République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université Blida 1
Faculté des Sciences
Département Génie civil
Voiries et réseaux divers
V.R.D
Chapitre IV: RESEAU D’AEP
Licence Génie Civil
3eme année
2023/2024
Dr. F.Z HALFAYA
I. Introduction
A cause de la nécessité absolue de l’eau pour la vie humaine
directement ou indirectement (élevage des animaux et
agriculture) les villes ont été conçues :
Prés des rivières (comme les grandes villes du monde)
Près des sources naturelles ou des puits
Ou alimentées
La distribution d’eau potable consiste principalement à :
Fournir à la population suffisamment d’eau (Quantité)
Fournir à la population une eau propre (Qualité)
Fournir à la population l’eau sous une pression minimale
II. Conception générale d’un réseau d’eau potable
Le schéma général d’une installation de distribution d’eau dépend de
la source d’eau exploitée (les rivières, les barrages, les nappes
souterraines ou la mer) Dans le cas général, les installations
nécessaires pour la distribution d’eau potable sont :
La prise d’eau, le puits ou le forage
Première station de pompage (SP1)
Station de traitement (ou dessalement) des eaux
Réservoirs semi-enterrés
Deuxième station de pompage (SP2)
Réservoir surélevé (ou sur-tour ou château d’eau)
Réseau de distribution d’eau potable
Réseau d’assainissement des eaux usées et/ ou pluviales
Station de pompage et / ou station d’épuration des eaux usées
Rejet des eaux usées traitées ou non traitées (irrigation, oued, la
mer, la nappe)
III. Types de demande en eau Au niveau du pays ou au niveau
d’une agglomération urbaine ou rurale. Ces types de
consommations différents de part leurs quantités et surtout de
leurs qualités nécessaires, on distingue plusieurs types de
demandes en eau, selon le type du consommateur:
Consommation domestique ou humaine
Consommation publique ou collective (municipalité,
administrations, écoles, arrosage des jardins, hôpitaux,
commerce,….)
Consommation industrielle
Consommation touristique
Consommation agricole (irrigation, élevage, …..)
IV. Estimation des besoins en eau
1) Besoins domestiques
La consommation domestique moyenne est fonction du nombre
d’habitants, elle est exprimée en litre par jour par habitant
(l/j/hab). Cette consommation varie en fonction de plusieurs
facteurs :
Le niveau de vie,
les habitudes,
la disponibilité de l’eau,
le climat,
le prix de l’eau,
la forme de la fourniture de l’eau (alimentation individuelle ou
borne fontaine),
etc…
D’autre part, elle évolue d’une année à l’autre, en liaison avec
l’évolution du niveau de vie. Les besoin domestique d’une
agglomération quelconque peuvent être estimés par :
Soit des statistiques, qui concernent la consommation moyenne
et son évolution annuelle, ainsi que le nombre total d’habitants et
le taux annuel d’accroissement de la population. Ceci n’est
possible que pour une agglomération qui est déjà alimentée en eau
potable.
Soit en comparaison avec d’autres agglomérations qui sont
jugées comparables, surtout en ce qui concerne le niveau de vie et
le climat et pour lesquelles des données statistiques sont
disponible. Une petite enquête permet alors de connaitre le
nombre d’habitants
La norme de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fixe la
consommation domestique minimale à 55 l/jour/hab. Tel que :
-Pour les zones Rurales : 50 l/jour/hab.
-Pour les villes Moyennes : 80 l/jour/hab.
- Pour les grandes villes : 140 l/jour/hab
Quant aux valeurs des consommations domestiques spécifiques à
prévoir pour l’alimentation de nouvelles zones ou de nouvelles viles,
nous pouvons citer à titre indicatif, quelques valeurs en relation avec
le nombre d’habitants de l’agglomération :
-Pour une grande ville (plus de 100 000 habitants) : de 120 à 200
l/jour/hab.
-Pour une ville de 20 000 à 100 000 habitants : de 100 à 140
l/jour/hab.
-Pour une ville moyenne (de 5 000 à 20 000 habitants):de 80 à 120
l/jour/hab.
-Pour une zone rurale (moins de 5 000 habitants) : de 60 à 80
l/jour/hab.
- Pour les bornes fontaines : de 20 à 50 l/jour/hab
2) Besoins publics
-Les besoins publics englobent la consommation des administrations,
des établissements d’enseignement, des municipalités, des hôpitaux,
etc..
-Nous citrons ci-dessous quelques exemples de besoins publics :
-Pour le nettoyage des rues et l’arrosage des jardins : de 3 à 5
l/jour/m²
-Hôpitaux : de 300 à 600 l/jour/lit
-Pour les administrations : de 100 à 200 l/jour/employé
-Pour les écoles primaires : de 10 à 20 l/jour/ élève
-Pour les lycées : de 20 à 30 l/jour/élève
- Pour les facultés et foyers universitaires : de 100 à 200
l/jour/étudiant
3) Besoins industriels
On ne tient compte, en général, que des besoins des petites
industries, qui consomment de l’eau potable et branchées sur le
réseau de la ville. Actuellement, les grandes industries sont isolées
de la ville (ou situées dans des zones industrielles) et alimentées
par des réseaux indépendants. Celles qui consomment beaucoup
d’eau doivent avoir leur propre source en eau : puits, forage,
barrage, la mer, etc.
Notons que la consommation industrielle dépend du produit
fabriqué et surtout le procédé de fabrication utilisé. Pour les petites
industries :
-Boulangerie : 1 l/Kg de pain
-Industrie laitière : de 5 à 10 l/l de lait
-Conserve de fruit ou de légumes : de 6 à 15 l/Kg de conserve
Pour les grandes industries :
-Sucrerie : de 2 à 15 m3 / t de betteraves
-Cimenterie (voie humide) : 2 m3 / t de ciment.
-Tannerie : de 20 à 140 m3 / t de produit fabriqué
- Papeterie : de 50 à 300 m3 / t de produit fabriqué
4) Besoins agricoles
Généralement la consommation agricole se base sur des forages au
niveau des plantations, il est rare que la production d’eau agricole
soit prélever du réseau public
5) Autres besoins P
Parmi les autres besoins d’eau potables, nous citons :
- Besoins touristiques (des hôtels) : De 400 à 700 l/jour/lit (et
pouvant atteindre 1200 l/jour/ lit pour les hôtels de luxes).
- Besoins d’irrigation : vu que le prix de l’eau potable est très
élevé, son utilisation en irrigation se limite, éventuellement, à
quelques cultures de fleurs et à quelques pépinières.
V. Types des réseaux AEP
On distingue deux types de réseaux :
Réseau maillé : l’eau circuit dans tous les sens, c’est couteux,
facile à réparer
Réseau ramifié : le plus ancien, moins couteux, en cas de
réparation on est obligé d’isoler une bonne partie du réseau
VI. Éléments constitutifs d’un réseau de distribution d’eau
potable
1) Matériaux des canalisations
Trois considérations sont essentielles pour le choix du matériau
des canalisations :
la sécurité de service.
la longévité.
le facteur économique.
Pour les conduites maîtresses (Refoulement et A dduction) ,
les matériaux les mieux adaptés sont la fonte ductile, le béton
armé et l’acier,
Pour les conduites secondaires (Distribution), on choisit des
tuyaux en acier, polyéthylène et le PVC à joints flexibles.
2) Joints
Ils ont pour fonction d’assurer l’étanchéité des jointures des tuyaux
et faire face aux sollicitations mécaniques et chimiques. Pour cela,
ils doivent épouser parfaitement la loge qui leur est destinée. Les
joints constituent la partie la plus fragile de la canalisation à cause
de leur souplesse ; tout mouvement du tuyau s’articule sur le joint,
ce qui provoque en lui des usures mécaniques. L’action des
produits chlorés de l’eau et le dessèchement induisent le
vieillissement des joints. Il existe trois principaux types de joints :
mécaniques, à emboîtement et à bride. Les joints mécaniques ou à
emboîtement sont utilisés pour relier les conduites enfouies dans le
sol, alors que les joints à bride sont utilisés pour raccorder des
tronçons à l’intérieur des constructions (station de pompage,
station de traitement, etc.).
Joints torique en caoutchouc Joint automatique
Joint d’étanchéité pour Joint d’étanchéité pour
conduite en béton armé. conduite en acier.
3) Vannes
Elles permettent de maîtriser les écoulements dans le réseau, donc
de mieux gérer celui ci. Il existe plusieurs types de vannes qui
satisfont à des besoins variés :
Les vannes d’isolement : permettent d’isoler certains tronçons
qu’on veut inspecter, réparer ou entretenir. On distingue deux types
: les robinets à papillon pour les conduites de gros diamètres et les
robinets-vannes pour les conduites de petits diamètres.
Les vannes à clapets de non-retour : permettent de diriger
l’écoulement dans un seul sens. Elles sont installées sur les
conduites de refoulement.
Les vannes de réduction de pression : permettent de réduire la
pression à une valeur prédéterminée.
4) Ventouses
On installe des ventouses aux points élevés du réseau. Elles
permettent d’un côté, de faire évacuer les quantités d’air qui s’y
accumulent à la suite, par exemple, du dégazage de l’oxygène
dissous, et de l’autre côté, de faire pénétrer l’air lorsqu’un vide se
crée dans une conduite et évitent la création de pressions négatives
qui risqueraient d’entraîner l’écrasement de la conduite. Trois types
de ventouses sont utilisés :
ventouses pour petites quantités d’air,
ventouses pour grandes quantités d’air et
ventouses universelles
5) Décharges
Une décharge est un robinet placé au point bas de la canalisation pour
en permettre la vidange, l’évacuation s’effectue à l’égout le plus
voisin ou si le point bas se trouve hors de la ville, dans le fossé le plus
proche. Ce robinet sera placé à l’intérieur d’un regard en maçonnerie
et doit être facilement accessible.
6) Poteaux d’incendie
Ils permettent de fournir aux pompiers l’eau dont ils ont besoin pour
combattre les incendies. Ils sont reliés aux conduites du réseau par des
conduites de raccordement dotées d’une vanne d’isolement. Un
poteau d’incendie doit comporter au moins deux prises latérales de 65
mm de diamètre et une conduite de 100 mm de diamètre si le débit
excède 5000 l/mn ou la pression si est faible. La superficie desservie
par un poteau d’incendie dépend du débit nécessaire pour combattre
les incendies ; plus le débit est élevé, plus les poteaux sont nombreux
et rapprochés.
7) Pression dans le réseau
Le réseau doit être calculé de telle sorte que l’eau parvienne aux
consommateurs avec une pression minimale. L’eau doit en effet
atteindre les étages supérieurs des habitations et permettre
l’utilisation efficace des appareils ménagers (chauffe-bain,
machine à laver). Une pression minimale de 150 kpa est alors
recommandée. En vue de la bonne tenue des canalisations, et
notamment de leurs joints, il y a lieu d’éviter des pressions
supérieures à 500 kpa qui risquent d’apporter des désordres
(fuites) et certains bruits désagréables dans les installations
intérieures des abonnés.
VII. Branchements
Le terme « branchement» désigne l'ensemble compris entre la prise
sur la conduite principale de distribution publique jusqu'au
dispositif de comptage. Un branchement comprend au minimum :
Prise d'eau sur la conduite de distribution publique,
Robinet de prise en charge sous bouche à clé,
Canalisation de branchement située tant sous le domaine public
que privé
Pose d’un grillage avertisseur bleu au-dessus du fourreau pour
signaler sa position et sa présence,
Dispositif de comptage
Dispositif anti-pollution situé en aval immédiat du compteur et
comprenant un clapet anti-retour.
VIII. Calcul du débit de consommation
Consommation totale moyenne
Les valeurs de la consommation domestique indiquées ci-dessus
sont quelquefois majorées pour tenir compte de la consommation
publique et des petites industries
Le nombre d’habitants futur (à l’année du projet) dans une
agglomération urbaine, N0 est déterminé par :
N0 = N(1 + a)n
Ou
N : est le nombre d’habitants en une année quelconque.
a : est le taux d’accroissement annuel de la population
n : est le nombre d’année séparant l’année de N à celle de N0
Dans le cas où le plan d’aménagement de l’agglomération (ou le
plan de développement futur) est disponible, N0 sera alors calculé
en se basant sur le plan d’urbanisation prévu.
La consommation moyenne future
La consommation moyen future C par habitant est donnée par :
C0 = C (1+b)n
ou
C : consommation moyenne par habitant en une année quelconque
b : taux d’évolution annuelle de la consommation
n : nombre d’année séparant l’année C a celle C0
Consommation journalière moyenne totale Qjm pendant l’année du
projet pour toute l’agglomération est calculée comme suit :
Qjm = N0 * C0
La Consommation domestique est variable d’un Quartier à un autre
alors il faut prendre des consommations variables à savoir :
Qjm = SomN0i * C0i
Ou N0i et C0i sont le nombre d’habitant et consommation journalière
moyenne par habitant dans le quartier i
Pointe journalière
La consommation d’eau est variable en fonction du mois (maximale
en juillet et aout), du jour de la semaine (maximale le lundi) et de
l’heure de la journée (maximale vers 12h du matin)
Les ouvrages de prise, de traitement et d’adduction d’eau (stations de
pompage, conduites, etc. ) doivent être dimensionner pour pouvoir
fournir la demande journalière maximale (la journée de pointe ou la
pointe journalière) de l’année du projet. On definit alors un
coefficient de pointe journalière Kl :
Kl est le rapport de la consommation journalière maximale sur la
consommation journalière moyenne
Kl = Qjmax / Qjm
La valeur de ce coefficient est déterminée a partir des statistique
sur la variation journalière de la consommation sur les 365 jours de
l’année. La valeur de varie de 1,3 à 1,6 selon le climat et les
activit2s estivales de l’agglomération
Pour une zone touristique Kl = 1,6
Pointe horaire
Les ouvrages de distribution d’eau (réseau, réservoirs) doivent être
dimensionnées pour fournir la demande horaire maximale (l’heure
de pointe ou la pointe horaire), de la journée de pointe, de l’année
du projet on définit aussi un coefficient de pointe horaire K2 :
De même, la valeur du coefficient K2 est déterminée à partir des
statistiques sur la variation horaire de la consommation. Sa valeur
varie de 1.5 à 3.5, selon l’importance de l’agglomération.
Pour une grande ville : K2 = 1.5 à 2
Pour une ville moyenne : K2 = 2 à 2.5
Pour une zone rurale : K2 = 3 à 3.5
Pertes d’eau
Dans un réseau d’alimentation en eau potable, les pertes d’eau sont
situées à différents niveaux : la prise d’eau, la station de traitement,
les stations de pompage, les réservoirs, les réseaux d’adduction et de
distribution, les vannes, les joints, les compteurs, etc..
Ces pertes sont aussi de différents types : eau de lavage et de
nettoyage (des filtres et des décanteurs de la station de traitement, des
réservoirs), les fuites dans tous les ouvrages et en particulier dans les
réseaux d’adduction et de distribution, les pertes accidentelles en cas
de ruptures des conduites, vidange de conduite (en cas de travaux,
remplacement de conduites ou vannes, branchement avant, etc.)
Le volume de ces pertes d’eau dépend de :
L’âge et l’état du réseau.
La compétence et l’efficacité du service de maintenance du réseau
(rapidité de détection des fuites, efficacité d’exécution des travaux,
moyens humains, équipement en matériels adéquats, organisations,
etc.).
En général, la valeur de K3 varie de 1.2 à 1.5 :
K3 = 1.2 : pour un réseau neuf ou bien entretenu.
K3 = 1.25 à 1.35 : pour un réseau moyennement entretenu.
K3 = 1.5 : pour un réseau vétuste ou mal entretenu.
Calcul du débit des différents ouvrages du réseau
Le calcul du débit dépend du type et de l’emplacement de
l’ouvrage à dimensionner
Le volume d’eau annuel Vtot à prévoir au niveau de la source d’eau
(volume capté) est égale à :
Vtot = K3 * 365 * Qjm (m3/an)
Le débit de dimensionnement des ouvrage d’adduction (station de
pompage, station de traitement, réservoirs, conduites d’adduction
etc. ) est égale au débit journalier maximum :
Qjmax = K3 * K1 * Qjm (m3/j)
Le débit de dimensionnement des ouvrages de distribution (station
de pompage, sur élevage de réservoirs, réseau de distribution) est
égal au débit horaire maximal :
Qhmax = K3 * K2 * K1 * Qjm /24 (m/h)