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Nouveau Guide TBC

Ce guide technique fournit des informations détaillées sur le programme national de lutte contre la tuberculose au Cameroun, y compris les stratégies, l'organisation et les activités de dépistage et de traitement. Il aborde également les spécificités liées à la tuberculose chez les femmes enceintes et les enfants, ainsi que l'intégration des soins pour les personnes vivant avec le VIH. Enfin, le document inclut des algorithmes pratiques pour le diagnostic et la prise en charge des patients tuberculeux.

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Nouveau Guide TBC

Ce guide technique fournit des informations détaillées sur le programme national de lutte contre la tuberculose au Cameroun, y compris les stratégies, l'organisation et les activités de dépistage et de traitement. Il aborde également les spécificités liées à la tuberculose chez les femmes enceintes et les enfants, ainsi que l'intégration des soins pour les personnes vivant avec le VIH. Enfin, le document inclut des algorithmes pratiques pour le diagnostic et la prise en charge des patients tuberculeux.

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GUIDE TECHNIQUE POUR LES

PERSONNELS DE SANTE

0
SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LE PROGRAMME……………………………………….. 9

1.1.. SITUATION DE LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE AU CAMEROUN ( la révision


sera faite par le PNLT)………………………………………………………………………………...9

1.2 OBJECTIFS DU PROGRAMME………………………………………………………………….9

1.3 STRATEGIES……………………………………………………………………………………..10

1.4 ACTIVITES………………………………………………………………………………………..12

CHAPITRE 2 : ORGANISATION DU PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA


TUBERCULOSE........................................................................................................................14

2.1 LE NIVEAU CENTRAL…………………………………………………………………………..14

2.2 LE NIVEAU REGIONAL………………………………………………………………………....16

2.3 LE NIVEAU OPERATIONNEL…………………………………………………………………..17

CHAPITRE 3: GENERALITES SUR LA TUBERCULOSE………………………………………….20

3.1 QUEL EST L’AGENT RESPONSABLE?...........................................................................20

3.2 COMMENT SE FAIT LA TRANSMISSION DE L’INFECTION ?.......................................20

3.3. QUE SE PASSE-T-IL LORSQU`UN SUJET INHALE LES BACILLES TUBERCULEUX?20

3.4. COMMENT SE DEVELOPPE LA TUBERCULOSE MALADIE?......................................20

3.5 QUELLES SONT LES DIFFERENTES FORMES CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE-

MALADIE ?.........................................................................................................................21

3.5.1 Tuberculose pulmonaire………………………………………………………………..21

3.5.2 Tuberculose extra-pulmonaire…………………………………………………………21

CHAPITRE 4 : DEPISTAGE ET DIAGNOSTIC………………………………………………….22

4.1. QUI DOIT SUBIR UN DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ?.........................................22

4.2. QUI EST PRIORITAIRE POUR LE DEPISTAGE?...........................................................22

4.3. QUAND SUSPECTER LA TUBERCULOSE ? …………………………………………….22

4.4. COMMENT REALISER LE DIAGNOSTIC (DEPISTAGE) BACTERIOLOGIQUE?..........23

4.5 QUEL EST L’INTERET DES AUTRES EXAMENS DANS LE DIAGNOSTIC DE LA

TUBERCULOSE ?.............................................................................................................24

4.6. COMMENT CLASSER LES MALADES TUBERCULEUX ?.............................................24


1
- ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE PAR
LA BACILLOSCOPIE SANS RADIO DE THORAX……………………………………….26
- ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE PAR
LA BACILLOSCOPIE EN CONTEXTE DE RADIO DE THORAX…………………….....27
- ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR TB-LAMP…………...28
- ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR XPERT MTB/RIF…..29
- ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TB PAR XPERT MTB-RIF EN CONTEXTE
DU VIH………………………………………………………………………………………..30

CHAPITRE 5: LA TUBERCULOSE ET GROSSESSE…………………………………………….31

5.1 QUELS SONT LES RISQUES ASSOCIES A LA GROSSESSE ?.....................................31

5.2 COMMENT DIAGNOSTIQUER LA TUBERCULOSE CHEZ LA FEMME ENCEINTE ?..27

5.3 QUELS MEDICAMENTS UTILISER CHEZ LA FEMME ENCEINTE ?..............................31

5.4 QUELLE EST LA CONDUITE A TENIR DEVANT UNE FEMME ENCEINTE VIH

POSITIVE ATTEINTE PAR LA TUBERCULOSE ? ………………………………………..32

5.5 LES FEMMES ENCEINTES VIH POSITIVES SONT-ELLES ELIGIBLES POUR LE

TRAITEMENT PREVENTIF DE LA TUBERCULOSE PAR L’ISONIAZIDE (TPI) ?..........32

5.6 PRISE EN CHARGE D’UN NOURRISSON NE D’UNE MERE ATTEINTE DE

TUBERCULOSE…………………………………………………………………………………..32

- ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE D’UN NOUVEAU-NE DONT LA MERE EST


ATTEINTE DE TUBERCULOSE………………………………………………………….35

CHAPITRE 6 : LA TUBERCULOSE DE L’ENFANT ………………………………………….36

INTRODUCTION……………………………………………………………………………………..36

6.1 RAPPEL DES ASPECTS CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE DE L'ENFANT………….36

6.1.1. La primo-infection latente……………………………………………………………36

6.1.2. La tuberculose maladie………………………………………………………………36

6.2. QUELS SONT LES ENFANTS QUI DOIVENT SYSTEMATIQUEMENT SUBIR UN

DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE?.............................................................................39

6.3. POURQUOI LE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE EST-IL DIFFICILE CHEZ

L’ENFANT?.....................................................................................................................39

2
6.4. COMMENT PROCEDER AU DEPISTAGE ET AU DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE

CHEZ L’ENFANT?...........................................................................................................40

- ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB CHEZ


L’ENFANT………………………………………………………………………………….44
- ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB CHEZ L’ENFANT EN
CONTACT ETROIT AVEC UN CAS DE TB……………………………………………45
- ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR XPERT
MTB/RIF CHEZ L’ENFANT………………………………………………………………46
- ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR XPERT
MTB/RIF CHEZ L’ENFANT EN CONTEXTE DU VIH…………………………………47

CHAPITRE 7. LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE………………………………………48

7.1 QUELS MALADES TRAITER ? ……………………………………………………………....48

7.1.1. Les nouveaux cas…………………………………………………………………….48

7.1.2. Les cas à retraiter…………………………………………………………………….48

7.2 QUELS SONT LES PRINCIPES DU TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX ?.................49

7.3 QUELS MEDICAMENTS UTILISER ?..............................................................................49

7.4 QUEL SCHEMA THERAPEUTIQUE POUR QUEL MALADE ?.......................................49

7.4.1. Schéma thérapeutique pour tous les nouveaux cas………………………………......49

7.4.2 Schéma thérapeutique des cas à retraiter……………………………………………….53

7.5 COMMENT PRENDRE EN CHARGE UN TUBERCULEUX JUSQU’A LA GUERISON ?58

- ALGORITHME POUR LE SUIVI DES NOUVEAUX CAS TPM+………………………51


- ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DES CAS A RETRAITER RIFAMPICINE
SENSIBLE……………………………………………………………………………………56
- ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE POUR MALADE EN REPRISE DU
TRAITEMENT………………………………………………………………………………...57

CHAPITRE 8. INTEGRATION TB ET VIH…………………………………………………………...61

8.1 POURQUOI LA TUBERCULOSE EST-ELLE SI FRÉQUENTE CHEZ LES PERSONNES

VIVANT AVEC LE VIH(PVVIH)?.………………………………………………………………61

8.2. COMMENT LA TUBERCULOSE SE MANIFESTE-ELLE CHEZ LES PVVIH?..................61

8.3. QUELLES SONT LES ACTIVITES CLEFS DE L’INTEGRATION DE TB/ VIH ?...............62

3
8.4. QUELS COMPOSANTS DES SOINS DESTINES AUX PVVIH DOIVENT ETRE DONNES

AUX PATIENTS TUBERCULEUX CO-INFECTES?..........................................................62

8.5. POURQUOI LA PRISE EN CHARGE DES MALADES CO-INFECTES PAR LA TB/VIH

EST-ELLE DIFFICILE?.......................................................................................................63

8.6 TRAITEMENTS ANTIRETROVIRAL ET ANTITUBERCULEUX CHEZ L’ADULTE………..63

8.7 TRAITEMENTS ANTIRETROVIRAL ET ANTITUBERCULEUX CHEZ L’ENFANT………..66

8.8 LE SYNDROMME INFLAMMATOIRE DE RECONSTITUTION IMMUNITAIRE (IRIS)…...67

CHAPITRE 9: PREVENTION DE LA TUBERCULOSE…………………………………………….70

9.1. LA SUPPRESSION DE L’AGENT CAUSAL…………………………………………………..70

9.2. EVICTION DU CONTAGE………………………………………………………………………70

9.3. PROTECTION DES SUJETS SAINS PAR LA VACCINATION BCG………………………70

9.4. LA CHIMIO PROPHYLAXIE ANTITUBERCULEUSE PAR L’ISONIAZIDE OU

TRAITEMENT PREVENTIF PAR L’ISONIAZIDE (IPT)………………………………………73

9.5 SITUATIONS PARTICULIERES………………………………………………………………80

9.6 LA PREVENTION DE L’INFECTION TUBERCULEUSE DANS LES FORMATIONS

SANITAIRES……………………………………………………………………………………81

- ALGORITHME DE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN CHARGE


D’ADULTES ET D’ADOLESCENTS VIH POSITIFS PAR LE TRAITEMENT
PREVENTIF A L’ISONIAZIDE…………………………………………………………….77
- ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN
CHARGE DES ENFANTS CONTACTS DES CAS TPM+ PAR LE TRAITEMENT
PREVENTIF A L’ISONIAZIDE……………………………………………………………..78
- ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN
CHARGE DES ENFANTS AGES DE 12 MOIS ET PLUS VIVANT AVEC LE VIH PAR
LE TRAITEMENT PREVENTIF A L’ISONIAZIDE ……………………………………….79

CHAPITRE 10 : SUPERVISION, MONITORING ET EVALUATION DU PNLT………………86

10.1 GENERALITES…………………………………………………………………………………..86

10.2 LA SUPERVISION……………………………………………………………………………….89

10.2.1. Quel est le but de la supervision du programme par le niveau central ?...........89

4
10.2.2. Quel est le but de la supervision du programme par le niveau régional et au
niveau du district ? ……………………………………………………………………………….89

10.3 L’EVALUATION……………………………………………………………………………...89

10.3.1. En quoi consiste l’évaluation des activités de dépistage et diagnostic des


malades?…………………………………………………………………………………………89

10.3.2. En quoi consiste l’évaluation des activités de prise en charge thérapeutique des
malades ?…………………………………………………………………………………………89

10.3.3. Quelle est la programmation des ateliers d'évaluation et de planification prévue


dans le Plan Stratégique du PNLT? ……………………………………………………………90

ANNEXE 1 : LABORATOIRE DU CENTRE DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE ……...94

ANNEXE 2 :TEST A LA TUBERCULINE……………………………………………………………105

ANNEXE 3: RECUEIL DES EXPECTORATIONS CHEZ L’ADULTE ET LE GRAND


ENFANT………………………………………………………………………………………………...108

ANNEXE 4: RECUEIL DES CRACHATS INDUITS CHEZ L’ADULTE ET LE GRAND


ENFANT………………………………………………………………………………………………...111

ANNEXE 5: RECUEIL DES CRACHATS INDUITS CHEZ LE PETIT ENFANT………………..113

ANNEXE 6: TUBAGE ET LAVAGE GASTRIQUE CHEZ L’ENFANT …………………………...115

ANNEXE 7: RECEUIL DES SECRETIONS NASO-PHARYNGIENNES CHEZ LES


ENFANTS………………………………………………………………………………………………117

ANNEXE 8: ASPIRATION A L’AIGUILLE FINE…………………………………………………....120

ANNEXE 9: LES EFFETS SECONDAIRES DE MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX DE


PREMIERE LIGNE…………………………………………………………………………………….122

- ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DE L’HEPATITE SURVENUE AU COURS DU


TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX……………………………………………………..127

ANNEXE 10: INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES IMPORTANTES DES


ANTITUBERCULEUX DE PREMIERE LIGNE……………………………………………………..128

ANNEXE 11 : ENREGISTREMENT, FICHES ET RAPPORTS…………………………………..132

ANNEXE 12 : GESTION DES MEDICAMENTS, DES CONSOMMABLES ET DES SUPPORTS


DE COLLECTE DE DONNEES………………………………………………………………………139
5
LISTE DES ABBREVIATIONS
AINS : Anti-inflammatoire non stéroïdien
BAAR : Bacille Acido-Alcoolo-Résistant
BCG : Bacille de Calmette-Guérin
BK : Bacille de Koch
FRPS : Fonds Régionaux pour la Promotion de la Santé
CDT : Centre de Diagnostic et de Traitement
CDV Conseil et dépistage volontaire
CENAME : Centrale National d’Achat des Médicaments Essentiels
CNLS : Comité National de Lutte Contre la SIDA
CNLT : Comité National de Lutte Contre la Tuberculose
CPC : Centre Pasteur du Cameroun
CS : Centre de Santé
CSSD : Chef de Service de Santé de District
DLMEP : Direction de Lutte contre la Maladie, Epidémie et Pandémie
DOTS Directly Observed Treatment Short- Course
E : Ethambutol
FOSA : Formation Sanitaire
GTC : Groupe Technique Central
GTR : Groupe Technique Régional
H : Isoniazide
IDR : Intradermo-réaction
IEC : Information, éducation et communication
INNRTs : Non nucleoside reverse transcrTPIase inhibitors
IP : Inhibiteurs de protéase
IRIS : Immune Reconstitution Inflammatory Syndrome
TPB+ : Tuberculose pulmonaire bactériologiquement confirmée
TPI : Isoniazid Preventive Therapy
L’Union : Union Internationale Contre la Tuberculose et les Maladies
Respiratoires
LCR : Liquide céphalo-rachidien
MINSANTE : Ministère de la Santé Publique
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PDV : Perdu de vue
PEV : Programme Elargi de Vaccination
PNLT : Programme National de Lutte contre la Tuberculose
POS : Procédure Opérationnelle Standard
PSN : Plan Stratégique National
R : Rifampicine
RAI : Risque annuel d’infection
S : Streptomycine
SIDA : Syndrome de l’immunodéficience acquise
TB : Tuberculose
TB-MR Tuberculose multirésistante
TB-RR/MR : Tuberculose rifampicine resistante/multirésistante
TDO : Traitement directement observé
TEP : Tuberculose extra-pulmonaire
TPB- : Tuberculose pulmonaire bactériologiquement non confirmée
TPB+ : Tuberculose pulmonaire bactériologiquement confirmée
VIH : Virus de l’immunodéficience humaine
Z : Pyrazinamide

6
LISTE DES TABALEAUX ET FIGURES

Page

Tableau 1 Localisation, signes et symptômes et moyens diagnostic de 37


la TB extra-pulmonaire chez l’enfant

Tableau 2 Posologie des médicaments à utiliser pour tous les 52


nouveaux cas de tuberculose chez l’adulte

Tableau 3 Posologie des médicaments sous forme de combinaisons 52


fixes pédiatriques pour tous les nouveaux cas de
tuberculose chez l’enfant
Tableau 4 Posologie des médicaments sous forme de combinaisons 53
fixes adultes pour tous les nouveaux cas de tuberculose
chez l’enfant
Tableau 5 Posologies des médicaments sous formes séparées pour 53
les nouveaux cas de tuberculose chez l’adulte et l’enfant

Tableau 6 Posologie des médicaments à utiliser pour les cas de 58


tuberculose à retraiter
Tableau 7 Schéma thérapeutique d’ARV de première intention pour le 66
nourrisson et l’enfant

Tableau 8 Schéma thérapeutique d’ARV de deuxième intention pour 66


le nourrisson et l’enfant
Tableau 9 Résultats de l’analyse de cohorte 90

Tableau 10 Expression des résultats de la bacilloscopie 99

Tableau 11 Grille de collecte trimestrielle des statistiques du 100


laboratoire

Tableau 12 Grille de résultats de lecture des lames après contrôle de 102


qualité

Figure 1 Illustration de la survenue de l’IRIS paradoxal 68

Figure 2 Illustration de la survenue de l’IRIS démasqué 68

Figure 3 Direction de l’air dans les chambres d’hospitalisation 82

Figure 4 Direction de l’air dans les bureaux de consultation 82

Figure 5 Circuit simplifié de transmission des données 91

LISTE DES ALGORITHMES


7
Page

ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE 26


PAR LA BACILLOSCOPIE SANS RADIO DE THORAX
ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE 27
PAR LA BACILLOSCOPIE EN CONTEXTE DE RADIO DE THORAX

ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR TB-LAMP 28

ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR XPERT MTB/RIF 29

ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TB PAR XPERT MTB-RIF EN 30


CONTEXTE DU VIH
ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE D’UN NOUVEAU-NE DONT LA MERE 35
EST ATTEINTE DE TUBERCULOSE

ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB CHEZ 44


L’ENFANT
ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB CHEZ 45
L’ENFANT EN CONTACT ETROIT AVEC UN CAS DE TB

ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR 46


XPERT MTB/RIF CHEZ L’ENFANT

ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR 47


XPERT MTB/RIF CHEZ L’ENFANT EN CONTEXTE DU VIH

ALGORITHME POUR LE SUIVI DES NOUVEAUX CAS TPM+ 51

ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DES CAS A RETRAITER RIFAMPICINE 56


SENSIBLE

ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE POUR MALADE EN REPRISE DU 57


TRAITEMENT

ALGORITHME DE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN 77


CHARGE D’ADULTES ET D’ADOLESCENTS VIH POSITIFS PAR LE
TRAITEMENT PREVENTIF A L’ISONIAZIDE
ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN 78
CHARGE DES ENFANTS CONTACTS DES CAS TPM+ PAR LE TRAITEMENT
PREVENTIF A L’ISONIAZIDE
ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN 79
CHARGE DES ENFANTS AGES DE 12 MOIS ET PLUS VIVANT AVEC LE VIH
PAR LE TRAITEMENT PREVENTIF A L’ISONIAZIDE
ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DE L’HEPATITE SURVENUE AU 127
COURS DU TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX

8
CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LE PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA
TUBERCULOSE (PNLT)

1.1. SITUATION DE LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE

La tuberculose est la neuvième cause de décès au plan mondial et la principale cause de décès
due à un agent infectieux unique, devant le VIH/Sida (Rapport TB OMS, 2017).
Au Cameroun, le nombre total de cas de la tuberculose attendu en 2016 était d’environ 48000
soit un taux d’incidence de 203 pour 100 000 (Global TB Report 2017). Pour la même année,
25975 cas de tuberculose toutes formes confondues ont été enregistrés, soit un taux de
notification de 103 cas pour 100 000 habitants. Même si cet écart diminue régulièrement grâce à
une augmentation annuelle de la notification de nombre de cas TB de 1,12% par an depuis 10
ans couplée à une augmentation annuelle de la notification du nombre de cas, le progrès en
termes de notificaion est insuffisant pour atteindre les cibles de 2030 (baisse de 80% par
rapport à 2015 ). Un effort de détection précoce en particulier en direction des populations-clés
et vulnérables est donc nécessaire.
Selon les estimations de l’OMS, le nombre attendu des cas de TB-RR/MR en 2016 était de 760
(2.8% parmi les NC, 13% parmi les cas à retraiter) (Global TB Report 2017). Le programme a
notifié un total de 176 cas de TB-RR/MR. Parmi eux, 136 TB-MR/RR ont été mis au traitement,
soit un taux de mise en traitement des cas TB-MR/RR dépistés de 77% seulement (136/176).
Un effort est donc nécessaire pour atteindre les cibles du PSN de 100% de mise en traitement
des cas TB-MR/RR dépistés et 90% de test Xpert parmi les cas déjà traités vs 75% en 2016.
Le problème de la tuberculose demeure aggravé par l’infection à virus de l’immunodéficience
humaine (VIH). En effet la tuberculose est l’affection opportuniste la plus fréquente au cours de
l’évolution de l’infection à VIH en Afrique. Au Cameroun, le taux moyen de prévalence de
l’infection à VIH dans la population générale est estimé à 3,4% (CAMPHIA, 2018). En 2017,
95% des cas de TB notifiés ont bénéficiés d’un test de VIH et en moyenne 32% étaient VIH
positifs avec un maximum (48%) dans la Région du Nord-Ouest et un minimum (13%) dans la
Région de l’Extrême-Nord ; d’où la pertinence de poursuivre l’intensification des activités
intégrées de détection et de prise en charge de la co-infection TB/VIH. La notification de la
tuberculose chez les enfants est restée insuffisante jusqu’ici par rapport aux estimations de
l’OMS (6 à 12%). Toutefois, elle est restée constante à 5,5% les trois dernières années (2015 à
2017) sur l’ensemble des cas notifiés.
Les résultats du traitement pour la cohorte des cas diagnostiqués en 2015 montrent un taux de
succès thérapeutique de 86% pour les cas TB pulmonaire bactriologiquement confirmés et de
83% pour les cas cliniquement diagnostiqués permettant d’envisager l’atteinte des objectifs du
PSN. Cette amélioration récente necessite le maintien des efforts entrepris et de l’implication
communautaire. Le taux de décès pour les cas cliniquement diagnostiqués (10%) est supérieur
au taux de décès chez les formes pulmonaires avec confirmation bactériologique (6%). Ceci est
certainement lié au taux de prévalence du VIH qui est plus faible chez les cas TB pulmonaire
avec confirmation bactériologique (27%) par rapport à la prévalence du VIH de 34% chez
l’ensemble des cas TB.
Dans le souci d’intensifier le dépistage de la tuberculose dans la population générale et en
particulier chez les enfants et d’étendre le diagnostic par les tests moléculaires de la maladie, la
révision du guide devient une nécessité pour harmoniser la prise en charge de la tuberculose
sur le territoire national.

1.2. OBJECTIFS DU PROGRAMME

9
La mission du PNLT est d’éliminer la tuberculose comme problème de santé publique au
Cameroun.

But :
Réduire de 50% l’incidence et 75% la mortalité de la tuberculose au Cameroun d’ici 2025 par
rapport à 2015.

Objectifs spécifiques

1. Intensifier le dépistage de la tuberculose, en particulier parmi les populations vulnérables


et/ou à risque, et améliorer le taux de succès thérapeutique de 80% en 2012 à 87% en
2019.
2. Augmenter à 95% le dépistage du VIH chez les tuberculeux, à 80% la mise sous ARV
des malades coinfectés, à 85% le dépistage de la tuberculose multirésistante parmi les
populations cibles et à 95% la mise sous traitement des malades TBMR dépistés.
3. Protéger les personnes vivant avec le VIH par un traitement préventif à l’isoniazide. (en
collaboration avec le CNLS) ;
4. Protéger au moins 80 % des enfants nés chaque année par la vaccination BCG, objectif
fixé dans le cadre du Programme Elargi de Vaccination (en collaboration avec le PEV).

1.3. STRATEGIES

Les stratégies de mise en œuvre du PNLT sont :

- Le dépistage et diagnostic des cas de TB


- Le traitement correct des malades ;
- La prévention de la maladie ;
- La participation communautaire ;
- La formation des personnels de santé ;
- Plaidoyer, communication et mobilisation sociale ;
- La surveillance épidémiologique ;
- Dépistage et prise en charge systématique du VIH chez le patient tuberculeux et de la
tuberculose chez le patient VIH (activités conjointes TB/VIH) ;
- La détection précoce et la prise en charge de la TB-MR.

1.3.1. Le dépistage de la TB
L’objectif prioritaire du dépistage est d’identifier les tuberculeux pulmonaires qui sont les seuls
capables de transmettre l’infection. Le PNLT utilise le dépistage passif et actif des malades
symptomatiques par l’examen microscopique des crachats (bacilloscopie) et les tests
moléculaires (TB LAMP, Gene Xpert MTB/RIF). La confirmation bactériologique se fait dans les
Centres de Diagnostic et de Traitement (CDT) de la Tuberculose le plus proche.

Un effort particulier est fait pour détecter activement la TB dans les groupes à risque, tels que
les PVVIH, les contacts des cas de TB, les patients internés dans les FOSA, les réfugiés, les
enfants de moins de cinq ans et les détenus correctionnels.

10
Par ailleurs, le programme doit dépister le VIH chez tous les cas de TB. De plus le PNLT assure
l’examen Gene-Xpert pour le diagnostic précoce de la résistance à la Rifampicine chez tous les
cas de retraitement.

1.3.2. Le traitement
Les nouveaux cas de tuberculose sont traités par un régime thérapeutique standardisé d’une
durée de 6 (six) mois. Les rechutes, les reprises du traitement et les échecs bénéficient d’un
régime de retraitement standardisé d’une durée de 6 (six) mois. Les malades TB-MR sont
traités dans des services spécialisés avec un schéma de 2ème ligne de courte durée (9 à 11
mois).

Le suivi
Les médicaments sont disponibles et dispensés gratuitement dans les CDT. Le traitement est
administré sous TDO ou en appliquant un suivi régulier permettant d’identifier rapidement les
irréguliers. Des contrôles sont réalisés périodiquement afin de suivre l’évolution du patient.

1.3.3. La prévention
Les mesures de prévention préconisées par le PNLT sont :

- Le dépistage et la guérison des cas TPB+. C’est la meilleure méthode de prévention contre
la maladie ;
- La vaccination par le BCG des enfants dès la naissance dans le cadre du PEV. Les enfants
nés de mères infectées par le VIH doivent également bénéficier de la vaccination BCG tant
qu’ils ne sont pas connus pour être séropositifs ;
- Le traitement préventif par l’isoniazide (chimio prophylaxie) des sujets contacts n’est
recommandée par le PNLT que pour certains groupes cibles à savoir : les nourrissons, les
enfants de moins de 5 ans et les personnes vivant avec le VIH chez qui la maladie active de
la TB a été exclue ;
- La prévention de l’infection nosocomiale (Voir mesures de contrôle de l’infection chapitre 9).

1.3.4. La participation communautaire

Les communautés à travers les OBC et les ASC, doivent prendre une part active dans la lutte
contre la tuberculose par : Détection et orientation des cas présomptifs / suspects ; Recherche
des irréguliers et Sensibilisation…

1.3.5. La formation

Le PNLT assure la formation des personnels aux différents niveaux du système de santé. Cette
formation est basée sur la gestion du programme (supervision, monitoring, etc.) et la prise en
charge des cas (dépistage, traitement, etc.).

1.3.6. Le plaidoyer, la communication et la mobilisation sociale

Les stratégies ACSM développées par le programme ont pour but de :


- Amener les populations à adopter les comportements favorables à la réduction de la
mortalité liée à la TB ;
- Informer les populations de la curabilité de l’affection ;
- Organiser des campagnes d’information pour un dépistage précoce ;

11
- Promouvoir l’adhésion au traitement TB jusqu’à la guérison ;
- Suggérer aux sujets contacts qui présentent des signes évocateurs de TB une consultation
médicale ;
- Suggérer aux malades bacillifères de faire consulter leurs enfants contacts de moins de 5
ans en vue de prévenir la maladie chez eux par la chimioprophylaxie.

1.3.7. La surveillance épidémiologique

Un système de surveillance épidémiologique intégré au système national d’information sanitaire


est en cours de mise en place. Ce système est complété par les rapports spécifiques propres
au PNLT à savoir :

- La déclaration trimestrielle des cas dépistés selon la forme de la tuberculose ;


- L’analyse trimestrielle du devenir des malades 9 à 11 mois après le début de leur
traitement ;
- Le rapport trimestriel de laboratoire ;
- Le rapport annuel des activités.

1.3.8. Le dépistage et la prise en charge systématique du VIH chez les patients TB et la


TB chez les patients VIH (coinfection TB/VIH)
L'interaction du VIH et de la tuberculose est bidirectionnelle car M. tuberculosis accroît la
réplication du VIH in vitro et la tuberculose évolutive accélère l'évolution de l'infection à VIH
chez les patients tuberculeux coinfectés par le VIH.

Les activités de la co-infection TB/VIH doivent être menées de façon intégrée pour une prise en
charge globale des malades.

1.3.9. La détection précoce et la prise en charge de la TB MR


Tous les patients en retraitement doivent bénéficier du test Xpert ; de même pour certains
groupes spécifiques tels que les contacts TBMR, les détenus… ((Algorithme Xpert)

1.4. ACTIVITES

Pour atteindre ses objectifs, le programme met en œuvre les principales activités suivantes :

- Assurer la réhabilitation des salles des laboratoires et d’hospitalisation pour qu’ils répondent
aux normes techniques ;
- Assurer la maintenance des équipements de laboratoire pour le diagnostic de la TB ;
- Assurer l’approvisionnement des laboratoires en intrants ;
- Assurer l’approvisionnement des formations sanitaires impliquées en équipement
nécessaire ;
- Assurer l’approvisionnement des formations sanitaires en médicaments antituberculeux à
travers le système national d’approvisionnement en médicaments et dispositifs médicaux
essentiels ;
- Assurer l’accréditation des laboratoires de références ;
- Assurer l’implication effective de la communauté ;
- Assurer la former le personnel de tous les niveaux en fonction des besoins :
 Techniciens de laboratoire polyvalents (techniques de laboratoire, contrôle de qualité de
la bacilloscopie, etc.) ;
12
 Personnel médical et infirmiers (dépistage, diagnostic, prise en charge correcte des cas,
tenue des fiches et des registres, déclarations etc.) ;
 Personnel superviseur (gestion du programme).
- Assurer la supervision et le monitoring des activités à tous les niveaux ;
- Assurer la mise en œuvre des travaux de recherche opérationnelle ;
- Assurer l’évaluation du programme.

13
CHAPITRE 2 : ORGANISATION DE LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE

La lutte contre la Tuberculose est organisée à tous les niveaux de la pyramide sanitaire :
Central, Régional et Opérationnel.

2.1. AU NIVEAU CENTRAL

2.1.1. Le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE)

Le MINSANTE est responsable de l’organisation et de la mise en œuvre des activités de lutte


contre la tuberculose au Cameroun.
Le décret N°2013/093 du 03 avril 2013 portant organisation du MINSANTE dit dans son Article
47 alinéa-1 que la Direction de Lutte contre la Maladie, Epidémie et Pandémie (DLMEP) est
chargé de l’élaboration des programmes, des stratégies de prévention et de lutte contre les
Maladies transmissibles en occurrence la Tuberculose en liaison avec tous les services
spécialisés, organismes, Comités techniques et programmes relevant du domaine de la
tuberculose.
La DLMEP comprend en son sein, une Sous-Direction en charge de la lutte intégrée VIH/Sida-
ISTT qui a un service spécifique de lutte contre la tuberculose dédié :
 A l'organisation des programmes et plan d'action de lutte contre la tuberculose ;
 Au suivi des activités de prise en charge des personnes atteintes par la tuberculose
dans les formations sanitaires ainsi que les structures techniques spécialisées et
décentralisées ;
 Au suivi de la disponibilité des médicaments et des dispositifs médicaux contre la
tuberculose, ainsi qU'à leur accessibilité ;
 Au suivi de la prise en charge psychosociale des personnes atteintes par la tuberculose,
en lien avec les administrations et organismes concernés.

La mise en œuvre de ces missions est faite en collaboration étroite avec le PNLT.

2.1.2. Le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT)

Le PNLT est créée par la Décision N°0335 MSP/CAB du 29 juillet 2002 portant réorganisation
de la lutte contre la tuberculose au Cameroun.

[Link]. Le Comité National de Lutte contre la Tuberculose (CNLT)

Celui-ci est placé auprès du Ministre qui en assure la présidence. Ses membres sont désignés
et officialisés par décision ministérielle et proviennent des différents ministères mais aussi des
partenaires du MINSANTE à savoir les bailleurs de fonds, les organismes non
gouvernementaux, les organisations confessionnelles et le secteur privé.

Le CNLT a pour mission la définition des grandes orientations et des objectifs généraux de lutte
contre la tuberculose ainsi que la mobilisation des ressources nécessaires. A ce titre, le CNLT
est notamment chargé de :

14
- Elaborer et mettre en œuvre la politique nationale de lutte contre la tuberculose ;
- Coordonner, harmoniser et veiller à la cohérence de l’ensemble des interventions
des différents partenaires ;
- Adopter les plans d’action annuels de lutte et les budgets y afférents ;
- Mobiliser les ressources nécessaires aux activités de lutte contre la tuberculose ;
- Coordonner et suivre la mise en œuvre des activités des différents volets du
PNLT ;
- Suivre la réalisation des plans d’action et des objectifs ;
- Evaluer la mise en œuvre des activités du PNLT.

[Link]. Le Comité Scientifique Consultatif

Il est chargé de:


- Analyser toutes les questions scientifiques relatives à la lutte contre la tuberculose ;
- Appuyer les plans et programmes de recherche ainsi que la conduite des études relatives à
la tuberculose ;
- Valider les résultats de recherches menées dans le cadre de la tuberculose ;
- Donner au PNLT des évidences scientifiques pour les changements dans la conduite de la
lutte contre la tuberculose.

[Link]. Le Groupe Technique Central

Le Groupe Technique Central (GTC) est l’organe exécutif du CNLT. A ce titre, il assure en
relation avec la Direction en charge de la Lutte contre la Maladie, Epidémie et Pandémie :

- La coordination et la gestion du PNLT sur l’ensemble du territoire national en


collaboration avec les administrations ainsi que les partenaires nationaux, bi-
latéraux et internationaux concernés ;
- L’appui gestionnaire et technique aux partenaires privés et publics, ainsi qu’aux
services extérieurs du MINSANTE impliqués dans la lutte contre la tuberculose ;
- La coordination de la politique de communication en matière de lutte contre la
tuberculose ;
- L’appui à d’autres structures partenaires (gouvernementales et non-
gouvernementales) dans l’élaboration et l’exécution des stratégies de
communication appropriées ;
- La coordination des activités de surveillance épidémiologique et comportementale ;
Il est en outre chargé de :
- Préparer le plan d’action annuel budgétisé des activités de lutte contre la
tuberculose suivant les orientations définies par le Comité National de lutte contre
la Tuberculose à qui il le présente pour adoption ;
- Assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du plan stratégique national de
lutte contre la tuberculose ;
- Assurer la gestion des fonds mis à la disposition du PNLT par l’Etat, les partenaires
nationaux et internationaux et leur disponibilité au niveau des structures
d’exécution du programme conformément aux règles et procédures d’utilisation
mises en place ;
- Assurer la gestion du personnel mis à la disposition du Programme ;
- Instruire tout dossier qui lui est confié par le CNLT ;
- Rendre semestriellement compte au CNLT de toutes ses activités ;
- Tenir la comptabilité de ces opérations.

Le GTC du CNLT, dirigé par un Secrétaire Permanent, comprend six sections à savoir :
15
- La section prise en charge des cas, formation et recherche ;
- La section Communication, Information, Mobilisation Sociale et partenariat ;
- La section administrative et financière ;
- La section surveillance, suivi et évaluation ;
- La section passation des marchés.

[Link]. Le Laboratoire National de Référence

Il est localisé au Centre Pasteur du Cameroun et officie en étroite collaboration avec le GTC-TB
du CNLT. Il a un rôle :

- Coordonner toutes les activités du réseau de laboratoire;


- Développer des algorithmes de diagnostic bactériologiques de la TB et veiller à leur respect
au niveau national ;
- Surveiller la prévalence des résistances aux antituberculeux qui sont les indicateurs de
l’efficacité du programme ;
- Assurer la formation continue des laborantins ;
- Mettre à la disposition du PNLT les spécificités techniques du matériel et des
consommables de laboratoire à acquérir,
- Développer des systèmes d’assurance de qualité pour les tests de diagnostic (Microscopie,
TB-LAMP, Gene Xpert) ;
- Développer la recherche opérationnelle ;
- Réaliser les études de Surveillance au niveau national
- Assurer les examens de Microscopie, Culture, Antibiogramme, Techniques Moléculaires
(GeneXpert, Hain, TB LAMP)
- Assurer l’implémentation des nouveaux outils de diagnostic
Le Laboratoire National de Référence s’appuie pour la réalisation de ses tâches sur les trois
laboratoires régionaux de référence de la TB (Douala, Bamenda, Garoua).

[Link]. Le service de pneumo-phtisiologie de l’Hôpital Jamot

Il constitue le 3ème niveau de référence en matière de lutte contre la tuberculose. Il a pour rôle :

- La prise en charge correcte des cas compliqués ;


- La participation à la recherche scientifique et opérationnelle ;
- La formation et recyclage des personnels médicaux et paramédicaux à la prise en
charge correcte des cas de tuberculose.

2.2. AU NIVEAU REGIONAL


Sous la coordination du Délégué Régional de la Santé Publique, le Groupe Technique
Régional de Lutte contre la Tuberculose (GTR-TB) a pour mission d’organiser, de coordonner,
de suivre et d’évaluer la mise en œuvre de la lutte contre la tuberculose au niveau régional. A
ce titre, il est chargé de :

- Appuyer les Districts de Santé dans la préparation, la mise en œuvre et l’évaluation


des plans d’action annuels budgétisés ;
- Préparer le plan d’action régional de lutte contre la tuberculose à partir des plans
d’action des Districts de Santé ;
- Coordonner l’activité intersectorielle de lutte contre la tuberculose ;
- Gérer les financements alloués à la lutte contre la tuberculose au niveau régional ;
- Organiser des programmes de formation en collaboration avec le niveau central ;

16
- Gérer les stocks de médicaments antituberculeux et le matériel de laboratoire en
collaboration avec les FRPS chargés de l’approvisionnement en médicaments et
dispositifs médicaux et la CENAME au niveau central ;
- Assurer la collecte, la vérification, la synthèse et la transmission des rapports
d’activités de lutte contre la tuberculose au niveau central.

2.2.1. Les Laboratoires Régionaux de référence


Le laboratoire de l’Hôpital régional ou un autre laboratoire habilité par le PNLT en collaboration
avec le laboratoire de référence participe aux tâches de formation et de contrôle de qualité des
techniciens de laboratoire.

Actuellement au nombre de trois (Douala, Garoua, Bamenda) pour des raisons de


fonctionnalité, en plus des activités de microscopie classique, ils réalisent la culture des BK et
les tests de sensibilité.

Par ailleurs, toutes les régions ont chacune deux techniciens de laboratoire chargés
respectivement de la préparation des colorants et du contrôle de qualité de la bacilloscopie. Le
CPC de Yaoundé joue le double rôle de laboratoire national de référence et également de
laboratoire régional de référence pour les régions du Centre, Sud et Est.

2.3. AU NIVEAU OPERATIONNEL

Le district de santé est la base de l’organisation de la lutte antituberculeuse. Toutes les


formations sanitaires participent au dépistage des cas de tuberculose.
La lutte contre la TB au niveau opérationnel doit :
- S’assurer de l’intégration du dépistage de la TB dans le paquet minimum des activités à toutes
les portes d’entrée des formations sanitaires ;
- S’assurer de la disponibilité des procédures opérationnelles standard dans les formations
sanitaires ;
- Mettre sur pied un réseau de diagnostic et de transport d’échantillon de la tuberculose ;
- Coordonner les activités de recherche intensive des cas et des contacts des cas de TPB+ au
sein de la communauté.

Les malades suspects de tuberculose sont adressés au CDT le plus proche où se font le
diagnostic et la mise sous traitement.

Les CDT tiennent le « Registre de la tuberculose » où sont enregistrés tous les malades
diagnostiqués. Ce registre est complété au fur et à mesure des contrôles réguliers effectués par
le malade durant son traitement.

C’est uniquement à partir de ce registre que la déclaration des cas sera réalisée et l’analyse de
cohorte possible. Il permettra d’évaluer les performances du programme et de proposer les
corrections nécessaires.

Le Chef de District de Santé (CDS), a pour mission d’assurer : la collecte, la vérification, la


synthèse et la transmission des rapports d’activités des différentes FOSA (CDT) de son District
de Santé.

17
2.3.1. Tâches du Responsable du CDT (et/ou Directeur de la FOSA)

Il est chargé de :

 Identifier les portes d’entrée pour le diagnostic de la tuberculose au niveau de la formation


sanitaire ;
 S’assurer de la disponibilité des procédures opérationnelles standard (POS) ;
 Identifier et désigner un paramédical sur qui il puisse s'appuyer ;
 Voir tous les cas traités au début et si possible au mois 2/3, 5, 6 ;
 Consulter les malades posant des problèmes diagnostiques et/ou des effets secondaires ;
 Visiter 1 fois par semaine au minimum le service TB pour s’assurer de la permanence des
services et notamment que :
- les bacilloscopies sont demandées et faites ;
- tous les cas positifs sont mis au traitement ;
- les régimes standardisés sont appliqués ;
- le Traitement directement observé (TDO) est fait ;
- le registre de la tuberculose du CDT est à jour.
 Transmettre les rapports d’activités au DS et au GTR-TB ;
 Gérer le stock de médicaments et le matériel ;
 Stimuler les CS pour identifier et référer les cas présentant des signes de suspicion de la
TB ;
 Faciliter la réception aux services de santé des patients orientés / référés par les ASC ou
OBC ;
 Identifier et encadrer les CS qui peuvent faire le TDO.

2.3.2. Tâches de l’infirmier / Responsable en charge de la tuberculose dans le CDT


Il est chargé de :

 Identifier le meilleur lieu de traitement pour les malades ;


 Mettre tous les cas diagnostiqués sous traitement standardisé ;
 Faire le TDO ;
 Communiquer avec les malades et les éduquer pour assurer leur adhérence au
traitement ;
 Assurer l’identification et la recherche active des contacts des cas de TPB+ ;
 Assurer la chimio prophylaxie chez les sujets contacts des TPB+ éligibles ;
 Faire le counseling et le dépistage volontaire du VIH à tous les malades tuberculeux ;
 Faire le counseling sur les méthodes de prévention du VIH ;
 Tenir à jour le registre de la tuberculose et les fiches ;
 Revoir chaque jour les fiches des malades pour identifier les irréguliers et les rechercher
si possible ;
 Faire les rapports trimestriels et annuels ;
 Gérer le stock de médicaments et le matériel.

2.3.3. Tâches de l’Infirmier-Chef / Responsable des FOSA non CDT (CS, CSI, CMA)

Il est chargé :

- Du dépistage clinique des cas de tuberculose sur la base des symptômes


respiratoires durables ;
- De la référence des malades suspects au Centre de Diagnostic et de Traitement
habilité. ;
18
- Du suivi des malades sous traitement qui lui sont confiés ;
- Du suivi des activités des Agents de Santé Communautaire (ASC) ;
- De la recherche des malades irréguliers ou perdus de vue (PDV).

2.3.4. Tâches de l’Agent de Santé Communautaire (ASC)

Les différentes activités sont menées par les ASC en collaboration avec les FOSA. Ces ASC
doivent réaliser les principales activités suivantes :

- Orientation des cas suspects de tuberculose ;


- Identification et recherche des contacts des TPB+ (surtout les enfants contacts de moins
de cinq ans) ;
- Recherche des irréguliers et des PDV ;
- Sensibilisation (éducation/conseil) des malades / familles pour la réussite du traitement
anti TB ;
- Aide pour le transport des échantillons / crachats pour la TBMR ;
- Accompagnement des malades à domicile pour un bon suivi de traitement.

CHAPITRE 3: GENERALITES SUR LA TUBERCULOSE

19
3.1. QUEL EST L’AGENT RESPONSABLE ?

La tuberculose est une maladie infectieuse et contagieuse causée presque toujours par
Mycobacterium tuberculosis ou bacille de Koch (BK).

Mycobacterium africanum, une variante de M. tuberculosis a été retrouvée dans 10 % des


cas à Yaoundé et dans la Région de l’Ouest selon les résultats des enquêtes réalisées
respectivement en 1995 et 1998.

L’infection causée par Mycobacterium bovis, transmise par l’ingestion de lait frais non bouilli,
est exceptionnelle.

3.2. COMMENT SE FAIT LA TRANSMISSION DE L’INFECTION ?

La tuberculose se transmet par voie aérienne à partir d’un malade souffrant de tuberculose
pulmonaire. La contamination se fait par l’intermédiaire de gouttelettes chargées de bacilles
tuberculeux provenant des poumons du malade. Ces fines gouttelettes sont produites lorsque le
malade éternue, tousse, parle ou rit. Elles sèchent rapidement et peuvent rester en suspension
dans l’air pendant plusieurs heures. Ces particules inhalées par un sujet sain peuvent atteindre
les alvéoles pulmonaires et provoquer l’infection tuberculeuse.

D’autres modes de transmission du bacille tuberculeux, tels que le contact manuel avec des
objets contaminés ou l’introduction accidentelle du bacille à travers la peau, sont très rares et
sans importance épidémiologique.

Le véritable réservoir du bacille tuberculeux est le malade tuberculeux pulmonaire à


microscopie positive (TPM+). Le dépistage et le traitement de ce type de malade constituent la
base du programme. Les malades tuberculeux pulmonaires à microscopie négative (TPM-) ne
transmettent que rarement la tuberculose ; les malades atteints de tuberculose extra-
pulmonaire (TEP) ne sont pas contagieux.

3.3. QUE SE PASSE-T-IL LORSQU`UN SUJET INHALE LES BACILLES TUBERCULEUX ?

Lorsque les BK sont inhalés, ils peuvent atteindre les alvéoles des poumons et entrainer
l’infection pulmonaire.

Le premier contact d`un individu avec le bacille tuberculeux constitue la primo-infection


tuberculeuse. Le système immunitaire de l`individu infecté peut contenir ces bacilles
tuberculeux infectants et la seule manifestation de l`infection sera le virage de la réaction
tuberculinique (IDR à la tuberculine). Dans ce cas, on dit que la primo-infection est latente car la
personne infectée est asymptomatique (90% des cas). L`infection peut aussi devenir patente,
c`est à dire accompagnée de signes cliniques et/ou radiologiques (10% des cas).

3.4. COMMENT SE DEVELOPPE LA TUBERCULOSE MALADIE?

La tuberculose maladie traduit la rupture de l`équilibre biologique dans lequel vivait


jusqu`alors l`individu avec son infection; c`est à dire l`infection latente progresse vers la
maladie.

Cette situation arrive lorsqu`il y a une importante exposition répétée aux bacilles tuberculeux
ou un faible système immunitaire qui peut survenir dans les circonstances suivantes :

20
 L`infection au VIH
 L`abus d`alcool
 La malnutrition
 Les personnes âgées
 Les enfants de moins de 5 ans d’âge
 Les maladies chroniques immunosuppressives telles le cancer et le diabète sucré
 Les médicaments immunosuppresseurs tels que les corticoïdes et la
chimiothérapie
 Le tabagisme

Dans ces situations le système immunitaire n`est plus capable de contenir les bacilles
tuberculeux et la maladie tuberculeuse devient active (évolutive). Chez certaines personnes
l`infection peut progresser directement vers la maladie sans période intermédiaire de l`infection
latente. Les bacilles se multiplient et entrainent des dommages (lésions) au niveau des
poumons ou d`autres parties du corps. Ainsi l`individu développe les symptômes tels que la
toux, la fièvre, les sueurs nocturnes et l`amaigrissement.

3.5 QUELLES SONT LES DIFFERENTES FORMES CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE-


MALADIE ?

On distingue deux formes cliniques de tuberculose-maladie : la tuberculose pulmonaire (TP),


c’est la forme la plus fréquente de la maladie (plus de 80% des cas) et la tuberculose extra-
pulmonaire (TEP).

3.5.1 Tuberculose pulmonaire

La tuberculose pulmonaire de l’adulte est souvent à microscopie positive (TPB+) et, par
conséquent, hautement contagieuse. Les cas de tuberculose pulmonaire dont les crachats sont
positifs seulement à la culture sont 7 à 10 fois moins contagieux que ceux qui sont positifs à
l’examen microscopique des crachats.

3.5.2 Tuberculose extra-pulmonaire

La tuberculose peut en effet toucher n’importe quel organe et se répandre dans tout le corps.
Elle atteint des organes aussi divers que les ganglions lymphatiques, les os et les articulations,
le tractus génito-urinaire, le système nerveux (méninges), le système digestif (intestin) etc. Le
diagnostic est généralement difficile et doit habituellement être fait par un médecin. Elle n’est
pas contagieuse.

CHAPITRE 4 : DEPISTAGE ET DIAGNOSTIC

L’objectif prioritaire du dépistage est d’identifier les tuberculeux pulmonaires à microscopie


positive (TPM+) qui sont actuellement les plus nombreux et les principales sources de
transmission de la maladie.
21
4.1. QUI DOIT SUBIR UN DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ?

Toute personne qui se présente dans une formation sanitaire pour quelque raison que ce
soit y compris pour des raisons non liées à la mauvaise santé (par exemple : service de
planning familial, de consultation prénatale, cliniques de diabétologie, du VIH etc.) devrait subir
un dépistage de la tuberculose.

On doit saisir toute opportunité pour demander aux malades s’ils ne présentent pas
les symptômes de la tuberculose lors de chaque visite dans la formation sanitaire. Ceci est
important pour:

 La détection précoce de la maladie


 La séparation des patients présentant des symptômes de tuberculose d`autres
patients pour améliorer le contrôle de l`infection tuberculeuse.

4.2. QUI EST PRIORITAIRE POUR LE DEPISTAGE?

 Les enfants de moins de 5ans


 Les enfants malnutris
 Les personnes âgées
 Les personnes vivant avec le VIH
 Les sujets ayant été ou qui sont en contact avec les malades tuberculeux
 Les sujets diabétiques
 Les malades sous corticothérapie de plus de 4 semaines
 Les malades sous chimiothérapie
 Les groupes à haut risque comme les détenus des services correctionnels

4.3. QUAND SUSPECTER LA TUBERCULOSE ?

On suspectera la tuberculose devant un malade présentant une toux persistant de deux


semaines ou plus accompagnée ou non d’expectoration (crachat).

Cette toux peut s’accompagner d’une hémoptysie (crachat avec le sang), de douleurs
thoraciques, de difficultés respiratoires et de symptômes généraux tels que la perte de poids et
d’appétit, les sueurs nocturnes, la fatigue et la fièvre.

Chez les PVVIH, la présence d’un seul des signes mentionnés ci-dessus et surtout la toux quel
que soit sa durée doit déjà faire suspecter une tuberculose.

On pourra suspecter également la tuberculose devant un malade présentant une radiographie


pulmonaire avec des signes évocateurs de tuberculose.

On suspectera la tuberculose chez un enfant contact d’un malade TPM+ qui présente un
mauvais état général, mauvaise prise de poids, malnutrition, des signes pulmonaires ou encore
une diminution d’activité.

4.4. COMMENT REALISER LE DIAGNOSTIC (DEPISTAGE) BACTERIOLOGIQUE?

Tout malade présentant les symptômes de TB doit subir un examen pour le diagnostic
bactériologique.

22
4.4.1 DIAGNOSTIC PAR LA BACILLOSCOPIE (algorithmes pages 26 et 27)

La bacilloscopie est l’examen essentiel. Il s’agit d’examiner au microscope un frottis du


crachat du malade coloré par la méthode de Ziehl-Neelsen ou à l`auramine.

L’excrétion de BK étant intermittente, il est préconisé de réaliser 2 bacilloscopies


consécutives selon le schéma suivant:

- Sur place et le lendemain matin : premier crachat recueil immédiatement lors de la


consultation en présence de l’agent de Santé (Crachat 1). Le malade repart avec un crachoir
neuf et ramène un deuxième crachat recueilli le lendemain matin au réveil (Crachat 2)

Un seul résultat de frottis positif suffit pour établir qu’un patient présente une tuberculose à frottis
positif et commencer un traitement. Si le premier échantillon recueilli sur place est positif et si le
patient ne revient pas pour la seconde visite, on doit immédiatement le rechercher et le mettre
sous traitement afin de prévenir l’aggravation de son état et la dissémination des bacilles dans la
communauté.

Il est essentiel de bien expliquer au malade la technique de production des crachats qui doit se
faire au cours d’un effort de toux succédant à une inspiration profonde. Un crachat salivaire n’a
pas d’intérêt (Annexe 3).

4.4.2. DIAGNOSTIC PAR LA TECHNIQUE DE TB-LAMP (algorithme page 28)

La technique moléculaire TB-LAMP (Loop-mediated isothermal amplification) est un


test qualitatif de PCR iso thermique (à une température constante) qui détecte les
mycobactéries du complexe M. tuberculosis à partir des échantillons de crachats des
patients présentant des symptômes évocateurs de la tuberculose. Son utilisation par le
PNLT est préconisée comme test de diagnostic de la TB pulmonaire chez l’adulte et le
grand enfant.
NB : Ce test est utilisé comme test initial pour le diagnostic de la TB dans les CDT dotés de
l’équipement. Cependant les CDT qui n’en disposent pas peuvent l’utiliser comme test de
première intention pour les patients dont la microscopie est négative mais qui présentent une
forte suspicion de la TB. A cet effet, ils devront acheminer leurs échantillons vers le CDT à TB
Lamp le plus proche. Tout échantillon TB Lamp positif devra subir un examen microscopique

4.4.3. DIAGNOSTIC PAR Xpert MTB/RIF (algorithmes pages 29 à 30)

C’est un test semi quantitatif de PCR automatisée à base de cartouches qui est utilisée sur la
plateforme GeneXpert. Il détecte les souches du complexe de M. tuberculosis dans les
prélèvements ainsi que leur sensibilité à la rifampicine.

Son utilisation dans le programme est préconisé pour les catégories de malades suivants
présentant des symptômes évocateurs de tuberculose;

 Malades ayant été traités antérieurement pour tuberculose pendant un mois ou plus.
 Les enfants
 Les personnes vivant avec le VIH

23
 Les patients venant des pays voisins à forte prévalence de TB-MR
 Les sujets contacts symptomatiques de malades ayant une tuberculose multi-résistante
ou résistante à la rifampicine.
Il est à noter que outre les crachats, les prélèvements suivants peuvent aussi être testés par
Xpert MTB / RIF pour la recherche de TB.

 Liquide céphalorachidien (LCR)


 Les liquides d’aspiration (liquides gastrique, pleural, péricardique, d’ascite, adénopathie
etc.)
 Le tissu (pleural, ganglionnaire etc.)

4.5. QUEL EST L’INTERET DES AUTRES EXAMENS DANS LE DIAGNOSTIC DE LA


TUBERCULOSE ?

Le diagnostic radiologique de la tuberculose n’est pas sûr car plusieurs autres maladies
pulmonaires présentent la même apparence aux rayons X et la tuberculose pulmonaire peut
prendre de nombreuses formes d’anomalies radiologiques. La radiologie n’apporte pas la
certitude d’une tuberculose cliniquement active. La recherche de BK dans l’expectoration doit
être systématique même devant des images très évocatrices. Les formes pulmonaires à
bacilloscopie négative et à image radiologique suspecte sont rares, de diagnostic difficile et sont
du ressort exclusif du médecin.

D’autres examens systématiques sont inutiles pour préciser le diagnostic de la tuberculose


(vitesse de sédimentation, numération et formule sanguine, bilan hépatique et rénal, IDR).

4.6. COMMENT CLASSER LES MALADES TUBERCULEUX ?

Les malades tuberculeux sont classées en trois catégories;

4.6.1. Les tuberculeux pulmonaires bactériologiquement confirmés (TPB+).

C’est la forme de tuberculose la plus fréquente, la plus aisée à diagnostiquer. Elle est prioritaire
pour le diagnostic et le traitement. Un seul examen microscopique ou PCR (Xpert MTB/RIF, TB-
LAMP) ou une culture positive de crachat est nécessaire pour la confirmation de ce cas.

4.6.2. Les tuberculeux pulmonaires non bactériologiquement confirmés (TPB-).

La tuberculose pulmonaire non bactériologiquement confirmée est rare. Ce diagnostic ne pourra


être retenu que chez un malade présentant des signes cliniques évocateurs de tuberculose
malgré la négativité de 2 examens de crachats à la microscopie ou PCR et après la démarche
suivante:

 10 jours de traitement par antibiotiques non spécifique sans amélioration clinique.


 Persistance de la négativité de 2 examens microscopiques de crachats ou d’un
examen PCR en absence d’autres causes évidentes
 Une radiographie pulmonaire évocatrice de tuberculose.

4.6.3. Les tuberculeux extra-pulmonaires (TEP)


24
Les TEP sont toutes les autres localisations de la tuberculose : tuberculose des ganglions
périphériques, des séreuses, de la peau et de différents viscères, etc.

La symptomatologie dépend de l’organe atteint et le diagnostic qui nécessite le recours aux


examens complémentaires spécifiques doit être fait par un médecin.

En cas d’association tuberculose pulmonaire et extra-pulmonaire, le malade est classé comme


cas de tuberculose pulmonaire.

ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE PAR LA


BACILLOSCOPIE SANS RADIOGRAPHIE DU THORAX

 Tout malade avec des symptômes de TB pulmonaire


 Recueillir deux prélèvements de crachats (un sur place, l’autre le matin au réveil)
 Le recueil de crachats doit se faire sous supervision si possible

25
Coloration et examen microscopique du frottis de crachat pour la recherche de BAAR
ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB PULMONAIRE PAR LA
BACILLOSCOPIE EN CONTEXTE DE RADIOGRAPHIE DU THORAX

 Tout malade avec des symptômes de TB pulmonaire


 Recueillir deux prélèvements de crachats (un sur place, l’autre le matin au réveil)
 Le recueil de crachats doit se faire sous supervision si possible

26
Coloration et examen microscopique du frottis de crachat pour la recherche de BAAR
27
ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR TB-LAMP

 Adultes et grand enfant avec des symptômes de TB pulmonaire


 Recueillir un prélèvement de crachats sur place ou le matin
 Le recueil des crachats doit être fait sous supervision

TB-LAMP Négatif
TB-LAMP positif

Donner un traitement
Nouveau cas Cas à retraiter antibiotique non spécifique
pendant 10 jours

Faire un examen  Faire un examen


microscopique microscopique  Disparition des symptômes  Persistance ou aggravation
Suivre les résultats de la  Prélever un crachat  Aucun autre suivi n’est des symptômes
microscopie et les et envoyer pour nécessaire  Traiter comme TPM- ou
enregistrer dans le l’examen Xpert
 Conseiller de revenir si référer
registre TB et fiche de (suivre l’algorithme
réapparition des symptômes
traitement de diagnostic Xpert)
 Commencer le
Commencer le traitement anti-TB
traitement anti-TB

Nota Bene :

 Ce test est utilisé en première intention pour le diagnostic de la TB pulmonaire dans


les CDTs où cet équipement est présent.

 Les CDTs qui ne sont pas doté de l’équipement peuvent acheminer au CDT le plus
proche doté d’un TB LAMP les échantillons des patients ayant une microscopie
négative mais avec une forte suspicion de TB

28
ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR XPERT MTB/RIF

 Tout malade avec des symptômes de TB


 Recueillir un prélèvement sur place : crachat, liquide de lavage gastrique, aspiration
à l’aiguille fine d’une adénopathie, biopsie pleurale, liquide céphalorachidien
 Le recueil des crachats doit être fait sous supervision

Xpert positif Xpert positif Xpert positif


Rifampicine sensible Sensibilité indéterminée de Rifampicine résistante
Rifampicine

Traiter comme TB sensible Traiter comme TB sensible  Référer à l’unité de TB-MR


aux médicaments aux médicaments  Faire dépistage des sujets
contact
- Si tuberculose pulmonaire - Si tuberculose pulmonaire
- Recueillir un prélèvement - Recueillir un prélèvement de
de crachat pour la crachat pour la microscopie, LPA
microscopie ou culture et antibiogramme

- Suivre les résultats de la - Suivre les résultats du laboratoire


microscopie et les et les enregistrer dans le registre
enregistrer dans le registre TB et fiche du traitement des
TB et fiche de traitement malades

- Si frottis positif,
- Faire le dépistage chez les
- Si TB sensible aux médicaments - Si TB résistant aux médicaments,
sujets-contact
- Continuer le traitement référer à l’unité TB-MR
- Faire le dépistage chez les sujets- - Faire le dépistage chez les sujets-
contact contact

29
ALGORITHME DE DIAGNOSTIC DE LA TB PAR XPERT MTB-RIF EN CONTEXTE DU
VIH

- Tout malade avec symptôme de TB


 Recueillir un prélèvement sur place : crachat, liquide de lavage gastrique,
aspiration à l’aiguille fine d’une adénopathie, biopsie pleurale, liquide
céphalorachidien
 Le recueil de crachats doit être fait sous supervision

Xpert négatif

Considérer le statut VIH du malade

Si VIH positif Si VIH négatif

 Réévaluer cliniquement le malade Traiter avec antibiotiques non spécifiques


 Faire une radio de thorax si possible
 Recueillir un autre prélèvement pour
culture ou LPA et antibiogramme Réévaluer le malade après 10 jours

 Images radiologiques  Images radiologiques Si disparition des Si toujours


évocatrices de la TB non-évocatrices de la TB Si disparition des
symptomes symptomatique
 symptômes
Aucun autre suivi  Penser à d’autres
 Aucunnecessaire
n’est autre suivi diagnostics
Traiter comme TB sensible Traiter avec antibiotiques
 n’est nécessaire
Conseiller de  Référer à un
aux médicaments non spécifiques
 Conseiller
revenir si de spécialiste
Réévaluer après 10 jours
revenir si de
apparition
réapparition
nouveau des des
- Suivre le malade et récupérer les résultats
symptômes
symptomes
de LPA et antibiogramme

Si TB sensible aux médicaments Si TB résistant aux médicaments


 Continuer le traitement  Si malade sous traitement
 Commencer le traitement si pas arrêter le traitement
encore fait  Référer à l’unité de TB-MR
 Faire le dépistage chez les  Faire un dépistage chez sujets-
sujets-contact contact
30
CHAPITRE 5: LA TUBERCULOSE ET GROSSESSE

5.1 Quels sont les effets de la tuberculose sur la grossesse?


- Chez la femme enceinte :
 Avortement
 La tuberculose est une cause majeure de mortalité maternelle surtout chez la
femme enceinte infectée par VIH.
- Chez l’enfant :
 Mort fœtale
 Prématurité
 Faible poids de naissance
 Infection et maladie tuberculeuse soit avant soit après la naissance
 Risque accru de la transmission du VIH au bébé par la mère enceinte VIH
positive.

5.2 Comment diagnostiquer la tuberculose chez la femme enceinte ?

-Se servir de quatre questions pour le dépistage clinique de la tuberculose à toute visite
prénatale à savoir :
 Toussez-vous ?
 Perdez-vous du poids ?
 Transpirez-vous la nuit ?
 Avez-vous de la fièvre ?

-Si l’un de ces symptômes est présent, investiguer pour la tuberculose selon les
algorithmes de diagnostic de la tuberculose (algorithmes pages 26 à 30).

5.3 Quels médicaments utiliser chez la femme enceinte ?

Tous les médicaments de la première ligne sont sans danger (sauf la streptomycine qui
est oto-toxique pour le fœtus).

Note pratique :

1. Rechercher activement la TB chez toute femme enceinte


2. Faire le dépistage systématique du VIH chez toute femme enceinte dont le statut
sérologique est inconnu.

31
5.4 Quelle est la conduite à tenir devant une femme enceinte VIH positive atteinte par la
tuberculose ?

5.4.1. Si la femme enceinte est déjà sous TARV :

-Commencer le traitement antituberculeux dès le diagnostic posé


-Continuer le TARV.
-Si la femme enceinte est sous lopinavir/ritonavir boosté, doubler la dose de ce
dernier
-Arrêter la double dose de lopinavir/ritonavir boosté 2 semaines après la fin du
traitement antituberculeux.

5.4.2. Si la femme enceinte n’est pas encore sous TARV :

- Commencer le traitement antituberculeux

- Commencer le traitement antirétroviral par la trithérapie (TDF+FTC+EFV) environ


deux semaines après le début du traitement antituberculeux

- Conseiller et surveiller la femme enceinte par rapport à la survenue du syndrome


inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS)

5.5. Les femmes enceintes VIH positives sont-elles éligibles pour le traitement préventif
de la tuberculose par l’isoniazide (IPT) ?

- Oui, la grossesse n’est pas une contre-indication à l’IPT.

- L’IPT doit être proposée à toute femme enceinte infectée par le VIH après exclusion
formelle d’une tuberculose active

-Cependant, le TARV est prioritaire et l’IPT doit être débuté dès qu’elle est stable sous
TARV

-La durée de l’IPT est de 6 mois

5.6 Prise en charge d’un nouveau-né/nourrisson né d’une mère atteinte de tuberculose

5.6.1 Pour quels cas de figure doit-on se soucier du nourrisson ?

-Une femme diagnostiquée tuberculeuse dans les deux derniers mois de la grossesse.
-Une femme enceinte qui ne présente pas une bonne réponse clinique au traitement
et/ou une femme pour qui l’examen de frottis de crachat est redevenu positif

32
5.6.2. Comment exclure la tuberculose chez ce nourrisson ? (algorithme page 35)

-Faire un examen clinique y compris l’examen de l’abdomen

-Chercher les signes et symptômes suivants ;

 Fréquence respiratoire ≥60/min ou difficulté à respirer


 Problème d’alimentation ou faible gain pondéral ou cassure de la courbe de
poids
 Distension abdominale, hépatomégalie ou splénomégalie
 Ictère

- Faire l’examen post-natal du placenta à la recherche de calcifications

 Lorsqu’il ya des calcifications placentaires, les prélèvements endométriaux


doivent être obtenus dans les 72 heures de l’accouchement et envoyés au
laboratoire pour la culture de BK et l’examen histologique.

5.6.3 La mère atteinte de tuberculose peut-elle encore allaiter son bébé ?

-Oui
-La mère atteinte d’une tuberculose ne doit pas être séparée de son bébé
-La tuberculose n’est pas non plus une contre-indication à l’allaitement maternel.
Note Pratique : Toute maman y compris celles sous traitement antituberculeux et/ou infectée
par le VIH doit être encouragée à bien prendre son traitement et à allaiter son enfant

5.6.4 Quelles sont les recommandations actuelles concernant l’alimentation des


nourrissons ?

-Les directives de l’OMS recommandent que :


 Toute mère peut allaiter son bébé sans danger.
 Le bébé doit avoir un allaitement maternel exclusif pendant 6 mois quel que soit
le statut VIH suivi par une alimentation complémentaire appropriée.
 Si la mère n’est pas infectée par le VIH, l’allaitement maternel peut être continué
jusqu’à l’âge de 2 ans.

5.6.5. Quelles sont les recommandations de l’alimentation du nourrisson pour les mères
infectées par le VIH ?

- Allaitement maternel exclusif pendant 6 mois.

33
-Introduction de l’alimentation complémentaire après 6mois associée à l’allaitement
maternel jusqu’à l’âge de 12 mois

- La mère doit être sous TARV.

- L’enfant doit être mis sous prophylaxie par Névirapine de manière quotidienne

 Pendant les 6 semaines post natales si la mère est déjà sous TARV depuis plus
de 1 mois
 Pendant les 12 semaines post natales si la mère est sous TARV depuis moins
de 1 mois.

5.6.6 Comment prendre en charge un nouveau-né dont la mère est sous traitement
antituberculeux ?

-La vitamine K doit être administrée comme soin de routine à la naissance surtout si la
mère est sous rifampicine pour éviter un saignement post-natal.

34
ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE D’UN NOUVEAU-NE DONT LA MERE EST ATTEINTE DE

TUBERCULOSE

- Évaluer le bébé pour les symptômes de TB et ne pas faire la vaccination BCG


- Enregistrer dans son carnet de suivi le fait qu’il a eu une exposition à la tuberculose
- Encourager la mère de lui donner exclusivement le lait maternel qu’il soit VIH positif ou non

Exclure une tuberculose évolutive :


- Symptômes cliniques, radio de thorax
- Tubage/Aspiration gastrique

- TB confirmée ou signes - TB exclue


évocateurs de TB

Donner une cure Mère atteinte d’une Mère atteinte d’une


complète de tuberculose contagieuse tuberculose
traitement résistante aux
ou non, sensible aux
antituberculeux médicaments
médicaments

Faire la vaccination BCG 2


semaines après la fin du Donner l’IPT à la dose de
 Surveiller l’enfant de façon
traitement 10mg/kg/jour x 6mois
rapprochée
antituberculeux  Ne pas séparer l’enfant de sa
A la fin du traitement, faire encore mère
le dépistage de TB
Si le dépistage est négatif, faire la
vaccination BCG 2 semaines plus
tard

Si l’enfant se porte bien et Si la maladie tuberculeuse se


est asymptomatique, faire la développe référer l’enfant à
vaccination BCG après la fin l’unité de TB-MR
du traitement de la mère

35
CHAPITRE 6 : LA TUBERCULOSE DE L’ENFANT

INTRODUCTION

Les cas de tuberculose infantile représentent entre 10-20% du total des cas de tuberculose. En
2016, au Cameroun sur les 25975 cas de TB toutes formes confondues, 1426 représentaient
les enfants de 0 à 14 ans soit seulement 5,5% des cas.
La source de transmission à un enfant est en général un adulte (habituellement un membre de
la famille ou de l’entourage) atteint d’une TPM+ (cas index) qui doit être recherché activement.
Les enfants présentent rarement une TPM+ et sont donc rarement contagieux.

Le problème posé par la tuberculose de l’enfant est celui du diagnostic, la preuve


bactériologique faisant souvent défaut. Cependant, les nouveaux outils diagnostiques
recommandés par l’OMS ont amélioré le rendement par rapport aux examens microscopiques
de frottis d’expectorations. Toutefois ces outils présentent aussi des limites car ils ne seront
positifs que dans environ un tiers des enfants avec une TB. La négativité de ces tests n’exclut
pas formellement le diagnostic de la TB chez l’enfant. C’est pour cela qu’en l’absence de
preuve bactériologique (85% des cas de tuberculose de l’enfant), il est nécessaire d’attacher
une attention particulière aux autres critères diagnostiques : notion de contage, signes
cliniques, test cutané tuberculinique et images radiologiques évocatrices.

6.1 RAPPEL DES ASPECTS CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE DE L’ENFANT

6.1.1. La primo-infection latente

Elle est en fait la plus fréquente éventualité (90%). Elle est définie en situation de contage
tuberculeux, par une réaction tuberculinique positive en l’absence de signes cliniques et /ou
radiologiques évocateurs d’une tuberculose.

6.1.2. La tuberculose maladie

Primo-infection patente intra-thoracique


 Elle se manifeste habituellement par des signes banals et non spécifiques qui peuvent
englober la fièvre, la perte de poids, la toux persistante de plus de 2 semaines, les
sueurs nocturnes, les frissons et le fléchissement scolaire ou baisse de l’activité.
 Plus rarement, elle peut être révélée par des manifestations extra-respiratoires pouvant
accompagner l’infection tuberculeuse : érythème noueux et kérato-conjonctivite
phlycténulaire. Exceptionnellement elle peut simuler une fièvre typhoïde (typho-
bacillose) avec fièvre en plateau à 39°- 40°, isolée avec une langue propre en cas de
terrain particulier de malnutrition sévère ou de déficit immunitaire.

Primo-infection patente extra-thoracique


Les manifestations cliniques sont générales et locales (en fonction du site corporel affecté). Il
peut s’agir de :

- Méningites et miliaire tuberculeuses qui mettent en jeu le pronostic vital et se voient


surtout chez le petit enfant ;
- Tuberculose des séreuses : pleurale, péritonéale, péricardique ;

36
- Tuberculose ganglionnaire superficielle ;
- Tuberculose ostéo-articulaire ou osseuse des membres, tuberculose du rachis (mal de
Pott) ;
- Tuberculose génito-urinaire ou rénale et autres localisations (exceptionnelles chez
l ‘enfant).

Le tableau 1 ci-dessous présente un résumé des signes et symptômes ainsi que les moyens
diagnostiques des différentes formes extra-pulmonaires de la tuberculose chez l’enfant.

Tableau 1 : Localisation, signes et symptômes et moyens diagnostic de la TB extra-


pulmonaire chez l’enfant (insérer quelques iconographies)
Localisation Signes et symptômes Diagnostic
Adénopathies superficielles  Grosses adénopathies souvent  Examen microscopique
cervicales évoluant depuis ≥ et culture du liquide
14 jours (sans aucune cause provenant du sinus
évidente de l’adénopathie ex :  Aspiration à l’aiguille
lésion au niveau de la tête) fine pour :
 Absence de réponse au - Xpert MTB/RIF
traitement antibiotique - Microscopie, culture
 Habituellement non- et antibiogramme
douloureuses, fermes et - Cytologie
emmêlées  Biopsie ganglionnaire
 Peuvent devenir fluctuantes
avant de se fistuliser
 Formation de sinus (Scrofule)
Tuberculose ostéo-  La plupart des cas surviennent  Radiographie
articulaire chez le grand enfant  Ponction-aspiration de
 Habituellement affecte une l’articulation pour
seule grosse articulation - Xpert MTB/RIF
 Articulation douloureuse - Microscopie, culture
 Boiterie souvent attribuée à tort et antibiogramme
à un traumatisme  Biopsie synoviale
Tuberculose de la colonne  Peut se présenter de manière  Faire une observation
vertébrale aiguë comme une clinique précise
(50% de toutes les TB compression de la moelle  Radiographie
ostéo-articulaires) épinière avec une faiblesse  Scanner
des membres inférieurs et une  IRM
atteinte neurogène de la  Ponction aspiration de
vessie et des intestins l’abcès froid pour
nécessitant une intervention - Xpert MTB/RIF
en urgence pour sauver la - Microscopie, culture
fonction neurologique et antibiogramme si
possible
 Peut se présenter de façon
chronique par des douleurs au
dos pendant quelques
semaines, une gibbosité avec
déformation de la colonne
vertébrale

Epanchement pleural  Fièvre  Radiographie de thorax


tuberculeux  Douleur thoracique  Echographie pleurale
 Dyspnée surtout si  Ponction pleurale pour :
37
épanchement de grande - Examens
abondance biochimiques
 Diminution de murmure - Xpert MTB/RIF
vésiculaire et une matité - Microscopie, culture
thoracique à la percussion et antibiogramme
 L’enfant peut ne pas être - Biopsie pleurale
gravement malade et pour Xpert
présenter des signes minimes MTB/RIF et pour
examen anatomo
pathologique
Péricardite tuberculeuse  Signes d’insuffisance  Echographie cardiaque
cardiaque globale et signes  Radiographie de thorax
d’une constriction  Ponction-aspiration
péricardique : péricardique
- Turgescence jugulaire (habituellement non
- Pouls paradoxal faite)
- Frottement péricardique
- Assourdissement des bruits
du cœur
Tuberculose abdominale  Péritonite  Echographie
 Malnutrition avec « protein abdominale
losing enteropathy »  Ponction-aspiration
 Distension abdominale avec d’ascite pour :
ascite - Examens
 Occlusion intestinale, biochimiques
obstruction des voies biliaires - Xpert MTB/RIF
et lymphatiques par des - Microscopie, culture
grosses adénopathies intra- et antibiogramme
abdominales
Méningite tuberculeuse - Les enfants ont souvent un  Ponction lombaire
contact avec un malade  L’analyse du LCR
tuberculeux montre
 Maux de tête - Taux de protéines
 Vomissement habituellement et de lymphocytes
tôt le matin élevés
 Irritabilité, somnolence, - Taux de glucose et
convulsions chlorures diminués
 Perte de poids - Examen après
 Douleur au cou et raideur de la coloration de Gram
nuque négatif
 Paralysie des nerfs crâniens - Xpert MTB/RIF peut
 Niveau de conscience altéré être positif
 Début aigu ou subaigu des - Habituellement la
symptômes du SNC microscopie pour
 Nouvelle apparition des signes BAAR est négative
focaux et convulsions - La culture est donc
 Hydrocéphalie se développant nécessaire
comme une complication et se
manifestant par
- Vomissement sans diarrhée
- Maux de tête au réveil
- Irritabilité
- Détérioration du niveau de
38
conscience
 Toujours penser à la méningite
tuberculeuse chez l’enfant
diagnostiqué avec une
méningite bactérienne ou
virale qui ne répond pas au
traitement

Tuberculose miliaire  Fébricule, perte de poids,  Radiographie de thorax


fatigue et malaise montre des opacités
 Toux avec détresse ponctiformes diffuses,
respiratoire uniformément
 Adénopathie distribuées dans les
 Hépato-splénomégalie deux champs
 Tachypnée, cyanose et pulmonaires (aspect de
détresse respiratoire grains de mil)
 Autres signes :  NFS : pancytopénie
 Lésions papulaires sur la  Tests hépatiques
peau anormaux
 Tubercules choroïdiennes  Fond d’œil
au niveau de la rétine  Biopsie cutanée avec
des lésions
tuberculoïdes à
l’histologie
 Culture= isolement de
M. tuberculosis dans le
LCR, la moelle osseuse
et les crachats

6.2. Quels sont les enfants qui doivent systématiquement subir un dépistage de la
tuberculose?

 Les enfants vivant dans la même maison avec une personne atteinte d’une
tuberculose à frottis ou culture positive
 Les enfants présentant les signes et symptômes évocateurs de la tuberculose
 Les enfants présentant une évidence ou preuve de l’infection tuberculeuse latente (test
tuberculinique et quantiféron).
 Les enfants VIH positifs à toutes les consultations cliniques.
 Les enfants de moins de 5 ans d’âge et surtout s’ils sont contact d’un cas index.
 Les enfants présentant une malnutrition sévère
 Les enfants présentant une pneumonie sévère.

NB : Le dépistage de la TB chez l’enfant doit être systématique, intensif et doit se


faire à toutes les portes d’entrée de la formation sanitaire

6.3. Pourquoi le diagnostic de la tuberculose est-il difficile chez l’enfant?

La confirmation bactériologique de la primo-infection patente chez l’enfant n’est souvent pas


possible à cause du fait que;

- La maladie est intra-thoracique mais souvent extra-pulmonaire.


- Le recueil de crachats est difficile
39
- Les lésions cavitaires pulmonaires sont rares.

Le diagnostic de la tuberculose chez l’enfant ne doit donc pas être basé uniquement sur
l’examen microscopique des crachats, car ce test est rarement positif à cause du fait que les
enfants ont souvent une maladie pauci-bacillaire (peu de bacilles).

Malgré cet état de choses, la confirmation bactériologique doit toujours être recherchée. Le
tubage et l’aspiration gastrique ainsi que le prélèvement des crachats induits et le prélèvement
des sécrétions nasopharyngiennes peuvent être effectués chez les enfants symptomatiques qui
ne peuvent pas produire les échantillons de crachats (Annexes 5 à 7). Par ailleurs, les
investigations appropriées doivent être entreprises chez les enfants suspects de présenter une
tuberculose extra-pulmonaire (TEP)

6.4. Comment procéder au dépistage et au diagnostic de la tuberculose chez l’enfant?


(algorithmes pages 44 à 47)

6.4.1. Dépistage

Il faut prendre une histoire clinique détaillée en cherchant si :

- L’enfant a été dans l’entourage d’un malade tuberculeux

Le cas source ou index est souvent un adulte ou un adolescent ayant un contact étroit avec
l’enfant, soit dans le foyer familial, soit des personnes ayant des contacts réguliers avec
l’enfant récemment diagnostiquées tuberculeux, ou présentant des symptômes évocateurs
de la tuberculose.

Il est par ailleurs important de s’enquérir si le cas source ou index présente une tuberculose
résistante ou ne répondant pas bien aux médicaments, ceci est d’autant plus important car
la notion de tuberculose résistante aux médicaments peut avoir des implications pour le
traitement de l’enfant.

- L’enfant présente des symptômes évocateurs de la tuberculose:

Les symptômes sont souvent non spécifiques et peuvent être similaires à ceux d’autres
maladies, notamment ceux qu’on rencontre dans l’infection à VIH.

Les symptômes les plus fréquents sont:

 Une toux ou un sifflement persistant dans la poitrine durant de plus de deux


semaines, et ne répondant pas à l’antibiothérapie.
 Une perte de poids ou ralentissement de la croissance.
 Une fièvre persistante de plus de deux semaines.
 Une asthénie (fatigue) ou une baisse de l’activité (jeux, scolaire)
- Si l’enfant présente des signes évocateurs suivants
 Le ralentissement de la croissance
 La gibbosité (évocatrice de Mal de Pott)
 Les adénopathies cervicales non douloureuses
 La méningite ne répondant pas à l’antibiothérapie
 L’épanchement pleural
 L’épanchement péricardique
40
 La distension abdominale avec ascite
 Les adénopathies non douloureuses et sans formation de fistule
 Les grosses articulations non douloureuses
 Les signes d’hypersensibilité au test tuberculinique
 Autre signes non spécifiques: sueurs nocturnes, essoufflement, œdèmes
périphériques, douleurs articulaires et aux membres.

Nota Bene: Bien qu’« une toux chronique »’ soit un indicateur important de la tuberculose
pulmonaire chez l’enfant, 40% des enfants présentant un épisode de tuberculose pulmonaire
confirmée par la culture, présentent une toux d’une durée de moins de 10 jours.

6.4.2. Le diagnostic

[Link]. L’intradermoréaction à la tuberculine (IDR):

L’IDR à la tuberculine constitue le seul critère diagnostique de l’infection tuberculeuse de


l’enfant. Ce test doit donc être réalisé et mesuré par une personne bien entraînée à cet effet. La
pratique de celui-ci doit être rigoureuse et l’interprétation des résultats doit se faire en fonction
de la vaccination par le BCG. Le résultat doit être lu après 48- 72 heures en mesurant le
diamètre de l’induration et non celui de l’érythème (Annexe 2).

a) Quels sont les critères d’une IDR positive?

Statut immunitaire VIH positif, Malnutrition, Autre enfants (y compris


Maladie sévère ceux avec BCG)
Diamètre d’induration 5 mm ou plus 10 mm ou plus

b) Que faire si l’IDR à la tuberculine est positive?

 Si l’enfant a moins de 5 ans d’âge, ou est infecté par le VIH (quel que soit l’âge)
- Faire un dépistage de la tuberculose et traiter si TB détectée
 Si la tuberculose maladie (primo-infection patente) est éliminée, l’enfant doit être mis sous
chimioprophylaxie à l’INH. Ceci doit être donné s’il y a notion de contage–TB connu ou
non.

c) Que faire si l’IDR à la tuberculine est négative?

- Un test négatif ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a pas une infection tuberculeuse

- Rechercher les situations pour lesquelles les résultats de l’IDR peuvent être faussement
négatifs. Il peut s’agir de :

- La malnutrition sévère
- L’infection à VIH
- La tuberculose disséminée ex: la miliaire et la méningite tuberculeuse
- Le malade sous traitement immunosuppresseur ex: corticothérapie à forte dose
- Les infections virales graves ex: la rougeole ou la coqueluche
- Les cancers ou malades sous chimiothérapie anticancéreuse

[Link]. La radiographie thoracique


41
a) La radiographie du thorax est-elle utile dans le diagnostic de la tuberculose chez
l’enfant?

Elle peut être une investigation utile puisque les enfants avec une primo-infection patente intra-
thoracique ont souvent des anomalies radiologiques évocatrices. Toutefois les clichés doivent
être de bonne qualité et la lecture faite par un personnel expérimenté.

b) Quelles sont les anomalies fréquentes observées sur les clichés de radiographies
thoraciques?

 La manifestation la plus fréquente est la présence d’adénopathie hilaire et/ou para-


trachéale unilatérale
 Parfois on peut observer une opacité persistante dans le poumon (chancre
d’inoculation) avec son adénopathie hilaire et/ou para-trachéale satellite (complexe
primaire).
 Les grosses adénopathies peuvent comprimer et obstruer les voies aériennes
(bronches) et entrainer
- Une obstruction complète résultant à une atélectasie lobaire (collapsus lobaire)
- Une obstruction partielle résultant à une hyperinflation (emphysème)
segmentaire ou lobaire.
 Une tuberculose pulmonaire commune excavée ou non qui peut être retrouvée à tout
âge même chez le nourrisson et qui revêt les mêmes images que celles de la
tuberculose pulmonaire de l’adulte
 Une miliaire aiguë tuberculeuse plus fréquente chez l’enfant de moins de 5 ans, parfois
associée à une méningite.
 Un épanchement pleural unilatéral isolé ou associé à une atteinte médiastinale
(adénopathie; péricardite) ou pulmonaire

Nota Bene: Chez les enfants VIH positifs, ces signes peuvent être dus à d’autres conditions;
par exemple la pneumonie interstitielle lymphoïde rendant ainsi l’interprétation radiologique
difficile.

[Link] La confirmation bactériologique

Contrairement aux adultes où l’examen au microscope des frottis d’expectoration est en


pratique le test clef pour la confirmation de la tuberculose, chez l’enfant ce test est peu rentable.
La tuberculose de l’enfant est une maladie générale pouvant apparaitre dans n’importe quelle
partie du corps. En outre les enfants de moins de 10 ans atteints de tuberculose intra-
thoracique rejettent rarement leurs expectorations ; en général, ils les avalent.

a) Comment obtenir une confirmation bactériologique de la tuberculose chez


l’enfant?
 Les prélèvements des sites suspectés d’une atteinte doivent être obtenus et
soumis à l’examen par Xpert MTB/RIF ou mis en culture afin de confirmer le
diagnostic.
 Les échantillons appropriés comprennent les crachats obtenus par expectoration
ou par induction; aspirations naso-pharyngées, le liquide d’aspiration gastrique,
l’aspiration fine à l’aiguille ou biopsies par exemple des adénopathies (Annexes
3 à 8).
42
 La tuberculose de l’enfant est habituellement pauci-bacillaire (peu de bacilles) et
la collecte des échantillons adéquats est difficile.

b) Quand la confirmation bactériologique est-elle importante?

La confirmation bactériologique est particulièrement importante dans les circonstances


suivantes:

 Suspicion de la résistance aux médicaments


 Cas graves ou compliqués
 Si le diagnostic est incertain

L’antibiogramme des souches isolées doit être réalisé si l’on suspecte la résistance aux
médicaments (par exemple si le cas source ou index a une tuberculose résistante aux
médicaments) et si l’enfant ne répond pas bien au traitement.

Note pratique: Signes évocateurs de la tuberculose infantile

En cas de suspicion de la tuberculose infantile, rechercher les deux indices importants suivants:

i) Identification du contaminateur
ii) Croissance insuffisante pour l’âge (ralentissement de la croissance) ou perte de
poids.

La tuberculose est moins possible en l’absence de ces deux éléments

ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB CHEZ L’ENFANT

Rechercher une Exposition documentée à la TB :


Contact étroit avec un adulte, adolescent ou l’enfant ayant eu une tuberculose
pulmonaire à frottis ou culture positif dans les 12 derniers mois

Y a-t-il des signes et symptômes courants de TB? 43


Toux depuis 2 semaines ou plus, respiration sifflante, fièvre, léthargie, fatigue,
perte de poids ou cassure de la courbe de croissance, masse visible dans le cou
ALGORITHME DE DEPISTAGE ET DE DIAGNOSTIC DE LA TB CHEZ
L’ENFANT EN CONTACT ETROIT AVEC UN CAS DE TB

Exposition à la TB documentée
Contact étroit avec un cas, ayant ou ayant eu une tuberculose bactériologiquement prouvée dans les 12
derniers mois

Y-a-t-il des signes et/ou symptômes de la maladie?


Toux depuis deux semaines ou plus, respiration siffllante, fièvre, léthargie, fatigue, perte de poids,44
malnutrition, retard de croissance
ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR XPERT
MTB/RIF CHEZ L’ENFANT
Tout enfant avec symptômes de TB
- Recueillir un prélèvement (crachat, crachat induit, liquide d’aspiration gastrique, aspiration
nasopharyngée, aspiration à l’aiguille fine d’une adénopathie, biopsie pleurale, liquide
céphalorachidien)

Xpert positif Xpert positif Xpert positif 45


Rifampicine sensible Sensibilité indéterminée à Rifampicine résistante
la Rifampicine
Traiter comme TB sensible
Référer à l’unité de
ALGORITHME DE DIAGNOSTIC ET DE PRISE EN CHARGE DE LA TB PAR XPERT MTB/RIF CHEZ
L’ENFANT EN CONTEXTE DU VIH

- Tout enfant avec symptômes de TB


 Recueillir un prélèvement sur place (crachat, crachat induit, liquide d’aspiration
naso-pharyngée, liquide de lavage gastrique, aspiration à l’aiguille fine d’une
adénopathie, biopsie pleurale, liquide céphalorachidien etc….)

46
Xpert négatif
CHAPITRE 7. LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

7.1 QUELS MALADES TRAITER ?

Les malades à traiter pour la tuberculose sont définis en fonction de :

- Leur statut bactériologique;


- La localisation de la maladie: pulmonaire ou extra-pulmonaire ;
- Les antécédents thérapeutiques du malade : jamais traité ou déjà traité pour la
tuberculose.
47
Ces malades sont classés en nouveaux cas ou en cas à retraiter.

7.1.1. Les nouveaux cas

Il s’agit de malades n’ayant jamais été traités auparavant par des médicaments antituberculeux
(ou traités pendant moins d’un mois). Ils se répartissent de la manière suivante :

- Tuberculose pulmonaire bactériologiquement confirmée par microscopie, tests


moléculaires (Xpert TB Lamp) et/ou la culture ;
- Tuberculose pulmonaire non bactériologiquement confirmée;
- Tuberculose extra-pulmonaire (TEP).

7.1.2. Les cas à retraiter

On distingue trois groupes qui doivent tous être rifampicine sensibles :

Les rechutes
Ce sont les malades qui présentent actuellement une tuberculose pulmonaire
bactériologiquement confirmée, mais qui ont déjà été traités dans le passé pour une
tuberculose active (bactériologiquement confirmée ou non) et qui avaient été déclarés «guéris»
ou « traitement terminé » après une chimiothérapie antituberculeuse complète.

Les échecs
Ce sont les malades en cours de traitement qui présentent des examens bacilloscopiques
positifs lors du contrôle bactériologique du 5ème mois ou plus tard au cours du traitement.

La reprise du traitement
Ce sont les malades qui ont pris un traitement antituberculeux pendant un mois ou plus et qui,
ayant interrompu ce traitement depuis au moins deux mois, se présentent avec des symptômes
de la tuberculose pulmonaire et des examens de crachats positifs.
Ceux qui ont un examen de crachat négatif lorsqu’ils reviennent doivent aller jusqu’au bout de la
durée du traitement qui leur avait été prescrit au départ.

7.2 QUELS SONT LES PRINCIPES DU TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX ?

Les principes de la chimiothérapie antituberculeuse sont les suivants :

- Les antituberculeux sont toujours prescrits en association: un antituberculeux n’est jamais


prescrit seul (monothérapie) car il deviendrait rapidement inefficace du fait de l’apparition
d’une résistance par sélection de mutants résistants ;
- Les régimes thérapeutiques sont standardisés, c’est à dire que les associations
d’antituberculeux employés sont toujours les mêmes ; cette standardisation du traitement
facilite aussi la gestion des médicaments et leur prescription ;

48
- Les régimes thérapeutiques comportent toujours 2 phases: une phase initiale intensive de 2
ou 3 mois et une phase de continuation de 3 ou 4 mois ;
- Les régimes thérapeutiques doivent être supervisés ;
- Le traitement doit être pris de façon régulière jusqu'à son terme. Il faut encourager le malade
par des conseils réguliers pour obtenir une bonne observance ;
- Le malade doit être surveillé sur le plan bactériologique au cours de son traitement ;
- Dans la majorité des cas, il n’est pas nécessaire d’hospitaliser le malade et c’est préférable
de le traiter en ambulatoire. Cependant l’hospitalisation peut être envisagée pendant la phase
intensive pour les patients qui ne peuvent pas recevoir sur une base ambulatoire les
médicaments de façon directement observée, ou en cas de forme grave ou de complication.

7.3 QUELS MEDICAMENTS UTILISER ?


Les principaux médicaments utilisés dans le traitement de la tuberculose par le programme sont
l’isoniazide (H), la rifampicine (R), le pyrazinamide (Z), et l’éthambutol (E).

Pour éviter les monothérapies génératrices de résistance acquise, le programme recommande


l’emploi des formes combinées des médicaments : {RHEZ}, {RHZ},{RH}.

7.4 QUEL SCHEMA THERAPEUTIQUE POUR QUEL MALADE ?

Le programme préconise 2 schémas thérapeutiques :

- Un schéma pour tous les nouveaux cas de tuberculose quelle que soit la forme ;
- Un schéma pour les malades à retraiter.

7.4.1. Schéma thérapeutique pour tous les nouveaux cas


2 {RHEZ}/ 4 {RH}

Ce schéma comprend 2 mois de la combinaison rifampicine-isoniazide - éthambutol -


pyrazinamide prise quotidiennement suivis de 4 mois de la combinaison rifampicine-isoniazide
prise quotidiennement (soit au total 6 mois de traitement continu).

a) Modalités d’exécution de ce schéma thérapeutique pour les Nouveaux cas de


TPM+ (algorithme page 51)
 Phase intensive initiale :

 Prise quotidienne (une seule prise par jour le matin à jeun, au moins une heure avant de
manger) sous la supervision stricte du personnel soignant des médicaments suivants :
rifampicine-isoniazide - éthambutol - pyrazinamide {RHEZ};
 Durée : 2 mois en ambulatoire (en hospitalisation si l’état clinique est grave ou si
impossibilité de supervision en ambulatoire) ;
 A la fin du deuxième mois, refaire un seul examen de crachat.

 Phase de continuation :
1. Si l’examen de crachat du 2ème mois est négatif : donner en prise quotidienne la
combinaison rifampicine-isoniazide {RH} pendant les 3 mois suivants en ambulatoire, si
possible sous supervision directe du personnel soignant.
2. Si l’examen de crachat du 2ème mois est positif, évaluer cliniquement le patient et
adresser un échantillon de crachat au laboratoire pour la recherche de la resistance aux
antituberculeux (LPA, Xpert, culture et antibiogramme). Poursuivre le traitement de la
phase intensive pendant un mois supplémentaire et refaire un frottis de crachat à la fin
du 3ème mois
49
- Vérifier les résultats de la culture et de l’antibiogramme ou LPA
- Si le résultat du frottis est négatif et le BK isolé est sensible, passer à la phase
de continuation en donnant en prise quotidienne de la combinaison rifampicine-
isoniazide {RH} pendant les mois suivants.
- Si le résultat du frottis est négatif mais le BK isolé à la culture montre une
résistance à l’isoniazide (INH), enregistrer le malade comme TB Mono-résistante
à l’INH et continuer le traitement avec {RHEZ} pendant 2 mois.
- Si le résultat du frottis est négatif mais le BK isolé à la culture montre une
résistance à la rifampicine (R) et/ou au RH, arrêter le traitement, enregistrer le
malade comme un cas de TB RR/MR et le référer à l’unité de TB/MR
- Si le résultat du frottis est positif et le BK isolé à la culture montre une résistance
à la rifampicine ou une résistance à la rifampicine et l’isoniazide, arrêter le
traitement, enregistrer le malade comme un cas de Tuberculose Résistante à la
Rifampicine ou une Tuberculose Multi-résistante et le référer à l’unité de TB-MR.
3. A la fin du cinquième mois, refaire un seul examen de crachat
- Si l’examen de crachat est négatif, poursuivre le traitement jusqu’à son terme (fin
du 6ème mois) et refaire un seul examen de crachat pour confirmer la guérison.
- Si l’examen de crachat est positif, arrêter le traitement, enregistrer le malade
comme Echec Thérapeutique et faire une recherche de resistance aux
antituberculeux (analyse LPA, Xpert, culture et antibiogramme).
- Si le BK est sensible aux antituberculeux, introduire le regime de retraitement,
conseiller et donner un soutien au traitement au malade
- Si le BK est résistant (RR ou TB-MR) référer le malade à l’unité de TB-MR

ALGORITHME POUR LE SUIVI DES NOUVEAUX CAS TPM+

NOUVEAU CAS FROTTIS POSITIF

A la fin du 2e mois du traitement


Faire un examen de crachat

Négatif Positif
50
Passer à la phase de continuation Vérifier la compliance
avec {RH} quotidiennement Évaluer cliniquement le patient
Adresser un échantillon de crachat pour
b) Modalités d’exécution de ce schéma thérapeutique pour les Nouveaux cas TPM- et
TEP
Les malades TPM – et TEP ne doivent pas subir les examens bactériologiques de contrôle de
fin de 2e, 5e et 6e mois. Pour ces malades, à la fin de la phase intensive, il faut passer
directement à la phase de continuation et poursuivre le traitement jusqu’à son terme.
Cependant il ne faudrait pas oublier de faire une surveillance clinique et dans certains cas de
TEP un bilan supplémentaire pour évaluer leur évolution ex : échographie cardiaque dans la
péricardite tuberculeuse.
Les tableaux 2, 3, 4 et 5 présentent les posologies des médicaments à utiliser pour les adultes
et les enfants

51
Tableau 2: Posologie des médicaments à utiliser pour tous les nouveaux cas de
tuberculose chez l’adulte

Phase intensive initiale tous Phase de continuation


les jours, tous les jours,
Mois 1 et 2 mois 3 à 6
Poids {RHEZ} cp {RH} cp
avant traitement (Kg) R: 150mg, H: 75mg R: 150mg, H: 75mg
E : 275mg, Z : 400mg
30 à 39 2 2
40 à 54 3 3
55 à 70 4 4
> 70 5 5

Tableau 3 : Posologie des médicaments sous forme de combinaisons fixes pédiatriques


pour tous les nouveaux cas de tuberculose chez l’enfant

Plage de poids Nombre de comprimés


Phase intensive Phase de
continuation
{RHZ} EMB [RH]
(75/50/150) (100) (75/50)
4-6 kg 1 1 1
7-10 kg 2 2 2
11-14 kg 3 2 3
15-19 kg 4 3 4
20-24 kg 5 4 5

Nota Bene : Une fois que l’enfant a atteint une masse corporelle de 25 kg, il peut être traité en suivant
les posologies recommandées et les préparations utilisées chez l’adulte.

Tableau 4: Posologie des médicaments sous forme de combinaisons fixes adultes pour
tous les nouveaux cas de tuberculose chez l’enfant
Phase Médicament 5-10 kg 11-20 kg 21-30 kg

Intensive RHZE 150/75/400/275 0,5 1 2

Continuation RH 150/75 0,5 1 2

52
Tableau 5 :Posologies des médicaments sous formes séparées pour les nouveaux cas de
tuberculose chez l’adulte et l’enfant

a) Chez l’adulte

Médicament anti-TB Dose en mg/kg Dose maximale en mg


Rifampicine (R) 10 600
Isoniazide (H) 5 300
Pyrazinamide (Z) 25 -
Ethambutol (E) 20 -

b) Chez l’enfant

Médicament anti-TB Doses et plage de doses en Dose maximale en mg


mg/kg
Rifampicine (R) 15 (10-20) 600
Isoniazide (H) 10 (7-15) 300
Pyrazinamide (Z) 35 (30-40) -
Ethambutol (E) 20 (15-25) -

Note pratique :

- La femme enceinte doit être traitée selon le même schéma thérapeutique et le


traitement antituberculeux n’est pas une contre-indication à l’allaitement maternel.
- Pour les cas de TB ostéo-articulaire et méningite TB, la phase de continuation peut être
prolongée à 10 mois pour une durée totale de traitement de 12 mois selon l’évolution du
malade.

7.4.2 Schéma thérapeutique des cas à retraiter

Ce schéma est destiné aux cas à retraiter dont les bacilles tuberculeux sont encore sensibles à
la rifampicine.

Le schéma comprend 6 mois de la combinaison rifampicine-isoniazide-ethambutol-


pyrazinamide prise quotidiennement pour une durée totale de 6 mois : 6{RHEZ}

Modalités d’exécution de ce schéma thérapeutique pour les cas à retraiter rifampicine


sensibles (algorithmes page 56)

Phase intensive:

- Durée : 3 mois en ambulatoire (ou en hospitalisation si l’état clinique du malade est


grave ou si impossibilité de supervision en ambulatoire)
- A la fin du troisième mois refaire un seul examen de crachats

Phase de continuation:

- Si l’examen de crachat est négatif passer à la phase de continuation

53
- Si l’examen de crachat est positif, vérifier la compliance, évaluer le patient cliniquement
et adresser un échantillon de crachat au laboratoire pour culture, antibiogramme ou
LPA.
- Enregistrer le patient comme positif et continuer le traitement avec {RHEZ} en attendant
les résultats du laboratoire.
- Refaire l’examen de crachat à la fin du 4 e mois et récupérer les résultats de la culture,
antibiogramme ou LPA.
- Si l’examen de crachat du 4e mois est négatif et les bacilles sont sensibles, poursuivre le
traitement avec {RHEZ}
- Si l’examen de crachat du 4e mois est négatif et les bacilles sont résistants à l’INH,
poursuivre le traitement avec {RHEZ} et enregistrer le patient comme « mono-résistant
à l’INH »
- Si l’examen de crachat du 4e mois est positif et les bacilles sont résistant à la rifampicine
ou multi-résistant, arrêter le traitement, enregistrer le malade comme TB-RR ou TB-MR
et le référer à l’unité TB-MR

A la fin du 5e mois

- Faire un examen de crachat sur place


- Si l’examen de crachat est négatif, poursuivre le traitement jusqu’à terme
- Si l’examen de crachat est positif, arreter le traitement et enregistrer comme « Echec de
retraitement ».
- Vérifier la compliance, évaluer cliniquement le patient. Faire l’examen de crachat par
culture, antibiogramme ou LPA.
- Si culture positive et BK sensibles aux médicaments recommencer le traitement
- Si culture positive et BK résistant à la rifampicine ou multi-résistant, référer le malade à
l’unité de prise en charge de TB-MR.

A la fin du 6e mois

- Faire un examen de crachat sur place.


- Si l’examen de crachat est négatif, arrêter le traitement et déclarer le malade « guéri » et
l’éduquer sur la prévention de la tuberculose et la qualité de vie saine.
- Si culture positive et BK sensibles aux médicaments recommencer le traitement
- Si culture positive et BK résistant à la rifampicine ou multi-résistant, référer le malade à
l’unité de prise en charge de TB-MR.

Modalités de prise en charge pour les malades en reprise de traitement (algorithmes


page 57)
 Rechercher les raisons de l’interruption du traitement
 Déterminer la durée de l’interruption du traitement

- Si l’interruption du traitement est inférieure à 1 mois


 Continuer le traitement antituberculeux
 Etendre la phase du traitement par le nombre de doses manquées

- Si l’interruption du traitement est de 1 mois ou plus mais inférieure à 2 mois


 Adresser un échantillon de crachat pour examen Xpert
54
 Prendre la décision de conduite à tenir après évaluation des résultats d’Xpert

i. Si l’examen Xpert est négatif


o Continuer le traitement antituberculeux selon les modalités pour les nouveaux
cas.
o Etendre la phase du traitement par le nombre de doses manquées

ii. Si l’examen Xpert est positif et les BK sont sensibles à la rifampicine


o Continuer le traitement antituberculeux selon les modalités pour les nouveaux
cas
o Etendre la phase du traitement par le nombre de doses manquées

iii. Si l’examen Xpert est positif et les BK sont résistant à la rifampicine


o Arrêter le traitement antituberculeux
o Enregistrer le malade comme TB-RR
o Référer le patient à l’unité de TB-MR

- Si l’interruption du traitement est égale ou supérieure à 2 mois


 Adresser un échantillon de crachat pour examen Xpert
 Prendre la décision de conduite à tenir après évaluation des résultats d’Xpert

i. Si l’examen Xpert est positif et les BK sont sensibles à la rifampicine


o Enregistrer comme reprise de traitement
o Traiter avec regime {RHEZ} pendant 6 mois

ii. Si l’examen Xpert est positif et les BK sont résistant à la rifampicine


o Enregistrer le patient comme TB-RR
o Référer le patient à l’unité de TB-MR

ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DES CAS A RETRAITER RIFAMPICINE SENSIBLES

- Cas à retraiter
- Échec, Rechute et
- Reprise du traitement

 A la fin du 3e mois du traitement


 Faire un examen de crachat

55
Examen négatif Examen positif

 Vérifier la compliance
ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE POUR MALADE EN REPRISE DU TRAITEMENT

- Déterminer les raisons de l’interruption du traitement


- Enquérir sur le stress, les effets secondaires
- Éduquer le patient sur les risques de mauvaise adhésion au traitement
- Déterminer la durée de l’interruption du traitement

Interruption Interruption Interruption


< 1 mois 1 à 2 mois ≥ 2 mois
56
 Continuer le traitement
 Adresser 1 échantillon de  Adresser 1 échantillon de
anti-TB
crachat pour examen Xpert crachat pour examen Xpert
 Étendre la phase du
Le tableau 6 présente les posologies des médicaments à utiliser pour les cas de tuberculose à
retraiter

Tableau 6: Posologie des médicaments à utiliser pour les cas de tuberculose à retraiter
Phase intensive initiale Phase de continuation
tous les jours, tous les jours,
mois 1, 2 et 3 mois 4 à 6
Poids {RHEZ} cp {RHEZ} cp
avant traitement R: 150mg, H: 75mg R: 150mg H: 75mg
(Kg) E : 275mg, Z:400mg E: 275mg Z: 400mg

30 à 39 2 2

57
40 à 54 3 3

55 à 70 4 4

> 70 5 5

7.5 COMMENT PRENDRE EN CHARGE UN TUBERCULEUX JUSQU’A LA GUERISON ?

7.5.1 IEC en début de traitement


L’objectif de cette prise en charge est d’obtenir la meilleure observance du traitement (régularité
et assiduité) condition essentielle pour la guérison de la maladie. Pour cela il faut :

- Expliquer la maladie au malade et à son entourage en tenant compte qu’il peut exister
des croyances locales à propos de la tuberculose ;
- Expliquer au malade et à son entourage l’importance d’un traitement complet ;
- Montrer au malade et à son entourage le type de comprimés que le malade doit prendre
et comment les prendre ;
- Informer le malade et son entourage de la possibilité de réactions aux médicaments et la
nécessité de consulter si une réaction apparaît ;
- Donner au malade et à son entourage un dépliant d’informations sur la tuberculose et
son traitement ;
- Indiquer au malade et à son entourage l’organisation locale pour la surveillance du
traitement par exemple, l’admission dans l’hôpital ou des visites quotidiennes au centre
de traitement pendant les deux ou trois premiers mois du traitement ; si le malade
préfère être traité dans un autre centre, remplir le formulaire de référence (formulaire
6bis) et ne pas l’enregistrer ;
- Préciser au malade (et à son entourage) la date et l’endroit de son prochain rendez-vous
pour la collecte de ses médicaments et le contrôle bacilloscopique ;
- Discuter des problèmes personnels du malade (ex. déplacement imprévu en cas de
deuil, travail, mariage…) et lui donner des conseils aimables et cordiaux sur ces
problèmes ;

7.5.2 Enregistrement du malade


- Remplir la carte de traitement antituberculeux et la remettre au malade (voir Formulaire
4) ;
- Etablir la fiche de traitement antituberculeux pour le malade (voir Formulaire 3) ;
- Inscrire le malade dans le registre de suivi des malades (voir Formulaire 2) ;

7.5.3 Suivi du traitement


- Vérifier le nombre de comprimés restants lorsque le malade revient pour un nouvel
approvisionnement en médicaments. Grâce à cela on verra s’il a pris toutes ses doses.
S’il n’a pas pris toutes ses doses, on lui demandera aimablement pourquoi il ne l’a pas
fait. Ceci guidera les conseils adéquats que l’on doit lui donner pour la prise du
traitement complet ;
- Pointer régulièrement la fiche et la carte de traitement au cours du traitement ;
- Porter dans le registre de la tuberculose les résultats de contrôle bacilloscopique.

58
A noter que l’OMS recommande actuellement le TDO pour les programmes nationaux. TDO
signifie « Traitement Directement Observé». Dans cette stratégie, chaque dose de
traitement est supervisée par un professionnel de santé, par d’autres travailleurs entraînés
ou par un bénévole entraîné. L’avantage de cette méthode est que l’on peut être certain que
le patient reçoit chacune des doses dont il a besoin. S’il ne se présente pas dans ce délai,
on peut prendre immédiatement les mesures pour le rappeler.

Pour obtenir une guérison, il est donc particulièrement important que le malade n’interrompe
pas son traitement.

7.5.4. Les actions recommandées en cas d’interruption du traitement :

1. Au cours de la phase intensive de traitement, lorsque chaque dose est surveillée, si


le malade manque plus d’une prise, prenez les mesures pour qu’il complète le
traitement en rattrapant les doses manquées

2. Au cours de la phase de continuation du traitement, lorsque le malade est vu chaque


mois, s’il ne se présente pas à la date prévue prenez les mesures pour le faire
revenir.

Les mesures à prendre pour retrouver ce malade sont:

 Chercher à entrer en contact avec le malade ou sa famille en utilisant les


coordonnées retenues lors de son enregistrement (téléphone et adresse)
 Une visite à domicile pour le persuader de revenir. Cette visite peut être
effectuée par un « visiteur à domicile » spécialement formé ou par un «Agent
Relai Communautaire » ; une infirmière ou un agent de santé est une alternative
à ce visiteur.

7.5.5. Devenir de malades traités

A la fin du traitement, le devenir du malade doit être inscrit dans le registre de la tuberculose
selon les catégories suivantes :

1. Guérison : Patient diagnostiqué TPM+ ayant complété son traitement et dont l'examen
de crachats est négatif au cours du dernier mois de traitement et au moins à une autre
occasion précédente au moins 30 jours avant.

2. Traitement terminé: Patient qui a reçu tout son traitement mais pour lequel on n’a pas
de résultat de son examen de crachat au cours du dernier mois de traitement et au
moins à une autre occasion précédente plus de 30 jours avant. L’examen de crachat
peut ne pas avoir été fait ou les résultats peuvent ne pas être disponibles.

3. Echec Thérapeutique : Patient diagnostiqué TPM+ dont l’examen de crachat reste ou


devient positif encore au 5ème mois ou plus tard au cours du traitement.
Cette définition exclu les patients diagnostiqués avec une tuberculose résistante à la
rifampicine (TB-RR) ou une tuberculose multi-résistante (TB-MR).

4. Décès: Patient qui meurt à n’importe quel moment entre le dépistage et la fin prévue du
traitement, quelle que soit la cause de décès.

59
5. Perdu de vue : Patient dont le traitement a été interrompu pendant 2 mois consécutifs
ou plus durant la période de traitement.

6. Non évalué (Transfert-sortie) : Patient envoyé pour poursuivre son traitement dans un
autre CDT et dont on ne connaît pas le résultat du traitement.

Le malade ne peut être comptabilisé que dans une seule de ces 6 catégories, la première dans
laquelle il a été répertorié (sauf en cas de transfert si le résultat final du traitement est connu).

Note pratique : Le succès du traitement est une combinaison des patients qui ont été guéris et
ceux qui ont terminés le traitement

CHAPITRE 8. INTEGRATION TB ET VIH

La tuberculose est la maladie opportuniste la plus fréquemment observée chez les patients
infectés par le VIH vivant dans des pays à forte prévalence des deux maladies. L'épidémiologie
de l’infection à VIH a des répercussions considérables sur les taux de tuberculose et la lutte
antituberculeuse. A l'échelle mondiale, la tuberculose arrive au premier rang des causes de
décès chez les personnes infectées par le VIH d’où la nécessité de l’intégration des activités de
lutte contre la tuberculose et le VIH.

60
8.1 Pourquoi la tuberculose est-elle si fréquente chez les personnes vivant avec le VIH?

L'effet immunologique du VIH se manifeste surtout sur l'immunité à médiation cellulaire. C’est la
partie du système immunitaire qui joue le rôle le plus important dans la réponse de l'organisme
contre M. tuberculosis. Le déficit immunitaire provoqué par l'infection à VIH diminue la capacité
de l'hôte de contenir l'infection tuberculeuse et de prévenir une nouvelle infection ou une
réinfection par M. tuberculosis. Il modifie également la réaction d'hypersensibilité retardée qui
intervient dans le test cutané tuberculinique.
L'interaction du VIH et de la tuberculose est bidirectionnelle car M. tuberculosis accroît la
réplication du VIH in vitro et la tuberculose évolutive accélère l'évolution de l'infection à VIH
chez les patients tuberculeux coinfectés par le VIH.
La survenue d'une tuberculose évolutive pulmonaire ou extra- pulmonaire chez une personne
VIH positive définit le passage au stade SIDA (classification de CDC) ou au stade III ou IV de
l’OMS.

8.2. Comment la tuberculose se manifeste-elle chez les PVVIH?


La présentation clinique et radiologique de la tuberculose au cours de l'infection à VIH dépend
de l'état de défense immunitaire du sujet au moment du diagnostic.

Quand la tuberculose survient chez un patient avec un taux de lymphocytes CD4 >200/mm3, le
tableau clinique et la radiographie de thorax sont semblables à ceux observés chez les patients
sans infection à VIH. La fréquence des tuberculoses extra pulmonaires n'est pas très élevée.
L'intradermoréaction à la tuberculine est positive dans deux tiers des cas.

Quand la tuberculose survient chez un patient sévèrement immunodéprimé (taux de


lymphocytes CD4<200/mm3), les différences suivantes par rapport aux manifestations
habituelles de la maladie chez les patients non infectés par le VIH peuvent être notées :

 Les localisations extra-pulmonaires, en particulier dans les ganglions lymphatiques sont


plus fréquentes. Il y a fréquemment des adénopathies généralisées, ce qui est rare dans
les autres formes de tuberculose. Mais l'on a également observé que la tuberculose
pleurale, la péricardite tuberculeuse, la méningite tuberculeuse et la tuberculose
survenant à plus d'une localisation sont toutes plus fréquentes chez les personnes
infectées par le VIH que chez les personnes non infectées ;

 La tuberculose miliaire est fréquente ; le bacille tuberculeux peut être isolé par
hémoculture (ce qui ne se produit jamais dans les tuberculoses communes) ;

 A la radiographie thoracique, on peut noter fréquemment de grosses masses


ganglionnaires médiastinales. La maladie atteint souvent le lobe inférieur. Les opacités
peuvent être localisées exclusivement dans le lobe inférieur et relativement peu
étendues. Les excavations sont moins fréquentes. Les épanchements pleuraux et
péricardiques sont plus courants. Enfin les images pulmonaires peuvent se modifier
rapidement. La radiographie peut même être normale ou sub-normale ;

 La tuberculose peut survenir à des sites inhabituels par exemple les tuberculoses
cérébrales, les abcès des parois thoraciques ou d'autres localisations ;

 Malgré des anomalies importantes au cliché thoracique, l'analyse des expectorations à


61
la recherche de BAAR peut être négative ;

 Le test tuberculinique est fréquemment négatif ;

 La fièvre et la perte de poids sont plus courantes dans la tuberculose chez les sujets
séropositifs avec une immunodépression très avancée que chez les séronégatifs pour le
VIH. D'autre part la toux et les hémoptysies sont moins fréquentes.
8.3. Quelles sont les activités clefs de l’intégration TB/ VIH ?

Les activités de l’intégration TB et VIH sont :

- Pour les personnes vivant avec le VIH, réduire le fardeau de la TB par :


 Le dépistage actif de la TB à chaque visite à la formation sanitaire
 Le traitement préventif à l’isoniazide après exclusion de la TB
 Le contrôle de l’infection tuberculeuse
 Le début précoce de TARV
 L’intégration des services de TB et de VIH

 Pour les patients suspects et diagnostiqués tuberculeux, réduire le fardeau du VIH par :
 Le counseling et dépistage initié par l’agent de santé
 Le counseling sur les méthodes de prévention pour les patients VIH négatifs et
positifs
 La prophylaxie par la Cotrimoxazole et le traitement antirétroviral (TARV) pour les
patients tuberculeux VIH positifs
-

8.4. Quels composants des soins destinés aux PVVIH doivent être donnés aux patients
tuberculeux co-infectés?

 Détermination du stade immunologique par la mesure du taux de CD4 (non conditionnel


à l’initiation du TARV)
 Initiation rapide du traitement antirétroviral (TARV)
 Tests de dépistage de la syphilis et des hépatites virales notamment B et C
 Dépistage systématique et prise en charge syndromique des IST à chaque consultation
 Insistance sur l’utilisation effective et systématique des condoms comme moyen
contraceptif (santé de reproduction)
 Prophylaxie par le Cotrimoxazole contre les infections opportunistes
 Evaluation et conseils en soutien nutritionnels
 Evaluation de la condition sociale
- Conditions familiales et soutien familial
- Identification des orphelins et les enfants vulnérables
 Soutien continu par le counseling
- Evaluer comment le patient vit avec son statut VIH
- Discussion sur la divulgation du statut et le soutien disponible pour les patients
- Rassurance et encouragement des patients
 Surveillance de la charge virale selon les directives nationales du CNLS

8.5. Pourquoi la prise en charge des malades co-infectés par la TB/VIH est-elle difficile?

62
Elle est difficile à cause :

 Des interactions des médicaments: la rifampicine interagit avec les INNRT et les IPs
 Du risque accru de toxicité médicamenteuse
 Du fardeau accru des comprimés à prendre avec un impact possible sur l’adhérence au
traitement
 Du syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire de la tuberculose

8.6 TRAITEMENTS ANTIRETROVIRAL ET ANTITUBERCULEUX CHEZ L’ADULTE


8.6.1 Quels malades tuberculeux doivent bénéficier du traitement antirétroviral (TARV)?

Tout malade tuberculeux quel que soit le stade clinique de l’infection à VIH ou du taux
de CD4 doit bénéficier du traitement antirétroviral.

8.6.2 Quels sont les protocoles thérapeutiques de TARV pour les adultes sous
traitement antituberculeux?
Catégorie Protocole recommandé
Adultes
Adolescents >15 ans et > 40kg TDF-FTC (ou 3TC) + EFV
Tous les cas VHB co-infectés
Première
Si EFV contre-indiqué TDF-FTC (ou 3TC) + NVP
ligne
Si EFV et NVP contre-indiqués TDF-FTC (ou 3TC) + LPV/r
Si TDF contre-indiqué Abacavir (ABC) + 3TC+EFV
Si TDF et EFV contre-indiqués ABC+3TC+NVP
Adolescents <15 ans ou < 40kg ABC+3TC+NVP
Echec au traitement de première
Deuxième ligne contenant TDF AZT+3TC+LPV/r
ligne Dyslipidémie ou diarrhée associé au Switcher LPV/r ou ATV/r si
LPV/r disponible
TDF= Tenofovir; FTC= Emtricitabine; EFV= Efavirenz; NVP= Nevirapine; 3TC= Lamivudine;
LPV/r= Lopinavir/ritonvir; ATV/r= Atazanavir/ritonavir ; AZT= Zidovudine

8.6.3 Quels sont les effets secondaires partagés par les médicaments antituberculeux et
antirétroviraux?

Effets
Secondaires Médicaments antirétroviraux Antituberculeux
Nausée et Pyrazinamide (PZA),
vomissement Inhibiteurs de protéase, Zidovudine Ethionamide
Hépatite Névirapine, Efavirenz, Inhibiteurs de protéase Rifampicine, Isoniazide,
(notamment quand la dose est augmenté pour Pyrazinamide

63
surmonter l'induction par la rifampicine)
Effets Isoniazide, Quinolones,
psychiatrique Ethionamide, Terizidone,
s Efavirenz Cycloserine
Toxicité Aminoside, Capreomycine,
rénale Tenofovir Rifampicine
Rifampicine, isoniazide,
Eruption Pyrazinamide, Ethambutol,
Cutanée Nevirapine, Efavirenz Streptomycine

Nota Bene: Le Cotrimoxazole peut également entrainer une éruption cutanée, une hépatite,
une neutropénie et autres effets hématologiques.

8.6.4 Quelles combinaisons des médicaments antituberculeux et antirétroviraux sont


problématiques?

- La rifampicine diminue les taux sériques des inhibiteurs des protéases (IPs) et les inhibiteurs
non- nucléosidiques de la reverse transcriptase (INNRTs). Cette diminution est moindre avec
l’efavirenz, raison pour laquelle, cette dernière est préférée à la nevirapine (NVP) utilisé aux
doses standards.

a. Combinaison NVP et Rifampicine


 Débuter la NVP à 200 mg deux fois par jour
 Exclure la dose de charge

b. Combinaison LPV/r et Rifampicine


 Augmenter la dose de LPV/r de 2 cp toutes les 12 heures à 4 cp toutes les 12 heures
 Arrêter la double dose 2 semaines après la fin du traitement antituberculeux.

c. Combinaison TDF et aminoside


 Eviter cette combinaison (néphrotoxicité)
 L’AZT peut remplacer le TDF si le taux d’hémoglobine est supérieur à 8 g/dl.
 Le TDF peut être prescrit à la fin du traitement par aminoside si la clearance de la
créatinine est > 50 ml/ min.

8.6.5 Quelle est la conduite à tenir pour le traitement concomitant antirétroviral et


antituberculeux?

a) Si la tuberculose se développe lorsque le malade est sous TARV:

 Continuer le TARV tout au long du traitement antituberculeux


 Si le malade est sous le protocole TARV de première ligne
- Il peut rester sur ce protocole
- Certains cliniciens préfèrent remplacer la NVP par EFV mais ce changement
n’est pas nécessaire si le malade est stable sous NVP.

64
b) Si la tuberculose se développe lorsque le malade est sous le protocole de deuxième
ligne :

 La dose de LPV/r doit être doublée lorsque le malade est sous traitement
antituberculeux contenant la rifampicine
 Arrêter la double dose de LPV/r deux semaines après la fin traitement antituberculeux.

c) Si la tuberculose est diagnostiquée avant la prise du traitement antirétroviral :

 Commencer en premier le traitement antituberculeux


 Commencer le traitement antirétroviral le plus tôt possible dans les deux à huit
semaines suivant la mise sous ARV
 Eviter la Névirapine si le régime thérapeutique de la tuberculose contient la rifampicine
 Si l’EFV est contre-indiqué, le remplacer par la NVP 200 mg deux fois par jour

Nota Bene: Tous les malades VIH positifs et co-infectés par la TB sont éligibles pour la
prophylaxie au cotrimoxazole.

Le cotrimoxazole peut être arrêté si le taux de CD4 est > 350/mm 3 à deux occasions de 6 mois
d’intervalle.

d) Quand débuter le traitement antirétroviral chez les patients infectés par le VIH et
diagnostiqués tuberculeux?

- Tous les patients tuberculeux co-infectés par le VIH sont éligibles pour le traitement
antirétroviral à vie quel que soit le taux de leur CD4.

- Si un malade infecté par le VIH n’est pas sous TARV, le traitement antituberculeux doit être
entrepris en premier.

- Si le traitement antituberculeux est bien toléré et le patient est stable, le TARV doit être débuté
le plus tôt possible avec le traitement antituberculeux.

- Le TARV doit être commencé dès que possible tout en s’inspirant de ce qui suit :

 Malade avec un taux de CD4 < 50 /mm3


- Commencer le traitement ARV dans les 2 semaines du début du traitement
antituberculeux
 Les autres malades avec un taux de CD4 >50 /mm3
- Commencer le TARV entre 2 à 8 semaines du début du traitement
antituberculeux
 Malade présentant une tuberculose multi résistante
- Commencer le TARV entre 2 à 4 semaines du début du traitement
antituberculeux de deuxième ligne
 Femme enceinte infectée par le VIH présentant une tuberculose active (évolutive)
- Commencer le TARV par AZT le même jour
- Puis débuter le TARV 2 semaines plus tard.
 La méningite tuberculeuse
- Retarder le TARV jusqu’à 8 semaines après le début du traitement
antituberculeux
65
8.7 TRAITEMENTS ANTIRETROVIRAL ET ANTITUBERCULEUX CHEZ L’ENFANT.

8.7.1. Quels sont les critères pour commencer le TARV chez l’enfant?

Tout enfant VIH positif est éligible pour commencer le TARV

8.7.2 Quels sont les protocoles thérapeutiques antirétroviraux pour les enfants?

Tableau 7 : Schémas thérapeutiques d’ARV de première intention pour le nourrisson et


l’enfant (adaptés de l’OMS, 2013)

Première ligne
Enfants < 3 ans ABC + 3TC + LPV/r
AZT + 3TC + LPV/r
Enfants de 3 à 10 ans et adolescents < ABC + 3TC + EFV
35kg

Adolescents (10 – 19 ans) ≥ 35 kg TDF* + 3TC (ou FTC) + EFV

* TDF peut être utilisé chez les enfants à partir de 10 ans

Tableau 8 : Schémas thérapeutiques de deuxième intention pour le nourrisson et l’enfant

Situation Schéma de première intention


pr ivilégié
Enfants de moins de 3 ans (ABC ou AZT) +3TC + LPV/r
(ABC ou AZT) +3TC + NVP
Enfants de 3 à 10 ans et adolescents < 35kg (ABC ou AZT)+3TC + EFV

Adolescents (10 – 19 ans) ≥ 35 kg TDF + 3TC + EFV


ABC+3TC + EFV

8.7.3 Quand commencer le TARV chez l’enfant infecté par le VIH?

 Les enfants infectés par le VIH et atteints par la tuberculose doivent commencer le
TARV le plus tôt possible
 Si l’enfant n’est pas encore sur TARV et que la tuberculose est diagnostiquée :
- Commencer le traitement ARV après 2 semaines de traitement antituberculeux si le
taux de CD4 < 50/mm 3
- Commencer le traitement ARV après 8 semaines de traitement antituberculeux si le
taux de CD4 > 50/mm 3 ou si l’enfant a une méningite tuberculeuse
 Si l’enfant est déjà sous TARV lorsque la tuberculose est diagnostiquée
- Continuer avec le TARV et commencer le traitement antituberculeux.

66
8.7.4 Comment modifier les protocoles thérapeutiques chez l’enfant sous traitements
antirétroviraux et antituberculeux ?

 La rifampicine diminue les taux sériques de lopinavir/ritonavir. Si l’enfant est sous


rifampicine et LPV/r
- La dose de LPV/r doit être augmentée en donnant du ritonavir supplémentaire
- Autrement si le ritonavir en sirop n’est pas disponible, la dose de LPV/r peut être
doublée mais ceci est moins efficace.
 Tous les autres antirétroviraux doivent être poursuivis à des doses standards
 Le traitement antituberculeux doit être donné aux enfants à des doses standards.

8.8 LE SYNDROMME INFLAMMATOIRE DE RECONSTITUTION IMMUNITAIRE (IRIS)

8.8.1 Qu’est-ce que le syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire ?

 Il s’agit de l’aggravation du statut clinique des patients VIH positifs survenant après le
début de prise de TARV.
- Après le début de la prise des TARV, le système immunitaire commence à se
reconstituer
- En conséquence, les symptômes inflammatoires et les signes s’aggravent en
présence des infections opportunistes.
 L’IRIS peut survenir en présence d’un certain nombre d’infections opportunistes y
compris la tuberculose, la méningite à cryptocoque, l’hépatite virale B etc.
 Le syndrome peut survenir chez
- Les patients déjà sous traitement pour les infections opportunistes au début du
traitement antirétroviral: IRIS paradoxal
- Les patients chez qui l’infection opportuniste n’a pas été reconnue au moment de
l’initiation du TARV: IRIS démasqué.

8.8.2 Comment se présente l’IRIS dans la tuberculose ?

 Il peut se manifester une semaine ou plusieurs mois après l’introduction du TARV.


 Ces patients développent soit une récidive ou une progression des symptômes de la
tuberculose soit ils développent des nouveaux signes de la maladie dans les premières
semaines après l’introduction du TARV
 Le tableau clinique fréquent comprend
- Une hypertrophie ganglionnaire
- Une fièvre
- Une aggravation des infiltrats pulmonaires à la radiographie du thorax
- Une augmentation des épanchements pleuraux
 La méningite ou une augmentation de la taille de tuberculomes cérébraux peuvent
engager le pronostic vital

TB diagnostiquée Introduction du IRIS PARADOXAL


et traitement TARV
entrepris TB
diagnostiqu
ée et 67
Figure 1: Illustration de la survenue de l’IRIS paradoxal

TB présente mais Introduction du IRIS DEMASQUE


non-diagnostiquée TARV

Symptômes de TB Symptômes de TB émergent dans une


absents ou atypiques période de 3 à 6mois

Figure 2 : Illustration de la survenue de l’IRIS démasqué

8.8.3 Comment diagnostiquer l’IRIS au cours de la tuberculose?

 C’est un diagnostic d’exclusion


 Il faut exclure les autres causes possibles d’aggravation clinique de la tuberculose à
savoir:
- La tuberculose multi-résistante
- Les diagnostics alternatifs par exemple la pneumonie bactérienne, la
pneumocystose, le sarcome de Kaposi etc.
- Mauvaise adhérence au traitement
- La malabsorption
- La toxicité médicamenteuse

68
8.8.4 Comment faire la prise en charge de l’IRIS?

 La plupart des malades peuvent être pris en charge en ambulatoire


 On peut prescrire les anti-inflammatoires non-stéroïdiens
 Le TARV doit être poursuivi sauf si risque d’engagement du pronostic vital
 Si risque d’engagement du pronostic vital, le malade doit être hospitalisé d’urgence
 La corticothérapie peut être nécessaire dans le cas des réactions graves.

Nota Bene : L’IRIS dû à la tuberculose est rarement fatal. Le TARV ne doit pas être retardé
chez les patients avec les taux bas de CD4 pour prévenir l’IRIS dû à la tuberculose car la
mortalité est élevée lorsque le TARV est retardé.

CHAPITRE 9: PREVENTION DE LA TUBERCULOSE

La maladie tuberculeuse, due à la transmission interhumaine, reconnait quatre moyens


préventifs essentiels:

 La suppression de l’agent causal de contamination.


 L’éviction du contage.
 La protection des sujets sains par la vaccination.
 La chimioprophylaxie des sujets récemment infectés.

9.1. La suppression de l’agent causal

9.1.1. Comment se fait la suppression de l’agent causal ?

69
La suppression, dans le réservoir infectieux humain, de l’agent causal implique :

 Un diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire bacillifère et sa recherche


systématique.
 Un traitement précoce des malades afin de rompre la chaine de transmission des
bacilles tuberculeux.
 Une surveillance bactériologique répétée des porteurs de séquelles de tuberculose
ancienne.

9.2. Eviction du contage

9.2.1. En quoi consiste l’éviction du contage ?

Elle consiste à séparer le malade lorsqu’il est contagieux (présence de BK à l’examen direct) de
son entourage (sujets jeunes surtout). Si les bacilles sont peu nombreux (absence à l’examen
direct répété plusieurs fois) la séparation peut être brève (jusqu’à mise sous traitement) voire
inutile (en fonction de l’entourage).

Les sujets-contact doivent être surveillés, car la contamination est souvent réalisée avant le
moment où le tuberculeux est dépisté. Il faut donc :

 Découvrir et traiter les sujets déjà contaminés.


 Surveiller ceux qui peuvent se trouver dans la période ante-allergique.
 Protéger par le BCG (enfants de moins de 5 ans surtout) après un court délai de
surveillance, ceux qui ont échappé à la contamination.

9.3. Protection des sujets sains par la vaccination BCG

9.3.1. Que signifie BCG ?

C’est le bacille de Calmette et Guérin.

9.3.2. Qu’est-ce que le vaccin BCG ?

 C’est un vaccin vivant atténué dérivé de Mycobacterium bovis.


 Il est administré par voie intradermique dans la face antérieure du tiers supérieur de
l’avant-bras gauche dès la naissance.
 Il fait partie du Programme Elargi de Vaccination (PEV) au Cameroun.

9.3.3. Que fait le vaccin BCG ?

Il procure une protection contre les formes disséminées de la tuberculose y compris la


méningite et la miliaire tuberculeuses dans 60 à 80% des cas notamment chez les enfants.

Il procure une protection limitée contre la tuberculose pulmonaire pendant une période de 10
ans.
70
Nota Bene : le BCG est administré aux nourrissons dès la naissance sauf aux nourrissons
symptomatiques exposés au VIH.

9.3.4. Qui est à risque d’effets secondaires liés au BCG ?

Les enfants avec immunodépression y compris les enfants infectés par le VIH.

9.3.5. Quelle est la réaction normale de la vaccination par le BCG ?

Entre le 15e et le 25e jour après la vaccination, apparait une induration érythémateuse (rouge)
creusée en son centre d’une petite ulcération suintante et qui évolue spontanément vers la
cicatrisation en 2 à 6 mois.

Aucun antibiotique ni antiseptique ne doit être appliqué mais seulement une légère compresse
sèche en cas de prurit.

Il faut prévenir la famille de l’enfant vacciné de n’avoir pas à limiter douches, bains, piscines etc.

9.3.6. Quels effets secondaires peuvent survenir après la vaccination par le BCG ?

Les effets secondaires de la vaccination par le BCG présentés dans le tableau ci-dessous
peuvent être classés selon le site de la maladie

Catégorie Description
Maladie BCG locale Un processus local au site de vaccination. Ceci comprend :
 Un abcès au site d’injection du BCG conformément à la
définition du PEV ≥ 10x10mm.
 Une ulcération trainante au site d’injection du BCG.
Maladie régionale  Adénopathies régionales ou d’autres lésions loin du site
de vaccination (adénopathies homolatérales axillaires,
supra-claviculaires, cervicales, épi-trochléennes).
 Ces adénopathies peuvent évoluer vers un
ramollissement et la fistulisation.
 Cet incident n’altère jamais l’état général.
Maladie à distance Atteinte de n’importe quel site loin d’un processus local ou
régional. Ceci comprend la confirmation de la présence du BCG à
partir d’une lésion loin du site de vaccination par exemple les
sécrétions pulmonaires, le liquide céphalo-rachidien, les urines,
les ostéites, et les lésions cutanées à distance.
Maladie disséminée Confirmation de la présence du BCG à partir de plus d’un site à
distance tel que décrit ci-dessus et/ou à partir d’au moins une
hémoculture ou une culture de la moelle osseuse.

Note Pratique : Demander aux parents de ramener l’enfant si survenu d’effets secondaires.

9.3.7. Qu’est-ce que le Syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS) lié


au BCG ?

 Il survient chez les enfants infectés par le VIH dans les 3 mois après le début du
traitement antirétroviral.

71
 La classification est similaire comme pour la maladie liée au BCG à savoir locale,
régionale, à distance ou disséminée.
 C’est une des formes les plus fréquentes d’IRIS chez l’enfant.
 La mortalité est faible mais la morbidité est élevée.

9.3.8. Comment diagnostiquer la maladie liée au BCG ?

 Le BCG fait partie du complexe de Mycobacterium tuberculosis.


 Si isolé au laboratoire, il doit être rapporté comme complexe du Mycobacterium
tuberculosis et pas comme BCG Mycobacterium bovis.
 Si suspicion clinique, la confirmation de la vaccination par le BCG est nécessaire. Ceci
doit être indiqué sur le bulletin d’examen de laboratoire afin qu’un test supplémentaire
soit fait sous la forme de PCR de BCG.
 Il est important de confirmer le diagnostic surtout en cas d’adénopathies sus-
claviculaires et cervicales et dans la maladie disséminée liée au BCG car la tuberculose
peut se présenter de la même manière.

9.3.9. Comment rapporter les effets secondaires du BCG ?

Tout effet secondaire suspecté d’être en rapport avec la vaccination par le BCG doit être notifié
au PEV.

9.3.10. Comment prendre en charge les effets secondaires liés à la vaccination par le
BCG ?

 Les enfants avec les effets locaux ou régionaux peuvent être pris en charge sans
problème sans l’utilisation des médicaments antimycobactériens.
 Cependant, les enfants infectés par le VIH doivent être surveillés étroitement à la
recherche du développement d’une maladie disséminée liée au BCG.
 Si suppuration, prélever le pus et envoyer au laboratoire pour la recherche de bacilles
tuberculeux.
 L’aspiration à l’aiguille du matériel purulent peut être considérée comme un moyen de
soulager les symptômes.
 Parfois il est nécessaire de faire une incision et drainage.
 Traiter de manière conservatoire (pansement avec compresse sèche).
 Si la tuberculose est confirmée, traiter avec un régime standard antituberculeux.
 Débuter le traitement antirétroviral chez les enfants infectés par le VIH, si pas encore
fait.
 Surveiller étroitement les interactions entre les médicaments et les effets secondaires.

9.4. La chimio prophylaxie antituberculeuse par l’isoniazide ou traitement préventif par


l’isoniazide (IPT).

9.4.1. Comment marche l’IPT ?

Exposition Infection Maladie

72
Traitement préventif

9.4.2 Pourquoi doit-on offrir l’IPT ?

 Des multiples études ont démontré que l’IPT diminue l’incidence de la tuberculose chez
les sujets infectés par le VIH par :
- 62% chez ceux avec un test tuberculinique positif (IDR)
- 11% chez ceux avec un test tuberculinique négatif.
 Bien que le traitement antirétroviral diminue la probabilité de développer la tuberculose
maladie, l’incidence de la tuberculose parmi les malades VIH positifs sous
antirétroviraux est encore 10 fois plus élevée que dans la population générale.

9.4.3. Comment exclure la tuberculose évolutive ou active avant de prescrire l’IPT?


(algorithmes pages 77 à 79)

En répondant « non » aux quatre symptômes suivants à démontrer une efficacité de 98% pour
éliminer une tuberculose maladie dans les régions à forte endémicité tuberculeuse.

 Toux depuis plus de 24 heures ?


 Fièvre ?
 Perte de poids ?
 Sueurs nocturnes profuses ?

9.4.4. Est-ce que la tuberculose qui survient après l’IPT risque d’être résistante à
l’isoniazide ?

 Non.
 La tuberculose qui survient après le début du traitement par l’isoniazide n’est pas
probablement résistante à l’isoniazide.
 Si le patient est atteint d’une tuberculose mono-résistante à l’isoniazide, le traitement de
catégorie 1 est en général efficace.
Nota Bene :

 Le test tuberculinique n’est pas requis pour prescrire l’IPT.


 Les patients sous TARV et les femmes enceintes infectées par le VIH sont éligibles pour
l’IPT.
 Les patients antérieurement traités pour tuberculose peuvent recevoir l’IPT.
9.4.5. Quels adultes sont éligibles pour l’IPT ?

Les adultes infectés par le VIH qui :

 Ne sont pas sous traitement antituberculeux.


 Sont asymptomatiques pour la tuberculose.
 Ne consomment pas abusivement l’alcool.
73
 N’ont pas d’antécédents de psychose, convulsions et de neuropathie.
 N’ont pas d’effets secondaires dûs à l’isoniazide.

9.4.6. Quelle est la dose de l’isoniazide à prescrire aux adultes ?

 Isoniazide (INH) à 5 mg/kg/jour (maximum 300 mg/jour).


 Pyridoxine (Vitamine B6) à 25 mg/jour.

9.4.7. Quels enfants sont éligibles pour l’IPT ?

 Les enfants suivants en contact étroit avec un cas contagieux de TB :


 Tous les enfants de moins de 5 ans (y compris les nourrissons).
 Tous les enfants infectés par le VIH jusqu’à 15 ans.
 Si asymptomatique pour la tuberculose.
 Et n’ayant aucune contre-indication à l’isoniazide.
9.4.8. Quelle est la dose de l’isoniazide à prescrire aux enfants ?

 Le tableau ci-dessous présente la posologie de l’isoniazide à prescrire aux enfants en


fonction de la tranche de poids

Tranche de poids (kg) Dosage quotidien d’isoniazide (cp de 100


mg)
2 – 3,4 1/4 cp
3,5 - 4,9 1/2 cp
5 – 7,4 3/4 cp
7,5 – 9,9 1 cp
10 – 14,9 1 ½ cps
15 – 19,9 2 cps
20 – 29,9 3 cps

 La dose maximale de l’isoniazide ne doit pas dépasser 300 mg.


Nota Bene : - Ajouter la pyridoxine si VIH positif ou malnutri :

 Si < 5 ans d’âge : 12,5 mg/jour


 Si ≥ 5 ans d’âge : 25 mg/jour
 Si l’enfant est incapable d’avaler le comprimé, écraser et dissoudre la fraction
appropriée de comprimé de 100 mg dans l’eau ou le sirop multi-vitaminique
9.4.9. Quelle est la durée du traitement préventif par l’isoniazide ?

La durée du traitement est de 6 mois.

9.4.10. Comment prendre en charge les enfants et les adultes sous IPT ?

Les patients doivent avoir un suivi mensuel comprenant :

 La prise de poids.
 La recherche des effets secondaires avec une attention particulière chez les sujets âgés
et les sujets avec antécédents d’alcoolisme.

74
 Dépistage de symptômes cliniques de la tuberculose.
 L’éducation des patients.
Note Pratique : La surveillance des transaminases hépatiques n’est pas nécessaire sauf si
indiquée par les signes cliniques.

9.4.11. En quoi consiste l’éducation des patients ?

 Adhésion à la prise quotidienne de l’isoniazide et les visites mensuelles.


 Consommation d’alcool à minima.
 Retour immédiat du patient à l’hôpital si :
a) Effets secondaires possibles de l’IPT
o Douleurs à l’hypochondre droit
o Nausées et vomissements
o Urines sombres et selles décolorées
o Yeux jaunes
o Eruption cutanée sévère
o Fourmillements aux mains et aux pieds.
b) Symptômes de la tuberculose évolutive
o Toux
o Fièvre
o Perte de poids
o Sueurs nocturnes

 Les patients n’ont pas besoin de prendre l’IPT avec les repas.
 Si le patient consulte un autre agent de santé, il est important que celui-ci comprenne
que le patient n’est pas sous traitement antituberculeux mais qu’il est en train de prendre
un seul médicament pour la prévention de la tuberculose.
 Counseling concernant le VIH
 Prévention : utilisation de préservatifs
 Nécessité de prendre ses médicaments et de se faire suivre.

9.4.12. Dans quelle condition doit-on considérer l’arrêt d’IPT ?

 Lorsque l’on suspecte la tuberculose évolutive :


 Il faut investiguer et arrêter l’IPT si découverte de la tuberculose évolutive.
 En présence d’hépatotoxicité probablement liée à l’IPT :
 Arrêter l’IPT immédiatement et référer le malade à l’hôpital.
 En présence d’une éruption cutanée probablement liée à l’isoniazide
 Si légère, arrêter l’isoniazide jusqu’à disparition de l’éruption et recommencer
sous surveillance.
 Si grave ou sévère, arrêter immédiatement l’isoniazide et référer le malade à
l’hôpital en urgence.
 En présence d’une neuropathie périphérique probablement liée à l’IPT
 Evaluer la gravité et la rapidité de progression.
 Si le patient a des difficultés à marcher ou s’il se plaint de douleurs excessives,
arrêter l’IPT et traiter

75
 Si les symptômes de la neuropathie sont légers, continuer l’IPT, faire le
counseling:
- Informer le patient que la neuropathie peut être due au VIH et/ou à l’IPT.
- Informer le patient que la neuropathie cesse à la fin du traitement par
l’isoniazide.
- Augmenter la dose de pyridoxine de 25 à 100 mg par jour
- Pour les adultes, prescrire l’amitryptiline 25 mg à prendre la nuit si
neuropathie insupportable.
 En présence de convulsions ou de psychose
- Arrêter l’isoniazide et référer.
 En cas de mauvaise adhésion
- Si le patient interrompt le traitement pour moins de 3 mois consécutifs.
o Chercher les raisons d’interruption du traitement.
o Trouver les solutions aux soucis du patient
o Conseiller le patient sur l’importance d’adhésion au traitement
o Faire le dépistage de la tuberculose
o Effectuer les investigations pour éliminer la tuberculose si les symptômes
de la tuberculose sont présents
o Si patient asymptomatique et absence de signes de tuberculose-maladie,
continuer l’IPT et ajouter les doses manquées d’isoniazide à la durée
totale d’IPT.
- Si le patient interrompt le traitement pour plus de 3 mois consécutifs :
o Arrêter l’IPT
o Si le patient revient à n’importe quel moment et veut recommencer l’IPT,
il peut être réévalué pour l’éligibilité à prendre l’IPT et à recommencer s’il
est éligible.
- Toute interruption de traitement pour la deuxième fois pour n’importe quelle
durée de l’interruption :
o Arrêter l’IPT.
ALGORITHME DE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN CHARGE
D’ADULTES ET D’ADOLESCENTS VIH POSITIFS PAR LE TRAITEMENT
PREVENTIF A L’ISONIAZIDE

Adultes/Adolescents VIH POSITIFS

Dépistage de symptômes de la tuberculose


Toux, fièvre, perte de poids, sueurs nocturnes

OUI NON

Faire investigation pour la recherche de la Évaluer pour la recherche de contre-indications


tuberculose selon les recommandations à l’IPT :
du PNLT Alcoolisme, maladie du foie, neuropathie
76
périphérique, antécédents d’effets secondaires
à l’INH

Aucune Autres
TB
ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN
CHARGE DES ENFANTS CONTACTS DES CAS TPM+ PAR LE TRAITEMENT
PREVENTIF A L’ISONIAZIDE

Enfant en contact étroit avec un cas de TPM+

Dépistage clinique de la TB

 Toux actuelle
 Fièvre
 Perte de poids
 Sueurs nocturnes
77

Age ≤ 5 ans Age > 5 ans


ALGORITHME POUR LE DEPISTAGE DE LA TUBERCULOSE ET DE PRISE EN
CHARGE DES ENFANTS AGES DE 12 MOIS ET PLUS VIVANT AVEC LE VIH PAR
LE TRAITEMENT PREVENTIF A L’ISONIAZIDE

Enfant de 12 mois et plus vivant avec le VIH

Dépister la TB sur la base des symptômes


suivants

 Toux actuelle
 Fièvre
 Gain pondéral insuffisant ou faible
 Contact avec un cas de TB
 Sueurs nocturnes
78

Symptômes présents
NON NON OUI
OUI

Note Pratique : Chez les enfants d’âge inférieur à 12 mois et vivant avec le VIH, seuls ceux qui
sont en contact avec un cas de tuberculose et qui après investigations appropriées ne
présentent pas la maladie doivent recevoir le traitement préventif par l’isoniazide.

9.5 SITUATIONS PARTICULIERES

9.5.1 CHEZ L’ADULTE ET L’ADOLESCENT

a) Femme enceinte

- Les femmes enceintes vivant avec le VIH sont à risque pour la tuberculose
- Ceci peut avoir un impact sur le devenir maternel et périnatal :
 Décès de la mère et du nouveau-né
 Prématurité et petit poids de naissance.

- La femme enceinte vivant avec le VIH doit donc bénéficier d’un dépistage actif de la
tuberculose en se servant de l’algorithme clinique pour l’adulte et l’adolescent (cf
pages 26 à 30).
- Le traitement préventif par l’isoniazide est sans risque chez la femme enceinte.
- Le meilleur moment pour débuter le traitement préventif par l’isoniazide est inconnu.

b) Patients vivants avec le VIH antérieurement traités pour tuberculose.


79
- Les adultes et les adolescents vivant avec le VIH antérieurement et correctement
traités avec succès pour la tuberculose doivent continuer à recevoir l’isoniazide
pendant une durée supplémentaire de 6 mois (prophylaxie secondaire).
- Aucune évidence n’est disponible pour le rôle potentiel du traitement préventif par
l’isoniazide pour les patients ayant une tuberculose multi résistante ou ultra
résistante qui ont suivi jusqu’à terme avec succès leur traitement.

c) Statut immunitaire et l’utilisation concomitante de traitement préventif par


l’isoniazide et les antirétroviraux.

- Le traitement préventif par l’isoniazide et les antirétroviraux doit être donné aux
PVVIH indépendamment de leur statut immunitaire et le fait d’être sous traitement
anti rétroviral ou non.
- L’initiation ou l’achèvement du traitement préventif par l’isoniazide ne doit pas être
cause de retard pour débuter un traitement antirétroviral chez les PVVIH éligibles.
- Il n’est pas connu si l’initiation concomitante de traitement préventif par l’isoniazide et
antirétroviraux ou l’initiation retardé du traitement préventif par l’isoniazide est
meilleure en termes d’efficacité, de toxicité ou de développement d’un syndrome
inflammatoire.

9.5.2 CHEZ L’ENFANT

a) Prophylaxie secondaire

- Il n’y a pas de preuve sur l’utilisation du traitement préventif par isoniazide chez les
enfants vivant avec le VIH ayant suivi avec succès le traitement antituberculeux.
- Cependant comme chez les adultes, les enfants vivant avec le VIH sont exposés à
la réinfection et à la récurrence de la tuberculose.
- Les enfants tuberculeux vivant avec le VIH ayant été traités avec succès et vivant
dans un milieu à haute prévalence et de transmission de tuberculose doivent
recevoir un traitement préventif par l’isoniazide pour une durée supplémentaire de 6
mois.
- Le traitement préventif par l’isoniazide peut être débuté après la dernière dose du
traitement antituberculeux ou à une date ultérieure.
- A chaque contact de l’enfant vivant avec le VIH avec un personnel de santé, le
dépistage de la tuberculose doit être réalisé y compris chez ceux avec les
antécédents tuberculeux.

b) Traitement préventif par l’isoniazide et les antirétroviraux chez l’enfant.

- Comme chez l’adulte, l’association du traitement préventif par l’isoniazide et


antirétroviral est recommandée chez l’enfant.
- Le traitement antirétroviral ne doit pas être retardé chez l’enfant à cause de l’initiation
ou du non achèvement d’une cure de traitement préventif par l’isoniazide.

Note pratique : La chimioprophylaxie des personnes vivant avec le VIH se fera en étroite
collaboration avec le CNLS.

9.6 La prévention de l’infection tuberculeuse dans les formations sanitaires

80
9.6.1 Pourquoi a-t-on besoin de contrôle de l’infection tuberculeuse dans les formations
sanitaires?

Les malades tuberculeux bacillifères en toussant projettent des gouttelettes infectieuses dans
l’atmosphère.

Ces gouttelettes sont suspendues dans l’air pendant longtemps et peuvent être inhalés et
entrainer une infection voire une malade tuberculeuse

9.6.2 Comment est hiérarchisé le contrôle de l’infection dans les formations sanitaires?

Le contrôle de l’infection est hiérarchisé dans les formations sanitaires à trois niveaux

a. La réduction du risque personnel.


 Les malades et le personnel de santé doivent connaitre leur statut VIH
 Le traitement préventif par l’isoniazide (IPT) doit être prescrit lorsque c’est indiqué
 Le personnel de santé doit être formé à la reconnaissance des symptômes cliniques de la
tuberculose
 Les masques filtrants (N95) doivent être utilisés dans les zones à haut risque par exemple :
la salle de bronchoscopie.

b. Les contrôles environnementaux


 Les salles d’attente doivent être bien ventilées; de préférence ces salles doivent être dehors
avec une protection contre le soleil et la pluie
 Les fenêtres doivent être ouvertes dans les salles d’attente, les bureaux de consultation et
les salles d’hospitalisation (Figure 3)
 Les ventilateurs du plafond doivent être installés si la ventilation naturelle n’est pas
satisfaisante
 Le mouvement de l’air dans les cabinets de consultation doit être du consultant vers le
consulté (Figure 4).
 L’UVG1 (Ultraviolet Germicidal Irradiation) est un moyen de contrôle environnemental
additionnel mais qui coûte cher à l’installation et à l’entretien annuel.

81
Figure 3 : Direction de l’air dans les chambres d’hospitalisation

Figure 4 : Direction de l’air dans les bureaux de consultation

c. Les contrôles administratifs


 Dépister la toux chez tous les malades à leur arrivée dans la formation sanitaire
 Eduquer les malades sur l’hygiène de la toux
 Approvisionner les malades tousseurs en masques/ mouchoirs en papier
 Séparer les malades tousseurs des non tousseurs
 Réduire le temps d’attente de ces malades en accélérant les investigations et en les
référant rapidement
 Réserver un endroit pour le recueil des crachats, de préférence dehors
 Réduire le temps d’attente pour tous les malades en programmant les consultations sur
rendez-vous
9.6.3 La tuberculose est-elle un problème parmi le personnel de santé?

Oui; le personnel de santé est à haut risque de contracter une tuberculose professionnelle
surtout s’il est infecté par le VIH.

9.6.4 Comment le personnel de santé peut-il se protéger contre la tuberculose?

82
 Il doit être au courant des signes et symptômes de la tuberculose et se présenter tôt pour
les investigations s’il développe les symptômes.
 Tout personnel de santé doit connaitre son statut VIH et se protéger en conséquence.
 Il doit avoir une formation sur la tuberculose à l’embauche et annuellement.
9.6.5 Quels sont les aspects clefs de la prévention et la prise en charge de la tuberculose
pour le personnel de santé?

a) Assurer l’adhésion aux principes de contrôle de l’infection tuberculeuse que sont :

- Education et formation sur la tuberculose avec insistance sur :

 Les symptômes de la tuberculose


 Les mesures de contrôle de l’infection
- Promouvoir le test de VIH parmi le personnel de santé
- Donner la priorité et l’accès confidentiel à la prise en charge de tuberculose et de l’infection
à VIH au personnel de santé
 Prévention de l’infection tuberculeuse parmi le personnel en lui offrant l’IPT.
 Diagnostic: Evaluation du personnel de santé comme un “groupe à haut risque” pour
la tuberculose
 Prise en charge du personnel infecté par le VIH et le placement de ce personnel
dans les zones à faible risque de tuberculose dans la formation sanitaire.
b) La prise en charge administrative de la maladie tuberculeuse du personnel de santé

- Assurer que le personnel bénéficie du congé-maladie jusqu’à négativation de son


expectoration et sans perte de salaire
- Compléter les formalités administratives pour la prise en charge de la tuberculose comme
maladie professionnelle s’il y a lieu de les faire
9.6.6 Quelles sont les activités qui doivent être mises en œuvre pour la protection du
personnel de santé au lieu de travail?

- Dépistage de la tuberculose
 Tout personnel doit subir un dépistage clinique de la tuberculose à l’embauche.
 Puis bi-annuellement et au départ de la formation sanitaire (par exemple la retraite)
- Prévention de l’infection professionnelle par le VIH
 Politique/directives de prophylaxie post-exposition au VIH écrites et distribuées
 Responsables/ comité nommés pour le contrôle de l’infection
 Recyclage du personnel sur la pratique d’injection sans danger
 Disponibilité de gants, savon, l’eau et boite pour les objets tranchants
 Mise au rebut des objets tranchants
- Prévention de la transmission du VIH
 Education continue sur les rapports sexuels sans danger
 Disponibilité des préservatifs dans les toilettes pour hommes et femmes
- Promotion du test du VIH pour le personnel
 Politique/ directives écrites concernant le test VIH pour le personnel
 Facilitation d’accès pour le personnel voulant faire le test VIH
- Accès au traitement antirétroviral pour le personnel:
 Politique/ directives concernant l’accès au traitement antirétroviral pour le personnel
83
 Education continue sur les bénéfices de connaitre son statut VIH et de faire le test
 Facilitation d’accès au traitement antirétroviral pour le personnel.
- Accès au traitement antirétroviral pour les familles du personnel
 Politique/ directives concernant l’accès au traitement antirétroviral pour les familles de
membres du personnel
 Accès au diagnostic du VIH pour les membres de famille du personnel
 Facilitation d’accès au traitement antirétroviral pour les familles du personnel
- Contrôle de l’infection tuberculeuse
 Politique / directives écrites concernant le contrôle de l’infection tuberculeuse
 Responsable/ comité nommés pour le contrôle de l’infection tuberculose
 Stages de recyclage et monitoring des mesures et pratiques de contrôle de l’infection
tuberculeuse
 Education sur l’hygiène de la toux
 Suspicion de la tuberculose chez toute personne qui tousse
 Séparation des patients tuberculeux et de ceux suspectés d’être atteints par la
tuberculose des autres malades.
 Diagnostic et traitement de la tuberculose sans délai.
- Prévention de la tuberculose parmi le personnel.
 Politique/directives et matériel didactique concernant la tuberculose comme maladie
professionnelle.
 Recyclage du personnel sur la co-infection TB/VIH.
 Promotion du test VIH parmi le personnel à haute exposition aux malades tuberculeux.
- Programme de surveillance médicale
 Dépistage à l’embauche.
 Evaluation médicale périodique semestrielle comprenant : antécédents médicaux,
examen physique, la radiographie du thorax selon le cas.
 Examen médical au départ de la formation sanitaire.
 Congé maladie.
 Politique de retour au travail après congé maladie, congé annuel, etc.
9.6.7. Quelles sont les étapes pour la prise en charge des patients ?

i) Dépistage

 Reconnaitre précocement tout malade suspect ou confirmé tuberculeux.


 Nommer un membre du personnel pour le dépistage symptomatique de la tuberculose
chez les patients.
 Séparer les malades tousseurs des autres malades.
ii) Hygiène de la toux

 Eduquer les patients sur l’hygiène de la toux


- Couverture de la bouche et du nez au moyen d’un mouchoir en papier, d’un
masque ou avec la partie interne du coude.

 Déposer en lieu sûr des mouchoirs en papier et des masques.


iii) Séparation des malades

 Séparer tout cas suspect ou confirmé des autres malades.


 Faire attendre les patients tousseurs dans une salle d’attente bien ventilée.
84
iv) Station de dépistage

 Placer les patients symptomatiques en première ligne pour les services qu’ils
demandent afin de réduire le temps d’attente d’exposition à la tuberculose.
v) Investigation ou référence des cas suspects de tuberculose

 Le test diagnostique de tuberculose doit de préférence se faire sur place ou par


l’intermédiaire d’une liaison établie avec le lieu de diagnostic et de traitement.
 Tous les suspects doivent être offerts le counseling et le test VIH.
 Investigation et prise en charge des sujets-contact.

vi) Traitement

 Le traitement approprié doit être débuté dans les 2 jours suivant le diagnostic.
 Le traitement antirétroviral doit être débuté chez les malades TB/VIH co-infectés sans
tenir compte du taux de CD4.
vii) Plan de sortie de la formation sanitaire

 La formation sanitaire doit établir une politique de sortie.


 La liaison avec les agents de relais communautaire pour conduire les visites à domicile
doit être assurée.

Nota Bene :

 Toutes les mesures ci-dessus requièrent un environnement qui les soutient.


 Le personnel senior et l’administration de la formation sanitaire doivent prendre toutes
mesures nécessaires pour traduire la politique en actions/activités pratiques.
CHAPITRE 10 : SUPERVISION, MONITORING ET EVALUATION DU PNLT

10.1 GENERALITES

1. Qu’est-ce que le monitoring (suivi) d’un programme ?


Le monitoring est la collecte et l’analyse de routine des informations pour suivre le progrès
par rapport aux plans établis et vérifier la conformité aux normes établies. Il aide à identifier les
tendances, à adapter les stratégies et à informer les décisions pour la gestion du programme.

2. Qu’est-ce que l’évaluation ?


L’évaluation est l’analyse systématique et objective d’un programme/politique, son design,
sa mise en œuvre et ses résultats. Le but est de déterminer la pertinence et la réalisation des
objectifs, l’efficience, l’efficacité, l’impact et la durabilité. Une évaluation devrait fournir des
informations qui permettront d’incorporer les leçons apprises dans le processus de prise de
décision et d’amélioration de futures interventions

3. Qu’est-ce que la surveillance épidémiologique?


La surveillance épidémiologique est la collecte, l’enregistrement, l’analyse, l’interprétation et
la diffusion systématique continue de données reflétant l’état de santé actuel d’une
communauté ou d’une population.

85
4. Pourquoi le suivi et l’évaluation (M et E) d’un programme sont-ils importants ?
 Veiller à ce que chaque patient présentant des symptômes de la tuberculose et chaque
cas de tuberculose reçoivent une prise en charge appropriée.

 Pour les FOSA/CDT, les districts de santé et les régions de suivre leur performances.

 Pour le PNLT, de mobiliser et d’allouer les ressources de manière appropriée ;

 Pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de lutte
antituberculeuse à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ;

 Pour la prise de décisions à partir des données épidémiologiques correctes ;

5. Quels outils sont utilisés pour le suivi des patients tuberculeux ?


 Le registre de la tuberculose
 Le registre de laboratoire de la tuberculose
 Le registre du traitement préventif ;
 Le formulaire de rapport trimestriel des résultats de labo ;
 La fiche de traitement des malades
 La carte de traitement du malade
 Le formulaire de demandes d’examens de laboratoire
 La fiche de transfert/référence
 Les formulaires de rapport mensuel des cas de tuberculose dépistés et des résultats du
traitement des cas ;
 Les formulaires de déclarations trimestrielles des cas de tuberculose dépistés et des
résultats du traitement des cas
 Le formulaire de commande trimestrielle des médicaments par le CDT au FRPS
 Le formulaire de commande trimestrielle des médicaments par le FPRS à la CENAME
 La fiche de stock
 La fiche de consommation des cartouches Xpert et TB Lamp dans les sites ;
 La fiche de suivi des cas contact ;
 Le registre de contact tracing ;

6. Comment les malades doivent-ils être classés afin d’être inscrits dans le registre de
la tuberculose ?
 Xpert positif pour la tuberculose
- Un résultat Xpert positif ou M. tuberculosis détecté dans au moins un échantillon
 Xpert négatif pour la tuberculose
- Un résultat Xpert négatif ou M. tuberculosis non détecté dans au moins un
échantillon
 Tuberculose pulmonaire à frottis positif ou à microscopie positive (TPM+)

- Un résultat Xpert positif plus


- Au moins présence de BAAR sur au moins un examen de frottis de crachats
 Tuberculose pulmonaire à frottis négatif ou à microscopie négative (TPM-)

- Un résultat Xpert positif plus


- Un frottis de crachat examiné au microscope négatif pour la présence de BAAR.
86
 Tuberculose pulmonaire à culture positive

- Une culture positive avec ou sans résultat d’Xpert


 Tuberculose pulmonaire diagnostiquée cliniquement, « frottis ou Xpert non fait »

- Malades mis sous traitement antituberculeux sans examen microscopique des


crachats
o Anomalies radiologiques pulmonaires évocatrices d’une tuberculose
pulmonaire évolutive
o Présentation clinique évocatrice d’une tuberculose pulmonaire ou extra-
pulmonaire
o Analyses histologiques et biochimiques évocatrices d’une tuberculose
7. Quelles sont les catégories de nouveaux malades et de malades antérieurement
traités ?
7.1 Nouveau cas
- Malades n’ayant jamais été traités auparavant par des médicaments
antituberculeux ou traités pendant moins d’un mois
7.2 Malades antérieurement traités ou malades à retraiter
- Malades ayant déjà pris antérieurement les médicaments antituberculeux
pendant un mois ou plus et présentent soit une rechute, un échec thérapeutique
ou ont été perdus de vue.

7.3 Les autres


- Tous les cas qui ne correspondent pas aux définitions ci-dessus
o Ceux sans antécédents claires de traitement antituberculeux antérieur
o Ceux qui ont déjà été traités mais ont un frottis/culture négatif pour la
tuberculose pulmonaire ou présentent une tuberculose extra-pulmonaire
1. Quelles sont les catégories de malades antérieurement déjà traités ?

1.1 Rechute
- Malades qui présentent actuellement une tuberculose pulmonaire à microscopie
ou culture positive mais qui ont déjà été traités dans le passé pour une
tuberculose active (bactériologiquement confirmée ou non) et qui avaient été
déclarés « guéris » ou « traitement terminé » après une chimiothérapie
antituberculeuse complète
1.2 Les cas à retraiter après un échec thérapeutique
- Malades en cours de traitement qui présentent des examens bacilloscopiques
positifs lors du contrôle bactériologique du cinquième mois ou plus tard au cours
du traitement
1.3 Reprise du traitement
- Malades qui ont pris un traitement antituberculeux pendant un mois ou plus et
qui, ayant interrompu ce traitement depuis au moins deux mois se présentent
avec des symptômes de la tuberculose pulmonaire et des examens de crachats
positifs
2. Comment enregistrer les résultats du traitement ?

2.1 Guéri

87
- Patient diagnostiqué TPM + ayant complété son traitement et dont l’examen de
crachats est négatif au cours du dernier mois de traitement et au moins à une
autre occasion précédente
2.2 Traitement terminé
- Patient qui a reçu tout son traitement mais pour lequel on n’a pas de résultat de
son examen de crachat au cours du dernier moins du traitement.
2.3 Echec
- Patient ayant au moins un examen de crachat positif au 5e mois ou plus tard au
cours du traitement
- Cette définition exclut tous les malades qui sont diagnostiqués avec la
tuberculose rifampicine résistante (RR) ou multi-résistante (TB-MR)
2.4 Décédé
- Patient qui meurt à n’importe quel moment entre le dépistage et la fin prévue du
traitement quelle que soit la cause de décès
2.5 Perdu de vue
- Patient dont le traitement a été interrompu pendant 2 mois consécutifs ou plus
2.6 Transfert-sortie
- Patient envoyé poursuivre son traitement dans un autre CDT et dont on ne
connait pas le résultat du traitement
Note pratique : Le succès du traitement est une combinaison des patients qui ont été guéris et
ceux qui ont terminé le traitement

10.2 LA SUPERVISION

10.2.1. Quel est le but de la supervision du programme par le niveau central ?

La supervision par ce niveau a pour but de vérifier l’application des directives techniques du
programme. Elle se fait au moins 2 fois par an au niveau de chaque région.

10.2.2. Quel est le but de la supervision du programme par le niveau régional et au niveau
du district ?

La supervision de la lutte antituberculeuse par ce niveau a pour rôle la formation continue du


personnel sur le terrain, la résolution des problèmes identifiés, le contrôle de l’application
correcte des directives techniques. Elle est faite une fois par trimestre.

10.3 L’EVALUATION

L’établissement d’un système d’évaluation est un élément qui fait partie intégrante du
programme national de lutte antituberculeuse. L’évaluation porte sur toutes les composantes du
programme. Une attention particulière est portée sur les données concernant le dépistage et les
résultats du traitement à partir desquels les indicateurs des résultats et d’impact seront calculés.

10.3.1. En quoi consiste l’évaluation des activités de dépistage des malades?

88
L’évaluation du dépistage consiste à chiffrer le nombre de cas dépistés au cours du trimestre et
à le comparer aux trimestres précédents pour chaque centre et pour la région. On comparera
aussi les résultats du dépistage des centres entre eux ainsi qu’entre les régions. Les tendances
dans le temps seront analysées.
L’outil de base pour recueillir ces informations est le registre de la tuberculose ; les cas entrés
dans le registre en tant que «Transferts» ne sont pas comptabilisés. Les données sont
communiquées par les «Rapports trimestriels de dépistage des cas de tuberculose».

10.3.2. En quoi consiste l’évaluation des activités de prise en charge thérapeutique des
malades ?

La raison principale de l’échec de nombreux programmes de lutte antituberculeuse dans les


pays économiquement faibles, réside dans l’incapacité de guérir les patients TPM+ dépistés.
L’objectif d’un programme efficace doit être de guérir au minimum 90% des malades TPM+
dépistés.

L’évaluation des résultats du traitement est réalisée grâce à l’analyse de cohorte à partir du
« Rapport des résultats de traitement des cas de tuberculose pulmonaire à microscopie positive».
Une cohorte est un groupe de malades dépistés pendant une période définie (trimestre,
semestre, année) et qui sont suivis jusqu’au moment prévu pour l’achèvement du traitement.

Par exemple, les malades dépistés entre le 1er janvier 2010 et le 31 mars 2010 doivent avoir
achevé leur traitement au plus tard le 31 décembre 2010. Ces malades représentent la cohorte
du premier trimestre 2010 dont l'analyse sera effectuée en janvier 2011.

L’analyse de cohorte est effectuée pour les différentes catégories de malades suivantes :

- Nouveaux cas à microscopie positive ;


- Patients mis sous retraitement.
- Autres cas : cas à microscopie négative et cas extra-pulmonaires
- Patients ayant le VIH
Cette analyse de cohorte doit être faite avec précision. Les résultats sont exprimés sous forme
de tableau comme ci-dessous.

Tableau 9 : Résultats de l’analyse de cohorte


Guéri Traitemen Echec
Perd
Type de (Frottis t terminé (Frottis Décéd Transféré/ Tota
u de
malade négatifs (Frottis positifs é Non évalué l cas
vue
) non faits) )
Nouveaux
cas TPM+

Nombre*
……………

Cas à frottis
positifs en
retraitement

Nombre*
…………….

Cas Autres

89
Nombre*
…………….

Personnes
vivant avec
le VIH
Nombre
……………

10.3.3. Quelle est la programmation des ateliers d'évaluation et de planification prévue


dans le Plan Stratégique du PNLT?

Au niveau national :

- Une réunion du Comité National de Lutte contre la Tuberculose (CNLT) est organisée deux
fois par an en conformité avec le texte créant cette structure. Elle a pour but l'adoption du
rapport des activités de l ‘année antérieure, du plan d'action de l ‘année suivante et du
budget préparés par le GTC-TB d'une part et d'autre part le suivi de l'exécution des activités
;
- Le comité scientifique se réunit en cas de besoin.

- Une fois par an une réunion regroupant le GTC et les GTR (Coordonnateurs et cadres
d’appui), est organisé pour l’évaluation du programme, la finalisation du rapport national et
la planification des activités ;

- Une fois par an un atelier regroupant le GTC et les GTR (Coordonnateurs et les contrôleurs
de qualité du laboratoire des régions) est organisé pour évaluer les performances des
laboratoires des formations sanitaires des régions ;

Au niveau régional :

- Dans chaque région se tient deux fois par an un atelier pour les acteurs régionaux du PNLT
afin : d’évaluer toutes les activités de la lutte antituberculeux ; de vérifier et valider les
données statistiques et de laboratoire venant des CDT ; d’identifier et résoudre les
problèmes relatifs à la bonne marche du programme ;
-
Dans chaque région se tient une fois par an un atelier d’évaluation des activités de
laboratoire des formations sanitaires ;

- En fin de compte, ces évaluations permettront de mesurer les progrès réalisés dans la lutte
contre la tuberculose afin de fournir une base factuelle pour la planification opérationnelle
des semestres suivants ;

Figure 5 : CIRCUIT SIMPLIFIE DE TRANSMISSION DES DONNEES

90
DHIS2

Le système d’information du PNLT s’arrimera dans le temps au système national d’information


sanitaire du pays. Toutes les informations relatives au dépistage et au suivi des malades TB
seront introduites dans le DHIS2 après l’atelier de validation des données ou bien une
supervision sur la vérification des données sur site. Ceci voudrait dire que, les données seront
introduites dans le système national à partir du niveau régional pour un début et au niveau
district/CDT lorsque ceux-ci seront pourvu du matériel adéquat (ordinateurs, connexion internet
et énergie électrique stable).
Le personnel de santé du CDT doit renseigner mensuellement le rapport mensuel d’activité,
ceci contribue au renforcement du système de surveillance de la tuberculose.

DELAI DE TRANSMISSION DES RAPPORTS


Le système national d’information sanitaire recommande les délais suivant pour la transmission
des données au niveau supérieur :
• De la FOSA/CDT vers le District de santé: avant le 5 du mois;
• Du District de santé à la Région : avant le 10 du mois ;
91
• De la Region au niveau central: avant le 15 du mois.

92
ANNEXES

ANNEXE 1 : LABORATOIRE DU CENTRE DE DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE

Le laboratoire joue un rôle déterminant et irremplaçable dans le fonctionnement du Programme


National de Lutte Contre La Tuberculose. Deux rôles sont donc dévolus au laboratoire :
- Etablissement du diagnostic des cas de tuberculose ;
- Surveillance des traitements instaurés.
Le technicien (fiable, motivé et formé) doit s’impliquer profondément dans cette tâche
essentielle. Il doit veiller à la propreté des locaux, à l’entretien du microscope, au respect des
règles de sécurité biologiques, à la bonne tenue du registre. Il doit également gérer son matériel
et ses réactifs afin d’éviter gaspillage et rupture de stock et participer au contrôle de qualité
externe de la microscopie et des tests moléculaire instauré par le laboratoire de référence du
PNLT.

1.1. REGLES DE SECURITE AU LABORATOIRE

Ces règles sont générales et applicables à tous les laboratoires. Elles prennent cependant une
connotation particulière dans le cadre de la tuberculose due à un bacille particulièrement

93
dangereux, car contagieux par voie aérienne. Cependant le strict respect de ces règles
élémentaires de sécurité rend le risque minimal.

1.1.1. La protection du personnel

Le principal risque pour le technicien lors de la manipulation des produits pathologiques pour le
diagnostic de la tuberculose est la création/inhalation des aérosols. Il faut donc travailler en
évitant la création d’aérosol avec calme en évitant les déplacements intempestifs : organiser sa
séance de travail avec méthode en regroupant les prélèvements et tout le matériel nécessaire,
nettoyer le plan de travail à l’eau de Javel (0.5% de chlore actif), préparer les prélèvements à
manipuler et tout le matériel nécessaire, fermer la porte et éviter d’être dérangé pendant la
séance de travail, travailler autour d’une flamme (bec bunsen ou lampe à alcool).

Les règles d’hygiène générales suivantes doivent être respectées :

- Une bonne aération du laboratoire est essentielle ;


- Le port de la blouse est obligatoire. Cette blouse doit être longue avec des manches
longues. Elle doit rester au laboratoire et être régulièrement nettoyée ;
- Se laver les mains au savon avant et après le travail. En cas de contact accidentel avec un
produit pathologique, se désinfecter avec l’eau de Javel diluée à 0.5% de chlore actif ou de
l’alcool à 70%; pour la désinfection, recouvrir la surface infectée avec un papier absorbant
avant de l’asperger avec la solution désinfectante.
- Ne jamais manger, téléphoner, boire ou fumer dans un laboratoire.

Les règles de sécurité suivantes doivent également être respectées :


- Faire récolter les crachats toujours à l’extérieur du laboratoire ;
- N’ouvrir qu’un seul crachoir à la fois et avec précaution, le refermer dès que le frottis est
étalé ;
- Etaler les frottis autour d’une flamme (bec bunsen ou lampe à alcool).
- Eviter le contact du frottis avec les doigts ;
- Laisser sécher les frottis avant de les fixer
- Utiliser des pinces pour tenir les lames pendant la fixation afin d’éviter les brûlures ;
- Flamber l’anse entre chaque prélèvement en évitant les projections (remplacer l’anse par
l’utilisation d’un bambou, ce qui évite le risque des contaminations croisées et de
projection) ;
- Manipuler prudemment l‘acide sulfurique pour éviter sa projection et les accidents (toujours
verser l’acide très lentement dans l’eau et jamais l’eau dans l’acide).
- Ne pas balayer le laboratoire avec un balai traditionnel

1.1.2. Le local et le matériel

- Le local doit être maintenu propre et régulièrement décontaminé : nettoyage des paillasses
avant et après chaque séance de travail au moyen de la pissette d’eau de Javel et d’une
compresse. Le sol sera balayé tous les jours et lessivé avec une eau javellisée au moins
une fois par semaine. Ne pas laisser la poussière s’accumuler, ni les insectes proliférer ;

- L’aération du laboratoire après une séance de travail est souhaitable ;

- Les colorants seront enfermés dans des placards à l’abri de la chaleur et de la lumière et
bien étiquetés;

94
- Le microscope doit faire l’objet de soins attentifs et toujours être protégé par sa housse en
dehors des séances de travail. Le nettoyage des oculaires et objectifs doit se faire à sec,
avec une compresse propre. Eviter ce nettoyage avec des solvants des graisses
susceptibles d’abîmer ou de décoller les lentilles, exemple du xylène. Toujours débranché le
microscope à la fin de la seance de travail

1.2 RECUEIL DES EXPECTORATIONS EN VUE DE LA RECHERCHE DE BAAR

La recherche de bacilles tuberculeux pour le diagnostic se fait sur un ou deux crachats


différents. Le technicien de laboratoire doit expliquer au malade la technique de production
d’une expectoration vraie. En effet la qualité de l’expectoration conditionne la validité de
l’examen.

- Le bon d’examen est contrôlé et complété si besoin en présence du malade ;

- Le premier crachat est recueilli immédiatement à l’issue d’un effort de toux


succédant à une inspiration profonde. Le produit ramené doit provenir du fond des
bronches et ne pas être constitué uniquement de salive. Le technicien devra vérifier
le caractère muqueux, purulent ou mucopurulent de chaque prélèvement. Pour éviter
tout risque de contagion, on demandera au malade de se mettre à l’écart et à l’air
libre pour produire son crachat. Le crachoir est soigneusement refermé et on vérifie
qu’il porte bien le nom du malade ;

- Le malade repart avec un crachoir neuf portant son nom, et on lui demande de
fournir un deuxième crachat le lendemain matin à son réveil, avant toute prise
d’aliment ;

- Ainsi le malade s’est déplacé deux fois et a produit deux crachats collectés à des
moments différents ; pour les malades venant des zones périphériques très éloignés,
les deux échantillons peuvent être prélevés le même jour à intervalle de trois heures
(technique sur place-sur place) pour éviter les nombreux perdus de vue entre le
laboratoire et le début effectif de traitement.

- Enregistrer le malade dans le Registre de laboratoire pour la tuberculose, et réaliser


un frottis pour chaque crachat. Les deux frottis seront systématiquement examinés
et les résultats consignés sur le registre et sur le bon d’examen remis au malade ;

- Les résultats doivent être disponibles au plus tard le lendemain du jour où le


deuxième crachat a été remis.

N.B. : Un seul prélèvement de crachat (de préférence un crachat matinal prélevé au


réveil) est nécessaire pour les examens de contrôle bactériologiques au cours
du traitement anti- tuberculeux.
Un seul prélèvement de crachat (de préférence un crachat matinal prélevé au
réveil) est nécessaire pour les examens moléculaires.

1.3. MATERIEL NECESSAIRE A LA CONFECTION, LA COLORATION ET LA LECTURE


D’UN FROTTIS POUR RECHERCHE DE BACILLES TUBERCULEUX

95
Cette liste représente le matériel minimum nécessaire mais suffisant pour réaliser l’examen
bacilloscopique des crachats selon les normes internationales.

- Crachoirs avec couvercle à vis ;


- Lames de verre neuves dégraissées et à bord dépoli ;
- Crayon graveur à pointe diamantée ;
- Stylo feutre indélébile ;
- Stylo à bille ;
- Crayon ordinaire
- Manche pasteur avec anse de platine;
- Pince en bois ou en métal pour tenir les lames ;
- Pissette d’alcool à 90° ;
- Pissette d’eau de Javel diluée (0.5%de chlore actif) ;
- Minuteur de laboratoire ;
- Support de coloration (deux baguettes de verre ou de métal reliées par leurs
extrémités au moyen d’un morceau de tube en plastique ou en caoutchouc) ;
- Un bec Bunsen ou à défaut une lampe à alcool ;
- Un porte coton métallique ;
- Du coton hydrophile ;
- 2 boîtes de rangement des lames colorées ;
- Compresses de gaze ;
- Un solvant des graisses (xylène ou toluène) ;
- L’huile à immersion ;
- Papiers filtre pour les colorants ;
- 2 petits entonnoirs en plastique ;
- Un microscope ordinaire avec un objectif 100x à immersion ;
- Un microscope à fluorescence
- Un registre ;
- Des bons d’examen pour bacilloscopie ;
- Flacons de verre brun pour la conservation des colorants de Ziehl: fuchsine
phéniquée, auramine et bleu de méthylène ;
- Pissettes pour le Ziehl, l’auramine, le bleu de méthylène et l’acide ;
- Les colorants : fuchsine phéniquée de Ziehl, auramine, bleu de méthylène, acide
sulfurique à 25 %, alcool à 95°C et l’acide chlorhydrique concentré, acide alcool.

La gestion de ce matériel est sous la responsabilité du technicien de laboratoire qui doit en


permanence connaître l’état de ses stocks et de ses besoins.

1.4. CONFECTION DU FROTTIS POUR LA RECHERCHE DE BACILLES ACIDO-


ALCOOLO-RESITANTS (BAAR)

- Nettoyer la zone de travail au moyen de la pissette d’eau de Javel et d’une


compresse ;
- Préparer le nombre de lames neuves nécessaires ;
- Marquer les lames avec le graveur ou le crayon ordinaire si lame à bout dépoli ;
numéro du registre du laboratoire suivi de 1 ou 2 selon les indications portées sur le
crachoir ;
- Laisser toujours la face gravée/marquée de la lame vers le haut ;
- Prendre le premier crachoir, vérifier que les numéros du crachoir et de la lame
correspondent ; l’ouvrir et noter l’aspect de l’expectoration : muqueuse, purulente,
sanglante ;
- Flamber l’anse dans la flamme du bec Bunsen et la laisser refroidir ; ou utiliser un
bambou
96
- Choisir soigneusement avec l’anse (ou bambou de préférence) une particule
purulente et la déposer au centre de la lame. Ne pas faire de mouvement de rotation.
Le frottis doit être de 2 cm de longueur et de 1 cm de largeur, mince, régulier et sans
atteindre les bords de la lame ;
- Poser la lame à plat sur un porte lame ou sur la paillasse et la laisser sécher
complètement ;
- Fixer le frottis à la chaleur (voir coloration de Ziehl Neelsen 1.5.2). Pour éviter de se
brûler, tenir la lame avec une pince pendant la fixation en gardant la face portant le
frottis vers le haut ;
- Bien refermer les crachoirs qui seront conservés jusqu’à lecture complète des lames
pour pouvoir refaire un frottis si besoin ;
- A la fin de la séance de frottis, nettoyer le plan de travail, flamber l’anse et la pince,
éteindre le bec bunsen ;
- Mettre de l’eau de javel dilué à 0.5% de chlore actif dans les pots à prélèvement
(crachoirs) avant de les detruire par incinération après le rendu du résultat.
Nota bene : au laboratoire régional, le dégraissage des lames par le xylène ou
toluène doit précéder la recoloration des lames pour la lecture en aveugle lors du
contrôle de qualité de la microscopie.

1.5. COLORATION DE ZIEHL-NEELSEN

1.5.1. La préparation des réactifs


Les proportions des réactifs sont données pour 1l, multiplier de manière proportionnelle les
quantités de réactifs en fonction du volume final du stock à préparer

Fuchsine phéniquée à 1%
-Fuschine basique en poudre………………………..10g ;
-Alcool à 90°…………………………………………………100ml
-Cristaux de phénol………………………………………50g
-Eau distillée………………………………………qsp 1000ml
Chauffer doucement le phénol dans un récipient avec 100 ml d’eau puis ajouter à la
solution mère l’alcool, mélanger en agitant à la main jusqu’à homogénéisation,
ajouter environ 300 ml d’eau pour faciliter ensuite la dissolution de la fuschine ;
ajouter doucement 10g de fuchsine (pour une concentration de 1%) ; mélanger
manuellement jusqu’à ce que toute la solution soit homogène.
Bleu de méthylène :
-Bleu de méthylène hydrosoluble….…………………….1g
-Eau distillée………………………………………qsp 1000ml
Acide sulfurique au ¼ :
-Acide sulfurique pur….……………………………….250ml
-Eau distillée..……………………………………………750ml
(Toujours verser l’acide très lentement dans l’eau et jamais l’eau dans l’acide)

1.5.2. La technique de coloration

1. Passer la lame préalablement séchée 2 à 3 fois rapidement dans le bleu de la flamme


du bec Bunsen, frottis vers le haut. Ceci permet une fixation douce du frottis n’altérant
pas les bacilles.

97
2. Recouvrir les lames de fuchsine phéniquée filtrée pendant 8 à 10 minutes (utiliser le
minuteur) et chauffer 3 fois le dessous des lames au moyen d’un porte coton imbibé
d’alcool jusqu’à apparition de vapeurs blanches, mais sans faire bouillir et sans laisser la
lame se dessécher (au besoin rajouter de la fuchsine).

3. Rincer soigneusement à l’eau du robinet.

4. Recouvrir la lame avec l’acide sulfurique au ¼ pendant 3 minutes.

5. Rincer comme en 3. Répéter 4 à 5 fois si le frottis reste trop rouge.


6. Recouvrir la lame avec le bleu de méthylène filtré pendant 1 minute.

7. Rincer soigneusement, laisser égoutter et sécher à l’air libre et à l’abri du soleil.

Note : Ne jamais sécher les lames à la flamme.

NB : La technique de coloration à l’auramine est utilisée pour la microscopie à Fluorescence


(LED). Cette technique est très utile pour les CDT à forte charge de travail car elle
présente à la fois une meilleure sensibilité et rapidité de lecture.

1.6. LECTURE DES FROTTIS ET INTERPRETATION


La lecture des frottis colorés par la méthode de Ziehl-Neelsen nécessite de la patience et de la
prudence pour la mise au point et pour l’interprétation. Cette lecture est le moment essentiel de
l’examen. Il faut être bien installé, et éviter d’être dérangé pendant l’examen.

- Allumer le microscope ;
- Ouvrir le cahier de paillasse ;
- Inscrire la date du jour et les numéros des examens à réaliser ;
- Prendre la première lame, vérifier en passant l’ongle sur la zone gravée que le frottis est
bien dirigé vers le haut, laisser tomber une goutte d’huile à immersion au centre de la
zone colorée du frottis (trop d’huile n’améliore pas la lecture du frottis, mais risque
d’encrasser le microscope) ;
- Poser la lame sur la platine du microscope et descendre l’objectif x 100 au contact de la
goutte d’huile sous contrôle visuel ;
- Faire prudemment la mise au point sur une zone apparaissant bien colorée.

Parcourir la lame de façon méthodique : examiner champ après champ (un champ étant la
portion de lame visible dans le cercle lumineux du microscope). Parcourir la lame sur une
longueur (100 champs).

Un frottis de 2 cm de longueur comporte environ 100 champs sur sa longueur. La lecture d’une
ligne entière de 100 champs est nécessaire pour classer une lame comme négative.

Note : Les BAAR se présentent comme de petits bâtonnets d’aspect plus ou moins
granuleux, isolés par paire ou en amas de couleur rouge vif sur fond bleu.

- Compter le nombre de BAAR et exprimer le résultat selon la cotation (voir Tableau


6) ; inscrire les résultats positifs en rouge ;
- Noter ces résultats au fur et à mesure sur le cahier de paillasse ;
- En cas de discordance entre deux examens chez le même malade, reprendre la
lecture des lames ; si la discordance persiste, demander un nouveau crachat ;
- Transcrire les résultats du cahier de paillasse sur le registre du laboratoire (voir
annexe 6-1) puis sur le bon de demande d’examen (voir Formulaire 5).
98
A la fin de la séance de travail, éteindre le microscope, essuyer l'objectif avec une compresse
sèche et remonter la platine du microscope en laissant la compresse pliée entre l'objectif et la
platine. Recouvrir le microscope de sa housse.

Tableau 10: Expression des résultats de la bacilloscopie

Nombre de BAAR Noter Répondre Concentration


(Objectif 100x) bacillaire
0 / 100 champs Négatif Absence de BAAR Absence de BAAR
1 à 9 / 100 champs Nb / 100 ch Nb / 1 00 champs Rares BAAR
10 à 99 / 100 champs Nb / 100 ch 1+ Assez nbx BAAR
1 à 10 / champs Nb / ch 2+ Nbx BAAR
> 10 / champ Nb / ch 3+ Très nbx BAAR

1.7 DEVENIR DES LAMES APRES LECTURE

Quand toutes les lames ont été lues, nettoyer en les enveloppant dans le papier toilette.
Toutes les lames, correctement numérotées (numéro de série de laboratoire et numéro
séquentiel du frottis) doivent être gardées systématiquement, positives et négatives dans la
même boîte par ordre chronologique, jusqu’à la collecte au hasard lors de la supervision. Si le
nombre de boîtes disponibles n’est pas suffisant pour conserver toutes les lames ou lorsque la
boîte est pleine, jeter au fur et à mesure les lames les plus anciennes et continuer à remplir la
boîte avec les nouvelles lames jusqu’à la visite du superviseur. Lorsque les lames sont prises
pour le contrôle de qualité, vider toutes les boîtes et recommencer à les remplir jour après jour.

1.8. LA SUPERVISION DES ACTIVITÉS DE LABORATOIRE ET LE CONTRÔLE DE


QUALITE
La supervision des activités de laboratoire permet d’assurer et d’améliorer l’efficience et la
fiabilité des services de microscopie des frottis. Elle permet également de vérifier que toutes les
activités de laboratoire en relation avec la microscopie sont correctement réalisées en
apportant le cas échéant des solutions aux problèmes. Elle offre une opportunité non seulement
pour établir et maintenir le contact avec les techniciens de la périphérie mais aussi pour la
formation continue et le recyclage de ces derniers.

1.8.1. La supervision des activités de laboratoire de bacilloscopie

Au cours de la supervision des activités de laboratoire un accent doit être mis sur :

 L’organisation de l’espace de travail et du laboratoire ;


 Le respect de règles de sécurité ;
 L’état du microscope ainsi que son entretien ;
 La méthode de coloration des frottis utilisée ;
 La tenue correcte du registre de laboratoire ;
 La numérotation des lames confectionnées (numéro de série, numéro d’ordre) ;

99
 La conservation systématique des lames à frottis positifs et négatifs dans les boîtes de
conservation appropriées et par ordre chronologique.
 La quantité et la qualité des stocks de réactifs et matériels disponibles.
Trimestriellement, chaque laboratoire doit déclarer au superviseur régional le nombre de
patients à bacilloscopie positive et négative trouvés au dépistage et au contrôle bactériologique
au cours du traitement dans le format indiqué au Tableau 10.

Tableau 11: Grille de collecte trimestrielle des statistiques du laboratoire

Nb suspects examinés Nb patients TB suivis


Trim Positifs Négatifs Total Positifs Négatifs Total
Microscopy
TB LAMP
I
Xpert
Total
Microscopy
TB LAMP
II
Xpert
Total
Microscopy
TB LAMP
III
Xpert
Total
Microscopy
TB LAMP
IV
Xpert
Total
Total 0 0 0 0
% #DIV/0! #DIV/0!

Trim Nb de frottis de Diagnostic Nb de frottis de suivi Nb Total


Pos. Rares Nég. Pos. Rares Nég. frottis
I

II

100
III

IV

Total 0 0 0 0 0 0 0
% #DIV/0! #DIV/0! #DIV/0! #DIV/0!

Le superviseur régional produira un rapport trimestriel de la région et l’enverra le plus tôt


possible au GTC-CNLT.

1.8.2. Le contrôle de qualité des examens bascilloscopiques

Le contrôle de qualité des examens bascilloscopiques réalisés aux laboratoires des CDT se fait
à deux niveaux : les niveaux régional et central. La collecte des lames à bacilloscopie positive
et négative choisies au hasard est faite lors de la supervision selon une fréquence déterminée
d’avance par les laboratoires régionaux et celui de référence du PNLT. Le contrôle de qualité de
l’examen microscopique des expectorations se fait au moins deux fois par an par le laboratoire
régional et au moins une fois par an au niveau du laboratoire de référence.
Lors du contrôle de qualité des examens bacilloscopiques, l’accent est mis sur :
 La numérotation correcte des lames confectionnées (numéro de série, numéro d’ordre) ;
 La qualité de l’étalement du frottis sur la lame : on recommande un étalement d’environ
20 mm sur 10 mm qui respecte les bords de la lame ;
 La qualité de coloration du frottis : l’aspect d’un frottis coloré correctement est bleu clair
sous l’effet de bleu de méthylène. Si la couleur est bleue foncée, le frottis est trop épais
et dans ces conditions il n’est pas possible de lire un texte au travers de la lame ;
 La qualité de lecture des frottis confectionnés et lus au laboratoire périphérique : la
lecture des lames aux laboratoires de référence a pour but de vérifier s’il y a
concordance entre les résultats obtenus dans les laboratoires périphériques et ce
dernier.
Procédure de relecture en aveugle
Ceci requiert la collaboration entre différentes personnes. Principalement, il faudra un
coordonnateur (cadre d’appui) au niveau régional, qui reçoit et garde les listes avec les
résultats, envoyant seulement les frottis (avec la liste des numéros de frottis) au premier
contrôleur. Ensuite le coordonnateur comparera les résultats périphériques avec ceux du
premier contrôle (première lecture par le technicien) en identifiant les discordants, lesquels
seront collectés et envoyés au deuxième contrôleur régional ou au niveau central.
Les principales exigences techniques qui doivent absolument être observées pour obtenir des
résultats corrects sont :
a/ recolorer toutes les lames avant la première lecture ;

101
b/ le premier contrôleur (technicien en charge de la relecture) doit relire les lames en aveugle
(sans connaître les résultats du CDT)
c/ il remet les résultats au cadre d’appui qui interprète et note les N ° des lames discordantes ;
d/ un deuxième technicien procède seulement à la relecture des frottis dont les résultats sont
discordants entre le laboratoire périphérique et le premier contrôleur ;
e/ le cadre d’appui procède enfin à la validation des résultats (si les résultats du deuxième
lecteur sont discordants avec ceux du premier lecteur alors les résultats du CDT sont
considérés justes et l’erreur est attribué au premier lecteur et non au CDT).
Au terme du contrôle de qualité, les résultats sont interprétés et envoyés au laboratoire
périphérique avec un commentaire. Les résultats de lecture sont consignés sur un tableau
comme indiqué au tableau 12. A noter qu’une des grandes causes de discordance dans la
lecture des lames résulte de la mauvaise transcription des résultats trouvés en périphérie sur la
feuille standardisée d’envoi des lames pour le contrôle de qualité. Il est donc important de
toujours vérifier les données avant leur envoi pour le contrôle de qualité.

Tableau 12: Grille de résultats de lecture des lames après contrôle de qualité

Lecture de contrôle
0 1–3 1+ 2+ 3+
0 Correct LFN HFN HFN HFN
périphérique

1-3 LFP Correct Correct EQ EQ


Lecture

1+ HFP Correct Correct Correct EQ


2+ HFP EQ Correct Correct Correct

3+ HFP EQ EQ Correct Correct

C : Correct ; EQ : Erreur de Quantification ; LFN : Légèrement Faux Négatif ; LFP : Légèrement Faux Positif ; HFN : Hautement
Faux Négatif ; HFP : Hautement Faux Positif.

N.B. : Seules les lames HFN et HFP sont considérées comme hautement discordants.
On peut considérer après élimination des erreurs d’enregistrement qu’un
laboratoire a des résultats satisfaisants si l’on trouve au total moins de 5% de
haute discordance à la relecture des lames.
N.B Ne tenir compte des EQ et des erreurs faibles que lorsqu’elles sont
fréquentes.

102
1.8.3. Le contrôle de qualité des colorants pour les laboratoires régionaux
Cette procédure est obligatoire pour le laboratoire chargé des préparations de colorants et
réactifs pour chaque lot préparé. Les résultats de ces contrôles doivent être enregistrés dans un
cahier ou un registre afin de démontrer la bonne qualité des réactifs. Dans le cahier ou le
registre, les lots doivent être identifiés par le nom du réactif et la date de préparation. Chaque
bouteille remplie à partir de ce lot doit être étiquetée avec la même information. Pour cela il
faut :
- -Colorer : 2 frottis faiblement positifs (rares BAAR ou 1+) et 2 frottis négatifs ;
- -Examiner tous les 4 frottis de contrôles attentivement en reportant dans un registre le
nombre, l’intensité de la couleur de BAAR, de même que la couleur du fond la
décoloration avec l’absence de cristaux.
- Dans le cas où un lot de fuchsine phéniquée ne semble pas bien colorer, les contrôles
positifs peuvent être répétés en utilisant d’autres frottis et en s’assurant que la technique
de coloration soit bien respectée. Si les nouveaux résultats ne sont toujours pas
satisfaisants le lot doit être éliminé.

Réalisation des frottis contrôles positifs et négatifs


Les frottis les plus convenables sont les faiblement positifs (1+). Les frottis négatifs peuvent être
préparés à partir du crachat d’un technicien ou le blanc d’œuf peut être utilisé comme substitut.
Les crachats de suspects TPM- ne sont pas recommandés comme contrôles négatifs.
-Faire le plus grand nombre possible de frottis à partir du même crachat faiblement positif.
- Laisser reposer le crachat faiblement positif au moins un jour pour le fluidifier ;
-Mélanger le contenu doucement pour homogénéiser en maintenant le crachat ferme ;
Le nombre moyen de BAAR doit être estimé en colorant quelques frottis et ensuite le résultat
est enregistré dans le cahier de registre comme gradient moyen de contrôle positif.
Les frottis fixés non colorés doivent être protégés de la poussière et de la lumière
préférablement conservés dans les boîtes de rangement de lames.

- Exemple de cahier de registre pour le contrôle de qualité des colorants et


réactifs
Lots contrôlés le 5/10/08 :
Lot de fuchsine phéniquée FP2 /5/10/08, lot d’acide sulfurique
AS2/5/10/08, lot de bleu de méthylène BM2/5/10/08
Gradient moyen du contrôle positif : n° 345 = 30/100 champs ; n° 411 =
20/100 champs
Frottis Couleur Nombre Décoloration/Fond Remarques
contrôle BAAR de
BAAR
345/12 rouge 20/100 OK Accepté FP
foncé champs
411/25 rouge 50/100 OK Accepté FP
foncé champs
Nég NA aucun OK Accepté
autres
Nég NA aucun OK Accepté
autres
Conclusion : le lot de fuchsine phéniquée (FP) est bon pour utilisation
ainsi que l’acide sulfurique et le bleu de methylène.
Lots contrôlés le 17/11/08 :
Lot de fuchsine phéniqué FP3/ 17/11/08, lot d’acide sulfurique
AS3/15/11/08 Lot bleu de méthylène BM3/15/11/08
103
Gradient moyen du contrôle positif : n° 345 = 30/100 champs ; n° 411 =
22/100 champs
Frottis Couleur Nombre Décoloration/Fond Remarques
contrôle BAAR de
BAAR
345/13 rouge 2/100 OK Rejeté FP
clair champs
411/26 NA 0/100 OK Rejeté FP
champs
Nég NA aucun OK Accepté
autres
Nég NA aucun OK Accepté
autres
Note : le lot de fuchsine phéniquée (FP) est mauvais et a été entièrement
éliminé. L’acide sulfurique est OK.

ANNEXE 2 : TEST A LA TUBERCULINE

La positivité de la réaction cutanée tuberculinique démontre l’existence d’une infection


tuberculeuse. Il s’agit d’une signification d’une telle importance qu’elle impose une technique
104
irréprochable. C’est pourquoi seule l’utilisation de la technique de l’intradermoréaction à la
tuberculine purifiée est recommandée pour apprécier avec sécurité les réactions cutanées
tuberculiniques. Il s’agit d’une technique quantitative, codifiée et reproductible. Les règles de
conservation et d’utilisation de la tuberculine préconisées par le fabriquant doivent être
strictement respectées.

2.1 Quel équipement est nécessaire pour la réalisation du test à la tuberculine ?


 2 unités (0,1 ml) de dérivé de protéine purifié à la tuberculine (PPD-RT23 2TU)
 Une seringue à tuberculine avec une aiguille courte de calibre 27 à biseau court
 Vérifier la date de péremption de l’ampoule de tuberculine

2.2 Que doit-on dire au malade ?


 Expliquer la procédure au garde-malade ou au malade si l’âge le justifie
 Expliquer la nécessité de revenir après 48-72 heures pour la lecture du test

2.3 Qu’est-ce que la procédure implique ?


a) Choisir le site d’injection
 Placer l’avant-bras droit sur une surface bien éclairée avec la paume de la main vers
le haut
 Localiser une zone à mi-chemin entre le coude et le poignet libre de toute cicatrice ou
blessure
b) Préparer la tuberculine
 Retirer dans la seringue 0,1 ml de tuberculine
c) Injecter la tuberculine
 Insérer lentement l’aiguille avec le biseau vers le haut à un angle de 5-15 degrés et
injecter la tuberculine
 Le biseau de l’aiguille doit être visible juste en dessous de la surface de la peau
 La tuberculine est injectée entre les couches de peau (par voie intradermique)
d) Vérifier le site d’injection :
 Après l’injection, une papule en « peau d’orange » de 8-10 mm de diamètre doit être
visible
 Si elle n’est pas visible, la tuberculine a été injectée trop profondément et l’injection
doit être reprise sur un site situé à au moins 5cm du premier site
 Un stylo peut être utilisé pour dessiner un large cercle autour du site d’injection pour
indiquer la zone
e) Enregistrer l’information
 Enregistrer les informations pertinentes y compris la date, l’heure et le lieu du test

2.4 Quel équipement est nécessaire pour la lecture du test ?


 Un stylo
 Une règle claire et flexible

2.5 Qu’est-ce que la procédure de lecture implique ?


a) Faire la lecture des résultats du test 48-72 heures après l’administration

105
b) Palper et identifier l’induration
 Inspecter le site sous un bon éclairage et identifier l’induration et non l’érythème
 Palper l’induration en utilisant les bouts de doigts pour identifier ses bords
 Les bords de l’induration doivent être marqués avec un stylo pour aider à mesurer
avec précision.
o Dessiner des lignes horizontales de la périphérie vers la zone d’induration
o Les bords surélevés de la zone d’induration empêcheront le stylo de
dessiner sur la zone indurée
c) Mesurer le diamètre d’induration
 Utiliser la règle pour mesurer le diamètre transversal le plus large en millimètres
d) Enregistrer le diamètre de l’induration
 Ne pas enregistrer comme positif ou négatif
 Enregistrer la mesure en millimètres

2.6 Quels sont les critères pour un résultat positif au test cutané à la tuberculine ?

Statut immunitaire VIH VIH-Négatif


Positif/malnutrition,maladie
sévère
Diamètre d’induration 5mm ou plus 10 mm ou plus

2.7 Comment interprète-on un test positif ?


 Un test positif indique une infection tuberculeuse mais pas nécessairement la
présence ou l’étendue de la maladie tuberculeuse
 Il montre que la personne a été infectée à un moment ou à un autre par M.
tuberculosis ou a été vaccinée
 Chez un enfant de moins de 5 ans ou un enfant infecté par le VIH quel que soit son
âge, un test cutané positif indique une infection récente et constitue un facteur de
risque de progression vers la maladie. En présence d’autres caractéristiques telles
que des antécédents de contage tuberculeux, des signes et symptômes de
tuberculose et des modifications radiologiques pulmonaires, un test cutané à la
tuberculine positif est évocateur d’une maladie tuberculeuse chez les enfants
 Chez les adultes, il est utilisé pour diagnostiquer une infection latente chez des
patients immunodéprimés qui doivent bénéficier d’une thérapie préventive à
l’isoniazide (TPI)
 Les enfants de moins de 5 ans, les enfants infectés par le VIH à tout âge et les adultes
infectés par le VIH, qui ont un test cutané positif et ne présentent aucun symptôme ou
signe de tuberculose doivent être mis sous prophylaxie antituberculeuse

2.8 Comment interprète-on un test cutané tuberculinique négatif ?


 Un test cutané à la tuberculine négatif n’exclut pas la tuberculose
 Diverses conditions peuvent provoquer une fausse réaction négative, y compris :
o L’infection à VIH
o La malnutrition sévère

106
o Les infections virales graves (rougeole, varicelle)
o Le cancer et la chimiothérapie anticancéreuse
o Les médicaments immunosuppresseurs (corticoïdes)
o La tuberculose disséminée sévère

ANNEXE 3 : RECUEIL DES EXPECTORATIONS CHEZ L’ADULTE ET LE GRAND ENFANT

3.1 Pourquoi l’examen de crachats est-il nécessaire ?

107
 La tuberculose est une maladie très fréquente mais curable des poumons. Lorsqu’un
malade est atteint par la tuberculose, le germe de la tuberculose peut se trouver dans
son expectoration. Examiner les crachats est le meilleur moyen de vérifier si le malade
souffre de la tuberculose maladie

3.2 Quel équipement est nécessaire pour le recueil de crachats ?


 Un crachoir stérile et un sachet en plastique pour l’emballage du crachoir
 Un bon de demande de l’examen
Le crachat doit être recueilli de préférence dans une zone bien ventilée à l’abri de la pluie.
Il ne doit pas être recueilli dans les toilettes

3.3 Que doit-on dire au malade lors du recueil de crachats ?


 Expliquer que les crachats sont nécessaires pour le diagnostic de la tuberculose
 Demander au malade de faire ce qui suit :
o Rincer la bouche avec de l’eau
o Inspirer profondément
o Après l’expiration, inhaler fortement et tousser fortement
o Cracher l’expectoration dans le pot (crachoir)
o Fermer le crachoir hermétiquement
o Nettoyer l’extérieur du crachoir
o Placer le crachoir dans le sachet en plastique

3.4 Que doit-on faire à la réception du prélèvement de crachats du malade ?


 Etiqueter bien le formulaire de demande d’examen de l’échantillon : Noms, date,
informations cliniques pertinentes, type d’examen demandé (microscopie, TB-LAMP,
GeneXpert, culture et antibiogramme)
 Etiqueter bien le crachoir
 Envoyer le prélèvement dès que possible au laboratoire
 Garder-le dans le réfrigérateur si le transport au laboratoire n’est pas disponible
 Conserver le dans un contenant sombre et froid pendant le transport

3.5 Transport des échantillons


NB: les échantillons doivent être emballés dans un “Triple emballage”

1. La fiche de demande d’examen accompagnant les prélèvements doit contenir tous les
renseignements sollicités sur le patient
2. Premier emballage : Emballer le flacon antifuite dans du coton en laine ou dans un
essuie-tout en quantité suffisante pour absorber tout le contenu en cas de fuite. Si les
échantillons ne peuvent pas être transportés immédiatement, les conserver entre 2-8 oC
pour un maximum de 7jours

Crachoir

108
Papier
absorbant/coton
3. Deuxième emballage – placer le flacon emballé dans du coton dans un deuxième
récipient qui peut être un sac à fermeture scellé ou un autre contenant. Placer le
deuxième récipient sur un support approprié pour prévenir toute fuite

Plastic zip Récipient support

4. Troisième emballage: le deuxième récipient et son contenu sont positionnés dans un


refroidisseur sécurisé autorisé ou un autre contenant approprié (glacière, carton) en
position debout Un Signal de biosécurité et un étiquetage approprié au type de
prélèvement doivent être apposés sur le troisième contenant

5. L’échantillon dans son triple emballage est en sécurité pour le transport au laboratoire le
plus tot possible pour l’analyse bactériologique.
6. Le nombre total d’échantillons dans le carton doit correspondre au nombre total
d’échantillon sur la fiche qui accompagne la demande d’analyses.
7. Utiliser le moyen approprié pour le transport (Transports en commun, motos, Taxis, etc)

3.6 Quelles précautions de sécurité doivent être respectées ?


 Ne pas être près du malade quand il tousse
 Se laver les mains immédiatement après avoir manipulé des échantillons
d’expectoration

109
ANNEXE 4 : RECEUIL DES CRACHATS INDUITS CHEZ L’ADULTE ET LE GRAND ENFANT

 Cette procédure est utilisée pour recueillir l’expectoration nécessaire pour le diagnostic de la
TB pulmonaire lorsque le malade est incapable de produire les crachats spontanément.

110
 Une solution salée hypertonique est nébulisée pour irriter les voies aériennes, augmenter et
liquéfier les sécrétions et ainsi induire la toux et l’expectoration.

4.1 Quel matériel et équipement sont nécessaires pour la procédure ?


 Un crachoir stérile (neuf) portant le nom du malade
 Un formulaire de demande d’examen et un sachet en plastique pour l’emballage du
crachoir
 Des gants
 Un nébuliseur et des masques à nébulisation
 Bronchodilatateur (ex : salbutamol)
 Un oxymètre
 Une source d’approvisionnement d’oxygène
 Un masque filtrant pour le personnel de santé
 Une solution salée hypertonique à 5%
 Une aiguille de calibre 19
 Une seringue de 20ml
 Un verre d’eau

4.2 Que doit-on dire au malade ?


 La procédure doit être complètement expliquée aux adultes et aux grands enfants y
compris les risques et les bénéfices.

4.3 Que comporte la procédure ?


 Le malade doit rincer sa bouche avec de l’eau avant de commencer
 Il faut prémédiquer le malade avec le salbutamol s’il est asthmatique ou s’il présente
une fonction respiratoire gravement atteinte
 Charger la tasse du nébuliseur avec une solution salée hypertonique à 5%
 Instruire le malade d’inspirer profondément lorsqu’il est nébulisé
 Nébuliser le malade pendant environ 5 minutes
 Si le malade ne tousse pas spontanément lui demander d’essayer une toux forcée
 Si nécessaire utiliser une kinésithérapie thoracique douce
 L’expectoration venant du fond des bronches doit être mise dans le crachoir
 La salive doit être jetée dans un pot séparé
 Arrêter la procédure lorsque :
o Le malade a produit 5-10 ml de crachat
o Le malade a été nébulisé pendant 15minutes
o Le malade se sent dyspnéique, a des lipothymies, est nauséeux ou
développe une détresse respiratoire.
 Surveiller le malade tout au long de la procédure

4.4 Quelles précautions de sécurité doivent être respectées ?


a) Pour le patient :
 La procédure est sure même pour les jeunes enfants mais le personnel doit être
suffisamment formé.

111
 La procédure est à faible risque, mais peut être mal tolérée chez les enfants ayant des
besoins élevés en oxygène
 Les contre-indications sont : une détresse respiratoire grave, un niveau de conscience
réduit, un bronchospasme sévère, une tendance à saigner (la procédure peut
précipiter une épistaxis sévère)
 Les effets secondaires comprennent : la toux, le wheezing (respiration sifflante) léger
et l’épistaxis
 Les enfants ayant des besoins élevés en oxygène doivent avoir une surveillance
continue de la saturation en oxygène pendant la procédure
 Si la saturation descend en dessous de 88% pendant plus d’une minute, la procédure
doit être arrêtée et l’enfant stabilisé avant la reprise de la procédure

b) Pour le personnel de santé :


 Cette procédure a un risque élevé lorsqu’elle est pratiquée chez un malade suspect de
TB pulmonaire. Le personnel de santé présent doit porter les masques filtrants N95
 Ceci est une procédure génératrice d’un aérosol et doit donc être faite dans une salle
d’isolement avec des mesures adéquates de contrôle de l’infection

4.5 Que faire lorsqu’on reçoit le prélèvement ?


 Assurer que les noms du malade sont inscrits sur le crachoir
 Remplir correctement le formulaire de demande d’examen
 Indiquer clairement l’examen demandé (microscopie seule, ou microscopie avec TB-
LAMP, Xpert MTB RIF culture et antibiogramme)
 Adresser le prélèvement au laboratoire dès que possible ou le mettre au réfrigérateur
en attendant son transport au laboratoire

ANNEXE 5 : RECEUIL DES CRACHATS INDUITS CHEZ LE PETIT ENFANT

5.1 Quels matériels et équipements sont nécessaires pour la procédure ?


 Un crachoir stérile portant les noms du malade

112
 Un formulaire de demande d’examen et un sachet en plastique pour l’emballage du
crachoir
 Les gants
 Un nébuliseur et un masque à nébulisation
 Un bronchodilatateur (ex : Salbutamol)
 Une source d’approvisionnement d’oxygène
 Un inhalateur doseur
 Une chambre d’inhalation avec babymask (avec lequel administrer le
bronchodilatateur)
 Un oxymètre
 Un masque N95 pour le personnel conduisant la procédure
 Un aspirateur de mucus avec une sonde d’alimentation
 Un aspirateur mural et portable
 Sérum salée isotonique avec une seringue (5ml)
 L’alcool ou la Chlorhexidine

5.2 Que doit-on dire au malade ?


 La procédure doit être expliquée aux parents et à l’enfant si l’âge approprié
 L’enfant doit être à jeun pour au moins trois heures avant la procédure

5.3 Que comporte la procédure ?


 Idéalement, elle devrait être exécutée par deux professionnels de santé, l’un pour
recueillir les prélèvements et l’autre pour tenir l’enfant
 Si l’enfant est médicalement stable, le garde-malade peut tenir l’enfant (le garde-
malade ne doit pas porter un masque N95, s’il réside avec l’enfant)
 Parce que la nébulisation avec une solution salée hypertonique peut précipiter une
respiration sifflante (wheezing) chez les enfants, deux bouffées d’un bronchodilatateur
doivent être administrées en utilisant un inhalateur doseur via un dispositif de chambre
d’inhalation et babymask 5 minutes avant la nébulisation
 Administrer 5 ml de solution salée hypertonique via un masque de nébulisation
pendant 10-15minutes
 Si nécessaire une légère kinésithérapie respiratoire utilisant des mains creuses peut
être effectuée pour détacher les sécrétions
 Les grands enfants qui peuvent expectorer peuvent le faire
 Si l’enfant ne peut expectorer, recueillir les sécrétions naso-pharyngiennes :
o Introduire doucement une sonde d’alimentation de calibre 5 à 8 Français
dans le naso-pharynx (cela empêche la collecte des sécrétions nasales qui
peuvent réduire la qualité de l’expectoration)
o Une fois un volume suffisant (1-2 ml) de l’expectoration a été recueilli dans la
chambre d’aspiration du mucus, arrêter l’aspiration et retirer la sonde
d’alimentation du naso-pharynx
o Utiliser 5 ml de solution salée isotonique pour rincer les sécrétions résiduelles
adhérentes aux parois de la sonde d’alimentation dans la chambre
d’aspiration de mucus. Cela aide également à optimiser le volume de
l’échantillon d’expectoration induite.
 Surveiller le malade tout au long de la procédure
113
 Désinfecter et stériliser tout équipement (chambre d’inhalation, babymask) qui sera
réutilisé
 Jeter le masque de nébulisation et la sonde d’alimentation utilisés

5.4 Quelles précautions de sécurité doivent être respectées ?


a) Pour le patient :
 La procédure est sure même pour les jeunes enfants mais le personnel doit être
suffisamment formé.
 La procédure est à faible risque mais peut être mal tolérée chez les enfants ayant des
besoins élevés en oxygène
 Les contre-indications sont : une détresse respiratoire grave, un niveau de conscience
réduit, un bronchospasme sévère, une tendance à saigner (la procédure peut
précipiter un épistaxis sévère)
 Les effets secondaires comprennent : la toux, un léger sifflement respiratoire, et
l’épistaxis
 Les enfants ayant les besoins élevés en oxygène doivent avoir une surveillance
continue de la saturation en oxygène pendant la procédure
 Si la saturation descend au-dessous de 88% pendant plus d’une minute, la procédure
doit être arrêtée et l’enfant stabilisé avant reprise si possible de la procédure
b) Pour le personnel de santé :
 Cette procédure est un acte générateur d’un aérosol et doit donc être faite dans une
salle d’isolement avec des mesures adéquates de contrôle de l’infection
 Le personnel de santé effectuant la procédure doit porter les masques filtrants N95

5.5 Que faire lorsqu’on reçoit le prélèvement ?


 Assurer que le crachoir contenant le prélèvement est bien étiqueté avec les noms du
malade
 Adresser le prélèvement au laboratoire dès que possible ou le mettre au réfrigérateur
en attendant son transport au laboratoire

5.6 Quels examens de laboratoire demander pour les enfants ?


 Indiquer clairement les examens à faire
o Microscopie, culture et antibiogramme ou
o TB Lamp
o Xpert MTB/RIF
 L’examen microscopique des prélèvements des petits enfants est habituellement
négatif. On ne devrait pas compter sur lui pour faire le diagnostic de la tuberculose
infantile.

Annexe 6 : TUBAGE ET LAVAGE GASTRIQUE CHEZ L’ENFANT

6.1 Quel équipement est nécessaire pour la procédure ?


 Un pot stérile pour le recueil de l’échantillon
 Une sonde nasogastrique (habituellement de calibre 10 ou plus )
 Des seringues (5, 10, 20 ou 30 ml)
114
 Papier tournesol
 Mètre ruban
 Sérum salé isotonique
 Solution de bicarbonate de sodium (8%)
 Alcool ou Chlorhexidine
 Bon de demande de l’examen et un sachet en plastique pour l’emballage du pot de
prélèvement

6.2 Que doit-on dire au malade ?


 Expliquer la procédure aux parents de l’enfant
 L’enfant doit être à jeun depuis au moins 4 heures et les nourrissons depuis 3
heures avant la mise en œuvre de la procédure

6.3 Que comporte la procédure ?


 Un échantillon doit être prélevé sur chacune de 3 matinées consécutives des que
l’enfant se réveille
 Positionner l’enfant sur le dos ou sur le côté et demander à un assistant de le tenir
 Mesurer la distance entre le nez et l’estomac pour jauger la distance nécessaire pour
introduire la sonde dans l’estomac
 Attacher une seringue à la sonde nasogastrique
 Introduire doucement la sonde par le nez et avancer la dans l’estomac
 Aspirer 2 à 5 ml du liquide gastrique
 Vérifier la position de la sonde
o Ceci peut être fait en testant le liquide aspiré avec le papier tournesol. A
raison de son acidité, le liquide gastrique vire au bleu le papier de tournesol
rouge
o La position de la sonde peut également être vérifiée en poussant 3-5 ml d’air
dans l’estomac en utilisant la seringue et en écoutant sur l’estomac avec le
stéthoscope
 Si aucun liquide n’est retiré pendant l’aspiration, introduire 5 à 10 ml de sérum salé
isotonique et aspirer à nouveau
 Ceci peut être répété jusqu’à 3 fois
 Puis retirer 5-10 ml de liquide gastrique si possible et transférer le liquide dans le pot
d’échantillon
 Ajouter un volume égal de solution de bicarbonate de sodium au liquide pour le
neutraliser et empêcher la destruction des mycobactéries si présentent par l’acidité
gastrique
 S’assurer que le capuchon du pot à échantillon est solidement fixé pour éviter toute
fuite de l’échantillon
 Essuyer le pot à échantillon avec de l’alcool et l’étiqueter
 Remplir le bon de demande d’examen
 Les échantillons doivent être transportés au laboratoire dès que possible
 Si l’attente pour le transport est plus de 4 heures, conserver les échantillons dans un
réfrigérateur à 4-8 0C jusqu’à leur transport
 Nourrir l’enfant normalement après la procédure

115
6.4 Quelles précautions de sécurité doivent être respectées ?
a) Pour le malade
 Ceci est une procédure à faible risque, donc une surveillance intensive de
l’enfant n’est pas nécessaire
 Les enfants ayant un faible taux plaquettaire et une tendance à saigner ne
doivent pas subir cette procédure car l’introduction de la sonde nasogastrique
peut provoquer des saignements sévères du nez.

b) Pour le personnel de santé


 Le tubage gastrique n’est pas une procédure génératrice d’aérosol et les
jeunes enfants ne sont pas très contagieux
 Il est donc considéré comme une procédure à faible risque pour la
transmission de la tuberculose et peut être administré au chevet de l’enfant
ou dans une salle d’examen de routine

ANNEXE 7: RECEUIL DES SECRETIONS NASO-PHARYNGEES CHEZ LES ENFANTS.

7.1 Quels équipements sont nécessaires pour la procédure?

 Les masques N95 pour le personnel de santé


 Les gants à usage unique
 La sonde nasopharyngée (reliée au piège à crachat)
 Un aspirateur
116
 Un oxymètre (si disponible)
 Les crachoirs stériles
 Le piège à crachat
 Le formulaire de demande d’examen de laboratoire
 Une sonde d’aspiration (en cas de vomissement)
7.2 Que doit-on dire au malade?

 La procédure doit etre expliquée aux parents et à l’enfant si ce dernier à l’age aproprié
 L’enfant doit être à jeun au moins pendant 4 à 6 heures avant la procédure.
7.3 Que comporte la procédure?

 De façon idéale, la procédure doit etre réalisée par deux personnels de santé ( un pour
réaliser la procédure, l’autre pour tenir l’enfant lors de la procédure.
 Si l’enfant est médicalement stable, la garde malade peut le tenir (la garde malade n’a
pas besoin de porter le masque N95, si elle vit avec l’enfant).
 Placer l’enfant dans une position assise raide sur la chaise (le nourisson doit être placé
en decubitus dorsal comme lors des tétées).
 Se tenir débout ou assis à coté de l’enfant de manière à pouvoir observer aisement
l’enfant et tout equipement lors de la procédure.
 Demander au patient d’éternuer et nettoyer la narine avec de sérum salé
 Relier le piège à crachat à l’aspirateur
 Mesurer la distance du nez au nasopharynx en plaçant le bout de la sonde
nasopharyngée au tragus de l’oreille et en l’étendant au bout du nez de l’enfant. Indiquer
sur la sonde la longeur qui doit être introduite au nasopharynx.
 Introduire la sonde dans la narine jusque dans le nasopharynx. Si le patient n’a pas de
dents, la sonde peut être introduite par la bouche dans l’oropharynx.
 Si le patient tousse pendant l’introduction de la sonde et produit une expectotrration de
bonne qualité, le receuillir dans un crachoir stérile. Si l’expectoration (≥2ml de bonne
qualité) a été produite, le receuil de crachat est complet.
 Si l’enfant ne produit pas un echantillon de crachat, introduire la sonde réliée au piège
de crachat dans le nasopharynx. La prudence doit etre de mise pour eviter le
traumatisme.
 Mettre l’aspirateur en marche à la pression de 15-20 KPa en l’augmentant seulement si
c’est nécessaire.
 Se servir de l’aspiration pour receuillir les sécrétions respiratoires seulement lorsque la
sonde est en train d’etre retirée et maintenir l’aspiration jusqu’à l’obtention d’au moins 2
ml de crachat dans le piège à crachat.
 Transferer le crachat receuilli dans le piège à crachat dans un cachoir stérile en
assurant que ce dernier est hermétiquement fermé et correctement libellé.
 Observer l’enfant en tout temps au cours de la procédure
 Desinfecter et steriliser l’equipement réutilisable

7.4 Quelles précautions de securité doivent etre respectées?

 Pour le patient:
- La procédure est sure même pour les nourissons mais le personnel doit avoir une
formation adéquate.

117
- La procédure est à faible risque mais elle peut être mal tolérée par les enfants
ayant les besoins supplémentaires en oxygène.
- Il faut arrrêter la procédure immédiatement s’il survient:
o Une détresse respiratoire
o Une transpiration (sudation) profuse ou excessive
o Des nausées/ vomissements
o Des lipothymies, vertiges ou perte de conscience.
 Pour le personnel de santé:
- Ceci est une procédure génératrice d’aerosol et doit donc être réalisée dans une
salle d’isolement avec des mesures adéquates de contrôle de l’infection (salle bien
ventillée).
- Le personnel de santé réalisant la procédure doit porter les masques N95 et les
gants à usage unique.
7.5 Quelles sont les contre-indications de la procédure?

 Asthme aigu
 Respiration sifflante (wheezing)
 Signes vitaux anormaux
 Tout signe de detresse respiratoire moderée à sévère
 Epistaxis
 Pneumothorax
 Intervention chirugicale oculaire récente
 Intervention chirugicale abdominale récente
 Fractures des côtes ou traumatisme thoracique
7.6 Que faire à la réception du prélèvement?

 S’assurer que le pot de prélèvement est bien libellé avec les données du malade.
 Adresser le prélèvement dès que possible au laboratoire ou le garder dans un
réfrigérateur en attendant le transport.
7.7 Quels examens doit-on demander pour les enfants?

 Il faut bien les indiquer sur le bon d’examen.


- Examen microscopique, culture et antibiogramme ou Xpert MTB/ RIF ou TB
Lamp.
 A noter que l’examen microscopique de crachats pour la recherche de bacilles acido-
alcoolo- résistants (BAAR) est habituellement négatif chez les petits enfants. On ne doit
donc pas se fier à cet examen pour faire le diagnostic de la TB infantile.

Note pratique:

Que faire à la fin de la procédure de receuil des secrétions nasopharyngiennes?

118
 Surveiller l’enfant pendant plusieurs minutes après la procédure. Si l’oxymètrie baisse
en dessous du niveau de base ou s’il ya de signes de détresse respiratoire, donner de
l’oxygène et aspirer les secretions en excès dans les voies aèriennes.
 Informer la garde malade que la toux peut augmenter en fréquence dans les 24 heures
suivant la procédure.

ANNEXE 8 : ASPIRATION A L’AIGUILLE FINE


 L’aspiration à l’aiguille fine est une procédure simple et peut être effectuée en toute sécurité
par des infirmières formées en ambulatoire et dans des contextes où les ressources sont
limitées
 Il fournit du matériel pour l’Xpert, la microscopie, la culture et l’antibiogramme

119
 Les malades avec des masses profondes doivent être référés pour une aspiration à l’aiguille
fine écho-guidée

7.1 Quel équipement est nécessaire pour une aspiration à l’aiguille fine ?
 Milieu de culture liquide (BACTEC)
 Aiguille de coupe 22 ou 23G
 Seringues à usage unique de 10 ml
 Tampons d’alcool
 Gants
 Lames en verre pour examen cytologique
 Fixatif en spray ou l’alcool à 95%

7.2 Que doit-on dire au malade ?


 Expliquer la procédure
 Avertir le malade que la douleur peut être ressentie

7.3 Que comporte la procédure ?


 Identifier le meilleur site pour l’aspiration
 Nettoyer la peau et attendre qu’elle soit sèche
 Immobiliser la masse
 Positionner l’aiguille de manière à pouvoir accéder à la masse entière sans passer par
les muscles
 Introduire fermement l’aiguille et appliquer une aspiration constante de moins de 1 ml.
 Aspirer en déplaçant l’aiguille dans un mouvement de ventilateur dans toute la masse
 Quand il y a du matériel dans le noyau de l’aiguille, relâcher l’aspiration et retirer
l’aiguille
 Demander à l’assistant d’appliquer une pression sur la blessure

7.4 Comment confectionner la lame?


 Retirer l’aiguille de la seringue
 Tirer 10ml d’air dans la seringue et rattacher l’aiguille
 Utiliser l’air pour expulser le matériau dans l’aiguille sur la lame
 Placer la deuxième lame face vers le bas sur la première lame, laisser le matériau se
rependre
 Séparer doucement les lames
 Fixer une des lames avec de l’alcool ou un spray fixateur et laisser l’autre se sécher à
l’air libre

7.5 Comment préparer le prélèvement aspiré pour la culture ?


 Préparer la bouteille de TB BACTEC avant de commencer à retirer le couvercle et à
nettoyer le capuchon en caoutchouc
 Après avoir préparé le frottis, le matériau résiduel dans l’aiguille peut être rincé
directement dans le milieu de culture de TB
 Retirer le milieu liquide de la bouteille de culture liquide dans la seringue
120
 Expulser le liquide dans la bouteille, utilisant ainsi le milieu de culture pour rincer la
seringue de manière stérile
 Si la bouteille de culture TB n’est pas disponible, l’aiguille peut être rincée dans une
solution salée stérile mais le rendement ne sera pas aussi bon
 Si le pus est aspiré d’une masse, seulement 1-2 gouttes doivent être placées dans le
milieu de transport. C’est pour éviter une fausse culture positive ou une inactivation du
test moléculaire due à des inhibiteurs dans le pus. Le pus aspiré peut être placé dans
un tube stérile et soumis également au laboratoire de microbiologie

7.6 Comment préparer le prélèvement aspiré pour examen Xpert ?


 Le matériau résiduel après préparation de la lame peut être rincé dans le milieu de
transport TB et envoyé pour le test Xpert MTB/RIF

7.7 Quelles précautions de sécurité doit-on prendre ?


 Observer les précautions universelles
 Ne pas remettre le capuchon de l’aiguille
 Jeter tous les objets tranchants dans un contenant à risque biologique

7.8 Quelles complications peuvent survenir ?


 Les complications telles que l’hématome sont rares

ANNEXE 9 : LES EFFETS SECONDAIRES DES MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX DE


PREMIERE LIGNE

On peut diviser les effets secondaires des médicaments antituberculeux en deux catégories :
les majeurs et les mineurs.

121
Les effets secondaires mineurs ne provoquent qu’un inconfort relativement faible. Ils doivent
cependant être pris en considération car ils peuvent entraîner l’abandon du traitement par un
malade qui ressent péniblement ces effets secondaires et qui, se sentant mieux par ailleurs, ne
comprend pas toujours la nécessité d’un traitement prolongé. Il faut donc être à l’écoute des
malades par rapport à ces symptômes, aménager le traitement si possible, prescrire un
traitement symptomatique pour les diminuer ou les faire disparaître et surtout convaincre le
malade de continuer le traitement.

Les effets secondaires majeurs peuvent constituer un grave danger pour la vie du malade. Il
faut être vigilant pour les diagnostiquer précocement et référer le patient présentant des
symptômes évocateurs de ces effets secondaires majeurs vers un service hospitalier compétent
en la matière.

8.1 Quels sont les effets secondaires mineurs les plus fréquents des médicaments
antituberculeux de première ligne et leur prise en charge ?

Effets secondaires Médicament Conduite à tenir


mineurs responsable

Anorexie, nausée, Rifampicine  Exclure d’autres causes


douleurs abdominales  Traiter de manière symptomatique
 Prise de rifampicine au moins 30
minutes avant le repas ou avant
d’aller se coucher
 Prendre les anti-acides au moins 2
heures avant ou après prise du
traitement
Douleurs articulaires Pyrazinamide  Continuer le traitement
(Arthralgies)  Traiter de manière symptomatique
avec l’aspirine (ou un autre anti-
inflammatoire non stéroïdien)
 Allopurinol (Zyloric) peut être
nécessaire si sévère (accès de
goutte)
Sensation de brûlure Isoniazide  Pyridoxine à 50mg par jour
sur les plantes de pieds
(phase initiale de la
neuropathie
122
périphérique)

Couleur rouge/orange Rifampicine  Informer le malade avant de débuter


des urines le traitement de cet effet et le
rassurer si celui-ci survient

8.2 Quels sont les effets secondaires majeurs les plus fréquents des médicaments
antituberculeux de première ligne et leur prise en charge ?

Effets secondaires Médicament(s) Conduite à tenir


majeurs responsable(s)

 Démangeaisons (prurit)  Rifampicine Voir Page 116 ?


et éruption cutanée  Isoniazide
 Pyrazinamide
 Ictère (jaunisse)  Isoniazide Voir page 117 ?
 Rifampicine
 Pyrazinamide
 Neuropathie Isoniazide (le VIH peut  Continuer le traitement
périphérique en être responsable) antituberculeux
 Donner la pyridoxine à la dose
de 50-100mg par jour
 La dose de pyridoxine peut
être augmentée à 200mg par
jour chez les patients VIH
positifs.
 Vomissement  Isoniazide  Référer pour traitement de
 Confusion  Rifampicine soutien si grave
 Pyrazinamide
 Affaiblissement de la Ethambutol  Arrêter immédiatement
vue Ethambutol
 Perte visuelle  Ne plus le réintroduire
 Référer le malade chez un
ophtalmologue
 Purpura généralisé et Rifampicine  Arrêter la rifampicine
choc  Donner la vitamine K à la
naissance au nouveau-né de

123
mère sous rifampicine

8.3 Comment prendre en charge une éruption cutanée survenue au cours du traitement
antituberculeux?
- L’éruption cutanée due au traitement antituberculeux apparait habituellement 3 a 4
semaines après le début du traitement
 Prendre une observation soigneuse du début de l’éruption.
- Les réactions cutanées ne sont pas toujours liées aux médicaments antituberculeux
- Il faut considérer
 Les autres médicaments : Cotrimoxazole
 Les causes sous-jacentes : VIH
 Les conditions infectieuses : Zona, Cosackie virus, la gale

Gradation et la prise en charge de l’éruption cutanée

Légère éruption  Donner un anti-histaminique


cutanée prurigineuse  La prednisone peut être donnée à la dose de 0,5mg/kg/J
pendant 5 à 10 jours.
 Une crème cutanée peut être ajoutée
Eruption pétéchiale  Due principalement à la rifampicine
 Evaluer le taux de plaquettes
 Si au-dessous de valeurs normales, (150000-450000/mm3),
arrêter la rifampicine et l’exclure du régime
 Surveiller le taux de plaquettes jusqu’à qu’il revient à la
normale.
Eruption  Arrêter tous les médicaments
érythémateuse avec  Eliminer une réaction d’anaphylaxie qui peut être caractérisée
fièvre par un des éléments suivants : angioedème, gonflement de la
langue/ gorge, suffusion faciale, respiration sifflante, difficulté à
respirer, l’hypotension
 Si le traitement ne peut pas être arrêté à cause de la gravité de
la maladie, un régime comprenant d’autres médicaments que le
patient n’a jamais pris peut être prescrit
 Si l’éruption s’améliore, les médicaments peuvent être
réintroduits un à un en commençant par la rifampicine qui est le

124
plus puissant et le moins susceptible de causer une éruption
suivi par isoniazide, puis pyrazinamide et ethambutol
 Surveillez les signes et les symptômes et si l’éruption se
récidive à un moment, le dernier médicament doit être supprimé

8.4 Comment prendre en charge un malade avec une réaction d’hypersensibilité


généralisée ?
 En cas d’une réaction d’hypersensibilité sévère et étendu grave (Syndrome de Lyell ou
de Steven Johnson) :
o Tous les médicaments antituberculeux doivent être arrêtés
o Le malade doit être hospitalisé et traité avec les corticoïdes
 Apres la disparition de la réaction il faut chercher à identifier le médicament en cause
 Cette identification consiste à administre les médicaments un à un en commençant par
des doses faibles pour atteindre la dose totale en 4 a 5 jours. Exemple

1er jour 2e jour 3e jour 4e jour

Isoniazide 50 mg 100 mg 100 mg 300 mg

 Avant de passer à la dose supérieure, il faut procéder à un examen clinique complet du


malade.
 Dès qu’un médicament est donné à dose maximale sans incident il faut l’arrêter et
passer à un autre, jusqu’à l’identification du médicament responsable.
 Une fois identifié, le médicament incriminé doit être arrêté et le traitement est continué
avec les autres médicaments.

9.5 Hépatotoxicité

9.5.1 Quelle est la conduite à tenir devant une hépatotoxicité chez un patient sous
traitement antituberculeux de première ligne ? (algorithme page 127)

125
 Exclure d’autres causes telles que la consommation excessive d’alcool, autres
médicaments que le malade peut être en train de prendre, maladie du foie préexistante,
hépatite virale etc.
 Arrêter tous les médicaments que le patient est en train de prendre – la combinaison
{RHEZ} , {RHZ} ou {RH}, Cotrimoxazole; traitement antirétroviral etc.
 Réaliser les tests de la fonction hépatique, la sérologie de l’hépatite A, B et C (pour les
patients à haut risque d’hépatite virale) et le VIH (si statut inconnu).
 Surveiller les symptômes cliniques jusqu’à leurs résolutions

9.5.2 Quelles sont les modalités de réintroduction des médicaments antituberculeux de


première ligne après une hépatotoxicité médicamenteuse ?

 Débuter avec la rifampicine à la dose de 10 mg /kg/jour (maximum 600 mg/ jour)


 Refaire le dosage d’ALAT au 3e jour
 Si normal, ajouter l’isoniazide à la dose de 5 mg/kg/jour (maximum 300 mg/ jour) aux
jours 4 à 6
 Refaire le dosage d’ALAT au 7e jour
 Si normal, ajouter l’ethambutol à la dose de 15 mg/kg/jour aux jours 8 à 10
 Vérifier le taux d’ALAT au 10e jour
 Si normal, ajouter le pyrazinamide à la dose de 25 mg/kg/jour (si patient en phase
intensive de traitement) et continuer le traitement selon le régime en répétant le dosage
d’ALAT chaque semaine pendant un mois

Si le patient ne peut tolérer un des médicaments de la première ligne, référer le malade au


pneumologue

Note pratique :

Réintroduire le cotrimoxazole après traitement antituberculeux une fois que les tests
hépatiques deviennent acceptables chez les personnes vivant avec le VIH.

ALGORITHME DE PRISE EN CHARGE DE L’HEPATITE SURVENUE AU COURS DU


TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX

Suspicion d’hépatotoxicité

Évaluation 126
- Le patient présente-t-il
 L’ictère, nausée ou vomissement grave
 L’anorexie, fatigue, urine foncée
ANNEXE 10 : INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES IMPORTANTES DES
ANTITUBERCULEUX DE PREMIERE LIGNE

9.1 Quelles sont les interactions médicamenteuses de l’Isoniazide et comment les


prendre en charge ?

Médicament Effet d’interaction Conduite à tenir


127
Antiacides L’absorption de l’INH est diminuée par la Administrer ces
prise concomitante d’antiacides à base médicaments au moins à 2
d’aluminium heures d’intervalle
Carbamazepine Les taux sériques de carbamazepine  Une toxicité à la
augmentent rapidement carbamazepine peut
survenir
 La dose de
carbamazepine doit être
réduite
 Une surveillance étroite
du malade est
nécessaire pour ajuster
la dose
Paracétamol Toxicité potentielle au paracétamol  Les doses quotidiennes
de 40mg /kg/jr de
paracétamol peuvent ne
pas être sûres
 Avertir les patients de
limiter leur utilisation du
paracétamol

Phénytoine  Les taux de phénytoine sont  La toxicité à la


augmentés si administré avec INH phénytoine peut survenir
seul si sa dose n’est pas
 Si la rifampicine et l’INH sont réduite de manière
administrés concomitamment le taux appropriée
sérique de phenytoine peut diminuer
chez les acétyleurs rapides de l’INH
mais peut augmenter chez les
acétyleurs lents
Théophylline Le taux plasmatique de la théophylline Surveiller les taux
peut être augmenté plasmatiques
Warfarine Les taux sériques de warfarine L’ajustement de la dose peut
augmentent être nécessaire

9.2 Quelles sont les interactions médicamenteuses de la rifampicine et comment les


prendre en charge ?

Médicament Effet d’interaction Conduite à tenir


Lopinavir/ritonavir  Diminution du taux sérique de  Ajuster la dose de LPV/r
(Inhibiteurs de Protéase) ritonavir  Surveiller les fonctions
 Augmentation des taux hépatiques
sériques des transaminases

128
hépatiques (ASAT, ALAT)
Phénytoine  Diminution du taux sérique de  Surveiller le taux sérique
phénytoine de phénytoine et
 Lorsque l’INH et la rifampicine augmenter la dose de
sont utilisés avec la phénytoine de manière
phénytoine, la diminution du appropriéé si elle est
taux sérique de phénytoine utilisée avec la
peut être moindre rifampicine
 Surveiller étroitement
pour ajuster
correctement la dose de
phénytoine
Zidovudine  La clairance de Zidovudine est  Surveiller pour une
augmentée réponse réduite à la
zidovudine (AZT)
Névirapine  Diminution du taux sérique de  Envisager une
névirapine alternative
Acide valproique  Le taux sérique de l’acide  Surveiller le taux sérique
valproique est diminué de l’acide valproique et
ajuster la dose en
conséquence
Inhibiteurs Calciques  Le taux sérique des inhibiteurs  Surveiller étroitement et
(Nifédipine, Amlodipine, calciques est diminué augmenter la dose de
Vérapamil) l’inhibiteur calcique si
nécessaire
Les Bétabloquants  Le taux sérique des  Les bétabloquants
bétabloquants est diminué excrétés par le foie sont
affectés, ceux excrétés
inchangés dans l’urine
ex Aténolol ne devraient
pas être affectés
 Surveiller étroitement et
ajuster la dose au
besoin
Les antifongiques  Le taux sérique des  Administrer le
(Itraconazole, antifongiques est nettement kétoconazole et la
kétoconazole) diminué rifampicine à 12 heures
 Le taux sérique de rifampicine d’intervalle
peut être diminué par
l’utilisation concomitante de
kétoconazole
Contraceptifs oraux  Diminution de l’effet  Ne pas utiliser de
Ethinyloestradiol, contraceptif manière concomitante,
levonogestrol, norgestrel les métrorragies sont
fréquentes et la
grossesse ne peut être
évitée
 Utiliser une pilule
contraceptive orale
contenant une forte
dose d’œstrogène
(50mcg)
 Utiliser la méthode non-
129
hormonale de
contraception si sous la
rifampicine
Contraceptifs injectables  Diminution de l’effet  Raccourcir les
à base de progestérone contraceptif intervalles entre les
seulement : injections
Acétate de Medroxy- - Toutes les 8
progestérone , semaines pour
Enanthate de enanthate de
Norethisterone Norethisterone
- Toutes les 10
semaines pour la
Medroxy-
progestérone
 Envisager l’utilisation de
contraceptifs de barrière
Implants progestatifs  Diminution de l’effet  Utiliser une autre
sous-dermiques contraceptif méthode ex : stérilet ou
dépôt d’acétate de
Medroxy-progestérone
 Si implant déjà mis en
place, il doit être couvert
avec une autre méthode
non-hormonale (stérilet,
préservatif) pendant la
durée du traitement
Opioïdes :  Le taux sérique d’opioïdes est  Surveiller pour un
Morphine diminué contrôle adéquat de la
Codéine douleur
 Les doses d’opioïdes
peuvent devoir être
augmentées, réévaluer
lorsque la rifampicine
est arrêtée
Autres :  Le taux sérique de ces  Les doses plus élevées
 Corticoïdes médicaments peut être peuvent être
 Théophylline diminué nécessaires
 Warfarin
 Sulfonylurées
 Cyclosporine
 Quinine
 Digoxine
 Cimétidine

9.3 Quelles sont les interactions médicamenteuses de la pyrazinamide et comment les


prendre en charge ?

Médicament Effet d’interaction Conduite à tenir


Les médicaments  La pyrazinamide inhibe la  La dose d’allopurinol ou
antigoutteux clairance des urates de probénécide peut
 Allopurinol nécessiter un
 Probénécide ajustement

130
Diurétiques  Augmentation additive de  Surveiller étroitement
Ethambutol l’urate sérique

9.4 Quelles sont les interactions médicamenteuses de l’éthambutol et comment les


prendre en charge ?

Médicament Effet d’interaction Conduite à tenir


 Pyrazinamide  Potentiel additif pour  Surveiller étroitement
 Diuétiques l’augmentation de l’urate
sérique

ANNEXE 11 : ENREGISTREMENT, FICHES ET RAPPORTS

10.1 REMARQUES GENERALES

Le recueil d’informations exactes sur chaque malade et la préparation des rapports périodiques
sont indispensables pour le monitoring et l‘évaluation du PNLT. Les rapports doivent fournir
des données statistiques détaillées sur les malades et les activités de lutte.
131
Les supports pour le recueil des données et la préparation des rapports sont :

- le registre de laboratoire;
- le registre de la tuberculose ;
- la fiche de traitement anti-tuberculeux ;
- la carte de traitement anti-tuberculeux ;
- le formulaire de demande d’examen de laboratoire pour la recherche de BAAR, TB
LAMP, Xpert ;
- la fiche de transfert / référence des malades;
- le Formulaire de rapport trimestriel de dépistage des patients tuberculeux ;
- le formulaire de rapport des résultats de traitement des cas de tuberculose ;
- la fiche de commande trimestrielle pour les médicaments antituberculeux des CDT aux
CAPP/FSPS;
- la fiche de commande semestrielle pour les médicaments antituberculeux des
CAPP/FSPS à la CENAME;
- La fiche de dispensation des médicaments antituberculeux ;
- le rapport trimestriel de laboratoire et bon de commande des consommables.

10.2 LE REGISTRE DE LABORATOIRE


Il est détenu et tenu dans le laboratoire (voir Formulaire 1). Pour chaque malade adressé au
laboratoire pour examen de crachat, les informations suivantes doivent être scrupuleusement
consignées dans le registre par le technicien :

- Le numéro d’ordre du malade (N° laboratoire recommençant à « 1 » chaque année) ;


- La date du jour où le malade apporte le premier crachat ;
- L’état civil du malade (nom complet, prénom, âge, sexe) ;
- L’adresse précise ;
- Préciser si examen :
 DEPISTAGE = nouveau cas ou rechute ;
 SUIVI = contrôle en cours de traitement ;
- Les résultats des examens (2 pour le dépistage sur la même ligne et 1 pour le suivi) ;
- Les commentaires éventuels : caractéristiques de l’expectoration (salivaires, présence
de sang, etc.)

Ce registre permet d’obtenir des informations sur le nombre de cas suspects examinés, le
nombre de cas à microscopie positive dépisté et le taux de négativation d’examen
bacilloscopique de contrôle à deux mois.

Le personnel responsable de la tenue du Registre de la tuberculose doit vérifier régulièrement


que tous les malades à microscopie positive, figurant dans le Registre de Laboratoire, ont bien
été inscrits dans le Registre de la tuberculose.

NB : Les résultats positifs de bacilloscopie doivent être inscrits en rouge et les négatifs
en bleu ou noir.

11.3 LE REGISTRE DE LA TUBERCULOSE

Il est détenu au niveau du CDT ou du centre habilité (voir Formulaire 2). Les informations
suivantes doivent y être inscrites :

132
- La date d’enregistrement (qui ne correspond pas toujours à celle du début du
traitement) ;
- Le numéro d’ordre du malade (recommencer par « 1 » chaque année) : on doit aussi
attribuer un nouveau numéro aux reprises de traitement, échecs, «transfert-entrée»
(malade ayant commencé son traitement dans un autre district et transféré dans votre
district) ;
- L’état civil du malade (nom, prénom, sexe, âge, adresse) ;
- L’adresse précise du malade et le nom de la formation sanitaire la plus proche du
domicile du malade ;
- La date effective du début du traitement et le régime thérapeutique administré
({RHEZ}) ;
- La forme de tuberculose : pulmonaire (TPM + ou TPB-) ou extra-pulmonaire (TEP).

La classification du cas :

Nouveau cas (NC) : un malade n’ayant jamais été traité auparavant par des médicaments
antituberculeux (ou ayant été traité pendant moins d’un mois).

Les rechutes
Ce sont les malades qui présentent actuellement une tuberculose pulmonaire à microscopie
positive, mais qui ont déjà été traités dans le passé pour une tuberculose active
(bactériologiquement confirmée ou non) et qui avaient été déclarés «guéris» ou « traitement
terminé » après une chimiothérapie antituberculeuse complète.

Les échecs
Ce sont les malades en cours de traitement qui présentent des examens bacilloscopiques
positifs lors du contrôle bactériologique du 5ème mois ou plus tard au cours du traitement.

La reprise du traitement
Ce sont les malades qui ont pris un traitement antituberculeux pendant un mois ou plus et qui,
ayant interrompu ce traitement depuis au moins deux mois, se présentent avec des symptômes
de la tuberculose pulmonaire et des examens de crachats positifs.
Ceux qui ont un examen de crachat négatif lorsqu’ils reviennent doivent aller jusqu’au bout de la
durée du traitement qui leur avait été prescrit au départ.

Transfert-entrée (venu de…) : un malade venant d’un autre CDT où il a été notifié et pris en
charge sans avoir fini son traitement
.

Autres cas (A) : Tous les cas qui ne correspondent pas aux définitions ci-dessus

- Ceux sans antécédents claires de traitement antituberculeux antérieur


- Ceux qui ont déjà été traités mais ont un frottis/culture négatif pour la tuberculose
pulmonaire ou présentent une tuberculose extra-pulmonaire

Toujours indiquer :

- Les dates et les résultats des examens de frottis de l’expectoration avant et au cours du
traitement (diagnostic, fin 2ème ou 3ème mois, 5ème mois, 6ème mois). L’espace supérieur de
la cellule est destiné au résultat (+/-) et l’espace inférieur à la date de l’examen. Cela
133
permet au superviseur de vérifier rapidement les résultats à la fin du 2ème mois pour les
nouveaux cas TPB+, du 3ème mois pour tous les cas en retraitement, du 5ème mois et à
la fin du traitement pour tous les cas TPB+.

- Les résultats du traitement (avec la date correspondante) suivent les modalités


suivantes :

Guéri : Patient ayant complété son traitement et dont l’examen de crachat est négatif au
dernier mois de traitement et au moins à une autre occasion précédente.

Traitement terminé: patient qui a reçu tout son traitement mais pour lequel on n’a pas de
résultat de son examen de crachat au cours du dernier mois de traitement.

Echec de traitement : patient qui présente des examens bacilloscopiques positif lors du control
bactériologique du 5ème mois ou plus tard au cours du traitement

Décès: patient qui meurt à n’importe quel moment entre le dépistage et la fin prévue du
traitement, quelle que soit la cause de décès.

Perdu de vue : patient dont le traitement a été interrompu pendant 2 mois consécutifs ou plus.

Transfert-sortie : patient envoyé pour poursuivre son traitement dans un autre CDT et dont on
ne connaît pas le résultat du traitement.

11.4 LA FICHE DE TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX

Elle est détenue dans l’Hôpital de District ou au centre habilité et est établie pour tout malade
mis sous traitement (Formulaire 3). Elle mentionne les éléments suivants :
- Numéro d’ordre dans le Registre de la tuberculose;
- Nom de la formation sanitaire ;
- Nom, adresse, sexe, âge du malade ;
- Type de maladie (pulmonaire ou extra-pulmonaire) ;
- Régime thérapeutique à suivre ;
- Résultats des examens de crachats ;
- Poids du malade ;
- Date du début de traitement.
- Date et résultat du test VIH ; CMX et ARVs

11.5 LA CARTE DE TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX

Elle est gardée par le malade (Formulaire 4) et comporte les éléments suivants :

- Numéro d’ordre du malade dans le Registre de la tuberculose;


- Nom de la formation sanitaire ;
- Nom, adresse, sexe, âge du malade ;
- Type de maladie (pulmonaire ou extra-pulmonaire) ;
- Régime thérapeutique à suivre ;
- Date du début de traitement.

11.6 LE FORMULAIRE DE DEMANDE D’EXAMEN D’EXPECTORATION

134
Il est disponible dans toutes les unités sanitaires impliquées dans le PNLT (Formulaire 5). Il
comporte :

- Le nom de la formation sanitaire, la date de la demande ;


- Le nom, prénom, âge, sexe et adresse du malade ;
- La mention « nouveau malade » ou « examen de suivi » du traitement ;
- Le numéro du malade dans le Registre de la tuberculose si suivi ;
- La date de recueil de crachats ;
- Les résultats de l’examen du crachat (à remplir au laboratoire).

11.7 LA FICHE DE TRANSFERT/REFERENCE

On doit remplir un formulaire de transfert/référence (Formulaire 6) pour tout malade dépisté ou


en traitement qui doit être transféré ou référé vers une autre formation sanitaire.

La section A du formulaire doit être remplie par le personnel de la formation qui transfère ou
réfère le malade :

- Nom de l’hôpital (ou centre habilité) effectuant le transfert ou la référence;


- Nom de l’hôpital (ou centre habilité) recevant le malade ;
- Nom, âge et sexe du malade ;
- Adresse du malade ;
- Numéro du Registre de la tuberculose;
- Forme de la tuberculose et date de début du traitement ;
- Régime prescrit au centre qui transfère le malade ;
- Nom, titre et signature de la personne qui a rempli le formulaire ;
- Date du transfert ou de la référence.

Après avoir rempli la section A en double, une copie doit être remise au malade qui l’apportera
à la formation sanitaire où il a été orienté, tandis qu’une copie sera envoyée par la poste ou
apportée à ce centre par d’autres voies.

La section B doit être remplie par le personnel de la formation sanitaire qui reçoit le malade, et
doit être renvoyée au centre d’origine dès que le malade se sera présenté pour le traitement.
Cette section comporte :
- Nom de l’hôpital (ou centre habilité) recevant le malade;
- Nom de l’hôpital (ou centre habilité) ayant effectué le transfert ou la référence;
- Nom, âge et sexe du malade ;
- Adresse du malade ;
- Nouveau numéro du malade dans le Registre de la tuberculose;
- Date de la référence ;
- Nom, titre et signature de la personne qui a rempli le formulaire.

11.8 LE FORMULAIRE DU RAPPORT TRIMESTRIEL DE DEPISTAGE DES CAS DE


TUBERCULOSE

Il est rempli au niveau du Centre de Diagnostic et de Traitement de la tuberculose (Formulaire


7). L’agent de santé qui tient le Registre de la tuberculose doit notifier tous les trimestres au
superviseur régional de la tuberculose (Chef d’unité régionale) tous les cas à microscopie

135
positive (nouveaux cas, rechutes, échecs, reprises du traitement) tous les nouveaux cas à
microscopie négative et tous les nouveaux cas extra-pulmonaires dépistés.

Pour préparer ce rapport il faut :

- Passer en revue les dernières pages du Registre de la tuberculose et identifier les


malades qui y ont été enregistrés pendant le trimestre concerné ;
- Compter alors en regardant dans les colonnes « classification » et résultat de l’examen
des crachats prétraitement (au mois 0), le nombre de nouveaux cas à microscopie
positive ;
- Inscrire le total sur le formulaire du rapport ;
- Continuer ensuite avec les autres formes de la tuberculose et inscrire le total pour
chaque forme sur le formulaire du rapport ;
- Cocher tout malade qui a été rapporté et vérifier à la fin si tous les malades ont bien été
inclus dans le rapport ;
- Faire enfin la répartition des nouveaux cas à microscopie positive par tranche d’âge et
par sexe comme indiqué sur le formulaire ;
- Le nombre total de cas doit être le même que le nombre de nouveaux cas à microscopie
positive compté au cours de l’addition précédente ;
- Marquer séparément et distinctement le dernier malade dans le registre de déclaration
pour le trimestre concerné (laisser un espace après chaque trimestre dans le registre).

Note 1 : Les rechutes rapportées dans le Bloc 1 ainsi que les échecs et les reprises de
traitement doivent être uniquement des cas à frottis-positifs.

Note 2 : Les formes de tuberculose pulmonaire à microscopie négative et les formes extra-
pulmonaires doivent être tous des nouveaux cas.

Note 3 : Les cas transférés au centre ne doivent pas être mentionnés.

Le rapport trimestriel doit parvenir au superviseur régional d’après le calendrier suivant :

- Le rapport du 1er trimestre : Avant le 30 avril de la même année ;


- Le rapport du 2e trimestre : avant le 31 juillet de la même année ;
- Le rapport du 3e trimestre : avant le 31octobre de la même année ;
- Le rapport du 4e trimestre : avant le 31 janvier de l’année suivante.

Le superviseur régional produira un rapport trimestriel de la région avec les résultats de chaque
centre et l’enverra le plutôt possible au Groupe Technique Central du Comité National de Lutte
contre la Tuberculose.

11.9 LE FORMULAIRE DU RAPPORT DES RESULTATS DE TRAITEMENT POUR LES CAS


DE TUBERCULOSE PULMONAIRE

Il concerne tous les cas de tuberculose pulmonaire à microscopie positive enregistrés 9-11 mois
auparavant. Il est rempli au niveau du centre de diagnostic et de traitement (Formulaire 8). Pour
préparer ce rapport il faut :

- S’assurer que le registre est à jour ;


136
- Identifier d’abord dans le Registre de la tuberculose les cas de tuberculose pulmonaire à
microscopie positive enregistrés pendant le trimestre concerné (ce qui est facile si le
début et la fin du trimestre sont clairement délimités pendant la préparation du rapport
trimestriel sur les cas dépistés) ;

- Noter que le nombre de malades identifiés est égal d’une part au nombre de nouveaux
cas à microscopie positive et d’autre part au nombre de cas à microscopie positive en
retraitement qui ont été rapportés dans le rapport trimestriel sur le dépistage de la
tuberculose pour le trimestre concerné. Chaque malade identifié doit être compté 2 fois
sur le formulaire de rapport : une 1ère fois dans la 1ère colonne de gauche (Nombre total
de cas) et une 2e fois dans l’une des colonnes 1 à 6 qui indiquent le résultat du
traitement.
Bien noter que :

- Un malade ne peut être mentionné « guéri » que lorsqu’un résultat négatif a été obtenu
lors de l’examen bacilloscopique de 5e et 6e mois
- Certains malades peuvent être en « retraitement » pour cause d’échec. Il ne faut pas
que ce soit par suite de négligence de la part du malade dans le suivi de son traitement
ou par négligence du personnel qui aurait oublié de déclarer le résultat du traitement,
que le malade poursuive son traitement au-delà de la période de chimiothérapie
autorisée ;

- Il faut, en dernier lieu, compter le nombre de malades dans chaque colonne ; la somme
des colonnes 1 à 6 doit être égale au total inscrit dans la première colonne de gauche.

Note pratique : Les cas considérés comme des « transfert-entrée » ne doivent pas
être inclus dans le rapport de dépistage et les résultats de traitement.
Les résultats des cas transférés doivent être communiqués au centre
d’origine du patient et rapportés par celui-ci.

Le rapport trimestriel des résultats du traitement des malades enregistrés doivent parvenir au
superviseur régional d’après le calendrier suivant :

- Le rapport du 1er trimestre de l’année précédente : Avant le 31 janvier de l’année en


cours ;
- Le rapport du 2e trimestre de l’année précédente : avant le 30 avril de l’année en cours;
- Le rapport du 3e trimestre de l’année précédente : avant le 31 juillet de l’année en cours;
- Le rapport du 4e trimestre de l’année précédente : avant le 31 octobre de l’année en
cours.

Le superviseur régional de la tuberculose (Chef d’Unité Régionale) fera un rapport trimestriel


global de toute la région, avec les résultats de chaque centre et l’enverra le plutôt possible au
Groupe Technique Central du Comité National de Lutte contre la tuberculose

11.10 LE FORMULAIRE DU RAPPORT TRIMESTRIEL DES LABORATOIRES

Il concerne tous les patients enregistrés dans le Registre de Laboratoire (Formulaire 10).

Pour préparer ce rapport il faut compter dans le Registre de Laboratoire :


137
- Le nombre de patients venus comme « Nouveaux cas » (NC) pour lesquels on a trouvé
au moins un résultat positif pour les BAAR ;
- Le nombre de patients venus comme « Nouveaux cas » (NC) pour lesquels on n’a pas
trouvé de BAAR ;
- Le nombre de patients venus pour « Suivi » pour lesquels on a trouvé un résultat positif
pour les BAAR ;
- Le nombre de patients venus pour « Suivi » pour lesquels on n’a pas trouvé de BAAR.

Dans ce rapport, le laboratoire indiquera également ses besoins en consommables : crachoirs,


lames, solution de fuchsine phéniquée, alcool, acide sulfurique dilué au quart, bleu de
méthylène, huile à immersion.

NB : LES « RAPPORTS TRIMESTRIELS DE DEPISTAGE DES CAS DE TUBERCULOSE »,


LES « RAPPORTS DES RESULTATS DE TRAITEMENT POUR LES CAS DE
TUBERCULOSE PULMONAIRE » ET LES « RAPPORTS TRIMESTRIELS DE
LABORATOIRE » DOIVENT ÊTRE ENVOYES EN MEME TEMPS AU NIVEAU RÉGIONAL
(ET ENSUITE DU NIVEAU RÉGIONAL AU NIVEAU CENTRAL).

138
ANNEXE 12 : GESTION DES MEDICAMENTS, DES CONSOMMABLES ET DES
SUPPORTS DE COLLECTE DE DONNEES

12.1 MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX

La disponibilité des médicaments antituberculeux et surtout l’accès à ceux-ci par les malades
constituent des éléments fondamentaux pour le succès de la lutte contre la tuberculose. Ainsi
au Cameroun, le PNLT met les médicaments antituberculeux à la disposition des CAPP à
travers la CENAME.

Les CDT doivent s’approvisionner auprès des CAPP une fois par trimestre en utilisant le
formulaire « Fiche de commande trimestrielle pour les médicaments antituberculeux, Formulaire 9
». Pour remplir ce formulaire, il est nécessaire de connaître le nombre de tuberculeux nouveaux
cas (TPB+, TPB- et extrapulmonaires) et le nombre de tuberculeux en retraitement déclarés au
cours du trimestre précédent, ainsi que le stock de médicaments le jour de la commande. Ce
formulaire doit être visé par le Chef de l’Unité Régionale de Lutte contre la Tuberculose qui
vérifiera la pertinence des informations et des calculs, avant que le CAPP ne fournisse les
produits.

Les CAPP utilisent un formulaire semblable (formulaire 9bis) pour les demandes auprès de la
CENAME. Ce formulaire est adressé au Secrétaire Permanent du Groupe Technique Central pour
approbation avant d’être donné à la CENAME.

Un stock de sécurité de 3 mois est prévu au niveau des CDT et de 6 mois au niveau des CAPP.

12.2 APPROVISIONNEMENT EN CONSOMMABLES DE LABORATOIRE ET SUPPORTS


DE COLLECTE DE DONNEES

Les CDT sont approvisionnés gratuitement en consommables de laboratoire (crachoirs, lames,


colorants, l'huile d'immersion, etc.) par les CAPP. Cet approvisionnement se fait sous forme de
kit. Un kit de consommables pour la coloration de 500 lames est constitué de :
- 500 crachoirs ;
- 500 lames ;
- 1 litre de Bleu de Méthylène ;
- 1,5 litre de Fuchsine ;
- 1,5 litre d’Acide sulfurique dilué à ¼ ;
- 50 ml d’huile à immersion.

Tous les supports standardisés de collecte de données nécessaires pour la gestion des patients
TB (Registre de laboratoire, Registre de la tuberculose, Fiche de traitement antituberculeux,
Carte de traitement antituberculeux, Formulaire pour le rapport trimestriel du dépistage,
Formulaire pour le rapport des résultats du traitement) sont également mis à la disposition des
CDT gratuitement par le CAPP. Dans les régions où les CAPP font imprimer les supports de
collecte de données par une imprimerie de leur choix, le superviseur régional doit s’assurer
que :

- L’imprimerie tient strictement aux modèles mis en annexe du présent Guide ;


- Le format de chaque support est correct ;
- La qualité du papier utilisé correspond aux exigences et normes du PNLT.

139
Programme National de LutteContre la Tuberculose du Cameroun
Année : _______________________

FORMULAIRE 2 REGISTRE DE LABORATOIRE


Résulta Nom
Raison de ts du
Adresse Obser
l’Examen * échantil CDT
Dat S (Quartie vation
Nom de lons où le Nom
e e r ou
N° la FS malade
(jou x Ag village et
La Nom et Prénoms adressa est
r et e e ou pays signa
b. nt le référé
moi M et Dépis Suiv
malade 1 2 ou N° ture
s) /F Télépho tage i**
du
ne)
CDT
***

*Consultez la raison de l’examen dans la demande d’expectoration **Préciser le mois de contrôle.


***Uniquement pour les TPB+ diagnostiqués

140
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE DU CAMEROUN
FORMULAIRE 3 REGISTRE DE LA TUBERCULOSE (Page 1/2)
Format Type de malade **
ion Date Régi
sanitair de me* Rec
Date
e de début Forme hut
d’en N° e
Adresse rattach du Trans
regis du
Se (quartier ement traite TPB+ Rep fert –
trem regi
Nom et xe A ou ville du ment = P+ Nouv Ec rise Entré Aut
ent stre
prénoms M ge ou village malade TPB- eau hec Trai e re
(Jou du
/F ou pays) (Unité = P- t. (venu
r et CD
de TEP = de)
Mois T
traitem EP
)
ent
pour
TDO)

*{RHEZ} : Régime de tous les Nouveaux Cas ** Mettre une croix dans la colonne appropriée

141
142
REGISTRE DE LA TUBERCULOSE (Page 2/2 ) Année : _________________

Résultats des examens de crachats (indiquer le nombre de mois de Résultat de traitement Sérologie et prise en charge
traitement, le résultat et la date de l’examen) Indiquer la date du résultat*** Observ
ème ème ème ème ème
Dépistage (Avant 2 /3 Mois 5 mois 6 /8 mois (Fin Nombre CTM

Guéri
Terminé
Traitement

Echec

Décédé
vue
Perdu de
Sortie
Transfert-
traitement) du traitement) Sérologie CD4 (O/N)
VIH
(P,N, I,NF)
ARV
**** (O/N)

Résultat Date Résultat Date Résultat Date Résultat Date

*** Mettre la date dans la colonne appropriée ; **** Sérologie : P=Positif, N= Négatif, I= Indéterminé, NF= Non Fait

143
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE REPUBLIQUE DU CAMEROUN
CONTRE LA TUBERCULOSE MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
EXAMEN DE LABORATOIRE : RECHERCHE DE BAAR
Formation sanitaire _______________________________________________________________________

Formation sanitaire adressant le malade : ______________________________________________________

Nom et Prénom : ______________________________________ Age : _____ Sexe : M F

Adresse précise (Téléphone si possible) : ______________________________________________________

____________________________________________________________________________________

Dépistage : contrôle 2ème /3ème mois contrôle 5ème mois contrôle 6èmemois

Date de la demande : Nom & Signature du demandeur :

RESULTATS : (à compléter au laboratoire)


Numéro dans le registre du laboratoire : ……………………………………………………
(Cocher la case correspondante et donner une réponse quantifiée)
Aspect macroscopique du prélèvement
Mucopurulent Présence de sang Salivaire
- prélèvement N° 1
- prélèvement N° 2
Méthode utilisée : Ziehl Neelsen Fluorescence
Résultat
Date Prélèvement Echelle de graduation des résultats positifs à la microscopie
0 1à 9 (Rares) 1+ 2+ 3+

Nom et signature du technicien :

FORMULAIRE 1

144
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE REPUBLIQUE DU CAMEROUN
CONTRE LA TUBERCULOSE MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
FICHE DE TRANSFERT/REFERENCE*
SECTION A**
Formation sanitaire qui transfère/réfère* le malade : ____________________________________________

Hôpital ou CDT qui reçoit le malade : _________________________________________________________

Nom et prénom du malade transféré/référé : ______________________ Age : ________ Sexe : M F

Adresse précise : ____________________________________________________________________

N° du registre de la tuberculose : _______________________________


Forme clinique TPB+ TPB- TEP
Date du début du traitement : __________________________________
Régime thérapeutique prescrit : RHEZ
Dates et résultats des examens de crachat : _____________________________________________________
Date du transfert/référence* : ________________________________________________________________
Nom et titre : Signature :

SECTION B*** : FEED BACK


Nom du CDT qui reçoit le malade : _______________________________________
Nom de l’hôpital ou du CDT ayant effectué le transfert/référence* : ________________________
Nom et prénom du malade : _____________________________________ Age : _________ Sexe : M F
Date d’arrivée du malade : ___________________________________________
Numéro d’enregistrement dans le registre de la tuberculose (transfert) : _______________________
Date et résultat du traitement (transfert) : ______________________________________________
Nom et titre : Signature :

* Rayer la mention inutile


** A établir en 3 exemplaires : un remis au malade, un envoyé à l’hôpital destinataire, un conservé à
l’hôpital effectuant le transfert.
*** A remplir en 2 exemplaires par l’hôpital qui reçoit le malade transféré et à renvoyer à l’hôpital
d’origine dès réception du malade et à la fin de la prise en charge avec le résultat de traitement. Pour la
référence, un exemplaire est renvoyé à l’hôpital ayant effectué la référence dès mise sous traitement du
malade ; le résultat du traitement n’étant pas attendu.
FORMULAIRE 4

145
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE REPUBLIQUE DU CAMEROUN
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE

RAPPORT TRIMESTRIEL DE DEPISTAGE DES CAS DE TUBERCULOSE

Nom du Centre de Diagnostic et de Traitement : ……………………………… Nom de l’agent chargé du rapport :………………………………………

Patients enregistrés pendant le ………. trimestre de 20……………………… Signature …………………………………. Date ………………………..

District de Santé : ………………………Région ……………………………….

1. CAS DE TUBERCULOSE ENREGISTRES AU COURS DU TRIMESTRE 2. Sérologie VIH


Pulmonaires à
Pulmonaires à microscopie positive (TPB+) microscopie négative Nombre
Test VIH Nombre fait
(TPB-) positif
Extra-
Pulmonaires
TOTAL
Reprises
Nouveau 15 ans et TPB+
Rechutes Echecs traiteme < 15ans
x cas + nouveaux
nt

Total TB

3. NOUVEAUX CAS A FROTTIS POSITIF SEULEMENT 4. Enfants TB Toutes formes confondues

Classe d’âge (ans) / sexe 0-4 ans 5-14 ans

0-14 15-24 25-34 35-44 45-54 55-64 65 + TOTAL


M F M F M F M F M F M F M F M F M+F

Explications pour remplir le formulaire :


1er trim = du 1er janv au 31 mars ; 2ème trim = du 1er avril au 30 juin ; 3ème trim = du 1er juil au 30 sept; 4ème trim = du 1er oct au 31 déc FORMULAIRE 5
146
Date _________ Nom & signature du responsable _______________________________________

147
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE REPUBLIQUE DU CAMEROUN
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA
TUBERCULOSE

RAPPORT TRIMESTRIEL DES RESULTATS DE TRAITEMENT DES CAS DE TUBERCULOSE PULMONAIRE ENREGISTRE 9 à 11 MOIS AUPARAVANT (Formulaire 6)

Nom du Centre de Diagnostic et de Traitement : ……………………………… Nom de l'agent chargé du rapport :………………………………….

Patients enregistrés pendant le ……………. trimestre de 20…………..


Signature………………………………Date…………………….
District de Santé :…………………………Région…………………..

Type de malade Régime thérapeutique Guéri Traitement termine Echec Décédé Perdu de vue Transféré Total
(Frottis (frottis non faits) (frottis
négatif) positifs)

Nouveaux cas frottis 2 {RHEZ}/ 4{RH}


positifs

Nombre*

------------------

Retraitement a frottis Rechutes


positifs
Echecs
Nombre *
Reprise traitement

-------------
6{RHEZ}

Autres Cas 2 {RHEZ}/4{RH}

Nombre*

---------------- TPB- et TEP

148

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