UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES POLITIQUES
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ANNEE D’ETUDE : LICENCE 3
MENTION : SCIENCES POLITIQUES
EXPOSE : GOUVERNANCE FISCALE
THEME : L’HARMONISATION DES SYSTEMES FISCAUX
INTERNATIONAUX
MEMBRES DU GROUPE
RANDRIANANDRASANA Mialihery Fifaliana Mampionona n° 22
NOMENJANAHARY Hasinavalona Nathalie n°11
RAMANANA Kanto Oceane karen n° 18
Année universitaire :2022-2023
Introduction :
En terme plus simple, une « harmonisation » dérive du verbe « harmoniser » qui signifie
mettre en accord ou mettre de manière plus harmonieuse certaines choses. C’est ainsi qu’en
gouvernance fiscale, harmoniser les systèmes fiscaux vise à mettre en accord ou unifier les systèmes
fiscaux au sein d’une zone géographique prédéfinie.
Ainsi, l’harmonisation suppose que des règles soient misent en place afin d’éviter les effets
pervers associés à la compétition fiscale et pouvoir donc ainsi favoriser le développement et
corollairement, garantir une justice fiscale. Les défenseurs de l’harmonisation fiscale à l’échelle
mondiale jugent son instauration relativement faisable car en termes d’institution, elle parait assez
peu exigeante.
Cependant, il ne faut pas pour autant se verser dans une analyse trop théorique de la question
car, force est de constater qu’un tel mécanisme ne saurait être facile à réaliser, surtout au niveau
international. Le vrai défi qui se pose est alors si une telle harmonisation des systèmes fiscaux, à
grande échelle est faisable, voire atteignable ?
Pour mieux appréhender la matière et mieux répondre à la question, il importe de voir dans
une première partie, une brève explication sur les systèmes fiscaux internationaux, dans une
deuxième partie, les facteurs déterminants de l’harmonisation des systèmes fiscaux, en troisième
partie, les différentes modes d’harmonisation, et enfin en quatrième et dernière partie, l’impact
théorique et réel de cette harmonisation.
I- Une briève explication sur le système fiscal international
Pour comprendre le fonctionnement des systèmes fiscaux internationaux, il faut souligner en
premier lieu qu’il existe une distinction entre le système fiscal interne et le système fiscal international
et en deuxième lieu, les principaux acteurs et le fonctionnement du système fiscal international.
1) Une différenciation entre système fiscal interne et système fiscal international
Le système fiscal interne et le système fiscal international peuvent se distinguer via quatre
points :
a) Le premier point réside dans la portée géographique. En effet, Le système fiscal interne concerne
la fiscalité appliquée à l'intérieur d'un pays spécifique, c'est-à-dire la manière dont les impôts sont
collectés auprès des résidents et des entreprises qui opèrent à l'intérieur des frontières nationales.
En revanche, le système fiscal international concerne la fiscalité appliquée aux activités économiques
transfrontalières entre différents pays.
b) Le deuxième point concerne la législation et la réglementation. En effet, le système fiscal interne
est réglementé par les lois fiscales nationales établies par chaque pays de manière indépendante.
Chaque État a sa propre législation fiscale, ses taux d'imposition et ses règles spécifiques. En revanche,
le système fiscal international est basé sur des conventions, des accords et des normes négociés entre
les pays pour réguler la fiscalité des transactions internationales et éviter la double imposition.
c) Le troisième point concerne les acteurs impliqués. Dans le système fiscal interne, les principaux
acteurs sont les gouvernements nationaux, les administrations fiscales et les contribuables résidant et
exerçant leurs activités dans le pays. Dans le système fiscal international, en plus des États et des
administrations fiscales nationales, il y a les organisations internationales et les entreprises
multinationales jouent un rôle crucial dans la définition des règles et des pratiques fiscales
internationales.
d) Le dernier concerne les préoccupations et les enjeux. En effet, le système fiscal interne est
principalement axé sur la collecte des revenus nécessaires au financement des dépenses publiques et
à la mise en œuvre des politiques économiques nationales. Il vise à établir une fiscalité juste et
équilibrée à l'échelle nationale. Le système fiscal international, quant à lui, se concentre sur les
questions liées à l’évitement du double imposition, la prévention de l'évasion fiscale transfrontalière,
la coordination fiscale entre les pays, la promotion de la coopération fiscale internationale.
2) Les principaux acteurs et le fonctionnement du système fiscal international.
En effet, il existe cinq principaux acteurs qui composent et animent le système fiscal
international.
a) Les Etats
En tant que collecteurs d’impôts, sensibles à ces recettes fiscales, ils sont traditionnellement
reconnus comme assureur de la légalité des impôts. Dès lors, pour réguler les flux financiers
internationaux, ils négocient des traités et accords fiscaux internationaux, font des conventions
bilatérales ou multilatérales. Leur but étant de réguler la fiscalité des transactions internationales
notamment pour faciliter la coopération fiscale et régler les questions liées à la double imposition.
Par définition, la double imposition survient lorsqu'une même entité ou un même revenu est soumis
à l'imposition dans plus d'un pays.
2) Les administrations fiscales
Ce sont les organismes gouvernementaux responsables de l'application et de la collecte des
impôts dans chaque pays. Ils échangent également des informations fiscales avec d'autres
administrations fiscales pour lutter contre l'évasion fiscale et assurer le respect des obligations
fiscales. Par définition, l’évasion fiscale revient à dissimuler les revenus qui doivent en principe faire
l’objet d’une imposition. Par conséquent, les États sont privés de leurs recettes fiscales et cela a un
impact négatif sur le financement des services publics. Cela crée des défis en termes d'équité fiscale.
3) Les Entreprises multinationales ou EMN
Ces sont des entreprises qui effectuent des activités transfrontalières par le biais
d’investissements dans d’autres pays. Leur structure est composée d’une société mère dans laquelle
plusieurs sociétés filiales situées dans divers pays sont rattachées. Par conséquent, les EMN sont
susceptible d’être soumises à une multitude d’impôts que ce soit au siège de la société mère mais
aussi des sociétés filiales d’où son importance dans le système fiscal international. En effet, les EMN
effectuent des mouvements de capitaux. Ces mouvements de capitaux sont perçus au niveau des
Etats comme des Investissements directs étrangers ou IDE. De ce fait, les intérêts convergent du fait
d’une possibilité de développement dû à ces investissements. Les IDE de chaque entreprise sont
comptabilisés à chaque passage de frontières du pays de localisation de son siège principal.
Aujourd’hui, le stock total d’IDE émis par les entreprises multinationales représente environ 20 % du
PIB mondial, alors qu’il n’en représentait que 10 % en 1995 et 5 % en 1980.1 Il est à noter également
que le degré d’internationalisation des entreprises est le plus généralement abordé à travers quatre
types d’indicateurs dont la part d’intégration des filiales étrangères ; l’importance de l’activité des
filiales étrangères ; le niveau d’internationalisation des stratégies des entreprises et le déploiement
géographique de leur activité mondiale. Ces mouvements de capitaux marquent, d’une part le lien de
territorialité et de compétence de l’Etat en matière fiscal et d’autre part, la déterritorialisation des
firmes multinationales. A défaut d’harmonisation fiscale, les investisseurs peuvent se retrouver
pénaliser du fait du manque de visibilité des environnements économiques et des systèmes fiscaux
dans un pays où ceux-ci veulent investir, c’est-à-dire mettre leurs filiales.
4Les organisations internationales
Des organisations telles que l'Organisation de coopération et de développement économique
ou OCDE, le Fonds monétaire international ou FMI, les Nations Unies et l'Union européenne ou l’UE
jouent un rôle important dans le développement et la coordination des politiques fiscales
internationales. Elles facilitent le dialogue entre les États, promeuvent des normes fiscales communes
1
Cnuced, 2003
et proposent des recommandations et des lignes directrices pour améliorer la coopération fiscale
internationale.
5) Les particuliers
Les particuliers qui résident, travaillent ou possèdent des biens à l'étranger sont également
des acteurs du système fiscal international. Ils doivent se conformer aux règles fiscales nationales et
internationales et s'acquitter de leurs obligations fiscales dans les pays concerné.
II-Les facteurs déterminants de l’harmonisation des systèmes fiscaux internationaux
Pour comprendre les raisons de l’harmonisation fiscale, toujours est-il nécessaire de
reconnaitre trois notions basiques qui schématisent les systèmes fiscaux internationaux. D’abord, la
notion de « paradis fiscaux ». Ensuite, la compétition ou la concurrence fiscale. Et enfin, la notion de
« double imposition ».
1) La notion de « paradis fiscaux »
Il est essentiel de savoir la notion de « paradis fiscaux » en matière de système fiscal
international parce-que les paradis fiscaux se retrouvent au cœur des scandales d’évasion fiscale. Par
définition simple, ce sont des pays ou des territoires à fiscalité réduite ou nulle. En effet, il existe des
caractéristiques communes permettant d’identifier les paradis fiscaux à défaut d’une définition
officielle. D’abord, un taux d’imposition très faible voire même nul. Ensuite, l’absence de transparence
en ce sens que ces pays ont adopté des lois ou des pratiques administratives qui empêchent l’échange
automatique d’informations, notamment dans le cadre de procédures fiscales avec d’autres Etats. En
plus, des dispositions légales, administratives ou judiciaires permettent d’assurer le secret sur
l’identité des détenteurs réels des entreprises ou propriétaires d’actifs ou de droits d’où la possibilité
de maintenir un « secret fiscal ». Enfin, la possibilité de maintenir un secret bancaire dans un sens où
il existe une impossibilité de divulguer des informations de la propriétaire du compte notamment
dans le contexte du Trust .Ce dernier consiste à transférer des revenus normalement imposables aux
comptes d’une personne appelé « prête-nom » , chargé de la gestion de ces capitaux dans les paradis
fiscaux , afin d’éviter l’imposition de ces capitaux .
Selon le rapport d’Oxfam, il existe au total une liste de 58 pays qui couvre des critères établis
par les organisations de la société civile et les institutions internationales de référence comme le FMI
en tant que paradis fiscal2. Parmi les principaux Etats, nous pouvons citer les Îles Caïmans et le
Luxembourg.
2
Oxfam , enquête#openlux , Février 2021
En 2017, l’Union européenne a créé une liste noire des pays non-coopératifs en Europe3 .Cette
liste est régulièrement révisée en fonction de trois critères comme la transparence fiscale, l’équité
fiscale, la mise en place de mesures contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de
bénéfices. Etre sur une liste n’entraîne aucune sanction directe, mais les Etats membres peuvent
choisir d’appliquer des mesures de défense proportionnées, qu’elles soient fiscales ou non.4 La
dernière date de la mise à jour de la liste en date du 14 Février 2023 énumère : les Samoa américaines,
Anguilla, les Bahamas, les Fidji, Guam, les Palaos, le Panama, les Samoa, Trinité et Tobago, les Îles
Turques et Caïques, les Îles Vierges américaines, le Vanuatu, les Îles Vierges britanniques, le Costa
Rica, les Îles Marshall et la Russie. En parallèle, l’Union Européenne a également établi une liste grise
qui inclut les Etats qui ne respectent encore toutes les normes fiscales internationales, mais qui se
sont engagés à entreprendre des réformes pour s’y conformer. Les Etats figurant sur cette liste ne font
pas l’objet de mesures dissuasives, mais ils sont surveillés par l’UE. Cette liste comprend 18 Etats :
l’Arménie, l’Albanie, l’Eswatini, Aruba, Curaçao, la Turquie, le Botswana, la Dominique, les Seychelles,
Hong Kong, la Malaisie, le Qatar, la Jordanie, le Bélize, Israël, Montserrat, la Thaïlande et le Vietnam.
Les enjeux financiers soulevés par les paradis fiscaux sont loin d'être négligeables. Il est, par définition,
très difficile de chiffrer les montants qui transitent par les paradis fiscaux. Selon le FMI, 50 % des
transactions internationales transiteraient vers des paradis fiscaux. 5Une étude menée par le Tax
Justice Network estime le montant des actifs financiers cachés dans les paradis varient entre 21 000
et 32 000 milliards de dollars. Cela pourrait représenter entre 30 % et 45 % du PIB mondial.
L’existence des paradis fiscaux a pour effet d’une part, la favorisation des évasions fiscales et
d’autre part, provoque une lésion de milliards de dollars de recettes fiscales de l’Etat. Qu'ils opèrent
en toute légalité ou non, les paradis fiscaux coûtent collectivement aux pays entre 500 et. 600 milliards
de dollars par an de recettes fiscales.
La lutte contre l’évasion fiscale pourrait se résoudre à partir des conventions fiscales établies
entre Etats d’où la nécessité de l’harmonisation.
2) La compétition ou la concurrence fiscale
Il y a concurrence fiscale lorsqu’un Etat met en place un ensemble de pratiques fiscales
stratégiques dans le but d’attirer les investisseurs étrangers et les filiales de entreprises
multinationales grâce à la faible (voire nulle) taxation de certaines matières imposables. Il s’agit donc
d’abaisser le taux de l’impôt, ou réduire l’assiette imposable dans le but d’améliorer l’emploi et la
3
www. [Link] /fr/policies/ eu –liste –of –non-coopératif-jurisdiction/
4
, OCDE , dernier rapport , 14 Février 2023
5
Rapport du Fonds Monétaire International , 12 octobre 2021
croissance. Toutefois, les gains apparaissent relativement faibles au regard des coûts encourus si la
concurrence devait se généraliser.
Or, la pression croissante qui s’exerce sur les assiettes pose au moins deux problèmes ;d’une
part un problème d’équité car les travailleurs et les consommateurs doivent financer les baisses de
charges fiscales obtenues par les entreprises et d’autre part, un problème de soutenabilité ,puisque
pour compenser la perte de recette fiscale, il faudrait augmenter les recettes prélevés sur les
personnes physiques de près de 10% en moyenne avec des différences considérables entre pays, avec
près de 20% de hausse en Royaume Unie par exemple.
Il y a donc une aggravation des inégalités et donc un certain effet nuisible de la concurrence
fiscale car dans les faits, les multinationales profitent non seulement du taux faible d’imposition au
sein d’un Etat mais aussi à un pillage des ressources naturelles de cette Etat, qui ne sortira pas
vainqueur dans l’histoire. De plus qu’elle est couramment utilisée par les pays pauvres pour « appâter
» ces dernières, il n’est pas étonnant que leur présence en nombres croissant dans ces pays n’ait pas
de répercussion directe sur l’économie de ce pays, comme le cas de Madagascar.
En tout état de cause et dans leurs intérêts, les multinationales vont profiter des failles et des
incohérences entre deux systèmes fiscaux différents pour une optimisation fiscale.
3) La notion de « double imposition »
La double imposition vise principalement les firmes multinationales et leurs bénéfices lorsque
ceux-ci sont rapatriés ; au titre de l’impôt dû dans le pays de la filiale, et de l’impôt dû dans le pays de
la maison mère.
Du côté Européen, par exemple, pour limiter ce risque, les Etats ont mis en place deux types
de systèmes fiscaux, en particulier le régime d’exemption et le régime de crédit d’impôt. Dans le
régime de crédit d’exemption, les bénéfices ne sont imposés que dans les pays où ils sont réalisés, et
ne sont pas taxés dans le pays d’origine de la maison mère. Dans ce premier cas de figure, les
entreprises bénéficient pleinement de taux attrayants proposés par certains pays et sont incités à faire
jouer la concurrence fiscale.
D’autres Etats comme le Royaume Unie ou l’Irlande ont au contraire optés pour le système de
crédit d’impôt, dans lequel, pour simplifier’ impôt payé à l’étranger est remboursé aux entreprises qui
doivent s’acquitter l’impôt selon le barème de leur pays d’origine. Dans ce second cas de figure, la
concurrence fiscale ne s’exerce pas au détriment du pays d’origine des entreprises. Bref, en dehors de
l’Union Européenne, ce système fiscal s’applique aussi aux Etats - Unis et au Japon. A titre d’exemple
de convention bilatérale qui lutte contre la double imposition et l’évasion fiscale, on peut citer :
• La convention entre la France et l’Allemagne, signée à Paris le 21 juillet 1959.
• La convention entre le gouvernement de la république française et le gouvernement des Etats-Unis
du Mexique, signée à Mexico le 07 novembre 1991.
• La convention entre Madagascar et la république de Maurice, signée le 30 août 1994.
III- Les divers modes d’harmonisation
1) Mécanismes d’harmonisation :
En général, l’harmonisation vise à adopter un taux d’imposition unique, ainsi, les impôts les
plus touchés par cette harmonisation sont l’impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP), les
taxes sur la valeur ajoutée (TVA), et l’impôts sur les sociétés ou impôts sur le revenu des personnes
morales (IRPM). Il est important de souligner que cette énumération n’est pas exhaustive, et
n’empêche en rien l’harmonisation d’autres types d’impôts.
L’harmonisation est surtout visible et facile à repérer au sein des organisations internationales
telle que l’OCDE ou Organisation de coopération et de Développement Economique, ou régionales,
telle que l’Union Européenne (UE) ou, l’organisation Economique et Monétaire de l’Ouest
Africain(UEMOA).
2) Analyse institutionnelle :
a) Etude de l’Organisation de Coopération et de Développement (OCDE) :
Les conventions fiscales signées entre les Etats au sein de cette organisation ont pour but
d’éviter la double imposition et son pendant la double non-imposition, en délimitant l’Etat dans lequel
seront assujettis les contribuables et les entreprises.
Cette organisation a depuis les années 1980, engagée une politique de justice fiscale à
destination des particuliers et des entreprises visant à éviter la double imposition entre Etats ainsi
qu’à prévenir l’évasion et l’optimisation fiscale. Ainsi, le modèle de convention de l’OCDE sur l’échange
de renseignement en matière fiscale a été instauré en 2005, afin justement de limiter le secret
bancaire et d’échange de renseignements fiscaux qui ont pu être signé entre différents Etats. En outre,
les conventions fiscales existantes visant à éviter la double imposition ont été alignés aux standards
proposés par le modèle.
En 2012, l’OCDE et le G20 ont lancé le projet BEPS qui a pour objet de pallier l’absence
d’harmonisation fiscale au niveau international, permettant ainsi aux entreprises de transférer des
bénéfices vers des Etats ou des juridictions dans lesquelles elles ne seront pas ou peu taxé ; diminuant
considérablement les recettes fiscales des Etats.
Par conséquent, l’impôt sur le revenu des personnes physiques est fixé à 30% sauf pour
l’Estonie qui est de 20% et de la Hongrie à 15%. Neuf (09) pays de l’OCDE dont Danemark, Japon,
France, Autriche, etc, ont appliqué un taux à 50%. Concernant l’impôt sur les sociétés, les taux légaux
combinés vont de 9% en Hongrie, à plus de 35% en Colombie. Entre 2000 et 2022, les taux légaux de
l’impôt sur les sociétés ont reculé dans cette zone, entrainant une baisse su taux légal moyen de près
de 9,1 point de pourcentage. S’agissant de la TVA, elle est fixée en moyenne à 20% du total des
recettes fiscales à environ 40 à50% dans les pays en développement.
Il est important de souligner que les différents taux fixés au sein de l’OCDE ne s’appliquent
qu’à ses membres, en particulier de l’Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Estonie, Etats-Unis,
Finlande, Japon, Portugal, Royaume-Unis, Suisse, Turquie, etc.
b) Etude de l’Union Européenne :
Dans cette organisation, l’harmonisation est une solution négociée dont le but est d’encadrer
le taux et les assiettes les moins mobiles. Elle n’a pas vocation à uniformiser les fiscalités nationales
mais permet à la fois d’imposer des taux plus élevés et d’éviter l’évasion fiscale.
L’impôt sur le revenu des personnes physique est fixé progressivement, suivant le montant du
revenu de la personne, allant de 25 à 45%. Pour l’impôt sur les sociétés, le taux d’imposition médian
s’élève à 21,5% en [Link] taux le plus élevé en Europe se trouve à Malte qui est à 35%, en Portugal
à 31,5% et en Lituanie à 31%.
Parmi ses membres il y a l’Allemagne, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne,
Luxembourg, Roumanie, Malte, Pays-Bas, Luxembourg, etc.
c) Etude de l’Union Economique et Monétaire de l’Ouest Africain (UEMOA) :
L’union a pour objectif d’harmoniser, dans la mesure du nécessaire, au bon fonctionnement
du marché commun, les législations des Etats membres et particulièrement le régime de la fiscalité.
Selon l’article 65 du traité de l’UEMOA, l’harmonisation est faite pour réduire les disparités excessives
dans la structure et l’importance de leur prélèvement fiscal. Le marché commun est surtout basé sur
la libre circulation des personnes, des biens, des services, et des capitaux (article 4 du même traité).
Concernant la TVA, il y a des modalités de détermination des résultats imposables aux personnes
morales et des taux d’impôts sur les bénéfices des personnes morales.
Ses règlements visent à éviter la double imposition, en particulier, cela se manifeste par
l’imposition exclusive de l’Etat de situation de l’établissement stable comme le siège de direction ou
la succursale ; la non application d’un impôt de distribution sur le revenu net après l’impôt sur les
bénéfices réalisés par les établissements stables. Ainsi, l’impôt sur le revenu des personnes physiques
doit être compris entre 15 à 18%, celui des personnes morales entre 25 à 30% et enfin de la TVA entre
15 à 20%, selon la directive n°02. [Link]. UEMOA.
Parmi ses membres on peut citer : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali,
Niger, Sénégal, et Togo.
III- Les impacts théoriques et réels de l’harmonisation des systèmes fiscaux
Pour ressortir les impacts positifs et les impacts négatifs de l’harmonisation des systèmes
fiscaux internationaux, il demeure nécessaire de s’intéresser sur les objectifs prédéfinis de
l’harmonisation d’une part. Et d’autre part, dégager, à partir des analyses comparatives entre les Etats,
les problématiques de l’harmonisation.
1) Les objectifs prédéfinis de l’harmonisation
a) Les finalités de l’harmonisation
Le premier but étant l’élimination de la concurrence fiscale nuisible. En effet, la concurrence
fiscale se définit comme les pratiques de certaines régions ou de certains pays qui veulent attirer des
investissements en mettant en place un taux d’imposition moindre .En revanche , l’harmonisation
consiste à avoir un taux d’imposition plus ou moins approximatif pour qu’il y a une sorte d’équité entre
les Etats et une certaine visibilité pour les investisseurs .
Le deuxième avantage de l’harmonisation est la simplification administrative. Cela signifie
qu’il y a une facilitation de la conformité fiscale pour les entreprises opérant à l’échelle internationale.
La conformité fiscale signifie respect des obligations fiscales et des règles en matière de fiscalité par
les particuliers.
Le troisième bénéfice est le renforcement de la coopération internationale pour les Etats .En
effet, les échange d’informations durcit la coopération internationale en tant que« collaborateurs »et
facilite la mise en place des politiques fiscales « coordonnées » et « synthétiques ».
Le quatrième avantage est la stabilité économique. L’environnement économique devient
plus prévisible et stable pour les investisseurs.
Cinquièmement , la lutte contre l’évasion fiscale est une priorité des Etats et des organisations
internationales .Depuis 2008 , des mesures ont permis d’accroître la coopération administrative entre
les Etats et de limiter les stratégies d’optimisation fiscale . Des négociations sont en cours au sein de
l’OCDE en vue de l’adoption d’un taux minimal d’imposition.
Sixièmement, les échanges automatiques d’information signifient que la coopération se fait
via les interactions entre les administrations fiscales. Au niveau national, l’harmonisation vise au
renforcement des recettes fiscales.
b) Les principales bénéficiaires
Les principaux bénéficiaires de l'harmonisation fiscale sont les gouvernements, les entreprises
et les contribuables, ainsi que l'économie dans son ensemble.
2) Les problématiques au niveau de l’harmonisation
L’harmonisation peut engendrer des inégalités économiques des différents pays plus
précisément entre les pays du Nord et du Sud. D’ailleurs, il y a une collusion des politiques fiscales
avec le développement économique.
a) Creusement des inégalités entre les pays du Nord et les pays du Sud.
L’harmonisation fiscale entre les pays du nord et du sud peut entraîner un déséquilibre
économique en raison de la concentration des sociétés mères dans les pays du nord et de la présence
de filiales dans les pays du sud. La présence et l'influence des sociétés multinationales ont connu une
croissance significative au fil du temps. Selon les données de l'ONU, en 1995, on dénombrait environ
44 000 sociétés multinationales avec près de 300 000 filiales étrangères. En 2005, ces chiffres avaient
6
augmenté pour atteindre respectivement 77 000 entreprises et plus de 770 000 filiales étrangères
Ces multinationales jouent un rôle essentiel dans les échanges économiques internationaux. Dans les
années 1970, le Centre des Nations unies pour les sociétés transnationales estimait que les flux
internes aux multinationales ou contrôlés par elles représentaient entre 30 et 40 % du commerce
mondial7 (). Plus récemment, on estime que les 200 premières multinationales contrôlent environ les
deux tiers du commerce mondial, comprenant à la fois les échanges internes entre les différentes
entités des groupes et les échanges avec les fournisseurs et les distributeurs [Link] chiffres,
bien qu'applicables aux 200 premières multinationales, pourraient être encore plus élevés si l'on
considère l'ensemble des 77 000 multinationales répertoriées aujourd'hui.
6
Cnuced, 2006
7
Michalet, 1999, p. 29
8
. Cnuced, 2002
D’ailleurs, les sociétés multinationales ont tendance à établir leurs sièges sociaux et leurs
centres de décision dans les pays du nord. Les sociétés transnationales sont encore dominées par les
pays de la Triade à savoir l’Union Européenne, le Japon et les États-Unis où 85 parmi les 100 premières
ont leur siège dont 73 provenant de 5 pays . Nous pouvons citer , entre autres , l’ Allemagne, les États-
Unis, la France, le Japon et le Royaume-Uni 9 .De leur côté, les pays en développement commencent
à apparaître dans ces 100 sociétés transnationales dominantes où ils placent en 2005 cinq de leurs
sociétés, ayant toutes leur siège en Asie dont Hutchinson Whampoa : Hong-Kong Chine ; Petronas :
10
Malaisie ; Singtel : Singapour ; Samsung Electronics : Rép. de Corée ; Citic Group : Chine.
Parallèlement, elles peuvent créer des filiales dans les pays du sud pour bénéficier de coûts de main-
d'œuvre moins élevés et d'autres avantages économiques. Ce modèle de concentration des sociétés
mères dans les pays du nord et des filiales dans les pays du sud peut aggraver les inégalités
économiques.
Les pays du nord peuvent bénéficier de la création d'emplois et de l'activité économique
générée par les sièges sociaux des sociétés, ainsi qu’une augmentation des recettes fiscales via
l’imposition des sociétés mères qui reçoivent beaucoup de bénéfices de la part de leurs filiales. Tandis
que les pays du sud peuvent se retrouver avec une main-d'œuvre moins qualifiée, des revenus fiscaux
réduits et une dépendance économique vis-à-vis des sociétés étrangères. Cela peut contribuer à un
déséquilibre économique entre les régions, avec une concentration des avantages économiques et
fiscaux dans les pays du nord, tandis que les pays du sud peuvent avoir du mal à bénéficier pleinement
des retombées économiques de la présence des filiales étrangères.
b) Une collusion avec le développement économique
Les pays du Nord emploient des politiques fiscales de redistribution de richesses, du fait de
leur économie développée, qui vise à soutenir les secteurs clés comme la finance. Ces pays disposent
également d’une base fiscale large issue des impôts directs et indirects, emploient leurs ressources
fiscales dans les systèmes de protection sociale.
En revanche, les pays du Sud faible emploient une politique fiscale concentrée sur les besoins
spécifiques du fait de leur développement économique faible, visent les secteurs agricoles et
l’exploitation des matières premières. Leurs besoins fiscaux dépendent principalement des taxes
douanières et d’exportation dont l’utilisation s’oriente plus dans la réduction de la pauvreté. Par voie
de conséquence, la politique fiscale diverge selon les besoins socio-économiques de chaque pays. Ces
9
Cnuced, 2006
10
Cnuced,2006
divergences constituent un obstacle significatif dans la mise en place des systèmes fiscaux harmonieux
au niveau international.
Conclusion
D’après toute ces analyses et compte tenu du contexte international auquel on fait face
aujourd’hui, force est d’admettre que l’harmonisation des systèmes fiscaux n’est qu’utopique,
seulement efficace théoriquement mais inadapté à notre monde non idéal. Malgré le fait de de la
complexité de sa mise en œuvre et de la divergence du niveau économique de chaque Etat, respectif,
tantôt mondial, tantôt régional ; nécessitant non seulement une réforme sur le plan international mais
aussi national. Toutefois, il faut souligner le fait que la suppression totale et absolue des évasions
fiscales et des doubles impositions sont loin d’être imaginable sur ce monde loin d’être parfait, et face
au désir des acteurs de vouloir toujours tirer bénéfice de leurs opérations, qui constitue pour
l’essentiel leur raison d’être. In fine, avec le développement technologique, le système international
est passé de plus en plus à l’ère du numérique, ce qui rend encore l’harmonisation des systèmes
fiscaux et le recouvrement des impôts un grand défi auquel la gouvernance fiscale est confronté.
Bibliographies :
• REGLEMENT N°08/2008/CM/UEMOA PORTANT ADOPTION DES REGLES VISANT A ECITER LA
DOUBLE IMPOSITION AU SEIN DE L’UEMOA ET DES REGLES D’ASSISTANCE EN MATIERE FISCALE.
• [Link]
• [Link]
• Deloitte Société d’Avocats
[Link]
2023#:~:text=La%20liste%20noire%20comprend%20donc,les%20%C3%8Eles%20Marshall%20et
%20la
• Cairn info : wladimir Andreff , « la déterritorialisation des multinationales : firmes globales et
firmes-réseaux » dans cultures et conflits 1996/1-2 (n° 21-22)