MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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UNIVERSITE D’ANTSIRANANA
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INSTITUT UNIVERSITAIRE DES SCIENCES DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA
SOCIETE (IUSES)
Mention : Sciences du Vivant de la Terre et de la Société ( SVTS)
Parcours: Geoscience Environnement et Amenagement ( GEA)
Niveau : M1
LA BIOMASSE ET LA VALORISATION DES
DECHETS ORGANIQUES : Cas biogaz, bioéthanol,
biodiesel
Présentée par :
- INDIANA Marie Jeanne Aldonne
- SOAMAMY Francia
Responsable : TOMBOZARA Marcellio
Année Universitaire : 2024-2025
INTRODUCTION
Actuellement, les principaux carburants utilisés dans le monde sont des ressources fossiles.
Mais l’exploitation et l’utilisation massive de ce combustible entraînent plusieurs impacts sur
l’environnement et surtout sur l’économie mondiale. Depuis quelques années, la mise en
œuvre de l’exploitation des énergies nouvelles est déclenchée dans divers pays du monde. À
Madagascar, la valorisation de la biomasse organique via la production de biogaz, de
bioéthanol et de biodiesel est une approche prometteuse pour l'accès à l'énergie et le
développement durable. Le biogaz, produit par méthanisation des déchets organiques
(agricoles, ménagers), sert à la cuisson et à l'éclairage. Le bioéthanol est proposé comme
alternative au charbon de bois, tandis que le biodiesel peut être produit à partir de cultures
spécifiques comme le jatropha. Pour parvenir à cette recherche nous allons étudier le thème
qui s’intitule : « La biomasse et la valorisation des déchets organique : cas biogaz, bioéthanol,
biodiésel ». La question centrale à laquelle nous tenterons de répondre tout au long de cet
ouvrage est la suivante : Comment optimiser la valorisation des déchets organiques en
biogaz, bioéthanol et biodiesel afin de promouvoir une transition énergétique durable ?
L’objectif de cette étude est d’analyser la valorisation des déchets organiques à travers la
production de biogaz, de bioéthanol et de biodiesel. De cet objectif global nous pouvons tirer
deux autres sous objectif : dans la premier ; optimiser la valorisation des déchets organiques
en biocarburants afin de promouvoir une transition énergétique durable et une gestion efficace
des déchets, et la deuxième analyser et comparer les différentes technologies de conversion
des déchets organiques en biogaz, bioéthanol, biodiesel pour déterminer celles qui offrent les
meilleurs rendements énergétiques. Pour résoudre ce problème nous proposons deux
questions de recherche : Quels sont les impacts environnementaux mesurables de la
production de biogaz, bioéthanol et biodiesel à partir de déchets organiques ? Ensuite quelles
réglementations actuelles entravent ou favorisent la valorisation des déchets organiques en
biocarburants ? Les hypothèses suivantes ont été posées : la production de biogaz, bioéthanol
et biodiesel à partir de déchets organiques réduit les émissions de gaz en effet de serre et
améliore la gestion des déchets. Et la deuxième hypothèse est due réglementations actuelles
sur la valorisation des déchets organique en biocarburants. Par conséquent, nous avons divisé
notre devoir 3 grandes parties définies. Tout d’abord dans le première partie Matériel et
Méthode. Dans le deuxième partie, Résultat de ce travail. Dans le troisième partie Discussion
en fin conclusion et recommandations.
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PREMIERE PARTIE I : MATERIEL ET METHODOLOGIE
MATERIEL
Les matériels utilisés pour réalisés à bien ce travail sont :
Internet
Ordinateur
METHODOLOGIE
I-Méthodes traitement des données
Les données numériques obtenues des traités par le logiciel de Microsoft Word.
I-1- Revue par bibliographique
La recherche bibliographique est nécessaire pour consulter différents ouvrages tels que les
livres concernant le thème qu’on a étudié.
II-LA BIOMASSE
La biomasse est l’ensemble des matières organiques pouvant devenir des sources d’énergie.
Elles peuvent être utilisées soit directement (bois énergie) soit après une méthanisation de la
matière organique (biogaz) ou de nouvelles transformations chimiques (biocarburant). Elles
peuvent aussi être utilisées pour le compostage. La biomasse est la fraction biodégradable des
produits, des déchets et résidus d’origine biologique provenant de l’agriculture, de la
sylviculture et des industries connexes et ainsi la fraction biodégradable des déchets
municipaux. La biomasse correspond aux différentes formes de carburants de substitution,
produit à partir des matières organiques et renouvelables, qui sont brûlés pour fournir de
l’énergie. La biomasse peut être séparée en deux catégories : La biomasse traditionnelle
englobe la combustion de bois énergie, d’excréments d’animaux et du charbon de bois. La
biomasse moderne concerne les procédés technologiques comme la biométhanisation et la
production des biocarburants.
II-1-Importance de la biomasse
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La matière organique constituant la biomasse peut être transformée en produits énergétiques
biocombustibles, biogaz et biocarburants ou brulée afin de produire du mouvement, de la
chaleur et, éventuellement de l’électricité dans des installations de cogénération.
II-1-1-les différents types de biomasse
La biomasse est classifiée en trois types :
Solides : cette catégorie regroupe le bois (copeaux, granulés, écorces, sciures, buches,
etc.), les déchets agricoles (paille, lisier) ou les déchets organiques (déchets ménagers,
résidus alimentaires) et les animaux (reste d’êtres vivants dans le sol).
Liquides : cette catégorie regroupe les huiles végétales (soja) les bioalcools (obtenus
par la fermentation alcoolique de glucose ou amidon).
Gazeux : cette catégorie regroupe les biogaz, gaz naturel, les biocarburants, solvants
qui sont utilisés comme force motrice de déplacement.
II-1-2-Les principe de la biomasse
Le principe de la biomasse repose sur une valorisation énergétique des matières organique
afin d’obtenir de :
La chaleur : chauffage individuelle en bois ou alimentation des réseaux de chaleur.
L’électricité : dans les installations de cogénération, les chaufferies ou dans des
centrales électricités
Le biocarburant : notamment de l’éthanol, du biodiesel, des esters.
II-1-3-La valorisation des déchets organique
La valorisation des déchets organique c’est l’ensemble des modes de gestion, de recyclage et
de valorisation des déchets biodégradables : déchets alimentaires, déchets verts, boues
urbaines, déchets des industries agro-alimentaires. La matière organique possède la propriété
de la biodégradation de ce fait une action bactérienne, naturelle ou induite peut la décomposer
rapidement en molécules simples utilisables par les plantes, cette dégradation peut se faire de
deux manières : le compostage ou la méthanisation, comme elle peut être aussi maitrisée
industriellement et appliquée aux déchets ménagers. Est donc l’élimination des déchets et
réduite au profit de la valorisation et peut-être utilisé en tant que engrais par les agriculteurs.
Ce type de valorisation permet une réduction de 40- 50% du volume de déchets (Askri,
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2015) ;(Gouilliard et Legendre, 2003). Les principaux déchets concernés par le traitement
biologique sont : Déchets des collectivités (voirie, marchés, boues...), Déchets d’agriculture et
de sylviculture (élevage, culture, foret), Ordures ménagers (la fraction fermentescible de
l’ordure ménagère est constituée essentiellement de déchets alimentaire, déchets verts et de
papier/carton), Certain encombrants de déchets verts
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DEUXIEME PARTIE : RESULTAT
I- RESULTAT DU BIOGAZ
Le biogaz est le gaz produit par fermentation de matières organiques. C’est un gaz
combustible composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone. Il peut être brulé
sur son lieu de productions pour obtenir, par cogénération, chaleur et électricité, ou purifié
pour obtenir du biométhane utilisable comme gaz naturel pour véhicules ou le réseau de
distribution de gaz naturel. Le biogaz est comptabilisé parmi les énergies renouvelables car il
est issu de déchets organiques qui ne seraient pas valorisés par ailleurs. La production de
biogaz s’intègre ainsi dans une logique d’économie circulaire.
I-1- La fabrication du biogaz
Biogaz est fabriqué lorsque la biomasse, comme les déchets organiques, le fumier, les déchets
alimentaires et les résidus agricoles, est fermentée ou soumise à une digestion anaérobie.
Toutes les matières organiques, qu’elles soient d’origines animale et végétale, peuvent être
méthanisées pour être transformées en biogaz. Ce combustible peut être brulé pour la
réfrigération, la cuisine, le chauffage, l’éclairage et peut générer de l’électricité pour alimenter
les réseaux électriques, une ressource essentielle dans les régions pauvres en énergie en
Afrique.
Déchets agricoles : déjections animales, résidus de récolte comme les pailles
Déchets verts : tontes de gazon
Déchets d’industries agroalimentaires : abattoirs, vignes, laiteries, des boues de stations
d’épuration. La méthanisation doit avoir lieu dans une installation confinée appelée digesteur,
en l’absence d’oxygène. Les micro-organismes naturellement présents dans la matière
organique dégradent celle-ci et produisent le biogaz, ainsi qu’un résidu appelé digestat. Le
biogaz est un mélange de 50% à 70% de méthane, 20% à 50% de gaz carbonique (Co2),
quelques traces d’azote, d’ammoniac et de sulfure d’hydrogène.
I-1-1-Usage du Biogaz
Comme le gaz naturel, le biogaz est principalement transformé en chaleur (en le brulant dans
une chaudière), en électricité (à partir de l’Energie dégagée par la combustion). Il peut
permettre de la production combinée d’électricité et de chaleur : on parle alors de
cogénération. Le biogaz peut également être purifié (en retirant le Co2, l’eau et le sulfure
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d’hydrogéné) pour être injecté sur les réseaux « traditionnels » de gaz naturel : on le qualifie
dans ce cas également de « biométhane ». Il peut alors notamment être utilisé comme
carburant pour véhicules.
I-1-2-La production du Biogaz
Le biogaz est obtenu par décomposition de matières organiques grâce à l’action de bactéries
agissant en milieu anaérobie, c’est – à- dire privé d’oxygène. Cette réaction se produit
spontanément dans des décharges et dans des écosystèmes naturels (marais, rizières, etc.) où
l’on peut observer des bulles à la surface de l’eau mais elle peut aussi être provoquée dans des
méthaniseurs. La production de biogaz contrôlée par l’homme intervient dans un digesteur
(installation confinée) et s’accompagne également de celle d’un « digestat », résidu solide ou
liquide utilisable comme fertilisant. (En France 2024).
I-1-3-Composition du Biogaz
Le biogaz est principalement composé de méthane(50à70%°), mais aussi de dioxyde de
carbone et de qualités variables de vapeur d’eau et de sulfure d’hydrogène, notamment dans
les biogaz de décharges.
I-1-4-Biogaz des atouts pour l’environnement
La méthanisation est une solution qui permet à la fois de valoriser de la matière organique (ce
qui réduit la quantité de déchets organiques à traiter par d’autres filières) et de produire de
l’énergie. Elle contribue dans ce cadre à diminuer les émissions de gaz à effet de serre en
permettant de remplacer les énergies fossiles par du biogaz pour la production de chaleur,
d’électricité ou de carburant. Sa production et son utilisation maitrisées évitent de plus des
émissions non contrôlées dans l’atmosphère de méthane, un gaz à effet de serre au potentiel
de réchauffement 28fois plus puissant que le C02 sur 100ans d’après le GIEC.
II- RESULTAT DU BIOETHANOL
Le bioéthanol en Afrique présente un fort potentiel pour la transition énergétique et le
développement économique, mais il est confronté à des défis majeurs comme mécanisation
agricole. Des pays comme l’Afrique du Sud, Madagascar, le Ghana et l’Ouganda développent
la production de bioéthanol à partir de canne à sucre ou de maïs, y compris pour des usages
domestiques. Le bioéthanol est un carburant produit à base de céréales ou de betterave à
sucre, produit en France et en Europe. Il s’agit du carburant de provenance naturelle le plus
utilisé le phénomène de biomasse à base de matière première végétal. Le bioéthanol aussi
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appelé E85 ou superéthanol, est un biocarburant nouvelle génération utilisable dans la
majorité des moteurs à essence. Il est composé de 65% à 85% d’éthanol.
II-1- Composition chimique du bioéthanol
Chimiquement, l’éthanol synthétique et l’éthanol biologique sont indifférenciables. Leur
composition chimique est identique : C2H5OH. La seule différence est la composition
isotopique de carbone, le bioéthanol est issu de matériaux modernes.
II-1-1- Fabrication du bioéthanol
En effet, il faut broyer la canne à sucre puis la cuire, et lui faire subir une hydrolyse avant de
la refroidir. Vient ensuite l’étape de la fermentation, puis celle de la distillation en éthanol.
II-1-2-La production du Bioéthanol
Le bioéthanol peut être produit à partir de diverses matières riches en sucre et en amidon,
principalement par fermentation (où les bactéries digèrent la matière dans un environnement
pauvre en oxygène) et par distillation. Il peut également être produit par réaction de l’éthylène
avec de la vapeur. La production de bioéthanol par fermentation produit un résidu appelé
drêches de distillerie avec solubles. Les drêches de distillerie avec solubles sont considérées
comme des sous-produits et non comme des déchets si elles sont utilisées sans autre
transformation, que ce soit comme aliment pour animaux ou comme combustible.
II-1-3- Les avantages du Bioéthanol
Avantage premier du biocarburant est l’économie pouvant être réalisé grâce à ce carburant.
En moyenne, le E85 coûté 0,80 centimes d’euros au litre soit, moitié moins cher que le sans
plomb 95. La préoccupation écologique étant de plus présente, le bioéthanol permet de faire
un pas de plus contre le réchauffement climatique. Il permet de réduire de 90% les émissions
de particules fines en comparaison à l’essence, ainsi qu’environ 70% de gaz à effet de serre. Il
est estimé que le bioéthanol qui est produit en France permet d’économiser 1million de tonnes
de C02 par an.
II-1-4- Les inconvénients du Bioéthanol
Augmentation de la consommation le biocarburant est peut-être moins cher, mais il entraîne à
une surconsommation de 15% à 25% par rapport à l’essence. Bien que le bioéthanol émette
moins de C02 que les carburants fossiles, il produit d’autres polluants comme les oxydes
d’azote, nuisibles à la santé et à la qualité de l’air.
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III- RESULTAT DU BIODIESEL
Le biodiésel ou le diester est un mono-alkyle ester à longue chaîne d’acide gras dérivé des
graisses animales ou des huiles végétales, issu de l’agriculture, non toxique et renouvelable.
Le biodiesel est contrairement au pétrodiesel qui est formé de plusieurs hydrocarbures
composés uniquement d’atomes de carbone et d’hydrogène mais le biodiesel contient de
l’oxygène. C’est un biocarburant très semblable au diesel conventionnel et peut être utilisé
avec des moteurs sans les adapter ou les modifier.
III-1- Matières premières pour la production du biodiesel
Généralement, la production du biodiesel est basée sur l’utilisation des matières premières
d’origine organique. Les huiles végétales vierges ou usagées, les huiles extraites d’algues ou
des microalgues et les graisses animales sont les principales sources de matières premières
utilisées pour la production du biodiesel.
III-1-1- Les différents procédés de production du biodiesel
Le biodiesel est un combustible biodégradable produit à partir des huiles végétales ou des
graisses animales par des différents procédés de transformation des triglycérides contenus
dans ces matières grasses. Les procédés de production de biodiesel sont adaptés pour différent
types de matières premières, conditions de réactions et exigences de production. Beaucoup de
travaux ont été effectués dans le but de produire des dérivés des huiles végétales ayant des
propriétés et performances assez voisines de celles du diesel. Ils sont utilisés à différentes
échelles en fonction des ressources disponibles et des réglementations locales.
III-1-2 Utilisation de biodiesel
Le biodiesel est connu comme carburant de substitution au carburant conventionnel (ou le
pétrodiesel) de ressource fossile pour les moteurs à diesel. L’utilisation du biodiesel dans le
mélange pétrodiesel-biodiesel est identifiée par l’abréviation où indique le pourcentage de
biodiesel dans le mélange. Dans le biodiesel de type B2O, le taux de biodiesel utilisé pour le
mélange biodiesel-pétrodiesel est de 20% tandis que le pétrodiesel présente un taux de 80%. Il
existe plusieurs types du biodiesel dont B2, B5, B10, B20, B100 et leurs utilisations sont
exprimées suivant les valeurs de « xx » correspondent au mélange. Les secteurs appartiennent
pour l’utilisation de biodiesel sont donnés ci-dessous :
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➢ Les véhicules routiers : Le biodiesel est utilisé comme un carburant additif pour les
camions lourds, les parcs de véhicules, les autobus scolaires et les autobus de transport en
commun.
➢ Les véhicules hors route : On utilise le biodiesel dans les matériels agricoles (engins), les
matériels de construction (grues), et dans les matériels d’exploitation minière (forages).
➢ Le biodiesel est également utilisé dans les matériels fixes comme les appareils de chauffage
et aussi pour les génératrices ou groupes électrogènes.
III-1-3 Avantages des biodiesels
Les avantages des biocarburants sont nombreux au niveau de leur utilisation dans les moteurs
diesels : ❖ Les biodiesels ont des indices de cétane élevé, c'est-à-dire, ils ont une combustion
facile : un ajout de 20% de biodiesel (B20) améliore l’indice de cétane de 3%
❖ Les biodiesels procurent aux moteurs une durée de vie plus élevée à cause de leur propriété
lubrifiante élevée.
❖ La combustion des biodiesels se fait de manière quasiment complète grâce à la présence
d’oxygène dans les esters d’acides gras.
❖ Les biodiesels peuvent être mélangés avec le gazole en toutes proportions.
❖ Les biodiesels peuvent être utilisés dans tous les moteurs diesels sans qu’on y apporte des
modifications notables.
TROISIEME PARTIE : DISCUSSION
Les résultats obtenus montrent que la valorisation des déchets organiques en biogaz,
bioéthanol et biodiesel constitue une alternative crédible aux énergies fossiles. En effet, la
méthanisation des déchets agricoles, ménagers ou agro-industriels permet à la fois de réduire
la quantité de déchets et de produire une énergie renouvelable à faible émission de gaz à effet
de serre (Askri, 2015; GIEC, 2014). Ce double avantage, à la fois énergétique et
environnemental, confirme la pertinence du biogaz comme solution pour les pays en
développement, notamment Madagascar où l’accès à l’électricité reste limité (REN21, 2023).
Toutefois, la mise en œuvre de projets de méthanisation nécessite des infrastructures adaptées
et une sensibilisation accrue des populations locales à la gestion des biodéchets (Gouilliard &
Legendre, 2003).
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Concernant le bioéthanol, son potentiel énergétique est indéniable. Sa production à partir de
canne à sucre ou de maïs pourrait réduire la dépendance au charbon de bois et contribuer à la
transition énergétique (FAO, 2018). Cependant, son développement se heurte à plusieurs
limites, notamment la concurrence entre l’usage alimentaire et énergétique des cultures (Sorda
et al., 2010). Ce dilemme est particulièrement critique dans les pays où l’insécurité
alimentaire est encore présente (FAO, 2018). De plus, bien que le bioéthanol réduise
considérablement les émissions de particules fines et de CO₂, il peut générer d’autres
polluants comme les oxydes d’azote, ce qui nécessite une réflexion sur les impacts sanitaires à
long terme (Cherubini, 2010).
Le biodiesel, pour sa part, présente l’avantage de pouvoir être utilisé sans modification
majeure des moteurs diesel existants (Demirbas, 2009). Ses propriétés lubrifiantes améliorent
la longévité des moteurs, et son indice de cétane élevé favorise une combustion plus complète
que celle du gazole classique (Demirbas, 2009). Cependant, les contraintes majeures résident
dans la disponibilité des matières premières (huiles végétales, graisses animales,
microalgues). Une production massive pourrait entrer en concurrence avec l’agriculture
vivrière, accentuant les risques de déforestation et de pression sur les sols (Cherubini, 2010;
FAO, 2018). Ainsi, pour Madagascar et d’autres pays en développement, la production de
biodiesel devrait être envisagée en priorité à partir d’huiles usagées ou de cultures non
alimentaires comme le jatropha (Sorda et al., 2010).
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CONCLUSION
L’étude menée sur la valorisation des déchets organiques en biogaz, bioéthanol et biodiesel
met en évidence l’importance stratégique de la biomasse comme levier de transition
énergétique durable. Les résultats confirment que ces filières constituent non seulement une
solution énergétique renouvelable, mais également un moyen efficace de gestion des déchets,
contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’économie [Link]
biogaz se distingue par sa capacité à fournir simultanément chaleur, électricité et carburant,
tout en limitant l’accumulation des déchets organiques. Le bioéthanol représente une
alternative pertinente aux carburants fossiles, en particulier dans les secteurs domestiques et
du transport, mais il reste confronté à la problématique de la concurrence avec les cultures
alimentaires. Quant au biodiesel, il constitue un substitut direct au gazole conventionnel et
présente des avantages techniques indéniables, bien que sa viabilité dépende fortement de la
disponibilité durable des matières premières.
Ainsi, la valorisation énergétique des déchets organiques offre des perspectives prometteuses
pour Madagascar et les pays en développement. Toutefois, sa réussite nécessite une volonté
politique forte, l’adoption de réglementations favorables, la mobilisation d’investissements
adaptés ainsi qu’une sensibilisation accrue des populations. En combinant innovation
technologique, politiques publiques cohérentes et implication communautaire, la biomasse
pourrait devenir un pilier essentiel de l’indépendance énergétique et du développement
durable.
Nous proposons la solution :
1. Sur le plan politique et institutionnel : Mettre en place un cadre réglementaire clair
et incitatif pour le développement des filières biogaz, bioéthanol et biodiesel.
2. Instaurer des politiques de subventions et d’exonérations fiscales pour les
investissements dans les énergies renouvelables issues de la biomasse.
2. Sur le plan technique et économique : Développer des unités de méthanisation
adaptées aux réalités rurales et urbaines, afin de produire du biogaz à partir des
déchets ménagers et agricoles. Promouvoir la production de bioéthanol et de biodiesel
à partir de matières premières non alimentaires (ex. : jatropha, huiles usagées,
microalgues) pour éviter la concurrence avec l’alimentation.
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BIBLIOGRAPHIQUES
Askri, F. (2015). Valorisation énergétique des déchets organiques : compostage et
méthanisation. Revue des Energies Renouvelables, 18(2), 345-356.
Gouilliard, D., & Legendre, F. (2003). Gestion et valorisation des déchets biodégradables.
Éditions Lavoisier.
GIEC (2014). Rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat –
Contribution du Groupe de travail III : Atténuation du changement climatique. Cambridge
University Press.
Demirbas, A. (2009). Biofuels: Securing the Planet’s Future Energy Needs. Springer.
Cherubini, F. (2010). The biorefinery concept: Using biomass instead of oil for producing
energy and chemicals. Energy Conversion and Management, 51(7), 1412-1421.
REN21 (2023). Renewables 2023 Global Status Report. Paris: REN21 [Link]
(2018). Biocarburants et sécurité alimentaire. Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture.
Sorda, G., Banse, M., & Kemfert, C. (2010). An overview of biofuel policies across the
world. Energy Policy, 38(11), 6977-6988.
BRIK Leila et GUERRICHA Amira « La valorisation des déchets » 23-09-2021
RANDRIANASANDRATRINIOVY Tsinjo Fabien « Production du biodiesel à partir de
l’huile végétale de Ricin »
AGABI Rania, BOUHADID Amina, LAHOUARECHE Yasmine « Valorisation des déchets
organiques ».
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