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David Foenkinos: Deux Sœurs

Dans 'Deux sœurs' de David Foenkinos, Mathilde est dévastée par la décision soudaine de son partenaire Étienne de la quitter, ce qui l'amène à se réfugier chez sa sœur Agathe. Le récit explore la transformation de Mathilde dans ce huis clos familial, où ses émotions et sa personnalité se révèlent de manière inattendue et troublante. Le roman aborde des thèmes de l'amour, de la perte et des relations humaines dans un style sombre et poignant.

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David Foenkinos: Deux Sœurs

Dans 'Deux sœurs' de David Foenkinos, Mathilde est dévastée par la décision soudaine de son partenaire Étienne de la quitter, ce qui l'amène à se réfugier chez sa sœur Agathe. Le récit explore la transformation de Mathilde dans ce huis clos familial, où ses émotions et sa personnalité se révèlent de manière inattendue et troublante. Le roman aborde des thèmes de l'amour, de la perte et des relations humaines dans un style sombre et poignant.

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6800

David Foenkinos
David Foenkinos
Deux sœurs

David Foenkinos Deux sœurs


Deux sœurs
« L’amour passionnel vous pousse à emmitoufler le
moindre de vos gestes, à anticiper de manière excessive
les réactions de l’autre, à vous perdre finalement dans
le dédale de l’anarchie du cœur. »

Du jour au lendemain, Étienne annonce à Mathilde


qu’il la quitte. L’univers de la jeune femme s’effondre.
Dévastée, elle est recueillie par sa sœur Agathe, qui lui
ouvre les portes du petit appartement qu’elle occupe avec
son mari et leur fille. Dans ce huis clos familial étouffant,
Mathilde révèle peu à peu une nouvelle personnalité,
inattendue et glaçante. Il suffirait d’un rien pour que
tout bascule…
« Sombre et d’une implacable efficacité, Deux sœurs rejoint Chanson
douce, de Leïla Slimani, dans le cénacle des contes cruels contemporains
aussi féroces qu’irrésistibles. »
Laëtitia Favro, Le JDD
Illustration © Soledad Bravi.

F7
G 03711 catégorie
ISBN 978-2-07-287526-7

folio
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G03711_DeuxSoeurs.indd Toutes les pages 12,5 mm 10/03/2020 08:54


collection folio
David Foenkinos

Deux sœurs

Gallimard
COUVERTURE

Illustration © Soledad Bravi.

© Éditions Gallimard, 2019.


David Foenkinos est l’auteur de plusieurs romans dont Le
potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, Les souvenirs,
Je vais mieux et Vers la beauté. La délicatesse, paru en 2009, a
obtenu dix prix littéraires. En 2011, David Foenkinos et son
frère Stéphane l’ont adapté au cinéma avec Audrey Tautou et
François Damiens. Ils ont également réalisé le film Jalouse,
avec Karin Viard. En 2014, Charlotte a été couronné par les
prix Renaudot et Goncourt des lycéens. Le mystère Henri
Pick, publié en 2016, a été porté à l’écran par Rémi Bezan-
çon, avec Fabrice Luchini et Camille Cottin. Les romans de
David Foenkinos sont traduits dans plus de quarante langues.
p r e m i è r e pa rt i e
1

Au tout départ, Mathilde perçut quelque chose


d’étrange sur le visage d’Étienne. C’est ainsi que
l’histoire commença d’une manière presque ano-
dine ; n’est-ce pas le fait de toutes les tragédies ?

Si on lui avait demandé de préciser ce quelque


chose, elle aurait parlé d’un nuage sur le visage,
sans vraiment savoir ce que cela voulait dire. Il
existe tant de variations de nuages ; l’image est
incertaine. Que voit-elle chez Étienne ? Une simple
humeur sombre ou l’annonce d’un orage violent ?
Il vaut mieux l’interroger :
« Tout va bien mon amour ?
— Non, je ne me sens pas bien en ce moment. »
Cela faisait cinq ans qu’elle le connaissait, et
tout autant qu’elle l’aimait follement. Jamais elle

11
ne l’avait entendu parler ainsi, exprimer froidement
un mal-être. Déstabilisée, elle ne sut que répondre.
Mathilde avait posé sa question comme ça, de
cette façon légère avec laquelle on demande tout
le temps aux gens comment ils vont, sans presque
en attendre de réponse. Son impression était
donc fondée. Elle trouvait Étienne étrange depuis
quelques jours, comme absent de lui-même. Elle
savait qu’il était stressé par son travail, qu’un nou-
veau patron exerçait sur lui une pression insoute-
nable ; mais bon, il était accoutumé à la brutalité
professionnelle. Il avait connu des situations vio-
lentes sans jamais les rapporter le soir dans sa vie
conjugale. Mathilde avait même toujours admiré
son incroyable capacité à faire la part des choses.
C’était une expression qui lui convenait si bien.
Étienne adorait segmenter sa vie. Pour la première
fois, Mathilde se posa la question de savoir où était
sa place. Dans quel segment ? Elle avait comme un
mauvais pressentiment. Celui d’avoir basculé dans
une zone non affective ; une sorte de terrain vague
qui préfigure le rejet.

Étienne demeura taciturne une grande partie


de la soirée, sans vouloir en préciser la raison. Un
supplice pour Mathilde. Elle devait respecter son
choix, se disait-elle ; cela lui arrivait à elle aussi de
se sentir mal, et de ne pas être en capacité de parler.

12
C’était d’ailleurs l’un de leurs points communs ; ils
cicatrisaient par le silence.

Il lui fallait s’efforcer de le laisser dans son coin


ruminer ce qui le tracassait ou le hantait, et simple-
ment faire acte d’une présence bienveillante. Tout
faire pour qu’il puisse lire dans son regard : « Je suis
là si tu as besoin de moi. » Mais il venait d’éteindre
la lumière de la chambre. Il passa pourtant la main
dans le dos de Mathilde, avant de se retourner
de son côté. Elle avait trouvé le geste froid, pour
ne pas dire désincarné. Elle voulut rallumer, lui
dire qu’elle ne pourrait jamais trouver le sommeil
après une telle soirée, mais elle fut incapable de
prononcer le moindre mot. Pour se rassurer, elle
décida de voyager vers leurs souvenirs. Elle se
dirigea mentalement vers les images de leur dernier
été. Ils avaient passé deux semaines en Croatie,
dont quelques jours sur une île quasiment déserte.
Au cœur de ce paradis, ils avaient évoqué l’idée de
se marier bientôt. Étienne se sentait prêt à avoir
des enfants. Tout était si beau et si puissant ; on
aurait dit que quelque chose d’éternel s’annonçait.

Le lendemain matin, Étienne n’était pas plus


bavard. Il partit travailler un peu plus tôt que
d’ordinaire, quittant l’appartement conjugal après
avoir passé, une nouvelle fois, la main dans le dos

13
de Mathilde. Un geste encore mécanique, qu’elle
ressentit cette fois comme animé par une sorte de
pitié. Elle lui avait lancé un sourire qu’elle espérait
solaire, mais il avait si vite tourné la tête. Quand
elle fut seule, elle eut envie d’une cigarette, mais elle
n’en avait pas. Elle demeura un moment immobile,
face à cette table du petit déjeuner qu’elle avait
préparée avec soin. Elle y avait ajouté des touches
de beauté discrète, en se disant qu’en rendant les
choses belles tout irait peut-être mieux. Les yeux
d’Étienne y étaient restés aveugles, il n’avait pas
remarqué les quelques pétales roses sur la table.
C’était un trait récurrent du caractère de Mathilde,
cette façon de vouloir être positive et bienveillante ;
si souvent, Étienne s’était réveillé émerveillé de
partager ses jours avec une telle femme.

Mathilde n’était jamais arrivée en retard au


lycée, elle avait la réputation d’être une profes-
seure consciencieuse, aimant ses élèves comme si
c’étaient ses enfants. Ces mots, un parent d’élève
les avait véritablement prononcés lors d’un conseil
de classe. Comme d’habitude, elle arriva à l’heure
dans son établissement de la banlieue parisienne.
Elle resta un instant dans sa voiture en se disant
qu’il lui fallait chasser son désarroi avant d’af-
fronter la vie sociale. Mais les mots d’Étienne la
hantaient ; c’était juste une phrase, certes, mais qui

14
prenait l’espace d’un roman russe dans son esprit.
Elle s’observa dans le rétroviseur ; étrangement, il
lui fallut quelques secondes pour se reconnaître.

Sortant enfin de sa voiture, elle croisa Mon-


sieur Berthier sur le parking. Le proviseur était un
homme long et fin, comme ceux qui tombent du ciel
dans les toiles de Magritte. Il appréciait particulière­
ment Mathilde, et avait tout fait pour la retenir à la
fin de l’année précédente, quand elle avait reçu la
proposition d’un collège privé parisien ; elle avait
finalement refusé cette offre qui paraissait très
avantageuse. Par fidélité, par attachement envers
ses élèves, et sans doute aussi parce qu’elle appré-
ciait la bienveillance de l’homme qu’elle croisait
maintenant. Pourtant, au moment où il lui adressa
la parole, elle prétexta avoir oublié des affaires dans
sa voiture. Une excuse pour éviter d’avoir à mar-
cher quelques mètres en sa compagnie. Cette pre-
mière conversation matinale était insurmontable.

Une fois devant sa classe, Mathilde se sentit


en mesure de chasser son chagrin ; enfin non, ce
n’était peut-être pas du chagrin, mais disons une
inquiétude.

Au tout début du cours, elle échangea quelques


mots avec Mateo dont le niveau scolaire avait

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chuté considérablement depuis le divorce de ses
parents. Elle avait toujours un geste pour l’encou-
rager, et restait parfois le soir un peu plus tard pour
l’aider à améliorer sa compréhension des textes
littéraires. Il fallait croire que cela payait car, ces
derniers jours, il progressait nettement. Le destin
de Mateo serait peut-être transformé par l’attitude
de Mathilde ; il était trop tôt pour le savoir.

L’heure de français portait sur l’étude d’un


passage de L’Éducation sentimentale. Chaque
année, Mathilde aimait partager sa passion pour
ce roman ; c’était, à ses yeux, le plus beau livre
de Flaubert. Elle se souvenait l’avoir étudié au
lycée, et cela avait changé sa vie : elle ne pourrait
vivre désormais qu’en compagnie de la littérature.
Ainsi était née sa vocation. Elle débuta la lecture
du célèbre moment où Frédéric Moreau découvre
pour la première fois Madame Arnoux ; c’est la
naissance de la passion. Flaubert décrit ainsi le
sentiment extatique du jeune homme : « Ce fut
comme une apparition. » Mais en prononçant cette
phrase Mathilde fut victime d’un lapsus et énonça :
« Ce fut comme une disparition. »

Pendant la pause-déjeuner, elle alluma son télé-


phone. Elle avait fait exprès de ne pas le consulter
pendant les interclasses pour se laisser plus de

16
chances d’avoir un message. Elle attendit un peu,
parfois cela ne captait pas très bien dans l’établis-
sement, mais rien ne se produisit. Ce vide sur son
écran la violenta profondément1.

Sabine, la collègue avec qui elle s’entendait le


mieux, sans pouvoir affirmer pour autant qu’elles
étaient amies, l’attendait pour se rendre au réfec­­
toire. Les deux femmes déjeunaient souvent ensem­­­
ble ; des conversations entre passagères du même
travail. Mathilde lui adressa un signe de la main
qui voulait dire : « Ne m’attends pas. » Ou qui vou-
lait dire : « Je te rejoins plus tard. » Ou qui voulait
dire : « Je n’ai pas faim aujourd’hui. » On ne sait
jamais vraiment ce que veut dire une main. Sabine
comprit tout de même qu’elle devait aller seule à
la cantine.

Mathilde resta un instant dans le couloir, face


à son téléphone. Elle en voulait terriblement à
Étienne de la laisser ainsi dans le silence. D’habi-
tude, ils s’appelaient ou au moins se laissaient des
messages plusieurs fois par jour ; en particulier
quand ils s’étaient quittés en froid. Elle avait res-
pecté son mal-être, mais venait un moment où l’on
se devait, par amour ou par politesse, peu importe,
de ne pas laisser l’autre dans l’incompréhension.
Elle lui en voulait terriblement, et pourtant il ne
lui fallut pas plus d’une minute pour changer
d’état d’esprit et écrire : « Mon amour, je pense

1. Une souffrance moderne.

17
fort à toi. J’espère que tu te sens un peu mieux
aujourd’hui. N’oublie pas que je suis là. J’ai si
hâte de te retrouver ce soir. » L’après-midi, elle
ralluma son téléphone à chaque interclasse, mais
toujours rien, pas la moindre réponse, toujours
cette violence en forme d’absence.

Le soir même, il mit enfin des mots sur ce qui


le hantait. Il prononça assez fébrilement : « Je vais
quitter l’appartement. » Mathilde ne comprenait
pas très bien. C’était tordu ou maladroit. Pourquoi
ne pas dire : « Je vais te quitter. » Il parlait de
l’appartement comme pour rendre concrète cette
situation qu’il n’arrivait pas à définir. Une rupture
est toujours encombrée par le flou, les non-dits
accumulés, et souvent des mensonges énoncés
pour ne pas blesser. Ce fut elle qui dut le relancer
pour obtenir des précisions, pour aller chercher les
mots de la sentence qui la condamnerait :
« C’est-à-dire ? Tu veux qu’on vive dans deux
endroits différents ?
— Non, ce n’est pas ça.
— Alors quoi ? Étienne, je t’en prie, parle-moi.
— C’est très difficile.
— Tu peux tout me dire.
— Je ne crois pas.
— Mais si.
— Je te quitte. Notre histoire est finie. »

18
Mathilde resta stupéfaite. Elle n’eut pas la force,
dans un premier temps tout du moins, de pronon-
cer un mot. Il s’avança vers elle, toujours pour
accomplir ce même geste maudit de la main dans
le dos ; c’était donc bien un geste de pitié. Elle le
repoussa violemment, puis balbutia :
« Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible. Ce
n’est pas possible.
— Je suis désolé.
— Cet été… on parlait de… tu voulais qu’on
se marie.
— Je sais.
— Que s’est-il passé ?
— Rien. Je ressens les choses ainsi. C’est comme
ça.
— Mais on n’a pas le droit de ne plus aimer
comme ça. Ce n’est pas possible.
— …
— Laisse-nous une chance, je t’en supplie.
— Ma décision est prise. Je vais aller vivre chez
mon cousin en attendant de trouver un apparte-
ment. Tu peux rester ici.
— Rester ici ! Rester ici ! s’emporta enfin
Mathilde. Mais c’est impossible ! Tu es partout
ici. Partout. Partout. Je vais mourir ici. Tu crois
que je peux dormir dans notre lit sans toi ? Tu
crois ?
— Je ne sais pas. Je ne veux pas que ça soit
compliqué pour toi, c’est tout.
— Ah bon ? Tu t’intéresses à ce que je ressens ?
Vraiment ? Alors, explique-moi !

19
— Ce n’est pas toi…
— Ah non, pas cette routine de merde. Pas ça ! »

Elle s’effondra alors sur le canapé, comme tor-


due par la douleur. Étienne fut tétanisé par cette
vision ; le visage en souffrance de Mathilde parais-
sait presque inhumain. Il finit par s’approcher ; elle
le repoussa à nouveau, mais elle n’avait plus de
force. Son corps ne semblait plus vraiment exister.
Au bout d’une minute, ou peut-être plus, il était
difficile de mesurer le temps, elle lui demanda de
partir, de partir tout de suite, oui pars, pars tout de
suite, elle répétait sans cesse cette injonction dans
une litanie morbide. Il ne voulait pas la laisser,
mais la violence de son regard était impitoyable.
Il l’observa une dernière fois, droit dans les yeux,
puis se décida à quitter l’appartement.

Quelques minutes plus tard, quand elle se rendit


compte qu’elle se trouvait vraiment seule, elle lui
envoya un message : « Je t’en supplie, ne fais pas
ça, je vais mourir. »

Plus tard dans la soirée, alors qu’elle était tou­­


jours prostrée sur le canapé, Mathilde pensa :
« Personne ne doit savoir. » Telle était son étrange
logique : « Si personne ne sait, c’est que cela n’existe
pas. » Elle pensait au lycée. Hors de question que

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David Foenkinos
David Foenkinos
Deux sœurs

David Foenkinos Deux sœurs


Deux sœurs
« L’amour passionnel vous pousse à emmitoufler le
moindre de vos gestes, à anticiper de manière excessive
les réactions de l’autre, à vous perdre finalement dans
le dédale de l’anarchie du cœur. »

Du jour au lendemain, Étienne annonce à Mathilde


qu’il la quitte. L’univers de la jeune femme s’effondre.
Dévastée, elle est recueillie par sa sœur Agathe, qui lui
ouvre les portes du petit appartement qu’elle occupe avec
son mari et leur fille. Dans ce huis clos familial étouffant,
Mathilde révèle peu à peu une nouvelle personnalité,
inattendue et glaçante. Il suffirait d’un rien pour que
tout bascule…
« Sombre et d’une implacable efficacité, Deux sœurs rejoint Chanson
douce, de Leïla Slimani, dans le cénacle des contes cruels contemporains
aussi féroces qu’irrésistibles. »
Laëtitia Favro, Le JDD

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Deux sœurs
David Foenkinos

Cette édition électronique du livre


Deux sœurs de David Foenkinos
a été réalisée le 13 mai 2020
par les Éditions Gallimard.

Elle repose sur l’édition papier du même ouvrage


(ISBN : 9782072875267 – Numéro d’édition : 360642).

Code Sodis : U30286 – ISBN : 9782072875298


Numéro d’édition : 360645.

folio
no 6800
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