Cours
Cours
Cédric KOENIGUER
http ://koeniguer.perso.cegetel.net/ifips/ifips.html
Octobre 2006
Page 2
Table des matières
I Hétérostructures 9
1 Le contact Métal-Semiconducteur 13
1.1 Etude à l’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.1 Approche qualitative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.2 Modélisation du diagramme des bandes . . . . . . . . . . . . . 16
1.1.3 Etude des courants à l’équilibre. . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2 Etude hors équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.1 Contact ohmique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.2.2 Contact redresseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3 Amélioration des modèles précédents . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.3.1 Ancrage du niveau de Fermi : le modèle de Baarden . . . . . . 27
1.3.2 Effet schottky . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3 Structure MIS 45
3.1 Les différents régimes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.1.1 Conventions et rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.1.2 Polarisation négative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.1.3 Polarisation positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.2 Modélisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.2.1 Régime de désertion et de faible inversion . . . . . . . . . . . 52
3.2.2 Régime de forte inversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3
TABLE DES MATIÈRES
8 Photoémetteurs à semiconducteurs 93
8.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
8.2 Diodes électroluminescentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
8.2.1 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
Page 4
TABLE DES MATIÈRES
Page 5
TABLE DES MATIÈRES
Page 6
Introduction
7
TABLE DES MATIÈRES
Page 8
Première partie
Hétérostructures
9
Introduction
11
vitesse finale.
On appelle :
– travail de sortie : énergie séparant le niveau du vide du niveau de Fermi (noté
q φ)
– affinité électronique : écart d’énergie entre le niveau du vide et la bande de
conduction (noté q χ)
Pour un métal : seul le travail de sortie est un paramètre utile. C’est une constante
du matériau.
Pour un semiconducteur : le travail de sortie est fonction du matériau et du do-
page (puisque le niveau de Fermi est fonction du dopage). En revanche, l’affinité
électronique ne dépend pas du dopage : c’est une constante du matériau.
NV
qχ
qφ
EC
EF
Page 12
Chapitre 1
Le contact Métal-Semiconducteur
Importance de l’étude
Ce contact est aussi appelé jonction (ou contact) schottky. Tout d’abord, suppo-
sons que nous souhaitions étudier un semiconducteur massif. Comme tout compo-
sant électronique, il va falloir réaliser deux contacts pour relier notre dispositif à un
générateur (de tension ou de courant) ou pour l’insérer dans un circuit. Le contact
est tout simplement réalisé par une soudure entre un métal (le fil électrique) et le
semiconducteur considéré : c’est donc un contact schottky. Comment se comporte-
t-il ? Est-ce qu’il joue bien son rôle de contact, c’est à dire permet-il la circula-
tion des électrons du circuit externe vers le semiconducteur et réciproquement sans
contrainte ? Est-il faiblement résistif ? Comment réaliser un bon contact ?
En outre, nous verrons que sous certaines conditions, la jonction schottky peut être
redresseuse, c’est à dire qu’elle peut jouer le rôle de diode. De telles diodes ont
des propriétés intéressantes, notamment vis à vis des fréquences d’utilisation. Par
ailleurs, elles sont largement utilisées dans l’optoélectronique en tant que capteur.
13
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Semiconducteur
Métal
NVm= NV = NVSC
qΦSC qχ
(a) qΦm Ec
e- EFSC
EFm
NV
(c) qΦm qΦSC
Ec
EF
type N type P
NV
(d) Ec Ec
EF
EV
EV
zone de zone
désertion d'accumulation
Page 14
1.1. ETUDE À L’ÉQUILIBRE
1
cette forte densité d’état côté métal a pour conséquence de ne pas modifier les bandes d’énergie.
2
la densité d’état du semiconducteur ou la densité d’atomes dopants est beaucoup plus faible :
la diffusion des électrons se fera sur une certaine distance dans le semiconducteur.
3
plus on se rapproche de la jonction et plus le champ électrique est intense (en valeur absolue).
La bande de conduction ”s’éloigne” du niveau de Fermi et la bande de valence s’en ”rapproche”.
Le semiconducteur devient de moins en moins de type N, ce qui est bien cohérent avec le défaut
d’électrons que l’on a dans la ZCE.
4
un raisonnement analogue peut être appliqué : la bande de conduction s’éloigne du niveau de
Fermi et la bande de valence s’en rapproche. Le semiconducteur devient de plus en plus de type P,
ce qui est bien cohérent avec l’accumulation de trous que l’on a au niveau de cette jonction.
Page 15
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Page 16
1.1. ETUDE À L’ÉQUILIBRE
Semiconducteur
Métal
NVm= NV = NVSC
qχ
(a) qΦm Ec
e-
qΦSC
EFm
EFSC
qχ
qΦm qΦSC
(b)
Ec
EF
NV
(c) qΦm qΦSC
Ec
EF
type N type P
NV Ec NV Ec
EV
zone zone de
d'accumulation désertion
EV
Page 17
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Métal Semiconducteur
(type N)
ρ
QSC
q Nd
0
x
W
Qm
Le champ doit être nul dans la zone quasi neutre (pas de chute de potentiel dans
cette zone puisqu’il s’agit d’une zone faiblement résisitive). Si W est la largeur de
la zone de charge d’espace :
qNd
E(x) = (x − W )
Côté métal (x < 0) : E(x) = 0
D’où la figure 1.4 (b). On peut donc en déduire le potentiel :
Pour x < 0 : V (x) = cte. Prenons cette constante nulle.
Pour 0 < x < W : dV dx
= − qN d (x − W ) et donc :
Z
qNd x
V (x) − V (0) = − (u − W )du
0
!
qNd x2
V (x) = − − Wx
2
8
On en déduit la hauteur de barrière de potentiel :
Vd = V (W )
qNd 2
= W (1.1)
2
On obtient donc au signe près (et à une constante additive près) les variations des
bandes d’énergie : !
q 2 N d x2
Ei (x) = − Wx
2
D’où la figure 1.4 (d).
Remarque : le cas de la zone d’accumulation est beaucoup plus délicat à traiter :
8
Cette expression est à rapprocher de celle concernant une jonction PN : W 2 = 2 q
1
Nd + 1
Na V .
A partir de l’expression dans le cas d’une jonction PN, il suffit de faire tendre le dopage Na , côté P,
vers l’infini pour retrouver la largeur de la ZCE dans une jonction schottky. Une jonction schottky
est en quelque sorte un cas particulier d’une jonction PN, ce qui se retrouve bien sur le diagramme
des bandes
Page 18
1.1. ETUDE À L’ÉQUILIBRE
Métal Semiconducteur
(type N)
ρ
q Nd
(a) x
0 W
E
(b) x
EM
Vd
(c)
x
Energie
(d) NV
EC
EF
EV
x
Fig. 1.4 – Intégrations successives de la densité de charge dans une diode schottky
de type N.
la densité de porteurs est plus importante qu’à l’équilibre et ces porteurs sont mo-
biles. L’apparition de ces porteurs crée un champ qui modifie leur répartition. Il faut
résoudre de manière auto-cohérente l’équation de Poisson, ce qui nécessite des outils
numériques.
– le courant thermo-électronique (cf figure 1.5 (b)). Il provient des électrons (ou
des trous) de la zone quasi neutre et du métal, ayant une énergie suffisante pour
franchir la barrière de potentiel. C’est par agitation thermique que certains
électrons (ou certains trous) peuvent ”passer” au dessus de cette barrière et se
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CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Energie Energie
Vd
NV NV
Eb Vd
EC EC
EF EF
(a) (b)
Energie Energie
NV NV
EC EC
EF EF
(c) (d)
Fig. 1.5 – Les trois grands types de courant dans une diode schottky : (a) définition
des barrières de potentiel ; (b) courants thermoélectroniques ;(c) courant tunnel (un
seul sens a été représenté afin que la figure soit plus lisible) ; (d) courant tunnel
assisté par agitation thermique (un seul sens représenté)
Courant thermoélectronique
Notation : on note Eb la hauteur de la barrière de potentiel vue par les électrons
du métal et Vd la barrière de potentiel vue par les électrons du semiconducteur (cf
figure 1.5 (a)).
Page 20
1.2. ETUDE HORS ÉQUILIBRE
Pour calculer ce courant, il faut évaluer la proportion d’électrons ayant une énergie
supérieure à Eb et une vitesse orientée dans le bon sens (vers la droite si on est dans
le métal). On peut montrer que ce courant se met sous la forme 9 :
avec :
4πqm∗ kb2
A∗ = : constante de Richardson (1.3)
h̄3
m∗ = masse effective du porteur considéré (1.4)
où Ec∞ désigne la bande de conduction loin de la jonction. Le courant peut alors se
réécrire comme suit :
∞
| Jsc→m |= A∗ T 2 e−qVd /kb T |e−(Ec −E
{z
F )/kb T
} (1.7)
n
Nc
Page 21
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
I métal SC
Page 22
1.2. ETUDE HORS ÉQUILIBRE
NV
Ec
EFSC
EFm qV
EV
(a)
NV
EFm Ec
qV EFSC
EV
(b)
Fig. 1.7 – Diagramme des bandes d’énergie en fonction du potentiel appliqué. Cas
(a) : Vm > Vsc (V > 0) ; Cas (b) :Vsc > Vm (V < 0).
c’est donc une zone fortement résistive, à la différence des zones quasi neutres et du
métal. Il est donc naturel de considérer que le champ externe ne s’applique que sur
la zone de charge d’espace, comme c’est généralement le cas dans une jonction PN.
On peut adopter deux raisonnements pour comprendre la situation hors équilibre :
Page 23
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
NV
q Vd'
Ec
qV EFSC
EFm
EV
(a)
NV
q Vd'
EFm Ec
qV EFSC
EV
(b)
Fig. 1.8 – Raisonnement sur la tension : les bandes d’énergie et le niveau de Fermi
se translattent. Cas (a) : Vm > Vsc ; Cas (b) : Vsc < Vm
dans ce sens. Côté semiconducteur, les électrons voient une barrière de po-
tentiel qui augmente ou diminue selon le signe de la tension appliquée : le
courant thermoélectronique Jsc→m va diminuer ou augmenter par rapport à
l’équilibre (selon le signe de la tension). Un courant global va donc apparaı̂tre.
La situation est résumée sur la figure 1.8.
2. Raisonnons sur le champ appliqué.
A l’équilibre, la zone de charge d’espace crée un champ orienté vers la gauche
(vers le métal chargé localement négativement) 12 . Appliquons une tension po-
sitive. Nous avons vu que cette tension créait un champ supplémentaire orienté
vers la droite (vers le semiconducteur). Le champ global (qui est la somme du
champ interne et du champ externe) sera plus faible que le champ de la ZCE
à l’équilibre : les électrons vont donc pouvoir diffuser plus facilement du se-
miconducteur vers le métal. La diminution du champ entraine la diminution
de la ZCE et la diminuation de la barrière de potentiel. Un courant apparait,
orienté de la gauche vers la droite : l’équilibre est rompu. D’après la convention
choisie, ce courant est négatif 13 .
12
Ce champ permet ainsi de contrer la diffusion des électrons du semiconducteur vers le métal et
permet d’atteindre un état d’équilibre résultant de la compétition entre la diffusion des électrons
vers le métal (afin dégaliser les niveaux de Fermi) et la conduction dûe à ce champ (comme dans
le cas de la jonction PN)
13
ce raisonnement est basé sur les courants de diffusion. Il n’est donc pas question ici de courant
thermoélectronique. En réalité, on peut montrer que ce courant de diffusion est lié au courant
thermoélectronique et que les deux modèles sont liés. Mais une telle démonstration dépasse la
cadre de ce cours ...l’idée principale de ce raisonnement est bien la suivante : la diminution du
Page 24
1.2. ETUDE HORS ÉQUILIBRE
I métal SC I métal SC
V>0 V<0
Eapp Eapp
ρ ρ
q Nd q Nd
0 W x 0 W x
Eequilibre Eequilibre
Eapp Eapp
Eglobal Eglobal
(a) (b)
Fig. 1.9 – Raisonnement sur le champ. Cas (a) : Vm > Vsc ; Cas (b) : Vsc < Vm
Approche quantitative
Nous avons vu que la barrière vue par les électrons du métal était une constante
du matériau. A cette barrière était associée un courant thermoélectronique dont
l’expression est donnée par l’équation 1.2, page 21. Ce courant existe quelque soit
la perturbation externe.
La barrière de potentiel, vue par les électrons du semiconducteur, est Vd à l’équilibre.
Nous avons vu que cette barrière varie en fonction de la tension externe appliquée.
D’après l’équation 1.7, le courant d’électrons du semiconducteur vers le métal (avec
champ interne est associée à une diminution de la barrière de potentiel. Un raisonnement sur tout
type de courant peut ensuite être appliqué
14
en se rappelant l’expression de la statistique de Boltzman dans une jonction PN, on peut avoir
l’intuition d’un courant évoluant suivant une loi exponentielle ...
Page 25
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Capacité
L’équation 1.1 permet de relier la largeur de la zone de charge d’espace W avec
la barrière de potentiel Vd . Lorsqu’on polarise la structure, la barrière de potentiel
est modifiée, modifiant ainsi la largeur de la zone de charge d’espace :
s
2
W = (Vd − V ) (1.13)
qNd
Si on applique une tension alternative, on va donc avoir une modulation de cette
zone de charge d’espace. On a donc une modulation de charge en fonction de la
tension appliquée : il y a donc un effet de capacité 15 .
15
ce phénomène est tout à fait analogue à celui responsable de la capacité de transition d’une
jonction PN
Page 26
1.3. AMÉLIORATION DES MODÈLES PRÉCÉDENTS
Page 27
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Energie
Vd
NV
Eb=(2/3) Eg
EF
EC
Fig. 1.11 – Modèle de Baarden : le niveau de Fermi est ancré au tiers du gap, en
raison des états de surfaces (représentés par les traits dans le gap à l’interface).
Page 28
1.3. AMÉLIORATION DES MODÈLES PRÉCÉDENTS
Origine
Considérons une interface métal-vide (on pourra aisément transposer le raison-
nement qui suit à une interface métal-semiconducteur). Prenons comme origine :
l’interface, et l’axe des abcisses orienté vers le vide. Nous avons défini le niveau du
vide par l’énergie que possède l’électron isolé du réseau cristallin sans aucune inter-
action avec ce réseau et sans vitesse. Nous avons pris comme référence des énergies
ce niveau du vide. D’après cette défintion du niveau du vide, si on extrait un électron
du métal à une distance x de l’interface, il a une énergie potentielle E nulle . Ainsi :
Modélisation
L’électron extrait subit la force f~ = 4π −q 1
0 (2x)
2 , puisque les deux charges sont
séparées de la distance 2x. Il n’y a qu’à l’infini que l’électron ne subit plus de forces
exercées par le réseau. Pour que cet électron soit isolé, il faut donc fournir l’énergie
suivante :
Z ∞
Ef ournie (x) = f (r)dr
x
−q Z ∞ dr
=
16π0 x r 2
q
=
16π0 x
Il faut remarquer un problème de divergence de cette énergie à proximité du matériau.
Le modèle devient en effet inexact à mesure qu’on se rapproche du matériau. En
Page 29
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
outre, le potentiel doit être continu. La figure 1.12 montre l’allure de l’énergie po-
tentielle. Cet effet se produit également à l’interface métal/semiconducteur. Dans
certains cas particuliers, cet effet peut réduire la hauteur de barrière d’une jonction
schottky (cas du contact ohmique par exemple). Nous l’avons négligé, d’une part
par soucis de simplicité mais aussi parceque cet effet est mineur comparé à l’effet de
la charge de la ZCE.
Energie
0
x
qφ
EF
métal vide
Fig. 1.12 – Allure de l’énergie potentielle à l’interface métal/vide.
1.4 Applications
Les applications des jonctions schottky sont nombreuses : diode (utilisation de la
jonction redresseuse), diode varicap, contact ohmique (utilisation de la jonction oh-
mique et redresseuse), photodétecteur (utilisation de la jonction redresseuse). Nous
étudierons en détail dans ce chapitre les deux premières application, la dernière sera
vue dans un chapitre ultérieur concernant l’optélectronique.
Diode schottky
De telles diodes ont des avantages vis à vis de la fréquence d’utilisation :
– à la différence d’une diode PN classique, une diode schottky est un composant
unipolaire : un seul type de porteur est responsable du courant. Or les électrons
sont des porteurs ayant une mobilité plus grande que celle des trous. Ils se
déplacent ”plus rapidement” dans le réseau cristallin que les trous (la masse
effective associée à un électron est en effet plus élevée que la masse effective
associée à un trou) 17 . La fréquence d’utilisation d’un composant unipolaire
de type N sera donc plus élevée que celle d’un composant de type P (et donc
qu’une jonction faisant intervenir les deux types de porteurs, comme c’est le
cas dans une jonction PN). Contrairement à une jonction PN, le courant n’est
pas lié à deux types de porteurs.
– en outre, le courant principal n’est pas un courant de diffusion de porteurs
minoritaires ; or, il ne faut pas oublier qu’un mécanisme de diffusion est un
17
Rappelons l’expression de la mobilité : µ = qτ /m? , où τ est la durée de vie des porteurs. La
mobilité intervient dans le courant de conduction et dans le coefficient de diffusion via la relation
d’Einstein.
Page 30
1.4. APPLICATIONS
Contact ohmique
On a deux solutions pour réaliser un contact ohmique : soit utiliser une jonction
type ”redresseuse”, soit de type ”ohmique”.
jonction de type ohmique Nous avons vu précedemment que les contact métal-
semiconducteur pouvait être de type ohmique. Pour réaliser une connexion entre le
circuit externe et un semiconducteur, la première idée consiste à souder un métal tel
que l’on soit dans les condition d’une zone d’accumulation à l’équilibre, proche du
semiconducteur. L’étude précédente montre en effet qu’une telle jonction soumise à
un champ électrique se comporte comme une résistance.
Page 31
CHAPITRE 1. LE CONTACT MÉTAL-SEMICONDUCTEUR
Métal N++ N
EC
EF
(a)
Métal P++ P
EF
EV
(b)
Fig. 1.13 – Contact ohmique réalisé à partir d’une zone surdopée : il y a échanges
électroniques par effet tunnel entre le métal (le circuit) et le semiconducteur. (a) :
type N ;(b) : type P.
kb T
Or la barrière de potentiel Vd est donnée par la relation : Vd = q(φm − χ) + − ln(Nd /NC ).
| {z } q
Eb | {z }
Ec∞ −EF sc
Il suffit donc de résoudre l’équation :
!
2sc 0 kb T
W2 = q(φm − χ) − ln(Nd /NC )
qNd q
Page 32
Chapitre 2
Introduction
L’étude des structures composées de deux semiconducteurs constituent un élar-
gissement de l’étude des jonctions PN à homojonction. Ces dispositifs sont es-
sentiellement utilisés en tant que diode. Un empilement d’un plus grand nombre
de couches est possible et permet la réalisation d’un grand nombre de dispositifs.
Nous n’étudierons que l’empilement de deux couches de ”grandes dimensions” (avec
comme application les diodes !). Les structures plus récentes sont constituées de
couches de très fines épaisseurs (quelques couches atomiques). La physique de ces
structures est bien différente de la physique des semiconducteurs de plus grande di-
mension ; ces structures ne seront pas étudiées ici.
L’étude se fera de manière plus qualitative que l’étude des contacts métal -semi-
conducteurs. En particulier, nous ne chercherons pas à déterminer les caractéristiques
courant-tension de manière quantitative : seule l’allure de ces caractéristique sera
vue.
Convention : dans tout ce chapitre, nous désignerons par l’indice ”1” le semiconduc-
teur de gauche, et par l’indice ”2” le semiconducteur de droite.
33
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
plus complexe. On effectue l’étude du diagramme des bandes en deux parties : une
étude ”loin de la jonction” et une étude ”proche de la jonction”.
Rappelons que dans les semiconducteurs, les deux travaux de sortie dépendent à
la fois du semiconducteur (via l’affinité électronique) et de la densité de porteurs
au point considéré. Ils sont donc fonction de la zone de charge d’espace liée à
l’établissement de l’équilibre. En particulier, ils seront différents loin de la jonc-
tion et proche de la jonction, à l’équilibre.
Dans toute l’étude, nous supposerons que φ1 ≥ φ2 . Le cas d’égalité est un cas par-
ticulier 1 : il ne sera pas traité dans ce polycopié. Le cas φ1 ≤ φ2 sera déduit par
analogie.
Page 34
2.1. ETUDE D’UNE JONCTION À L’ÉQUILIBRE
Energie
NV1 NV1
∆ NV ∆ NV
NV2 NV2
EC2
EC1 EC1 ∆ EC
∆ EC EC2
EV2
∆ EV
EV1 EV1
∆ EV EV2
NV1 NV1
∆ NV ∆ NV
NV2 NV2
EC2
∆ EC
EC1 EC1
∆ EC
EC2
EV2
∆ EV
EV1 EV1
∆ EV
EV2
Fig. 2.1 – Les 4 diagrammes des bandes d’énergie loin de la jonction : cas (a) :
∆EC < 0 et ∆Ev > 0 ; cas (b) : ∆EC > 0 et ∆Ev < 0 ; cas (c) : ∆EC > 0 et
∆Ev > 0 ; cas (d) : ∆EC < 0 et ∆Ev < 0. Les exposants ”∞ ” n’ont pas été reportés
afin d’alléger la figure
– le premier terme ∆χ est une constante liée aux matériaux. Ce terme ne dépend
pas du dopage ni de la densité de porteurs : il est constant dans toute la
jonction.
– le second terme Vd dépend de la densité de porteurs au point considéré : il
varie donc selon que l’on est dans les zones quasi-neutres (loin de la jonction)
ou dans une zone de charge d’espace.
Exemple
Considérons l’hétérojonction constituée de GaAs, dopé P : Na = 1014 cm−3 , et de
Ge, dopé N : Nd = 1016 cm−3 : On peut donc en déduire les écarts entre les niveaux
de Fermi et les bandes de conduction :
1. Pour le GaAs :
kb T Na
EV − E F = ln
q Nv
= −0.29 eV
Page 35
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
2. Pour le Ge :
kb T Nd
qφF 2 = − ln
q Nc
= 0.17 eV
D’où :
φ1 = φGaAs = qχ1 + EC − EF = 4.07 + 1.13 = 5.2 eV
et
φ2 = φGe = qχ2 + EC − EF = 4.13 + 0.17 = 4.3 eV < φ1
Donc ∆N V < 0. Puis : :∆Ec∞ = qφF 2 − qφF 1 = 0.17 − 1.13 = −0.96eV < 0 et
∆Ev = ∆EC − ∆Eg∞ = −0.96 − (0.66 − 1.42) = −0.2eV Il s’agit donc du cas (d)
de la figure 2.1
Page 36
2.1. ETUDE D’UNE JONCTION À L’ÉQUILIBRE
Energie
NV1 NV1
NV2 NV2
EV2 EV1
EV1 ∆ EV >0
∆ EV <0
EV2
Cas (a) Cas (b)
Energie
NV1
NV2 NV1
EC1
NV2
∆ EC < 0 EC1
EC2 ∆ EC < 0
EC2
EV1
∆ EV < 0
∆ EV >0 EV2
EV1
EV2
Fig. 2.2 – Les 4 diagrammes des bandes d’énergie proche de la jonction : cas (a) :
∆Eci > 0 et ∆Evi > 0 ; cas (b) : ∆Eci > 0 et ∆Evi < 0 ; cas (c) : ∆Eci < 0 et
∆Evi < 0 ; cas (d) : ∆Eci < 0 et ∆Evi > 0 . Les indices ”i” n’ont pas été reportés
afin d’alléger la figure.
Page 37
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
Semiconducteur Semiconducteur
(type P) (type N)
ρ
q Nd
- W1
(a) x
0 W2
q Na
W
E
(b) x
(c) Vd
x
Fig. 2.3 – Détermination du potentiel. Cas (a) : profil de la densité de charge ; Cas
(b) : profil du champ électrique ; Cas (c) : profil du potentiel électrostatique.
jonction considérée est de type PN, la région P ayant une densité de porteurs N a et
la région N une densité Nd . Prenons l’origine au niveau de l’interface. Soient :
Page 38
2.1. ETUDE D’UNE JONCTION À L’ÉQUILIBRE
dE qNd
Pour 0 < x < W2 : = (2.6)
dx r2 0
qNd
E(x) = x + cte (2.7)
r2 0
Pour x > W2 : E(x) = 0 (2.8)
Z x
Vd1 (x) − V (−W1 ) = − E(t)dt
−W1
qNa Z x
= (t + W1 ) dt
r1 0 −W1
!
qNa x2 W12
= − + W1 (x + W1 ) (2.10)
r1 0 2 2
Z x
Vd2 (x) − V (0) = − E(t)dt
0
Z
qNd x
= − (t − W2 ) dt
r2 0 0
!
qNd x2
= − − xW2 (2.12)
r2 0 2
On peut donc en déduire la hauteur de barrière Vd2 dans le semiconducteur 2 :
Page 39
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
(au facteur - q près) les variations des bandes de conduction et de valence. N’oublions
pas que ces énergies potentielles sont discontinues (conduction et valence), excepté
pour le niveau du vide. On peut donc en déduire la barrière globale du niveau du
vide, notée Vd , en considérant que le seul le niveau du vide est continu (cf figure 2.4) :
SC 1 (Na1) SC 2 (Nd2)
NV
q Vd1
q Vd
q Vd2
Vd = Vd1 + Vd2
qNa W12 qNd W22
= + (2.14)
r1 0 2 r2 0 2
Par ailleurs, la neutralité électrique du dispositif s’écrit :
W1 N a = W 2 N d (2.15)
On en déduit alors les épaisseurs de chaque zone de charge d’espace et la largeur
totale de la zone de charge d’espace en fonction de la barrière de potentiel globale V d :
s
20 Nd r1 r2
W1 = Vd (2.16)
q Na r2 Nd + r1 Na
s
20 Na r1 r2
W2 = Vd (2.17)
q Nd r2 Nd + r1 Na
s s !s
Na Nd 20 r1 r2
W = + Vd
Nd Na q r2 Nd + r1 Na
Cette dernière équation peut se mettre sous la forme :
v
u
u 20 r1 r2 (Na + Nd )2
W = t
Vd (2.18)
qNa Nd r2 Nd + r1 Na
Remarque : dans le cas d’une homojonction, on a : r1 = r2 = r . L’équation 2.18
devient : s
20 r Na + Nd
W = Vd (2.19)
q Na Nd
On retrouve bien l’expression classique de la largeur de la zone de charge d’espace
d’une homojonction.
Page 40
2.2. ETUDE HORS ÉQUILIBRE
Page 41
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
Page 42
2.2. ETUDE HORS ÉQUILIBRE
1. il faut tout d’abord repérer les fortes discontinuités qui vont définir un fort
courant (de trous et/ou d’électrons)
2. il faut ensuite déterminer quelle type de jonction on a : zone d’accumulation
ou zone de désertion. Ceci permet en effet de déterminer la zone de la mo-
dification du diagramme des bandes suite à l’application d’une tension. Nous
allons détailler l’étude uniquement pour la bande de conduction. Nous laissons
le soin au lecteur d’adapter le raisonnement pour la bande de valence. Nous
allons donner quelques exemples de détermination des allures des courants.
I I
SC1 : type N SC2 : type N SC1 : type P SC2 : type N
V V
NV
NV
⊕
⊕
⊕
⊕
EC ⊕ EC
⊕ V<0
⊕ ⊕
V>0
⊕ ⊕ V<0
⊕ ⊕
V>0
⊕ ⊕
Légende ⊕
⊕
ZCE V>0
zone V=0
ZCE ZCE
d'accumulation V<0
(a)
(b)
Supposons tout d’abord que nous soyons en présence d’une jonction isotype
(N-N). Il y aura une zone de désertion dans le semiconducteur possédant un
travail de sortie plus faible (par exemple le semiconducteur 2) et une zone d’ac-
cumulation dans le semiconducteur ayant le travail de sortie le plus élevé (par
exemple le semiconducteur 1), comme cela est représenté sur la figure 2.5(a). Le
champ (ie la tension) va donc s’appliquer uniquement sur la zone de désertion,
modifiant uniquement dans cette zone les bandes d’énergie. En fonction de la
polarisation, il y a bien une modification de la barrière de potentiel : pour
V > 0, la barrière augmente (translation des bandes vers le bas) tandis que
Page 43
CHAPITRE 2. JONCTION COMPOSÉE DE DEUX SEMICONDUCTEURS
pour V < 0 elle diminue (translation des bandes vers le haut). Un fort courant
d’électrons du SC2 vers le SC1 (associé à un courant I > 0) existera pour
V < 0 (car la barrière diminue, facilitant le passage des électrons), tandis que
pour V > 0, seul le faible courant SC1 vers SC2 existera (I < 0). D’où l’allure
du courant d’électrons associé.
Si nous avons une jonction de types différents, (P-N) par exemple, deux cas
de figures se présentent (suivant les travaux de sortie). Soit une zone de
désertion est créee dans chaque semiconducteur, soit une zone d’accumula-
tion est présente dans les deux matériaux.
Dans le premier cas, la répartition du potentiel s’effectue donc en fonction du
rapport des largeurs des deux ZCE, c’est à dire des deux dopages. Il faut alors
regarder les modifications des barrières pour en déduire l’allure des courants
(figure 2.5(b)). Prenons un cas particulier où l’on a une jonction P ++ − N :
la zone de désertion s’étend essentiellement dans le semiconducteur N. On se
retrouve dans le cas précédent.
Dans le second cas, le potentiel se répartit tout le long du dispositif : on est
en présence d’un contact ohmique.
Page 44
Chapitre 3
Structure MIS
Introduction
Une structure MIS est une structure composée de 3 matériaux : un métal, un
isolant et un semiconducteur. Ce type de structure est plus souvent appelée MOS,
l’isolant étant en pratique réalisé par un oxyde 1 . Nous allons reprendre rapidement
dans ce chapitre les notions liées à la structure MOS vues en première année. Ce
chapitre est donc essentiellement un chapitre de rappels.
Une telle structure est omniprésente dans l’électronique intégrée moderne : elle
constitue en effet la brique de base des circuits intégrés (basse fréquence) et a permis
l’avènement de la photo et de la vidéo numérique (via les capteurs CCD et les cap-
teurs CMOS). Nous ne reviendrons pas sur le transistor MOS : seule l’application
optoélectronique du CCD sera traitée cette année dans un chapitre ultérieur.
Voici les hypothèses que nous utiliserons :
– régime de bande plates à l’équilibre (par soucis de simplicité). Ceci revient à
suposer que les travaux de sortie du métal et du semiconducteur sont iden-
tiques. Si ce n’est pas le cas, rappelons que l’on peut se placer dans ce régime
en soumettant la structure à une tension notée généralement 2 VF B . Les rai-
sonnements suivants seront donc toujours valables à une tension constante
près.
– pas d’états d’interface. Les quasi-niveaux de Fermi seront donc fixés par les
ré-arrangements électroniques internes dûs à la différence des travaux de sortie
du métal et du semiconducteur.
– isolant parfait. Contrairement au contact Schottky, on a la présence d’un iso-
lant : il interdit tout passage des électrons. Afin que l’équilibre puisse exister,
il faut donc relier le métal et le semiconducteur, pour permettre ainsi des
échanges électroniques.
Enfin, rappelons que dans cette structure, on est en présence de quatre densités
(maximales) de charges différentes, classées par ordre décroissant :
– une très forte densité de charges (maximale) dans le métal (liée à une forte
1
l’oxyde le plus courament employé est l’oxyde de Silicium : SiO. Avec la diminution des di-
mensions, on a tendance à remplacer l’oxyde de silicium par des matériaux plus isolant et plus
fins.
2
FB : flat band
45
CHAPITRE 3. STRUCTURE MIS
I métal SC
métal isolant SC
NV
isolant
EC
EF EV
qφF I = EF I − EF (3.1)
Cette énergie permet d’écrire différemment les densités de porteurs dans le semicon-
ducteur, notament en surface et dans la zone quasi-neutre, loin de l’interface et des
zones de charges d’espace ou d’accumulation. On repèrera cette dernière expression
par un exposant ”∞”.
3
nous désignerons souvent dans la suite l’interface métal/isolant ou isolant/semiconducteur par
le terme de ”surface”.
4
attention à la convention choisie : certains auteurs prennent comme définition la différence
opposée !
Page 46
3.1. LES DIFFÉRENTS RÉGIMES
Energie
NV
Ec
φ∞ EFI
q Vs EF
Ev
x
0
Page 47
CHAPITRE 3. STRUCTURE MIS
ps = p(0)
!
EF I (0) − EF
ps = ni exp (3.10)
kb T
!
Vs − φ ∞ FI
= ni exp − (3.11)
kb T /q
Remarque : la tension Vs est définie par (par analogie avec la tension VG appliquée) :
Vs = V (0) − V ∞ et donc 5 −qVs = −qV (0) − (−qV ∞ ) = EF I (0) − EF∞I .
Il faut bien vérifier que, plus Vs est élevée, plus la densité d’électrons en surface
augmente.
métal isolant SC
EG
(a) VG < 0
(b)
NV
EC
EF EF
(c) EV
Fig. 3.3 – Structure MOS de type P polarisée négativement. (a) :structure ; (b) :
densité de charge ;(c) : diagramme des bandes d’énergie.
Page 48
3.1. LES DIFFÉRENTS RÉGIMES
une polarisation négative), entrainant une translation des niveaux d’énergie vers
le bas dans les zones quasi-neutres (loin de la jonction, le semiconducteur reste à
l’équilibre). Cette tension va créer un champ orienté vers la gauche. Les électrons
du métal vont donc être soumis à une force orientée vers la droite (f~ = −q E).
~ Nous
aurons donc une zone d’accumulation en surface de l’isolant, côté métal. Par ailleurs,
les trous du semiconducteur sont soumis à une force orientée vers la gauche (f~ =
~ : une zone d’accumulation (de trous) se formera en surface du semiconducteur.
q E)
La figure 3.3(b) représente la densité de charge dans la structure : on a bien une
charge négative développée en surface du métal (côté isolant) et une densité positive
en surface du semiconducteur. Notons que la zone d’accumulation s’étend plus du
côté semiconducteur que du côté du métal : la densité d’état électronique est plus
faible (de plusieurs ordres de grandeur) dans le semiconducteur que dans le métal.
Le diagramme des bandes d’énergie est donné sur la figure 3.3(c). Le niveau du vide
dans l’isolant suit une variation linéaire, obéissant en effet à l’équation de Poisson
(∆V = 0). Au niveau de l’interface isolant/semiconducteur, les bandes d’énergie
se courbent vers le haut (conséquence de la zone d’accumulation qui est une zone
chargée positivement) : plus on se rapproche de l’interface, plus la densité de trous
augmente et donc plus la bande de valence se rapproche du niveau de Fermi (le
semiconducteur devient ”de plus en plus de type P” localement).
régime d’inversion
Page 49
CHAPITRE 3. STRUCTURE MIS
métal isolant SC
EG
(a)
VG > 0
(b)
NV
EC
(c)
EF
EF EV
Fig. 3.4 – Structure MOS de type P polarisée positivement. (a) :structure ; (b) :den-
sité de charge ;(c) :diagramme des bandes d’énergie.
paire électron/trou est formée par activation thermique, l’électron (resp. le trou) su-
bit une force qui l’amène à l’interface semiconducteur/isolant (resp. qui l’envoit vers
le contact). Cette génération puis cette séparation va créer une zone d’accumulation
de porteurs libres en surface du semiconducteur. Nous verrons ultérieurement que
ce processus de génération est long 6 .
Mais en régime transitoire, il y a donc un défaut de charges : les électrons ne sont pas
générés instantanément. La zone de charge d’espace par contre apparait très rapide-
ment. Pour compenser ce défaut, la structure se modifie au cours du temps : nous
verrons que la zone de charge d’espace se module. Elle passe entre autre par un maxi-
mum pour compenser ce défaut initial, et décroit au fur et à mesure que la couche
d’inversion se forme avec l’arrivée des électrons. En régime établit, une fois le nouvel
état d’équilibre réalisé, on a donc deux zones de charges d’espace (côté semiconduc-
teur) chargées négativement : une zone de désertion dûe aux atomes accepteurs non
compensés par le départ des trous et une zone d’accumulation d’électrons (couche
d’inversion) dûe à la génération thermique. Ceci est résumé sur la figure 3.5. Il faut
noter qu’en raison des ordres de grandeurs de la densité d’état électronique des
6
Ceci est mis à profit dans les capteurs CCD
Page 50
3.1. LES DIFFÉRENTS RÉGIMES
ρ
Qm
Zone de désertion
Couche d’inversion
Fig. 3.5 – Densité de charge d’une structure MOS en régime de forte inversion.
Energie Energie
Ec Ec
type N type P
(a) (b)
forte inversion Pour une tension Vs = 2φ∞ F i , on atteind le régime de forte in-
version : la densité d’électrons devient égale à la densité d’atomes accepteurs (ie la
Page 51
CHAPITRE 3. STRUCTURE MIS
D’après l’équation 3.5, cette densité correspond bien à la densité d’atomes accepteurs
Na : d’où le nom de forte inversion.
Récapitulatif
La figure 3.7 résume les différents régimes d’une structure MOS, dans un régime
initial de bandes plates, en fonction de la tension appliquée et de la tension aux
bornes de la zone de charge d’espace.
Faible Forte
accumulation désertion
inversion inversion
VG
0 VT
VS
0 ΦFI 2 ΦFI
p ≥ Na p ≤ Na
n ≥ Ni n ≥ Na
n ≤ Na
p = Na n = p = Ni n = Na
3.2 Modélisation
3.2.1 Régime de désertion et de faible inversion
Nous allons rappeler le modèle qui a été vu en première année concernant le
régime de faible inversion. En régime de faible inversion, on peut négliger la charge
dûe à l’accumulation d’électrons en surface. La charge, côté semiconducteur, est
donc dûe uniquement à la zone de désertion. Cette charge vaut 7 : Qsc = −qNa W ,
où W est la largeur de la zone de charge d’espace.
Lorsqu’on applique un potentiel VG à la structure globale, nous avons vu que ce
dernier se répartissait entre l’isolant et la surface du semiconducteur. La tension VG
est donc la somme de la tension VI , chute de potentiel dans l’isolant , et de Vs , chute
de potentiel dans le semiconducteur (cf figure 3.8).
7
il s’agit ici d’une charge surfacique : notre modèle ici est unidimensionnel.
Page 52
3.2. MODÉLISATION
q Vs VG = VI+Vs
q VG =q(Vm-Vsc)
q VI
VI Vs
ρ
Qm
Qm Qsc
Qsc
Fig. 3.8 – Répartition de la chute de potentiel dans une structure MOS de type P.
Page 53
CHAPITRE 3. STRUCTURE MIS
Page 54
Deuxième partie
55
Introduction
9
comme nous le verrons la partie optoélectronique, le Silicium est à priori peu adapté aux
applications opto ... puisqu’il est à gap indirect. L’utilisation en détecteur est quand même possible,
et son développement est fortement encouragé par les facilités technologiques liées au silicium.
57
Page 58
Chapitre 4
Principe de la détection
Le taux de génération est nul : on suppose dans un premier temps que la capacité
MOS n’est pas encore éclairée. En outre, on ne s’intéresse qu’à l’établissement de
la zone de désertion : on néglige donc le phénomène de génération thermique. On
59
CHAPITRE 4. PRINCIPE DE LA DÉTECTION
Page 60
4.3. SYNTHÈSE
4.3 Synthèse
Le temps de stockage est donc bien plus long que le temps diélectrique (environ 10
ordres de grandeur d’écart !). Ceci est mis à profit dans la photodétection : les prises
de vue photographiques ont des durées en effet beaucoup plus courtes que la seconde
(excepté en pose longue !). Les photons liés au signal utile génèrent des électrons
(et plus exactement des paires électrons/trous) et créent une couche d’inversion.
La quantité d’électrons formant cette couche d’inversion est proportionnelle à la
quantité de photons reçus (tant que l’acquisition du signal dure moins de temps que
le temps de stockage). Si le temps de pose est bien inférieur au temps de stockage, on
est donc sûr que la densité d’électrons présente dans la couche d’inversion, fournie
une information proportionnelle au flux optique (et ne provient pas de la génération
thermique).
L’information optique (ie le nombre de photons) est donc transformée en une
information électronique (ie en nombre d’électrons dans la couche d’inversion). Un
pixel peut donc être réalisé par une structure MOS de type P. Il faut juste vérifier
que l’énergie des photons est supérieure à l’énergie de gap du semiconducteur utilisé
pour permettre une absorption (création de paire électron/trous).
1
le temps de transit, noté tt, correspond au temps mis par des porteurs minoritaires pour
franchir une zone où ils sont suceptibles de se recombiner (ce qui est peu le cas à priori dans une
capacité MOS, excepté la génération dans la zone quasi-neutre). Nous rappelons l’expression du
2
temps de transit : tt = WZQN / (2D), où WZQN est la largeur de la zone quasi neutre et D le
coefficient de diffusion. Pour le Silicium à température ambiante (pour une épaisseur typique de
1µm) : tt ≈ 10 ns, ce qui est rapide devant le temps de stockage.
Page 61
CHAPITRE 4. PRINCIPE DE LA DÉTECTION
Page 62
Chapitre 5
Introduction
L’étude des capacités MOS dans la première partie concernait une étude suivant
l’axe de croissance des couches (ie, suivant un axe Métal-Semiconducteur). Nous
nommerons ”x” cet axe. Cette étude nous a permis de justifier l’utilisation d’une
capacité MOS en tant que détecteur dans le visible. Une telle capacité MOS consti-
tuera un pixel. Si on souhaite réaliser une image (en deux dimensions), il faut réaliser
une matrice de pixels, comme le montre la figure 5.1, dans d’une matrice de 9 pixels.
L’autre caractéristique d’un capteur CCD est le transfert de charge vers un circuit
y
Métal
Oxyde
Semiconducteur
(type P)
x
Fig. 5.1 – Structure d’une matrice 3 × 3. Le transfert de charge s’effectue selon une
des deux directions y ou z.
63
CHAPITRE 5. ETUDE DU TRANSFERT DE CHARGE
tionnelle au flux. Pour permettre la lecture des informations (ie l’accès à la densité
de charge de chaque pixel), deux solutions sont possibles. La première idée, qui est
la plus simple théoriquement, est d’associer un circuit de lecture à chaque pixel.
On connecte alors un circuit externe, dit cicuit ”hybride”, ou on fait croı̂tre un
circuit sur la matrice. Ce circuit de lecture est constitué d’un convertisseur courant-
tension 1 par pixel et d’un convertisseur analogique-numérique. Ce type de circuit a
3 désavantages :
– il faut associer un circuit de lecture par pixel : le coût global sera donc élevé
– la pose d’un circuit de lecture hybride associé à chaque pixel est délicate
(problème d’alignement, d’absorption du pixel, de contact, de croissance sur
la matrice, et de connectique). La croissance d’un circuit sur la matrice n’est
pas toujours faisable.
– il y a des problèmes de dimensionnement : plus la matrice est petite, et plus il
est difficile d’y loger un cicruit annexe pour la lecture. Citons entre autre le fait
que plus le pixel est petit, plus la capacité utile à la conversion courant-tension
aura une faible surface et donc plus sa valeur sera faible ... ce qui est gênant
pour la conversion !
L’autre idée consiste à analyser l’information en dehors de la matrice : un transfert de
charge est alors nécessaire. Le capteur CCD joue ce rôle : il est possible de transférer
en série les données de chaque pixel en faisant ”glisser” chaque paquet de charge
d’un pixel à un autre. Seul un circuit de lecture au bout de chaque ligne est alors
nécéssaire. Ce circuit est donc à côté de la matrice. La figure 5.2 illustre ce principe de
lecture. Pour simplifier l’étude, nous n’étudierons que le transport de l’information
Electronique
suivant une ligne ou une colonne d’une telle matrice, par exemple suivant l’axe y.
En particulier, nous ne nous occuperons plus de l’axe x, mais nous étudierons les
variations du minimum de la bande de conduction dans le semiconducteur, c’est à
dire ”en surface” (à l’interface semiconducteur/isolant), en fonction de l’axe ”y”. La
1
l’idée d’un tel convertiseur est simple : on vient charger une capacité, puis on lit la tension. Cette
tension est toujours proportionnelle au flux de photons absorbés. N’oublions pas que l’électronique
travail essentiellement sur des tensions. D’où la nécéssité de la conversion.
Page 64
5.1. ETUDE D’UN TRANSFERT À DEUX PHASES
Qsc
Vs = V G + (5.1)
Cox
– la première capacité MOS a une tension de commande VG1 > VT (la présence
d’une couche d’inversion est autorisée) et il existe un paquet de charges résultant
par exemple d’une photodétection.
– la seconde capacité MOS a une tension de commande VG2 < VT : aucune charge
(d’inversion) ne peut être présente dans cette capacité.
2
on supposera dans la suite que la charge, qui est négative, ne peut pas rendre la tension V s
négative : si VG > VT alors Vs ≥ 0 et si VG < VT alors Vs = 0
Page 65
CHAPITRE 5. ETUDE DU TRANSFERT DE CHARGE
Ces deux hypothèses conduisent aux deux inégalités suivantes (en utilisant l’équation 5.1) :
Vs1 > 0
Vs2 = 0
1 2
y
Fig. 5.3 – Etat initial (t = 0) : un paquet de charges est localisé dans un puits de
potentiel dans la capacité MOS 1.
VG1
VT
VG1
VT
t1 t2 t3 t4 t5
Fig. 5.4 – Evolution temporelle des commandes des deux capacités MOS.
Page 66
5.2. TRANSFERT À 3 PHASES.
– Pour t = t1 : VG1 > VT et VG2 > VT . Les deux capacités MOS sont en régime
de déplétion profonde. En ce qui concerne les charges : Qsc1 = Qtotale < 0
et Qsc2 = 0. Donc d’après l’équation 5.1 : Vs2 > Vs1 et donc E1 > E2 . Le
puits de potentiel de la capacité 2 est plus profond que le puits de potentiel de
la capacité 1 (mais il est vide de charges). On est dans le cas de la figure 5.5(b).
Page 67
CHAPITRE 5. ETUDE DU TRANSFERT DE CHARGE
(a)
E y
(b)
E y
(c)
E y
(d)
y
E
(e)
y
Fig. 5.5 – Puits de potentiel à différents instants.
au rayonnement externe. La figure 5.6(a) montre la géométrie d’une ligne issue d’une
matrice 3 × 3. Le but est de transférer successivement les 3 paquets de charge de la
figure 5.6(b) (ie trois informations différentes) vers la droite.
Un tel transfert est impossible : l’étape correspondant à l’intervalle de temps
précédent [t1 ; t2 ] consiste à créer un puits de potentiel profond (initialement vide
de charges) au niveau des tampons 1, 2 et 3, et ceci afin de débuter le transfert
(figure 5.6(c)). Mais comme chaque tampon est entouré de deux pixels, les paquets
de charge de ces pixels vont se répartir dans ces tampons ... l’information est donc
mélangée et perdue !
Il faut donc isoler chaque pixel à l’aide de deux capacités MOS tampon.
Page 68
5.3. RÉALISATION DE LA COULEUR
(a)
(b)
y
E
(c)
y
(a)
(b)
y
(c)
y
(d)
y
Une telle architecture permet le transfert. Ceci se fait au détriment du temps global
de transfert et nécessite une taille plus grande pour un pixel : à chaque pixel doit être
associé deux capacités MOS de transfert. Mais c’est l’unique solution permettant une
lecture série des informations, sans utiliser de circuit hybride de lecture.
Page 69
CHAPITRE 5. ETUDE DU TRANSFERT DE CHARGE
– un pixel sur trois capte la même couleur (il faut donc alterner les filtres d’un
pixel à l’autre) ... la résolution spatiale est donc dégradée
– utilisation de trois matrices CCD, chacune ne captant qu’une couleur. Ce
procédé est utilisé dans les caméras tri-CCD et donne de très bons résultats.
Le faisceau incident est séparé par des prismes puis filtré. Mais il est couteux
et de grande dimension.
– absorption en couches : l’absorption du Silicium est répartie en profondeur
selon la longueur d’onde : la surface absorbe le bleu et la partie la plus profonde
absorbe le rouge ... En fonction de la position dans le Silicum, on connait donc
le domaine spectral concerné. Mais cette technique est difficile à mettre en
oeuvre.
– des répartitions en ”nid” des pixels sont couramment réalisés. Chaque nid
correspond à un pixel de couleur (spatial) et est constitué par plusieurs pixels
captant différentes couleurs.
Page 70
Troisième partie
Introduction à l’optoélectronique
71
Chapitre 6
Généralités
hc
E =
λ
= h̄ck
1.24
E (eV ) = (6.1)
λ(µm)
Dans un milieu matériel isotrope (et homogène), caractérisé par un unique indice
optique n, la vitesse de phase vaut : vφ = ωk = nc . Il en découle que E = hν = h̄ω =
h̄c
n
k. D’où les variations de l’énergie du photon dans le vide et dans la matière en
fonction du vecteur d’onde k représentés sur la figure 6.1(a).
E E
c
c/n
k k
(a) (b)
Fig. 6.1 – (a) : relations de dispersion du photon dans le vide (trait plein) et dans
un milieu (trait pointillé) ; (b) : relation de dispersion de l’électron dans le vide
73
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
E Ec E Ec
Eg Eg
Ev Ev
k k
(a) (b)
Fig. 6.2 – Les deux types de gap. (a) : gap direct ; (b) : gap indirect .
Cette notion de gap est très importante : il ne faut pas oublier que l’essentiel des
phénomènes se produisent au voisinage des extrema des bandes d’énergie en raison
de l’importance de la densité de porteurs à ces endroits.
Ef − Ei = ±hν (6.2)
~kf − ~ki = ±~kph (6.3)
Page 74
6.1. INTERACTION RAYONNEMENT-MATIÈRE
L’équation 6.3 s’écrit alors, compte tenu de ces ordres de grandeur : k~i = k~f . L’ab-
sorption ou l’émision d’un photon s’effectue donc à vecteur d’onde (de l’électron)
constant : on dit que les transitions (optiques) sont verticales (dans l’espace des k).
Les transitions obliques (lorsque le vecteur d’onde de l’électron n’est pas conservé)
sont des transitions non radiatives, c’est à dire ne mettant pas en jeu des photons.
Page 75
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
E Ec E Ec E Ec
hυ hυ
hυ
Ev Ev Ev
k k k
(a) (b) (c)
E Ec E Ec
hυ
hυ
hυ
Ev Ev
k k
(d) (e)
Fig. 6.3 – Différents types de transition.(a) : émission spontanée (gap direct) ; (b) :
absorption (gap direct) ; (c) : absorption puis thermalisation des électrons dans la
bande de conduction (gap indirect) ; (d) : émission stimulée (gap direct) ; (e) :
transitions non radiatives (gap indirect)
Page 76
6.1. INTERACTION RAYONNEMENT-MATIÈRE
associés à des durées de vie très courtes (quelques ps) et les phonons accous-
tiques, associés à des durées de vie plus longues (quelques centaines de ps).
– l’interaction électron/électron
– l’interaction électron/rugosité d’interface
– etc ...
Ces interactions donnent lieu à un certain nombre de transitions, dont les plus cou-
rantes sont les suivantes :
– recombinaison Auger : l’énergie issue d’une recombinaison électron/trou est
cédée (sous forme d’énergie cinétique) à un électron de la bande de conduc-
tion (qui voit son énergie cinétique augmenter). Ce processus est assisté par
interaction électron/électron. Il met donc en jeu deux électrons et un trou.
Un processus de recombinaison Auger avec deux trous et un électron existe
également.
– transitions intrabandes mettant en jeu un ou plusieurs phonons (absorption
ou émission de phonons)
– recombinaison par centre recombinants. Des impuretés présentes dans un se-
miconducteur peuvent créer des états d’énergie permis dans le gap. Ces états
d’énergie peuvent ”stocker” des électrons (ou des trous) et offrir aux électrons
de la bande de conduction une recombinaison (non radiative) en deux temps.
Cette recombinaison est très fréquente et porte le nom de recombinaison de
Shockley-Read-Hall (recombinaison SRH).
Remarque : thermalisation des électrons.
Nous avons parlé, dans le cas d’absorption de photons dans un semiconducteur à gap
indirect, de thermalisation des électrons. Ce nom signifie que les électrons excités, qui
sont dans un état instable de la bande de conduction, vont subir une transition in-
trabande (non radiative) au sein de la bande de conduction pour arriver dans un état
plus stable, c’est à dire au minimum de la bande de conduction. Le mécanisme le plus
efficace pour la thermalisation de ces électrons est l’interaction électron/phonons.
La durée de vie de cette interaction est de l’ordre de la ps ou quelques dizaines de
ps. Cette durée de vie est bien plus courte (de 3 ordres de grandeurs environ) que
la durée de vie associée à la recombinaison radiative : ceci exmplique pourquoi une
grande majorité de ces électrons excités peuvent être transférés vers le minimum de
la bande de conduction et ne font pas l’objet de recombinaisons. Une absorption
inter-bande dans un semiconducteur à gap indirect permet donc une augmentation
de la densité d’électrons (ou de trous) dans la bande de conduction (ou de valence).
Page 77
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
R = RR + RnR (6.9)
1 1 1
= + (6.10)
τ τR τnR
Page 78
6.2. ETUDE DES DIFFÉRENTS SPECTRES D’ABSORPTION
la bande de conduction est alors quantifiée : des niveaux d’énergie discrets appa-
raissent. Des transitions radiatives (et bien évidemmment non radiatives !) peuvent
exister entre ces sous-bandes d’énergies (ie entre les différents niveaux d’énergie per-
mis dans la bande de conduction). De telles transitions sont qualifiées de transitions
intrabande ou inter-sous-bandes. L’étude des transitions intrabande ne sera pas faite
dans le cadre de ce cours.
Rr
η = (6.11)
R
1/τR 1/τR
= (6.12)
1/τ 1/τR + 1/τnR
Page 79
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
Page 80
6.3. QUELQUES GRANDEURS UTILES ...
Fig. 6.6 – Atténuation (en dB/km) d’une fibre optique multimode en fonction de la
longueur d’onde.
Page 81
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
α
α0
E
Eg
Page 82
6.3. QUELQUES GRANDEURS UTILES ...
Si ϕ(x) est le flux de photon à l’abscisse x, la variation relative de ce flux, qui corres-
dϕ
pond à une perte de photons et donc qui est négative, s’écrit : ϕ(x) . Dans une tranche
de semiconducteur d’épaisseur dx (on se place dans un modèle unidimensionnel, pour
simplifier) :
dϕ
αdx = − (6.14)
ϕ(x)
Le signe ”-” tient compte du signe négatif de cette variation relative. En intégrant
cette équation, on trouve donc l’expression du flux de photons dans un semiconduc-
teur à l’abscisse x : ϕ(x) = ϕ(0+ )e−αx . La longueur caractéristique de décroissance
du flux de photons dans un semiconducteur est donc 1/α.
En outre, si ϕi désigne le flux incident de photons avant d’arriver sous incidence
normale sur l’interface air/semiconducteur, le flux ϕ(0+ ) vaut donc, d’après ce qui
a été vu précédemment : (1 − R)ϕi (cf figure 6.8).
ϕ(x)
ϕi
R ϕi
(1-R) ϕi
1/α
x
= (1 − R)ηi (6.18)
Page 83
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
où N (0) est le nombre de photons entrant dans le dispositif, ηi et ηoptique sont res-
pectivement le rendement quantique interne et la proportion de pertes par réflexion.
Ce rendement quantique externe permet de caractériser l’efficacité d’un détecteur.
Plus ce rapport est proche de 1, plus le dispositif est efficace.
Le rendement quantique externe d’un émetteur est définit par le rapport du nombre
de photons émis par le dispositif divisé par le nombre d’électrons injectés dans le
dispositif. Ce rendement est le produit du rendement quantique interne, qui corres-
pond au rendement radiatif de l’émetteur, par le rendement optique tenant compte
entre autre des pertes par réflexion :
S : surface du détecteur
φi : flux de photon incident par unité de temps de surface
φe : flux d’électrons par unité de temps et de surface
La réponse spectrale d’un photodétecteur est donc linéaire (lorsque l’énergie des
photons est plus grande que le gap). On définira le gain de photoconduction pour
chaque dispositif étudié.
Dans le cas d’un émetteur, on définit la réponse (en W/A) par le rapport de la
puissance émise par le courant d’injection. Le calcul étant plus délicat, il sera traité
dans chaque dispositif émetteur.
Page 84
6.3. QUELQUES GRANDEURS UTILES ...
Page 85
CHAPITRE 6. GÉNÉRALITÉS
Page 86
Chapitre 7
Les photodétecteurs à
semiconducteurs
7.1 Introduction
Un photodétecteur est un dispositif qui permet de transformer un signal photo-
nique en un signal électrique. Le capteur CCD, vu dans la seconde partie en est un
exemple, sur lequel nous ne reviendrons pas. Un tel dispositif regroupe deux fonc-
tions : une fonction de transformation de la nature du signal (photon/charge) et une
fonction d’acheminement des informations électroniques pour permettre le traite-
ment de l’information. Evaluer les performances d’un détecteur consiste à regarder
les performance de l’ensemble de ces deux fonctions. Dans le cadre de ce cours, nous
ne nous intéresserons qu’au principe physique de conversion photon/charge.
Deux grands modes de détection peuvent être distingués :
– le mode photoconducteur. On applique un champ externe et on observe la
variation de résistance en fonction de l’éclairement. Il est nécessaire d’appliquer
une tension pour mettre en conduction les charges photo-induites.
– le mode photovoltaı̈que. Suite à l’absorption de photons, un photocourant est
généré. Ces charges circulent grâce à l’existence d’un champ interne : il n’est
donc pas nécessaire d’appliquer une polarisation externe.
Ec Ec
E2
E1
Ev
Ec
Nous nous limiterons aux principes de détection quantique. On distingue trois grands
types de détection quantique :
87
CHAPITRE 7. LES PHOTODÉTECTEURS À SEMICONDUCTEURS
tionnement : l’échantillon est éclairé par le dessus (la surface d’éclairement est S).
On polarise la structure latéralement suivant l’axe ”y”. Connaissant la tension V et
mesurant le courant, on est en mesure de déterminer la variation de conductance.
En l’absence d’éclairement, la conductivité s’écrit : σ0 = q(n0 µn +p0 µp ). Compte-tenu
du rapport entre µn et µp , on peut négliger la contribution des trous : σ0 ≈ qn0 µn .
En présence d’un flux lumineux, on a création de paires électron/trou : la conduc-
tivité augmente (en fonction de la quantité de photon, c’est à dire en fonction de
la distance x). Cette conductivité s’écrit, en négligeant la contribution des trous :
σ(x) = qµn (n0 + ∆n) = σ0 + ∆σ(x). Nous verrons l’expression détaillée de cette
variation de porteurs en TD.
Ce dispositif a deux inconvéniants :
– l’inconvénient majeur est son impédance : la résistance globale est faible,
ce qui rend plus difficile la réalisation de circuits de lecture performants.
Page 88
7.3. ETUDE D’UNE PHOTODIODE
P++ N
I
ZCE
V
Fig. 7.3 – Structure d’une photodiode
de photons diminue au fur et à mesure que l’on pénètre dans la structure, il faut
rendre la première couche mince afin qu’elle n’absorbe pas tout le rayonnement. On
a alors la situation suivante en ce qui concerne les courants :
– dans la zone quasi-neutre P, la génération est très importante. Mais pour ne
pas que tout le rayonnement soit absorbé dans cette zone, il faut la minimiser :
1
une photodiode peut également être utilisée en mode photoconducteur : nous verrons qu’il est
possible d’appliquer une tension et de mesurer le courant.
Page 89
CHAPITRE 7. LES PHOTODÉTECTEURS À SEMICONDUCTEURS
le courant de diffusion des électrons minoritaires crées est nul (la densité de
porteurs minoritaires varie peu sur cette zone très étroite)
– dans la zone quasi-neutre N, qui est beaucoup plus grande, on a également
création de porteurs minoritaires (trous) suite à l’absorption de photons. Il y
a donc un courant de diffusion qui existe. Nous verrons que ce courant n’est
pas le courant le plus important.
– dans la zone de charge d’espace, la création de paires électrons/trous a aussi
lieu. En raison du champ interne, lorsqu’une paire électron/trou est créée,
l’électron est envoyé vers la zone N (par conduction) et le trou vers la zone
P. Ce processus est très efficace et le courant résultant est plus important que
le courant de diffusion des zones quasi-neutres. Pour favoriser ce processus ,
il faut donc disposer d’une large zone de charge d’espace : le dopage P + et la
polarisation inverse (négative) sont deux moyens d’avoir une ZCE étendue.
Globalement, les trois courants s’ajoutent. On montrera en TD que le courant total
peut s’écrire, en polarisation négative :
I= Is eqV /kT − 1 − Iph (7.1)
| {z } |{z}
courant d’obscurité photocourant
En polarisation positive, la caractéristique est un peu plus complexe. Le courant
d’obscurité est le courant circulant dans une jonction PN classique et on peut mon-
trer que le photocourant est proportionnel au flux de photon incident : Iph = qφi .
La figure 7.4 montre les caractéristiques courant-tension d’une photodiode avec et
sans éclairement.
Il faut remarquer que l’utilisation en tant que détecteur est possible sans appliquer
ϕi = 0
I
ϕi 0
-Is
V
Iph
-Iph
de champ (à V=0) : le courant est alors exclusivement dû au photocourant. C’est
donc bien un détecteur photvoltaı̈que (un courant circule sans champ externe, uni-
quement grâce au champ interne). Dans la pratique, il est préférable de se situer à
V < 0, le courant d’obscurité en polarisation négative (qui correspond au courant
de saturation Is d’une diode) étant très faible.
Page 90
7.3. ETUDE D’UNE PHOTODIODE
Photodiode Schottky
L’utilisation d’une diode Schottky est possible en photodiode. Deux mécanismes
de détection sont possibles (figure 7.5) :
– la génération de paire électron/trous dans le semiconducteur. Cette détection
est liée à des énergies de photons élevées (basses longueurs d’onde)
– la photoémission interne : des électrons du métal peuvent passer dans le semi-
conducteur suite à l’absorption de photons ayant une énergie supérieure à la
barrière de potentiel (associé à une faible longueur d’onde). C’est un mécanisme
intrabande.
EC
EF
Fig. 7.5 – Processus de détection dans une photodiode Schottky : par photoémission
interne (les électrons du métal franchissent la barrière de potentiel) ; par génération
de paires électron/trou.
Page 91
CHAPITRE 7. LES PHOTODÉTECTEURS À SEMICONDUCTEURS
Hétérostructures
Il est bien sûr possible de réaliser une photodiode à l’aide de matériaux différents
... la modélisation est aussi plus complexe à cause du grand nombre de barrières de
potentiel !
Page 92
Chapitre 8
Photoémetteurs à semiconducteurs
8.1 Introduction
Le processus d’émission interbande est le plus utilisé dans les photoémetteurs à
semiconducteurs que le processus intrabande. Trois grandeurs essentielles permettent
de caractériser les photoémetteur : le rendement, le temps de réponse et la sensibilité
(rapport signal à bruit). Dans le cadre de ce cours, nous nous restreindrons au
principe de fonctionnement et éventuellement au rendement.
On distingue deux catégories d’émetteurs : ceux mettant en jeu l’émission spontanée
(diodes électroluminescentes) et ceux basés sur l’émission stimulée (diodes laser).
93
CHAPITRE 8. PHOTOÉMETTEURS À SEMICONDUCTEURS
Ec
Ec
Ev
Ev
(a) (b)
Fig. 8.1 – Principe de fonctionnement d’une LED : (a) situation à l’équilibre ; (b)
situation sous champ
Page 94
8.2. DIODES ÉLECTROLUMINESCENTES.
Flux externe
La direction des photons émis est aléatoire. Or, l’interface semiconducteur/air
est un dioptre qui est caractérisé par une réflexion, une réfraction (transmission) ou
une réflexion totale (cf figure 8.2).
L’angle limite pour la réfraction (ou la réflexion totale) est donné par :
1
θ = Arcsin( )
nsc
où nsc est l’indice du semiconducteur. Pour le GaAs, nsc = 3.27 et donc : θ = 18Deg.
Cet angle est faible. Beaucoup de photons émis en interne subissent une réflexion
totale.
Ces photons réfléchis ne sont pas tous perdus : ils sont absorbés et participent
indirectement à la génération de nouveaux photons émis. Ce recyclage est associé à
un rendement ηrecy , qui est difficle à évaluer.
Mais une partie des photons est transmise. Le coeffcient de transmission en énergie
Air
Zone active
Page 95
CHAPITRE 8. PHOTOÉMETTEURS À SEMICONDUCTEURS
La puissance est donc une fonction linéaire du courant. En réalité, une saturation
Popt (W)
I (A)
Fig. 8.3 – Réponse (en W) d’une LED en fonction du courant d’injection (en A).
apparait, entre autre dû aux recombinaisons Auger qui deviennent importante aux
fortes densités de porteurs (et donc aux forts courants d’injection). La figure 8.3
donne l’allure de la réponse en fonction du courant d’injection.
8.2.3 Amélioration
L’emploi d’une hétérostructure peut améliorer l’efficacité des recombinaison (en
empêchant les électrons de diffuser au dessus de la barrière). Une hétérostructure
permet en effet de modifier les hauteurs de barrière et de confiner les électrons
dans des zones étroites, comme nous le verrons plus loin dans le cas d’une diode
laser. Or, si la zone active est plus fine (ie le paramètre précédent d plus petit),
le courant nécéssaire pour produire un flux donné sera plus faible, d’où un gain de
consommation (cf équation 8.1).
En outre, l’encapsulation de la diode dans une résine permet :
– une protection (essentiellement des contacts)
– une adaptation des indices et donc moins de pertes par réflexion
– une focalisation du faisceau
Page 96
8.3. LASER À SEMICONDUCTEURS
Constitution
Emission stimulée Le laser repose sur le principe de l’émission stimulée. Rap-
pelons que l’émission stimulée permet une amplification optique : pour un photon
incident au milieu, on récupère deux photons. Une telle amplification est possible si
la condition d’inversion de population est réalisée. Deux méthodes existent : soit de
manière optique (pompage optique) soit de manière électrique (injection électrique).
L’idée consiste à disposer d’un plus grand nombre de porteurs dans un état excité
(c’est à dire dans un état d’énergie plus élevé, et dans le cas d’un semiconducteur
il s’agit des électrons dans la bande de conduction) que dans un état stable (de
faible énergie, c’est à dire qu’il s’agit des électrons dans la bande de valence pour les
électrons). Si tel est le cas :
– soit aucun rayonnement n’est présent en entrée du dispositif. Seule l’émission
spontanée est alors amplifiée. La source est peu intense (à peine plus qu’une
simple LED) et le spectre d’émission est large. On a réalisé une LED intense.
– soit on injecte un rayonnement en entrée. Ce rayonnement est amplifié. On a
réalisé un amplificateur optique. Un tel dispositif porte le nom, dans le domaine
des semiconducteurs, de SOA (Semiconductor Optical Amplifier).
Pour réaliser une source, l’idée consiste à prélever l’émission spontanée (amplifiée)
et à l’injecter dans le milieu amplificateur, à l’aide par exemple d’une cavité.
Page 97
CHAPITRE 8. PHOTOÉMETTEURS À SEMICONDUCTEURS
Milieu amplificateur
Miroirs
Fig. 8.4 – Principe d’un laser.
contre-réaction et un filtrage).
Page 98
8.3. LASER À SEMICONDUCTEURS
E F=A B
D C
0 x L
Pour avoir amplification, il faut donc que φ(F ) > φ(A), ce qui aboutit à la condition
suivante :
1 1
g >α+ ln = glim (8.12)
2L R2
Le cas d’égalité porte le nom d’équation de seuil du laser. La courbe de la puissance
P (W)
I (A)
1 2 Is 3 4
optique émise par le laser en fonction du courant (en se plaçant dans le cas d’un laser
pompé électriquement) est donnée par la figure 8.6, dans le cas d’un laser pompé
électriquement. On distingue quatre zones :
– zone 1 : émission spontanée (comme dans une LED). Il n’y a pas d’inversion
de population (g < 0).
Page 99
CHAPITRE 8. PHOTOÉMETTEURS À SEMICONDUCTEURS
Page 100
8.3. LASER À SEMICONDUCTEURS
Ec Ec
EFc Ec
EFc
Ev EFc
EFv Ev Ev
Fig. 8.7 – Structures courantes d’une diode laser. (a) : jonction PN ; (b) : double
hétérostructure (DH) ; (c) : hétérostructure avec puits de potentiel.
D’autres structures existent : le puits peut être très fin (de l’ordre de quelques di-
zaines de nanomètres). Dans ce cas, l’énergie des électrons et des trous est discrétisée :
on a un puits quantique et des états d’énergie discrets apparaissent. Ce type de laser
est plus efficace, mais la modélisation est aussi beaucoup plus complexe. Il ne faut
pourtant pas négliger ces structures puisque c’est le laser le plus courant : chaque
diode laser présente dans les systèmes électroniques courants possède un puits quan-
tique !
Cavité résonnante
Page 101
CHAPITRE 8. PHOTOÉMETTEURS À SEMICONDUCTEURS
Guide optique
La réalisation d’un puits de potentiel a un autre avantage : il permet de réaliser
un guide d’onde optique. Ce confinement des ondes électromagnétiques est important
car il permet d’avoir un faisceau directionnel et moins de pertes par des émissions
latérales. Le confinement du champ électrique est représenté sur la figure 8.8(a) dans
le cas d’un simple puits quantique.
Ce confinement optique peut être amélioré. En effet, la longueur d’onde des photons
Ec
Ev
x x
n n
x x
E(x) E(x)
x x
(a) (b)
Fig. 8.8 – Confinement optique dans une diode laser à un puits quantique (cas (a))
et dans une diode laser munie de deux puits quantiques (cas (b)). La structure des
bandes est représentée sur les figures du haut ; les variations des indices optiques
correspondants sont sur les figures du milieu et la répartition du champ électrique
est donnée sur les figures du bas.
est plus grande que la longueur d’onde des électrons (aux alentours du µm pour
les photons contre 10Å pour les électrons). Un puits de potentiel pour confiner les
électrons est donc trop petit pour le confinement des photons : le guidage ne sera pas
optimal. D’où la réalisation d’un laser à deux puits : un puits pour les porteurs de
charge et un puits pour le guidage optique (figure 8.8). D’autres solutions permettant
un meilleur guidage existent et constituent des variantes technologiques de ces deux
principes.
Page 102
Annexe
Bibliographie
Voici quelques ouvrages incontournables pour aller plus loin ...
103
les bases de la physique des semiconducteurs. Il donne beacoup d’analogies
pour comprendre cette matière. Mais il ne va pas très loin !
Et quelques sites internet bien réalisés ...