NOTE SYNTHETIQUE RELATIVE A L’INTERVENTION
DE L’AGENCE URBAINE ET DE SAUVEGARDE DE FES
www.ausf.org.ma
«La gouvernance urbaine : pour l’instauration d’une nouvelle approche
d’urbanisme participatif»
Le Maroc se distingue à l’instar des autres pays émergents, par une
urbanisation très rapide, mais peu maîtrisable et génératrice de plusieurs
dysfonctionnements. En effet, les villes marocaines « se sont étendues à un rythme
telles qu'elles ont débordé les structures publiques de planification, de gestion et de
régulation »1 de l'espace. A Fès, comme dans d'autres grandes villes du Royaume,
l'espace urbain a été éclaté en plusieurs sous-espaces hétérogènes "produits à la
marge des normes en vigueur" dans le domaine de l'urbanisme et de l'habitat.
Plusieurs formes d'habitat sommaire sont apparues et développées: bidonvilles,
habitat non réglementaire en dur, douars périphériques, constructions menaçant
ruine etc.
Les défis sont d’autant plus grands que c’est dans ces villes que va se jouer le
sort du développement économique du pays. En effet, aujourd’hui plus de 55% de la
population marocaine vit dans des villes, qui accaparent la quasi-totalité de la
richesse nationale et polarisent l’ensemble des structures économiques du pays ainsi
que les équipements publics et d’infrastructure , au détriment d’un monde rural
relégué à une dernière position .
Le développement vertigineux des villes marocaines pose aux gestionnaires
locaux plusieurs défis; dont l’intégration urbaine de plusieurs citadins et néocitadins,
en quête de nouvelles opportunités d’emplois, de logements et des services de
proximité, la lutte contre toutes les formes de pauvreté et de ségrégation socio-
spatiale, ainsi que la nécessité de requalification des tissus urbains et de leur mise à
niveau, pour faire face convenablement aux contraintes de la mondialisation et de la
compétitivité territoriale inégale .
Or, malgré l’ampleur et la vitesse des mutations précitées, la gestion urbaine
est restée pour une longue période (du moins jusqu'à une date récente) dominée par
une approche normative, linéaire, en décalage par rapport aux évolutions et
contraintes précitées. Aussi et dans la perspective de réduire ce fossé, le Ministère
Chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat n’a cessé de déployer plusieurs efforts dans ses
tentatives d’adoption d’une nouvelle approche de gestion des villes, basée sur des
principes de proximité, de transparence, d’efficience et de concertation ce qui
exprime, à notre avis, une prise de conscience des pouvoirs publics des grands défis
et une tendance d’application des principes de la gouvernance urbaine.
1
KHAROUFI (M.), 1997, "Gouvernance et société civile : Les mutations urbaines au Maghreb". Actes rencontre internationale du 09-10
Mai - Rabat
Qu’est ce que la gouvernance urbaine, quel est son contenu normatif et quel est
le contexte de sa genèse ?
S’agit –il d’une alternative tangible ou d’une utopie ?
Peut-on l’appliquer au contexte national sans risque de basculer dans un
processus de transposition d’un modèle étranger inadapté ?
Que faire pour réduire le décalage constaté entre le modèle de gestion urbaine
appliqué et l’évolution rapide du réel ?