Chapitre 11
Chapitre 11
INTRODUCTION
Représentation d’état des systèmes linéaires continus
1.1 Introduction
La notion d’état : On définit l’état d’un système à l’instant t o comme l’information sur le
passé nécessaire et suffisante pour déterminer l’évolution ultérieure du système quand on connait, pour
t > to, les signaux d’entrée et les équations du système.
i(t) R1 L
+ R2 y(t)
e
v(t) C
Fig. 1.1
Dans le cas de l’exemple 1, l’information nécessaire et suffisante pour résoudre le systéme
d’´equations 1 est liée aux conditions initiales : i(t o) et v(to). Par conséquent, un ensemble possible de
variables d’´etat est : [i(t), v(t)]
On remarque que les variables d’´etat constituent les supports des ”souvenirs” du système.
Plus généralement, les variables d’´etat dans les systèmes physiques sont les éléments aptes à
emmagasiner de l’´energie sous forme cinétique ou potentielle: inductances, capacités, masses,
ressorts... Ce sont les éléments ayant une capacité de ”mémoire”.
di
e ( t )= ( R 1+ R 2 ) .i ( t ) + L . +v (t)
dt
dv
i (t )=c .
dt
y ( t ) =R2 .i ( t ) + v (t)
[]
x1
x2
x= …
…
xn
Les équations d’état : Le système précédent peut s’écrire sous la forme matricielle suivante :
T
Avec [ i(t) v (t) ]
D’une manière générale, à tout système linéaire, causal et continu peuvent être associées les
équations matricielles suivantes :
dx
=A ( t ) . x ( t )+ B (t).u(t) Equation d’état
dt
Dans le cas d’un système stationnaire, les matrices A, B, C et D sont indépendantes du temps.
x ( k +1 )= A . x ( k ) +B . u ( k ) équation d’état
x0
entrée u
B
ẋ ∫❑ x
C
y
Fig. 1.2
Lorsque l’on envisage la commande d’un système, la première étape consiste à le modéliser.
Modéliser un système consiste à élaborer une représentation mathématique qui permette de décrire et
prédire son comportement dynamique lorsqu’il est soumis à des influences externes ( entrées de
commande, perturbations…).
1.2 Différents formes de modélisation :
Tout système linéaire peut être représenté de plusieurs manières comme le montre le schéma
suivant :
Exemple de modélisation :
i I
v L G M f θ
Fig. 1.3
Cette opération consiste à écrire l’ensemble des équations qui régissent le système :
{ {
di(t)
v ( t )=l . + R . i(t) dθ (t)
dt Ω ( t )=
d Ω(t) dt
C ( t )=J . + f . Ω(t) dI (t)
dt L. =−R . I ( t )+ K G v (t)
dt
dθ (t )
Ω (t)= d Ω(t)
dt j. =f . Ω ( t ) + K c I (t)
dt
I ( t )=K G .i ( t )
C(t) =Kc.I(t)
dθ
On pose comme variables d’état : x1 =θ(t), x2= I(t), x3=
dt
x3 : la vitesse de rotation
dx
=A ( t ) . x ( t )+ B (t).u(t)
dt
[ ][]
0
0 1
0
−R
0 0 KG
A= L B= C=[ 1 0 0 ] D=0
KC L
−f
0 0
J J
{
di(t)
K G v (t )=L . +r . i(t)
{
dt K G V ( p ) =( Lp+ R ) I ( p)
Y ( p) KC . KG
y ( t )=θ (t) → Y ( p )=θ( p) → =
2 V ( p ) p ( Lp+ R ) (Jp+ f )
d θ (t) dθ (t) K C ( p )= p ( Jp+ f ) θ (p)
K c ( t )= j. 2
+f .
dt dt
y ( p) Kc . KG α β γ
= = + +
v ( p) p ( Lp+ R ) ( Jp+ f ) p Lp+ R Jp +f
v ( p) v ( p) v ( p)
→ y ( p ) =α . +β . +γ .
p Lp+ R Jp +f
Kc . KG K c . K G . L2 −K c . K G . J 2
Avec α = , β= γ=
Rf J (RJ −f . L) R(RJ −fL)
On a par conséquent :
v ( p)
X 1 ( p )= → X 1 ( t ) =v ( t )
p
v ( p) −R 1
X 2 ( p )= → X 2 ( t )= X 2 + v (t)
Lp+ R L L
v ( p) −1 1
X 3 ( t )= → X 3 ( t )= X 3 + v (t)
Jp+ f J J
X́ ( t )= AX ( t ) +Bv (t )
y ( t ) =CX ( t ) + Dv(t )
[ ] []
0
0 0 1
−R 1
0 0
A= L B= L C=[ α β γ] D=0
−f 1
0 0
J J
L’équation différentielle peut s’obtenir à partir des équations établis du système par
élimination des variables intermédiaires i, I, C ou directement à partir de la fonction de
transfert :
KC . K G
y ( p) KC . KG LJ
= =
v ( p) p ( Lp+ R ) ( Jp+ f ) R f
p3 + + p 2 +
L J (
Rf
LJ
p )
→ p+
( ( )
3 R f 2 Rf
+ p+
L J LJ
p y ( p )=
KC . KG
LJ )
v (t )
( )
3 2
d y (t) R f d y ( t ) Rf dy ( t ) K C . K G
+ + + = v (t )
d t3 L J d t2 LJ d t ❑ LJ
2
dy ( t ) d y (t )
z1=y(t), z2= ❑ , z3 =
dt dt2
d 3 y (t) ˙ R f
( )
Rf K C. KG
z 1=¿ ˙z 2 , z˙2 ¿ = z 3 z 3=¿ =− + z3 ¿- z 2 + v (t)
dt 3
L J LJ LJ
' '
D ou une autre représentation d état :
[ ][ ]
1 0 0 0
0 0 1 0
A= , B= , C=[ 1 0 0 ] , D=0
( )
−Rf R f KC . KG
0 − +
LJ L J LJ
X́ ( t )= AX ( t ) +Bu (t)
y ( t ) =CX ( t ) + Du(t)
x(t0) = x0
−1
px ( p ) =Ax ( p )+ Bu ( p ) → ( pI − A ) x ( p ) =Bu ( p ) → x ( p )=( pI − A ) Bu ( p )
−1
→ y ( p ) =C ( pI −A ) Bu ( p ) + Du( p)
L’on peut obtenir une représentation d’état linéaire en manipulant le jeu d’équations
préliminaires ou en opérant à partir de l’équation différentielle unique
L’on suppose que les équations déjà manipulées sont linéaires. Prenons l’exemple du circuit
électrique dont les équations sont :
i(t) R L
u(t) C y(t)
Fig. 1.4
di ( t )
u ( t )=R .i ( t )+ L + y (t )
dt
τ
1 dy (t) 1
y (t)= ∫
C 0
i ( τ ) dτ →
dt
= i(t)
C
Les deux grandeurs dont la dérivée intervient sont i et y.(A partir de maintenant la
dépendance en le temps est omise pour alléger les notations). Soient donc les deux
variables d’état x1=i et x2 =y, les deux équations précédentes peuvent s’écrire :
R ˙˙ 1 1
x 1=¿− x1 − x 2 + u ¿
L L L
1
x˙2= x
C 1
[]
1
L L
A= , B= L , C=[ 0 1 ], D= 0
1
0 0
C
L’on suppose d’abord que m=0, l’on suppose également que a n = 1 et l’on pose les
variables d’état suivantes :
n−1
d y
x 1= y , x 2= ẏ , x 3= ÿ , … , xn = n−1
dt
Si l’on revient à l’exemple précédent du circuit RLC, en regroupant les deux équations ;
l’on obtient par élimination de i(t) :
2
d y (t ) dy
u ( t )=LC 2
+ RC + y ( t )
dt dt
[ ] [ ]
0 1 0
A= −1 −R , B= 1 , C=[ 1 0 ] , D=0
LC L LC
Ф ( t 0 , t 0 )=I
A (t−t 0 ) 2
e =I + A ( t−t 0 ) + A ¿ ¿ + A3 ¿ ¿+…
A (t−t 0) 3 2
de A (t−t 0)
=A+ A2 ( t−t 0 ) + +…
dt 2∗1
A (t−t 0)
de
= A ¿+ A3 ¿ ¿+…)= Ae A (t−t ) 0
dt
Ce qui montre que e A (t−t ) est solution de l’équation (*). La réponse du système autonome à
0
A (t−t 0)
x (t )=e x0
1.5.2 Solution de l’équation d’état complète
L’on cherche maintenant une solution en x puis en y à l’équation d’état. L’on suppose que
cette solution est de la forme :
il vient alors :
ẋ (t )=Ф̇ ( t , t 0 ) z ( t ) +Ф ( t , t 0 ) ż (t)
¿ A . Ф ( t , t 0 ) z ( t )+Ф ( t , t 0 ) ż ( t )= A . x ( t ) + B .u (t)
'
Par identification des deuux membres de la derniere égalité ,l on a :
−1
ż (t )=Ф ( t , t 0) . B .u(t)
qui devient :
❑
ż (t )=Ф ( t 0 , t ) . B . u(t )
t
z (t )=x 0 +∫ Ф ( t 0 , τ ) Bu ( τ ) dτ
❑
t0
t
→ x ( t )=Ф ( t ,t 0 )x0 +Ф ( t ,t 0 )∫ Ф❑ ( t 0 , τ ) Bu ( τ ) dτ
t0
t
→ x ( t )=Ф ( t ,t 0 )x0 +∫ Ф❑ ( t , τ ) Bu ( τ ) dτ
t0
Il vient :
x0 +¿ +∫ e
A (t−t 0) A (t−τ )
x (t )=e Bu ( τ ) dτ
t0
x 0 +¿+C∫ e
A (t −t 0 ) A (t−τ )
y ( t ) =C e Bu ( τ ) dτ + Du(t)
t0
Lorsque la réponse tend asymptotiquement vers une valeur constante y(t) ou vers un
comportement périodique de ce signal, l’on peut distinguer :
- Le régime transitoire : qui est le temps durant lequel y(t) subit une évolution avant de se
rapprocher d’une valeur constante ou d’un comportement périodique. La durée du régime
transitoire correspond à un temps appelé temps de réponse et noté tr
- Le régime permanent qui succède au régime transitoire, qui commence donc à t r, et qui
correspond à l’intervalle de temps durant lequel y(t) est considéré comme restant toujours
proche de sa valeur finale.
L’on suppose sans perte de généralité que a n = 1 de sorte que la fonction de transfert G(p)
peut s’écrire :
N ( p) N ( p) N ( p)
G ( p )= = n n−1
= n
D( p) p + an−1 p +…+ a1 p+ a0
∏ (p−α i)
t=1
L’expression ci-dessus fait apparaitre les pôles du système, c(est à dire les racines du
dénominateur D(p)
Pôles distincts
Dans le cas ou tous les pôles α i , i = 1, …n sont distincts, il est facile de réaliser la
décomposition en éléments simples de Y(p) = G(p) et il vient :
n
Y ( p )=∑ ¿ ¿ Xi(p)
i=1
Si l’on focalise son intention sur chaque terme Xii(p), l’on déduit que :
p X i ( p )=β i U ( p ) + α i X i ( p)
ẋ i=β i +α i . x i
[ ] []
α1 0 ⋯ 0 β1
⋮ α2 ⋱ ⋮ β2
ẋ= .x+ .u
. … … … ⋮
0 … ⋯ αn βn
y= [1 1 … 1].xi
Exemple :
La fonction de transfert :
1 1 1 1
G ( p )= = + +
p ( p+1 )( p−1) p 2( p+ 1) 2( p−1)
Peut conduire à la réalisation :
{ [ ] [ ]}
0 0 0 1
ẋ= 0 −1 0 . x + 1/2
0 0 1 1 /4
y=[ −1 1 2] . x
Pôles multiples
n
U ( p)
Y ( p )=G ( p ) .U ( p ) =∑ β i Xn+1-i(p)
i=1 ( p−α )2
L’on voit bien sur cette expression que le premier terme est tel que:
→
U ( p) −1
X n ( p )= l ẋ n=α . x n +u
p−α
→
U (p) X ( p) j −1
X j−1 ( p ) = = l ẋ j −1=α . x j=1+ x j , ∀ j ∈ { 2 , … , n }
p−α p−α
Il existe plusieurs réalisations de forme compagne qui peuvent etre facilement obtenues à
partir de la fonction de transfert. Ce paragraphe est restreint aux formes compagnes les plus
classiques. Pour ce faire, G(p) est supposé de la forme :
Y ( p) N ( p) bm . p m +b m−1 . p m−1+ … b1 . p+ b0
G ( p )= = =
U ( p) D( p) an pn +a n−1 pn−1 +…+ a1 p+ a0
Les deux formes dites ‘compagnes’ les plus communément rencontrées sont :
ẋ=
[ 00 1 ⋯ … 0
0 … ¿ ¿
… ¿ ⋱ ¿ … ¿ ⋮ ¿ 0 ¿ 0 ¿ ⋯ ¿ ¿ 1 ¿−a 0 ¿−a1 ¿ … ¿ … . ¿−an−1 ¿ .x+ [
]
[]
0
0
⋮ .u
0
1
y = [b0 b1 … bm 0 … 0]
ẋ=
[−an−2
−an−1 1 ⋯ … 0
0 … ¿ ¿
… ¿ ⋱ ¿ … ¿ ⋮ ¿−a 1 ¿ 0 ¿ ⋯ ¿ ¿ 1 ¿−a 0 ¿−a 1 ¿ … ¿ … . ¿ 0 ¿ .
]
[]
0
0
⋮
x+ [ .u
bm
…
b0
y = [1 0 … 0 0 … 0]x
S’il existe plusieurs manières d’obtenir une réalisation à partir de la fonction de transfert, cette
dernière étant unique, il n’existe qu’une façon de l’obtenir à partir d’une équation d’état. Pour
cela, il faut noter que £ est un opérateur linéaire qui peut donc s’appliquer aux matrices.
Partant de l’équation suivante :
X́ ( t )= AX ( t ) +Bv (t )
y ( t ) =CX ( t ) + Dv(t )
Il vient :
−1
px ( p ) =Ax ( p )+ Bu ( p ) → ( pI − A ) x ( p ) =Bu ( p ) → x ( p )=( pI − A ) Bu ( p )
Y ( p )=CX ( p )+ DV ( p)
Les conditions initiales étant considérées nulles puisqu’il s’agit de déterminer G(p). De toute
évidence, ceci amène :
−1
G ( p )=C ( pI −A ) B+D
La stabilité de l’état est conditionnée par celle de la matrice de transition e At. En effet la
solution de l’équation homogène, x(t) = eAt.x0 tend vers 0 quelle que soit la condition initiale si
eAt tend vers 0 quand t tend vers l’infini. En examinant le lien entre les matrices (A, B, C, D) et
la fonction de transfert du système, on remarque que les pôles de cette dernière ne sont autres
que les valeurs propres de A. On retient donc que e At converge si set seulement si si les valeurs
propres de la matrice A sont à partie réelle strictement négative.
La matrice d’état permet de renseigner non seulement sur la stabilité d’un système, mais aussi
sur sa dynamique et donc sur le régime transitoire.
Pour une entrée constante u01 c'est-à-dire de type échelon, il s’établit un comportement
statique ou toutes les variables d’état et de sorte atteignent des valeurs finales constantes.
L’état du système converge vers l’état final qui peut être déterminé à partir du gain
statique. Celui-ci s’obtient en mettant p = 0 dans la fonction de transfert, ce qui se traduit
par la relation suivante :
Application :
x (t )=
[−60 −51 ] x ( t ) +[ 01] u (t)
y ( t ) =[ 1 0 ] x (t)
y ( p)
=C ( pI − A)−1 B+ D=C (pI − A)−1 B
u ( p)
[ ] [ ]
−1
−1 p −1 1 p+5 1
( pI − A) = =
p +5 p+6 −6
2
6 p+5 p
[ ][ ]
p+5 1
y ( p) ( p+ 2 )( p+3 ) ( p+2 ) ( p+3 ) 0 1
=H ( p )= [ 1 0 ] =
u ( p) −6 p 1 ( p+ 2 ) (p +3)
( p+ 2 )( p+3 ) ( p+2 ) ( p+3 )
1-10-1 Commandabilité :
X́ ( t )= AX ( t ) +Bu (t)
y ( t ) =CX ( t )
Cette question se pose en ces termes : ‘est il possible de générer une commande qui
permette de faire passer le système d’un état quelconque x(t 0) à un autre état
quelconque x(T)’. Sans perte de généralités, on pourra supposer l’état initial nul, i.e.
x(t0)=0.
Définition : Un système est dit à état entièrement commandable si, par action sur
l’entrée, il est possible d’atteindre en un temps fini n’importe quel point de l’espace
d’état.
L‘hypothèse de l’état initial nul est tel que la solution x(t) s’’exprime par :
t
x (t )=∫ e
A ( t− τ )
Bu(τ )dτ
0
Supposons que l’on arrive à établir qu’il existe un vecteur v constant tel que :
T
v x ( t )=0 ∀ t ≥ 0
Espace d’état x2
X1
( ) ()
0 0⋯ −1 1
−1
A=TA T = 1 ⋮ ⋱−2 −2⋮ , B= 0 ,C=1−10 ¿
0 ⋯0 −1 0
1-10-2 Observabilité :
Lorsque l’état x(t) du processus n’est pas accessible, les techniques de commande ne sont plus
directement applicables, et il faut faire appel à un état reconstruit ^x (t ) . Cette opération n’est
pas possible que si le processus possède la propriété d’observabilité définie ci-dessous.
Définition : Un système est dit à état entièrement observable si, par observation des entrées et
sorties du système sur un intervalle de temps fini, on peut déterminer l’état initial du
processus.
( )
C⋮
Q A ,C = CA
…
n −1
CA
La commandabilité est une notion importante puisqu’elle établit le fait que l’on puisse
commander le système afin de modifier son comportement (stabilisation d’un système
instable, modification des dynamiques propres). Cette notion joue donc un rôle très important
dans la théorie de la synthèse de systèmes de commande dans l’espace d’état.
Le système S ou la paire (A, B) est commandable si set seulement si pout tout ensemble
symétrique ᴧ de n valeurs propres, il existe une matrice K(m, n) telle que : σ(A – BK) = ᴧ .
En d’autres termes, si la paire (A, B) est commandable, il existe une matrice K telle que :
det ¿ ¿
¿ ¿ ¿
ᴧ= ( λ 1 λ2 λ n)
Sboucle ouverte=
{
x ( t ) =Ax (t ) + Bu(t)
y ( t )=Cx (t) }
K
Etat x
Sboucle fermée =
{ x ( t )=( A−BK ) x (t ) + Be(t)
y ( t )=Cx(t) }
La matrice d’état du système en boucle fermée est A-BK, la matrice de commande B et lamatrice de
sortie C sont inchangées.
D’après le théorème de placement de pôles, si la paire (A,B) est commandable, il existe un gain de
retour K tel que σ(A-BK) soit imposé arbitrairement.
Commentaires :
Lorsque l’approche par fonction de transfert est utilisée, le bouclage se fait par
retour de la sortie y, alors lorsque l’approche des équations d’état est utilisée, le
bouclage se fait par retour d’état. D’où l’appellation commande par retour d’état.
L’entrée du système en boucle fermée est e(t). Elle représente l’entrée de
consigne.
La mise au point pratique de la commande par retour d’état suppose que toutes les
variables sont physiquement accessibles.
Applications :
Si le système en boucle ouverte est instable, on peut le stabiliser par cette technique et lui
assignat un ensemble de valeurs propres.
Si la dynamique en boucle ouverte est jugée lente, on peut l’améliorer en choisissant
convenablement un ensemble de valeurs propres.
Sboucle ouverte=
{
x ( t ) =Ax (t ) + Bu(t)
y ( t )=Cx (t) }
'
A ce propos , il est indispensable de choisur des variables d étatphysiquement accessibles .
2- On teste la commandabilité du système
3- On fixe une dynamique appropriée pour le système en boucle fermée fixée par l’ensemble A.
4- On calcule le gain du retour d’état K
5- On fixe l’entrée e – consignes
6- On réalise la loi de commande
Il reste à présent de donner les procédures pour le calcul du gain K. Dans toutes les méthodes
proposées, les données sont les suivantes :
(A, B) une paire commandable
¿ ¿ ¿
L’ensemble des valeurs propres désirées en boucle fermée : ᴧ= ( λ 1 λ2 λ n)
a) Méthode directe
Cette première méthode consiste à calculer le gain K tel que :
det ¿ ¿
¿ ¿ ¿
ᴧ= ( λ 1 λ2 λ n)
Pour ce faire :
Poser K = [ k1 k2 …..kn]
Calculer en fonction de Ki la matrice A – BK
Calculer la matrice λI – (A – BK) et en déduire son déterminant pour obtenir le polynôme
caractéristique désiré en fonction de K.
¿ ¿ ¿
Développer le polynôme caractéristique désiré ( λ−λ 1 )( λ− λ2 ) …( λ−λ 3)
En identifiant terme à terme les deux polynomes caractéristiques, on obtient un système de n
équations dont les inconnues sont les éléments Ki=, i = 1, n
Exemple :
On donne :
{ 5 [
A= −2 −4 B= −1 C=[ 1 1 ]
2 1
ᴧ= [−1 −2 ]
n=2 m= p=1
] [ ]
Systéme instable
On pose K =[k 1 k 2]
On calcule la matrice A – BK
A−BK =
[ −2 −4 −1
2 5
−
1 [ ] ][
−2+k −4 +k
[ k 1 k 2 ] = 2−k 1 5−k 2
1 2
]
On calcule la matrice λI – (A –BK) et son déterminant
λ I −( A−BK )=
[ λ+−2+2−Kk 11 4−k 2
λ−5−k 2 ]
det λ I −( A−BK )= λ2+ (-3- k1 + k2) λ−2+k 1
On développe le polynôme caractéristique désiré:
(λ - λ1*)(λ – λ2*)=(λ + 1)(λ + 2) = λ2 + 3λ + 2
On résout le système algébrique suivant :
{
−3−k 1+ k 2=3
−2+k 1=2
D’où le résultat :
{ k 1=4
k 2=10
*
Dans cette partie, l’on suppose que les composantes du vecteur d’état ne sont pas forcément
accessibles et l’on se contente d’utiliser l’information présente au niveau de la sortie y pour établir une
loi de commande.
Principe de l’observation :
Le principe de l’observation est d’utiliser u et y pour reconstruire un vecteur ^x qui soit aussi
proche que possible de x afin d’effectuer ensuite un retour d’état comme le montre la figure.
Bibliographie
[1] UV automatique, cours 11 : ‘Commande dans l’espace d’état, Architecture des systèmes
d’information’, INSA Rouen.
[2] Olivier BACHELIER, Cours d’automatique :’ représentations d’état linéaires des systèmes
monovariables’, 2eme année ENSIP.
[3] Najib BENNIS, ‘Représentation d’état des systèmes linéaires continus, commande par
placement de pôles’
[4] Corinne VACHIER, ‘Représentation d’état et Commande dans l’espace d’état’ Maitrise
EEA, Université Paris XII-Val de Marne.