QUELQUES REFERENCES JURIDIDUES SUR LE TRAVAIL MARITIME
• CODE DU TRAVAIL SENEGALAIS
Article L.32.
Quels que soient le lieu de la conclusion du contrat et la résidence de l'une ou l'autre
partie, tout contrat de travail conclu pour être exécuté au Sénégal est soumis aux
dispositions du présent Code. La preuve de son existence peut être apportée par tous
moyens. Le contrat écrit est exempt de tous droits de timbre et d'enregistrement.
CHAPITRE IV : DU CONTRAT DE TRAVAIL A DUREE INDETERMINEE
SECTION 1 : DE LA RUPTURE DU CONTRAT
Article L.49. (Loi 2015-04 du 12 Février 2015)
Tout contrat de travail qui ne répond pas aux définitions du contrat à durée déterminée,
du contrat d'apprentissage, du contrat de stage ou du contrat d'engagement à l'essai doit
être considéré comme contrat à durée indéterminée.
Le contrat à durée indéterminée peut toujours cesser par la volonté de l'une des parties
sous réserve des règles sur le préavis, et, en ce qui concerne les formes du
licenciement, des dispositions spécifiques concernant les délégués du personnel et le
licenciement pour motif économique.
Article L.50.
La résiliation du contrat à durée indéterminée est subordonnée à un préavis notifié par
écrit par la partie qui prend l'initiative de la rupture.
Ce préavis ne doit être subordonné à aucune condition suspensive ou résolutoire. Il
commence à courir à compter de la date de la remise de la notification.
Le motif de rupture du contrat doit figurer dans cette notification.
En l'absence de conventions collectives, un décret fixe les modalités, les conditions et la
durée du préavis, compte tenu notamment, de la durée du contrat et des catégories
professionnelles.
Article L.51.
Si le licenciement d'un travailleur survient sans observation de la formalité de la
notification écrite de la rupture ou de l'indication d'un motif, mais pour un motif légitime,
ce licenciement irrégulier en la forme ne peut être considéré comme abusif.
Le tribunal peut néanmoins accorder au travailleur une indemnité pour sanctionner
l'inobservation des règles de forme.
Article L.58.
A l'expiration du contrat, l'employeur doit, sous peine de dommages-intérêts, remettre au
travailleur, au moment de son départ définitif de l'entreprise ou de l'établissement, un
certificat indiquant exclusivement la date de son entrée, celle de sa sortie, la nature et
les dates des emplois successivement occupés, la catégorie de la convention collective
dont le travailleur relève.
SECTION 2 : DU LICENCIEMENT POUR MOTIF ECONOMIQUE
Article L.60.
Tout licenciement individuel ou collectif effectué par un employeur, et motivé par une
difficulté économique ou une réorganisation intérieure constitue un licenciement pour
motif économique et s'opère suivant la procédure décrite à la présente section.
• CODE DE LA MARINE MARCHANDE
LOI N° 2002-22 du 16 août 2002 PORTANT CODE DE LA
MARINE MARCHANDE
Article 315
Résiliation du contrat à durée indéterminée
La résiliation du contrat d’engagement maritime conclu pour une durée indéterminée
ne peut être faite par l’armateur ou son représentant dans les cas suivants :
a) lorsque le marin se trouve en congé à moins d’avoir été averti avant sa mise en
congé ;
b) pendant une période de maladie du marin, sauf dans le cas prévu au b) de l'article
316 ;
c) pendant la durée du service effectué dans les forces armées ;
d) pendant une absence du travail pour motifs justifiés et prévus par des dispositions,
légales, mais ne dépassant pas un mois.
Article 316
Résiliation du contrat sans préavis par l'armateur
Tout contrat d’engagement maritime peut être résilié par l’armateur ou son
représentant, sans préavis en cas de faute du marin, dans les cas suivants :
a) lorsque le marin a commis un délit ne permettant plus de l’employer dans les
fonctions qu’il occupe, si ce délit a fait l’objet d’un jugement par une juridiction nationale
et est devenu définitif ;
b) lorsque le marin a enfreint gravement ses obligations de service ou la discipline à
bord, sous réserve, qu’après enquête, l’Autorité Maritime ait confirmé l’existence des
infractions reprochées au marin ;
c) lorsque le marin a été déchu conformément à l'article 618 de ses droits d’exercer
les fonctions maritimes.
d) Tout contrat d’engagement maritime peut également être résilié par l’armateur ou
son représentant sans préavis, même en l’absence de faute du marin, dans les cas
suivants :
e) lorsque le marin est en état d’incapacité permanente de travail dûment constatée
par le
Médecin des Gens de Mer ;
f) lorsque le marin est atteint d’une maladie dont la durée excède quatre mois ;
g) lorsque le marin ne peut pas exercer ses fonctions maritimes pour d’autres raisons
justifiées, pendant une période qui ne peut excéder un mois.
Article 317
Priorité d’embauche
Le marin dont le contrat d’engagement maritime a été résilié dans les conditions
prévues à l’alinéa 2 de l’article ci-dessus pour des raisons de maladie, bénéficie d’un
droit prioritaire à un engagement maritime au service du même armateur, pendant une
période de trois mois à compter de la date de la constatation de son aptitude à
reprendre le travail.
Article 321
Lieu de résiliation du contrat
Le contrat d’engagement maritime conclu pour une durée déterminée ou pour une
durée indéterminée ne peut être résilié que dans un port du Sénégal.
Lorsque le délai de préavis prévu à l’article 313 du présent chapitre s’achève pendant
que le navire se trouve en mer, la validité du contrat est prorogée jusqu’à l’arrivée du
navire dans un port du Sénégal et l’achèvement des opérations commerciales qu’il doit
effectuer dans ce port.
Article 328
Salaire d’attente
En dehors des périodes d’embarquement, l’armateur est tenu de placer en réserve
tout marin qui bénéfice de la stabilité de l’emploi. Il lui sera versé le salaire prévu par
les conventions collectives à cet effet.
Article 365
Décès du marin
En cas de décès du marin pendant la durée du contrat, ses salaires sont dus à ses
ayants droits jusqu’au jour du décès.
Si le contrat d’engagement a été conclu pour un voyage ou en cas de rémunération
au profit, en cas de décès du marin, la totalité du salaire ou des montants prévus est
due à ses ayants droits.
Article 371
Prélèvement sur salaires
Il est interdit à l’armateur d’opérer sur les salaires du marin une quelconque retenue
ou suspension, en raison de l’inexécution d’obligations autres que celles prévues dans
le présent Code ou dans les textes pris pour son application.
CHAPITRE IV — REGIME SOCIAL DU MARIN
Article 421
Prestations familiales
Les marins embarqués sur les navires sénégalais sont affiliés à une institution de
sécurité sociale et ont droit aux prestations familiales du Régime Général sénégalais.
Ceux embarqués sur des navires étrangers, bénéficient également des mêmes
prestations à condition qu’il soit prévu dans leur contrat qu’ils sont affiliés à une
Institution de Sécurité Sociale du Sénégal et que le représentant de l’armateur
domicilié au Sénégal verse effectivement les cotisations audit organisme.
Article 422
Pension de retraite
Les marins embarqués sur les navires sénégalais sont affiliés à une Institution de
Prévoyance Retraite et de Sécurité Sociale du Sénégal. Ceux embarqués sur des
navires étrangers sont également affiliés à condition que ce soit prévu dans leur contrat
et que le représentant de l’armateur domicilié au Sénégal verse effectivement les
cotisations à l'Institution.
Les marins admis à la retraite bénéficient d’une indemnité de départ dite “Indemnité
de fin de Carrière” prévue par les conventions collectives.
Article 423
Institut de Prévoyance Maladie
Les marins embarqués sur les navires sénégalais sont affiliés à une caisse de
Prévoyance
Maladie (I.P.M). Ceux embarqués sur les navires étrangers y sont également affiliés à
condition que ce soit prévu sur leur contrat et que le représentant de l’armateur
domicilié au Sénégal verse effectivement les cotisations à cette caisse.
Article 424
Salaire et soins
Lorsqu’un marin est soigné à la charge de l’armateur conformément aux articles 431
et 153 du présent Code, il conserve l’intégralité de son salaire pendant tout le temps
où les soins sont dus par l’armateur.
Le marin est soigné aux frais du navire, s’il est blessé au service du navire ou s’il est
tombe malade pendant son embarquement.
Le marin débarqué pour cause d’accident ou de maladie loin d’un port du
Sénégal conserve ses droits aux soins et salaires jusqu’au jour de son
rapatriement, quelle que soit l’origine de la blessure ou de la maladie. Toutefois
ne donnent lieu à aucune indemnité, les blessures ou la maladie résultant d’un fait
intentionnel de l’intéressé, et les salaires ne sont plus assurés du jour de la cessation
du travail ; le marin conservant le droit à la nomination.
Le marin débarqué non encore guéri dans un port du Sénégal est soumis au régime
de la prévention et de la réparation des accidents du travail et des maladies
professionnelles de la caisse de Sécurité Sociale ainsi qu’à sa garantie pour les
maladies contractées en service, qu’ils aient ou non le caractère de maladie
professionnelle.
Article 425
Accidents du travail – Maladies – Protection
Les marins sont protégés contre les accidents du travail et contre les maladies
contractées en service dans les conditions prévues aux dispositions du présent Code.
Article 426
Définition accidents du travail
Est considéré comme accident du travail en matière maritime, tout accident survenu
au cours de l’exercice du métier de marin et entraînant pour la victime, soit une
incapacité de travail temporaire ou définitive, soit la nécessité de soins médicaux.
Article 427
Définition de la maladie contractée en service
Est considérée comme maladie contractée en service en matière maritime, toute
affection constatée en cours d’embarquement, entraînant pour la victime, soit une
incapacité de travail de temporaire ou définitive, soit la nécessité de soins médicaux,
et pouvant par sa nature, être considérée comme ayant un lien de causalité direct avec
l’exercice de la profession de marin.
En cas de contestation sur le régime de la maladie, l’avis du Médecin des gens de mer
sera toujours requis.
La maladie contractée en service est couverte par l'Institution de Sécurité Sociale
d'affiliation.
La responsabilité de l'Institution et des armateurs est cependant limitée à 12 semaines.
Article 428
Constatation de l’accident ou de la maladie
Tout accident ou maladie constaté en cours d’embarquement fait l’objet d’un rapport
détaillé de blessure ou de maladie, établi par le Capitaine et contresigné par deux
témoins.
Le contenu de ce document ainsi que la procédure de déclaration et d’enquête sont
fixés par décret.
Article 429
Subrogation armateur
Lorsque l’armateur assume directement le paiement des soins au praticien, rembourse
le marin des frais pharmaceutiques et lui paie les salaires et indemnités pouvant lui
être dus, il est subrogé de plein droit à la victime dans les droits de celle-ci à l’encontre
de la caisse. Il doit alors en faire la déclaration auprès des services de l'Institution de
Sécurité Sociale d'affiliation pour éviter le double paiement.
Article 430
Recouvrement et paiements
Le recouvrement des cotisations et les paiements aux bénéficiaires sont du ressort de
l'Institution de Sécurité Sociale.
CHAPITRE V — AUTRES OBLIGATIONS DE L’ARMATEUR
Article 431
Principe
Si le marin est blessé pendant qu’il se trouve au service du navire, ou s’il tombe malade
pendant le cours de son embarquement, après que le navire ait quitté le port où le
marin a été débarqué, celui-ci a droit à tous les soins médicaux nécessaires, à la
charge de l’armateur.
Les dispositions de l’alinéa précédent sont également applicables au marin qui tombe
malade entre la date de son embarquement et la date du départ du navire, ou
postérieurement à la date de son embarquement et avant tout autre embarquement
auprès du même armateur. Dans ce dernier cas, il doit être établi que la maladie a été
contractée au service du navire.
Article 432
Débarquement au Sénégal
Les soins cessent d’être dus par l’armateur au plus tard à l’expiration d’un délai de
quatre mois à compter du jour où le marin a été débarqué à terre, au Sénégal. Ils
cessent également d’être dus à partir du jour où, après avoir été débarqué à terre, le
marin a été pris en charge par le régime d’assurance maladie.
Toutefois, si le marin a été débarqué hors du Sénégal, les soins sont dus, s’il y a lieu,
au-delà du délai de quatre mois prévus à l’alinéa précédent, et ce, jusqu’au
rapatriement.
Article 433
Couverture sociale
L’armateur est tenu de veiller à ce que le marin ait une couverture sociale, contre les
accidents du travail, contre la perte de son aptitude à exercer la profession de marin à
la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.