Cours Circuits Électriques
Cours Circuits Électriques
INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’étude des circuits électriques est un des éléments essentiels de l’analyse, de la compréhension
et de l’utilisation de l’énergie électrique. De fait, les notions élémentaires abordées dans cet
ouvrage constituent une base de fondements nécessaires dans des domaines aussi variés que
ceux de l’électricité domestique, de l’électrotechnique et du génie électrique ou de
l’électronique. L’étude des circuits électrique constitue un outil important dans la formation de
base d’un technicien.
Après un premier chapitre consacré aux bases de l’électricité, les chapitres 2 et 3 portent sur
l’étude des circuits en régimes de fonctionnement les plus classiques : régime continu et régime
sinusoïdal ou harmonique. Le chapitre 4 vient compléter cette approche en traitant des circuits
en régime triphasé équilibré. Le chapitre 5 introduit l’étude des circuits électriques dans un
fonctionnement déséquilibré.
1
Chapitre 1 :
Base de l’électricité
I. GÉNÉRALITÉS SUR L’ÉLECTRICITÉ
I.1. Définition
Électricité Vient du mot Grec “elektron” qui veut dire ambre. C’est une forme d’énergie
associée à des charges électriques en mouvement ou au repos.
• Électrostatique : Étude des charges au repos
• Électrocinétique : Étude des charges en mouvement
Des phénomènes naturels, tels que la foudre, étaient déjà observés dès l'Antiquité, mais pendant
très longtemps l'électricité a terrifié les hommes qui voyaient en elle une manifestation de la
colère divine ou d'un pouvoir surnaturel.
Ce n'est qu'à partir de la fin du 16e siècle qu'elle a commencé à être étudiée par les scientifiques
pour en comprendre ses mécanismes et établir des lois. Leurs travaux successifs ont permis de
créer artificiellement de l'électricité en transformant diverses sources d'énergies.
Aujourd'hui, cette électricité est produite par des centrales électriques, transportée et distribuée
aux consommateurs. L'électricité a changé la vie de l'humanité. Elle est devenue indispensable
à tout ce qui fait notre vie quotidienne : se nourrir, s'éclairer, se laver, se soigner, communiquer,
se déplacer, fabriquer...
L’électricité est créée de manière artificielle dans des centrales par transformation :
• De sources d'énergies fossiles comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel, issus de
la décomposition dans la roche de végétaux pendant des millions d'années,
2
• De sources d'énergies fissiles comme l'uranium dont les atomes peuvent être cassés
pour libérer de la chaleur et de l'énergie,
• De sources d'énergies renouvelables comme l'eau, le vent, le soleil, la chaleur de la
Terre ou la biomasse que la nature renouvelle en permanence.
3
Ces centrales ont un excellent rendement (~90%) et ne produisent aucuns déchets.
La vapeur qui a été utilisée est envoyée vers un condenseur, dans lequel circule de l’eau froide.
Au contact de celle-ci, la vapeur se transforme en eau, qui est récupérée et envoyée à nouveau
dans la chaudière. L’eau utilisée pour le refroidissement est restituée au milieu naturel ou
renvoyée dans le condenseur.
4
II.4. Les sources autonomes
II.4.1. Centrale photovoltaïque
Une centrale photovoltaïque permet de produire de l'électricité grâce à la lumière du soleil.
Les panneaux solaires installés en rangées et reliés entre eux captent la lumière du soleil. Sous
l'effet de la lumière, le silicium, un matériau conducteur contenu dans chaque cellule, libère des
électrons pour créer un courant électrique continu. Un onduleur transforme ce courant en
courant alternatif pour qu'il puisse être plus facilement transporté dans les lignes à moyenne
tension du réseau.
5
II.4.3. Les groupes électrogènes
Un groupe électrogène est un dispositif autonome capable de produire de l'électricité. Il est
constitué d'un moteur thermique qui actionne un alternateur.
• Le moteur thermique transforme l’énergie primaire (diesel, essence, gaz ou fioul) en
énergie mécanique,
• L’alternateur transforme l’énergie mécanique développée par le moteur thermique en
énergie électrique.
Ces groupes sont généralement utilisés soit de manière autonome ou comme alimentation de
secours dans les locaux exigeant une continuité de service tel que les hôpitaux.
6
Les accumulateurs se distinguent des piles classiques par leur aptitude à la recharge.
Un atome est composé d’un noyau très petit, autour duquel tournent à très haute vitesse des
électrons portant chacun une charge négative. Le noyau comprend deux sortes de particules :
• Les protons qui portent chacun une charge positive,
• Les neutrons qui ne portent pas de charge électrique.
La charge de l’électron est la plus petite charge électrique que l’on peut rencontrer. Elle est
appelée charge élémentaire e. Elle est négative. Exprimée en coulomb [C], elle vaut :
𝑒 = −1,602. 10−19 [𝐶]
Chaque proton porte une quantité d’électricité égale à celle de l’électron en valeur absolue, mais
de signe opposé. Le proton a donc une charge positive qui vaut -e.
Dans son état normal, un atome est électriquement neutre (autant d’électrons que de protons).
L’atome d’aluminium par exemple comporte un noyau central autour duquel gravitent 13
électrons sur des orbites concentriques définies. La couche interne est complète avec 2
électrons. La couche intermédiaire est très compacte et très stable avec 8 électrons. Enfin, la
couche périphérique ne compte que 3 électrons. Ces 3 électrons étant très peu retenus par le
noyau sont relativement libres. On parle d’électrons libres.
Cette dernière couche est appelée couche de valence. Elle est dite saturée si elle comporte 2
électrons (s’il n’y a qu’une seule couche) ou 8 électrons (s’il y a plusieurs couches, les couches
intérieures étant remplies).
Un corps est un conducteur si sa couche de valence ne comporte que peu d’électrons, et qu’il
possède ainsi des électrons libres. L’aluminium en a 3, le cuivre en a 1 seul et le fer 2. En
7
général, tous les métaux sont dans cette situation et font partie des conducteurs, ainsi que le
carbone et certains liquides comme le mercure.
Un isolant est un matériau qui possède peu d’électrons libres. Ex : l’air, le caoutchouc, le verre,
la porcelaine et les matières synthétiques. Un isolant interposé entre deux conducteurs s’oppose
à tout échange d’électrons entre eux.
Le module des forces d’attraction et de répulsion exprimé en newton (N) est donnée par la loi
de coulomb :
8
1 𝑞𝑄
𝐹 = 𝐹′ =
4𝜋𝜀0 𝜀𝑟 𝑟 2
Où 𝜀𝑟 est la permittivité relative du milieu et 𝜀0 la permittivité du vide :
𝜀0 = 8,8541878. 10−12 𝐹/𝑚
Une charge quelconque Q placée à une distance r de O subit une force électrostatique 𝐹 donnée
par la loi de Coulomb :
𝐹 = 𝑄𝐸⃗
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Par convention, le sens positif du courant électrique est l'inverse du sens de déplacement des
électrons.
La densité de courant J (A/m2) est une mesure du débit du courant traversant une section S d’un
conducteur. Elle est définie par :
𝐼
𝐽=
𝑆
Les constructeurs de conducteurs indiquent (en A/mm2) la valeur de la densité de courant à ne
pas dépasser pour ne pas produire un échauffement excessif du conducteur.
10
III.3.2.2. Le courant alternatif
Dans ce régime de fonctionnement dit courant alternatif, également appelé AC (pour
Alternating Current en anglais), le courant et les tensions varient de façon périodique en
fonction du temps.
𝟏
𝜹 = √𝝅𝝁
𝟎 𝝁𝒓 𝒇𝝈
Le sens de la tension est défini comme allant du pôle négatif au pôle positif ou du potentiel le
plus bas au potentiel le plus élevé. Cette tension est représentée à l'aide d'une flèche de tension.
11
La tension UAB est la différence de potentiel entre les points A et B soit :
UAB = VA - VB
A B
UAB
Le potentiel électrique est défini à une constante près. La référence des potentiels électriques
est la masse électrique. C’est le « 0 V ».
La tension électrique se mesure à l’aide d’un voltmètre qui se branche en parallèle ou d’un
oscilloscope.
𝑝 = 𝑢. 𝑖
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III.6. Energie électrique
L'énergie électrique consommée par un appareil électrique est égale au produit de la puissance
de l'appareil et de son temps d'utilisation. L'énergie a pour unité le kWh. Elle se mesure à l’aide
des compteurs d’énergie.
D’après la formule ci-dessus, la puissance peut être définit comme l’énergie électrique
échangée par unité de temps.
𝑊
𝑃=
𝑡
Remarque : en sciences, l'unité utilisée pour les énergies est le Joule. Dans ce cas, la puissance
s'exprime en Watt (W) et le temps en seconde (s). Toutefois, ces unités ne sont pas utilisées
pour la consommation électrique car on obtiendrait des nombres trop grands.
E = (20×40) (8×3600) ×50 = 1 152 000 000 J et ce n'est que pour 1 journée !
b) E en kWh, P en kW et t en heure :
1 Wh = 3600 J
13
III.7.2. Les dipôles élémentaires
On distingue les dipôles actifs et les dipôles passifs.
Un dipôle actif est un dipôle susceptible de produire de l’énergie. A contrario, un dipôle passif
ne peut pas produire de l’énergie.
• Dipôle passif non symétrique : La courbe U(I) n’est pas symétrique par rapport à
l’origine.
❖ La résistance
La résistance R [Ω] d’un matériau est la mesure de son opposition au passage du courant
électrique. Pour un conducteur de section uniforme S(m2) et de longueur l(m), la résistance est
définie par :
𝑙
𝑅=𝜌
𝑆
14
𝜌 (𝛺. 𝑚) : est la résistivité électrique du matériau qui mesure son aptitude à s’opposer au
passage du courant électrique. A contrario, la conductivité électrique 𝜎(𝑆/𝑚) du matériau est
la mesure de son aptitude à laisser passer le courant électrique.
La résistivité et la conductivité son lié par la relation suivante :
1
𝜎=
𝜌
La conductivité, la résistivité et la résistance dépendent de la température. Par exemple, pour
les conducteurs, la résistivité augmente avec la température.
𝜎 = 𝜎0 [1 + 𝛼(𝑇 − 𝑇0 )]
𝜌 = 𝜌0 [1 + 𝛼(𝑇 − 𝑇0 )]
𝑅 = 𝑅0 [1 + 𝛼(𝑇 − 𝑇0 )]
𝛼 : désigne le coefficient de température
La relation courant/tension aux bornes d’une résistance est :
𝑢(𝑡) = 𝑅𝑖(𝑡)
1
On définit la conductance par 𝐺 = : G (S) ou G (Ω-1)
𝑅
Remarque : Dans l’étude des circuits il existe deux valeurs particulières de résistance. La
résistance nulle R= 0 Ω (court-circuit) et la résistance infinie R= ∞ Ω (circuit ouvert).
𝑑𝑖
𝑢(𝑡) = 𝐿
𝑑𝑡
L : est l’inductance de la bobine en Henry [H]
𝑑𝑖
𝑢(𝑡) = 𝐿 + 𝑟𝑖
𝑑𝑡
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❖ Condensateur ou capacité électrique
Un condensateur est un composant électrique qui a pour caractéristique de s’opposer aux
variations de tension et de pouvoir emmagasiner de l’énergie sous forme électrostatique.
La relation courant/tension aux bornes d’un condensateur parfait est :
𝑑𝑢
𝑖(𝑡) = 𝐶
𝑑𝑡
1 1
𝐸 = 𝐶𝑈 2 = 𝑄𝑈
2 2
La relation courant/tension aux bornes d’un condensateur réel est :
𝑑𝑢 𝑢
𝑖 (𝑡 ) = 𝐶 +
𝑑𝑡 𝑅𝑓𝑢𝑖𝑡𝑒
Un dipôle actif fonctionne en générateur lorsqu’il transforme une énergie qui peut être
mécanique, chimique, thermique, … en énergie électrique
Un dipôle actif fonctionne en récepteur lorsqu'il transforme une puissance électrique en une
énergie qui peut-être : mécanique, chimique, thermique, électrique, lumineuse ... électrique.
𝑢𝑡𝑜𝑡 = ∑ 𝑢𝑘
𝑘=1
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III.7.3.2. Association en parallèle
Quand les dipôles sont en parallèle, ils sont soumis à la même tension et le courant totale est la
somme des courants traversant chaque dipôle.
𝑁
𝑖𝑡𝑜𝑡 = ∑ 𝑖𝑘
𝑘=1
17
Chapitre 2 :
INTRODUCTION
I.1.1. La résistance
En régime continu, la relation courant/tension aux bornes d’une résistance est la loi d’Ohm.
Lorsqu'une résistance R est traversée par une intensité I, il se crée une chute de tension U. La
relation entre ces trois grandeurs est la loi d'ohm :
I.1.2. L’inductance
𝒅𝒊
En régime continu, on a 𝒊 = 𝒄𝒕𝒆 donc 𝒖(𝒕) = 𝑳 𝒅𝒕 = 𝟎. L’inductance se comporte comme un
interrupteur fermé ou court-circuit ou un fil.
18
I.1.3. Le condensateur
𝑑𝑢
En régime continu, on a 𝑢 = 𝑐𝑡𝑒 donc 𝑖(𝑡) = 𝐶 𝑑𝑡 = 0. Le condensateur se comporte comme
un interrupteur ouvert.
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❖ Point de fonctionnement
Le point de fonctionnement est déterminé par l’intersection des caractéristiques de la source de
tension réelle et du récepteur. Il se détermine graphiquement ou par calcul.
20
I.2.3. Equivalence entre source réelle de courant et source réelle de tension
𝑼 = 𝑬𝒆𝒒 − 𝒓𝒆𝒒 𝑰
21
𝒏
𝑬𝒆𝒒 = ∑ 𝑬𝒊
𝒊=𝟏
𝒓𝒆𝒒 = ∑ 𝒓𝒊
𝒊=𝟏
𝑼 = 𝑬𝒆𝒒 − 𝒓𝒆𝒒 𝑰
𝒏 𝑬𝒊
𝒓
𝑬𝒆𝒒 =∑ 𝒊
𝟏
𝒊=𝟏
𝒓𝒊
𝒏
𝟏 𝟏
=∑
𝒓𝒆𝒒 𝒓𝒊
𝒊=𝟏
Remarque : Dans la pratique, on associe en parallèle des sources de tension de même f.é.m. et
de même résistance interne pour éviter à vide une perte d’énergie (échauffement dans les
résistances), ce qui peut dans certaines conditions provoquer une destruction du circuit.
22
I.2.4.3. Association de générateurs de courant en parallèle
𝑼
𝑰 = 𝑰𝟎𝒆𝒒 −
𝒓𝒆𝒒
𝒏
𝑰𝟎𝒆𝒒 = ∑ 𝑰𝟎𝒊
𝒊=𝟏
𝒏
𝟏 𝟏
=∑
𝒓𝒆𝒒 𝒓𝒊
𝒊=𝟏
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𝒏
𝑹𝒆𝒒 = ∑ 𝑹𝒊
𝒊=𝟏
𝒏
𝟏 𝟏
=∑
𝑮𝒆𝒒 𝑮𝒊
𝒊=𝟏
𝒏
𝟏 𝟏
=∑
𝑹𝒆𝒒 𝑹𝒊
𝒊=𝟏
𝑮𝒆𝒒 = ∑ 𝑮𝒊
𝒊=𝟏
24
• Une branche : c’est une portion du circuit électrique pris où tous les éléments sont en
séries
• Un nœud : point de jonction d’au moins trois branches : A, B, C et D
• Une maille : c’est un contour fermé constitué de plusieurs branches, parcouru en partant
d’un nœud pour y revenir, sans passer deux fois par la même branche.
I1 + I2 = I3 + I4 + I5 + I6
∑ 𝑈𝑖 = 0
Tout d’abord on se fixe un sens de parcours de la maille. On parcourt ensuite la maille suivant
le sens donné et on compte positives (+) les tensions qui sont dans le même sens de parcours et
négatives (-) celles qui sont dans le sens contraire.
I R2
U2
R1 U1 U3 R3 E – U1 – U2 – U3 – U4 = 0
E U4
R4
25
I
U1 R1
𝑅1
U 𝑈1 = U
𝑅1 + 𝑅2
U2 R2 𝑅2
𝑈2 = U
𝑅1 + 𝑅2
𝑅𝑖
Formule générale : 𝑈𝑖 = U
R1 +R2 +⋯+Rn
I2 𝑅2 𝐺1
I I1 𝐼1 = 𝑅 I ou 𝐼1 = 𝐺 I
1 +𝑅2 1 +𝐺2
U R1 R2 𝑅1 𝐺2
𝐼2 = 𝑅 I ou 𝐼2 = 𝐺 I
1 +𝑅2 1 +𝐺2
𝐺𝑖
Formule générale : 𝐼𝒊 = I
G1 +G2 +⋯+Gn
∑ f. e. m. − ∑ f. c. e. m.
I=
∑R
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A A
RAB RA
RAC
RC RB
B C
RBC
B
C
𝑅𝐴𝐵 .𝑅𝐴𝐶 𝑅𝐴𝐵 .𝑅𝐵𝐶 𝑅𝐵𝐶 .𝑅𝐴𝐶
𝑅𝐴 = 𝑅 ; 𝑅𝐵 = 𝑅 ; 𝑅𝑐 = 𝑅
𝐴𝐵 + 𝑅𝐴𝐶 + 𝑅𝐵𝐶 𝐴𝐵 + 𝑅𝐴𝐶 + 𝑅𝐵𝐶 𝐴𝐵 + 𝑅𝐴𝐶 + 𝑅𝐵𝐶
𝑬𝒕𝒉
𝑰=
𝑹 + 𝑹𝒕𝒉
𝑹
𝑼= 𝑬
𝑹 + 𝑹𝒕𝒉 𝒕𝒉
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𝑹𝑵
𝑰= 𝑰
𝑹 + 𝑹𝑵 𝑵
𝑼 = 𝑹. 𝑰
𝑼𝒊
∑𝒊 ∑
𝑹𝒊 + 𝒋 𝑰 𝒋
𝑽𝑨 = 𝑼 =
𝟏
∑𝒊
𝑹𝒊
28
Chapitre 3 :
INTRODUCTION
Dans le régime sinusoïdal, les courants et tensions sont des fonctions périodiques du temps.
L’étude des circuits linéaires en régime sinusoïdal est très importante. En effet, c’est sous la
forme sinusoïdale que pratiquement toute l’énergie électrique est générée et transportée et
qu’une bonne partie de cette énergie est utilisée. Un circuit électrique en régime sinusoïdal
monophasé est un circuit électrique qui présente les caractéristiques suivantes :
Le fait que les courants et tension soient variables dans le temps ne permet pas de traiter les
circuits de la même façon que dans le cas du chapitre précèdent. Par conséquent, de nouveaux
outils seront développés dans ce chapitre.
I. TERMINOLOGIE
I.1. Signal périodique
Un signal périodique est un signal qui se reproduit régulièrement sur un certain intervalle de
temps (ex : onde sinusoïdale, carrée, triangulaire, etc.).
Elle est définie par les paramètres comme :
• Sa période,
• Son cycle,
• Sa fréquence,
• Sa valeur moyenne,
• Sa valeur efficace
29
I.2. La période
La période T d’un signal est l’intervalle de temps sur lequel le signal se reproduit. La période
se mesure entre deux points identiques de la forme d’onde.
I.3. Le cycle
Un cycle est la portion d’un signal périodique contenue en une période.
I.4. La fréquence
La fréquence 𝑓 est le nombre de cycles qui se produisent par seconde, exprimée en Hertz (Hz)
avec :
1
𝑓=
𝑇
𝟏 𝑻
𝑭𝒆𝒇𝒇 = √ ∫ 𝒇𝟐 (𝒕)𝒅𝒕
𝑻 𝟎
La valeur efficace est généralement la principale caractéristique indiquée sur les appareils
électriques.
30
La valeur efficace d’un signal purement sinusoïdal correspond à la valeur d’un signal continu
produisant le même échauffement dans la même résistance.
Remarque : La valeur efficace ne peut être calculée que si le signal est périodique mais surtout
purement sinusoïdal
La valeur efficace vraie (true RMS) doit être utilisée lorsque les signaux ne sont pas purement
sinusoïdaux. En effet, lorsque les signaux ne sont pas purement sinusoïdaux, il existe une
différence importante entre la valeur efficace et la valeur efficace vraie.
31
II.2. Valeur efficace d’une grandeur sinusoïdale
Pour une grandeur sinusoïdale 𝑓(𝑡) = 𝐹𝑚𝑎𝑥 sin(𝜔𝑡 + 𝜃) alors :
𝑭𝒎𝒂𝒙
𝑭 = 𝑭𝒆𝒇𝒇 =
√𝟐
On peut donc écrire la relation 𝑓(𝑡) = 𝐹𝑚𝑎𝑥 sin(𝜔𝑡 + 𝜃) sous la forme conventionnelle :
𝒇(𝒕) = 𝑭√𝟐 𝐬𝐢𝐧(𝝎𝒕 + 𝜽)
N.B : L’énergie électrique est distribuée en côte d’ivoire sous la forme de tensions et de courant
sinusoïdaux de fréquence 50 Hz. La valeur efficace de la tension disponible aux bornes d’une
prise de courant d’une installation domestique est de 230 V.
Remarque :
𝜋 𝜋
On considère toujours la valeur principale du déphase comprise entre − 2 et + 2
• 𝛼 > 0 f1 en avance sur f2
• 𝛼 < 0 f1 en retard sur f2
32
Remarque :
• La norme (ou module) du vecteur 𝐹 est ici prise égale à F (valeur efficace) car on
mesure généralement les valeurs efficaces des tensions et courants dans les
applications industrielles en régime sinusoïdal.
• Pour déterminer l’expression de 𝑓(𝑡) = 𝑓1 (𝑡) + 𝑓2 (𝑡) on utilise la relation vectorielle
𝐹= 𝐹 ⃗⃗⃗1 + 𝐹
⃗⃗⃗2
Exercice :
𝜋 𝜋 2𝜋
On donne : 𝑖1 = 3√2cos (𝜔𝑡 − 2 ) ; 𝑖2 = 5√2𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑡 + 6 ) ; 𝑖3 = 6√2𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑡 − )
3
1. Représenter ces courants ainsi que le courant résultant par un diagramme vectoriel.
2. Déterminer l’expression de la somme des trois courants
𝑧2 = 𝑎2 + 𝑗𝑏2 = 𝑧2 ∠𝜃2
𝑏1
𝑧1 = √𝑎1 2 + 𝑏1 2 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜃1 = tan−1 ( )
𝑎1
𝑏2
𝑧2 = √𝑎2 2 + 𝑏2 2 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜃1 = tan−1 ( )
𝑎2
𝑧1 + 𝑧2 = (𝑎1 + 𝑎2 ) + 𝑗(𝑏1 + 𝑏2 )
𝑧1 × 𝑧2 = (𝑧1 𝑧2 )∠𝜃1 +𝜃2
𝑧1 𝑧1 ∠𝜃1 −𝜃2
=( )
𝑧2 𝑧2
33
Exercice :
𝜋 𝜋 2𝜋
On donne : 𝑖1 = 3√2cos (𝜔𝑡 − 2 ) ; 𝑖2 = 5√2𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑡 + 6 ) ; 𝑖3 = 6√2𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑡 − )
3
Déterminer l’expression de la somme des trois courants
• 𝑈: Tension complexe
• 𝑍 : Impédance complexe du dipôle
• 𝐼: Courant complexe
34
Caractéristiques
Dipôles Représentation
Impédance Equation Valeur Commentaires
élémentaires vectorielle
complexe électrique de
Résistance pure I V I et V sont en
Z=R U=RI =0°
(R) phase
I est en arrière de
𝑍 = 𝑗𝐿𝜔 =90° 90° par rapport à
Bobine pure (L) U=jLI V
= 𝐿𝜔∠90 I V
1
𝑍 = −𝑗 I est en avance de
Condensateur 𝐶𝜔 =-90°
∠−90 U=(1/jC)I I V 90° par rapport à
pur (C) 1
= V
𝐶𝜔
Remarque :
• La tension aux bornes d’une résistance est en phase avec le courant qui la traverse.
• La tension aux bornes d’une inductance pure est en quadrature avant sur le courant qui
la traverse.
• La tension aux bornes d’une capacité pure est en quadrature arrière sur le courant qui
la traverse.
35
III.4. Association de dipôle
III.4.1. Association en série
En série, les dipôles sont traversés par le même courant
𝑍𝑒𝑞 = ∑ 𝑍𝑖
𝑖=1
𝒏
𝟏 𝟏
=∑
𝒁𝒆𝒒 𝒁𝒊
𝒊=𝟏
Cette source fournit une tension sinusoïdale 𝑣(𝑡) qu’on caractérisa par sa valeur efficace 𝑉 et
qu’on considérera comme étant à l’origine des phases. On écrit ainsi de façon classique une
tension sinusoïdale de référence sous la forme :
36
IV.2. Puissance en régime sinusoïdal
Soit un dipôle d’impédance complexe 𝑍 = 𝑍 ⌊𝜑 parcouru par un courant 𝑖(𝑡) et soumis à une
tension 𝑢(𝑡).
⃗ ) ; 𝑍 = 𝑍 ⌊𝜑
𝑖(𝑡) = 𝐼√2 sin(𝜔𝑡 − 𝜑) ; 𝑣(𝑡) = 𝑉√2 sin(𝜔𝑡); 𝜑 = (𝐼 , 𝑉
La puissance instantanée est la somme d’un terme constant : 𝑽𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 et d’un terme variant
périodiquement (puissance fluctuante) : 𝑽𝑰 𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − 𝝋)
37
La puissance active a pour expression :
𝑻
𝟏
𝑷 = ∫ 𝒑(𝒕)𝒅𝒕 = 𝑽𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝑻
𝟎
𝑸 = 𝑽𝑰 𝐬𝐢𝐧 𝝋
𝑺 = 𝑽𝑰
S Q 𝑄
φ tan 𝜑 =
P 𝑃
38
Pour une charge quelconque d’impédance 𝑍 = 𝑅 + 𝑗𝑋 traversée par un courant de valeur
efficace I on a :
• P = RI2
• Q = XI2
• S = ZI2
𝑃
𝑓𝑝 = (0 < 𝑓𝑝 < 1)
𝑆
Le facteur de puissance mesure « l’efficacité de fourniture » de la puissance active à la charge.
Plus ce facteur de puissance est proche de 1, mieux c’est pour le fournisseur de l’énergie
électrique.
Dans le cas des régimes sinusoïdaux, ce facteur de puissance est égal au cosinus du déphasage
de la tension par rapport à l’intensité :
𝑃
𝑓𝑝 = cos =
𝑆
𝑐𝑜𝑠𝜑 (𝐴𝑅) 𝑐𝑜𝑠𝜑 (𝐴𝑉)
⃗
𝑉
𝜑 𝐼
𝜑 ⃗
𝐼 𝑉
IV.3. Puissance des dipôles élémentaires
R 𝑉2
R 0 R𝐼 2 Ou 0
𝑅
𝜋 𝑉2
L jLω + 0 𝐿𝜔𝐼 2 Ou
2 𝐿𝜔
1 𝑗 𝜋 𝐼2
C =− − 0 −𝐶𝜔𝑉 2 Ou − 𝐶𝜔
𝑗𝐶𝜔 𝐶𝜔 2
Remarque :
• Une résistance pure consomme de la puissance active. Elle ne consomme pas de
puissance réactive.
• Une inductance pure consomme de la puissance réactive. Elle ne consomme pas de
puissance active.
39
• Une capacité pure fournit de la puissance réactive. Elle ne consomme pas de puissance
active.
𝒏 𝒏
𝑷 = ∑ 𝑷𝒊 𝑸 = ∑ 𝑸𝒊 𝑺 = √𝑷𝟐 + 𝑸𝟐
𝒊=𝟏 𝒊=𝟏
𝑄 = 𝑃 tan 𝜑
𝑃
𝐼=
𝑉 cos 𝜑
Le facteur de puissance est d’autant proche de 1 que la puissance réactive Q demandée au réseau
est faible devant la puissance active P.
Un mauvais facteur de puissance (< 0,8 en Côte d’Ivoire) élève la valeur du courant I absorbée
par la charge. Ce qui entraîne :
• L'amoindrissement du rendement de l’installation à cause de l’augmentation des pertes
par échauffement.
• Des chutes de tension importantes dans les câbles, et les surcharges.
• Le surdimensionnement des installations neuves : câbles, transformateur, appareillage
de protection, support de c(S), etc. ... ou le renforcement prématuré des installations
existantes
• Le paiement de pénalités au fournisseur de l'énergie électrique pour consommation
abusive d’énergie réactive
40
En industrie, les principaux consommateurs d'énergie réactive sont :
• Les moteurs asynchrones qui tournant à vide.
• Les transformateurs sous-chargés Les éclairages non compensés
• Les lignes et les câbles
• Les inductances
• Certains équipements électroniques
Pour améliorer la valeur du facteur de puissance d’une installation électrique on apporte par un
moyen extérieur, l’énergie réactive indispensable au fonctionnement des récepteurs en :
• Installant des batteries de condensateurs ou
• Faisant fonctionner une machine synchrone en compensateur synchrone (moteur
surexcité)
La solution "installation de batteries de condensateurs" est la plus efficace et la plus simple à
mettre en œuvre. Les condensateurs apportent l’énergie QC pour compenser Q1. Ce qui fait
passer S1 à S2 et cos𝜑1 à cos𝜑2.
Ainsi, la valeur de la capacité C à installer pour passer d’un cos1 de départ (qui correspond à
tan1) à un cos2 que l'on souhaite atteindre (qui correspond à tan2), est donnée par (,
pulsation du réseau d’alimentation) :
𝑃(tan 𝜑1 − tan 𝜑2 )
𝐶=
𝜔𝑉 2
41
VI. MESURE DES PUISSANCES ÉLECTRIQUES
Exercice d’application :
Un petit commerce est alimenté par le réseau national V = 240 V et f = 50 Hz. Il comprend
associés en parallèle :
• 20 lampes de 100 W ;
• Un chauffage résistif de 2,2 kW ;
• Deux moteurs monophasés de 0,75 kW (puissance mécanique), de rendement 0,78 et
de facteur de puissance 𝑐𝑜𝑠 𝜑 = 0,75 en pleine charge.
Calculer, lorsque l’ensemble fonctionne simultanément, la puissance active et réactive
absorbées par le petit commerce, l’intensité du courant et le facteur de puissance de l’ensemble.
42
Chapitre 4 :
INTRODUCTION
I.1. Définition
Trois grandeurs physiques de même nature (tensions, courants, ...), représentées par des
fonctions sinusoïdales du temps forment un système triphasé équilibré lorsque les trois
grandeurs qui le composent :
• Ont la même pulsation 𝜔 (même fréquence 𝑓),
• Ont la même valeur efficace (même amplitude),
2𝜋
• Sont déphasées les unes par rapport aux autres d’un angle de 120° ou ( 3 ).
43
• A puissance égale, les machines triphasés sont petites plus simples et moins coûteuse
que celles monophasés,
• Les alternateurs triphasés génèrent une puissance constante dans le temps (pas de
puissance fluctuante) et ne présente par conséquent pas de phénomènes indésirables
(vibration, …)
𝑣1 = 𝑉. √2 sin(𝜔𝑡) 𝑣1 = 𝑉. √2 sin(𝜔𝑡)
2𝜋 2𝜋
𝑣2 = 𝑉. √2 sin (𝜔𝑡 − ) 𝑣2 = 𝑉. √2 sin (𝜔𝑡 + )
3 3
4𝜋 4𝜋
𝑣 = 𝑉. √2 sin (𝜔𝑡 − ) 𝑣 = 𝑉. √2 sin (𝜔𝑡 + )
{ 3 3 { 3 3
44
𝑉1 = 𝑉𝑒 𝑗0 = 𝑉 ⌊0° = 𝑉 𝑉1 = 𝑉𝑒 𝑗0 = 𝑉 ⌊0° = 𝑉
2𝜋 2𝜋 2𝜋 2𝜋
𝑉2 = 𝑉𝑒 −𝑗 3 = 𝑉1 𝑒 −𝑗 3 = 𝑉1 ⌊−120° 𝑉2 = 𝑉𝑒 +𝑗 3 = 𝑉1 𝑒 +𝑗 3 = 𝑉1 ⌊+120°
2𝜋 2𝜋 2𝜋 2𝜋
+𝑗 +𝑗 ⌊+120° −𝑗 −𝑗 ⌊−120°
{𝑉3 = 𝑉𝑒 3 = 𝑉1 𝑒 3 = 𝑉1 {𝑉3 = 𝑉𝑒 3 = 𝑉1 𝑒 3 = 𝑉1
Système direct Système inverse
2𝜋
𝑗 2𝜋 2𝜋 1 √3
Si l’on introduit l’opérateur 𝑎 = 𝑒 3 = cos ( 3 ) + 𝑗 sin ( 3 ) = − 2 + 𝑗 et si on remarque
2
que cet opérateur satisfait aux relations :
2𝜋 2𝜋
1 √3
𝑎 = 𝑒𝑗 3 = 𝑒𝑗 3 = − 2 + 𝑗 2
𝟐
4𝜋 2𝜋
𝑎2 = 𝑒 𝑗 3 = 𝑒 −𝑗 3 = − 2 − 𝑗 2
1 √3 𝟏+𝒂+𝒂 =𝟎
{𝑎3 = 1
Les expressions des nombres complexes associés au système de tension triphasé équilibré
deviennent donc :
𝑉1 = 𝑉 𝑉1 = 𝑉
{𝑉2 = 𝑎2 𝑉1 {𝑉2 = 𝑎𝑉1
𝑉3 = 𝑎𝑉1 𝑉3 = 𝑎2 𝑉1
Système direct Système inverse
45
appelés phases et éventuellement un quatrième pour le retour du courant appelé conducteur
de neutre. Par convention, les trois phases sont notées R, S et T, ou 1, 2 et 3. N désigne le
neutre (il est au potentiel 0V).
46
Tensions simples et composées pour un système triphasé équilibré direct
Remarque : la relation entre la valeur efficace (V) des tensions simples et la valeur efficace
(U) des tensions composées est :
𝑼 = √𝟑𝑽
Ainsi, pour caractériser un réseau, on donne, la valeur efficace des tensions simples et la valeur
efficace des tensions composées sous la forme :
Tension simple efficace / tension composée efficace. Ex : 230 / 400V ou 400 / 690 V
Si pour un réseau triphasé on donne une seule tension, il faut considérer qu’il s’agit de la valeur
efficace des tensions composées.
47
En pratique ces couplages sont réalisés sur les plaques à (6) bornes des récepteurs triphasés à
l’aide de barrettes : 2 barrettes reliant 3 bornes disposées horizontalement, pour le couplage
étoile, et pour le couplage triangle, 3 barrettes reliant verticalement deux à deux les bornes.
III.2. Etude d’une ligne triphasée équilibrée alimentant une charge triphasée
équilibrée couplée en étoile.
Dans un couplage en étoile, chaque élément d’impédance 𝑍 est soumis à la tension simple du
réseau et traversé par le courant de ligne.
Dans le cas d’un montage étoile en fonctionnement équilibré (ligne équilibrée et charge
équilibrée), le fil de neutre n'est pas nécessaire au transfert de puissance. En effet on montre
que le point étoile est au potentiel du neutre et le fil neutre n’est traversé par aucun courant
(𝐼𝑁 = 0)
48
𝑽𝟏 𝑽𝟐 𝑽𝟑
𝑰𝟏 = ; 𝑰𝟐 = ; 𝑰𝟑 =
𝒁 𝒁 𝒁
̂
𝝋 = (𝑰̂
𝒙 , 𝑽𝒙 ) = (𝑱𝒙𝒚 , 𝑼𝒙𝒚 )
III.3. Etude d’une ligne triphasée équilibrée alimentant une charge triphasée
équilibrée couplée en triangle
Dans un couplage triangle chaque élément d’impédance 𝑍 est soumis à la tension composée du
réseau.
Equation
𝑈12
𝐽12 =
𝐼1 = 𝐽12 − 𝐽31 𝑍
𝑈23
{𝐼2 = 𝐽23 − 𝐽12 𝐽23 = 𝑍
𝐼3 = 𝐽31 − 𝐽23 𝑈31
{𝐽31 = 𝑍
𝑼 = √𝟑𝑽
𝑰 = √𝟑𝑱
̂
𝝋 = (𝑱𝒙𝒚 , 𝑼𝒙𝒚 ) = (𝑰̂
𝒙 , 𝑽𝒙 )
49
III.4. Choix du couplage d’un récepteur triphasé équilibré
La plaque signalétique d’un récepteur précise un certain nombre de caractéristiques nominales
du récepteur : Tension nominale Vn et courant nominal In. Pour la source d’alimentation on
a la tension simple V et composée U
Si 𝑽 = 𝑽𝒏 alors on réalise un couplage étoile
Si 𝑼 = 𝑽𝒏 alors on réalise un couplage triangle
Exemple : Supposons que vous voulez coupler un récepteur triphasé au réseau 220V/380V et
que la tension nominale pour chaque phase du récepteur soit de 380V. Quel couplage étoile ou
triangle faut-il choisir ?
𝑷 = √𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝑸 = √𝟑𝑼𝑰 𝐬𝐢𝐧 𝝋
𝑺 = √𝑷𝟐 + 𝑸𝟐 = √𝟑𝑼𝑰
𝑷
Le facteur de puissance est : 𝒇𝒑 = = 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝑺
50
IV.4. Théorème de Boucherot
La puissance active consommée par une installation triphasée est égale à la somme des
puissances actives consommées par chacun de ses sous-ensembles. Idem pour la puissance
réactive.
𝒏 𝒏
𝑷 = ∑ 𝑷𝒊 𝑸 = ∑ 𝑸𝒊 𝑺 = √𝑷𝟐 + 𝑸𝟐
𝒊=𝟏 𝒊=𝟏
𝑷𝟏 (𝐭𝐚𝐧 𝝋𝟏 − 𝐭𝐚𝐧 𝝋𝟐 )
𝑪=
𝟑𝑼𝟐 𝝎
51
Remarque :
Le couplage en étoile est moins intéressant puisque la capacité des condensateurs nécessaires
est trois fois plus grande que pour le couplage en triangle. Plus la capacité est grande, plus le
condensateur est volumineux et onéreux.
On utilise aujourd’hui des compensateurs statiques qui sont des dispositifs d’électronique de
puissance qui asservissent le facteur de puissance à la valeur souhaitée.
Cependant, si on n’est pas sûr de l’équilibre des phases, il faut utiliser 3 wattmètres afin de
mesurer la puissance de chaque phase et d’en faire la somme pour déterminer P.
𝑷 = 𝑷𝟏𝒏 + 𝑷𝟐𝒏 + 𝑷𝟑𝒏
𝑷 = 𝑷𝟏𝟑 + 𝑷𝟐𝟑
𝑸 = √𝟑(𝑷𝟏𝟑 − 𝑷𝟐𝟑 )
52
On retiendra de cette méthode :
Un analyseur de réseau électrique est un appareil capable de mesurer simultanément les trois
intensités et les trois tensions d’un réseau triphasé. Les résultats sont affichés sur un écran
graphique.
Exercice d’application : Une charge triphasée équilibrée est constituée de trois éléments
couplés en triangle. Chaque élément est constitué d’une résistance R en série avec une
inductance L. Lorsqu’on alimente la charge sous une tension de 220 V entre phases, 50 Hz, elle
absorbe une puissance active de 960 W et une puissance réactive de 1280 Vars.
Quelles seraient les puissances relevées sur chacun des wattmètres de la méthode des deux
wattmètres.
53
Chapitre 5 :
INTRODUCTION
Par construction, les systèmes de production, transport et utilisation d’énergie électriques sont
équilibrés, et les f.é.m. triphasés équilibrées directes (on peut admettre une situation
statiquement équilibrée des petites charges monophasées). Cependant, il y a certaines situations
qui peuvent le déséquilibrer.
Les déséquilibres possibles proviennent :
• De grosses charges monophasées,
• De défaut dans le réseau (coupure, court-circuit entre phases ou entre phase et terre).
Pour protéger le système contre de telle situation, on doit prévoir des dispositifs de protection
tel que le fusible, les disjoncteurs. Pour cela et aussi pour d’autres raisons, il est nécessaire de
calculer les courants et tensions du système dans de telle situation de déséquilibre. Un tel
système (déséquilibré) peut être transformé en trois systèmes équilibrés : ces composantes sont
appelées ‘composantes symétriques’. Ainsi, l’on peut transformer un système déséquilibré
quelconque en composante symétriques.
Les courants triphasés qui s’établissent dans le système, sont alors déséquilibrés.
54
I.3. Composantes réelles et composantes symétriques
Il existe trois façons différentes d’obtenir une représentation symétrique à partir de trois
grandeurs sinusoïdales de même pulsation :
1 1 1 2 3
3 2 2 3
Les deux premières représentations (directe et inverse) sont de somme nulle tandis que la
dernière est de somme triple. Fortescue a qualifié les composantes Xd, Xi et X0 de composantes
symétriques. Il a montré que tout système triphasé (X1, X2, X3) quelconque peut s’exprimer
comme la somme des composantes symétriques (Xd, Xi, Xo). Les formules ci-dessous,
permettent de passer d’un système triphasé de composantes réelles connues, à son système de
composantes symétriques équivalent, et inversement :
1
X 1=X d + X i + X 0 X 0= ( X 1 + X 2 + X 3)
3
1
X 2 = a2 X d + a X i + X 0 et inversement X d= ( X 1 + a X 2 + a2 X 3)
3
1
X 3 = a X d + a2 X i + X 0 X i = ( X 1 + a2 X 2 + a X 3)
3
𝑋1 1 1 1 𝑋𝑑 𝑋𝑜 1 1 1 𝑋1
1
(𝑋2 ) = (𝑎2 𝑎 1) ( 𝑋𝑖 ) et inversement (𝑋𝑑 ) = 3 (1 𝑎 𝑎 2 ) (𝑋 )
2
𝑋3 𝑎 𝑎2 1 𝑋𝑜 𝑋𝑖 1 𝑎2 𝑎 𝑋3
55
II. ETUDE DES REGIMES DESEQUILIBRES PAR LES LOIS DE KIRCHHOFF
En utilisant les lois de Kirchhoff (lois des mailles et des nœuds) et éventuellement le théorème
de Kennely, il est possible de déterminer les grandeurs électriques qui s’établissent lors d’un
fonctionnement en régime déséquilibré.
I1 Z1 J1
𝐼𝑂𝑛 = 𝐼1 + 𝐼2 + 𝐼3
V1
𝑉1 𝑉2 𝑉3 I2 Z2 J2
O
𝑍1 + 𝑍2 + 𝑍3
𝑉𝑜𝑛 = V2 Ion
1 1 1
+ +
𝑍1 𝑍2 𝑍3 I3 Z3 J3
V3
𝑉1 − 𝑉𝑂𝑛 VOn
𝐼1 =
𝑍1
Remarque :
Si la charge est équilibrée (Z1 = Z2 = Z3), V0n représente la composante homopolaire du
système de tensions :
𝑉1 + 𝑉2 + 𝑉3
𝑉𝑜𝑛 =
3
I1 Z1 J1
V1 U12
U31
I2 Z2 J2
𝐼1 = 𝐽1 − 𝐽3
V2 U23
Z3 J3
𝑈12 𝑈31 I3
𝐼1 = −
𝑍1 𝑍3 V3
56
III. PUISSANCE EN REGIME DESEQUILIBRE
III.1. Le calcul des puissances
La puissance apparente totale a pour expression :
P = P1 + P2 + P3 = ℛ𝑒{𝑆}
Q = Q1 + Q2 + Q3 = ℐ𝑚{𝑆}
57