TP 1
Écoulement de Poiseuille
On considère l’écoulement laminaire d’un fluide visqueux dans un tube cylindrique vertical (de hauteur H et dont la base est
de rayon R). On suppose l’écoulement stationnaire, incompressible et de viscosité constante. On suppose également que seule
la vitesse verticale n’est pas nulle et que toute variation circonférentielle est exclue (∂/∂θ = 0 : symétrie de l’écoulement).
On négligera l’effet de la gravité.
En notant V la vitesse moyenne, on peut montrer que :
vx (r) = 2V R2 − r2 .
Nous pouvons en déduire les grandeurs suivantes :
• la tension de cisaillement
∂vx
τxr (r) = µ = −4µV r
∂r
• et la force de frottement du tube sur le fluide
Z H
Fx = 2πR τxr (R)dx = 4πV R2 .
0
Pour ce TP, nous considérerons que le fluide est de l’eau (ρ=1000 kg/m3 et µ=0.001 kg/ms) et que les dimensions du tube
sont H=1 m et R=0.1 m. Le cylindre étant une surface de révolution, le domaine complet tridimensionnel peut être ramener
à un simple rectangle de hauteur H et de largeur R. Un calcul axisymétrique sera alors effectuer sur ce rectangle. Comme
beaucoup d’autres logiciels, fluent recquiert l’axe x comme axe de révolution et l’axe y comme second axe.
1.1 Maillage uniforme ∆x=0.01 m
La première étape consiste à effectuer le domaine (rectangle) et à le discrétiser à l’aide d’un maillage uniforme de pas d’espace
∆x=0.01 m. Les éléments de maillages seront donc des quadrans. Pour des géométries simples, les quadrans (ou héxaèdres
en 3D) seront privilégiés pour plusieurs raisons :
• la résolution des équations de la mécanique des fluides est basée sur la méthode des volumes finis qui, contrairement à
la méthode des éléments finis, ne recquiert pas de triangulation du domaine,
x
r
θ
z
1
TP1 Mécanique des Fluides S8 Écoulement de Poiseuille.
Figure 1.1: Domaine maillé avec une pas d’espace uniforme ∆x=0.01 m.
• cette discrétisation est plus simple : la répartition du maillage est mieux gérée et le mailleur est plus rapide,
• la précision d’un calcul évolue dans le même sens que le nombre de faces des éléments de maillage.
Il sera important de différencier les 4 arêtes du domaine en les nommant (à l’aide de sélection nommée dans le GUI).
Les arêtes verticales seront l’entrée (inlet) d’écoulement en amont et la sortie (outlet) en aval. Les arêtes horizontales seront
la condition d’axisymétrie (axi) sur l’axe Ox et une paroi solide (wall).
Votre maillage doit donc ressembler fortement à celui de la figure 1.1.
1.2 Mis en place du setup
1. General
• l’onglet du maillage, Mesh , vous permet d’obtenir des informations sur la taille des éléments, les conditions limites,
...
Le sous-onglet Report Quality sera le plus important. Il vous donne l’orthogonalité minimale (qui doit être le
plus proche de 1 et au moins supérieure à 0.5), la valeur maximale du skewness (qui doit être proche de 0 et au
moins inférieure à 0.5) et la valeur maximale du rapport d’aspect. Nous serons amenés, en mécanique des fluides,
à considérer des valeurs importantes pour cette ce rapport d’aspect : jusqu’à 1000 voire 10000.
• le sous onglet Type dans Solver doit être laissé en Pressure-Based pour un écoulement incompressible.
• le sous onglet 2D Space doit être modifié en Axisymmetric.
2. Models permet de définir les modules nécessaires au calcul : écoulement multiphasique, fluide non isothermal, ...
Le module Viscous vous permet de définir si l’écoulement est non-visqueux, laminaire ou turbulent. Dans ce dernier
cas, on vous propose de choisir parmi plusieurs modèles de turbulence.
3. Materials permet de définir les matériaux considérés. Pour les matériaux fluides, la masse volumique et la viscosité
seront définies. Une base de données importantes vous permettra de définir correctement votre matériau.
4. Cell Zones Conditions permet de définir le domaine de calcul en tant que fluide est plus particulièrement en eau
(Edit...).
5. Boundary Conditions
• l’entrée d’écoulement est de type velocity-inlet pour laquelle vous devez renseigner la vitesse.
• la sortie d’écoulement est de type pressure-outlet pour laquelle vous devez renseigner la pression.
• la paroi solide est de type wall.
• l’axe de symétrie est de type axis
6. Reference Values Choississez de les définir à partir de l’entrée.
7. Solution Methods
• Pressure-Velocity Coupling précise la méthode de couplage entre la pression et la vitesse. Les méthodes
SIMPLE ou SIMPLEC (stationnaire) et PISO (instationnaire) consiste à séparer la résolution des champs de
vitesse et de pression. La méthode Coupled consiste à résoudre les champs de vitesse et de pression en une seule
fois. Cette dernière méthode entraîne des systèmes d’équations à résoudre plus lourd mais permet notamment
d’atteindre l’état stationnaire plus rapidement.
• Gradient méthode pour déterminer le gradient des variables. Il est recommandé d’utiliser Green-Gauss Node Based
pour les maillages triangulaires ou tétraèdriques et Least Squares Cell Based pour les maillages rectangulaires ou
héxaèdriques.
Page 2/4
TP1 Mécanique des Fluides S8 Écoulement de Poiseuille.
Figure 1.2: Gauche : vitesse axiale tracée sur le segment d’équation z=0 et x=0.25 x=0.5 et x=0.75. Droite : contrainte
pariétale tracée sur le segment d’équation y=0.1 et z=0.
• Pressure choix du schéma de discrétisation pour la pression. Le choix Standard peut être effectué pour des
configurations simples (incompressible, isothermal, ...). Le schéma Presto! calcule la pression aux faces des
éléments plutôt que de la discrétiser. Il est par conséquent particulièrement recommandé pour les écoulements
impliquant des gradients de pression importants. Linear est à privilégier en cas de difficultés de convergence.
Enfin, Second order est dédié aux écoulements compressibles.
• Momentum choix du schéma de discrétisation pour la vitesse. First Order Upwind est le plus robuste. Il permet
donc au calcul de converger facilement mais entraîne une précision faible. Second Order Upwind est plus précis et
sera en général privilégié.
8. Solution Controls cet onglet permet de spécifier les facteurs de sous-relaxation. Si l’on connaît la solution v à l’itéré
n, le nouvel itéré n + 1 est corrigé par v n+1 = αv n+1 + (1 − α)v n où α est le facteur de sous-relaxation. Ceci permet
de gagner en stabilité. Les valeurs de 0.3 pour la pression et 0.7 pour la vitesse sont celles par défaut. On pourra les
réduire en cas de difficultés pour atteindre la convergence.
9. Monitors Il est ici important d’éditer le critère de convergence ε valant par défaut 10−3 . Ce critère est atteint lorsque
|vin+1 − vin | < ε ∀ i = 1, ..., N où N est le nombre d’élément du maillage. Si 10−3 est un critère que l’on peut qualifier
de satisfaisant, un critère de 10−6 est préférer dans les études académiques. Toutefois, à l’échelle du TP on se focalisera
également sur le nombre d’itérations maximales (fixé plus tard) pour que les calculs ne soient pas trop longs.
10. Solution Initialization la méthode Hybrid Initialization est conseillée. Elle initialise les vatiables en effectuant un
calcul d’écoulement potentiel rapide et basé sur des hypothèses fortes (stationaire, incompressible, non-visqueux, ...).
Ne pas oublier de cliquer sur Initialize.
11. Run Calculation après avoir fixé le nombre d’itérations maximales, vous pouvez lancer le calcul. Les courbes de
résidus apparaissent. Ces dernières peuvent montrer des fluctuations sur les toutes premières itérations mais doivent
devenir décroissante monotone ensuite.
La figure 1.2 montre l’évolution de la vitesse axiale tracée sur le segment d’équation z=0 et x=0.25 x=0.5 et x=0.75.
Analyser ces résultats.
Page 3/4
TP1 Mécanique des Fluides S8 Écoulement de Poiseuille.
Pour aller plus loin :
1. Déterminer les longueurs nécessaires pour obtenir un écoulement développé en laminaire et
en turbulent
2. Effectuer une copie du projet dans workbench et reprendre l'étape du maillage en insérant un
dimensionnement d'arêtes sur l'entrée et la sortie
3. Comparer les profils de vitesse laminaire et turbulent (Par exemple, en exportantces profils
sur une ligne verticale en format csv et en post-traitant avec Excel).
Pour une bonne comparaison, adimensionner la vitesse par la vitesse moyenne débitante.
. La valeur de a est donc celle du premier élément qui
Cette suite doit vérifier :
n−1
X rn − 1
ari = l → a = l.
0
r−1
On doit donc avoir :
r−1
a=l .
rn − 1
En pratique, la valeur de la taille de la première maille a sera imposée. Si nous choississons d’imposer également la raison
r, on obtient le nombre de divisions à imposer :
l
n = ln (r − 1) + 1 /ln(r).
a
Page 4/4