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Chap 2 Endurance Des Roulements

Le document traite du calcul d'endurance des roulements, en abordant les causes de dégradation, notamment la fatigue des matériaux due à des efforts répétés. Il présente également les différentes charges exercées sur les roulements, les méthodes de calcul de leur durée de vie, ainsi que les facteurs influençant cette durée, comme la température et les conditions d'utilisation. Enfin, il souligne l'importance de mesures et d'essais pour déterminer les efforts réels appliqués aux roulements.

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Chap 2 Endurance Des Roulements

Le document traite du calcul d'endurance des roulements, en abordant les causes de dégradation, notamment la fatigue des matériaux due à des efforts répétés. Il présente également les différentes charges exercées sur les roulements, les méthodes de calcul de leur durée de vie, ainsi que les facteurs influençant cette durée, comme la température et les conditions d'utilisation. Enfin, il souligne l'importance de mesures et d'essais pour déterminer les efforts réels appliqués aux roulements.

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2 - CALCUL D’ENDURANCE DES ROULEMENTS

1 – Généralités
Les causes de la dégradation des roulements sont diverses. Certaines (usure et abrasion,
corrosion…etc. voir chapitre precedent) peuvent être atténuées par des conditions
d’utilisation convenables. Cependant la principale cause ne peut être évitée, il s’agit de
la fatigue de la matière, occasionnée par les efforts répétés auxquels sont soumis les
éléments roulants et les pistes de roulement et qui conduisent à l’écaillage de leur
surface.
1 – 1. Phénomène de fatigue
Des efforts répétés (généralement périodiques) appliqués à un organe mécanique et qui
n’engendrent au sein de celui-ci que des contraintes inférieures à la limite de rupture
statique du matériau peuvent cependant conduire à la ruine de cet organe (fissuration,
écaillage, rupture). C’est le très insidieux phénomène de fatigue qui ne se manifeste par
aucune évolution macroscopique des propriétés du matériau et dont la phase finale
évolue brutalement (propagation de fissure et rupture). Il n’existe pas de théorie
générale de ce phénomène complexe mais des modèles d’approche. Le phénomène de
fatigue dépend de nombreux paramètres :
- nature et propriétés physico-chimiques du matériau ;
- nature des sollicitations (simples ou combinées) ; traction, flexion, torsion, …etc. ;
- mode d’application des sollicitations ; périodiques (alternées, ondulées, répétées, …
etc.) aléatoires, vibrations, chocs, …etc. .
La fatigue des organes mécaniques peut en outre être aggravée par des conditions
particulières :
- phénomènes d’origine thermiques ; contraintes thermiques, évolution structurale du
matériau ;
- abrasion ;
- corrosion …etc..
1 - 2. Efforts exercés sur les roulements
Il s’agit de la force F exercée au centre de pression du roulement (figure 1) qui peut se
décomposer en une charge radiale et charge axiale. Dans la quasi-totalité des cas, le
roulement ne supporte pas de moment et le calcul dynamique s’avère nécessaire quand
les forces d’inertie deviennent non négligeables. On distingue les paliers isostatiques et
hyperstatiques.

Figure 1 : Efforts exercés sur les roulements.


6
Paliers isostatiques : les calculs sont simples dans leur principe mais ils sont longs et
fastidieux.
Paliers hyperstatiques : il est nécessaire d’établir des équations supplémentaires
prenant en compte les déformations des éléments du palier d’ou un calcul complexe.
En général, un organe doit assurer un bon fonctionnement pendent une durée
convenable qui est fonction de son emploi. Les tableaux 1 et 2 nous donnes des durée de
vie souhaitée pour différents véhicules et appareils courants.
Des logiciels ont été développés afin d’effectuer ces calculs par l’intermédiaire des
ordinateurs.
Tableau 1 : Durée de vie souhaitée pour différents véhicules.
Type de véhicule Durée de vie L10 en
millions de km
Voiture particulière 0,1
Camion, autocar 0,2 à 0,3
Wagon 0,8
Métro, RER 1,5
Voiture de grande ligne 3
Autorail 3à4
Locomotive diesel, électrique 3à5

Tableau 2 : durée de vie souhaitée pour un roulement suivant son utilisation.


Durée de vie L10
Type de machine en heures de
fonctionnement
Appareil ménager, machine agricole, instrument ou appareil 300 à 3000
médical,
Machine à fonctionnement intermittent ou de courte durée.
Outil à main, grue de montage, machine utilisée dans le 3000 à 8000
bâtiment.
Machine à fonctionnement de courte durée avec une grande
fiabilité, ou à fonctionnement intermittent (avec un minimum
8000 à 12000
d’arrêts accidentels) : ascenseur, monte-charge, ponts roulants
de magasins.
Machine prévue pour un service de 8 heures par jour en
fonctionnement intermittent : réducteur de vitesse à usage
10000 à 25000
général. Moteur électrique stationnaire, concasseur giratoire.
Machine prévue pour un service de 8 heures par jour en
fonctionnement continu : machine outil, machine à bois,
20000 à 30000
machine de production en général, grue de parc, ventilateur,
bande transporteuse, machine d’imprimerie, centrifugeuse.
Machine à fonctionnement continu (24 heures par jour) :
réducteur et cage à pignon de laminoir, moteur électrique
40000 à 50000
stationnaire, compresseur, pompe, ascenseur de mine, machine
textile.
Station de pompage, four rotatif, machine de câblage, machine 60000 à
de propulsion de navire. 100000

7
Machine à fonctionnement continu (24 heures par jour) avec une
grande fiabilité : machine pour la fabrication de cellulose et de
 100000
papier, grosse machine électrique, centrale électrique, pompe et
ventilateur de mine, palier d’arbre de couche de navire.

Il est à remarquer que dans bien des cas il est pratiquement difficile ou impossible de
déterminer par les calculs les efforts réels appliqués aux roulements, ce qui oblige à
effectuer des mesures et essais afin de déterminer des spectres de charge. Dans la plus
part des cas on majore les efforts statiques calculés par des coefficients empiriques « f »
proposés par les constructeurs de roulements, voir tableau 3.
Tableau 3 : Coefficients « f » préconisés par les constructeurs de roulements.
1 -
3. Type de transmission ou de mécanisme Conditions Conditions
normales difficiles
Transmission par courroies trapézoïdales 2 2,5
Transmission par courroies plates avec enrouleur 2,5 3
Transmission par courroies plates sans enrouleur 4 5
Transmission par engrenages de précision 1,05 1,10
Transmission par engrenages ordinaires 1,10 1,30
Machines sans à coups (moteurs électriques… 1 1,20
etc. )
Machines avec à coups (moteurs à pistons,…etc. ) 1,20 1,50
Machines avec chocs (concasseurs, laminoirs,… 1,50 3,00
etc. )
Loi d’endommagement des roulements
Il s’agit d’examiner la loi de comportement en fatigue dans le cas d’une charge radiale
d’intensité constante, fixe par rapport à la bague extérieure, tournante par rapport à la
bague intérieure.
Roulements identiques soumis à la même charge
Le graphe de la figure 2 représente la durée de vie L s atteinte par le nombre relatif « s »
de roulements d’un même lot, statistiquement représentatif, soumis à la même charge
et dans les mêmes conditions. Cette courbe de dispersion est légèrement différente pour
les roulements à rouleaux et les roulements à billes. On entend généralement par durée
de vie nominale d’un roulement, notée L (ou encore L 10, la durée de vie atteinte avant
rupture de 10% des roulements. (Norme ISO 281-1977).

8
Figure 2 : Durée de vie des roulements.
Roulements identiques soumis à des charges d’intensités différentes
Soient deux séries « i » et « j » de roulements identiques et statistiquement identiques,
aux quelles on applique respectivement des charges d’intensité F i et Fj. Toutes les autres
conditions restant identiques. Les durées de vie nominales des roulements de chacune
des séries sont alors Li et Lj, elles vérifient les relations :

Avec p = 3 pour les roulements à billes et p = 10/3 pour les roulements à rouleaux et à
aiguilles.
Charge dynamique de base
C’est la charge radiale « C » qui, appliquée à un lot de roulements identiques, conduit à
une durée de vie nominale de ces roulements égale à 10 6 tours. La charge dynamique de
base C est le paramètre principal caractérisant un roulement.
Si un roulement de charge dynamique de base C est soumis à la charge radiale F, sa
durée de vie nominale (en 106 tours) se déduit des relations précédentes :

Durée de vie corrigée


La norme ISO 281-1977 définit une durée de vie corrigée :
Lna = a1.a2.a3.L10
Avec Lna : durée de vie corrigée avec la probabilité n%
a1 : facteur de fiabilité
a2 : facteur prenant en compte la qualité de l’acier du roulement
a3 : facteur prenant en compte les conditions de fonctionnement (lubrification
etc.)
Le tableau 4 représente les variations de a 1 en fonction de la fiabilité désirée.
Tableau 4. : Variations de a1 en fonction de la fiabilité.

9
N ; probabilité Fiabilité (%) a1
de rupture
10 90 1
5 95 0,62
4 96 0,53
3 97 0,44
2 98 0,33
1 99 0,21

Les constructeurs regroupent généralement les facteurs a 2 et a3 en un seul facteur a23


qui peut être déterminé au moyen d’abaques fournis par les constructeurs.
Charge dynamique de base corrigée en fonction de la T° de fonctionnement
Une élévation de la température T diminue la capacité de charge C de la façon sensible,
ce qui est indiqué dans le tableau 5.
Tableau 5. : Variations de C en fonction de T°.
T(°) < 150° 200° 250° 300°
C corrigée C 0,9.C 0,75.C 0,6.C

1 - 4. Charge radiale de direction variable par rapport au logement


Dans le cas d’une charge fixe par rapport au logement l’effort maximal de contact sur le
chemin de roulement de la bague extérieure s’exerce constamment sur la même zone.
Par contre le chemin de roulement de la bague intérieure est sollicité uniformément.
Dans le cas d’une charge fixe par rapport à l’arbre c’est l’inverse qui se produit ; une
même zone du chemin de roulement de la bague intérieure est constamment soumise à
l’effort maximal de contact. Pour tenir compte de cet accroissement de la sollicitation
exercée sur la bague intérieure on remplace la charge F appliquée, par la charge
équivalente Fm telle que :
Fm = V.F
Où le facteur de vitesse V n’a qu ‘un effet très faible puisque 1 < V < (1,05 à 1,20), ce
qui permet de le négliger dans la plus part des cas.
1 - 5. Charge statique de base
Dans le cas ou les roulements tournent à très basse vitesse, et quelquefois ne sont
soumis à une charge que lorsque la rotation est nulle, la charge dynamique de base C et
la durée de vie nominale L10 n’ont plus de sens. On doit vérifier que la charge statique
appliquée au roulement est inférieure à la charge statique de base C o.
La charge statique de base « Co » est la charge qui provoque sur le chemin de roulement
une déformation permanente égale à 0,0001 du diamètre des éléments roulants.
Dans certaines applications les constructeurs préconisent l’utilisation des coefficients de
sécurité « so « afin de déterminer une charge statique nécessaire « Cno » telle que :

1 - 6. Choix des dimensions d’un roulement


Lors de la conception d’un palier à roulements on connaît généralement la durée de vie
nominale souhaitée (L) et la charge radiale supportée par le roulement (F). Il est alors

10
aisé de déterminer sa charge dynamique (ou statique) de base C (ou C o) et de choisir le
roulement approprié dans les catalogues des fabricants.
Cependant, le calcul d’endurance n’est pas le seul critère de choix des dimensions d’un
roulement. Il faut également calculer les dimensions de l’arbre ; calculer sa résistance à
la rupture (torsion, flexion) et à la fatigue en prenant en compte les accidents
géométriques (filetages, gorges, épaulements) sources de concentrations de contraintes.
Afin d’améliorer l’agencement d’un palier (encombrement, commodité du montage
démontage,…etc.) il est quelquefois utile de surdimensionner un roulement.
2 - Roulement soumis à une charge radiale d’intensité variable
Dans ce qui a précédé on avait une charge constante. Dans ce paragraphe on envisage
le cas où l’intensité de la charge varie au cours de la rotation des bagues :
F = F(n) n en tours
Ou F = F()  en degré ou radians.
2 - 1. Charge moyenne équivalente à une charge variable
C’est la charge radiale F m d’intensité constante, de direction fixe par rapport à la bague
extérieure qui, appliquée dans les mêmes conditions que la charge d’intensité variable
F(n) provoquerait la rupture du roulement après la même durée de vie L.
2 - 2. Loi de l’endommagement linéaire de PALMGREN
Principe : sur une série de roulements identiques il a été établi que des charges radiales
constantes Fi (i = 1,….., q) conduisent à des durées de vie nominales L i.
On applique à l’un de ces roulements (et dans des conditions identiques) successivement
(figure 3.) :
 La charge F1 pendant n1 cycles,
 La charge Fi pendant ni cycles,
 La charge Fq jusqu'à la rupture après n q cycles. Le roulement a donc subit
successivement les endommagements Di tel que :

La loi d’endommagement linéaire de PALMGREN s’écrit alors :

Cette loi est empirique. Elle est basée sur un grand nombre d’essais et elle doit être
traitée de façon statistique (moyenne et écart). Elle ne peut être appliquée à tous les cas
de fatigue de machines. Pour les roulements elle est suffisamment bien vérifiée dans la
plus part des cas pour servir de base de calcul des charges moyennes équivalentes.

F(n)
F(n)

n n
n1
n2 n3 nq N L
Figure 3 : Charge sous forme Figure 4 : Charge sous forme d’une fonction
d’escalier. continue.
11
2 - 3. Calcul de la charge moyenne équivalente à une charge d’intensité
variable
Dans le cas de charge précédente (figure 3) on désigne par F m la charge moyenne
équivalente correspondant à la durée de vie nominale L du roulement telle que :

On a en outre

q
ni
L
i 1 i
1

De plus la loi d’endommagement des roulements permet d’écrire :

On en déduit

Dans le cas ou la charge F(n) est une fonction continue (figure 4) on a donc :

Et si F(n) est périodique de période N (figure 5) :

Dans le cas d’une charge mobile par rapport au logement et dans le cas où on doit
prendre en compte le facteur de vitesse « V » on a :

F(n)

n
N L
Figure 5 : Charges
périodiques.
12
3 - CHARGE QUELCONQUE APPLIQUEE À UN SEUL ROULEMENT
Il s’agit de la charge appliquée au roulement « fixe » d’un palier à un roulement « libre »
et un roulement « fixe ». Il s’agit également de la charge appliquée à chacun des
roulements d’un montage en opposition. Dans ce dernier cas la détermination de la
charge axiale appliquée à chacun des roulements pose un problème qui sera abordé plus
tard.
Dans ce paragraphe on considère le cas d’un roulement seul soumis à une charge F
connue de composante axiale et radiale F a et Fr connues.
3 - 1. Détermination et répartition des forces de contact dans les roulements à
contact oblique
La figure 6 représente un roulement à contact oblique soumis à une charge quelconque F
dont l’inclinaison est caractérisée par l’angle  tel que :

Figure 6 : Déplacement du centre Figure 7 : Répartition de la charge


dans un
de pression avec l’effort. roulement à bille à contact
oblique.

 est l’angle de contact du roulement qui caractérise la direction des forces de contact,
sa valeur est déterminée par la géométrie des chemins de roulement. Lorsque les
composants du roulement sont en contact (sans jeu) et sans charge, les droites de
contact se coupent en un même point A o qui définit la position de référence du centre de
pression. Sous l’action de la charge F le centre de pression se déplace en A d’une valeur
. Le déplacement  a pour composantes radiale et axiale r et a. le déplacement axial a
est orienté comme l’indique les figures 11 et 12, telle que :
a > 0 caractérise un jeu (on note a = Ja)
a < 0 caractérise un enfoncement (on note a = d)
La valeur du rapport (a / r) est fonction de la valeur du rapport (F r.tg / Fa). Notamment,
le déplacement  est purement radial si on a :

On considère en général :

13
Figure 8 : Répartition de la charge dans
un roulement conique sous charge
axiale centrée.

Figure 9 : Répartition de la charge dans


un roulement conique sous charge
combinée.

Les figures 7, 8 et 9 représentent la répartition des efforts de contact Q i des éléments


roulants n° i repérés par l’angle . Les résultantes axiale et radiale notées R Qa et RQr sont
telles que :

La répartition de la charge sur les contacts entre éléments roulants et chemins de


roulement est caractérisée par le paramètre . Si les éléments roulants ne sont pas tous
chargés,  représente le rapport entre la projection de la zone de charge z et le diamètre
D du chemin de roulement. Dans ce cas  < 1. Si tous les éléments roulants sont chargés
on a :

Où max et min représentent la déformation élastique du contact des éléments


respectivement le plus chargé et le moins chargé, figure 10.

14
Figure 10 : Déformation élastique du contact.

Lorsque les valeurs de Fa et Fr varient, l’état de charge des contacts varie aussi. Les
figures 11 et 12 illustrent différents états de charges. Le graphe de le figure 13
représente la valeur de la résultante R Qa en fonction du déplacement a. lorsque la moitié
des éléments roulants sont chargés on a :
a = 0 ;  = r ;  = 0,5 ; Fa # 1,25.Fr.tg
Remarque
Les roulements à contact radial à une rangée de billes sont considérés comme des
roulements à contact oblique lorsqu'ils sont soumis à une charge quelconque (Fa # 0).
L’inclinaison des droites d’action des forces de contact et la répartition des charges ne
peuvent être caractérisées par un angle de contact constant. Elles dépendent du profil
du chemin de roulement et sont caractérisées par le rapport « Fa/Co ». Par contre les
roulements à rotule (à billes ou à rouleaux) possèdent un angle de contact .

Figure 11 : Déplacement  pour Fa fixe et Fr variable.

15
Figure 12 : Déplacement pour Fa variable et Fr fixe.

Figure 13 : Variation de la résultante en fonction du jeu.

3 - 2. Calcul de la charge radiale équivalente à une charge quelconque


Pour tous les types de roulements des courbes « équidurée » ont été établis. Ces
courbes caractérisent les charges d’intensité constante conduisant à une même durée de
vie pour chaque type de roulement.
Roulements à une rangée d’éléments roulants
La courbe de la figure 14 représente la grandeur et la direction de toutes les charges F
constantes conduisant à la même durée de vie L, ayant donc la même charge radiale
équivalente Fm.
Pour obtenir des relations simples, on remplace la courbe par deux droites. Le domaine
de ces deux droites est séparé par l’angle 2 tel que :
tg2 = 1,5. tg = e
 lorsque (Fa / Fr )  e c’est à dire   2 ; on a Fm = Fr
 lorsque (Fa / Fr )  e c’est à dire   2 ; on a : Fm = X.Fr + Y.Fa

16
Où le coefficient radial X et le coefficient axial Y dépendent des paramètres constructifs
des différents types de roulements. Ils sont rapportés dans le tableau 6.

Figure 14 : Courbe d’équidurée pour un roulement à bille.


Remarques
Pour les roulements à une rangée de billes à contact radial X et Y dépendent du rapport
(Fa /Co).
Pour les roulements à rouleaux coniques le coefficient Y a une valeur bien particulière

puisque :

Tableau 6 : coefficients des roulements à une rangée d’éléments roulants.

17
Roulements à deux ragées d’éléments roulants symétriques
Le principe reste le même que précédemment. La courbe de la figure 15 désigne toutes
les charges F ayant même charge radiale équivalente F m. Cette courbe est aussi
ramenée à deux droites et les coefficients axiaux et radiaux sont tels que :

X et Y sont les coefficients des roulements à une rangée d’éléments roulants, tableau 6.
Charge radiale équivalente à une charge quelconque d’intensité et de direction

variable
Si F est variable et de direction variable par rapport au logement, elle peut s’écrire sous
la forme :

La charge moyenne équivalente est alors :

Fa

Fr
 Fm1 = X1.Fr +
F Y1.Fa
Fm1
2
tg 2 = 1,5 tg 
Fm2
Fm2 = X2.Fr +
Y2.Fa
Figure 15 : Courbe d’équidurée pour un roulement à deux rangées de billes.

Charge radiale statique équivalente


Dans le cas d’une charge statique équivalente quelconque, la charge radiale statique
équivalente se calcule de la même façon que précédemment :

Les coefficients Xo et Yo sont rapportés dans le tableau 7.

18
Tableau 7 : Coefficients de la charge radiale statique équivalente.

4 - Charge quelconque appliquée à deux roulements montés en opposition


Dans les paliers de roulements montés en opposition la détermination des charges
radiales FrI et FrII de chacun des roulements sous l’action de F r s’effectue aisément. Par
contre l’équilibre axial de chacun des roulements n’est pas seulement déterminé par la
charge axiale extérieure FA. En effet chaque roulement supporte la réaction R Qa , du
roulement opposé. Cette réaction dépend de la répartition des forces de contact sous
l’action de FrI et FrII. Ce type de montage est hyperstatique. Dans le cas général, il est
nécessaire de résoudre à la fois les équations de l’équilibre statique et les équations de
déformation des contacts afin de déterminer le déplacement du centre de pression. Ces
calculs sont alors traités par ordinateur et l’équilibre, de chacun des roulements, est
déterminé par approximations successives.
Cependant pour les montages courants, on suppose un état particulier d’équilibre ; pour
le roulement dont la zone de charge est la moins étendue on suppose  = 0,5. On peut
alors calculer, de façon approchée, les efforts exercés sur chacun des roulements.
Lorsque les charges effectivement appliquées à chacun des roulements sont connues, les
calculs de charges équivalentes sont ceux décrits au paragraphe précédent.
Cas d’une charge appliquée radiale
Dans ce cas, figure 16, la charge radiale F = Fr (Fa = 0) exerce sur chacun des
roulements les charges FrI et FrII avec :
Fr = FrI + FrII
Les réactions axiales de chacun des roulements sont : RQaI et RQaII,
Les charges axiales sont donc :
FaI = RQaII sur le roulement I et FaII = RQaI sur le roulement II
L’équilibre du palier impose : FaI + FaII = 0
On dispose d’une équation pour deux inconnues.

19
Figure 16 : Cas d’une charge radiale.
Pour lever l’indétermination on considère que pour le roulement le moins chargé on a 
= 0,5.
Pour I = 0,5 on a : FaI # 1,25. FrI.tgI
Pour II = 0,5 on a : FaII # 1,25. FrII.tgII
Supposons, par exemple, que l’on ait : FrII.tgII > FrI.tgI
Le roulement dont la zone de charge est la moins grande est le roulement II, car
l’équilibre impose : FaII = FaI , on a donc :

Remarque : Le même raisonnement peut être tenu dans le cas où F rI.tgI > FrII.tgII.
Cas d’une charge appliquée quelconque
On conserve dans ce paragraphe, l’exemple où : FrII.tgII > FrI.tgI et l’on considère un
montage en « O ». Les autres cas ne seront pas envisagés mais ils peuvent être résolus
par des raisonnements analogues.
L’équilibre du palier entraîne : FaI + FaII = Fa
Deux cas sont envisagés en fonction du sens de F a.
Cas 1 : Fa agit sur le roulement I : (figure 17)
On se retrouve dans le même cas que précédemment mais la charge axiale de I est

augmentée de Fa.

Figure 17 : Cas d’une charge quelconque avec +F a.

Cas 2 : Fa agit sur le roulement II : (figure 18)

20
Dans ce cas l’équilibre du palier impose :  FaII  -  Fa  =  FaI
Même dans l’hypothèse où : FrII.tgII > FrI.tgI, la détermination du roulement dont la
zone de charge, est la moins grande, dépend de la valeur de  Fa . En effet :
 si l’étendue de charge est moins grande pour le roulement II on a donc :

Et l’équation d’équilibre entraîne :


1,25.( FrII.tgII - FrI.tgI)   Fa 
 si l’étendue de charge est moins grande pour le roulement I on a donc :

Et l’équation d’équilibre entraîne :


1,25.( FrII.tgII - FrI.tgI) >  Fa 
Le tableau 8 présente les différents cas possibles. Seuls les deux cas pour lesquels on a
 = 0,5 pour la zone de charge la plus petite et  > 0,5 pour la plus grande
correspondent au cas de charge particulier étudié.

Figure 18 : Cas d’une charge quelconque avec (-Fa).

Tableau 8. : Différents cas possibles.

 Fa  < 1,25.( FrII.tgII - FrI.tgI)  Fa  > 1,25.( FrII.tgII - FrI.tgI)

I = 0,5  FaII  =  Fa  +  FaI  FaII  =  Fa  +  FaI

FaI = 1,25. FrI.tgI FaII < 1,25. FrII.tgII FaII > 1,25. FrII.tgII

II < 0,5 II > 0,5

II = 0,5  FaI  =  FaII  -  Fa  FaI  =  FaII  -  Fa

FaII = 1,25. FrII.tgII FaII > 1,25. FrI.tgI FaI < 1,25. FrI.tgI

I > 0,5 I < 0,5

Remarques
 les fabricants proposent dans leurs catalogues des tableaux résumant les différents
cas ; montages en « X » ou en « O » pour les cas :
FrI.tgI > FrII.tgII et FrI.tgI < FrII.tgII ; (tableau 9).

21
 Pour les roulements à billes la valeur  Fa  est comparée à :
(eII. FrII - eI. FrI) = 1,5.( FrII.tgII - FrI.tgI).
ce qui correspond à  > 0,5 pour les deux zones de charge.
 Pour les roulements à rouleaux la valeur  Fa  est comparée à :

4 - 3. Caractérisation d’un montage en opposition en fonction du réglage du


jeu ou de la pré charge axiale

Cas d’un palier soumis en fonctionnement à une charge purement axiale


La courbe de rigidité axiale d’un roulement à contact oblique peut être établie
simplement comme le montre la figure 19. Connaissant celle de chacun des roulements
d’un montage en opposition on peut déterminer les caractéristiques de celui-ci.

Figure 19 : Courbe de rigidité axiale d’un roulement à contact oblique.

La figure 20 schématise trois types de réglages d’un palier soumis à une charge axiale ;
on distingue trois cas de figures :
Cas 1 : (figure 20.a), c’est un montage avec jeu axial J a. Si la charge axiale F a provoque
un enfoncement da1 du roulement I le jeu axial du palier est ; Ja + da1. La rigidité du palier
est celle du roulement I. sous charge alternée  Fa, le jeu axial est ; Ja + da1 + d a2.
Cas 2 : (figure 20.b), c’est un montage avec jeu axial initial nul. Les caractéristiques
sont celles du cas précédent Ja = 0.
Cas 3 : (figure 20.c), c’est un montage préchargé où la distance des centres de pression
est réduite de la valeur p provoquant les enfoncements d 1 et d2 des roulements (p = d 1 +
d2) et de façon que les réactions axiales des roulements aient la même intensité R Q. Sous
l’action de la charge axiale F a l’arbre se déplace par rapport au logement d’une valeur d.
celui-ci accroît, par exemple, l’enfoncement du roulement 1 qui devient (d 1 + d) et réduit
celui du roulement 2 qui devient (d 2 - d). Les réactions axiales R Qa1 et RQa2 sont telles
que :

22
Figure 20 : Réglage d’un palier soumis une charge axiale.

La figure 21 représente la courbe de rigidité du palier ; c’est la courbe des charges


axiales Fa  provoquant le déplacement d dans le cas d’un réglage avec précharge,
figure 20.c.
Pour d < d2 et FaII  <  FA1  la rigidité est représentée par OE. Pour d > d 2, la rigidité du
palier devient celle du roulement 1, elle est représentée par la courbe E 1z1. Ce graphe
montre que la rigidité du palier préchargé est très supérieure à celle d’un palier avec jeu.

Figure 21 : Courbe de rigidité d’un palier.

23
Tableau 9 :

24
Cas d’un palier soumis en fonctionnement à une charge quelconque
Les courbes de rigidité des roulements soumis à une charge radiale ont la forme de la
courbe de la figure 13 déjà examinée. Elles permettent, si elles sont connues, de
déterminer les caractéristiques du palier chargé ainsi que le représente la figure 22.
Dans la pratique, les montages en opposition préchargés sont soumis à des charges à
forte prédominance axiale. La méthode développée au paragraphe précédent permet la
détermination de la précharge avec une précision suffisante pour les cas courants. En
effet, le graphe de la figure 23, montre que le réglage initial n’a que peu d’influence sur
la durée de vie pour un jeu initial ou une précharge faible. Par contre une précharge
excessive peut avoir des effets catastrophiques.

Figure 22 : Caractéristiques du palier chargé. Figure 23 : Variation de la


durée de vie
en fonction du jeu.
4 - 4. Conclusion
Les méthodes de calcul abordées dans ce paragraphe n’apportent des solutions
satisfaisantes (bien qu’approchées) que dans les cas simples suivants :
 paliers comportant un roulement axialement libre et un roulement « fixe ».
 paliers de roulements montés en opposition soumis à une charge purement axiale.
Ces méthodes n’apportent pas de solution précise dans le cas général des paliers de
roulements montés en opposition soumis à une charge quelconque. Le cas de paliers
comportant plus de deux roulements n’a pas été abordé non plus (paliers de broches de
précision). Pour le calcul précis de roulements dans de tels cas (hyperstatiques) les
fabricants ont mis au point des programmes de calcul sur ordinateurs puissants.
Ces programmes prennent en compte :
 les paramètres de fonctionnement ; charge, vitesse, température, lubrification,…etc.
 les états de contraintes et de déformation des différents éléments ; arbres, éléments
roulants, …etc.
Ils permettent de déterminer :
 pour chaque élément roulant ; la déformation, la charge supportée, la géométrie du
contact, l’angle de contact,…etc.
 pour les roulements ; la position du centre de pression, la charge appliquée, la charge
moyenne équivalente, les types de roulements satisfaisants contenus dans le
catalogue.
25
 Pour le palier ; sa rigidité, les paramètres du réglage initial.

5 : organigramme à suivre pour la vérification d’un roulement

Roulement Calcul des charges


entièrement appliquées
connu

Oui Oui
Fa = 0 Fr = 0

Non Non

Calcul de Fa / Fr
e

Fonction de Fa/Co Oui Fa Non


pour les e
roulements à Fr
billes à une seule
rangée
X = ….. X = …..
Y = ….. Y = ….. Fm =
Fa
Fm =
Fr
Fm = X.Fr +
Y.Fa

C
p p = 3 roulements à
(L en 10
 C  billes
L  
6

trs) F
 m p = 10/3 roulements
à rouleaux
N tr/mn

L 106
Lh 
60N

Fm (ou P) : charge équivalente,


Co : charge statique de base,
C : charge dynamique de base,
e = 1,25  : pour les roulements à contact
oblique d’angle ,

26
Organigramme à suivre pour la vérification (ou le calcul) de la durée de vie d’un roulement.

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