La Athéna grecque ou
la Minerve latinz
Compétences : Identifier quelques grands repères culturels de l’environnement quotidien des élèves du même âge dans
les pays ou régions étudiés / Mobiliser ses connaissances culturelles pour décrire ou raconter des personnages réels ou
imaginaires.
Objectif : Construire un exposé autour d’une figure divine.
Activité 1 : Explorer des documents
L’orgueilleuse guerrière
Quelque temps après avoir avalé Métis, Zeus se mit à souffrir de violents maux de tête. Tout d'abord,
il n'y prit pas garde, mais, bientôt, la douleur devint telle qu'il ne put plus la supporter. Appelant son fils
Héphaïstos à la rescousse, il lui intima l'ordre de lui fendre le crâne à coups de marteau. De la blessure
sanglante jaillit une femme casquée, armée d'une lance et d'un bouclier. L'orgueilleuse Athéna venait de
voir le jour.
Ayant hérité de la beauté de sa mère et de l'ombrageuse autorité de son père, elle avait, bien sûr, sa
place dans l'Olympe. Elle y fut sacrée déesse des Arts guerriers. Selon les textes anciens, on lui doit
également l'invention de l'écriture, et celle, inattendue de la part d'une si fougueuse personne, de la
dentelle.
Ayant hérité de la beauté de sa mère et de l'ombrageuse autorité de son père, elle avait, bien sûr, sa
place dans l'Olympe. Elle y fut sacrée déesse des Arts guerriers. Selon les textes anciens, on lui doit
également l'invention de l'écriture, et celle, inattendue de la part d'une si fougueuse personne, de la
dentelle.
Sa dextérité dans la confection de ces œuvres délicates était sans égale. Ce fut elle qui fila la robe
d'apparat d'Héra dont le tissu, affirme la légende, nimbait le corps sculptural d'un brouillard impalpable,
révélant ses attraits mieux que la nudité. Toutes les femmes expertes dans le maniement de la navette
et du fuseau s'inclinaient humblement devant sa statue, et tapissaient ses sanctuaires de leurs plus jolis
ouvrages, afin qu'elle affine leur doigté.
Toutes... sauf une
Une fileuse du nom d'Arachné, originaire de Lydie, qui se targuait d'égaler l'habileté de la déesse, osa
lui lancer un défi. Athéna le releva; une joute eut lieu, devant un jury présidé par Zeus. Or, si incroyable
que cela paraisse, la dentelle de la Lydienne s'avéra si parfaite, si supérieure à celle de sa rivale, qu'elle
fut déclarée gagnante à l'unanimité.
De dépit, Athéna transforma l'impudente lauréate en araignée, après avoir déchiré son travail. Ainsi,
pour l'éternité, Arachné et ses descendantes, les Arachnides, filent-elles des toiles d'une finesse
extrême que les humains, hélas, s'obstinent à détruire.
Un autre différend opposa, cette fois, la belliqueuse déesse à son oncle Poséidon. Lorsque Cécrops, roi
de Grèce, bâtit sa capitale, il les pria tous deux d'en devenir les protecteurs.
«J'accepte, dit Athéna, à la condition de lui donner mon nom.
- Et pourquoi pas le mien? » rétorqua Poséidon.
La discussion s'envenima, tourna au litige, puis à l'affrontement.
« Cette ville s'appellera Athènes, ou je la détruirai de mes mains! hurlait Athéna, en tapant du pied.
- Elle se nommera Poséide, ou mes flots en furie l'engloutiront! » tonnait Poséidon d'une voix de stentor.
Le malheureux Cécrops eut beau les raisonner, ils ne cédèrent pas. Force lui fut donc de sur laquelle il était écrit « à la plus belle »>, elle la lança au milieu de la table où festoyait la
solliciter l'intervention du maître de l'Olympe. Mais ce dernier n'eut guère plus de succès en céleste assemblée. Trois mains aussitôt se tendirent: celle d'Aphrodite, bien sûr, mais
dépit de ses remontrances, ni l'un ni l'autre ne voulut en démordre. Leur querelle continua également celles d'Héra et d'Athéna.
d'ébranler l'univers sans que rien ni personne pût les départager. « Cette pomme me revient de droit! déclara l'une.
L'affaire fut portée devant le tribunal des dieux, qui, après délibération, ordonna aux deux - Pas du tout! Moi seule en suis digne! protesta l'autre.
adversaires : -Vous n'êtes que deux laiderons, comparées à moi! » hurla la troisième.
« Que chacun de vous offre un cadeau de bienvenue à cette ville. Le plus judicieux Pour une sacrée bagarre, ce fut une sacrée bagarre! Il fallait voir ces trois divinités,
l'emportera. » d'ordinaire solennelles, s'empoigner, se frapper, se déchainer comme de belles guerrières !
Avec un soupir d'agacement - car il estimait cette compétition indigne de lui -, Poséidon Force fut à Zeus, pour les séparer, d'user de la foudre et du tonnerre.
frappa le sol de son trident. La terre s'ouvrit, et un cheval d'une taille colossale en surgit. Il « Nous allons voter, décréta-t-il, quand le calme fut revenu. La pomme reviendra à celle
s'éloignait au grand galop, suivi par les cris d'admiration des spectateurs, quand Athéna, d'entre vous qui aura obtenu le plus de voix. >>
plantant sa lance dans la ravine, en fit jaillir un olivier couvert de fruits. « Nous allons voter, décréta-t-il, quand le calme fut revenu. La pomme reviendra à celle
« C'est à elle que revient la victoire, décréta le tribunal, car, si le cheval symbolise la d'entre vous qui aura obtenu le plus de voix. >>
vaillance, l'olivier, lui, est l'emblème de la paix. Pour une ville qui naît, n'est-ce pas le meilleur Or, elles en obtinrent toutes trois exactement le même nombre. Car, si les charmes
présent? »> d'Aphrodite avaient séduit les habitants de l'Olympe, ils ne détrônaient pas, pour la plupart
Ainsi la capitale de la Grèce prit-elle le nom d'Athènes, qu'elle conserve encore d'entre eux, l'altière majesté de leur reine ni l'orgueilleuse prestance de la protectrice
aujourd'hui. d'Athènes.
<< Si nous utilisions un humain comme arbitre? >> proposa alors Hermès le malin.
La Star de l’Olympe Sur le mont Ida, un jeune berger faisait paître son troupeau. Il se nommait Pâris, et
Si le nom d’Aphrodite - Vénus, pour les Romains - est, depuis la plus haute Antiquité, l'innocence des simples se lisait dans son regard. Zeus le désigna du doigt. Je vous laisse
synonyme de beauté, ce n'est pas par hasard. Il fallait, au panthéon céleste, une déesse dont imaginer l'émotion du jeune homme lorsque lui apparurent, auréolés de lumière, les quatre
la perfection physique et l'éternelle jeunesse fassent fantasmer toutes les femmes, un hôtes des cieux!
modèle auquel elles puissent s'identifier. Une star avant la lettre, en quelque sorte. « C'est à toi que revient l'honneur d'élire la plus belle déesse de l'Olympe, lui annonça
À l'inverse des autres dieux, Aphrodite n'avait pas de parents précis. Selon la légende, elle Hermès en lui donnant la pomme. Réfléchis bien : nous te confions là une lourde
jaillit spontanément de l'écume marine. Cependant, certains conteurs, plus pragmatiques, responsabilité! »
attribuent sa paternité à Ouranos, dont un peu de semence serait, par inadvertance, tombée S'avancèrent alors les trois concurrentes.
dans la mer, au cours de ses bisbilles avec ses fils. Quoi qu'il en soit, un matin, aux premières << Si tu me choisis, ton nom sera nimbé de gloire, dit Héra.
lueurs de l'aube, un coquillage géant, porté par les vagues, s'échoua sur l'île de Chypre. Il - Moi, je t'assurerai la victoire dans toutes les guerres, ajouta Athéna.
contenait, en guise de perle, une splendide créature, uniquement vêtue de sa longue - Et moi, je t'offrirai l'amour de la plus belle des mortelles », acheva Aphrodite.
chevelure. Les gouttes d'eau scintillant sur sa peau nacrée semblaient la parer de bijoux Voilà le pauvre Pâris bien embarrassé! Car, si la noble maturité d'Héra le subjugue, il n'est
précieux. Et l'éclat de son sourire estompait celui du soleil levant. insensible ni à la puissance vibrante d'Athéna, ni aux radieuses langueurs d'Aphrodite.
Quand les Heures, filles de Zeus et Thémis, qui dormaient sur la plage, l'aperçurent, elles Reste à examiner laquelle de leurs promesses l'intéresse le plus. La gloire? Peu lui importe.
crurent tout d'abord à un rêve. Mais sitôt qu'elles comprirent que l'apparition était bien Il a des goûts modestes. Bien que son père soit roi, il préfère aux fastes de la cour la douce
réelle, elles se mirent à son service. L'ayant essuyée avec leurs cheveux, elles lui tissèrent solitude auprès de ses brebis. La victoire? À quoi bon? Il n'a point d'ambitions militaires.
une robe d'embruns, la couronnèrent de fleurs des sables, et capturèrent cent colombes Mais l'amour, ah, l'amour!... Que de fois, sous le ciel étoilé, il a rêvé de serrer dans ses bras
qu'elles attelèrent, pour elle, à un char d'or. un corps pantelant et chaud! D'embrasser un visage aux traits délicats! De murmurer des
Ce fut dans cet équipage pour le moins féerique qu'Aphrodite gagna l'Olympe. Elle y fit mots tendres dans le creux d'une oreille attentive! Bref, de partager, avec une femme, ses
sensation! Les dieux, éblouis par sa grâce, l'accueillirent avec empressement, tandis que jours et ses nuits...
brillait dans le regard des déesses, un éclair de jalousie. Et cette jalousie s'accentua encore La plus belle des mortelles, ça ne se refuse pas!
lorsque Zeus la fit asseoir à ses côtés, sur le trône réservé d'ordinaire à Héra. Lors, il tendit la pomme à Aphrodite qui, en remerciement, mit Hélène, épouse du roi
Cette dernière en conçut une rancune tenace, tant vis-à-vis de l'intruse qu'envers son Ménélas, sur sa route. Elle était d'une beauté à vous couper le souffle, et sitôt qu'il la vit
goujat de mari. Pâris l'aima passionnément. Amour partagé, ô combien ! Pour lui, la belle reine abandonna son
Éris, désse de la Discorde, qui passait par là sans avoir été invitée - car les dieux, comme les époux, son pays et son trône. Hélas! si le souvenir de leur fulgurante passion a défié les
hommes, fuyaient sa compagnie -, tira profit de cette rivalité. Sortant de son sac à malices siècles, elle fut la cause de l'une des guerres les plus meurtrières du monde antique : la
une pomme guerre de Troie.
1000 ans de contes : Mythologie grecque - L’Orgueilleuse guerrière
1000 ans de contes : Mythologie grecque - La Star de l’Olympe
Buste d’Athéna, Vème siècle avant notre ère
Fond de Kylix (coupe à boire) à figure rouge.
Drachme athénien représentant Athéna et la chouette.
Tétradrachme d’Athènes représentant la chouette sur une amphore entourée de rameaux
d’olivier
Copie de la Statue Chryséléphantine (d’or et d’ivoire) d’Athéna faites par le sculpteur Phidias.
Athéna, seins nus, tenant le casque d’Hadès et une lance, accompagnée d’une chouette. Lécythe à
figures rouges du 5ème siècle avant notre ère.
Activité 2 : Consignes de travail
1- Lisez les textes.
2- Observez les documents.
3- Comparez les éléments des textes et des documents qui se ressemblent.
Surlignez-les dans le texte
Entourez-les sur les images
4- Signalez par une flèche et un texte dans ton cahier les symboles que tu vois sur les images et
qui ne figurent pas dans les textes.
4- Rédigez un texte pour expliquer les différents attributs de Athéna.