l’article 4 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988
susvisée, relatives aux obligations de propreté, d’hygiène et de salubrité des
locaux affectés au travail et de leurs dépendances, sont précisées aux
articles 3 à 24 du présent décret.
Art. 3 - Le sol des locaux affectés au travail et de leurs dépendances doit
être régulièrement nettoyé, sans production de poussières et, chaque fois
que le revêtement le permet, par lavage et essuyage.
Le nettoyage des murs et des plafonds ainsi que la réfection des enduits et
des revêtements doit avoir lieu périodiquement et chaque fois que cela est
nécessaire.
Art. 4 - Dans les locaux de travail où sont entreposés ou mis en oeuvre des
matières altérables ou objets présentant des risques de contamination, de
nocivité, de corrosion ou d’irritation, le sol doit être lisse, imperméable,
sans interstices et former une cuvette étanche de retenue.
Les murs doivent être lisses et lavables, le sol et les murs ainsi que les tables
de travail doivent être lavés quotidiennement et au besoin désinfectés.
Les résidus de ces matières doivent être déposés dans des récipients hermé-
tiquement clos, et enlevés quotidiennement pour être stockés dans des lieux
prévus à cet effet et ce, en vue de leur traitement ou destruction dans les
conditions prévues par les lois et règlements en vigueur.
Les vidanges, nettoyages ou destruction de ces matières doivent être opérés
sans risques pour l’environnement.
Art. 5 - Indépendamment des mesures de prophylaxie exigées par la nature
des travaux, le nettoyage doit comporter des mesures de désinfection et de
protection contre les maladies contagieuses.
220
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 10
Section 2
Aération et assainissement des locaux
Art. 6 - Dans les locaux affectés au travail, l’aération doit avoir lieu soit par
ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente, soit par
ventilation mixte et assurer un volume d’air minimal par occupant et ce,
conformément aux normes fixées par la réglementation en vigueur en la
matière.
Art. 7 - Un système de ventilation mécanique, naturelle ou mixte pour le
renouvellement de l’air doit être installé dans les locaux sis en sous- sol ou
dans ceux où s’effectuent des travaux à l’abri de la lumière du jour.
L’air introduit doit être prélevé à l’abri de toute source de pollution et au
besoin épuré et filtré et, le cas échéant, à une distance suffisante des
ouvertures communiquant avec des locaux présentant des risques particu-
liers d’incendie.
Art. 8 - Des ouvertures donnant sur le dehors et assurant une aération et un
éclairage naturel, doivent être aménagées pour les locaux fermés. Des
normes différentes sont toutefois retenues lorsque les locaux sont destinés à
des travaux spéciaux exigeant l’obscurité, la lumière artificielle ou une
atmosphère aseptique ou lorsque les procédés technologiques de construc-
tion retenus sont spécifiques. La surface des ouvertures doit être égale au
moins au sixième de la surface du sol.
Art. 9 - L’atmosphère des locaux de travail et des installations sanitaires
doit être préservée de toute émanation provenant d’égouts, fosses ou autres
sources d’infection.
Les dispositifs d’évacuation des eaux résiduaires et des eaux de lavage doi-
vent être munis d’intercepteurs hydrauliques et être nettoyés et lavés quoti-
diennement.
Art. 10 - Lorsque les travaux réalisés entraînant la concentration de pous-
sières ou le dégagement d’émanations nocives, insalubres ou incommodes
ne peuvent être effectués dans des appareils clos et étanches, les poussières,
les aérosols ainsi que les gaz et vapeurs sont captés à leur source de pro-
duction et évacués directement en dehors des locaux de travail dans des
conditions ne présentant aucun risque de pollution pour l’environnement et
n’incommodant pas le voisinage.
221
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 11
Dans le cas de dégagement de gaz lourds, l’aspiration doit s’effectuer de
façon descendante; les tables ou appareils de travail doivent être en com-
munication directe avec les moyens de ventilation.
Pour les poussières déterminées par des appareils mécaniques, il doit être
installé, autour des appareils, des tambours en communication avec une
ventilation aspirante.
Toutes opérations de traitement de matières irritantes ou toxiques et notam-
ment la pulvérisation, le tamisage, l’ensachage ou l’embari-llage doivent
être faites mécaniquement en appareil clos.
Art 11. - Les postes de travail comportant des risques élevés d’intoxication
ou d’insalubrité doivent être isolés des ateliers.
Les cabines réservées à cet usage doivent être pourvues de systèmes d’ex-
traction et de renouvellement de l’air.
Les travailleurs ne séjourneront dans ces cabines que le temps minimal
exigé par la nature des travaux qu’ils y effectuent et devront bénéficier
d’une protection appropriée.
Art 12. - Les travaux effectués en espaces fermés tels que galeries, citernes,
réservoirs, conduites de gaz, cuves ou tout autre lieu analogue, ne peuvent
être entrepris qu’après assainissement de l’atmosphère par un système de
ventilation approprié.
Le renouvellement de l’air et l’extraction de l’air vicié, doivent être assurés
pendant toute la durée des travaux.
Les travailleurs appelés à intervenir dans les espaces fermés visés à l’alinéa
premier doivent être protégés par des dispositifs de sécurité adéquats en
liaison avec le type de risque auquel ils sont exposés.
En aucun cas un travailleur exerçant dans ces conditions ne doit être laissé
sans surveillance. Celle-ci doit être assurée par au moins un travailleur
séjournant à l’extérieur de l’espace fermé.
Section 3
Ambiances et éléments de confort
Art. 13 - Les locaux, emplacements de travail, zones de circulation, de
manutention et autres installations doivent être éclairés de façon à assurer
le confort visuel et ne provoquer aucune affection oculaire.
222
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 17
Pendant la présence des travailleurs sur les lieux de travail, les niveaux
d’éclairement mesurés au plan de travail, ou à défaut au sol, doivent être au
moins égaux aux valeurs indiquées dans le tableau ci-après :
Voies de circulation Intérieures 40 lux
Escaliers et entrepôts. 60 lux
Locaux de travail, vestiaires, sanitaires 120 lux
Locaux aveugles affectés à un travail permanent. 200 lux
Locaux affectés au travail et leurs dépendances
valeurs minimales d’éclairement
L’éclairage artificiel doit être d’une intensité adaptée à la nature des tra-
vaux.
Art. 14 - L’organisme employeur prend, après avis des organes compétents,
toutes les dispositions nécessaires pour assurer la protection des travailleurs
contre le froid et les intempéries.
Les fumées et gaz de combustion provenant des moyens de chauffage utili-
sés, doivent être rejetés en dehors des locaux.
Art. 15 - Les organismes employeurs sont tenus de maintenir l’intensité des
bruits supportés par les travailleurs à un niveau compatible avec leur santé
par la réduction de l’intensité des bruits à leur source d’émission, l’isole-
ment des ateliers bruyants, l’insonorisation des locaux ou la mise en oeuvre
de techniques ou de tous autres moyens appropriés et ce, conformément aux
normes fixées par la réglementation en vigueur en la matière.
Art. 16 - Dans le cas où l’exécution des mesures de protection collectives,
prévues à l’article 15 ci- dessus serait reconnue impossible, des appareils de
protection individuelle appropriés doivent être mis à la disposition des tra-
vailleurs.
L’organisme employeur doit prendre toutes mesures utiles pour que ces
appareils soient maintenus en bon état de fonctionnement.
Art. 17 - Indépendamment des mesures de protection intégrées aux
machines et au processus de travail, les travailleurs dont les postes de
travail sont exposés à des températures trop basses ou trop élevées doivent
être dotés d’équipements spéciaux.
223
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 18
Section 4
Installations sanitaires
Art. 18 - Des installations sanitaires doivent être mises à la disposition des
travailleurs. Elles doivent être pourvues d’ouvertures suffisantes ou de dis-
positifs assurant leur ventilation naturelle.
Le personnel féminin disposera d’installations sanitaires distinctes.
Les locaux affectés à ces installations doivent être séparés des locaux de
travail et se situer à leur proximité.
Leurs sols et parois doivent être construits en matériaux imperméables et
peints en ton clair.
Il doit être prévu au moins un cabinet d’aisance par tranche de 15 tra-
vailleurs. Les effluents doivent être évacués conformément aux règlements
sanitaires en vigueur.
Art. 19 - Des locaux affectés aux vestiaires doivent être mis à la disposition
des travailleurs et être dotés de sièges et d’armoires individuelles fermant à
clé.
Art. 20 - Des lavabos à eau courante doivent être prévus par l’organisme
employeur conformément aux normes fixées par la réglementation en
vigueur en la matière.
Art. 21 - Des douches implantées à proximité ou sur les lieux de travail doi-
vent être mises à la disposition des travailleurs exposés aux insalubrités,
aux salissures et aux risques d’intoxication ou de contamination.
Art. 22 - Il doit être prévu un local adéquat lorsque 25 personnes au moins
sont appelées à prendre leur repas sur les lieux de travail.
Il est interdit de laisser des travailleurs prendre leur repas au sein des ate-
liers, sauf si la nature de l’activité ne comporte pas l’emploi de substances
ou de préparations dangereuses.
Art. 23 - Les locaux destinés à l’hébergement des travailleurs doivent être
isolés des lieux de travail et à l’abri des nuisances et incommodités résul-
tant des activités.
Les locaux doivent être aérés et maintenus dans un état constant de propreté.
Art. 24 - Les travailleurs doivent disposer d’eau potable pour la boisson.
Cette eau sera fournie à proximité des lieux de travail et doit être conforme
aux règles de propreté et d’hygiène alimentaire.
224
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 29
TITRE Il
Mesures générales de sécurité sur les lieux de travail
Section 1
Manutention et circulation
Art. 25 - Les dispositions des articles 5 et 7 de la loi n° 88-07 du 26 janvier
1988 susvisée, relatives aux obligations de l’organisme employeur en
matière de sécurité sur les lieux de travail, sont précisées aux articles 26 à
44 du présent décret et ce, sans préjudice des mesures de protection indivi-
duelles telles que prévues à l’article 6 de la loi précitée.
Art. 26 - Lorsque le déplacement de matériaux ou d’objets encombrants et
pesants doit être effectué sans appareil mécanique, la charge supportée par
chaque travailleur sur de courtes distances ne peut excéder 50 kg
Cette charge maximale est fixée à 25 kg pour le personnel féminin et les tra-
vailleurs mineurs.
Des moyens de levage, de manutention et de transport doivent être mis à la
disposition des travailleurs pour assurer le levage, la manutention et le trans-
port de charges supérieures à celles prévues aux alinéas 1 et 2 ci- dessus.
Art. 27 - Les passages utilisés pour la circulation d’engins ou chariots de
manutention doivent être d’une largeur suffisante pour éviter les risques de
collision et d’écrasement
Cette largeur sera supérieure d’au moins 60 cm soit à celle des engins ou
chariots utilisés soit à celle des chargements lorsque la largeur de ceux-ci
dépasse celle de l’engin ou du chariot utilisé.
En cas de circulation dans les deux sens, elle ne doit pas être inférieure à
deux fois la largeur des véhicules ou des chargements, augmentée de 90 cm.
Les allées de circulation des engins ou chariots de manutention doivent être
signalées par des moyens appropriés. Les passages pour piétons doivent
être dûment balisés.
Art. 28 - Sauf nécessité imposée par la nature des travaux effectués, le sol
des locaux de travail, des passages et dégagements doit être bien nivelé.
Art. 29 - Les passages et dégagements utilisés par le personnel doivent être
maintenus libres de tout encombrement.
La largeur minimale des passages, de quelque usage qu’ils soient, ne doit
en aucun cas être inférieure à 0,80 mètres.
225
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 30
Art. 30 - Lorsque l’activité d’une entreprise comporte habituellement un
mouvement de camions, ou d’autres véhicules de transports, appareils et
engins de manutention, des pistes doivent être réservées à leur circulation.
Elles doivent autant que possible être distinctes des allées et chemins de cir-
culation et de sortie des travailleurs.
Lorsque le conducteur d’un véhicule doit exécuter une manœuvre dans des
conditions de visibilité insuffisante et notamment une manœuvre de recul,
une ou plusieurs personnes seront désignées par le responsable d’unité ou
son préposé pour diriger le conducteur concerné et pour éloigner les tra-
vailleurs intervenant dans la zone de manœuvre.
Les mêmes précautions sont prises lors du déchargement des bennes et de
plateaux chargés de matériaux ou d’objets encombrants et lourds.
Art. 31 - Les aires de stockage de matériaux, de produits ou de marchan-
dises, présentant des risques de danger par leur nature ou leur disposition,
doivent être distinctes des zones de travail et de circulation.
Le gerbage de sacs, caisses ou de chargements de toute nature doit être
confié à des travailleurs qualifiés et réalisé de façon à n’entraîner aucun
danger.
Art. 32 - Des appareils de manutention et de transvasement appropriés doi-
vent être mis à la disposition des travailleurs pour effectuer toutes
manœuvres comportant des opérations de versement ou de soutirage de pro-
duits susceptibles de provoquer des brûlures d’origine thermique ou chi-
mique.
Les récipients en matériaux fragiles, indépendamment des moyens prévus
pour leur transport et leur vidange, doivent être pourvus d’enveloppe de
protection résistant aux chocs.
Section 2
Prévention des chutes d’un niveau supérieur
Art. 33 - Les passerelles, planchers et plateformes en surélévation, les
échafaudage et leurs moyens d’accès doivent être pourvus de garde- corps
rigides comportant une lisse, une sous- lisse et une plinthe.
Le plancher doit être jointif.
Art. 34 - Les cuves, bassins et réservoirs doivent être dotés de garde-corps
ou de murs de protection destinés à prévenir tout risque de chute.
226
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 40
Les ouvertures dans le sol, les trappes, les planchers et les puits ainsi que
les ouvertures de descente doivent être clôturées. La clôture doit être signa-
lée par tout moyen approprié. En cas de travail de nuit ou de visibilité insuf-
fisante, la signalisation des ouvertures doit se faire obligatoirement par dis-
positif lumineux.
Art. 35 - Des moyens d’accès doivent être aménagés dans les endroits sur-
élevés ou dans les cuves, bassins, réservoirs ou silos.
Les escaliers doivent être munis de rampes ou mains courantes.
Art. 36 - Les échelles doivent être de construction solide et offrir toutes les
garanties de sécurité quant à leur utilisation.
Les échelons doivent être rigides et solidement fixés aux montants. Le
transport sur échelle d’objet d’un poids supérieur à 50 kg ou d’objets volu-
mineux ou encombrants est interdit.
Art. 37 - Sans préjudice des dispositions prévues aux articles 33 à 36 ci-
dessus, l’utilisation d’escabeaux, échelles, planchers et échafaudages doit
répondre aux normes de sécurité définies par la réglementation en vigueur.
Section 3
Machines et mécanismes
Art. 38 - L’accès aux salles des machines génératrices ou matrices est stric-
tement réservé au personnel autorisé par l’organisme employeur.
Art. 39 - Les dispositifs de commande des secteurs des machines doivent
être à la portée des conducteurs et être placés en dehors de toute zone dan-
gereuse.
Toute machine ou machine- outil doit être ‘installée et entretenue, de façon
à pouvoir être séparée par son conducteur de la source d’énergie qui lui per-
met de fonctionner.
En outre, le personnel d’encadrement doit disposer des moyens techniques
en vue de provoquer ou de demander l’arrêt des moteurs.
Art. 40 - Les machines utilisées dans des opérations de fabrication et tous
travaux d’usinage ou d’entretien seront disposées, commandées, utilisées
ou protégées de façon telle que les travailleurs ne puissent être atteints par
des organes dangereux ou des mécanismes en mouvement.
Les travailleurs ou apprentis appelés à se tenir près des machines en mou-
vement doivent porter des vêtements ajustés et non flottants.
227
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 41
Art. 41 - Les organes dangereux de machines et les mécanismes en mou-
vement ainsi que les zones dangereuses, doivent être rendus inaccessibles
aux travailleurs en utilisation normale.
Des dispositifs de protection tels que portières, caches, grilles, barrières,
garde-corps, chasse- mains ou tout autre dispositif approprié et efficace,
doivent être prévus à cet effet.
Art. 42 - Sont notamment visés par les prescriptions des articles 40 et 41 ci-
dessus :
1 - les éléments de machines comportant des organes de transmission et de
commande, tels que volants, vis sans fin, bielles, coulisseaux, zones d’en-
grenages, cônes ou cylindres de friction, cames, courroies, chaînes,
pignons,
2 - les éléments des machines comportant des pièces accessibles faisant
saillie sur les parties en mouvement de ces machines tels que vis d’arrêt,
boulons, clavettes, nervures, bassages;
3 - les organes de travail de toute nature tels que bras de pétrins ou de
mélangeurs, cylindres de calandres, cylindres d’entraînement, malaxeurs,
pignons et matrices de presse mues mécaniquement, dès lors que les opéra-
teurs ou leurs aides sont appelés à intervenir manuellement en utilisation
normale, dans des zones dangereuses situées à proximité des organes en
mouvement.
Art. 43 - Les machines à cylindre doivent pouvoir être commandées indif-
féremment par un opérateur travaillant sur l’un ou l’autre des cylindres.
Le dispositif d’arrêt de sécurité doit être placé de façon à ce que l’opérateur
puisse l’actionner facilement à partir de son poste de travail par un mouve-
ment de faible amplitude.
Lorsque la machine ne comporte pas un système automatique de renverse-
ment de la marche, un dispositif mécanique doit être prévu de façon à per-
mettre le retour en arrière manuel des cylindres.
Art. 44 - Les presses utilisées dans différentes industries doivent être amé-
nagées ou équipées de manière à interdire tout contact, même volontaire,
des mains des opérateurs avec la partie travaillante pendant la période de
descente du coulisseau.
Les dispositifs de sécurité employés doivent être simples, robustes, faciles
à monter.
Leur fonctionnement doit être indépendant de la volonté de l’opérateur.
L’efficacité de la protection doit être assurée même en cas de défaillance de
l’embrayage de la presse.
228
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 49
TITRE III
Mesures particulières de prévention des risques d’incendie
Section 1
Dispositions générales
Art. 45 - Les dispositions de l’article 5 de la loi n° 88-07 du 2 janvier 1988
susvisée, relatives à la prévention et à la lutte en matière d’incendie sur les
lieux de travail, sont précisées aux articles 46 à 6 du présent décret.
Art. 46 - Les locaux ou postes de travail présentant des risques d’incendie
par l’emploi permanent de produits et de matières particulièrement inflam-
mables doivent être isolés.
L’isolation des dits locaux et postes de travail doit avoir lieu, selon le cas,
soit par installation dans des bâtiments distincts, soit par séparation ou pro-
tection résultant de la construction.
Les travaux de maintenance effectués dans les locaux cités à l’alinéa pre-
mier et susceptible de provoquer l’incendie ou l’explosion doivent faire
l’objet d’une surveillance particulière.
Art 47. - Les matières inflammables sont classées en deux groupes.
Le premier groupe comprend :
- les matières émettant des vapeurs inflammables ;
- les matières susceptibles de brûler sans apport d’oxygène;
- les matières dans un état physique de grande division, susceptibles de for-
mer avec l’air un mélange explosif.
Le deuxième groupe comprend les matières susceptibles de prendre feu au
contact d’une flamme et de propager rapidement l’incendie.
Art. 48 - Les locaux où sont entreposées ou manipulées des matières
inflammables du premier groupe ne peuvent être éclairés que par des
lampes électriques munies d’une double enveloppe étanche ou par des
lampes extérieures sous verre dormant.
Art. 49 - Dans les zones présentant des risques d’explosion, les installations
électriques doivent être :
- réduites aux seuls éléments nécessaires aux besoins de l’exploitation; tout
appareil, machine ou canalisation devant être placés en dehors de ces zones;
229
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 50
- conçues et réalisées de façon à ne comporter aucune source possible
d’étincelle ou d’échauffement entraînant l’inflammation des atmosphères
ou matières explosives.
Les zones visées ci- dessus comprennent :
- les locaux et emplacements de travail où peuvent se former des atmo-
sphères explosives et ceux où des matières explosives sont entreposées,
mises en oeuvre ou fabriquées;
- à l’extérieur de ces locaux et emplacements, tous endroits contigus qui
sont en communication avec eux et qui ne sont pas ventilés efficacement
pour empêcher la formation d’une atmosphère explosive.
Art. 50 - Les locaux où sont manipulées ou mises en oeuvre des matières
inflammables du premier groupe ne doivent jamais contenir aucun foyer,
aucune flamme, aucun appareil ni de parties susceptibles d’être portées à
incandescence.
Il est interdit d’y fumer et d’y apporte du feu sous une forme quelconque.
Cette interdiction doit faire l’objet d’une information appropriée.
Ces locaux doivent être parfaitement ventilés et leur accès réglementé.
Art. 51 - Dans les locaux visés à l’article précédent, ne peuvent être entre-
posées des quantités de liquides supérieures à la quantité nécessaire au tra-
vail de la journée lorsque ces liquides sont particulièrement inflammables
et classés dans le premier ou le deuxième groupe.
Les récipients et les moyens de transvasement des liquides visés à l’alinéa
ci- dessus doivent présenter toutes les conditions d’étanchéité, et s’ils sont
en verre, être conçus de manière à résister aux chocs et aux écrasements.
Art. 52 - Dans les locaux où sont entreposées ou manipulées des matières
inflammables du premier ou du deuxième groupe, aucun poste habituel de
travail ne doit se trouver à plus de dix mètres d’une issue. Les portes de ces
locaux doivent s’ouvrir dans le sens de la sortie.
Il est interdit de déposer et laisser séjourner des matières inflammables du
premier ou du deuxième groupe dans les escaliers, passages, couloirs ainsi
qu’à proximité des issues des locaux et bâtiments. Les chiffons, cotons,
papiers imprégnés de liquides inflammables ou de matières grasses doivent,
après usage, être enfermés dans des récipients métalliques clos et étanches
et à l’abri de toute source de chaleur.
Art. 53 - Dans les locaux où sont traitées, fabriquées ou entreposées des
matières du deuxième groupe, susceptibles de prendre feu au contact d’une
flamme et de propager rapidement l’incendie, les canalisations et appareils
électriques doivent être pourvus de dispositifs empêchant leur contact avec
ces matières ainsi que l’échauffement dangereux de celles-ci.
230
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 56
En outre :
a - Les canalisations et appareils électriques doivent être réduits aux instal-
lations nécessaires à l’alimentation et à la commande du matériel utilisé
dans ces locaux.
b - L’utilisation de conducteurs électriques nus ainsi que des pièces conduc-
trices nues destinés à être sous tension et qui ne sont pas protégés, est inter-
dite.
c - Le matériel dont le fonctionnement provoque des arcs ou des étincelles
ou l’incandescence, n’est autorisé que si ces sources de danger sont incluses
dans des enveloppes appropriées.
Section 2
Evacuation du personnel
Art. 54 - Dans tous les cas, les issues et dégagements des locaux et bâti-
ments de travail, doivent être répartis de façon à permettre une évacuation
rapide en cas d’incendie.
Un local ou un bâtiment ne peut avoir moins de deux issues lorsque celles-
ci doivent donner passage à plus de cent ( 100 ) personnes appartenant ou
non au personnel de l’entreprise. La largeur des issues, des passages ou
dégagements y conduisant ne doit en aucun cas être inférieur à 80 cm.
Art. 55 - Lorsque l’importance des bâtiments ou la disposition des locaux
l’exige, des indications bien visibles de jour et de nuit doivent indiquer le
chemin vers la sortie la plus proche.
En outre, les portes de sorties qui ne servent pas habituellement de passage
doivent pendant les périodes de travail pouvoir s’ouvrir très facilement et
très rapidement de l’intérieur et être signalées par la mention « issue de
secours » inscrite en caractères bien visibles. Un éclairage de sécurité per-
mettra d’assurer l’évacuation des personnes en cas d’interruption acciden-
telle de l’éclairage normal.
Art. 56 - Les locaux de travail situés dans les étages et sous- sol doivent être
desservis par des escaliers. Les monte-charges, chemins ou tapis roulants
utilisés au transport personnes ne peuvent justifier l’absence ou une dimi-
nution du ou de la largeur des escaliers.
Un bâtiment à plusieurs niveaux ne peut comporter moins de deux escaliers
lorsque ceux-ci doivent donner passage à plus de cent (100) personnes à
évacuer.
231
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 57
Section 3
Lutte contre l’incendie
Art. 57 - Le premier secours doit être assuré par des extincteur de différents
types et capacités, en nombre suffisant, facilement accessibles et répartis
convenablement dans les lieux de travail.
Les cabines de conduite d’appareils, d’engins et de véhicules doivent être
pourvues d’appareils extincteurs.
La nature du produit extincteur doit être appropriée au risque.
Toutefois, l’emploi de tétrachlorure de carbone et de bromure de méthyle
est interdit ainsi que de tout autre produit reconnu dangereux pour cet
usage.
Dans tous les cas, d’autres moyens d’extinction doivent être tenus à proxi-
mité des emplacements de travail comportant des risques particuliers d’ap-
parition de feu.
Dans les locaux, ateliers ou laboratoires où sont mis en oeuvre des liquides
classés dans le premier groupe des matières ‘inflammables, des couvertures
ignifuges facilement accessibles doivent être mises à la disposition des tra-
vailleurs. Le cas échéant, un dispositif d’arrosage est placé à la sortie du
local.
Art. 58 - Dans les entreprises où sont manipulées, mises en oeuvre ou entre-
posées d’importantes quantités de matières inflammables du premier grou-
pe, l’organisme employeur doit mettre en place des moyens de secours sup-
plémentaires appropriés aux risques d’incendie.
Ces moyens doivent être mis en oeuvre par une équipe entraînée à l’utilisa-
tion de ces matériels d’extinction.
Art. 59 - Dans les locaux où sont manipulées et mises en oeuvre des.
matières inflammables, des consignes prescrivant les opérations à effectuer
en cas d’incendie, doivent être données au personnel.
Dans chaque local de travail, une consigne doit indiquer la localisation du
matériel d’extinction et de sauvetage, désigner le personnel chargé d’utili-
ser ce matériel ainsi que les personnes qui doivent diriger l’évacuation du
personnel ou, le cas échéant, du public.
232
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 62
En outre, des consignes particulières doivent être données au personnel de
maîtrise et au personnel de gardiennage et de contre le feu.
Une consigne spéciale est également établie à l’intention des personnels
spécialement entraînés à l’intervention contre le feu.
Le texte des consignes prévues au présent article est communiqué pour
approbation au responsable de la protection civile territoriale-ment compé-
tent, ainsi que, le cas échéant, aux personnels d’inspection et de contrôle,
dans le cadre des attributions qui leur sont dévolues par les lois et règlements
en vigueur.
Art. 60 - Le matériel de lutte contre l’incendie doit faire l’objet de visites
et d’essais périodiques, conformément à la réglementation en vigueur. Les
essais sont pratiqués à l’occasion d’exercices au cours desquels le person-
nel apprendra à se servir des moyens de premier secours.
La liste des essais et exercices et les observations auxquelles ils peuvent
donner lieu doivent être portées sur le registre des délibérations de la com-
mission d’hygiène et de sécurité, ou à défaut, sur un registre spécial tenu à
la disposition de l’inspecteur du travail en application de l’article 32 de la
loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, à la sécurité et à la
médecine du travail.
TITRE IV
Vérifications pèriodiques et
mesures d’entretien
Art. 61 - Les dispositions de l’article 7, troisième alinéa de la loi
n° 88-07 du 26 Janvier 1988 susvisée sont précisées aux articles 62 à 66 du
présent décret.
Art. 62 - Des visites, vérifications et entretiens périodiques doivent être
prévus de façon particulière et selon les périodicités fixées par la réglemen-
tation en vigueur notamment dans les domaines suivants:
1° - ambiance de travail et locaux de travail;
2°- moyens de protection collective et individuelle ;
3°- installations de lutte contre l’incendie ;
4°- véhicules de transport notamment ceux destinés au transport du
personnel ;
233
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 63
5° - appareils de levage, équipements et engins de manutention;
6° - installations électriques;
7° - appareils sous pression;
8° - sources radioactives et appareils émettant des rayonnements ionisants.
Art. 63 - Les machines et mécanismes dangereux doivent faire l’objet
périodiquement, de visites, vérifications et entretiens particuliers dans le but
d’assurer le bon fonctionnement des organes de commande et l’efficacité
des dispositifs de sécurité.
Les vérifications porteront notamment sur l’état des outils en vue de définir
ceux qui doivent être remplacés lorsque leurs qualités ne peuvent être main-
tenues par l’entretien courant.
Art. 64 - Les résultats des visites, vérifications, entretiens prévus aux
articles 62 et 63 ci- dessus seront consignés sur un registre spécial tenu à cet
effet, en application de l’article 32 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 sus-
visée.
Art. 65 - Les visites, vérifications et entretiens doivent être effectués par un
personnel habilité à cet effet, désigné par l’organisme employeur.
Le recours aux organismes de contrôle technique ou aux personnes âgées a
lieu dans les conditions fixées par la réglementation en vigueur.
Art. 66 - Il est interdit de procéder pendant leur marche à la visite, la véri-
fication ou la réparation des transmissions, mécanismes et machines com-
portant des organes en mouvement.
Les opérations de nettoyage, essuyage, graissage ainsi que l’application à la
main d’adhésifs, sont également interdites pendant le fonctionnement des
dites machines, mécanismes et transmissions.
L’exécution, à l’arrêt, des opérations visées à l’alinéa premier n’est autori-
sée qu’après que des mesures appropriées auront été prises pour empêcher
la remise en marche inopinée des transmissions, machines et mécanismes.
Dans le cas où des contraintes techniques s’opposent au respect des pres-
criptions prévues au présent article, notamment dans le travail à feu conti-
nu, les travaux de visite, de réparation et d’entretien ne peuvent être entre-
pris qu’après respect de mesures particulières de sécurité préalablement éta-
blies par l’organisme employeur concerné.
234
Décret exécutif n° 91-05 du 19/01/1991 Art. 68
TITRE V
Délais minimaux d’exécution dans le cadre
de la procédure de mise en demeure
Art. 67 - En application des dispositions de l’article 31 de la loi n° 88-07
du 26 janvier 1988 susvisée, le délai fixé par l’inspecteur du travail à l’or-
ganisme employeur pour les prescriptions donnant lieu à l’application de la
procédure de mise en demeure ne peut être inférieur aux délais minimaux
d’exécution prévus ci- après :
1- Délai minimum d’un mois pour les prescriptions prévues aux articles 3
(alinéa 2) 6, 7, 8, 9 (alinéa 2), 10, 11 (alinéa 1 et 2), 12 (alinéas 1 et 2) 15,
16, 18, 20, 21, 22, 23, 27, 28, 29, 39, 40, 41, 43, 44, 46, 56, 58.
2 - Délai minimum de quinze (15)jours pour les prescriptions prévues aux
articles 4, 13, 14, 17, 19, 26, 30, 31, 32, 48, 49, 53, 54, 55 (alinéa 2 ), 62.
3- Délai minimum de cinq (5) jours pour les prescriptions prévues aux
articles 3 (alinéa 1), 5, 9 (alinéa 1), 11 (alinéa 3), 12 (alinéa 3), 24, 33, 34,
35, 36, 50, 51, 52, 55 (alinéa 1), 57, 59, 60, 63, 64, 65.
Art. 68 - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 19 janvier 1991
Mouloud HAMROUCHE
235
Décret exécutif n° 96-209 du 18 Moharram 1417 correspondant au 5
Juin 1996 fixant la composition, l’organisation et le fonctionnement du
conseil national d’hygiène, de sécurité et de médecine du travail
Référence: JORA n° 35 / 1996.
Le Chef du Gouvernement,
Sur le rapport du ministre du travail, de la protection sociale et de la for-
mation professionnelle ;
- Vu la constitution, notamment ses articles 81-4° et 116 ;
- Vu la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, la sécurité et la
médecine du travail, notamment son article 27 ;
- Vu le décret présidentiel n° 95-450 du 9 Chaâbane 1416 correspondant au
31 décembre 1995 portant nomination du Chef du Gouvernement ;
- Vu le décret présidentiel n° 96-01 du 14 Chaâbane 1416 correspondant au
5 janvier 1996 portant nomination des membres du Gouvernement;
- Vu le décret exécutif n° 91-05 du 19 janvier 1991 relatif aux prescriptions
générales de protection applicables en matière d’hygiène et de sécurité en
milieu. de travail;
- Vu le décret exécutif n° 93-120 du 15 mai 1993 relatif à l’organisation de
la médecine du travail.
Décrète :
Article 1er - En application des dispositions de l’article 27 de la loi n°
88-07 du 26 janvier 1988 susvisée, le présent décret a pour objet de fixer la
composition, l’organisation et le fonctionnement du conseil national d’hy-
giène, de sécurité et de médecine du travail dénommé ciaprès «le conseil».
Art. 2 - Présidé par le ministre chargé du travail ou son représentant, le
conseil est composé comme suit:
*le représentant du ministre chargé du travail.
*le représentant du ministre chargé de la santé.
*le représentant du ministre chargé de l’habitat.
*le représentant du ministre chargé de l’industrie.
*le représentant du ministre chargé des mines.
237
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 3
*le représentant du ministre chargé de l’agriculture.
*le représentant du ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la
recherche scientifique.
*le représentant du ministre chargé des transports.
*le représentant du ministre chargé de l’environnement.
*le directeur général de la protection civile ou son représentant.
*le directeur général de l’institut national de la normalisation et de la
propriété industrielle.
*le directeur général de l’institut national d’hygiène et de sécurité.
*le directeur général de la caisse nationale des assurances sociales.
*le responsable de l’organisme algérien de prévention- dans le bâtiment et
les travaux publics.
*le directeur général de l’entreprise nationale d’agréage et de contrôle
technique.
*le directeur général de l’institut national de la santé publique.
*douze ( 12 ) représentants des travailleurs.
*douze ( 12 ) représentants des employeurs.
*douze ( 12 ) personnalités désignées en raison de leur compétence parmi
lesquelles figurent au moins cinq ( 5 ) spécialistes en médecine du travail
choisis en concertation avec le ministre chargé de la santé.
Art. 3 - Les représentants des travailleurs sont désignés sur proposition des
organisations syndicales des travailleurs les plus représentatives au plan
national au prorata de leur représentativité.
Art. 4 - Les représentants des employeurs sont désignés sur proposition des
organisations d’employeurs les plus représentatives au plan national au pro-
rata de leur représentativité.
Art. 5 - Les membres du conseil sont nommés sur proposition des autorités
ou des instances dont ils relèvent par arrêté du ministre chargé du travail
pour une durée de trois ( 3 ) ans renouvelable.
En cas d’interruption du mandat de l’un des membres du conseil, il est pour-
vu à son remplacement selon les mêmes formes prévues à l’alinéa le du pré-
sent article et ce jusqu’à expiration du mandat.
Art. 6 - Le conseil peut faire appel, pour consultation, à toute personne qui
en raison de ses compétences ou de ses qualifications dans le domaine de
l’hygiène, de la sécurité et de la médecine du travail est susceptible d’éclai-
rer ses travaux.
238
Décret exécutif n° 96-209 du 5/06/1996 Art. 14
Art. 7 - Le conseil se réunit deux (2) fois par an en session ordinaire sur
convocation de son président.
Il peut se réunir en session extraordinaire soit à l’initiative de son président,
soit à la demande de la majorité de ses membres.
Le président du conseil fixe l’ordre du jour des sessions.
Les réunions du conseil font l’objet de procès-verbaux adressés au ministre
chargé du travail.
Art. 8 - Le conseil crée en son sein, selon des conditions et des modalités
définies par son règlement intérieur, des commissions chargées des travaux
préparatoires de ses réunions.
Art. 9 - Les fonctions au seul du conseil et des commissions prévues à l’ar-
ticle 8 ci-dessus sont exercées à titre bénévole. Toutefois, elles ouvrent droit
au bénéfice d’indemnités compensatrices des frais engagés.
Art. 10 - Le conseil élabore et adopte son règlement intérieur.
Le règlement intérieur précisera, en tant que de besoin, les conditions d’or-
ganisation et de fonctionnement du conseil.
Art. 11 - Le secrétariat du conseil est assuré par le ministère chargé du tra-
vail.
Art. 12 - Le conseil élabore annuellement un rapport sur l’état de la situa-
tion en matière d’hygiène, de sécurité et du travail qu’il soumet au ministre
chargé du travail.
Art. 13 - Les dépenses induites par le fonctionnement du conseil sont inté-
grées au budget du ministère chargé du travail
Art. 14 - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 18 Moharram 1417
correspondant au 5 juin 1996
Ahmed OUYAHIA
239
Décret exécutif n° 99-95 du 3 Moharram 1420 correspondant au 19
Avril 1999 relatif à la prévention des risques liés à l’amiante
Référence : JORA n°29 / 1999.
Chef du Gouvernement,
Sur le rapport du ministre de la santé et de la population,
la constitution et notamment ses articles 85-4° et 125 ( alinéa 2 ) ;
Vu la loi n° 83-03 du 5 février 1983 relative à la protection de l’environne-
ment;
-Vu la loi n° 83-13 du 2 juillet 1983 relative aux accidents du travail et aux
maladies professionnelles;
-Vu la loi n° 83-17 du 16 juillet 1983, modifiée et complétée, portant code
des eaux;
-Vu la loi n° 85-05 du 16 février 1985, modifiée et complétée, relative à la
protection et la promotion de la santé,
-Vu la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, à la sécurité et
à la médecine du travail-,
-Vu la loi n° 90-11 du 21 avril 1990, modifiée et complétée, relative aux
relations de travail;
-Vu la loi n° 91-25 du 18 décembre 1991 portant loi de finances pour 1992,
notamment son article 117. ;
-Vu le décret présidentiel n° 98-427 du 26 Chaâbane 1419 correspondant au
15 décembre 1998 portant nomination du Chef du Gouvernement;
Vu le décret présidentiel n° 98-428 du Aouel Ramadhan 1419 correspon-
dant au 19 décembre 1998 portant nomination des membres du
Gouvernement ;
- Vu le décret exécutif n° 90-79 du 27 février 1990 portant, réglementation
des transports des matières dangereuses ;
- Vu le décret exécutif n° 91-05 du 19 janvier 1990 relatif aux prescriptions
générales de protection applicables en matière d’hygiène et de sécurité en
milieu de travail ;
- Vu le décret exécutif n° 91-175 du 28 niai 1991 définissant les règles
générales d’aménagement, d’urbanisme et de construction;
- Vu le décret exécutif n° 93-120 du 15 mai 1993 relatif à la l’organisation
de la médecine du travail ;
241
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 1
- Vu le décret exécutif n° 93-160 du 10 juillet 1993 réglementant les rejets
d’effluents liquides industriels;
- Vu le décret exécutif n° 93-165 du 10 juillet 1993 réglementant les émis-
sions atmosphériques de fumées, gaz, poussières, odeurs et particules
solides ;
- Vu le décret exécutif n° 93-289 du 14 Joumada Ethania 1414 correspon-
dant au 28 novembre 1993 portant obligation pour toutes les entreprises
intervenant dans le cadre de la réalisation des marchés publics du bâtiment,
des travaux publics et de l’hydraulique d’être titulaires du certificat de qua-
lification et de classification professionnelles ;
-Vu le décret exécutif n° 97-254 du 3 Rabie El Ouel 1418 correspondant au
8 juillet 1997 relatif aux autorisations préalables à la fabrication et à l’im-
portation de produits toxiques présentant un risque particulier;
- Vu le décret exécutif n° 98-339 du 13 Rajab 1419 correspondant au 3
novembre 1998 définissant la réglementation applicable aux installations
classées et fixant leur nomenclature;
Décrète :
Article 1er - Le présent décret a pour objet de définir les mesures de pré-
vention des risques liés aux activités dans lesquelles les travailleurs et/ou la
population générale sont exposés ou susceptibles d’être exposés aux pous-
sières provenant de l’amiante ou des matériaux contenant de l’amiante.
Art. 2 - Au sens du présent décret, le terme « amiante » désigne les silicates
fibreux appartenant aux deux ( 2 ) grands groupes suivants
- les amphiboles ;
- les serpentines.
Art. 3 - La mise sur le marché et l’emploi de toutes les fibres d’amiante et
les produits auxquels elles ont été délibérément ajoutées, à l’exception du
chysotile ( amiante blanc ) sont interdits.
Art. 4 - La projection d’amiante par flocage est interdite. Après confirma-
tion de la présence de flocage ou de calorifugeage, tous les ouvrages ou élé-
ments d’ouvrages qui en contiennent doivent faire l’objet d’un confinement
ou d’un retrait.
Les activités qui impliquent l’incorporation de matériaux isolants ou inso-
norisants de faible densité ( inférieure à 1 g/cm ) contenant de l’amiante
3
sont interdites.
242
Décret exécutif n° 99-95 du 19/04/1999 Art. 11
Art. 5 - L’exposition des travailleurs à la poussière provenant de l’amiante
ou des matériaux contenant de l’amiante sur le lieu de travail doit être rédui-
te à un niveau aussi bas que possible.
Le nombre des travailleurs exposés directement ou susceptibles d’être
exposés à la poussière provenant de l’amiante ou des matériaux contenant
de l’amiante doit être limité aux seuls travailleurs dont la présence est indis-
pensable pour l’exécution des travaux.
Tous les bâtiments et/ou les installations et équipements servant à la
transformation ou au traitement de l’amiante doivent être efficacement
et régulièrement nettoyés et entretenus.
Art. 6 - Les rejets d’amiante dans l’atmosphère et dans les effluents liquides
doivent être réduits à un niveau aussi bas que possible.
Les valeurs limites seront fixées par voie réglementaire.
Art. 7 - Les déchets d’amiante et les emballages vides susceptibles de libé-
rer des fibres d’amiante doivent être rassemblés et transporté hors du lieu
de travail régulièrement, dans des emballages approprie fermés avec appo-
sition d’un étiquetage indiquant qu’ils contiennent à l’amiante.
Ces déchets doivent être ensuite traités et/ou éliminés conformément à la
réglementation en vigueur.
Art. 8 - Les laboratoires devant procéder aux prélèvements et mesures des
poussières d’amiante dans les immeubles bâtis doivent être agréés.
La procédure de délivrance de l’agrément des laboratoires est définie par
vole réglementaire.
Art. 9 - Tous travaux de réfection ou de transformation sur le immeubles
bâtis susceptibles de contenir de l’amiante floqué o calorifugé, doivent être
obligatoirement déclarés par le propriétaire e ne pourront se faire sans auto-
risation écrite du wali.
La procédure de délivrance de l’agrément des entreprise spécialisées sera
définie par voie réglementaire.
Art. 10 - Sont interdits les produits de textiles d’amiante, sauf ceux qui sont
conçus pour offrir une protection contre le feu et la chaleur et qui sont fabri-
qués de manière à garantir que les fibres d’amiante ne seront pas détachées
des produits lors d’un usage normal.
Art. 11 - Sont interdits, la fabrication, l’importation et 1a commercialisa-
tion des produits de consommation contenant de l’amiante dont la liste sera
fixée par voie réglementaire.
243
Disposition particulières à certaines catégories de travailleurs Art. 12
Art. 12 - Des textes réglementaires préciseront, en tant que de besoin, les
modalités d’application des dispositions du présent décret.
Art. 13 - Le présent décret sera publié au Journal officiel de 1 République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 3 Moharrem 1420
correspondant au 11 avril 1999
Smaïl HAMDANI
244
LIVRE CINQUIEME
APPRENTISSAGE ET FORMATION
EN ENTREPRISE
Loi n° 81-07 du 27 juin 1981 relative a l’apprentissage (modifié et
complèté )
Référence : JORA n° 26 / 1981.
Modifiée et complétée par:
- Loi n° 90-34 du 25 décembre 1990 (JORA n° 56 / 1990)
- Loi n° 2000-01 du 18 janvier 2000 (JORA n° 03 / 2000)
Le Président de la République,
- Vu la charte nationale;
- Vu la constitution, notamment ses articles 66, 151 et 154;
- Vu la loi n° 78-12 du 5 août 1978 relative au statut général du travailleur,
notamment ses articles 171 à 179 ;
- Vu la loi n° 81-03 du 21 février 1981 relative à la durée légale du travail;
- Vu l’ordonnance n° 71-74 du 16 novembre 1971 relative à la gestion
socialiste des entreprises;
-Vu l’ordonnance n° 71-75 du 16 novembre 1971 relative aux rapports col-
lectifs de travail dans le secteur privé;
- Vu l’ordonnance n° 75-31 du 29 avril 1975 relative aux conditions géné-
rales de travail dans le secteur privé;
- Vu l’ordonnance n° 75-32 du 29 avril 1975 relative à la justice du travail;
- Vu l’ordonnance n° 75-33 du 29 avril 1975 relative aux attributions de
l’inspection du travail et des affaires sociales;
- Vu la loi n° 84-17 du 7 juillet 1984, modifiée et complétée, relative aux
lois de finances ;
- Vu la loi n° 88-01 du 12 janvier 1988 portant loi d’orientation sur les
entreprises publiques économiques;
- Vu la loi n° 88-02 du 12 janvier 1988, modifiée et complétée, relative à la
planification ;
- Vu la loi n° 90-03 du 6 février 1990 relative à l’inspection du travail ;
245
Apprentissage et formation en entreprise Art. 1
-Vu la loi n° 90-08 du 7 avril 1990 relative à la commune ;
-Vu la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail,
-Vu le décret n° 71-287 du 3 décembre 1971 fixant le montant du présalaire
servi aux élèves des établissements d’enseignement supérieur, des instituts
de technologie et des écoles spécialisées, modifié par les décrets n° 74-243
du 23 novembre 1974 et n°80-85 du 15 mars 1980,
- Vu le décret n° 74-253 du 28 décembre 1974 fixant les modalités de
constitution, les attributions et le fonctionnement de la commission perma-
nente du personnel et de la formation dans les entreprises socialistes;
- Vu le décret n° 74-114 du 10 juin 1974 portant statut particulier des ins-
pecteurs de la formation professionnelle;
- Vu le décret n° 80-46 du 23 février 1980 portant création de la chambre
nationale de commerce ;.
- Vu le décret n° 80-47 du 23 février 1980 portant création de la chambre
de commerce de wilaya ;
- Vu le décret n° 80-46 du 23 février 1980 portant création de la chambre
nationale de commerce ;.
Après adoption par l’Assemblée populaire nationale,
Promulgue la loi dont la teneur suit :
Chapitre I
Objet et champ d’application
Article 1 er - La présente loi a pour objet de définir l’apprentissage, son
champ d’application ainsi que les conditions et les modalités de sa mise en
oeuvre.
Art. 2 - L’apprentissage est un mode de formation professionnelle ayant
pour but l’acquisition, en cours d’emploi, d’une qualification profession-
nelle initiale reconnue, permettant l’exercice d’un métier dans les divers
secteurs de l’activité économique liés à la production de biens et de services.
L’acquisition de cette qualification se fait par l’exécution pratique, répétée
et progressive, des différentes opérations liées à l’exercice du métier
considéré et par une formation théorique et technologique complémentaire,
dispensée dans les structures de formation agréées par l’administration
chargée de la formation professionnelle.
246
Loi n° 81-07 du 27/07/1981 Art. 9
Art. 3 - L’organisation de la formation théorique et technologique complé-
mentaire prévue à l’article 2 ci-dessus ainsi que la définition des spécialités
donnant lieu à l’apprentissage, sont fixées par arrêté du ministre chargé de
la formation professionnelle, après consultation des commissions profes-
sionnelles spécialisées.
Art. 4 - La durée de l’apprentissage est d’un (1) an au minimum et de trois
(3) ans au maximum. Pour chaque spécialité, elle est fixée par vole régle-
mentaire après avis de l’union professionnelle ou de représentants dûment
qualifiés de la branche d’activité professionnelle concernée.
Art. 5 - L’apprentissage est régi par un contrat liant l’employeur et l’ap-
prenti représenté par son tuteur légal.
Le modèle du contrat d’apprentissage est arrêté par voie réglementaire.
Art. 6 - L’apprentissage est sanctionné par un diplôme délivré par l’adminis-
tration chargée de la formation professionnelle, dans des conditions et formes
fixées par voie réglementaire.
Art. 7 - Tout organisme est tenu d’assurer, dans le cadre des dispositions de
la présente loi, la formation professionnelle des jeunes par le biais de l’ap-
prentissage.
Par organisme employeur, est entendu, au sens de la présente Loi :
- toute personne physique ou morale exerçant une activité artisanale;
- toute unité ou entreprise de production, de commercialisation ou de pres-
tation de services, quelles que soient sa taille et sa nature juridique
- les établissements publics et organismes à caractère administratif, dans des
conditions fixées par voie réglementaire.
Art. 8 - Tous les organismes employeurs n’ayant pas satisfait à l’obligation
prévue à l’article 9 de la présente loi sont soumis à une taxe d’apprentissa-
ge dans les conditions fixées par voie réglementaire.
Art. 9 - Les artisans travaillant habituellement pour leur propre compte,
ainsi que les organismes employeurs occupant habituellement 1 à 5 tra-
vailleurs, sont tenus d’accueillir au moins 1 apprenti.
Les organismes employeurs occupant habituellement 6 à 20 travailleurs,
sont tenus d’accueillir au moins 2 apprentis.
Les organismes employeurs occupant habituellement 21 à 40 travailleurs,
sont tenus d’accueillir au moins 4 apprentis.
Au-delà de 41 travailleurs jusqu’à 100 travailleurs, les organismes
employeurs sont tenus d’accueillir au moins 5 apprentis.
247
Apprentissage et formation en entreprise Art. 10
Au-delà de 100 travailleurs jusqu’à 1.000 travailleurs, les organismes
employeurs sont tenus d’accueillir au moins 1 apprenti pour chaque tranche
de 20 travailleurs.
Au-delà de 1.000 travailleurs, les organismes employeurs sont tenus d’ac-
cueillir des apprentis dans une proportion d’au moins 3 % de l’ensemble de
leur effectif.
Chapitre II
Le contrat d’apprentissage
Art. 10 - Le contrat d’apprentissage est celui par lequel un organisme
employeur s’engage à assurer une formation professionnelle méthodique et
complète à un apprenti qui s’oblige, en contrepartie, à travailler pour lui
pendant la durée du contrat moyennant un présalaire préalablement fixé.
Le contrat d’apprentissage est régi par les lois et règlements ainsi que par
les statuts-types, les statuts particuliers et les conventions collectives appli-
cables aux relations de travail dans l’activité considérée.
Art. 11 - Le contrat d’apprentissage est passé par écrit et signé par l’em-
ployeur, l’apprenti et son tuteur légal, lorsque l’apprenti est mineur.
Il est enregistré par l’assemblée populaire communale du lieu d’ap-
prentissage qui le transmet, aux fins de validation, à l’institution de forma-
tion professionnelle désignée la plus proche.
Le contrat d’apprentissage est exempt de tout droits de timbre et
d’enregistrement.
Les conditions d’enregistrement et de validation du contrat, d’apprentissage
sont fixées par voie réglementaire.
Art. 12 - Nul ne peut être reçu en qualité d’apprenti s’il est âgé de moins de
15 ans et de plus de 18 ans à la date de signature du contrat d’apprentissage.
L’âge maximal fixé à l’alinéa ci-dessus ne s’applique pas aux handicapés
physiques.
L’âge maximal des apprentis de sexe féminin est étendu à trente (30) ans
pour des cas exceptionnels qui seront précisés par voie réglementaire.
Art. 13 - Aucun employeur ne peut recevoir des apprentis s’il n’est majeur
ou émancipé.
La mission d’apprentissage ne peut être dévolue aux individus condamnés :
* pour crime ou délit,
* pour attentat aux mœurs,
248
Loi n° 81-07 du 27/07/1981 Art. 17
* à plus de trois (3) mois d’emprisonnement pour vol ou extorsion de fonds,
escroquerie, abus de confiance ou pour infraction à la législation en vigueur
en matière de fraudes.
Art. 14 - L’hébergement des apprentis obéit à des conditions qui sont fixées
par vole réglementaire.
Art. 15 - Les handicapés physiques, médicalement reconnus, ont droit à
l’apprentissage conformément aux dispositions de la présente loi et de la
législation en vigueur.
Les organismes employeurs peuvent recevoir des handicapés en qualité
d’apprentis s’ils disposent de postes appropriés aux conditions physiques de
l’handicapé.
Les postes d’apprentissage et les modalités d’application du présent article
sont fixés par voie réglementaire.
Art. 16 -L’apprenti perçoit :
a - pendant une période allant de 6 à 12 mois, un présalaire versé par l’Etat,
b – au-delà des périodes visées à l’alinéa « a » ci-dessus, un présalaire pro-
gressif, indexé au salaire national minimum garanti et versé par l’em-
ployeur.
Dans le cadre de la couverture sociale, l’apprenti bénéficie de :
- la sécurité sociale,
- l’assurance contre les accidents de travail,
- les allocations familiales.
L’apprenti bénéficie des réductions et avantages accordés au titre du régime
scolaire.
Les modalités d’application des dispositions du présent article sont déter-
minées par voie réglementaire.
Art. 17 - Un présalaire est versé aux handicapés physiques ayant la qualité
d’apprenti, visés à l’article 15 ci-dessus, selon les dispositions ci-après :
- pendant les 12 premiers mois, le présalaire est versé par l’Etat;
- sous réserve des dispositions de l’alinéa 3 de l’article 16 ci-dessus, l’Etat
et l’organisme employeur contribuent, à part égale, au versement du présa-
laire à l’apprenti pour toute période d’apprentissage allant de 12 à 24 mois.
Si la période d’apprentissage dépasse la durée fixée ci-dessus, l’organisme
employeur verse un présalaire progressif et indexé au salaire national
minimal garanti.
249
Apprentissage et formation en entreprise Art. 18
Art. 18 - L’apprenti doit :
- accomplir les tâches qui lui sont confiées dans le cadre des activités liées
à l’apprentissage, objet du contrat;
- observer les horaires légaux du travail fixés pour la branche d’activité
concernée et l’assiduité aux cours de formation complémentaire;
- obéir à son employeur dans la limite des termes du contrat; aider, selon ses
capacités physiques et intellectuelles, l’employeur dans son travail;
- éviter la dégradation des moyens de travail;
- compenser le temps d’in utilisation pour raison de santé ou absence, à
l’exception des congés rémunérés.
Les modalités d’application de ce dernier alinéa sont fixées par voie régle-
mentaire.
Art. 19 - L’organisme employeur est tenu :
- de veiller à la réalisation d’un apprentissage progressif permettant
l’acquisition de la qualification professionnelle prévue par le contrat;
- d’employer l’apprenti dans des travaux ou services liés à la qualification
professionnelle prévue par le contrat;
- de prévenir le tuteur légal de l’apprenti en cas d’absences répétées, d’ac-
cident ou de tout autre fait de nature à motiver son intervention;
- de prévenir la commission communale de l’apprentissage dans les cas de
nature à motiver son intervention.
Il est civilement responsable de l’apprenti pendant les heures de présence
au sein de l’entreprise pour exercer l’apprentissage.
Les modalités d’application des dispositions des alinéas 1, 3 et 4 présent
article sont définies par voie réglementaire.
Art. 19 bis. - Conformément à la législation en vigueur, l’organisme emp-
loyeur ne doit pas confier à l’apprenti des travaux insalubres ou au-delà de
ses capacités.
Art. 19 ter. - Dans le but d’assurer un suivi régulier du déroulement de la
formation, l’organisme employeur procède à :
* l’élaboration d’un plan de formation en consultation avec les instances
concernées par l’apprentissage;
* l’identification de la structure chargée de l’enclavement de la formation ;
* la désignation d’un maître artisan chargé de l’apprentissage.
Les modalités d’application du présent article seront précisées par voie régle-
mentaire.
250
Loi n° 81-07 du 27/07/1981 Art. 23
Art. 20 - L’organisme employeur est exonéré:
a- des cotisations dues, pour l’apprenti, au titre
* des assurances sociales;
* de l’assurance contre les accidents du travail;
* des allocations familiales.
Les cotisations visées ci-dessus sont à la charge de l’Etat pendant toute la
durée du contrat d’apprentissage, selon des modalités qui sont fixées par
vole réglementaire.
b- du versement forfaitaire au titre de l’impôt sur le présalaire de l’apprenti.
Art. 21 - Des distinctions honorifiques et des prix d’encouragement sont
décernés aux meilleurs apprentis ainsi qu’aux maîtres d’apprentissage, artisans
et organismes employeurs qui se seront particulièrement distingués dans la
mise en oeuvre de l’apprentissage.
Des stimulants particuliers sont accordés à tout formateur ou employeur
chargé de l’apprentissage des handicapés physiques.
Les modalités et les critères d’attribution des distinctions honorifiques, des
prix et des stimulants susvisés sont arrêtés par voie réglementaire.
Art. 22 - Dans le cas où l’apprentissage se fait auprès du tuteur légal, le
contrat d’apprentissage est remplacé par une déclaration enregistrée et vali-
dée dans les mêmes conditions que le contrat d’apprentissage et par laquel-
le celui-ci s’engage à :
*assurer la formation pratique de l’apprenti,
*lui permettre de suivre la formation complémentaire,
*le présenter aux épreuves prévues pour la sanction de l’apprentissage.
Art. 23 - Le contrat d’apprentissage est résilié de plein droit et sans préju-
dice des avantages acquis à l’autre partenaire, dans les cas de :
*décès de l’employeur ou de l’apprenti ;
*faillite de l’employeur, ;
•cessation définitive des activités de l’organisme employeur pour des
raisons impérieuses;
*incapacité physique permanente de l’une des deux parties;
•condamnation de l’employeur à l’une des peines prévues à l’article 13
ci-dessus pendant la période d’apprentissage ;
*incorporation de l’employeur au service national;
•dans tous les cas, à l’expiration de la période d’apprentissage, objet du
contrat;
251
Apprentissage et formation en entreprise Art. 24
•l’impossibilité à l’organisme employeur de poursuivre l’apprentissage,
justifiée par le centre de formation professionnelle.
Art. 24 - La résiliation du contrat d’apprentissage peut être unilatérale,
amiable ou prononcée par décision judiciaire.
Pendant les deux premiers mois de l’apprentissage, le contrat peut être
rompu unilatéralement par l’une ou l’autre des parties sans réparation.
Dans tous les cas de figure, l’organisme employeur est tenu de déclarer
toute résiliation ou rupture de contrat à la commission communale de
l’apprentissage et à l’établissement de formation concernés dans un délai
maximal de trente (30) jours à dater de la décision de résiliation ou de
rupture.
Art. 25 - Les litiges nés à l’occasion de l’exécution du contrat d’apprentis-
sage sont soumis à la procédure de conciliation préalable par-devant la
commission communale de l’apprentissage prévue à l’article 33 de la pré-
sente loi.
La commission communale de l’apprentissage est tenue informée par écrit
par la partie plaignante ainsi que par le chef de l’établissement de formation
auquel est rattaché l’apprenti. La commission est tenue de trancher en coor-
dination avec l’inspection du travail le litige dans un délai d’un mois à
compter de sa saisine.
En cas de non-conciliation ou si la commission communale de l’apprentis-
sage n’a pas tranché dans les délais susmentionnés, l’organisme employeur
ou l’apprenti peut saisir la juridiction compétente.
Art. 26 - L’organisme employeur est tenu de se libérer de toutes les oblig-
ations le liant à un ancien apprenti dont le contrat est résilié ou rompu avant
tout engagement d’un nouvel apprenti. (art 11 L n° 2000-01)
Est nul tout nouveau contrat d’apprentissage liant l’apprenti, sans que les
obligations du précédent contrat n’aient été remplies complètement.
Art. 26 bis - Après avoir régulièrement suivi un apprentissage pendant une
période au moins égale à la moitié de son cycle de formation, l’apprenti
dont le’ contrat a fait l’objet d’une résiliation abusive, conserve le bénéfice
de ladite période dans le cadre d’un nouveau contrat d’apprentissage dans
la même spécialité.
Les modalités d’application des dispositions du présent article sont définies
par voie réglementaire.
252
Loi n° 81-07 du 27/07/1981 Art. 31
Chapitre III
Contrôle de l’apprentissage
Art. 27 - Le contrôle opérationnel permanent de l’apprentissage est assuré
par l’administration chargée de la formation professionnelle.
Il sera créé à cet effet un cadre de contrôle aux niveaux local et national
dont les modalités de création et de fonctionnement seront définies par voie
réglementaire.
Art. 28 - Il est institué un livret d’apprentissage permettant le suivi et l’éva-
luation périodique de la formation de l’apprenti.
Le modèle et les conditions de tenue du livret, ainsi que les conditions
d’évaluation périodique de l’apprentissage, sont définis par voie régle-
mentaire.
Art. 29 - Il peut être créé, dans le cadre de la réglementation en vigueur en
matière d’apprentissage et applicable à l’enseignement professionnel pra-
tique et théorique, des fonctions spécifiques dont celles destinées aux for-
mateurs chargés de l’enseignement théorique de l’apprentissage et aux
contrôleurs chargés de suivre la mise en oeuvre des programmes tech-
niques, pédagogiques et administratifs, au sein des organismes employeurs,
sous l’autorité de l’administration chargée de la formation professionnelle.
Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie régle-
mentaire.
Art. 30 - Tout candidat à l’apprentissage est soumis à un examen médical
établissant son aptitude à l’exercice du métier envisagé.
Art. 31 - Dans le cadre de ses attributions, le comité de participation prévu
à l’article 94 de la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de tra-
vail, exprime avis avant la mise en oeuvre par l’employeur des décisions se
rapportant :
- aux plans de formation par apprentissage,
- aux modèles de contrats d’apprentissage.
253
Apprentissage et formation en entreprise Art. 32
Chapitre IV
Dispositions diverses
Art. 32 - Les chambres nationale, régionales et de wilaya du commerce et
de l’industrie, de ‘agriculture, de l’agriculture de l’artisanat et des métiers,
ainsi que les unions professionnelles, les organisations patronales et les
associations concernées, contribuent, dans le cadre des organes de
concertation prévus par la réglementation, aux actions d’apprentissage,
notamment en participant :
*à la détermination des prérequis et durées d’apprentissage;
*à la détermination des spécialités donnant lieu à l’apprentissage;
*à l’élaboration des programmes pédagogiques;
*au suivi et à l’évaluation des formations;
*au développement des offres de formation;
*à la formation des maîtres d’apprentissage.
Art. 33 - Il est institué, auprès de l’assemblée populaire communale, une
commission communale de l’apprentissage dont la présidence est assurée
par le président de la commission des affaires sociales et culturelles de l’as-
semblée populaire communale ou par un des membres de l’exécutif de ladi-
te assemblée.
Les modalités de constitution et de fonctionnement de la commission com-
munale de l’apprentissage sont fixées par voie réglementaire.
Art. 34 - La commission communale de l’apprentissage est chargée :
- de recenser les possibilités humaines et matérielles d’apprentissage au
niveau de la commune ;
- d’étudier, de proposer et de mettre en oeuvre toute mesure de nature à pro-
mouvoir et dynamiser l’apprentissage au niveau de la commune;
- de veiller au suivi et à la mise en oeuvre de l’apprentissage au niveau de
la commune.
- de procéder à la collecte des offres de formation auprès des organismes
employeurs, à la réception des candidatures des apprentis, de leur installa-
tion, sous réserve des dispositions des articles 19 et 31 de la présente loi.
Dans le cadre de leurs missions et attributions, la commission communale
de l’apprentissage, l’établissement de formation et les services de l’inspec-
tion du travail, élaborent conjointement un plan annuel de suivi du déroule-
ment de l’apprentissage et procèdent à une évaluation périodique pour le
compte de leurs hiérarchies respectives.
254
Loi n° 81-07 du 27/07/1981 Art. 39
Art. 34 bis. - L’employeur qui assure à l’apprenti à la fin de son apprentis-
sage un emploi stable, peut bénéficier d’avantages spécifiques qui seront
définis par la loi.
Art. 35 - abrogé.
Art 36. - Les infractions aux dispositions des articles 7 et 9 de la présente
loi sont punies d’une amende de 1.500 DA à 3.000 DA, applicable autant
de fois qu’il y a d’infractions constatées.
Les infractions aux dispositions relatives aux conditions générales de travail
sont constatées et sanctionnées conformément à la législation en vigueur.
Art. 37 - Sous réserve des dispositions des articles 24 et 26 de la présente
loi, et lorsque la résiliation du contrat d’apprentissage intervient d’une
façon abusive, l’employeur est tenu :
- de réparer les préjudices causés à l’apprenti, sur sa demande ou celle de
son tuteur légal;
- de réparer les préjudices causés à l’établissement de formation, sur
demande du chef d’établissement auquel est rattaché l’apprenti,
- de s’acquitter d’une amende pouvant aller jusqu’à trois (3) fois le montant
des sommes engagées par l’Etat pour la prise en charge du présalaire, de la
couverture sociale de l’apprenti et des exonérations fiscales dont il aura
bénéficié;
- de s’acquitter du paiement de la taxe d’apprentissage prévue par l’article
8 ci-dessus.
La juridiction compétente statue en la matière en premier ressort et défini-
tivement.
Art. 38 - Les dispositions des articles 45 à 68 et 328 à 330 de l’ordonnan-
ce n° 75-31 du 29 avril 1975 relative aux conditions générales de travail
dans le secteur privé sont abrogées.
Les contrats d’apprentissage passés antérieurement à la date de publication de
la présente loi au Journal officiel de la République algérienne démocratique
et populaire, demeurent toutefois régis par les dispositions y afférentes de
ladite ordonnance.
Art. 39 - La présente loi sera publiée au Journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 27 juin 1981
Chadli BENDJEDID
255
Décret n° 81-392 du 26 Décembre 1981 portant application des disposi-
tions de la loi n° 81-07 du 27 juin 1981 relative à l’apprentissage
(modifié et complété)
Référence: JORA n°52/1981.
Modifié et complété par:
- Décret exécutif n° 91- 519 du 22 décembre 1991. (JORA n° 68 / 1991)
- Décret exécutif n° 95-31 du 16 Chaâbane 1415 correspondant au 18 jan-
vier 1995. (JORA n° 4 / 1995)
Le Président de la République,
Sur le rapport du secrétaire d’Etat à la formation professionnelle,
- Vu la constitution, notamment ses articles 111 - 100 et 152;
- Vu la loi n° 81-07 du 27 juin 1981 relative à l’apprentissage, modifiée et
complétée par la loi n° 90-34 du 25 décembre 1990;
- Vu la loi n° 90-03 du 6 février 1990 relative à l’inspection du travail ;
(ajout D n° 95-31)
- Vu la loi n° 90-08 du 7 avril 1990 relative à la commune; (ajout D n°
95-31)
- Vu la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail; (ajout
D n° 91-519)
- Vu la loi n° 90-21 du 15 août 1990 relative à la comptabilité publique;
(ajout D n° 95-31)
- Vu le décret n° 74-112 du 10 juin 1974 portant création et fixant les sta-
tuts des centres de formation professionnelle, modifié par le décret n° 79-
14 du 25 janvier 1979 fixant la liste des centres de formation profession-
nelle;
- Vu le décret exécutif n° 90-253 du 1 septembre 1990 érigeant les annexes
er
du centre national d’information et d’animation de la jeunesse en centres
d’information et d’animation de la jeunesse; (ajout D n° 91-519)
- Vu le décret exécutif n° 90-117 du 21 avril 1990 portant statut parti-
culier des travailleurs du secteur de la formation professionnelle;
(ajout D n° 91-519)
257
Apprentissage et formation en entreprise Art. 1
- Vu le décret exécutif n° 90-253 du 1er septembre 1990 érigeant les
annexes du centre national d’information et d’animation de la jeunesse;
-Vu le décret exécutif n° 93-60 du 27 février 1993 fixant les attributions du
ministre de la formation professionnelle;
Décrète :
Article 1er. - La formation théorique et technologique complémentaire pré-
vue à l’article 2 de la loi n° 81-07 du 27 juin 1981 susvisée a pour objet de
dispenser à l’apprenti les connaissances théoriques nécessaires à l’exercice
du métier, objet de l’apprentissage, et pour objectif de faciliter, par un ensei-
gnement général, l’acquisition de la qualification visée.
Des arrêtés de l’autorité chargée de la formation professionnelle préciseront
les contenus des programmes de chaque enseignement.
Art. 2 - La formation théorique et technologique complémentaire est dis-
pensée périodiquement aux apprentis d’une même branche ou de branches
voisines,
Les modalités d’organisation de cette formation sont fixées par arrêté de
l’autorité chargée de la formation professionnelle.
Art. 3 - La formation théorique et technologique complémentaire des
apprentis est dispensée :
a - dans les centres de formation professionnelle, leurs annexes et les sec-
tions détachées;
b - dans les structures de formation d’entreprises ou interentreprises qui
recevront, dans ce but, l’agrément de l’autorité chargée de la formation pro-
fessionnelle;
c - dans les structures d’éducation.
Des arrêtés conjoints des ministres concernés et de l’autorité chargée de la
formation professionnelle fixeront les modalités d’application des disposi-
tions de l’alinéa « c » ci-dessus,
Art. 4 - La liste des spécialités, prévue à l’article 3 de la loi n° 81-07 du 27
juin 1981 susvisée énumère, par branche d’activité, les spécialités donnant
lieu à apprentissage ainsi que la période pendant laquelle l’Etat assure la
prise en charge du présalaire de l’apprenti dans le cadre des dispositions de
l’article 16 -a de la loi précitée.
La liste des spécialités donnant lieu à l’apprentissage est établie, après avis
de l’union professionnelle concernée ou de représentants habilités de la
258
Décret n° 81-392 du 26/12/1981 Art. 9
branche d’activité concernée, par arrêté conjoint du ministre chargé du tra-
vail, du ministre chargé des finances et de l’autorité chargée de la formation
professionnelle.
Cette liste peut être modifiée ou complétée dans les mêmes conditions et les
mêmes formes.
Art. 5 - Le diplôme d’aptitude professionnelle prévu à l’article 6 de la loi
n° 81-07 du 27 juin 1981 susvisée, est délivré aux apprentis ayant subi avec
succès les épreuves de l’examen de fin d’apprentissage.
Les modalités d’organisation de cet examen sont fixées par arrêté de l’au-
torité chargée de la formation professionnelle.
Art. 6 - Les candidats ajournés peuvent bénéficier d’un cycle d’apprentis-
sage supplémentaire d’une durée n’excédant pas 6 mois, dans des condi-
tions fixées par arrêté de l’autorité chargée de la formation professionnelle.
Les conditions de rémunération durant cette période sont celles du dernier
semestre d’apprentissage stipulées au contrat initial.
Art. 7 - Les modalités d’application de l’article 11 de la loi n° 81-07 du 27
juin 1981 susvisée sont fixées ainsi qu’il suit.:
L’assemblée populaire communale enregistre les contrats d’apprentissage
établis, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en
vigueur, sur le territoire de la commune, et les transmet aux fins de valida-
tion, dans le délai d’un mois au plus tard, au centre de formation profes-
sionnelle le plus proche, désigné par l’autorité chargée de la formation pro-
fessionnelle.
Le modèle du contrat-type et de la déclaration d’apprentissage est fixé par
arrêté de l’autorité chargée de la formation professionnelle..
Art. 8 - La validation du contrat d’apprentissage par le centre de formation
professionnelle, a pour objet de s’assurer :
- que les aptitudes de l’apprenti sont compatibles avec la spécialité retenue,
- que la qualification et les moyens matériels de l’employeur sont de nature
à permettre le déroulement normal de l’apprentissage.
Art. 9 - La validation du contrat d’apprentissage intervient dans le délai
d’un mois à compter de la date de sa réception par le centre de formation
professionnelle.
Elle ouvre droit à la prise en charge, par le centre de formation profession-
nelle, du présalaire et de la couverture sociale de l’apprenti dans les condi-
tions fixées par la réglementation en vigueur.
259
Apprentissage et formation en entreprise Art. 10
Art. 10 - Les modalités pratiques d’enregistrement et de validation des
contrats d’apprentissage sont fixées par arrêté de l’autorité chargée de la
formation professionnelle.
Art. 11 - Le centre de formation professionnelle ayant validé le contrat
d’apprentissage est chargé d’assurer l’affiliation de l’apprenti au régime de
sécurité sociale concerné et le versement des cotisations dues au titre de la
législation et de la réglementation en vigueur en matière de sécurité sociale.
Art. 12 - En application de l’article 16 de la loi n° 81-07 du 27 juin 1981
susvisée, modifiée et complétée, l’apprenti perçoit un présalaire versé par
l’Etat d’un montant mensuel équivalent à 15 % du salaire national mini-
mum garanti (SNMG) durant une période allant de six (6) mois pour les for-
mations d’une durée égale ou inférieure à vingt quatre (24) mois, et de
douze (12) mois pour les formations d’une durée supérieure à vingt quatre
(24) mois.
Art. 13 - Le présalaire versé par l’employeur à l’apprenti, tel que prévu à
l’article 16- b de la loi n° 81-07 du 27 Juin 1981 susvisée, est fixé comme
suit:
*2ème semestre, dans le cas où ce semestre n’est pas pris en charge par
l’Etat : 30 % du salaire national minimum garanti ( SNMG)
*3 ème et 4 èm semestre : 50 % du SNMG;
e
*5 ème semestre : 60 % du SNMG;
*6 ème semestre: 80 % du SNMG.
Art. 14 - Le livret d’apprentissage prévu à l’article 28 de la loi n° 81-07 du
27 juin 1981 susvisée, comporte outre les indications concernant l’identifi-
cation des partenaires et l’apprentissage objet du contrat :
- des extraits de la législation et de la réglementation relative à
l ’ a p p r e n t i s s age,
- des rubriques permettant l’évaluation périodique de la formation de
l’apprenti, notamment par la mention régulière des différentes tâches et
opérations effectuées et des enseignements reçus en formation théorique et
technologique complémentaire.
Le modèle du livret d’apprentissage ainsi que les modalités pratiques de sa
tenue sont fixés par arrêté de l’autorité chargée de la formation profession-
nelle.
Art. 15 - La commission communale d’apprentissage, prévue à l’article 33
de la loi n° 81-07 du 27 juin 1981, modifiée et complétée, est présidée par
260
Décret n° 81-392 du 26/12/1981 Art. 17
le président de la commission des affaires sociales et culturelles de l’as-
semblée populaire communale ou par un des membres de l’exécutif de ladi-
te assemblée.
Elle comprend :
un représentant du comité local d’insertion des jeunes ( CLIJ) vice-prési-
dent,
un représentant du centre de formation professionnelle et d’apprentissage
territorialement compétent,
un représentant du centre d’information et d’animation de la jeunesse
(CIAJ ),
un représentant du secteur de l’éducation nationale,
un représentant des organismes employeurs du secteur publie,
un représentant des organismes employeurs du secteur privé,
un représentant des apprentis du secteur public,
un représentant des apprentis du secteur privé.
La commission peut faire appel, pour l’entendre, à toute personne compé-
tente en matière de formation, d’éducation et d’emploi.
La composition de la commission communale de l’apprentissage citée ci-
dessus, peut être modifiée par arrêté conjoint du ministre chargé de la for-
mation professionnelle et du ministre chargé des collectivités locales.
Art. 16 - La commission communale de l’apprentissage se réunit deux fois
par an en session ordinaire.
Elle peut se réunir en session extraordinaire, sur convocation de son prési-
dent ou à la demande de la majorité de ses membres.
Art. 17 - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 26 décembre 1981
Chadli BENDJEDID
261
Décret exécutif n° 98-149 du 16 moharram 1419 correspondant au 13
mai 1998 fixant les condition et modalités d’application des articles 55
et 56 de la loi n° 97-02 du 2 ramadhan 1418 correspondant au 31
décembre 1997 portant loi de finances pour 1998 relatifs respective-
ment à la taxe de formation professionnelle continue et a la taxe d’ap-
prentissage
Référence: JORA n° 31 / 1998.
Le Chef du Gouvernement,
Sur le rapport du ministre des finances et du ministre du travail, de la pro-
tection sociale et de la formation professionnelle ,
- Vu la constitution, notamment ses articles 85-4° et 125 ( alinéa 2)
- Vu la loi n° 81-07 du 27 juin 198 1, modifiée et complétée, relative à l’ap-
prentissage,
- Vu la loi n° 84-17 du 7 juillet 1984, modifiée et complétée, relative aux
lois de finances;
- Vu la loi n° 88-01 du 12 janvier 1988, modifiée et complétée, portant loi
d’orientation sur les entreprises publiques économiques;
- Vu la loi n° 90-11 du 21 avril 1990, modifiée et complétée, relative aux
relations de travail,
- Vu la loi n° 97-02 du 2 Ramadhan 1418 correspondant au 31 décembre
1997 portant loi de finances pour 1998, notamment ses articles 55 et 56;
- Vu l’ordonnance n° 97-03 du 2 Ramadhan 1417 correspondant au 11 jan-
vier 1997 fixant la durée légale du travail;
-Vu le décret n° 64-214 du 3 août 1964 portant obligation aux entreprises
de posséder un service de formation professionnelle et de promotion
ouvrière,
- Vu le décret n° 82-298 du 4 septembre 1982 relatif à l’organisation et au
financement de la formation professionnelle en entreprise;
- Vu le décret n° 82-299 du 4 septembre 1982 relatif aux modalités de sanc-
tion de la formation professionnelle en entreprise,
- Vu le décret présidentiel n° 97-230 du 19 Safar 1418 correspondant au 24
juin 1997 portant nomination du Chef du Gouvernement;
- Vu le décret présidentiel n° 97-231 du 20 Safar 1418 correspondant au 25
Juin 1997 portant nomination des membres du Gouvernement,
263
Apprentissage et formation en entreprise Art. 1
- Vu le décret exécutif n° 97-152 du 3 Moharrara 1418 correspondant au 10
mai 1997 fixant le salaire national minimum garanti;
Décrète :
Article 1er - Le présent décret a pour objet de fixer les conditions et moda-
lités d’application des articles 55 et 56 de la loi n° 97-02 du 2 Ramadhan
1418 correspondant au 31 décembre 1997 portant loi de finances pour 1998
relatifs respectivement à la taxe de formation professionnelle continue et à
la taxe d’apprentissage.
Art. 2 - Sont soumis à la taxe de formation professionnelle continue, les
organismes employeurs prévus par les décrets n° 82-298 et n° 82-299 du 4
septembre 1982 susvisés, à l’exclusion des institutions et administrations
publiques.
Art. 3 - Sont soumis à la taxe d’apprentissage, les organismes employeurs
prévus par la loi n° 81-07 du 27 juin 1981, modifiée et complétée, susvisée,
à l’exclusion des ‘institutions et administrations publiques.
Art. 4 - Les taxes ci-dessus citées sont dues lorsque les employeurs visés
aux articles 2 et 3 du présent décret n’ont pas consacré un montant au moins
égal à 0,5 % de la masse salariale annuelle aux actions de formation pro-
fessionnelle continue, et un montant au moins égal de 0,5 % de la masse
salariale annuelle aux actions d’apprentissage.
Art. 5 - Les montants dus au titre des taxes susvisées sont déterminés selon
l’effort consenti par les employeurs aux actions de formation profession-
nelle continue et d’apprentissage.
L’effort est apprécié en matière de formation professionnelle continue,
d’après le volume horaire consacré à la formation par,catégorie sociopro-
fessionnelle.
L’effort en matière d’apprentissage est apprécié d’après les quotas fixés par
la loi n° 81-07 du 27 juin 1981, modifiée et complétée, susvisée
Les quotités sont déterminées par les services chargés de la formation pro-
fessionnelle territorialement compétents dans les limites de 0,5 % de la
masse salariale annuelle, pour chacune des deux taxes.
Les modalités de détermination des quotités sont fixées par arrêté du
ministre chargé de la formation professionnelle.
Art 6 - Les services chargés de la formation professionnelle territorialement
compétents délivrent au terme de chaque semestre aux organismes
264
Décret exécutif n°98/149 du 13/05/19980 Art. 11
employeurs, une attestation en double exemplaire pour chacun des deux
modes de formation dont les modèles sont fixés par arrêté du ministre
chargé de la formation professionnelle retraçant les quotités retenues au
titre de la période en cours.
Un exemplaire de chaque type d’attestation est déposé au moment du paie-
ment auprès de la recette des impôts,
A défaut, ces taxes sont acquittées au taux plein.
Art. 6 bis - Les services chargés de la formation professionnelle territoria-
lement compétents délivrent au terme de chaque semestre aux organismes
employeurs, une attestation en double exemplaire pour chacun des deux
modes de formation dont les modèles sont fixés par arrêté du ministre char-
gé de la formation professionnelle retraçant les quotités retenues au titre de
la période en cours.
Un exemplaire de chaque type d’attestation est déposé au moment du paie-
ment auprès de la recette des impôts,
A défaut, ces taxes sont acquittées au taux plein.
Art. 7 - Le recouvrement de la taxe de formation professionnelle continue
et de la taxe de l’apprentissage obéit aux mêmes règles applicables en
matière de versement forfaitaire.
Art. 8 - Les services compétents de l’administration fiscale sont chargés du
recouvrement de ces taxes.
Art. 9 - Ces taxes n’obéissent pas aux règles d’exonération prévues par la
législation en vigueur et ne sont pas déductibles de l’assiette de l’impôt sur
le revenu global ou les bénéfices des sociétés.
Art. 10 Le produit de la taxe de formation professionnelle continue est
versé au compte d’affectation spéciale n° 302-090 intitulé «Fonds de pro-
motion de la formation professionnelle continue» institué par l’article 86 de
la loi n° 97-02 du 2 Ramadhan 1418 correspondant au 31 décembre 1997
susvisée.
Art. 11 - Le produit de la taxe d’apprentissage est versé au compte d’affec-
tation spéciale n° 302-091 intitulé «Fonds de promotion de l’apprentissage»
institué par l’article 87 de la loi n° 97-02 du 2 Ramadhan 1418 correspon-
dant au 31 décembre 1997 susvisée.
265
Apprentissage et formation en entreprise Art. 12
Art. 12 - A titre transitoire et pour le premier semestre de l’année 1998, le
montant des deux (2) taxes visées ci-dessus doivent être versés intégrale-
ment pour la période considérée.
La régularisation par rapport au taux réel consenti s’effectuera au cours du
second semestre.
Art. 13 - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 16 Moharram 1419
correspondant au 13 mai 1998
Ahmed OUYAHIA
266
LIVRE SIXIEME
INSPECTION DU TRAVAIL
Loi n° 90-03, du 6 février 1990 relative à l’inspection du travail modifiée et
complétée par l’ordonnance n° 96-11 du 10 juin 1996
Article ler - La présente loi a pour objet de déterminer les missions et com-
pétences de l’inspection du travail ainsi que les attributions des inspecteurs
du travail.
TITRE I
Des missions et compétences de
l’inspection du travail
Art. 2 - L’inspection du travail est chargée:
- d’assurer le contrôle de l’application des dispositions législatives et régle-
mentaires relatives aux relations individuelles et collectives de travail, aux
conditions de travail, d’hygiène et de sécurité des travailleurs ;
- de fournir des informations et des conseils aux travailleurs et aux emp-
loyeurs sur leurs droits et obligations et sur les moyens les plus appropriés
d’appliquer les dispositions légales, réglementaires et conventionnelles et
les sentences arbitrales ;
- d’assister les travailleurs et employeurs dans l’élaboration des conventions
ou accords collectifs de travail ;
- de procéder à la conciliation, au titre de la prévention et du règlement des
différends collectifs de travail ;
- de porter à la connaissance des travailleurs et des employeurs la législation
et la réglementation du travail ;
- d’informer les collectivités locales sur les conditions de travail dans les
entreprises relevant de sa compétence territoriale
- d’informer l’administration centrale du’ travail de l’état d’application de
la législation et de la réglementation du travail et de proposer les mesures
d’adaptation et d’aménagement nécessaires.
267
Inspection du travail Art. 3
Art. 3 - L’inspection du travail s’exerce dans tout lieu de travail où sont
occupés des travailleurs salariés ou apprentis de l’un ou de l’autre sexe, à
l’exclusion des personnels soumis au statut de la fonction militaire et les
établissements dans lesquels les nécessités de défense ou de sécurité natio-
nale interdisent l’introduction de personnes étrangères.
Art. 4 - Les attributions de l’inspection du travail s’exercent par des agents
spécialisés dénommés ci-après «inspecteurs du travail»,.
L’organisation et le fonctionnement de l’inspection du travail ainsi que le
statut des inspecteurs du travail sont définis par voie réglementaire.
TITRE II
Des attributions des inspecteurs
du travail
Art. 5 - Les inspecteurs du travail ont pouvoir d’effectuer des visites sur
les lieux de travail relevant de leur mission et de leur champ de compétence,
en vue de contrôler l’application des prescriptions légales et réglementaires.
A ce titre, ils peuvent entrer, à toute heure de jour comme de nuit, dans tout
lieu où sont en activité des personnes susceptibles d’être protégées par des
dispositions légales et réglementaires dont ils ont à constater l’application.
Toutefois, lorsqu’un atelier ou d’autres moyens de production industriels ou
commerciaux sont installés dans des locaux à usage d’habitation, les ins-
pecteurs du travail peuvent, à tout moment, accéder à ces lieux de produc-
tion, dans le cadre de l’exercice de leurs prérogatives pendant les heures de
travail.
Art. 6 - Les inspecteurs du travail peuvent procéder à tous examens,
contrôles ou enquêtes jugés nécessaires pour s’assurer que les dispositions
légales et réglementaires sont effectivement observées. Ils peuvent notam-
ment :
a) entendre toute personne, avec ou sans témoin, pour des motifs en rapport
avec leur mission ;
b) prélever ou faire prélever et emporter aux fins d’analyse, toute matière
mise en oeuvre ou tout produit distribué ou utilisé ;
c) demander communication de tout livre, registre et document dont la
tenue est prescrite par la législation et la réglementation du travail en vue
d’en vérifier la conformité, de les copier ou d’en établir des extraits ;
268