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Phys 3 C

Le document traite des ondes électromagnétiques et des conducteurs, en expliquant comment les électrons se déplacent dans un conducteur sous l'influence d'un champ électrique, créant ainsi un courant de conduction. Il aborde également les propriétés des conducteurs parfaits et imparfaits, ainsi que les équations de propagation des ondes électromagnétiques dans ces milieux. Enfin, il discute des conditions de passage et de réflexion des ondes sur un conducteur.

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Phys3C - Cours

December 17, 2022

1 Ondes électromagnétiques et conducteurs


1.1 Les conducteurs
Un conducteur est constitué de charges, susceptibles de se déplacer sur des distances très grandes
devant les dimensions atomiques. Un tel milieu est en fait un corps spontanément ionisé car les
électrons périphériques de certains atomes qui les constituent sont très faiblement liés et aisément
arrachés au cours des interactions dues à l’agitation thermique. C’est le cas des métaux.

L’apparition d’un champ électrique extérieur ordonne les mouvements de ces électrons et crée un
courant collectif observable à l’échelle macroscopique → c’est le courant de conduction.


− →

La densité de courant volumique j créé par le champ E se calcule à partir de la relation fondamentale
de la dynamique. Chaque porteur de charge q, de vitesse → −
v , est soumis à la fore de Lorentz :

− →
− − → −
F = q( E + →
v ∧ B)

À cette force, il faut ajouter une force de frottement visqueux (proportionnelle à →



v ) qui s’oppose au
déplacement des porteurs :
−→ m→
−v
Ff r = −
τ
avec m la masse des porteurs et τ une constante de temps correspondant à la durée moyenne entre
deux collisions (τ ≃ 10−14 s). D’après la relation fondamentale de la dynamique :

d→
−v →
− → − − → →
− → − →
− m→
−v
m = ∑ Fi = F + Fgr = q( E + v ∧ B ) −
dt i τ

Or, →

v est très faible, environ 0.6mm/s pour le cuivre sous un courant de 10A !


− →
− →
− E
v ∧ B << B Rappel : B ≃
c
vB 
<< E car v << c
c

1


m d→ −v − m→
→ −v d→
−v →
−v qE
= qE − ⇔ + =
dt τ dt τ m


On a donc pour v une exponentielle décroissante avec un temps
caractéristique τ suivi d’un régime forcé.
Comme τ est très faible, on ne retient que la limite statique
Remarque
→−

− q E τ
v ≃ Le conducteur est globalement
m
neutre :

− ρ =0

− nq2 τ E
j = ρ→
−v = nq→ −v =
m
nq2 τ
On pose γ = m . Ainsi,

− →

A · m−2
 
j =γE Œ
La conductivité du conducteur exprimée en Siemens (S) par mètre. 1S = 1Ω−1

1.2 Champ à l’intérieur d’un conducteur


−→
Lorsque le conducteur est soumis à un champ extérieur, noté Eext , il apparait un courant de
−−→
conduction et donc le rayonnement d’un champ EM induit, noté Eind .

Le champ total dans le conducteur est donc :



− → − →
− →
− → − →

E = E ext + E ind B = B ext + B ind

Milieu conducteur
Nous avons vu en Phys3A - Ch10 que la puissance dissipée par effet Joule dans un volume dτ est :

→ → −→ −
dP = j E dτ = γE 2 dτ Loi de Joule

Conducteur parfait
Il est caractérisé par une conductivité qui tend vers l’infini. Or, γ → ∞ =⇒ dP → ∞.


Ce n’est pas physique. Donc E tend vers 0 dans le conducteur parfait.

−→→− →
− Conducteur parfait
Équation de Maxwell-Faraday : rot E = − ∂∂tB
Si E tend vers 0, alors B tend vers une constante. E = B = 0 et γ → ∞

− →

Et d’après l’expérience, cette constante est 0 pour un =⇒ E ind = − E ext

− →

conducteur proche du parfait. B ind = − B ext

2
À la surface d’un conducteur parfait : +schema
On applique les relations de passage :

− →
− →

E2− E1 = −
σs →
avec E1 = 0 =⇒ E 2 = −
σs →
n12 n12
ε0 ε0


E est perpendiculaire au conducteur à l’extérieur.

→ − → →
− → −
→ →
− →
B2 − B1 = µ0 js ∧ −n12 avec B1 = 0 =⇒ B2 = µ0 js ∧ −
n12


B est tangentiel à la surface du conducteur.

1.3 Équation de propagation de l’onde EM dans un conducteur


1.3.1 Cas d’un conducteur imparfait

− − → →
− −
Peut-on avoir propagation d’une OPPSM du type E = E0 cos( k · →
r − ωt) dans un conducteur ?

− →

Prenons les équations de Maxwell avec ρ = 0 et j = j E

− →

div E = 0 div B = 0

− →

−→→− ∂B −→→− →
− ∂E
rot E = − rot B = µ0 j + ε0 µ0
∂t | {z } | {z∂t }
conduction
deplact électr.

− →

−→− →→− ∂ −→→− ∂ j ∂2 E
rot(rot E ) = − (rot B ) = −µ0 − µ0 ε0
∂t ∂t |{z} ∂t 2
1/c2
−→− →→− −−→ →− →

| {zE}) − ∆ E
Or, rot(rot E ) = grad(div
0


− →
− →


− 1 ∂2 E ∂ j ∂E
∆E − 2 = µ0 = µ0 γ Equation de propagation
c ∂t 2 ∂t ∂t
En notation complexe, on aura à résoudre :

− →


− 1 ∂2 ε ∂ε →
− →
− → −
∆ε − 2 = µ0 γ avec ε = E0 ei( k · r −ωt)
c ∂t 2 dt

2→
− ω2 →
− →

−k ε + 2 ε = −iµ0 γω ε
c
On obtient alors la relation de dispersion du conducteur :

ω2 ω2 iγ 
k2 = + iµ0 γv ω ⇔ k2 = 1+
c2 c2 ε0 ω
Si γ = 0, on retrouve bien l’équation dans le vide.

3


k est complexe : k = k′ + ik′′ , avec k′ , k′′ ∈ R et fonction de ω

− −
→ → → − → − → →
− −′ → −′′ →
− → →
− −′ →− →
−′′ →

ε = E0 ei( k · r −ωt) = E0 ei(( k ·ik ) r −ωt) = E0 ei( k · r −ωt) e−k · r

−′′ →

ek · r est un terme d’amortissement. On a donc une onde pseudo-sinusoı̈dale dont l’amplitude décroit
exponentiellement au cours de la pénétration dans le matériau.

En notations réelles :

− − → →
− − →
−′′ →

E = E0 cos( k′ · →
r − ωt)e−k · r

Vitesses de propagation dans le conducteur

Vitesse de phase : Vitesse de groupe :


ω dω
vϕ =′ vg = ′
k dk
Les vitesses ne dépendent pas de k′′ , qui est lie a l’amortissement et non a la propagation.

1.3.2 Cas des bons conducteurs


Maxwell-Faraday :


−→→− →
− ∂E →
− →

rot B = µ0 j + µ0 ε0 avec j = γ E
| {z }
conduction
| {z∂t }
deplacement


− − → →
−−
Estimons chacun des termes (sachant E = E0 cos(ωt − k →
r ))

∂E
| j| ≃ γE0 |ε0 | ≃ ε0 ωE0
∂t
Rapport des deux
| j| γ 106 1016
= ≃ 1 −9 × 2π f
=
|ε0 ∂∂tE | ε0 ω 36π 10
f

Donc pour des fréquences inférieures à 1014 Hz, ( ωεγ 0 >> 1), on pourra négliger le terme de
déplacement devant le terme de conduction :
−→→− →

rot B ≃ µγ E Approximation des regimes quasi-permanants

Si on reprend la relation de dispersion du conducteur, on a

ω2  iγ 
k2 = 1 +
c2 ε0 ω

4
γω
=⇒ k2 = iγ µ0 ω = i
ε0 c2
−→→− →

Si nous étions partis de rot B = µ0 γ E , nous aurions obtenu l’équation de propagation



− ∂E
∆ E − µ0 γ
∂t

√ 1
i = eiπ/2 =⇒ i = eiπ/4 = (1 + i) √
2
√√
r
µ0 γω
k ± i γ µ0 ω = ± (1 + i) = k′ + ik′′
2
On retient la solution positive
r r
µ0 γω ′ ′′ µ0 γω
k= (1 + i) k =k =
2 2

− → − ′′ ′
E = E 0 e−k z ei(k z−ωt)

− − → ′′
E = E0 e−k z cos(k′ z − ωt)
On introduit
1 1
δ= ′
= ′′ Epaisseur de peau
k k
Epaisseur de peau : Distance au bout de laquelle l’onde a vu son amplitude décroitre de e1
s
2
δ= → effet de peau
µ0 γω

On a une absorption très rapide de l’onde dans le bon conducteur.


En effet, plus γ est grand, plus δ est petit. Dans le cas γ → ∞ (conducteur parfait), on a δ → 0.
Exemple du cuivre
γ = 6 × 107 Ω−1 m−1
A 50Hz, δ = 9mm. A 108 Hz, δ = 6.5µm. A 1014 Hz (visible), δ = 6.3nm.

Vitesse de propagation de l’onde


s
ω 2ω
vϕ = ′ = ωδ = vϕ = f (ω)
k µ0 γ
r
dω µ0 γω
vg = ′ → k′ =
dk 2
Méthode 1 : Logarithme
dk′ 1 dω dω 2ω
= = ′ → vg = 2vϕ
k′ 2 ω dk ′ k
dk′
Méthode 2 : Possibilité de réaliser me calcul à partir de v−1
g = dω .

5
Exemple du cuivre
A 108 Hz, vϕ = 4080ms−1 et vg = 2vϕ . ”Lent”.

1.4 Conditions de passage : Réflexion sur un conducteur


Observons une onde dans le vide en incidence sur la surface d’un conducteur.
− →
→ − − →
→ −
Onde incidente Ei ( ki ) → Er ( kr ) Onde réfléchie

1.4.1 Lois de Descartes

On prend deux OPPSM :



− →
− →
−→ −
- Une incidente E i = E i0 ei(ωt− ki r )

− →
− →
−→ −
- Une réfléchie E r = E r0 ei(ωt− kr r ) e−iϕ

Au point M0 , on a
( →
− →
− →
−→ −
E i (M0 ) = E i0 eiωt e−i ki r0

− →
− →
−→ −
E r (M0 ) = E r0 eiωt e−i kr r0

− → − −
Le déphasage en M0 vaut : ϕ(r0 ) = ϕ + ( kr − ki )→
r0
Ce déphasage ne peut pas dépendre du choix arbitraire de l’origine et donc de →

r0 .

− → − → −
On doit donc avoir ( kr − kr ) r0 = 0.

− → −
kr − ki = α →

n
Cette relation peut être projetée sur la surface.
ω
kr sin r − kr sin i = 0 avec kr = ki = dans le vide
c

sin r = sin i =⇒ r=i

Conséquences - 2 lois de Descartes



− → − −
• ki , kr et→
n appartiennent au même plan, le plan d’incidence.

• Les angles i et r sont égaux.

1.4.2 Réflexion normale sur un conducteur parfait



− →

E i = E i0 ei(ωt−ki z)

− →

E r = E r0 ei(ωt−ki z)

− →

avec kr = − ki = ωc −
n→
12

→ − → σs −→
Dans le conducteur, on a E1 = B1 = 0. En z = 0, on a E2 − E1 = ε0 n12

6

→ →
− → − →
Ici, E2 ne possède pas de composante normale ( E , B ⊥−
n12 )

− →
− →
− →

Dans le vide, E 2⊥ = 0, E 2⊥ = 0 et E 2∥ − E 1∥ = 0

− →
− →
− → −
→ E i+ E r− 0 = 0

Vrai pour tout t et z.



→ → − →

Ei0 + E r0 = 0 en z = t = 0


− →

E r0 = − E i0

− →
− →
− →

E i = E i0 eiωt−ki z E r = − E i0 ei(ωt+ki z)


Pour B , pour des OPPSM, on a
− →
→ − − →
→ −

− ki ∧ E i →
− kr ∧ E r
βi= βr=
ω ω

− →


− − ki ∧ (− E i0 ) −→
β r0 = = βi0 en z = t = 0
ω

− →
− →
− −

β r0 = β i0 E r0 = −Ei0

Conséquences

− →

• L’onde réfléchie Er est déphasée de π (ϕ = π) par rapport à Ei


• La discontinuité de la composante tangentielle de B induit un courant surfacique.

En effet :
→ →
− −
- Dans le conducteur, on a B1 = 0

→ − → −→ −

- Dans le vide, on a B2 = Bi0 + Br0 = 2Bi0 en z = t = 0

→ − → →
− →
Or, B2 − B1 = µ0 js ∧ − n12
|{z}
=0


→ →
− →
2Bi0 = µ0 js ∧ −
n12 en z = t = 0

− − → −
→ →
ki ∧ Ei0 Ei0 ∧ −
n12 →
− 2 − → −

2 =2 → js = Ei0 = 2ε0 cEi0
ω c µ0 c


Ce sont les courants de Foucault, perpendiculaires à E1

Vecteur de Poynting :
−→ −→ −
→ − →
→ Ero ∧ Br0 −Ei0 ∧ Bi0
− −

Pro = = = −Pi0 en z = t = 0
µ0 µ0
→ L’énergie est totalement réfléchie par le miroir.

7
1.4.3 Ondes stationnaires

Dans le 21 espace vide, nous avons deux ondes contra-propagatives de même fréquence et vecteur
d’onde (en module).

− → − → −
E2 = Ei + Er

− − →   −

E2 = Ei0 eiωt ei kz − eikz = −2iEi0 sin kzeiωt

− −
→ π π
E = −2 sin kzEi0 ei(ωt− 2 ) car − i = e−i 2


Idem pour B :

− → − → − − → iωt  iki z i−ki z

β2 = βi + βr = bi0 e e +e

− −

β2 = 2 cos ki zβi0 × cos ωt


→ −
→ −
→ −

E2 = 2Ei0 sin ki z sin ωt B2 = 2Bi0 cos ki z cos ωt
Les champs réels se mettent donc sous la forme f (z) × g(t) :
On n’a plus une onde progressive, mais une onde stationnaire.
Ces deux ondes sont en quadrature de phase.
Onde stationnaire
→ →
− −
Nœuds du champ : E2 = 0 → sin kz = 0

2π λ
z = nπ → z=n n∈N
λ 2

→ −

Ventres du champ : E2 = ±2Ei0 pour sin kz′ = ±1

2π ′ π λ
→ z = (2p + 1) z′ = (2p + 1) p∈R
λ 2 4
Il y a toujours un nœud du champ électrique sur la surface.

En chaque noeud ou ventre des ondes, nous avons



→ − →

→ E2 ∧ B2
P2 = =0
µ0
Il existe une densité d’énergie électromagnétique mais elle ne se propage pas.

1.4.4 Notions sur les cavités résonantes


Définition
On appelle cavité résonante (CR) une portion de l’espace limitée par deux surfaces conductrices
(miroirs). Une OPPSM se propage entre les deux conducteurs, produisant une onde stationnaire.

8
Cavité plane
On a toujours un nœud du champ sur chaque miroir (relation de
passage). Il existe donc une relation entre la longueur l de la cavité
et la longueur d’onde. C’est la condition de resonance. En z = 0 :

z = nπ → z=0 (n = 0)
λ
En z = l :
2π 2l
l = nπ → λn = avec n ≥ 1
λn n
ωn 2π 2π
kn = = → ωn = c frequence de resonance
c λn λn

n = 1 : Mode fondamental
n > 1 : Modes harmoniques

− −

E = 2E0 sin kn z sin ωnt

Application : Laser
Source d’énergie : flashs lumineux, arc électrique dans un gaz, diode
laser, réaction chimique, jonction semi-conductrice...
Émission stimulée hν = E2 − E1 : le photon stimulé a les mêmes
propriétés (vecteur d’onde, polarisation, fréquence) que le premier.

9
2 Propagation dans les milieux diélectriques
Définition
Un milieu diélectrique (matériel) est un milieu dans lequel les courants de conduction (charges
libres) sont très faibles devant les courants liés au déplacement des charges liés.

− →

j lie >> j libre

Un bon diélectrique est un bon isolant (dépend de la fréquence de l’onde)

2.1 Champ EM dans un diélectrique


2.1.1 Équations de Maxwell



− ρ −→→− ∂B
div E = rot E = −
ε0 ∂t


− →
→ − −→→− →
− ∂E
div B = 0 rot B = µ0 j + µ0 ε0
∂t

− → − →

avec ρ = ρlibre + ρlie et j = j libre + j lie

Définition
On va mettre à part les quantités libres en introduisant deux nouveaux champs de vecteurs :


- D le champ d’induction électrique (excitation électrique)


- H le champ d’induction magnétique (excitation magnétique)


Pour définir D , on posera :


div D = ρlibre Eq de Maxwell-Gauss


− ∂ ρlibre
div j libre + =0 Eq de conservation de la charge
∂t



− ∂ →
− →− ∂D
div j libre + (div D ) ⇔ div j libre +
∂t ∂t


CNS →− ∂D − →→

=⇒ j libre + = rot H Eq de Maxwell-Ampère
∂t

− → − →
− → −
Les champs D et H sont liés à E et B . mais à travers des relations qui dépendent du milieu.

− →

Diélectrique div D = ρlibre div B = 0
−→→− −→→− → − →

Eqs de Maxwell rot E = − ∂∂tB rot H = j libre + ∂∂tD

10
Dans le vide
Dans le vide, en présence de charges et de courants, on doit avoir équivalence entre ces deux équations

− →

−→→− →
− ∂E −→→− → − ∂D
rot B = µ0 j libre + µ0 ε0 rot H = j libre +
∂t ∂t

− →
− →
− →

=⇒ D = ε0 E B = µ0 H
Dans un milieu diélectrique linéaire homogène et isotrope (LHI)

Définition

− → −
Un milieu sera dit linéaire si l’on a des relations linéaires entre D et E .

− →

=⇒ Les composantes de D sont des combinaisons linéaires de celles de E .

−  ′ →
−  ′
D= ε E avec ε le tenseur de susceptibilite
 ′ ′ ′

ε ε12 ε13
−  11
→ ′ ′ ′ → −
D = ε21 ε22 ε23 E

ε31 ′ ′
ε32 ε33
[ε ′ ] est diagonalisable dans la base des directions privilégiaires.
 
ε11 0 0

− →
− →

D = [ε] E =  0 ε22 0  E
0 0 ε33

ε11 , ε22 , ε33 sont les constantes diélectriques principales.

- Un milieu sera dit linéaire et isotrope si les propriétés de ce milieu sont les mêmes dans toutes les
directions de l’espace.
Donc ε11 = ε22 = ε33 = ε(x, , y, z, f )

− →

D =εE
- Un milieu est linéaire, isotrope et homogène si ε ne dépend pas de x, y, z.

ε( f ) est la constante diélectrique du milieu HLI.

Définition
On définit la constante diélectrique relative (sans dimension)
ε
εr = =⇒ ε = ε0 εr
ε0

Exemples de milieux LHI :


- Solide : Verre : εr = 5.4 − 9.9
- Liquide : Eau : εr = 81 à 50Hz
- Gaz : Air : εr = 1.0006

11
Attention : Ces valeurs dépendent de la fréquence de l’onde EM.


− → −
De même, il existe entre B et H une relation tensorielle :

− →

B = [µ] H

avec [µ] la matrice de perméabilité magnétique.

On définit également des matériaux magnétiques linéaires, homogènes et isotropes (LHI) par la
relation suivante :

− →
− →

B = µ H = µ0 µr H

avec µ la perméabilité magnétique du milieu LHI Pour le vide, on a


qui dépend de la fréquence de l’onde. 

− →
− ε = ε0 εr = 1
Donc B est parallèle à H et µr = µµr µ = µ0 µr = 1

Dans un milieu LHI diélectrique et magnétique, en l’absence de charges libres : ρlibre = jlibre = 0

− →
− →
− →

div D = ρlibre = 0 div(ε E ) = εdiv E =⇒ div E = 0


− →
− →

−→→− → − ∂D ∂D ∂E
rot H = j libre + = =ε
∂t ∂t ∂t
si ε ne dépend pas du temps (approximation)

− →
− →

−→B ∂E −→→− ∂E
rot = ε =⇒ rot B = µε
µ ∂t ∂t

Remarque
Le cas du diélectrique LHI revient à celui du vide mais en replaçant ε0 par ε et µ0 par µ.

Pour un diélectrique LHI, on aura les relations :



− →
− →
− →

D = ε0 εr E div E = div D = 0 (pour ρlibre )

− →
− →
− →
− →

B = µ0 µr H div B = 0 = div(µ H ) = µdiv H = 0

− →

−→→− ∂D −→→− ∂E
rot H = → rot B = µε
∂t ∂t

12
2.2 Propagation des ondes EM dans un milieu LHI

− →− → − → −
Pour les quatre champs E , D , B , H , l’équation de propagation prend la même forme :



− ∂2 X
∆ X −εµ 2 = 0
∂t


− −→− →→− −→→− →

∂D
Méthode : Pour obtenir l’équation sur H , on part de rot(rot H ) avec rot H = ∂t .

− →
− →
− − →→− →

Idem pour D , ρlibre = 0 avec D = ε E et rot E = − ∂∂tB

2.3 Cas des ondes planes : Dispersion et absorption


Pour un milieu LHI de propriété magnétique équivalente au vide, µ ≃ µ0 , on a l’équation de propaga-
tion : →


− ∂2 E →

∆ E − E µ0 2 = 0
∂t

− →− i(kx−ωt) → →
− −
avec E = E e 0 une onde se propageant selon Ox ( k = k→ −e ) z
Ainsi, on obtient

− →
− → −
−k2 E + ω 2 ε µ0 E = 0 =⇒ −k2 + ω 2 ε µ0 = 0

ω2
k2 = ωε µ0 = ω 2 εr ε0 µ0 = εr
c2
Relation de dispersion du milieu LHI :
√ ω
k= εr = k′ + ik′′
c
On choisit un sens de propagation en prenant k > 0.

Définition
On pose l’indice de réfraction : √
n = Re( εr )

On a donc
nω 2πc 1 2πn 2π
k′ = =n = =
c λ0 c λ0 λ
λ0
avec λ = la longueur d’onde dans le milieu LHI.
n

13
Remarque : La fréquence de l’onde est fixée par le générateur.
On a donc toujours
c
f=
λ0

λ < λn car en général, n ≥ 1


Ex : air n ≃ 1, eau n ≃ 1.33 dans le visible.

2.3.1 Calcul des vitesses de phase et vitesses de groupe

Par définition :
ω c
vϕ = =
k′ n
dω d  ′ dvϕ dvϕ dλ 2π
vg = ′ = ′ vϕ k = vϕ + k′ ′ = vϕ + k′ ′
avec k′ =
dk dk dk dλ dk λ
dvϕ −2π 2π dvϕ
= vϕ + k′ 2
= vϕ − ′
dλ k k dλ
dvϕ
vg = vϕ − λ Relation de Rayleigh

En fonction de λ , on a
c dvϕ dvϕ dn c dn
vϕ = = =− 2
n dλ dn dλ n dλ
 c dn  c  1 dn 
vg = vϕ − λ − 2 = 1+
n dλ n n dλ
dvϕ dn
dλ n’est généralement pas connu, contrairement à dλ
En général, n croit avec ω et n diminue avec λ , donc
dn
<0 vg ≤ vϕ

Absorption : liée à k′′ = Im(k)



− → − →
− ′ ′′ →
− ′′ x i(k′ x−ωt)
E = E 0 ei(kx−ωt) = E 0 ei((k +ik )x−ωt) = E 0 |e−k
{z } e
absorption

L’absorption dans les diélectriques est généralement très faible comparée à un conducteur.
→ La longueur de pénétration δ est grande :
1
δ= = f (ω) [m]
k′′

14
2.4 Conditions aux limites
Les équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Flux sont les mêmes dans le vide et dans un milieu
diélectrique. On peut ainsi écrire

− →

E 2∥ = E 1∥

− →

B 2⊥ = B 1⊥
Par contre, les équations de Maxwell-Gauss et Maxwell-Ampère sont différentes dans un milieu

− → −
matériel, où les champs D et H sont à considérer.

Les deux nouvelles équations qui s’appliquent aux milieux matériels en l’absence de charges libres
sont :


- Continuité de la composante normale de D

− →

D 2⊥ = D 1⊥


- Continuité de la composante tangentielle de H

− →

H 2∥ = H 1∥

En résumé, on aura :

− → −
- Continuité des composantes tangentielles de E et H

− → −
- Continuité des composantes normales de B et D .

De plus, dans un milieu LHI, en l’absence de charges libres (ρlibre = jlibre = 0), on pourra écrire :

− →
− →
− →
− →
− →
− ε1 →

D 2⊥ − D 1⊥ = 0 = ε2 E 2⊥ − ε1 E 1⊥ =⇒ E 2⊥ = E 1⊥
ε2
Si de plus, le milieu LHI est ”non magnétique”, cad µ1 = µ2 = µ0 , on aura

− →


− →
− B 2∥ B 1∥ →
− →

H 2∥ − H 1∥ = − =0 =⇒ B 2∥ = B 1∥
µ0 µ0

On aura finalement ( →
− →
− →
− →

E 2∥ = E 1∥ B 2∥ = B 1∥

− →
− →
− →

E 2⊥ = εε12 E 1⊥ B 2⊥ = B 1⊥

2.5 Réflexion et réfraction sur un dioptre


(S) surface dioptrique. 0 ∈ (S). M0 ∈ (S).
Pas de changement de fréquence à la réflexion et réfraction.

− → − →
− → − →

- Onde incidente : Ei = E i0 ei(ωt− ki ∧ r ) = E i0 eiΨi

− → − →
− →
− →

- Onde réfléchie : Er = E r0 ei(ωt− kr ∧ r +ϕr ) = E r0 eiΨr

− → − →
− → − →

- Onde transmise : Et = E t0 ei(ωt− kt ∧ r +ϕt ) = E t0 eiΨt

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On observe les ondes au point M0 , cad en →−r = → −
r0 . Le déphasage en ce point s’écrit :

− →
− →
− →
− →
− →

- Entre E r et E i : Φr − Φi = ϕr − kr r0 + ki r0

− → − →
−− → −−
- Entre Et et Ei : Ψt − Ψi = ϕt − kt →
r0 + ki →
r0

Ces déphasages ne doivent pas dépendre du choix de l’origine 0, donc de →



r0 . Ceci entraine que :
( → − → − − ( →− → −
( kr − ki )→r0 = 0 kr − ki = α →
−n

− → − → − =⇒ →
− →
− →

( kr − ki ) r0 = 0 kt − ki = β n

avec →

n normale à la surface.

Conséquences

− → − → −
Les 3 vecteurs d’onde ki , kr et kt sont contenus dans le plan d’incidence (contenant →

n ).
Représentation dans le plan d’incidence :
On projette les deux relations sur la surface :

− → − nω
kr − ki = α →

n =⇒ ki sin r −ki sin r = 0 avec kr = = ki
c

=⇒ sin r = sin i =⇒ r=i



− → − n2 ω
kt − ki = β →

n =⇒ kt sin i2 = ki sin i1 avec kt =
c
n2 ω n2 ω
sin i2 = sin i1 =⇒ n2 sin i2 = n1 sin i1
c c
On retrouve bien les 3 lois de Descartes.

2.6 Cas d’incidence normale


OPPSM :  →− − i(ωt−→
→ −→
ki −r )
 E i = E i0 e

− →
− →
−→


E r = E r0 ei(ωt− kr r )
 →
 − →
− →
−→ −
E t = E t0 ei(ωt− kt r )

− →
− →
− → − →

avec ki = − n1cω →

n , kr = n1cω →−
n = − ki et kt = − n2cω → −n = nn21 ki
On applique les relations de passage au niveau du dioptre, cad en → −r = 0 (car 0 ∈ (D)) et t = 0

− → − →

Ce sont des OPPSM, donc sont transverses, donc E et B sont perpendiculaires à k .
Donc sont uniquement tangentielles au dioptre : E⊥ = B⊥ = 0

− → −
On applique la continuité des composantes tangentielles de E et B
( →− → − → − ( →
− →
− →

Ei + Er = Et E i0 + E r0 = E t0 (1)

− →
− →
− =⇒ →
− →
− →

B i∥ + B 2∥ = B t∥ B i0 + B r0 = B t0 (2)

− → − →
− →− →
− → −
ki ∧ E i0 kr ∧ E i0 kt ∧ E t0
(2) → + =
ω ω ω

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− →
− →

n1 ω →

n ∧ E i0 n1 ω →

n ∧ E r0 n2 ω →

n ∧ E r0
− + =−
ωc ωc ωc

− →
− →

−n → −
1n ∧ E +n →
i0 n ∧ E = −n →

2 r0

n ∧E 2 t0

− →
− →

−n1 E i0 + n1 E r0 = −n2 E t0
( →
− →
− →
− ( →
− →

E r0 − E t0 = − E i0 E i0 = nn11 −n2
+n2 E i0

− →
− →
− =⇒ →
− 2n1 →−
n1 E r0 + n2 E t0 = n1 E i0 E t0 = n1 +n=2 E i0
n1 −n2
On pose r = n1 +n2 coefficient de réflexion en amplitude (peut être positif ou négatif)
2n1
et t = n1 +n2 coefficient de transmission en amplitude (toujours positif)

Avec dans le cas particulier de l’incidence normale, 1 + r = t.




De même pour B , on aura

− → − →
− →


− kr ∧ E r0 ki ∧ r E i0 →

B i0 = =− = −r B i0
ω ω

− → − →
− → −

− kt ∧ E t0 n2 ki ∧ E i0 n2 → −
B t0 = = = t B i0
ω n1 ω n1
Déphasage de π à la réflexion.
Vecteur de Poynting

− →
− →
− →


→ E r0 ∧ B r0 2 E i0 ∧ B i0 −
→ −

P r0 = = −r = −r2 P i0 = −RP i0
µ0 µ0
Avec R le coefficient de réflexion en intensité. Le signe − indique une réflexion.

− →
− →
− →


→ E t0 ∧ B t0 2 n2 E i0 ∧ B i0 n2 − → −

P t0 = =t = t 2 P i0 = T P i0
µ0 n1 µ0 n1
avec T le coefficient de transmission en intensité.
avec R + T = 1, toujours vrai → conservation de l’énergie.
Exemple - Dioptre Air-Verre
n1 ≃ 1, n2 ≃ 1, 5
R = 0.04, T = 0.96

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