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Version of Record: [Link]

com/science/article/pii/S1877051720300526
Manuscript_ceec7445803d64e11996843298e83288

Mémoire original

Survie et complications des prothèses charnière de reconstruction du genou après


résection tumorale fémorale distale ou tibiale proximale: étude rétrospective avec 161
cas.

Survival and complications in hinged knee reconstruction prostheses after distal femoral
or proximal tibial tumor resection: a retrospective study of 161 cases

Matthieu Mazaleyrata*, Louis-Romée Le Naila, Guillaume Aubergerb, David Biaub,


Philippe Rosseta, Denis Waastc, François Gouinc,d, Paul Bonneviallee, Matthieu Ehlingerf,
Gilles Pasquierg, Gualter Vazd et la Société Française de Chirurgie Orthopédique et
Traumatologie (SOFCOT) h

a- Service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique, Hôpital Trousseau, Avenue de


la république, CHRU de Tours, 37170, Chambray-lès-Tours, France. Faculté de médecine,
Université de Tours, Centre-Val de Loire, France.
b- Service de Chirurgie Orthopédique - Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris-
Descartes, 27 rue du faubourg Saint-Jacques, 75014, Paris, France.
c- Service de Chirurgie Orthopédique, Hôtel-Dieu, CHU de Nantes, 1 place Alexis-
Ricordeau, 44093, Nantes, France.
d- Centre des Massues, 92 rue Dr Edmond Locard, 69005, Lyon, France.
e- Département Universitaire d'orthopédie et traumatologie, Hôpital Pierre-Paul Riquet,
CHU de Toulouse, Place du Docteur Baylac, 31059, Toulouse, France.
f- Service de Chirurgie Orthopédique et de Traumatologie, Hôpital de Hautepierre,
CHRU de Strasbourg, 1 avenue Molière 67098, Strasbourg, France.
g- Service de Chirurgie Orthopédique, CHRU de Lille, 2 avenue Oscar Lambret, 59000,
Lille, France.

h- SoFCOT, 56 rue Boissonade, 75014 Paris, France

* Auteur correspondant : M. Mazaleyrat. Service de Chirurgie Orthopédique et


Traumatologique, Hôpital Trousseau, Avenue de la république, CHRU de Tours, 37170,
Chambray-les-Tours, France. Faculté́ de médecine, Université́ de Tours, Centre-Val de Loire.

Adresse e-mail : matthieumazaleyrat@[Link]

1
© 2020 published by Elsevier. This manuscript is made available under the Elsevier user license
[Link]
Ne pas utiliser, pour citation, la référence française de cet article, mais celle de l’article original
paru dans Orthopaedics &Traumatology: Surgery & Research, en utilisant le DOI ci-dessus.

Résumé :

Introduction:

Les prothèses massives à charnière de genou sont utilisées majoritairement pour la

reconstruction après une résection tumorale. Ces prothèses peuvent toutefois être sujettes à

des complications, mais cette donnée n’est pas précisée dans la littérature française ou alors

sur des effectifs et des durées de suivi limités. Aussi nous avons mené une large étude

nationale multicentrique rétrospective au recul minimal de 5 ans avec pour objectifs : 1)

l’analyse comparative de la survie des prothèses de reconstruction du fémur distal et du tibia

proximal, 2) l’analyse des complications et des échecs.

Hypothèse:

Les prothèses charnière de reconstruction du fémur distal présentaient une survie supérieure et

des complications moindres que celles de reconstruction du tibia proximal.

Matériel et méthodes:

Cent soixante-et-un patients étaient inclus: 118 dans le groupe fémur distal et 43 dans le

groupe tibia proximal. Les tumeurs réséquées étaient majoritairement des ostéosarcomes (90

cas) et des chondrosarcomes (31 cas). L’âge moyen était de 37 ans (12-86). Les complications

étaient classées selon Henderson. Un échec était défini par la nécessité d’un changement

d’ancrage prothétique ou une amputation.

Résultats:

Au recul moyen de 9 ans (5-23), les taux de survie prothétique étaient plus élevés pour le

groupe fémur distal avec des valeurs à 5 et 10 ans respectivement de 84% [IC95%:75-89] et

70% [IC95%:59-79] contre 74% [IC95%:69-85] et 43% [IC95%:23-61] pour le groupe tibia

proximal (p=0,02). Les ré-opérations après complication étaient le plus souvent liées au

descellement aseptique (19%, 30 cas) et infection profonde (16%, 25 cas) et concernaient plus

2
fréquemment le tibia proximal (65% vs 43%) (28 cas vs 51 cas) (OR 2,4 [IC95%:1,2-5,1],

p=0,02).

Discussion:

La prothèse charnière de reconstruction du genou est une solution thérapeutique dans la

pathologie tumorale, mais grevée de risques importants de complications (descellements et

infections) et un taux d’échec plus important pour les prothèses de reconstruction du tibia

proximal.

Niveau de preuve: IV, Série de cas

Mots-clés: prothèse charnière du genou, reconstruction, fémur distal, tibia proximal,

complications, tumeur

3
1. Introduction

Les prothèses charnières de reconstruction du genou sont couramment utilisées après une

résection tumorale du fémur distal ou du tibia proximal [1,2]. À partir des années 1970,

l’utilisation de ces prothèses massives est devenue plus courante et les indications

d’amputation en oncologie orthopédique ont diminué au profit de la conservation de membre

[3]. De plus, la survie des malades a augmenté grâce à l’amélioration de la prise en charge des

tumeurs osseuses primitives malignes [4]. Les implants doivent donc répondre à des

exigences fonctionnelles et de longévité supérieures. Toutefois, ces prothèses de

reconstruction sont sujettes à complications [5] comme l’infection, le descellement, la fracture

d’implant, la récidive tumorale. Dans la littérature, la survie prothétique varie entre 90 et 50%

après 10 ans de suivi quel que soit le type de prothèse de reconstruction et l’histologie

tumorale [2,6–8]. Haijie et al. [7] observent une diminution importante de la survie après la

dixième année qui devient critique après 20 ans de recul : 38% en moyenne pour le groupe

fémur distal contre 25% pour le groupe tibia proximal.

Les prothèses charnières de reconstruction du tibia proximal présentent plus de

complications infectieuses que celles du fémur distal [5,9], pouvant atteindre une incidence

moyenne de 16,8% pour le groupe tibia proximal contre 8,5% pour le groupe fémur distal [7].

En revanche, les prothèses de reconstruction du fémur distal seraient plus à risque de

descellement aseptique (8,8%) que celles du tibia proximal (7,3%) [7]. Toutefois,

l’amélioration des techniques comme la réalisation systématique d’un lambeau de

gastrocnémien médial pour la couverture des prothèses de reconstruction du tibia proximal

[10], l’utilisation d’implants avec revêtement argentique [11] et les améliorations de

conception des implants [6] permettraient une diminution des complications. Cependant, ces

évènements indésirables demeurent un véritable défi.

Devant ces résultats de la littérature internationale, nous avons souhaité faire un état

des lieux multicentrique rétrospectif des pratiques en France afin d’analyser nos résultats avec

4
un suivi minimum de 5 ans. Nos objectifs étaient les suivants : 1) l’analyse de la survie des

prothèses de reconstruction après résection tumorale autour du genou en distinguant les

reconstructions du fémur distal du tibia proximal, 2) l’analyse des complications et des échecs

de ces prothèses. Notre hypothèse était que les prothèses de reconstruction du fémur distal

présentaient une survie supérieure et des complications moindres que les prothèses de

reconstruction du tibia proximal.

2. Matériel et méthodes

2.1 Patients et conception de l’étude

Il s’agissait d’une étude multicentrique rétrospective menée de 1991 à 2011 réalisée dans

le cadre d’un symposium de la SOFCOT consacré aux prothèses charnières de genou. Les

patients inclus avaient eu l’implantation d’une prothèse charnière de reconstruction après une

résection d’une tumeur primitive ou secondaire autour du genou, impliquant soit le fémur

distal soit le tibia proximal. Le suivi minimum était de 5 ans (Figure 1). Les prothèses

fémorales totales n’étaient pas incluses.

Cent soixante-et-un malades de 12 centres français ont été inclus (Bordeaux, Clamart,

Paris, Lille, Lyon, Nantes, Nîmes, Poitiers, Saint Etienne, Strasbourg, Toulouse et Tours). Le

détail des types histologiques des tumeurs réséquées était rapporté (Tableau 1). Il y avait 118

cas de prothèses de reconstruction du fémur distal et 43 cas de tibia proximal. Onze patients

étaient décédés au dernier recul. Les caractéristiques démographiques (sexe, âge lors de la

chirurgie, diagnostic) et opératoires (type de prothèse) de chacun des deux groupes « fémur

distal » et « tibia proximal » étaient répertoriés (Tableau 2).

2.2 Méthodes chirurgicale et d’évaluation

Sept marques de prothèse différentes ont été utilisées: 56 implants Stanmore™ (Stanmore

Implants Worldwide, Elstree, UK), 50 Tornier™ (Corin group, Montbonnot, France) 24

5
Stryker™ (Mahwah, NJ, USA), 12 Biomet™ (Warsaw, IN, USA), 9 Link™ (Hamburg,

Allemagne), 3 Zimmer™ (Warsaw, IN, USA), 2 MUTARS™ (Implancast, Buxtehude,

Allemagne) et 5 non renseignées.

Les complications ont été définies selon la classification d’Henderson et al. [5] établie en

2011, et modifiée en 2014 [12]. Un échec était défini par une ré-opération comprenant le

changement d’une ou des deux pièces d’ancrage osseux ou une dépose de l’implant ou une

amputation quelle qu’en soit la cause. Cette notion d’échec signait le point final de la courbe

de survie.

Pour chaque cas, les éventuelles complications, ré-opérations et échecs étaient répertoriés.

Notre étude portant sur l’analyse des complications et des échecs des prothèses, nous n’avons

pas évalué la fonction. Nous n’avons pas non plus évalué la longueur de résection, l’effet du

type de cimentation (partiel ou total, présence ou non d’antibiotique), l’effet d’un éventuel

revêtement à l’argent des implants, ni du caractère rotatoire ou non de la prothèse, ni de la

technique de reconstruction de l’appareil extenseur. En cas d’infection, nous n’avons pas

relevé les détails bactériologiques ni détaillé la prise en charge.

2.4 Analyse statistique

Les tests statistiques ont été réalisés à l’aide du logiciel PRISM™ (GraphPad, San Diego,

CA, USA). L’analyse de la survie prothétique était analysée par la méthode de Kaplan-Meier,

avec des intervalles de confiance (IC) à 95%. La comparaison de variables quantitatives était

analysée par un test de Fisher et les moyennes par un test non paramétrique de Mann-

Whitney. La comparaison des complications et échecs entre le groupe fémur distal et tibia

proximal était exprimée par un Odds Ratio (OR) avec un IC à 95%. Aucune donnée n’était

manquante pour chaque variable disponible. Les patients décédés et les perdus de vue ont été

inclus dans l’analyse. Une valeur p≤0,05 était considérée comme statistiquement significative.

6
3. Résultats

3.1 Patients et caractéristiques

Le suivi post opératoire moyen de l’ensemble des prothèses était de 9 ans ± 3,5 (5-23).

L’âge moyen lors de la dernière consultation pour l’ensemble des patients était de 45 ans ±

17 (20-92).

3.2 Survie

Le groupe fémur distal avait des taux de survie respectivement de 84% [IC95%: 75-89] et

70% [IC95%:59-79] à 5 et 10 ans. Le groupe tibia proximal présentait des taux de survie

significativement inférieurs : 74% [IC95%:69-85] et 43% [IC95%:23-61] respectivement à 5

et 10 ans (p=0,02) (Figure 2).

3.2 Complications

Les complications de type 1 à 5 ont conduit à une ré-opération pour 79 cas (49%)

(Tableau 3). Les complications les plus fréquentes étaient celles de type 2 (descellement

aseptique) (30 cas, 19%) et de type 4 (infection) (25 cas, 16%). Il y avait significativement

plus de complications de type 2 dans le groupe tibia proximal (14 cas, 33%) que dans le

groupe fémur distal (16 cas, 14%) (OR 3 [IC95%:1,3-7,1], p=0,01). Toutes complications

confondues, il y avait eu plus de ré-opération dans le groupe tibia proximal (28 cas, 65%) que

dans le groupe fémur distal (51 cas, 43%) (OR 2,4 [IC95%:1,2-5,1], p=0,02).

3.3 Échecs

Au dernier recul (Tableau 4), 51 cas (32%) ont présenté un échec: 30 cas (25%) dans le

groupe fémur distal, et 21 cas (49%) dans le groupe tibia proximal (OR 2,8 [IC95%:1,35-

5,8], p=0,007). Il y avait plus d’échecs pour le groupe tibia proximal que pour le groupe

fémur distal dans les sous-groupes suivants (Tableau 5) : résection trans-articulaire (OR 3,2

[IC95%:1,3-7,5], p=0,01), reconstruction par prothèse modulaire (OR 3,3 [IC95%:1,3-8,9],

p=0,02), traitement par chimiothérapie (OR 2,6 [IC95%:1,1-6,3], p=0,04).

7
La cause la plus fréquente d’échec était le descellement aseptique (type 2), avec une

incidence de 13% (15 cas) pour le groupe fémur distal et 23% (10 cas) pour le groupe tibia

proximal (OR 2,1 [IC95%:0,9-5,1], p=0,14). Au sein du sous-groupe de prothèse avec bague

d’hydroxyapatite, il y avait une tendance à plus d’échecs issus de descellements pour le

groupe tibia proximal que pour le groupe fémur distal (OR 6,7 [IC95%:1,0-43,3], p=0,06).

La deuxième cause d’échec était l’infection profonde (type 4), avec une incidence de 6%

(7 cas) pour le groupe fémur distal et 12% (5 cas) pour le groupe tibia proximal (OR 2,1

[IC95%:0,6-7], p=0,3). La présence d’un lambeau dans le groupe tibia proximal ne diminuait

pas le risque d’échec de type 4 (4 échecs sur 27 cas avec lambeau (15%) versus 1 sur 16 sans

lambeau (6%), p=0,11).

3.4 Traitement des échecs

Un changement prothétique (uni ou bipolaire) a été réalisé pour 25 cas (21%) des

prothèses de reconstruction du fémur distal et 15 cas (35%) des prothèses de reconstruction du

tibia proximal.

Dans certains cas d’infection profonde ou de récidive tumorale, une amputation a été

nécessaire pour 7 cas. Elle était plus fréquente pour le groupe tibia proximal que pour le

groupe fémur distal (p=0,08) : 9% des prothèses de reconstruction du tibia proximal (2 cas de

type 4B (infection après 2 ans) et 2 cas de type 5B (récidive osseuse tumorale)) et 2,5% des

prothèses de reconstruction du fémur distal (2 cas de type 4A (infection avant 2 ans) et 1 cas

de type 5B (récidive osseuse tumorale)).

4. Discussion

L’hypothèse de notre étude est confirmée : les prothèses de reconstruction du fémur distal

présentaient une survie supérieure à celle des prothèses du tibia proximal avec respectivement

à 5 et 10 ans de recul, 84% et 70% de survie pour le groupe fémur distal contre 74% et 43%

8
pour le groupe tibia proximal. Nos résultats sur la survie prothétique sont comparables à ceux

de la littérature [1,3,12–18]. En effet, dans une revue récente par Haijie et al. [7] les survies

moyennes des prothèses de reconstruction du fémur distal à 5, 10, 15 et 20 ans étaient

respectivement de 80%, 70%, 60% et 40%. Ces chiffres étaient légèrement supérieurs aux

survies moyennes des prothèses de reconstruction du tibia proximal qui étaient

respectivement de 75%, 60%, 55% et 25%.

En ce qui concerne les complications et les échecs, Grimer et al. [2] décrivaient jusqu’à 4

ré-opérations avec en moyenne 2,7 ré-opérations après implantation d’une prothèse massive

de reconstruction tous sites confondus, quelle qu’en soit la raison. Dans cette présente série, la

moitié des prothèses avait eu au moins une ré-opération, majoritairement dans les deux

premières années.

Le descellement aseptique est la complication la plus fréquente rapportée dans la

littérature avec une moyenne de 10%. Il amène le plus souvent à des ré-opérations à moyen et

long terme [1,2,14,15,18]. Pour certains auteurs, il concerne plus particulièrement le groupe

fémur distal [4,19]. Dans notre série, le groupe tibia proximal était plus concerné par cette

complication. La présence d’une bague d’hydroxyapatite a pu montrer son effet bénéfique en

réduisant le taux d’échec [13,14,20,21]. Le faible taux d’échecs de type 2 dans notre étude en

cas de présence d’une bague d’hydroxyapatite pourrait confirmer ces données. La charnière

rotatoire diminuerait le risque de descellement par diminution des contraintes en rotation et

permettrait une amélioration de la survie prothétique à plus long terme [13,14]. Différents

types et techniques de fixations des implants existent : cimentage partiel ou de l’intégralité de

la tige centromédullaire ou alors uniquement épiphyso-métaphysaire. Ces différentes nuances

rendent l’analyse de la littérature compliquée pour ce paramètre. Nous recommandons

toutefois l’utilisation systématique d’implants scellés avec bague d’hydroxyapatite.

L’infection profonde est la deuxième complication la plus rapportée avec un taux de 8,5%

dans la littérature, associée à un risque plus élevé d’ablation de la prothèse et d’amputation

9
[3,7]. Elle était également la deuxième complication la plus fréquente de notre série,

survenant autant précocement que tardivement. Ce risque est plus fréquent pour le groupe

tibia proximal, ce que nous confirmons, possiblement en raison d’une couverture précaire de

la prothèse par les parties molles. Ce risque est également plus fréquent à plus de 2 ans de la

pose [22]. Le lambeau de gastrocnémien médial permettrait de diminuer ce risque d’infection

[13]. Nous n’avons pas pu le confirmer dans notre étude mais nous le recommandons

systématiquement pour toute prothèse de tibia proximal afin de protéger la prothèse et de

reconstruire l’appareil extenseur. Les traitements adjuvants tels que la chimiothérapie et la

radiothérapie sont des facteurs influençant de manière péjorative la survie prothétique et le

nombre de complications infectieuses [1,2,4,9]. Nous observions sensiblement plus d’échec

en cas de chimiothérapie dans le groupe tibia proximal. Nous n’avons pas étudié l’effet de la

radiothérapie du fait du faible effectif ayant eu ce traitement dans notre étude.

Notre étude présente des limites. Il s’agit d’une étude multicentrique, rétrospective, non

randomisée avec une série hétérogène et une puissance limitée. Les caractéristiques des

patients, les pathologies, les différentes prises en charge (taille de résection, traitements

adjuvants ou non) et le type de prothèse étaient difficilement comparable. La motivation

initiale de ce travail était une visualisation globale des habitudes en France avec un regard

centré sur la charnière et non sur tout l’environnement. De ce fait, nous n’avons pas non plus

analysé la fonction. Toutefois, notre étude est le reflet de l’activité en France par différents

centres qui n’ont pas tous la même activité de chirurgie tumorale.

5. Conclusion

La résection puis reconstruction du fémur distal ou du tibia proximal par prothèse

charnière est une chirurgie difficile, qui peut être associée à des complications et des échecs.

10
Aussi, le malade doit en être informé et une discussion pluri disciplinaire pré opératoire doit

être un préalable à toute chirurgie de ce type.

Conflit d’intérêt

M. Mazaleyrat, LR. Le Nail, G. Auberger, P. Rosset, D. Waast, et G. Vaz ne déclarent aucun

conflit en relation ou en dehors de ce travail.

P. Bonnevialle est consultant éducation et recherche pour Stryker et Zimmer–Biomet, M.

Ehlinger est consultant éducation et développement Newclip, Amplitude, Lepine et rédacteur

associé des conférences d’enseignement de la SoFCOT. G. Pasquier est consultant éducation

Zimmer–Biomet. D Biau est consultant pour Stryker, F. Gouin en dehors de ce travail est

consultant pour Amgen, Zimmer et Deciphera et est actionnaire pour Atlanthera

Financement

La collection des données a été colligée avec l’aide de la société CALIMED®, dont le

financement a été assuré par la SOFCOT.

Contribution des auteurs

Collecte des données : M.M., L.R.L.N., G.A., D.B., P.R., D.W., F.G., P.B., M.E., G.P., G.V.

Écriture : M.M., L.R.L.N. Relecture: P.R., D.B., M.E., G.P., G.V.

11
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14
Légendes des figures

Figure 1 : Construction de l’étude

Figure 2 : Courbes de survies prothétiques tout échec confondu des prothèses de

reconstruction du fémur distal (PRF) et du tibia proximal (PRT). L’intervalle de confiance

IC95% est présenté en pointillé.

15
Tableau 1. Répartition des différentes histologies tumorales
Histologie n
Ostéosarcomes 90 (56%)
Chondrosarcomes 31 (19%)
Tumeurs à cellules géantes 13 (8%)
Sarcomes d’Ewing 4 (3%)
Métastases 3 (2%)
Autres tumeurs 20 (12%)
Total 161

16
Tableau 2. Données démographiques et opératoires des deux groupes fémur distal et tibia proximal
Prothèse de reconstruction du genou Fémur distal Tibia proximal p*
n = 161 n = 118 n = 43
Sexe 0,08
Homme 82 (51%) 55 (47%) 27 (63%)
Femme 79 (49%) 63 (53%) 16 (37%)
Tumeur 0,56
Primitive 158 (98%) 115 (97%) 43 (100%)
Secondaire 3 (2%) 3 (3%) 0 (0%)
Âge lors de la chirurgie** 37 ± 17,9 (12;86) 38 ± 17,8 (15;86) 32 ± 17,8 (12;72) 0,06
Résection osseuse <0,001
Trans-articulaire 120 (74,5%) 104 (88%) 16 (37%)
Extra-articulaire 41 (25,5%) 14 (12%) 27 (63%)
Type de prothèse <0,001
Sur-mesure 59 (37%) 30 (25%) 29 (67%)
Modulaire 102 (63%) 88 (75%) 14 (32%)
Type de fixation 0,1
Ciment 156 (97%) 116 (98%) 40 (93%)
Sans ciment 5 (3%) 2 (2%) 3 (7%)
Bague d'hydroxyapatite 98 (61%) 78 (66%) 20 (46%) 0,03
Lambeau pédiculé 35 (22%) 8 (7%) 27 (63%) <0,001
Chimiothérapie 99 (61%) 68 (58%) 31 (72%) 0,1
Radiothérapie 15 (9%) 11 (9%) 4 (9%) 1
Les valeurs sont exprimées en nombre (%)
*Comparaison entre groupe fémur distal et tibia proximal par un test de Fisher et test de Mann-Whitney
**Les valeurs sont exprimées en moyenne ± déviation standard (min;max)

17
Tableau 3. Détail des complications des prothèses charnières de reconstruction du genou selon Henderson et al. [5,12] : du fémur distal et du
tibia proximal.
Prothèse charnière du Fémur Tibia
genou distal proximal OR** (Fémur OR** (Tibia
Complication n = 161 n = 118 n = 43 p*
distal) proximal)

Type 1 : Atteinte des tissus mous 25 (16%) 16 (14%) 9 (21%) 0,32 0,6 (0,2;1,5) 1,7 (0,7;4,2)
A : Fonctionnelle 12 7 4
B : Couverture 13 9 5
Type 2 : Descellement aseptique 30 (19%) 16 (14%) 14 (33%) 0,01 0,3 (0,1;0,7) 3 (1,3;7,1)
A : <2 ans 4 2 2
B : >2ans 26 14 12
Type 3 : Fracture prothétique ou péri prothétique 22 (14%) 13 (11%) 9 (21%) 0,12 0,5 (0,2;1,2) 2,1 (0,8;5,4)
A : Implant 9 7 2
B : Os 13 6 7
Type 4 : Infection profonde 25 (16%) 15 (13%) 10 (23%) 0,14 0,5 (0,2;1,2) 2,1 (0,8;5,1)
A : <2 ans 13 7 6
B : >2ans 12 8 4
Type 5 : Récidive tumorale locale 7 (4%) 5 (4%) 2 (5%) 1 0,9 (0,2;4,9) 1,1 (0,2;5,9)
A : Tissus mous 1 1 0
B : Os 6 4 2
Nombre total de prothèse avec au moins une ré-
opération
Type 1 à 5 79 (49%) 51 (43%) 28 (65%) 0,02 0,4 (0,2;0,8) 2,4 (1,2;5,1)
Type 2 à 4 59 (37%) 36 (31%) 23 (54%) 0,009 0,4 (0,2;0,8) 2,6 (1,3;5,4)
Les valeurs sont exprimées en nombre (%)
* Test exact de Fisher
**OR Odds Ratio (intervalle de confiance à 95%)

18
Tableau 5. Détail des échecs des prothèses charnières de reconstruction du genou du fémur distal et du tibia proximal selon certaines variables

Tableau 4. Détail des échecs des prothèses charnières de reconstruction du genou en fonction des complications classées selon Henderson et al. [5,12] : du fémur
distal et du tibia proximal.
Fémur Tibia
Prothèse charnière du genou OR** (Tibia
Échec distal proximal p* OR** (Fémur distal)
Proximal)
n = 161 n = 118 n = 43
Type 1 : Atteinte des tissus mous 1 0 1
A : Fonctionnelle 1 0 1
B : Couverture 0 0 0
Type 2 : Descellement aseptique 25 15 10 0,14 0,5 (0,2;1,2) 2,1 (0,9;5,1)
A : <2 ans 5 2 3
B : >2ans 20 13 7
Type 3 : Fracture prothétique ou péri prothétique 8 5 3 0,44 0,6 (0,1;2,6) 1,7 (0,4;7,5)
A : Implant 5 3 2
B : Os 3 2 1
Type 4 : Infection profonde 12 7 5 0,3 0,5 (0,1;1,6) 2,1 (0,6;7)
A : <2 ans 7 3 4
B : >2ans 5 4 1
Type 5 : Récidive tumorale locale 5 3 2 0,6 0,5 (0,09;3,3) 1,9 (0,3;11,6)
A : Tissus mous 0 0 0
B : Os 5 3 2
Total des échecs
Type 1+2+3+4+5 51 (32%) 30 (25%) 21 (49%) 0,007 0,7 (0,2;0,7) 2,8 (1,35;5,8)
Les valeurs sont exprimées en nombre (%)
* Test exact de Fisher
**OR Odds Ratio (intervalle de confiance à 95%)

19
Tibia
Prothèse charnière du genou Fémur distal OR** (Tibia
Variable proximal p* OR** (Fémur distal)
Proximal)
n = 161 n = 118 n = 43
Résection trans-articulaire

Échecs 38 23 15 0,01 0,3 (0,1;0,8) 3,2 (1,3;7,5)

Résection extra-articulaire

Échecs 13 7 6 0,3 0,5 (0,1;1,8) 2,1 (0,5;8,4)

Prothèse modulaire

Échecs 28 17 11 0,02 0,3 (0,1;0,8) 3,3 (1,3;8,9)

Prothèse sur-mesure
Échecs 23 13 10 0,26 0,5 (0,2;1,5) 2 (0,7;6,0)
Chimiothérapie

Échecs 33 18 15 0,04 0,4 (0,2;0,9) 2,6 (1,1;6,3)

Bague d’hydroxyapatite

Échecs de type 2 14 2 3 0,06 0,1 (0;1) 6,7 (1,0;43,3)

Lambeau

Échecs de type 4 7 2 4 0,6 1,9 (0,3;13,1) 0,5 (0,1;3,5)

Les valeurs sont exprimées en nombre (%)


* Test exact de Fisher
**OR Odds Ratio (intervalle de confiance à 95%)

20
243 Prothèses charnières du
genou
issues des centres
participants au symposium

60 patients décédés
22 perdus de vue

161 prothèses
incluses

118 prothèses de 43 prothèses de


reconstruction du reconstruction du
fémur distal tibia proximal

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