ENSPD GESTION DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
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UNIVERSITE DE DOUALA THE UNIVERSITY OF DOUALA
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ECOLE NATIONALE SUPERIEURE NATIONAL HIGHER POLYTECHNIC
POLYTECHNIQUE DE DOUALA SCHOOL OF DOUALA
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B.P. 2701 Douala P.O.Box:2701 Douala
Tél. (237) 697 542 240 Phone :(237) 697 542 240
Site web : www.enspd-udo.cm Email:
[email protected]GESTION DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE
Semestre 9
Volume horaire: CM+TD+TPE : 30 heures
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Introduction générale
Les enjeux socio-économiques croissants, liés aux impératifs de sécurité des
hommes et des matériels, aux exigences de protection de l'environnement et de réduction
des nuisances et aux gains de productivité sur des systèmes de plus en plus complexes,
placent les problèmes de maintenance au centre des préoccupations relatives aux systèmes
de production de biens et de services. Plusieurs facteurs induisent une véritable mutation
de la maintenance parmi lesquels une complexification de l'objet maintenu et de l'outil de
maintenance, étroitement liée aux nouvelles technologies. Dans ce contexte, la
maintenance et ses nouvelles formes de type prédictive et basée sur la fiabilité sont à
considérer comme un levier d'action sur la performance globale des systèmes de
production dans les logiques de développement durable.
Le cours de Gestion de la maintenance, semestre 9 dispensé vise à offrir aux
différents secteurs de l'économie (production manufacturière, petites et moyennes
entreprises, services, bureaux d’études, banques…) des ingénieurs capables de concevoir,
gérer, organiser et optimiser le fonctionnement des systèmes complexes de production de
biens ou de services. Ces systèmes qui intègrent à la fois les ressources humaines,
financières, matérielles et immatérielles et les flux de matières, matériaux, énergies et
informations.
Les contributions les plus importantes des enseignements dispensés en génie
industriel pour les organisations et la société sont :
• Une approche " système " qui assurent la prise en compte efficace et
optimale de toutes les parties d'un système d'une organisation, comprenant les aspects
humains, économiques et technologiques;
• Des processus rigoureux d'amélioration continue de la productivité visant à
faire plus avec moins et maximiser la rentabilité d'affaires des organisations;
• Une capacité de modélisation et de simulation des systèmes de production,
des processus et des services ; des outils pour regarder un problème d'une façon structurée
et déterminer des façons de le résoudre;
• Des méthodes d'analyses et de mesures quantitatives éprouvées;
• Un souci constant des interactions et de l'intégration des aspects humains,
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économiques et technologiques et des diverses disciplines concernés par une situation;
• Un souci constant de l'environnement et de la santé et sécurité;
• Une application constante de méthodes scientifiques pour prendre des
décisions d'affaires.
Le concept d’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 est un défi qui peut être
relevé avec une croissance du nombre d’ingénieurs, sachant que les pôles d’action
reposent sur l’industriel de production et de transformation, sur la révolution agricole et la
protection de environnement, sur le relèvement du niveau d’infrastructures de transport
(routières, ferroviaires, maritimes…) et bien d’autres domaines de l’ingénierie de
procédés industriels sont très variés. On peut citer, entre autres :
Parapétrolier (en anglais « Oil & Gas »)
Procédés de production onshore (installations sur terre ferme), offshore et sous-
marins (installations en mer, plates-formes)
Raffinage : processus de transformation à partir du pétrole brut pour obtenir des
dérivés de base
Gaz : traitement/liquéfaction/production
Pétrochimie : processus de transformation pour l’obtention des dérivés complexes
Énergies renouvelables : production, transformation et transport d’énergie produite
à partir de sources non fossiles (hydroélectrique, solaire, géothermique, éoliennes,
biomasse, etc.)
Chimie : processus chimique de transformation à partir de matières premières
Pharmacie : processus pour la production des médicaments et autres produits
pharmaceutiques
Biologie : industries médicales et bio-médicales
Ciment : production de liants hydrauliques à base de matières premières minérales
Papeterie : processus de fabrication à partir de cellulose (papier, emballage, cartons,
etc.)
Agroalimentaire : production de produits alimentaires élaborés à partir des matières
alimentaires de base
Mines, métaux et minéraux : extraction de minerais et production de métaux et
minéraux purifiés à partir de ces minerais
Automobile
Aéronautique : aviation, aérospatiale
Informatique
Dans le cadre de nos missions d’encadrement et de formation des futurs ingénieurs,
l’accent est mis sur l’acquisition par ces derniers de compétences pratiques et applicables
en milieu industriel hautement compétitif.
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Chapitre 1: GENERALITES SUR LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE
I- LA FONCTION MAINTENANCE
La mission globale de la maintenance est la diminution du rapport
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I.1 Définition selon la norme NF-EN 13306
I.2 Maintenance/Entretien
Entretien: Ensemble des travaux ayant pour but de maintenir dans leur état existant
les ouvrages ou équipements existants sans changer leur usage ou leur fonction.
I.3 – Domaines d’action de la fonction maintenance :
Dans une entreprise, il existe un grand nombre de matériels différents qui sont liés
ou non à la production. C’est dans ce contexte qu’apparaît la nécessaire polyvalence des
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techniciens de maintenance ainsi que leurs capacités d’adaptation. La liste (non exhaustive)
qui suit permet de se rendre compte de la variété des actions qui constituent souvent le
quotidien de la mission d’un service maintenance.
Pour tous ces points, l’objectif permanent est de maintenir les matériels dans un
état optimal de service. La priorité sera bien sur toujours orientée vers l’outil de
production. Le service maintenance doit donc maîtriser le comportement des matériels en
gérant les moyens nécessaires et disponibles. C’est là que l’importance de la mutation de
l’entretien traditionnel vers une logique de maintenance prend toute son importance.
II- FONCTIONS ET TÂCHES ASSOCIÉES À LA MAINTENANCE
Le service de maintenance est en charge de:
II.1 – Etudes et méthodes
Fonctions études et méthodes : optimisation des tâches en fonction des critères
retenus dans le cadre de la politique de maintenance définie par l’entreprise.
Etudes techniques
Etudes d’améliorations, études de conception et de reconception des équipements
ou des travaux neufs, analyse des conditions et des accidents du travail.
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Préparation et ordonnancement
Etablissement des fiches et gammes d’instructions pour le personnel, constitution
de la documentation pour les interventions, établissement des plannings d’interventions et
d’approvisionnements en pièces de rechange, réception et classement des documents
relatifs à l’intervention et remise à jour des dossiers techniques.
Etudes économiques et financières
Gestion des approvisionnements, analyse des coûts (maintenance, défaillance,
fonctionnement), rédaction du cahier des charges et participation à la rédaction des
marchés (travaux neufs, investissements, sous-traitance), gestion du suivi et de la
réception de ces marchés.
Stratégie et politiques de la maintenance
Définition, choix et élaboration des procédures de maintenance (corrective,
préventive), des procédures de contrôle, des procédures d’essais et de réception,
détermination des domaines d’actions préventives prioritaires, étude des procédures de
déclenchement des interventions, gestion de la sécurité dans l’organisation de
l’environnement industriel.
Pour remplir cette fonction, les techniciens des études et des méthodes disposent :
de dossiers techniques fournissant toutes les caractéristiques des matériels, des fiches
d’historiques résumant les opérations déjà effectuées, de la documentation constructeurs
et fournisseurs, des banques de données informatiques.
II.2 – Exécution / Mise en œuvre
L’aspect pluri techniques de cette fonction nécessite une grande expérience sur les
matériels et une connaissance approfondie des différentes technologies. Le technicien
devra agir avec beaucoup de rigueur pour rendre son action efficace. Il sera aidé par les
documents et procédures établis par la fonction « études et préparation ».
Les principales tâches sont : gestion de l’intervention de maintenance,
connaissance comportementale du matériel, pilotage des interventions, application des
consignes et règles d’hygiène, sécurité et conditions de travail, installation des machines
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et des matériels (réception, contrôle, mise en fonctionnement), information du personnel
sur les équipements, remise en main du matériel après intervention, gestion de
l’ordonnancement, établissement de diagnostics de défaillance de matériels, établissement
de consignes d’utilisation intégrant les consignesd’hygiène et de sécurité, gestion des
stocks (des pièces de rechange, outillages, appareils de contrôle)
II.3 – La fonction documentation et ressources
Indispensable à tout le service, cette fonction est la mémoire de l’activité sur
laquelle s’appuieront les études ultérieures en vue de définir une politique de maintenance.
Elle est aussi une source inestimable de renseignements pour la fonction « études et
méthodes ».
Les principales tâches sont : élaboration et tenue des inventaires, constitution et
MAJ des dossiers techniques, des historiques, des dossiers économiques, constitution
d’une documentation générale, technique et réglementaire, constitution d’une
documentation fournisseurs.
II.4 - Organisation de la fonction maintenance
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III- DOCUMENTATION EN MAINTENANCE
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IV – LES FORMES DE MAINTENANCE :
Généralités sur la maintenance industrielle
Définition des principaux concepts de la maintenance :
Définitions (extraits normes NF EN 13306) :
La maintenance corrective : maintenance exécutée après défaillance et destinée à
remettre un bien dans un état dans lequel il peut accomplir une fonction requise.
Défaillance : altération ou cessation de l’aptitude d’un bien à accomplir la fonction
requise.
Il existe 2 formes de défaillance :
Défaillance partielle : altération de l’aptitude d’un bien à accomplir la fonction requise.
Défaillance complète(panne) : cessation de l’aptitude d’un bien à accomplir la fonction
requise.
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IV.1 – Maintenance corrective
Elle se décline sous deux formes:
Maintenance corrective curative ou reparation
Maintenance corrective palliative ou depannage
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IV.2 – La maintenance préventive :
On distingue:
La maintenance préventive systématique
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Remarque : de plus en plus, les interventions de la maintenance systématique se font par
échanges standards.
La maintenance préventive conditionnelle
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• La maintenance
La maintenance préventive prévisionnelle
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V – LES OPERATIONS DE MAINTENANCE
Les opérations sont caractéristiaques du type de maintenance.
V.1 – Les opérations de maintenance corrective
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V.2 – Les opérations de maintenance préventive
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V.3 – Autres activités liées à la maintenance :
Révision : Ensemble des actions d’examens, de contrôles et des interventions effectuées
en vue d’assurer le bien contre toute défaillance majeure ou critique, pendant un temps ou
pour un nombre d’unités d’usage donné.
Les échanges standards : Reprise d’une pièce ou d’un organe ou d’un sous-ensemble
usagé, et vente au même client d’une pièce ou d’un organe ou d’un sous-ensemble
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identique, neuf ou remis en état conformément aux spécifications du constructeur,
moyennement le paiement d’une soulte dont le montant est déterminé d’après le coût de
remise en état.
La rénovation (extrait de la norme NF X 50-501, février 1982) :
Inspection complète de tous les organes, reprise dimensionnelle complète ou
remplacement des pièces déformées, vérification des caractéristiques et éventuellement
réparation des pièces et sous-ensembles défaillants, conservation des pièces bonnes.
La reconstruction : Remise en l'état défini par le cahier des charges initial, qui impose le
remplacement de pièces vitales par des pièces d'origine ou des pièces neuves équivalentes.
La modernisation : Remplacement d'équipements, accessoires et appareils ou
éventuellement de logiciel apportant, grâce à des perfectionnements techniques n'existant
pas sur le bien d'origine, une amélioration de l'aptitude à l'emploi du bien.
Les travaux neufs
La sécurité : La sécurité est l'ensemble des méthodes ayant pour objet, sinon de supprimer,
du moins de minimiser les conséquences des défaillances ou des incidents dont un
dispositif ou une installation peuvent être l'objet, conséquences qui ont un effet destructif
sur le personnel, le matériel ou l'environnement de l'un et de l'autre.
La maintenance d’amélioration
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VI – NIVEAUX ET ECHELONS DE MAINTENANCE
VI.1 – Niveaux de maintenance
La maintenance et l’exploitation d’un bien s’exercent à travers de nombreuses
opérations, parfois répétitives, parfois occasionnelles, communément définies jusqu’alors
en niveaux de maintenance.
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VI.2 – Echelons de maintenance
Il est important de ne pas confondre les niveaux de maintenance avec la notion
d’échelon de maintenance qui spécifie l’endroit où les interventions sont effectuées. n
définit généralement 3 échelons qui sont:
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Chapitre 2: ANALYSE DES DEFAILLLANCES MAINTENANCE
BASEE SUR LA FIABILITE.
I- INTRODUCTION
L’exécution de la maintenance dans une entreprise industrielle est d’une
importance capitale pour maintenir les équipements en état de bon fonctionnement. La
maintenance, dans sa plus large définition, est l’ensemble de toutes les opérations de
gestion, de programmation et d’exécution. Le calcul de la fiabilité d’un équipement
constitue un outil incontournable pour évaluer l’efficacité de n’importe quelle entité.
Le but de la maintenance est de mettre en œuvre les objectifs (coûts, délai, qualité,
etc.) fixés par la direction de production en tenant compte des événements (perturbations,
aléas, etc.) de l’environnement. La stratégie de la maintenance basée sur la fiabilité est
l’ensemble des décisions qui conduisent : à définir le portefeuille d’activités de la
production de maintenance, c'est-à-dire, à décider des politiques de maintenance des
matériels (méthodes correctives, préventives, amélioratives à appliquer à chaque matériel)
et, conjointement, à organiser structurellement le système de conduite et les ressources
productives pour y parvenir dans le cadre de la mission impartie (objectifs techniques,
économiques et humains).
II- LA NOTION DE FIABILITE D’UN SYSTEME
Un système peut être défini comme un ensemble de composants interdépendants,
connus pour réaliser une fonction donnée, dans des conditions données et dans un
intervalle de temps donné. Pour chaque système, il importe de définir clairement les
éléments qui le caractérisent, à savoir: la fonction, la structure, les conditions de
fonctionnement, les conditions d’exploitation et l’environnement dans lequel il est appelé
à opérer.
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II.1- Définitions
La fiabilité d’un système s’exprime par la probabilité que ce dispositif accomplisse
une fonction requise dans des conditions d’utilisation et pour une période de temps
déterminée. C’est donc une grandeur comprise entre 0 et 1. Nous la
désignons, dans ce qui suit par R(t) où t désigne la durée de la mission.
R(t) = P (durée de vie du système >t) (2.1)
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La fiabilité d'un équipement dépend de nombreux facteurs
Figure 2.1. Types de fiabilité
La durée de vie d’un système est une mesure de la quantité de service rendu. Selon
le système étudié, elle s’exprime en termes de temps, de kilomètres, d’heures de
fonctionnement ou autre.
Le fait que la défaillance d’un système puisse survenir à n’importe quel moment
amène à considérer la durée de vie comme une variable aléatoire à laquelle on peut
associer une fonction de densité f(t).
Il importe de rappeler que f(t).dt est la probabilité que la durée de vie d’un système
soit comprise entre t et t + dt (équation 2.2), ou encore la probabilité qu’il tombe en panne
entre t et t + dt (figure 2.2)
f(t).dt = P(t < durée de vie du système < t+dt) (2.2)
On a :
+∞
�(�)�� = 1 (2.3)
0
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F(t) est la fonction de répartition ou la fonction de distribution associée aux durées de vie.
F(t) peut s’interpréter comme la probabilité que la durée de vie du composant soit
supérieure ou égale à t (équation 2.4).
F(t) = P(durée de vie du système =t) (2.4)
En supposant qu’en tout temps, le système est soit opérationnel ou défaillant, il s’ensuit
que :
Pour tout t, R(t)+F(t) = 1 (2.5)
De par la définition de la fonction densité f (t) et en se basant sur les concepts
de base de probabilité, on a :
+∞
R(t) = f(x)dx (2.6)
t
t
F(t) = 0
f(x)dx (2.7)
dF(t)
f(t) = (2.8)
dt
dR(t)
f(t) =− (2.9)
dt
Figure 2.2. La fonction densité de durée de vie
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II.2- Taux de défaillance
La défaillance d’un équipement peut être caractérisée par un taux appelé taux de
défaillance ou taux de mortalité (pour une famille d’équipements).
Le taux de défaillance est la probabilité conditionnelle que l’équipement tombe en
panne entre l’instant t et t + ∆t sachant qu’il a survécu jusqu'à l’instant t. Il peut aussi être
défini comme la proportion de composants ayant survécu jusqu’à l’instant t (équation
2.10). Il représente également la vitesse d’arrivée de la panne.
N(t) − N(t + ∆t)
λ(t) = (2.10)
N(t)∆t
Avec :
N(t) : Nombre de composants ayant survécu jusqu’à l’instant t.
N(t+ ∆t) : Nombre de composants ayant survécu jusqu’à l’instant t+∆t.
Pour un équipement (système réparable) le taux de défaillance se traduit souvent
par une courbe dite « courbe en baignoire » mettant en évidence 3 époques
Figure 2.3. Courbe en baignoire
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la première est appelée période de mortalité infantile ou le taux de panne est en
décroissance ce qui correspond aussi au rodage; la deuxième partie n’est autre que la
durée de vie utile : c’est la zone ou le taux de panne est constant; la dernière partie est
appelée le vieillissement ou l’usure : en atteignant cet âge, le composant commence à
vieillir et le taux de panne augmente en fonction du temps.
La fiabilité est une fonction décroissante de l’usage fait de l’équipement. Elle est
reliée au taux de panne λ(t) par la relation suivante
t
− 0 λ(x)dx
R(t) = e (2.11)
Où t est la durée de la mission considérée.
II.3- Formes de maintenance et taux de défaillance
Il existe une relation entre la période dans laquelle se situe le matériel et la méthode
de maintenance à lui appliquer.
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Figure 2.4. Forme de maintenance et taux de défaillance
La vie utile d’un composant comporte des cycles de fonctionnement. Au cours d’un
cycle, l’état du composant passe de l’état de fonctionnement à l’état de défaillance (figure
2.3). Le cas particulier de l’époque de maturité : durant cette période, le taux de
défaillance est sensiblement constant, la fiabilité peut donc se caractériser par la MTBF
(Mean Time Between Failure): moyenne des temps de bon fonctionnement entre
défaillances consécutives.
La moyenne de temps de bon fonctionnement (MTBF) est définie comme la durée
moyenne de bon fonctionnement du composant (figure 2.5). L’expression du MTBF est
donnée par l’équation 2.12. La moyenne de temps de bon fonctionnement comporte la
MUT (Mean Up Time) qui est la moyenne de temps de fonctionnement et la MDT (Mean
Down Time) qui est la moyenne de temps de panne. Cette dernière est composée de la
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moyenne de temps technique de réparation (MTTR) qui est la durée moyenne de
réparation du composant sur un horizon de temps T (figure 2.5) et une fraction de temps
nécessaire à la détection de la panne et à la remise en route du composant.
La durée moyenne entre deux défaillances (MTBF) correspond à l’espérance
mathématique de la variable aléatoire T. Son expression est donnée par l’équation 2.12
+∞
MTBF = R(t)dt (2.12)
0
Figure 2.5 : La présentation des différentes grandeurs en fonction du temps
D’un point de vue pratique, la figure 2.6 présente un schéma global de
détermination des caractéristiques de la fiabilité opérationnelle d’un composant à partir
d’une banque de données, de l’historique des pannes ou du retour des expériences. Ces
données nous permettent de déterminer la durée de vie observée et de déduire les
différentes caractéristiques telles que le taux de panne, la fiabilité, la défaillance, etc.
Pour mettre en place une politique de maintenance adéquate, il est important de
comprendre les phénomènes de défaillance et de dégradation des composants. Il existe
deux types de défaillances: la défaillance catalectique complète et soudaine et la
défaillance par dérive. Cette dernière est due à un phénomène d’usure.
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Exemple
II.4- Loi de survie
La loi de survie est déployée par l’évaluation de la fiabilité d’une famille
d’équipements identiques mis dans les conditions d’exploitation identiques à une date t.
On observe le comportement de ces équipement à différents horizons de temps.
2024/2025 35 Pr Idellette SOM
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Exemple: Soit un groupe de 300 matériels identiques, utilisés de la meme manière et mis
en service à la meme date. Calculer les paramètres de fiabilité.
Période t Survivants Mortalité absolue
N(t)
0 300 0
1 260 40
2 235 25
3 205 30
4 160 45
5 115 45
6 75 40
7 40 35
8 15 25
9 0 15
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II.5- Evaluation de la fiabilié opérationnelle
L’analyse de la défaillance est faite non seulement dans le but de réparer ou
dépanner un système défaillant, mais également de chercher à éviter la réapparition du
défaut. Une expertise doit permettre, à l’issue d’une défaillance d’un équipement, de
déterminer les causes qui peuvent être soit un processus intrinsèque ou une imputation.
Figure 2.6: Concepts relatifs à l’état d’un équipement.
L’évaluation de la fiabilité opérationnelle est réalisée à partir d’un échantillon
relatifs aux temps de bon fonctionnement de l’équipement(temps entre deux défaillances
consécutives). En fonction de la taille de cet échantillon , une démarche est proposée:
Les lois de fiabilité pour les échantillons de taille N < 50
La statistique descriptive pour les échantillons de taille N ≥ 50
2024/2025 37 Pr Idellette SOM
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II.5.1- Les lois de fiabilité
La détermination de la fiabilité d’un système électronique, mécanique ou
autre nécessite tout d’abord de connaître la loi de la fiabilité (ou la loi de défaillance) de
chacun des composants intervenant dans le système. Ceci est simple pour certains types de
systèmes tels que les systèmes électroniques, or ce n’est pas le cas pour des systèmes
mécatroniques, des systèmes automatisés de production, bref des systèmes industriels à
cause de la complexité de la structure du système étudié.
Les systèmes industriels que l’on retrouve dans l’usine moderne, sont des
ensembles d’éléments technologiques liés par des relations statiques et dynamiques assez
complexes. Pour un système électronique chaque composant à un poids important dans la
fiabilité du système, la fiabilité du système est donc calculé en fonction de la fiabilité de
tous ses composants. Les calculs sont effectués sous l’hypothèse que les taux de
défaillance sont constants dans le temps, une hypothèse acceptable pour la plupart des
composants, ce qui rend les calculs beaucoup plus simple.
La détermination des taux de défaillance des composants est effectuée soit à partir
des modèles développés dans des bases de données disponibles, soit à partir d’essais
2024/2025 38 Pr Idellette SOM
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effectués sur les composants ou bien à partir des résultats d’exploitation des produits. La
fiabilité d’un système industriel, contrairement à l’électronique, repose sur la fiabilité de
quelques composants élémentaires responsables de son dysfonctionnement, dits
composants critiques.
Dans le cadre de cours, nous nous limitons à l’évaluation de la fiabilité par la loi
de Weibull en utilisant les bases de données disponibles pour un système industriel en
exploitation (historique de défaillances).
Figure 2.7: La détermination expérimentale des différentes caractéristiques d’un composant
II.5.1- La loi de Weibull
2024/2025 39 Pr Idellette SOM
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La distribution de Weibull est souvent utilisée dans le domaine de l'analyse de
la durée de vie, grâce à sa flexibilité car elle permet de représenter au moins
approximativement une infinité de lois de probabilité.
Fonction de fiabilité � (�)
La forme générale de la fonction de fiabilité est désignée par � (�) représentant la
probabilité de bon fonctionnement à l'instant �.
�− � �
−
� � =� � (2.12)
où �, �, � définissent la distribution de Weibull avec
� : Paramètre de forme ( � > 0 ), ce paramètre donne des indications sur le mode des
défaillances et sur l'évolution du taux de défaillance dans le temps.
� : Paramètre d’échelle (� > 0), ce paramètre permet d'utiliser le papier de Weibull quel
que soit l'ordre de grandeur de �.
� : Paramètre de position (−∞ > � > + ∞)
Sa fonction de répartition � (�) est la probabilité que le dispositif soit en panne à
l'instant �. Elle est exprimée par :
�− � �
−
� � =1−� � (2.13)
Son taux instantané de défaillance � (�) est un estimateur de fiabilité. Il s’exprime
par:
�−1
� �−�
� (�) = (2.14)
� �
Sa densité de probabilité �(�) se calcul par l’expression suivante :
� �−� �−1 �− � �
−
� � =� � � � = .� � (2.15)
� �
Remarque : Pour
�=0 1 1
→�= =
�=1 � ����
L'expression de la loi de Weibull recouvre toute une famille de lois, certaines
d'entre elles apparaissant en physique comme conséquence de certaines hypothèses. C'est
2024/2025 40 Pr Idellette SOM
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en particulier, le cas de la loi exponentielle (� = 1) et de la loi normale (� = 3).
En revenant sur la courbe en baignoire (Figure 5.5) si :
- � < 1 : Le composant est dans sa période infantile ou de défaillances de jeunesse
et � � décroit. Certains composants d’un lot sont moins robustes que les autres
(mauvaise fabrication, mauvais stockage, mauvais montage) ; leur défaillance se
manifeste pour des contraintes plus faibles. Leur élimination et leur remplacement
permettent de retrouver le taux de défaillance normal des composants.
- � = 1 : La période est dite de vie utile ou de défaillances fortuites et � � est
indépendant du temps (� égal à une constante). Les composants suivent une loi
1
exponentielle : �(�) = �– (� / �) et ���� = � = .
�
- � > 1 : La période d’obsolescence et � � croit
���� 1.5 < � > 2.5 Il s’agit probablement d’un phénomène de fatigue
���� 3 < � > 4 Il s’agit probablement d’un phénomène d’usure
Papier de Weibull ou papier d'Allan Plait
Le papier de Weibull sert à lire graphiquement les paramètres d'une loi de Weibull.
Dans le cadre de ce cours, nous nous limitons au cas où le paramètre � est nul (� = 0).
En effet, la fonction de répartition associée � � à une loi de Weibull de paramètres �, �
est définie par :
� �
−
� � =1−� �
� �
→− ln 1 – � � =
�
�
→ �� − �� 1 – � � = ��� = � ln � − � ln �
�
→ � = �� − � ln � (2.16)
L’équation obtenue est l'équation d'une droite dans le repère rouge (� ; � ; �) où
1
� est le point correspondant à � = 0 et � = 0 soit à � = 1 et � (�) = 1 − .
�
Le paramètre � se lit directement à l'intersection de la droite précédente avec l'axe
des abscisses puisque celui-ci est gradué en échelle logarithmique, ce qui est montré sur
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les Figure 5.6 et Figure 5.7.
Le paramètre � est le coefficient directeur de la droite précédente, il suffit de
tracer une droite parallèle à la précédente et de lire directement le coefficient directeur de
cette droite sur l'axe d’équation � =− 1
Echelles utilisées sur le papier de Weibull
Abscisse haute : échelle linéaire en �
Abscisse intermédiaire : échelle logarithmique (lecture du paramètre �)
Abscisse basse : échelle logarithmique (on fait correspondre à chaque valeur de � son
logarithme népérien �� �).
Ordonnée gauche : on place les valeurs de �(�) en pourcentage en échelle �� ( −
�� (1 – � (�)))
Ordonnée sur l'axe � = − 1 (lecture du paramètre) : ce sont les valeurs �� ( −
�� (1 − � (�)))
Figure 2.7 : Le papier de Weibull
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Evaluation de la fiabilité par la loi de Weibull
L’exploitation de l’historique de défaillances d’un système industriel fournit les
TBF (temps de bon fonctionnement c’est-à-dire le temps entre deux défaillances
successives) numérotés de 1 à � . L’objectif est d’évaluer la fiabilité opérationnelle (en
exploitation) de ce système.
Remarque : Dans le cadre de cours nous nous limitons à un échantillon de taille � < 20
La démarche est la suivante :
Etape 1 : Classer les TBF par ordre croissant ;
Etape 2 : Calculer la fonction de répartition � (�) (les valeurs peuvent être directement
lues sur la table des rangs médians) pour chaque TBF ici �� �ù � = 1; 2; …. ; �
� − 0.3
� �� = pour N < 20
� + 0.4
�
� �� = pour 20 ≤ N < 50
�+1
� = 1; 2; …. ; � Représente l’ordre de chaque TBF ou �� dans le classement (par ordre
croissant) issu de l’historique de défaillances.
Etape 3 : Représenter le nuage de points (�� ; � (�� )) sur le papier de Weibull ;
Etape 4 : Tracer la droite d’ajustement qui passe par le maximum de points (�� ; � (�� ))
alignés (Droite de régression �) ;
Etape 5 : on lit la valeur du paramètre � sur l'axe des abscisses puis on trace la parallèle
�' à la droite � passant par l'origine � du repère, on lit le paramètre � sur l'axe d'équation
� = − 1.
Etape 6 : Les valeurs de � et � ( � = 0 car on a une modélisation par la droite de
régression) lues sur le papier de Weibull, sont reportées dans l’expression de la densité de
probabilité �(�) qui caractérise la loi de Weibull :
� � �−1 � �
− �
� � = .�
� �
La fiabilité � � et le taux de défaillance � � sont calculés :
� �
−
� � =� �
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�−1
� �
� � =
� �
A l’aide de la table de Weibull (Annexe 1), on calcule le MTBF et l’écart type � de la
distribution
���� = �� + γ
� = ��
L’intervalle de temps pour planifier des opérations de maintenance est
���� − �; ���� + �
Figure 2.8 : Détermination des paramètres de la loi de Weibull
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Loi de Weibull
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