Variables Complexes
Variables Complexes
Licence 3
Justin FEUTO
Table des matières
INTRODUCTION 1
2 Fonctions holomorphes 15
2.1 Généralités sur fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Condition de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Quelques fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.1 Fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.2 Détermination du logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.3 Primitive d’une fonction complexe . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.4 Integrale complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4.1 Arcs et Chemins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4.2 Ingration curviligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5 Indice d’un point par rapport à un chemin fermé . . . . . . . . . . . 26
2.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
i
3.3.1 Homotopie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3.2 Série de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.1 Quelques lemmes de Jordan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.2 Calculs de quelques intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
ii
INTRODUCTION
1
Chapitre 1
Dr (a) = {z ∈ C : |z − a| < r} .
Dr (a) = {z ∈ C : |z − a| ≤ r} .
2
1.2. FONCTION CONTINUE SUR UN OUVERT DE C
Théorème 1.2.5 Soient f et g deux fonctions définies sur Ω à valeurs complexes et conti-
nues en z0 ∈ Ω. Les fonctions f, |f | , f +g et f g sont continues en z0 . Si en plus f (z0 ) 6= 0,
il existe alors un voisinage V de z0 dans Ω tel que f (z) 6= 0 pour tout z ∈ V , et f1 qui est
définie sur V est continue en z0 .
Exemple 1.2.6 Montrons que les fonctions z 7→ Re(z) et z 7→ Im(z) sont continues en
tout point de C.
Résulte de Re(z) = 21 (z + z) et Im(z) = 2i1 (z − z)
Proposition 1.3.2 Soit ρ = sup r ∈ [0, +∞[ / n>0 |an | rn < ∞ .
P
1. Pour tout r < ρ, la série n>0 an z n converge normalement sur le disque |z| < r.
P
Lemme 1.3.3 (lemme d’Abel.) Soit n>0 an z n une série entière. S’il existe deux réels
P
Preuve : On majore
r n
|an z n | < |an |rn ≤ M (
)
r0
Comme on a r < r0 , M ( rr0 )n est le terme général d’une série géométrique conver-
gente. 2
Preuve de la proposition 1.3.2 :
1. Si r < ρ, on choisit un nombre r0 tel que r < r0 < ρ. Par définition de r, la
série |an | rn < ∞, donc il existe un nombre (fixe) M tel que
P
an z n
P
On applique le lemme d’Abel et on obtient la convergence normale de n>0
pour |z| < r.
2. Si |z0 | > ρ, pour tout réel M , on peut trouver un entier n tel que |an z0n | >
M (sinon, le lemme d’Abel impliquerait que la série n≥0 an z n converge
P
normalement pour |z| < |z0 |, ce qui est contradictoire avec la définition de
ρ).
2
an z0n converge, la suite (an z0n )n admet 0 pour limite, donc est
P
Preuve : Si la série
bornée. 2
de convergence.
Notons que
— ρ existe, vu que la série converge pour r = 0, mais il peut être nul, fini ou
infini. Le disque fermé |z| ≤ ρ est le disque de convergence.
— La proposition ne dit rien sur ce qui se passe sur le cercle de convergence
|z| = ρ.
— La somme de la série est une fonction continue sur l’intérieur du disque de
convergence
Exemple 1.3.6 Le rayon de convergence de la série z n est 1. En effet, pour tout r > 0,
P
la série n≥0 rn converge si et seulement si 0 ≤ r < 1, d’où le sup r ∈ [0, +∞[ / n≥0 rn < ∞ =
P P
An = {up |p > n} .
Définition 1.3.7 On appelle limite supérieure (resp. limite inférieure) de la suite bornée
(un )n∈N et on la note limun (resp. limun ) la limite de la suite (sn )n∈N (resp. (in )n∈N ).
Du fait que in ≤ sn , il résulte que limun ≤ limun . L’intérêt est que pour toute suite
bornée de nombres réels, lim et lim existent.
Proposition 1.3.9 Soit (un ) une suite bornée de nombres réels. Alors les assertions sui-
vantes sont équivalentes :
1. limun = limun
2. la suite (un ) est convergente.
De plus, si l’une de ces assertions est vraie, alors lim un = limun = limun .
1 1
= +∞ si ρ = 0, = 0 si ρ = +∞.
ρ ρ
Preuve : Si z ∈ C, on a :
Théorème 1.3.12 La somme d’une série entière est une fonction continue en tout point
de son disque de convergence.
an z n et
P
Définition 1.3.13 On appelle respectivement somme et produit des séries n≥0
n n n
P P P
n≥0 bn z , les séries entières n≥0 cn z et n≥0 dn z .
1
P∞ n 1
Exemple 1.3.14 Puisque 1−z = n=0 z dans le disque D1 (0), nous avons (1−z)2
=
P∞ n P∞ n P∞
( n=0 z ) ( n=0 z ) = n=0 (n + 1)z n pour tout z ∈ D1 (0).
Preuve : Posons n
X
γn = |an | + |bn | et δn = |ak ||bn−k |.
k=0
On a |cn | ≤ γn et |dn | ≤ δn . Pour r < R, les séries n |an |rn et n |bn |rn convergent.
P P
On a donc
X X X
γn rn = |an |rn + |bn |rn < ∞
et X X X
n n n
δn r = |an | r |bn | r <∞
les séries s(z) et p(z) sont donc convergentes pour |z| < R. Il reste à vérifier que
leurs sommes sont bien la somme et le produit des séries f (z) et g(z). (Exercices)
2
On dit que f est analytique sur Ω si elle est analytique en tout point de Ω.
Exemple 1.3.17 1. Montrer que toute fonction polynomiale est analytique sur C
Comme pour tout nombre complexe z0 la famille (z − z0 )k 0≤k≤n est une base
de Cn [z], espace des polynômes de degré inférieur ou égal à n à coefficients dans C,
toute fonction polynomiale P ∈ Cn [z] s’écrit de manière unique P (z) = nk=0 ak (z−
P
X (z − z0 )n∞ ∞
1 1 X
f (z) = z−z0 = n+1
= an (z − z0 )n ,
1 − z0 1 − 1−z0 n=0
(1 − z0 ) n=0
1
avec an = (1−z0 )n+1
. On conclut que f est analytique en z0 .
Proposition 1.3.18 L’ensemble A(Ω) des fonctions analytiques sur l’ouvert Ω est une
algèbre sur C.
Proposition 1.4.2 (Principe des zéros isolés, version séries entières.) Soit f (z) =
an z n la somme d’une série entière de rayon de convergence ρ > 0. Si au moins un des
P
coefficients an n’est pas nul, alors il existe un r dans ]0, ∞[ tel que f ne s’annule pas pour
z tel que 0 < |z| < r.
Preuve : Soit p le plus petit entier tel que le coefficient ap ne soit pas nul. Ainsi
f (z) = n≥p an z n = z p g(z) avec g(z) = ap + ap+1 z + . . . et g(0) = ap 6= 0. Comme
P
g est la somme d’une série entière, elle est continue à l’intérieur de son disque de
convergence, donc il existe tout un voisinage de 0 sur lequel elle ne s’annule pas.
2
A = {a ∈ Ω/h = 0 au voisinage de a} .
Si n est assez grand, un est dans B et h a une infinité de zéros dans B, ce qui
serait contraire au principe des zéros isolés si l’un des an n’était pas nul. Donc
tous les an sont nuls et h = 0 sur un voisinage de u. Ainsi u est dans A, ce qui
fait que A est fermé. En conclusion, A est ouvert, fermé et non vide. Comme Ω est
connexe, on a A = Ω. 2
Il se pourrait très bien qu’il n’existe pas de tel prolongement, mais, s’il en existe
un, il est unique.
Proposition 1.4.7 (Principe des zéros isolés.) Soit f une fonction analytique sur un
ouvert connexe Ω. Si f n’est pas identiquement nulle, ses zéros sont isolés.
Preuve : Si ce n’était pas le cas, il existerait une suite infinie (un ) de zéros de f qui
convergerait vers un point u ∈ Ω. D’après la démonstration précédente, f serait
nulle au voisinage de u et donc serait identiquement nulle sur Ω 2
|an |, on sait que, pour r < ρ0 , la série n≥1 nαn rn−1 converge et donc que
P
X X
αn rn ≤ r nαn rn−1 < ∞
n≥1 n≥1
X
un (z, h) <
n≤N
2
f (z + h) − f (z) X X
− f 0 (z) ≤ un (z, h) + nαn rn−1 <
h n≤N n>N
et X (p + q)!
f (p) (z0 ) ≤ αp+q r0q
q≥0
q!
Pour r0 ≤ r < ρ, on a
X 1 X (p + q)!
f (p) (z0 ) (r − r0 )p ≤ αp+q r0q (r − r0 )p
p≥0
p! p,q
q!p!
!
X n!
X n−p
≤ αn r0 (r − r0 )p
n≥0 0≤p≤n
p!(n − p)!
| {z }
(r−r0 +r0 )n
X
≤ αn r n < ∞
n≥0
On a utilisé le fait que la série était à termes positifs pour regrouper les termes.
P 1 (n)
Donc le rayon de convergence de la série n!
f (z0 )z n est plus grand que ou
égal à r−r0 , mais on pouvait choisir r arbitrairement proche de ρ, donc le rayon de
convergence est supérieur ou égal à ρ−|z0 |. Calculons maintenant n≥0 f (n) (z0 )(z−
P
— mais aussi !
+∞
X (z − z0 )p X (p + q)!
ap+q z0q .
p=0
p! q≥0
q!
| {z }
f (p) (z0 )
1.6 Exercices
Exercice 1 Trouver le rayon de convergence des séries entières suivantes :
X n!
n2
X X X
n n n!
n
z ; n!z ; 2 z ; n2n z 2n
n≥1
n n≥0 n≥0 n≥1
an z n avec
P
Exercice 2 On considère la série entière
5n
∀n ∈ N, an = − 4n + 1.
2
1. Calculer le rayon de convergence de cette série.
2. Calculer sa somme (on ne vous demande pas de réduire au même dénominateur
l’expression finale).
P zn
Exercice 3 1. Déterminer le rayon de convergence de la série entière n!
eiz +e−iz −iz
2. On pose ez = ∞ zn iz
et sin z = e −e
P
n=0 n! , cos z = 2 2i
.
Quel est l’ensemble des nombres complexes z tels que
Exercice 5 Soient Ω un ouvert non vide de C. On note A(Ω) lensemble des fonctions
analytiques sur Ω. Soit f ∈ A(Ω), et V = {z : z ∈ Ω}.
1. Si z ∈ V , on pose g(z) = f (z). Prouver que g ∈ A(V ).
Dans toute la suite, on suppose que Ω est connexe et symétrique par rapport à l’axe
réel (on a donc V = Ω).
2. Prouver que Ω ∩ R est non vide.
3. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(a) f (z) = f (z) pour tout z ∈ Ω.
(b) Il existe une composante connexe C de U ∩ R telle que f (x) ∈ R pour tout
x ∈ C.
4. Prouver que la fonction f s’écrit de manière unique sous la forme f = u + iv, avec
u, v ∈ A(Ω) et u, v à valeurs réelles sur U ∩ R.
Fonctions holomorphes
où limz→z0 (z) = 0.
Exemple 2.1.2 1. Les fonctions constantes sont holomorphes dans C.
2. Une fonction f analytique sur un ouvert Ω est holomorphe sur cet ouvert.
3. pour tout entier naturel n, la fonction f : z 7→ z n est holomorphe dans C, avec
f 0 (z) = nz n−1 pour n ≥ 1 et z ∈ C. En effet
Pour n = 0, f est constante égale à 1 et elle est holomorphe de dérivée nulle. Pour
n = 1, de f (z)−f (z0 )
z−z0
= 1, on déduit que f est holomorphe sur C avec f 0 (z0 ) = 1
pour tout z0 .
z n −z n
Pour n ≥ 2 de f (z)−f (z0 )
= z−z00 = n−1 z0 , et limz→z0 z n−1−k z0k = z0n−1 ,
n−1−k k
P
z−z0 k=0 z
en utilisant la continuité sur C des fonctions z 7→ z p pour tout entier naturel p.
On déduit que f est holomorphe sur C avec f 0 (z0 ) = nz0n−1 pour tout z0 ∈ C.
15
2.1. GÉNÉRALITÉS SUR FONCTIONS HOLOMORPHES
−n
4. la fonction f : z 7→ 1
zn
est holomorphe sur C∗ avec f 0 (z) = z n+1
, pour tout z ∈ C∗ .
De même
n−1 n−1−k k n−1
f (z) − f (z0 ) z0n − z n X z z0 X 1
= n n =− n
=− .
z − z0 z z0 (z − z0 ) k=0
n
z z0 k=0
z z0n−k
k+1
γ(t) − γ(t0 )
lim |δ(t)| = lim |(γ(t))| = 0.
t→t0 t→t0 t − t0
(λf + µg)0 = λf 0 + µg 0
(g ◦ f )0 = (g 0 ◦ f )f 0 .
où (h, k) tend vers 0 si k(h, k)k tend vers 0. S’il en ainsi, l’application
R2 → C
(h, k) 7→ ah + bk
Proposition 2.2.1 Soit f une fonction définie au voisinage de z0 = x0 + iy0 . Les condi-
tions suivantes sont équivalentes :
1. f est dérivable en z0 .
2. f est différentiable en (x0 , y0 ), et on a :
∂f ∂f
(x0 , y0 ) + i (x0 , y0 ) = 0.
∂x ∂y
∂f ∂f
f 0 (z0 ) = (x0 , y0 ) = −i (x0 , y0 ).
∂x ∂y
Preuve : Dire que f est dérivable en z0 signifie qu’il existe f 0 (z0 ) ∈ C et une
fonction 1 définie au voisinage de 0 tels que
∂P ∂Q ∂P ∂Q
= et =− . (2.5)
∂x ∂y ∂y ∂x
∂f 1 ∂f ∂f ∂f 1 ∂f ∂f
= ( − i ) et = ( + i ).
∂z 2 ∂x ∂y ∂z 2 ∂x ∂y
On obtient : df = ∂f
∂z
dz + ∂f
∂z
dz. On en déduit que les conditions de Cauchy-
Riemann s’écrivent encore :
∂f
= 0.
∂z
Ainsi, si f ∈ Hol(Ω) et f (x + iy) = P (x, y) + iQ(x, y) avec P et Q à valeurs réelles,
on a
∂f ∂f ∂f ∂P ∂Q ∂P ∂P ∂Q ∂Q
f0 = = = −i = +i = −i = +i
∂z ∂x ∂y ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x
Théorème 2.2.3 L’image d’un ouvert connexe par une fonction continue est un en-
semble connexe.
D = D ∩ f −1 (O1 ) ∪ D ∩ f −1 (O2 )
avec D∩f −1 (O1 ) 6= ∅ et D∩f −1 (O2 ) 6= ∅. Puisque les ensembles f −1 (O1 ) et f −1 (O2 )
sont ouverts, D ne peut pas être connexe, en contradiction avec l’hypothèse. 2
∂f ∂f
= 0 ⇒ f (z0 ) = f (z2 ), = 0 ⇒ f (z2 ) = f (z1 ).
∂x ∂y
Ainsi, f (z0 ) = f (z1 ). On en déduit que f est localement constante. Comme Ω est
connexe, f est constante. 2
Preuve : Les équivalences (1) ⇔ (2) ⇔ (3) sont claires d’après définition de la
dérivée et la proposition 2.2.4, et la condition (1) implique (4) et (5). Si (5) est vrai,
on a 2Re(f ) = f + f ∈ Hol(Ω). Comme Re(f ) est de partie imaginaire nulle, Re(f )
est constante d’après ce qui précède.
Supposons (4) réalisé. Il existe c ∈ R tel que f f = |f |2 = c. Si c = 0, le résultat
est clair. Sinon, on a f (z) 6= 0 pour tout z ∈ Ω, et f = fc ∈ Hol(Ω). On est ramené
au cas précédent. 2
A partir de ce qui précède, on définit la fonction cos et la fonction sin sur C par
On en déduit immédiatement les trois premiers points. D’autre part, les nombres
complexes
n n
X zk X zk
et
k=0
k! k=0
k!
Zt
f 0 (u)
g : [0, 1] → C, t 7→ du, h : [0, 1] → C, t 7→ f (t)e−g(t) .
f (u)
0
f 0 (t) 0
g 0 (t) = , h (t) = 0.
f (t)
Preuve :
1. Soient ` une détermination continue du logarithme sur Ω et a ∈ Ω. De e`(z) =
z si z ∈ Ω, on déduit :
`(z) − `(a) `(z) − `(a)
= `(z) .
z−a e − e`(a)
Si z tend vers a, `(z) tend vers `(a) puisque ` est continue. D’autre part, la
fonction exponentielle est dérivable en `(a), et sa dérivée en ce point est e`(a) .
On en déduit que ` est dérivable en a et que :
1 1
`0 (a) = = .
e`(a) a
1
2. Soit F une primitive de z
sur Ω. Il vient :
Donc il existe c ∈ C∗ tel que eF (z) = cz pour tout z ∈ Ω. Soit α ∈ C tel que
eα = c d’après le théorème. Alors e(F (z)−α) = z, donc z 7→ F (z) − α est une
détermination continue du logarithme sur Ω.
2
∆ = {t1 u + t2 v + t3 w; t1 , t2 , t3 ∈ R+ , t1 + t2 + t3 = 1} .
Le bord orienté ∂∆ de ∆ est, par définition, le chemin fermé obtenu en composant
les segments orientés [u, v], [v, w], [w, u]. C’est donc le chemin ([0, 3], γ) défini par :
γ(t) = (1 − t)u + tv si 0 ≤ t ≤ 1, γ(t) = (2 − t)v + (1 − t)w si 1 ≤ t ≤ 2,
γ(t) = (3 − t)w + (t − 2)u si 2 ≤ t ≤ 3.
Exemple 2.4.5 Soit γ : [0, 2π] → C le chemin défini par γ(t) = eit .
Z Z2π
1 1 it
dz = ie dt = 2πi
z eit
γ 0
Définition 2.4.6 Deux chemins ([a, b], γ) et ([c, d], δ) sont dits équivalents s’il existe
une application ϕ : [a, b] → [c, d] vérifiant les conditions suivantes :
1. ϕ est bijective, croissante et de classe C 1 par morceaux.
2. La bijection réciproque de ϕ est de classe C 1 par morceaux.
3. On a γ = δ ◦ ϕ.
Proposition 2.4.7 Si ([a, b], γ) et ([c, d], δ) sont deux chemins équivalents et si f est une
fonction continue sur imγ, on a :
Z Z
f (z)dz = f (z)dz
γ δ
Z Zd Zb
0
f (z)dz = f (δ(t))δ (t)dt = f ◦ δ ◦ ϕ(s)δ 0 ◦ ϕ(s)ϕ0 (s)ds
δ c a
Zb Z
0
= f (γ(t))γ (t)dt = f (z)dz
a γ
D’où le résultat. 2
On pose :
Zb
kf k∞ = sup {|f (z)|/z ∈ imγ} , long(γ) = |γ 0 (t)| dt.
a
Z
f (z)dz ≤ kf k∞ long(γ).
γ
L’application U → C, z 7→ indγ (z) est à valeurs dans Z, constante sur chaque compo-
sante connexe de U , et nulle sur la composante connexe non bornée de U . On dit que
indγ (z) est l’indice de z par rapport à γ.
Preuve : Notons a = a0 < a1 < . . . < an = b les points d’une subdivision de [a, b]
telle que γ soit de classe C 1 sur [ai , ai+1 ], 0 ≤ i ≤ n − 1. Pour t ∈ [a, b], posons :
t
Z 0
γ (s)
ϕ(t) = exp ds .
γ(s) − z
a
ϕ0 (t) γ 0 (t)
= ⇒ ϕ0 (t) (γ(t) − z) − ϕ(t)γ 0 (t) = 0.
ϕ(t) γ(t) − z
ϕ(t)
On en déduit que l’application t → γ(t)−z a une dérivée nulle sur [ai , ai+1 ], donc
ϕ
est constante sur cet intervalle. Comme γ−z est continue, elle est constante sur
[a, b]. Comme γ(a) = γ(b), on a alors :
ϕ(a) γ(b)
= ⇒ 1 = ϕ(a) = ϕ(b).
γ(a) − z γ(b) − z
1
|indγ (z) − indγ (u)| ≤ |z − u|long(γ).
2πd2
Ceci nous montre que l’application z 7→ indγ (z) est continue sur U . Comme elle
est à valeurs entières, elle est localement constante, donc constante sur chaque
composante connexe de U .
Enfin, prenons z tel que |z| > sup {|γ(t)|/t ∈ [a, b]}. il vient :
long(γ)
|indγ (z)| ≤
2π inf {|z − γ(t)|/t ∈ [a, b]}
Comme indγ (z) est entier, on obtient indγ (z) = 0 si |z| est assez grand. D’où le
dernier point. 2
Intuitivement, indγ (z) est le « nombre de tours » (avec un signe) décrit par γ(t)
autour de z quand t décrit [a, b].
Proposition 2.5.2 Soit γ un cercle C(a, r) orienté dans le sens direct. On a indγ (z) = 0
si |z − a| > r et indγ (z) = 1 si |z − a| < r.
Z2π
1 ieit
indγ (a) = dt = 1.
2iπ eit
0
Théorème 2.5.3 Soient U un ouvert de C et f une fonction continue sur U . Les condi-
tions suivantes sont équivalentes :
1. f possède une primitive dans U .
2. Pour tout chemin fermé γ dans U , on a
Z
f (z)dz = 0.
γ
R
Corollaire 2.5.4 Soient n ∈ Z \ {−1} et γ un chemin fermé. On a γ
z n dz = 0 dans les
deux cas suivants :
1. n ≥ 0 et γ quelconque.
2. n < −1 et 0 ∈
/ imγ.
z n+1
Preuve : Résulte de la proposition précédente du fait que, pour n 6= −1, z 7→ n+1
est une primitive de z 7→ z n , dans C si n ≥ 0, et dans C∗ si n < −1. 2
Théorème 2.5.6 (Formule de Cauchy pour un convexe) Soit γ un chemin fermé dans
un ouvert convexe U de C, z ∈ U \ imγ, et f ∈ Hol(U ). Alors :
Z
1 f (ζ)
f (z)indγ (z) = dζ.
2iπ ζ −z
γ
Corollaire 2.5.7 Avec les hypothèses du théorème précédent, si γ est un cercle de rayon
r parcouru dans le sens direct, et si |z| < r, on a :
Z
1 f (ζ)
f (z) = dζ.
2iπ ζ −z
γ
pour tout n ∈ N.
Preuve : Supposons d’abord U convexe. Soit a ∈ / imγ. Comme imγ est compact, il
existe r > 0 tel que D(a, r) \ {a} ⊂ U et D(a, r) \ {a} ∩ imγ = ∅. Pour z ∈ D(a, r)
et ζ ∈ imγ, on a |z − a| < r < |ζ − a|. D’où :
∞
X (z − a)n
f (ζ
= f (ζ).
ζ −z n=0
(ζ − a)n+1
(z − a)n |z − a|n
≤ M n+1 .
(ζ − a)n+1 r
Compte tenu de la formule de Cauchy pour un convexe et du fait que l’on peut
permuter l’intégrale et la somme dans une série de fonctions intégrable normale-
ment convergente sur [a, b], on obtient :
∞ Z
1 f (ζ)
X
f (z)indγ (a) = n+1
dζ (z − a)n . (2.6)
n=0
2iπ (ζ − a)
γ
Si l’on prend pour γ un cercle C(a, R) parcouru dans le sens direct tel que l’on ait
D(a, r) \ {a} ⊂ D(a, R) ⊂ U , on a indγ (a) = 1. On en déduit que f ∈ A(D(a, R)).
On a donc prouvé que f ∈ A(U ), et on a obtenu (2). L’assertion concernant le
rayon de convergence résulte de (2.6) par unicité du développement en série en-
tière et de la dérivabilité de celle-ci. Supposons U non convexe. Alors d(a, C \ U )
est le rayon du plus grand disque ouvert D(a, R) contenu dans U . Comme D(a, R)
est convexe, il suffit d’appliquer l’alinéa 1 à ce disque. 2
2.6 Exercices
Exercice 6 Soit U un ouvert connexe de C. Déterminer toutes les applications f ∈
Hol(U ) qui vérifient Imf (z) = [Ref(z)]2 pour tout z ∈ U .
Exercice 10 Soit f une fonction analytique dans le disque |z| < R, R > 0 donnée, telle
que |f 0 (z)| ≤ M , pour tout |z| < R. Si f (z) = n≥0 an z n est le développement en série
P
Exercice 11 Soient m, n ∈ Z∗ et ([0, 1], γ1 ), ([0, 1], γ2 ) des chemins fermés tels que 0 ∈
imγ1 ∪ imγ2 . Si t ∈ [0, 1], on pose :
31
3.1. SINGULARITÉS ISOLÉSES
pour tout z ∈ Dr0 (z0 ) \ {z0 }. En prolongeant f par f (z0 ) = a2 , on voit que f est
analytique dans Dr0 (z0 ), et en particulier holomorphe au point z0 . 2
ait une singularité illusoire en z0 . On dit alors que z0 est un pôle d’ordre m, ou
de multiplicité m, de f et que le polynôme m −k
en (z − z0 )−1 est la
P
k=1 a−k (z − z0 )
partie principale de f en z0 .
3. Pour tout r > 0 tel que Dr (z0 ) ⊂ U , l’ensemble f (Dr∗ (z0 )) est dense dans C.
On dit alors que f a une singularité essentielle en z0 .
si z ∈ Dr (z0 ). D’après (3.1), on peut supposer r assez petit pour que h(z) 6=
0 si z ∈ Dr (z0 ). Alors ` = h1 ∈ Hol(Dr (z0 )). D’autre part, `(z0 ) 6= 0 et, dans
Dr∗ (z0 ) :
`(z)
f (z) − b = .
(z − z0 )m
Ecrivant ∞
X
`(z) = αn (z − z0 )n ,
n=0
on obtient :
∞
α0 αm−1 X
f (z) = b + m
+ ... + + αn (z − z0 )n .
(z − z0 ) z − z0 n=m
Proposition 3.1.4 Avec les notations du théorème 3.1.3, les conditions suivantes sont
équivalentes :
1. f a un pôle d’ordre m en a.
2. Il existe r > 0 tel que Dr (a) ⊂ U et g ∈ Hol(Dr (a)) vérifiant g(a) 6= 0 et
g(z) ∗
f (z) = (z−a) m pour tout z ∈ Dr (a).
Exemple 3.1.5 Considérons la fonction f (z) = e1/z qui est holomorphe dans C∗ . Pour
tout p ∈ N, la fonction z 7→ z p f (z) n’est bornée dans aucun disque épointé Dr∗ (0), car
1
lim np f ( ) = +∞
n→+∞ n
Les conditions (1) et (2) du théorème 3.1.3 n’étant pas vérifiées, la condition (3) l’est.
n+1
Preuve : Puisque pour n 6= −1 la fonction z 7→ (z−a)n+1
est une primitive de
n
(z − a) dans U , l’intégrale de ses termes sur un chemin fermé contenu dans U est
nulle. Il vient : Z Z
dz
P (z)dz = α−1 .
z−a
γ γ
D’où le résultat. 2
Indiquons comment on calcule pratiquement des résidus.
2. Si m > 1,
1
Res(f, a) = lim [(z − a)m f (z)](m−1) .
z→a (m − 1)!
On a alors le résultat. 2
En particulier :
m n
f 0 (z)
Z
1 X X
indf ◦γ (0) = dz = indγ (ak ) − indγ (bj ).
2iπ f (z) k=1 j=1
γ
Lemme 3.3.6 Soient ([x, y], γ) et ([x, y], δ) deux chemins fermés dans un ouvert U de C
vérifiant |γ(t) − δ(t)| < |γ(t)| pour tout t ∈ [x, y]. Alors : indγ (0) = indδ (0).
Preuve : Remarquons que la condition |γ(t) − δ(t)| < |γ(t)| pour tout t ∈ [x, y]
implique 0 ∈ / (imγ) ∪ (imδ). Les indices sont donc bien définis. Posons ϕ = γδ . Il
vient :
ϕ0 δ0 γ 0
= − (3.2)
ϕ δ γ
L’hypothèse implique |1 − ϕ(t)| < 1 pour tout t ∈ [x, y], donc imϕ ⊂ D(1, 1). Il en
résulte que 0 appartient à la composante connexe non bornée de C \ imϕ par suite
indϕ (0) = 0. On déduit alors de (3.2) :
Zy Zy Zy
ϕ0 (t) δ 0 (t) γ 0 (t)
0 = 2iπindϕ (0) = dt = dt − dt
ϕ(t) δ(t) γ(t)
x x x
= 2iπ [indδ (0) − indγ (0)]
D’où le résultat. 2
Si t ∈ [x, y], on a |f ◦ γ(t) − g ◦ γ(t)| < |f ◦ γ(t)(t)|. D’où indf ◦γ (0) = indg◦γ (0), et le
résultat. 2
3.3.1 Homotopie
Définition 3.3.9 (Déformation) Soient U un ouvert de C et γ1 , γ2 des arcs dans U .
On appelle déformation de γ1 à γ2 toute application continue δ : [0, 1] × [0, 1] → U ,
(t, u) 7→ δ(t, u) vérifiant
L’homotopie entre les arcs est une déformation « à extrémités fixes ». Ce n’est pas
le cas de l’homotopie entre les lacets.
L’application [0, 1]×[0, 1] → U , (t, u) 7→ (ur2 + (1 − u)r1 ) e2iπt est une homotopie
du lacet γ1 au lacet γ2 .
2. Soit γ un arc dans l’ouvert U de C, d’origine a. Composons l’arc constant a avec
γ. On obtient un arc γ1 . L’application δ définie par δ(t, u) = a si 0 ≤ t ≤ u2 et
δ(t, u) = γ( 2t−u
2−u
) si u2 ≤ t ≤ 1 est une homotopie de l’arc γ1 à l’arc γ.
Pour 0 ≤ k < n, ζ 7→ (ζ − z)k−n−1 a une primitive dans C \ {z}, donc les intégrales
correspondantes sont nulles. D’où le résultat. 2
Théorème 3.3.16 Soient f une fonction holomorphe dans une couronne C = C(a, r, R)
et ρ1 , ρ2 des réels vérifiant r < ρ1 < ρ2 < R. On note γ1 (respectivement γ2 ) le cercle
C(a, ρ1 ) (respectivement C(a, ρ2 )) orienté dans le sens direct. Si ρ1 < |z| < ρ2 , on a :
Z Z
1 f (ζ) 1 f (ζ)
f (z) = dζ − dζ.
2iπ ζ −z 2iπ ζ −z
γ2 γ1
1 0 1 f (ζ) − f (z)
g(z) = f (z) et g(ζ) = si ζ 6= z.
2iπ 2iπ ζ −z
La fonction g est continue sur C et holomorphe dans C \ {z}. Par suite, elle est
holomorphe dans C. Les lacets γ1 et γ2 sont homotopes dans C. Il vient :
Z Z
1 f (ζ) 1 f (ζ)
dζ − indγ2 (z) = dζ − indγ1 (z).
2iπ ζ −z 2iπ ζ −z
γ2 γ1
On dit que (3.3) est le développement de Laurent de f dans C. Si r < ρ < R et si γ est le
cercle C(a, ρ) orienté dans le sens direct, on a, pour tout n ∈ Z :
Z
1 f (z)
αn = dz. (3.4)
2iπ (z − a)n+1
γ
De même, si |ζ − a| = ρ1 :
∞ n=−1
f (ζ) X f (ζ)(ζ − a)n X f (ζ)(z − a)n
− = =
ζ −z n=0
(z − a)n+1 −∞
(ζ − a)n+1
et
f (ζ)(z − a)n M r1n
≤ .
(ζ − a)n+1 ρn+1
1
On a alors :
Z n=−1 Z
f (ζ) X f (ζ)
dζ = dζ (z − a)n .
ζ −z −∞
(ζ − a)n+1
γ1 γ2
Z2π +∞
X Z2π
it −ikt n
f (a + ρe )e dt = αn ρ ei(n−k)t dt.
0 −∞ 0
Corollaire 3.3.19 (Théorème de Liouville) Toute fonction entière et bornée est constante.
Preuve : Soit P ∈ C[X] \ C. Il est clair que |P (z)| tend vers +∞ si |z| tend vers
1
+∞. Par suite, si P n’a aucune racine dans C, z 7→ P (z) est une fonction entière
bornée. D’après le théorème de Liouville, elle est constante, donc le polynôme P
est constant. Contradiction. 2
Proposition 3.3.21 Soit f une fonction holomorphe dans une couronne C(a, r, R). Il
existe un couple unique (f1 , f2 ), avec f1 holomorphe dans DR (a), f2 holomorphe dans
{z ∈ C/|z − a| > r}, et vérifiant :
f = f1 + f2 , lim f2 (z) = 0.
|z|→+∞
il suffit de prendre
∞
X X
f1 (z) = αn (z − a)n , f2 (z) = αn (z − a)n
n=0 n<0
h est une fonction entière qui tend vers 0 quand |z| tend vers +∞. D’après le
théorème de Liouville, g = 0. D’où (f1 , f2 ) = (g1 , g2 ). 2
3.4 Applications
3.4.1 Quelques lemmes de Jordan
Ces lemmes ne sont pas à connaître impérativement, mais il faut savoir les
redémontrer à la demande. Notez que le deuxième lemme est d’une démonstra-
tion un peu plus délicate (à connaître) que les trois autres. Les deux premiers
concernent le voisinage de l’infini, les deux autres le voisinage de l’origine.
Lemme 3.4.1 (Premier lemme de Jordan) Soit f une fonction méromorphe dans le
secteur θ1 ≤ θ ≤ θ2 vérifiant
lim zf (z) = 0
|z|→+∞
Lemme 3.4.2 (Deuxième lemme de Jordan) Soit f une fonction méromorphe dans
demi plan =z > 0 vérifiant
lim f (z) = 0
|z|→+∞
Lemme 3.4.3 (Troisième lemme de Jordan) Soit f une fonction méromorphe au voi-
sinage de l’origine et possédant un pôle simple à l’origine. Soit γ : [θ1 , θ2 ] 3 t 7→ eit .
Alors Z
lim f (z)dz = i(θ2 − θ1 )Rés(f, 0)
→0
γ
un calcul élémentaire montre que γ az dz = ai(θ2 −θ1 ) et γ g(z)dz ≤ 2π supIm(γ ) |g|.
R R
Lemme 3.4.4 (Quatrième lemme de Jordan) Soit f une fonction méromorphe au voi-
sinage de l’origine et vérifiant limz→0 zf (z) = 0. Soit γr : t ∈ [θ1 , θ2 ] → reit un arc de
cercle. Alors Z
lim f (z)dz = 0
r→0
γr
R Rθ
Preuve : γr f (z)dz = θ12 f (reit )rieit dt ≤ (θ2 − θ1 ) supim(γr ) |zf (z)| le résultat
s’en déduit. 2
Z
g(z)dz ≤ M long(γr ) = M |β − α|r.
γr
D’autre part :
Z Zβ
dz
= idt = (β − α)i.
z−a
γr α
D’où le résultat. 2
Lemme 3.4.6 Soient α, β des éléments de [0, 2π] et γR : [α, β] → C, t 7→ Reit un chemin
dont l’image est un arc de cercle. Soit f une fonction holomorphe dans un ouvert U de C
contenant imγR pour R assez grand. On pose
Preuve : Soit > 0. Si R est assez grand, on a RM (R) < . Dans ce cas :
Z
f (z)dz ≤ long(γR ) = |β − α| .
R
γR
D’où l’assertion. 2
le cercle unité parcouru dans le sens direct, que l’on calcule par le théorème des
résidus.
R 2π a 1 a
Exemple 3.4.7 I(a) = 0 a2 +sin 2 t dt, a est un réel positif. On pose f (z) = iz 2 1 =
a − 4 (z− z1 )2
4aiz 1
√
− (z2 +2az−1)(z 2 −2az−1) les pôles de f sont z0 = − z = −a + a2 + 1 et z2 = − z13 = a +
√ 1
2π
I(a) = √
a2 + 1
Soient n un entier et α un réel tels que n > α + 1 > 0. On veut calculer l’intégrale
Z+∞
tα
I= dt.
1 + tn
0
Il vient :
2πρα+1
|Iρ | ≤ .
n|ρn − 1|
Ainsi, Iρ tend vers 0 quand ρ tend vers 0 ou quand R tend vers +∞. D’autre part,
d’après le théorème des résidus :
Z
iπ i(α+1)π
f (z)dz = 2iπRes(f, e n ) = −2iπe n IR − Ir
Γr,R
ZR Zr
tα 2iπ(α+1) tα
+ dt + e n dt.
1 + tn 1 + tn
r R
On en déduit que :
π
I= .
n sin( (α+1)π
n
)
3.5 Exercices
Exercice 12 Déterminer les points singuliers isolées des fonctions suivantes, puis déter-
miner leur nature (singularité "apparente" ou "effaçable", pôle, singularités essentielle) :
z 7→ e1/z z 7→ sin1 z − z1 z 7→ 1
ez −1
− 1
z
z
7 sin( sin11/z )
z 7→ e 1−z z →
Exercice 13 Soient f, g deux fonctions entières non identiquement nulles telle que |f (z)| ≤
|g(z)| pour tout z ∈ C.
1. Montrer que f /g se prolonge en une fonction entière.
2. Montrer qu’il existe λ ∈ C tel que f = λg.
σR : [0, π] → C
t 7→ Reit
Montrer que
R
— lim σR F (z)dz = 0
RR→+∞ R π
— [−R,R] F (t)dt + σR F (z)dz = e
R +∞ t
— −∞ tcos π
2 +1 dt = e
[1] Patrice Tauvel, Analyse Complexe pour la Licence 3, Cours et exercices cor-
rigés, Dunod.
[2] Sylvie Benzoni et Francis Filbet, Cours de Mathématiques pour la Licence
Analyse Complexe, 2007.
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