Cours Parasitologie
Cours Parasitologie
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Table des matières
Introduction....................................................................................................................................................... 3
1. Parasite et parasitisme................................................................................................................................. 3
2. Parasites - Diversité - Spécificité - Classification.......................................................................................... 4
3. Relation hôte parasite et pathogénicité....................................................................................................... 10
4. Cycles parasitaires - Epidémiologie............................................................................................................ 12
5. Diagnostic biologique des parasitoses et mycoses : Généralités...............................................................14
6. Traitements et programmes de lutte : principes généraux..........................................................................16
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Objectifs
● Définir les paramètres intervenant dans l’interprétation des particularités épidémiologiques, cliniques,
physiopathologiques, diagnostiques et thérapeutiques des affections humaines parasitaires et
mycosiques.
Introduction
La parasitologie médicale comporte des approches différentes mais complémentaires :
1. Parasite et parasitisme
Le parasitisme est un contact particulier entre deux êtres vivants : le parasite et son hôte. De la forme libre
indépendante au parasitisme, forme de contact nécessaire et dépendante, divers intermédiaires sont à
distinguer :
● La vie libre : l’organisme peut subvenir par lui-même à ses besoins métaboliques.
● Le saprophytisme : l’organisme se nourrit de matières organiques ou végétales en
décomposition dans le milieu extérieur.
● Le commensalisme : l’organisme se nourrit de matières organiques sur un être vivant (milieu
buccal, intestin) sans entraîner de troubles ou de spoliations chez son hôte.
● La symbiose : les êtres vivent en étroite collaboration dans une association bénéfique aux
deux parties (équilibres des flores intestinales ou vaginales).
● Le parasitisme : l’organisme parasite vit aux dépens d’un hôte qui lui fournit un biotope et/ou des
éléments nutritifs nécessaires à sa survie, cet hôte en pâtissant de façon plus ou moins grave.
Le parasite est ainsi défini comme un être vivant animal ou champignon (règne des Fungi) qui pendant une
partie ou la totalité de son existence vit aux dépens d’autres êtres organisés (hôtes).
Parasitisme et opportunisme : le parasitisme, échange entre deux êtres, dépendant et préjudiciable pour l’un
d’entre eux n’est durable qu’à travers un équilibre parfois fragile entre le parasite et son hôte indispensable à
sa survie. Les différents stades entre la vie libre et le parasitisme ne sont pas définitivement déterminés pour
un agent infectieux. Il peut, par exemple, passer d’une forme de vie saprophyte à une étape parasitaire
virulente (parasitisme facultatif) quand son hôte perd les défenses qui maintenaient un certain écart entre
eux (cas des parasites et champignons opportunistes dans les tableaux d’immunodéficiences humaines
rétrovirales ou thérapeutiques).
Parmi les différents chapitres composant la microbiologie infectieuse il est convenu en France de regrouper
parasites et champignons microscopiques dans une même discipline : la Parasitologie-Mycologie, en y
associant un volet particulier exotique prenant en compte les plus grandes endémies parasitaires des pays
en développement.
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2. Parasites - Diversité - Spécificité - Classification
Diversité
La diversité est la règle en parasitologie. De par leur morphologie et leur biologie (mobilité, reproduction,
métabolismes) les parasites sont extrêmement divers, même au sein d’une même famille :
Morphologiquement : la taille d’un parasite peut dépasser 10 mètres (Taenia) et rester de l’ordre du
micromètre (microsporidies, leishmanies). Leur recherche peut être assurée par un examen à l’oeil nu
(Taenia), la microscopie optique classique (plasmodies) voir électronique (microsporidies).
Stades parasitaires : un même parasite (protozoaire, helminthe, micromycète, ectoparasite) peut prendre
chez l’homme, dans le milieu extérieur, ou chez l’hôte intermédiaire, des formes particulières correspondant
à différents stades de son développement. Ils sont macro ou microscopiques, intra ou extra cellulaires sous
forme adulte ou larvaire, les micromycètes se présentant sous forme de spores ou filaments, les
ectoparasites insectes sous forme d’œuf, de larve (nymphe ) ou d’adulte (imago).
On parlera de parasites, sous formes libres ou intracellulaires (globules sanguins blancs ou rouges,
hépatocytes), adultes mâles et femelles, œufs, larves, formes de résistance (kystes), formes asexuées ou à
potentiel sexué .
Les parasites peuvent être permanents, leur existence entière se déroule dans un ou plusieurs hôtes
(Taenia, trichine), temporaires partageant leur vie entre une forme libre dans l’environnement et l’autre
parasitaire (douves, anguillules), ou encore facultatifs ayant une vie saprophytique mais occasionnellement
parasitaire (parasites et champignons opportunistes, myiases).
Spécificité
Les parasites sont plus ou moins étroitement liés à leur hôte. Les parasites sténoxènes (poux,
hématozoaires..) sont adaptés, inféodés à un seul hôte, les euryxènes au contraire ne présentent qu’une
spécificité lâche : c’est le cas des agents des parasitoses communes à l’homme et aux animaux
(distomatoses, formes larvaire des taenias : hydatidose).
● Ils sont intra et/ou extra cellulaires : au cours de leur cycle certaines formes parasitaires doivent
assurer une partie de leur métabolisme au dépend de celui d’une cellule de leur hôte : globule rouge
ou blanc, cellule hépatique ou intestinale.
● Leurs localisations et migrations sont diverses : si certains parasites et tous les champignons n’ont
pas de moyens pour se déplacer par eux-mêmes , ils sont éventuellement transportés par voie
aérienne intestinale ou sanguine, certains ont la faculté de ramper, d’avancer grâce à des
pseudopodes, des ventouses, des cils, flagelles, ou membrane ondulante et de pénétrer activement le
revêtement cutané ou les muqueuses ; ils ont des localisations préférentielles chez l’homme, intra ou
extracellulaire, sanguines ou lymphatiques, tissulaires, cutanées, hépatospléniques, cérébrales,
cardiaques, rénales ou tubaires (intestins, arbre urinaire , bronches).
1. Protozoaire (être unicellulaire doué de mouvement) : selon les cas il se déplace grâce à des
plasmopodes (rhizopodes), des flagelles,membrane ondulante ou des cils .Ils se présentent sous forme
asexuée ou à potentiel sexué, mobile ou enkysté , intra ou extracellulaire.
2. Helminthe ou ver (une part des métazoaires : être pluricellulaire possédant des tissus différenciés.). Ils
sont reconnus sous formes adultes des deux sexes sous forme larvaire, embryonnaire ou ovulaire.
3. Fungi ou micromycètes, ces derniers constituent un règne à part entière, ce sont des champignons
microscopiques identifiés sous forme de spores isolées ou regroupées ou de filaments libres ou
tissulaire
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crustacés, pouvant se présenter sous formes adultes (imago) males et femelles, œufs et larves (nymphes).
Nomenclature et systématique (taxonomie) des parasites humains d’abord morphologique fait maintenant
appel à d’autres critères génétiques et immunologiques. Les lois de la systématique sont simples mais
strictes. Depuis Charles Linné tous les animaux et végétaux sont désignés par deux mots latinisés (binôme
linnéen) (le premier : nom de genre, porte une majuscule, le second sans majuscule est le nom de d’espèce
(les deux en italiques ou soulignés) suivi du nom de l’auteur qui l’a attribué la première fois et de la date de
cette attribution. L’espèce est l’ensemble d’individus dont le croisement, fait au hasard, donne toujours des
descendants indéfiniment féconds entre eux, le genre regroupant des espèces affines.
Les naturalistes face à la diversité croissante ont du créer le sous-genre, avec une majuscule et entre
parenthèses, après le nom de genre, et la sous espèce qui s’écrit sans majuscule après le nom d’espèce
Tableau : tailles (ordre de grandeur) des formes parasitaires et fongiques présentes chez l’homme
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Giardia F.véget/Kyste 15µm/10-15µm Selles
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Simulie Adulte 1.5c Peau
adulte m 1- Peau
Chrysops(taon) Larve 2cm Ectoparasite
œuf/adulte 1cm
200-300µm
Glossines Peau
Adulte 1cm/0.5cm Ectoparasite
Myiase
Sarcoptes scabiei
Ixodes/argasidés
PROTOZOAIRES
Plasmodium vivax
Plasmodium ovale
Plasmodium malariae
Plasmodium knowlesi
Isospora belli
Cryptosporidium sp.
Cyclospora cayetanensis
Entamoeba hartmanni
Entamoeba coli
Endolimax nanus
Iodamaeba butschlii
Acanthamoeba spp.
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Trypanosoma brucei gambiense Trypanosomoses africaines (maladie du sommeil)
Leishmania major
Chilomastix mesnili*
Embadomonas intestinalis*
Enteromonas hominis*
Dientamoeba fragilis*
Position incertaine
Enterocytozoon bieneusi
HELMINTHES
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Strongyloides stercoralis (anguillule) Anguillulose
Brugia timori
Mansonella perstans
Mansonella ozzardi
Mansonella rhodaini
Douves
Dicrocoelium dentriticum
(petite douve du foie)
Fasciolopsis buski
Heterophyes heterophyes
Paragonimus africanus
Schistosomes
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Schistosoma mansoni Schistosomoses (bilharzioses) intestinales
Schistosoma intercalatum
Schistosoma guineensis
* Ces parasites, trop rares ou ayant un rôle marginal en pathologie humaine, ne sont pas développés dans
cet ouvrage.
Le conflit plus ou moins pathogénique entre le parasite et son hôte peut, cliniquement et biologiquement,
s’étendre du portage sain de parasites (ou de champignons) par l’hôte à la maladie chronique avec des
épisodes cliniques plus ou moins aigus et répétés. L’équilibre nécessaire à la survie du parasite et de l’hôte
est fragile et cette « paix armée » définie par Sergent (à propos du paludisme) dans la relation entre le
parasite et son hôte dépend de facteurs propres aux parasites et de ceux résultant des défenses de l’hôte.
Les parasites sont diversement virulents et la pathogénicité reste en partie liée à la quantité de parasite ou
de champignon et à leur pouvoir de contourner les défenses que l’hôte va leur opposer. L’hôte parasité en
plus d’une réceptivité qui lui est propre va engager contre son parasite des modes de défense aspécifique
commune aux agressions par tous les pathogènes (réactions inflammatoires, allergiques…), et des réponses
spécifiques (réactions immunes humorales et cellulaires dirigées contre une forme parasitaire ou le parasite
dans son ensemble).
● La symptomatologie est en rapport avec certaines localisations et leurs implications métaboliques qui
créaient une gradation du risque pathogène : les ectoparasites sont relativement bien supportés, les
parasites du tube digestif le sont moins, ceux de la cavité générale moins encore, mais les parasites
des tissus différenciés sont souvent gravement pathogènes, les parasites intracellulaires les plus
évolués étant les plus sévères.
● La spécificité parasitaire est le résultat dans le temps d’une adaptation du parasite aux conditions de
vie dans son hôte : un parasite « récent »,peu adapté, peu spécifique va cliniquement entraîner une
maladie bruyante et grave, alors qu’un parasite mieux adapté, plus spécifique engendrera une
maladie mieux supportée, chronique et tenace. La gravité entre les divers parasites restant à la base
fonction de leur agressivité spécifique.
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Rarement isolés différents types d’action sont souvent impliqués :
● L’action spoliatrice : le parasite vivant aux dépens de son hôte est spoliateur par définition. Les
spoliations souvent mineures s’expriment davantage si les parasites sont nombreux (anémie
ankylostomienne) ou lorsqu’ils détournent à leur profit certaines substances (anémie de Biermer par
spoliation en vitamine B12 dans le cas de la bothriocéphalose).La spoliation sanguine est le résultat
de gaspillage (ankylostomes hématophages broutant la muqueuse duodénale),d’hémolyse
(hématozoaires du paludisme) , agénérative centrale (pan cytopénie des leishmanioses viscérales).
La spoliation intestinale est rarement directement en cause (tænias, ascaris)
● L’action traumatique bactérifères : tout parasite perforant une muqueuse ou le revêtement cutané
peut constituer une porte d’entrée microbienne (amibes et abcès amibien, filaire de Médine et
perforation au niveau des malléoles).
● L’action irritative : elle peut être réflexe (spasmes intestinaux de l’intestin agressé , diarrhées,
épisodes de toux au passage de formes vermineuses larvaires…) mais elle va surtout à plus long
terme entraîner la formation de granulomes inflammatoires autour des œufs ou larves parasitaires
(dermatite parasitaire et granulomes inflammatoires des bilharzies et larva migrans) et/ou des foyers
de scléro-fibrose (filarioses, bilharzioses), restant suspect dans la genèse de complications
néoplasiques (bilharziose urinaire et cancer de la vessie, opisthorchiose et cancer hépato-biliaire).
● L’action toxique due à l’émission d’excrétion/sécrétion toxiques d’arthropodes dans les plaies de
piqûre ou de produits métabolisés par le parasite et qui auront des actions allergisantes voir
anaphylactiques, histolytique comme les amibes nécrosantes, hémolytique dans le cas du paludisme
ou nécrotique dans quelques parasitoses à tiques. L’action toxique est souvent majorée à la mort du
parasite suite à un traumatisme ou au traitement (fissuration ou rupture d’un kyste hydatique, lyse
sous thérapeutique des microfilaires) avec de fréquents phénomènes allergiques ou anaphylactiques.
● L’action infectieuse : coexistence entre un parasite et un microbe, est parfois mise à juste titre en
évidence dans le couple bilharzies-salmonelles ou la salmonelle enchâssée dans le schistosome
échappe à la thérapeutique curative complète, elle est plus discutable dans la relation entre
l’appendicite et l’oxyure.
● L’action immunodépressive, allergique voir anaphylactique est celle de tout corps étranger
pénétrant un organisme qui se défend.
● Notion de complexe pathogène : Ces modes d’actions souvent multiples plus ou moins spécifiques
d’un parasite, se mêlent à ceux d’autres agents infectieux parasitaires, bactériens ou viraux, qui sur
un fond de nutrition déficient, définissent des complexes pathogènes malheureusement interactifs
impliqués dans tous les phénomènes morbides et mortels propres aux pays en voie de
développement. (quelques associations morbides et mortelles : paludisme et rougeole, bilharzioses et
salmonelloses, parasitisme et malnutrition, opportunistes parasitaires et mycosiques et
immunodépression rétrovirale ou thérapeutique ….)
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○ Processus tissulaires : ils s’expriment par les granulomes réactions autour d’un œuf
(bilharzioses) ou d’une larve (toxocarose) modifiant les fonctions tissulaires, évoluant
éventuellement vers des calcifications (vessie et uretères dans la bilharziose uro-génitale) ou par
des développement scléro-fibreux excessifs (éléphantiasis des filarioses lymphatiques) et dans
certains cas par une implication dans les phénomènes de cancérisation (bilharziose urinaire et
cancer de la vessie).
○ Processus plus directement immunopathologiques : ils impliquent antigènes, anticorps et
complexes immuns circulants participant à la formation de métaplasies réactionnelles
(paragonimose) , de granulomes, de phénomènes allergiques et anaphylactiques.
Les conditions déterminantes d’un cycle infestant (ou le maintien d’une chaîne épidémiologique),
comportent :
● Des cycles directs : cycles courts ou le parasite est immédiatement infestant( amibes ) ou auto
infestant ( la forme parasitaire émise, larves ou œufs embryonnés , est immédiatement
infestante :c’est le cas des anguillules et oxyures) , ou cycles directs longs : une maturation( éclosions
des oeufs embryonnés, mues des larves) du parasite doit s’accomplir pendant un court séjour dans le
milieu extérieur sous certaines conditions d’humidité et de chaleur et de composition des sols (ascaris,
anguillules, ankylostomes).
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● Des cycles indirects : le parasite passe par un ou plusieurs hôtes intermédiaires (ou vecteur
transformateur obligatoire de l’agent pathogène en une forme infestante) : poissons (bothriocéphale,
Opistorchis) crustacés (douve de Chine), mollusques (douves et schistosomes), mammifères
(taenias), fourmi (petite douve)
Réservoir de parasites
Le cycle parasitaire puise ses réserves assurant la survie de l’espèce dans des réservoirs d’agents
parasitaires. L’homme malade ou porteur sains de parasites peut assurer ce rôle ,le malade devenant alors
un risque pour la communauté , le traitement prescrit le sera pour lui-même (stérilisation des formes
parasitaires pathogènes) mais devra pouvoir atteindre les formes parasitaires , susceptibles d’assurer la
transmission à la collectivité Parfois le milieu extérieur, de nombreux animaux et végétaux peuvent jouer ce
rôle de réservoir et assurer la survie et la transformation du parasite jusqu’à ce qu’il soit à la portée du futur
parasité (rongeurs,antilopes,cresson….).
Le parasite fréquente de façon transitoire ou définitive plusieurs types d’hôtes : l’hôte définitif qui héberge les
formes adultes propres à la reproduction et les hôtes intermédiaires dans lesquels le germe doit
obligatoirement séjourner avant de devenir infestant.
Hôtes intermédiaires
C’est l’être vivant chez lequel le parasite doit obligatoirement séjourner pour se transformer en une forme (le
plus souvent larvaire) infestante pour l’hôte définitif.
● L’hôte intermédiaire passif : Il abrite la forme infestante jusqu’à un passage accidentel chez l’hôte
définitif (cyclops et filaire de Médine).On peut en rapprocher certains végétaux « support » de formes
ayant déjà subit une maturation chez un autre hôte intermédiaire (mollusque puis cresson sauvage
dans le cas de la distomatoses).
● La place de l’homme dans les cycles parasitaires est normale (Taenia), annexe prenant plus ou moins
accidentellement la place d’un animal (mycoses, balantidiose), une impasse parasitaire en « cul de
sac », l’évolution du parasite étant arrêtée (larva migrans) ou une impasse « de circonstances » le
cycle parasitaire ne pouvant se poursuivre que si l’homme est lui-même dévoré (trichinose).
● les cycles parasitaires chez un seul hôte sont dits monoxènes (trichine), et hétéroxènes s’ils
comportent plusieurs hôtes (bothriocéphale). Ils sont direct (d’auto infestation ou après un court
passage dans le milieu extérieur), ou indirects à un (T.saginata) ou plusieurs (bothriocéphales) hôtes
intermédiaires
● Les formes infestantes libres dans la nature peuvent être contaminantes par voie orale (douves),
transcutanée (bilharzies), aérienne (micromycètes), sexuelle (Trichomonas).
● D’autres formes infestantes sont souvent transmises par un Hôte Intermédiaire, soit par voie orale
(cyclops et Filaire de Médine, poissons et douves, viande de porc, taenia et trichine) soit pour les plus
graves par des piqûres (filaires, paludisme), déjections (maladie de Chagas), ou sécrétions
(borréliose) d’insectes hématophages.
● La mére peut transmettre des parasites à son enfant par voie transplacentaire. Elle le fera le plus
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souvent en même temps que les anticorps spécifiques circulants.
● La greffe d’un organe parasité est une modalité rare mais possible de contamination (toxoplasmose,
paludisme..).
Le protidogramme et la numération formule sanguine sont des éléments d’orientation plus difficiles à
interpréter en cas de multiparasitisme comme habituellement dans les régions intertropicales.
L’augmentation des IgM totale au-delà de 4 fois le taux normal par exemple est un bon indicateur d’une
phase lymphatico sanguine de trypanosomose d’Afrique de l’ouest.
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L’anémie est le résultat plus ou moins direct d’une infestation parasitaire sur un fond nutritionnel et dans un
complexe pathogène associant parasitoses, bactérioses et viroses chez le même malade. Les principales
anémies parasitaires sont l’anémie hypochrome ferriprive, microcytaire de l’ankylostomose ( vers
hématophages spoliateur) fréquente chez l’enfant, et l’anémie normochrome, hémolytique, régénérative du
paludisme ( hématozoaires intra globulaires en division faisant éclater les globules rouges ajouté à une
séquestration splénique des érythrocytes sensibilisés par les parasites sanguicoles ). D’autres parasitoses
sont anémiantes comme les leishmanioses viscérales (kala-azar). Les bilharzioses hépato spléniques (S.
mansoni ou S. japonicum, S. mekongi) sont accompagnées d’anémie normochrome, régénérative
hémorragique, très différentes de la bothriocéphalose rare pouvant entraîner une anémie macrocytaire
mégaloblastique parabirmérienne par carence en vit B12 (ce taenia se nourri des précurseurs de la vit B12).
Il faut noter que plusieurs parasitoses anémiantes peuvent coexister, que plusieurs mécanismes anémiants
concernent éventuellement la même parasitose (ankylostomose, bilharzioses..) et que ces anémies
parasitaires s’associent aux autres causes d’anémies caractérisant les pays en voie de développement
intertropicaux, les anémies carentielles et génotypiques (hémoglobinopathies, enzymopathies
érythrocytaires).
● Une leucopénie
Elle est décrite dans le paludisme viscéral évolutif ou dans le cas d’accès de reviviscence, elle participe à la
pancytopénie de la leishmaniose viscérale. Cette leucopénie est parfois retrouvée dans certaines mycoses
disséminées avec atteinte médullaire.
● Un syndrome mononucléosique
Il est mis en évidence dans le cas de toxoplasmose acquise. Une lymphomonocytose est décrite en phase
aigue de la trypanosomose américaine, et s’accompagne de plasmocytose (lymphocytes contenant des
granulations colorées par le PAS, témoin de la production intense d’IgM) dans la trypanosomose africaine
● L’éosinophilie
Une hyperéosinophilie sanguine est constante dans la plupart des parasitoses à helminthes (vers). Cette
hyperéosinophilie est rapidement croissante en période de migrations larvaires surtout tissulaires et se
stabilise souvent à un niveau plus faible en période d’installation des adultes (Courbe de Lavier).
L’éosinophilie sanguine est normalement de 1 à 3% des leucocytes soit 100 à 300 éosinophiles/mm3.Les
médicaments anthelminthiques spécifiques provoquent en début de traitement une croissance transitoire des
éosinophiles qui se normaliseront quand les vers seront éliminés. L’auto infestation dans le cas de
l’anguillulose entraîne une hyperéosinophilie oscillante avec des pics correspondant à l’auto infestation . En
zone tempérée (Europe) on peut évoquer une ascaridiose, une oxyurose en cas de faible
hyperéosinophilie, une taeniase souvent oubliée, ou plus rarement une trichinose par épidémie très
éosinophilogène, une distomatose, ou un syndrome de larva migrans viscérale. En zone intertropicale
chaude et humide une hyperéosinophilie est très fréquente et les étiologies multiples chez un même
malade : ankylostomoses, filarioses, anguillulose, bilharzioses sont a évoquer en plus des diagnostics déjà
évoquées. Dans les méningites aigues à, éosinophiles dues à Angiostrongylus cantonensis,
l’hyperéosinophilie est inconstante et modérée tandis que la présence d’éosinophiles dans le LCR est
habituelle..
● La thrombopénie
Elle est le résultat d’une atteinte médullaire, elle concerne souvent la leishmaniose viscérale Elle est décrite
aussi dans l’accès palustre aigu et par hypersplénisme dans les bilharzioses et le paludisme viscéral
évolutif.
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6. Traitements et programmes de lutte : principes généraux
Les interventions thérapeutiques individuelles, curatives, symptomatiques ou prophylactiques classiques en
pays tempérés sont accompagnées en zone tropicale de programmes internationaux ou nationaux de
contrôle des grandes endémies parasitaires.
Ces programmes de lutte ont pour objectif principal soit l’arrêt de la transmission de l’affection (lutte
antivectorielle dans le cas des premiers programmes de contrôle de l’onchocercose, lutte microfilaricide
dans les programmes plus récents de lutte contre les filarioses) soit le contrôle direct de la morbidité–
mortalité de la maladie (programme de lutte contre la mortalité du paludisme chez l’enfant). Les programmes
internationaux, le plus souvent sous couvert de l’Organisation Mondiale de la Santé, seront entrepris si l’on
peut disposer d’outils opérationnels pour l’évaluation (dépistage) des paramètres participant au problème de
santé publique a résoudre, d’outils d’intervention efficaces et sans effets secondaires pour les populations et
l’environnement, et d’outils de contrôle susceptibles de mesurer régulièrement l’état d’avancement et
l’efficacité des programmes. Les outils d’intervention de ces programmes auront des cibles
diverses,s’attaquant à tous les maillons vulnérables de la chaîne épidémiologique (stérilisation du réservoir
de parasite, lutte antivectorielle fondée sur la disparition des vecteurs adultes ou de leurs larves, ou
modifiant leur environnement, la protection de l’individu sain des contacts avec les hôtes intermédiaires ou
vecteurs,…) dont plusieurs pourront être ajustés en même temps (programme de lutte intégrée) et associé à
la formation information dans l’éducation sanitaire. Ces programmes sont le plus souvent fondés sur une
prise en charge communautaire de base des outils d’intervention avec recouvrement des coûts (initiative de
Bamako) et l’assurance d’une pérennité suffisante des méthodes et moyens mobilisés. Priorité sanitaire et
économique, acceptabilité, faisabilité, accès économique, polyvalence des interventions et des ressources
humaines sont quelques uns des mots clés à prendre en compter avant d’engager des opérations de lutte.
Points essentiels
● Tailles, métabolismes, formes parasitaires caractérisent la grande diversité des parasites.
Ils comportent des protozoaires des vers ou helminthes des insectes et des champignons
microscopiques ou micromycetes.
● La pathogénicité, propre aux différentes formes parasitaires est le résultat d’actions
traumatiques, spoliantes, inflammatoire, immunopathologique, etc.
● L’expression clinique variable est fonction de la période du cycle : migrations larvaires et
bio dispersion des adultes intra ou extracellulaires.
● La démarche diagnostique est directe (cherchant à mettre en évidence une forme parasitaire
caractéristique), indirecte d’orientation spécifique (mettant en évidence les réactions sérologiques
de l’hôte parasité) ou indirecte aspécifique (phénomènes inflammatoires, éosinophilie,
protidogramme etc.).
● Les traitements seront individuels (prophylactiques ou curatifs) ou collectifs (prophylaxies,
programmes internationaux ou nationaux de lutte contre les endémies).