Éditorial
Hâtez-vous d’autant que le temps presse. Semez les vertus dans vos cœurs, afin de
récolter un fruit de justice. Que nul ne se laisse abattre, de peur de s’entendre
dire par l’auteur des Proverbes : « Observe, paresseux, la fourmi et l’abeille
industrieuse »
Que nul ne soit trompeur, ni déloyal, en se conduisant d’une façon et
en parlant d’une autre, de peur d’être repoussé, selon les paroles du saint
psalmiste David : « Le Seigneur exterminera toute lèvre trompeuse, toute langue
orgueilleuse » (Ps 11,4). Que nul ne soit oisif, relâché et dissolu d’âme et de
corps, de peur que ne lui soit infligé de la part du divin Paul ce blâme : « Quant
au paresseux qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3,10). Que nul ne soit
orgueilleux, de peur d’être visé par ces paroles du divin Jacques : « Le Seigneur
résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (Jc 4,6 ; 1 P 5,5).
Mais tous, marchons bien réveillés dans le Seigneur, accomplissons ses
commandements, apportons à ce qui est en quelque sorte le trésor commun de notre
vie la contribution qui est en notre pouvoir (…). Que personne absolument
n’apparaisse aux regards du Dieu vivant les mains vides! Car il accepte non
seulement l’offrande des lourds emplois, mais encore celle des plus petits (…) ,
comme il a accepté les deux sous de la veuve ; Dieu, en effet, mesure les
intentions et c’est sur elles qu’il juge les actions.
Puisque donc, mes enfants, nous avons un Dieu bon et plein de
miséricorde et qui désire plus que nous notre salut, marchons sur son droit chemin
et nous trouverons le repos pour nos âmes (cf. Mt 11,29 ; Jr 6,16).
Première lecture (Sg 18, 6-9)
La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés
des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple
accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même
temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret
de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils
consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient
aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange
des Pères.
– Parole du Seigneur.
Psaume (Ps 32 (33), 1.12, 18-19,20.22)
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est
choisie pour domaine ! Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur
espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de
famine. Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un
bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi !
Deuxième lecture (He 11, 1-2.8-19)
Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître
des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens,
c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il
partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où
il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise,
comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob,
héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies
fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte. Grâce à
la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine
d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est
pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance
aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une
multitude innombrable. C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des
promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin,
affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler
ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils
avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y
revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi
Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice.
Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette
parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet
que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui
fut rendu : il y a là une préfiguration.
– Parole du Seigneur.
Évangile (Lc 12, 32-48)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit
troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous
possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un
trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne
détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue
de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme
des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès
qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à
son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la
ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les
servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve
ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à
quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa
maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que
le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que
tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de
l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que
son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le
déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même
: ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper les serviteurs et les
servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour
où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la
volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra
un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des
coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a
beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera
davantage. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire
« Sois sans crainte petit troupeau !” Voilà un message que nous retrouvons souvent
tout au long de la Bible : “Ne crains pas, dit Dieu, je suis avec toi. » Et quand
saint Luc écrit son évangile, il pense aux chrétiens persécutés. Il se rend compte
que tout va mal et que beaucoup sont tentés d’abandonner la foi. Alors, il leur
rappelle les paroles de Jésus autrefois : “Sois sans crainte petit troupeau !”
Cette image du troupeau est beau symbole. Elle exprime la vigilance, l’amour de
Dieu pour son peuple. Jésus se présente aux siens dans le rôle du berger. Il est le
bon pasteur qui veille sur chacune de ses brebis et rien ne saurait les séparer de
son amour.
Cette crainte qui menaçait les premiers chrétiens, nous la connaissons bien. Nous
avons souvent bien des raisons d’avoir peur. Nous pensons à nos limites, nos
fragilités face aux difficultés et aux rudesses de la vie. Nous avons conscience de
nos péchés. Nous savons aussi qu’il n’est pas évident d’affirmer sa foi dans un
monde hostile et indifférent. Mais la Parole de Dieu retentit inlassablement : “Ne
crains pas, je suis avec toi ; n’aie pas ce regard anxieux car je suis ton Dieu.
(Is 43. 1) Comme il l’a fait pour ses apôtres lors d’une tempête sur le lac, Jésus
nous interpelle : “Confiance ! je suis là, n’ayez pas peur.” Le même Christ nous
rejoint dans les tempêtes de notre vie pour nous rassurer et nous inviter à aller
de l’avant. Il nous recommande de nous raccrocher à lui et de marcher à sa suite.
Ce mal qui nous accable n’aura pas le dernier mot.
Le petit troupeau d’autrefois a grandi mais l’Église du Christ n’en reste pas moins
un petit troupeau. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus et
qui, trop souvent, ne veulent pas de lui. Le Seigneur n’a pas promis le succès ni
la puissance à son Église. Il veut simplement qu’elle soit “le sel de la terre” et
“le levain dans la pâte”. Bien sûr, cela ne sera possible que si nous sommes en
communion avec lui. Le sel de la terre et le levain dans la pâte c’est d’abord lui.
Si nous venons à lui c’est pour accueillir cet amour qui est en lui afin qu’il
transforme notre vie et celle de notre monde. C’est en nous immergeant dans cet
amour que nous deviendrons le sel de la terre et le levain dans la pâte.
Mais cela n’est jamais acquis une fois pour toutes. Nous sommes parfois tentés de
revenir en arrière. Aujourd’hui, Jésus nous recommande de rester vigilants : “C’est
à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’Homme viendra.” Il ne s’agit
pas d’entretenir une inquiétude ni une angoisse devant “le Maître qui tarde à
venir”. Cette vigilance c’est celle de l’amour qui cherche toujours à grandir et
qui s’ouvre davantage aux autres. Cet amour nous empêche de nous replier sur nous-
mêmes et de nous endormir sur nos soucis, grands ou petits. Être vigilants c’est
creuser toujours plus en nous le désir de la présence de l’Esprit de Jésus, c’est
rester attentifs à sa Parole, c’est apprendre à aimer toujours mieux parce que nous
sommes infiniment aimés.
Catéchèse
La confiance en Dieu
Selon la Bible, la confiance en Dieu est un élément central de la foi chrétienne.
Elle implique de croire en sa bonté, sa puissance et sa fidélité, même dans les
moments difficiles. Cette confiance se manifeste par la soumission à sa volonté, la
prière, et la recherche de sa direction dans la vie.
Voici quelques aspects clés de la confiance en Dieu selon la Bible:
• Un acte de foi:La confiance en Dieu est un acte de foi, c'est-à-dire
croire en ce que Dieu dit et promet, même si on ne le voit pas ou ne le comprend
pas pleinement.
• Se soumettre à sa volonté:Avoir confiance, c'est accepter de se laisser
guider par Dieu, de rechercher sa volonté dans nos choix et nos actions, et de lui
faire confiance pour notre avenir.
• Reconnaître son amour:La confiance découle de la connaissance de
l'amour de Dieu pour nous et de sa volonté de nous aider et de nous bénir.
• S'appuyer sur sa force:La confiance en Dieu nous donne la force et le
courage de faire face aux difficultés, car nous savons qu'il est avec nous et qu'il
nous soutient.
• Prier avec foi:La prière est un moyen de manifester notre confiance en
Dieu, de lui exprimer nos besoins et nos préoccupations, et de lui demander son
aide.
• Ne pas s'appuyer sur ses propres forces:La Bible nous encourage à ne
pas nous reposer sur notre propre sagesse ou nos propres capacités, mais à
rechercher la direction de Dieu.
• Ne pas craindre:La confiance en Dieu chasse la peur, car nous savons
qu'il est avec nous et qu'il prend soin de nous.
• Se souvenir de ses promesses:La Bible regorge de promesses de Dieu, et
se souvenir de ces promesses renforce notre confiance
• En résumé, la confiance en Dieu selon la Bible est un pilier de la vie
chrétienne, qui implique la foi, la soumission, l'amour, la force, la prière, et la
recherche de sa volonté.
Minute pape Léon
À Tor Vergata près de Rome, devant une foule de 800 000 jeunes venus du monde
entier pour le Jubilé des jeunes 2025, le pape Léon XIV a célébré la messe d’envoi
en appelant chacun à vivre l’espérancechrétienne comme un chemin de rencontre, de
renouvellement et de don. Porté par le récit des disciples d’Emmaüs et par la soif
spirituelle de saint Augustin, il a invité les jeunes à aspirer à la sainteté, là
où ils sont, et à porter la lumière de l’Évangile jusque dans les replis du monde
contemporain.
Très chers jeunes, après la Veillée vécue ensemble hier soir, nous nous retrouvons
aujourd’hui pour célébrer l’Eucharistie, sacrement du don total de Soi que le
Seigneur a fait pour nous. Nous pouvons imaginer revivre, dans cette expérience, le
chemin parcouru le soir de Pâques par les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35) :
d’abord, ils s’éloignaient de Jérusalem, effrayés et déçus ; ils partaient
convaincus qu’après la mort de Jésus, il n’y avait plus rien à attendre, plus rien
à espérer. Et pourtant, ils l’ont précisément rencontré, ils l’ont accueilli comme
compagnon de voyage, ils l’ont écouté pendant qu’il leur expliquait les Écritures,
et enfin ils l’ont reconnu à la fraction du pain. Alors leurs yeux se sont ouverts
et l’annonce joyeuse de Pâques a trouvé place dans leur cœur. La liturgie
d’aujourd’hui ne nous parle pas directement de cet épisode, mais elle nous aide à
réfléchir sur ce qu’il raconte : la rencontre avec le Ressuscité qui change notre
existence, qui éclaire nos affections, nos désirs, nos pensées.
Nous aussi, chers amis, nous sommes ainsi faits : nous sommes faits pour cela. Non
pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se
régénère constamment dans le don, dans l’amour. Et ainsi, nous aspirons
continuellement à un “plus” qu’aucune réalité créée ne peut nous donner ; nous
ressentons une soif si grande et si brûlante qu’aucune boisson de ce monde ne peut
l’étancher. Face à cette soif, ne trompons pas notre cœur en essayant de l’apaiser
avec des substituts inefficaces ! Écoutons-la plutôt ! Faisons-en un tabouret sur
lequel nous pouvons monter pour nous pencher, comme des enfants, sur la pointe des
pieds, à la fenêtre de la rencontre avec Dieu. Nous nous trouverons face à Lui, qui
nous attend, qui frappe même gentiment à la vitre de notre âme (cf. Ap 3, 20). Et
il est beau, même à vingt ans, de Lui ouvrir grandement notre coeur, de le laisser
y entrer, pour ensuite nous aventurer avec Lui vers les espaces éternels de
l’infini.
Il y a une question importante dans notre cœur, un besoin de vérité que nous ne
pouvons ignorer, qui nous amène à nous demander : qu’est-ce vraiment que le bonheur
? Quel est le véritable goût de la vie ? Qu’est-ce qui nous libère des marécages de
l’absurdité, de l’ennui, de la médiocrité ? Ces derniers jours, vous avez vécu de
nombreuses expériences enrichissantes. Vous avez rencontré des jeunes de votre âge,
venus de différentes parties du monde et appartenant à différentes cultures. Vous
avez échangé vos connaissances, partagé vos attentes, dialogué avec la ville à
travers l’art, la musique, l’informatique, le sport. Au Circo Massimo, vous vous
êtes approchés du sacrement de la pénitence, vous avez reçu le pardon de Dieu et
vous avez demandé son aide pour mener une vie bonne.