Thèse 1
Thèse 1
UNIVERSITE DE BATNA
FACULTE DES SCIENCES DE L’INGENIEUR
DEPARTEMENT D’ELECTROTECHNIQUE
Thèse
Présentée à la Faculté des Sciences de l’Ingénieur
Département d'Electrotechnique
Pour L'Obtention du Diplôme de
Doctorat en sciences
Option : Electrotechnique
Par
2008/2009
Remerciements
Je tiens à remercier vivement mon encadreur DR. TAREK BOUKTIR qui a manifesté son entière
disponibilité pour mon encadrement, et n’a ménagé aucun effort pour l’aboutissement de ce
travail.
Je remercie également PROF. M. KADJOUDJ (président de jury) et les membres du jury (PROF.
A. GOLEA, DR. A. BETKA, DR. A. CHAGHI, et DR.K. CHIKHI) de l’intérêt dont ils font
• Tous les responsables des trois départements d’Electrotechnique à Batna, Setif et Oum El-
Bouaghi.
• Tous ceux qui ont contribué de prés ou de loin à l’élaboration de cette thèse de doctorat surtout
Je remercie également ma famille et toutes mes amies. Surtout Ma Mère Salima, Mon père Ammar,
mon beau père Abdelouahab dit « El Hadj El Hocine », mon fils Ziad et mes deux filles Manal
Khadidja et Salsabul.
Malheureusement je crains d’oublier de citer certaines personnes; j’espère qu’elles ne m’en tiendront
pas grief, et je peux leur assurer qu’elles ont une place particulière dans mon cœur.
Liste des symboles et abréviations
Keywords: Optimal Power Flow, Power Systems, Economic Dispatch, Pollution Control, NOx
emission, Metaheuristic, Particle Swarm Optimisation, Ant Colony Optimisation, Genetic
Algorithm, unit commitment.
Contribution à l’application de l’optimisation par des méthodes
métaheuristiques à l’écoulement de puissance optimal dans un
environnement de l’électricité dérégulé.
Résumé
La contribution principale de cette thèse est l'Application de trois techniques métaheuristiques :
l’optimisation par Essaims de Particules (PSO), les algorithmes de colonies de fourmis (ACO) et les
algorithmes génétiques (AG) pour résoudre le problème d’optimisation de l’écoulement de puissance
dans un environnement régulé ou dérégulé. Différentes fonctions objectives ont été utilisées à savoir :
optimisation de l’écoulement de puissance avec et sans pollution, minimisation de coût de production
de l’énergie électrique en tenant compte des pertes de puissance active et les déviations des tensions
aux niveaux des jeux de barres de charge, détermination de l’état optimal de chaque générateur
interconnecté dans le réseau électrique durant 24 h et la détermination du profit maximal des
compagnies d’électricité dans un marché d’électricité libéré. L’application de l’optimisation de
l’écoulement de puissance par les méthodes classiques et métaheuristiques sur le réseau IEEE 30 jeux
de barres ainsi que le réseau Algérien montre l’efficacité de méthodes métaheuristiques. On remarque
aussi qu’avec les méthodes métaheuristiques on peut trouver un vecteur solution optimal global ou
quasi-optimal en utilisant seulement les informations sur les fonctions objectives.
Tableau 1.1 Données des fonctions coût des 6 générateurs du réseau IEEE 30-bus.....................................- 21 -
Tableau 1.2 Résultats du dispatching par la méthode de Lambda sur le réseau IEEE 30-bus. .....................- 23 -
Tableau 1.3 Limites max.des puissances transmises dans les lignes 1, 2 et 5 selon les trois cas ..................- 28 -
Tableau 2.1 Les paramètres constants de l’algorithme ACO ...........................................................................- 64 -
Tableau 2.2 Gammes des paramètres variables de l’ACO ...............................................................................- 64 -
Tableau 2.3 les dix combinaisons des paramètres d’ACO ...............................................................................- 65 -
Tableau 2.4 Les résultats de l’ACO-OPF pour les 10 ensembles de paramètres β, ρ et q0 (réseau 30bus) .......- 70 -
Tableau 2.5 Comparaison des résultats obtenus par ACO-OPF et IP-OPF (IEEE 30 bus)...............................- 70 -
Tableau 2.6 Les coefficients d’émission de gaz toxique des 6 générateurs du réseau 30 bus ...........................- 71 -
Tableau 2.7 Les résultats d’ACO pour les 11 cas appliqués sur le réseau IEEE 30 bus ( .................................- 72 -
Tableau 2.8 Comparaison des résultats obtenus par GA-OPF et ACO-OPF pour le réseau IEEE 30 bus. .......- 88 -
Tableau 2.9 Les résultats du coût minimal par GA avec codage réel (.............................................................- 89 -
Tableau 2.10 La comparaison des résultats du GA avec PSO ..................................................................... - 100 -
Tableau 2.11 Les résultats du coût minimal par PSO ( ............................................................................... - 102 -
Tableau 2.12 La comparaison entre PSO et AG ......................................................................................... - 104 -
Tableau 3.1 Résultats d’optimisation par OPF dans un marché spot avec limites sur les lignes selon deux
cas ............................................................................................................................................ 129
Tableau 3.2 Paramètres des générateurs du réseau 59 jeux de barres de Sonelgaz.................................... 133
Tableau 3.3 Comparaison des résultats d’OPF par ACO, GA, PSO & IP sur le réseau Algérien ............. 135
Tableau 3.4 Prix nodaux du réseau algérien dans le cas où le prix spot=coût de production...........................
............................................................................................................................................ 137
Tableau 3.5 Répartition par nœud d'injection et de soutirage des plans de vente et d'achat pour un prix égale
le coût de production............................................................................................................................................ 137
Tableau 3.6 Résultats d’optimisation des différents prix d’offre .............................................................. 138
Tableau 3.7 Données des deux charges élastiques ................................................................................... 139
Tableau 3.8 Résultats d’optimisation dans le cas des charges flexibles selon 3 cas .................................. 140
Tableau 3.9 La variation de la fonction coût durant le processus d’optimisation OPF dans les 3 cas ..... 141
Tableau 3.10 Puissance délivrée par les dix générateurs du réseau Algérien après convergence du PSO-OPF .
147
Tableau 3.11 Données techniques et économiques des dix générateurs du réseau test Algérien: ................ 153
Tableau 3.12 Prix spot et prix de réserve durant 24 heures ........................................................................ 154
Tableau 3.13 Résultats économiques des deux cas du marché de réserve................................................... 157
Sommaire
Chapitre 1 : Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques
1.1. Introduction................................................................................................................................................ - 7 -
1.2. Caractéristiques des systèmes électriques:................................................................................................. - 7 -
1.3. Formulation du problème de l'écoulement de puissance optimal............................................................. - 13 -
1.4. Dispatching économique.......................................................................................................................... - 15 -
1.5. Ecoulement de Puissance Optimal (OPF) ................................................................................................ - 23 -
1.6. OPF par la méthode de programmation linéaire (LP) .............................................................................. - 31 -
1.7. Application de SLP sur le réseau IEEE 30-bus........................................................................................ - 37 -
1.8. Méthode quadratique séquentielle ........................................................................................................... - 40 -
1.9. Comparaison entre les trois méthodes classiques: ................................................................................... - 47 -
1.10. Conclusion: .............................................................................................................................................. - 51 -
Chapitre 2 : Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF
2.1. Introduction - 52 -
2.2. Principe des méthodes métaheuristique les plus répondues - 52 -
2.2.1 Voisinage ............................................................................................................................................ - 52 -
2.2.2 Cadre des métaheuristiques................................................................................................................. - 53 -
2.3. Les algorithmes de colonies de fourmis - 53 -
2.3.1. Les fourmis réelles ......................................................................................................................... - 53 -
2.3.1.1. L’intelligence collective des fourmis............................................................................................... - 54 -
2.3.1.2. La communication............................................................................................................................ - 55 -
2.3.2. Les fourmis artificielles.................................................................................................................. - 56 -
2.3.2.1. Les algorithmes de colonies de fourmis........................................................................................... - 56 -
2.3.2.2. Optimisation naturelle : pistes de phéromones................................................................................ - 56 -
2.3.3. Optimisation par colonies de fourmis et problème du voyageur de commerce.............................. - 58 -
2.3.4. Algorithme de base......................................................................................................................... - 58 -
2.3.6. Variantes du système de Fourmis................................................................................................... - 60 -
2.3.6. Organisation de la métaheuristique ................................................................................................ - 62 -
2.3.6.1. Phéromones et mémoire................................................................................................................... - 62 -
2.3.6.2. Intensification/diversification........................................................................................................... - 63 -
2.3.6.3. Les paramètres optimales des algorithmes de colonies de fourmis ................................................ - 64 -
2.3.7. Formulation d’un algorithme de colonie de fourmis appliqué à l’OPF .......................................... - 65 -
2.3.7.1. Comportement des fourmis.............................................................................................................. - 65 -
2.3.7.2. Représentation du problème d’OPF................................................................................................. - 66 -
2.3.7.3. Organigramme de la technique ACO appliquée à l'OPF................................................................. - 66 -
2.3.8. Test de la méthode ACO sur OPF avec une fonction mono-objectif ............................................. - 69 -
2.3.8. Test de la méthode ACO sur OPF avec une fonction bi-objectif ................................................... - 71 -
2.4. Algorithmes génétiques - 74 -
2.5. 1 Idées de base................................................................................................................................... - 74 -
2.5. 2 Présentation des algorithmes génétiques ........................................................................................ - 76 -
2.5. 3 Opérateurs génétiques classiques ................................................................................................... - 76 -
2.5.6.1. Opérateur de sélection ...................................................................................................................... - 76 -
2.5.6.2. Sélection proportionnelle ................................................................................................................. - 77 -
2.5.6.3. Opérateur de croisement................................................................................................................... - 78 -
2.5.6.4. Opérateur de mutation...................................................................................................................... - 79 -
ü Mutation simple.......................................................................................................................................... - 79 -
ü Probabilité de mutation optimale ............................................................................................................... - 80 -
2.5.6.5. Autres paramètres............................................................................................................................. - 81 -
2.5. 4 Résolution d'un problème par algorithme génétique ...................................................................... - 81 -
2.5.6.1. Codage du problème en une suite de caractères .............................................................................. - 82 -
2.5.6.2. Choix de la fonction sélective .......................................................................................................... - 82 -
2.5.6.3. Prise en charges des contraintes par les AG .................................................................................... - 83 -
2.5. 5 Codage réel..................................................................................................................................... - 84 -
2.5.7.1. Opérateur de croisement................................................................................................................... - 84 -
2.5.7.2. Opérateur de mutation...................................................................................................................... - 86 -
2.3.8. Test de la méthode GA sur OPF avec une fonction mono-objectif ................................................ - 88 -
2.3.8. Test de la méthode GA sur OPF avec une fonction bi-objectif ...................................................... - 88 -
2.5. Optimisation par essaim de particules (PSO) - 91 -
2.6. 1. L’algorithme PSO........................................................................................................................... - 91 -
2.6.1. 1 Algorithme général [58] ................................................................................................................... - 91 -
2.6.1. 2 Algorithme unidimensionnel déterministe ...................................................................................... - 92 -
2.6.1. 3 Algorithme avec a = 1 et b = 1 ............................................................................................... - 92 -
2.6.1. 4 Algorithme discrète (binaire) ................................................................................................. - 93 -
2.6. 2. Description informelle .............................................................................................................. - 93 -
2.6.2.1. Caractéristiques principales ................................................................................................... - 95 -
2.6.2.2. Le voisinage ......................................................................................................................... - 95 -
2.6. 3. Les étapes de la méthode d’Optimisation par Essaim de Particules............................................. - 96 -
2.6.3.1. Expériences d’optimisation.................................................................................................... - 97 -
2.6. 4. Les étapes de la méthode PSO appliquée à l'OPF....................................................................... - 98 -
2.6.4.1. Test sur la fonction mono objectif .........................................................................................- 100 -
2.6.4.2. Résultats Obtenues...............................................................................................................- 100 -
2.6.4.3. Test sur la fonction bi objectif...............................................................................................- 102 -
2.6. Conclusion - 106 -
Chapitre 3 : Optimisation de l’écoulement de puissance et la commutation des centres de production dans un Sys. Elec. Libéralisé
3. 1. In tr oduct i on ..................................................................................................................................... 107
3.2. Marché de l’électricité...........................................................................................................................109
3.2.1 Modèle pool.................................................................................................................................109
3.2.2 Modèle bilatéral...........................................................................................................................110
3. 3. Aper çu sur l ’in dustr i e de l ’él ect r i ci t é ......................................................................................111
3.3.1 Architectures du marché électrique...............................................................................................111
3.3.2 Formes de concurrence ................................................................................................................112
3.3.3 Fiabilité du réseau électrique dans un marché concurrentiel ..........................................................112
3.3.4 La non-stockabilité et la contrainte d’équilibre production-consommation.....................................113
3.3.5 Flux électriques non-dirigeables et limites de capacité de transport ...............................................113
3.3.6 L’utilisation de réserves pour assurer la sécurité d’approvisionnement ..........................................113
3.3.7 Avantages du Marché libéralisé de l’électricité : ...........................................................................114
3. 4. R ègl es du j eu éga l e s ......................................................................................................................114
3.4.1 Enjeu en matière de réglementation et de législation .....................................................................115
3. 5. Ma r ch é de gr os et bour ses d’ él e ct r i ci t é ...................................................................................115
3.5.1 Comment se déterminent les prix ?...............................................................................................115
3.5.2 L’organisation des marchés..........................................................................................................118
3.5.3 Prix d’électricité ..........................................................................................................................119
3. 6. E xem pl e d’un comp or t emen t stra t égi que .................................................................................120
3.6.1 Discussion des suppositions .........................................................................................................122
3.6.2 Conséquences et performances du marché d’électricité libre .........................................................122
3. 7. Nég oce et a r bi t r a ge ........................................................................................................................123
3. 8. Opt i m i sa t i on de l ’écoul em en t de pui ssa n ce dan s un m ar ch é l i bér a l i sé : l ’OPF (Opt i ma l
Power Fl ow) .................................................................................................................................................124
3.8.1 Test de l’OPF dans un système électrique libéralisé sur le réseau IEEE 30 Bus .............................128
3.8.2 Réseau test Sonelgaz....................................................................................................................130
3.8.3 OPF sur le réseau algérien dans un système électrique intégré verticalement ..............................132
3.8.4 OPF sur le réseau Algérien dans un système électrique dérégulé .................................................135
3. 9. C om m ut a t i on des un i t és de pr oduct i on ‘Un i t Com m i tm en t ’ ...............................................143
3. 10. Pr obl èm e d’ Un i t Com m it m ent tra di t i onn el l e (UC) ...........................................................143
3. 11. Le s ét a pes d e r ésol ut i on du pr obl èm e d’ Un i t Com m i tm en t tr a di t i onn el l e .................145
3.9.1 Test de la méthode proposée pour la résolution du problème d’UC traditionnelle ..........................146
3.9.2 Discussion des résultats................................................................................................................146
3. 12. Le pr obl èm e du pr ofi t ba sé sur Un i t Com m i t m en t (PBUC) ............................................148
3.10.1 Les équations du PBUC ...............................................................................................................149
3. 13. Le s t yp es du m ar ch é de r éser ve .............................................................................................150
3.11.1 Marché de réserve 1 .....................................................................................................................150
3.11.2 Marché de réserve 2 : ...................................................................................................................150
3. 14. Le m od èl e d’OE P p our r ésoudr e l e pr obl èm e du PBUC ..................................................151
3.12.1 Les étapes de résolution du problème du PBUC............................................................................151
3.12.2 Application sur le réseau Algérien................................................................................................153
3.12.3 Discussion des résultats................................................................................................................154
3. 15. Con cl usi on ...................................................................................................................................157
Conclusion Générale 158
Annexe 161
Bibliographie ………… …167
1
INTRODUCTION GENERALE
compétitif par lequel les clients sont capables de choisir leur provision de l'électricité de
plusieurs compagnies de production et détaillants. Cette concurrence n’est jamais totale : les
infrastructures de transport et de distribution, nécessitant des investissements très lourds, ne
peuvent pas être mises en concurrence. Celles-ci constituent de ce fait un monopole naturel,
ayant vocation à être régulé par des autorités indépendantes [3]. Dans ce marché libéré, c'est
essentiel pour ces compagnies d’organiser efficacement leurs opérations, en minimisant le coût
de fonctionnement et en maximisant leurs marges bénéficiaires [4-5].
La complexité du problème d’optimisation de l’écoulement de puissance surtout dans un
environnement de marché d’électricité libre, avec l’apparition de nouvelles contraintes en
matière de réduction des émissions de gaz polluant (Protocole de Kyoto, 2005) et l’utilisation de
sources d’énergies renouvelables, fait en sorte qu'il est souvent difficile d'utiliser des méthodes
exactes de solution compte tenu du manque de flexibilité des méthodes classiques pour intégrer
diverses contraintes spécifiques.
Les métaheuristiques constituent alors une stratégie de résolution de plus en plus privilégiée
puisque elles sont des méthodes à grande flexibilité d’utilisation. Elles ont la possibilité de
trouver des solutions dans le plus grands nombre de cas possibles [6-7].
L’apparition des "métaheuristiques" remonte aux années quatre-vingts. Ces algorithmes
stochastiques d’optimisation globale peuvent être appliqués à tout problème, du moment qu’il
est formulé sous la forme de l’optimisation de critère(s). Ils progressent vers un optimum par
échantillonnage d'une fonction objectif. Ils se prêtent aussi à toutes sortes d’extensions,
notamment en optimisation multi-objectif.
Les métaheuristiques sont généralement utilisées comme des méthodes génériques pouvant
optimiser une large gamme de problèmes différents, sans nécessiter de changements profonds
dans l'algorithme employé.
Les métaheuristiques sont souvent employées en optimisation combinatoire, mais on en
rencontre également pour des problèmes continus ou mixtes (problèmes à variables discrètes et
continues).
1. exploration /diversification,
2. exploitation/ intensification,
3. mémoire et apprentissage.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé 3
L’exploration (ou diversification) désigne les processus visant à récolter de l'information sur
le problème optimisé. L’exploitation (ou intensification) vise à utiliser l'information déjà récoltée
pour définir et parcourir les zones intéressantes de l'espace de recherche. La mémoire est le
support de l'apprentissage, qui permet à l'algorithme de ne tenir compte que des zones où
l'optimum global est susceptible de se trouver, évitant ainsi les optima locaux.
Nous sommes souvent assujettis dans le domaine d’optimisation à deux contraintes
contradictoires :
• L'optimisation par essaims particulaires (PSO) est issue d'une analogie avec les
comportements collectifs de déplacements d'animaux. Pour résumer, chaque
individu utilise l'information locale à laquelle il peut accéder sur le déplacement
de ses plus proches voisins pour décider de son propre déplacement. Des règles
Introduction générale -4-
très simples comme « rester proche des autres individus », «aller dans la même
direction», «aller à la même vitesse» suffisent pour maintenir la cohésion du
groupe tout entier, et pour susciter des comportements collectifs complexes et
adaptés. La méthode en elle-même met en jeu des groupes de particules sous
forme de vecteurs se déplaçant dans l'espace de recherche. Chaque particule est
caractérisée par sa position et un vecteur de changement de position (appelé
vélocité). La socio psychologie suggère que des individus se déplaçant sont
influencés par leur comportement passé et par celui de leurs voisins. On tient
donc compte, dans la mise à jour de la position de chaque particule, de la
direction de son mouvement, sa vitesse, sa meilleure position et la meilleure
position de ses voisins [9].
• Les algorithmes génétiques ont été initialement développés par John Holland. A
chaque génération (itération), un nouvel ensemble de chaînes de caractères
(population) est créé en utilisant des parties des meilleurs éléments de la
génération précédente; ainsi que des parties innovatrices, à l'occasion. Bien
qu'utilisant le hasard, les algorithmes génétiques ne sont pas purement aléatoires.
Ils exploitent efficacement l'information obtenue précédemment pour spéculer sur
la position de nouveaux points à explorer, avec l'espoir d'améliorer la
performance. La fonction dont on recherche l'optimum est dite fonction objectif.
On ne fait aucune hypothèse sur cette fonction, en particulier elle n'a pas à être
dérivable, ce qui représente un avantage sur certaines méthodes de recherche
d’extremum. Un algorithme génétique manipule une population de taille L
constante. Cette population est formée d'individus. La taille constante de la
population induit un phénomène de compétition entre les individus. Chaque
individu représente le codage d'un vecteur solution possible au problème à
résoudre, donné sous forme d'un ensemble de chaînes de caractères. Chaque
chaîne de caractères correspond à un chromosome (le génotype de l'individu) qui
représente le codage d’une variable, chaque caractère a un gène et chaque lettre
de l'alphabet a un allèle. La position d'un gène au sein d'un chromosome est
appelée locus. La population évolue en générations successives (la création d'une
nouvelle génération s'appelle la reproduction ou le remplacement). Les individus
les plus forts survivent et se reproduisent entre eux pour créer de nouveaux
individus, tandis que les plus faibles disparaissent petit à petit. De plus, lors des
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé 5
Dans le premier chapitre, nous allons présenter la description et la modélisation des éléments
de puissance essentiels du réseau de transport, la formulation du problème de l’écoulement de
puissance. Nous allons aussi décrire les principales méthodes d’optimisation classiques ayant été
appliquées jusqu’à maintenant, en les explicitant sur le plan théorique et valider sur le réseau
IEEE 30 jeux de barres.
Les définitions des trois méthodes métaheuristiques les plus importantes et leurs utilisations
sont introduites dans le deuxième chapitre. Nous illustrerons ces techniques sur le cas du réseau
30 jeux de barres.
Dans le troisième chapitre, nous allons, dans une première étape, donner un aperçu de
l’industrie de l’électricité et d’analyser les enjeux reliés à l’arrivée de la concurrence dans le
marché d’électricité. Puis dans une deuxième étape, nous allons détailler l’application de
l’optimisation de l’écoulement de puissance et le problème de la commutation des unités de
production ’Unit Commitment’ (UC) dans un marché d’électricité libre. Nous décrirons ensuite
les résultats de nos travaux ayant porté sur l’étude du réseau IEEE 30 Bus. Les deux outils
d’optimisation OPF et UC seront aussi appliquée sur le réseau test Algérien. Cette analyse nous
permettra de mieux valider les conclusions du chapitre deux et trois.
Enfin, nous clôturerons cette thèse par une conclusion générale concernant l’apport général
délivré par nos travaux. Nous présenterons aussi les perspectives qui pourront faire suite à ces
travaux.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé 7
CHAPITRE 1
ECOULEMENT DE PUISSANCE OPTIMAL PAR LES METHODES
CLASSIQUES
1.1. Introduction
L’optimisation de l’écoulement de puissance consiste à répartir les puissances actives et
réactives demandées entre les différentes centrales interconnectées dans un réseau électrique
avec un coût minimal. Cette distribution doit évidemment respecter les limites de production des
centrales et les capacités de transport des lignes électriques et les transformateurs. La variable à
optimiser est donc le coût de production [2].
Le but de ce chapitre est de montrer comment peut-on résoudre le problème d’optimisation
de l’écoulement de puissance avec un coût de production minimal en utilisant des méthodes
d’optimisation classiques.
quadratique du type Ci ( PGi ) = ai + bi .PGi + ci .PGi où PGi est la quantité produite (figure 1.1).
2
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -8-
La constante ai est appelée coût de marche à vide, elle représente le coût pour maintenir la
marche d’une unité de production à production nulle. Le coût incrémental (ou marginal) de
production est le coût pour produire une unité supplémentaire d’énergie. Ce coût est important
dC i
pour prendre les décisions d’exploitation à court terme ( λ = = bi + 2 ci PGi ).
dPGi
PGmin PGmax
PG
Sortie (MW)
Outre le coût variable à court terme, d’autres caractéristiques spécifiques sont importantes
à mentionner pour la production d’électricité. C’est le cas notamment du coût spécifique pour
démarrer ou arrêter l’unité de production (coût de démarrage et d’arrêt). Par exemple, le coût de
démarrage correspond au coût de l’énergie nécessaire pour mettre en fonctionnement toutes les
installations permettant la production d’électricité (chaudières, pompes, etc.). Ce coût dépend
normalement de l’état de l’unité de production au moment de l’appel à démarrer (démarrage à
froid ou à chaud). Certaines contraintes techniques sont aussi importantes pour l’exploitation.
Généralement, l’unité de production ne peut fonctionner de manière stable qu’à partir d’un
niveau de production minimal (capacité minimale de production) et jusqu’à un niveau maximal
de production (capacité maximale de production). L’inertie propre des moyens de production
limite la vitesse à laquelle les unités de production peuvent changer leur niveau de production.
La vitesse maximale de changement du niveau de production pour une période de temps donné
est appelée contrainte de rampe. Il existe aussi un temps minimal pour le démarrage (temps de
démarrage).
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques -9-
Les contraintes de capacité de transport sont liées principalement aux flux maximaux de
puissance qui peuvent circuler sur chacun des éléments du réseau. Ces contraintes de capacité
ont une importance particulière dans les réseaux électriques car les flux d’électricité sont
difficiles à contrôler et suivent des chemins gouvernés par des lois de Kirchhoff [12].
changer de plus de 10% de la consommation maximale en seulement 1 heure. Il faut noter qu’il
existe des fluctuations pour des échelles de temps inférieures plus fins qu’une demi-heure. Ces
fluctuations ont un caractère aléatoire minute par minute. On ne peut pas assigner une
quelconque périodicité à ces fluctuations [13].
a) Fonction objectif:
Cette fonction reflète le besoin de minimiser le coût total de la production des puissances
actives. On suppose que le coût individuel de chaque centre de production dépende uniquement
de la génération de la puissance active [18].
ng ng ng
F = ∑ f i = ∑ C i = ∑ α i + β i PGi + γ i PGi2 (1.1)
i =1 i =1 i =1
b) Contraintes d'égalités:
Ces contraintes sont l'image des lois physiques gouvernant le système électrique. Elles sont
représentées par les équations non linéaires de l'écoulement de puissance. Il faut que la somme
des puissances active et réactive injectées dans chaque jeu de barres soit égale à zéro.
c) Contraintes d'inégalités:
En pratique, on ne doit pas dépasser les limites des éléments physiques du réseau
électrique tels que les générateurs, les transformateurs à prises de charge, et les transformateurs
de phase.
En plus des contraintes sur les puissances actives à chaque générateur qui a une influence directe
sur la fonction coût, on peut citer d'autres contraintes d'inégalités [16]:
9 La puissance réactive générée QGi qui est limitée par une borne inférieure QGi min et une
système. Elles sont représentées par une contrainte d'inégalité, qui limitera le carré de
puissance en MVA d'un transformateur ou d'une ligne de transport.
2 2
Sij − Sij max ≤ 0 (1.7)
9 Pour garder la qualité de service électrique et la sécurité du système, les niveaux de
tension des jeux de barres doivent toujours être entre leurs limites max. et min. Ces
limites exigent encore l'addition des contraintes d'inégalités.
⎨⎧ ∂L = h ( x) ≤ 0 (1.10)
⎪⎪⎨ ∂µ j
j = 1, ,m
⎪⎪ j
ng ng
F = ∑ f i = ∑ α i + β i PGi + γ i PGi2 (1.11)
i =1 i =1
ng
et PD = ∑ PGi (1.12)
i =1
Une approche typique consiste à utiliser la méthode de Lagrange:
⎡ ng
⎤
L = F + λ ⎢ PD − ∑ PGi ⎥ (1.13)
⎣ i =1 ⎦
∂L ∂F ∂F
= + λ (0 − 1) = 0 ⇒ =λ (1.14)
∂PGi ∂PGi ∂PGi
ng
∂F ∂f
F = ∑ fi ⇒ = i =λ i = 1,…, ng (1.15)
i =1 ∂PGi ∂PGi
∂f i
λ= = β i + 2γ i PGi (1.16)
∂PGi
∂L ⎛ ng
⎞ ng
= ⎜⎜ PD − ∑ PGi ⎟⎟ = 0 ⇒ ∑ PGi = PD (1.17)
∂λ ⎝ i =1 ⎠ i =1
Remplaçant et combinant les équations pour résoudre λ par les étapes suivantes:
De l’équation (1.16) on détermine la valeur de Pg comme suit
1
PGi = (λ − β i ) (1.18)
2γ i
On remplace (1.18) dans (1.12) on aura:
ng
λ − βi
∑
i =1 2γ i
= PD (1.19)
1 ⎛ ⎛ ng 1 ⎞ −1 ⎛ ng
βi ⎞ ⎞
⎜⎜ ⎟
⎜ ⎜⎝ ∑ ⎟ ⎜ D ∑ 2γ ⎟
PGi = ⎟ ⎜ P + ⎟ − β (1.21)
2γ i 2γ i ⎠ ⎝ i ⎠
i
⎟
⎝ i =1 i =1
⎠
Cette dernière expression qui nous donne donc l’ensemble des puissances générées
minimisant le coût total (contraintes d’inégalité négligées) et constituant notre premier optimum,
est applicable s’il n’existe pas de limites sur les puissances générées [5].
1.4. 1 Dispatching économique avec des limites sur les puissances générées
Dans le cas ou les puissances des générateurs sont limitées par des bornes inférieures
PGi min et des bornes supérieures PGi max . Le problème d'optimisation est de la forme [5]:
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 17 -
⎧ ng ng
⎪selon
⎨N (1.22)
⎪ P =P
⎪∑i =1
Gi D
⎪
⎩ PGi min ≤ PGi ≤ PGi max
1 ⎛ ⎛ ng 1 ⎞
−1
⎛ ng
β ⎞ ⎞
⎜⎜ ⎟⎟ − β i ⎟
⎜ ⎜⎝ ∑
PGi = ⎟⎟ ⎜⎜ PD + ∑ i
2γ i 2γ ⎠ ⎝ i =1 2γ i ⎠ ⎟
⎝ i =1 i ⎠
2- on vérifie les dépassements des puissances générées:
si PGk ≥ PGk max , PGk = PGk max
si PGk ≤ PGk min , PGk = PGk min
3- on prend la puissance générée qui atteint sa limite min ou max comme une charge c.-à-d.:
PDk ' = − PGk pour toute puissance générée dépassée k (k=1,…nk)
4- on recalcule l’équation de l’équilibre de puissance comme suit:
N nk N nk
5- le processus itératif continue en retournant à l’étape 1 jusqu’à ce que toutes les contraintes
seront satisfaites.
Cette méthode est applicable si les pertes dans le réseau sont vraiment négligeables. Sinon
elle va nous donner de fausses informations de point de vue coût puisqu’elle va répartir la
plupart de la demande sur les générateurs qui ont l’incrément du coût le plus petit malgré que ces
générateurs sont les plus éloignés de la charge.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 18 -
⎪ L = F + λ ⎜ P
⎜ D + P L − ∑ P ⎟
Gi ⎟ + ∑ µi max ( PGi max − PGi ) + ∑ µi min (PGi − PGi min )
⎪⎪ ⎝ i =1 ⎠ i =1 i =1
∂L ∂F ⎛ ∂P ⎞
=0= + λ ⎜⎜ 0 + L − 1⎟⎟ (1.29)
∂PGi ∂PGi ⎝ ∂PGi ⎠
∂F ∂ ∂f
=
∂PGi ∂PGi
( f1 + f 2 + ... + f ng ) = i
∂PGi
(1.30)
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 19 -
∂f i ∂P ⎛ 1 ⎞ ∂f i ∂f 1
∴λ = + λ L = ⎜⎜ ⎟⎟ = Li i avec Li =
∂PGi ∂PGi ⎝ 1 − ∂PL ∂PGi ⎠ ∂PGi ∂PGi 1 − ∂PL ∂PGi
∂L ng
= 0 = PD + PL − ∑ PGi (1.31)
∂λ i =1
ng
∴ ∑ PGi = PD + PL
i =1
Et l’algorithme de résolution de problème qui a été utilisé dans le problème sans pertes
peut être utilisé dans ce problème, seulement on va modifier la puissance générée comme suit:
1 ⎛⎜ ⎛ ng 1 ⎞ ⎞
−1
⎛ ng
β ⎞
PGi = ⎜∑ ⎟ ⎜⎜ PD + PL + ∑ i ⎟⎟ − β i ⎟ (1.32)
2γ i ⎜ ⎜⎝ i=1 2γ i ⎟⎠ ⎝ i =1 2γ i ⎠
⎟
⎝ ⎠
1.4. 3 Dispatching économique avec les pertes en fonction des puissances générées
Dans les réseaux électriques réels les générateurs sont situés loin du centre de la charge
électrique, alors les pertes de transport deviennent importantes.
La forme la plus simple de ces pertes est:
ng ng
PL = ∑∑ PGibij PGj (1.33)
i =1 j =1
Une deuxième forme plus précise dite la formule de Kron est la suivante [5] [20]:
ng ng ng
PL = ∑∑ PGibij PGj + ∑ b0 j PGj + b00 (1.34)
i =1 j =1 j =1
Avec les bij sont les coefficients des Pertes, souvent supposés constants (en MW-1).
∂PL ng
= 2∑ bij PGj + b0i
∂PGi j =1
∂f i
= β i + 2γ i PGi
∂PGi
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 20 -
∂f i ∂P ng
λ= + λ L = β i + 2γ i PGi + 2λ ∑ bij PGj + b0i (1.37)
∂PGi ∂PGi j =1
ng ng
on a: ∑ bij PGj = bii PGi +∑ bij PGj
j =1 j =1
j ≠i
⎛ γi ⎞ 1⎛ β ⎞
ng
La matrice admittance de ce réseau est creuse puisque parmi les 900 composants de cette
matrice seulement 112 éléments sont non nuls. Les limites min. et max. des puissances actives
générées ainsi que la courbe du coût pour chaque générateur1 sont présentées dans la figure 1.4.et
les données sont dans le tableau 1.1:
Tableau 1.1 Données des fonctions coût des 6 générateurs du réseau IEEE 30-bus
Pgi Coefficients de coût
-4
Bus Limite min. Limite max. c.10 b. 10-2 a
(MW) (MW) ($/MW2hr) ($/MWhr) ($/hr)
1 50 200 37.5 200 0
2 20 80 175.0 175 0
5 15 50 625.0 100 0
8 10 35 083.0 325 0
11 10 30 250.0 300 0
13 12 40 250.0 300 0
1 Les données des lignes et des jeux de barres de ce réseau sont données dans les tableaux l’annexe A
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 22 -
suivants: ((jeu de barres 26, angle -14,016°), (jeu de barres 29, angle -14,537°) et (jeu de barres
30, angle -15.4879°))
jour des coefficients B et 801.34$/h avec mis à jour). C’est la même remarque pour les pertes de
puissance, puisqu’elle prend en considération les pertes exactes (tableau 1.2). On remarque aussi
qu’il y a un seul dépassement de la limite min. sur l’angle de tension au lieu de trois dans le jeu
de barres 30 (sans mis à jour, l’angle vaut -14.5022° et avec mis à jour, l’angle vaut -14.5327°).
La méthode avec mis à jour des coefficients B donne les plus meilleurs résultats.
Tableau 1.2 Résultats du dispatching par la méthode de Lambda sur le réseau IEEE 30-bus.
Dispatching méthode Lambda
méthode Lambda avec
Initial Dispatching avec avec les
Variable Min Max mis à jour des
State sans pertes pertes coefficients B
coefficients B
constantes constantes
P1 (MW) 50 200 98.845 197.2575 196.0267 177. 4441 178.39
P2 (MW) 20 80 80 46.4553 47.3613 48.4921 48.012
P5 (MW) 15 50 50 19.0075 19.2612 21.2809 20.978
P8 (MW) 10 35 20 10 10 22.0508 22.052
P11 (MW) 10 30 20 10 10 11.8598 11.745
P13 (MW) 12 40 20 12 12 12 12
Q1 (Mvar) -20 200 11.044 -12.1114 -11.8276 11.0444 -8.222
Q2 (Mvar) -20 100 12.416 35.8673 35.4573 12.4160 32.471
Q5 (Mvar) -15 50 13.226 25.3395 25.2396 13.2259 24.433
Q8 (Mvar) -15 60 9.4079 17.0879 17.0809 9.4079 12.401
Q11(Mvar) -10 50 28.544 28.8305 28.8291 28.5444 28.699
Q13(Mvar) -15 60 30.784 31.6568 31.6559 30.7838 31.584
θ1(deg) -14 0 0 0 0 0 0
θ2(deg) -14 0.00 -1.6425 -4.0575 -4.0248 -3.6105 -3.6350
θ5(deg) -14 0.00 -6.2663 -11.1069 -11.0595 -10.2819 -10.3270
θ8(deg) -14 0.00 -5.4127 -9.1535 -9.1228 -7.9491 -7.9785
θ11(deg) -14 0.00 -4.5395 -9.9204 -9.8903 -8.6811 -8.7302
θ13(deg) -14 0.00 -6.6217 -11.3041 -11.2756 -10.4403 -10.4700
Generation cost ($/hr) 900.41 804.57 804.25 801.38 801.34
Real power loss (MW) 5.4451 11.3555 11.2841 9.6615 9.7899
Min Vm pu 0.95581 0.9553 0.9553 0.95580 0.9558
Min delta ° -11.737 -15.4879 -15.4576 -14.5022 -14.5327
générateurs peuvent être estimées à partir des données historiques et les taux de prises de charges
peuvent être pris proches de l’unité (1.0 p.u) [22].
La solution du problème d’OPF en présence des contraintes d’égalités et d’inégalités par la
méthode de Newton demande la création du Lagrangien appelé aussi la fonction de coût
augmentée selon [2]:
L( z ) = F ( x) + λt g ( x) + μ t h( x) (1.39)
∇μ L(z ) = ∇ L ([x , λ , μ ]) = 0;
∗
μ
∗ ∗ ∗
(1.42)
μi∗ ≥ 0 si h(x ∗ ) = 0 (c. - à - d, la contrainte d' inégalité est active)
μi∗ = 0 si h(x ∗ ) ≤ 0 (c. - à - d, la contrainte d' inégalité est inactive)
λ∗i = réel
[ ]
avec z ∗ = x∗ , λ∗ , μ ∗ est la solution optimale.
t
F ( x) = 0 (1.43)
F ( xk ) + F ′( xk ) ⋅ ( x − xk ) = 0 (1.44)
Lorsque F ′( xk ) est inversible, on peut résoudre cette équation. Sa solution xk+1 est le
Où d k = −∇ 2 f ( x k ) −1 ⋅ ∇F ( x k ) (1.45)
xk +1 = xk + α k d k , (1.46)
Où dk est une direction de descente et le pas αk >0 est déterminé par une recherche linéaire
de manière à satisfaire les deux inégalités suivantes appelées conditions de Wolfe:
F ( xk + α k d k ) ≤ F ( xk ) + w1α k (∇F ( xk ), d k )
(1.47)
(∇F ( xk + α k d k ), d k ) ≥ w2 (∇F ( xk ), d k )
Où les constantes w1 et w2 sont choisies telles que 0 < w1 < w2 < 1
La première inégalité est la condition de décroissance, tandis que le rôle de la deuxième
est d’empêcher le pas d’être trop petit.
Dans les méthodes de type quasi-Newton, dk est de la forme
d k = − M k−1∇F ( xk ) (1.48)
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 27 -
La matrice Mk n’est pas égale à ∇ 2 F ( xk ), mais générée par des formules qui cherchent à
selon
⎧ΔPi = 0
g ( x) = 0 ⇒ ⎨ et
⎩ΔQi = 0
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 28 -
⎧
⎪ PGi − PGi max ≤ 0
⎪
⎪ PGi min − PGi ≤ 0
⎪QGi − QGi max ≤ 0
⎪
⎪QGi min − QGi ≤ 0
⎪V − V
i max ≤ 0
⎪⎪ i
h j ( x) ≤ 0 ⇒ ⎨Vi min − Vi ≤ 0 (1.50)
⎪ 2 2
⎪ Sij − Sij max ≤ 0
⎪
⎪tij − tij max ≤ 0
⎪t −t ≤ 0
⎪ ij min ij
⎪α ij − α ij max ≤ 0
⎪
⎪⎩α ij min − α ij ≤ 0
La fonction objectif augmenté du problème de l'OPF est donnée par:
( )
ng
L = ∑ α i + β i PGi + γ i PGi2 + ∑ λ pi ΔPi + ∑ λqi ΔQi +
i =1
(
+ µ pi (PGi − PGi max ) + µ pi (PGi min − PGi ) + µSij S ij − S ij max
2 2
)+ (1.51)
+ µtij (t ij − t ij max ) + µtij (t ij min − t ij ) + µαij (α ij − α ij max ) + µαij (α ij min − α ij ) +
Les termes représentant les inégalités qui vont être inclus dans le Lagrangien sont
seulement ceux qui dépassent leurs limites.
150
100
50
NG
0
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 1.5 Puissances actives générées optimales par QN-OPF pour les trois cas.
Figure 1.6 Puissances transmises dans les lignes pour les trois cas par QN-OPF
Figure 1.7 Convergence OPF par la méthode de Quasi Newton pour les trois cas
0
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 30 -
1
30 1,1 2
29 3
28 4
27 5
26 1,05 6
25 7
24 8
1
23 9
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
16
Figure 1.8 Niveaux de tensions du réseau test IEEE 30-bus après convergence de la
4,938
cas 3 883,35 18 8
6,151
cas 2 822,7 22 6,6
8,89
cas 1 800 21 7,5
Generation cost ($/hr) Real Pow er Loss (MW) nbr iter Time (0,1*sec.)
Figure 1.9 Comparaison des différents résultats QN-OPF de point de vue coût, pertes et
temps de convergence pour les trois cas
Les résultats obtenus après optimisation par QN incluant le coût généré, le temps de convergence
et les pertes de puissances sont exposé dans la figure 1.9. On remarque que pour le premier cas,
le coût de production trouvé par QN-OPF qui est égal 800 $/h est nettement inférieur par rapport
à l’écoulement de puissance (901.91$/h). Les puissances actives optimales sont dans leurs
gammes permises et sont loin des limites min et max. (figure 1.5). Mais avec la limitation des
transit de puissance dans les lignes 1, 2 et 5 pour les cas 2 et 3, les puissances générées des
générateurs 5 et 8 prendront leurs valeurs max. puisque les puissances générées par les
générateurs 1 et 2 sont limitées par le transit admissible sur les lignes 1 et 2 (figure 1.5 et figure
1.6). Ce qui influe directement sur le coût de production qui augmente considérablement mais
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 31 -
reste toujours inférieur à la valeur donnée par l’écoulement de puissance. On remarque que la
méthode QN-OPF converge rapidement dans les trois cas de limitations de points de vue nombre
d’itération (figure 1.7) et de point de temps de convergence (figure 1.9). Tous les niveaux de
tensions sont dans leurs fourchettes admissibles pour les trois cas (figure 1.8).
Coût ($/h)
ΔCi 2
ΔC i1
Les variables Pgi1 , Pgi 2 , …, et Pgim , représentent les incréments de puissance active
générée, qui varient entre 0 et des valeurs maximales Pgi1 max , Pgi 2 max , …et Pgim max
m
Pgi = Pgi min + ∑ Pgik (1.53)
k =1
Notons par Wik la pente du segment de droite k. L’incrément de coût qui correspond à ce
segment de droite est donné par
On voit clairement que l’équation (1.56) est parfaitement linéaire, en fonction des
nouvelles variables Pgi1 , Pgi 2 ,.....Pgim , (Incréments de puissances actives générées).
selon
⎧ P + B.θ = 0
g (x ) = 0 ⇒ ⎨
⎩ PB − D.θ = 0
et (1.57)
⎡∂⎤ ⎡∂⎤
⎢⎣ ∂x ⎥⎦ et ⎢⎣ ∂u ⎥⎦ Représentent les sous matrices jacobéennes par rapport aux variables x et u . Δx
σ est le vecteur de bornes de l'intervalle linéarisation contenant des nombres petits. D'autre part,
le nouveau point de fonctionnement (x, u ) doit rester entre sa limite min. (x min , u min ) et sa limite
max. (x max ,u max ) . Les nouveaux intervalles de linéarisation deviennent comme suit [26].
cela et à partir des contraintes d'égalité qui ne sont que les équations linéarisées de l'écoulement
de puissance découplé, on tire la relation donnant Δx en fonction de Δu et qui sera ensuite
remplacée dans les contraintes d’inégalités. Ainsi le problème sera exprimé en fonction de la
variable de contrôle Δu . La résolution du sous problème de programmation linéaire, nous donne
le vecteur Δu , qui sera ajouté au vecteur initial u 0 pour avoir un nouveau vecteur mis à jour
u donné par:
u = u0 + Δu (1.62)
Un nouveau point de fonctionnement ( x, u ) est calculé en utilisant l'écoulement de
puissance en fonction de nouveau vecteur de contrôle u . Le processus de la programmation
linéaire successive (SLP) répété, jusqu'à ce que les accroissements Δx et Δu , soient inférieures à
une certaine tolérance ε .
L'algorithme simplifié de la programmation linéaire successive est comme suit:
1- Calcul de l’écoulement de puissance
2- Iteration k=1, détermination de (x (k ) , u (k ) ) de l’itération k
3- Faire le modèle SLP
4- Calculer Δu (k )
5- Calcul de u (k +1 ) = u (k ) + Δ u (k )
6- Calcul de l’écoulement de puissance
7- x (k +1)
8- Si Δx ≤ ε et Δu ≤ ε fin
9- Sinon x (k +1) = x (k ) et u (k +1) = u (k ) et retourner vers l’étape 3
• Remarque
Il faut noter que si l’intervalle de linéarisation [-σ, σ] est réduit, le processus
d’optimisation par l’algorithme SLP peut demander beaucoup d’itérations pour converger. Par
contre, si l’intervalle est large, le processus peut diverger ou peut donner des résultats
inacceptables (oscillations autour de l’optimum).
Pour remédier à ce problème, on adopte souvent une stratégie pratique: choisir des intervalles
larges pour les deux ou trois premières itérations, puis réduire les intervalles pour le reste des
itérations [26].
∂f
J (fik ) = = β i + 2.γ i .Pgi(k ) i = 1,..., ng (1.64)
∂Pgi
[P( ) ]: est le vecteur des puissances nettes injectées aux jeux de barres de dimension n.
k
[Δσ ] : est le vecteur accroissement des phases de tensions des jeux de barres de dimension n.
[B'] : est la matrice suscèptance nodale de dimension (n× n).
On tire alors l’accroissement des phases de tensions comme suit:
− [J hθ ][ [ ] ( ([ ] [ ])) [ ]
. B'] . ΔPg − [J hθ ]. [B'] . Pg(k ) − [Pd ] − P (k ) − PB(k ) − [PB max ] ≤ 0
−1 −1
(1.73)
Dans cette formulation, les variables sont les éléments du vecteur de contrôle ΔPg
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 37 -
Etape 5: Obtenir une nouvelle solution de l’écoulement de puissance, en utilisant les nouvelles
variables de contrôle.
Etape 6: Si les éléments de ΔPg de l’étape (3), sont inférieures à une certaine tolérance, le
150
100
50
0 Ng
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 1.11 Puissances actives pour les trois cas du réseau IEEE 30-bus par SLP-OPF
4,938
cas 3 883,35 43 2,96
6,151
cas 2 822,7 21 1,92
8,89
cas 1 800 23 1,813
Generation cost ($/hr) Real Pow er Loss (MW) nbr iter Time (sec.)
Figure 1.12 Comparaison des différents résultats SLP-OPF de point de vue coût, pertes et
angles) n’a été détecté avec cette méthode (figure 1.13). Donc On a une totale satisfaction de
toutes les contraintes de sécurité, y compris les puissances actives et réactives des générateurs
dans les trois cas.
1
30 1,1 2
29 3
28 4
27 5
26 1,05 6
25 7
24 8
23 9
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
16
Figure 1.13 Niveaux de tensions du réseau test IEEE 30-bus après convergence pour les
trois cas par la méthode SLP-OPF
7
10
13
16
19
22
25
28
31
34
37
40
43
Figure 1.14 Variation de la fonction coût par SLP OPF pour les trois cas sur IEEE 30-bus
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 40 -
140
120
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41
Figure 1.15 Puissances transmises dans les lignes pour les trois cas par SLP-OPF
A l’origine, les méthodes de type « Point Intérieur » ont été conçues pour résoudre les
problèmes de programmation non linéaire. Des recherches plus approfondies sur ces méthodes
ont montré qu’elles donnaient de très bonnes performances en termes de vitesse de convergence
pour les problèmes de grande échelle. L’algorithme présenté dans cette section, connu sous le
nom d’ « algorithme primal-dual » est l’un des plus utilisé. Le principe de cette méthode est de
rajouter à la fonction objectif une fonction logarithmique « barrière » incluant des contraintes et
qui décroît progressivement au fil de l’optimisation pour tendre vers 0. Typiquement,
considérons un problème de la forme [27], [28]:
où µk > 0 est un paramètre de pénalisation qui tend vers 0 au fil des itérations par remise à jour
appropriée. Le choix de la valeur initiale de µ0 ainsi que sa procédure de remise à jour doivent
être choisies de manière judicieuse pour éviter les problèmes de divergence.
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 41 -
La méthode de Point Intérieur décrite ici transforme d’abord les contraintes d’inégalité
h ≥ h( x) ≥ h en contraintes d’égalité en rajoutant des vecteurs tampons, comme suit:
min f ( x)
x∈U ad
avec
−s−z−h+h=0
(1.77)
− z − h( x ) + h = 0 , s ≥ 0 et z ≥ 0
g ( x) = 0
avec
−s−z−h+h=0 (1.78)
− z − h( x ) + h = 0 , s ≥ 0 et z ≥ 0
g ( x) = 0
Les conditions de KKT exprimées en (1.80) peuvent être interprétées comme suit: le troisième,
quatrième et sixième terme de (1.80) avec la condition (s ≥ 0 et z ≥ 0) assure la faisabilité dite
« primale ». Le cinquième terme avec la condition ( υ̂ ≥ 0 et π ≥ 0) assure la faisabilité dite
« duale »; enfin, le premier et le second terme représentent les conditions complémentaires avec
µk ≠ 0.
L’algorithme primal-dual IP ne sollicite pas nécessairement un point initial strictement faisable,
mais des conditions de stricte positivité pour les vecteurs s,z, π et υ̂ doivent être respectées
pour tous les points. Pour préserver cette condition les itérations successives de l’algorithme
suivent une trajectoire placée dans l’aire positive de l’espace défini par le produit zisi.
Les méthodes de Point Intérieur primales-duales appliquent la méthode de Newton pour
calculer le point suivant au cours de l’optimisation et résoudre le système de KKT exprimé en
(1.80), remettent à jour les variables et réduisent µk. [27]
Bien que le système de KKT exprimé en (1.80) soit non linéaire, on calcule en général une
valeur approchée de sa solution en effectuant une itération de la méthode de Newton. On obtient
alors le système suivant:
⎡π 0 S 0 0 0 ⎤ ⎡ Δs ⎤ ⎡ξ s ⎤
⎢0 Ŷ Z Z 0 0 ⎥⎥ ⎢ Δz ⎥ ⎢ξ z ⎥
⎢ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢I I 0 0 0 0 ⎥ ⎢Δπ ⎥ ⎢ξ π ⎥
⎢ ⎥*⎢ ⎥ = ⎢ ⎥ (1.81)
⎢0 I 0 0 Jh 0 ⎥ ⎢ Δυ ⎥ ⎢ξυ ⎥
⎢0 0 0 J Th ∇ 2x Lμ J Tg ⎥ ⎢ Δx ⎥ ⎢ξ x ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 0 0 Jg 0 ⎦⎥ ⎣⎢ Δλ ⎦⎥ ⎣⎢ξ λ ⎦⎥
n m
∇ 2x Lμ (y) = ∇ 2x f (x) − ∑ λ i ∇ 2x g i (x) + ∑ υ j ∇ 2x hi (x) (1.83)
i =1 j=1
⎧⎪ ⎧ − sik − zk ⎫⎫⎪
α pk = min ⎨1, γ * min ⎨ , Δsi < 0, i , Δz i < 0⎬⎬
⎪⎩ i ⎩ Δsi Δzi ⎭⎪⎭
(1.85)
⎧⎪ ⎧ − π ik − υˆik ⎫⎫⎪
α = min ⎨1, γ * min ⎨
k
, Δπ i < 0, , Δυˆi < 0⎬⎬
⎪⎩ ⎩ Δπ i Δυˆi ⎭⎪⎭
D
i
Le scalaire γ ∈ (0,1) est le facteur de « sûreté » destiné à assurer que le point suivant respecte
les conditions de stricte positivité; une valeur typique est γ = 0.99995.
Pour la remise à jour de µk, on peut utiliser une procédure qui a prouvé son efficacité pour les
problèmes de programmation non linéaire en général. Tout d’abord, on calcule un « écart
complémentaire » ρ qui s’exprime ainsi:
ρ k = ( s k ) T π k + ( z k )T υˆ k (1.86)
Le paramètre ρk tend vers 0 au fur et à mesure que l’algorithme converge vers x*. La réduction
de µk peut alors se faire sur la base d’une réduction prédite de l’écart complémentaire comme
ceci:
ρk
μ k +1 = σ k (1.87)
2m
où σk est le paramètre de « centrage » compris entre 0 et 1. Choisir σk = 1 définit une direction
« centrale », tandis que prendre σk = 0 revient à définir une évolution basée uniquement sur le
principe de la méthode de Newton. Un bon compromis entre ces deux extrêmes serait de choisir
σk tel que σk = max { 0.99 σk-1 ,0.1} avec σ0 = 0.2.
v1k ≤ ε 1 μk ≤ εμ
v2k ≤ ε 2 Δx ∞ ≤ ε 2
ou bien
v3k ≤ ε 3 g ( x k ) ∞ ≤ ε1 (1.88)
v4k ≤ ε 4 v4k ≤ ε 2
Où
{ { } {
v1 = max max h − h(x) ,max h(x)− h , g(x)∞ } }
∇x f(x)− Jg (x)T λ+ Jh (x)T υ ∞
v2 = 2
1+ x
ρ (1.89)
v3 = 2
1+ x
f (xk ) − f (xk−1)
v4 =
1+ f (xk )
Les tolérances typiques que l’on peut appliquer sont ε1 =10-4, ε2 =10-2ε1, et εµ =10-12
• Etape 1 (initialisation): k=0, µ0 et choisir le point initiale y0 qui satisfaire les conditions de
stricte positivité (s, z, π et υ̂ >0)
• Etape 2 (calcul de la direction de Newton)
• Etape 3(la mise à jour des variables)
Les nouvelles variables sont calculées équations (1.84).
• Etape 4 (test de convergence)
Si le nouveau point satisfait les critères de convergence stop
Si non k=k+1 et mis à jour du paramètre barrière µk puis retourner à l’étape 1
Dans le premier cas, Les mêmes remarques tirées auparavant pour la méthode QN-OPF et SLP-
OPF sont conclus de points de vue puissances génères par les différentes centrales (Fig 1.16) et
tensions aux différents jeux de barres (Fig 1.18).
La seule différence notable est la rapidité de convergence de la méthode IP-OPF. Le processus a
convergé à la 6éme itérations. La figure 1.17 montre l’évolution de la fonction coût durant le
processus d’optimisation dans les trois cas de limitations.
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 45 -
200
150
100
50
0
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 1.16 Puissances actives par IP-OPF pour les trois cas
cost ($/h)
860
810
760
710 Niter
660
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Figure 1.17 Variation de la fonction coût durant le processus d’optimisation IP-OPF avec
limites appliquées sur les lignes du réseau 30 Bus
1
30 1,1 2
29 3
28 1,08 4
27 1,06 5
1,04
26 6
1,02
25 1 7
0,98
24 8
0,96
23 9
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
16
Figure 1.18 Niveaux de tensions du réseau test IEEE 30-bus après convergence de la
méthode IP-OPF pour les trois cas
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 46 -
Figure 1.19 Puissances transmises dans les lignes pour les trois cas par la méthode IP-OPF
5,282
cas 3 858,485 5,94
6,611
cas 2 813,9964 1,031
8,89
cas 1 800,0038 1,88
40%, le coût augmente de 63% qui est expliqué par l’utilisation des centrales les plus chères pour
cette valeurs de pointe.
QN SLP PI max
Sij(MVA)
140
120
100
80
60
40
20
0 Nbl
1 2 3 4 5 6 7 8 9 1011121314151617181920212223242526272829303132333435363738394041
Figure 1.21 Puissances transmises dans les lignes pour le troisième cas du réseau IEEE 30-
bus après convergence des trois méthodes QN, SLP et IP
1
30 1,1 2
29 3
28 4
27 5
26 1,05 6
25 7
24 8
23 9
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
16
Figure 1.22 Niveaux de tensions du réseau test IEEE 30-bus après convergence des trois
SLP PI QN
cost ($/h)
910
860
810
760
710 Niter
660
1
9
11
13
15
17
19
21
23
25
27
29
31
33
35
37
39
41
43
Figure 1.23 Convergences aux valeurs optimales pour le 3 ème cas trouvées par les trois
méthodes QN, SLP et IP.
150
100
50
0
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 1.24 Comparaison des valeurs optimales des puissances actives générées trouvées
5,282
PI 858,485 5,94
4,938
SLP 883,35 2,96
4,938
QN 883,3457 8
Figure 1.25 Comparaison des valeurs optimales des coûts, des pertes et le temps de
Min 1,08 load 1,15 load 1,40 load 1,45 load Max
Pg (MW)
200
150
100
50
0
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 1.26 Comparaison des valeurs optimales des puissances actives générées trouvées
par IP-OPF dans le cas de l’augmentation de la charge
140
120
100
Sij (MVA)
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 1011121314151617181920212223242526272829303132333435363738394041
Figure 1.27 Puissances transmises dans les lignes du réseau IEEE 30-bus après
convergence de la méthode IP-OPF dans le cas de l’augmentation de la charge.
Chapitre 1: Ecoulement de Puissance Optimal par les méthodes classiques - 51 -
Generation cost ($/hr) Real Power Loss (MW) nbr iter Time (sec.)
Figure 1.28 Comparaison des valeurs optimales des coûts, des pertes, le temps de
convergence et nombre d’itérations trouvées par IP dans le cas de l’augmentation de la
charge
1.10. Conclusion:
Dans ce chapitre, on a détaillé le calcul de l'écoulement de puissance optimal en utilisant la
méthode du multiplicateur de Lagrange, la méthode de Newton, la méthode de quasi- newton, la
méthode SLP et la méthode IP.
L'inconvénient de la méthode de Lagrange est le risque de converger vers un optimum local. La
méthode Newton ne peut pas converger vers un optimum global si la fonction de coût n'est pas
deux fois dérivable, ou on ne dispose pas des dérivées secondes, ou la matrice Hessienne est
singulière. La méthode Quasi-Newton ou la méthode de type Point Intérieur: algorithme primal-
dual (IP) peut remplacer la méthode de Newton puisque elle ne demande que le calcul des
dérivées premières et une approximation de la matrice Hessienne. Cette dernière méthode peut
garantir la faisabilité des solutions trouvées si le problème est linéaire ou quadratique.
L’utilisation de ces méthodes pour résoudre le problème d’OPF est complexe au niveau de la
modélisation et du calcul et elles ne donnent pas de solutions exactes surtout si la fonction de
coût et/ou les contraintes sont vraiment non linéaires. C'est pourquoi, on propose l'utilisation des
méthodes métaheuristiques qui n’exigent aucune condition sur la continuité, la dérivabilité et la
linéarité de la fonction de coût du problème à optimiser.
- 52 -
CHAPITRE 2
LES METHODES METAHEURISTIQUE A P P L I Q U E E S A L ’OPF
2.1. Introduction
Un problème d'optimisation est un problème dont on peut distinguer une ou plusieurs
fonctions coût qui permettent de différencier une bonne solution d'une mauvaise. Lorsqu’un
nouveau problème d’optimisation se pose en ingénierie, il faut parfois définir de nouvelles
méthodes de résolution car les techniques existantes ne sont pas précisément adaptées au cas
traité. La source d’inspiration de ces méthodes peut être issue de la modélisation des systèmes
complexes naturels. Il s’agit de copier et d’adapter les concepts mis en œuvre par le monde du
vivant pour la résolution de problèmes d’optimisation. Les recherches sur les comportements
collectifs des insectes sociaux fournissent aux chercheurs des méthodes puissantes pour la
conception d'algorithmes d'optimisation combinatoire. L’étude menée par des chercheurs
éthologiste montre que ces techniques s’appliquent aujourd’hui à tout un ensemble de problèmes
scientifiques et techniques.
Les algorithmes métaheuristiques permettent de s'approcher d'une ou de plusieurs solutions
à des problèmes dits "difficiles" qui s'apparentent à des problèmes d'optimisations. Le principe
d'une métaheuristique est de minimiser ou de maximiser une fonction objectif. L’avantage des
métaheuristiques est de trouver un minimum global à un problème de minimisation et de ne pas
rester bloqué sur un minimum local [29].
Dans ce chapitre, on va étudier et tester l’application de l’écoulement de puissance optimal
(OPF) par trois méthodes métaheuristiques à savoir ACO, GA et PSO sur le réseau électrique de
30 bus. Les résultats obtenus vont être comparés entre eux ainsi qu’avec la méthode de point
intérieur (IP).
2.2.1 Voisinage
Sans conteste, le principe général le plus largement utilisé dans l’élaboration des
métaheuristiques est celui de voisinage. À chaque solution s du problème, on associe un sous-
ensemble V(s) de solutions. Ce sous-ensemble peut être statique, comme dans le cas du recuit
Chapitre 2 Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF - 53 --
simulé, mais aussi dynamique et dépend du temps t (ou plus précisément de l’itération à laquelle
on se trouve).
Pour un problème d’optimisation combinatoire non convexe, pour lequel il est possible de
définir un ensemble de voisinages a priori intéressants, la situation se complexifie. Il devient
alors difficile de se décider pour l’un ou l’autre des voisinages autrement que par des essais.
Comme le voisinage n’est qu’une partie des principes, tous interdépendants, utilisés dans
l’heuristique, le choix d’un (ou de plusieurs) voisinage devient réellement problématique car on
ne dispose que de très peu de résultats théoriques sur la qualité d’un voisinage pour un problème
particulier.
Il existe une mesure de l’adéquation des voisinages appelée rugosité : l’idée consiste à
évaluer la variance des coûts de deux solutions voisines. Cette variance est ensuite normalisée
par la variance des coûts de l’ensemble des solutions et par la taille du problème, afin d’avoir
une mesure indépendante de la valeur absolue de la fonction objectif ou de la taille du problème
[30] [1].
Les fourmis constituent à l’heure actuelle un support majeur pour les théories développées
en écologie comportementale et en sociobiologie. On peut citer plusieurs raisons à cette
inspiration:
a) l’influence des fourmis sur leur environnement naturel est extrêmement
importante. Il a par exemple été montré (qu’elles déplacent plus de terre en forêt tropicale
que les vers de terre, ou encore que le poids total des fourmis sur terre est du même ordre
de grandeur que le poids des humains. De plus, la domination des fourmis est une preuve
de leur adaptation à des environnements très variés)
b) l’étude des fourmis se fait assez facilement en laboratoire car elles s’adaptent sans
trop de difficultés à des environnements différents de leur habitat d’origine ;
c) les fourmis possèdent une gamme de comportements très variés, collectifs ou
individuels.
2.3.1.2. La communication
Les insectes sociaux en général, et les fourmis en particulier, ont développé des
mécanismes de communication très élaborés. Il a été défini douze types de réponse mettant en
œuvre une forme de communication [29] [32]:
01. l’alarme;
02. l’attraction simple;
03. le recrutement (pour une source de nourriture ou un site de nidification) ;
04. l’entretien et l’amélioration;
05. la trophallaxie (échange de liquides);
06. l’échange d’aliments solides;
07. les effets de groupe (augmentation ou inhibition d’une activité);
08. la reconnaissance des apparentés ou de caste;
09. la compétition pour la reproduction ;
10. la détermination de catégorie; la compétition pour la reproduction;
11. le marquage du territoire et du nid;
12. la reproduction (différenciation du sexe, de l’espèce, de la colonie...).
La communication chimique est de loin la plus présente chez les fourmis. Les phéromones
(mélange d’hydrocarbures) sont à la base de la communication de nombreuses espèces.
La chémoréception présente les avantages suivants [31]:
¾ la diversité des molécules pouvant intervenir permet de fournir des informations
qualitatives
¾ la stabilité du signal pour une molécule peu volatile permet d’assurer une certaine
permanence.
Par contre, les principaux inconvénients de la communication chimique sont les suivants:
¾ elle n’offre que peu d’informations sur la direction ;
¾ sa propagation est relativement lente et elle est peu adaptée pour la transmission de
messages urgents ou pour l’intégration de deux stimulations successives sous une forme
temporelle.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 56 -
Les fourmis utilisent les pistes de phéromones pour marquer leur trajet (entre le nid et une
source de nourriture). Une colonie est ainsi capable de choisir (sous certaines conditions) le plus
court chemin vers une source à exploiter, sans que les individus aient une vision globale du
trajet.
Figure 2.2 Expérience de sélection des branches les plus courtes par une C.F
En effet, comme illustré sur la figure 2.2, les fourmis le plus rapidement arrivées au nid,
après avoir visité la source de nourriture, sont celles qui empruntent les deux branches les plus
courtes. Ainsi, la quantité de phéromone présente sur le plus court trajet est légèrement plus
importante que celle présente sur le chemin le plus long. Or, une piste présentant une plus grande
concentration en phéromones est plus attirante pour les fourmis, elle a une probabilité plus
grande d’être empruntée. La piste courte va alors être plus renforcée que la longue, et, à terme,
sera choisie par la grande majorité des fourmis. Mais à tout moment, la probabilité existe qu'un
individu quitte la trace puis se déplace plus ou moins au hasard. À cette occasion, l'individu
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 58 -
«égaré» peut éventuellement découvrir une source de nourriture beaucoup plus riche que celle
qu'exploitent ses sœurs. En déposant alors une trace de phéromones plus intense encore, elle va
les attirer vers cette nouvelle ressource, formant une nouvelle boucle de rétroaction positive [35].
2. l’inverse de la distance entre les villes ηij = 1 dij : appelée visibilité. Cette
information statique est utilisée pour diriger le choix des fourmis vers des villes
proches, et éviter les villes trop lointaines;
3. la quantité de phéromone déposée sur l’arête reliant les deux villes, appelée
l’intensité de la piste τ ij (t ) . Ce paramètre définit l’attractivité d’une partie du trajet
global et change à chaque passage d’une fourmi. C’est en quelque sorte une mémoire
globale du système, qui évolue par apprentissage.
La règle de déplacement est la suivante:
⎧ (τ ij (t ))α ⋅ (ηij ) β
⎪⎪ si j ∈ J ik
Pijk (t ) = ⎨ ∑k (τ il (t )) ⋅ (ηij )
α β
(2.1)
⎪ l∈Ji
⎪⎩ 0 si j ∉ J ik
la visibilité, ηij. Avec α = 0, seule la visibilité de la ville est prise en compte; la ville la plus
proche est donc choisie à chaque pas. Au contraire, avec β = 0, seules les pistes de phéromone
sont utilisées. Pour éviter une sélection trop rapide d’un trajet, un compromis entre ces deux
paramètres, jouant sur les comportements de diversification et d’intensification est nécessaire.
Après un tour complet, chaque fourmi laisse une certaine quantité de phéromones Δτijκ(t)
sur l’ensemble de son parcours, quantité qui dépend de la qualité de la solution trouvée
⎧ Q
⎪ k si (i, j ) ∈ T k (t )
Δτ (t ) = ⎨ L (t )
k
ij (2.2)
⎪⎩0 si (i, j ) ∉ T (t )
k
où T (t) est le trajet effectué par la fourmi k à l’itération t, Lk(t) la longueur du tour et Q un
k
paramètre fixé.
L’algorithme ne serait pas complet sans le processus d’évaporation des pistes de
phéromone. En effet, pour éviter d’être piégé dans des solutions sous-optimales, il est nécessaire
de permettre au système “d’oublier” les mauvaises solutions. On contrebalance donc l’additivité
des pistes par une décroissance constante des valeurs des arêtes à chaque itération. La règle de
mise à jour des pistes est donc
τ ij (t + 1) = (1 − ρ ) ⋅τ ij (t ) + Δτ ij (t ) (2.3)
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 60 -
m
avec: Δτ ij (t ) = ∑ Δτ ijk (t ) et m est le nombre de fourmis. La quantité initiale de phéromone sur
k =1
les arêtes est une distribution uniforme d’une petite quantité τ 0 ≥ 0 . La figure 2.3 présente un
exemple simplifié de problème du voyageur de commerce optimisé par un algorithme AS dont le
pseudo code est présenté sur l’algorithme 2.1. Dans la figure 2.3, les points représentent les villes
et l’épaisseur des arêtes représente la quantité de phéromone déposée: (a) exemple de trajet
construit par une fourmi, (b) au début du calcul, tous les chemins sont explorés, (c) le chemin le
plus court est plus renforcé que les autres, (d) l’évaporation permet d’éliminer les moins bonnes
solutions. [37]
Les étapes de l’algorithme de colonies de fourmis de base (Ant System) sont comme suit :
Pour t=1,...,tmax
Pour chaque fourmi k = 1,. . . , m
Choisir une ville au hasard
Pour chaque ville non visitée i
Choisir une ville j, dans la liste des villes restantes, selon la formule 2.1
Fin Pour
Déposer une piste Δτijk(t) sur le trajet Tk(t) conformément à l’équation 2.2
Fin Pour
Évaporer les pistes selon la formule 2.3
Fin Pour
à l’algorithme AS n’a pu être démontrée. Cet algorithme n’est d’ailleurs, de l’aveu même des
auteurs, qu’une pré version du “Ant Colony System”.
c Ant Colony System
L’algorithme “Ant Colony System” (ACS) a été introduit pour améliorer les performances
du premier algorithme sur des problèmes de grandes tailles [36] [40]. ACS est fondé sur des
modifications du AS:
9 ACS introduit une règle de transition dépendant d’un paramètre q0 ( 0 ≤ q0 ≤ 1 ), qui définit
une balance diversification / intensification. Une fourmi k sur une ville i choisira une ville j par
la règle
(τ iJ (t )) ⋅ (ηiJ ) β
p (t ) =
k
(2.5)
∑l∈J k (τ il (t )) ⋅ (ηil ) β
iJ
i
En fonction du paramètre qo, il y a donc deux comportements possibles : si q> qo le choix se fait
de la même façon que pour l’algorithme AS, et le système tend à effectuer une diversification; si
( q ≤ q0 ), le système tend au contraire vers une intensification. En effet, pour ( q ≤ q0 ),
l’algorithme exploite plus l’information récoltée par le système, il ne peut pas choisir de trajet
non exploré.
9 La gestion des pistes est séparée en deux niveaux : une mise à jour locale et une mise à
jour globale. Chaque fourmi dépose une piste lors de la mise à jour locale
τ ij (t + 1) = (1 − ρ ) ⋅ τ ij (t ) + ρ ⋅ τ 0 (2.6)
Où τ0 est la valeur initiale de la piste. À chaque passage, les arêtes visitées voient leur quantité
de phéromone diminuer, ce qui favorise la diversification par la prise en compte des trajets non
explorés. À chaque itération, la mise à jour globale s’effectue comme ceci
τ ij (t + 1) = (1 − ρ ) ⋅τ ij (t ) + ρ ⋅ Δτ ij (t ) (2.7)
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 62 -
1
où les arêtes (i,j) appartiennent au meilleur tour T+de longueur L+ et où Δτ ij (t ) = . Ici, seule
L+
la meilleure piste est donc mise à jour, ce qui participe à une intensification par sélection de la
meilleure solution.
9 Le système utilise une liste de candidats. Cette liste stocke pour chaque ville les v plus
proches voisines, classées par distances croissantes. Une fourmi ne prendra en compte une arête
vers une ville en dehors de la liste que si celle-ci a déjà été explorée. Concrètement, si toutes les
arêtes ont déjà été visitées dans la liste de candidats, le choix se fera en fonction de la règle 2.4,
sinon c’est la plus proche des villes non visitées qui sera choisie.
Max-Min Ant System
Cette variante (notée MMAS) est fondée sur l’algorithme AS et présente quelques
différences notables [41] [42] [43] [44] :
• Seule la meilleure fourmi met à jour une piste de phéromone;
• Les valeurs des pistes sont bornées par τmin , τmax
• Les pistes sont initialisées à la valeur maximum τmax
• La mise à jour des pistes se fait de façon proportionnelle, les pistes les plus fortes étant
moins renforcées que les plus faibles;
• Une réinitialisation des pistes peut être effectuée.
• Les meilleurs résultats sont obtenus en mettant à jour la meilleure solution avec une
fréquence de plus en plus forte au cours de l’exécution de l’algorithme.
implémentation efficace, moins efficace en pratique, consiste à considérer τij comme une
représentation de l’intérêt de visiter i en tant que jème ville.
En effet, les pistes de phéromone décrivent à chaque pas l’état de la recherche de la
solution par le système, les agents modifient la façon dont le problème va être représenté et
perçu par les autres agents. Cette information est partagée par le biais des modifications de
l’environnement des fourmis, par une forme de communication indirecte : la stigmergie.
L’information est donc stockée un certain temps dans le système, ce qui peut être considérée
comme une forme de mémoire efficace consiste à utiliser une piste τij entre deux villes i et j
comme une représentation de l’intérêt de visiter la ville i après la ville j [45].
2.3.6.2. Intensification/diversification
Le problème de l’emploi relatif de processus de diversification et d’intensification est un
problème extrêmement courant dans la conception et l’utilisation de métaheuristique. Par
intensification, on entend l’exploitation de l’information rassemblée par le système à un moment
donné. La diversification est au contraire l’exploration de régions de l’espace de recherche
imparfaitement prises en compte. Bien souvent, il va s’agir de choisir où et quand “injecter de
l’aléatoire” dans le système (diversification) et/ou améliorer une solution (intensification).
Dans les algorithmes de type ACO, comme dans la plupart des cas, il existe plusieurs
façons de gérer l’emploi de ces deux facettes des métaheuristiques d’optimisation. La plus
évidente passe par le réglage via les deux paramètres α et β, qui déterminent l’influence relative
des pistes de phéromone et de l’information heuristique. Plus la valeur de α sera élevée, plus
l’intensification sera importante, car plus les pistes auront une influence sur le choix des fourmis.
À l’inverse, plus α sera faible, plus la diversification sera forte, car les fourmis éviteront les
pistes. Le paramètre β agit de façon similaire. On doit donc gérer à la fois les deux paramètres
pour régler ces aspects.
Le choix diversification/intensification peut s’effectuer de manière statique avant le
lancement de l’algorithme, en utilisant une connaissance a priori du problème, ou de manière
dynamique, en laissant le système décider du meilleur réglage. Deux approches sont possibles :
un réglage par les paramètres ou l’introduction de nouveaux processus. Dans ces algorithmes
fondés en grande partie sur l’utilisation de l’auto-organisation, ces deux approches peuvent être
équivalentes, un changement de paramètre pouvant induire un comportement complètement
différent du système, au niveau global [45]
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 64 -
Tableau 2.3 les dix combinaisons des paramètres d’ACO ρ, β et q0 pour Oliver30
ρ β q0
0.4 11 0.4
0.3 6 0.7
0.8 10 0.6
0.6 10 0.3
0.8 11 0.0
0.4 9.0 0.4
0.5 12 0.3
0.8 9.5 0.1
0.5 11 0.1
0.6 10 0.0
Chaque fourmi dispose d’une mémoire utilisée pour stocker le trajet effectué, d’un état
initial et de conditions d’arrêt. Les fourmis se déplacent d’après une règle de décision
probabiliste fonction des pistes de phéromone locales, de l’état de la fourmi et des contraintes du
problème. Lors de l’ajout d’un composant à la solution en cours, les fourmis peuvent mettre à
jour la piste associée au composant ou à la connexion correspondante. Une fois la solution
construite, elles peuvent mettre à jour la piste de phéromone des composants ou des connexions
utilisées. Enfin, une fourmi dispose au minimum de la capacité de construire une solution au
problème. [35]. [45].
La première étape consiste à coder les variables Pgi en utilisant les valeurs réels dans
l'espace des valeurs permises. Chaque paramètre Pgi a une limite supérieure Pgi max et une limite
inférieure Pgi min. Avant chaque tour, le point initial (nid) de la colonie est généré aléatoirement
dans la région faisable. Chaque fourmi est placée sur le point initial pendant que la valeur initiale
de la phéromone de τo est aussi donnée à cette étape. La figure 2.6 montre un espace de
recherche à plusieurs phases. En se basant sur le concept de ce processus à plusieurs phases,
l'espace de recherche de l'optimisation de l'écoulement de puissance peut être établi. Toutes les
permutations possibles constituent cet espace de recherche. Chaque phase contient plusieurs
points. [45].
b. Etape2 : évaluation de la fonction objectif
Dans cette étape, L'influence directe de la valeur de la fonction objectif de l'OPF dépend
du niveau de quantité du phéromone qui s’ajoute aux directions particulières que les fourmis ont
sélectionné.
c. Etape 3: répartition des fourmis
Dans cette étape, les fourmis sont réparties en basant sur les niveaux de τ et η .
Selon l'équation (2.1) chaque fourmi choisit le prochain point vers le quel elle déplace en
prendant en considération les valeurs de τ et η .
Maintenant, si m est le nombre de fourmis (m > Ng), alors pour chaque itération, ces m
fourmis exécuteront m mouvements dans l'intervalle du temps (t, t+1).
En construisant une solution au problème, les phéromones des trajectoires visitées peuvent être
ajustées dynamiquement par l'équation suivante pour élargir l'espace de recherche.
τ ij (t + 1) = (1 − ρ ) ⋅ τ ij (t ) + ρ ⋅ τ 0
Ce processus est appelé « règle de la mise à jour locale » de la phéromone. Après n
itérations, toutes les fourmis ont complété une visite. La meilleure piste trouvée par la fourmi est
mise à jour par un processus appelé « règle de mise à jour globale » en utilisant l'équation
suivante, τ ij (t + 1) = (1 − ρ ) ⋅ τ ij (t ) + ρ ⋅ Δτ ij (t ) , où les arêtes (i,j) appartiennent au meilleur tour
1
T+de longueur L+ et où Δτ ij (t ) = , ce processus participe à une intensification par sélection
L+
de la meilleure solution. Cette meilleure solution sera aussi enregistrée dans la table de tabou
pour la comparaison plus tardive avec l'itération suivante.
d. Etape 4: Critère d'arrêt
Le processus du calcul continu jusqu'à ce que le nombre d'itérations atteint la valeur
maximale prédéfinie ou qu'une solution de fonction objectif acceptable est trouvée.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 68 -
début
Compteur NC=0
Temps (t)
Initiation
Evaluation de la fonction
objectif
Fin de tour?
non
Critère d'arrêt
non NC=NCmax
oui
Fin
phase 0 État 0
phase 1
État 1 État 2 État 3 État 4
phase 2
État 1 État 2 État 3 État.4
phase 3
État 1 État 2 État 3 État 4
2.3.8. Test de la méthode ACO sur OPF avec une fonction mono-objectif
Le but est de trouver le minimum du coût de production donnée par la fonction objectif
suivante :
ng
F ( x) = ∑ (α i + β i PGi + γ i PGi2 ) (2,8)
i =1
Chaque puissance active générée PGi est limitée par une limite inférieure PGi (min) est une
La méthode ACO-OPF a été appliquée sur le réseau test IEEE 30-bus. à fin de prouver que
l’ensemble des trois paramètres de la colonie de fourmis β, ρ et q0 est largement indépendant
du problème d’optimisation à résoudre, on va appliquer ACO-OPF sur le réseau test IEEE 30 bus
en utilisant les 10 meilleurs combinaisons des trois paramètres β, ρ et q0 et qui ont donné les
meilleurs résultats pour le problème de voyageur de commerce pour le cas de 30 villes
(OLIVER30) [47]. Le tableau 2.4 montre les valeurs de puissances actives, des pertes de
puissances et du coût de combustible pour les 10 ensembles de paramètres. On remarque que
tous les résultats sont très proches de l’optimum. La valeur moyenne du coût pour les 10 cas est
de l’ordre de 803.83 $/h. La valeur min du coût et de 802.3086 $/h correspond à (β = 12, ρ = 0.5
et q0= 0.3) avec des pertes de puissances de 9.433 MW, tandis que la mauvaise valeur est de
804.86 $/h correspond à (β = 10, ρ = 0.6 et q0= 0.3) avec des pertes de puissances de 9.08 MW.
Donc, on remarque que même la valeur de coût la plus éloignée est acceptable puisqu’ elle est
d’une part éloigné de la valeur min avec seulement 0.318% et d’autre part la valeur des pertes
correspondant à cette valeur qui est de 9.08 MW est meilleur que celle correspondant à la valeur
min, avec un rapport de 3.75 %.
Les résultats obtenus par ACO-OPF qui correspond à l’ensemble (β = 12, ρ = 0.5 et q0=
0.3) sont comparés avec ceux trouvés par la méthode classique IP qui a donnée les meilleurs
résultats parmi les méthodes classiques testées sur l’OPF. Dans l’ACO-OPF, on ne fera pas
recours à des fonctions de pénalité étant donné qu’uniquement les puissances actives des
générateurs sont utilisées dans la fonction sélective et les puissances réactives sont planifiées
dans le processus de l’écoulement de puissance. L’essentiel de cette idée est que les contraintes
sont partagées en deux types : les contraintes actives qui sont vérifiées par la procédure de
l’ACO alors que les contraintes réactives sont mises à jour en utilisant une procédure efficace de
l’écoulement de puissance par Newton-Raphson. Les résultats obtenus incluant le coût généré et
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 70 -
les pertes de puissances sont comparés avec ceux acquis par la méthode classique IP, présentés
sur le tableau 2.5.
Tableau 2.4 Les résultats de l’ACO-OPF pour les 10 ensembles de paramètres β, ρ et q0
(réseau 30bus)
β = 10; β = 11; β = 9.5; β = 10; β = 12;
ρ = 0.6; ρ = 0.5; ρ = 0.8; ρ = 0.6; ρ = 0.5;
q0= 0.0 q0= 0.1 q0= 0.1 q0= 0.3 q0= 0.3
Pg1 (MW) 174.743 180.666 175. 84 166. 875 176.233
Pg2 (MW) 44.319 49.916 44.61 55.427 48.23
Pg5 (MW) 23.516 16.41 19.7 20.498 20.97
Pg8 (MW) 23.697 17.103 21.17 16.656 22.27
Pg11 (MW) 13.747 15.67 15.79 15.76 13.05
Pg13 (MW) 12.503 13.591 15.623 17.264 12.08
Pertes actives (MW) 9.126 10.02 9.33 9.08 9.433514
Coût de Génération ($/hr) 803.06 804.48 803.57 804.86 802.30857
β =9; β = 11; β = 10; β = 6; β = 11;
ρ = 0.4; ρ = 0.8; ρ = 0.8; ρ = 0.3; ρ = 0.4;
Q0= 0.4 q0= 0.0 q0= 0.6 q0= 0.7 q0= 0.4
Pg1 (MW) 177.1202 180.9561 177.9946 172.0554 180.699
Pg2 (MW) 45.1405 43.6051 42.1303 51.1093 48.0675
Pg5 (MW) 24.9288 20.3537 19.0251 23.3981 19.6185
Pg8 (MW) 17.3428 15.9832 21.9837 17.3355 14.5895
Pg11 (MW) 11.0067 14.9995 17.8501 13.6159 17.9866
Pg13 (MW) 17.2079 17.1816 13.8232 15.154 12.2401
Pertes actives (MW) 9.3468 9.68 9.407 9.202 9.802
Coût de Génération ($/hr) 804.24 804.15 804.45 803.41 803.77
Tableau 2.5 Comparaison des résultats obtenus par ACO-OPF et IP-OPF (IEEE 30 bus).
Variable limite min limite max ACO-OPF IP-OPF
P1 (MW) 50 200 176.233 177.0835
P2 (MW) 20 80 48.23 48.7163
P5 (MW) 15 50 20.97 21.3114
P9 (MW) 10 35 22.27 21.2675
P11 (MW) 10 30 13.05 11.9114
P13 (MW) 12 40 12.08 12
Pertes actives (MW) 9.433514 8.89
Coût de Génération ($/hr) 802.30857 800.0038
Temps de convergence (sec.) 20 7
On remarque que le coût de production trouvé par ACO-OPF qui est égal 802.30857 $/h
est très proche à celui de la méthode IP (800.0038$/h). L’écart entre les deux résultats est de
Chapitre 2 Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF - 71 --
l’ordre de 0.29%. Les contraintes de sécurité sont aussi vérifiées pour les angles et les amplitudes
des tensions. Ces dernières sont dans leurs valeurs admissibles. De plus il est important de
souligner que le temps de calcul pour la méthode ACO-OPF est très acceptable.
2.3.8. Test de la méthode ACO sur OPF avec une fonction bi-objectif
La méthode ACO-OPF va être testée à l’optimisation d’une fonction fortement non linéaire
concerne le coût de combustible et l’émission du gaz toxique NOx. L’application a été faite sur
le même réseau électrique IEEE 30 bus. Les coefficients de la fonction exponentielle d’émission
du gaz toxique sont représentés dans le tableau 2.6.
Tableau 2.6 Les coefficients d’émission de gaz toxique des 6 générateurs du réseau 30 bus
Coefficients d’émission de gaz toxique NOx
J-b -2
a.10 b.10-4 c.10-6 d.10-4 e.10-2
1 4.091 -5.554 6.49 2.0 2.857
2 2.543 -6.047 5.638 5.0 3.333
5 4.258 -5.094 4.586 0.01 8.0
8 5,326 -3,55 3,38 20.0 2,0
11 4,258 -5,094 4,586 0.01 8,0
13 6,131 -5,555 5,151 10.00 6,667
La fonction du coût total considère en même temps le coût de combustible F(x) et le coût
d’émission de gaz FE(x) :
FTot ( x ) = μF + (1 − μ )F pc 0 ≤ μ ≤1 (2,10)
;
avec
Fpc = wFE ($/hr) (2,11)
ng
FE ( x) = ∑ (ai + bi PGi + ci PGi2 + d i exp(ei PGi )) (Ton/hr) (2,12)
i =1
valeurs optimales des puissances générées dans la fonction d’émission de gaz. Dans le dernier
cas (μ = 0) , on fait l’inverse, on optimise le taux d’émission de gaz sans tenir compte du coût de
combustible. Après convergence on remplace les valeurs optimales des puissances générées dans
la fonction coût du combustible. Dans les autres cas (0 < μ < 1) , on fait la minimisation
simultanée du coût du combustible et le taux d’émission de gaz. Les modules des tensions ainsi
que leurs phases pour tous les jeux de barres du réseau test pour les différents cas sont présentés
respectivement dans les figures 2.7 et 2.8.
Tableau 2.7 Les résultats d’ACO pour les 11 cas appliqués sur le réseau IEEE 30 bus
( μ = 1 : Coût minimale de production; 0 < μ < 1 : Coût de production+Emission
minimale, μ = 0 : Emission minimale)
Variable µ=1 µ=0.9 µ=0.8
Pg1 (MW) 176.233 171.4534 166.727
Pg2 (MW) 48.23 53.1900 49.14
Pg5 (MW) 20.97 22.4200 20.1
Pg8 (MW) 22.27 20.6700 26.01
Pg11 (MW) 13.05 11.7800 12.63
Pg13 (MW) 12.08 13.1300 17.65
Coût de generation ($/hr) 802.30857 802.821804 804.0929
Perte active (MW) 9.433514 9.243401 8.857812
Emission (ton/hr) 0.363375 0.351450 0.33795
Coût total ($/hr) 1002.4049 996.351240 990.18828
Variable µ=0.7 µ=0.6 µ=0.5 µ=0.4
Pg1 (MW) 150.615 131.946 125.555 112.373
Pg2 (MW) 55.45 56.83 52.83 62.03
Pg5 (MW) 21.81 22.61 28.97 31.31
Pg8 (MW) 33.47 34.3702 30.8102 29.9702
Pg11 (MW) 13.09 20.35 26.5 18.5
Pg13 (MW) 16.92 24.22 25.03 35.16
Coût de generation ($/hr) 808.274 819.9963 828.8054 845.9056
Perte active (MW) 7.955011 6.926898 6.296026 5.944015
Emission (ton/hr) 0.304522 0.269375 0.256753 0.242395
Coût total ($/hr) 975.9622 968.33036 970.18879 979.38296
Variable µ=0.3 µ=0.2 µ=0.1 µ=0
Pg1 (MW) 99.967 88.1802 79.9983 68.1955
Pg2 (MW) 64.98 62.48 62.22 65.22
Pg5 (MW) 30.82 37.07 43.66 49.52
Pg8 (MW) 26.7102 34.3804 33.8404 34.7804
Pg11 (MW) 29.78 26.51 29.98 30
Pg13 (MW) 36.59 39.58 38.02 39.58
Coût de génération ($/hr) 862.7136 882.73001 905.56614 938.7186
Perte active (MW) 5.447286 4.800652 4.318705 3.895927
Emission (ton/hr) 0.22836 0.217439 0.210959 0.205623
Coût total ($/hr) 988.46248 1002.4649 1021.7327 1051.947
Chapitre 2 Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF - 73 --
1
30 1,1 2
29 3
28 4
1,05 V( µ=1)
27 5
V(µ=0,9)
26 6 V(µ=0,8)
1
V(µ=0,7)
25 7 V(µ=0,6)
0,95 V(µ=0,5)
24 8 V(µ=0,4)
V(µ=0,3)
0,9
V(µ=0,2)
23 9
V(µ=0,1)
V(µ=0)
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
16
m ax
dela m in 0
aco µ=1 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29
-2
µ=0,9
µ=0,8 -4
µ=0,7
-6
µ=0,6
µ=0,5 -8
µ=0,4
-10
µ=0,3
µ=0,2 -12
µ=0,1
-14
µ=0
-16
Figure 2.8 les angles de tensions (deg.) du réseau IEEE 30 bus après la minimisation
bi-objectif (coût /Emission) par ACO-OPF pour les 11 cas.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 74 -
940
$/hr
920
900
880
860
840
820
ton/hr
800
0,210959 0,217439 0,22836 0,242395 0,256753 0,269375 0,304522 0,33795 0,35145 0,363375
On remarque que les puissances actives générées et les tensions (modules et angles) sont
dans leurs limites admissibles. On observe aussi que le coût total dans le cas de la minimisation
du taux d’émission du gaz toxique (µ=0) est plus élevé que dans le cas de la minimisation du
coût de production (µ =1) avec un ratio de 4.94 %. Mais la valeur des pertes de puissances qui
correspond à µ =0 est plus réduite que celle du cas µ =1 avec un pourcentage de 58.7%. Vu
l’intérêt actuel de la protection d’environnement des gaz toxiques, on cherche alors de minimiser
en même temps le coût de production et le taux d’émission de gaz avec le rapport optimal.
Donc ; en traçant le front de Pareto coût/émission (figure 2.9) ; on remarque que le rapport
optimal correspond à (µ =0.6). On remarque dans ce cas que le coût total est le meilleurs avec
une valeur de 968.33036 $/h, avec un taux d’émission acceptable (0.269375 ton/h) et de pertes
acceptable (6.926898 MW).
Goldberg a publié un livre de référence pour les algorithmes génétiques "Genetic algorithms in
search, optimization and machine learning" [50]. C’est à ce livre que nous devons la
popularisation des AGs.
A chaque génération (itération), un nouvel ensemble de chaînes de caractères (population)
est créé en utilisant des parties des meilleurs éléments de la génération précédente; ainsi que des
parties innovatrices, à l'occasion. Bien qu'utilisant le hasard, les algorithmes génétiques ne sont
pas purement aléatoires. Ils exploitent efficacement l'information obtenue précédemment pour
spéculer sur la position de nouveaux points à explorer, avec l'espoir d'améliorer la performance.
La fonction dont on recherche l'optimum est dite fonction objectif. On peut remarquer dés à
présent que l'on ne fait aucune hypothèse sur cette fonction, en particulier elle n'a pas à être
dérivable, ce qui représente un avantage sur certaines méthodes de recherche d’extremum [2]
[51].
Un algorithme génétique manipule une population de taille L constante. Cette population
est formée d'individus. La taille constante de la population induit un phénomène de compétition
entre les individus. Chaque individu représente le codage d'un vecteur solution possible au
problème à résoudre, donné sous forme d'un ensemble de chaînes de caractères. Chaque chaîne
de caractères correspond à un chromosome (le génotype de l'individu) qui représente le codage
d’une variable, chaque caractère a un gène et chaque lettre de l'alphabet a un allèle. La position
d'un gène au sein d'un chromosome est appelée locus. Dans les cas classiques, l'alphabet est
binaire (les deux allèles possibles sont 0 et 1). La population évolue en générations successives
(la création d'une nouvelle génération s'appelle la reproduction ou le remplacement). Les
individus les plus forts survivent et se reproduisent entre eux pour créer de nouveaux individus,
tandis que les plus faibles disparaissent petit à petit. De plus, lors des créations d'individus, des
mutations génétiques (i.e. modification d'un caractère dans la chaîne) se produisent. Cela conduit
à définir les trois opérateurs génétiques de base qui sont la sélection, le croisement et la
mutation,
La traduction algorithmique de l’adjectif faible et fort appliqué aux individus conduit à
définir une fonction sélective qui permet d'associer une valeur à chaque individu de la
population. Cette valeur est dite valeur sélective de l'individu. La fonction sélective f est souvent
une transformation g de la fonction objectif (f(x) = g(F(x))).
L'application des opérateurs génétiques sur des individus jugés par une fonction sélective
particulière, permet d'explorer l'espace des solutions à la recherche d'un extremum.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 76 -
Généralement, quand l'AG est appliqué, il est fait dans une manière qui implique les étapes
suivantes:
- Evaluer la fonction sélective de tous les individus dans la population.
- Créer une nouvelle population en exécutant des opérations telles que la sélection
proportionnelle, le croisement, et la mutation sur les individus dont la fonction sélective a
été juste mesurée.
- Abandonner l'ancienne population et répéter les mêmes étapes avec la nouvelle
population.
Pour résumer, On distingue trois principaux points qui font la différence fondamentale
entre ces algorithmes et les autres méthodes classiques:
- Les algorithmes génétiques utilisent un codage des paramètres, et non les paramètres eux
mêmes.
- Les algorithmes génétiques travaillent sur une population de points, au lieu d’un point
unique, cela permet aux AG d'explorer différentes zones dans l'espace de recherche et
donc de minimiser la probabilité de trouver un point optimal local.
- Les algorithmes génétiques n’utilisent que les valeurs de la fonction objectif, pas ses
dérivées, ou une autre connaissance auxiliaire.
- Les algorithmes génétiques utilisent des règles de transition probabilistes, et non
déterministes, cela signifie qu'ils ne nécessitent pas d'espace de recherche continu.
critère de leur valeur sélective. Comme son nom l'indique, la sélection vise à sélectionner une
population enfant à partir d'une population parent. Le but est donc de sélectionner les individus
avec d'autant plus de chances que leur santé est bonne (par transposition informatique de la
sélection naturelle). La sélection est le premier arbitre décidant de la vie et de la mort des
individus, c'est pourquoi elle est un élément primordial du bon fonctionnement d'un algorithme
génétique. On utilise parfois le terme reproduction à la place de sélection. En effet, les
algorithmes génétiques usuels, dits à remplacement générationnel, remplacent tous les individus
d'une génération pour créer la génération suivante. Avant d'appliquer tout autre opérateur
génétique, on commence donc par copier dans la nouvelle génération les individus sélectionnés,
jusqu'à ce qu'elle soit remplie. La sélection sert donc ici à faire une reproduction (au sens copie
du terme) des individus avant d'effectuer le croisement et la mutation. De manière à augmenter,
d'une génération à l'autre, le nombre d'individus dont la valeur sélective est la meilleure, tout en
diminuant ceux dont la valeur sélective est la moins bonne [2].
Il existe plusieurs méthodes pour la sélection. La méthode la plus connue et utilisée est
sans nul doute, la roue de loterie biaisée (roulette wheel) de Goldberg (1989) [50]. Elle est la
plus simple et la plus directe. Elle consiste à sélectionner les individus en fonction de leur valeur
sélective. Ce mécanisme est appelé aussi la sélection proportionnelle.
L
Psi = f i ∑f
j =1
j (2.13)
Donc le nombre de fois qu'un individu sera sélectionné est égal à sa valeur sélective
divisée par la somme des valeurs sélectives de la population totale (plus exactement, la partie
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 78 -
CrossSite
9 Mutation simple
La version de base de la mutation, dite mutation simple, consiste à modifier aléatoirement,
avec une probabilité Pm faible, la valeur d’un composant de l’individu. Dans le cas du codage
binaire, chaque bit ai ∈ {0; 1} est remplacé selon une probabilité Pm par son inverse ait = 1-ai,
C’est ce qu’illustre la figure 2.11. Tout comme plusieurs lieux de croisement peuvent être
possibles, nous pouvons très bien admettre qu’une même chaîne puisse subir plusieurs
mutations.
Cet opérateur permet un déplacement aléatoire dans l'espace des solutions, autorisant ainsi
l'exploration de régions dans lesquelles se trouve peut-être un point intéressant. L’expérience
montre l'importance de son rôle : sans lui, il y a un risque de convergence prématurée de
l'algorithme vers un extremum local. Cependant, de manière à ne pas empêcher la convergence
de l'algorithme, la probabilité de mutation doit rester faible. Classiquement, on trouve des
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 80 -
valeurs de l'ordre de 0.001 (une mutation pour 1000 gènes, certains auteurs préconisent une pour
10000). En fait la probabilité Pm optimale dépend de la taille de la population et de la longueur
des individus. Par ailleurs, il est bon que cette probabilité diminue durant l'exécution de manière
à ce que la perte d'allèles soit faible en début du processus sans pénaliser la convergence à terme.
Il faut noter que les conséquences de la mutation de deux bits différents peuvent être très
inégales.. C'est une nouvelle preuve de l'importance du codage qui doit être choisi tel qu'une
faible variation du génotype n'entraîne pas une grande variation du phénotype. Une nouvelle fois,
ce choix dépend du problème à résoudre.
peut être intéressant de faire varier le paramètre k durant l'exécution de l'algorithme génétique de
manière à adapter les écarts de valeurs sélectives comme désiré.
Pour un algorithme génétique évoluant vers une population d'individus à fortes valeurs
sélectives, il est peut être intéressant d'ajuster dynamiquement la fonction sélective f de manière
à ce que l’écart entre l'individu de plus forte valeur sélective et celui de plus faible valeur
sélective ne se réduise pas trop. On a alors :
f ( x) = a ⋅ F ( x) + b(t ) (2.24)
Une définition possible de b(t) dans le cas où on maximise F(x), est :
b(t ) = − min{ f ( x ) / x ∈ P(t ) } (2.25)
où P(t) représente la population à l'instant t. On parle dans ce cas de fonction sélective ajustée
linéairement.
L’opération de croisement simple est identique dans le principe à celle décrite auparavant,
Pour ce faire, nous générons un nombre aléatoire r à partir d’une distribution uniforme sur
l’ensemble {1, 2, 3}, et deux nouveaux individus, X et Y, sont créés selon la règle suivante :
⎧ xi , si i < r
xi = ⎨
⎩ y i , sinon
(2. 27)
⎧ y i , si i < r
yi = ⎨
⎩ xi , sinon
Un autre opérateur est le croisement arithmétique qui effectue une simple combinaison
linéaire entre les parents. Soit, après avoir généré un chiffre aléatoire, α =U(0; 1), les nouveaux
parents sont:
X = αX + (1 − α )Y
(2. 28)
Y = (1 − α ) X + αY
Enfin, il existe aussi le croisement heuristique. Cet opérateur effectue une extrapolation
linéaire des deux individus. Un nouvel individu, X, est créé selon le processus suivant (sous
l’hypothèse que X>Y en terme de valeur sélective, sinon nous inversons X et Y dans les
équations) :
X = X + r ( X − Y );
(2. 29)
Y = X;
et où :
⎧1, si b1i < x < b2i , ∀i
Faisabilité = ⎨ (2. 30)
⎩0, sinon
où bi1 et bi2 sont les bornes autorisées pour xi, et avec r un nombre aléatoire tiré dans U(0; 1).
Nous devons donc avoir tout le temps xi ∈ [bi1 , bi2]. Si X n’est pas faisable (i. e. faisabilité
nulle) alors un nombre r est retiré et la procédure est recommencée jusqu’à ce que la solution soit
faisable où qu’un certain nombre d’essais ait été effectué. Dans le cas où f (X)= f (Y) (même
valeur sélective) on reproduit simplement X et Y, cet opérateur est un croisement unique pour les
raisons suivantes : (1) il utilise directement les valeurs de la fonction objectif afin de déterminer
une direction de recherche, (2) il produit seulement un enfant et (3) il peut ne produire aucun
enfant.
Il semble que le croisement heuristique contribue à trouver une solution plus précise; ses
principales responsabilités dans la recherche de la solution sont (1) un "fine-tuning" local et (2)
une recherche dans une direction prometteuse.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 86 -
( )
⎧⎪ xi + b2i − xi f (G ), si α < 0.5,
xi = ⎨ (2. 31)
( )
⎪⎩ xi − b1i + xi f (G ), si α ≥ 0.5,
avec
f (G ) = (α (1 −
G b
) ) (2. 32)
Gmax
Sélectionnez
2 parents P=P+1
Probabilité du
croisement>rand[0,1] ?
Oui Non
Oui
P=la taille de la
population ?
Non
La probabilité de
mutation de chaque
chromosome >
rand[0,1] ?
Oui Non
Fin
Notre méthode a été comparée avec deux autres méthodes qui se trouvent dans la littérature.
Tableau 2.9 Les résultats du coût minimal par GA avec codage réel ( μ = 1 : Coût minimal
de production ; 0 < μ < 1 : Coût de production+Emission minimale μ = 0 :
Emission minimale)
Variable µ=1 µ=0. 9 µ=0. 8
Pg1 (MW) +177. 1176 +171. 0810 +166. 4285
Pg2 (MW) +48. 9107 +58. 0399 +60. 9982
Pg5 (MW) +21. 4914 +20. 5704 +21. 2573
Pg8 (MW) +21. 8712 +15. 9370 +18. 6499
Pg11 (MW) +12. 1574 +10. 5940 +12. 5096
Pg13 (MW) +11. 3582 +16. 6609 +12. 7570
Coût de génération ($/hr) 802. 230313 804. 880927 805. 379614
Perte active (MW) 9. 506547 9. 483205 9. 200506
Emission (ton/hr) 0. 366274 0. 351638 0. 341370
Coût total ($/hr) 1003. 922759 998. 513638 993. 358672
Variable µ=0. 7 µ=0. 6 µ=0. 5 µ=0. 4
Pg1 (MW) +166. 8327 +155. 6018 +135. 6247 +125. 8236
Pg2 (MW) +50. 9752 +49. 9298 +56. 2770 +59. 3522
Pg5 (MW) +22. 0177 +21. 6668 +24. 9626 +25. 7566
Pg8 (MW) +16. 8439 +29. 9864 +26. 3041 +32. 0449
Pg11 (MW) +20. 3480 +14. 0851 +23. 5482 +23. 7175
Pg13 (MW) +15. 2419 +20. 2545 +23. 7185 +23. 2657
Coût de génération ($/hr) 805. 073866 807. 200023 819. 030527 825. 003569
Perte active (MW) 8. 859520 8. 124457 7. 035117 6. 560603
Emission (ton/hr) 0. 337197 0. 312134 0. 273704 0. 260039
Coût total ($/hr) 990. 754804 979. 079681 969. 748127 968. 196419
Variable µ=0. 3 µ=0. 2 µ=0. 1 µ=0
Pg1 (MW) +109. 4395 +98. 3846 +79. 5341 +62. 7326
Pg2 (MW) +61,1031 +66,6323 +66,1861 +69,4780
Pg5 (MW) +32,7390 +30.4619 +40.2184 +49,9999
Pg8 (MW) +30.5527 +33,0590 +34,3733 +35,0002
Pg11 (MW) +24,2450 +26,9001 +29,5807 +30.0000
Pg13 (MW) +30.9997 +33,3618 +37,9673 +40.0000
Coût de génération ($/hr) 847,325854 859,086430 898,713532 949,002306
Perte active (MW) 5,679032 5,399641 4,459928 3,810818
Emission (ton/hr) 0,237917 0,228418 0,212245 0,205052
Coût total ($/hr) 978,337406 984,867260 1015,588143 1061,916514
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 90 -
27
27 55
1
26
26 66
0,95
25
25 77
0,9
24
24 88
0,85
23
23 99
22
22 10
10
21
21 11
11
20
20 12
12
19
19 13
13
18
18 14
14
117
7 15
15
Figure 2.13 Niveaux de tensions (pu) du réseau IEEE 30 bus résultantes de la
minimisation bi-objectif (coût /Emission) par RGA-OPF pour les 11 cas.
0
1
11
13
15
17
19
21
23
25
27
29
-2
-4
-6
angle
-8
-10
-12
-14
-16
Figure 2.14 Angles de phase (deg.) du réseau test résultantes de la minimisation bi-
objectif( coût/émission) par RGA-OPF pour les 11 cas.
Chapitre 2 Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF - 91 --
r r r r r (2. 34)
xk +1 = a ⊗ xk + b ⊗ vk +1
Le symbole ⊗ signifie ici la multiplication des vecteurs éléments par élément. A l’itération k, la
r
vitesse vk d’une particule est modifiée à partir de sa valeur courante, affectée d’un coefficient
r
d’inertie (w) , et de deux forces qui attirent la particule vers sa propre meilleure position passée
( prbest ) et la meilleure position de tout l’essaim ( pr gbest ) . L’intensité de l’attraction est donnée par
r r r
les coefficients c1 et c2 . La position de la particule xk est modifiée à partir de la position
r r r
courante et de la nouvelle vitesse calculée vk +1 , affectées des coefficients a et b respectivement.
L’expérience montre qu’une bonne exploration du domaine de recherche est obtenue en
r r
introduisant les nombres aléatoires r1 et r2 , en général avec une répartition uniforme entre 0 et 1.
et
xk +1 = axk + bvk +1 (2.36)
Le nouveau coefficient d’attraction (c ) est la moyenne des coefficients propre (c1 ) et social (c2 ) ,
Le nouveau point d’attraction ( p ) est la moyenne de ( pbest ) et de ( p gbest ) , pondérés par (c1 ) et
(c2 ) respectivement.
seulement des valeurs de 0 et 1. La vélocité (vk ) déterminera une probabilité de seuil. Si vk est
plus élevé, la particule choisit la valeur 1 et pour les valeurs plus basses favorise le 0 comme
choix. Un tel seuil doit rester dans la gamme [0.0, 1.0]. Une fonction franche pour accomplir ceci
est commune dans les réseaux de neurones. La fonction, appelée la fonction sigmoïde, est définie
comme suit :
1
s (vk ) =
1 + exp(− vk ) (2.37)
Un nombre aléatoire (rand : trié d’une distribution uniforme entre 0.0 et 1.0) est alors généré, par
lequel xk soit placé à 1 si le nombre aléatoire est inférieure à la valeur de la fonction sigmoïde
comme illustré dans ce qui suit :
Si rand< s(vk ) , alors xk = 1 , Sinon x k = 0 (2.38)
Le premier point se comprend facilement, mais les deux autres nécessitent quelques
précisions. Les informatrices sont définies une fois pour toutes de la manière suivante
(figure2.15) :
Vers ma
meilleure
performance
Vers la meilleure
performance de mes
Position informatrices
actuelle
Nouvelle
vitesse position
actuelle
2.6.2.2. Le voisinage
Le voisinage constitue la structure du réseau social. Les particules à l’intérieur d’un
voisinage communiquent entre-elles. Différents voisinages ont été étudiés [63] et sont considérés
en fonction des identificateurs des particules et non des informations topologiques comme les
distances euclidiennes dans l’espace de recherche [63] [64]:
- Topologie en étoile (figure2.17(a)) : le réseau social est complet, chaque particule est attirée
r
vers la meilleure particule notée Pgbest (gbest) et communique avec les autres.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 96 -
- Topologie en rayon (figure2.17(c)) : une particule "centrale" est connectée à tous les autres.
Seule cette particule centrale ajuste sa position vers la meilleure, si cela provoque une
amélioration l’information est propagée aux autres.
actuelle ; (Pgbest ) : la meilleure position dans toute les populations (la meilleure des
meilleures).
¾ 3éme étape : Le calcul de la nouvelle vitesse et nouvelle position de chaque particule
par l’utilisation des formules (2.35) et (2.36).
¾ 4éme étape : Le calcul de la meilleure fitness de la population initiale et comparer par
la précédente pour trouver la meilleure de toute les populations (Pgbest ) .
Début
Initialisation de population
Calcul de la vitesse
Calcul de la position
T=T+1
Terminer
Résultat
Fin
L’algorithme PSO a été appliqué à la fonction objectif la plus connue, utilisée également
dans [63] et [64]. Les paramètres vectoriels avaient tous les éléments identiques. Plusieurs jeux
de paramètres ont été testés. Le test 1 (w = 0.1, 0.2, 0.3, 0.4, 0.5 et c = 0.5), le test 2 (w = 0.1,
0.2, 0.3, 0.4, 0.5 et c=1) et le dernier test (w = 0.1, 0.2, 0.3, 0.4, 0.5 et c =2). Notre choix est
(c=2, w=0.5) après un grand nombre d’essais. La topologie de l’essaim était totalement
connectée, toutes les particules étant considérées voisines.
810
805
800
795
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
it é r a t ion
C=1,0
808
806
coût ($/hr
804
802
800
798
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
itération
C=2,0
808
806
coût ($/hr
804
802
800
798
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
itération
Figure 2.19 Effet des paramètres de la méthode PSO sur les résultats de l’OPF
utilisant les valeurs réelles dans l'espace des valeurs permises. Puisque chaque puissance PGi a
une limite supérieure PGi max et une limite inférieure PGi min .
les générations (Pgbest ) . Ce calcul se fait suivant les valeurs de la fonction fitness.
et enfin chaque particule se déplace vers sa nouvelle position suivant cette équation :
r r r
x k +1 = x k + v k +1 2.37
Chaque puissance active générée PGi est limitée par une limite inférieure PGi (min) est une
Puisque la fonction objectif est bornée supérieurement, on va choisir une fonction fitness à
maximiser de la forme suivante :
Fmax
fitness = (2.40)
F ( x)
Il y a de nombreuses façons de choisir le coefficient Fmax . Ce facteur peut être pris comme
coefficient d'entrée, ou bien on peut lui affecter la plus grande valeur de F(x) dans la population
actuelle. Nous envisagerons cette dernière possibilité dans cet exemple.
Les résultats prouvent que l’algorithme PSO est comparable à la méthode GA. La
différence du coût de production entre les deux méthodes (802.298849 $/hr comparé avec
802.23013 $/hr) est de l’ordre de 0.0085% et pour les pertes de puissances (9.663735 MW
comparé avec 9.506547 MW) est de l’ordre de 1.6266%. En outre, il est important de préciser
que ce simple algorithme converge pendant un temps acceptable, approximativement 5 seconds
pour ce système était, et il a convergé aux solutions fortement optimales après 20 générations.
Les contraintes de sécurité sont également testées. Les amplitudes des tensions trouvées par PSO
sont d’un minimum de 0.9554p.u. et d’un maximum de 1.0820 p.u (figure 2.20), et les angles
des tensions sont d’un minimum de -14.6070° et d’un maximum de 0.0° (figure 2.21). Aucun jeu
de barres de charge n’était inférieur à 0.95 p.u. Le minimum des amplitudes et des angles des
tensions de ce réseau sont respectivement (0.9554 p.u. -14.6070°) au niveau de jeu de barres 30
On remarque que presque les mêmes résultats de point de vue tension sont trouvés par GA. Au
niveau de jeux de barres 30 ; existe le minimum de tension d’une valeur de (0.95278, -14.477°)
V(pu)
1,09
1,07
1,05
1,03 PSO
1,01 GA
0,99
0,97
Njb
0,95
Figure 2.20 Comparaison entre GA et PSO pour les amplitudes des tensions
Angle
0
-2
-4
-6
GA
-8
PSO
-10
-12
-14
-16
Figure 2.21 Comparaison entre GA et PSO pour les angles des tensions
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 102 -
Tableau 2.11 Les résultats du coût minimal par PSO ( μ = 1 : Coût minimal de production ;
0 < μ < 1 : Coût de production+Emission minimale μ = 0 : Emission minimale)
Variable µ=1 µ=0.9 µ=0.8
Pg1 (MW) 179.2161 167.8851 157.7270
Pg2 (MW) 48.3011 50.8533 52.2290
Pg5 (MW) 20.9240 22.1933 22.9605
Pg8 (MW) 20.5613 25.5468 28.4781
Pg11 (MW) 11.5768 13.8182 14.7128
Pg13 (MW) 12.4844 12.0000 15.5527
Coût de génération ($/hr) 802.298849 802.989995 805.366361
Perte active (MW) 9.663735 8.896632 8.260012
Emission (ton/hr) 0.372015 0.341887 0.317720
Coût total ($/hr) 1007.15244 991.253255 980.321939
Variable µ=0.7 µ=0.6 µ=0.5 µ=0.4
Pg1 (MW) 148.9881 139.1355 130.1305 119.7014
Pg2 (MW) 53.8114 55.5525 57.0648 58.8914
Pg5 (MW) 23.6052 24.1698 25.4711 26.8847
Pg8 (MW) 32.4007 35.0001 35.0001 34.7307
Pg11 (MW) 16.4721 19.6335 22.1482 28.4531
Pg13 (MW) 15.8617 17.1039 20.3036 20.9224
Coût de génération ($/hr) 808.623367 813.899879 820.525053 831.191506
Perte active (MW) 7.739170 7.195301 6.718334 6.183837
Emission (ton/hr) 0.300066 0.282000 0.266742 0.251477
Coût total ($/hr) 973.857889 969.185930 967.408956 969.669982
Variable µ=0.3 µ=0.2 µ=0.1 µ=0
Pg1 (MW) 108.8583 96.8858 72.8418 66.9540
Pg2 (MW) 61.5384 64.4948 59.4865 73.6265
Pg5 (MW) 29.6645 31.2832 50.0000 50.0000
Pg8 (MW) 35.0002 35.0002 35.0002 35.0002
Pg11 (MW) 30.0000 28.4263 30.0000 30.0000
Pg13 (MW) 24.0137 32.5647 40.0000 31.7617
Coût de génération ($/hr) 843.707281 860.731703 934.325775 937.652382
Perte active (MW) 5.675154 5.254905 3.928527 3.942338
Emission (ton/hr) 0.238244 0.226111 0.206077 0.209475
Coût total ($/hr) 974.898631 985.242159 1047.804047 1053.001792
On remarque que les puissances actives pour les six générateurs sont dans leurs limites de
fonctionnement. Le coût total de production le plus élevé est pour le cas de la minimisation du
taux d’émission (1053.001792$/hr) avec un minimum de pertes active (3.942338 MW). Comme
Chapitre 2 Les méthodes métaheuristiques appliquées à l’OPF - 103 --
remarque sur les résultats montrés dans le tableau 2.11, il y a une différence entre le minimum du
coût de production et le minimum du taux d’émission. La différence des coûts de production
entre ses deux cas (802.298849 $/hr comparé avec 937.652382$/hr), des pertes de puissances
(9.663735 MW comparé avec 3.942338 MW) et les taux d’émission (0.372015 Ton/hr comparé
avec 0.209475 Ton/hr) montre clairement cette différence. Pour diminuer le coût de production,
on doit sacrifier une partie de la contrainte environnementale. Le minimum du coût total est
lorsque μ = 0.5 de l’ordre de 967.408956 $/hr. Les contraintes de sécurité sont aussi vérifiées
pour les amplitudes et les angles des tensions. Les amplitudes des tensions et les angles sont dans
leurs limites acceptables (figure 2.22, figure 2.23). Aucun jeu de barres n’a était à la limite
inférieure d’amplitude de tension (figure 2.22). En outre, il est important de préciser que cet
algorithme converge dans un temps acceptable, approximativement 15 seconds pour ce test.
1,1
1,05 µ=1,
0
µ=0,
1 9
µ=0,
8
0,95 µ=0,
7
0,9 µ=0,
6
µ=0,
0,85 5
µ=0,
4
µ=0,
3
µ=0,
2
µ=0,
1
µ=0,
0
Angle µ=1,0
0
µ=0,9
-2
µ=0,8
-4
µ=0,7
-6 µ=0,6
-8 µ=0,5
-10 µ=0,4
-12 µ=0,3
-14 µ=0,2
µ=0,1
-16
µ=0,0
On remarque que les résultats dans les trois cas sont très proches. Dans le cas de l’émission
minimale, l’écart entre les couts totaux est de 0.8395%, pour les émissions des gaz toxique est de
l’ordre de 2.15% et pour les pertes est de l’ordre de 3.4512%.
150
100
50
0
Pg1 Pg2 Pg5 Pg8 Pg11 Pg13
Figure 2.24 Comparaison des valeurs optimales des puissances générées trouvées par
les trois méthodes ACO, GA, PSO.
9,663735
PSO 802,298849 5
9,506547
GA 802,230313 7
9,433514
ACO 802,30857 20
Generation cos t ($/hr) Real Power Los s (MW) Tim e (0,1*s ec.)
Figure 2.25 Comparaison des valeurs optimales des coûts, des pertes et le temps de
convergence trouvée par les trois méthodes ACO, GA, PSO.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement d’électricité dérégulé - 106 -
V (ACO) V(GA)
1 V(PSO)
30 1,1 2
29 3
28 4
27 1,05 5
26 6
25 1 7
24 8
0,95
23 9
22 10
21 11
20 12
19 13
18 14
17 15
Figure 2.26 Niveaux de tensions du réseau test après convergence des trois
métaheuristiques ACO, PSO, GA et ACO.
2.6. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté en détail les mécanismes des méthodes
métaheuristiques. Il nous a permis de mieux saisir les concepts et les notions utilisés par les
algorithmes métaheuristiques et leurs utilisations possibles. On a détaillé le calcul de
l'écoulement de puissance optimal en utilisant les métaheuristiques suivantes : essaims
particulaires (PSO), les algorithmes génétiques (à codage binaire et à codage réel) (GA) ainsi que
la méthode de colonie de fourmis (ACO). Mais, il reste le choix optimal des paramètres de ces
méthodes comme problème principal. Les résultats de l’application de ces méthodes sur le réseau
test IEEE 30 bus sont satisfaisants comparés avec ceux trouvés par les méthodes classiques. Ces
résultats, on les a publiés dans des conférences internationales et des revues scientifiques [65, 66,
67, 68, 69, 70, 71, 72].
-107-
CHAPITRE 3
OPTIMISATION
DE L’ECOULEMENT DE PUISSANCE ET LA
COMMUTATION DES CENTRES DE PRODUCTION DANS UN SYSTEME
ELECTRIQUE LIBERALISE
3.1. Introduction
Traditionnellement, le secteur de l’électricité est détenu par un seul opérateur historique, qui
gère à la fois la production de l’énergie, son transport et sa distribution vers ses clients. Depuis
2004, comme pour la plus part des pays, l’Algérie a réalisé des réformes dans le secteur
électrique. Ces réformes ont eu comme objectif principal l’introduction de la concurrence dans
un secteur électrique longtemps organisé autour d’un monopole intégré en production-transport-
distribution qui est Sonelgaz.
La dérégulation du marché de l’électricité va progressivement mettre fin à l’ancienne structure
verticalement intégrée (Fig. 3.1). Elle a impliqué une séparation entre la production, le transport
et la distribution de l’énergie électrique (Fig.3.2). Les systèmes de transport conservent un statut
de monopole, tandis que les différents producteurs indépendants se lancent dans une compétition
financière. Cette libéralisation se traduit pour les consommateurs par la possibilité de choisir un
fournisseur autre que le fournisseur historique duquel ils étaient «captifs ».
Réseau de transport
Réseau de distribution
Producteurs en concurence
Distributeurs en concurence
consommateurs du plus offrant vers le moins offrant. Ce processus d’agrégation peut être mis
sous forme de courbes d’offres de production et de demande telle que le montre la Figure 3.3.
L’intersection des deux courbes nous donne le point d’équilibre production-consommation (donc
le volume total d’énergie contracté à la bourse pour la tranche horaire donnée), ainsi que le prix
auquel a été fixée l’énergie contractée. Ce prix correspond au prix de la dernière tranche (dite
tranche marginale) prise en compte (Market Clearing Price-MCP).
Prix de
clôture
Puissance Puissance
vendue (MW)
Parmi les pays qui ont choisi le modèle pool figure le Royaume-Uni, qui a imposé au début de la
dérégulation de son secteur de l’électricité une bourse de l’énergie unique et obligatoire pour
tous les participants. Les bourses de l’électricité fonctionnent en général la veille pour le
lendemain : cette échéance de temps est dite « J-1 » ou day ahead. La fourniture d’électricité est
alors négociée pour chaque tranche horaire (1 heure ou ½ heure) du lendemain. C’est sur ce
principe que va fonctionner la bourse Algérienne.
L’avènement d’un marché de l’électricité concurrentiel et du libre choix des clients fera
que SONELGAZ devra dégrouper ses fonctions et permettre aux acheteurs et aux vendeurs
d’électricité d’accéder au réseau de transport. Pour assurer une juste concurrence, CREG doit
déposer des tarifs non discriminatoires pour un libre accès aux installations de transport et de
distribution, expliquant les tarifs et les conditions d’accès. SPE serait obligée d’accepter les
services à des tarifs inférieurs à ceux qu’elle exige pour ses ventes et ses achats d’électricité.
Alors qu’il faut établir des tarifs pour le transport et la distribution, ceux-ci sont loin de
suffire. En plus de l’imposition de tarifs, il faut exploiter un réseau électrique d’une manière
transparente et non discriminatoire. Dans un environnement de concurrence, un grand nombre de
producteurs rivalisent, et il faut avoir un organisme autonome pour coordonner les fonctions
reliées au marché et celles reliées à l’exploitation des installations du réseau afin de s'assurer de
la fiabilité du système.
Pour préserver la fiabilité du réseau d'électricité, on peut établir un centre des ventes
d’électricité et un exploitant de réseau autonome. Le centre des ventes coordonne les ventes
d’électricité, tandis que le rôle de l’exploitant de réseau autonome est d’assurer une exploitation
fiable du réseau d'électricité entier.
La concurrence dans la fourniture de l’électricité peut avoir un effet défavorable sur la
conservation de l’énergie et les programmes de gestion de la consommation. Auparavant, les
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -113-
Les flux sur un réseau d’électricité se distribuent selon les lois de Kirchhoff et sont
difficilement dirigeables. Une transaction, c'est-à-dire une paire injection-soutirage entre deux
nœuds d’un réseau maillé impacte les flux sur toutes les lignes. De plus, deux flux de sens
opposés s’annulent mutuellement.
La sécurité d’approvisionnement à court terme est une qualité du bien « électricité » qui
doit être garantie. Du fait des nombreuses incertitudes, le système doit être préparé à respecter, à
chaque instant, la contrainte d’équilibre P=C. Le moindre déséquilibre pourrait entraîner le
système à l’instabilité suivie d’une panne totale (blackout). Un minimum de capacité de
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -114-
production flexible doit alors être disponible pour parer à un déséquilibre soudain sur le système.
Des capacités de production doivent être prêtes à produire en cas de besoin (par exemple, suite à
la panne intempestive d’une centrale de production, à la forte augmentation non prévue de la
consommation, ou à la déconnexion d’une ligne).
En conséquence, pour assurer la sécurité d’approvisionnement à court terme, un autre
bien/service doit être donc produit en parallèle de l’énergie électrique, ce sont les réserves. La
production des réserves pose un problème économique du fait qu’elles bénéficient à tous les
utilisateurs du réseau, autant à ceux qui contribuent à la maintenir qu’à ceux qui n’y contribuent
pas. En effet, on ne peut pas exclure des utilisateurs du réseau du bénéfice des réserves. Cette
caractéristique est reconnue comme celle d’un bien public. Les caractéristiques de bien public
sont considérées aussi comme une défaillance du marché éloignant l’électricité de l’idéal de
marché parfait . Les économistes savent depuis longtemps que la production de biens publics ne
peut pas être laissée seulement au marché, car une sous-production par rapport à la quantité
nécessaire en résulterait. En conséquence, l’une des solutions au problème de la production d’un
bien public est de fixer d’abord une demande réglementée puis d’assurer la production par le
biais d’obligations, de contrats ou d’enchères. Le caractère non-stockable de l’électricité
nécessite que cette production de réserves (ou de capacité de production disponible) soit
instantanément adaptée aux conditions changeantes du système pour en assurer la sécurité [72].
Parmi les avantages potentiels d'un marché libéralisé, on peut citer [73]:
• L'utilisation des centrales les moins coûteuses (surtout les centrales à gaz).
• Des échanges plus faciles avec les pays voisins.
• Des marges de puissance plus faibles pour les centrales (grâce aux interconnexions et au
décalage des heures de pointe).
• Une implantation optimale des centrales.
• Des choix des combustibles les plus économiques.
• Une plus grande efficience dans les investissements et l'exploitation des centrales.
Dans un environnement de concurrence, il est important que tous les participants soient
soumis à des règles semblables ou équivalentes, c’est-à-dire des règles du jeu égales.
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -115-
Pour que la concurrence soit efficace dans le marché de l’électricité, il faudra bien
réglementer les réseaux de transport et de distribution pour assurer un accès ouvert et non
discriminatoire à tous les concurrents éventuels. Des conflits surviendront entre les participants,
et il faut prévoir un mécanisme de résolution. Il faut déterminer le montant réel des coûts des
installations de production non rentables et une méthode pour les recouvrir. Il faut examiner
soigneusement la loi correspondante pour assurer que toute restructuration souhaitée de
l’industrie de l’électricité en Algérie se réalise d’une manière efficace [73].
On peut distinguer trois grandes familles de méthodes pour fixer les prix des biens et
services en général et les prix de l'électricité en particulier [74].
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -116-
• prix administrés : Les prix sont fixés par une administration, par une entreprise publique ou
par une entreprise privée disposant d'un fort pouvoir de marché, souvent placée sous le
contrôle d'une entité régulatrice. C'est ce qui se passe dans la plupart des pays pour les
tarifs de l'électricité vendue aux particuliers qui restent captifs de leur distributeur local. Par
nature, ces prix sont publics et proposés pour une durée fixée à l'avance à l'ensemble des
acheteurs potentiels.
• Prix contractuels : À l'occasion de chaque transaction, les deux parties négocient le prix de
cession de la marchandise selon un protocole prédéterminé ou de façon totalement
improvisée. C'est la procédure actuellement suivie par les gros consommateurs d'électricité
qui sont autorisés à choisir leur(s) fournisseur(s) et peuvent donc négocier les prix. Chaque
prix reste théoriquement secret.
• Prix spot : (prix pratiqués sur le marché négociables la veille pour une livraison le
lendemain. Ils reflètent l'équilibre offre-demande à court terme, avant l'ajustement
réalisable par GRTE en temps réel). Ce prix d'équilibre est connu de tous car il est payé par
chaque acheteur et versé à chaque vendeur.
Chacune de ces méthodes a ses avantages et ses inconvénients, ce qui explique que la
plupart des solutions pratiques observées consistent à les combiner plutôt qu'à recourir
exclusivement à l'une d'elles. En démantelant les entreprises électriques traditionnellement
intégrées verticalement et horizontalement, la directive a créé de nouvelles interfaces pour
lesquelles il faut trouver des mécanismes de fixation des prix. En effet, à l'interface traditionnelle
distributeur/client, s'ajoutent ou se substituent maintenant les interfaces générateur/client,
générateur/trader, trader/client, générateur/transporteur, générateur/générateur, etc. Chacune de
ces interfaces a ses spécificités en termes de capacité de calcul des agents, de pouvoir de
négociation, de possibilité de repli, etc. Le mécanisme de fixation du prix retenu pour une
interface donnée doit impérativement tenir compte de ces spécificités.
Parce que les petits consommateurs d'électricité que sont les ménages et les commerçants
ont de très faibles capacités d'adaptation de leur demande à court terme, tant qu'il n'existe pas
une concurrence entre négociants, leur interlocuteur est le distributeur, donc un monopole local.
Les prix sont alors presque toujours des tarifs régulés pour éviter tout abus de pouvoir de
marché. Ces prix administrés ont souvent l'inconvénient d'être choisis sans référence réelle avec
la disposition à payer des demandeurs. Ils sont essentiellement fixés sur la base du coût de
production des offreurs, coût comptable ou coût standard. De plus, pour des raisons de "justice
sociale", les discriminations de prix sont prohibées et les distributeurs se voient imposer des
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -117-
obligations de service public ou universel. En réalité, les tarifs administrés sont généralement
présentés sous la forme d'un menu offert à tous. Il n'y a donc pas, en apparence, de
discrimination. Chacun est libre de choisir à l'intérieur du menu le tarif qu'il juge le plus
avantageux mais, si le menu est bien conçu, chaque tarif est adapté aux différents types de
consommateurs.
Sur un marché spot, le prix d'équilibre est un reflet fidèle de la disposition à payer des
demandeurs et de l'exigence à être payés des vendeurs. Si les uns et les autres sont suffisamment
nombreux, la concurrence peut pleinement s'exprimer et le prix indique quels sont le coût
marginal et l'utilité marginale du kWh. Pour l'acheteur, le prix est donc un signal fiable du coût
social de ses décisions d'achat et, symétriquement, pour le vendeur le prix est un signal fiable de
l'utilité sociale de ses décisions de production. Par conséquent, avec un marché spot, les
mécanismes concurrentiels vont pousser les échanges jusqu'à l'optimum. Puisque les prix
reflètent fidèlement les caractéristiques de l'offre et de la demande, ils fluctuent au gré des
variations de l'une et de l'autre. Dans l'industrie électrique, les technologies de production sont
très variées et l'offre de chaque installation est susceptible de fortes variations plus ou moins
prévisibles à court et à moyen termes. Par exemple, la production d'une éolienne est très difficile
à prévoir, celle d'une centrale thermique beaucoup plus facile. Mais l'interconnexion des
installations et l'organisation en réseau permettent de réaliser une péréquation de ces variations
temporelles et de ces risques. Les variations de l'offre à court terme viennent des besoins de
maintenance des équipements et des décisions stratégiques des générateurs [74]: elles sont donc,
sauf gros accident, assez facilement contrôlables par les générateurs. C'est essentiellement du
côté de la demande que viennent la variabilité et l'aléa. Nuit, week-end, vacances sont des
périodes prévisibles de faible demande. Si les capacités restaient inchangées, les prix devraient
être logiquement plus bas pendant ces périodes que les jours ouverts sauf si les générateurs
réduisent simultanément leur offre. Les aléas sont surtout dus à la demande d'électricité pour le
chauffage et la climatisation, intimement liée aux aléas de la température. Cependant, notons que
pour éviter tout risque d'abus de pouvoir de marché par un gros producteur ou par un groupe de
producteurs, sur les marchés de gros de l'électricité il est souvent prévu un prix plafond, donc un
prix administré. En cas de grave pénurie d'énergie, on ne saura donc pas véritablement jusqu'où
le prix aurait pu monter, donc combien les demandeurs auraient été prêts à payer.
Les entreprises ont évidemment intérêt à jouer sur les différentes possibilités de réaliser
des transactions que leur propose le législateur et donc à tirer parti à la fois de prix fixés par
contrats et de prix flexibles gagnés sur des marchés, sans oublier les calculs opportunistes qui
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -118-
En réalité, vouloir introduire des mécanismes concurrentiels dans un secteur industriel tel
que l'industrie électrique exige un règlement particulièrement précis:
• Une sélection technique et financière sévère pour accéder au marché.
• Des règles d’enchères pour préciser : (le calendrier, le format des enchères, la méthode
d’appariement, la résolution des conflits en temps réel, la gestion des crises).
• Des règles de collecte des fonds et de paiement aux vendeurs.
• Des règles d’information et de transparence sur les enchères.
• Des règles d’organisation et de gouvernance de l’opérateur du marché.
A titre d'illustration des contraintes imposées aux participants et aux responsables du
marché, on donne ici l’exemple du déroulement horaire sur le marché J-1 de l’Espagne [75].
) avant 8:30, le "System Operator" (Redesa) informe le "Market Operator" (OMEL) sur
les prévisions de demande, l'état du réseau de transport, la capacité des liaisons
internationales, l'indisponibilité partielle ou totale des unités de production pour chaque
heure du lendemain, etc.
) avant 10:00, les participants doivent transmettre au MO par voie électronique leurs offres
d'achat et de vente (nets de leurs engagements contractuels). Le MO peut commencer à
faire tourner ses algorithmes.
) avant 11:00, les participants informent le MO de l'énergie contractualisée pour chaque
heure du lendemain et les distributeurs des injections faites dans leur réseau par les
installations en "régime spécial".
) avant 11:00, le MO met l'ensemble des données des équilibres horaires à la disposition du
SO et informe chaque agent de la partie qui le concerne (prix d'équilibre et quantités à
produire ou à acheter).
) à partir de la réception des informations sur les équilibres horaires qui les concernent, les
participants disposent de 30 minutes pour déposer des réclamations auprès du MO.
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -119-
Le prix théorique de l'électricité à chaque nœud du réseau est un "prix caché" calculé, dans
lequel on suppose qu'un Migawattheure additionnel est demandé au nœud en question, et le coût
hypothétique incrémental pour le système qui résulterait de la répartition optimisée des unités
disponibles établit le coût de production hypothétique du Mighawattheure. Ce principe est connu
sous le nom de prix marginal local (locational marginal pricing) (LMP) ou prix nodal (nodal
pricing). Il est utilisés dans quelque marché dérégulé, les concepts de LMP sont utiles et stables
mais demeurent "manipulables" par les opérateurs du système électrique notamment en
désignant des centrales comme fonctionnant en dehors de l'ordre de préséance économique, ce
qui les exclut des calculs de LMP. Dans la plupart des systèmes les centrales de production
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -120-
utilisées uniquement pour fournir de l'énergie réactive afin de garantir la tenue de tension sont
appelées en dehors de cet ordre de préséance économique.
De même les opérateurs du système offrent parfois des centrales couplées au réseau pour
contribuer à la réserve "réserve tournante" qui permet de disposer de marges de production
contre des variations inattendues de l'équilibre offre-demande, alors que les coûts de ces unités
de production ne les qualifient pas pour produire.
Cela peut conduire à une baisse du prix d'équilibre dans des situations où la demande
croissante aurait pour conséquence une forte montée des prix.
Une contrainte peut se produire quand une branche particulière du réseau atteint une limite
thermique ou lorsqu’une surcharge potentielle doit se produire en raison d'un événement
contingent (défaillance) sur une autre partie du réseau. Les réseaux de transport et distribution
sont gérés pour permettre la continuité de l'offre y compris lors d'une défaillance, comme la perte
d'une ligne où que ce soit. On parle de système à contrainte de sécurité.
Les prix du système dans le marché du jour à venir sont, en principe déterminés en faisant
correspondre les offres des producteurs aux demandes des consommateurs à chaque nœud pour
développer des prix classiques d'équilibre de l'offre et de la demande, usuellement sur des
intervalles d'une heure, et est calculé séparément pour les sous-régions dans lesquelles les
modèles de flux de charge de l'opérateur du système indiquent que les contraintes provoqueront
des importations de transport [76].
Nous allons ici montrer comment se comportent les générateurs dans une situation où ils
doivent choisir leur capacité de production et leur prix de vente [74].
Il y a deux générateurs notés a et b. Le coût unitaire de production de l'entreprise i est
ci tant que la production est plus petite que la capacité disponible K i et il est infini au-delà. Le
jeu se joue en deux étapes: d'abord les deux entreprises s'engagent sur les capacités, ensuite elles
annoncent le prix minimum qu'elles exigent. Chacune n'annonce qu'un prix, le "bid" Bi . La
demande est totalement inélastique. Le prix du kWh est l'enchère la plus élevée qui permet
d'équilibrer offre et demande quand les offres de vente sont classées par ordre croissant (ordre de
préséance). Ce prix est payé pour chaque kWh appelé par le MO, quel que soit le générateur
appelé en dernier (enchère à "prix uniforme"). Il existe un prix plafond imposé par les autorités
du marché. Il n'y a aucune contrainte de "pas", ni pour le prix, ni pour les quantités.
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -121-
Prix Bb>Ba
DL DM DH DV
Bb
Ba
Capacités
Ka Ka+Bb
Prix Ba>Bb
DL DM DH DV
Ba
Bb
Capacités
Kb Ka+Bb
Comme on peut le voir sur les graphiques suivants (où on a posé K b > K a ), les conditions
de fixation du prix d'équilibre sont très différentes selon la position de la demande par rapport
aux capacités disponibles:
¾ si la demande est plus petite que la plus petite des capacités (DL ) , le prix est égal à la plus
petite enchère, on est donc dans les conditions d'une concurrence à la Bertrand;
¾ si la demande est comprise entre les deux capacités (DM ) , le prix est égal à l'enchère du
plus gros générateur;
¾ si la demande est plus grande que la plus grande capacité mais inférieure à la capacité
totale disponible (DH ) , le prix est égal à la plus haute enchère;
¾ si la demande est plus grande que la capacité totale disponible (DV ) , le prix n'est pas
défini.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -122-
On voit que seule la situation D L constitue un vrai cadre de concurrence parfaite … que les
deux générateurs ont donc intérêt à éviter, surtout celui dont le coût de génération est le plus
élevé puisque ses ventes y sont nulles.
Dans la situation DM , le gros générateur est toujours le faiseur de prix, qu'il enchérisse haut
ou qu'il enchérisse bas. Mais, s'il enchérit en dessous de son concurrent, il rafle tout le marché
alors que s'il enchérit au-dessus il est réduit à ne servir que la demande résiduelle. L'équilibre en
prix va donc consister i) pour le gros à annoncer le prix plafond et ii) pour le petit à annoncer un
"prix limite", prix qui rend le gros indifférent entre satisfaire toute la demande à ce prix et ne
servir que la demande résiduelle au prix plafond. Le petit générateur tire donc profit de la
situation: il sert toute la demande au prix plafond alors qu'il a annoncé un prix substantiellement
plus faible et ne peut donc pas être accusé d'abus de pouvoir de marché.
Si la demande est DH , la situation est plus compliquée car le choix est symétrique pour les
deux producteurs: ne servir que la demande résiduelle mais au prix plafond ou vendre toute sa
capacité à un prix limite qui dépend du coût de génération du concurrent, du prix limite et des
capacités proposées sur le marché. Il y a alors pluralité d'équilibres en prix, aucun ne pouvant
être éliminé par un argument de dominance au sens de Pareto. On peut donc supposer que les
entreprises jouent en stratégies mixtes. Les stratégies mixtes d'équilibre affectent des probabilités
qui croissent avec l'enchère, ce qui assure aux joueurs une espérance de gains élevée.
Quand la demande est DV , le prix versé aux producteurs est celui qui est prévu dans le
règlement du marché en cas d'insuffisance de capacité. Pour simplifier l'analyse, on suppose que
les générateurs sont juste compensés pour leur coût de production; donc leur profit est nul.
Compte tenu de ces règles, la situation la plus profitable pour les producteurs d'électricité
est évidemment DH , où la totalité de la capacité est nécessaire pour satisfaire la demande. Il est
donc très tentant de fabriquer cette situation, c'est-à-dire, à la première étape du jeu, de retirer des
capacités pour transformer une situation de demande faible ou moyenne en une situation de
demande élevée. Dans cette décision de retrait, les éléments à prendre en compte sont de deux
types:
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -123-
¾ retirer des capacités accroît les chances de faire monter le prix mais réduit les gains à prix
donné. Il y a donc un phénomène de passager clandestin puisque l'idéal est que ce soit le
concurrent qui consente à réduire sa capacité.
¾ retirer de la capacité accroît le risque de se retrouver dans la situation DV , donc d'avoir un
profit nul.
On peut montrer que, à l'équilibre il y a effectivement d'importants retraits de capacité de
la part des générateurs mais que la probabilité de manquer d'énergie est très faible. En particulier,
si les prévisions de demande sont assez précises, les stratégies de retrait ne mettront jamais en
péril l'approvisionnement en électricité (à condition évidemment qu'il existe suffisamment de
capacité opérationnelle).
Une partie de cette augmentation des "rentes de monopole" est probablement explicable
par une collusion tacite entre les producteurs. En effet comme le jeu horaire est répété 8760 fois
par an, sans date prévisible d'arrêt, l'application des principes de la théorie des jeux suggère que
les générateurs ont une forte incitation à surmonter la fatalité du dilemme du prisonnier. Puisque,
comme nous l'avons vu, les enchères à prix uniforme permettent d'encaisser un prix très élevé
sans avoir à le demander, il n'est probablement pas très difficile d'organiser, ou de laisser
s'instaurer, une répartition des rôles pour que les autorités ne puissent pas accuser l'un des
joueurs de pousser systématiquement les enchères à la hausse.
veille sur le "marché du lendemain" et le prix fixé le jour même sur le "marché en temps réel"
ont peu de chances d'être égaux. Il est clair que les générateurs (et les gros acheteurs) doivent
prendre en compte le marché en temps réel au moment de soumettre les offres de vente (et
d’achat) pour le lendemain. Mais la forte probabilité d’une différence entre les deux prix va aussi
attirer un autre type d’agent qui n'est pas nécessairement un membre de l’industrie électrique: le
trader. Le trader va arbitrer entre les différents prix; il va acheter sur le marché du lendemain de
l’heure h et vendre sur le marché en temps réel de la même heure h s’il prévoit que le prix sera
demain, au moment du dispatching réel, plus élevé qu’il n’est aujourd’hui, au moment du
dispatching prévisionnel. Il fera l'opération inverse s'il pense que le prix du marché réel h sera
plus bas que celui du marché du lendemain pour la même heure h [76].
Dans un marché libéralisé, on a besoin de deux outils d’optimisation principaux : (1) Unit
Commitment (UC) avec laquelle on peut déterminer quelle centrale va démarrer pour fournir
l’énergie et les services auxiliaires (horizon: un jour à une semaine) et Optimal Power Flow
(OPF) qui va déterminer quelle quantité à produire à tout moment [77] .
L'apparition de la déréglementation des marchés de l'électricité pose de nouveaux défis à la
solution du problème d’OPF. Contrairement au système réglé où l'objectif du calcul de l’OPF est
simplement de minimiser la fonction de coût quadratique du système, le calcul de l’OPF fait
maintenant partie du mécanisme de fixation des prix de base pour les échanges d'électricité dans
le marché déréglementé où les offres et les demandes sont discrètes et changent fréquemment.
Avant la dérégulation, le but de l’OPF dans un système monopolisé est de déterminer une
répartition de charge optimale du point de vue des coûts de production, tout en respectant des
contraintes techniques liées au fonctionnement du réseau. Le coût total de production à
minimiser était calculé à partir du coût de chaque unité de production (pour une tranche horaire
donnée) qui est fonction de la puissance de sortie de l’unité de production. Les fonctions de coût
individuelles de chaque générateur étaient basées sur :
• la caractéristique d’entrées-sorties donnant pour chaque unité l’équivalence thermique de
l’énergie électrique produite
• les coûts de combustible
Avec l’évènement de la dérégulation, la même technique a continué d’être appliquée, mais les
courbes de coût de chaque unité de production ont été remplacées par des courbes d’offres/prix
fournis par chaque producteur. Ces courbes d’offres intègrent les coûts fixes et les coûts
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -125-
variables, ainsi qu’une marge laissée au choix du producteur pour son profit personnel. Ces
offres spécifient le prix fixé par chaque producteur en fonction d’une certaine quantité de
puissance proposée sur le marché [78] .
Les offres des producteurs et les demandes des consommateurs sont confrontées dans le
cadre d’un marché centralisé (à l’image d’une bourse de l’électricité) appelé marché spot.
L’OPF minimise les coûts de production tout en satisfaisant la demande, comme cela se fait dans
le modèle pool classique. Toutefois, cette optimisation devra tenir compte du fonctionnement du
réseau et des contraintes imposées sur les ouvrages de transport. Ces contraintes peuvent alors
entraîner une différentiation géographique du prix de l’énergie. Le marché spot peut alors être vu
comme une bourse de l’électricité, mais dont le prix peut varier géographiquement. L’OPF traite
le marché spot et les contraintes techniques du système au sein d’un même processus
d’optimisation ; ainsi, son usage implique l’existence d’un opérateur du système mixte qui a à la
fois la responsabilité de la gestion du système et celle du marché spot (à l’exemple de l’opérateur
américain PJM).
Fonction objectif Max ( ∑ C i′ (P Di )− ∑ C i (P Gi ))
i i
(3.1)
Min∑ Ci (PGi )
i
Ci (PGi ) : Offre du producteur donnant le prix proposé en fonction d’une quantité PGi offerte sur
le marché spot.
Ci′(PDi ) : Offre du consommateur donnant le prix proposé en fonction d’une quantité PGi
H : Matrice de dimension Nb*N reliant les phases des tensions nodales du réseau aux
transits de puissance
L’équilibre production-consommation est donné par l’équation suivante :
∑P − ∑P
i
Gi
j
Ci =0 (3.5)
Les limites de puissances actives imposées aux lignes sont :
Dans le modèle explicité ci-dessus, nous avons considéré que la demande en chaque
nœud reste constante. Cependant, des modèles plus complets peuvent tenir compte de l’élasticité
de la demande. Dans ce cas, l’élasticité de la demande est modélisée sous forme de fonctions
linéaires qui sont rajoutées à la fonction objectif. D’autre part, ce modèle peut implicitement
prendre en compte la contrainte du N-1.
La méthode n’implique pas nécessairement la modification des volumes vendus par
transactions bilatérales, bien que l’on doive tenir compte de leur présence dans le modèle.
Toutefois, si l’opérateur n’est pas parvenu à trouver une solution faisable par le biais de l’OPF,
il doit faire appel alors à la procédure du TLR (Transmission Loading Relief), les transactions
dites fermes ayant la préséance sur les non fermes.
L’usage de l’OPF dans un contexte dérégulé s’accompagne d’une tarification dite
marginale ou nodale [79]. Cette méthode est notamment appliquée aux Etats-Unis, mais aussi en
Argentine, au Chili et en Nouvelle-Zélande [80]. Il s’agit de fixer en chaque nœud du réseau un
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -127-
prix auquel sera vendue où achetée l’énergie. Les paiements sont en outre centralisés par
l’opérateur du système. Ces prix nodaux sont tirés des multiplicateurs de Lagrange du problème
d’optimisation. En effet, tout problème d’optimisation revient en réalité à minimiser une fonction
objectif à laquelle on associe les contraintes à respecter. La fonction résultante se nomme le
Lagrangien. Dans le cadre du problème décrit par les relations (3.1 à 3.6), le Lagrangien s’écrit
[2]:
( )
ng
Γ = ∑ ai + bi PGi + ci PGi2 + ∑ λ pi ΔPi + ∑ λqi ΔQi +
i =1
(
+ µ pi (PGi − PGi max ) + µ pi (PGi min − PGi ) + µSij S ij − S ij max
2 2
)+ (3.8)
+ µtij (t ij − t ij max ) + µtij (t ij min − t ij ) + µαij (α ij − α ij max ) + µαij (α ij min − α ij ) +
Les prix nodaux sont définis comme le coût incrémental induit pour satisfaire une unité de
consommation supplémentaire en chaque nœud k [81]:
∂Γ
ρk = = λ −γk (3.10)
∂PCk
où ρ est le vecteur des prix nodaux
Dans la théorie des prix nodaux, un participant au marché spot doit acheter ou vendre son
énergie au prix du nœud où il est connecté [82]. Toute transaction bilatérale (ferme ou non
ferme) est soumise à un coût de congestion pour tenir compte de son influence sur les contraintes
du système. Ainsi, pour une transaction bilatérale dont le point d’injection est un nœud i et le
point de soutirage un nœud j, le coût de congestion est défini comme la différence des prix
nodaux entre les nœuds i et j, fois le volume de la transaction :
Tous les flux financiers créés par la tarification marginale sont centralisés par l’opérateur du
système.
3.8.1 Test de l’OPF dans un système électrique libéralisé sur le réseau IEEE 30 Bus
Pour illustrer l’usage de l’OPF dans un contexte dérégulé et la tarification marginale qui lui est
associée, prenons le réseau IEEE 30-Bus et supposons que l’on ait un marché spot. Dans ce
marché, chaque générateur est un producteur. Si aucune contrainte de transit ne soit imposée sur
les lignes, l’OPF va simplement sélectionner la production la moins chère pour satisfaire la
demande. En l’absence de contraintes, le prix nodal est identique en chaque nœud et égal au prix
de la dernière unité appelée qui est celui du générateur N° 8, c’est-à-dire, prix spot=3.25 $/MWh.
Ce prix est assimilé au MCP que nous avons déjà défini lorsque nous avons expliqué le principe
du Market Splitting.
Soit à présent des transits maximums imposés sur les lignes connectant le nœud 1 au
nœud 2, le nœud 1 au nœud 3 et le nœud 2 au nœud 5 selon deux cas : les trois lignes sont limités
à 80 MVA dans le ler cas, et dans le 2eme cas, on change les limites des 2eme et 3eme lignes à 40
MVA. L’OPF va déterminer une configuration de la production en tenant compte de ces
contraintes (tableau 3.1) et (figure 3.5), tout en minimisant le coût total de la production. Les
contraintes font apparaître une différence de prix entre les nœuds (figure 3.6).
Nous pouvons remarquer qu’il y a à présent différentiation géographique du prix du
marché spot. Dans le premier cas, la valeur du prix spot à chaque jeux de barres presque
constante (4$/MW) à part le premier jeu de barres lié au générateur N° 1. Par contre dans le
deuxième cas, il prend une valeur différente pour chaque jeu de barres. La valeur max se trouve
au niveau du jeu de barres N° 5 avec une valeur de 6.81 $/MW qui représente une augmentation
de 70% de prix spot du premier cas (figure3.6). L’augmentation de cette valeur est due à la
diminution des puissances des deux générateurs N°1 et N°2 à cause de la limitation des lignes 1
et 2 d’où l’amplification de la puissance fournit par le générateur N° 5.
Examinons en outre les sommes collectées du consommateur par l’opérateur du système
et reversées aux producteurs : dans le premier, l’opérateur du système collecte 1119.2 $ et il
reverse aux producteurs 1012.1$. Dans le deuxième cas, il collecte 1418.3$ et reverse 1121.8 $
aux générateurs. Donc, dans le premier cas, l’opérateur du système retient 107.0898$. Par
contre, on remarque, dans le deuxième cas, il retient 296.5355 $ (tableau 3.1). Il y a donc
apparition d’un surplus financier résultant des contraintes imposées. Ce surplus devient de plus
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -129-
en plus important avec l’accentuation des contraintes. Dans le 2eme cas, ce surplus est augmenté
de 177% par rapport à la valeur du premier cas. De façon générale, lorsqu’il y a contrainte de
transit sur un réseau, les méthodes basées sur la tarification marginale dégagent toujours un
surplus financier collecté par l’opérateur du système [83]. Ce surplus financier peut être reversé
intégralement aux propriétaires du réseau, comme cela se fait par exemple dans l’état de New
York aux Etats-Unis [84]. Cependant, ce modèle de traitement des congestions a l’avantage de
bien s’adapter à tous types de réseaux (radiaux, maillés) et de tenir compte des flux parallèles.
Tableau 3.1 Résultats d’optimisation par OPF dans un marché spot avec limites sur les lignes
selon deux cas
Cas1 Cas2
N° Bus Pg rhoP Somme Pg rhoP Somme
(MW) ($/MW) reversée($) (MW) ($/MW) reversée($)
1 135.7117 3.0178 409.5508 130.3672 2.9778 388.2074
2 61.7044 3.9097 241.2457 36.5669 3.0298 110.7904
5 24.3332 4.0417 98.3475 46.4745 6.8093 316.4588
8 35.0000 3.8705 135.4675 35.0000 4.1329 144.6515
11 17.2707 3.8635 66.7253 21.8145 4.0907 89.2366
13 15.9907 3.7995 60.7567 18.4590 3.9230 72.4147
Fonction objectif 162.2254 206.714
Nombre 12 14
d’itérations
Les pertes 6.611 5,282
Somme collectée 1119.2 1418.3
totale ($)
Somme reversée 1012.1 1121.8
totale ($)
IMO Pay ($) 107.0996 296.5284
Sij(cas 1) Sij(cas 2)
p.u
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 34 35 36 37 38 39 40 41 42
N° de ligne
$/MWh
8
6
4
2
Njb
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Figure 3.6 Prix spot dans les jeux de barres du réseau IEEE 30-Bus dans les deux cas
En Algérie, la plus grande partie de l'électricité est d'origine thermique, le reste est réparti
entre les centrales hydro-électriques ou à diesel (figure 3.7)1. Des sources d'énergie
renouvelables telles que le vent et le soleil produisent de l’énergie électrique dans les sites isolés
de l’Algérie. Elles représentent cependant des quantités négligeables. Le gaz naturel constitue la
source d'énergie fossile la plus respectueuse de l'environnement. La quantité d'impuretés
présentée dans le gaz naturel, comme par exemple l'acide sulfhydrique, est négligeable par
rapport à celle contenue dans les autres sources d'énergie fossiles.
En Juin 2009, la puissance maximale appelée sur le réseau interconnecté a atteint 6538
MW (le 16 juin 2009 à 21h45) soit une augmentation de 6,9 % par rapport à Juin 2008 (6118
MW réalisée le 06 Juin 2008), c.-à-d. une puissance additionnelle de l’ordre de 420 MW figure
3.8).
Le parc de production de Sonelgaz (au 31/12/2008) totalise une puissance installée de 6118
MW. La puissance installée est répartie entre filière turbines à vapeur (46%), filière turbines à
gaz (52%), filière hydraulique (1%) et filière diesel (1%). Les groupes de cette dernière filière
sont installés au Sud et alimentent des réseaux isolés (figure 3.7, 3.9).
Quatre entreprises autres que les services traditionnels peuvent maintenant vendre de
l’électricité aux abonnés de l’entreprise d’électricité. Ces producteurs indépendants d’électricité
(IPP) sont Kahrama, SKS, SKB et SKH. En se faisant concurrence, ils paient des frais
d’utilisation pour les installations de transport et de distribution selon des tarifs réglementés qui
assurent un accès non discriminatoire à ces installations. La production des IPP pour l’année
1 Les informations sur le réseau Algérien ont été extraient du site officiel de Sonelgaz : http://www.sonelgaz.dz
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -131-
2008 à été de 11017 GWh soit 28% de la production totale. SKS presente 52% de la puissance
produite par ces IPP tandis que Kahrama et SKB se partage le reste de la puissance. Par contre
SKH était en régime d’essai pour l’année 2008 (figure 3.10, 3.11).
46%
1%
2%
1%
52%
Figure 3.7 Répartition de la puissance produite par SPE par origine pour 2008 en %
Thermique à Gaz
14000 Hydraulique
12000 Diesel
10000
15027,7
13384
8000
6000
4000
2000
0 282,7 276
Puissance en
GWh
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -132-
Figure 3.8 : PMA pour juin 2008 et juin 2009 Figure 3.9 : répartition de la puissance produite
11017; 28%
28970,4; 72%
SPE IPP
Figure 3.10 Figure 3.10 Production des SPE et IPP pour l’année 2008 en GWH et en %.
5701; 52%
2623; 24%
2691; 24%
3; 0%
3.8.3 OPF sur le réseau algérien dans un système électrique intégré verticalement
Avant d’appliquer les méthodes d’OPF sur le réseau Algérien 59-Bus dans un système
électrique libéralisé, on va premièrement tester les trois méthodes métaheuristiques et la
meilleure méthode classique IP.
Le réseau électrique Algérien (réseau de production et de transport sous 220kV avant
1997) comprend 59 bus, 83 branches (lignes, transformateurs) et 10 générateurs (figure 3.12).
Pour appliquer l’optimisation sur le réseau électrique algérien, il faut connaître les
informations de tous les générateurs, à savoir les puissances actives et réactives min et max ainsi
que la fonction coût de chaque générateur. Le tableau 3.2 montre les limites des puissances ainsi
que les coefficients de la fonction coût des dix générateurs du réseau électrique Algérien. La
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -133-
puissance demandée est de 684.10 MW. Le reste des paramètres du réseau se trouve dans
l’annexe B.
l’ordre de 29.1367 MW, et le facteur de puissance des réseaux électriques est de 0.940879. Les
niveaux de tension sont tracés dans la figure 3.13. On remarque que les niveaux de tensions des
deux jeux de barres 36 et 48 (V36=0.832 p.u et V48=0.833 p.u) sont inférieures à leurs valeurs
minimales dues au rapport R/X de la ligne entre 33 et 48 qui est trop élevée.
Figure 3.13 Niveaux de tension du réseau Algérien 59 jeux de barres (par N-R)
Le tableau 3.3 présente une comparaison entre les résultats trouvés par la méthode
classique IP et ceux trouvés par les trois méthodes métaheuristiques ACO, PSO et GA. On
remarque que toutes les valeurs de puissance générées sont dans leurs limites admissibles. Il faut
remarquer que le générateur lié au jeu de barres 13 est hors service. On remarque que la valeur
de fonction de coût optimale trouvée par la méthode ACO-OPF et qui est de l’ordre de
1697.1096 $/h est plus meilleurs que celles trouvées par PSO avec un pourcentage de 1 % et la
méthode GA avec un pourcentage de 2%. Mais la méthode IP converge vers un coût plus
meilleur que ACO (1688.5658 $/h) avec un pourcentage de 1,00 %. Donc, on peut dire que
toutes ses méthodes donnent des résultats proches de l’optimum avec une très bonne vitesse de
convergence. Il faut noter qu’après optimisation, il y a une amélioration dans les deux niveaux de
tensions des jeux de barres 36 et 48 (V36=0.94 p.u et V48=1.019 p.u) sans l’utilisation des
batteries de condensateurs (figure3.14).
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -135-
Tableau 3.3 Comparaison des résultats d’OPF par ACO, GA, PSO & IP sur le réseau Algérien
Min(Pg) ACO GA PSO IP Max(Pg)
Pg 13 (MW) 0 0 0 0 0 0
V (p,u,) 1
angle (rd) 58591 2 34
5657 5
55 0,5 6
54 7
53 0 8
52 9
51 -0,5 10
50 -1 11
49 -1,5 12
48 13
47 -2 14
46 -2,5 15
45 -3 16
44 17
43 18
42 19
41 20
40 21
39 22
38 23
37 24
36 25
3534 2726
333231 302928
Figure 3.14 Tensions (modules et angles) du réseau Algérien après convergence de la méthode IP
et min imposées sur les lignes, les transformateurs et les jeux de barres, l’OPF va déterminer une
configuration de la production en tenant compte de ces contraintes, tout en minimisant le coût
total de la production. En absence de des dépassements sur toutes les contraintes (puissance de
transit de ligne, les niveaux de tension, …), le prix nodal est identique en chaque nœud et égal au
prix spot=2.5 $/MWh qui est le prix de coût marginal de production (tableau 3.2).
Dans un premier cas, chaque générateur est un producteur. Les contraintes de transit sur toutes
les lignes sont 200MVA et les autres contraintes sur les autres variables sont dans l’annexe B. Il
faut remarquer que cette configuration est la même que celle utilisée dans le test de l’OPF sous le
système électrique verticalement intégré. De point de vue puissances générées, elle donne les
mêmes résultats que pour l’ancien système (figure 3.15).
MW
600
Ps min Ps Ps max
500
400
300
200
100
0
1 2 3 4 27 37 41 42 53
Figure 3.15 Puissances générées optimales trouvées dans le cas d’un prix d’offre égale le coût de
production
Tableau 3.4 Prix nodaux du réseau algérien dans le cas où le prix spot=coût de production
Bus rhoP Bus rhoP Bus rhoP Bus rhoP
($/MWh) ($/MWh) ($/MWh) ($/MWh)
1 2,4898 16 3,3289 31 3,2864 46 3,4418
2 3,2925 17 3,2838 32 3,2929 47 3,0629
3 3,2311 18 3,2755 33 3,3032 48 2,7973
4 3,3773 19 3,2856 34 3,2966 49 3,0574
5 3,373 20 3,2882 35 3,386 50 3,2665
6 3,3482 21 3,2803 36 3,8283 51 3,2628
7 2,9468 22 3,2819 7 2,3062 52 3,283
8 3,4947 23 3,415 8 2,733 53 3,2565
9 3,4905 24 2,9913 39 3,2971 54 3,3462
10 2,6466 25 3,4092 40 2,6416 55 3,2933
11 2,391 26 3,4044 41 2,5819 56 3,0428
12 2,3386 27 3,3802 42 2,8442 57 2,974
13 3,2937 28 3,424 43 3,4234 58 2,8374
14 3,5512 29 3,2963 44 3,0755 59 2,9038
15 3,3568 30 3,2877 45 3,0514
Tableau 3.5 Répartition par nœud d'injection et de soutirage des plans de vente et d'achat pour
un prix égale le coût de production
P Q Pay P Q Pay P Q Pay P Q Pay
Bus Bus Bus Bus
[MW] [MVar] [$/h] [MW] [MVar] [$/h] [MW] [MVar] [$/h] [MW] [MVar] [$/h]
1 58,22 5,2917 -145 16 0 0 0 31 0 0 0 46 -22,2 -10,1 76
2 -0,89 18,2592 3 17 -6,4 -2,9 21 32 0 0 0 47 -16,3 -7,4 50
3 101,83 11,9959 -329 18 0 0 0 33 -24,7 -11,3 82 48 -19,2 -8,8 54
4 41,928 52,1687 -142 19 0 0 0 34 0 0 0 49 -14,3 -6,5 44
5 -22,2 -10,2 75 20 -52,9 -24,1 174 35 -13,9 -6,3 47 50 0 0 0
6 0 0 0 21 0 0 0 36 -13,9 -6,3 53 51 0 0 0
7 -6 -2,7 18 22 0 0 0 37 51,03 14,432 -118 52 -16 -7,3 53
8 -3,9 -1,8 14 23 -56,7 -25,8 194 38 -15,6 -7,1 43 53 103,32 24,24 -336
9 -28,4 -12,9 99 24 -21,4 -9,8 64 39 -1,5 -0,7 5 54 -7,3 -3,3 24
10 -18 -8,2 48 25 0 0 0 40 -21,6 -9,8 57 55 -8,7 -4 29
11 -25 -11,4 60 26 -19,6 -8,9 67 41 93,98 26,50 -243 56 -7,2 -3,3 22
12 0 0 0 27 2,389 24,2 -8 42 140,7 32,78 -400 57 0 0 0
13 -0 0 0 28 -7,8 -3,5 27 43 -7,3 -3,3 25 58 -22,3 -10,1 63
14 -22,5 -10,3 80 29 -5,9 -2,7 19 44 -16,8 -7,7 52 59 -0 0 0
15 -19,4 -8,8 65 30 0 0 0 45 0 0 0
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -138-
Maintenant, on va recalculer la répartition si les bides des générateurs seront 0%, 20%,
30% et 40% de plus de leurs incréments des coûts. Les résultats obtenus après optimisation pour
ces cas sont représentés dans le tableau 3.6. On remarque que le profit est maximal pour les
générateurs dans le cas où l’offre égale au coût marginal (-363.734$). Et diminue au fur et à
mesure avec l’augmentation des prix proposés par les producteurs. Le changement de signe (-)
du profit vers le signe (+) signifie d’une part que les consommateurs deviennent bénéficières du
profit si les producteurs proposent des prix gonflés. D’autre part, se changement de signe est
obligatoirement passé par le point zéro signifiant l’égalité des prix d’offre et d’achat. Le profit
zéro correspond au prix2 de 29.1% de plus du cout marginal (b). Dans tous ces cas l’opérateur
reste le bénéficière avec une valeur moyenne (IMO pay=87,53 $/h).
Tableau 3.6 Résultats d’optimisation des différents prix d’offre
Prix=b Prix1=1.2*b Prix2=1.291*b Prix3=1.3$b Prix4=1.4*b
Pg 1 (MW) 58,2235 60,1055 60,9647 61,0506 61,9952
5,5
5
4,5
$/Mwh
4
3,5
3
2,5
2
10
13
16
19
22
25
28
31
34
37
40
43
46
49
52
55
58
1
4
7
Afin de justifier les valeurs de profit pour les différents cas, on a tracé les valeurs spot
nodales du réseau Algérien pour les différents prix dans la figure 3.16. On remarque que la
valeur max du prix spot se trouve au niveau du jeu de barres N° 36 avec une valeur de 5.0812
$/MWh qui correspond à 200% du spot sans dépassement des contraintes (2.5$/MWh).
b) OPF avec deux charges flexibles
On va ajouter deux charges flexibles au niveau des jeux de barres 22 et 25. Les demandes
de puissances sont entre 0 et 20 MW avec les fonctions d’offres selon 3.2.
Tableau 3.7 Données des deux charges élastiques
Bus Pmax[pu] Pmin [pu] β [$/Mwh] γ[$/(Mwh)2]
22 0.2 0 6 -0.1
25 0.2 0 6 -0.25
Pour les charges fixes, le prix de la demande inélastique reste le même, c.à.d. 3 $/MWh.
Cas1 : Chaque générateur représente un producteur. Les offres de ces compagnies sont
équivalentes à leurs coûts de production.
Pg 13 (MW) 0 0.0 0
Nous avons constaté que plus l’écart des prix des offres des producteurs au marché spot
étaient importants, plus la différence géographique des prix nodaux s’accentuaient figure (1.17).
Il faut remarquer que les deux compagnies ont donc intérêt à éviter la proposition des prix
importants, surtout celui dont l’offre est le plus élevé, puisque ses ventes y sont minimales.On
remarque les deux charges flexibles réduisent leur demandes avec l’augmentation des prix
d’offres, puisque le prix spot augmentes figure (3.17)
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -141-
0
1 4 7 10 13 16 19 22 25 28 31 34 37 40 43 46 49 52 55 58
Figure 3.17 prix spot nodal de réseau Algérien avec deux charges flexibles
Les processus de convergence de la méthode IP pour les 3 cas vers les valeurs optimales
sont donnés dans le tableau 3.9. On remarque que la convergence est rapide dans les deux
premier cas mais elle est un peut let dans le 3eme cas. Les tensions (modules et angles) ainsi que
les puissances transitées dans les lignes du réseau Algérien sont données dans les figures (3.18,
3.19 et 3.20). Les valeurs sont acceptables.
Tableau 3.9 La variation de la fonction coût durant
le processus d’optimisation OPF dans les 3 cas
iter Cas 1 Cas2 Cas 3
1 -801.7788 -428.2414 -338.5329
2 -789.0257 -410.5330 -289.8964
3 -783.7690 -413.5497 -338.4970
4 -708.6911 -359.3619 -383.9292
5 -591.7801 -342.7430 -311.4649
6 -396.4921 -20.2949 -341.5707
7 -394.8700 194.9894 -284.1586
8 -388.4750 211.9428 -248.6948
9 -388.2012 233.6640 2.8874
10 -388.1825 234.5530 60.4307
11 234.6193 322.0558
12 501.0174
13 585.0026
14 604.1105
15 600.3503
Figure 3.18 Les Modules des tensions de réseau Algérien avec deux charges flexibles
0,2
0,1
0
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49 51 53 55 57 59
-0,1
angle
-0,2
-0,3
-0,4
-0,5
-0,6
Figure 3.19 Les phases de tensions de réseau Algérien avec deux charges flexibles
1,8
1,6
1,4
1,2
1
pu
0,8
0,6
0,4
0,2
0
1 5 9 13 17 21 25 29 33 37 41 45 49 53 57 61 65 69 73 77 81
Figure 3.20 Les puissances transmises dans le de réseau Algérien avec deux charges flexibles
dans les trois cas …
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -143-
Puisque l’activité humaine suit des cycles, la plus part des services fournis à la population
sont rythmés. En ce qui concerne l’électricité, la demande totale d’énergie sera généralement
plus élevée, durant la journée et en début de soirée quand les charges industrielles sont fortes et
l’éclairage allumé, et plus faible pendant la nuit et ce jusqu’à la matinée. En outre, la demande
d’électricité suit un cycle hebdomadaire puisque la charge est plus faible le week-end que la
semaine. Mais pourquoi est-ce un problème dans la conduite des réseaux électriques? Pourquoi
ne pas simplement démarrer et maintenir en fonctionnement autant de centrales qu’il le faut pour
couvrir la demande maximale? La réponse est purement économique : maintenir trop de
centrales en fonctionnement est bien trop coûteux pour être viable et une somme d’argent
considérable serrait épargnée si on démarrait les unités comme il le faut. Ajoutons qu’il est en
réalité impossible de maintenir une unité en permanence en marche puisque les centrales sont
mises à l’arrêt lorsqu’elles doivent être révisées. Le problème d’Unit Commitment consiste à
choisir quelles unités de production seront opérationnelles, à l’arrêt, ou en réserve chaude, de
manière à maximiser le profit du parc de production. Les unités doivent satisfaire la charge ainsi
que la réserve tournante. De plus, chaque unité possède ses propres limites de production. Il
s’agit donc d’un problème d’optimisation à grande échelle sous contraintes. Les approches les
plus utilisées pour sa résolution sont des arrangements de la liste de priorités, programmation
dynamique et relaxation de Lagrange [85]. Néanmoins les références [86], [87] et [88] présentent
plusieurs approches pour la résolution du problème d’UC basé sur des formulations des
métaheuristiques.
peut alors être mise hors service. De telles conditions secondaires sont généralement appelées
"unit commitment".
Le problème d’unit commitment traditionnelle consiste à trouver le minimum du coût total
de production. La formulation générale d’UC est montrée par l’équation (3.12). Alors on est
devant un problème d’optimisation dont ses variables sont mixtes, donc il faut utiliser l’une des
méthodes hybrides. La première (Optimisation par Essaim de Particules Discrète (OEPD)) sert à
minimiser le coût de redémarrage et la deuxième (OEP) pour optimiser la répartition des
puissances entre les générateurs.
∑P X
i =1
it it = Dt ∀t = 1,........, T (3.13)
∑X
i =1
it Pi max ≥ Dt + SRt ∀t = 1,........, T (3.14)
T
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
1 1 1 1 1 1 0 0 0 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 1 1 1 1
2 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1 1 1 1 0 0 0 1 1 1 1 1 1 1 1
N 3 0 0 0 0 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1 1 0 0 0 0
4 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Après ces quatre étapes, on obtient la meilleure particule qui traduit les meilleurs états des
générateurs (le meilleur coût de redémarrage) et on réalise toutes les contraintes.
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -146-
Ö Etape 5 : La création aléatoire de l’essaim initial concernant les puissances délivrées par
chaque générateur en utilisant la formule suivante :
(
Pit = Pi min + rand (Pi max − Pi min )X itbest ) (3.19)
X itbest : L’état du générateur i à l’instant t qui donne le meilleur coût de transition. rand :
Un nombre réel généré aléatoirement entre 0 et 1.
Ö Etape 6 : L’application d’OEP sur ce dernier essaim dont la fonction objectif (3.12).
A chaque étape, la condition de fonctionnement de chaque générateur est vérifiée pour l’assurer
dans sa plage de fonctionnement (équation (3.15)). En particulier, il faut vérifier les contraintes
de demandes et de réserve ainsi que les contraintes de temps.
Nous appliquons ici la méthode de PSO étape par étape pour résoudre le problème d’UC
sur le réseau Algérien La réserve tournante minimale est 5% de la puissance demandée, et le coût
de redémarrage est calculé à partir de la formule suivante :
⎛ ⎛ − Toff it ⎞ ⎞
STi = σ i + δ i ⎜⎜1 − exp⎜⎜ ⎟⎟ ⎟
⎟ (3.20)
⎝ ⎝ τ i ⎠⎠
Où : σ i , δ i , τ i : sont les coefficients du coût de redémarrage.
Toffit : Le nombre de périodes quand le générateur i est à l’état d’arrêt avant l’instant t.
Le coût d’arrêt est supposé égal à zéro.
860
810
760
710
660
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Tableau 3.10 Puissance délivrée par les dix générateurs du réseau Algérien après convergence du
PSO-OPF
Puissance délivrée par chaque générateur (MW) Coût de Réserve
production
(MW/h)
h ($/hr)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Etat des
générateurs
1 0010011010 0 0 430.0617 0 0 87.9347 83.1817 0 129.822 0 3065.81 153.9990
2 0010011010 0 0 419.8291 0 0 15.1709 100.0000 0 175.0000 0 2841.64 175.0000
3 1010001010 66.23 0 439.6323 0 0 0 93.5506 0 103.5821 0 2891.65 154.0000
4 0010101000 0 0 510.0000 0 99.3485 0 92.6515 0 0 0 3603.07 58.0000
5 0010101000 0 0 461.6804 0 137.3196 0 100.0000 0 0 0 3398.15 61.0000
6 1010111010 72.00 0 326.6651 0 28.8731 86.8927 89.5588 0 75.0104 0 2351.12 428.0000
7 0010111110 0 0 106.2769 0 150.0000 43.3364 69.4867 140.0000 175.0000 0 2087.32 490.9000
8 0110110100 0 70 347.8288 0 125.5119 82.9703 0 102.6890 0 0 2951.47 241.0000
9 1111110000 72.00 70 438.3270 52.4093 53.0080 94.2557 0 0 0 0 3369.88 522.0000
10 1011001010 72.00 0 319.7798 247.5675 0 0 48.1790 0 115.4737 0 2767.52 453.9990
11 1011001110 72.00 0 101.1290 281.4432 0 0 47.9597 139.4681 175.0000 0 2368.12 580.0010
12 1111010100 72.00 70 316.7039 233.6876 0 87.8248 0 38.7837 0 0 2985.46 473.0000
13 1111010000 72.00 70 312.6196 310.4291 0 58.9514 0 0 0 0 3201.22 328.0000
14 1011000010 72.00 0 225.3018 375.6982 0 0 0 0 175.0000 0 3126.67 309.0000
15 1011000110 72.00 0 331.3072 126.6928 0 0 0 140.0000 175.0000 0 2689.17 452.0000
16 1011101100 72.00 0 351.1404 143.9553 41.4238 0 100.0000 122.48 0 0 2771.59 540.9990
17 1111111100 66.37 42.1 199.6991 245.2875 70.2100 15.4919 62.9873 95.8501 0 0 2449.54 744.0000
18 1111110000 72.00 70 318.2560 274.5987 25.2128 10.9325 0 0 0 0 2904.72 531.0000
19 1111110000 72.00 69.85 239.5656 236.6970 77.9558 58.9293 0 0 0 0 2592.64 547.0000
20 1001111110 72.00 0 0 271.7034 85.3865 74.4638 49.5020 74.6918 163.2526 0 2483.88 346.0000
21 1001101110 72.00 0 0 400.0000 150.0000 0 71.3553 114.1131 61.5315 0 3429.26 168.0000
22 1001101111 72.00 0 0 308.4651 33.5092 0 71.1403 91.8245 56.8521 246.21 2900.78 606.9990
23 1001111011 72.00 0 0 208.0580 15.0000 22.2782 88.2173 0 47.3188 380.13 3037.11 614.0000
24 1001010001 72.00 0 0 400.0000 0 100.0000 0 0 0 219 3268.23 231.0000
La somme des coûts de production 69536.054$ 9208.9
MW
coût de transition(les coûts de redémarrage des générateurs) 4345.637586$
Le coût total 73881.691699$
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -148-
2000
1800
1600
1400
Pgmin,Pg, Pgmax
1200
1000
800
600
400
200
0
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
hr
Figure 3.23 Les puissances optimales générées et les limites min max du réseau algérien sur 24 h
∑P X
j =1
it it ≤ Dt' ∀t = 1,...,T (3.22)
∑R
i =1
it X it ≤ SRt' ∀t = 1,..., T (3.23)
Dans ce type la puissance de réserve est payée seulement quand elle est employée
réellement. Donc le prix de réserve est plus élevé que le prix spot. Pour cette méthode de
payement le revenu et le coût de GENCO peuvent être calculés à partir de ces formulations :
N T N T
RV = ∑∑ (Pit SPt )X it + r ∑∑ (Rit RPt )X it (3.26)
i =1 t =1 i =1 t =1
(3.27)
i =1 t =1 i =1 t =1 i =1 t =1
Où :
SPt : Le prix spot (prix d’équilibre) à l’instant t,
développé. Pour cette méthode de payement, le prix de la puissance de réserve est plus inférieur
que le prix spot. Le revenu du GENCO est calculé à partir de l’équation suivante :
N T N T
RV = ∑∑ (Pit SPt )X it + ∑∑ ((1 − r )RPt + r.SPt )Rit X it (3.28)
i =1 t =1 i =1 t =1
Les variables du problème de PBUC peuvent être classées en deux catégories. Une
première catégorie contient des variables binaires qui décrivent les statuts d'engagement
(générateur en repos ou en marche) ainsi que les historiques de fonctionnement (nombre de
périodes successives d'arrêt et fréquence des arrêt/démarrage (A/D)) qui précisent les transitions
des générateurs de l'état d'arrêt à l'état de fonctionnement et inversement, et la deuxième
catégorie comporte les variables continues de la puissance optimale (débit de chaque générateur).
Donc ce type du problème a des variables mixtes. Le modèle d’OEP pour résoudre le problème
du PBUC montré ici est conçu afin de rencontrer la nécessité ci-dessus. Le problème est
composé en trois sous problèmes, le premier sous problème qui essaye d’optimiser les états des
générateurs (le coût de transition), le deuxième sous problème qui est présent pour optimiser
l’offre de la puissance après les résultats du premier sous problème (la puissance délivrée et la
réserve de chaque générateur), et enfin le dernier sous problème qui trouve le maximum du profit
en fonction du type du marché de réserve.
( )
N T
RV1k = ∑ ∑ Pitk SPt (3.31)
i =1 t =1
( )
N T
C Fk = ∑∑ Fi Pitk (3.32)
i =1 t =1
[ ( ) ( ) ]
N T
CTk = ∑∑ STi 1 − X ik(t −1) X itk + SDi 1 − X itk X ik(t −1) (3.33)
i =1 t =1
⎪⎪ RV1
best
+ r ∑∑ Ritk .RPt if S = 1 (3.35)
RV = ⎨
k i =1 t =1
N T
⎪ RV1best + ∑∑ [(1 − r )RPt + rSPt ]Ritk if S = 2
⎪⎩ i =1 t =1
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -153-
( )
N T
TC = (1 − r )C Fbest + CTbest + r ∑∑ Fi Pitbest + Ritk (3.36)
i =1 t =1
La méthode étudiée est testée sur le réseau Algérien avec dix générateurs pour déterminer
le profit maximal de la compagnie d’électricité dans un marché d’électricité libre, pour satisfaire
la puissance électrique demandée durant 24 h et calculer la valeur optimale de la puissance
délivrée par chaque générateur. Les données techniques et économiques des générateurs, la
puissance demandée, la puissance de réserve et les prix spot et de réserve pour les deux types du
marché sont donnés dans les tableaux (3.11) et (3.12) respectivement. La probabilité, dont la
puissance de réserve est utilisée, est égale à 0.005 dans tous les cas.
Tableau 3.11 Données techniques et économiques des dix générateurs du réseau test Algérien:
Bus Pimin Pimax αi βi γi Coût de
redémarrage
Coût
d’arret
MUT MDT τi
N° (MW) (MW) 2 (h) (h)
($/h) ($/MWh) ($/MWh )
($) σi ($) δi (h)
($) ($)
1 8 72 0 1.50 0.0085 26 26 1 1 2
2 10 70 0 2.50 0.0170 17 17 2 2 2
3 30 510 0 1.50 0.0085 500 500 5 5 4
4 20 400 0 1.50 0.0085 500 500 5 5 4
13 15 150 0 2.50 0.0170 90 90 2 2 2
27 10 100 0 2.50 0.0170 55 55 2 2 2
37 10 100 0 2.00 0.0030 55 55 2 2 2
41 15 140 0 2.00 0.0030 90 90 2 2 2
42 18 175 0 2.00 0.0030 90 90 2 2 2
53 30 450 0 1.50 0.0085 500 500 5 5 4
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -154-
La méthode proposée est appliquée afin de résoudre le problème du PBUC pour le marché
de réserve de types 1 et 2. Les puissances optimales produites sont déférentes de celles trouvées
par l’UC traditionnelle puisque cette fois ci la fonction objectif optimise en même temps les
puissances générées ainsi que les réserve selon les deux cas. La répartition des puissances
optimales chaque heure pour une période de 24 h pour les deux cas du marché sont données dans
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -155-
la figure (3.24). La contribution des unités de production dans la réserve disponible dans les deux
cas du marché sont données dans les figures (3.25, 3.26). On remarque que les puissances actives
générées pour les deux types sont identiques. C’est la répartition des réserves qui diffèrent selon le
type du marché.
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Gen 1 Gen 2 Gen 3 Gen 4 Gen 5 Gen 6 Gen 7 Gen 8 Gen 9 Gen 10
Figure 3.24 Les valeurs optimales des puissances générées pour le type 1 et le type 2 de la réserve
140
Mw
120
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Gen 1 Gen 2 Gen 3 Gen 4 Gen 5 Gen 6 Gen 7 Gen 8 Gen 9 Gen 10
Figure 3.25 Les valeurs optimales des puissances réserves pour le type 1 de la réserve
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé -156-
Les résultats de comparaison entre les deux types du marché réserve de point de vue coûts des
combustibles et de transition ainsi que le revenue et le profit sont montrés dans la (figure 3.27) et
le tableau 3.13. Puisque les deux cas prennent en considération le prix de réserve différemment,
le prix de réserve du marché de type 2 est différent et il est plus inférieur que le prix pour le
type1, et les fonctions fitness pour les deux cas sont aussi différentes. Malgré que la réserve
disponible dans le cas du marché de type 2 qui est de 2336,74619 MW est inférieure que celle trouvé
dans le cas du marché de type 1 (2394,7789 MW), mais le PBUC pour le marché de type 2 donne
140
Mw
120
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Gen 1 Gen 2 Gen 3 Gen 4 Gen 5 Gen 6 Gen 7 Gen 8 Gen 9 Gen 10
Figure 3.26 Les valeurs optimales des puissances réserves pour le type 2 de la réserve
3000
profit ($) reserve 2
Profit($) reserve 1
2500
2000
1500
1000
500
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Figure 3.27 Profit des unités de production pour les deux types de réserve
Chapitre 03 : OPF et UC dans un système électrique libéralisé -157-
3.15. Conclusion
CONCLUSION GÉNÉRALE
Les travaux présentés dans cette thèse traitent deux axes de recherches. Le premier est
relatif aux problèmes d’optimisation de l’écoulement de puissance dans un réseau électrique et le
deuxième est lié aux commutations des unités de production de l’énergie électrique. Les deux
axes ont été traités dans un système électrique intégré verticalement ainsi que dans un système
électrique libéralisé.
Dans cette thèse on a exploré et testé l’optimisation de l’écoulement de puissance dans un
marché de l’électricité libéré par trois méthodes métaheuristiques à savoir : essaim de particules,
colonie de fourmis, et algorithmes génétiques ainsi qu’un ensemble de méthodes classiques.
Une des particularités importantes des métaheuristiques, réside dans l'absence
d'hypothèses particulière sur la régularité de la fonction coût. Aucune hypothèse sur la continuité
de cette fonction n'est requise, ses dérivées successives ne sont pas nécessaires, ce qui rend très
vaste le domaine d'application de ces métaheuristiques dans les systèmes électriques.
Les algorithmes métaheuristiques peuvent être appliqués à tout problème, du moment qu’il est
formulé sous la forme de l’optimisation des critères. Ils progressent vers un optimum par
échantillonnage d'une fonction objectif. Ils se prêtent aussi à toutes sortes d’extensions,
notamment en optimisation multi-objectif.
La première partie du premier chapitre a été consacrée à la définition et la formulation du
modèle mathématique convenable du réseau électrique décrivant d'une façon suffisante les
relations entre les tensions et les puissances dans le système interconnecté, puis la spécification
des limites d'énergie et des tensions qui doivent être appliquées aux différents jeux de barres. La
deuxième partie a été consacrée à la modélisation du problème d’optimisation de l’écoulement
de puissance. Cinq méthodes classiques sont détaillées à savoir la méthode de lambda, la
méthode de Newton, la méthode Quasi-Newton, la méthode de programmation linéaire
séquentielle (SLP) et la méthode de point intérieur (IP). Les résultats de simulation sur le réseau
Application des méthodes métaheuristiques à l’OPF dans un environnement de l’électricité dérégulé - 159 -
IEEE 30-Bus (30 nœuds, 6 générateurs et 41 lignes) montrent que ces méthodes converge
rapidement vers presque les mêmes valeurs optimales mais à condition que le problème est
linéaire ou quadratique. On a constaté que la meilleure méthode classique est celle de point
intérieur (IP) puisqu’elle converge rapidement vers la meilleure valeur de fonction coût avec un
nombre d’itération réduit et temps d’exécution faible.
Dans le deuxième chapitre, on a étudié, en détaille, trois méthodes métaheuristiques à
savoir ACO, GA et PSO. Les résultats de simulation sur des fonctions multi-objectifs ont
montrés que ces méthodes possèdent des caractéristiques bien souhaitables dans le problème
d’OPF. Une étude comparative entre ces trois méthodes a montré qu’elles convergent vers
presque les mêmes solutions. Mais reste la méthode PSO comme la plus adaptée puisqu’elle
nécessite que peu de paramètres à ajuster pour résoudre les différents problèmes d’OPF.
Enfin, dans le troisième chapitre de cette thèse, nous avons étudié les caractéristiques
spécifiques de la production, du transport et de la consommation dans un système électrique
libéralisé. La première partie a été consacrée à la compréhension et la simulation de l’OPF dans
un système électrique dérégulé. La deuxième a été consacrée au calcul d’Unit Commitment dans
cet environnement dérégulé. L’application de la méthode classique IP et la méthode
métaheuristique PSO ont donné des résultats encourageants puisqu’elles fournissent un profit
meilleur.
On peut conclure que la complexité des problèmes liés aux réseaux électriques surtout
dans un marché de l’électricité libéralisé fait en sorte qu’il est souvent difficile d’utiliser des
méthodes exactes de solution puisque d’une part le manque de flexibilité des méthodes
classiques pour intégrer diverses contraintes spécifiques et d’autre part la solution de ces
problèmes par ces méthodes est complexe de point de vue modélisation et calcul.
Les méthodes métaheuristiques récentes qui sont souvent inspirées des concepts mis en
œuvre par le monde des vivants et mimées les comportements collectifs des insectes sociaux
peuvent contribuer à la résolution efficace des problèmes OPF et UC et elles constituent alors
une stratégie de résolution de plus en plus privilégiée.
Les méthodes métaheuristiques sont bien adaptées à la détermination des valeurs optimales
des puissances générées par les centrales interconnectées pour avoir le minimum coût possible
ainsi que le meilleur profit.
Les effets externes sont tellement importants dans les réseaux électriques que l'ouverture à
la concurrence est une responsabilité collective des participants en matière de qualité et de
sécurité. Mais il est clair, au vu du développement des différentes étapes, que les marchés
- 160 -
ANNEXE
Annexe A
Le réseau de transport qui va servir de base a notre étude est issu d'un réseau réel simplifie
qui est le réseau test IEEE 30Bus représente une portion du système de puissance électrique
américain (in the Midwestern US) pour Décembre 1961. (Figure A.1). La tension est de 135 kV.
Tableau A.1 Coefficients des courbes des fonctions de coût des générateurs du réseau 30 jeux de barres
BBnnexe B
Tableau B.2 Données des jeux de barres du réseau 59 jeux de barres de Sonelgaz
Type Teta Pd Qd Pg Qg Qmin Qmax Mvar
Bus V
(MW) (Mvar) (MW) (MVar) (Mvar) (Mvar)
1 1 1.06 0 0 0 0 0 -10 15 0
2 2 1.04 0 24.2 11 70 0 -35 45 0
3 2 1.05 0 0 0 70 0 -35 55 0
4 2 1.0283 0 68.5 31.2 115 0 -60 90 0
5 0 1 0 22.2 10.2 0 0 0 0 0
6 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
7 0 1 0 6 2.7 0 0 0 0 0
8 0 1 0 3.9 1.8 0 0 0 0 0
9 0 1 0 28.4 12.9 0 0 0 0 0
10 0 1 0 18 8.2 0 0 0 0 0
11 0 1 0 25 11.4 0 0 0 0 0
12 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
13 0 1 0 0 0 0 0 -35 48 0
14 0 1 0 22.5 10.3 0 0 0 0 0
15 0 1 0 19.4 8.8 0 0 0 0 0
16 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
17 0 1 0 6.4 2.9 0 0 0 0 0
18 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
19 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
20 0 1 0 52.9 24.1 0 0 0 0 0
21 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
22 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
23 0 1 0 56.7 25.8 0 0 0 0 0
24 0 1 0 21.4 9.8 0 0 0 0 0
25 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
26 0 1 0 19.6 8.9 0 0 0 0 0
27 2 1.0266 0 23.5 10.8 40 0 -20 35 0
28 0 1 0 7.8 3.5 0 0 0 0 0
29 0 1 0 5.9 2.7 0 0 0 0 0
30 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
31 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
32 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
33 0 1 0 24.7 11.3 0 0 0 0 0
34 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
35 0 1 0 13.9 6.3 0 0 0 0 0
36 0 1 0 13.9 6.3 0 0 0 0 0
37 2 1.0273 0 0 0 30 0 -20 35 0
38 0 1 0 15.6 7.1 0 0 0 0 0
39 0 1 0 1.5 0.7 0 0 0 0 0
40 0 1 0 21.6 9.8 0 0 0 0 0
41 2 1.0966 0 3 1.3 110 0 -35 45 0
42 2 1.034 0 0 0 70 0 -35 55 0
43 0 1 0 7.3 3.3 0 0 0 0 0
44 0 1 0 16.8 7.7 0 0 0 0 0
45 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
46 0 1 0 22.2 10.1 0 0 0 0 0
47 0 1 0 16.3 7.4 0 0 0 0 0
48 0 1 0 19.2 8.8 0 0 0 0 0
49 0 1 0 14.3 6.5 0 0 0 0 0
50 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
51 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
52 0 1 0 16 7.3 0 0 0 0 0
53 0 1 0 0 0 200 0 -100 160 0
54 0 1 0 7.3 3.3 0 0 0 0 0
55 0 1 0 8.7 4 0 0 0 0 0
56 0 1 0 7.2 3.3 0 0 0 0 0
57 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
58 0 1 0 22.3 10.1 0 0 0 0 0
59 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
165
Tableau B.3 Données des lignes de transport (en p u.) du réseau 59 jeux de barres de Sonelgaz
From To R X B/2 From To R X B/2
1 38 0.152 0.483 0.0023 19 22 0.008 0.0285 0.0205
1 40 0.11 0.352 0.0017 19 32 0.016 0.057 0.041
2 20 0.019 0.12 0.0007 20 28 0.281 0.506 0.0023
2 55 0.004 0.023 0.0001 20 55 0.016 0.101 0.0006
3 20 0.018 0.119 0.0007 21 20 0.011 0.439 0
4 27 0.002 0.006 0.002 21 54 0.13 0.349 0.008
4 27 0.003 0.007 0.002 22 20 0.006 0.162 0
5 9 0.087 0.221 0.001 22 21 0.014 0.34 0
5 9 0.088 0.221 0.001 23 26 0.015 0.02 0.004
5 23 0.038 0.138 0.0006 23 27 0.026 0.034 0.007
5 23 0.038 0.14 0.0006 23 46 0.056 0.171 0.0008
5 27 0.045 0.167 0.0007 24 57 0.01378 0.04886 0.035
5 27 0.045 0.168 0.0008 25 29 0.217 0.369 0.0015
5 46 0.071 0.231 0.0011 26 27 0.013 0.017 0.004
6 5 0.002 0.054 0 28 43 0.27 0.477 0.0021
6 13 0.054 0.19 0.137 29 39 0.312 0.789 0.0037
6 13 0.057 0.201 0.144 30 29 0.006 0.216 0
6 30 0.018 0.085 0.064 30 45 0.032 0.15 0.113
6 30 0.025 0.086 0.062 31 34 0.0048 0.0168 0.012
7 40 0.527 0.887 0.0036 31 50 0.0095 0.0335 0.024
7 56 0.364 0.627 0.0026 32 34 0.008 0.0285 0.0205
8 14 0.214 0.491 0.0025 33 35 0.092 0.155 0.0006
8 25 0.157 0.395 0.0019 33 48 0.838 0.413 0.0057
9 14 0.21 0.366 0.0014 34 33 0.006 0.215 0
9 14 0.129 0.324 0.0015 36 43 0.334 0.578 0.0024
10 40 0.014 0.018 0.0014 38 44 0.327 0.561 0.0023
10 40 0.011 0.015 0.003 40 41 0.014 0.019 0.004
11 48 0.222 0.605 0.0026 40 58 0.106 0.301 0.0012
12 11 0.02 0.054 0 40 58 0.107 0.307 0.0012
12 37 0.013 0.045 0.007 42 59 0.00791 0.02806 0.02
13 3 0.014 0.326 0 43 52 0.094 0.16 0.0007
13 34 0.04 0.142 0.101 45 44 0.014 0.327 0
13 34 0.04 0.141 0.101 45 59 0.019 0.089 0.068
14 29 0.357 0.622 0.0023 47 49 0.339 0.857 0.0039
15 54 0.115 0.277 0.006 47 58 0.219 0.547 0.0026
16 15 0.014 0.285 0 49 56 0.016 0.028 0.0001
16 34 0.03 0.104 0.079 50 53 0.0048 0.0168 0.012
17 39 0.12 0.308 0.0014 51 53 0.0055 0.02 0.0143
17 44 0.37 0.949 0.0043 53 52 0.006 0.163 0
18 22 0.0055 0.02 0.0143 57 56 0.01 0.351 0
18 51 0.011 0.04 0.0285 57 59 0.0288 0.102 0.073
59 58 0.006 0.215 0
166
QL PG QL
|V| Angle PG QG PL |V| Angle QG PL
Bus
Bus
(Mvar (MW (Mvar
(P.U) (deg.) (MW) (Mvar) (MW) (P.U) (deg.) (Mvar) (MW)
) ) )
1 1.06 0 8.2 8.3 0 0 31 0.994 8.363 0 0 0 0
2 1.04 10.322 70 41.9 24.2 11 32 0.996 7.759 0 0 0 0
3 1.05 10.859 70 38.9 0 0 33 0.96 -0.509 0 0 24.7 11.3
4 1.028 -6.84 115 67.5 68.5 31.2 34 0.992 7.189 0 0 0 0
5 1.001 -6.175 0 0 22.2 10.2 35 0.935 -1.515 0 0 13.9 6.3
6 0.997 -3.031 0 0 0 0 36 0.832 2.512 0 0 13.9 6.3
7 0.981 -3.185 0 0 6 2.7 37 1.027 -12.692 30 35 0 0
8 0.938 -8.675 0 0 3.9 1.8 38 0.992 -4.43 0 0 15.6 7.1
9 0.957 -8.317 0 0 28.4 12.9 39 0.952 -7.617 0 0 1.5 0.7
10 1.073 1.955 0 0 18 8.2 40 1.075 2.004 0 0 21.6 9.8
11 0.983 -13.70 0 0 25 11.4 41 1.097 2.682 110 46.3 3 1.3
12 1.008 -13.18 0 0 0 0 42 1.034 0.352 70 15.1 0 0
13 1 3.763 0 -23.5 0 0 43 0.934 6.91 0 0 7.3 3.3
14 0.932 -9.247 0 0 22.5 10.3 44 0.979 -5.515 0 0 16.8 7.7
15 0.958 4.282 0 0 19.4 8.8 45 1.012 -2.177 0 0 0 0
16 0.984 6.471 0 0 0 0 46 0.989 -7.756 0 0 22.2 10.1
17 0.946 -7.88 0 0 6.4 2.9 47 0.947 -5.259 0 0 16.3 7.4
18 1.002 10.091 0 0 0 0 48 0.833 -11.967 0 0 19.2 8.8
19 1.001 8.918 0 0 0 0 49 0.953 -5.722 0 0 14.3 6.5
20 1.02 9.194 0 0 52.9 24.1 50 0.998 10.703 0 0 0 0
21 1.002 7.859 0 0 0 0 51 1.001 11.274 0 0 0 0
22 1.003 9.508 0 0 0 0 52 0.968 8.426 0 0 16 7.3
23 1.009 -7.056 0 0 56.7 25.8 53 1 11.874 200 -18.6 0 0
24 0.991 -3.024 0 0 21.4 9.8 54 0.969 5.309 0 0 7.3 3.3
25 0.956 -7.4 0 0 0 0 55 1.035 10.038 0 0 8.7 4
26 1.016 -7.034 0 0 19.6 8.9 56 0.957 -5.551 0 0 7.2 3.3
27 1.027 -6.897 40 45.8 23.5 10.8 57 0.998 -2.483 0 0 0 0
28 0.956 7.164 0 0 7.8 3.5 58 1.026 -0.637 0 0 22.3 10.1
29 0.977 -6.328 0 0 5.9 2.7 59 1.024 -0.641 0 0 0 0
30 0.999 -3.312 0 0 0 0
BIBLIOGRAPHIE