Les résultats de notre étude obtenu à travers nos enquêtes et entretiens révèlent les enjeux du
développement du milieu physique dans la commune de Dano. D’abord, le relief accidenté de
la commune de Dano composé de colline, de plateaux et de plaine à une influence sur
l’occupation des sols ainsi que les pratiques agricoles. Ce constat rejoint les travaux de P.
Peltre, (1983, p.270-275) qui a évoqué le fait que les caractéristiques du milieu physique
conditionnent les modes d’occupation des terres de même que leur exploitation. Ces
caractéristiques ont un grand effet sur le domaine agricole. En plus de cela nous notons que la
commune de Dano souffre d’une certaine instabilité au niveau des précipitations, une hausse
des températures minimales et une évapotranspiration constante qui exerce une pression
notable sur l’agriculture.
J. Albergel et J.M. Lamachère, (1993, p.114-115), dans leur étude aborde l’effet des
conditions climatiques sur les activités agricoles. Leurs travaux portants sur l’Afrique de
l’Ouest, ils affirment qu’au sud de l’isohyète, les conditions climatiques favoriseraient une
bonne pluviométrie qui est très bénéfique pour le riz pluvial. Ce qui n’est pas le cas pour la
commune de Dano. Cela met en exergue la diversité des conditions climatiques en fonction
des zones. P. Peltre, (1983, p.270-275) abonde dans le même sens mais en parlant plus des
effets du changement climatique sur l’aménagement et le développement des régions. Il
soutient que, le climat influence le paysage. Or les changements climatiques jouent sur la
végétation, les sols et sur le relief ce qui rend complexe l’aménagement des zones concernées
par cela.
Ensuite, pour aborder les potentialités du milieu physique, retenons que la commune regorge
d’une diversité de sols et d’une couverture végétale importante qui constitut une richesse pour
la commune. Aussi, la présence de colline dans le village de Dabolè offre de meilleures
performances agricoles. Cela rejoint les travaux de J. Colline et al., (1984, p.35) qui portaient
sur la Côte d’Ivoire. En effet, ils révèlent les atouts du milieu physique sur le plan géologique
de la zone de Taï. La structure de cette zone est propice au développement de minerais. Le
réseau hydrographique y est également bien fourni favorisant l’approvisionnement en eau et
les aménagements agricoles.
Enfin, dans la commune de Dano, la gestion des ressources naturelles est mise en mal par
plusieurs facteurs notamment l’orpaillage, la coupe abusive du bois de même que
l’insuffisance des moyens pour mener des opérations de contrôle de l’Environnement. La
pollution des eaux provoqué par le mercure et la dégradation des aires protégées comme la
réserve de Bontioli posent de réels défis écologiques. FAO (2007, p20), évoque la diminution
de la densité des forêts en Afrique de l’Ouest. Elle ajoute qu’il existe des forets fermés qui
sont devenues ouvertes à cause des activités agricoles, les mines et les feux de brousse. Cela
est bien perceptible dans la réserve partielle et totale de Djikologo où on retrouve des
habitations, des champs dans la partie totale et un site d’orpaillage clandestin.
Au delà de cela, notons que l’érosion, le mauvais état des pistes et les difficultés d’accès à
certains villages constitue un frein majeur pour le développement de la commune. Les travaux
de J. Albergel et J.M. Lamachère, (1993, p.114-115) corroborent cela en affirmant que
l’érosion des versants et les croutes de ruissellement entrainant un ensablement des bas-fonds,
ce qui ralenti bien évidemment le développement de la zone. J. Collinet et al., (1984, p.35)
ajoute que la diversité du relief en interaction avec les phénomènes de ravinement rend plus
complexe l’aménagement du territoire et favorise une intensification de l’érosion des sols.
La diversité du relief, en interaction avec les phénomènes de ravinement, rend l’aménagement
du territoire plus complexe et favorise une intensification de l’érosion des sols.