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Guide Technique TAF Haute Définition

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Matthieu BECUE
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Guide technique de l’agroforesterie

Préparer, installer, entretenir et valoriser son projet

Avec le sou en du Fonds européen de développement régional - Met steun van het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling
Guide technique
de l’agroforesterie
Préparer, installer, entretenir
et valoriser son projet

Ouvrage réalisé dans le cadre du projet Interreg - Trans Agro Forest

Avec le sou en du Fonds Européen de Développement Régional


Met steun van het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling

Avec le sou en du Fonds Européen de Développement Régional


et le cofinancement de la Région Hauts-de-France, de la Région wallonne,
du Service Public de Wallonie et des provinces du Hainaut et du Luxembourg
Rédac on
Damien GILLAIN (CDAF asbl)

Corédac on
Pascal BALLEUX (CDAF asbl)

Rédac on des encarts réservés à la France


Alice DUFOSSE (CANPC), Amélie PEAUDECERF (CAOISE), Régis WARTELLE (CRAHDF), Jus ne DAUDON (CRAHDF)

Illustra ons et mise en page


Jean-Yves LAMBERT (CDAF asbl)

Relecture et valida on par les partenaires


Jus ne DAUDON (CRAHDF), Alice DUFOSSE (CANPC), Romain JENARD (Hainaut Développement), Amélie PEAUDECERF (CAOISE),
Fabrice WALRANT (Hainaut Développement), Régis WARTELLE (CRAHDF), Pierre WARZEE (RND)

Relecture par domaine


Olivier BAUDRY (AWAF), Louise BOULAND (NATAGRIWAL), Geoffroy COUVAL (réseau FREDON France), Aurore DEGRÉ (ULiège), Eric
GOOSSE (Centre de Michamps), Lucas GOSSIAUX (VALBIOM), Alain LE ROI (GISER), Dominique MANSION (Maison Botanique-Centre
européen des trognes), Christophe MANSSENS (NATAGRIWAL), Xavier MINGUET (société Contact Fores er), Claudy NOIRET (ASBL Les
Bocages)

Relecture et correc on
Marie BURON (relectrice-correctrice indépendante), Nathalie DEHUT (Hainaut Développement), Chris ne MALOLEPSZY, Shirley N’GANGA
(Hainaut Développement), Monique PIERARD (CDAF asbl) et Véronique POLLET (Hainaut Développement)
Financeurs
Avec le Sou en du Fonds Européen
de Développement Régional

Met steun van het Europees Fonds


voor Regionale Ontwikkeling

Cofinanceurs

Partenaires

Sou en provincial
La Province de Hainaut est par culièrement solidaire des ac ons ini ées par les instances européennes. De nombreuses
théma ques sont abordées et suivies notamment par Hainaut Développement via son asbl HD Ges on. Celle-ci a pour
objet de me re en œuvre, superviser et gérer des projets et ac ons dans le cadre de la promo on et l’accompagnement
de la transi on territoriale du Hainaut. En effet, de par sa situa on géographique, le Hainaut est un territoire
transfrontalier par excellence.
Depuis les prémisses du programme de coopéra on transfrontalière Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, Hainaut
Développement a toujours eu à cœur de s’intégrer et d’encourager le travail de coopéra on soutenu par le Fonds
européen de développement régional. Elle le fait au quo dien en ayant notamment été ac ve sur 6 projets du
programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen, dont Trans Agro Forest, projet ayant élaboré ce guide technique
de l’agroforesterie, et pour lequel Hainaut Développement en est le chef de file.
C’est donc tout naturellement que la Province de Hainaut a souhaité, dans un souci de con nuité et de sou en,
accompagner la démarche des opérateurs dans la réalisa on de cet ouvrage de référence et cela par une prise en
charge intégrale de son impression en format livre.
Nous espérons que cet ouvrage répondra à vos a entes et ques onnements, que sa lecture vous sera agréable et que
vous pourrez faire un usage op mal des informa ons techniques et scien fiques qu’il con ent.

Nathalie QUÉVY,
Directrice de Hainaut Développement,
Province de Hainaut
Préambule

Le projet Trans Agro Forest est issu du programme de coopéra on territoriale européenne Interreg V France-Wallonie-
Vlaanderen. Celui-ci, basé sur la stratégie Europe 2020 en faveur d'une croissance intelligente, durable et inclusive,
cons tuait le cadre de référence dont les objec fs étaient fixés pour l'année 2020.

Durant ce e période, la Commission européenne a mis l'accent sur cinq grandes priorités : l'emploi, la recherche et le
développement, l'éduca on, la lu e contre la pauvreté et l'exclusion sociale, le changement clima que et les énergies
renouvelables.

Afin d'a eindre ces objec fs, un budget de 351,8 milliards d'euros a été inves au profit des régions et des états
européens. De ce e somme, 10,1 milliards d’euros ont été alloués à la Coopéra on territoriale européenne, dont
170 millions au programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen1.

Ce programme regroupe des régions françaises et belges par le biais d’opérateurs qui œuvrent à l’a énua on des freins
que cons tuent les fron ères na onales. Il s’inscrit dans une volonté de favoriser les échanges économiques et sociaux
entre cinq régions frontalières : les Hauts-de-France et le Grand Est en France ; la Wallonie, la Flandre occidentale et la
Flandre orientale en Belgique. En outre, il vise à associer des compétences communes tout en valorisant les richesses de
chaque région et ce, au bénéfice des popula ons.

Le projet Trans Agro Forest est en lien avec l’axe 3 du programme « Protéger et valoriser l’environnement par une
ges on intégrée des ressources transfrontalières ». Il a bénéficié d’un financement de plus d’un million d’euros dont
55 % ont été a ribués par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et 35 % par les régions française et
wallonne, les 10 % restant étant pris en charge par les opérateurs du projet.

Les opérateurs inves s se sont engagés, sur base du projet déposé, à me re en œuvre des ac ons sur la théma que
de l’agroforesterie. Suite au constat de la dispari on, dans certaines régions, du maillage ligneux au sein des paysages
ruraux, il s'est avéré impéra f de redonner une place légi me aux arbres dans le contexte agricole. Des solu ons
devaient dès lors être envisagées afin de protéger le capital sol impacté néga vement par la perte de ces alliés.

Les arbres apportant au sol et au sous-sol qu’ils occupent de nombreux avantages agronomiques et environnementaux,
les partenaires ont ini é le projet Trans Agro Forest : l’agroforesterie au service des sols et de l’eau .

Ainsi, sept opérateurs se sont unis pour développer un certain nombre d’axes de travail visant à promouvoir et à favoriser
l’agroforesterie dans le cadre de la protec on des sols et des ressources en eau.

Ces opérateurs que sont les Chambres d’agriculture des Hauts-de-France, du Nord-Pas-de-Calais et de L’Oise pour le
versant français, et Ressources Naturelles Développement, le Centre de Développement Agrofores er de Chimay et
Hainaut Développement en Wallonie, ont permis de mener ce projet à bien. Le Bosgroep Ijzer & Leie s’est, quant à lui,
associé au projet pour apporter aux opérateurs sa vision du versant néerlandophone.

Différentes ac ons ont étés menées de concert durant l’existence du projet, soit de la fin de l’année 2016 au début de
l’année 2021.

1
h ps://[Link]
Ces ac ons ont débuté par la sensibilisa on du public cible aux atouts et avantages de l’agroforesterie, en parallèle
d’une prospec on auprès des agriculteurs ayant déjà installé ces types de systèmes sur leurs terres ou souhaitant les
me re en œuvre.

Suite à cela, des ou ls de diagnos c et d’analyse ont été édités pour répondre aux besoins des porteurs de projets.
En concerta on avec de nombreux experts externes, ces ou ls ont été éprouvés, simultanément à la cons tu on d’un
réseau de vingt-quatre fermes de référence.

Enfin, signalons que le projet Trans Agro Forest, intégré à un portefeuille de projets nommé Feel Wood2, a eu l’opportunité
d’élargir la concerta on et la communica on liées à ses ac ons.

En effet, axé sur la théma que « filière forêt-bois », Feel Wood a regroupé quatre projets. Forêt Pro Bos et Trans Agro
Forest ont développé en amont les théma ques fores ères et agrofores ères pendant que, en aval, les projets Profilwood
et Formawood se sont intéressés à la valorisa on du bois local dans la filière construc on ainsi qu’au développement
des compétences des professionnels dans les domaines de la construc on en bois.

De l’existence et des acquis de Trans Agro Forest est né ce présent ouvrage, synthèse des techniques et ou ls regroupés
durant le projet.

Les informa ons au sujet de Trans Agro Forest et de ses partenaires, ainsi que les ou ls techniques et le panel de fermes
de référence, sont consultables sur le site internet du projet h ps://[Link]/fr/.

2
h ps://[Link]/fr/
Préface pour la Belgique

L’agroforesterie représente certainement une alliée de choix pour valoriser durablement les
produc ons agricoles. En complément des bonnes pra ques d’élevage et de culture, elle
contribue à mieux produire à la ferme, tant d’un point de vue environnemental que financier.

L’agroforesterie représente une opportunité réelle à saisir pour nos agriculteurs. Ce mode de
produc on agricole présente de nombreux intérêts en termes de protec on des sols et des eaux,
de stockage de carbone, de main en de la biodiversité mais également pour l’agriculture : les
arbres et arbustes cons tuent un abri pour le bétail, perme ent d’augmenter les rendements
des cultures (effet brise-vent) et de les protéger (contre le gel tardif, les vents desséchants…),
d’améliorer les sols agricoles (augmenta on du taux d'humus, recyclage des éléments minéraux,
structura on du sol …). Elle cons tue également une source de revenus complémentaires :
produc on de biomasse, de fruits, de bois… et de tourisme vert !

Sous l’impulsion donnée par la déclara on de poli que régionale, entourés des conseils de
scien fiques et d’opérateurs de terrain avisés, les auteurs et leurs partenaires proposent un
document de référence vulgarisé, à la fois technique et scien fique. Précis et complet pour
les professionnels, ce guide actualise d’innombrables connaissances et savoir-faire en ma ère
d’agroforesterie. Cet ouvrage, largement documenté, où l’illustra on occupe une place de
choix, reste également accessible et concret pour les non spécialistes.

Puissent les agriculteurs s’en inspirer : ils y trouveront des conseils pragma ques pour tenter la
belle aventure de l’agroforesterie mul fonc onnelle, et contribuer aussi, à a eindre ensemble
l’ambi on partagée des 4.000 kilomètres de haies et/ou un million d’arbres de la récente
campagne « Yes we plant » du Gouvernement wallon. Au-delà de la diffusion de ce guide, la
créa on du nouveau site internet h ps://[Link]/ cons tue aussi un des ou ls
concrets pour communiquer l’avenir porteur de l’agroforesterie.

Willy BORSUS
Vice-Président de la Wallonie
Ministre de l’Économie, du Commerce extérieur,
de la Recherche et de l’Innova on, du Numérique,
de l’Agriculture, de l’Aménagement du territoire,
de l’IFAPME et des Centres de compétence.
Préface pour la France

La Région Hauts-de-France et la Chambre d’agriculture Hauts-de-France sont engagées depuis


plusieurs années aux côtés des agriculteurs pour promouvoir des pra ques agricoles sobres en
ressources naturelles et en intrants et pour consolider la durabilité de notre système alimentaire.

Le Plan régional en faveur de l’agro-écologie (2020-2025) vise à aller au-delà, en accompagnant


le changement de pra ques agricoles au plus près du terrain, par des mesures concrètes. Il
convient pour cela de donner aux agriculteurs les ou ls et les moyens de s’inscrire dans de
nouvelles logiques de produc on, en phase avec les a entes de la société et du consommateur
et avec leur besoin d’autonomie, de résilience et de bien-être. Il vise à aider la muta on massive
des pra ques agricoles grâce à un schéma nouveau et un cheminement sur 5 ans.

L’agroforesterie fait par e des pra ques majeures de l’agro-écologie combinant les
performances économique, sociale et environnementale (préserva on de l’eau, du sol, du
climat et de la biodiversité). Les agriculteurs adoptent de manière croissante la pra que et plus
de 600 hectares d’agroforesterie ont été implantés ces dernières années en Hauts-de-France.

Ce guide, fruit du travail partenarial transfrontalier dans le cadre du projet TransAgroForest,


sera un apport essen el pour favoriser l’innova on et le transfert des connaissances autour de
l’agroforesterie. Tous ensemble, nous amplifierons l’engagement global et collec f pour l’agro-
écologie.

Olivier DAUGER
Président de la Chambre régionale La Région Hauts-de-France
d'agriculture des Hauts-de-France
Remerciements
Nous sommes reconnaissants envers tous les organismes financeurs ayant assuré la viabilité de ce projet et permis la
réalisa on de ce guide. Nous pensons à FEDER-Interreg (Fonds européen de développement régional), qui a financé le
projet Trans Agro Forest et à la Région Hauts-de-France, à la Région wallonne, au Service Public de Wallonie (Direc on
Générale Opéra onnelle Agriculture, Ressources naturelles et Environnement), à la province du Luxembourg et à la
province du Hainaut, qui l’ont cofinancé.

Merci à Fabienne DEVILERS, députée provinciale de la Province de Hainaut et présidente de Hainaut Développement,
pour son sou en dans la tenue des programmes européens dont est issu ce guide.

Lors de la rédac on, de nombreuses personnes ressources nous ont prodigué leurs connaissances, rées directement de
leur expérience : Olivier BAUDRY (ASBL Awaf), Louise BOULAND (Natagriwal), Violaine CAPPELLEN (ASBL Awaf), Sylvie
CARDON (Cyclone SARL), Cris na CASTAGNOTTO (ID-David), Benjamin CERISIER (ASBL Diversifruits), Pascal COLOMB
(Société Ecosem), Geoffroy COUVAL (réseau Fredon France), Sébas en CREMER (Centre de Michamps), Benjamin
DAIGNEUX (Agraost), Marc DELVAUX (ASBL Diversifruits), François DESSART (Greenotec), Marc GAILLY (société
Pépinières Gailly-Jourdan), Jean-François GILLET (société Ferauche-Gillet), Eric GOOSSE (Centre de Michamps), Lucas
GOSSIAUX (Valbiom), Pascal GOTIAUX (société Go aux), Cédric GUILLAUME (arboriculteur indépendant), Aurélie HICK
(Gal Pays de l’Ourthe), Damien HUBEAUX (ASBL Awaf), David KNODEN (ASBL Fourrages Mieux), Marc LATEUR (CRA-W),
Alain LE ROI (GISER), Simon LINARD DE GUERTECHIN (société ArboPlants), Christophe MANSSENS (Natagriwal), Xavier
MINGUET (société Contact Fores er), Nicolas MOREL (société Clôtures Sacré – Morel), Hervé NEUVILLE (société Clôture
Neuville), Claudy NOIRET (ASBL Les bocages), Mar n PIROTHON (société Pirothon), Olivier PONCIN (société PhiTech),
Bert REUBENS (ILVO Vlaanderen), Dominik RITZ (SCR Plus), Alain RONDIA (CRA-W), Camille TENTONI (société e2d),
Tanguy VAN DE KERCHOVE (société Contryfences).

D’autres nous ont offert de leur temps pour la relecture et la correc on, en en er ou en par e, de notre manuscrit. Nous
pensons tout par culièrement aux partenaires du projet transfrontalier Trans Agro Forest : Alice DUFOSSE, Romain
JENARD, Amélie PEAUDECERF, Fabrice WALRANT, Régis WARTELLE et Pierre WARZEE ; mais aussi aux experts Olivier
BAUDRY, Louise BOULAND, Geoffroy COUVAL, Aurore DEGRÉ, Eric GOOSSE, Lucas GOSSIAUX, Alain LE ROI, Dominique
MANSION, Christophe MANSSENS, Xavier MINGUET et Claudy NOIRET pour leurs remarques judicieuses.

Nous adressons aussi nos chaleureux remerciements à Jean-Yves LAMBERT (CDAF), chargé des illustra ons et de la mise
en page, à Nathalie DEHUT, Chris ne MALOLEPSZY, Shirley N’GANGA, Monique PIERARD et Véronique POLLET pour leur
relecture, et enfin à Marie BURON pour la relecture et la correc on indépendantes.

Enfin, nous formulons le vœu que ce guide technique mo ve les agriculteurs à verdurer nos campagnes avec des
éléments agrofores ers offrant divers bénéfices agronomiques, paysagers, écologiques et sociétaux ; le pari d’un milieu
rural plus durable en est certainement l’enjeu prioritaire.

À toutes et à tous, un grand MERCI.

Les auteurs :

Damien GILLAIN (CDAF asbl) Pascal BALLEUX (CDAF asbl)


Ing Agro Environnement Dr Ir Agro Eaux et Forêts
Aux arbres, indispensables à la vie sur Terre.
Présenta on du guide
La nécessité de formuler un véritable ͪ Guide technique de l’agroforesterie ͫ, adapté au contexte rural de la région
transfrontalière Hauts-de-France / Wallonie et de l'Europe de l’Ouest, vient d’abord du nombre croissant de demandes
d'informa ons de la part de nombreux agriculteurs, propriétaires terriens, ges onnaires, conseillers et entrepreneurs
publics et privés, ainsi que des difficultés à réussir les chan ers de « l’arbre à la ferme » dans les règles de l’art. Ensuite, il
comble l’absence d’une véritable référence complète et actualisée sur les critères de choix des fournitures dans lesquelles
inves r (plants, protec ons, paillages…) et sur les conseils pra ques pour l’implanta on, l’entre en et l’améliora on
d’éléments agrofores ers (modèles, méthodes, matériels, ou ls, techniques…).

L’ouvrage, fruit de l’expérience de terrain et d’échanges avec des spécialistes, fournit des instruc ons claires et précises
en vue de choisir les TECHNIQUES OPTIMALES et les FOURNITURES IDÉALES pour garanƟr la réussite de chanƟers
agroforesƟers, depuis la prépara on d’un projet de planta on jusqu’à la récolte des produits ligneux. En effet, tout
projet agrofores er réclame des inves ssements considérables en temps et en moyens, que le candidat boiseur doit
pouvoir APPRÉCIER et COMPARER pour DÉCIDER en connaissance de cause.

Pour tout projet agrofores er (haie, brise-vent, alignements, bandes boisées, arbres têtards, arbres frui ers, taillis à
courte rota on…), l’objec f de ce guide technique est d’aider les acteurs concernés à concilier leurs moyens technico-
économiques (i néraires performants) avec les contraintes légales ou les réglementaƟons (lois, circulaires), les aides
publiques (subven ons européennes et régionales) et les réalités agronomiques et écologiques du milieu (sols,
élevages, cultures, facteurs limitants, pression de la faune, enjeux environnementaux).

Ce guide a bénéficié d'une rédac on par un duo agronome-fores er complémentaire et des conseils avisés de nombreux
experts habilités dans la faisabilité de chan ers agrofores ers. Nous avons tenté de rassembler un maximum de
recommanda ons u les pour accompagner votre réflexion :
• Le guide est structuré en 3 phases de réflexion, étayées par 9 chapitres, correspondant aux étapes culturales
d’un projet agrofores er :
ο préparer son projet : (1) objec fs, fonc ons et produc ons recherchées, (2) choix d’un modèle agrofores er per nent,
(3) diagnos c sta onnel et choix des essences ;
ο installer son projet : (4) travaux préparatoires, (5) planta on, (6) paillage, protec on et lu e contre les campagnols ;
ο entretenir et valoriser son projet : (7) entre en, (8) forma on de bois de qualité, (9) récolte et transforma on.
• Les 3 derniers chapitres résument des informaƟons complémentaires exempla ves et une synthèse des
aides publiques octroyées en Région Hauts-de-France et en Wallonie : (10) modèles agrofores ers per nents,
(11) ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols, (12) subsides à la planta on.
• Des renvois aux annexes proposent des renseignements supplémentaires u les : bois raméal fragmenté,
mesure du pH, coordonnées de laboratoires d’analyse des sols, essences éligibles aux subven ons, protec ons
mécaniques individuelles, clôtures électriques, engrillagements, répulsifs, choix de variétés frui ères, exigences
et produc ons d’essences fores ères, poten alités d’essences en arbres têtards…
• Des références et liens de sites Internet vous perme ent d’approfondir vos recherches.
Nous souhaitons que ce guide technique agrofores er apporte des réponses claires à vos ques ons, et puisse contribuer
à résoudre vos problèmes et à mieux orienter vos décisions. Il cons tue aussi un support pédagogique éclairant pour les
enseignants et leurs étudiants.
Précision des objec fs : fonc ons Choix du modèle Diagnos c sta onnel
et produc ons recherchées 1 agrofores er per nent 2 et choix des essences 3
Préparer son projet
A. Première phase

Paillage, protec on et lu e
Travaux préparatoires 4 Planta on 5 contre les campagnols 6
B. Deuxième phase
Installer son projet

Entre en 7 Forma on de bois de qualité 8 Récolte et transforma on 9


Valoriser et entretenir son projet
C. Troisième phase

Agroforesterie associée à un
Modèles agrofores ers per nents 10 ouvrage d’hydraulique douce 11 Subsides à la planta on 12
D. Compléments
Sommaire
A. Première phase : préparer son projet
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées 20
1.1. Fonc ons des éléments agrofores ers 20
1.2. Produc ons des éléments agrofores ers 36
2. Choix du modèle agrofores er per nent 40
2.1. Typologie des éléments agrofores ers 40
2.2. Localisa on 43
2.3. Orienta on 43
2.4. Structure de planta on 45
2.5. Densité de planta on pour la produc on de bois de qualité 46
2.6. Écartement (E) entre les lignes d’arbres 48
2.7. Espacement (e) entre les arbres au sein de la ligne 49
2.8. Largeur de la tournière (l) 52
2.9. Distance de sécurité par rapport aux câbles, conduites et lignes électriques 53
2.10. Législa on 53
2.11. Défini on du nombre d’arbres à planter 54
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences 56
3.1. Caractérisa on du site par l’inves ga on cartographique 56
3.2. Enquête de terrain 56
3.3. Examen de la sta on 58
3.4. Choix de(s) l’essence(s) 58

B. Deuxième phase : installer son projet


4. Travaux préparatoires 64
4.1. Pré-piquetage 64
4.2. Destruc on d’un éventuel couvert 64
4.3. Prépara on du sol 65
4.4. Semis d’un couvert 72
5. Planta on 74
5.1. Piquetage 74
5.2. Choix des plants, provenance et récep on 78
5.3. Habillage des plants 79
5.4. Mise en terre des plants 80
6. Paillage, protec ons et lu e contre les campagnols 92
6.1. Paillage 92
6.2. Protec ons 101
6.3. Protec on contre les campagnols 115

C. Troisième phase : valoriser et entretenir son projet


7. Entre en 128
7.1. Bilan de reprise et regarnissage 128
7.2. Dégagement 128
7.3. Entre en aérien 137
7.4. Cernage des racines 143
8. Améliora on : forma on de bois d’œuvre de qualité 146
8.1. Produc on de bois de qualité 146
8.2. Opéra ons d’améliora on 146
8.3. Traitement des linéaires mélangés et irréguliers 157
9. Récolte et transforma on 160
9.1. Récolte 160
9.2. Transforma on 161

D. Compléments

10. Modèles agrofores ers per nents 164


10.1. Les haies brise-vents 164
10.2. Les planta ons de feuillus inter et intraparcellaires 168
10.3. Les vergers hautes- ges pâturés 170
10.4. Les vergers maraîchers 172
10.5. Les parcours à volailles 175
10.6. Les alignements d’arbres têtards inter et intraparcellaires 180
10.7. Les alignements de taillis inter et intraparcellaires 188
10.8. Les alignements de peupliers périphériques 193
10.9. Les bandes boisées 197
11. Agroforesterie associée à un ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols 200
12. Subsides à la planta on 202
12.1. Aides financières en Wallonie 202
12.2. Aides financières en Hauts-de-France 203

Conclusion 205
Annexes 206
Bibliographie 254
Table des ma ères 258
Introduc on
Force est de constater que, depuis la Révolu on verte, c’est surtout chacun chez soi : les blés dans les champs, les
arbres dans les bois. Pourtant, il n’y a pas longtemps, nos campagnes (du moins dans de nombreuses régions) étaient
plus arborées : haies, vergers, trognes, arbres isolés, alignements… diversifiaient les paysages. Tous ces éléments
agrofores ers offraient de nombreux avantages dont les paysans d’autrefois savaient rer par . Chaque élément ligneux
avait en effet une place et un rôle, bien souvent mul ple. Les pra ques agricoles étaient alors au cœur d’une culture
agro-pastorale, dont le savoir et le savoir-faire se sont pe t à pe t perdus en raison de la dispari on des usages.

Aujourd’hui, les connaissances scien fiques ont largement évolué. À la lumière de ces évolu ons, l’intérêt mul fonc onnel
de l’arbre en champ et en prairie s’affirme de plus en plus. Même si certaines fonc ons ne rencontrent plus les besoins de
l’agriculture actuelle, les éléments agrofores ers con nuent de remplir des rôles essen els face aux enjeux clima ques,
agronomiques et environnementaux.

Les anciens disposaient d’un sens aigu de l’observa on et aujourd’hui, grâce aux nouveaux acquis scien fiques, la
réflexion, intégrant les pra ques passées et actuelles, permet de développer une agriculture moderne, intelligente,
rénovée, plus performante et résiliente.

Ce guide ne cherche pas à nous ramener en arrière ; il vise surtout, sur base des connaissances et des technologies
agricoles nouvelles, à redonner une place aux produc ons et aux fonc ons u les offertes par l’arbre en contexte agricole,
et à l’agroforesterie. C’est la mission portée par le projet Trans Agro Forest, financé en majeure par e par le Fonds
européen de développement régional et cofinancé par la Région Hauts-de-France, la Région wallonne, le Service Public
de Wallonie, la province du Hainaut et celle du Luxembourg.
Défini on
L’agroforesterie peut être définie comme un « modèle agricole associant sur une même parcelle la présence d’éléments
ligneux (périphériques ou intraparcellaires) à des cultures ou à l’élevage, à des fins fonc onnelles et/ou de produc ons ».
L'Associa on européenne d'agroforesterie, EURAF, la définit comme un « système de produc on associant arbres et
plantes cul vées ou pâturées sur la même parcelle agricole ».
A. Première phase
Préparer son projet

Précision des objec fs :


1 fonc ons et produc ons
recherchées

Choix du modèle
2
agrofores er per nent

Diagnos c sta onnel


3 et choix des essences
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

A. Première phase : préparer son projet

1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées


Il ne faut jamais se lancer dans un projet agrofores er tête baissée ; il convient de prendre le temps de le
mûrir. Un état des lieux du contexte global dans lequel s’inscri(ven)t la/les parcelle(s) agricole(s) doit être
réalisé pour examiner les contraintes. Sur ce e base, le candidat planteur doit définir ses propres besoins afin
de dégager les fonc ons et les produc ons qui lui sont les plus u les. En défini ve, le projet de planta on doit
limiter au maximum les contraintes sur l'ac vité agricole et rencontrer les besoins de l'exploitant.

1.1. Fonc ons des éléments la contrer revient à soigner les symptômes et non les
causes originelles.
agrofores ers
Tout élément agrofores er remplit toujours plusieurs
fonc ons. Celles-ci diffèrent suivant les condi ons
pédoclima ques (contexte local du climat et des sols) et
géomorphologiques (formes et caractéris ques locales
du relief) de la parcelle et dépendent du type, de la
structure, de la composi on et des modalités de ges on
des éléments agrofores ers.

Aussi nombreuses soient-elles, elles doivent toujours


être envisagées au cas par cas, en parallèle avec l’ac vité
propre de l’exploita on agricole.

Les différentes fonc ons présentées ci-après sont les


plus communément rencontrées, sans toutefois être
omniprésentes. Aussi, ce e liste n’est pas exhaus ve :
protec on des sols, protec on des eaux, tampon
clima que, protec on de la biodiversité et des
agroécosystèmes, purifica on de l’air, protec on
et intégra on des bâ ments, bénéfices socio-
économiques.

Pour en savoir plus, se référer au travail réalisé dans le cadre du projet


AForCLIM disponible sur internet (Artru S. & al., 2019).

1.1.1. Protec on des sols

La probléma que de l’érosion des sols doit toujours être


envisagée sous différents angles. En effet, se cantonner
à de simples créa ons d’ouvrages hydrauliques pour Érosion des sols agricoles
20
Première phase : préparer son projet

Le phénomène d’érosion des sols s’est fortement • Les arbres interceptent une large quan té d’eau dans
amplifié avec l’intensifica on des pra ques agricoles, leur feuillage, sur leurs branches et sur leur tronc.
entraînant une perte du taux de ma ère organique (MO) En début d’averse, une grande par e de l’eau
1
et de la vie du sol. Celui-ci ayant perdu son « squele e », est retenue par les par es sèches du végétal ; si
sa porosité et sa cohésion, l’eau ne s’infiltre plus les précipita ons se poursuivent, l’eau sature les
correctement : elle ruisselle, emportant avec elle les houppiers et arrive au sol avec un décalage, soit
par cules libres cons tu ves du sol. Au printemps et en par égou ement soit en s’écoulant le long du tronc.
été, l’eau ruisselante provoque d’ailleurs une perte pour Une part de ce e eau de précipita on, retenue
les plantes et pour les agriculteurs. sur les différentes par es de l’arbre, est perdue
par évapora on ; la pluie arrivant directement ou
L’objec f prioritaire est de rendre aux sols leur indirectement au sol cons tue les précipita ons
fonc on agronomique première en les envisageant ne es. En cas d’averses violentes durant la feuillaison,
non pas comme un support physique, mais comme un cela réduit les ruissellements. À tre d’exemple, un
écosystème vivant : il faut en prendre soin pour garan r platane à feuilles d’érable en fin de vie peut éviter le
aux plantes les condi ons op males de croissance. ruissellement de 4,5 m³ d’eau (en moyenne par an)
Les techniques culturales simplifiées et les semis sous alors qu’un érable champêtre n’évite le ruissellement
couvert notamment sou ennent ce e agriculture que d’1 m³ (Guinaudeau B., 2016).
de conserva on. Outre ces mesures de base, les • Les arbres augmentent aussi la teneur des sols en
techniques agrofores ères sont également des alliées ma ère organique (MO) par les racines avortées mais
de premier choix. En effet, si les éléments agrofores ers également par les feuilles et les débris de branches
sont judicieusement disposés dans le bassin versant, tombés au sol : la vie du sol est directement favorisée ;
leur présence peut réduire significa vement les la porosité et la capacité de réten on en eau sont
ruissellements et les forces érosives associées mais pas indirectement améliorées.
seulement :

Éléments ligneux de rupture de pente


21
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

Influences posi ves de l’agroforesterie • Renforcés par la présence de bandes


sur les sols agricoles (Artru S. & al., 2019)
herbeuses, talus et fossés, les alignements
Augmenta on de la charge organique des sols d’arbres perpendiculaires au sens de la
Teneur en carbone organique du sol à différentes pente réduisent la vitesse d’écoulement
distances de bordures de parcelles avec et sans arbres des eaux de ruissellement et par cipent
à la sédimenta on des par cules en
Carbone organique du sol (g/kg)

140
suspension. L’infiltra on de l’eau dans
120 Parcelles témoins
Parcelles agroforesƟères
le sol est, par ailleurs, facilitée grâce au
100 maillage racinaire, à la faune plus présente
80 et à l’améliora on de la structure et de la
60 Étude réalisée en Flandre charge organique du sol. Une vaste étude
sur 17 sites comprenant menée par ARÉAS a démontré la réelle
40 des arbres de 6 à 47 ans.
capacité d’infiltra on de l’eau au pied
20 des haies : elle est es mée à 400 l/m²/h
0 avec une varia on de ± 100 l/m²/h (Ouvry J.-F. &
0 10 20 30 40
al., 2012). Pour ces valeurs, il faut en moyenne
Distance depuis la ligne d'arbre (m)
9 m² pour infiltrer 1 l/s. À tre indica f, une
Une étude menée par le projet Agripsol en 2012 a démontré la présence de parcelle de limon fraîchement travaillée
40 % de ma ère organique (MO) addi onnelle sur une profondeur totale de
infiltre entre 30 et 60 l/m²/h, et entre 1 et
2 m dans une parcelle agrofores ère composée d’arbres intraparcellaires âgés
de 18 ans associés à des cultures, et ce par rapport à une parcelle agricole 10 l/m²/h quand la croûte de ba ance y est
témoin. À l’échelle de ce e parcelle agrofores ère, le stockage de carbone développée (Coufourier & al., 2008).
addi onnel moyen sur 1 m de profondeur est de + 12 % par rapport à un
système témoin sans arbre.
Ce e même étude a, en outre, démontré
Améliora on de la capacité de réten on en eau
des taux de sédimenta on très intéressants
Capacité de réten on en eau du sol en fonc on de la avec des fascines et des haies an érosives,
teneur en ma ère organique après un épisode pluvieux
densément plantées et recépées. Les
débits testés étaient compris entre 1 et
28
Humidité du sol (% de la terre sèche)

12 l/s/m (de largeur) et les concentra ons


de ma ère en suspension (MES) étaient
27
voisines de celles habituellement
MO : 2,8 % mesurées en culture dans le nord de la
26
France. Ce taux de sédimenta on est
MO : 2,4 % de l’ordre de 74 à 91 % lorsque la charge
25
solide est globalement composée d’1/3 de
par cules de granulométrie inférieure à
24
MO : 2,2 % 63 μm, d’1/3 de par cules de granulométrie
23
supérieure à 125 μm et d’1/3 de par cules
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 de granulométrie comprises entre 63 et
Jours
Pluie

15 μm. Si les par cules sont plus grossières,


il est compris entre 93 % et 99 %. Ces
Une augmenta on même faible de la MO contribue à renforcer la capacité résultats sont possibles grâce au rôle
de réten on de l’humidité du sol. Cela est d’autant plus vrai si la structure puissant de frein hydraulique que jouent
des agrégats est respectée lors du travail du sol ; en toutes circonstances,
l’émie ement fin du sol doit être évité. les haies très denses et les fascines.

22
Première phase : préparer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Ges on de l’eau et de l’érosion avec les arbres

À favoriser À éviter
1

 réduc on des vitesses d’écoulement


 limita on du transport solide des par cules de terre  risque accru du ruissellement de l’eau en forte pente
(augmenta on des taux de sédimenta on)  érosion accentuée des terres
 infiltra on de l’eau favorisée au pied des arbres

Aménagements complémentaires pour freiner les écoulements, infiltrer l’eau et sédimenter les par cules (Coufourier & al., 2008)

 Haie + herbe : en associant une haie à une zone


enherbée, on ob ent un aménagement deux
fois plus efficace pour freiner les écoulements,
infiltrer l’eau et sédimenter les par cules. Pour
ce faire, mieux vaut implanter la haie en aval de
l’herbe ; la présence d’une raie de labour entre la
parcelle et le disposi f est à proscrire.
 Haie + fascine : la fascine joue son rôle
AMONT AVAL hydraulique dès la première année de mise en
place. La haie nécessite, quant à elle, plusieurs
années pour jouer le même rôle. C’est pourquoi,
ponctuellement, dans les endroits sensibles, la
jeune haie peut être renforcée par une fascine.
 Haie + fascine + herbe : la solu on procurant une
efficacité maximale dès la planta on consiste à
associer les trois éléments sur 3 m au minimum.
Le triple disposi f est surtout recommandé dans
Herbe Fascine Haie Herbe
ponctuelle les zones les plus sensibles, notamment les zones
de contact entre les parcelles agricoles et les
1,5 à 3,5 m 0,5 m 1m 0 à plus de 2 m
infrastructures humaines.

23
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

Localisa ons per nentes des haies, des alignements d’arbres associés à une bande enherbée
et des fascines vis-à-vis des zones à risque élevé d’érosion (Ouvry J.-F. & al., 2012)

Au pied des versants de


pente > 5 % qui souffrent
Ś d’érosion en rigole
Perpendiculaire à un
axe de ruissellement
En coin de parcelle
ş
À l’interface entre
ř parcelle cul vée et prairie
ś En protec on
Š rapprochée d’une zone
ś urbaine
En protec on
Ŝ rapprochée d’une route
ř En associa on avec
une bande enherbée sur
talweg (chemin de plus
ş basse al tude dans le
ŝ paysage dans lequel se
ŝ Ş
concentrent les eaux de
ruissellement)
a le Ş
e rur zone rurale En protec on
zon
rapprochée d’un ouvrage
š de réduc on des
inonda ons
En renforcement d’une
bande enherbée le long de
la rivière
Les éléments de rupture de pente doivent se situer immédiatement en aval de surfaces ruisselantes de pe tes dimensions
et très érodables. À ces endroits, leur intérêt est le plus notable.
Il s’agit par exemple des situa ons suivantes : au pied des versants concernés par l’érosion en rigoles, c’est-à-dire en majorité ceux
qui ont une pente supérieure à 5 % ; au pied des versants de pente plus faible (2 à 5 %) mais concernés par des probléma ques
de pluies intenses sur sol nu (par exemple : semis de maïs ou de be eraves) ou avec un type d’occupa on du sol très ruisselant
(par exemple : pommes de terre) et a for ori si les parcelles sont cul vées dans le sens de la pente ; sur des axes d’écoulements
concentrés (coin de parcelle) sujets à l’érosion en ravines, c’est-à-dire en majorité ceux qui ont une pente supérieure à 1 %.

Condi ons d’efficacité op male des haies an érosives et des fascines pour la sédimenta on (Ouvry J.-F. & al., 2012)

 La densité : pour les facsines, il faut compter au moins 40 % de densité, et plus si possible, au niveau des ges des fagots. Pour les
haies, il faut compter 6 pieds/m avec recépage et un choix d’essences idéalement drageonnantes pour densifier les ges.
 Les courts-circuits : les trous dans les fascines et les haies doivent être contrôlés et comblés le plus rapidement possible car ils
concentrent l’écoulement. Aussi, la longueur du linéaire doit être suffisante pour ne pas engendrer des écoulements de part et
d’autre.
 La pente en amont et son évolu on dans le temps : la quan té de par cules sédimentant est propor onnelle à la longueur de
la zone d’eau calme en amont du linéaire, donc à la faible pente du terrain. C’est pourquoi il est préférable de planter en zone
de replat. Au cours du temps, avec les sédimenta ons successives, la pente en amont s’horizontalise naturellement, améliorant
davantage les condi ons favorables à la sédimenta on.
 La localisa on : la sédimenta on est d’autant plus importante quand les par cules transportées par le courant sont de taille
élevée, c’est-à-dire dans les zones d’érosion linéaire, en cas de pluie intense sur sol nu, et plus par culièrement en zone de pente
où l’arrachement et le transport de par cules grossières peuvent être très significa fs.

Pour en savoir plus, se référer aux documents « Haie, freiner les ruissellements, provoquer l’infiltra on et la sédimenta on » 4 p. (Coufourier
& al., 2018) et « Fascines et haies, pour réduire les effets du ruissellement érosif, caractérisa on de l’efficacité et conduite d’u lisa on »
68 p. (Ouvry J.-F. & al., 2012). Ils sont téléchargeables sur internet.

24
Première phase : préparer son projet

• Les arbres jouent un rôle de pompe, ils interceptent de la qualité des sols, on tend également vers une
les éléments minéraux lessivés en profondeur grâce aggrada on de la qualité des eaux souterraines et de
à leurs racines et les ramènent en par e à la surface surface.
1
du sol lors de la chute des feuilles. À une densité
de 50 arbres à l’hectare, on peut s’a endre à une [Link]. Eaux de surface
prospec on complète de la parcelle sous la culture
Plantés perpendiculairement aux pentes des terres
par les racines des arbres s’ils sont à maturité
agricoles, les alignements d’arbres et d’arbustes associés
(Artru S. & al. 2019).
à une bande herbeuse re ennent, dès la première
• La ma ère ligneuse peut être valorisée en BRF
année, une par e de l’eau de ruissellement et, surtout,
(Bois Raméal Fragmenté) : ces broyats de rameaux
réduisent la vitesse et les forces érosives.
(Ø < 7 cm) concentrent une grande part de la richesse
minérale de l’arbre (± 75 %), des acides aminés, des L’objec f est, en réalité, de réduire la vitesse du
protéines, des phytohormones, des enzymes, etc. ruissellement à moins de 0,20 m/s (Coufourier & al., 2008).
Le BRF cons tue un excellent amendement agricole Ce e vitesse assure la sédimenta on des ma ères en
pour régénérer les sols. Cependant, son usage suspension (MES) dans le champ lui-même et évite les
nécessite certaines précau ons pour gérer la faim écoulements et la sédimenta on des eaux boueuses sur
d’azote car son C/N (rapport carbone/azote) peut les prairies, les cultures ou les infrastructures humaines
être élevé. Parmi les atouts du BRF, nous pouvons en aval ; elle limite le colmatage des fonds de cours
citer entre autres : d’eau indispensable à la faune benthique.
ο s mula on de la vie du sol, des champignons et des
mycorhizes ; Ces effets posi fs sont surtout vérifiés avec des haies
ο apport majeur en Mg++ et Ca++, éléments essen els an érosives densément plantées (Coufourier & al., 2008),
des liens argilo-humiques ; mais l’u lité des alignements d’arbres associés à une
ο améliora on du pH, de la conduc vité et de
bande enherbée est également indiscutable.
l’assimila on chimique par les plantes ;
ο remobilisa on de certains éléments minéraux et Les arbres retardent l’écoulement de l’eau vers l’aval
réorganisa on sous forme organique : améliora on
en interceptant une quan té importante d’eau de
de la fer lité à court et moyen terme ;
précipita ons au niveau de leur interface aérienne et en
ο augmenta on du taux d’humus des sols : 75 kg
la res tuant au sol avec un décalage de 10 à 20 minutes
d’humus/mᶟ de BRF ;
(Guinaudeau B., 2016) : les ruissellements, l’érosion des sols
ο réduc on des parasites et des pathogènes par la
s mula on d’une pédofaune favorable, etc. et les risques d’inonda on sont ainsi en par e réduits.

Une fiche sur le bois raméal fragmenté (BRF) est annexée L’entraînement des substances fer lisantes (notamment
en fin d’ouvrage (annexe 1, p. 206). le phosphore) et des produits phytosanitaires avec les
par cules érodées vers le réseau hydrographique aval
1.1.2. Protec on des eaux impacte les eaux de surface. Les arbres jouent un rôle
significa f et favorable sur les écoulements de surface en
Si l’agriculture est souvent pointée du doigt face à favorisant l’infiltra on de l’eau. De plus, ils interceptent
la probléma que de la pollu on des eaux, l’arbre les éléments dans le sol grâce à leur maillage racinaire :
peut se posi onner comme un partenaire durable et d’abord et surtout l’azote, mais aussi les ca ons mobiles
efficace pour protéger et améliorer la qualité des eaux comme le calcium, le magnésium et le potassium (Dupraz C.,
(Guinaudeau B., 2016). Liagre F., 2011).

De manière générale, si on tend vers une agriculture


plus durable en termes de respect et d’améliora on
25
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

Sédimenta on des ma ères en suspension grâce aux alignements d’arbres perpendiculaires aux pentes et aux fascines vivantes ou mortes

Les ripisylves (bandes d’arbres rivulaires, c'est-à-dire croissant le long des cours d'eau) cons tuent des zones tampons
très importantes, protégeant les eaux contre les dérives éventuelles d’épandage. De plus, elles assurent le main en
d’une bonne concentra on en oxygène dissous dans l’eau, notamment par l’ombrage et le main en d’une température
suffisamment basse en été. En outre, les arbres rivulaires présentent un atout pour la faune aqua que : zone de frais,
cache, site de nourrissage et ombrage (Colle e & al., 2018).

vent

Effet protecteur des ripisylves sur les cours d’eau

Les arbres et arbustes stabilisent les berges : l’enchevêtrement des racines re ent les terres et limite l’érosion. Avec des
essences bien adaptées aux fonds humides (saules et aulnes notamment) et grâce à un traitement en cépées (rejets de
souche après coupe au ras de sol), ces effets posi fs sont plus marqués.
26
Première phase : préparer son projet

[Link]. Eaux souterraines ceux-ci sont remobilisés dans la croissance de l’arbre


et aussi dans la croissance de la culture grâce à des
Les arbres par cipent à la recharge en eau des nappes processus de facilita on (Dupraz C. & al., 2011). Une étude
phréa ques : leurs racines et la meilleure porosité
1
réalisée au Québec, au sein d’un système agrofores er
du sol à leur pied cons tuent un cheminement intraparcellaire composé de peupliers âgés de
d’écoulement préféren el, perme ant à l’eau de 7 ans, a démontré une réduc on des quan tés de
s’infiltrer profondément dans le sol. Une étude réalisée nitrates lessivés dans l’eau du sol de mai à novembre
en 2018 par Charlier S. a démontré une augmenta on allant jusqu’à 80 %, celle-ci étant surtout marquée à
de la porosité du sol d’environ 50 % à l’approche d’une l’automne (Artru S. & al., 2019).
haie, principalement grâce à l’augmenta on de MO, des
racines de la végéta on et de la faune plus présente. Le phénomène d’ascenseur hydraulique permet aux
arbres de faire remonter de l’eau des horizons profonds
/ŶƚĞƌĐĞƉƟŽŶĚĞƐĞĂƵdžĚĞƉƌĠĐŝƉŝƚĂƟŽŶ
ƉĂƌůĞĨĞƵŝůůĂŐĞ͕ůĞƐďƌĂŶĐŚĞƐĞƚůĂůŝƟğƌĞ
humides vers les horizons de surface plus secs grâce à
;ƌĞůĂƌŐĂŐĞƉĂƌƟĞůĞƚĚŝīĠƌĠĂƵŶŝǀĞĂƵĚƵƐŽůͿ leurs racines. Le système racinaire des arbres est plus
profond en agroforesterie qu’en forêt (Dupraz C., Liagre F., 2008).
Durant la nuit, la photosynthèse s’arrête et, avec elle,
la transpira on de l’arbre. Ainsi, pendant ce temps, les
ssus desséchés de l’arbre (branches, tronc, feuilles) se
réhumectent (Dupraz C., 2009). Pour ce e mise à niveau du
poten el hydrique de l’arbre, les racines qui ont accès à
des zones humides con nuent de pomper de l’eau pour
alimenter les ssus les plus secs et également les racines
situées dans les zones de sol les plus sèches. Des racines
humides dans un sol sec exsudent de l’eau : l’arbre
irrigue donc le sol en redistribuant l’eau pompée.

1.1.3. Tampon clima que


ÉĐŽƵleŵenƚde
l͛eaƵenƐƵrĨaĐe
À l’échelle mondiale, les arbres ont un effet significa f
ŝŵŝŶƵƟŽŶĞƚ
ƌĂůĞŶƟƐƐĞŵĞŶƚ sur le climat et cons tuent un des piliers centraux dans
ĚĞů͛ĠĐŽƵůĞŵĞŶƚ
/ŶĮůƚƌĂƟŽŶ ĚĞƐĞĂƵdžĚĞƐƵƌĨĂĐĞ la lu e contre le réchauffement clima que. Ils stockent
del͛eaƵ du carbone, tamponnent les extrêmes clima ques et
danƐleƐŽl
régulent le climat. D’un point de vue local, ils ont un
AbƐŽrpƟŽn effet favorable sur le microclimat et cons tuent donc
d͛ĠlĠŵenƚƐnƵƚriƟĨƐ une approche intelligente pour adapter les systèmes
AliŵenƚaƟŽn (azŽƚe,phŽƐphŽre…)
deƐnappeƐ agricoles au changement clima que.
phrĠaƟqƵeƐ eƚdeƐniƚraƚeƐ

[Link]. Effet brise-vent

Effet favorable des arbres sur les eaux de surface et souterraines


L’effet brise-vent des éléments agrofores ers est
efficace sur une distance allant de 4 à 12 fois leur
Les arbres assurent le rôle de filtre naturel contre la hauteur : ils protègent les animaux et les cultures des
pollu on diffuse en absorbant certains résidus de vents dominants (S-O), froids (N) et desséchants (N-E),
produits phytosanitaires. Ils interceptent les nitrates et augmentant les températures ressen es et, in fine, à
les ca ons mobiles lessivés jusqu’à 4,5 m de profondeur ; des échelles variables, les rendements.
27
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

,
,ĂŝĞďrise-vent
feuilluĞĠƚĂŐĠĞ
semi-perméĂble

уϭdž, ProtecƟon ĞĸĐĂĐĞsur 4 à 12 fois lĂ hĂuteur de lĂ hĂie Eīets brise-vents ŶĠŐůŝŐĞĂďůĞƐ


Rendements Rendements Rendements
plus faibles accrus témoins

L’efficacité d’un brise-vent dépend de sa structure


(hauteur, largeur, forme, orienta on et con nuité) et
de sa porosité ; celle-ci varie en fonc on des essences
choisies, du nombre de lignes d’arbres, de la densité
de planta on au sein de la ligne et des modalités
d’entre en. En Wallonie et dans le nord de la France,
le meilleur compromis consiste à implanter des hauts
brise-vents orientés nord-sud et des moyens ou bas
brise-vents perpendiculaires orientés dans le sens
est-ouest pour freiner les vents nocifs et garan r une
luminosité maximale aux produc ons agricoles.

En plein champ : culture et prairie temporaire


à l’abri de hauts brise-vents (orientés nord-sud)

Se référer à la page 167 pour les bonnes pra ques de


planta on des haies brise-vents.

[Link]. Effet sur les températures

La couverture arborée permet un réchauffement plus


rapide du sol en début de saison et un climat plus frais
en période es vale. En réduisant la vitesse du vent,
les arbres limitent l’évapora on au niveau du sol et
l’évapotranspira on des plantes : avec moins de chaleur
perdue dans ce processus physique, le sol se réchauffe
En prairie pâturée : refuge des animaux à l’abri des arbres
face aux vents, aux intempéries et aux canicules plus vite au printemps.
28
Première phase : préparer son projet

En culture, l’établissement d’un microclimat tamponné


Écarts de température de l’air mesurés au sein
d’un système agrofores er composé de merisiers permet de maintenir, voire d’augmenter le rendement
(110 arbres/ha) (Gosme & al., 2018) en période de forte chaleur. En effet, la créa on
1
d’un environnement frais permet de limiter les
Écarts moyens de température (°C) au témoin

1,5 phénomènes d’échaudage thermique (Artru S. & al., 2019).


1
1,4°C
Certaines études d’Arvalis démontrent un arrêt de la
0,5
0 photosynthèse lors de la phase de remplissage du grain
- 0,5 1,8°C lorsque la température de l’air a eint ou dépasse 25°C.
-1
- 1,5 Ce phénomène engendre évidemment une diminu on
-2 du remplissage journalier des grains.
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 22
Heure
Référence témoin Température à 1 m des arbres Température dans l’inter-rang (5 m)
En prairie, deux constats s’opèrent : suivant la distance
par rapport aux arbres, on observe un décalage dans les
À l’échelle journalière, la présence d’arbres influence la stades de développement de l’herbe et un main en des
température de l’air et du sol en tamponnant les extrêmes
de température. En journée, ce phénomène s’explique par
surfaces vertes plus longtemps au cours de la saison ;
l’ombrage induit par les arbres et leur évapotranspira on ainsi, la produc on herbacée se répar t de manière plus
(phénomène endothermique) ; la nuit, les températures plus homogène en limitant les pics de produc on au milieu
douces résultent de la limita on de la radia on vers l’atmosphère
de la chaleur accumulée au sol. du printemps. La qualité du pâturage de fin de saison
est, par ailleurs, améliorée (Artru S. & al., 2019).
Effet favorable des arbres face au froid

En contexte vallonné ou encaissé, les arbres diminuent le


déplacement des fronts froids et freinent, à la tombée de la nuit,
la dissipa on de la chaleur accumulée durant la journée.

15°C 15°C Maturité différée avec un main en


10°C 10°C
des surfaces vertes près des arbres en plein été

5°C 5°C
En élevage, la présence d’arbres assure le bien-être
0°C 0°C

-5°C -5°C
des animaux et permet d’éviter les stress thermiques,
-10°C -10°C
lesquels impactent les rendements. L’indicateur THI
(Temperature Humidity Index) permet d’évaluer le bien-
être des bovins : il dépend des données journalières de
température et d’humidité rela ve de l’air. Les seuils de
L’ambiance tamponnée d’un ensemble de haies libres ou de
stress thermique dépendent du type de ruminant, de la
lisières limite les risques de gelées nocives pour les végétaux. race et de l’âge des animaux. Par exemple, le seuil de
stress thermique calculé pour les vaches lai ères est
En agriculture, un microclimat tamponné impacte es mé à 68 ; pour les bovins à viande, il est es mé à 72
posi vement les rendements. (Artru S. & al., 2019).

29
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

Indicateur THI de stress thermique (d’après Burgos Zimbelman R., Collier R. J., 2011)

Humidité relaƟve de l’air (%)


0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90
22 64 65 65 65 66 66 67 67 67 68 68 69 69 69 70 70 70 71 71
23 65 65 66 66 66 67 67 68 68 68 69 69 70 70 71 71 71 72 72
24 66 66 67 67 67 68 68 68 69 69 70 70 71 72 72 73 73 74 74
25 67 67 68 68 69 69 70 70 71 71 72 72 73 73 74 74 75 75 76
26 66 68 69 69 70 70 71 71 72 73 73 74 74 75 76 76 77 78 78
27 68 69 70 70 71 71 72 72 73 73 74 75 75 76 77 78 78 79 80
28 69 69 70 71 71 72 73 73 74 75 75 76 77 77 78 79 79 80 81
Température de l’air (°C)

29 70 70 71 72 73 73 74 75 75 76 77 78 78 79 80 80 81 82 83
30 71 71 72 73 74 74 75 76 77 78 78 79 80 81 81 82 83 84 84
31 72 72 73 74 75 76 76 77 78 79 80 81 81 82 83 84 85 86 86
32 72 73 74 75 76 77 78 79 79 80 81 82 83 84 85 86 86 87 88
33 73 74 75 76 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 86 87 88 89
34 74 75 76 77 78 79 80 80 81 82 83 85 85 86 87 88 89 90 91
35 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93
36 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 91 92 93 94 95
37 76 78 79 80 81 82 83 84 85 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96
38 77 78 79 81 82 83 84 85 86 87 88 90 91 92 93 94 95 95 98
39 78 79 80 82 83 84 85 86 87 89 90 91 92 94 95 96 97 98 100
40 79 80 81 83 84 85 86 88 89 90 91 93 94 95 96 98 99 100 101
41 80 81 82 84 85 87 88 89 90 91 93 94 95 97 98 99 101 102 103

Zone de confort Stress thermique Stress thermique Stress thermique Stress thermique
thermique seuil minimum léger modéré sévère

Les épisodes de fortes chaleurs entraînent très Une expérience menée par l’Ins tut de l’élevage français
rapidement une diminu on de la produc on lai ère révèle que des génisses pouvant bénéficier d’ombrage
ainsi qu’une altéra on de sa composi on avec une présentent un temps de pâturage journalier supérieur
diminu on du ra o protéines/ma ères grasses. de 30 minutes et une différence de croissance de
200 g/jour de gain moyen quo dien par rapport à des
THI Perte de lait (L/vache/jour) génisses n’ayant pas accès à l’ombre.
68-71 - 1,1
72-79 - 2,7
D’après les observa ons réalisées par le projet PARASOL
(Béral C. & al., 2018), les ovins recherchent ac vement les
80-89 - 3,9
zones ombragées en prairie arborée, y compris en
Chez les jeunes bovins à l’engraissement, le stress dehors des périodes de fortes chaleurs.
thermique engendre une diminu on de l’inges on et de
Même en présence d’un unique arbre au sein de la
la prise de poids.
prairie, les brebis passent entre 30 et 40 % de leur temps
à l’ombre. En effet, 90 % des ac vités de repos de ces
Température Inges on Gain moyen quo dien
ovins se déroulent en zone ombragée.
27°C -4% - 200 g
30°C - 10 % - 300 g
35°C - 28 % - 800 g

30
Première phase : préparer son projet

Bovins, ovins et porcins apprécient l’ombre en périodes de fortes chaleurs, de plus en plus fréquentes

31
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

1.1.4. Protec on de la biodiversité et des agroécosystèmes

Essen els à la trame verte, les éléments agrofores ers cons tuent des zones de développement ou de conserva on
de la nature : zones noyaux, relais et/ou corridors écologiques de liaison. Ainsi, ils servent de réservoir d’auxiliaires
pour l’ac vité agricole mais ils peuvent aussi héberger certains ravageurs ; ils accueillent parfois une flore spécifique au
sein du milieu agricole. Les arbres et arbustes associés procurent des habitats d’une grande richesse au bénéfice des
pra ques agricoles et assurent un meilleur équilibre, une plus grande fonc onnalité des agroécosystèmes. Ils dotent
l’agriculture d’une meilleure résilience face aux perturba ons et aux extrêmes clima ques.

Pollinisateurs Essences mellifères Fruits charnus

Maillage écologique Régula on des campagnols

Niche pour les auxiliaires Baies Fruits pour la faune

Aliments Support à la nidifica on Niche pour l’avifaune

32
Première phase : préparer son projet

1.1.5. Protec on et intégra on des bâ ments

Les haies, bouquets d’arbres et alignements jouent un rôle de protec on mécanique des bâ ments contre les aléas 1
clima ques (tempête, pluie, gel...) ; ils procurent aussi un effet visuel d’inser on paysagère.

1.1.6. Purifica on de l’air composés organiques s mulant le développement de


la plante (Garcia de Jalon et al., 2019). Cependant, la plupart
Les arbres absorbent et éliminent effec vement les des par cules interceptées sont a achées à la surface
par cules de poussière et de pollu on gazeuse (ozone, de la plante (feuilles, brindilles, branches et tronc) et
dioxyde d’azote, composés organiques vola les...), retombent souvent au sol lors de la chute des feuilles
essen ellement au niveau des feuilles. À proximité des et des brindilles, les polluants ruissellent aussi avec la
chemins ruraux et des carrières, ils limitent la poussière. pluie, ou retournent dans l’atmosphère.

La pollu on est, avant toute chose, extraite de l’air Quan té es mée de polluants absorbés par les
via deux mécanismes : le dépôt humide (via les arbres en prenant en compte 50 % de resuspension
précipita ons) et les dépôts secs (sédimenta on, dans l’atmosphère (Nowak D. J., 1994)
réac on chimique, adsorp on ou absorp on) Polluants Quan té prélevée
(Bealey W. J., 2016). La végéta on peut réduire la concentra on atmosphériques par arbre (kg/an)
de pollu on atmosphérique par des dépôts secs, ce
SO2 0,176
qui est bénéfique pour la santé et le bien-être humain
(Nowak D. J., 1994). Dans le processus de dépôt à sec, les
NO2 0,204

par cules et les gaz sont collectés ou déposés sur des PM10* 0,465
surfaces solides, diminuant leur concentra on dans O3 0,505
l’air. Les par cules atmosphériques et les gaz piégés
* Par cules dont le diamètre < 10 micromètres
par la végéta on peuvent être absorbés dans les ssus
végétaux. Ils peuvent alors parfois être transformés en
33
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

1.1.7. Bénéfices socio-économiques

Les éléments agrofores ers cons tuent de mul ples atouts pour diversifier les revenus à la ferme, mais aussi pour
améliorer le cadre de vie et le bien-être des agriculteurs et de la popula on. L’agroforesterie permet de cons tuer
un « capital ligneux » sans interrup on du revenu régulier issu des cultures. De plus, elle assure des produc ons
associées valorisables directement ou indirectement (bois raméal fragmenté, bois bûche et plaque es, fruits, miel...).
Elle cons tue ainsi une alliée dans la marche vers l’autonomie énergé que des exploita ons agricoles.

34
Première phase : préparer son projet

Une des externalités posi ves de l’agriculture est la


créa on de paysages. Partout, l’agriculture façonne les
territoires. Progressivement, la géographie sociale des
1
campagnes se renouvelle avec l’arrivée de nouveaux
habitants et la diminu on du nombre d’ac fs agricoles ;
la demande sociale en faveur de la protec on de
l’environnement s’intensifie considérablement dans
les espaces ruraux. Elle se traduit notamment par
un regain d’intérêt pour les paysages agricoles, dans
une perspec ve à la fois patrimoniale et écologique
(Papy & al., 2012).

Les paysages bocagers, les haies intraparcellaires


et les arbres s'intègrent bien dans ce e dynamique
de patrimonialisa on des paysages agricoles. Les
haies représentent en effet une forme par culière
d’organisa on de l’espace rural, témoignage matériel de
l’histoire des sociétés paysannes aujourd’hui disparues
(Le Caro & al., 2007).

Par ailleurs, ils sont généralement assimilés à des


paysages « naturels », liés au cycle végéta f saisonnier
des haies (Toublanc M., Luginbühl Y., 2007). L’implanta on de
haies, de bocages ou d’arbres isolés contribue à valoriser
l’image de l’exploita on aux yeux du public.

De plus, la créa on de paysages peut cons tuer un


objec f en soi. On consomme des paysages comme on
consomme du bois pour se chauffer. À l'instar de toutes
les ressources évoquées précédemment, le paysage-
ressource peut donc être valorisé de diverses manières
pour être éventuellement consommé, soit directement
soit indirectement :
• directement, au travers d'ac vités physiques ou de
simples visites : le paysage contribue à la réalisa on
de ladite ac vité ou au bien-être de l’individu ;
• indirectement, par le biais de représenta ons de ce
paysage : photos, peintures, films, internet (Déry S.,
2012)…

Enfin, certains arbres des campagnes cons tuent des


reliques de croyances locales ou régionales ; d’autres
sont remarquables ou commémora fs.

Arbres patrimoniaux
35
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

1.2. Produc ons des éléments agrofores ers


Les éléments agrofores ers perme ent aux porteurs de des arbres à feuilles caduques et des cultures d’hiver.
projet de diversifier leurs revenus : cela prend tout son
sens dans le contexte agricole et économique actuel. Si le système agrofores er est bien maîtrisé, les systèmes
racinaires des arbres tendent à être plus profonds.
1.2.1. Produc ons ligneuses Une mesure de l’efficience globale est le LER (Land
Equivalent Ra o), il intègre l’ensemble des rela ons
Avec des alignements agrofores ers, on peut produire entre les plantes et les arbres. Sans complémentarité
du bois de qualité en un temps réduit. Les arbres ou facilita on, le LER a eint la valeur de 1. À des
hors forêt, souvent de croissance libre, affichent des valeurs supérieures, le système est gagnant. Les LER
croissances, primaire en hauteur et secondaire en mesurés ou simulés en agroforesterie tempérée varient
grosseur, plus rapides et supérieures de l’ordre de 20 généralement de 1,2 à 1,6.
à 50 % par rapport aux produc ons enregistrées en
forêt. L’explica on est simple : ces arbres disposent
de davantage de ressources, surtout en lumière et
en minéraux, provenant notamment des éléments
fer lisants lessivés non exploités par les cultures.

Dans les systèmes agrofores ers, les rela ons de


complémentarité sont rela vement fortes. On peut, par
exemple, observer un décalage, dans le temps ou dans
l’espace, au niveau des besoins des arbres et des plantes
herbacées. Cela est le cas dans des systèmes associant

Efficience globale des systèmes agrofores ers par rapport à un système agricole et fores er isolés (Dupraz D., Liagre F., 2011)

Mélange ^ĠƉĂƌĂƟŽŶ

Agriculture
у 0,8 ha
Agroforesterie

1 ha

Forêt
у 0,6 ha

36
Première phase : préparer son projet

Les produits ligneux des arbres hors forêt peuvent être valorisés en bois d’œuvre, d’industrie, de service, de feu et
d’énergie, en BRF ou encore en sciage à façon.

Valorisa ons possibles pour les arbres agrofores ers 1


Bois d’œuvre (BO) Bois de tritura on (BI)

Produits ligneux (poutres,


chevrons, planches) de Billons de bois de pe tes
dimensions suffisantes dimensions ou de qualité
et de qualité des nés à industrielle des nés à la
des débouchés nobles et fabrica on de pâte à papier ou
rémunérateurs : de panneaux de composites
charpente, menuiserie, (par cules, fibres, sciures).
tranchage, déroulage...

Bois de service (BS) Bois de feu (BF)

Bois bruts (piquets, tuteurs…)


ou débités (planches, Bûches en rondins ou fendues
chevrons…) pour des usages des nées à la combus on pour
domes ques au sein de alimenter des chaudières ou
l’exploita on agricole (clôtures, des foyers.
abris, barrières, niches…).

Plaque es Pellets

Granulés/pellets (Bois Énergie


Plaque es (Bois Énergie -
- BE) : combus bles issus du
BE) : bois et/ou branches
compactage de sous-produits
déchiquetés, des nés à la
de la transforma on du bois
combus on pour alimenter
(sciure, copeaux...), séchés
des chaudières individuelles ou
et ensuite compressés sous
collec ves. Elles peuvent aussi
forme de granules sans colle ni
être incorporées aux li ères
addi f pour approvisionner des
animales ou disposées sur les
chaudières collec ves ou des
couloirs de conten on.
poêles individuels.

Bois Raméal Fragmenté (BRF) Sciage à façon

Mélange non composté,


composé de broyat de jeunes
rameaux de bois (Ø < 7 cm), de
Sciage sur mesure pour le
préférence d’essences feuillues.
par culier de grumes en pièces
Usages mul ples : en champ
de bois d’œuvre : poutres,
(améliora on de la fer lité et
chevrons, planches et autres
de la qualité agronomique des
produits débités, soit sur place
sols, de la santé des plantes
(scieries mobiles) soit dans une
cul vées…), paillage des jeunes
scierie ar sanale de proximité.
plants, li ères dans les étables,
couloirs de conten on pour le
bétail…

 1 MAP (1 m³ apparent) équivaut à un volume d'encombrement de 1 x 1 x 1 m de côté, de produits ligneux (bûches, plaque es ou pellets)
empilés ou en vrac : bois + vides
 1 m³ de bois plein ≈ 1,4 m³ (MAP) de bûches empilées en 1 m de long ≈ 2,5 m³ (MAP) de plaque es
 1 stère ≈ 1 m³ (MAP) de bûches empilées en 1 m de long ≈ 0,8 m³ (MAP) de bûches empilées en 50 cm ≈ 0,7 m³ (MAP) de bûches empilées
en 33 cm

37
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées

Débouchés et propor ons poten elles du volume et de la valeur des produits ligneux des arbres agrofores ers

Valeur Volume
de l’arbre de l’arbre

Bois BRF
Raméal
Fragmenté
30 %

60 %

BS

HOUPPIER
Bûches ou
plaquettes
BF

BE

Classe C
ème
sciage 2èm choix
70 % (menuiserie, charpente)

Classe B BO
BILLE DE PIED

er
40 % sciage 1e choix et usinages
(ébénisterie, menuiserie)

Classe A
tranchage, déroulage, merrain

BO : bois d’oeuvre / BS : bois de service / BF : bois de feu / BE : bois énergie / BRF : Bois Raméal Fragmenté

38
Première phase : préparer son projet

1.2.2. Produc ons et bénéfices associés

Pour la majorité des éléments agrofores ers, outre les produc ons ligneuses directes, des produc ons ou des bénéfices 1
associés sont poten ellement valorisables.

Fruits

Produc on de fruits charnus (pommes,


poires, prunes...) avec les arbres
tradi onnels, de pe ts fruits (cassis,
groseilles, nèfles, sorbes, prunelles,
cynorhodons...) avec certaines
essences arbus ves et de fruits à
coque (noix, noise es...) avec des
essences spécifiques ; poten ellement
commercialisables directement ou
indirectement via transforma on en
divers produits dérivés : jus, cidres,
compotes, confitures, fruits secs.

Miel Écorces, rameaux, feuilles, fleurs et bourgeons


Riche poten el mellifère (nectar + pollen) des arbres et arbustes avec
Récolte spécifique, en pleine expansion, pour la
floraisons étalées au sein des haies indigènes. L’intérêt mellifère des essences
gemmothérapie, la phytothérapie et la chimie verte.
d’arbres et d’arbustes est présenté dans l'annexe 2 (p. 207).

Rameaux et feuilles Poten el cynégé que


Les éléments arborés au sein du milieu agricole assurent les fonc ons de gîte, de refuge, d'alimenta on
Récoltes ciblées par les
et/ou de corridor de déplacements pour la faune sauvage, garan ssant des condi ons favorables pour la
fleuristes, les vanniers et les
reproduc on, la santé, le bien-être et le main en des popula ons (faisans, perdrix, lièvres, lapins, pigeons
décorateurs.
ramiers...) sur les territoires de chasse. Les ac vités cynégé ques procurent des revenus supplémentaires.

39
2. Choix du modèle agrofores er per nent

2. Choix du modèle agrofores er per nent


Sur base des objec fs recherchés, le candidat agrofores er, propriétaire ou exploitant, sélec onne les éléments
agrofores ers les plus per nents. Bien entendu, il décide de leurs emplacements, orienta on et densité
op maux afin de sa sfaire efficacement les fonc ons et produc ons recherchées. Ce e phase nécessite une
certaine expérience en agroforesterie ; il est donc très u le de se faire conseiller.

2.1. Typologie des éléments agrofores ers


Arbres plantés ou apparus spontanément, chaque élément agrofores er peut être classé suivant une typologie bien
précise : éléments soit isolés, soit linéaires, soit surfaciques. Le stade de développement de l’essence considérée
(arbuste, basse- ge ou haut-jet) et le mode de ges on appliqué aux arbres (taille basse, taille haute, cépée, têtard ou
croissance libre) caractérisent aussi leurs différences.

Éléments isolés
Arbuste Haut-jet
Arbre de première dimension (h > 24 m) ou de seconde dimension
Ligneux de forme buissonnante (h < 6 m).
(12 m < h < 24 m).

24

18
12
6 6

Cépée Arbre têtard


Ensemble des rejets de souche d’un arbre coupé à 3-5 cm du
Arbre au tronc court surmonté d’une couronne de branches dont la
sol pour favoriser les bourgeons préven fs ayant un ancrage
hauteur peut a eindre 15 m et plus en l’absence d’entre en. Port issu de
plus fort par rapport à une coupe réalisée plus haut
l’exploita on régulière de la repousse des rejets de tête.
(6 m < h < 12 m).

18
12 12
6 6

40
Première phase : préparer son projet

Éléments linéaires
Haie basse taillée Alignement

Haie maintenue à une hauteur et à une largeur limitées par une Arbres plantés de manière linéaire et régulière, soit le long des voiries soit
taille stricte et fréquente, annuelle ou bisannuelle (h < 3 m). en bordure ou à l’intérieur de parcelles agricoles.

2
24
18
12
12
6 6

Haie libre Bande boisée

Haie composée d’arbustes, de cépées et parfois de hauts-jets à Forme par culière de haie haute mul -rangs, généralement composée de
croissance libre. Entre en occasionnel (6 m < h < 12 m). hauts-jets, cépées et arbustes ; largeur variable < 10 m.

12
10 m
6

Taillis Lisière

Bordure boisée en limite de massif fores er : idéalement structurée


Ensemble de ges du même âge groupées en cépées (rejets
ver calement et horizontalement pour perme re la transi on entre le
de souches). On dis ngue les taillis d’essences indigènes des
milieu agricole et le milieu fores er avec un ourlet herbacé et un fourré
variétés clonales surtout à voca on de biomasse (h < 10 m).
arbus f.

24

18

12 12 Fourré
Milieu ĂƌďƵƐƟĨ
agricole
6 Milieu
6 Ourlet ĨŽƌĞƐƟĞƌ
herbacé

41
2. Choix du modèle agrofores er per nent

Éléments surfaciques
Vergers

Parcelle dévolue à la culture d’arbres frui ers, basses- ges, moyennes- ges ou hautes- ges
et à une produc on agricole au sol, le plus souvent herbagère (pour les vergers hautes- ges).

Bosquets

Arbres formant un ensemble de pe te étendue (< 50 ares).

30 à 50 a
Taillis de biomasse

Ensemble de ges du même âge groupées en cépées (rejets de souches) ; planta on


± pérenne exploitée pour la produc on de biomasse. Hauteur généralement < 10 m.

Recrûs naturels ligneux

Peuplement d’arbres issus d’une recolonisa on ligneuse naturelle (< 12 ans).

42
Première phase : préparer son projet

2.2. Localisa on 2.3. Orienta on


En agroforesterie, les arbres peuvent être plantés soit En terrain agricole, les lignes d’arbres et arbustes
en périphérie soit à l’intérieur des parcelles. agrofores ers sont idéalement orientées dans le sens
nord-sud afin d’induire un ensoleillement homogène
Interparcellaire (ou périparcellaire) et op mal pour les produc ons agricoles intercalaires.
En effet, il convient d’éviter des périodes de matura on
2
Arbres ou alignements d’arbres plantés en périphérie des
parcelles agricoles. différentes pour la culture en présence.

Dans une parcelle agrofores ère jeune (< 15 ans), la


lumière n’est jamais limitante ; néanmoins, lorsque
la phase d’élagage est terminée, les houppiers se
développent librement et la fermeture du couvert
fores er réduit le plein ensoleillement. À ce stade,
l’orienta on prend toute son importance : si on
considère une orienta on est-ouest, on observe un
ombrage fortement marqué au nord de la ligne de
planta on ; au sud l’ensoleillement est, quant à lui,
« normal ». Ce e différence d’ensoleillement entraîne
alors des matura ons différenciées de la culture. Avec
des alignements nord-sud, ce e nuisance s’estompe
significa vement.

Rendement de la culture intercalaire


(Dupraz D., Liagre F., 2011)

Intraparcellaire

Arbres ou alignements d’arbres plantés au sein même (à


90 % Rendement de la culture intercalaire 70 % 100 %
l’intérieur) des parcelles agricoles.

Année 0 ϭϬĂŶƐ ϮϬĂŶƐ ϰϬĂŶƐ


WůĂŶƚĂƟŽŶĚĞƐĂƌďƌĞƐ ZĠĐŽůƚĞĚĞƐĂƌďƌĞƐ

Simula on de l’ombrage global annuel près d’un arbre


(Dupraz D., Liagre F., 2011)
Distance (m)

40 0.96
0.92
30 0.88
0.84
20 0.80
0.76
10 0.72
0.68
0
0 10 20 30 40 YƵĂŶƟƚĠĚĞ
Distance (m) lumière au sol (%)

43
2. Choix du modèle agrofores er per nent

Superposi on des ombres portées par des arbres adultes plantés en rectangle,
avec deux orienta ons différentes des lignes d’arbres (Dupraz D., Liagre F., 2011)

90

Distance (m)

Distance (m)
80
80
0.96 70
70
0.92
60
0.88 60
50
0.84 50
40
0.80 40
0.76 30
30
0.72 20
20
0.68 10
YƵĂŶƟƚĠĚĞ 10
lumière 0
au sol (%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 0
Distance (m) 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Lignes nord-sud Distance (m)
Lignes est-ouest

Le respect de l’orienta on idéale n’est pas toujours possible. Il est parfois u le de s’adapter à la forme et à l’orienta on
naturelle de la parcelle, lesquelles condi onnent grandement le déplacement des engins agricoles. Si le compromis est
trop difficile à trouver, le projet agrofores er est abandonné pour ce e parcelle et transféré ailleurs. Dans tous les cas,
des lignes de planta on parallèles et droites sont privilégiées, idéalement selon la plus grande longueur et débouchant
ra onnellement sur des chemins existants ou sur une tournière. Dans les situa ons sensibles et à risques, la lu e
contre l’érosion du sol est priorisée tout en évitant de briser les lignes de force du paysage.

Bonnes pra ques agrofores ères Disposi on des éléments agrofores ers en fonc on de la pente

Plus la pente d’un champ est raide et longue, plus les risques
d’érosion sont importants. Les éléments suivants sont à
prendre en considéra on :

 2 % < pente < 20 % : en cas de risques d’érosion, disposer


les alignements perpendiculairement à la pente ; si la
pente est raide et/ou longue avec une érosion avérée et
marquée, réduire l’écartement (E) entre les alignements
et/ou les disposer suivant les courbes de niveau.
 pente > 20 % : en cas de forte déclivité, il n’est plus
possible de cul ver perpendiculairement à celle-ci car le
charroi agricole présente des risques de retournement (liés
au centre de gravité du tracteur mais aussi à sa vitesse, à
son poids et aux manœuvres du conducteur) ;
aussi, il n’est pas conseillé de planter parallèlement à
une pente raide car les alignements peuvent concentrer
les écoulements, surtout au niveau de la raie de labour
jouxtant l’alignement. Mieux vaut, dans ce cas, opter pour
des planta ons périparcellaires avec des haies an érosives Risque élevé de forma on de ravines
et/ou des tournières enherbées en aval. au niveau de la raie de labour jouxtant l’alignement

44
Première phase : préparer son projet

2.4. Structure de planta on


Diverses disposi ons des arbres peuvent être pra quées en agroforesterie : planta on en carré, en rectangle, en
triangle équilatéral, en quinconce, suivant les courbes de niveau, etc.

Disposi on des plants et lignes de planta on en agroforesterie


En carré En rectangle En triangle équilatéral
2
A B

15
m

13 m
15

m
LEG
A CARRÉ A

TAN
REC
15 m

En quinconce En quinconce décalé Distribu on aléatoire

Globalement perpendiculaires
Suivant les courbes de niveau En bouquet
à la pente et parallèles entre elles

100

90

90

80
80

Pour la mécanisa on des parcelles cul vées, l’espacement entre les lignes d’arbres et la largeur de la tournière en
bordure de parcelle sont déterminants. Pour les planta ons de plein champ, on se cantonne généralement à des
alignements rec lignes perpendiculaires ou parallèles au sens de la pente, voire parallèles au côté le plus long. Les
planta ons suivant les courbes de niveau sont, quant à elles, surtout intéressantes dans les parcelles fortement
impactées par l’érosion et pour lesquelles la protec on des sols cons tue l’enjeu majeur.
45
2. Choix du modèle agrofores er per nent

Pour d’autres planta ons, on peut se perme re une plus une compé on trop prononcée entre les arbres et les
grande liberté tout en respectant les contraintes locales. cultures. Une densité élevée présente aussi l’avantage
Dans le cas d’un verger, par exemple, sa finalité, l’espace d’éviter le regarnissage et d’éclaircir en sélec onnant les
disponible, l’entre en futur du sol et le choix esthé que arbres les plus vigoureux et les mieux conformés.
sont déterminants. Les planta ons en carré et en
rectangle présentent des arbres placés en vis-à-vis qui En Wallonie, dans les zones agricoles au plan de
occupent les coins de la forme choisie. Pour un espace secteur, aucun permis d’urbanisme (CoDT) n’est requis
pour toute planta on de densité inférieure à 100 pieds à
restreint ou une produc on « intensive », ce système ne
l’hectare ou couvrant maximum 20 % de la surface totale.
permet pas une occupa on op male du sol car le milieu Ce plafond est généralement respecté pour éviter toute
du carré ou du rectangle reste vide quand les arbres procédure administra ve et conserver le droit aux aides
commencent à se toucher. Ce e disposi on convient de la PAC (Poli que Agricole Commune). Il est, par ailleurs,
donc mieux à un verger d’agrément ou à une planta on pra quement impossible d’obtenir un permis pour les
pâturée de hautes- ges dont l’objec f premier n’est pas planta ons de densité supérieure à 100 pieds/ha.
la rentabilité. La réglementa on fait la dis nc on entre les
arbres d’essences frui ères et les arbres d’essences
Dans une planta on en quinconce, en revanche, les fores ères. Les frui ers sont assimilés à une produc on
arbres sont alternés, ce qui permet de profiter de plus agricole et sont donc, à ce tre, systéma quement
d’espace et d’occuper plus régulièrement le terrain. Ce admissibles. Certains arbres fores ers peuvent également
système permet, par ailleurs, le passage des machines être considérés comme des frui ers lorsque les fruits sont
récoltés : c’est le cas du noyer, du noise er, du châtaigner…
dans plusieurs diagonales. La planta on en triangle
équilatéral représente la solu on op male en termes Pour les arbres fores ers sur terres arables, les
d’u lisa on de l’espace car les arbres sont équidistants. parcelles sont admissibles aux aides du 1er pilier dans la
limite maximale de 100 arbres/ha (au-delà, la parcelle
Le procédé permet, à surface équivalente, de planter
en ère devient non admissible aux aides PAC) quelle que
plus d’arbres tout en conservant les distances suffisantes soit leur disposi on, sauf pour les bosquets (a en on à
entre eux. ne pas dépasser 10 m de large). Sur les prairies, c’est la
règle du prorata qui s’applique. Il faut es mer la part de la
Dans les prairies pâturées, les arbres des nés à l’ombrage surface comportant des éléments non agricoles résiduels
du bétail peuvent être disposés de manière aléatoire. et déduire le pourcentage à retenir grâce à la grille du
Le rendu est par culièrement intéressant sur le plan prorata.
paysager. La disposi on en quinconce décalé une ligne
Pourcentage de surface Pourcentage à appliquer
sur deux offre l’avantage d’un rendu naturel. Enfin, pour
comportant des éléments pour déterminer la
un parcours à volailles, on envisage généralement des non agricoles résiduels surface admissible
bouquets d’arbres en milieu, voire en fin de parcours.
S < 10 % 100 %
10 % < S < 30 % 80 %
2.5. Densité de planta on pour la
30 % < S < 50 % 60 %
produc on de bois de qualité
50 % < S < 80 % 35 %
Le choix de la densité condi onne l’équilibre entre les S > 80 % 0%
arbres et la culture. Avec peu d’arbres, les produc ons
et récoltes des cultures intercalaires sont facilitées ;
À par r de l’écartement « E » (distance entre les lignes)
avec beaucoup d’arbres, la produc on de bois est
et de l’espacement « e » (distance de planta on au
privilégiée. Généralement, pour la produc on de bois
sein des lignes), on peut aisément calculer la densité
de qualité, 30 à 150 arbres de haut jet/ha sont plantés.
moyenne d’arbres à l’hectare. Le tableau à la page
Ce e densité facilite le travail de la culture en évitant
suivante en présente les valeurs.
46
Première phase : préparer son projet

Densités moyennes d’arbres par hectare (N) obtenues pour différents


écartements et espacements (Dupraz D., Liagre F., 2011)

Formule N = 10000 / (E x e)

En gras, une éclaircie est parfois ou


93
généralement à prévoir.
En jaune, le regarnissage est systéma que ; au-
Légende 37
delà il est raisonné au cas par cas.
Densité non autorisée en zone agricole pour la
2
143
RW et la France (pour les arbres fores ers).

Espacements « e » : distance intraligne (en m)

4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
10 250 200 167 143 125 111 100 91 83 77 71 67
12 208 167 139 119 104 93 83 76 69 64 60 56
14 179 143 119 102 89 79 71 65 60 55 51 48
16 156 125 104 89 78 69 63 57 52 48 45 42
Écartements « E » : distance interligne (en m)

18 139 111 93 79 69 62 56 51 46 43 40 37
20 125 100 83 71 63 56 50 45 42 28 36 33
22 114 91 76 65 57 51 45 41 38 25 32 30
24 104 83 69 60 52 46 42 38 35 32 30 28
26 96 77 64 55 48 43 38 35 32 30 27 26
28 89 71 69 51 45 40 36 32 30 27 26 24
30 83 67 56 48 42 37 33 30 28 26 24 22
32 78 63 52 45 39 35 31 28 26 24 22 21
34 74 59 49 42 37 33 29 27 25 23 21 20
36 69 56 46 40 35 31 28 25 23 21 20 19
38 66 53 44 38 33 29 26 24 22 20 19 18
40 63 50 42 36 31 28 25 23 21 19 18 17

5m
10 m

10 m 20 m 100 m

100 m
Pour un espacement de 10 m
Exemple et un écartement de 20 m
on ob ent 50 ges/ha.

Formule pour une planta on en Formule pour une planta on N = 10000 / (h x base)
N = 10000 / (√3 x e²/2)
quinconce (triangle équilatéral) en quinconce (triangle isocèle) ou 10000 / (E x e)

47
2. Choix du modèle agrofores er per nent

En défini ve, le tableau présenté à la page précédente offre différentes portes d’entrée dans le cadre de la réflexion
d’un projet de planta on agrofores ère, par les trois données caractérisant sa structure : l’écartement, l’espacement
et la densité. Suivant les contraintes d’un projet, une ou deux données peuvent être fixées perme ant ainsi de calculer
la dernière. Ce tableau ne prétend pas déterminer le nombre d’arbres à planter, il s’agit simplement d’une aide à la
décision dans le processus de réflexion. Seul un calcul plus affiné, prenant en compte les contraintes et la configura on
de la parcelle, permet de définir le nombre exact d’arbres à planter.

2.6. Écartement (E) entre les lignes d’arbres


Tout comme la densité, l’écartement entre les lignes
influe sur l’équilibre entre les arbres et la culture
associée. Pour s’assurer de pouvoir cul ver dans de
bonnes condi ons jusqu’à la coupe finale des arbres, e
des distances entre les lignes égales à au moins deux
E
fois la hauteur à maturité des arbres sont préconisées.
Le meilleur compromis technico-économique s’ob ent
souvent avec une distance comprise entre 25 et 35 m
pour des feuillus d’une hauteur finale de 15 m.

E = 20 m E = 32 m
20 ans 20 ans
H H
10 m 10 m

40 ans 40 ans
H H
20 m 20 m

Influence de l’écartement (E en m) sur le rendement des cultures à moyen et long terme

La ques on de la compa bilité avec le matériel agricole u lisé est capitale : la distance défini ve entre les lignes
d’arbres est fixée en tenant compte de la largeur du matériel le plus large et, idéalement, du Plus Pe t Commun
Mul ple (PPCM) entre les différents ou ls agricoles u lisés.

Pour rappel, le PPCM de plusieurs nombres est le plus pe t en er strictement posi f qui soit mul ple de ces nombres :
par exemple, pour un tracteur conven onnel de 2,5 m de large, un combiné de semis de 3 m, un déchaumeur de 6 m
et un pulvérisateur de 15 m, le PPCM égale 30 m.
48
Première phase : préparer son projet

4 à 12. Ainsi, les surfaces intercalaires cul vées sont


compa bles avec les techniques agricoles actuelles
plus intensives. Au plus les écartements sont élevés,
E = 32 m
au moins les fonc ons de brise-vent escomptées au
sein de la parcelle seront homogènes. Par ailleurs,
considérant le temps u le aux arbres pour grandir, on
peut opter pour des intervalles réduits afin d'assurer un 2
2,5 m
effet brise-vent plus rapidement. Une distance de 40 à
100 m cons tue généralement un bon compromis entre
efficacité du brise-vent, résultat notable à moyen terme
et culture intensive. Pour les arbres frui ers et les taillis,
il faut se référer au point suivant.
E = 32 m
2.7. Espacement (e) entre les arbres
au sein de la ligne
5m
Différents aspects interviennent dans le choix des
distances intralignes. Le plus souvent, le recoupement
de plusieurs contraintes permet de définir la distance
op male. Loin de pouvoir être exhaus ves, les données
présentées ci-dessous sont générales. Il convient
E = 32 m donc de se renseigner de manière plus précise sur le
modèle agrofores er envisagé, soit via des recherches
bibliographiques soit en consultant un expert.
15 m
La typologie de la planta on : un alignement
Écartement (E) suivant le matériel u lisé
d’arbustes des nés à former une haie implique une
distance comprise entre 0,5 et 1 m. On pourra tendre
Enfin, il faut tenir compte de la largeur de la bande
vers 0,5 m pour les haies à simple rang et vers 1 m
enherbée non cul vée au pied des arbres. Ce e bande
pour les haies doubles ou triples rangs. Au plus
est généralement comprise entre 1 et 6 m de large. Une
l’espacement est grand, au plus il sera nécessaire de
bande étroite impose une plus grande précision dans
regarnir pour éviter des vides dans la haie. Pour un
le pilotage des engins agricoles ; avec un disposi f de
taillis, ce e distance varie entre 0,5 et 2 m ; pour un
guidage GPS de précision (notamment RTK), la bande
alignement de hauts-jets, entre 5 et 15 m ; pour des
peut être aisément réduite sans risquer de dégâts. Par
arbres têtards, entre 1 et 10 m ; pour les vergers, entre
ailleurs, l’enherbement spontané au pied des arbres
2 et 15 m.
est plus défavorable aux arbres que la culture. Dans
un premier temps, il est donc conseillé de réduire L’essence et la densité du feuillage : le bouleau et le
au maximum la largeur de la bande non cul vée, soit merisier présentent un couvert clair, ils laissent passer
idéalement 0,5 voire 1 m de part et d’autre de la ligne de la lumière à travers leur houppier ; d’autres arbres
des arbres. ont un feuillage plus dense et ombrageant, c’est le cas
du hêtre commun et du charme. Suivant les exigences
Pour les haies brise-vents, le choix op mal des
au sol, pour favoriser la lumière, il convient d’espacer
intervalles entre les alignements s’ob ent en mul pliant
davantage les essences à feuillage dense.
les hauteurs finales des arbres par un facteur allant de
49
2. Choix du modèle agrofores er per nent

L’essence et l’emprise du houppier : certains arbres


Essences Couvert
ont un port plus élancé comme l’aulne et le bouleau.
Alisier torminal Léger
Pour ceux-ci, on peut envisager 6 à 7 m d’espacement ;
Aulne glu neux Léger
ce e distance convient aussi pour les arbres de 2ème et
Bouleau Très léger
3ème grandeur (charme, érable champêtre, saule
Caryer Dense
marsault…).
Charme commun Dense
Châtaignier Dense En revanche, pour les arbres au port plus large et de 1ère
Chêne rouge d'Amérique Moyennement épais grandeur, on optera pour 8 à 10 m (plutôt 8 m pour le
Chêne Sessile Moyennement épais merisier, le châtaignier et le peuplier tremble ; plutôt 9 à
Chêne Pédonculé Moyennement épais 10 m pour les chênes, érables plane et sycomore, lleuls
Érable champêtre Épais mais s'éclaircit avec l'âge à grandes et pe tes feuilles, saules fragile et blanc).
Érable plane Épais mais s'éclaircit avec l'âge Pour les essences encore plus larges comme les noyers,
Érable sycomore Épais mais s'éclaircit avec l'âge on considère 12 à 15 m. Par ailleurs, dans les sols fer les
Frêne commun Léger des terres de culture, les houppiers ont tendance à se
Hêtre commun Dense à très dense développer pleinement. Si la distance intraligne n’est
Mélèze Léger et caduque pas suffisante, diverses tailles de rapprochement ou de
Merisier Léger raccourcissement pourront être envisagées.
Noyer hybride Léger
L’espèce, la forme, le sujet porte-greffe et la fer lité
Noyer noir Moyennement épais
du sol pour les vergers : les tableaux suivants donnent
Noyer commun Dense
les distances de planta on pour les principaux sujets
Peuplier grisard Léger
porte-greffes sur des sols fer les. En sols peu fer les,
Peuplier tremble Léger
les distances peuvent être réduites de 10 à 20 %. Pour
Peuplier noir Léger
les conduites en axe ver cal, ces distances peuvent
Pommier Dense
être réduites de 30 %. Pour les pommiers et les
Poirier Dense
poiriers hautes- ges, le meilleur compromis technico-
Robinier faux acacia Très léger économique consiste à conserver un écartement (E)
Saule blanc Léger de 10 à 12 m entre les lignes orientées nord-sud pour
Saule fragile Léger op miser la produc on d’herbe, l’ensoleillement des
Saule marsault Léger à moyen arbres et les entre ens mécanisés (ébousage, hersage,
Saule des vanniers Léger étaupinage, broyage des refus) ; l’espacement intraligne
Sorbier des oiseleurs Léger (e) peut alors être réduit à 6-7 m, en fonc on des
Tilleul à grandes feuilles Dense variétés et du porte-greffe.
Tilleul à pe tes feuilles Dense à très dense

Essence Pommier

Porte-greffe M9 M26 MM106 Semis ou Franc

interligne intraligne interligne intraligne intraligne interligne intraligne interligne


Distance
(E) (e) (E) (e) (e) (E) (e) (E)

Basse- ge (BT) 4-5m 2-3m 5-6m 3-4m 5-6m 6-7m - -

Moyenne- ge (MT) - - - - 5-6m 8m 8m 10 m

Haute- ge (HT) - - - - - - 10 - 12 m 12 - 15 m

50
Première phase : préparer son projet

Essence Poirier Prunier et pêcher Cerisier


Porte-greffe Cognassier Semis ou Franc Saint Julien A Myrobolan Merisier
interligne intraligne interligne intraligne planta on planta on planta on
Distance
(E) (e) (E) (e) en carré en carré en carré
Basse- ge (BT) 4-5m 2 - 2,5 m - - 6à8m - -
Moyenne- ge (MT) - - 10 m 8m 6à8m 10 à 12 m 12 à 15 m 2
Haute- ge (HT) - - 10 - 12 m 10 - 12 m - 10 à 12 m 12 à 15 m

Les prescrip ons en ma ère de subsidia on : par


L’essence et les modalités de récolte : pour les taillis,
exemple, en Belgique, la no ce technique pour l’octroi
la planta on en double rang permet un rendement
des subsides du Département de la Nature et des Forêts
op misé, ce e configura on est adaptée aux têtes de
(Arrêté du Gouvernement wallon - AGW 2020) impose
récolte pour les taillis de saules à cycles très courts.
un espacement intraligne (e) maximal de 0,7 m pour
L’écartement (E) typique de ces doubles rangs est de
les haies et de 2 m pour les taillis linéaires ; il doit être
0,75 m avec un écart de 1,5 m entre les couples de
compris entre 8 et 12 m pour la planta on de hauts-jets
lignes. Sur le rang, l’espacement (e) des boutures varie
de plus de 1,20 m de hauteur ; entre 6 et 30 m pour les
de 0,5 à 0,8 m selon la densité souhaitée et en fonc on
vergers hautes- ges.
du cycle de rota on envisagé (cfr. schéma, p. 191).
Le sens des alignements : s’il est difficile d’installer des
Le saule tolère par culièrement bien les recépages
alignements nord-sud, il faut espacer davantage les
fréquents tous les 2 à 3 ans, il pourrait même être
arbres au sein de la ligne pour des alignements orientés
coupé tous les ans. Par contre le peuplier est plus
est-ouest, NO-SE, SO-NE, ce pour assurer un meilleur
généralement conduit en taillis à moyenne rota on
ensoleillement au sol.
(6 à 8 ans) ; dans tous les cas, une période minimale de
3 ans est recommandée pour ce e essence. Les
L’occupa on au sol : les besoins en termes de lumière
peupliers sont communément plantés en simple rang, la
pour les cultures sont supérieurs à ceux d’une prairie.
distance entre les rangs (E) se situe autour de 2 m et la
Aussi, en maraîchage, il est impéra f de bénéficier d’un
distance des boutures au sein du rang (e) peut varier de
bon ensoleillement tout en disposant de zones plus
0,45 à 2 m (selon la densité souhaitée et en fonc on du
ombragées par les éléments agrofores ers, notamment
cycle de rota on envisagé) (cfr. schéma, p. 191).
pour les légumes feuilles en été.

Taillis à très courte Taillis à courte rota on Taillis à moyenne Taillis à longue
Essence Donnée
rota on (TtCR) (2 à 3 ans) (TCR) (4 à 5 ans) rota on (6 à 8 ans) rota on (> 10 ans)
Densité 15.000 12.000 5.000 2.500 à 3.333
approxima ve pieds/ha pieds/ha boutures/ha boutures/ha

Saule Type de rang double double simple simple


Écartement 0,75 et 1,5 m 0,75 et 1,5 m 2m 2m
Intraligne 0,5 à 0,6 m 0,6 à 0,7 m 1m 1,5 à 2 m
Densité 10.000 à 13.750 8.300 à 11.000 5.000 2.500 à 3.333
approxima ve boutures/ha boutures/ha boutures/ha boutures/ha

Peuplier Type de rang double simple simple simple


Écartement 0,75 et 1,5 m 2m 2m 2m
Intraligne 0,55 à 0,8 m 0,45 à 0, 6 m 1m 1,5 à 2 m

51
2. Choix du modèle agrofores er per nent

Généralement, pour les taillis à très courtes rota ons 2.8. Largeur de la tournière (l)
impliquant une tête de récolte, on opte pour un
espacement de ± 0,6 m ; pour les taillis à courtes
rota ons, 0,8 m à 1 m ; pour les moyennes rota ons, 1
à 1,5 m ; et pour les longues rota ons avec récolte à la
tronçonneuse ou à la pince sécateur, entre 1,5 m et 2 m.

Pour les arbres têtards, s’agissant généralement de l


plançons, récoltés dans la nature dont la reprise n’est
pas toujours assurée, mieux vaut planter assez dense
qui e à éliminer certains arbres par la suite. La distance
finale dépend de plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, la Une tournière de longueur suffisante en bordure de
vigueur de l’essence et les cycles de récolte sont les plus parcelle est toujours recommandée pour faciliter les
significa fs : pour les essences très vigoureuses comme manœuvres en bout de ligne. Une tournière trop étroite
le peuplier, le saule et le robinier, on peut opter pour induit une perte de temps et une augmenta on des
une distance (e) de 1 à 3 m pour des récoltes annuelles, risques de tassement du sol et/ou de blessures aux
1,5 à 5 m pour des récoltes tous les 2 ou 3 ans, 2 à 8 m arbres en bout de ligne. Planter à cet endroit des arbres
tous les 4 à 7 ans et 3 à 10 m tous les 8 à 15 ans. Le saule de moindre valeur économique mais présentant un
des vanniers est moins vigoureux que les saules blanc intérêt pour la biodiversité est donc conseillé. Comme
et fragile ; les saules pourpre et cendré le sont encore exemple, nous pouvons citer le lleul, le saule, le
moins. Pour ceux-ci, on peut implanter de pe ts sujets pommier, le poirier sauvage...
tous les 1 à 2 m.
La largeur de la tournière dépend de l’emprise du matériel
Les fonc ons recherchées : les hauts-jets d’une haie le plus large u lisé. Concernant les pulvérisateurs,
brise-vent peuvent être rapprochés jusqu’à 5 m pour on peut aisément replier une par e (ou la totalité)
obtenir plus rapidement l’effet escompté. Les hauts-jets, des bras pour opérer les manœuvres. On considère
comme les peupliers plantés pour l’ombrage en prairie, généralement 1 à 5 m supplémentaires au matériel le
peuvent être espacés jusqu’à 15 m. Tradi onnellement, plus large : le choix est fonc on de l’agriculteur. Si les
pour des alignements, on considère 6 à 8 m. Pour la travaux sont réalisés par une entreprise, on veillera à
réalisa on de fascines vivantes dans le cadre de la lu e augmenter ce e largeur par sécurité.
contre l’érosion des sols, on plante des plançons de
saule tous les 0,6 à 1 m autour desquels sont tressées Tournière
lу 10 m
des gaules fines et souples de saule ou de noise er.
Écartement
Pour les haies an érosives, il faut 6 pieds/m : si les
уϯϮŵ
boutures de saules sont plantées sur 2 rangs, la
distance sera de 0,3 m sur la ligne (e) et entre les lignes
(E). Si les planta ons sont réalisées sur 3 rangs, la ĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚ
ĞуϭϬŵ
distance intraligne (e) et l’écartement (E) seront plutôt
de l’ordre de 0,5 m. Il faudra ensuite recéper pour
favoriser l’émergence de 40 rejets/m. D’autres essences
tolérantes au recépage et idéalement drageonnantes
peuvent être u lisées comme le noise er, le sorbier, le
ZĞƉůŝƉĂƌƟĞůĚĞƐƌĂŵƉĞƐ
cornouiller sanguin, le troène, le lilas et le robinier. ĚĞƉƵůǀĠƌŝƐĂƟŽŶƐŝďĞƐŽŝŶ

52
Première phase : préparer son projet

2.9. Distance de sécurité par rapport Il faudra ensuite contacter la(les) compagnie(s)
concernée(s) pour prendre connaissance des normes de
aux câbles, conduites et lignes sécurité imposées à respecter scrupuleusement.
électriques
Par exemple en Wallonie, la société Elia interdit
Chaque compagnie ges onnaire dispose de son propre toute planta on d’arbres pouvant a eindre une hauteur
règlement en ma ère de distance de retrait par rapport supérieure à 3 m dans une zone de 25 m de part et 2
d’autre de l’axe des lignes à haute tension ; ceci afin
aux conduites de transport (notamment de produits
d’éviter des travaux d’élagage ultérieurs. Des déroga ons
dangereux comme le gaz), aux câbles et aux lignes
à ce e règle peuvent être accordées mais uniquement
électriques de basse, moyenne ou haute tension. Si la après vérifica on par la société de la compa bilité des
présence de ces dernières est directement visible, cela planta ons envisagées avec les installa ons d’Elia. La
n’est pas le cas pour les câbles et conduites. Dans ce demande de déroga on doit être soumise au Contact
cadre, il est impéra f de s’adresser au service urbanisme Center d’Elia et doit men onner l’emplacement, l’essence
de votre commune et de no fier le projet agrofores er et la hauteur maximale des arbres qui seront plantés.
et la(les) parcelle(s) concernée(s) en s’enquérant de la Autre exemple en France pour les lignes électriques
présence ou non d’impétrants, pour iden fier/informer aériennes, la végéta on mise en place doit être arbus ve
la(les) compagnie(s) ges onnaire(s) correspondante(s). en respectant une distance minimale de 5 m par rapport
aux conducteurs dans les condi ons les plus défavorables
(vent et température). Ce e distance affranchira le
Pour la Wallonie et Bruxelles, vous pouvez aussi propriétaire des contraintes et des coûts générés par les
vous rendre sur la plateforme KLIM-CICC h ps://klim- élagages. Dans le cas contraire, ces travaux seront confiés
[Link]/informa on, rela vement simple d'u lisa on. à une entreprise spécialisée, mandatée par les soins
Malheureusement certaines compagnies ges onnaires de l’entreprise ou du service ges onnaire, aux frais du
ne sont pas encore membres du CICC (Contact fédéral propriétaire.
d’Informa ons Câbles et Conduites) : les résultats ne sont
donc pas fiables à 100 % mais ils donnent déjà un très bon
aperçu de la situa on et d’éventuelles contraintes. 2.10. Législa on
En Wallonie, vous êtes légalement tenu, en tant que maître La législa on règle notamment les distances de retrait
d’ouvrage ou entrepreneur, de no fier suffisamment des planta ons à la limite sépara ve de deux propriétés.
tôt (15 jours ouvrables en Région wallonne pour les
« pe ts travaux planifiés »), aux transporteurs En Wallonie, selon l’ar cle 35 du Code rural, la
ges onnaires de conduites de transport, les travaux prévus distance de planta on à la limite sépara ve de deux fonds
dans une zone de 15 m de part et d’autre des conduites de de propriétaires différents est fixée légalement à 2 m pour
transport. Ils peuvent ainsi vous communiquer en temps les arbres hautes- ges et de 0,5 m pour les autres arbres
u le les consignes nécessaires. et arbustes basses- ges, et cela à défaut d’usage constant
et reconnu. La jurisprudence octroie le statut de haute-
Dans le cadre de l’agroforesterie, les « pe ts travaux
ge à tout arbre de hauteur supérieure à 2 m, et de basse-
planifiés » concernent essen ellement le sous-solage
ge à tous ceux de hauteur inférieure à 2 m.
avant mise en terre, la planta on de frui ers hautes-
ges à la pelle mécanique et la planta on d’arbres et de Le CoDT autorise les travaux de planta on et d’entre en
plançons à la tarière. des arbres et arbustes agrofores ers sans demande de
permis si la planta on n’excède pas 100 pieds à l’hectare.
Une brochure « Travaux-à-proximite-de-conduites-de-transport-
[Link] » (téléchargeable en ligne) En France, si aucune règle ne s’applique localement,
explique, d’une part, comment no fier vos travaux et, d’autre alors les distances à respecter par rapport au terrain voisin
part, comment les réaliser en toute sécurité. varient selon la hauteur des planta ons. Si la hauteur de
la planta on est inférieure à 2 m, la distance minimale à
En France, vous pouvez aussi consulter les registres
respecter en limite de propriété voisine est de 0,5 m. Pour
cartographiques des réseaux (p. ex. : lignes à haute
des arbres supérieurs à 2 m de haut, la distance minimale
tension) sur [Link]. à respecter est de 2 m.

53
2. Choix du modèle agrofores er per nent

Distances légales de retrait en limite de propriété


Hautes- ges Basses- ges ou haies basses taillées

<2m
>2m

0,5 m
Limite de propriété
2m
Limite de propriété  Arbustes n’a eignant pas une hauteur > 2 m (France et Belgique) par
nature ou par entre en.
 Arbres pouvant a eindre une hauteur > 2 m (France et  Distance de planta on > 0,50 m minimum de la limite sépara ve.
Belgique) si on les laisse pousser.  Jurisprudence : la haie ne peut pas a eindre la hauteur de référence des
 Distance de planta on > 2 m de la limite sépara ve. arbres hautes- ges ni dépasser en épaisseur la limite de la propriété.

Boisements en plein Bandes boisées Boisements linéaires

max.
6m 10 m
2m 2m
Limite de propriété Limite de propriété Limite de propriété

 Distance de planta on : prescrip on des


 Distance de planta on : > 6 m de la limite hautes et basses- ges.  Distance de planta on : prescrip on des
sépara ve (Belgique).  Emprise du boisement < 10 m pour être hautes- ges.
admissible aux aides PAC.

2.11. Défini on du nombre d’arbres à planter


Basé sur une réflexion mul critère, le choix du l’ou l cartographique. Chaque parcelle présente une
nombre d’arbres à planter se réalise à l’aide d’un ou l configura on par culière : les formes sont rarement
cartographique et éventuellement d’une calculatrice. parfaites et souvent compliquées. Pour ce e étape,
le choix doit faciliter au maximum la mécanisa on en
Tout d’abord, il convient de geler les par es de la s’aidant du bon sens tout en respectant les contraintes
parcelle où la présence d’arbres est proscrite : soit formulées par le porteur de projet.
la tournière et le retrait réglementaire à la limite
sépara ve de deux biens. Sur ce e base et à par r de À tre d’exemple, pour une parcelle de 5,8 ha à Villers-
l’écartement interligne (E) et de l’espacement intraligne Saint-Ghislain en Wallonie, sur base de la largeur d’un
(e) fixés, les alignements sont localisés en s’aidant de pulvérisateur de 15 m, d’un écartement (E) de 32 m et
54
Première phase : préparer son projet

d’un espacement (e) de 10 m, des alignements nord- de placer le dernier alignement à 16 m de la parcelle
sud ont été choisis : ils s’y prêtent par culièrement voisine, soit la largeur de son pulvérisateur avec 1 m
bien vu la configura on de la parcelle. La largeur des d’enherbement à droite de la ligne.
tournières a été fixée à 20 m minimum, impliquant une
distance de 183 m entre celles au nord et celles au sud ; Il est aussi décidé de planter un alignement le long de
par conséquent, 19 arbres sont introduits dans chaque la route en respectant le tracé de celle-ci pour ne pas
ligne. perdre inu lement de la surface cul vable. Tous les 2
alignements sont normalisés sur base du dernier à l’est.
La distance est-ouest séparant nos deux retraits en Nous obtenons 8 alignements de 19 arbres, totalisant
limite sépara ve varie entre 236 m au nord et 250 m au 152 arbres à planter.
sud. Pour éviter les conflits de voisinage, il est décidé

Légende
Alignements
>ŝŵŝƚĞƐĠƉĂƌĂƟǀĞ
Tournières

7031 Villers-Saint-Ghislain

20 0 20 40 60 80 m

Plan de planta on pour définir le nombre d’arbres à planter

Détermina on du nombre de plants par essence


Érable plane Châtaignier Chêne chevelu
Essences
Acer platanoides Castaneda sa va Quercus cerris

Propor on 1/3 1/3 1/3

Nombre total 51 51 50

55
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences

3. Diagnos c sta onnel et choix des essences


La troisième phase abou ssant au choix des essences à introduire est cruciale : il faut les choisir judicieusement
pour assurer la viabilité sur le long terme et la vigueur des arbres plantés. Le choix dépend des condi ons
pédoclima ques du terrain et des objec fs recherchés. En outre, chaque essence présente ses exigences
propres en termes de lumière, de chaleur, d’eau et de sol. Le diagnos c sta onnel s’opère d’abord par des
inves ga ons cartographiques en ligne.

Le Géoportail de Wallonie ([Link]) et le Géoportail na onal de France ([Link].)


rassemblent tous deux une base de données cartographiques très diversifiées.

Ensuite, l’enquête sur le terrain confirme ou infirme, affine et complémente les résultats obtenus sur internet.

3.1. Caractérisa on du site par informa ons riches et précieuses mais insuffisantes :
la prise d’échan llons sur le terrain et leur analyse
l’inves ga on cartographique ultérieure est indispensable.

Pour débuter, il convient de recueillir les informa ons


rela ves à la topographie et au sol. Le relief joue en
effet un rôle essen el dans l’infiltra on et la retenue
de l’eau dans le sol. Il influence les réserves u les pour
l’arbre : plus on se trouve dans le bas d’un versant,
plus la réserve en eau est élevée ; plus on approche le
point supérieur d’un terrain en pente, plus les réserves
hydriques diminuent. Ce e tendance s’amplifie pour
les versants orientés au sud. Par ailleurs, la texture du
sol (propor on en sable-limon-argile) et sa structure
Défini on des types de sol en présence
(assemblage et cohésion des par cules / aéra on)
influencent aussi significa vement le niveau hydrique D’autres cartes peuvent enfin venir étayer la
des sta ons. recherche en offrant des données addi onnelles :
Zone Bioclima que, Orthophotoplan, Plan Parcellaire
Cadastral, Principaux Types de Sol de Wallonie, Aléas
d’inonda ons, CARBIOSOL… (RW) ; Orthophotoplan,
Parcelles cadastrales, Réseau Hydrographique, Carte
des pentes pour l’agriculture… (FR).

3.2. Enquête de terrain


L’agroforesterie concerne en majeure par e des sols
agricoles plus ou moins fortement anthropisés. Leurs
Caractérisa on de la situa on topographique caractéris ques varient donc significa vement suivant
Les sols en présence sont caractérisés notamment les antécédents culturaux. L’enquête de terrain est
grâce à la Carte Numérique des Sols de Wallonie (RW) essen elle ; elle apporte des données complémentaires
et la Carte des Sols de France (FR). Celles-ci offrent des à la prospec on cartographique, données nécessaires
au choix des essences.
56
Première phase : préparer son projet

Durant la prospec on, le parcours de toute la parcelle est


indispensable : d’une part, il facilite la compréhension
du relief et des apports en eau sur la parcelle et, d’autre
part, il permet de réaliser des sondages pédologiques à
la tarière et au pénétromètre.

Le sondage à la tarière renseigne sur la structure du


sol, la charge caillouteuse et les contraintes hydriques
éventuelles de la parcelle : soit la présence éventuelle
de sols hydromorphes avec des horizons réduits ou 3
gleyifiés, soit de sols trop drainants. Il permet aussi la
prise d’échan llons de sols.
Parcours d’une parcelle en « zigzag » pour l'échan llonnage

À par r de l’échan llon composite, il convient surtout


de déterminer la présence de carbonate de calcium
(calcium ac f dans la terre fine) et le pH. Ce dernier
traduit le degré d’acidité ou d’alcalinité (basicité) de
l’eau en contact avec le sol (pH eau). Par ses interac ons
avec de nombreux processus chimiques et biologiques,
le pH condi onne et reflète la disponibilité des éléments
minéraux dans le sol (réserves trophiques). Il cons tue
donc un précieux indicateur, en combinaison avec
d’autres, pour appréhender la fer lité chimique des sols.
Si la parcelle est homogène, un seul échan llon suffit.
Par contre, si la parcelle présente une ou plusieurs pH-mètre Hellige®
hétérogénéités marquées, il faut la diviser en plusieurs
Le pH est es mé en comparant la couleur du réac f avec une
zones d’échan llonnage. Pour être précis, une zone échelle de référence située sur le récipient en plas que blanc.
d’échan llonnage homogène présente un relief et un
sol homogènes (couleur, texture, humidité, cailloux…). 1. Prélever quelques grammes de
terre à l’aide de la spatule et les
Cependant, même si la zone est homogène, la surface placer dans la par e circulaire du
échan llonnée ne devrait idéalement pas dépasser 4-5 récipient gradué. Veiller à ne pas
toucher la terre avec les doigts, ce
ha ; pour des surfaces plus importantes, il est conseillé qui pourrait influencer le résultat
de diviser la parcelle sur le terrain. du test !
2. Ajouter quelques gou es de
Un échan llon doit idéalement être composé d’une réac f pour recouvrir la terre.
Mélanger et a endre 2-3 minutes.
dizaine de caro es, plus suivant la taille des zones 3. Faire couler le liquide le long de
exper sées. Les caro es sont prélevées aléatoirement l’échelle colorée.
4. Es mer le pH en comparant les
en parcourant la parcelle en « zigzag ». L’échan llon couleurs du réac f et de l’échelle.
est prélevé entre -5 et -15 cm en prairie, -5 et -20 cm
en culture. Quelques sondages seront réalisés le plus
Si l’usage d’un kit pH-mètre type Hellige® est facile
profondément possible pour déterminer la phase
et rapide, il n’est pas très précis ; la mesure d’une
de profondeur, c’est-à-dire la profondeur à laquelle
suspension sol / eau avec un pH-mètre à électrodes
commence la roche mère. Tous les échan llons d’une
donne un résultat plus rigoureux.
parcelle homogène sont regroupés dans un seau propre
et le tout est mélangé.
57
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences

Vous trouverez une fiche « Mesurer le pH du sol » dans Enfin, pour la prospec on de terrain, l’usage du
l'annexe 3 (p. 209). pénétromètre renseigne, quant à lui, la présence
d’horizons compactés, superficiels ou plus profonds.
L’envoi d’échan llons de sol à un laboratoire garan t des Cela permet d’entrevoir les perspec ves de travaux
mesures précises du pH ; d’autres analyses plus avancées d’améliora on du sol, préalables à la planta on.
peuvent aussi être réalisées, mais elles ne sont pas
essen elles dans le seul cadre d’un projet agrofores er.
3.3. Examen de la sta on
Pour la Wallonie, la liste des différents laboratoires
de proximité REQUASUD est référencée dans l'annexe 4 En recoupant toutes les informa ons disponibles,
(p. 210). Il s’agit de laboratoires accrédités et reconnus l’examen complet de la parcelle à planter évalue les
officiellement par les autorités scien fiques. facteurs sta onnels favorables ou limitants en vue
Pour la France, les laboratoires agréés et les types de sélec onner et d’introduire les essences les mieux
d’agréments accordés par le ministère de l’Agriculture et adaptées.
de l’Alimenta on figurent dans l'annexe 5 (p. 211).

Bonnes pra ques agrofores ères Diagnos c sta onnel

ŽŶĚŝƟŽŶƐĚĞĐƌŽŝƐƐĂŶĐĞ Climat WƌĠĐŝƉŝƚĂƟŽŶƐ͕ƚĞŵƉĠƌĂƚƵƌĞƐ͕ŐĞůĠĞƐ͘͘͘

Origine du sol Géologie Calcaire, schiste, grès...

ZŝĐŚĞƐƐĞĞƚƌĠƐĞƌǀĞĞŶĞĂƵ Pédologie TexƚƵƌĞ͕ĚƌĂŝŶĂŐĞ͕ƉƌŽfŽŶĚĞƵr...

džƉŽƐŝƟŽŶĞƚƉĞŶƚĞ Topographie ,ĂƵƚĚĞǀĞƌƐĂŶƚ͕ĐƵǀĞƩĞ͘͘͘

EspècĞƐŝŶĚŝcatrices,
Risques eƚŽƉƉŽƌƚƵŶŝƚĠƐ sĠŐĠƚĂƟŽŶ ŐĂŝŶĂŶƚĞƐŽƵĐŽŶĐƵƌƌĞŶƚĞƐ

ZĠƐĞƌǀĞĞŶĞĂƵĚƵƐŽů ZĠƐĞƌǀĞŵŝŶĠƌĂůĞĚƵƐŽů
сŶŝǀĞĂƵŚLJĚƌŝƋƵĞ сŶŝǀĞĂƵƚƌŽƉŚŝƋƵĞ

3.4. Choix de(s) l’essence(s)


Suite au diagnos c sta onnel (exposi on, alimenta on en eau, richesse du sol…) une pale e d’essences possibles peut
être arrêtée. En fonc on des objec fs précis recherchés et sur base de considéra ons agro-sylvicoles, environnementales,
économiques et techniques, une (ou plusieurs) espèce(s) ligneuse(s) op male(s) est (sont) choisie(s).

58
Première phase : préparer son projet

En Wallonie, pour aider à déterminer les essences sugges on d’essences op males, tolérées ou interdites.
adaptées à une parcelle, on dispose du « Fichier écologique Parallèlement, le site web propose une synthèse
des essences ». Fruit d’une collabora on étroite exhaus ve pour chaque essence recensée : atouts,
entre divers partenaires académiques, ins tu onnels limites, distribu on naturelle, compa bilité bioclima que,
et associa fs, ce logiciel en ligne, très intui f, guide écogramme d’ap tudes, contraintes chimiques et
minu eusement tout porteur de projet en agroforesterie. hydriques, enracinement, effet topographique, aspects
sylviculturaux, tempérament, principaux défauts de
la grume et recommanda ons sylvicoles, agents de
dommages, valorisa on poten elle du bois.
Le « Fichier écologique des essences » est un ou l offrant 3
un support à la décision. Son usage ne dispense pas de la
connaissance et de l’exper se de terrain nécessaires pour
réaliser un choix adéquat. Le recours à des professionnels
est vivement recommandé pour ce e étape. De plus, le
logiciel présente uniquement les essences indigènes de
Wallonie, dont certaines sont d’ailleurs plus ou moins
La fonc on première de ce logiciel est d’accorder le choix impactées par les nouvelles condi ons clima ques.
des essences aux condi ons pédoclima ques de la sta on
en vue d’une planta on réussie. Le logiciel permet de En défini ve, après le tri, le choix des essences est parfois
se localiser instantanément sur une carte pour abou r dras quement réduit si on se cantonne aux essences
rapidement, après une succession d’analyses, à une locales.

Bonnes pra ques agrofores ères Choix raisonné d’essences étrangères

Il est important d’envisager des essences étrangères également. Pour rappel, de nombreuses essences présentes dans le même biome
aux États-Unis et en Asie peuplaient nos écosystèmes avant la dernière glacia on. Certaines sont moins sensibles à la sécheresse ; nous
pouvons citer l’érable argenté, le févier d’Amérique, le copalme d’Amérique, le paulownia, ou encore le chêne blanc. Leur réintroduc on
en vue de diversifier les planta ons et de répondre aux incer tudes clima ques mérite indiscutablement des ini a ves, certainement
prome euses. En outre, certaines essences méridionales moins gourmandes en eau sont aussi à considérer, et même davantage : le
châtaignier, le chêne chevelu, le chêne pubescent, le cormier, le noyer hybride, etc. Enfin, si on se cantonne à nos essences indigènes, il
importe de s’intéresser également à des provenances plus méridionales.

Pour en savoir plus, 18 essences indigènes et Bonnes pra ques agrofores ères
exo ques sélec onnées dans un contexte de changements
Introduc on de la donnée de pH
clima ques sont présentées dans la brochure interac ve
d’AForCLIM : « Ouvrons le panel des essences Il est indispensable d’introduire la donnée de pH dans le
agrofores ères dans un contexte de changements « Fichier écologique des essences » pour s’assurer de
clima ques ». Elle est téléchargeable sur internet. résultats qualita vement valables.
Lien : l’ensemble des paramètres u lisés dans le logiciel sont
En Wallonie, les essences d’arbustes ne sont pas reprises développés dans l’onglet « Aide » du Fichier écologique des
dans le « Fichier écologique des essences ». Il faut se essences.
référer au tableau présenté dans l'annexe 7 (p. 216) pour
déterminer les essences convenant à la région concernée.
Il s’agit du tableau de la « no ce technique » des subsides
à la planta on, auquel il faut se référer si demande de
subsides il y a. D’autres données u les sont consultables
sur le site [Link] ou dans le livret « Des haies pour
demain », Collec on Nature et forêts n°1, (p. 36 à 49). Ce
livret est téléchargeable sur le Portail environnement de
Wallonie.

59
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences

A en on, les érables sycomores sont à proscrire dans les pâtures à équidés car les samares et autres par es de l'arbre
leur sont par culièrement toxiques, avec une issue souvent fatale.

Depuis plusieurs années, le Centre Régional de la Propriété Fores ère Hauts-de-France met à disposi on du public des
guides et des fiches essences gratuitement sur leur site internet h ps://[Link]/ dans la rubrique : « Informez-
vous, ques ons techniques ».

L’annexe 6 (p. 213) liste l’ensemble des essences éligibles pour la mesure 8.2 du PDR (Programme de Développement Rural) en
France : mise en place de systèmes agrofores ers qui, tout en assurant une produc on à long terme pour l’agriculteur, permet
d’avoir un impact posi f sur l’environnement (protec on contre l’érosion, développement de la biodiversité, diversifica on des
paysages...).

En complément à l’annexe 7 (p. 216), l’annexe 8 (p. 218) présente un tableau plus avancé avec les exigences pédoclima ques
des essences (u le pour la Belgique et la France).

Pour la France, les Chambres d’agriculture ont développé une applica on nommée « Auxil’haie ». Élaboré à l’aide d’ouvrages
bibliographiques et complété par la connaissance d’experts, cet ou l est des né aux conseillers agricoles mais également aux
agriculteurs. Disponible gratuitement sur internet, l’applica on dis ngue les projets agrofores ers selon les cultures en place
(arboriculture, grandes cultures, maraîchage, vi culture). Pour plus de précision, elle prend en compte le département dans
lequel se situe le projet d’implanta on ; elle peut aussi intégrer des besoins spécifiques comme le souhait d’a rer un ou plusieurs
auxiliaires face à certains ravageurs sur la parcelle. Une liste d’essences est alors proposée selon les critères de recherche ; l’ou l
laisse ensuite la possibilité de filtrer les essences selon différents critères : intérêt mellifère, port et hauteur des arbres, capacité
d’accueil d’auxiliaires et condi ons édaphiques.

Chaque essence listée possède en hyperlien une fiche spécifique précisant ses caractéris ques propres, comme le montre
l'exemple dans l'annexe 9 (p. 221).

60
Première phase : préparer son projet

61
B. Deuxième phase
Installer son projet

4 Travaux préparatoires

5 Planta on

Paillage, protec on et lu e
6 contre les campagnols
4. Travaux préparatoires

B. Deuxième phase : installer son projet

4. Travaux préparatoires
Les travaux préparatoires à tout chan er de planta on agrofores er visent principalement à éliminer toute la
végéta on préexistante et à améliorer le sol avant la planta on.

4.1. Pré-piquetage terre, les pierres et les débris végétaux à travers une
grille. Les débris végétaux, la terre grossière et les pierres
Un pré-piquetage de la parcelle est nécessaire. Il permet sont arrêtés par la grille et tombent sur le sol avant
de localiser globalement l’emplacement des futures d’être recouverts par la terre plus fine qui la traverse.
lignes d’arbres afin de travailler le sol aux endroits
Un déchaumeur peut enfin être u lisé mais il nécessite
appropriés. En vue d’une planta on agrofores ère,
parfois plusieurs passages dans de bonnes condi ons
il n’est pas u le de travailler toute la parcelle, mais
pour détruire complètement un couvert herbacé.
uniquement les zones à planter.

Ne oyage du terrain
4.2. Destruc on d’un éventuel
Broyeur à axe ver cal Gyrobroyeur à axe horizontal
couvert
à couteaux à marteaux
(Øvégéta on < 4 - 6 cm) (Øvégéta on < 4 - 5 cm)
La majorité des planta ons agrofores ères sont
réalisées en terres de culture et en prairies ; il s’agit
donc tout au plus de détruire un couvert herbacé,
des résidus de culture ou éventuellement un couvert
d’automne-hiver (CIPAN). Néanmoins, dans certains cas,
pour des planta ons en bordure de parcelle agricole,
l’élimina on de végéta on semi-ligneuse (comme la
Gyrobroyeur fores er Déchaumeur
ronce) ou ligneuse (comme le prunellier) indésirable de surface à disques
nécessite un matériel plus robuste. à dents fixes
(tout Ø de végéta on)
L’usage d’herbicides totaux est déconseillé, voire interdit
dans le cadre des subsides à la planta on. Les herbicides
sont également à proscrire dans certains sites, milieux
naturels ou à proximité des zones sensibles (captages,
sources, cours d’eau…). En dehors de ces cas, le
« désherbage chimique » peut toutefois être envisagé.
Enfouisseur de pierres Charrue
Le labour, éventuellement précédé d’un broyage de la
végéta on encombrante, permet d’éliminer facilement
la végéta on herbacée et des résidus de culture.

Aussi, l’enfouisseur de pierres est idéal : il permet


d’enfouir la végéta on et/ou les pierres dans le sol. Ce
matériel tourne à l’inverse d’une fraise en projetant la
64
Deuxième phase : installer son projet

4.3. Prépara on du sol Il existe des pénétromètres avec manomètre intégré et


des pénétromètres électroniques, ceux-ci perme ent
Une analyse physique du sol s’avère très u le pour
d’obtenir des graphes représenta fs de la compac on
déceler d’éventuelles contraintes pouvant entraver le
du profil. Avec quelques compétences dans le travail du
plein développement des racines ; il faut favoriser la
fer, il est possible de construire un pénétromètre simple
bonne reprise et la vigueur des arbres dès les premières
soi-même.
années.
Pour le travail du sol, divers i néraires culturaux existent ; Sondage au pénétromètre
ils dépendent du matériel disponible sur l’exploita on
Pénétromètre ge simple
agricole et des caractéris ques du sol liées aux
antécédents culturaux. Les terres agricoles labourées à
répé on présentent presque toujours une semelle de
labour : il s’agit d’une couche compacte du sol située 4
à la base du labour, pouvant entraver l’enracinement
des arbres. Le travail du sol avec un matériel
approprié permet de corriger mécaniquement ce e
probléma que. La compac on liée à la présence de Pénétromètre avec manomètre
bétail est, quant à elle, plus superficielle ; elle nécessite
aussi un travail du sol approprié.

4.3.1. Diagnos c physique et


orienta on du travail du sol
Pour établir un diagnos c physique du sol, trois
opéra ons sont envisageables : le sondage au
pénétromètre, le mini-profil à la bêche et le mini-profil
3D.

 Sondage au pénétromètre
Pénétromètre électronique
Ce e opéra on consiste à mesurer, par pénétra on,
la dureté d’un profil pédologique. Ce e ac on peut se
réaliser à l’automne mais l’idéal est d’a endre la sor e
de l’hiver : le sol doit être suffisamment humide sur
l’en èreté du profil analysé, en étant toutefois ressuyé.
La résistance à la pénétra on dépend aussi de la texture
du sol : à état hydrique comparable, un sol argileux
est plus résistant qu’un sol limoneux ou sableux. Pour
pouvoir interpréter une varia on de résistance à la
pénétra on comme une différence d’état de compacité
du sol, il faut avoir connaissance a priori des changements
de texture en profondeur. Une bonne pra que consiste
à opérer une force d’appui iden que durant toute la
descente de la ge dans le sol ; ainsi, on peut détecter
les horizons compactés en ressentant la résistance à Pour en savoir plus, le « Guide méthodique de la ge pénétro » d’Agro-
l’enfoncement. Transfert est téléchargeable sur le net.
65
4. Travaux préparatoires

 Mini-profil à la bêche NB : pour prélever une profondeur de sol supérieure


au labour le plus profond, il faut veiller à réaliser une
Le mini-profil à la bêche permet d’établir un diagnos c prétranchée suffisamment grande et profonde, soit au
rapide de l’état structural du sol. Il s’agit d’une opéra on moins égale à la profondeur de l’échan llon, pour ne
facile à me re en œuvre car elle nécessite peu de pas altérer ce dernier. À moins de disposer d’une bêche
moyens : une simple bêche, idéalement terrassière. terrassière (38 à 47 cm de profondeur), il faudra prélever
l’échan llon en deux fois.
Il incombe de réaliser les prélèvements sur une zone
représenta ve de la parcelle et idéalement sur une Se référer au point suivant (mini-profil 3D) pour la
ligne de planta on (éviter les tournières et les passages lecture de l’échan llon.
de roues connus pour être non représenta fs). L’idéal Pour en savoir plus, le « Guide méthodique du test bêche » d’Agro-
est de réaliser quelques prélèvements ; minimum 3 en Transfert est téléchargeable sur le net.
diagonale pour bien couvrir l’hétérogénéité spa ale.
 Mini-profil 3D
Prélèvement d’un mini-profil à la bêche La méthode du mini-profil 3D a été élaborée dans le
(Barbot C., 2012)
cadre du projet « Sol-D’Phy » d’Agro-Transfert (2017). Elle
consiste à prélever un bloc de sol avec les pale es d’un
chargeur télescopique ou d’un tracteur équipé d’un
chargeur frontal, afin d’observer les horizons de travail
2,5 m du sol.

12,5 m
Elle permet ainsi d’établir « de visu » un diagnos c de
l’état structural du sol en profondeur et en un temps
Vider une prétranchée pour éviter de tasser le bloc à observer réduit.
en le prélevant.
Prédécouper les côtés du bloc de sol à observer sur 10 cm de Ce e méthode se situe entre le test rapide à la
côté.
bêche et le profil cultural. Le mini-profil 3D permet
Enfoncer une bêche terrassière à une profondeur d’au moins
40 cm et prélever le bloc de sol. une observa on plus profonde et complète que la
Basculer doucement la bêche et poser délicatement méthode à la bêche, se cantonnant, elle, aux 25 à
l’échan llon de sol sur une bâche. 40 premiers cen mètres du sol.

Les dessins, les schémas et les explica ons qui suivent


sont inspirés du « Guide mini-profil 3D » d’Agro-Transfert
(Tomis V., 2017). De nombreuses photos sont reprises
directement de ce guide.
ř Ś Pour en savoir plus, le « Guide mini-profil 3D » d’Agro-Transfert est
téléchargeable sur le net.

Comme pour le test à la bêche, il incombe de réaliser le


prélèvement sur une zone représenta ve de la parcelle
et idéalement sur une future ligne de planta on,
en dehors des tournières et des passages de roues
Ŝ connus (non représenta fs). Une fois le profil étudié,
ś l’opéra on peut éventuellement être reconduite sur
une ou plusieurs lignes de planta on afin de confirmer
la première analyse par un examen visuel global.
66
Deuxième phase : installer son projet

Mini-profil 3D
Rapprocher les 2 pale es du chargeur avec un écartement de 20 à 30 cm entre elles :
en sol fortement argileux (> 40 % d’argile), cela permet de limiter les contraintes ; en sol 1m
sableux, cela évite l’effondrement entre les pale es du bloc prélevé.
Enfoncer complètement les pale es dans le sol avec un angle de 30 à 45°.
Lever légèrement, sans à-coup, puis redresser les pale es pour éviter l’effondrement

m
70 c
du bloc.
Lever à la hauteur souhaitée pour l’observa on et rebasculer le bloc à l’horizontale.

ř Ś
4

40 cm

ś Ŝ

Exper se 1 : observa on des horizons de travail du sol

1. Délimiter les horizons de travail Horizon déchaumé


du sol en repérant au couteau les
Horizon décompacté
zones de rupture de con nuité
structurale (différence de Dernier labour
cohésion) et dégager chaque
horizon avec des pe tes marches Labour plus profond

d’escalier. Noter la profondeur


de chaque horizon.
Appara on des horizons de travail Horizons de travail du sol mis en
du sol dès extrac on du bloc évidence à l’aide du couteau

2. Noter les transi ons entre chaque horizon.

Lissage marqué accompagné d’un Lissage observé mais Pas de discon nuité
défaut d’enracinement à ce niveau traversée de l’horizon par les racines entre horizons

67
4. Travaux préparatoires

Sous-solage indispensable Sous-solage vivement conseillé Sous-solage inu le

Exper se 2 : observa on de l’apparence du bloc

3. Observer l’apparence du bloc sur une face pour chaque horizon en me ant en relief les zones compactes avec un couteau.

État C (compact, con nu)


Structure con nue et massive
 bloc compact et massif
 face de rupture ne e, peu rugueuse
 absence de mo es ou d’agrégats visibles
 très peu de racines, souvent localisées dans les fissures et galeries

Tassement récent non travaillé

Reprise au labour et
travail superficiel indispensables

État B (en bloc)


Structure en mo es, peu de terre fine
 mélange de mo es (> 10 cm), d’agrégats et de vides
 colonisa on des racines, principalement autour des mo es
 présence possible de quelques racines dans les mo es

Ancien tassement repris par un labour ou décompactage

Reprise au labour et travail superficiel


vivement conseillés

État O (ouvert)
Structure grumeleuse, fragmentaire
 porosité élevée
 beaucoup d’agrégats arrondis, souvent d’origine biologique
 présence fréquente de mo es cons tuées de pe ts agrégats tenus par des
racines
 colonisa on par les racines de tout l’échan llon

Pas de tassement

Travail superficiel éventuel

68
Deuxième phase : installer son projet

Exper se 3 : observa on de l’état de la porosité


4. Évaluer l’état de la porosité et du tassement des mo es ou des fragments de sol dans les 30 premiers cm.

Sévèrement tassé Modérément tassé Friable et très poreux

 sans porosité visible


 pas ou très peu de racines dans la mo e  peu de porosité visible
 majorité d’agrégats biologiques 4
 mo es colonisées par les racines
 rupture lisse des mo es à la main  rupture facile des mo es à la main
 rupture très facile des mo es à la main
 face de rupture lisse  face de rupture peu rugueuse
 face de rupture rugueuse
 appari on possible de zones de réduc on

Travail mécanique confirmé Travail mécanique conseillé Travail superficiel éventuel

Bonnes pra ques agrofores ères S muler la structura on et la vie du sol

En présence d'un sol tassé et lissé, en plus du travail mécanique du sol, il est u le de :

 S muler la vie et favoriser la régénéra on naturelle du sol par des apports de ma ère organique compostée (fumier mûr par
exemple), au niveau de la ligne ou du trou de planta on ; elle peut être incorporée aux 10 premiers cm du sol (si fumier frais : dépôt
uniquement en surface).
 Réaliser des apports supplémentaires de biomasse en surface avec des paillages biodégradables (paille, copeaux de bois…) de
préférence lignifiés pour perme re le développement de champignons, de mycorhizes et la produc on d’humus.

 Profil cultural
La réalisa on d’un profil cultural n’est pas jus fiée dans un cadre agrofores er ; cependant, s’il est réalisé dans un
contexte agricole global, un ensemble de données u les (en lien avec celles présentées dans le point précédent)
devraient être recueillies.

69
4. Travaux préparatoires

4.3.2. Travail du sol

Suivant le diagnos c physique du sol et le matériel disponible, le choix des opéra ons culturales peut être arrêté. On
dis ngue :

 Le sous-solage ou décompactage

En présence d’un ou plusieurs horizons compactés et lissés liés à des semelles de labour, le sous-solage ou le
décompactage est indispensable pour favoriser la colonisa on et la pénétra on racinaire des arbres. Dans un sol vivant,
structuré et avec absence d’horizon compacté, ce travail du sol n’est pas requis.

Dans des sols plus superficiels ou avec une charge élevée en éléments grossiers, il est parfois impossible de travailler
avec la sous-soleuse. Dans ce cas, on se contentera de réaliser un décompactage plus superficiel.

Travail du sol, sous-solage avant planta on

Sous-soleuse 3 dents Cul vateur lourd chisel Cul vateur léger à dents rigides
(profondeur max. : 60 cm) (prof. max. : 45 cm) (profondeur max. : 30 cm)

Bonnes pra ques agrofores ères Sous-solage

Il est conseillé de réaliser le sous-solage le plus tôt possible, soit juste après les récoltes, pour laisser le temps à la terre de se reposer
avant la planta on à l’automne. Idéalement, il convient d’a endre 3 mois avant de me re les jeunes plants en terre pour éviter leur
déchaussement en période de gel et d’engorgement en eau.
A en on aux impétrants, il est indispensable de vérifier, dès le début de la phase de projet, si une conduite de transport de produits
dangereux sous pression (gaz, par exemple) se situe dans la zone des travaux (cfr. point 2.9., p. 53).

70
Deuxième phase : installer son projet

 Le labour de travailler à la plus grande profondeur possible. Pour


parfaire le travail plus en profondeur, un décompacteur
Pour les sols tassés à modérément tassés dans les 30 frontal peut être couplé au fraisage. Enfin, pour assurer
premiers cen mètres du sol, le labour est conseillé un bon contact racinaire de l’arbre avec le sol, il est u le
surtout s’il faut éliminer la végéta on existante. d’émie er raisonnablement le sol.
À très court terme, le labour permet d’améliorer
mécaniquement les défauts de structure du sol sur une
profondeur sa sfaisante (entre 10 et 40 cm) : il aère le
sol et accélère la minéralisa on de la ma ère organique,
offrant une fer lisa on naturelle aux jeunes arbres.
Enfin, il permet de remonter en par e les minéraux
lessivés à la surface.

Après labour d’une prairie, la planta on doit être post-


4
posée idéalement de 1 à 2 mois pour éviter la pourriture
des racines des arbres en contact avec la ma ère
organique fraîche en dégrada on. Fraise (ou rotavator)

 Le fraisage ou le hersage

Après le labour, l’usage d’une fraise ou d’une herse


rota ve est généralement indispensable, pour briser les
mo es de terre.

La fraise est globalement privilégiée à la herse rota ve :


elle émie e le sol à une profondeur plus sa sfaisante,
de -10 à -25 cm contre -5 à -10 cm pour la herse rota ve.
De plus, ce e dernière présente des inconvénients non Décompacteur frontal

rencontrés avec la fraise : notamment, le lissage de la


structure en condi on plas que (sol lourd et humide)
et le risque de bourrage en présence de pierres ou de
débris végétaux.

Si on n’opte pas pour le labour, le fraisage permet aussi


de décompacter superficiellement et d’émie er le sol
sans travail préalable. Dans ce cas, à moins de travailler
en terre de culture et avec peu de débris végétaux, il est
parfois nécessaire de traiter la végéta on existante avec
un herbicide.
Herse rota ve

Le fraisage permet aisément de corriger une compac on


 L’enfouisseur de pierres
superficielle du sol liée notamment au pié nement du
bétail. Dans certains cas et en fonc on du type d’arbres En plus d’enfouir la végéta on et les pierres dans le sol,
à planter (les haies, par exemple), une unique opéra on l’enfouisseur de pierres émie e et décompacte le sol
de fraisage peut suffire à la bonne prépara on du sol dans sa zone de travail. Ce matériel animé peut travailler
avant la planta on. Il est bien évidemment conseillé à une profondeur comprise entre 10 et 30 cm ; il offre
71
4. Travaux préparatoires

l’avantage de la fraise sans devoir traiter la végéta on 4.4. Semis d’un couvert
existante à l’herbicide puisqu’il l’enfouit.
Recommandé dans de nombreux cas, le paillage
représente un inves ssement en coût et en main-
d'oeuvre conséquent. En outre, il présente l’inconvénient
grille d’a rer les campagnols. Pour réduire les frais d’une
nouvelle planta on, le semis d’une culture couvrante
sur la ligne de planta on peut être opportun à plus d’un
tre.

Si les adven ces et leur système racinaire sont d’abord


enfouis par un labour, la recolonisa on de celles-ci sera
plus lente et les arbres démarreront avec un avantage
Enfouisseur de pierres
notable à la reprise printanière ; néanmoins, par la
 Le fraisage en bande suite, un recrû naturel spontané et concurrent doit être
maîtrisé : différentes solu ons existent (cfr. point 7.2., p. 128).
Pour la planta on d’alignements ou de haies, l’usage
Pour limiter la compé on des adven ces, le semis
d’ou ls étroits tels une fraise ou un gyrobroyeur fores er
d’un couvert exclut l’u lisa on de produits chimiques
à dents fixes permet de pra quer un travail du sol en
et cons tue ainsi une solu on biologique facile à
bande : la végéta on est détruite et le sol est travaillé
me re en œuvre par les agriculteurs. L’idéal est de
sur des largeurs de 40 à 80 cm et des profondeurs de 15
choisir des espèces à fort pouvoir de recouvrement,
à 30 cm suivant les modèles. Ce e technique présente
peu compé ves pour les arbres, peu a rac ves pour
le double avantage d’assurer une meilleure reprise et
les campagnols et sensibles au travail du sol pour éviter
l’aisance de la planta on.
les salissures en plein champ (apport d’adven ces
indésirables sur des terres propres). La solu on miracle
n’existe pas, chaque situa on est à envisager au cas par
cas.

Actuellement, très peu d’informa ons sont disponibles


quant au choix des couverts à ensemencer en fonc on
des condi ons pédoclima ques locales, sur leurs effets
au niveau de la survie et la croissance des arbres, sur
les modes pra ques de ges on et sur leurs coûts. Ces
solu ons techniques doivent s’intégrer facilement dans
le cadre de l’exploita on agricole tout en limitant les
coûts au strict minimum.
Divers essais de culture couvrante sont néanmoins en
cours de développement dans le domaine hor cole.
Ce e théma que est un enjeu majeur car elle répond
à la probléma que des adven ces et à leur ges on
écologique. Quelques espèces privilégiées sont
présentées à la page suivante.

72
Deuxième phase : installer son projet

La fétuque rouge (Festuca rubra) : monocotylée de la se développe progressivement pour couvrir le sol en
famille des poacées, ce e plante vivace s’adapte à des arrière-saison.
condi ons variées. Elle s’installe raisonnablement bien
Certaines espèces de plantes herbacées vivaces (à
(elle doit être roulée après semis), plus rapidement pour
fleurs) peuvent aussi parfaitement convenir, nous
la variété rouge traçante compara vement aux variétés
pouvons citer l’origan commun (Origanum vulgare) et
demi-traçante ou gazonnante. Néanmoins, l'installa on
la Brunelle commune (Prunella vulgaris) qui présentent
est assez lente, c'est pourquoi elle peut être mélangée
toutes deux un très bon pouvoir de recouvrement ; elles
à du plantain lancéolé (Plantago lanceolata) ou à une
sont mellifères de surcroît. Malheureusement, elles
plante annuelle. Elle présente une bonne pérennité, un
remplissent significa vement leur rôle de couverture en
feuillage fin et une faible vitesse de pousse (moindre
deuxième année seulement ; il est donc nécessaire de
consomma on en eau et minéraux).
les semer en mélange avec une espèce annuelle comme
Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) : herbacée le souci des champs (Calendula arvensis), la saponaire
vivace de la famille des Plantaginacées, ce e plante des vaches (Vaccaria hispanica) ou la phacélie. 4
présente une grande amplitude écologique, elle est
Un mélange fleuri : les fleurs vivaces sont dans
peu exigeante et lève facilement. Elle forme une
l'ensemble peu compé trices et présentent un pouvoir
rose e basilaire et présente donc un bon pouvoir de
de recouvrement sa sfaisant. Quelques espèces
recouvrement sans toutefois faire de la biomasse. Après
annuelles sont u les pour apporter une plus-value
semis, elle s'installe rapidement.
mellifère la première année. Les mélanges peuvent
Le trèfle blanc (Trifolium Repens) : dicotylée de la comporter un peu de graminées (peu agressives).
famille des fabacées, ce e plante vivace très basse à
ge rampante s’adapte à tout type de sol, ses racines
explorent les 15 à 20 cm premiers cen mètres du
sol. Elle convient bien en agroforesterie mais son
inconvénient est de présenter des stolons appréciés des
campagnols. La variété micro est à conseiller mais elle
s’installe lentement, il faudra donc la mélanger avec une
annuelle. Le trèfle blanc peut être aussi mélangé à de
la fétuque rouge. Densité de semis préconisée du trèfle
blanc : 5 kg/ha.

Différentes espèces de couverts végétaux u lisées en


En défini ve, si la présence de campagnols est avérée,
agriculture pour les intercultures peuvent convenir.
il faut éviter de planter des trèfles (légumineuses
Pour un bon effet de couverture, une faible biomasse
stolonifères) trop a rac ves au pied des arbres.
et une bonne résistance à la sécheresse, nous
Trouvant le gîte et le couvert, les campagnols auront vite
pouvons notamment citer la len lle fourragère (Lens
repéré les lignes de planta on, pour s’a aquer ensuite
nigricans) une légumineuse annuelle, la Cameline
aux racines des arbres.
(Cameline sa va), une crucifère et la phacélie (Phacelia
tanace folia), une hydrophyllacée. Le semis de céréales d’hiver est déconseillé car elles
La phalécie peut être mélangée à du trèfle d'Alexandrie concurrencent les arbres de manière trop préjudiciable :
(annuel). L’objec f est, dans ce cas, de tout miser sur le prélèvement profond de leurs racines est bien plus
l’effet de couverture la première année, c'est le plus précoce que celui des arbres (en concordance avec le
important pour la reprise des arbres. La phalécie débourrement). Un semis clair d’avoine de printemps
s’implante rapidement, quant au couvert de trèfle, il peut éventuellement convenir.
73
5. Planta on

5. Planta on
Une fois le sol préparé, la planta on peut débuter. Ce e étape comprend les opéra ons de piquetage, de
récep on des plants, d’habillage et de mise en terre. Pour tout projet agrofores er, l’approvisionnement en
plants de qualité, leur bon entreposage et une planta on soignée garan ssent la bonne reprise des plants.
Sur sol sain, la mise en place des plants se fera de préférence en novembre. Sur sol présentant un risque
d’engorgement temporaire et dans les zones très giboyeuses, la planta on aura lieu au printemps après
ressuyage des sols trop humides.

5.1. Piquetage Au niveau de la ligne de planta on, la corde est soit


posée au sol soit tendue entre deux piquets ; le cordeau
Ce e opéra on permet de posi onner l’endroit exact permet donc de matérialiser l’alignement et de localiser
des trous de planta on grâce à un cordeau ou à des l’emplacement des trous de planta on.
jalons. L’endroit défini peut être repéré par un marquage
5.1.2. Piquetage avec des jalons
au sol avec une bombe de peinture ou par un tuteur
enfoncé dans le sol.

5.1.1. Piquetage avec un cordeau

Ce e technique est idéale pour la planta on de haies.


On installe sur une corde des repères indiquant la Le piquetage avec des jalons est plutôt réservé à des
posi on de chaque plant. planta ons à plus larges espacements et nécessite 1 ou
2 opérateurs. Il faut au minimum 3 grands jalons visibles
Il existe également des cordeaux de pépinière en acier de loin et un mètre ruban.
tressé avec des boules en plas que rouge tous les
50 cm (disponible chez les sociétés Triangle Ou llage et
Habo Belgium). e = 0,70 m

0m 36 m 40 m

Logiquement, on u lise un mètre ruban de 50 m en


agroforesterie étant donné l’écartement important
entre les alignements : ± 30 m.

e = 10 m

0m 5m 15 m 45 m 50 m

Pour rappel, les lignes des planta ons sont généralement


e = 0,70 m
jalonnées dans le sens nord-sud pour favoriser
l’ensoleillement homogène des cultures agricoles
0m 20 m intercalaires.
74
Deuxième phase : installer son projet

Jalonnement avec un opérateur Tracé d’alignements // avec une équerre

ĮdžĞ ĮdžĞ ĮdžĞ X Y

E = écartement
entre les lignes
C D
A B
1. Placer un jalon à chaque extrémité de ligne : ceux-ci sont des
repères fixes. Le troisième est alors posi onné à 10 m d’une 1. Tracer la perpendiculaire CX par rapport à l’alignement AB,
des deux extrémités sur l’alignement grâce aux deux premiers considérer l’écartement voulu et localiser X.
jalons ; il est également fiché en terre. 2. Tracer la perpendiculaire DY par rapport à l’alignement AB,
2. L’opérateur se déplace alors avec le quatrième jalon, il le considérer le même écartement et localiser Y.
posi onne pour l’aligner par visée avec les deux jalons de 3. Tracer XY => XY // AB.
l’extrémité concernée. Pour viser, l’opérateur doit toujours 4. Contrôle : angles X et Y = 90°.
prendre une distance de retrait.
Boussole Recta®
Jalonnement avec deux opérateurs

Opérateur 2
5
Opérateur 1
placement du jalon
vise et oriente
suivant les consignes
l’opérateur 2
de l’opérateur 1
ĮdžĞ ĮdžĞ

retrait
 boî er rétractable, capsule avec échelle, miroir
 visées à l’œil à l’aide ou non du miroir
1. Placer un jalon à chaque extrémité de ligne, ceux-ci sont fixes.  fonc ons mul ples : main en de direc on sans visibilité
2. L’opérateur 1 se place à l’extérieur de la ligne dans  orienta on sur terrain et sur carte, contournement
l’alignement des deux jalons fixes, avec une distance de d’obstacles, mesures d’angles
retrait. Il guide l’opérateur 2 afin d’aligner son jalon avec ceux  précision : ± 5°
fixés aux extrémités.  avantages : instrument d’un bon rapport qualité-prix et très
3. L’opérateur 2 déplace le jalon sur la ligne de planta on. pra que sur le terrain

GPS
5.1.3. Posi onnement
d’alignements parallèles

Sur le terrain, le tracé précis de deux alignements


parallèles entre eux peut se réaliser avec ou sans
équerre d’arpentage. Pour la planta on en carré et en
rectangle, la difficulté est d’obtenir des lignes parallèles
et perpendiculaires. Le plus simple est de définir
une première ligne, de la jalonner, puis de tracer les
perpendiculaires.  système de posi onnement par satellite
 permet de localiser, implanter, mesurer, calculer et gérer
directement sur le terrain des données géographiques
Sans équerre, l’applica on du théorème de Pythagore  précision : jusqu’au cen mètre
(à l'instar des maçons) permet de vérifier la  avantage : peu encombrant et facile à transporter sur le
perpendicularité des lignes entre elles. terrain

75
5. Planta on

Équerre à prismes Règle des mêmes distances

P
La droite passant par le
sommet d’un triangle
isocèle et le milieu de sa
base est perpendiculaire
à la base de ce même
triangle. A B
01 02

 formée d’un ou plusieurs prismes et basée sur les lois de la


réfrac on des rayons lumineux à travers les prismes Pour la planta on en quinconce ou en triangle, il
 double prisme perme ant de voir silmutanément les images
des jalons situés de part et d’autre de l’alignement
convient d’u liser un disposi f de mesure cons tué
 précision : angles de 90° ± 1° d’un câble d’acier (ou d’une chaîne e ou d’une corde
 avantage : volume réduit inextensible) fixé sur 3 piquets de fer. La distance entre
Tracé d’alignements // sans équerre les axes des piquets doit être égale et correspondre à la
longueur de la diagonale.
D? C
Dans le cas d’une planta on en triangle équilatéral, si
la distance entre les arbres est arrêtée à 15 m, il faudra
30 m de câble. On prend un alignement au milieu de
X la parcelle et on le jalonne tous les 15 m. Il convient
ensuite de reporter avec le disposi f le sommet des
A B triangles qui s’aligneront sur une deuxième rangée, puis
 C’ D’ une troisième, etc. Il convient de bien vérifier le vis-à-vis
des arbres une rangée sur deux.
Avec un décamètre et des jalons :
1. Jalonner une sécante passant par C et coupant l’alignement
AB en C’.
Jalonnement d’une planta on
2. Repérer le milieu de la sécante en X. en quinconce ou en triangle
3. À par r d’un point quelconque de l’alignement AB désigné D’,
rer la sécante passant par X et reporter la distance XD’ au- 15
delà de X : le point D est trouvé => CD // AB. m
Avec une corde :
1. Tirer une sécante CC’.
2. Repérer le milieu de la sécante en X (en pliant la corde en
deux) et le marquer sur le sol et sur la corde.
m A
3. Effectuer une rota on de la corde autour de son centre (le 15
maintenir au niveau du marquage au sol) pour faire coïncider
C avec D’ et C’ avec D : le point D est trouvé  CD//AB.
15 m

Tracé ou vérifica on de perpendiculaires


B
Théorème de Pythagore

Le carré de l’hypoténuse est Jalonnement AB = BC


d’une 1ère ligne C
égal à la somme des carrés
4m

5m

tous les 15 m
des deux autres côtés : 3×3 +
4×4 = 5×5. Matérialisation de
A 3m B
la 2 ème ligne avec le
01 02 dispositif de mesure

76
Deuxième phase : installer son projet

5.1.4. Planta on suivant les courbes de niveau

La planta on suivant les courbes de niveau est par culièrement efficace dans le cadre de la lu e contre l’érosion
des sols. Elle présente, en outre, un caractère esthé que largement apprécié pour son intégra on paysagère. Son
inconvénient est de rendre la mécanisa on compliquée si les courbes de niveau évoluent irrégulièrement. Pour
délimiter les courbes de niveau préalablement à la planta on, on u lise généralement un cadre en forme de « A » ; un
niveau à eau rudimentaire peut aussi être u lisé.

Planta on, délimita on des courbes de niveau avec un cadre en forme de « A »

ĐƌŽĐŚĞƚ
ŽƵĐůŽƵ
Avec un niveau
ou un fil à plomb.

A B Lorsque AB est parfaitement


horizontal  CD l’est
niveau
ăďƵůůĞƐ
90°
également : donc C et D 5
sont exactement à la même
ƌĞƉğƌĞĂƵĐĞŶƚƌĞ ĮůăƉůŽŵď
hauteur par rapport au
ƉŽƵƌůĞĮůăƉůŽŵď niveau de la mer.

C D
ϯŵ

U lisa on d’un cadre en forme de « A » pour délimiter les courbes de niveau dans un champ (vue du dessus )

Équerre ? ?
?
D

D
?
D ?
C

4 5
Point de départ 318 m
318 m 3 Courbe de niveau 2
1 2
E = 50 m par exemple

322 m

Courbe de niveau 1
(délimitée précédemment)
322 m
Point de départ

Pour déterminer le point (5) de la courbe de niveau, sachant que les points (1 ; 2 ; 3 ; 4) sont déjà établis et ont la même hauteur par
rapport au niveau de la mer : on place le point C de l’équerre schéma sée ci-dessus sur le point (4), C reste fixe au sol. On déplace ensuite
la jambe BD sur le sol comme un compas jusqu’à trouver l’horizontale ; D marque l’orienta on de la ligne par le point (5) au sol, on le
matérialise avec une bague e et on passe au point suivant.

77
5. Planta on

5.2. Choix des plants, provenance et


Bonnes pra ques agrofores ères
récep on
Contrôles à la récep on
En agroforesterie, vu le faible nombre d’arbres plantés
pour les alignements de feuillus interparcellaires, il En Région wallonne, lors de la récep on des plants, il
faut contrôler les éléments suivants :
est indispensable de planter des arbres de qualité.
Pour ce faire, il faut veiller à la géné que (provenance  Le bordereau de livraison : il reprend de manière
recommandable), à la morphologie ( ges et racines bien synthé que l’ensemble de la commande.
 Le document fournisseur : il doit être
composées, absence de défauts) et à la physiologie des complètement et correctement rempli ; il convient
plants (état sanitaire, fraîcheur, absence de maladie et de le demander lors de la commande car la
plupart des pépiniéristes ne le fournissent pas
de parasites).
spontanément à la livraison.
 Les critères généraux rela fs au lot : vérifier
Ces critères de qualité influencent la reprise des les essences, l’emballage et si les plants ont été
planta ons et leur bonne santé future. protégés durant le transport, iden fier les bo es et
le nombre de plants.
 Les défauts rela fs à l’ensemble : la dimension des
Enfin, idéalement, il faut opter pour des plants exempts plants, le nombre de plants taillés, le nombre de
d’arrosage dans leur jeune âge : ils présentent une plants trop courbés.
 Éventuellement les défauts individuels : le rapport
meilleure adapta on à l’évolu on du climat. hauteur/diamètre, le nombre de tailles, la présence
de ges et/ou flèches mul ples, la qualité de la
Il est donc nécessaire de choisir des pépinières de ramifica on, l’état du bourgeon ou de la pousse
confiance garan ssant ce e qualité recherchée et terminale, la présence de blessures non cicatrisées,
l’absence de racines mal conformées et la présence
surtout la fraîcheur des plants fournis. de ges trop courbées.

En France, afin de garan r l’origine des plants, il est


conseillé d’avoir recours à la marque « Végétal local » qui
permet de garan r des plants provenant d’une collecte
en milieu naturel adapté à la région d’implanta on. Un
partenariat entre les conservatoires botaniques na onaux,
l’Afac-Agroforesterie ainsi que Plante & Cité a permis son
élabora on. La marque est aujourd’hui portée par l’Office
Na onal de la Biodiversité.
Pour aider les professionnels du reboisement, les porteurs de
projets ainsi que les propriétaires fores ers, le ministère de
l’Agriculture de l'agroalimentaire et de la forêt a édité le guide
technique « Réussir la planta on fores ère. Contrôle et récep on
des travaux de reboisement ». Ce document est disponible sur
internet.

En Belgique, un guide à des na on des professionnels


a été réalisé pour aider à la bonne récep on de plants
fores ers. Validé en Wallonie par les experts (DNF,
Forêt Wallonne, CDAF) et les pépiniéristes, ce manuel
de référence théorique détaille le protocole précis, la
méthode d’échan llonnage, les critères objec fs et les
abaques de référence.
Lien : l’ouvrage « La récep on des plants fores ers » Forêt
Wallonne, 38 p. (de Poter B. & al., 2015) est disponible sur
commande sur le site [Link]
78
Deuxième phase : installer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Mise en jauge

Entre la récep on des plants et leur planta on, il convient de les stocker adéquatement afin de conserver leur fraîcheur. Ils doivent être
emballés ou mis en jauge.

Plants à racines nues Plants en godet Précau ons

Le délai d’entreposage doit être le plus court


Le délai d’entreposage doit être le plus court → Délier les bo es de plants avant la mise
possible :
possible : en jauge.
 à l’extérieur : lieu frais et ombragé, abrité
 < 2 jours : lieu ombragé et frais, racines → Procéder à un arrosage régulier des
des vents d’est
protégées par une bâche plants.
 2 à 10 jours : plants emballés dans un → Approvisionner régulièrement le
→ Veiller à l’humidifica on régulière par
local frais et ven lé chan er et enlever les plants au fur et à
temps sec, chaud et venteux en arrosant
 > 10 jours : mise en jauge mesure des besoins.
tous les 2 à 3 jours.

Mise en jauge
Idéalement, l’endroit choisi pour la mise en jauge doit se trouver à proximité du chan er de planta on, il doit être frais, abrité du vent
et du soleil, de préférence à exposi on nord. La tranchée doit avoir la profondeur des racines des plants et être creusée dans le sens 5
SO-NE. Les plants doivent être posi onnés inclinés avec la tête exposée au nord-ouest pour protéger les bourgeons terminaux du plein
ensoleillement au sud et profiter des vents frais et humides. Par temps sec, il convient d’humidifier le sol de la jauge avant d’installer les
plants.

N-E

ř Ś ś
S-O

Ŝ ŝ Ş

Apporter les bo es sur le lieu de mise en jauge. Ouvrir un second sillon et recouvrir les racines des plants étalés.
Ouvrir un premier sillon orienté SO-NE. Étaler une seconde ligne et plus si nécessaire.
Débo er et étaler les plants dans le sillon creusé. Recouvrir les racines des plants étalés.

5.3. Habillage des plants


L’habillage des plants à racines nues consiste à « toile er » les racines et, à moindre mesure, les par es aériennes
avant la planta on. Ce e opéra on favorise la reprise des plants en corrigeant avec un sécateur bien affûté les défauts
suivants : la présence de blessures sur les racines ou sur les branches et un déséquilibre entre le système racinaire et
la par e aérienne.
79
5. Planta on

A en on, il est important d’avoir la main légère et il ne faut pas « déshabiller » les plants : pour un arbre équilibré et
sans blessure, mieux vaut corriger les défauts de conforma on (fourches, inser on de branches trop redressées ou
trop grosses) 2 à 3 ans après la planta on. Chaque coupe implique en effet une réac on de l’arbre pour se protéger des
pathogènes extérieurs et cons tue un stress supplémentaire à la transplanta on.

Bonnes pra ques agrofores ères Habillage des plants

Racines blessées Défauts physiques de la ge Équilibre ge-racines

→ Couper proprement les par es mu lées


→ Réduire éventuellement le développement trop
des grosses racines.
→ Couper proprement les par es vigoureux du chevelu racinaire des pe ts plants.
→ Rafraîchir légèrement le chevelu si besoin.
mu lées ou les branches → Réduire éventuellement le volume des par es
NB : Conserver le pivot le plus long possible
présentant des blessures aériennes des grands plants dont les racines ont
pour les espèces à enracinement pivotant :
d’écorce. été amputées à l’arrachage ou réduites par la
minimum 15 cm et absolument 30 cm pour
correc on des racines blessées.
les noyers.

5.4. Mise en terre des plants


En agroforesterie, le nombre très restreint d’arbres impose de réaliser des planta ons soignées, dans les règles de l’art,
afin d’assurer une excellente reprise. La transplanta on doit avoir lieu entre le début du mois de novembre et la mi-
mars. Il faut éviter le dessèchement du plant, qui apparaît lorsque les racines nues sont trop longtemps exposées à l’air,
et s'abstenir de planter en période de gel. S'il n’est pas possible de planter dès la récep on des plants, il est nécessaire
de les me re en jauge.

5.4.1. Période de planta on

Bonnes pra ques agrofores ères Périodes op males de planta on

1. Hors montée de sève, débourrement des plants et


ƉůĂŶƚĂƟŽŶĚĞƉůĂŶƚƐĞŶŐŽĚĞƚ ƉůĂŶƚĂƟŽŶĚĞƉůĂŶƚƐĞŶŐŽĚĞƚ feuillaison.
2. Période accessible : la première année, privilégier
ƉůĂŶƚĂƟŽŶĚĞƉůĂŶƚƐ ƉůĂŶƚĂƟŽŶĚĞƉůĂŶƚƐ les semis agricoles de printemps pour assurer
à racines nues 1 à racines nues l’accès de la parcelle à l’automne (en vue de la
planta on) ;
sinon planter en novembre et postposer les semis
J F M A M J J A S O N D d’automne après planta on (2’).
3. Sta ons argileuses humides : impéra vement
2 2 au printemps pour éviter le déchaussement des
3 2’ plants soulevés par des gels-dégels successifs.
4 4 Sta ons giboyeuses : au printemps pour éviter
les dégâts durant la période de diète hivernale
hors gel - dégel hors gel - dégel (a en on aux lièvres et aux lapins).
4. Hors gel-dégel marqué et dans un sol ressuyé.

80
Deuxième phase : installer son projet

Pour les plants à racines nues, la période de planta on 5.4.2. Planta on de plants en godet
s’étend de novembre à la mi-mars :
Pour la planta on de haies, les plants en godet
• Avant novembre, le feuillage des espèces caduques cons tuent une technique rapide et efficace : ce e
est encore fourni ; il va pomper toutes les réserves technique présente un intérêt majeur face aux printemps
en eau du plant et l’assécher. et étés secs, de plus en plus fréquents. Les plants en
• Après la mi-mars, les nouvelles radicelles de godet, généralement jeunes (1 à 2 années de semis), de
printemps commencent leur croissance ; la pe te taille (< 50 cm) et enracinés dans leur substrat,
transplanta on va donc les briser et entraîner une sont moins sensibles à un déficit hydrique et subissent
diminu on de vigueur durant la première année. moins la crise de la transplanta on. Leur reprise est
logiquement plus performante. Ils sont certes un peu
Globalement, la seconde quinzaine du mois de plus onéreux à l’achat, mais les résultats de reprise
novembre est vivement recommandée ; le vieux dicton sont supérieurs à ceux des plants à racines nues lors de
« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » prend périodes à déficit hydrique.
tout son sens.
Ce e technique dispense de la mise en jauge et de la
En effet, à ce e période, le sol frais et encore légèrement tâche du regarnissage ; cependant, elle nécessite un 5
« chaud » de l’été assure un pré-enracinement des travail préalable du sol et un paillage (les plants de
arbres et une meilleure reprise : ils résisteront mieux à pe te taille sont plus vite étouffés par la végéta on
une éventuelle sécheresse printanière ou es vale. concurrente). Dans un sol ameubli, recouvert ou non
d’un plas que biodégradable, ce type de planta on peut
Pour les plants en godet (synonymes : en mo e ou en éventuellement se réaliser avec une canne à planter,
conteneur), la période de planta on est sensiblement aussi dénommée tube à planter. Ce procédé facilite la
plus étendue, pouvant aller de mi-août à mi-juin. mise en terre et augmente significa vement la vitesse
de planta on.

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on de plants en godet

 travail préalable du sol par fraisage en bandes


 rendement élevé
 plants de pe te taille avec risques accrus de dégâts de gibiers et
 périodes de planta on plus allongées
campagnols

ř Ś ś Ŝ ŝ Ş
Enfoncer le tube dans le sol jusqu’au niveau de l’indicateur de profondeur.
Ouvrir la mâchoire du tube en appuyant sur la pédale.
Placer le plant en godet dans le tube et le laisser tomber.
Re rer le tube en le faisant pivoter légèrement.
Une fois le plant complètement libéré du tube, rer sur la gâche e pour refermer la mâchoire
de l’ou l.
Recouvrir la mo e de 2 ou 3 cm de terre pour éviter son assèchement (« effet mèche »).

81
5. Planta on

5.4.3. Planta on de plants à racines nues

[Link]. Règles à respecter

Bonnes pra ques agrofores ères Règles élémentaires

Pour toutes techniques de planta on Manuten on préven ve des plants contre le dessèchement

 racines bien étalées et jamais Lors de la manipula on de plants à racines


retroussées nues, il faut éviter d’exposer les racines à
 ge ver cale des risques de desséchement durant les
 collet au niveau du sol journées ensoleillées ou par vents secs du
 bon contact racines-terre sans N-E.
compac on : tassement ferme
de la pointe du pied sans coup de L’u lisa on d’un sac de planta on est
talon ! indispensable.
Sac de planta on à traîner au sol
 gazon retourné pour éviter l’effet
« mèche » : évapora on excessive
d’une terre nue

Risques de dessèchement des racines au soleil Protec on des racines dans un sac de planta on

Pralinage des racines

Notamment pour les plants de hauts-jets de feuillus à racines nues, le pralinage est
recommandé. Il consiste à plonger les racines jusqu’au collet dans une bouillie minérale et
organique, laquelle réduit les risques de dessèchement et favorise une meilleure reprise
racinaire.

Préparer un pralin de bonne composi on :

 4 pelletées de terre argileuse


 2 pelletées de bouse de vache ou de fumier composté
 2 kg de phosphate organique
 de l’eau pour obtenir une bouillie onctueuse adhérant bien aux racines des plants

A en on à éviter tout dessèchement du pralin sur les racines pour empêcher la rétrac on et
la déchirure des fines radicelles.

82
Deuxième phase : installer son projet

[Link]. Planta on manuelle

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on à la simple fente

La planta on à la simple fente rapide est à réserver pour des pe ts plants arbus fs de haies. Ce e technique est déconseillée pour
des plants plus forts avec des racines plus développées. Aussi, la planta on en simple fente risque de ne pas assurer une bonne
reprise, sauf sur les terrains préalablement travaillés.

ř Ś ś Ŝ
5
 rapidité
Enfoncer la bêche ver calement dans le sol.  simplicité
Basculer le manche de l’avant vers l’arrière pour créer une ouverture suffisante.
Placer le plant dans l’ouverture ainsi créée, les racines bien étalées vers le bas,  fente étroite et compactage des parois
et ajuster la posi on du collet par rapport au sol.  volume du trou : ± 1 l
 racines souvent mal posi onnées et
Re rer la bêche et refermer la fente avec le pied.
comprimées

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on à la double fente

La planta on à la double fente se pra que également pour des plants arbus fs de haies. Ce e technique présente un meilleur
compromis technico-économique par rapport à la planta on à la simple fente.

ř Ś ś Ŝ ŝ Ş

Enfoncer la bêche ver calement dans le sol et la re rer.  meilleur posi onnement
Planter la bêche de biais. des racines
 rapidité moyenne
Re rer la por on de sol ainsi découpée.
 volume du trou : ± 2 l
Émie er finement le substrat prélevé.
Placer le plant dans l’ouverture ainsi créée, les racines bien  volume disponible pour
étalées vers le bas, et ajuster la posi on du collet par rapport au sol. les racines encore trop
Replacer la terre avec le pied et tasser modérément de la pointe insuffisant pour les
du pied. plants forts

83
5. Planta on

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on à la fente en T, à la bêche ou à la houe-hache

La planta on à la fente en T est rapide et op male pour des plants de hauteur moyenne : 50 à 100 cm de hauteur.

ř Ś ś Ŝ ŝ

ř Ś ŝ ŝ

Réaliser une première fente sur la ligne de planta on.


Réaliser une deuxième fente perpendiculaire à la première pour former une ouverture en « T ».
Incliner le manche vers le sol pour former une cavité ou relever le manche de la houe-hache.
Glisser le plant au fond de l’ouverture en étalant bien les racines.
Ramener la bêche à la ver cale, relever le collet si nécessaire et tasser modérément de la pointe du pied.

 rendement intéressant  risques de racines mal disposées dans le sol (surtout pour les grands
 meilleur compromis
 technique de travail plants)
 volume du trou : ± 3 l
ergonomique  risques de poche d’air

84
Deuxième phase : installer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on en potet

La planta on en potet, exigeante et plus fas dieuse, est des née aux plants de hautes- ges : hauteur > 100 cm.

A C A C A
B B B

ř Ś ś Ŝ

C A C A A
B

ŝ ŝ Ş ş

Découper éventuellement le tapis d’herbacées en place (A).


5
Extraire le sol superficiel de qualité (B) (structure aérée avec ma ère organique), bien ameublir.
Enlever le reste de substrat sur la profondeur décidée (C) (1,5 x la longueur des racines), bien émie er.
Ameublir le fond à coups de bêche pour favoriser le drainage de l’eau en excès et la pénétra on des racines en profondeur.
Placer le plant dans l’ouverture ainsi créée, les racines bien étalées vers le bas, ajuster la posi on du collet par rapport au sol et
replacer la terre avec le pied ou à l’aide de la bêche : d’abord le bon substrat extrait en B, ensuite le sol de moindre qualité extrait en C
pour refermer le trou.
Retourner les mo es de gazon prélevées en A sur la terre de remblai pour éviter « l’effet mèche » : évapora on de l’eau du sol non
couvert.
Tasser modérément de la pointe du pied.

 cavité spacieuse avec sol aéré


 bonne disposi on du système racinaire  rendement faible
 bonne reprise et croissance vigoureuse des plants  main-d’œuvre coûteuse
 volume du trou : ± 12 l

85
5. Planta on

[Link]. Planta on à la tarière 5.4.4. Planta on de boutures


La planta on à la tarière présente l’avantage d’aérer Les boutures ligneuses concernent principalement
et d’ameublir finement la terre au sein du trou de 4 essences par culièrement volontaires : les saules, les
planta on. Elle est à privilégier pour la planta on en aulnes, les peupliers et le robinier. Elles peuvent aussi
plein champ de hautes- ges ou d’arbustes de haies sans concerner certains arbustes tels que les sureaux, les
prépara on préalable du sol. Son seul inconvénient est cornouillers et les groseilliers. La récolte des boutures
de lisser les parois du trou de planta on dans des sols s’effectue généralement en février-mars. Pour certains
non ressuyés de texture argileuse. Pour prévenir ce projets, notamment les taillis à courte et très courte
risque, des points de soudure peuvent être apposés sur rota on à valorisa on énergé que, les boutures sont
le bord externe de la vrille : préférer le diamètre le plus achetées chez un pépiniériste spécialisé pour disposer
large possible soit 15 à 25 cm. Le forage doit toujours de cul vars sélec onnés et adaptés.
être réalisé dans un sol ressuyé.
Pour les boutures de rameaux, il suffit de prélever
Différents modèles existent : tarières thermiques pour quelques rameaux de la plante convoitée : couper
1 ou 2 porteurs, tarières autonomes portées sur roue, au sécateur des segments d’environ 30 cm au niveau
tarières mécaniques sur prise de force pour tracteurs des branches de la dernière végéta on, plus vertes et
et tarières mécaniques hydrauliques pour tracteurs et ne ement différentes du reste de la plante. Le repiquage
pelleteuses. s’opère en pleine terre et à l’ombre, en prenant toujours
bien soin de garder le sol humide. En condi on plus
Tarières mécanisées sèche, on peut envisager des rameaux de plus grande
Tarière thermique 1 homme Tarière thermique autonome longueur pour enfoncer la bouture plus profondément
dans le sol.
Pour les espèces telles que l’aulne glu neux, la majorité
des saules (excepté le saule marsault), les peupliers,
le sureau et le robinier, les hormones végétales de
l’enracinement sont par culièrement ac ves au
voisinage des bourgeons dormants dans la par e
supérieure des pousses. Pour d’autres espèces comme
le saule marsault, le peuplier tremble et le prunellier, la
Tarière mécanique sur prise de force
mul plica on par boutures peut être réalisée à par r de
fragments de racines.
La planta on des boutures est soit manuelle soit
mécanisée. Les boutures s’enfoncent directement dans
un sol préalablement travaillé ou sont posi onnées
dans un trou ou une tranchée, dont les caractéris ques
sont présentées dans l’encadré de la page suivante.
La mise en terre des boutures s’effectue soit au mois
de novembre, avec un avantage sur le plan hydrique
mais un désavantage vis-à-vis du gibier, notamment
le lièvre et le lapin qui apprécient ces jeunes pousses
appétantes en période hivernale ; soit au mois de mars,
en réduisant la pression des léporidés, mais avec un
risque de mauvaise reprise si le printemps est sec.
86
Deuxième phase : installer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on manuelle d’une bouture

Coupe EN BISEAU
à l’extrémité Trou ou tranchée avec paroi
au-dessus Ŝ ŝ ver cale profonde de 15 à 20 cm.
d’un oeil Mélange éventuel de sable et
de terreau dans le fond du trou.
ř ś Bouture adossée à la paroi
L : 10 à 60 cm ver cale et fermement appuyée
Ø : 7 à 12 mm sur le fond.
Ś Le ers supérieur au-dessus
du sol.
Coupe DROITE
à l’extrémité Tassement avec le pied et
en dessous arrossage régulier par temps sec.
d’un oeil

5.4.5. Planta on de plançons


5

Pour la planta on de peupliers et de saules conduits ultérieurement en têtard, on opte généralement pour des plançons.

Pour la planta on de saules, on prélève généralement les plançons dans la nature durant le repos végéta f hivernal,
idéalement de février à mi-mars. Néanmoins, pour les projets d’envergure nécessitant un étalement des prélèvements
et des planta ons, on peut débuter en novembre. Les plançons prélevés doivent être issus de rejets vigoureux, bien
droits et peu ramifiés d’un diamètre de 2 à 8 cm et d’une longueur de 2 à 3 m. Il convient d’ajuster une coupe franche
en biseau à la base pour faciliter son enfoncement.

Bonnes pra ques agrofores ères Planta on d’un plançon

ř Ś ś

Réaliser un trou avec une tarière thermique ou manuelle : Ø ± 10 cm, profondeur - 1m.
Disposer le plançon dans le trou en l’enfonçant avec vigueur.
Replacer la terre dans le trou et tasser avec un manche d’ou l.

87
5. Planta on

Pour les peupliers conduits en haut-jets, on opte et la pérennité des planta ons. En Région wallonne,
généralement pour des plançons achetés en pépinière. il convient tout par culièrement de se fournir chez
On trouve actuellement des cul vars sélec onnés selon un pépiniériste labélisé Cer fruit, soit directement
plusieurs critères : adapta on à la sta on, résistance aux chez l’ar san greffeur soit chez l'un des revendeurs
pathogènes, croissance soutenue, rec tude du tronc, adhérents dont les coordonnées sont listées sur le site
résistance aux vents (par exemple, les cul vars Muur [Link] [Link]. Véritable gage de qualité, ce label
et Oudenberg u lisés en alignement agrofores er). assure le respect du cahier des charges des bonnes
Différentes dimensions sont généralement disponibles pra ques et garan t l’origine et l’authen cité variétale ;
mais il est préférable d’u liser des plançons de 2 ans un é quetage durable et officiel ; des variétés adaptées
de catégorie A2 (10-12 cm de circonférence à 1 m à nos régions, tolérantes aux maladies ; une produc on
de hauteur). En pépinière, les plançons doivent être locale et ar sanale ; une qualité supérieure des arbres.
récoltés le plus tard possible avant planta on et être Aussi, il est préférable de commander ses arbres un
protégés lors des transports et des manipula ons. S’il an à l’avance. Cela permet d’obtenir des arbres greffés
y a eu passage en chambre froide, ils seront trempés spécialement pour la commande et évite de recevoir
dans l’eau au moins une journée. Les plants doivent être des fins de stock, des invendus ou des arbres de moindre
bien aoûtés (lignifica on de la pousse terminale), les qualité retournés par les professionnels.
bourgeons toujours présents et en bon état.
L’idéal est, enfin, de se procurer des arbres avec des
La planta on se réalise à l’aide d’une tarière de diamètre porte-greffes de pommier sauvage, bien moins sensibles
compris entre 8 et 15 cm, les trous de planta ons sont à la probléma que du campagnol (plus d’informa ons
forés sur une profondeur idéale de 80 cm, d’une part et possibilité d’achat en s’adressant au Centre de
pour assurer la stabilité des plançons et d’autre part Michamps - BE).
pour favoriser le développement des racines dans les
horizons humides du sol. À la commande, il est recommandé de demander au
pépiniériste de marquer le nord sur les arbres avec une
Des planta ons plus profondes sont conseillées bombe de peinture ; les arbres seront replantés dans
dans certains milieux secs mais, pour des raisons leur direc on ini ale afin d’éviter les coups de soleil.
économiques, elles ne dépasseront pas 1,2 m. Il faut
éviter la barre à mine ou tout autre matériel entraînant La planta on des arbres frui ers hautes- ges nécessite
un lissage des parois. d'être par culièrement mé culeux.

La coupe du plançon doit être rafraîchie (en biseau)


avant qu'il ne soit enfoncé dans le fond du trou. Les
trous doivent être correctement rebouchés, en évitant
les poches d’air : toujours veiller au bon tassement de
la terre au pied afin d’éviter tout ballo ement du plant
pouvant mener à de futures déchirures racinaires.

Si les consignes ci-dessus sont respectées, la reprise est


assurée avec une probabilité supérieure à 90 %.

5.4.6. Planta on de frui ers

À l’achat des arbres frui ers hautes- ges, la qualité


et la provenance sont capitales pour la bonne santé
88
Deuxième phase : installer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Étapes de planta on

Réaliser le trou de planta on. Installer la cage de protec on contre les campagnols.

A
B
C

ř Ś
5
La largeur et la profondeur du trou de planta on doivent être  Treillis métallique : hauteur 1 m, mailles hexagonales de 13
d'un ers supérieures à celles des racines : pour ce faire, on à 16 mm.
considère généralement un peu moins de 2 fers de bêche.  Épaisseur du fil : < 0,8 mm pour perme re aux racines de
dilater le treillis par la suite.
 Séparer les mo es d’herbe (A), la terre du dessus riche en  Ne pas u liser du fil métallique plas fié.
humus (B) et la terre du dessous (C).
 Ameublir le fond à la bêche sur environ 20 cm pour une Technique d’élabora on de la cage détaillée à la page 120.
pénétra on plus facile des racines ; sur sol caillouteux, piocher
le fond sur 30 cm et remplacer ce substrat par de la terre
ameublie.

Placer le tuteur. Préparer le substrat.

N
O E

Profondeur
шϴϬĐŵ S
ś Ŝ

 Longueur du tuteur : 2,5 m.  Mélanger la terre riche en humus finement émie ée à du


 Enfoncement du côté des vents dominants du S-O (min. 80 cm terreau, du compost bien décomposé et/ou des engrais
de profondeur). organiques complets.
 Hauteur finale du tuteur < hauteur du tronc de l’arbre frui er  Former un cône au fond du trou et au centre pour que la
haute- ge. base des racines se situe au niveau de la surface du sol (par
préven on du tassement du sol).

89
5. Planta on

Posi onner l’arbre. Recouvrir les racines avec la bonne terre.

ďŽƵƌƌĞůĞƚĚĞŐƌĞīĞ

base du sol
base des racines

ŝ Ş

 Poser l’arbre sur le cône au centre à 10 cm du tuteur, le bourrelet de  Reboucher le trou en recouvrant les racines avec le
greffe doit se situer à 5 - 10 cm au-dessus de la surface du sol. reste de terre riche en humus, en prenant garde de ne
 Fixer l’arbre au tuteur à 1 ou 2 endroits avec un lien élas que sans pas former de cavités.
trop serrer (réaliser un 8 en laissant une main d’écart), le lien est fixé
au tuteur à l’aide d’un clou.

Raba re le treillis et reboucher le trou. Apporter de la ma ère organique et/ou un paillage.

ş Š

 Raba re le treillis jusqu’à épouser le tronc et le tuteur.  Appliquer éventuellement du fumier ou du compost
 Arroser en fonc on de l’humidité du sol et des condi ons bien décomposé et les incorporer légèrement (s’il
météorologiques. s’agit de MO fraîche, jamais en contact avec les racines
 Placer les mo es de gazon sur les côtés du trou juste avant de ou le tronc pour éviter les risques de brûlure).
refermer complètement celui-ci ; en surface, elles sont des lieux de  Pailler pour favoriser la vie du sol et limiter le
prédilec on pour les campagnols. développement des mauvaises herbes : BRF, dalles ou
 Répar r la terre du sous-sol aux endroits plus éloignés et tasser films biodégradables.
légèrement.

Consignes par culières : veiller toujours à maintenir le point de greffe hors du sol pour éviter à l’entre-greffe de s’enraciner
(marco age) et d’affranchir le système racinaire originel (issu d’une graine) ; en effet, leur variété et leur vigueur diffèrent. Enfin,
l’enracinement n’est pas iden que s’il est issu d’une graine ou d’un marco age ; cela influe également sur la vigueur générale de
l’arbre.

90
Deuxième phase : installer son projet

91
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

6. Paillage, protec ons et lu e contre les campagnols


Un projet agrofores er implique un inves ssement financier, du temps et de la main-d’œuvre ; il est donc
logique de s’assurer de la viabilité des arbres plantés. Il est important de considérer la transplanta on et le
stade juvénile comme des phases par culièrement délicates dans la vie d’un arbre. À ce stade, l’arbre est
vulnérable face à trois phénomènes :
• le manque d’eau et la compé on pour les réserves minérales ;
• la pression du bétail et/ou du gibier, par culièrement les premières années et éventuellement durant toute
la vie de l’arbre ;
• les dommages des campagnols.

6.1. Paillage Malgré son coût parfois élevé, le paillage cons tue
une solu on efficace ; il consiste à disposer sur le sol,
La végéta on adven ce varie selon les régions et les au pied des plants, un matériau formant un écran pour
condi ons sta onnelles, mais aussi suivant la couverture améliorer leur reprise et leur croissance. Il permet de :
vivante au moment de la planta on et la banque de • limiter le développement des adven ces ;
graines dans le sol. Dès la première année, la reprise • réduire les pertes du sol en eau et contribuer à
végéta ve d’un jeune plant peut être mise à mal si le conserver le sol frais ;
printemps est sec et/ou si la compé on pour la réserve • réguler la température du sol et améliorer sa stabilité
en eau et en minéraux est forte. Dans la lu e pour l'eau, structurale ;
la graminée est la végéta on la plus concurrente : avec • influer posi vement sur la disponibilité des éléments
son chevelu racinaire dense et sa surface foliaire élevée, nutri fs dans le sol ;
elle en est une forte consommatrice. • éventuellement, favoriser la vie du sol.

Les jeunes planta ons réclament donc des interven ons Le risque majeur du paillage est de favoriser la présence
pour réduire la concurrence aérienne et souterraine des du campagnol au sein des lignes de planta on. Si la
adven ces. Trois opéra ons préven ves et cura ves présence du rongeur est pressen e, le paillage est
perme ent de faire face à ce e probléma que : le déconseillé et il faut alors opter pour le dégagement
(cfr. point 7.2., p. 128).
paillage, les dégagements et le désherbage chimique.

Mesures directes et indirectes contre la colonisa on d’adven ces


Paillage Dégagement Désherbage chimique

92
Deuxième phase : installer son projet

6.1.1. Types de paillage

On dis ngue deux grandes catégories de paillage :


• les paillages consistants : d’un seul tenant, ils sont livrés sous forme de rouleaux, dalles ou feuilles ;
• les paillages fluides : sans cohésion entre les différents éléments de même nature qui les composent, ils sont livrés
en vrac ou compressés en bo es.

[Link]. Paillages consistants

 Films et feuilles

Les films et feuilles sont minces (< 5 mm) et flexibles, fabriqués en polyéthylène, polypropylène, bioplas que ou
ma ères végétales.

Feuilles et toiles souples


Films plas ques (< 1 mm)
végétales (2 à 5 mm)
Polyéthylène Polypropylène Acide Poly-Lac que (PLA) Fibres végétales

 Plaques, toiles et feutres

Les paillis en plaques, toiles ou feutres sont épais (> 5 mm) et plus rigides. Ils sont fabriqués à base de fibres, de pâte de
bois ou de par cules de liège assemblées par un liant soit organique, soit de synthèse, soit de bioplas que.

Plaques, toiles et feutres épais (entre 4 et 20 mm)


Fibres de bois Par cules de liège Feutre organique ou feutre PLA

[Link]. Paillages fluides

Les paillis en couche sont les plus épais (> 10 cm). Ils sont fluides et très poreux, ils sont cons tués de matériaux
déposés librement sur le sol : paille, foin, Bois Raméal Fragmenté (BRF), plaque es, écorces, copeaux.
93
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

Couches (> 10 cm)


Écorces Chanvre Bois Raméal Fragmenté Plaque es

6.1.2. Vitesse de dégrada on d’un Enfin, l’épaisseur joue un rôle non négligeable car
paillage la par e en contact avec le sol humide se dégrade
en premier, surtout avec des éléments grossiers. On
La vitesse de dégrada on d’un paillage est difficile à considère qu'une couche de 10 à 15 cm est le minimum
déterminer, en par culier pour les matériaux à base requis pour une bonne tenue et une bonne efficacité. En
végétale. Elle dépend des condi ons clima ques, dessous, la dégrada on est trop rapide et les adven ces
de la température, de l’humidité et de l’ac vité émergent facilement.
microbiologique du sol, propre à chaque région et à
6.1.3. Modalités de pose
chaque parcelle. La manipula on et la pose correctes
influent également sur la dégrada on. Les modalités de pose d’un paillage dépendent de ses
caractéris ques. Il est soit installé manuellement soit
Concernant les broyats et les plaque es, outre leur
disposé à l’aide d’un matériel agricole adapté : une
nature, la taille des éléments condi onne la vitesse de
dérouleuse à plas que, une dérouleuse à balles rondes
dégrada on. En effet, un broyat fin se dégrade plus vite
ou une benne distributrice. Pour faciliter la mise en place
du fait de sa pe te taille, mais aussi parce qu'il conserve
d’un paillage individuel ou en bande sur la surface à
davantage l’humidité en son sein. Quand le paillage
recouvrir, il est indispensable de bien aplanir le sol et de
forme une masse humide compacte avec les mycéliums,
ne oyer sa surface en ôtant les obstacles qui pourraient
il commence à se dégrader rapidement. En revanche, les
empêcher le paillis d’entrer en son contact.
broyats grossiers me ent plus de temps à se dégrader :
de par leur taille et un certain brassage de l’air, la par e [Link]. Installa on manuelle
supérieure du paillage sèche plus rapidement et il en
résulte une plus longue tenue. Le paillage manuel est une opéra on à réserver à un
nombre restreint d’arbres.

Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’un feutre organique

1. Poser le feutre incisé au 3. Fixer les coins avec des 4. Recouvrir le pourtour avec un
2. Fermer la fente.
milieu. agrafes. bourrelet de terre.

94
Deuxième phase : installer son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’une plaque organique

4. Idéalement, recouvrir le
pourtour et la langue e
1. Posi onner la plaque. 2. Placer la langue e amovible. 3. Fixer les agrafes aux coins.
amovible avec un bourrelet
de terre.

Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’une toile ou d'un film

1. Creuser deux sillons espacés de 60 à 3. Fixer le paillis aux deux extrémités


2. Déployer le rouleau (100 à 140 cm de
100 cm (en fonc on de la largeur du rouleau) à l’aide d’une ficelle reliée à deux
large) et bien tendre la toile ou le film.
des nés à enterrer 20 cm de la toile ou du film. piquets.

4. Dans chaque sillon, recouvrir de terre les bords 6. Dégager l’emplacement du trou de
5. Découper une entaille en forme de X
du paillis tout en exerçant avec les pieds une planta on pour y introduire le plant
ou de T (15 à 20 cm) dans le film.
forte pression pour assurer sa tension parfaite. à racines nues ou en godet.

8. Disposer autour du plant et sous le


9. Maintenir le film et la collere e en
7. Recouvrir les racines ou la mo e de terre pour paillis une collere e de plas que (30 x
place avec une pelletée de terre, de
ensuite la tasser autour du plant. 30 cm) pour éviter le développement de
sable ou de gravier.
mauvaises herbes à son pied.

95
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

[Link]. Installa on mécanique

Le paillage mécanique s’envisage soit pour des projets d’envergure soit si le matériel déposé (paille, foin, plaque es...)
est directement disponible sur place.

Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’une toile ou d’un film en long

1. Éliminer la végéta on présente et travailler la terre sur toute la longueur de la


planta on.
2. Poser le paillage à la dérouleuse ; pour les haies à plusieurs rangs, adapter la distance
entre les rouleaux à celle des futures lignes de planta on.
3. Entailler le plas que au cu er à l’emplacement du plant : fentes en X ou en T .
4. Me re le plant en terre et refermer, idéalement avec une collere e en plas que (30 x
30 cm).

Bonnes pra ques agrofores ères Paillages fluides à la benne distributrice

6.1.4. Compara fs des paillages couramment u lisés

La synthèse ci-après présente les caractéris ques des différents types de paillage les plus couramment u lisés. Certains
résultats sont directement rés d’une étude réalisée par Prom’Haies (Prom’haies & partenaires, 2007) en France ; les coûts sont
actualisés pour la Belgique et la France (août 2019) et sont renseignés HTVA.

96
Deuxième phase : installer son projet

Paillages consistants, films et feuilles

Film plas que Film PLA (acide


BioFilm Toile PP
Type (polyéthylène traité poly-lac que) Toile PLA ssée
Sylva® ou Cellobio® Polypropylène ssée
an -UV) biodégradable

Approvisionnement Fournisseur Fournisseur Fournisseur Fournisseur Fournisseur

Épaisseur / grammage 80 microns 150 à 200 g/m² 80 microns 110 g/m² 190 g/m²

Coûts de fourniture 0,25 à 0,50 €/m² 0,6 à 3 €/m² 0,95 à 3 €/m² 0,30 à 0,50 €/m² 1,8 à 2,2 €/m²

à 3 mois 4 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 4 4/3 4 4 4
paillant *
à 27 mois 4 3/0 3/1 4 4

Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec
Pose du paillage
dérouleuse dérouleuse dérouleuse dérouleuse dérouleuse

 très résistant à la  très résistant à la


 pose rapide à la
pose et durable pose et durable  très résistant à la
dérouleuse
 pose rapide à la  pose rapide à la  pose rapide à la pose et durable
 bonne croissance
dérouleuse dérouleuse
des plants
dérouleuse  pose rapide à la 6
 bonne croissance  bonne croissance  bonne croissance dérouleuse
 efficace contre les
Avantages des plants des plants des plants  bonne croissance
adven ces
 efficace contre les  efficace contre les  efficace contre les des plants
 Sylva® : « ok
adven ces adven ces adven ces  efficace contre les
biodégradable »
 très durable  « ok compost »  très durable adven ces
 Cellobio® : « ok
 très faible coût à  très faible coût à  « ok compost »
compost »
l’achat l’achat

 non
 nécessite de  nécessite de  nécessite de
biodégradable
recycler les recycler les recycler les
 coût élevé à cause
 non agrafes (si agrafes (si agrafes (si
de l’obliga on de
biodégradable placées) placées) placées)
recyclage, la toile
 coût élevé à cause  bien vérifier la  bien vérifier la  bien vérifier la
se disloque en
Inconvénients de l’obliga on de composi on composi on composi on
une mul tude de
recyclage (certains produits (certains produits (certains produits
bandele es au
 ne favorise pas la con ennent con ennent con ennent
bout d’un certain
vie du sol du plas que, du plas que, du plas que,
temps
même en ok même en ok même en ok
 ne favorise pas la
compost ) compost ) compost )
vie du sol

 bon compromis  bon compromis  bon compromis


prix/ prix/ prix/
fonc onnalité/ fonc onnalité/ fonc onnalité/
Remarques
mécanisa on mécanisa on mécanisa on
 plas que  plas que  plas que
biosourcé biosourcé biosourcé

L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul

97
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

Paillages consistants, plaques, toiles et feutres

Feutre de fibres de
Dalles de fibres de Dalles en par cules Toile de chanvre
Type bois, de chanvre… Feutre 100 % PLA
bois compactées de liège hydrolié
aiguilletées (1.000g/m²)

Approvisionnement Fournisseur Fournisseur Fournisseur Fournisseur Fournisseur

0,5 à 1 cm
Épaisseur / grammage 0,8 cm 0,35 cm 0,45 à 1,3 cm 400 à 800 g/m²
1.000 à 1.400 g/m²

Coûts de fourniture 3 à 6 €/m² 4 à 6 €/m² 1 à 2 €/m² 1,4 à 2,7 €/m² 2 à 5 €/m²

à 3 mois 4 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 4 4 4/3 4 2/1
paillant *
à 27 mois 3/2 4 3/1 4 1/0

Manuelle ou avec Manuelle ou avec


Pose du paillage Manuelle Manuelle Manuelle
dérouleuse dérouleuse

 perméable à la
 biodégradable, pluie  biodégradable
 perméable à la
 durable perméable à la pluie  résistant :  améliore
pluie
 biodégradable  améliore légèrement manipula on légèrement la
 biodégradable
 bonne croissance la vie du sol facile vie du sol
 bonne
Avantages des plants  résistant :  efficace contre  manipula on
croissance des
 efficace contre manipula on facile les adven ces facile
plants
les adven ces  efficace contre les  bon compromis  efficace contre
 efficace contre
 bon compromis adven ces pour un coût les adven ces
les adven ces
 coût raisonnable raisonnable  coût raisonnable
 « ok compost »

 coût élevé  coût élevé


 dégrada on un
 favorise peu la  favorise peu la
 nécessite de peu précoce
vie du sol vie du sol  nécessite de recycler
recycler les  nécessite de
Inconvénients  nécessite de  nécessite de les agrafes (si
agrafes (si recycler les
recycler les recycler les placées)
placées) agrafes (si
agrafes (si agrafes (si
placées)
placées) placées)

 nécessite une
prépara on
minu euse du  nécessite une  dégrada on plus  dégrada on plus
Remarques sol prépara on rapide en milieu rapide en milieu
 dégrada on plus minu euse du sol humide humide
rapide en milieu
humide

L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul

98
Deuxième phase : installer son projet

Paillages fluides, couches

Copeaux de bois
Copeaux de bois Bois Raméal Fragmenté
Type (plaque es de Écorces de pin
(plaque es de résineux) (BRF)
châtaignier)

Approvisionnement Local ou fournisseur Fournisseur Local ou fournisseur Fournisseur

Épaisseur / grammage 10 cm 10 cm 15 cm 10 cm

Coûts de fourniture 0 à 3,5 €/m² 4 à 11 €/m² 0 à 4,5 €/m² 4 à 10 €/m²

à 3 mois 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 3 4 3/2 4
paillant *
à 27 mois 2 4 2/0 4

Pose du paillage Désileuse Désileuse Désileuse Désileuse

 bonne croissance des  biodégradable


plants  durable  conserve bien
 durable
 biodégradable  bonne croissance des l’humidité du sol
 bonne croissance des
6
 conserve bien plants  favorise énormément la
Avantages plants
l’humidité du sol  biodégradable vie du sol, la santé et la
 biodégradable
 favorise la vie du sol  conserve bien nutri on des plants
 conserve bien
 possibilité l’humidité du sol  possibilité
l’humidité du sol
d’approvisionnement  favorise la vie du sol d’approvisionnement
gratuit gratuit

 gros volume  gros volume


 gros volume  gros volume
 manuten on adaptée  manuten on adaptée
Inconvénients  manuten on adaptée  manuten on adaptée
pour des volumes pour des volumes
pour des volumes pour des volumes
conséquents conséquents
conséquents conséquents
 coût élevé  coût élevé

 épaisseur de 10 cm
Remarques  épaisseur de 10 cm  épaisseur de 10 cm  épaisseur de 10 cm
minimum (idéalement
minimum minimum minimum
15 cm)

L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul

99
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

Paillages fluides, couches

Type Paille et foin Chènevo e (chanvre) Paille es de lin Miscanthus

Approvisionnement Local Fournisseur Fournisseur Local ou fournisseur

Épaisseur / grammage 20 cm 10 cm 10 cm 10 cm

Coûts de fourniture 0,5 à 2 €/m² 5 à 10 €/m² 2 à 10 €/m² 1,5 à 10 €/m²

à 3 mois 3 4 4 4
Effet
à 15 mois 3 (recharge) 2/1 1/0 2/1
paillant *
à 27 mois 2 0 0 0

Manuelle (plaques
Pose du paillage de bo es carrées) ou Manuelle ou désileuse Manuelle ou désileuse Manuelle ou désileuse
dérouleuse (balles rondes)

 biodégradable
 ma ère première  favorise beaucoup la
 biodégradable  biodégradable
disponible localement vie du sol et améliore
 favorise beaucoup la  favorise beaucoup la
Avantages  coût faible sa qualité
vie du sol et améliore vie du sol et améliore
 prépara on es vale  ma ère première
sa qualité sa qualité
possible, mécanisable parfois disponible
localement

 dégrada on rapide  coût élevé et  coût élevé et  coût élevé et


de la paille et risque dégrada on rapide dégrada on rapide dégrada on rapide
Inconvénients
d’envol si la paille est  recharges régulières  recharges régulières  recharges régulières
désolidarisée indispensables indispensables indispensables

 épaisseur de 10 cm  épaisseur de 10 cm  épaisseur de 10 cm


 recharge nécessaire à
Remarques minimum (idéalement minimum (idéalement minimum (idéalement
n+1
15 cm) 15 cm) 15 cm)

L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul

Bonnes pra ques agrofores ères Choix technico-économique op mal d’un paillage

 Films et bâches : le film PLA et la toile PLA ssée répondent au mieux à une pose mécanisée et aux fonc onnalités recherchées tout
en conservant un prix raisonnable.
 Plaques, toiles et feutres : les feutres de fibres végétales ou de PLA représentent le meilleur compromis entre efficacité, durabilité,
résistance et perméabilité mais leur coût est élevé.
 Paillages fluides : le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est le plus intéressant vu son prix, parfois nul, et l’améliora on induite de la qualité
du sol ; les plaque es fores ères conviennent bien aussi. Ils nécessitent néanmoins tous deux une recharge. Les plaques de paille ou
de foin ne sont pas en reste étant donné la facilité de l'approvisionnement et leur faible coût.

En conclusion, pour des travaux agrofores ers d’envergure avec la planta on de plusieurs centaines de pieds d’essences de haie, on
pourra privilégier la toile de paillage PLA pour des raisons de facilité de mise en œuvre ou du BRF (voire des plaque es fores ères). En
revanche, pour la planta on d’un nombre limité d’arbres à l’hectare, on pourra opter pour des toiles ou des feutres coupés à dimension,
ou des paillages fluides.

100
Deuxième phase : installer son projet

planta on contre les dégâts du bétail, du gibier et des


Pour l’octroi des subsides, les paillages composés
rongeurs est une tâche complexe : elle doit toujours être
de ma ères issues de la pétrochimie sont interdits en
Wallonie et en Hauts-de-France. De plus, ils nécessitent subordonnée à l’étude préalable des facteurs de risque
une dépose contraignante ; aussi, le PLA est « ok compost » de dégâts.
mais pas biodégradable .
Pour cela, il faut lister les animaux suscep bles de
NB : Concernant les films et feuilles biodégradables, fréquenter la zone de planta on et iden fier les dégâts
l’appella on bioplas que indique des plas ques éventuels, prévisibles en fonc on du type d’animal et
directement biodégradables censés se dégrader en
de la race. Cela cons tue le seul moyen efficace pour
éléments simples dans des condi ons données, ou des
plas ques biosourcés dont les ma ères premières sont choisir une méthode de protec on adéquate. La tâche
végétales et non issues du pétrole. Cependant, l’u lisa on est rela vement aisée pour le bétail mais elle est moins
de matériaux plas ques biodégradables et biosourcés évidente pour la faune sauvage et les rongeurs.
est fort controversée. D’une part, leurs composi ons et
procédés de fabrica on sont variés et complexes ; d’autre À défaut de repérer visuellement les auteurs, l’examen
part, leurs caractéris ques de biodégradabilité varient des dommages observés sur de jeunes ligneux à
fortement. C’est pourquoi des normes européennes les proximité de la parcelle à planter fournit des indica ons
définissent. Les matériaux « ok compost » doivent, par
pour les iden fier, l’aspect des blessures étant différent
exemple, être transformés à 90 % en humus en 6 mois
lorsqu’ils sont placés dans des condi ons de compostage
selon l’espèce. Enfin, les indices de présence (coulées,
industriel. Parmi ces condi ons, l’humidité permanente et empreintes, excréments, gîtes…) fournissent également
les températures élevées requises ne se rencontrent pas des informa ons complémentaires. 6
dans la nature. En outre, ces matériaux peu dégradables
ne dispensent pas d’une dépose. Les distributeurs- La protec on de jeunes planta ons est d’autant plus
fournisseurs sont conscients du flou régnant autour de ces indispensable si les essences choisies sont sensibles aux
no ons de dégradabilité. a aques et si la présence du bétail, du gibier et/ou des
rongeurs est importante.
En Belgique, l’organisme cer ficateur TUV Austria
Belgium labellise les bioplas ques selon plusieurs labels :
6.2.1. Types de dégâts

Légende
Espèces animales responsables

âne et cheval vache chèvre mouton

6.2. Protec ons


Pour réussir une planta on, la protec on des jeunes
cerf chevreuil sanglier lièvre lapin campagnol
arbres contre les dégâts du bétail, du gibier et des
rongeurs est souvent indispensable. Pour ce faire,
Risques spécifiques de dégâts
on peut opter pour des protec ons individuelles ou
globales. silhoue e verte silhoue e orange silhoue e rouge
risque faible risque moyen risque élevé
Protéger efficacement et à frais raisonnables une
101
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

[Link]. Dégâts du bétail

Outre les abrou ssements alimentaires, les dégâts comportementaux varient en fonc on du type d’animal et de la
race, notamment :
• bovidés : risques de poussées avec une force importante ;
• ovidés : écorçages, avec une sensibilité élevée des troncs à écorce lisse ;
• équidés : dégâts d’écorçage les plus graves pouvant même mener à la mort de vieux arbres ;
• caprins : écorçages permanents.

Dégâts poten els infligés par le bétail aux planta ons agrofores ères
Abrou ssement Écorçage Poussée et fro ure

 prélèvement de bourgeons, feuilles  prélèvement de l’écorce avec les  fro ement du bétail contre les arbres
et jeunes rameaux incisives pour se libérer des parasites

Dégâts

 surtout les ânes, les vaches et les


 surtout les équidés, les vaches et les  surtout les équidés et les chèvres
moutons
chèvres  intensités variées, voire nulles, en
 intensités variées en fonc on des
 certaines races de moutons fonc on des races de moutons
races de chevaux
Auteur(s)

Origine  alimentaire  alimentaire et comportementale  comportementale

 flèches terminales et rameaux


latéraux pendants, brisés ou  arbre penché, par ellement déraciné
 été : prélèvement de l’écorce par
mâchonnés voire couché au sol
plaques
Observa ons  axes effeuillés par ellement ou  branches basses cassées
 hiver : écorce raclée avec les
totalement  écorce lissée et présence de poils
incisives
 bourgeons terminaux prélevés ou  protec on cassée
brisés

 jeunes arbres à tronc élancé


 frui ers et essences à écorce
Sensibilité  toutes les essences sans excep on sans branches basses et trop peu
mince plus sensibles
enracinés

102
Deuxième phase : installer son projet

[Link]. Dégâts du gibier et des rongeurs

Plusieurs types de dégâts peuvent être occasionnés par la faune sauvage : abrou ssement, rongement, fro s, écorçage,
soulèvement, vermillis et bou s. Ils sont d'origine soit alimentaire soit comportementale.

Dégâts poten els occasionnés par la faune sauvage aux planta ons agrofores ères
Abrou ssement Rongement

 grignotement des racines ou de


 prélèvement de bourgeons, feuilles, pousses, semis ou plantules par les
la base du tronc (traduit par des
animaux pour leurs besoins alimentaires
traces de dents obliques au collet)

coupe
horizontale
Dégâts ne e :
lapin

coupe ne e
en biseau :
lièvre
6
 coupe mâchonnée irrégulière. Surtout
 lapin et lièvre : a aque au niveau
le chevreuil : régime alimentaire à
 lapin et lièvre : incisives à du collet
80 % ligneux
croissance con nue  campagnol : idem + rongement des
 moins le cerf : régime alimentaire à
racines
Auteur(s) dominance herbacée

 alimentaire et comportementale  alimentaire et comportementale


Origine  alimentaire
(besoin d’user leurs incisives) (besoin d’user leurs incisives)

 coupe mâchonnée ou pincée


 périmètre d’a aque < 30 % : perte
 altéra on de la ge principale : perte  sec onnement de la ge
de vigueur et croissance ralen e
de la dominance apicale principale des jeunes plants et/ou
 annéla on de la ge : mort et
 a aques répétées : fourchaisons des rameaux
dessèchement de la ge principale
Observa ons mul ples avec défauts irréversibles  perte de vigueur et croissance
 a aque des racines : jaunissement
(aspect buissonnant) ralen e
des feuilles, arrêt de croissance,
 totalité des pousses prélevée :  rejets avec ges mul ples
mort et chute de l’arbre si a aques
mortalité des jeunes plants
répétées

 feuillus en période de végéta on :  risque plus élevé en période


surtout au printemps lors du enneigée prolongée ou en
 aucune essence épargnée
débourrement de jeunes pousses présence de végéta on herbacée
 prélèvements plus intenses au
tendres développée au pied des arbres :
printemps et en hiver
 dise e alimentaire en période condi ons favorables au refuge et
Sensibilité  plants provenant de pépinières,
hivernale : prélèvement privilégié de à l’alimenta on des rongeurs bien
plus riches en éléments minéraux
l’extrémité des rameaux dissimulés face à la préda on des
et plus appétents par rapport aux
 risque élevé : arbres de plein champ rapaces et des renards
semis naturels en forêt
proches des lisières  risque élevé : essences à écorce
fine et lisse (hêtre, charme)

103
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

Dégâts poten els occasionnés par les cervidés aux planta ons agrofores ères
Fro s Écorçage
 blessures provoquées par les cervidés par
 prélèvement d’écorce par les grands cervidés pour s’alimenter en
fro ement des bois sur le tronc des jeunes
fibres, minéraux et eau
plants

Dégâts

écorçage d’été écorçage d’hiver

 principalement le brocard : entre 20 et 80 cm


 principalement le cerf : du collet à 180 cm de hauteur
de hauteur ; occasionnellement le cerf

Auteur(s)

Origine  comportementale  alimentaire et comportementale

 frayure : fro ement des cervidés contre les


ges pour se défaire du velours de leurs bois,
des lambeaux d’écorce restant a achés au
 printemps et été : de bas en haut, prélèvement aisé de lambeaux
tronc (février, mars)
d’écorce séveuse avec les dents (coupure ne e sur les côtés et en
 marquage du territoire : traces visuelles et
pointe au sommet)
olfac ves par fro ement des ges (espace
Observa ons  hiver : raclage du tronc pour prélever l’écorce hors sève) bien
vital du brocard : ± 20 ha) (mars, avril)
adhérente (traces d’incisives ne ement visibles)
 rut : dégâts plus importants pour décharger
 réac on à des stress de dérangement répétés ou d’a ente
leur agressivité (rameaux cassés ou arrachés,
prolongée à proximité de gagnages
pourtour de la ge quasiment mis à nu)
(juillet-août pour le chevreuil, septembre-
octobre pour le cerf)

 feuillus à bois tendre : saules, tremble,  risque accru pour les arbres élagués, à écorce mince et peu
sorbier… rugueuse, avant épaississement de celle-ci
 ges isolées, droites et souples, ni branchues,  sensibilité élevée : frêne, hêtre, sorbier, saules, châtaignier, érables,
Sensibilité
ni épineuses chêne rouge
 arbres visibles le long de coulées, en bord de  sensibilité moyenne : peuplier, charme
chemin ou près des lisières  sensibilité faible : chênes indigènes, aulnes et bouleaux

104
Deuxième phase : installer son projet

Dégâts poten els occasionnés par le sanglier aux planta ons agrofores ères
Déchaussement Vermillis et bou s

 soulèvement de jeunes plants par les sangliers fouillant


 soulèvement du sol par les sangliers à la recherche de vers,
la terre fraîchement travaillée à la planta on pour
insectes, rongeurs, racines, graines, tubercules...
rechercher de la nourriture : vers, larves, insectes...

Dégâts

 le sanglier uniquement

Auteur(s)

Origine  alimentaire

 vermillis : fouille superficielle (profondeur < 5 cm)


 plants inclinés, renversés ou déterrés : racines mises au
Observa ons  bou s : fouille plus profonde (jusqu’à 60 cm) à la recherche
contact de l’air, dessèchement et mortalité fréquente
de rongeurs, notamment au pied des souches

 dégâts occasionnés essen ellement en prairies et au pied


 risque élevé : planta on < 8 jours des chênes ou hêtres ayant fruc fié
Sensibilité  risque moyen : 8 jours < planta on < 2 mois  risques plus élevés : planta ons en bordure de lisières
 risque faible : planta on > 2 mois fores ères, sols récemment travaillés, prairies riches en
pédofaune

6.2.2. Types de protec ons

On dis ngue deux grandes catégories de protec ons : les protec ons mécaniques empêchent les animaux d’a eindre
une par e ou l’en èreté de l’arbre en cons tuant une barrière physique ; les substances répulsives repoussent les
animaux en les incommodant gusta vement ou olfac vement.
105
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

Les protec ons mécaniques peuvent être individuelles, plant par plant, ou globales. Les protec ons individuelles sont,
soit par elles, si elles sont effec ves contre l’un ou l’autre dégât, soit totales, si elles protègent contre tous les dégâts :
abrou ssement, fro s, écorçage et rongement. Les protec ons globales sont installées sur tout le périmètre de la zone
de planta on agrofores ère : clôture électrique, barbelés, engrillagement, palissade en bois.

En fonc on des animaux en présence (bétail, gibier et/ou rongeurs), des dégâts poten els et de leurs hauteurs
respec ves, le choix du disposi f op mal implique un compromis entre exigences de protec on, prix de revient, facilité
de mise en œuvre et dépose. L’esthé que peut aussi orienter le choix final.

En outre, pour la faune sauvage, des mesures préven ves réduisent les risques poten els : équilibre agro-sylvico-
cynégé que, territoires fores ers voisins avec une meilleure capacité d’accueil, plans de r raisonnés et appliqués et
nourrissage uniquement dissuasif.

Hauteur des dégâts poten els sur les arbres en fonc on des animaux en présence

H (cm)

200

180
cheval

160
cerf
140

120 vache

100 chèvre
chevreuil

80 mouton

60

40 lièvre

20 lapin
sanglier

rongeurs

-20

-40

106
Deuxième phase : installer son projet

Protec on des jeunes plants contre les dégâts du gibier, des rongeurs et/ou du bétail
Protec ons mécaniques individuelles : disposi fs localisés au niveau de la par e du plant suscep ble d'être a aquée

Protec ons par elles : protec on contre l’un ou l’autre dégât

manchon cactus double tuteur arbre de fer manchon fendu gaines grandes
mailles

6
corset à bandes gaine à grillage 3 piquets 4 piquets cage
ver cales bardées métallique la s bois fils barbelés rongeur filet extensible

Protec ons totales : protec on contre tous les dégâts aériens

gaine à mailles fines gaine à mailles mixtes tube abri-serre corset métallique rigide

Protec ons mécaniques globales : exclusion des agresseurs poten els

clôture électrique engrillagement barbelés la s bois

Protec ons répulsives : substances olfac ves et/ou gusta ves

laine de mouton produit à base de graisse de mouton lisier de porc peinture de marquage

107
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

[Link]. Protec ons mécaniques Parmi les protec ons globales, on dis ngue
individuelles l’engrillagement, les fils électriques ou barbelés et
éventuellement les clôtures en bois.
Pour les arbres isolés, les vergers, les alignements
d’arbres espacés et, dans certains cas, pour les haies Au niveau économique, le choix entre des protec ons
(protec on globale impossible ou trop chère à me re individuelles et globales est guidée par le calcul simple
en œuvre), il convient d’envisager une protec on de l’indice cri que. Les critères à déterminer sont les
individuelle. suivants :

Un grand nombre de protec ons sont disponibles • le coût de la protec on globale par mètre linéaire
sur le marché ; elles sont biodégradables ou non. Les (CPG) ;
protec ons biodégradables sont soit élaborées à par r • le périmètre de l’aire à protéger en mètres (P) ;
de produits naturels non transformés (bambou, bois, • le nombre total de plants à protéger (N) ;
jute…), soit issues de produits transformés (papier • le coût de la protec on individuelle (CPI) convoitée
sulfurisé, bioplas que…). ou, pour les protec ons chimiques, le coût d’un
traitement par plant, mul plié par le nombre
Les protec ons en bioplas que, « ok biodégradable » d’années (n) de traitement nécessaires.
et « ok compost », présentent une moindre résistance
dans le temps : 3 ans maximum. Ce e période est jugée Le calcul de l’indice cri que oriente le meilleur choix
trop courte pour perme re à l’arbre d’acquérir des économique :
dimensions et une résistance suffisantes face à certains CPG . P
agresseurs poten els, en l’occurrence le bétail et la IC
grande faune sauvage. Toutefois, certaines protec ons N . CPI . (n)
non biodégradables ne sont pas plus résistantes.
• si IC > 1, économiquement, la protec on individuelle
Le prix de revient des protec ons individuelles varie est plus intéressante ;
fortement en fonc on des modèles et des matériaux • si IC < 1, la protec on globale est préférable.
employés pour leur fabrica on.
Suivant le matériel disponible à la ferme et pour les
Pour les éleveurs notamment, suivant le matériel éleveurs notamment, la protec on électrique est souvent
disponible à la ferme et les disposi fs déjà en place, la plus facile et la moins chère à me re en œuvre car
il est parfois plus judicieux de choisir une protec on les fournitures et l’électrificateur sont déjà disponibles ;
globale électrique. le savoir-faire aussi. Dans ce cas, il est même bien
souvent plus économique d’établir une protec on
Les protec ons individuelles biodégradables et non
globale pour un alignement de hauts-jets que de les
biodégradables sont présentées dans l'annexe 10 (p. 222).
protéger individuellement. Une op on op male consiste
[Link]. Protec ons mécaniques globales à concentrer les planta ons le long des disposi fs
électriques déjà présents sur la parcelle, perme ant
Dans de nombreux cas, notamment pour les planta ons ainsi d’économiser 50 % du prix de revient.
avec un nombre élevé de plants (haies mul rangs,
bandes de taillis, bandes boisées…), il est difficilement Le prix de revient des protec ons globales est renseigné
envisageable de protéger tous les arbres avec des au mètre courant, pose comprise, via entrepreneur. Le
protec ons individuelles. Le projet totaliserait un coût d’une clôture peut varier de ± 25 % en fonc on
surcoût trop élevé. Il convient dès lors d’envisager du lieu du chan er et de son accès, des longueurs à
une protec on mécanique globale, laquelle exclut clôturer, de la forme de la parcelle, de la topographie du
totalement les animaux de la zone. terrain et enfin de la nature du sol (caractère pierreux,
marécageux, travaillé ou non).
108
Deuxième phase : installer son projet

 Protec on électrique globale

La clôture électrique est un disposi f de protec on cons tué de fils conducteurs électrifiés, fixés sur des piquets par
des isolateurs. Suivant les animaux présents, 2 à 5 fils sont placés à différentes hauteurs. Les quatre critères principaux
auxquels une clôture électrique doit répondre sont : sécurité, fiabilité, visibilité et durabilité.

La clôture électrique représente une mise en défens rela vement peu coûteuse réservée à des chan ers de courte
durée (< 5 ans, sauf si ce genre de disposi f est employé de manière permanente dans l’exploita on), à des terrains
rela vement réguliers (les sols irréguliers favorisent le passage des animaux sauvages sous les fils, voire au-dessus) et
si la surveillance et l’intendance régulières sont assurées.

2 fils contre la vache 5 fils contre le cerf 2 fils contre le sanglier

Quel que soit le disposi f de clôture électrique retenu, il


faut déterminer la puissance de l’électrificateur et choisir
les éléments suivants : les conducteurs, les piquets, les
isolateurs et la prise de terre.

Différents types d’électrificateurs existent :


• Les électrificateurs sur secteur sont recommandés
quand l’alimenta on par le réseau est possible. Ces
appareils puissants ne nécessitent aucun entre en
par culier.
• Si on ne dispose pas de courant sur secteur, le
choix de l’électrificateur sur ba erie se portera sur
un accumulateur 12 V (5 fois moins puissant qu’un Électrificateur sur ba erie
électrificateur sur réseau).
• Les électrificateurs sur pile, généralement peu
puissants (20 fois moins que les électrificateurs sur
réseau), sont limités aux clôtures courtes car leur
autonomie est trop faible (2 mois maximum de Prise de terre
fonc onnement pour une pile 9 V) et ils sont peu
performants contre le gibier : décharges électriques Hélas, le vol des électrificateurs sur ba erie ou sur
symboliques insuffisantes. panneaux solaires peut survenir !
109
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

L’efficacité d’une clôture électrique dépend du nombre • Les fils en plas que sont à proscrire du fait de leur
de fils et de leur hauteur, mais aussi du choix d’un élas cité et du risque de détente des conducteurs.
conducteur adéquat, réalisé sur base de trois critères : • Les fils en cuivre sont déconseillés : bien qu’excellents
sa conduc bilité, sa résistance et sa visibilité. Les conducteurs, leur résistance fait défaut sur de
éléments suivants sont à prendre en compte : longues distances. Les rubans (largeur variable de 20
à 40 mm), plus visibles par rapport aux fils minces
Conducteurs pour clôture électrique difficilement repérés par le gibier, sont cependant
Fil galvanisé classique assez fragiles. Enfin, les cordons (Ø > 6 mm),
également plus visibles, sont plus résistants que les
rubans.
• Les fils revêtus d'aluminium sont préférés pour les
clôtures longues ou très longues. Par rapport au fil
en acier galvanisé, le fil en aluminium présente des
Fil en alliage zinc - aluminium avantages considérables : poids 2,5 fois inférieur,
conduc bilité 4 fois supérieure, résistance totale à la
corrosion, flexibilité faible.
• D’un prix plus abordable, les fils en acier galvanisé
ne sont pas en reste : grande résistance, bonne
conduc bilité et durabilité suffisante.
Fil en acier galvanisé torsadé Le matériau et les modèles des piquets des nés à des
clôtures électriques seront choisis en fonc on du modèle
envisagé et du type d’animal présent. Les piquets en
bois sont généralement u lisés pour les clôtures contre
les cervidés. De nombreux piquets métalliques ou en
ma ères synthé ques sont également proposés par les
Fil synthé que
fabricants de clôtures électriques : fer, acier galvanisé ou
non, fibre de verre, PVC, polypropylène…
Les piquets seront espacés de 4 à 7 m pour les rubans,
6 à 10 m pour les cordons, 10 à 15 m pour les fils
métalliques ; pour les clôtures hautement tendues, la
Ruban synthé que distance entre les piquets peut a eindre 30 m et plus.

Le choix des isolateurs dépend de plusieurs facteurs :


• le conducteur mis en place : isolateurs pour câble,
ruban, fil, corde ou autre ;
• le piquet de support : isolateur à vis ou à clou pour
piquet en bois, isolateur à clip pour piquet en fibre
de verre, isolateur avec bague de serrage pour piquet
Cordon synthé que en fer ;
• le rôle a ribué : l'isolateur peut être d’ancrage
(piquet de départ ou de fin de ligne), de support
(piquet intermédiaire), d’écartement (électrifica on
de clôtures en bois, en treillis ou en barbelés) ou de
dévia on d’angle.
110
Deuxième phase : installer son projet

Isolateurs pour clôture électrique


Piquets en bois

fil et cordon à clip pour ruban de coin pour ruban isolateur de coin « œuf »

Piquets en fer rond

vissable « isobloc » cloche à visser cloche à visser queue de cochon

écarté sur piquet en fer écarté sur piquet en béton Piquets tout en un

Bonnes pra ques agrofores ères Ges on de la fluctua on de la tension

L’installa on de tendeurs rota fs en aluminium (durée de vie élevée) couplés à des ressorts (neutralisa on de la fluctua on de la
tension dans le fil due à des écarts de température) est conseillée : hiver comme été, le fil demeure uniformément tendu, perme ant
ainsi d’augmenter la distance entre les piquets.

Tendeur rota f et ressort de fluctua on de tension

Pour assurer une libre circula on du courant entre la sor e de l’électrificateur, le conducteur, l’animal recevant une
charge et le sol, l’électrificateur doit comporter une mise à la terre fiable. Si le terrain est trop sec pour assurer un
111
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

retour correct du courant électrique par la prise de terre,


on ajoute sous les fils électrifiés un fil de masse pour
renforcer l’effet du choc électrique ; ce fil est relié, d’une
part, à la sor e « prise de terre » de l’électrificateur, et,
d’autre part, au sol, tous les 200 m, par un pe t piquet
de terre.

Sur une clôture électrifiée à proximité d’une voirie


publique, il est obligatoire, selon la législa on, de
placer tous les 50 m une plaque e « A en on : clôture Le choix d’un grillage galvanisé est vivement conseillé ;
électrique ». dans le cas contraire, les grillages se délitent trop vite.
La galvanisa on riche de classe C à base d’aluminium
et de zinc garan t aux produits une longue durée de
vie. Noués ou soudés, certains grillages métalliques
comportent des fils horizontaux crantés qui facilitent la
pose en terrain accidenté et leur mise en tension pour
une parfaite tenue.

Fil horizontal cranté


Les conducteurs sont déroulés et installés de manière à
ne pas les croquer. Les grillages à mailles rectangulaires sont u lisés pour
les clôtures contre le sanglier et les cervidés. Les fils
Afin de garan r une clôture électrique fiable, il est
horizontaux à écartements progressifs de bas en haut
indispensable de débroussailler l’emplacement sous la
font obstacle à la pe te faune (en par e) comme à la
clôture.
grande ; les mailles les plus pe tes sont donc placées
Les caractéris ques techniques des clôtures électriques près du sol. Les fils ver caux seront espacés de
sont présentées dans l'annexe 11 (p. 234) suivant les 15 cm maximum. Pour une plus grande efficacité, il est
animaux en présence sur la parcelle. préconisé d’u liser des grillages à mailles progressives
nouées au lieu de grillages à mailles égales et soudées.
 Protec on grillagée globale
Mailles nouées
La clôture grillagée est composée d’une nappe métallique
Ligature Boucle Noeud fixe
à mailles hexagonales, carrées ou rectangulaires, fixée
sur des piquets en bois et pouvant présenter une par e
enterrée. L’engrillagement est réservé aux chan ers
nécessitant une protec on de longue durée (10 à 30
ans), sur des terrains peu accidentés, pour faciliter la
pose et garan r l’efficacité du disposi f, et enfin, pour
les cas où la surveillance et l’intendance régulières ne
sont pas garan es.
112
Deuxième phase : installer son projet

Le diamètre du fil des grillages varie : 1 mm (léger, pour


Piquets pour engrillagement
ovins et chevreuil), 2 mm (semi-lourd, pour caprins) ou
3 mm (lourd et plus résistant pour les bovins, les équidés, En bois En fer en terrain empierré
le sanglier et le cerf).

Les fils de rive de diamètre supérieur, situés au-dessus


et en dessous de la nappe, garan ssent à celle-ci une
meilleure tenue et une plus longue durabilité.

Les clôtures engrillagées sont presque exclusivement


fixées sur des piquets en bois. Parfois, des piquets en
fer, et notamment des barres à béton de grosse sec on,
sont requis en terrain très rocailleux pour faciliter leur
pénétra on. Avec les barres à béton, il faut créer un
espace entre le piquet et le grillage car, à la longue,
la rouille du piquet fragilise le grillage à son point de
contact. Cet espace peut être réalisé en fixant le grillage
au piquet avec un lien en forme de huit (8).
La longueur des piquets doit être de 50 cm
Les piquets en bois brut non sciés, non poncés et sans supérieure à la hauteur de l’engrillagement. Pour
prévenir l’instabilité de la protec on dans un sol
6
aubier sont plus durables. La longévité des piquets
dépend aussi de l’essence et d’éventuels traitements : meuble ou travaillé à la charrue, les piquets doivent être
les piquets écorcés en robinier faux acacia ont une enfoncés à une profondeur égale à « la hauteur de sol
durabilité naturelle de 20 à 35 ans selon leur gabarit ; travaillée + 30 cm ».
les piquets fendus en châtaignier et chêne affichent une
durabilité naturelle de 10 à 15 ans ; et les piquets ronds Orientées à 45°, des jambes de force sont conseillées
fraisés ou écorcés en épicéa doivent être imprégnés en aux piquets d’ancrage ou d’angle, et tous les 50 m aux
autoclave pour garan r une durabilité de 10 ans. piquets intermédiaires. Les piquets d’ancrage ou d’angle
peuvent aussi être renforcés avec un piquet en forme
de « T » enfoncé de biais, un disque d’ancrage ou encore
une amarre Fenox®.

Renforcement des piquets d’ancrage ou d’angle


Amarre avec piquet métallique Disque d’ancrage Fenox® (Cyclone) Amarre Fenox® (Cyclone)
de clôture en forme de « T » (sans pierre) (présence de pierres)

113
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

En outre, on préconise de choisir des piquets d'un Le grillage est fixé sur les piquets avec 3 à 5 cavaliers en
diamètre de 6 à 8 cm pour les clôtures contre les « U » barbés avec an retour et enfoncés en par e si on
léporidés ; 8 à 10 cm contre les moutons, les chèvres envisage de démonter la clôture. Les engrillagements de
ou les chevreuils ; 10 à 12 cm contre les sangliers ; type léger peuvent être fixés sur des fils tendeurs avec
et 12 à 15 cm contre les vaches, les chevaux et les cerfs. des ligatures répar es tous les 60 à 100 cm : le premier
fil de tension est toujours posé à 10 cm au-dessus du
Les piquets, installés à l’intérieur de la clôture, sont sol ; les fils tendeurs suivants sont espacés de 30 à
placés tous les 4 à 8 m en fonc on du modèle de clôture 50 cm afin de maintenir la maille bien droite. La tension
et du type de grillage. des fils tendeurs est exécutée tous les 50 m à l’aide d’un
raidisseur.
Si l’enfoncement se fait à la masse, il faut veiller à ne pas
fendre la par e supérieure du piquet. Mais il vaut mieux 110 cm
u liser un pilon à piquet. Si un pré-trou est réalisé à la
tarière, son diamètre devra être inférieur de minimum 60 cm
2 cm à celui du piquet enfoncé.
10 cm

Les caractéris ques techniques des clôtures grillagées


sont présentées dans l'annexe 12 (p. 236), suivant les
Pilon à piquet animaux en présence sur la parcelle.

Le grillage peut être tendu avec des raidisseurs ou un  Protec on barbelée globale
tendeur à levier Cyclone®. Pour les longues distances,
il existe aussi les barres de tension Haye® avec des
tendeurs à chaîne.

Tendeur à levier Cyclone®

La clôture barbelée est composée de 4 à 6 fils barbelés


fixés sur des piquets. Elle convient aux chan ers
nécessitant une protec on de longue durée (20 à
30 ans et plus), généralement face à des bovins, là
où la protec on électrique n’est pas possible et si la
surveillance et l’intendance régulières font défaut. Bien
Barres de tension Hayes® que cela soit peu commun en Belgique et en France,
114
Deuxième phase : installer son projet

on peut opter pour 6 fils en acier galvanisé classique  Protec on globale en bois
à la place des fils barbelés. Ce e alterna ve est assez
commune dans les grandes exploita ons de l’Amérique La clôture en bois est composée de 2 à 3 lisses fixées ou
la ne. emboîtées sur des piquets en bois. Elle demande peu
de technicité de mise en œuvre, peu de surveillance
Les piquets u lisés pour ce type de clôture sont en bois et aucune intendance tant qu’elle reste en bon état.
(généralement en chêne fendu et épointé mais aussi en Elle s’intègre parfaitement aux haras du point de vue
robinier ou en châtaignier), en métal et parfois en béton. paysager. La majorité d’entre elles sont réalisées avec
des lisses demi-rondes en épicéa traité ; le prix de revient
Par culièrement importante pour ce type de clôture, la de ces clôtures peut s’avérer par culièrement élevé
tension des fils se réalise avec un ou llage spécial tel avec d'autres essences de bois et d'autres modèles de
que le tendeur Cyclone® n° 502 et/ou des tendeurs plus clôture.
tradi onnels. Des jambes de force sont ancrées aux
piquets de tension et d’angle, ces points où la tension
peut être par culièrement forte peuvent être renforcés
avec un piquet en acier en T .

6
Ces clôtures ne nécessitent pas de renfort aux coins.

Les caractéris ques techniques des clôtures barbelées et


en bois sont présentées dans les annexes 13 et 14 (p. 238).

[Link]. Protec ons répulsives


Tendeur Cyclone® n° 502
Les répulsifs sont composés de substances exerçant un
effet dissuasif soit par le goût, la consistance en bouche,
l’odorat, la couleur et/ou le toucher de l’animal.

Une par e des répulsifs présentés dans l'annexe 15 (p.


239) nécessite une phytolicence ; aussi, certains répulsifs
correspondent à des engrais, amendements ou peintures
de marquage et présentent une ac on répulsive de par
leur composi on.

6.3. Protec on contre les campagnols


La présence du campagnol terrestre et du campagnol
Tendeurs tradi onnels Piquet métallique en forme de « T » des champs est préjudiciable aux planta ons. Ils peuvent
considérablement les affaiblir et me re facilement leur
Une fois tendus, les fils sont arrimés aux piquets. viabilité en jeu, à court ou moyen terme. Si les méthodes
de lu e préven ve sont toujours à privilégier, il convient

115
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

dans certains cas d’envisager des systèmes de lu e et dans l’espace. En effet, l’étendue des territoires
cura ve plus radicaux. La probléma que du campagnol colonisés augmente significa vement en phase de
est toujours à prendre au sérieux car le phénomène croissance et décroît lors du déclin des popula ons.
de pullula on peut être explosif et les dégâts très On observe des variances dans les déplacements des
conséquents. popula ons en fonc on de leur densité : si elle est faible,
les déplacements sont réduits et si elle est élevée, en
Les habitats de prédilec on des campagnols sont les phase de croissance démographique, ils deviennent très
herbes hautes et les prés de fauche : ils y trouvent refuge importants, entraînant l’extension rapide du territoire
vis-à-vis des prédateurs. De plus, les pra ques agricoles touché par la pullula on.
liées à ces milieux ont tendance à conserver le réseau de
galeries et les réserves de nourriture intacts. Ce phénomène aujourd’hui connu peut s’expliquer
par la conjoncture de divers processus dont le détail
cons tue encore une énigme. Le maillage du paysage
et les pra ques agricoles semblent néanmoins remplir
un rôle majeur dans les ciné ques de développement.
De fait, les éléments linéaires du bocage et les reliefs
importants semblent ralen r considérablement la
diffusion des pullula ons.

Le phénomène de pullula on du campagnol terrestre


est cyclique et pluriannuel. Il dure environ 5 à 6 ans
et se décompose en quatre phases bien dis nctes,
avec des pics d’amplitude variable : la phase de basse
densité, la phase de croissance, le pic de pullula on et la
phase de déclin. Pour terminer, l’évolu on du cycle est
Galerie de campagnols terrestres au Racine d’aubépine rongée
notamment limitée par l’ac on et le niveau d’abondance
sein d’une haie d’aubépines jusqu’au collet par le des prédateurs, les condi ons clima ques, les parasites,
et de prunelliers de 2 ans jamais campagnol terrestre au sein
dégagée : tous les arbustes ont péri de la même haie
les maladies et la capacité d’accueil et de propaga on
du milieu.
Deux caractéris ques témoignent de leur présence :
leurs tumuli caractéris ques et la mauvaise croissance
ou la mort des plants. Le campagnol des champs se
Densité des campagnols /ha

repère par les trous visibles à la surface du sol ; il ne


construit pas de tumulus.

6.3.1. Biologie

On dis ngue deux types de campagnols à différencier Années


basse pic de basse
de la taupe. densité
croissance
ƉƵůůƵůĂƟŽŶ
déclin
densité
d’après [Link]

Les campagnols sont très prolifiques : par exemple, à Phénomène de pullula on


par r de deux parents au printemps, la descendance
du campagnol terrestre est es mée à une centaine On peut rencontrer entre 300 et 500 campagnols
d’individus à l’automne ([Link]). Les à l’hectare et jusqu’à 1000 et plus, lors des pics de
cycles de pullula on s’inscrivent à la fois dans le temps pullula on.
116
Deuxième phase : installer son projet

Iden fica on des rongeurs


Nom français Taupe d’Europe Campagnol des champs Campagnol terrestre ou rat taupier

Nom la n Talpa europaea Microtus arvalis Arvicola terrestris (Arvicola amphibius)

Illustra on

Poids 60 à 140 g 18 à 50 g 80 à 160 g


Explosive : maturité sexuelle à 1 mois, Explosive : maturité sexuelle à 2 mois,
Modérée : maturité sexuelle à 11 mois,
1 à 10 pe ts (souvent 3 à 4) par portée, 2 à 8 pe ts par portée, jusqu’à 5 à
Reproduc on 2 à 4 pe ts par portée, normalement 1
jusqu’à 5 portées par an. 6 portées par an.
portée par an.
NB : Il vit en groupe. NB : Il vit en famille.

Elle consomme essen ellement des Herbivore avant tout, il consomme


invertébrés, soit quo diennement 40 à essen ellement des graminées, des
Herbivore, il consomme des racines, de
50 g d’animaux divers du sous-sol : pousses et des graines mais son régime
Régime préférence charnues. Sa consomma on
vers de terre (de 80 à 90 %), vers alimentaire inclut aussi des racines,
alimentaire quo dienne en plantes équivaut à son
blancs, chenilles, mais aussi limaces des bulbes et des insectes. Il mange et
propre poids.
et excep onnellement pe ts
mammifères.
gaspille environ l’équivalent de deux fois
son poids/jour.
6
Le campagnol des champs consomme
les jeunes racines, l’écorce des plus Le campagnol terrestre apprécie
La taupe étant insec vore et ses grosses et l’écorce du collet (d’autant par culièrement les racines et n’hésite
galeries étant peu ramifiées, elle ne plus celle des frui ers). Il creuse de pas à s’a aquer aux plus grosses qu’il
présente aucun problème direct pour nombreuses galeries à travers les grignote progressivement pour les
Dégâts les arbres. Indirectement néanmoins, racines, réduisant le contact racinaire de tailler, généralement en crayon. Il
elle favorise et accélère la propaga on l’arbre avec le sol. Il affaiblit les arbres et affec onne aussi l’écorce au collet des
des campagnols qui u lisent ses peut me re leur vie en danger à moyen plants (d’autant plus celle des frui ers).
galeries. terme (parfois à court terme en fonc on Il engage directement et rapidement la
de la densité des individus et de leur vie de l’arbre (surtout les frui ers).
source de nourriture).

Galeries,  conduit de sor e : oblique, pas de


mon cules tumulus  conduit de sor e : oblique, excentré
 conduit de sor e : ver cal, au
et tumuli  galeries très ramifiées, pourvues de au tumulus et obturé de terre
centre du mon cule et obturé de
nombreuses issues reliées entre elles  réseau étendu de galeries, tumuli
terre
par des coulées bien visibles dans juxtaposés et répar s en « taches »
 taupinières espacées et répar es
l’herbe  galeries creusées avec les dents :
de manière linéaire
 tumuli absents ou pra quement granulométrie de la terre des tumuli
 galeries creusées avec les pa es
absents, les trous sont béants et les homogène, débris grossiers (cailloux)
antérieures : terre des mon cules
galeries sont visibles par endroits absents ou très rares
grossière en boudins
avec la présence de cro es et parfois
de brins d’herbe coupés
Ac vité Exclusivement souterraine. Souterraine et en surface. Presque exclusivement souterraine.

117
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

6.3.2. Méthodes de lu e préven ve

La lu e préven ve contre les campagnols est vivement conseillée pour éviter des pertes de reprise et de croissance en
par culier pour les hauts-jets. Le constat est le suivant : les campagnols aiment se réfugier au pied des arbres colonisés
par de la haute végéta on herbacée qui leur assure un refuge face aux prédateurs. Il convient donc de procéder à des
dégagements réguliers. D’autre part, le travail du sol en culture, le pié nement du bétail en pâture, le fauchage-roulage
des prairies de fauche et l’accueil des prédateurs des rongeurs cons tuent des moyens de lu e préven ve efficaces à
privilégier.

Bonnes pra ques agrofores ères Lu e préven ve contre les campagnols

→ Dégager régulièrement les hautes herbes au pied des plants !

→ Adapter le travail du sol en culture → Adapter la ges on des prairies

Les premières années suivant la planta on, le travail


profond du sol entre les lignes d’arbres avec des ou ls tels  Favoriser l’alternance fauche - pâture : le pâturage est à privilégier car il
que la charrue, le décompacteur et/ou le déchaumeur détruit en permanence les galeries et les campagnols finissent par qui er
tue un certain nombre de campagnols et, surtout, détruit les lieux.
les galeries et les réserves de nourriture ; ces méthodes  Maintenir l’herbe au plus bas niveau possible : faucher dès que possible,
sont très efficaces pour lu er contre les campagnols. Pour broyer les refus, surtout avant l’hiver.
éviter leur migra on vers les zones refuges d’alignements  Rouler les prairies, idéalement avec un rouleau en plusieurs par es : leur
d’arbres, nous préconisons de travailler la terre le long des bruit tonitruant dérange énormément les campagnols. On peut aussi
lignes d’arbres en premier lieu, et de travailler les bandes souder des pièces métalliques au rouleau imitant les sabots des animaux.
de cultures intercalaires ensuite.

Tournière

1 1 1

2 2

→ Favoriser la préda on
 La lu e biologique consiste à maintenir un niveau suffisant de prédateurs en favorisant leur présence. Cela passe par des mesures
de protec on individuelle au sein de l’exploita on (ou des parcelles concernées) en améliorant la capacité d’accueil (installa on
de perchoirs et/ou de nichoirs, entre en et/ou restaura on des haies) et en réduisant la pression humaine sur leur popula on,
notamment par la concerta on avec les chasseurs. Cela passe aussi par des mesures collec ves telles que des mesures de protec on
réglementaires.
 Comme prédateurs principaux des campagnols, nous pouvons citer les rapaces diurnes et nocturnes, les échassiers héron et aigre es),
les corvidés (à plus faible mesure), les mustélidés (fouine, martre, hermine, bele e…) et enfin certains plus grands mammifères
carnivores : le renard, le blaireau, le sanglier et le chat fores er (dans les régions plus boisées). À ce e liste, vient s’ajouter le chat
domes que.
 Les prélèvements sur les popula ons de campagnols sont beaucoup plus élevés lors des mises bas et des nidifica ons. Par ordre
décroissant, le renard, le blaireau et les rapaces sont les plus gros consommateurs : un renard peut prélever jusqu’à 6.000 campagnols/
an (campagnols terrestre et des champs confondus) et un couple de rapaces peut consommer jusqu’à 2.000 campagnols par an.

118
Deuxième phase : installer son projet

Prélèvement annuel de différents prédateurs sur les popula ons de campagnols terrestres
(Macdonald D. W., Bare P., 1995 ; Michel J., 2000 ; Maumary L. & al., 2007)

% de campagnols terrestres Nombre de campagnols


Espèces Poids vif (en kg)
dans la ra on terrestres consommés / an

Renard 7 50 1734

Blaireau 11,5 50 1460

Hermine 0,3 90 526

Fouine 1,8 50 274

Héron 1,8 274

Buse variable 1 65 256

Corneille noire 0,6 91

En défini ve, il convient de privilégier une communauté de prédateurs en


favorisant surtout les généralistes et puis les rapaces.

Les perchoirs à rapaces sont recommandés en prairie et en culture, là où les


arbres sont absents pour l’affût. Peu coûteuse en termes d’inves ssement et
de temps de travail, ce e technique est efficace si le nombre de perchoirs est
suffisant et s’ils sont déplacés régulièrement : 6
 Hauteur minimale hors-sol à considérer : 3 m, idéalement 5 m. Plus le perchoir
est haut, plus il sera u le car la hauteur augmente le rayon d’observa on.
 La e horizontale : 30 à 40 cm (idéalement cylindrique) et deux pe tes
équerres de 15 cm.
 Privilégier du bois traité de sec on suffisante, 40 x 40 mm au minimum.
 Densité : 5 à 10/ha ; les concentrer sur des zones infestées et sur les lignes
de planta on ; les déplacer périodiquement (20 à 30 emplacements/ha
idéalement). Pour ce faire, réaliser des trous à la tarière sur une profondeur de
70 cm minimum et y insérer des descentes d’eau pluviale (gou ère circulaire)
d’un diamètre légèrement supérieur à la diagonale de la sec on de la perche
(me re une cale lors du placement). Éviter de placer les perchoirs en bordure
de route et de voie ferrée pour réduire les risques de collision.
 Prix : il faut compter environ 7,5 euros HTVA pour 5 m de chevron traité
50 x 60 mm et 5 à 6 vis ; la descente d'eau pluviale coûte ± 2,50 €/m.

Piquet de clôture Perchoir

Augmenta on du rayon d'observa on avec la hauteur du perchoir

119
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

→ Installer des cages an campagnols lors de la planta on d’arbres frui ers

Il n’est pas conseillé de planter un verger dans une prairie de fauche ! La mortalité des
arbres est pra quement assurée.
Concernant les prairies pâturées, certes les animaux pié nent les galeries mais ils restent à
l’étable presque la moi é de l’année. Pour limiter le risque d'y perdre des arbres frui ers,
il faut donc protéger leurs racines, en priorité celles des poiriers, sur lesquels les a aques
sont les plus virulentes, et celles des pommiers dont le porte-greffe n’est pas issu d’un
pommier sauvage. En effet, il semblerait que les porte-greffes issus de pommiers sauvages
soient considérablement moins appétents que les porte-greffes Bi enfelder (les plus
couramment u lisés aujourd’hui). Ils produisent par ailleurs des arbres poussant mieux à
moyen terme, plus résistants et plus longévifs.
Le grillage choisi pour la confec on des cages doit présenter les caractéris ques suivantes :
 Treillis métallique non plas fié de 1 m de largeur : il rouille après 5 ans et les racines
peuvent passer au travers.
 Mailles hexagonales de 13 à 16 mm. Racines d'un cerisier (ØTRONC 8 cm) complètement
rongées par des campagnols terrestres en
 Épaisseur du fil < 0,8 mm afin que les racines puissent dilater le treillis par la suite. l'absence de cage an campagnol

Technique simple et rapide (sans ligature) pour la fabrica on d’un cageot métallique an rongeur

Couper un tronçon de treillis compris entre 2,5 et


Retrousser les deux extrémités avec un pli de 5 cm pour obtenir un cylindre fermé.
3 m (longueur = Øtrou x 3,14) et le plier en deux.

Fermer le cylindre sur un de ses deux Pour renforcer le cageot, réitérer l’opéra on aux deux bords précédemment
côtés ouverts avec de nouveau un pli de 5 cm. retournés, et ce, dans le même ordre et dans le même sens : au total, 4 plis.

Le cageot prend la forme d’un sac ouvert Arrondir et apla r le fond du cageot en y introduisant une ou deux jambes
ovalement au-dessus et fermé dans le fond. pour lui donner une forme évasée et retrousser les coins.

D’autres techniques de réalisa on existent mais celle-ci est la plus simple.


NB : Ce e cage métallique a été réalisée avec une maille plus grande et une épaisseur de fil plus grosse pour plus de visibilité.

120
Deuxième phase : installer son projet

→ Adapter les protec ons et évaluer la légi mité du paillage si la présence des campagnols est avérée

Dans les prairies pâturées et les cultures, les alignements d’arbres


peuvent facilement devenir le repère des campagnols, et ce, aux dépens
des planta ons. En prairie, les animaux pié nent et détruisent les
galeries ; en culture, le travail du sol fait généralement fuir les rongeurs.
Néanmoins, s’ils repèrent des endroits vierges de toute ac vité animale
ou humaine, ils risquent de s’y installer, surtout en présence de paillage
cons tuant une cache contre les prédateurs.

Pour réduire les risques de dégâts du campagnol, il faut réduire au


maximum la surface de la zone « sauvage de quiétude », soit l’emprise au
sol des protec ons.

Si la présence du campagnol impose l’absence de paillage au sol, il faut


absolument éliminer ou réduire la végéta on spontanée au pied des
arbres pour limiter les zones de refuge. Le pâturage contrôlé permet
aisément de maintenir la végéta on spontanée au ras du sol ; Protec on individuelle d’emprise Protec on individuelle
pour ce faire, il faut adapter la protec on pour perme re à l’animal large au sol (en prairie pâturée) : d’emprise étroite au sol : accès
d’a eindre le pied de l’arbre sans toutefois l’endommager (cfr. point 7.2.5., zone refuge jonchée de galeries, « pâturable » au pied de l’arbre
p. 136). Les campagnols n’y trouveront plus ni refuge ni quiétude. l'arbre est mort avec absence de campagnol

Le désherbage mécanique avec travail du sol (cfr. point 7.2.2., p. 130) cons tue une méthode plus efficace encore ; s’il est réalisé dès la
planta on, le terrain ne sera pas propice à l’installa on du campagnol et s’il était toutefois présent, la destruc on régulière des galeries et
la terre mise à nu les inciterait à par r. Le désherbage chimique peut aussi convenir. En défini ve, il faut à tout prix éviter l’installa on du
rongeur en rendant le terrain inhospitalier dès la planta on ; une fois le réseau de galeries installé, il devient plus difficile de s’en défaire
sans ou ls de désherbage avec travail du sol.
6

6.3.3. Méthodes de lu e cura ve pour manipuler ces animaux morts ou vivants, ainsi
que les pièges. Les rongeurs ont, par ailleurs, un odorat
La lu e cura ve contre les campagnols consiste fort développé et l’odeur de l’homme peut les inciter à
généralement en la capture et/ou la mort directe de éviter les pièges.
l’animal ; en ce sens, elle est plus radicale. Elle peut
s’appliquer en complément de la lu e préven ve, Après une prise, l’opéra on doit être répétée jusqu’à
même sur des popula ons de faible densité, pour éviter ce que le piège ne se déclenche plus. Il faut alors le
la propaga on sur la planta on. re rer et marquer le trou ouvert avec une bague e ;
s'il n’est pas refermé après 4 heures, il n’y a plus de
Le piégeage individuel est une méthode efficace campagnol dans la galerie.
en termes de capture mais assez contraignante,
chronophage et peu effec ve sur des popula ons à Il faut toujours bien refermer le trou autour d’un piège
forte densité. Les pièges collec fs et le gazage sont plus à l’aide de carton, de feuilles, de débris végétaux et
efficients en termes de résultat sur des popula ons enfin de terre ; les campagnols, méfiants vis-à-vis d’un
nombreuses. trou ouvert ou laissant passer de la lumière, risquent
de bourrer la galerie et déclencher le piège avant leur
[Link]. Piégeages individuels passage.

Les campagnols sont vecteurs de toutes sortes de Le campagnol des champs s’a rape plus aisément avec
parasites et de maladies bactériennes et virales : un appât, disposé soit de part et d’autre du piège, soit
l’échinococcose, la leptospirose ou le virus de Hanta en sur le déclencheur du modèle à guillo ne en métal. Les
sont quelques exemples. Nombreux sont transmissibles cacahuètes sont très efficaces ; les graines de tournesol,
à l’homme et causent de graves troubles. Pour ce e ou un morceau de pomme ou de caro e, fonc onnent
raison, il est vivement conseillé de porter des gants aussi.
121
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

 Fer à taupe bele es et les taupes (mais pas toujours car elles ont
tendance à bourrer ce type de système). Le relevé des
Les fers à taupe se disposent directement au niveau de pièges doit être quo dien car il tue un seul animal à la
la galerie, la pose est assez longue et fas dieuse mais fois.
les résultats sont rela vement bons si le piège est bien
posi onné. Il en existe deux modèles :

Modèle Putange®
Supercat® en plas que
 prix : ± 6 € HTVA
 fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin  prix : ± 17 € HTVA
 fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin

Topcat® en inox

 prix : ± 60 € HTVA
 fournisseur : société Triangle-ou llage (FR) et Semailles (FR/BE)

1. Repérer la galerie principale (environ 30 cm en oblique du


trou d’évacua on).
2. Préparer les fers en plaçant l’écarteur à 4 cm des pinces.
3. Placer un piège dans chaque sens de la galerie principale en
enfonçant la pince le plus loin possible dans la galerie.
4. Fixer les pièges en enfonçant un pe t bâton dans l’anneau.
5. Refermer la galerie avec du carton et de la terre pour obtenir
de bons résultats.
NB : Il convient de laisser vieillir le piège une dizaine de jours
dans le sol avant u lisa on pour supprimer l’odeur du métal.

 Piège à guillo ne

Les pièges à guillo ne disposés directement au Fonc onnellement iden que et d’efficacité égale, le modèle en
inox est cependant considérablement plus durable.
niveau de la galerie sont d’une efficacité redoutable :
l’opéra on est simple et rapide. La capture se réalise 1. Repérer une galerie pour y creuser un pe t trou à la ver cale.
dans les deux sens par le mouvement du déclencheur 2. Re rer la terre tombée à l’intérieur ou l’écraser au fond avec
les doigts ou un pommeau.
qui ac ve la guillo ne, tuant généralement l’animal 3. Placer le piège encore fermé.
sur le coup. Ce piège est sans danger pour l’u lisateur 4. Refermer soigneusement l’orifice autour du piège, tasser la
terre autour du piège.
et l’environnement mais il n’est pas sélec f et 5. Tendre le piège.
peut tuer tous les usagers des galeries, comme les
122
Deuxième phase : installer son projet

[Link]. Pièges et procédés collec fs

 Piège à campagnol Rex®

Ce piège, mis au point par Rex Goosse (BE), fonc onne


selon le principe de la planche basculante mais avec
un contrepoids ; ainsi il se reposi onne et demeure
opéra onnel en permanence, même si un campagnol a
déjà été capturé. Très performant, ce piège nécessite une
surveillance hebdomadaire et donc peu chronophage.

En outre, ce piège est sélec f : la musaraigne est trop


légère pour l’ac onner et un hérisson adulte est trop
large pour pouvoir y pénétrer. Il est à installer dans des
zones de forte ac vité et au sein des alignements dans
les vergers. Le piège s’installe rapidement sur le terrain.

Piège à campagnol Rex®

 prix : ± 50 € HTVA
 fournisseur : Centre de Michamps - Eric Goosse (BE)  Gazage au dioxyde et monoxyde de carbone 6
En France, la technique de gazage entre dans le champ
de l’homologa on des produits phytopharmaceu ques
(PPP).

Ce procédé est uniquement u lisé pour le campagnol


terrestre dont les galeries ne sont en général pas
trop étendues ; pour le campagnol des champs, les
galeries comportent tant d’orifices que le gaz s’échappe
constamment. La taupe disposant de nombreuses
galeries, il semblerait qu’elle puisse se réfugier
facilement loin de l’appareil après avoir sen le gaz.

Il existe des appareils spécialement conçus pour


l’opéra on avec un moteur (dé-)réglé qui reje e bien
plus de monoxyde de carbone (CO) qu’un moteur à
combus on normal. En plus du monoxyde de carbone,
les fumées blanches bien visibles con ennent du dioxyde
1. Préparer une pale e avec 4 chevrons formant deux de carbone (CO2) et de nombreux autres gaz dont une
entonnoirs pour amener le campagnol au niveau du piège, bonne par e est extrêmement cancérigène. Il est donc
la recouvrir avec une bâche à silo ou une tôle pour créer une indispensable que l’u lisateur prenne des précau ons :
obscurité sécurisante pour l'animal.
2. Enterrer complètement le seau dans le sol à l’aide d’une même à très pe tes doses répétées, le risque sanitaire
bêche et le remplir d’eau à ± un ers. est réel. En effet, le monoxyde de carbone remplace
3. Disposer le piège en aluminium et puis la pale e au-dessus.
l’oxygène sur les globules rouges et altère différents
organes du corps. L’u lisateur devra donc travailler en
123
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols

condi on venteuse et dans le bon sens du vent, tout  Lu e chimique


en limitant les temps d’exposi on. Pour des u lisa ons
prolongées ou récurrentes, nous conseillons l’u lisa on L’usage de Bromadiolone et d’autres roden cides à
d’un demi-masque de protec on respiratoire classique à effet an coagulant est déconseillé : ils contaminent
monofiltre mixte contre les gaz et vapeurs inorganiques sévèrement la chaîne alimentaire des prédateurs
et organiques (AB2EK1-P3). La surface à traiter ne doit naturels des rongeurs (chats, chiens, renards, bele es,
pas dépasser 1 à 2 ha. rapaces, sangliers…). De plus, leur efficacité est
contestée au printemps et en été : comme expliqué
Au final, ce e solu on est chronophage et risquée, pour précédemment, les réserves en nourriture durant ce e
l’environnement et la santé de l’opérateur ; son efficacité époque sont suffisantes pour que les rongeurs ne soient
est discutable et qualifiée de moyenne. pas intéressés par le roden cide. Dans certains cas
cri ques, si les autres méthodes de lu es préven ves et
Mauki® cura ves ne conviennent pas ou ne suffisent pas, il est
 prix : ± 1.650 € HTVA alors jugé prioritaire de sauver les arbres en recourant à
 prix à la loca on : ± 55 € HTVA/jour la lu e chimique.

6.3.4. Conclusion

En défini ve, de nombreuses solu ons existent ; celles


présentées dans ce guide sont toutes éprouvées. Malgré
tout, il reste difficile de faire face à la proliféra on des
campagnols. La solu on op male consiste donc à lu er
de manière intégrée et permanente avec différentes
techniques pour maintenir les popula ons au minimum.
La lu e biologique est à développer au maximum, car
elle est la plus efficace.
Traiter chaque trou entre 30 et 120 secondes.

 Piège à colle

Colle
 prix : ± 3 € HTVA
 fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin

Ce piège en surface convient pour les campagnols des champs à


la mauvaise saison.
Disposer la glu sur une planche en bois au milieu de laquelle un
appât doit être placé.
NB : Un campagnol immobilisé meurt de lui-même très
rapidement (quelques heures seulement).

124
Deuxième phase : installer son projet

Le plus efficace : la préda on naturelle


125
C. Troisième phase
Valoriser et entretenir son projet

7 Entre en

8 Forma on de bois de
qualité

9 Récolte et transforma on
7. Entre en

C. Troisième phase : valoriser et entretenir son projet


7. Entre en
Après la planta on, il faut assurer la pérennité de la parcelle nouvellement plantée en la surveillant assidûment.
Ce e surveillance étroite est prioritaire les 3 premières années. Il convient, d’une part, de surveiller l’état de
la planta on, de réaliser le bilan de reprise et de regarnir les arbres morts (si nécessaire). D’autre part, il
incombe de contrôler les adven ces au pied des plants s’il n’y a pas de paillage.
Plus tard, il faut cerner les racines des arbres en culture. Ce e opéra on doit être répétée de manière
périodique : elle est indispensable pour limiter la compé on des arbres avec les cultures. Enfin, à moyen et
long terme, l’entre en concerne également les par es aériennes des éléments agrofores ers, notamment par
le contrôle de l’emprise en largeur et parfois en hauteur des haies, taillis, lisières et bandes boisées.

7.1. Bilan de reprise et regarnissage pour ainsi dire, pas en compé on.

En agroforesterie, la viabilité des nouvelles planta ons 7.2. Dégagement


doit être surveillée les premières années. En effet, les
causes de mortalité des jeunes plants sont mul ples : Le meilleur moyen de favoriser la reprise et la croissance
juvénile des arbres est d’éliminer totalement ou
• mauvais choix d’essences ;
par ellement les adven ces durant les 3 à 5 premières
• mauvaise qualité des plants : plants desséchés, avec
années, au moins. En l’absence de paillage, il faudra
racines déficientes ou mise en jauge négligée ;
donc choisir et appliquer une méthode de dégagement
• accidents clima ques : sécheresses, chaleurs, gelées
efficace à proximité immédiate des plants : désherbage
ou froids excep onnels ;
chimique, binage ou désherbage mécanisé avec travail
• circonstances défavorables du milieu : concurrence
du sol, dégagement semi-mécanisé à la débroussailleuse,
des adven ces et manque de dégagements, versant
dégagement mécanisé ou pâturage contrôlé.
exposé, sol engorgé…
• a aques parasitaires, dégâts du bétail ou de la faune La végéta on spontanée constatée au pied des plants
sauvage ; varie selon les régions, la nature du sol, l’antécédent
• planta ons peu soignées : sol non travaillé, mise en cultural et le stock de graines dans le sol. Le plus
terre trop superficielle, plants non protégés. souvent, la végéta on en place à proximité du plant
Les diagnos cs sur le terrain perme ent aussi d’observer lui nuit, spécialement les graminées. Cependant, la
le développement de la végéta on environnante, végéta on d’accompagnement (notamment semi-
d’envisager d’éventuels dégagements et d’évaluer ligneuse ou ligneuse) peut aussi exercer des effets
l’efficacité des protec ons mises en place. Les visites sont bénéfiques sur les jeunes plants agrofores ers. Selon sa
donc à planifier pour déceler au plus vite les causes de nature, sa densité, sa hauteur et sa vigueur, elle peut
non-reprise afin d’agir en conséquence et de réduire les créer une ambiance tampon plus favorable : le vent
risques d’a aques ou de dégrada ons. Les arbres morts sec moins vif au printemps, la chaleur au sol moins
ou peu vigoureux pourront être remplacés, surtout intense en été et l’humidité ambiante légèrement plus
dans les planta ons comprenant un nombre restreint élevée favorisent la reprise des jeunes plants. Mais
d’arbres. En agroforesterie, il n’est pas probléma que ce e végéta on d'accompagnement doit néanmoins
d’avoir des arbres d’âges différents car ils n'entrent, être maîtrisée. En effet, elle peut aisément déformer
128
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

des ges et provoquer, par fro ement, des blessures et naturels à proximité de zones sensibles, ainsi que pour
dessicca ons des pousses terminales. Le contrôle de la l’obten on de subsides à la planta on.
végéta on et son élimina on par elle ou totale doivent
donc être raisonnés au cas par cas. En règle générale, le En l’occurence, il convient de choisir le produit agréé
main en d’une végéta on ligneuse d’accompagnement le plus approprié pour l’usage envisagé et de respecter
peu concurrente est recommandé. scrupuleusement les instruc ons d’u lisa on et les
concentra ons à épandre. Ces consignes prennent
Dans ce but, des essences de gainage peuvent être en considéra on l’impact des herbicides sur
plantées volontairement au départ. À moyen terme, l’environnement et établissent les limites à l’intérieur
l’accompagnement ligneux joue un rôle cultural desquelles leur u lisa on est la plus sécurisée. La
et d’éduca on : protec on contre le vent, le soleil solu on ac ve s’applique localement, par pulvérisa on,
et les animaux ; gainage des plants ; protec on et sur une surface d’environ 1 m² (Ø = 1,2 m).
enrichissement du sol ; améliora on de la forme des
arbres (accéléra on de l’élagage naturel des arbres, Le traitement se réalise surtout au printemps avant
diminuant ainsi le coût des tailles d’élagage). l’explosion de la végéta on et par temps sec, de
préférence tôt le ma n, surtout à par r du mois de mai,
Si le couvert préexistant est complètement détruit avant car l’air devient plus sec et le vent se lève en journée.
la planta on, les jeunes arbres démarreront toujours Une hygrométrie suffisante améliore la performance
avec un avantage considérable sur la végéta on des herbicides systémiques. Si ces indica ons sont
adven ce. De plus, il est facile d’entretenir un sol mis à respectées, on ob ent de meilleurs résultats et les
nu par un binage manuel ou un désherbage mécanique dosages peuvent être réduits.
avec travail du sol.
L’usage des équipements de protec on individuelle
Au cœur de l’été, quand l’ensoleillement génère le plus est indispensable : combinaison, gants et bo es
7
de chaleur, les dégagements tardifs et intenses peuvent imperméables, lune es et protec on respiratoire
occasionner des brûlures ou des échauffements souvent éprouvée pour le produit u lisé.
préjudiciables. La période idéale pour les dégagements
s’étend du printemps jusqu’à la fin du mois de juin et Le désherbage chimique suppose donc des
recommence à par r de la fin de l’été. compétences pour le choix et le dosage des produits,
la période op male du traitement, le matériel à u liser
Enfin, les dégagements nécessitent toujours d’être et les précau ons nécessaires avant, pendant et après
précau onneux car ils présentent des risques de l’épandage.
mauvaises manœuvres, pouvant entraîner des blessures
ou la mort des arbres. En Wallonie, une phytolicence de type P2 est
obligatoire pour les personnes qui achètent, stockent
ou u lisent des produits phytopharmaceu ques à usage
7.2.1. Désherbage chimique professionnel. Le cer ficat délivré par le gouvernement
fédéral assure la manipula on correcte de ces
Le désherbage chimique est une méthode éprouvée : produits. L’objec f de la phytolicence est de réserver
elle supprime efficacement la concurrence herbacée les manipula ons de produits phytopharmaceu ques
et diminue les risques de dégâts infligés par les aux personnes ayant les connaissances requises, ce
campagnols (facilement repérés par les prédateurs), afin de limiter au maximum les risques liés à l'usage
de ces produits sur la santé humaine, animale et sur
elle est peu coûteuse et rapide. Cependant, elle favorise
l’environnement. Les u lisateurs professionnels, les
l’évapora on de l’eau du sol remontant par capillarité et distributeurs et les conseillers doivent rester informés des
est vivement déconseillée sur le plan environnemental. nouvelles évolu ons en ma ère de lu e phytosanitaire à
Elle est d’ailleurs interdite dans certains sites et milieux l’aide d’une forma on con nue obligatoire.

129
7. Entre en

En France, un cer ficat d’ap tude (Cer phyto ou CI-phyto) est également obligatoire pour tout u lisateur ou distributeur de
produits phytopharmaceu ques. Ce cer ficat doit être présenté pour l’achat de pes cides à usage professionnel. En fonc on de
l’ac vité professionnelle et du niveau de responsabilité, il existe 5 types de cer ficats individuels perme ant :

 le conseil à l’u lisa on des produits phytopharmaceu ques ;


 la mise en vente, la vente et la distribu on à tre gratuit de produits phytopharmaceu ques ;
 l'u lisa on des produits phytopharmaceu ques dans la catégorie décideur en entreprise soumise à agrément ;
 l'u lisa on des produits phytopharmaceu ques dans la catégorie décideur en entreprise non soumise à agrément ;
 l'u lisa on des produits phytopharmaceu ques dans la catégorie opérateur.
Chaque cer ficat a une durée de validité de 5 ans.

Bonnes pra ques agrofores ères Pulvérisa on op male au pied des plants

Le pulvérisateur est muni d’un cache pour éviter la


projec on de fines gou ele es sur les plants.

Le traitement est dirigé en évitant les plants et


appliqué sur un rayon de 60 cm : deux applica ons passage уϯϬ
1 Đŵ
circulaires de la largeur du cache perme ent de
traiter environ 1 m². passage 2

Après usage, il importe de conserver les produits en fragmentée et aérée ; l’accéléra on de la minéralisa on
surplus dans un endroit sécurisé. Il ne faut surtout pas de la ma ère organique assure ainsi une fer lisa on
s’en débarrasser en les déversant dans un cours d’eau, naturelle des arbres. Le travail du sol augmente
un égout ou sur le sol ; normalement, cela va de soi. aussi la perméabilité et la porosité du sol, améliorant
l’alimenta on hydrique en cas d’averse. En cassant la
7.2.2. Binage et désherbage croûte et les réseaux capillaires du sol, les remontées
mécanique avec travail du sol et les pertes en eau du sol par évapora on diminuent.
Le sol se réchauffe plus rapidement au printemps et
Par rapport au désherbage chimique, le travail du l’ac vité biologique est s mulée plus précocement.
sol au pied des arbres offre des solu ons certes plus Enfin, le travail du sol limite fortement l’installa on du
coûteuses en termes d’inves ssement et/ou de temps campagnol : celui-ci ne trouve aucune protec on vis-à-
de travail, mais l’opéra on est plus intéressante sur le vis des prédateurs dans une terre à nu. Si malgré tout
plan environnemental et agronomique. le campagnol était présent, la destruc on régulière des
galeries avec des ou ls travaillant plus profondément les
Le binage a pour but d’éliminer les adven ces à un stade incite à déloger. Pour toutes ces raisons, le désherbage
de développement précoce sur une terre ini alement avec travail du sol est vivement recommandé.
travaillée, ceci en sec onnant les racines et en sortant
les plantes de terre. Le désherbage mécanique avec En aucune circonstance le passage des ou ls ne doit
travail du sol peut s’apparenter à un binage. Néanmoins perturber le développement des arbres : pas de blessure
suivant les ou ls, un travail du sol plus profond permet aux troncs, bourrelets de greffe et systèmes racinaires.
l’élimina on d’adven ces plus développées. La structure Aussi, il ne doit pas abîmer les systèmes d’irriga on s’il
du sol en est améliorée car elle est décompactée, y en a.
130
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Le binage s’applique pendant 10 jours après une idéalement de sarclage en pa e d’oie. Ce e technique
averse, surtout au printemps, pour empêcher les est commode et rapide. La profondeur de travail se
adven ces de s’installer dès la levée ; progressivement, règle grâce à une roue arrière de terrage : on peut
la banque de graines en surface tend à s’épuiser. Pour ainsi opter pour une ac on superficielle se cantonnant
les personnes prêtant a en on aux cycles lunaires, les aux 5 premiers cen mètres du sol. Les motoculteurs
anciens binaient en lune descendante pour favoriser sont, dans l’ensemble, assez maniables et perme ent
l’enracinement des arbres. Le binage manuel s’effectue de travailler à proximité des arbres sans les blesser. La
à l’aide d’une bine e, d’une pioche ou encore d’une largeur de la fraise d’un motoculteur varie autour de
houe maraîchère. Ce travail long et parfois fas dieux est 60 cm.
à réserver à quelques arbres seulement. La technique
demeure efficace si elle est répétée régulièrement dès Ce e solu on peut être envisagée avec un microtracteur ;
la planta on. la fraise ou la herse rota ve conviennent toutes les deux.

Binage mécanisé : motoculteur avec fraise arrière réglable en hauteur 7


Un « montage fait maison » peut aussi être réalisé par
Rase e l’agriculteur lui-même pour les alignements en culture,
en récupérant le cadre d’un ancien cul vateur et en
plaçant 2 à 5 dents à l’extrême gauche et/ou droite du
porte-ou l. Cela facilite le travail du sol au plus près des
arbres et sur une largeur restreinte tout en u lisant un
tracteur conven onnel et un matériel peu onéreux à
portée de main.

Houe maraîchère

Facile à me re en œuvre et demandant un


inves ssement restreint, le binage mécanique peut
s’effectuer à l’aide d’un motoculteur équipé d’une fraise
arrière ou d’un ou l aratoire non animé muni de dents,
131
7. Entre en

Enfin, des solu ons de désherbage mécanique avec Le désherbage mécanique avec travail du sol implique
travail du sol développées dans le cadre de l’arboriculture le plus souvent de supprimer les branches basses et
frui ère et de la vi culture sont envisageables. Une large d’enterrer ou de suspendre les systèmes d’irriga on.
gamme d’ou ls est aujourd’hui disponible sur le marché : Il est réalisable avec toutes les espèces d’arbres ;
ils sont dits « interceps ». L’inves ssement pour ce cependant, certaines essences comme le noise er et
matériel neuf oscille entre 8.000 et 17.000 € suivant le prunier myrobolan présentent un système racinaire
l'appareil. On les dis ngue selon le travail du sol réalisé : naturellement traçant et superficiel pour lesquels il faut
labour, bu age, débu age, fraisage, hersage, émo age adapter le choix du matériel. Les ou ls peuvent s’a eler
ou binage. Il est possible, et souvent u le, de coupler deux à l’avant, au milieu ou à l’arrière du tracteur.
disposi fs pour une efficacité de désherbage accrue. La
grande majorité de ces matériels présente un palpeur : Posi on à l’avant
une ge d’acier plus ou moins courbée qui assure le retrait  contrôle et précision du travail : meilleure réac vité en cas de
et l’effacement de l’ou l à la rencontre du pied de l’arbre. dévia on
 confort de conduite
Le sol est ainsi travaillé sur l’ensemble du rang, milieu  relevage avant indispensable et coût plus élevé
compris.  limite du poids de la machine sur le relevage avant
Posi on ventrale
En règle générale, les ou ls de désherbage avec
 contrôle et précision du travail
palpeur progressent à une vitesse de 3,5 à 4 km/h pour
 confort de conduite
perme re au palpeur de bien se raba re. Pour ceux  perte de temps à l'a elage et au dételage
sans entraînement par prise hydraulique, la vitesse  gêne occasionnée par le porte-ou l si autres travaux
d’avancement doit être supérieure afin de réaliser Posi on à l’arrière
un travail efficace : en général, on se situe entre
 le plus courant et le moins cher
8 et 10 km/h.  faible confort de conduite

Lame plate bineuse Bineuse rota ve passive Lames cureuses, sarcleuses ou tuilées

 bine les adven ces  sarcle et travaille avec un angle : plus


 découpe horizontalement la terre sans la
 mouvement rota f engendré par grand déplacement de terre qu’avec la
retourner
l’avancement grâce à la forme du disque lame bineuse
 profondeur de travail : superficielle
de binage lui-même  profondeur de travail : jusqu’à 5 cm
 vitesse : 3 à 8 km/h
 vitesse : 3 à 5 km/h  vitesse : 3 à 4,5 km/h

 réglage facile
 binage toujours perpendiculaire au  bon compromis entre lames bineuses et
 à u liser avant une sécheresse annoncée
sens de l’avancement charrues décavaillonneuses
 montage avec fraise rota ve ou disques
 appui sur les jeunes plants qu’il faut  après leur passage, un léger bu age est
émo eurs pour un travail plus complet
tuteurer pour ne pas blesser nécessaire
 adven ces au stade de plantule uniquement

132
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Brosse de désherbage Herse rota ve à axe ver cal Fraise rota ve à axe horizontal

 arrache l’herbe sur sol dur et travaille


 travaille la terre et détruit les adven ces  travaille la terre et détruit les adven ces,
superficiellement un sol meuble
 profondeur de travail : 5 à 10 cm même développées
 profondeur de travail : superficielle
 vitesse : 4 km/h  profondeur de travail : 10 à 20 cm
 vitesse : 5 à 6 km/h

 dents incurvées sur certains modèles


 peut fonc onner comme andaineuse pour un binage plus efficace
 désherbage au plus près de l’arbre  peut être u lisée avec une brosse de  broie et incorpore les résidus de taille de
 peut être u lisée avec une herse rota ve désherbage au-dessus de la herse pour l’année
 adven ces au stade de plantule enlever l’herbe avant le passage de ce e  moins adaptée aux sols caillouteux
uniquement dernière
 moins adaptée aux sols caillouteux

7
Disques émo eurs ou
Charrue décavaillonneuse Disque(s) à chausser et déchausser
disques crénelés (passifs)

 laboure avec bu age (avant l’hiver) et


 fissure et émie e la terre, recouvre les
débu age (avant le printemps) : socs  laboure avec bu age et débu age
adven ces
interchangeables  profondeur de travail : ± 5 cm
 profondeur de travail : 5 cm
 profondeur de travail : 10 à 20 cm  vitesse : 3 à 8 km/h
 vitesse : 7 à 10 km/h
 vitesse : 2,5 à 5 km/h

 réglage facile
 efficacité raisonnable sur les adven ces  réhausse la bu e
 efficace sur les adven ces développées
développées  pas de raba age : ne travaille pas le
 risques de lissage
 pas de raba age : ne travaille pas le milieu du rang
milieu du rang

133
7. Entre en

Mieux vaut travailler le sol dès la première année de pousse trop haute de la végéta on ; un second passage
la planta on pour empêcher que les campagnols ne est pra qué avant l’hiver pour y limiter le refuge des
s’installent et que l’arbre ne forme des racines en campagnols durant ce e période. Un débroussaillage
surface. En effet, les interven ons à un stade plus intermédiaire peut aussi être réalisé au début de
avancé risquent de détruire des racines d’alimenta on l’été, soit début juillet. Quand l’ensoleillement est le
pouvant être présentes en quan té dans l’horizon plus intense, les dégagements engendrent pour les
superficiel. Pour les travaux plus profonds comme le jeunes arbres des risques considérables de brûlures et
labour à la charrue décavaillonneuse, il est préférable, d’insola ons parfois très préjudiciables.
dans un premier temps, de régler l’ou l pour un travail
plus superficiel et éviter de me re la reprise de l’arbre Pour les arbres isolés, le dégagement se réalise sur une
en péril. surface d’environ 1 m² au sol, parfois un peu plus. Pour
les alignements de haies, on considère généralement un
Le désherbage mécanique avec travail du sol présente peu plus de 50 cm de part et d’autre.
aussi certains inconvénients plus ou moins marqués en
fonc on des ou ls sélec onnés : Une grande précau on est de mise lors des dégagements
semi-mécanisés car des fausses manœuvres provoquent
• mise en œuvre difficile en sols argileux et lourds ;
souvent de sévères blessures aux arbres ; la vitalité d’un
• usure des ou ls en sols trop caillouteux ;
plant annelé par le fil de la débroussailleuse est mise en
• éventuels accidents structuraux comme le tassement
péril.
ou la forma on d’une croûte de ba ance si les
condi ons sont mauvaises (privilégier les passages Pour protéger préven vement les arbres d’alignements,
en sol ni trop sec ni trop humide) ; on peut placer à la base de l’arbre une sec on de
• appauvrissement du sol en ma ère organique sur le descente d’eau pluviale de 15 cm de hauteur qu'il faut
long terme aggravant les risques de ba ance et les enfoncer légèrement dans le sol. Ce e installa on
risques de lessivage azoté ; protège aussi le collet vis-à-vis des campagnols. Elle
• destruc on de certains auxiliaires ; doit être coupée dans le sens de la hauteur lors de sa
• incompa bilité éventuelle avec les récoltes mise en place pour pouvoir s’ouvrir avec la croissance
mécaniques au sol de fruits à coque ou de pommes à du diamètre du tronc, si sa dépose n’est pas réalisée en
cidre (risques de sols boueux) ; temps opportun.
• incompa bilité avec les alignements dans le sens de
la pente (concentra on de l’érosion) mais à l’inverse,
pour les alignements perpendiculaires à la pente, le
bu age induit un endroit propice à l’infiltra on de
l’eau.
Pour en savoir plus sur les ou ls de désherbage mécanique, se référer
au document « Désherbage mécanique de la vigne, choisir ses ou ls
interceps » Poissonnet R. & al., 2018.

7.2.3. Dégagement semi-mécanisé

Réalisé à l’aide d’une débroussailleuse équipée d’un


ou l de coupe adapté à la végéta on, le débroussaillage
permet de raba re l’emprise aérienne de la végéta on
environnante au ras du sol. Il s’applique une première
fois au printemps, aux environs du 15 mai, avant la
Descente d’eau pluviale en guise de protec on des troncs
134
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Dégagement semi-mécanisé

L’usage d’une débroussailleuse implique un équipement de sécurité dont les éléments les plus importants sont la visière et les coquilles
an bruit.

7.2.4. Dégagement mécanisé près des plants. En vue des entre ens ultérieurs, il est
indispensable de concevoir sa planta on (notamment la
Le dégagement mécanisé vise principalement la largeur entre les alignements) en fonc on du matériel
destruc on des recrûs herbacés de part et d’autre de la disponible ; la planta on doit aussi être bien rec ligne.
ligne de planta on avec un matériel adapté : épareuse,
broyeur à axe ver cal ou horizontal, tondeuse, tracteur Enfin, il existe les ou ls de désherbage « interceps »
tondeuse ou encore motoculteur muni d’une barre sans travail du sol comme le système Herbanet (axe 7
faucheuse ou, idéalement, d’un broyeur à fléaux. Une horizontal) et le système rotofil (axe ver cal). Une
distance de sécurité doit être maintenue vis-à-vis des variante de ce dernier est le système de broyage sous
arbres pour ne pas les accrocher et les abîmer. Dans ces clôture dont le prix d’inves ssement est moindre ; le
condi ons, il reste généralement une bande d’adven ces fonc onnement est le même mais il s’agit de pe ts fléaux
comprise entre 10 et 30 cm de large au niveau de (couteaux) perme ant le dégagement d’adven ces très
l’alignement ; plus pe te elle est, mieux c’est. Les développées. Tous ces modèles perme ent de broyer
motoculteurs, les tondeuses et les tracteurs tondeuses la végéta on au plus près des arbres car ils s’effacent à
sont les plus maniables, perme ant de travailler au plus leur rencontre.

Motoculteur avec barre Système de broyage sous Système Herbanet interceps


faucheuse ou broyeur à fléaux clôture ou rotofil interceps à axe horizontal

135
7. Entre en

Broyeur arrière à fléaux sur microtracteur,


Épareuse Tracteur tondeuse
avec axe ver cal (photo) ou horizontal

7.2.5. Pâturage contrôlé l’arbre, spécialement si les animaux sont suscep bles de
les écorcer.
Pour l’agroforesterie en prairie, l’accès du bétail au pied
des arbres reste le moyen de dégagement le plus facile Le pâturage contrôlé peut se réaliser avec tout type de
et le plus efficace pour maintenir les adven ces au ras bétail si les protec ons sont adaptées : si elles sont non
du sol, mais la prudence est de mise. Ce e technique électriques, le disposi f doit être robuste pour résister
implique la correspondance entre les essences choisies à des poussées très importantes, car le bétail met toute
et la race des animaux : l’écorce et/ou le feuillage doivent sa masse et sa force en œuvre pour a eindre la par e
être inappétents pour les animaux si on leur laisse accès de l’arbre convoitée. Avec des protec ons électriques, la
à une par e ou à l’en èreté de l’arbre. Ce e méthode dissuasion est des plus efficaces.
implique donc quelques recherches bibliographiques
préalables ou quelques essais.

Surélèvement du grillage de 7 cm (protec on contre le mouton)

Surélèvement du grillage de 15-20 cm


avec une protec on du tronc contre le lapin

Les protec ons individuelles ou globales doivent être


ajustées de manière minu euse. Elles seront surélevées
par rapport au sol : suffisamment pour laisser la dent de
l’animal approcher du pied de l’arbre (en étant debout
Clôture électrique surélevée : planta on de feuillus
ou accroupi) mais pas trop, afin d'éviter l’accès direct à en prairie pâturée par des vaches Holstein

136
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Les races de bétail sélec onnées (p. ex. : vache Sans entre en, la haie évolue et croît annuellement,
Holstein, Blanc Bleu Belge... ; mouton Texel...) sont elle se dégarnit à sa base et s'étoffe sur le dessus, se
généralement moins intéressées par l’écorce des arbres ; banalise avec les essences vigoureuses et à terme, finit
néanmoins elles n’hésiteront pas à jeter leur dévolu par se fragiliser et à dépérir. De plus, certaines espèces
sur les jeunes rameaux tendres de certaines essences ligneuses se mul plient par semis ou par drageons
ligneuses à la bonne saison. Les races plus rus ques (prunellier, cornouiller sanguin, merisier…) ; la haie tend
(p. ex. : vache Highland, Salers... ; mouton Soay...) sont donc naturellement à grandir et s’élargir.
beaucoup plus gourmandes en ma ère ligneuse.
En bord de route ou de chemin, les entre ens réguliers
et adaptés visent à limiter l’emprise sur la voirie des
branches nuisant à la visibilité et à la sécurité des
usagers ; dans les champs, ils limitent l’empiétement de
la haie sur l’espace cul vé. Il est conseillé d’intervenir de
manière annuelle ou bisannuelle en bordure de voirie et
tous les 2 à 5 ans en plein champ.

La fréquence de coupe dépend directement du


matériel disponible, il faut privilégier les coupes ne es.
L’éclatement des rameaux génère une cicatrisa on
difficile et des blessures propices aux parasites
responsables de maladies et de pourritures dans les
Clôture électrique surélevée : planta on de noyers
en prairie pâturée par des vaches Blanc Bleu Belge végétaux, une fragilisa on progressive de la haie et la
dispari on des espèces sensibles. 7
7.3. Entre en aérien De plus, ces tailles inesthé ques font mauvaise presse à
l’agriculture auprès du grand public. Le seul point posi f
L’entre en aérien consiste à contrôler l’emprise d’un
est de réveiller de nombreux yeux dormants en raison
linéaire arboré (notamment des haies) par des tailles
des blessures infligées à l’arbre, accroissant la densité
latérales et parfois de sommet selon une forme définie.
de la haie.

137
7. Entre en

Épareuse à couteaux Épareuse à marteaux

Matériel

Largeur de travail ± 1,20 m ± 1,20 m

Qualité des coupes

Ørameau : 0,5 cm Ørameau : 1,5 cm Øbranche : 6 cm


Couramment u lisée pour sa polyvalence (plantes herbacées,
semi-ligneuses et ligneuses), la qualité de la coupe de
Travail sa sfaisant si les couteaux sont en bon l’épareuse à marteaux dépend de la sec on des branches, de
état et si la taille s’applique à de pe ts rameaux la forme des marteaux et de l’affûtage du tranchant : pour
Adéqua on du
(Ø < 1 cm). Sur des rameaux de 2 ans, la coupe des rameaux de 1 à 3 ans (Ø < 4 cm), elle opère un travail
matériel est déjà beaucoup moins franche et on observe sa sfaisant avec des marteaux de forme bien tranchée. Le
souvent des éclatements. travail avec des marteaux plus grossiers, abîmés et/ou sur des
sec ons plus grosses déchiquète grossièrement et éclate les
branches.
Ømax des branches
0 à 1 cm ± 1 à 4 cm
(coupe propre)
Vitesse
2 à 3,5 km/h 2 à 3,5 km/h
d’avancement
Fréquence de
annuelle annuelle à 3 ans
passage
Période
idéalement fin d’été et hiver hiver
d’interven on
 polyvalence pour les banque es d’accotement
 polyvalence ul me
et les jeunes branches de la haie
 broyage du bois : pas de ramassage
 broyage du bois : pas de ramassage
Avantages et  parfois peu efficace sur les rameaux trop souples
 coupe correcte sur des jeunes rameaux
inconvénients  effet d’éclatement des grosses branches
 ne convient pas pour les branches de Ø > 1 cm
 affûtage des marteaux (toutes les 15 à 50 h)
 entre en coûteux
 risques de projec ons
 risques de projec ons

Inves ssement
moyen (€€) moyen (€€)
matériel neuf
Prix horaire via
55 € HTVA 55 € HTVA
entrepreneur

138
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Lamier à fléaux (couteaux) Sécateur d’élagage Lamier à scies

Matériel

Largeur de travail ± 2,50 m ± 2,20 m ± 2,50 m

Qualité des coupes

Ørameau : 1,5 cm Øbranche : 5 cm Ørameau : 1 cm Øbranche : 6 cm


Pour les moyennes et les grosses sec ons, le
Pour des jeunes rameaux, lamier à scie circulaire est l’ou l effectuant
Coupes respectables mais
le lamier à fléaux les coupes les plus ne es ; il est de loin l’ou l
Adéqua on du rarement ne es pour l’ensemble
(couteaux) opère les plus d’entre en le plus efficace. Le seul problème
matériel des sec ons (sauf sur les toutes
belles coupes (rameaux de observé est l’effacement des pe tes branches
pe tes).
1 à 3 ans, Ø < 3 cm). devant les scies, entraînant des déchirements 7
plutôt que des coupes ne es.
Ø max des branches 2 à 20 cm
0 à 3 cm 1 à 10 cm
(coupe propre) (jusque 25 cm)

Vitesse ± 1 km/h 1 à 4 km/h


2 à 3 km/h
d’avancement ± 0,5 km/h si reprise après 10 ans ± 1,5 km/h si reprise après 10 ans
Fréquence de
annuelle à 3 ans bisannuelle à ± 7 ans 3 à ± 10 ans
passage
Période
fin d’été et hiver hiver hiver
d’interven on

 travail parfait et coupe


 coupe correcte  fréquence réduite des interven ons
franche sur des jeunes
 ou l robuste  bien adapté pour les haies délaissées
branches
 peu d’entre ens : toutes les  coupe ne e et propre en toutes circonstances
 ramassage du bois :
2.000 h  valorisa on possible du bois
certains modèles ont
Avantages et  pas de projec ons  u lisateur confirmé
deux rangées de lames
inconvénients  pas de compétence par culière  ramassage du bois
opérant un broyage
pour l’u lisa on  tracteur muni d’une protec on
simultané à la coupe
 ramassage du bois  travail près du sol, dangereux
 affûtage des couteaux :
 vitesse d’avancement réduite  entre en du matériel : affûtages réguliers des
toutes les 50 h
 nécessite un bras robuste scies, toutes les 10 à 40 h
 risques de projec ons

Inves ssement
élevé (€€€) moyen (€€) élevé (€€€)
matériel neuf
Prix horaire via
85 € HTVA 55 € HTVA 95 € HTVA
entrepreneur

139
7. Entre en

Sécateur d'élagage

Lamier à fléaux
140
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

De manière générale, plus le travail d’entre en s’effectue rapide et efficace convient par culièrement bien pour
aux fréquences prescrites par les constructeurs, moins il la lu e contre l’érosion car les cépées sont à chaque fois
y a de risques de blesser les arbres. densifiées. La conduite en taillis concerne idéalement
des essences à croissance rapide et toujours tolérantes
Aussi, ce sont surtout les objec fs fixés qui déterminent
aux recépages réguliers (saule, noise er, cornouiller,
les types d’entre ens : recépages pour les haies
sorbier) ; le diamètre maximal de coupe est de 8 cm.
an érosives (surtout dans un premier temps) et pour
les taillis de biomasse ; tailles uniquement latérales pour Pour les haies, la taille des jeunes rameaux de l’année,
les haies brise-vents ; tailles latérales et sommitales encore rela vement tendres, s'effectue idéalement au
pour les haies basses taillées entourant les parcelles mois d’août pour respecter la période de nidifica on qui
pâturées ; recépages fréquents dans un premier temps, s'étend du 1er avril au 31 juillet. Pour la coupe de branches
puis sporadiques ou conduite libre pour les haies de plus gros diamètre, on procède généralement en
faunis ques, mellifères et à auxiliaires (surtout, éviter période hors-sève.
les tailles annuelles pour perme re la floraison).
En Région bruxelloise, la coupe et l’élagage à l’aide
La largeur du matériel n’est pas à négliger : un lamier à d’engins motorisés sont interdits par la législa on du
couteaux de 2,5 m effectue en un seul passage le travail 1er avril au 15 août. En Région wallonne, cela n’est pas
encore le cas. Seuls les agriculteurs sont tenus de ne pas
de deux épareuses. Le gain de temps (± 40 %) et de fuel
tailler les haies et les arbres du 1er avril au 31 juillet. Il
(± 50 %) sont significa fs.
s’agit d’une mesure entrée en vigueur en juin 2018 et qui
a este du rôle prépondérant rempli par les agriculteurs
NB : En contrepar e du coût d’entre en, les éléments
dans la sauvegarde et la protec on de notre biodiversité.
agrofores ers fournissent des services à l’agriculteur, à
la société (surtout) et, dans certains cas, des produc ons En France, la taille est interdite du 1er avril au 31 juillet
ligneuses valorisables. pour les agriculteurs. L’exploita on du bois et le 7
recépage sont autorisés au tre de la taille des haies. La
Pour la produc on de biomasse, le recépage mécanisé réglementa on des haies est issue de la condi onnalité et
est simple et peu onéreux ; étant pra qué uniquement des Bonnes Condi ons Agricoles et Environnementales
fiche VII (BCAE 7).
pour la conduite des taillis à très courte (TtCR) ou
à courte rota on (TCR), la récolte se réalise en un A en on, il est interdit de supprimer ou de déplacer
passage avec une ensileuse à tête de récolte montée sur les haies sans autorisa on de la DDT (Direc on
l’a elage « 3 points » d’un tracteur. Ce mode d’entre en départementale des Territoires).

Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons de ges on pour les haies agricoles

 Pour les haies basses taillées dont la taille sommitale (du sommet) est réalisée en même temps que la taille latérale, il faut appliquer
le même traitement d’année en année (idéalement légèrement au-dessus de celui de l’année précédente pour n’amputer que les
jeunes rameaux) et ne pas descendre brusquement une haie taillée à une certaine hauteur depuis de nombreuses années ; le squele e
doit rester intact sauf lors des recépages. Aussi, pour les haies suffisamment larges et/ou hautes, mieux vaut tailler avec une certaine
oblicité vers l’intérieur : cela permet de faire tomber les rameaux coupés dans la haie elle-même, et non sur le champ, et d’économiser
un passage pour la taille du dessus. Enfin, cela permet d’avoir une plus grande hétérogénéité de la lumière au niveau des différentes
strates avec le main en d’une plus grande diversité d’essences.
 Pour assurer une bonne densité, toute haie doit être recépée 2 à 5 ans après sa planta on (taille à 5 cm du sol), lorsque les plants sont
bien implantés et vigoureux.
 La taille sommitale périodique affaiblit, dans une certaine mesure, progressivement la haie ; elle favorise le main en des espèces les
plus vigoureuses et la dispari on des plus fragiles. Même si la haie est cons tuée uniquement d’espèces buissonnantes, il vaut mieux
la conduire librement au sommet et préférer un recépage régénérateur, tous les 15-20 ans (a en on à protéger les cépées du bétail).
(Prom’haies, 2013)

141
7. Entre en

ĨĂǀŽƌŝƐĞƌ ĠǀŝƚĞƌ  Conserver les troncs intacts, sans


les écorcer en venant y appuyer les
machines. De manière générale, ne
jamais appuyer l’ou l sur la haie.
 Conserver une épaisseur de 1,5 m
au minimum.
 Toujours entretenir (même avec des
cycles longs) plutôt que de laisser
à l’abandon : l’entre en des haies
assure le renouvellement de leur
densité et donc de leurs fonc ons et
a raits écologiques.
 Privilégier un matériel et une
ŶƚƌĞƟĞŶƐƵƌϰ͕ϱŵ
fréquence de coupe assurant des
ĚĞŚĂƵƚŵĂdžŝŵƵŵ
coupes ne es.
ĂŶƋƵĞƩĞ  Les tailles périodiques et non
ĞŶŚĞƌďĠĞсϭŵ sélec ves à l’épareuse, au lamier et
au sécateur d’élagage peuvent être
complétées par des tailles sélec ves
à la tronçonneuse, tous les 8 à
10 ans, pour recéper les essences
les plus vigoureuses ; cela permet
>ĂƌŐĞƵƌĚĞůĂŚĂŝĞсϭ͕ϱŵŵŝŶ͘ de conserver une plus grande
ăϭŵĚƵƐŽůĂƉƌğƐƚĂŝůůĞ diversité d’essences.

Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons de ges on pour les haies à voca on écologique

En théorie, pour la biodiversité, l’idéal est d’avoir une strate arbus ve dense, une canopée avec des ouvertures, des bords irréguliers et
un ourlet herbeux.

Pour favoriser la biodiversité, il convient d’entretenir des haies :

 étagées et d’âges différents en créant des trouées temporaires


par recépage et en maintenant de vieux arbres ;
 denses en recépant les essences à croissance rapide comme le
noise er, les saules et le cornouiller et en raba ant à 1 m
du sol, à moindre fréquence, les essences à croissance
moyennement rapide (comme l’érable champêtre) et épineuses
(comme l’aubépine et le prunellier) pour assurer la nidifica on
des oiseaux et leur protec on contre les prédateurs. On veillera
à créer des trouées au centre de la haie ;
 diversifiées en accordant suffisamment d’espace aux essences
à croissance lente et en taillant sélec vement les espèces
dominantes ;
 riches en ressources alimentaires en adoptant une faible
fréquence de coupe ;
 riches en habitats en créant des bords irréguliers, en entassant
Ourlet Zone de Zone Zone de Ourlet les branches coupées ou broyées, en conservant les arbres
herbeux manteau centrale manteau herbeux morts et en formant des arbres têtards.

Il convient aussi de toujours raisonner les entre ens par tronçon(s), pour conserver les atouts fonc onnels de l’ensemble. Suivant la
structure et la composi on de la haie, on peut envisager une rota on sur 8 ans en appliquant des tailles sélec ves pour le(s) tronçon(s)
envisagé(s). Un contrôle de l’emprise peut se faire en parallèle de manière plus régulière.

Pour ces chan ers, les pinces fores ères et la tronçonneuse perme ent d’être plus sélec f.
(Manssens C., 2020)

142
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Pince fores ère Tronçonneuse

Matériel

Vitesse d’avancement faible : rendement modéré très très faible

5 à 20 ans : ce e fréquence assure des ressources 5 à 15 ans : ce e fréquence assure des ressources
Fréquence de passage
alimentaire (pour la faune) et mellifère abondantes. alimentaire (pour la faune) et mellifère abondantes.

 sélec f : diversifica on et étagement de la haie


 sélec f : diversifica on et étagement de la haie
 densifica on par recépage
 densifica on par recépage ou raba age
 entassement direct des bois pour une éventuelle
Avantages et  valorisa on possible
valorisa on
inconvénients  faible rendement : adapté aux pe ts tronçons
 adapté aux gros bois
uniquement
 faible rendement
 faible niveau de sécurité
 non adapté aux buissons denses

Inves ssement
moyen (€€) faible (€)
matériel neuf
7
7.4. Cernage des racines de la rhizosphère : la racine d’une plante concurrente
restera inac ve à cet endroit si elle arrive trop tard. En
Le cernage consiste à contrôler la colonisa on racinaire conclusion, pour avoir accès aux ressources du sol, une
des arbres dans la sphère d’influence des racines des plante doit être précoce et rapide dans sa colonisa on
cultures agricoles adjacentes : il permet de réduire racinaire.
directement la compé on des arbres avec les cultures.
Les cultures d’hiver présentent cet avantage : semées
On dis ngue le cernage naturel, grâce aux cultures
à l’automne, elles germent et commencent à se
d’hiver, et le cernage mécanique.
développer avant l’hiver. Au printemps, leur système
racinaire est déjà bien développé et elles démarrent
7.4.1. Cernage naturel
ac vement leur croissance, bien avant le démarrage
des arbres encore en repos végéta f : cela permet aux
Les cultures perme ent de modeler le système
cultures d’exploiter le sol avant l’entrée en ac on des
racinaire des arbres : à âge et condi on pédoclima que
arbres. De plus, les cultures sont plantées densément
iden ques, les arbres agrofores ers bien menés
; les racines très fines et très denses des céréales sont
présentent un système racinaire plus profond par rapport
très efficaces en termes d’exploita on des ressources.
aux arbres fores ers. Les arbres étant très réac fs par
En revanche, les racines des arbres sont plus grosses
rapport aux plantes présentes à leur pied, ils exploitent
et moins denses. D’une part, elles s’ac vent plus tard
les par es du sol disponibles ; en effet, chaque plante
et, d’autre part, elles sont plus lentes en termes de
prélève localement l’eau et les nutriments u les à sa
colonisa on racinaire ; elles sont donc moins efficaces
croissance. Il en résulte un appauvrissement au niveau
par rapport aux racines des cultures.
143
7. Entre en

En plus de cela, il faut préciser la synchronicité entre spécialement pour ce e tâche, la cerneuse (root pruner) ;
l’appari on des feuilles et le début de l’ac vité racinaire elle peut travailler à une profondeur comprise entre 45
des arbres ; le chêne sessile, le merisier, l’alisier torminal et 80 cm et est munie d’une lame sur vérin hydraulique.
et le noyer commun étant plus tardifs, ils sont donc La lame est inclinable de 40 à 90°. Ce matériel est u lisé
ne ement désavantagés en termes de prospec on en arboriculture, notamment frui ère.
racinaire.

La résultante de ces phénomènes avantageux est la


suivante : l’arbre agrofores er développe ses racines
sous la bande enherbée (sur laquelle il est planté) et en
profondeur sous les cultures. Néanmoins, en cas d’été
fort pluvieux, certaines racines réussiront tout de même
à coloniser l’espace racinaire des cultures. Plus les étés
sont secs, plus l’effet de cernage naturel sera marqué.

NB : Le système racinaire profond des arbres


agrofores ers les rend plus résistants face aux
sécheresses.
Cerneuse (root pruner)
7.4.2. Cernage mécanique
Après plusieurs répé ons, le cernage devient inu le :
Le cernage mécanique consiste à sec onner directement les racines des arbres sont suffisamment réac ves
les racines pour réduire la colonisa on racinaire dans les pour remonter à par r de racines profondes non
horizons superficiels et imposer au système racinaire de affectées par le cernage. C’est la raison pour laquelle
se développer en profondeur. Ce e opéra on est rapide les cultures d’hiver sont indispensables ; un sous-solage
et peu coûteuse mais elle ne peut pas s’appliquer à des de l’ensemble de la parcelle cul vée peut aussi aider
arbres adultes ayant toujours poussé sans contrainte. à un stade plus avancé. Il est très difficile d’imposer
aux arbres de coloniser le sol en profondeur avec des
En pra que, le cernage s’applique périodiquement, cultures d’été.
tous les 2 à 3 ans, en complément du cernage naturel
et lorsque les arbres sont suffisamment forts, vers 7.4.3. En pra que
7-10 ans. Le plus tôt, c'est le mieux car plus les racines
sont pe tes, moins l’arbre sera endommagé. La période Concrètement, durant les premières années,
idéale s’étend de la mi-août à la mi-septembre ; au- l’installa on des arbres sera favorisée par la présence
delà du mois de septembre, il faut éviter ce e pra que. de cultures d’été : le maïs est d’ailleurs un allié de
L’opéra on doit se réaliser après une bonne averse, du premier choix car il offre une ambiance fraîche propice
moins lorsque le sol est humide ; cela réduit le stress de à la bonne reprise des arbres. Il est, par ailleurs, semé
l'arbre. tardivement. Quand les arbres confirment une bonne
reprise (à par r de la 3ème ou 4ème année), il faut alors
Le cernage peut descendre jusqu’à 1 m de profondeur
semer des cultures d’hiver pour les forcer à plonger leurs
et il faut considérer une distance de retrait d’au moins
racines en profondeur. Plus tard, quand ils seront bien
1 m par rapport aux arbres. Ce e opéra on se réalise
implantés, on pourra à nouveau réaliser des cultures
avec une sous-soleuse ou une charrue (ac on plus
d’été en alternance avec les cultures d’hiver ; il faudra
superficielle, moins efficace) si le suivi est assuré depuis
alors opérer le cernage périodique des racines après les
le jeune âge. Il existe également un matériel conçu
cultures d’été.
144
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Le cernage en pra que


Les 3 premières années Vers 7-10 ans
 favoriser la reprise avec des cultures d’été  commencer le cernage mécanique en alternance avec
les cultures d’hiver

À par r de la 3ème ou 4ème année


 établir des cultures d’hiver pour forcer les racines de
l’arbre à descendre

Effet du climat en été sur la réac vité des racines


Été sec : les racines des arbres exploitent le sol Été pluvieux : certaines racines des arbres
sous les racines des plantes cul vées remontent dans le profil exploité par la culture

(D’après Dupraz D., Liagre F. 2011)


145
8. Forma on de bois de qualité

8. Améliora on : forma on de bois d’œuvre de qualité


Les planta ons de hauts-jets d’essences nobles valorisables en sciage, tranchage, déroulage, tonnellerie et
sculpture imposent de pra quer des tailles « fores ères » répétées. En effet, les arbres agrofores ers en
croissance libre sur terrain nu développent dès la base de fortes branchaisons responsables de gros nœuds
(sains, vicieux ou pourris) sur le tronc, surtout en l'absence d’accompagnement ligneux facilitant leur élagage
naturel. La démarche de planta on en agroforesterie diffère largement de celle pra quée en sylviculture
classique au niveau de la densité. En forêt, beaucoup d’arbres sont plantés et les meilleurs sont sélec onnés
pour concentrer les soins sur des arbres objec fs . En agroforesterie, le nombre d’arbres plantés est faible :
tous sont alors considérés comme objec fs et soignés dès leur plus jeune âge.

8.1. Produc on de bois de qualité être appliqués : des tailles de forma on, des tailles
progressives d’élagages et/ou des tailles d’émondage.
En agroforesterie, on observe une augmenta on des
défauts de conforma on des arbres par rapport à la
sylviculture classique. La propor on de fourches et de
nœuds plongeants en contexte agricole avec des sols
riches est, en effet, ne ement supérieure. Il convient
de corriger, tôt et progressivement, les défauts de
conforma on et de structure. Ces opéra ons presque
annuelles sont indispensables pour produire du bois
d’œuvre de qualité, plus rémunérateur. Même avec tous
les efforts consen s, il demeure difficile de produire
100 % d’arbres d’avenir. Comme en sylviculture, les
travaux d’améliora on se concentrent en priorité sur les 8.2.1. Principes des tailles
arbres sains, vigoureux et de qualité.
Durant les premières années, seules les tailles de
Critères de santé, de vigueur
forma on sont appliquées ; puis, elles sont combinées
et de qualité d’un arbre d’avenir
avec des élagages ; et enfin, lorsque l’axe de la future bille
 bon état végéta f
Arbre de pied est formé, seuls des élagages complémentaires
 absence de maladie
sain
 absence de blessure ouverte ou des émondages sont exécutés.
Arbre  houppier circulaire bien développé en hauteur
vigoureux  bon diamètre La taille de forma on vise à supprimer les défauts de cime
 rec tude, aplomb et cylindricité du fût (fourches, cimes mul ples…) et les grosses branches
 absence de défauts du tronc (fibre torse, gélivure…) redressées qui concurrencent la ge principale ; l’objec f
Arbre de  branches fines à inser on horizontale
qualité  houppier symétrique est d’obtenir une bille de pied droite et ver cale, aussi
 absence de fourche en dessous de 5 m de haut haute que possible (3 à 6 m en agroforesterie). L’élagage
 absence de fourche avec entrécorce dans la cime
vise à couper les branches basses, mortes ou vivantes,
au ras du tronc : l’objec f est de concentrer les nœuds
8.2. Opéra ons d’améliora on au cœur de la ge et de produire ainsi du bois net de
nœuds. L’émondage consiste à éliminer les rejets et/ou
Pour produire du bois d’œuvre bien droit et sans gourmands apparus sur le tronc de l'arbre suite à une
nœuds, trois travaux sylvicoles d’améliora on doivent blessure, une plaie d’élagage, un stress hydrique…
146
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Bonnes pra ques agrofores ères Tailles de forma on, d’élagage et d’émondage

Rendement en bois sans nœuds

Bois net de noeuds Bois net de noeuds


81 % 53 %

6m

dĂŝůůĞƐĚĞĨŽƌŵĂƟŽŶ Élagages
ŵŽŶĚĂŐĞƐ
C 150 = C 150 =
70 cm 110 cm

0
C = 210 cm C = 210 cm

Élagage sélectif en hauteur Élagage sélectif en hauteur


bien programmé : bille de pied trop tardif : bille de pied
élaguée de 0 à 6 m élaguée de 0 à 6 m
au stade C 150 = 70 cm au stade C 150 = 110 cm

Bois de coeur avec défauts

Pour produire une bonne propor on de bois


La taille de forma on vise à supprimer les branches gênant la forma on d’un axe net de nœuds, l’élagage doit s’opérer lorsque
ver cal : fourches, fortes branches redressées et grosses branches. le diamètre moyen des arbres est inférieur,
L’élagage vise à éliminer les branches basses et à augmenter la propor on de bois ou, au plus, égal au ers de leur diamètre
8
sans nœuds. d’exploitabilité. Exemple : si la dimension
L’émondage vise à éliminer les rejets et gourmands sur le tronc finale d’un arbre est de 60 cm de diamètre,
l’élagage s’opère avant ses 20 cm de diamètre.

8.2.2. Défauts à corriger

Malgré l’améliora on géné que, il est illusoire d’espérer


produire des troncs droits et de bonne forme sans
interven on. Au stade de jeune plant, on observe déjà
des malforma ons telles que des fourches, pousses
concurrentes, cimes cassées ou mul ples, auxquelles il
faut remédier par des tailles de forma on précoces.

Les défauts de cime dus à la destruc on ou à


l’affaiblissement du bourgeon terminal sont le plus
souvent imputables aux oiseaux, aux gelées tardives
et aux vents violents, à des a aques d’insectes ou de
gibier, ou à la mauvaise provenance des plants.
147
8. Forma on de bois de qualité

Défauts de cime
Cime diffuse Cime cassée Cime mul ple Fourche de tête

Des plants mal dégagés de la végéta on concurrente, telles les ronces, peuvent être pliés. L’environnement joue aussi
un rôle important sur la rec tude du tronc. En situa on isolée, les arbres doivent s’adapter aux agressions du vent ( ges
penchées), de la lumière, du gel et du dessèchement de l’air. Soumis à ces condi ons extrêmes, les arbres ont tendance
à augmenter le nombre, la grosseur et la longueur de leurs branches. La géométrie du tronc s’en trouve alors modifiée.
À chaque inser on de grosses branches et, surtout, de pseudover cilles, le tronc enregistre une brusque décroissance.
La préven on contre les risques clima ques passe d’abord par le choix d’essences de provenances adaptées.

Défauts de branche
Branche relais Grosse branche

d > D/2

148
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Branche redressée Pseudover cille

ɲ
ɲфϯϬΣ

En agroforesterie, les défauts de tronc sont assez fréquents ; principalement les courbures et les inclinaisons
consécu ves aux défauts de tête dans le jeune âge et aux vents dominants du S-O. La forte branchaison provoque aussi
des décroissances importantes.

Défauts de tronc
Courbure Courbure grand rayon Courbure basale Courbure supérieure

Sinuosité Inclinaison Décroissance

L’agroforesterie se basant sur des planta ons de faible densité, on observe donc une augmenta on de la grosseur
des branches le long du tronc et de celle des nœuds dans le bois. Une forte croissance conduit par ailleurs à une forte
conicité de la ge principale. Pour pallier cet effet, l’élagage des branches basses a tendance à augmenter le diamètre
de l’arbre dans la par e où demeurent les branches vivantes. On ob ent dès lors une croissance plus forte de la par e
supérieure de la ge, réduisant la conicité du tronc.
149
8. Forma on de bois de qualité

La produc on de bois de qualité n’est pas toujours Idéalement, la hauteur élaguée ne doit pas dépasser la
envisageable ; défauts très fréquents ou difficilement moi é de la hauteur totale de l’arbre.
récupérables. Dans ce cas, il faut soit renoncer à
intervenir et concentrer ses efforts d’améliora on sur un 8.2.4. Périodes d’interven on
nombre d’arbres plus restreint, soit réduire la hauteur
de bille améliorée. Les atouts d’une taille hivernale sont les bonnes
condi ons de visibilité, une ac vité ralen e des
8.2.3. Fréquence d’interven on pathogènes et une longue période de travail possible.
Les tailles es vales modérées assurent, quant à elles,
En règle générale, les premières tailles de forma on une fermeture plus rapide des plaies, une meilleure
débutent quand le plant a eint 2 m afin de ne pas résistance aux pathogènes, une meilleure restaura on
réduire sa masse foliaire, et de ne pas le perturber mécanique du bois et des rejets non vigoureux en raison
lors de sa phase d’installa on. L’élagage trop précoce du peu de réserves contenu dans les rameaux.
ou trop intensif ralen t le poten el de croissance de
Globalement, il est conseillé de programmer ces travaux
l’arbre en réduisant le volume du houppier (l’usine
de taille de forma on et d’élagage :
photosynthé que à biomasse). L’élagage trop tardif
entraîne, quant à lui, une cicatrisa on lente et difficile • en arrêt de végéta on, hors gel intense et persistant
des blessures, avec des risques conséquents de (T°< -2°C) et surtout hors épisodes de brusque gel-
pourritures et de colora ons. dégel, afin d’éviter des déchirures du bourrelet de
recouvrement et la repousse de rejets ;
Une fois débutées, les tailles de forma on et l’élagage • hors montée de sève et période de débourrement ;
doivent s’opérer à un rythme beaucoup plus soutenu celle-ci s’étend généralement du 15 mars au
que celui de la sylviculture classique. Idéalement, 30 avril mais peut varier en fonc on des condi ons
les branches à élaguer ne doivent pas dépasser 3 à clima ques, du lieu et de l’essence. Cela permet
5 cm de diamètre. Or, les branches latérales grossissent d’éviter les risques de blessures à l’écorce, de limiter
beaucoup plus rapidement dans les champs, vu leur les écoulements de sève et d’éviter de faire perdre
croissance libre et accélérée en sta on agricole, plus riche inu lement à l’arbre les réserves qu'il a accumulées
qu’en forêt ; il n’y a, par ailleurs, pas d’élagage naturel. (notamment glucidiques) ;
Il est donc indispensable de parcourir les planta ons • hors période de descente de sève, vers la fin de
agrofores ères chaque année pour appliquer les tailles l’été (de mi-août à la chute des feuilles), lorsque les
d’améliora on des fûts. Ce e dynamique régulière de réserves retournent aux racines. Il convient donc
suivi est, en fin de compte, la moins énergivore car d’a endre la chute des feuilles.
l’opérateur élimine avec facilité de pe tes branches.

Bonnes pra ques agrofores ères Périodes idéales d’interven on pour les tailles

taille des feuillus hors feuille taille des feuillus hors feuille
WĠƌŝŽĚĞŽƉƟŵĂůĞ

J F M A M J J A S O N D
Période favorable

Période défavorable

hors gel - dégel hors montée de sève hors descente de sève hors gel - dégel
noyer peuplier et chêne
merisier

150
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Dans le cas de grosses branches vivantes dont le des grumes poten elles et de la hauteur d’interven on,
diamètre dépasse 5 cm, il est préférable de procéder à la généralement limitée à 6 m du sol. En effet, les
coupe en fin de période hivernale, juste avant la reprise accessoires de coupe sont u lisés avec des perches
de la végéta on, ceci pour profiter d’une cicatrisa on télescopiques de 4 à 6 m de longueur. Au-delà, des
immédiate et plus rapide. L’idéal reste de ne pas devoir élévateurs, des nacelles ou des échelles sont nécessaires.
éliminer de grosses branches... Les branches mortes
peuvent être coupées en toute saison mais sans trop Hauteur d’interven on op male
a endre car cela augmente les risques d’a aques Opéra ons Noyers Autres feuillus Peupliers
parasitaires.
Tailles de forma on 4m 6m 7 à 10 m
Différentes périodes spécifiques sont conseillées pour Élagage 3à4m 4à5m 6à9m
certaines essences :
• Merisier : les tailles se déroulent entre le 15 juillet et 8.2.6. Ou llage et bonnes pra ques
le 15 août, période la moins favorable à la gommose. de coupe
• Noyers : les tailles en vert en début d’été (en juin)
sont idéales pour limiter l’émission de gourmands. L’élagage à hauteur d’homme se réalise avec un
• Chênes et peupliers : les tailles en août et en sécateur, un ébrancheur ou une scie égoïne. Celui en
septembre perme ent de réduire la repousse et la hauteur s'effectue avec une scie égoïne sur perche ou
survie des gourmands. un échenilloir.

8.2.5. Hauteur d’interven on Enfin, il existe des ou ls mécanisés tels que des sécateurs
La hauteur des tailles de forma on et d’élagage électriques et des tronçonneuses d’élagage, à main ou
dépend des impéra fs liés aux condi ons d’usinage sur perche.

Scie égoïne Échenilloir Tronçonneuse d’élagage sur perche


sur perche (sécateur sur perche) (électrique et thermique) 8

Sécateur sur perche

Avec la scie égoïne, pour éviter de déchirer l’écorce lors de la


chute de la branche, il convient d’effectuer d’abord une entaille
ne e sur la par e inférieure de la branche avec le couteau
inférieur de la scie grâce à un mouvement du bas vers le haut.
Après avoir scié, il faut opérer un coup net vers le bas avec le
couteau supérieur pour désolidariser la branche du tronc.

151
8. Forma on de bois de qualité

Toute coupe doit être appliquée au ras de la ride de


Trop loin
l’écorce et du col de la branche, tout en préservant
Mauvaise coupe, forma on d’un chicot de bois mort pouvant
scrupuleusement leur intégrité. En effet, l’arbre tente développer un nœud noir.
de se protéger des pathogènes extérieurs en isolant
ses par es saines des par es dépérissantes ou blessées
grâce à la compar menta on. Il s’agit de la mise en
place de barrières chimiques (synthèse de substances
toxiques) et physiques, par la forma on d’un bourrelet
de recouvrement ou d’un cal cicatriciel fermant
progressivement la plaie à par r de la ride et du col
de la branche. Si ces ssus sont abîmés par la coupe, Bon
le recouvrement de la plaie sera déficient (colora ons Interven on correcte dans
e l’alignement de la base de la
et/ou pourritures), moins rapide, voire incomplet. co
rc
l’é ride et du haut du col de la
de
de branche.
La compar menta on semble être sous contrôle Ri

géné que ; elle est plus ou moins efficace suivant les


espèces et les individus eux-mêmes.

Essences à faible compar menta on

→ Risque plus élevé d’altéra on du bois : privilégier la coupe de


la
branches de plus pe te sec on. e e
l d ch
Co ran
b
frênes - hêtre - cerisiers - merisier - châtaignier - peupliers
bouleaux - marronnier - pommiers - saules - sorbiers
Pour éviter des déchirements d’écorce lors de la coupe
Essences à forte compar menta on de branches de grosses dimensions (essences à faible
→ Risque moins élevé d’altéra on du bois : la taille de plus grosses compar menta on : diamètre > 5 cm ; essences à forte
branches est tolérée. compar menta on : diamètre > 10 cm), il faut toujours
chênes - érables - noyers - lleuls - charme - platanes procéder à une coupe d’allègement. Celle-ci consiste à
couper la branche à une trentaine de cen mètres du
tronc, pour ensuite éliminer le moignon restant. Par
Trop près ailleurs, les coupes s’effectuent en deux temps : une
Risque d’arrachage de l’écorce du col de la branche posant des première entaille dans la par e inférieure de la branche
problèmes de cicatrisa on. découpe l’écorce et une par e de la branche ; une
seconde entaille, effectuée par le dessus, la sec onne
complètement pour la faire tomber.

Idéalement, toute branche morte doit être éliminée afin


d'éviter les inser ons de bois mort et pourritures au
sein du bois vivant.

Enfin, pour les branches, rejets, ou gourmands trop


vigoureux, il est parfois u le d’exécuter une coupe à
l’aisselle d’une ramifica on ou d’un bourgeon dirigé
vers le bas. Celui-ci joue alors l’effet d’un re-sève
qui n'entrera pas en compé on avec la tête. Ce e
152
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

technique permet de faciliter l’irriga on en sève de la plaie de coupe et, ainsi, la forma on du bourrelet cicatriciel tout
en limitant la proliféra on de rejets.

8.2.7. Erreurs à éviter

On constate souvent des erreurs techniques et mécaniques, essen ellement dues à des tailles de forma on ignorées
voire négligées et à des élagages trop tardifs, trop brutaux ou mal appliqués.

Manque d’interven on

Défauts irrécupérables Rejets de tronc

8
Interven ons trop tardives : Tailles de forma on négligées : Coupes incorrectes :
plaie trop large fourche de tête préjudiciable présence de chicots

153
8. Forma on de bois de qualité

8.2.8. Recommanda ons générales pour la taille de forma on


Plusieurs opéra ons de taille de forma on sont conseillées pour corriger des défauts de conforma on et éviter de
futures tares préjudiciables à la produc on d'un bois de qualité.

Bonnes pra ques agrofores ères Opéra ons de taille de forma on

Fortes branches redressées Flèche cassée ou abîmée

Branches avec un angle d’inser on sur le tronc < 30° et/ou


présentant un fort développement (diamètre de la branche (d) >
diamètre du tronc (D)/2) en concurrence avec l’axe principal.
1

ɲ
ɲфϯϬΣ

→ Former une nouvelle flèche à par r d’une branche latérale,


→ Les supprimer à ras du tronc ; la taille des branches concurrentes idéalement vigoureuse et redressée vers l’axe principal ; si
à l’axe principal est prioritaire, et la taille des grosses branches elle est oblique, il faut la ligaturer (1) et puis couper la ge
redressées est urgente. principale en biseau (2). Le moignon restant sera supprimé
plus tard.

Fourches

Espèces monopodiales Espèces sympodiales


Par exemple : chênes, châtaignier, lleuls, bouleaux, robinier
Par exemple : hêtre, frêne, merisier, peupliers
Perte annuelle, à l’automne, du bourgeon terminal (X) et
Développement de la ge assuré par la con nuité du bourgeon
développement de bourgeons latéraux pour la croissance en
terminal.
hauteur.

→ Conserver la pousse dominante la plus ver cale, si possible


→ Conserver l’axe le plus vigoureux.
orientée face aux vents dominants.
NB : Des essences intermédiaires combinent les deux modes de développement : alisier, noyers, érables.

154
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

Pseudover cilles Cimes mul ples

Nombreuses branches insérées presque au même niveau.


→ L’axe le plus vigoureux et le mieux situé dans la con nuité
de la ge principale est sélec onné en éliminant les pousses
latérales les plus concurrentes et/ou en raccourcissant
d’autres rameaux redressés trop concurrents.

Pousses vertes indésirables

Le pincement « en vert » des pousses encore très jeunes,


superflues ou dangereuses s’avère efficace, rapide et peu
onéreux. Il permet de corriger et d'an ciper l’appari on de
Couper la base d’une ou deux des plus grosses branches. défauts, et de freiner la croissance des pousses indésirables. Il se
Réduire la vigueur des branches moyennes. pra que soit au ras de la ge, pour éliminer des cimes mul ples
ŽŶƐĞƌǀĞƌůĞƐƉůƵƐĮŶĞƐďƌĂŶĐŚĞƐ͘ et les ébauches de branches trop ver cales, soit à quelques
cen mètres de l’extrémité, avec des branches trop vigoureuses
→ Couper en une fois toutes les branches : pour des arbres très dont on souhaite limiter le développement. Toutes les essences
vigoureux et des jeunes pousses peu développées. feuillues se prêtent à ce traitement, mais il est par culièrement
→ Éliminer en priorité les plus grosses branches redressées, recommandé pour le noyer, l’alisier, l’érable sycomore et le
raccourcir les moyennes et supprimer ultérieurement les plus merisier.
fines : pour des arbres moins vigoureux et de fortes branchaisons. → Pincer l’extrémité avec l’ongle ou recourber les rameaux
→ Les raccourcir en deux ou trois passages : pour des arbres peu indésirable vers le bas.
fournis en branches. → Pra quer en juin : début de la période de végéta on.

8.2.9. Émondage
L’émondage consiste à éliminer les rejets et/ou gourmands apparus sur le tronc des arbres suite à une blessure, une
plaie d’élagage, un stress hydrique… Le moyen le plus efficace de lu er contre les rejets de tronc et/ou gourmands est
d’éviter leur appari on. Les mesures culturales préven ves sont nombreuses :
• sélec onner des essences adaptées aux condi ons sta onnelles ;
8
• introduire des essences arbus ves d’accompagnement (rôle cultural de gainage) ;
• élaguer de manière progressive (ne pas me re brutalement les troncs en lumière, éviter de supprimer de trop
nombreuses grosses branches) ;
• couper les branches de manière ne e sans déchirure.

Bonnes pra ques agrofores ères Opéra ons d’émondage

La suppression des rejets et/ou des gourmands est conseillée pour le peuplier, le chêne, le merisier et le noyer : la coupe ne e des
gourmands en août (notamment en période de grande chaleur) permet d’éviter leur repousse. L’émondage doit être réalisé au ras
du tronc à l’aide d’un sécateur, d’un échenilloir ou, mieux, à l’aide de l’émondoir à marteau. Grâce à son long manche, il permet de
sec onner les gourmands d’une poussée de bas en haut sans entamer l’écorce. Il est déconseillé d’éliminer les rejets et/ou gourmands
avec des scies manuelles ou mécaniques qui provoquent des déchirures propices au réveil de plusieurs gourmands adven fs au niveau
des plaies.
Émondoir à marteau Gourmand sur un tronc Rejet sur le pourtour d’une plaie

Coupe
Coupe
au plus
parallèle au
près du
tronc sans
bourrelet,
endommager
sans
l’écorce
l’entamer

155
8. Forma on de bois de qualité

8.2.10. Ra rapage d’un arbre non maladies et pour des raisons d’économie. Aussi, le
améliorable sécateur devrait être désinfecté avec du méthanol entre
chaque arbre.
Dans le cas d’une forme buissonnante ou d’une mauvaise
conforma on d’origine accidentelle (abrou ssement, 8.2.12. Taille des arbres frui ers
dégâts de gel, blessures...), le recépage permet de
former un nouveau rejet. Il convient d’engager la taille de forma on dès la
planta on et de la pra quer tous les ans pendant les 5
Recépage à 6 premières années au moins. Il faut éliminer tous les
fruits les 3 premières années pour concentrer l’énergie
→ Sec onner le pied au-dessus du collet durant le repos
végéta f. de l’arbre dans sa croissance et sa forma on.
→ L’année suivante, conserver le rejet le plus droit et le plus
vigoureux et éliminer les autres au sécateur au ras de leur Le CRA-W et l’asbl Diversifruits encouragent aujourd’hui
point d’inser on.
à la conduite en axe ver cal. Les avantages sont les
suivants :
• ne e réduc on du temps de l’élagage ;
• port de l’arbre plus naturel avec des branches
insérées à angles ouverts sur le tronc, propices à
une souplesse accrue et naturelle, à une meilleure
résistance mécanique et à une rapide mise à fruits ;
Année N : ZĞũĞƚƐ Année N +1 : • fruits mieux répar s, mieux calibrés et de meilleure
recépage en ƐĠůĞĐƟŽŶĚƵ
biais à + 10 cm ŵĞŝůůĞƵƌƌĞũĞƚ
qualité ;
• meilleures pénétra on et répar on de la lumière ;
• meilleure aéra on de la couronne avec une
8.2.11. Sécurité sanitaire diminu on des risques de maladie ;
• réduc on possible des distances de planta on de
Avant d’entamer les coupes de taille, il convient de l’ordre de 20 % à 30 % ;
vérifier l’état sanitaire des arbres par un rapide parcours • meilleure longévité des arbres et facilita on du
des lignes de planta on. Seuls les arbres sains et non renouvellement des branches.
tarés sont améliorés pour éviter la propaga on de

Bonnes pra ques agrofores ères Principes généraux de ce e taille innovante

 Période de taille : durant le repos végéta f, de décembre à la mi-mars pour les arbres à pépins
(de préférence fin février - début mars pour éviter des éclatements dus à la succession de gels-
dégels, souvent propices à la produc on de bourgeons adven fs et de nouveaux gourmands),
en avril-mai pour les arbres à noyaux. A en on, une taille d’hiver implique une taille d’été :
avant l’aoûtement, il faut re rer les gourmands avec les mains ou avec le pouce.
 Définir ses objec fs (produc on de fruits, pérennité de l’arbre, biodiversité) pour orienter la
taille.
 Se renseigner sur la vigueur de la variété et du porte-greffe : le tempérament des arbres diffère
et la taille est à adapter en conséquence.
 Assurer la forma on d’un tronc central autour duquel vont se répar r des branches
charpen ères en essayant d’équilibrer les différentes par es de l’arbre, favorisant ainsi un bon
éclairement de toute la cime ; les branches ne doivent pas « par r » du tronc au même endroit.

156
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

 Mieux vaut accompagner régulièrement et doucement l’arbre depuis son jeune âge. Si l’arbre nécessite une interven on
« musclée », il faut veiller à l’étaler sur plusieurs années : au plus l’interven on est forte, au plus l’arbre réagit avec la produc on
explosive de gourmands indésirables. Il ne faut pas dépasser la taille d’1/3 de la cime vivante de l’arbre.
 Toujours éliminer en priorité les branches chancrées.
 La sève se déplace préféren ellement dans la par e supérieure des branches et dans les branches ver cales. Par conséquent,
couper une branche revient à couper un robinet : il convient de toujours se demander où vont se diriger les « flux » avant
d’intervenir. Dans ce sens, il ne faut jamais « passer d’une autoroute à une route de campagne » : si on doit tailler une « grosse »
branche et s’il n’y a pas de branches conséquentes pour absorber le « flux de sève », on coupe alors la branche à sa base près du
tronc.
 Une coupe ne e réalisée avec une scie bien affûtée cicatrise très bien ; il faut privilégier une coupe proche de la perpendiculaire à
l’axe de la branche, avec la plus pe te surface possible.
 Si une branche présente un diamètre > 1/3 du tronc, et si elle s’insère avec un angle fermé, il faut la considérer comme concurrente
à la tête et réfléchir à sa suppression.
 Toujours désinfecter ses ou ls au méthanol avant d’entamer la taille de l’arbre suivant.
 Pour les branches d’un gros diamètre, veiller à enduire les coupes d’un goudron végétal ou d’un mélange « eau / bouse de vache /
argile / cendre de bois » si la taille se déroule durant la période de décembre à février.

8.3. Traitement des linéaires localisées : d’une part, pour favoriser la croissance des 8
arbres à poten alité (bois d’œuvre…) et, d’autre part,
mélangés et irréguliers pour appliquer les coupes sanitaires de sécurité ou de
récolte ciblées afin de garan r la pérennité des fonc ons
La plupart des alignements périparcellaires sont issus
et le rajeunissement de ces éléments semi-naturels.
de résidus d’anciens réseaux de haies bocagères, de
zones de recrûs naturels, voire d'anciennes planta ons ;
ces linéaires plus ou moins inconsistants sont le plus
souvent de structure irrégulière (semis, fourrés,
gaulis, perchis, pe ts, moyens et/ou gros bois) et de
composi on mélangée (feuillus nobles à éventuel
objec f bois d’œuvre, feuillus secondaires, arbustes
et végéta on d’accompagnement). Ce e situa on
hétérogène peut aussi se rencontrer dans le cadre
d’une planta on récente, notamment d’un alignement
d’arbres de haut jet plantés au sein d’un ou plusieurs
rangs d’arbustes en conduite libre.

La ges on de ces éléments agrofores ers très diversifiés


réclame des opéra ons culturales raisonnées et Linéaire mélangé et irrégulier

157
8. Forma on de bois de qualité

Dépressage

→ (AA) : repérer les arbres d’avenir dominants, bien conformés, d’essences valorisables dans un
Éclaircie sans valeur commerciale au
recrû naturel.
profit de jeunes arbres d’avenir aux
→ (O) : réduire la compé on en éliminant les arbres oppresseurs.
stades fourré (± 3 m) et gaulis (± 6 m)
→ (T) : prélever les arbres tarés (répé on de fourches avec entre-écorce ou grosses branches
repérés dans un recrû naturel.
redressées).

6m Légende

(AA) : arbre d’avenir


(O) : arbre oppresseur
T O AA T O AA O
(T) : arbre taré

Détourage

Éclaircie avec valorisa on (en bois de → (AA) : désigner les meilleurs arbres d’avenir, vigoureux, sains et bien conformés.
bûche notamment) au profit des arbres → (Codo/D) : prélever les arbres voisins gênant dans les étages dominant et codominant.
d’avenir au stade perchis (± 12 m). → (d) : conserver les sujets de l’étage intermédiaire et dominé.

12 m

Légende

(AA) : arbre d’avenir


6m
(D) : arbre dominant
(Codo) : arbre codominant
(d) : arbre dominé

Cod AA d AA D

Récolte

→ (M) : récolter les gros bois arrivés à maturité.


Coupe au stade adulte : pe ts,
→ (E) : libérer de l’espace et de la lumière au profit des meilleurs arbres d’avenir.
moyens et gros bois (12 à 25 m).
→ (S) : éliminer les arbres morts ou à risque (maladies ou accidents).

24 m

Légende

(AA) : arbre d’avenir


(M) : coupe de récolte des
12 m
arbres à maturité
(E) : coupe d’éclaircie pour
réduire la compé on
(S) : coupe sanitaire
6m

E AA M S

158
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

159
9. Récolte et transforma on

9. Récolte et transforma on
9.1. Récolte
En agroforesterie, la récolte des bois consiste à couper des produits commercialisables ou pouvant faire l’objet d’un
usage donné. On dis ngue les récoltes intermédiaires (n’entravant pas la vie de l’arbre, ses fonc ons et une récolte
ultérieure) de la récolte finale. Celle-ci est plus radicale mais, dans le cas de certaines essences, un rejet de souche peut
s’opérer.

Coupes intermédiaires
Rajeunissement au sol Raba age en hauteur Étêtage

Coupe, à une hauteur comprise entre 1 et


2 m du sol, des éléments agrofores ers en Suppression du houppier d’un arbre sur
Renouvellement d’un taillis par coupe rase
place afin de maintenir un écran ligneux et pied ou de l’ensemble des branches de la
à 10 cm du sol.
de favoriser les repousses à une hauteur couronne d’un arbre têtard.
compa ble avec les besoins.

Récolte
Aba age

Coupe sanitaire ou finale d’arbres arrivés à maturité avec des dimensions d’exploitabilité correspondant aux normes du marché de grumes
valorisables.

Assainissement d’un alignement de bois taré Aba age de billes de pied commercialisables

160
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet

9.2. Transforma on
La transforma on comprend l’ensemble des opéra ons entreprises après la coupe, des nées à transformer l’arbre ou
les par es de l’arbre mises à terre en un produit u lisable ou commercialisable.

Façonnage Déchiquetage

Ce e opéra on consiste à transformer l’arbre aba u Le déchiquetage consiste à broyer les produits de la coupe en morceaux de
en produits prêts à être transportés, transformés, tailles variables en fonc on du matériel u lisé et de l’usage projeté. Pour
commercialisés ou u lisés. Plus communément, ce e de grosses quan tés, il est u le de faire appel à un entrepreneur fores er
ac on s’opère pour ne oyer la bille de pied et débiter le disposant d’un matériel adapté. Un bon équipement permet de broyer entre
houppier en bois bûche. 50 et 60 mᶟ/h pour un prix compris entre 200 € et 250 € HTVA/h.

Débardage

Ce e opéra on consiste à sor r les arbres aba us de la


parcelle et à les stocker près du point de chargement. Il
convient de travailler en condi on ressuyée pour ne pas
occasionner un tassement trop sévère au sol.

Séchage

Après criblage, les plaque es sont généralement séchées dans des hangars
pour assurer un rendement op mal au niveau des chaudières. Le procédé
consiste à disposer le tas autour d’un conduit perforé : l’air humide est
aspiré et évacué. Une autre méthode consiste en un séchage simple (hangar
Criblage couvert mais ouvert) ; les plaque es sont posi onnées en tas et le séchage
se réalise grâce à la fermenta on, l’eau se dégageant sous forme de vapeur
Le criblage consiste à trier le broyat pour un usage au-dessus du tas. Pour une fermenta on naturelle, le broyat doit être issu de 9
ultérieur en chaudière biomasse, nécessitant des bois récemment coupés, 3 mois maximum après la coupe ; au-delà les sucs
dimensions de plaque es standardisées. sèchent et la fermenta on n’est plus possible.

161
D. Compléments

10 Modèles agrofores ers


per nents

Agroforesterie associée
11 à un ouvrage
d’hydraulique douce

12 Subsides à la planta on
10. Modèles agrofores ers per nents

D. Compléments

10. Modèles agrofores ers per nents


Dans ce chapitre, neuf modèles agrofores ers sont exposés : les haies brise-vents, les planta ons de feuillus
inter et intraparcellaires, les vergers hautes- ges pâturés, les vergers maraîchers, les parcours à volaille, les
alignements d’arbres têtards inter et intraparcellaires, les alignements de taillis inter et intraparcellaires,
les alignements de peupliers périphériques et les bandes boisées. Chaque modèle est illustré par plusieurs
photographies et un exemple de schéma de planta on ; les atouts agronomiques, les fonc ons an érosives,
les bénéfices environnementaux, les poten els économiques et les contraintes les jus fient succinctement.
Pour certains d’entre eux, des bonnes pra ques de planta on enrichissent le contenu.

10.1. Les haies brise-vents

10.1.1. Caractéris ques

Les haies brise-vents mul strates sont caractérisées par une végéta on étagée : les arbres de haut jet surplombent
des cépées et arbustes. Elles sont cons tuées d’une diversité d’essences indigènes ayant des fonc ons et produc ons
spécifiques complémentaires.

11

12

Hauts brise-vents
164
Compléments

Hauts brise-vents en devenir

Bas brise-vents

Exemple de planta on d’une haie brise-vent

5m Surface
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϯ͕ϮĂ
ͲƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲ͕ϴĂ

% de surface
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗
100 m ± 93 %

10 m

10
N
O E 0,7 m

5m
3,4 m
100 m

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
Hauts-jets Cépées Arbustes
Viorne obier - Viburnum opulus
ƌĂďůĞƐLJĐŽŵŽƌĞ Peuplier blanc EŽLJĞƌŚLJďƌŝĚĞ Coudrier - Corylus avelana
Cornouiller sanguin - Cornus sanguinea
Acer pseudoplatanus Populus alba Juglans x intermedia ŚĂƌŵĞͲCarpinus betutlus
Sureau noir - Sambucus nigra

165
10. Modèles agrofores ers per nents

0 5 15 25 35 45 55 65 75 85 95 100 m

0,7 m

Emprise : 3,4 m
0,7 m
10 m

1m

Érable sycomore Peuplier blanc Noyer hybride Viorne obier Cornouiller sanguin Sureau noir
Viburnum opulus Cornus sanguinea Sambucus nigra
Acer pseudoplatanus Populus alba Juglans sp.
récolte à 20 ans récolte à 60 ans récolte à 20 ans Coudrier Charme
Corylus avelana Carpinus betutlus

10.1.2. Per nences gibier...), corridor écologique, abri pour la flore


sta onnelle, habitats pour la faune ;
• Atouts agronomiques : ο améliora on de la qualité de l’eau, réduc on de la
ο assainissement des sols humides au printemps (u le pollu on des nappes phréa ques : eau en par e
au réchauffement des sols) ; filtrée de ses résidus d’engrais, de fumiers ou de
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et produits phytosanitaires ;
aux herbages ; ο recharge des nappes phréa ques ;
ο effet brise-vent : diminu on de la vitesse du ο éléments du paysage améliorant le cadre de vie.
vent (réduc on de la verse), diminu on de • Poten els économiques :
l’évapotranspira on, microclimat favorable au
réchauffement du sol plus précoce au printemps et au ο terre de culture : rendement global des surfaces
développement des plantes ; plantées de 6 à 20 % supérieur à ceux obtenus dans
ο réduc on des quan tés d’eau d’arrosage par les zones sans arbres, malgré la baisse de rendement
aspersion, arrosages plus réguliers ; observée le long des haies ;
ο apport de ma ère organique par la chute des feuilles, ο cépées récoltées périodiquement pour le bois de
de rameaux ou de racines avortées ; feu et la transforma on en Bois Raméal Fragmenté
ο abri pour le bétail en été ; (possibilité de transforma on en plaque es énergie) ;
ο accueil d’auxiliaires de culture ; ο introduc on de feuillus précieux à croissance différée
ο réserve alimentaire de subs tu on pour le bétail ; assurant un revenu complémentaire à intervalles
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité réguliers au terme de 40 à 60 ans ;
des agroécosystèmes. ο améliora on des rendements lai ers et viandeux face
aux fortes températures et sécheresses : allongement
• Fonc ons an érosives : des périodes de pâturage, métabolisme op mal à
ο réduc on du ruissellement et du lessivage du sol : l’ombre des hauts-jets et réduc on du stress ;
préven on en amont du bassin versant ; ο intérêts mellifères et fourragers de la haie.
ο infiltra on de l’eau améliorée par les racines :
augmenta on de la porosité du sol ;
10.1.3. Contraintes
ο régula on efficace du régime des eaux en limitant • Suivi des arbres nécessaire pour limiter l’emprise
l’intensité des crues. de la haie sur la parcelle : entre en poten ellement
• Bénéfices environnementaux : chronophage et nécessitant un matériel adapté.
• Les hauts-jets peuvent causer un effet dépressif sur
ο puits de carbone ;
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique les cépées voisines ; à l’inverse, les rejets à croissance
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t plus rapide et incontrôlés des espèces recépées
peuvent concurrencer les hauts-jets.
166
Compléments

Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons pour établir des brise-vents efficaces et bien adaptés

L’efficacité d’un brise-vent dépend de sa structure (hauteur, largeur, forme, orienta on et con nuité) et de sa porosité ; celle-ci varie en
fonc on des essences choisies, du nombre de lignes d’arbres, de la densité de planta on au sein de la ligne et des modalités d’entre en.
En Wallonie et dans le nord de la France, le meilleur compromis consiste à implanter des hauts brise-vents orientés nord-sud et des
moyens ou bas brise-vents perpendiculaires orientés dans le sens est-ouest pour freiner les vents nocifs (vent froid du nord, vents
dominants violents du S-O, vent desséchant de l’est et du N-O) et garan r une luminosité maximale aux produc ons agricoles.
En Région wallonne, pour en savoir plus sur les haies mul fonc onnelles (quel type de haie et quelles essences planter suivant votre région et
vos objec fs) rendez-vous sur le site h p://[Link]/. Le livret « Des haies pour demain », téléchargeable sur le net (h p://environnement.
[Link]/publi/dnf/[Link]), est aussi un recueil précieux.

Hauteur et emprise

< 20 m Culture :
Le choix op mal des intervalles entre les
hauts brise-vents alignements s’ob ent en mul pliant les
< 10 m Prairie :
bas brise-vents
hauteurs finales des éléments agrofores ers
par un facteur de 4 à 12. L’objec f est d'obtenir
120 m 240 m des surfaces compa bles avec les techniques
agricoles actuelles, plus intensives. Néanmoins,
au plus les écartements sont élevés, au plus
120 m

on risque de constater une hétérogénéité dans


1,45 ha
l’efficacité des fonc ons escomptées au sein de
la parcelle. De plus, considérant le temps u le
240 m

aux arbres pour grandir, on peut opter pour des


intervalles réduits afin d'assurer un effet brise-
5,75 ha
vent plus rapidement. Une distance de 40 à
100 m cons tue généralement un bon
compromis entre efficacité du brise-vent, effet
raisonnable à moyen terme et mécanisa on
op male des cultures.

Orienta on Semi-perméabilité Consistance

10
O E

 garan es d'ensoleillement op males :  brise-vent feuillu semi-perméable :  brise-vent consistant sur toute sa hauteur :
ο orienta on nord-sud des hauts ralen ssement effec f du vent (± 50 %) protec on efficace de haut en bas
brise-vents  brise-vent résineux imperméable :  brise-vent avec houppier uniquement :
ο orienta on est-ouest des bas brise- effets de bourrasques avec accéléra on du vent au-dessus et en dessous
vents accéléra on du vent derrière l’élément (p. ex. : alignement de peupliers élagués)

167
10. Modèles agrofores ers per nents

10.2. Les planta ons de feuillus inter et intraparcellaires

10.2.1. Caractéris ques

Les planta ons de feuillus inter et intraparcellaires se dis nguent par leur emplacement sur la parcelle, soit
respec vement en périphérie et au sein même de la parcelle. Suivant les objec fs de produc ons ou de fonc ons
recherchées, ces systèmes se rencontrent à la fois en zone herbagère et en culture. Les alignements intraparcellaires
associés à une bande enherbée au pied des arbres cons tuent, en culture, l’agroforesterie de troisième généra on.

Globalement, ces modèles perme ent à l’ensemble du système agricole d’obtenir une rentabilité supplémentaire en
termes de biomasse et/ou de produc ons cumulées (p. ex. : herbage - élevage lai er et/ou viandeux - produc on de
fruits charnus et/ou à coque) sur le long terme, valorisables selon les objec fs fixés par le planteur.

Pour la produc on de bois, les espèces choisies peuvent être des feuillus précieux d’essences indigènes variées pour
échelonner les récoltes futures. Elles sont implantées en alternance pour limiter les risques de diffusion de maladies,
pour op miser le plein développement des houppiers et pour améliorer la biodiversité et l’impact paysager.

168
Compléments

Exemple de planta on d’alignements de feuillus intraparcellaires

^ƵƌĨĂĐĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
2m ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϬĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϭϬĂ

^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϯϬŵ
N ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϴŵ
ͲůĂƌŐĞƵƌĚĞů͛ĂůŝŐŶĞŵĞŶƚĚ͛ĂƌďƌĞƐ͗Ϯŵ
O E
S 100 m
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĞŶƐŝƚĠ ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϬй
ϱϬƟŐĞƐͬŚĂ
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ

Alisier torminal 8m
Sorbus torminalis

Érable sycomore 2
Acer pseudoplatanus m

1 30 m
m
Noyer hybride 2m
Juglans x intermedia 3m 2m
100 m

10.2.2. Per nences ο récupéra on des éléments lessivés par le « filet


racinaire » des arbres et redistribu on lors de la chute
• Atouts agronomiques : des feuilles ;
ο protec on des herbages, des cultures et du bétail ο améliora on de la structure du sol par le
contre les chaleurs, les insola ons et les froids développement de la microflore et de la microfaune 10
excessifs ; du sol ;
ο améliora on de la fer lité des sols par l’augmenta on ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité
de la ma ère organique et par s mula on de la des agroécosystèmes.
pédofaune ; • Fonc ons an érosives :
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et
ο réduc on du ruissellement et du lessivage du sol,
aux herbages ;
préven on en amont du bassin versant : meilleur effet
ο allongement de la période de produc on herbacée
tampon lors d’averses violentes ;
en assurant le pâturage de fin de saison et une
ο intercep on du ruissellement par la bande enherbée
répar on de la produc on herbacée de manière plus
associée au pied des arbres : éléments de rupture de
homogène en limitant les pics de produc on au milieu
pente ;
du printemps ;
ο préserva on des terres par l’améliora on de leur
ο améliora on du taux de ma ère organique des sols ;
structure.

169
10. Modèles agrofores ers per nents

• Bénéfices environnementaux : des terres améliorées par des drains souterrains.


ο puits de carbone ; • En fin de cycle, emprise et ombrage des arbres
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique préjudiciables aux rendements des cultures
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t intercalaires.
gibier...), corridor écologique, abri pour la flore
sta onnelle, habitats pour la faune ; 10.3. Les vergers hautes- ges
ο réduc on de la pollu on des nappes phréa ques
par les engrais agricoles, les arbres « pompent » les
pâturés
surplus d’azote libre ;
ο recharge des nappes phréa ques. 10.3.1. Caractéris ques
• Poten els économiques :
ο améliora on des rendements lai ers et viandeux Le modèle du verger haute- ge combine pâturage
dans les contextes de fortes températures et de et arbres frui ers de composi ons variées, suivant
sécheresses : allongement des périodes de pâturage, les objec fs de produc on. Chaque variété frui ère
métabolisme op mal à l’ombre et réduc on des présente, en effet, des propriétés propres en termes
stress ; de qualité gusta ve et culinaire, de conserva on, de
ο valorisa on possible de produits associés : bûches, pollinisa on, de période de matura on et de rus cité.
plaque es, BRF ; Le choix dépend donc des débouchés souhaités : fruits
ο rece es des grumes pour les feuillus arrivés à de table ou à cuire ; confec on de jus, gelées, compotes,
maturité. cidre ou poiré... En outre, les contraintes liées à l'usage
au sol influence le modèle de planta on.
10.2.3. Contraintes
• Disposi on op male des alignements pour la Dans le passé, les prés-vergers étaient largement
mécanisa on des cultures ; implanta on délicate sur répandus en raison des bénéfices que s'offraient
mutuellement l'élevage et les arbres frui ers.

170
Compléments

Exemple de planta on d’un verger pâturé

^ƚƌƵĐƚƵƌĞĞŶĐĂƌƌĠ
12,5 m ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϭϮ͕ϱŵ
ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϭϮ͕ϱŵ

12,5 m
^ƵƌĨĂĐĞ
ƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ

N
ĞŶƐŝƚĠ
O E ϴϭƟŐĞƐͬŚĂ
S

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
100 m
WŽŵŵŝĞƌ

ĞƌŝƐŝĞƌ

WŽŝƌŝĞƌ

WƌƵŶŝĞƌ 100 m

10.3.2. Per nences • Fonc ons an érosives :


ο effet tampon lors d'averses violentes par l'intercep on
• Atouts agronomiques : des eaux de précipita on au niveau des feuillages,
ο protec on des herbages, des cultures et du bétail avec réduc on des ruissellements (préven on en
contre les chaleurs, les insola ons et les froids amont du bassin versant).
excessifs ;
• Bénéfices environnementaux :
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et
ο puits de carbone ;
aux herbages ;
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique
ο allongement de la période de produc on herbacée en
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t
prolongeant le pâturage de fin de saison, répar on
gibier...), corridor écologique, abri pour la flore
plus homogène de la produc on herbacée en limitant
les pics de produc on au milieu du printemps ;
sta onnelle, habitats pour la faune ; 10
ο réduc on de la pollu on des nappes phréa ques
ο récupéra on des éléments lessivés par le « filet
par les engrais agricoles : les arbres « pompent » les
racinaire » des arbres et redistribu on lors de la chute
surplus d’azote libre ;
des feuilles ;
ο recharge des nappes phréa ques.
ο améliora on de la fer lité des sols par l'augmenta on
de la ma ère organique et par s mula on de la • Poten els économiques :
pédofaune ; ο améliora on des rendements lai ers et viandeux
ο améliora on de la structure du sol par le dans les contextes de fortes températures et de
développement de la microflore et de la microfaune sécheresses : allongement des périodes de pâturage,
du sol ; métabolisme op mal à l’ombre et réduc on des
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité stress ;
des agroécosystèmes. ο valorisa on possible de produits associés : bûches,
plaque es, BRF ;
171
10. Modèles agrofores ers per nents

ο rece es des grumes pour les feuillus arrivés à des fins de stock, des invendus ou des arbres de moindre
maturité. qualité retournés par les professionnels.

10.3.3. Contraintes Enfin, l’idéal est de se procurer des arbres avec


• L’inges on des fruits peut créer des problèmes chez des porte-greffes de pommier sauvage, bien moins
les animaux d’élevage (p. ex. : météorisme chez les sensibles à la probléma que du campagnol (pour plus
bovins). d’informa ons, et possibilité d’achat, adressez-vous au
• Suivi indispensable tous les ans pendant au moins 5 Centre de Michamps - BE).
à 6 ans dès la planta on pour la taille de forma on ;
Il est recommandé de demander au pépiniériste de
• Connaissances et savoir-faire indispensables pour
marquer le nord sur les arbres avec une bombe de
appliquer de bonnes pra ques de planta on et de
peinture, ils seront replantés selon leur orienta on
taille.
ini ale afin d’éviter les coups de soleil.
• Protec ons adaptées au type de bétail et de gibier en
présence, souvent onéreuses.
 Planta on
• Nécessité absolue de choisir des variétés présentant
une sensibilité faible à très faible aux principales La planta on des arbres frui ers requiert une technicité
maladies du verger : les variétés sensibles donneront adaptée ; se référer au point 5.4.6. (p. 88).
des résultats décevants en l’absence de traitements
phytosanitaires.  Forma on
Liens : toutes les informa ons pra ques u les à l’élabora on d’un
verger sont rassemblées sur le site [Link] [Link]. Dans La taille des arbres frui ers requiert une technicité
l'annexe 16 (p. 243), vous trouverez des tableaux d’aide au choix des
adaptée ; se référer au point 8.2.12. (p. 156).
variétés de pommes, poires et prunes mul pliées par les pépiniéristes
belges.
10.4. Les vergers maraîchers
10.3.4. Bonnes pra ques
10.4.1. Caractéris ques
 Se procurer des arbres d’une qualité irréprochable
Les maraîchers désireux de diversifier leurs produc ons
Concernant l’achat des arbres frui ers, la qualité et la et d’améliorer la résilience de leur agroécosystème
provenance sont capitales pour assurer la bonne santé sont de plus en plus nombreux. Différents modèles de
et la pérennité des planta ons. En Région wallonne, vergers maraîchers voient ainsi progressivement le jour ;
il convient tout par culièrement de se fournir chez certains avec des hautes- ges, d’autres avec des basses
un pépiniériste labélisé Cer fruit, soit directement et moyennes- ges. Si les projets sont bien étudiés au
chez l’ar san greffeur, soit chez l'un des revendeurs préalable, de manière à rencontrer les besoins des
adhérents dont les coordonnées sont listées sur le site maraîchers, il est possible d’établir une réelle symbiose
[Link] [Link]. Véritable gage de qualité, ce label entre les arbres et les légumes.
assure le respect du cahier des charges des bonnes
pra ques et garan t l’origine et l’authen cité variétale ; Les photographies suivantes illustrent trois parcelles
un é quetage durable et officiel ; des variétés adaptées maraîchères : la première avec des hautes- ges, une
à nos régions, tolérantes aux maladies ; une produc on deuxième avec des moyennes- ges et la dernière,
locale et ar sanale ; une qualité supérieure des arbres. qui est la plus diversifiée, avec des basses- ges et un
Aussi, il est préférable de commander ses arbres un maillage écologique d’arbustes indigènes et de saules
an à l’avance. Cela permet d’avoir des arbres greffés têtards.
spécialement pour la commande et évite de recevoir

172
Compléments

10

173
10. Modèles agrofores ers per nents

Exemple de planta on d’un verger maraîcher

2 ruches

25 m 3 5
6

4
N
O E 25 m
25 m
S 100 m

Mare parking
7 8
^ĞŶƟĞƌƐ 20 m serre atelier
nurserie
WƌĂŝƌŝĞŇĞƵƌŝĞ

Chemin d’accès

Récolteur d’eau serre tunnel 9


30 m

Terres de culture

Parcours à poules pondeuses 45 m 35 m 20 m


100 m

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
1 Haie libre marcescente (charme, hêtre) et semi-persistante (troène, viorne lantane) contre les vents froids du nord
2 Haie libre brise-vent avec arbres de haut jet (châtaignier, merisier, érable plane) contre les vents dominants du S-O
3 &ƌƵŝƟĞƌƐŚĂƵƚĞƐͲƟŐĞƐ;ƉŽŵŵŝĞƌ͕ƉŽŝƌŝĞƌ͕ĐĞƌŝƐŝĞƌͿ
4 Haie basse taillée (charme, troène, cornouiller, bourdaine, viorne, fusain...)
5 Vigne
6 Arbres têtards (saule, peuplier) + haie morte ou vive d’essences marcescentes (charme, hêtre) contre les vents desséchants de l’est et du N-E
7 WĞƟƚƐĨƌƵŝƟĞƌƐ;ŐƌŽƐĞŝůůŝĞƌ͕ĐĂƐƐĞŝůůĞƌ͕ŵƸƌŝĞƌ͕ĨƌĂŵďŽŝƐŝĞƌͿ
8 &ƌƵŝƟĞƌƐďĂƐƐĞƐͲƟŐĞƐ;ƉŽŵŵŝĞƌ͕ƉŽŝƌŝĞƌ͕ƉƌƵŶŝĞƌͿ
9 Noyers

10.4.2. Per nences réserves en eau du sol) ;


• une augmenta on de la teneur en ma ère organique
Se référer au point 10.3.2. (p. 171) du modèle « verger et de la fer lité à moyen et long terme des sols, effet
haute- ge ». Parmi les avantages les plus notables favorable sur la vie du sol et sur les mycorhizes ;
du système arbres frui ers/légumes, nous pouvons • un effet favorable sur la biodiversité : accueil des
auxiliaires de culture et pollinisateurs ;
retenir :
• de meilleures résilience et fonc onnalité de
• un microclimat favorable aux cultures : tampon l’écosystème ;
des extrêmes clima ques, créa on d’une ambiance • une diversifica on des produc ons.
plus humide en période de sécheresse, réduc on
des écarts et des extrêmes de température, large 10.4.3. Contraintes
diversité des zones ombre-lumière propices à la • Nécessité de conserver la lumière zénithale dans
culture des légumes feuilles en été ; tous les cas.
• un effet brise-vent : barrière face aux vents froids • Entre en indispensable des éléments arborés durant
du nord, aux vents dominants du S-O et aux vents l’hiver pour conserver une luminosité op male .
desséchants du N-E ; réduc on de l’évapora on et de • Prérequis techniques indispensables pour appliquer
l’évapotranspira on au profit du réchauffement de la les bonnes pra ques de planta on et de taille des
terre au printemps (op misa on de l’u lisa on des arbres frui ers.
174
Compléments

10.5. Les parcours à volailles


10.5.1. Caractéris ques
La voca on des parcours à volailles est d’inciter les animaux à sor r des bâ ments et à exploiter au mieux leur espace
extérieur. Pour ce faire, il convient d’installer des arbres et des arbustes afin de dessiner un réseau d’éléments ligneux
de tailles, de composi ons et de disposi ons diverses. Ceux-ci servent de repères, d’abris et de guides pour les
volailles ; ils les sécurisent. Plus qu’une contrainte, les parcours à volailles représentent une réelle plus-value pour
différencier la qualité des produits d’une agriculture durable, a rer le consommateur et jus fier un prix de vente
rémunérateur. Chaque agriculteur doit mener sa propre réflexion et adopter les meilleures configura on et composi on
par rapport à ses objec fs, et ce, en adéqua on avec ses affinités et les condi ons pédoclima ques de sa parcelle.

10

175
10. Modèles agrofores ers per nents

Exemple d’un parcours à volailles op mal

100 m

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
Bosquet
25 m 15 à 100 m²
23

hauts et moyens-jets
,75
m

нĂƌďƵƐƚĞƐнƉĞƟƚƐĨƌƵŝƚƐ

Verger
20 m 20 m
± 70 ares
23
,75

ĨƌƵŝƟĞƌƐŚĂƵƚĞƐͲƟŐĞƐ
m

26
,66
Haie périphérique

m
470 m
15
m

hauts-jets + arbustes
20 m 15 m
Peigne
10 m
arbustes
16
0m

17
,5
N

m
O E
≤ 25 m
S

35
m
4 à 10 m

10
m

15
m
bâtiment
accès = 5 m
10
m

40 m

Schéma de planta on d’un parcours de 16.000 m² pour 4.000 poulets en agriculture biologique (normes belges)

Légende

Haut-jet Haie périphérique &ƌƵŝƟĞƌ Peigne

^͗ĐŚġŶĞƐĞƐƐŝůĞ;ϰͿ ‚ Longueur totale :ϰϳϬŵ EK͗ŶŽLJĞƌ;ϰͿ ‚ Longueur du peigne :ϭϬŵ


‚ Mono rang : ϲϳϮƉůĂŶƚƐͲϭƉůĂŶƚͬϬ͕ϳŵ ‚ Longueur totale :ϲϬŵ
dZ͗ƉĞƵƉůŝĞƌƚƌĞŵďůĞ;ϰͿ ͗ĐĞƌŝƐŝĞƌ;ϰͿ
‚ Double rang : ϭ͘ϯϰϯƉůĂŶƚƐͲϭƉůĂŶƚͬϬ͕ϳŵ ‚ Mono rang : ϭϮϬƉůĂŶƚƐͲϭƉůĂŶƚͬϬ͕ϱŵ
^͗ĠƌĂďůĞƐLJĐŽŵŽƌĞ;ϯͿ ‚ Essence : ĐĨƌƚĂďůĞĂƵƉ͘ϭϳϵ WZ͗ƉŽŝƌŝĞƌ;ϲͿ ‚ Double rang : ϭϳϬƉůĂŶƚƐͲϭƉůĂŶƚͬϬ͕ϳŵ
^͗ƐĂƵůĞďůĂŶĐ;ϯͿ WD͗ƉŽŵŵŝĞƌ;ϭϬͿ ‚ Essence : ƉĂƌƐĠƋƵĞŶĐĞĚĞϮϬƉůĂŶƚƐ

d/͗ƟůůĞƵůăƉĞƟƚĞƐĨĞƵŝůůĞƐ;ϯͿ érable champêtre (4)


ĐŽƌŶŽƵŝůůĞƌ;ϰͿͲŶŽŝƐĞƟĞƌ;ϰͿ
viorne obier (4) - charme (4)
‚ Hauts-jets ;ϭăϮͿ: ďŽƵůĞĂƵ͕ƟůůĞƵů͕ĠƌĂďůĞ͕ƐĂƵůĞ
Bosquet ‚ Moyens-jets ;ϭăϯͿ :ĐŚĂƌŵĞ͕ĠƌĂďůĞĐŚĂŵƉġƚƌĞ͕ƐĂƵůĞĚĞƐǀĂŶŶŝĞƌƐ
‚ Arbustes;ϮăϲͿ : ĨƵƐĂŝŶĚ͛ƵƌŽƉĞ͕ǀŝŽƌŶĞŽďŝĞƌ͕ďŽƵƌĚĂŝŶĞ͕ŐĞŶġƚăďĂůĂŝƐ͕ŶŽŝƐĞƟĞƌ͕ƐƵƌĞĂƵŶŽŝƌ
‚ WĞƟƚƐĨƌƵŝƚƐ;ϱăϭϬͿ: ŐƌŽƐĞŝůůĞƌăŵĂƋƵĞƌĞĂƵdž͕ĐĂƐƐŝƐ

176
Compléments

25 m

CS ES TR SA TI

23,75 m
26,66 m

20 m 20 m

NO NO NO NO
TI 23,75 m CS

CE CE CE CE PR
15 m

110 m
CS ES
15 m

PR PR PR PR PR

160 m
PM PM PM PM PM
TR TR

PM PM PM PM PM
PÉRIMÈTRE DE PARCOURS

17,5 m

ZONE DE FOND : VERGER

ES TI

10
35 m

ZONE INTERMÉDIAIRE : BOSQUETS

CS SA
10 m

15 m
5m

ZONE DE TRANSITION : PEIGNES


accès
ďąƟŵĞŶƚ
10 m

SA TR
40 m

100 m

177
10. Modèles agrofores ers per nents

10.5.2. Per nences • Atouts sanitaires et bien-être :


ο améliora on de la santé des volailles grâce à la
• Atouts agronomiques : diversifica on alimentaire ;
ο effet protecteur des zones herbeuses et des volailles ο op misa on de la dispersion, du déplacement et du
face au vent, au froid, à la chaleur et aux insola ons temps de sor e au sein du parcours : réduc on des
excessives ; confinements, accroissement de l’ac vité physique et
ο améliora on des performances de produc on dans de l’accès au plein air ;
un environnement extérieur plus protégé, cloisonné ο augmenta on du sen ment de sécurité des volailles
et tamponné : créa on d’un microclimat favorable au et sa sfac on accrue des besoins comportementaux.
métabolisme des volailles ;
• Mutualisa on et bénéfices pour les arbres :
ο op misa on de la fréquenta on de l’espace extérieur,
ο contrôle des adven ces au pied des arbres ;
de la valorisa on des ressources alimentaires
ο préda on de certains insectes nuisibles ;
(graminées, dicotylées, insectes, larves, vers…)
ο destruc on des feuilles tombées au sol (gra age),
présentes sur le parcours induisant une réduc on
réduisant la possibilité que les parasites complètent
possible de la consomma on des aliments fournis par
leur cycle de vie (p. ex : tavelure chez les frui ers) ;
l'agriculteur ;
ο apports d’azote et de phosphore par les fientes, u les
ο réchauffement du sol plus précoce au printemps,
à la croissance des arbres.
favorable à une avance sur le développement des
plantes herbacées ;
10.5.3. Bonnes pra ques
ο améliora on de la structure du sol et de sa capacité
d’infiltra on de l’eau : limita on des parcours boueux Un parcours de qualité est cons tué de 4 éléments :
en hiver ;
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité de  La zone de sor e des trappes ou zone de transi on
l’agroécosystème.
• Bénéfices environnementaux : Communément appelée « peigne », ce e zone protège
ο améliora on du cadre de travail et du paysage ;
les volailles du vent dès la sor e des trappes et les invite
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique à sor r de leur zone de confort. Elle joue un rôle de guide
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t pour les faire transiter vers les secteurs plus éloignés du
gibier...), corridor écologique, abri pour la flore parcours. Ce e première par e doit être a rac ve pour
sta onnelle, habitats pour la faune ; la volaille mais doit rester une aire de passage.
ο améliora on du bilan carbone de l’exploita on ;
ο protec on des sols et nappes phréa ques par le Le peigne est cons tué de plusieurs alignements de haies
recyclage de l’azote (herbages et arbres). basses taillées, compris entre 5 et 10 m de longueur et
• Poten els économiques : débutant à 5 ou 6 m du bâ ment. Les alignements sont
ο économie d’énergie : une haie peut faire économiser disposés soit parallèlement les uns aux autres soit en
de 250 € à 400 €/an de chauffage, pour un bâ ment éventail ; une distance de 4 à 10 m les sépare. Ils sont
de 400 m² (Guillet, 2014) ; généralement posi onnés perpendiculairement à la
ο améliora on de l’image du producteur, du produit face du bâ ment donnant sur le parcours. Cependant,
commercialisé et de l’agriculture de manière si les trappes font face aux vents dominants, les peignes
générale ; seront placés de manière oblique à ces derniers. Il
ο diversifica on des produc ons sur l’espace réservé convient de maintenir ces éléments à une hauteur allant
(bois d’œuvre, bois énergie, bois de chauffage, de 1,5 m à 2 m par des tailles annuelles afin de conserver
fruits), éventuellement valorisables au sein même de la zone transitoire.
l’exploita on (BRF et/ou miscanthus en li ère, taillis à
courte rota on pour du bois énergie…). Les nouvelles planta ons devront être paillées et
immanquablement protégées, sans quoi les jeunes
178
Compléments

arbres seront rapidement déracinés. Un treillis facilite les opéra ons d’entre en du parcours. Dans le
légèrement enterré est généralement suffisant ; deux cas d’une planta on en rectangle, l’écartement entre les
pe tes ouvertures modulables perme ent aux volailles lignes de planta on peut varier de 15 à 30 m. Au total,
d’accéder périodiquement au pied des planta ons et de l'idéal est que 30 à 40 % de la surface soit occupée par
gérer les adven ces. les houppiers.

Il convient donc de choisir des essences arbus ves  Le périmètre du parcours


à croissance naturelle limitée, variées et indigènes
(« de chez nous »). Idéalement, les peignes sont plantés La haie périphérique contribue à limiter le vent et génère
avec un minimum de cinq essences dont deux ers sont un microclimat a énuant les écarts de température
d'essences mellifères ; un plant tous les 50 à 70 cm et en périodes froides et caniculaires : une haie feuillue
un écartement de 70 cm minimum entre les rangs pour caduque est l'op on la plus efficace. Au niveau de la
des alignements doubles. Les essences résineuses et à configura on, on plantera des essences arbus ves, avec
feuillage persistant doivent être évitées car elles abritent éventuellement des hauts-jets tous les 10 à 40 m.
des oiseaux sauvages en hiver et induisent la forma on
de turbulences ; les haies caduques semi-perméables Haie mul -essences écologique et brise-vent
sont plus performantes pour réduire la vitesse du vent. Essence Mellifère Effet brise-vent Propor on

Bourdaine oui ± 3/40


 La zone intermédiaire ou bosquet
Charme non + 4/40
L’espace intermédiaire s’étend sur environ 30 m de
Cornouiller mâle oui + 4/40
profondeur après la zone de peigne. Il est cons tué
de bosquets dispersés de pe te à moyenne taille Cornouiller sanguin oui + 1/40

(entre 15 et 100 m²), situés à une vingtaine de mètres Érable champêtre oui + 7/40
(25 m max.) les uns des autres. On veillera ici à associer
Fusain d’Europe non + 3/40
des essences de différentes hauteurs, notamment
des sous-arbustes à pe ts fruits (groseillier, cassissier, Nerprun purga f non ± 3/40

framboisier…) avec des arbustes (grio er, noise er, Noise er oui + 4/40
amélanchier, sureau, prunellier, prunier…) et quelques
Sureau noir oui + 2/40
hauts-jets de première (bouleau, lleul…) et deuxième
grandeur (alisier, sorbier, saule, charme…). Deux ou Troène commun oui + 2/40

trois hauts-jets peuvent être associés à quatre ou cinq Viorne lantane oui ± 4/40
arbustes et à une dizaine de pe ts fruits en périphérie. 10
Viorne obier oui ± 1/40

 La zone de fond de parcours Chèvrefeuille oui - 1/40

Lierre commun oui - 1/40


Ce e zone postérieure couvre l’en èreté de la fin du
parcours. Elle est plantée de frui ers ou d’arbres à Exemple de calcul du nombre de plants par essence : pour 500 m de
haie avec 1 plant tous les 70 cm, nous avons 715 plants au total.
voca on ligneuse comme des feuillus précieux. On →cornouiller mâle : 4/40 x 715 = 72 plants
privilégie des hautes- ges pour faciliter les opéra ons →cornouiller sanguin : 1/40 x 715 = 18 plants
→…
d’entre en des herbages (broyage des refus à
l’automne…) et/ou le pâturage par le bétail en période
creuse. La structure de planta on en carré (12,5 x 12,5
m, 15 x 15 m…) ou en rectangle (avec des espacements
et des écartements variant en fonc on des essences)
179
10. Modèles agrofores ers per nents

Parcours à canards

10.6. Les alignements d’arbres têtards inter et intraparcellaires


10.6.1. Caractéris ques la surface foliaire ; l’évapotranspira on et les besoins
en eau des arbres sont donc fortement réduits. Les
Si le modèle périparcellaire d’arbres têtards est assez cultures et autres produc ons sont, par conséquent,
répandu en France et en Belgique (dans certaines moins impactées par la concurrence des arbres tout
régions, les arbres têtards font par e intégrante du en profitant des nombreux avantages offerts par leur
maillage agricole), le modèle d’alignements intra- présence.
parcellaires d'arbres têtards est plutôt rare. Pourtant,
leur place dans les champs est à reconsidérer car ce Les espèces implantées doivent supporter des
mode de ges on cons tue une réponse intelligente tailles répétées, bien cicatriser et, idéalement, être
aux probléma ques de l’ombrage des houppiers sur les vigoureuses. Elles sont exploitées en alternance pour
cultures et du déficit hydrique rencontré par les arbres perme re aux houppiers de s’épanouir librement. Le
dans le cadre du changement clima que. La remise à modèle procure essen ellement du BRF (dès 4 à 5 ans)
zéro du houppier permet, en effet, un rajeunissement et du bois de feu (dès 6 à 10 ans pour les essences à
périodique de l’arbre et une réduc on dras que de croissance rapide). Vers 40 ans, le bois atypique des
trognes peut éventuellement être valorisé.

180
Compléments

Exemple de planta on d’alignements d’arbres têtards intraparcellaires

2m

^ƵƌĨĂĐĞ ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϯϬŵ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϬĂ ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϴŵ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϭϬĂ ͲůĂƌŐĞƵƌĚĞů͛ĂůŝŐŶĞŵĞŶƚĚ͛ĂƌďƌĞƐ͗Ϯŵ
O E
S
100 m йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϬй

ĞŶƐŝƚĠ
ϱϬƟŐĞƐͬŚĂ

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ 8m

ŚĂƌŵĞ
Carpinus betulus 2 30 m
m

1
^ĂƵůĞ m
Salix sp. 2m
3m 2m
100 m

10.6.2. Per nences augmenta on de la ma ère organique ;


ο diminu on des besoins en intrants par une
• Atouts agronomiques : récupéra on et redistribu on des engrais azotés 10
ο assainissement des terres humides par pompage de lessivés ;
l’eau, notamment avec le saule et l’aulne ; ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité
ο poten elle valorisa on des houppiers sous forme de des agroécosystèmes.
BRF : améliora on de la structure du sol, de sa fer lité • Fonc ons an érosives :
sur le long terme, de sa teneur en humus ;
ο intercep on du ruissellement par la bande enherbée
ο accueil des auxiliaires de culture ;
associée : éléments de rupture de pente, les houppiers
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et
peuvent être u lisés pour la créa on de fascines entre
aux herbages ;
les arbres ;
ο améliora on de la structure du sol par le
ο réduc on du ruissellement et du lessivage du sol,
développement de la microflore et de la microfaune
préven on en amont du bassin versant ;
du sol ;
ο améliora on de l’infiltra on de l’eau dans le sol grâce
ο améliora on de la fer lité des sols par une
aux racines (augmenta on de la porosité) ;
181
10. Modèles agrofores ers per nents

ο préserva on des terres par l’améliora on de la mieux vaut planter assez dense qui e à éliminer
structure et de la cohésion du sol ; certains arbres par la suite. La distance finale dépend de
ο meilleur effet tampon lors d’averses violentes. plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, la vigueur de l’essence
• Bénéfices environnementaux : et les cycles de récolte sont les plus déterminants : pour
ο puits de carbone ; les essences très vigoureuses comme le peuplier, le
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique saule et le robinier, on peut opter pour une distance de
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t 1 à 3 m pour des récoltes annuelles ; 1,5 à 5 m pour des
gibier...), corridor écologique, abri pour la flore récoltes tous les 2 ou 3 ans ; 2 à 8 m pour des récoltes
sta onnelle, habitats pour la faune ; tous les 4 à 7 ans ; et 3 à 10 m pour des récoltes tous les
ο améliora on de la qualité de l’eau et réduc on de la 8 à 15 ans.
pollu on des nappes phréa ques : l’eau est en par e
filtrée de ses résidus d’engrais, de fumiers, de produits NB : Le saule des vanniers est moins vigoureux que les
phytopharmaceu ques ; saules blanc et fragile ; les saules pourpre et cendré le
ο recharge des nappes phréa ques. sont encore moins. Pour ceux-ci, on peut former des
• Poten els économiques : pe ts sujets tous les 1 à 2 m.
ο houppiers récoltés périodiquement pour la
transforma on en BRF (pour usage privé ou revente) Installa on d’un arbre têtard (année 0)
et possibilité de transforma on en plaque es énergie Planta on du plançon Suppression du houppier
si le rythme de coupe est plus long ;
ο en pâture, améliora on des rendements lai ers
et viandeux en contexte de fortes températures :
allongement des périodes de pâturage, métabolisme
op mal à l’ombre et réduc on des stress ;
ο trognes saines commercialisables.

10.6.3. Contraintes
• Besoin d’un matériel spécifique pour la récolte des
houppiers.
• Récolte poten ellement chronophage.
• Suivi nécessaire des arbres pour favoriser la
mécanisa on des cultures intercalaires.  Hauteur du houppier
• Impossibilité d’implanta on sur des parcelles
La hauteur de la base de la couronne dépend des
possédant un réseau de drainage.
contraintes agricoles liées à la parcelle : machinisme,
10.6.4. Bonnes pra ques culture, bétail, environnement, voirie… Elle condi onne
la taille des plançons ou la hauteur de suppression du
 Installa on d’un arbre têtard houppier sur le baliveau.

La forma on d’un arbre têtard se réalise à par r d’un Hauteur des arbres têtards en fonc on des usages au sol
plançon planté le plus profondément possible (cfr. point
5.4.5., p. 87) ou d’un baliveau d’un arbre existant auquel on
a supprimé le houppier.

Comme il s’agit généralement de plançons récoltés dans


2,5 m

2,2 m

1,5 m

la nature et dont la reprise n’est pas toujours assurée,

182
Compléments

Si aucune contrainte n’impose une hauteur par culière, il faudra l'envisager entre 1,5 et 1,8 m en prévision des entre ens
ultérieurs. Ce e hauteur permet de tailler facilement les rejets sans avoir recours à une échelle. Les entre ens sont
ainsi facilités : ils sont plus sécurisés et plus rapides.

 Forma on de la tête

Dès le printemps suivant la planta on du plançon ou la suppression du houppier, la reprise se manifeste


par l’appari on de jeunes pousses sur toute la hauteur du plant. Seules les brindilles du sommet (10 à
15 cm supérieurs) sont maintenues ; les autres sont systéma quement éliminées au ras du tronc à l’aide d’un
sécateur. Ce e opéra on est à renouveler régulièrement durant les 3 ou 4 premières années afin d’empêcher
toute branche latérale de concurrencer la forma on de la tête. Si les rejets de tête sont très vigoureux
(rameaux > 1,50 m), la première taille de la couronne peut s’effectuer à par r du 1er ou du 2ème hiver ; pour des repousses
plus lentes, on peut a endre le 3ème voire le 4ème hiver.

Forma on de la tête d’un arbre têtard

Années suivantes :
Année 1 : suppression Année 2 et + : début de la croissance Années 2 à 4 : Après plusieurs
repousse et nouvelle
des rejets latéraux radiale du tronc et des rejets 1ère taille cycles de taille
croissance des rejets

NB : Au début, il faut idéalement procéder à des cycles de taille rapprochés (2-3 ans) pour renforcer les assises d’où
s’insèrent les rejets. Au bout de 10 à 15 ans, les cycles de taille plus longs peuvent débuter, notamment pour récolter
et façonner du bois bûche.
10
 Récolte
Cycles de taille des arbres têtards
Usage Fréquence de taille Pour les cycles de taille longs, il convient d’être régulier et
Vannerie ar sanale 1 an de se conformer à la vitalité des arbres et aux risques de
casse, ce pour garan r leur pérennité : on ne dépassera
Bois Raméal Fragmenté 1 à 4 ans
pas 15 ans pour les bois blancs moins résistants (saule,
Fourrage 2 à 6 ans peuplier...) et 20 à 25 ans pour les essences au bois plus
Perches et piquets de clôture 3 à 10 ans dense (chêne, charme, érable...). Au-delà, l’évolu on de
l’arbre est préjudiciable à la régénéra on de la couronne ;
Bois de feu (bûches) 4 à 25 ans
les risques d’éventrement augmentent et l’interven on
Bois énergie (plaque es) 10 à 25 ans devient dangereuse pour les opérateurs.

183
10. Modèles agrofores ers per nents

De manière générale, la coupe doit être réalisée le plus près possible du tronc, tout en respectant l’empa ement
d’inser on des branches. Il est capital de scier toutes les branches individuellement, même lorsqu’elles partent du
même point. En effet, les grandes surfaces de coupe peuvent affaiblir l’arbre car elles limitent le nombre d’yeux
dormants nécessaires à la repousse : leur cicatrisa on plus difficile peut mener au développement d'un pourrissement
parfois prématuré de la trogne et réduire ainsi l'espérance de vie de l'arbre.

Lorsque les branches présentent un diamètre supérieur à 5 cm, il est indispensable de travailler en deux temps. Ce e
précau on de coupe d’allègement permet d’éviter les déchirements de l’écorce qui se prolongent sur la tête de la
trogne. La première coupe s’effectue à 50 cm minimum de la base de la branche, en suivant un procédé toujours
iden que : d’abord, une première entaille dans la par e inférieure de la branche découpe l’écorce ; ensuite, la seconde
entaille entame la branche par le dessus afin de la couper complètement. La seconde coupe vise à éliminer le chicot
restant au ras de la tête.

L’applica on d’un mas c est onéreuse et n’améliore pas significa vement les cicatrisa ons, son usage n’est pas conseillé
dans ce cas.

Bonnes pra ques agrofores ères Techniques de coupe pour l’étêtage des arbres têtards

OUI

coupe 1
NON
NON
coupe 2
Coupes correctes Coupes incorrectes

coupe 1

coupe 2

Le choix des ou ls de coupe, manuels ou mécaniques, dépend des cycles de rota on. Lorsqu’ils sont très courts
(< 3 ans), il est simple et peu onéreux : sécateur, scie d’élagage, ébrancheur (coupe-branches) et ou ls emmanchés d’une
perche. Ceux-ci perme ent d’intervenir plus haut si nécessaire, sans devoir grimper dans l’arbre. L’usage de serpes ou
184
Compléments

de haches est à proscrire pour éviter de blesser l’arbre. de temps précieux pour le déchiquetage qui suivra.
L’u lisa on d’un matériel thermique ou électrique, telle Les grappins coupeurs avec un guide de tronçonneuse
une tronçonneuse d’élagage, est nécessaire pour les opèrent les coupes les plus ne es. Le désavantage des
plus grosses sec ons (3 ans et plus). autres grappins réside dans une coupe grossière et
parfois éclatée. Dans ce cas, la coupe doit être réalisée à
Ou ls manuels de taille et d’élagage 50 ou 60 cm de la couronne et il faut ensuite raba re les
chicots restants à la tronçonneuse. Ces machines étant
scie égoïne
assez lourdes, il convient de travailler en septembre/
octobre, lorsque les sols sont encore portants.
ébrancheur sécateur
Dans les régions bocagères, les chan ers mécanisés
groupés perme ent de bénéficier d'un prix de revient
moins élevé pour l’aba age, l’étêtage, le déchiquetage
scie emmanchée et/ou le transport des produits ligneux récoltés.

échenilloir

Pour les rota ons de moyennes et longues durées, la


tronçonneuse est largement u lisée. Lorsque les sec ons
ne dépassent pas 15 cm de diamètre, les tronçonneuses
d’élagage et emmanchées sont privilégiées pour leur
facilité d’usage en hauteur. Le matériel électrique est
plus léger et moins bruyant.
 Sécurité
Ou ls mécaniques de taille et d’élagage
Niveau sécurité, la taille des trognes peut s’avérer
dangereuse. De manière générale, des rota ons courtes
tronçonneuse sur perche motorisée et une hauteur de couronne basse (< 1,8 m) réduisent
considérablement les risques d’accident. Si l’usage d’un
matériel thermique est nécessaire, un appareil léger et/
ou sur perche doit être privilégié. L’emploi de machines 10
tronçonneuse classique tronçonneuse d’élagage
thermiques implique toujours l’usage des Équipements
de Protec on Individuelle de base (EPI), ceci par
Dans le cas des rota ons longues et des arbres âgés mesure de sécurité et pour garan r la couverture par
n’ayant pas été entretenus depuis longtemps, une l'assurance dans le cas d’un malencontreux accident de
valorisa on en bois de bûche ou en bois énergie est travail : le casque d’élagage avec la visière, les coquilles
conseillée ; ces récoltes peuvent, dans certains cas, de protec on audi ve, le pantalon et les chaussures ou
être mécanisées avec un grappin coupeur monté sur bo es an coupures sont obligatoires.
pelle mécanique. Ce matériel coûteux sera uniquement
amor sur des gros chan ers avec des trognes plantées Pour les travaux en hauteur, il convient de travailler dans
en série. En effet, le prix est élevé (± 150 € HTVA/h), des condi ons météorologiques favorables, par temps
mais le débit de travail l’est tout autant et les branches sec et peu venteux. Il faut préférer pénétrer dans la
sont directement rangées en tas, ce qui assure un gain couronne et travailler d’en haut plutôt que de travailler
185
10. Modèles agrofores ers per nents

d’en bas depuis une échelle. Pour cela, il faut arrimer  Valorisa on énergé que excep onnelle du saule
son harnais à une branche centrale et graviter autour
Ce e par e du guide s’inspire du livre « Le Saule, Roi des Têtards »
pour faire tomber les branches, une à une. A en on, les (Coppée J.-L. & al., 2016).
bois tendres comme le saule présentent un risque élevé
d’éclatement lors de la chute de la branche. La par e Dans une op que énergé que, il convient de valoriser
de la branche entamée à la tronçonneuse peut alors des essences à forte produc on de biomasse. Selon
se décoller dans le sens de la longueur et se me re en les idées reçues, seules les essences à fort pouvoir
mouvement par effet de levier : si l’opérateur se trouve calorifique sont intéressantes pour le bois de feu ; d’un
dans la trajectoire, il peut être violemment percuté. point de vue « calories produites / volume de bois »,
ce principe est vérifié. En revanche, du point de vue
Nous conseillons vivement de faire appel à des « calories produites / masse de bois », le bilan est
professionnels pour les coupes de grosses sec ons, plus nuancé. À taux d’humidité égal (30 %), le pouvoir
qui e à faire venir un entrepreneur uniquement pour la calorifique massique de toutes les essences de bois
mise à terre ; une fois au sol, les branches peuvent être est presque équivalent à 3,33 kWh/kg (soit 12 MJ).
débitées « sans danger ». Par exemple, il est de 3,27 kWh/kg pour le chêne et de
3,18 kWh/kg pour le saule. Ainsi, 1 kg de saule et 1 kg
L’usage d’une échelle est tout à fait déconseillé pour
de chêne fournissent un poten el énergé que plus ou
l’élagage, sauf pour monter dans la couronne. De plus,
moins similaire.
même si la pra que est largement répandue, il est
interdit de travailler depuis la pelle d’un chargeur frontal ;
il faut travailler depuis une nacelle.

10 MAP* de chêne 13,7 MAP* de saule


= 4.880 kg = 4.880 kg
= 15.958 kWh = 15.518 kWh

Les essences à croissance rapide sont donc très


compé ves sur le plan des « calories produites
Le travail en hauteur est réglementé : avant d’entamer
par arbre par an ». Le tableau suivant compare les
un chan er de taille, il est important de s’informer
produc ons énergé ques d’un saule et d’un chêne :
auprès de votre assurance.

Produc vité Chêne têtard (750 kg/mᶟ) Saule têtard (550 kg/mᶟ) * 1 MAP (1 m³ apparent)
équivaut à un volume
Cycle de taille Taille n°1 à 30 ans Après 60 ans Taille n°2 à 30 ans Après 60 ans d'encombrement de
1 x 1 x 1 m de côté de
Volume récolté par arbre (MAP*) 1 MAP 3 MAP 2 MAP 8,5 MAP produits ligneux (bûches,
plaque es ou pellets)
Équivalent bois plein (m³) 0,65 m³ 1,95 m³ 1,30 m³ 5,53 m³ empilés ou en vrac :
bois + vides
Masse (kg) 488 kg 1.463 kg 715 kg 3.042 kg
1 m³ (MAP) de bûches
Contenu énergé que (kWh) 1.596 kWh 4.784 kWh 2.274 kWh 9.674 kWh
empilées en 1 m
de long ≈ 1 stère
Équivalent mazout (l) 160 l 480 l 228 l 971 l

186
Compléments

En conclusion, après 60 ans, un saule têtard rapporte habita on moyenne d’être autonome en chauffage.
à son propriétaire l’équivalent de 971 l de mazout de
chauffage tandis qu’un chêne têtard n’en aura rapporté
que 480, soit 49 % de la produc on du saule.

200 saules têtards 3.237 litres/an


= 580.440 kWh = autonomie en chauffage

 Essences
1 saule têtard
Globalement, toutes les essences indigènes peuvent se
= 8,5 MAP en 60 ans 971 litres de mazout
= 9674 kWh prêter à la conduite en arbre têtard ; les plus enclines à
l’étêtage, à la cicatrisa on et les plus vigoureuses sont
Ainsi, si on plante 200 trognes de saule, on ob ent celles tradi onnellement u lisées. Dans l'annexe 17 (p. 248),
l’équivalent de 194.200 l de mazout en 60 ans, soit différentes essences sont comparées selon diverses
une moyenne de 3.237 l par année. Ce e source caractéris ques techniques pour orienter le choix de
renouvelable d’énergie douce et durable permet à une planta on des arbres têtards.

10

187
10. Modèles agrofores ers per nents

10.7. Les alignements de taillis inter et intraparcellaires

10.7.1. Caractéris ques de taillis à très courte rota on (TtCR) et courte rota on (TCR)

Les modèles d’alignements de taillis TtCR et TCR inter ou intraparcellaires tendent à se développer car ils
répondent à la fois aux enjeux agronomiques et environnementaux, tout en offrant des produits valorisables
sur le plan agronomique, énergé que ou économique. Les essences implantées sont des essences à forte
produc on de biomasse tels que le saule et le peuplier. Les boutures sont plantées à haute densité, en simple ou
double rang suivant les modèles, pour une durée d’une vingtaine d’années. La récolte de plaque es, tous les 2 à
3 ans pour les TtCR et tous les 4 à 5 ans pour les TCR, nécessite des machines spécifiques dont certains entrepreneurs
sont équipés aujourd’hui.

Taillis à très Courte Rota on (TtCR) de saules

Taillis à moyenne rota on de peupliers, brise-vent pour les cultures adjacentes

188
Compléments

Exemple de planta on d’un TtCR de saules en double rang

Surface Structure
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗Ϭ͕ϳϱŵ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϰĂ ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗Ϭ͕ϰăϭŵ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲĂ ͲůĂƌŐĞƵƌƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗Ϯŵ
ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚĂůŝŐŶĞŵĞŶƚƐ͗ϯϬăϱϬŵ
O E
S
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
100 m
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϰй

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
ƵůƟǀĂƌƐĚĞƐĂƵůĞƐ
ăŚĂƵƚƌĞŶĚĞŵĞŶƚ

47 m

0,4 à
1m
2m 0,75 m

100 m

10.7.2. Per nences des TtCR et TCR racinaires fort développés par le traitement du taillis
en cépées.
• Atouts agronomiques : • Bénéfices environnementaux :
ο culture peu exigeante : besoins limités en intrants ;
ο puits de carbone ;
ο effet brise-vent très efficace : diminu on de la vitesse
ο effet favorable sur la biodiversité : corridor écologique,
du vent et diminu on de l’évapotranspira on ;
habitats de subs tu on pour la faune ;
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et
ο améliora on de la qualité de l’eau et réduc on de la
aux herbages ;
pollu on des nappes phréa ques : l’eau est filtrée en
ο réduc on notable des effets néga fs de l’ombrage
par e de ses résidus d’engrais, de fumiers, de produits
sur les cultures en raison des courtes rota ons de
phytopharmaceu ques ;
récolte ;
ο recharge des nappes phréa ques.
ο assainissement des sols humides au printemps, u le
au réchauffement des sols ; • Poten els économiques :
ο mul plica on des auxiliaires de culture ; ο culture hautement produc ve : 8 à 15 tonnes de
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité MS/ha/an (pour une culture en plein) : chaque récolte
des agroécosystèmes. génère 2 à 3 fois ce e quan té en fonc on du cycle 10
des récoltes (de 2 ou 3 ans) ;
• Fonc ons an érosives :
ο valorisa on directe des plaque es de bois pour les
ο associées à une bande enherbée, les bandes
chaudières de pe te et moyenne puissance (30 -
ligneuses cons tuent des éléments de rupture de
500 kW) après un séchage naturel de 3 à 6 mois ; en
pente (idéalement en préven on en amont du bassin
li ère de fond dans les étables ou dans les couloirs de
versant) : intercep on efficace du ruissellement, avec
conten on ; ou en broyat pour régénérer l’humus des
sédimenta on des par cules fines ;
sols en culture. Sinon valorisa on indirecte à la vente
ο améliora on de l’infiltra on de l’eau grâce aux
comme bois énergie ou comme paillage hor cole.
racines des arbres et à la vie du sol qui est augmentée
(meilleure structure et porosité du sol) ; 10.7.3. Contraintes des TtCR et TCR
ο effet tampon lors d’averses violentes : régula on
efficace du régime des eaux ; • Sensibilité forte à la concurrence d’adven ces la
ο main en des sols, notamment grâce aux systèmes première année.
189
10. Modèles agrofores ers per nents

• Risque de stress hydrique l’année de La planta on se réalise avec une planteuse de boutures
l’implanta on. type « TtCR de saules ». La parcelle doit être propre et
• Exigence d’un sol frais et humide pour assurer une bien préparée : le labour permet l’obten on d’un sol
bonne produc on. décompacté, u le à la bonne reprise des boutures.
• Produc on efficace 3 ans après l’implanta on.
• Récolte avec du matériel spécifique (tête de récolte) À défaut, il faudra passer au décompacteur : deux
imposant le respect des cycles courts. Au-delà, le passages sont parfois nécessaires. En plus, la terre devra
diamètre des ges n’assure plus la mécanisa on. être affinée grâce à une herse ou une fraise rota ve pour
• Nécessité d’un sol portant en période de récolte. obtenir de bonnes condi ons d’enracinement. Le saule
• Destruc on et remise en état de la parcelle à prévoir est volontaire et se porte bien dans la plupart des sols ;
en fin de cycle. cependant, il requiert de l’humidité pour se développer.
On observe donc parfois des déficits de reprise si le
10.7.4. Bonnes pra ques pour la printemps est sec ou si le sol est trop drainant.
planta on de taillis
Les planteuses, soit manuelles soit semi-automa ques,
Lien : ce e par e du guide s’inspire du document « Les bandes ligno- sont toutes deux tractées par un tracteur et nécessitent
cellulosiques, les taillis à très courte rota on (Ttcr) de saules » (Langlois un opérateur pour la manuten on des boutures.
B., Le Golf A., 2018) et du document « Produc on durable de bois
déchiqueté à par r de Taillis à (très) Courte Rota on » (Dimitriou J.,
Rutz D., 2015). Le premier type de machine plante des pe tes boutures
prédécoupées de 20 cm de long, alors que le second type
 Planta on coupe les boutures au fur et à mesure de l’avancement
du tracteur. Les boutures sont enfoncées dans le sol sur
La planta on se réalise par bouturage. Le choix de la 60 à 100 % de leur hauteur.
période d’implanta on est soit automnal soit printanier,
et il relève d’un dilemme.
• La mise en terre en novembre réduit les risques liés
à un déficit hydrique printanier, mais elle est plus
propice à la concurrence des adven ces et aux dégâts
de la faune sauvage (notamment les léporidés)
en période de dise e alimentaire. Les boutures de
saule cons tuent un met de choix durant l’hiver,
lorsque peu de ressources aussi appétentes sont
disponibles.
• L’implanta on en février/mars réduit les risques
Planteuse semi-automa que
de pression animale tout en assurant un sol frais ;
toutefois, la probléma que des adven ces reste Pour les taillis, la planta on en double rang permet un
présente. rendement op misé ; ce e configura on est adaptée
• Enfin, en avril/mai, on peut effectuer l’un ou l’autre aux têtes de récolte, essen ellement pour les saules et
faux-semis préalable mais les risques de déficit en leurs cycles très courts.
eau, préjudiciable à la reprise, sont ne ement plus
élevés. L’écartement usuel de ces doubles rangs est de
0,75 m avec un écart de 1,5 m entre les couples de
Généralement, la période idéale est le mois de mars
lignes. Sur le rang, l’espacement des boutures varie
mais tout dépend des condi ons météorologiques et de
de 0,5 à 0,8 m selon la densité souhaitée et le cycle de
la sta on : relief, sol, drainage naturel...
rota on envisagé.
190
Compléments

Les peupliers sont communément plantés en simple


Schéma de planta on pour les taillis
rang. La distance entre les rangs se situe autour de 2 m
TtCR de saules
et la distance entre les boutures au sein du rang peut
varier de 0,45 à 2 m (selon la densité souhaitée et le
cycle de rota on envisagé).
1,5 m
De manière générale, pour les taillis à très courte
rota on impliquant une tête de récolte, on opte pour
un espacement intraligne de ± 0,6 m ; pour les taillis
0,60 m

à courte rota on : 0,8 à 1 m ; pour les moyennes


rota ons : 1 à 1,5 m ; et pour les longues rota ons avec
récolte à la tronçonneuse ou à la pince sécateur : entre
0,75 m 0,75 m
1,5 et 2 m.
Taillis à moyenne rota on de peupliers
Les récoltes de saule tous les 2 ans sont les plus
efficientes en termes de rendement énergé que
(quan té d’énergie produite par la combus on de la
2m biomasse / énergie inves e lors de la récolte). Le plus
pe t diamètre des sec ons des rejets de 2 ans augmente
le débit de la récolte (plus grande vitesse d’avancement)
1m

et une moindre consomma on en énergie pour la


coupe, ce par rapport à des sec ons de 3 à 4 ans.

Pour limiter efficacement les ruissellements et l’érosion


des sols, il est indispensable de semer un couvert herbacé
Le saule tolère par culièrement bien les recépages
au pied des saules. Cela devra être réalisé à la deuxième
fréquents tous les 2 à 3 ans ; il pourrait même être coupé
année pour garan r la reprise et le bon développement
tous les ans. Au contraire, moins tolérant au recépage,
préalables des saules. Le semis peut être réalisé au
le peuplier est plus généralement conduit en taillis à
début du printemps, à la volée ou mécaniquement, en
moyenne rota on de 6 à 8 ans. Dans tous les cas, une
bordure des bandes de saules.
période minimale de 3 ans est recommandée.

Taillis à très courte Taillis à courte Taillis à moyenne


Taillis à longue rota on
Essence Donnée rota on (TtCR) rota on (TCR) rota on
(> 10 ans) 10
(2 à 3 ans) (4 à 5 ans) (6 à 8 ans)
Densité approxima ve 15.000 pieds/ha 12.000 pieds/ha 5.000 boutures/ha 2.500 à 3.333 boutures/ha

Type de rang double double simple simple


Saule
Écartement interligne 0,75 et 1,5 m 0,75 et 1,5 m 2m 2m

Espacement intraligne 0,5 à 0,6 m 0,6 à 0,7 m 1m 1,5 à 2 m


10.000 à 13.750 8.300 à 11.000 5.000 2.500 à 3.333
Densité approxima ve
boutures/ha boutures/ha boutures/ha boutures/ha
Type de rang double simple simple simple
Peuplier
Écartement interligne 0,75 et 1,5 m 2m 2m 2m

Espacement intraligne 0,55 à 0,8 m 0,45 à 0,6 m 1m 1,5 à 2 m

191
10. Modèles agrofores ers per nents

 Entre en de la planta on Si les saules sont bien développés la première année, on


peut envisager de les raba re (à 5-10 cm du sol) durant
La première année, il importe de maîtriser les
le repos végéta f pour les recéper et leur donner plus
adven ces et d’éviter toute salissure de la planta on
de vigueur l’année suivante. À défaut, ce recépage sera
pour assurer la bonne reprise et la croissance juvénile
réalisé le deuxième hiver.
des boutures. À défaut, les taux de reprise peuvent
être considérablement impactés. Pour une planta on Aucune fer lisa on n’est à apporter durant le cycle
en mars, l’i néraire technique est le suivant : entre 0 et de végéta on. Néanmoins, une analyse de sol peut
3 jours après l’implanta on des boutures, il est conseillé être réalisée au bout de 7 à 10 ans afin de vérifier s'il
d’appliquer un désherbage chimique de pré-levée est per nent d’appliquer une fumure (notamment
pour limiter la levée des adven ces. Après (en post- organique) pour corriger une carence du sol.
levée), il n’est plus possible de traiter chimiquement les
dicotylédones sans risques pour les boutures. Cependant,  Récolte
le traitement herbicide sélec f des graminées est Le saule est toujours récolté en hiver, durant la phase
possible. Pour une meilleure efficacité, ce e opéra on de repos végéta f. La première récolte intervient au
doit idéalement être réalisée au stade 2 à 3 feuilles bout de 3 ans après la planta on, et ensuite tous les 2
des adven ces. Après les premières interven ons, des ou 3 ans selon la croissance du diamètre des ges. Pour
adven ces peuvent encore coloniser le pied des saules : tout chan er, la récolte mécanisée engageant un charroi
elles doivent être limitées afin d'éviter toute concurrence agricole lourd sera idéalement programmée en période
pour les réserves en eau, minéraux et lumière. Deux sèche et de ressuyage, garan ssant un sol portant.
solu ons existent :
• soit dégager à la débrousailleuse (au moins Le matériel de récolte le plus adapté est la tête de récolte
l’entrebande des doubles rangs, de 0,75 m de large) « TtCR de saules » montée sur un tracteur. Les saules
et gyrobroyer l'extérieur des doubles rangs ; sont alors directement transformés en plaque es. À la
• soit fraiser superficiellement l’entrebande à première récolte, les rendements se situent entre 4 et
l'aide d’un motoculteur muni d’une fraise arrière 8 t/ha de ma ère sèche (MS), en fonc on des croissances
réglable en hauteur (largeur : généralement 60 cm). juvéniles ; ensuite, ils peuvent a eindre 8 à 15 t/ha/an
L'extérieur des doubles rangs peut être fait avec un de MS.
tracteur.  Remise en état de la parcelle
Le fraisage superficiel est le plus efficace pour assurer
Après la dernière récolte, au bout d’une vingtaine
la reprise car il main ent le sol à nu avec un effet de
d’années et parfois plus, les souches sont déchiquetées
binage. Avant l’hiver, il faudra encore fraiser ou dégager,
grâce à un broyeur fores er à dents fixes ; un travail du
surtout dans les parcelles où la présence de campagnols
sol pour niveler la parcelle est parfois nécessaire par la
est avérée pour éviter leur refuge (face aux prédateurs)
suite. Ce e destruc on devra aussi être effectuée sur
dans la végéta on.
sol bien portant.
Une solu on pour concurrencer la levée des adven ces
est le semis de micro-trèfles ou de trèfles nains 3 à
10 jours avant la planta on des saules ; le couvert aura
pour fonc on d’étouffer les adven ces. Néanmoins,
dans le cadre d'une lu e efficace contre l’érosion des
sols, les fétuques rouges sont plus u les pour ralen r
l’eau et induire la sédimenta on des ma ères en
suspension.

192
Compléments

10.8. Les alignements de peupliers périphériques

10.8.1. Caractéris ques

Le peuplier est une essence sélec onnée et performante : croissance rapide, capacité à produire en 20 à 30 ans un
bois d’œuvre de qualité léger et tendre, droit et circulaire. Il présente, de plus, une facilité d’hybrida on avec d’autres
espèces du même genre pour créer des cul vars intéressants. Sa structura on en alignements est typique des paysages
hennuyers. Pour ses différentes qualités, le peuplier a été qualifié par la FAO (Food and Agriculture Organiza on)
d’arbre du XXIème siècle.

10

193
10. Modèles agrofores ers per nents

Exemple de planta on d’alignements de peupliers périphériques

^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϲŵ
ͲĂƐƐŝƐĞĚĞƐĂƌďƌĞƐ͗ϯŵ
ͲƌĞƚƌĂŝƚĐůƀƚƵƌĞĠůĞĐƚƌŝƋƵĞĞdžƚĞƌŶĞ͗Ϯŵ
ͲƌĞƚƌĂŝƚĐůƀƚƵƌĞĠůĞĐƚƌŝƋƵĞŝŶƚĞƌŶĞ͗ϭŵ

^ƵƌĨĂĐĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϰĂ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲĂ
O E
S ĞŶƐŝƚĠ
ϯϮƟŐĞƐͬŚĂ
100 m
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϰй

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
6m
WĞƵƉůŝĞƌŚLJďƌŝĚĞ
Populus x euramericana

2m
2m 1m
100 m

10.8.2. Per nences du sol (améliora on de la porosité) ;


ο effet tampon lors d’averses violentes : régula on
• Atouts agronomiques : efficace du régime des eaux en limitant l’intensité des
ο effet protecteur des cultures, des herbages et du bétail crues.
contre la chaleur, les insola ons et le froid excessifs ; • Bénéfices environnementaux :
ο fane riche en carbone et améliorant le pH d’un sol
ο puits de carbone ;
trop acide par son caractère basique ;
ο effet favorable sur la biodiversité : corridor
ο effet brise-vent : diminu on de la vitesse du vent,
écologique ;
diminu on de l’évapotranspira on, créa on d’un
ο améliora on de la qualité de l’eau et réduc on de la
microclimat favorable au réchauffement du sol plus
pollu on des nappes phréa ques : l’eau est filtrée en
précoce au printemps et au développement des
par e de ses résidus d’engrais, de fumiers, de produits
plantes ;
phytopharmaceu ques ;
ο accueil d’auxiliaires de culture ;
ο recharge des nappes phréa ques.
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité
des agroécosystèmes. • Poten els économiques :
ο exploitable après 20 à 30 ans en moyenne, le peuplier
• Fonc ons an érosives :
offre de nombreux débouchés : feuillus déroulés pour
ο réduc on du ruissellement et du lessivage des sols ;
la fabrica on de contreplaqué, panneaux, emballages
ο améliora on de la structure du sol et de la capacité
légers, caisses, pale es, ameublement, papier,
d’infiltra on de l’eau ;
allume es et, depuis récemment, bois de structure
ο accumula on d’humus dans les sols, leur assurant un
pour des construc ons en bois... ; son bois blanc est
rôle d’éponge ;
très recherché et tolère bien les teintures ;
ο améliora on de la structure du sol et de l’infiltra on
ο déchiquetage des houppiers en plaque es de bois :
de l’eau grâce aux racines et à l'augmenta on de la vie
valorisa on directe en chaudière de pe te et moyenne
194
Compléments

puissance (30 à 500 kW) après un séchage naturel Pour déterminer la poten alité populicole d’une sta on,
de 3 à 6 mois ; en li ère de fond dans les étables ou la végéta on bio-indicatrice oriente le choix : le lierre
dans les couloirs de conten on ; ou en broyat pour terrestre, l’or e, le gaillet gra eron, le sureau ou la
régénérer l’humus des sols en culture. Valorisa on grande consoude indiquent un sol fer le. En revanche,
indirecte à la vente pour alimenter des plateformes la présence de la callune, de la bourdaine et du jonc est
de bois énergie ou comme paillage hor cole ;
défavorable.
ο améliora on des rendements lai ers et viandeux en
cas de fortes chaleurs : allongement des périodes de  Choix des plants
pâturage, métabolisme op mal à l’ombre et réduc on
des stress. Le choix des cul vars dépend des condi ons
pédoclima ques mais aussi d’autres facteurs telles la
10.8.3. Contraintes
sensibilité au vent, la résistance aux maladies, la qualité
En zone humide, on observe une perturba on des du bois et l’exigence en termes de conduite pour la taille
fonc onnalités écosystémiques par le pompage de de forma on et d’élagage.
l'eau en excès et un effet dépréciable sur la faune et
la flore embléma ques par la fane riche et volumique. Il est important de choisir des plançons de qualité, les
Il y a donc une mise à mal des services rendus par ces mieux équilibrés possible. Il est préférable d’u liser
écosystèmes à la société. des plançons de 2 ans de catégorie A2 (10-12 cm de
circonférence à 1 m de hauteur) ; les plançons de
10.8.4. Bonnes pra ques 3 ans sont à éviter. Les plants doivent être bien aoûtés
(lignifica on de la pousse terminale), les bourgeons
Ce e par e du guide s’inspire de la fiche « Planta on et entre ens
du peuplier » sur le site du CNP (Conseil Na onal du Peuplier). Pour toujours présents et en bon état. Si certains plançons
en savoir plus, rendez-vous sur le site h p://[Link]-populiculture. présentent des problèmes sanitaires (taches brunes,
be/fr/ pour la Wallonie et sur le site h ps://[Link].
trous d’insectes), ils seront refusés et retournés au
org/ pour la France. Aussi, un dossier technique très complet en
version PDF « Peuplier et populiculture, pour une culture pérenne et pépiniériste.
responsable des peupleraies 2.0 », réalisé dans le cadre du projet Pro
Bos, est téléchargeable sur internet.  La planta on

 Choix du terrain Avant planta on, le sol doit être travaillé, notamment
pour décompacter les horizons de surface.
Les poten alités d’une sta on pour la planta on de
peupliers doivent toujours être analysées avec a en on, La mise en terre peut se dérouler durant toute la période
sans quoi la reprise peut s’avérer un échec. Les cul vars de repos végéta f, mais on privilégie généralement
de peuplier présentent des exigences spécifiques à ne la fin de l’automne ou le début de l’hiver ; pour les 10
pas négliger. parcelles longtemps inondées, ça se fera en fin d’hiver.
La planta on doit avoir lieu si possible dès la récep on
Les condi ons minimales requises en termes de qualité
des plançons.
du sol sont les suivantes :
• profondeur suffisante : il faut 80 cm au minimum Pour les alignements simples, on considère un
pour la prospec on racinaire ; au plus le sol est espacement de 6 à 8 m. Pour les alignements doubles
profond, au plus le peuplier sera avantagé ; ou triples, on considère 204 plants/ha (7 m x 7 m) ou
• humidité suffisante : le sol doit être bien alimenté en 156 plants/ha (8 m x 8 m) en fonc on de la richesse du
eau, surtout en été (éviter les sols trop filtrants) ; sol. Pour rappel, les planta ons en quinconce occupent
• richesse minérale suffisante : les sols d’alluvions à au mieux l’espace. Aussi, il faut favoriser le meilleur
pH neutre (5,5 à 7,0) sont idéaux ; les sta ons trop brassage possible de l’air entre les cimes adultes voisines
acides ou trop carbonatées en surface sont à éviter. réduisant la virulence des maladies foliaires.
195
10. Modèles agrofores ers per nents

Le long des cours d’eau, un retrait de planta on de Fer lisa on


minimum 6 m est demandé pour le main en des
berges et de la fonc onnalité de ces milieux humides. Dans les milieux les plus favorables au peuplier (sols
Les volumes importants de ma ère organique liés à riches et frais), la fer lisa on n’est pas u le ; elle
la chute des feuilles des peupliers sont néfastes aux n’apporte aucun bénéfice en termes de croissance. Dans
milieux aqua ques car ils engendrent des risques tous les cas, l’épandage en plein est à proscrire, d’autant
d’eutrophisa on. plus dans les zones humides car l’excès d’azote entraîne
l’eutrophisa on des masses d’eau et le développement
Pour planter les plançons, les trous sont ouverts à d’une flore nitrophile envahissante aux dépens d’une
l’aide d’une tarière thermique ou mécanique sur flore plus exigeante.
prise de force avec une mèche suffisamment large
(± 10 cm) : ainsi, la terre bien émie ée est garan e sur Néanmoins, l’épandage localisé sur 1 m² autour des
une profondeur sa sfaisante, surtout dans les sols plus plançons peut être réalisé dans les sta ons peu fer les,
compacts. mais uniquement à l’installa on.

Le plançon doit être enfoncé sur une profondeur de 1 m  Regarnissage


(80 cm au minimum). En rebouchant le trou, il faut
En populiculture, les planta ons à espacement défini f
tasser la terre autour du plançon pour bien le maintenir
imposent de regarnir, lors de la première année, tout
en place et éviter les poches d’air ; sa stabilité réduira
plançon non repris ou mort. Au-delà, c’est inu le :
ainsi le risque de déchirures racinaires suite à son
les derniers arbres installés ne ra rapent jamais les
ballotement au vent (forte prise avec ses larges feuilles).
premiers et finissent en perches non commercialisables.
 Protec on contre les rongeurs et les cervidés
 Entre en de la planta on
Dès la planta on, il est nécessaire de protéger les plançons
La per nence des dégagements dépend de la sta on et
contre la faune présente. On u lise généralement soit
de son ap tude à alimenter suffisamment les peupliers
des gaines à mailles fines, mixtes ou grandes soit des
en eau : ils ont pour objec f de limiter la concurrence de
manchons fendus de hauteur suffisante contre les
la végéta on au pied des plants.
dégâts du chevreuil et des léporidés (éventuellement du
cerf). Les gaines sont enfilées autour du plançon avant Idéalement, le travail du sol au pied des peupliers
la mise en terre. est conseillé les 2 à 3 premières années (phase
d’installa on) afin d’éliminer les adven ces et d’aérer
le sol (fer lisa on naturelle par minéralisa on de la
ma ère organique). Elle favorise une meilleure reprise
des plançons et une bonne croissance des plants les
premières années. Ce e opéra on se réalise à l’aide
d’une fraise ou d’un déchaumeur, ceci sans travailler le
sol plus que nécessaire.

Après ce e phase d’implanta on, le travail du sol n’est


plus u le. Néanmoins, les dégagements mécaniques
sur les sta ons à déficit hydrique marqué en été restent
nécessaires. Tous les dégagements sont appliqués après
la mi-juillet pour éviter de détruire les couvées d’oiseaux
nichant au sol.
196
Compléments

10.9. Les bandes boisées

10.9.1. Caractéris ques

Une bande boisée est la juxtaposi on de plusieurs rangées d’arbres et d’arbustes formant une planta on allongée d’une
largeur de 3 à 10 m. Elles peuvent être menées en taillis (recépage ini al et répété lors de récoltes de produits ligneux),
en taillis sous-futaie (sous-étage de cépées sous une strate dominante de hauts-jets) et même en futaie (hauts-jets).

Exemple de planta on d’une bande boisée

terre de culture

tournière
10 m
emprise
10 m
2m
cours d’eau
N
O E 10
terre de culture
S

ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ Arbustes
Hauts-jets Alisier torminal Merisier ƵůŶĞŐůƵƟŶĞƵdž Fusain d’Europe Cornouiller sanguin
^ŽƌďƵƐƚŽƌŵŝŶĂůŝƐ WƌƵŶƵƐĂǀŝƵŵ ůŶƵƐŐůƵƟŶŽƐĂ ƵŽŶLJŵƵƐĞƵƌŽƉĂĞƵƐ ŽƌŶƵƐƐĂŶŐƵŝŶĞĂ

Bourdaine Sureau noir


Tilleul à grandes feuilles Érable sycomore &ƌĂŶŐƵůĂĂůŶƵƐ ^ĂŵďƵĐƵƐŶŝŐƌĂ
dŝůŝĂƉůĂƚLJƉŚLJůůŽƐ ĐĞƌƉƐĞƵĚŽƉůĂƚĂŶƵƐ
Aubépine sp. ŐůĂŶƟĞƌ
ƌĂƚĂĞŐƵƐƐƉ͘ ZŽƐĂĐĂŶŝŶĂ

Cépées Coudrier Charme Viorne obier Sorbier des oiseleurs


ŽƌLJůƵƐĂǀĞůĂŶĂ ĂƌƉŝŶƵƐďĞƚƵƚůƵƐ
sŝďƵƌŶƵŵŽƉƵůƵƐ ^ŽƌďƵƐĂƵĐƵƉĂƌŝĂ

197
10. Modèles agrofores ers per nents

2m

emprise : 10 m
2m

10 m 1m1m

Tilleul à grandes feuilles Alisier torminal Merisier Érable sycomore ƵůŶĞŐůƵƟŶĞƵdž Coudrier Charme
Tilia platyphyllos Sorbus torminalis Prunus avium Acer pseudoplatanus ůŶƵƐŐůƵƟŶŽƐĂ Corylus avelana Carpinus betutlus

Fusain d’Europe Bourdaine Aubépine sp. Viorne obier Cornouiller sanguin Sureau noir ŐůĂŶƟĞƌ Sorbier des oiseleurs
Euonymus europaeus Frangula alnus Crataegus sp. Viburnum opulus Cornus sanguinea Sambucus nigra Rosa canina Sorbus aucuparia

10.9.2. Per nences des cours d’eau : infiltra on des eaux de ruissellement
agricoles et filtra on en par e des résidus d’engrais,
• Atouts agronomiques : de fumiers, de produits phytosanitaires ;
ο effet protecteur des herbages et du bétail contre la ο recharge des nappes phréa ques.
chaleur, les insola ons et le froid excessifs ; • Poten els économiques :
ο effet brise-vent très efficace : diminu on de
ο récoltes périodiques pour la produc on de bois de feu
la vitesse du vent (réduc on de la verse) et de
ou de BRF ;
l’évapotranspira on, créa on d’un microclimat
ο récolte finale de grumes pour le bois d’œuvre aux
favorable au réchauffement du sol plus précoce au
débouchés plus remunérateurs ;
printemps et au développement des plantes ;
ο poten el mellifère favorable à l’installa on de ruches.
ο accueil d’auxiliaires de culture ;
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité 10.9.3. Contraintes
des agroécosystèmes.
• Suivi des arbres nécessaire pour limiter l’emprise de
• Fonc ons an érosives :
la bande boisée sur la parcelle ;
ο énorme capacité d’infiltra on de l’eau au pied des
• Possibilité d’effet dépressif des hauts-jets sur
arbres grâce à la largeur de la bande et à la porosité
les cépées voisines ; à l’inverse, possibilité
du sol favorisée par le maillage racinaire, la structure
et la vie améliorées du sol : à favoriser en aval du d’étranglement des hauts-jets par la pousse
bassin versant pour infiltrer des volumes d’eaux de intempes ve et incontrôlée des espèces à croissance
ruissellement plus conséquents ; plus rapide contenues dans les cépées ;
ο barrière physique à l’écoulement des eaux de • Travaux sylvicoles indispensables pour produire des
ruissellement, réduc on de la vitesse de l’eau grumes de qualité pour le bois d’oeuvre à par r
et sédimenta on des par cules fines ne ement des hauts-jets : tailles de forma on, élagages et
améliorée par les recépages (densifica on des ges) ; émondages.
ο effet tampon lors d’averses violentes : régula on
efficace du régime des eaux en limitant les
écoulements en dehors des champs.
• Bénéfices environnementaux :
ο puits de carbone ;
ο effet très favorable sur la biodiversité : niche écologique
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t
gibier...), corridor écologique, habitats de prédilec on
pour la faune sauvage ;
ο réduc on de la pollu on des nappes phréa ques et

198
Compléments

10

199
11. Agroforestrie associée à un ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols

11. Agroforesterie associée à un ouvrage d’hydraulique douce


face à l’érosion des sols
Les parcelles agricoles présentant une localisa on cri que dans un bassin versant ainsi qu'une topographie et/ou des
sols fortement enclins aux ruissellements et à l’érosion sont à protéger en priorité. En lu e préven ve, un disposi f
par culièrement efficace contre l’érosion consiste à réaliser un réseau de fossés et de talus perpendiculairement à
la pente et disposés suivant les courbes de niveau. Idéalement, ces talus doivent être associés à de l’agroforesterie
et plantés d’arbres. Les talus cons tuent une barrière physique pour l’eau de ruissellement ; les fossés la recueillent
et l’accumulent, facilitant ainsi son infiltra on progressive dans le sol. Par conséquent, l’eau ne dégrade plus les sols
et n’est plus perdue, elle s’infiltre et recharge les nappes phréa ques ou est valorisée par les plantes en période de
végéta on.

Si les bu es sont plantées d’arbres, leurs racines structurent la terre en profondeur et aident l’eau à s’infiltrer dans
le sol. Les arbres bénéficient, quant à eux, de l’eau concentrée à leur pied, notamment en période plus sèche. Ce e
technique est bien connue dans les pays du sud pour assurer la survie des arbres là où les précipita ons sont plus rares
mais plus intenses.

Talus planté de frui ers et de rhubarbes (avec fossé et tournière enherbée) en aval d’une terre de culture en forte pente

200
Compléments

Il est aussi conseillé d’apporter de la ma ère organique plantés et le sol nu est recouvert de ma ère organique
sur les talus pour favoriser la vie du sol et améliorer sa ou ensemencé.
structure : ces apports profitent aux arbres et par cipent
aussi à augmenter l’infiltra on de l’eau dans le sol. Plus on rapproche les talus les uns des autres, plus
on réduit les risques d’érosion et l’éventualité de
Pour procéder à la réalisa on de cet ouvrage, les devoir curer les fossés où sédimentent les par cules
courbes de niveau sont préalablement délimitées fines ; toutefois, un réseau trop dense complique la
grâce au cadre en forme de « A » (cfr. point 5.1.4., mécanisa on. Chaque agriculteur doit donc trouver le
p. 77). Ensuite, l’ouvrage de terrassement est réalisé meilleur compromis au cas par cas.
avec une pelleteuse mécanique ; les arbres sont alors

Haie plantée sur un talus (avec fossé et Gros dépôt de ma ère organique
tournière enherbée) en bas d’une terre de culture pour s muler le vie et la porosité du sol
présentant des risques de ruissellements afin de favoriser l’infiltra on de l’eau

11

Orienta on d’un complexe fossé-talus-arbres, selon les courbes de niveau


201
12. Subsides à la planta on

12. Subsides à la planta on


12.1. Aides financières en Wallonie via un formulaire papier. Il fournit au minimum 4
photographies prises à l’issue des travaux et la facture
En Région wallonne, on dis ngue les subsides du au besoin. Les règles suivantes sont d’applica on :
Département de la Nature et des Forêts (DNF), • Le taux de reprise des plants a eint au moins 80 %.
disponibles à tout porteur de projet (agriculteur, • La planta on est en bon état de végéta on.
ges onnaire et par culier), et les aides de la poli que • Les travaux d’entre en contribuent à pérenniser les
agricole commune (PAC) : les Méthodes Agro- espèces entretenues.
Environnementales et Clima ques (MAEC), octroyées • Le demandeur s’engage à maintenir et à entretenir
uniquement aux agriculteurs. les planta ons durant 30 ans.
• L'épandage de fer lisants minéraux et de traitements
12.1.1. Subsides du DNF phytopharmaceu ques est interdit à moins d’un
mètre du pied.
Les subsides du DNF concernent surtout la planta on,
mais aussi l’entre en, des arbres têtards. Notons les Des contrôles par les services du SPW sont possibles
points suivants : pour vérifier le respect de ces condi ons. La no ce
explica ve reprenant les condi ons et contraintes
• Les aides sont octroyées uniquement si les techniques ainsi que les autres documents, sont
recommanda ons de la no ce technique du modèle disponibles sur le site [Link] ou sur le
choisi sont respectées. portail biodiversité.[Link], dans la rubrique « Agir »,
• Il y a un formulaire en ligne à compléter pour onglet « subven on à la planta on ».
introduire sa demande de subven on, et à renvoyer
suffisamment à l'avance, au préalable à la planta on Pour les agriculteurs, les pouvoirs publics, les grands
ou à l'entre en. propriétaires ruraux et les ges onnaires d’espaces
Tout personne peut introduire elle-même sa demande naturels disposant de terrains éligibles à la subven on,
de subven on. Il est également possible de faire appel toute ques on complémentaire et/ou demande
à un conseiller, lequel accompagne gratuitement les d’accompagnement peuvent être adressées au « guichet
propriétaires/ges onnaires dans leurs démarches. Pour d’informa on - planta on » au sein de Natagriwal. Les
bénéficier des subven ons, la parcelle doit être située par culiers dont la commune est située sur le territoire
en Région wallonne et ne pas être reprise en zone d’un parc naturel peuvent s’adresser à leur parc naturel
fores ère au plan de secteur en vigueur. Aussi, il faut respec f. Les autres citoyens peuvent consulter Natagora
conserver et entretenir les planta ons pendant une ou le Service extérieur de la DNF propre à la région
durée minimale de 30 ans. concernée. Enfin, pour les vergers, l'asbl Diversifruits
peut être contactée.
En ce qui concerne la procédure, les demandes de
subven on doivent être soumises 30 jours avant la 12.1.2. Subsides MAEC
planta on, par courrier postal ou email via le formulaire
Les subsides du programme agro-environnemental sont
de demande de subven on. Le dossier est évalué par
déclinés en MAEC. Certains d'entre eux concernent
un agent du DNF ; s’il est accepté, une no fica on
les éléments ligneux en milieu agricole. Toutes les
d’autorisa on de planta on est envoyée au demandeur.
informa ons rela ves aux MAEC sont disponibles sur le
Une fois la subven on accordée, le planteur dispose
site de Natagriwal dans l’onglet dédié : [Link].
d’un délai de 2 ans pour réaliser les travaux. Trois mois
Toute demande de renseignements peut être adressée
après la réalisa on des travaux, le demandeur signale
à Natagriwal directement par téléphone.
leur fin et demande la liquida on de la subven on
202
Compléments

12.2. Aides financières en Hauts-de-France


L’ouverture de la mesure 8.2 en 2016 permet de soutenir Dans le cadre de la programma on 2014-2020
financièrement l’installa on et l’entre en de systèmes du Programme de Développement Rural (PDR)
agrofores ers dans la moi é des régions françaises, de Picardie, une subven on peut être accordée
dont les Hauts-de-France. Deux cadres d’applica on pour les « Inves ssements non produc fs liés à la
européens sont prévus pour financer ces projets : le réalisa on d’objec fs agro-environnementaux » dans
premier pilier et le deuxième pilier (Lavoyer & al., 2016). les exploita ons agricoles, dans le cadre de la sous-
mesure 4.4. Tout comme pour la mesure 8.2, ce e aide
Le montant de l’aide du deuxième pilier couvre permet de financer les plants, le matériel de protec on,
actuellement jusqu'à 80 % des coûts éligibles en région l’implanta on (par un professionnel uniquement) ainsi
Hauts-de-France. Ceux-ci sont (Noise e, Hochard, 2018) : que des frais généraux liés à la concep on du projet.
• les frais généraux de concep on du projet réalisé par
Les agriculteurs ainsi que les groupements d’agriculteurs
un prestataire externe : l’aide est plafonnée à 30 %
peuvent demander ce e aide. Toutefois, une grille
du montant HTVA des dépenses matérielles ;
de sélec on est proposée afin de savoir si un dépôt
• les fournitures : plants, paillage biodégradable,
de dossier est possible. Ce e grille prend notamment
mesures de protec on des plants, semences pour
en compte le fait que la demande soit portée par un
la bande enherbée et perchoirs (uniquement en
jeune agriculteur, les primo-demandeurs, le fait que
système de culture dans la limite de 2 perchoirs/ha) ;
le projet soit inscrit dans une démarche collec ve, le
• les travaux : prépara on du terrain (p. ex. : travail
zonage géographique ou encore les démarches agro-
du sol, piquetage, pose du paillage biodégradable) ;
environnementales.
planta on ; pose des protec ons, tuteurs et
perchoirs ; semis pour la bande enherbée. Si les
Le montant minimum d’inves ssement est de 2.000 €
travaux sont autoréalisés, la main-d’œuvre ne
HTVA et le maximum est de 80.000 € HTVA, avec une
pourra pas être prise en charge, conformément à
aide à hauteur de 80 %.
l’applica on de la réglementa on européenne.

Condi ons d’éligibilité


Le 1er pilier
Paiement de base : surface admissible au paiement de base dès lors qu’elle comporte un
couvert de produc on agricole. Les surfaces agrofores ères sont éligibles.
 financé par le Fonds Européen Agricole
de Garan e (FEAGA)
Paiement vert : avoir au moins 5 % de la superficie arable de l’exploita on en surfaces d’intérêt
 inclut des aides couplées et découplées
biologique (SIE) (arbres isolés, haies, mares, surfaces agrofores ères...)
 valable pour tout le territoire na onal
 comprend un « paiement de base » et
 100 arbres/ha maximum
un « paiement vert »

Le 2ème pilier
 densité comprise entre 30 et 250 arbres/ha (au-delà de 100 arbres/ha, l’aide n’est plus
cumulable avec les aides du 1er pilier)
 financé par le FEAGA  moins de 50 % d’essences frui ères
 inclut les mesures de sou en au  au minimum 3 essences d’arbres différentes par projet (résineux exclus du disposi f) 12
changement de pra ques agricoles  choisir des essences fores ères et frui ères locales et adaptées au contexte pédoclima que
 décidé au niveau régional  taille des plants inférieure à 150 cm
 intégré dans le Programme de  taux de reprise des arbres de 100 %
Développement Rural (PDR) des  réaliser une première taille de forma on au cours des 3 années suivant la planta on
régions  suivre une forma on dispensée par un organisme technique

203
204
Conclusion

Conclusion
L’agroforesterie est une technique agricole moderne répondant à de nombreux enjeux actuels. Riche des
différentes strates qu’il occupe, ce modèle s’inspire des écosystèmes naturels les plus stables : les forêts.
Et il offre sa résilience, ses fonc ons et ses produc ons aux agrosystèmes. Dans un contexte d’incer tude
clima que et économique, ces apports cons tuent une réponse notable.

Les études réalisées à ce jour témoignent de la légi mité et des avantages portés par la présence des arbres
dans les champs. Les études en cours viendront certainement appuyer ces résultats.

L’agroforesterie est une démarche nécessitant une réflexion préliminaire indispensable ; l’objec f est, en
effet, d’assurer une réelle symbiose entre les besoins du porteur de projet, ceux des arbres, des animaux et
des produc ons agricoles. Ce guide a été créé dans ce e op que, pour appuyer le travail de conseil et de
presta on sur le terrain, avec pour but de réussir au mieux les planta ons les plus per nentes.

Les partenaires du projet Trans Agro Forest espèrent voir renaître l’agroforesterie mul fonc onnelle et
pluriproductrice, pour le bénéfice de toutes et tous.

205
Annexes
Annexe 1 : fiche BRF Quelques pistes pour gérer ou a énuer la faim d’azote
sont :
Le BRF, ou Bois Raméal Fragmenté, est un broyat de • planter de la luzerne ou une autre légumineuse
« jeunes rameaux » ligneux. Communément, seules fourragère en vue d’une récolte sur 2 ans au
les branches dont le diamètre est inférieur à 7 cm minimum, afin d’offrir une produc on et un vide
sont recueillies pour être triturées ; en effet, celles-ci sanitaire intéressant pour les cultures en a endant
concentrent la majeure par e de la richesse minérale la « diges on » du broyat par le sol ;
de l’arbre. La période idéale de récolte se situe à • compenser par du lisier ;
l’automne : les rameaux sont plus riches en minéraux • u liser le BRF comme li ère de fond dans les
suite à la transloca on des minéraux des feuilles vers les étables et/ou le précomposter avec le tas de fumier,
rameaux. idéalement par brassage mécanique des andains :
ο qualité du fumier améliorée par la remobilisa on
Le BRF est un excellent amendement valorisable en organique de l’azote et d’autres éléments dans le
agriculture pour régénérer les sols ; ses avantages processus de dégrada on de la lignine ;
agronomiques sont nombreux. Nous pouvons citer : ο meilleure stabilité structurale du compost avec une
• une augmenta on du taux d’humus dans les sols améliora on de la fer lité à moyen terme ;
ο augmenta on du C/N et du taux de ma ère sèche des
(75 kg d’humus/mᶟ de BRF) ;
fumiers ;
• une améliora on de la structure du sol ;
ο désodorisa on des fumiers ;
• une s mula on d’une pédofaune favorable, de la vie
ο pâturage plus rapide des animaux après épandage ;
et des champignons du sol ;
ο main en des li ères saines et plus sèches pendant des
• un développement des mycorhizes u les à une large périodes prolongées en hiver : épandre une couche
propor on de plantes : de 20 à 30 cm de BRF de fond (1 mᶟ de plaque es peut
ο meilleure nutri on minérale et hydrique des plantes absorber 350 l de liquide) ; pailler ensuite comme
par l’augmenta on du volume de sol exploré : d’habitude au fur et à mesure des besoins.
meilleure résistance à la sécheresse ;
ο améliora on de la santé des plantes grâce à la
synthèse d’an bio ques face à certains pathogènes,
à la généra on de phytohormones et à la destruc on
de nématodes parasitaires ;
ο améliora on de la nodula on chez les légumineuses.
• un apport majeur en Mg++ et Ca++, éléments essen els
des liens argilo-humiques, et une améliora on de la
cohésion générale du sol ;
• une augmenta on du pH, de la conduc vité et de
l’assimila on chimique par les plantes ;
• une remobilisa on de certains éléments minéraux et
une réorganisa on sous forme organique : meilleure
fer lité à court et moyen terme.
Le BRF n’aurait aucun effet dépressif sur la germina on.
Il peut être incorporé aux 5 premiers cen mètres du sol
(10 cm maximum) avec une fraise ou un déchaumeur.
Néanmoins, il entraîne directement des faims d’azote.
206
Annexes

Annexe 2 : poten el mellifère en nectar et pollen des arbres et arbustes


Les plantes qualifiées de mellifères produisent de bonnes quan tés de nectar (N) et/ou de pollen (P), de bonne qualité
et accessibles par les insectes bu neurs dont les abeilles.

Pour les abeilles, il est important d’avoir des ressources mellifères tout au long de l’année :

Premières floraisons cerisier à grappes - coudrier nourrissage de la


Mars à avril cornouillers - prunellier - saule marsault - érables colonie - couvain

Mai à juin robinier faux acacia - bouleaux - charme - aubépines première miellée
Juillet à septembre bourdaine - lleuls - châtaignier deuxième miellée

Le nectar est un liquide a rac f et sucré présent dans les fleurs et parfois au niveau de glandes situées sur les feuilles
(p. ex. : le merisier). Les abeilles et autres insectes bu neurs s’en nourrissent ; les abeilles l’u lisent pour produire leur
miel.
Le pollen est cons tué de grains de très pe te taille, il est ini alement contenu dans l’anthère à l’extrémité des
étamines et représente l’élément mobile mâle produit par la fleur. Le pollen sert de nourriture protéique aux bu neurs,
notamment aux abeilles pour nourrir leurs larves.

Arbres à poten el nectarifère élevé robinier, érables, lleuls


Arbres à poten el pollinifère élevé noise er, aulne glu neux, cornouillers
Arbres à poten el nectarifère et pollinifère élevé saule marsault, merisier, cerisier à fruits, pommier sauvage

Essences Poten el Calendrier de floraison


Feuillus N P J F M A M J J A S O N D
Aulne glu neux 4 1
Bouleau pubescent / /
Bouleau verruqueux 2 1
Charme / /
Châtaignier 5 4
Chêne pédonculé / /
Chêne rouge / /
Chêne sessile / /
Noise er (coudrier) 5 1
Érable champêtre 2 6
Érable plane 4 5
Érable sycomore 4 6
Frêne 3 3
Hêtre / /
Noyer noir / /
Robinier faux acacia 2 6
Saule blanc 3 4
Saule marsault 6 6
Tilleul à grandes feuilles 4 6
Tilleul à pe tes feuilles 4 6

207
Essences Poten el Calendrier de floraison
Frui ers fores ers N P J F M A M J J A S O N D
Alisier torminal / /
Cormier / /
Merisier 5 5
Noyer commun 1 2
Poirier commun 4 2
Pommier sauvage 5 5
Sorbier des oiseleurs 2 3
Arbustes N P J F M A M J J A S O N D
Aubépines 4 4
Bourdaine 3 5
Cerisier à grappes 5 5
Cornouiller mâle 5 2
Cornouiller sanguin 5 2
Houx 4 3
Néflier 3 3
Prunellier 4 3
Sureau noir 3 1
Sureau rouge 3 2
Viorne lantane 4 2
Viorne obier 2 4
plantes grimpantes N P J F M A M J J A S O N D
Chèvrefeuille arbus f 1 4
Lierre grimpant 4 4
Résineux N P J F M A M J J A S O N D
Douglas / /
Épicéa commun / /
Mélèze d’Europe / /
Mélèze du Japon / /
Pin noir d’Autriche / /
Pin noir de Corse / /
Pin sylvestre / /
Environnement prairies N P J F M A M J J A S O N D
Luzerne cul vée 2 4
Moutarde des champs 5 4
Phacélie 2 6
Pissenlit 6 6
Ronce bleue 3 4

Légende poten el mellifère :


/ pas de données 1 nul 2 moyen 3 bon 4 très bon 5 important 6 excellent
(source : Fédéra on Wallonne Hor cole - Centre technique de Gembloux)
208
Annexes

Annexe 3 : mesurer le pHeau du sol (d’après le Fichier écologique des essences )


Dans les sols dont le pHeau est inférieur à 4,5 dans chimiques présentés dans le tableau qui suit :
la couche 0-20 cm, il est recommandé d’effectuer
également des mesures en profondeur (max. 100 cm) pHeau Domaine
pour détecter une éventuelle augmenta on révélant la < 3,8 hyper acide
présence d’un substrat minéralogiquement plus riche. 3,8 à 4,5 très acide
Dans ce cas, un échan llon est cons tué pour chaque
4,5 à 5 acide
couche de sol prélevée.
5 à 7,5 peu acide (5 à 6,5) à neutre (6,5 à 7,5)
Mesure du pHeau > 7,5 basique (7,5 à 8,7) à très basique (≥8,7)

La détermina on du pHeau peut se faire sur le terrain ou Par ailleurs, le diagnos c des contraintes liées à l’acidité
en laboratoire. Elle implique d'effectuer les étapes qui ou à la présence de carbonates peut être affiné par les
suivent. mesures ou observa ons suivantes :
• Prépara on d’une suspension sol/eau ο si le pHeau en surface est supérieur ou égal à 7,5 : un
test HCl est recommandé pour préciser l’abondance
Une suspension sol/eau est réalisée en introduisant
et la localisa on des carbonates ;
dans un flacon en polyéthylène préalablement é queté
ο si le pHeau en surface est compris entre 5 et 7,5 : il peut
1 volume de sol pour 5 volumes d’eau déminéralisée. être u le de déterminer le pH et de réaliser le test
Après fermeture, le flacon est mélangé énergiquement HCl dans la couche sous-jacente (20-40 cm), afin d’y
afin de disloquer les agrégats. Ensuite, il subit trois cycles détecter la présence éventuelle de carbonates ;
« repos-agita on » : repos de 20 minutes et agita on ο si le diagnos c d’ap tude sta onnelle (RW) établit un
énergique durant 30 secondes. niveau trophique de -2 ou -3 : une mesure du pHeau
en profondeur (max. 100 cm) est recommandée.
• Étalonnage et prépara on du pH-mètre
L’interpréta on peut ensuite être affinée en procédant
Avant toute série de mesures, le pH-mètre est calibré à à une analyse des teneurs en éléments échangeables.
l’aide de deux solu ons tampons (pH 4 et pH 7), selon les
Es ma on rapide du pHeau par l’indicateur de pH
instruc ons du constructeur. Le cas échéant, la solu on
Hellige®
interne de l’électrode est mise à niveau.
• À savoir
• Prise du pHeau
Ce e méthode d’es ma on rapide, moins précise, ne
La mesure du pHeau peut être effectuée en immergeant
permet pas de dis nguer certains niveaux trophiques.
l’électrode dans le surnageant juste après agita on de la
Le recours à une analyse de laboratoire avec électrode
suspension. La lecture du pHeau se fait après stabilisa on
est alors nécessaire.
de la valeur.
• Principe
• Ne oyage et conserva on de l’électrode
Le pH est es mé en comparant la couleur du réac f
Entre chaque mesure, l’électrode est rincée avec de l’eau
avec une échelle de référence située sur le récipient en
déminéralisée. Après une série de mesures, l’électrode
plas que blanc.
est conservée selon les recommanda ons du fabricant.
• Méthode de mesure
• Domaines de pHeau et interpréta on
Kit complet : un récipient avec échelle graduée, une
La valeur du pHeau dans la couche 0-20 cm est u lisée
spatule, un flacon de réac f, du papier absorbant.
pour déterminer le niveau trophique à l’aide de la clé
trophique, en référence aux cinq domaines physico- 1. Prélever quelques grammes de terre à l’aide de
209
la spatule et les placer dans la par e circulaire du décanter la terre dans la cupule afin de ne pas fausser la
récipient gradué. Veiller à ne pas toucher la terre mesure (par cules en suspension dans le liquide).
avec les doigts, pour ne pas influencer le résultat du
5. Vider le tout, bien rincer à l’eau et essuyer avec le
test !
papier absorbant.
2. Ajouter quelques gou es de réac f, jusqu’à ce qu’il
recouvre la terre ; mélanger et a endre 2-3 minutes. L’interpréta on de la mesure du pH peut s’avérer
3. Faire couler le liquide le long de l’échelle colorée. délicate, notamment dans la dis nc on des sols acides
4. Es mer le pH en comparant les couleurs du réac f et ou calcaires. La prise en compte du contexte de la sta on
de l’échelle. (nature de la roche-mère, posi on topographique,
exposi on et relevé de la flore indicatrice) cons tue un
A en on, il faut, autant que possible, veiller à laisser
élément très u le pour affiner le diagnos c.

Annexe 4 : coordonnées des laboratoires de proximité REQUASUD pour


l’analyse des terres en Wallonie
Accrédités et reconnus officiellement par les autorités belges, les laboratoires de proximité REQUASUD peuvent
effectuer de nombreuses analyses de sol.

Laboratoires de la Qualité Laboratoire de l’Office Agricole Centre provincial de l’agriculture


ASBL Objec f Qualité
du lait et d’Agrolab de la Province de Namur et de la ruralité

Passage des Déportés, 2


5030 GEMBLOUX
+32 (0)81/62.22.61
a [Link]@[Link]
ASBL COMITÉ DU LAIT ASBL OPA-Qualité Ciney ASBL Brabant Wallon Agro-Qualité
Route de Herve, 104 Rue de Saint-Quen n, 14 Rue Saint Nicolas, 17
4651 BATTICE 5590 CINEY 1310 LA HULPE
+32 (0)87/69.26.30 +32 (0)81/77.68.16 +32 (0)2/656.09.70
info@[Link] offi[Link]@[Link] agriculture@[Link]

Laboratoire Provincial Laboratoires de la


ASBL Centre de Michamps Hainaut Analyses
Ernest Malvoz Province de Liège

ASBL CPL PROMOGEST ASBL CPL-PROMOGEST Site de Ath


Horri ne 1
Quai du Barbou, 4 Rue de Dinant, 110 Rue Paul Pastur, 11
6600 BASTOGNE
4020 LIÈGE 4557 TINLOT-SCRY 7800 ATH
+32 (0)61/21.08.20
+32 (0)4/279.77.36 +32 (0)4/279.38.00 +32 (0)68/26.46.90
centredemichamps@[Link]
labo@[Link] spaa@[Link] [Link]-ath@[Link]

210
Annexes

Annexe 5 : coordonnées des laboratoires d’analyse de terre agréés pour la France

211
212
Annexes

Annexe 6 : liste des essences éligibles pour la mesure 8.2 (mise en place de
systèmes agrofores ers en Hauts-de-France)
Essences fores ères indiquées dans la présente liste. La planta on de
peupliers ne peut dépasser 40 % du peuplement
• Aulne glu neux (Alnus glu nosa)
arbus f ou ligneux prévu dans le projet.
• Bouleau pubescent (Betula pubescens)
• Cas spécifique expérimental, uniquement sur
• Bouleau verruqueux (Betula pendula)
cultures : robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia)
• Cerisier à grappes (Prunus padus)
pour des parcelles situées à plus de 5 km de la frange
• Charme commun (Carpinus betulus)
li orale, aulne blanc (Alnus incana), aulne de Corse
• Châtaignier commun (Castanea sa va)
(Alnus cordata), tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera).
• Chêne pédonculé (Quercus robur)
• Cas expérimental quel que soit le type d’occupa on
• Chêne sessile (Quercus petrea)
de la parcelle : orme lutèce (Ulmus lutece), cormier
• Érable champêtre (Acer campestre)
(Sorbus domes ca).
• Érable plane (Acer platanoïdes)
• Sur argumenta on spécifique : alisier torminal (Sorbus
• Érable sycomore (Acer pseudoplatanus)
torminalis).
• Hêtre commun (Fagus sylva ca)
• Merisier (Prunus avium) Essences arbus ves
• Noyer commun (Juglans regia) • Ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur le li oral
• Noyer hybride (Juglans regia nigra) • Argousier faux-nerprun (Hippophae rhamnoides) sur
• Orme champêtre (Ulmus minor) - uniquement en li oral
recépage • Aubépine à deux styles (Craetaegus laevigata) sur
• Orme des montagnes (Ulmus glabra) - uniquement en autorisa on
recépage • Aubépine à un style (Craetaegus monogyna) sur
• Peuplier tremble (Populus tremula) autorisa on
• Saule blanc (Salix alba) • Bourdaine commune (Frangula alnus)
• Saule marsault (Salix caprea) • Charme commun (Carpinus betulus) recépé
• Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) • Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum)
• Tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos) • Cléma te des haies (Clema s vitalba)
• Tilleul à pe tes feuilles (Tilia cordata) • Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea)
Autres essences • Cy se à balais commun (Cy sus scoparius)
• Fusain d’Europe (Euonymus europaeus)
• Les peupliers sont admis dans les condi ons ci-
• Groseillier épineux (Groseillier à maquereaux) (Ribes
dessous, sur conseils du Centre Régional de la
uva-crispa)
Propriété Fores ère (CRPF) :
• Groseillier noir (Cassissier) (Ribes nigrum)
ο Pour les projets d’une surface comprise entre 5 et
• Groseillier rouge (Groseillier à grappes) (Ribes rubrum)
10 ha, la planta on de peupliers est acceptée sur
recommanda on du CRPF et en y associant au moins
• Houx commun (Ilex aquifolium)
deux autres essences arbus ves ou ligneuses parmi • Lierre grimpant (Hedera helix)
celles indiquées dans la présente liste. La planta on • Néflier d’Allemagne (Mespilus germanica)
de peupliers ne peut dépasser 70 % du peuplement • Nerprun purga f (Rhamnus cathar ca)
arbus f ou ligneux prévu dans le projet. • Noise er commun (Corylus avellana)
ο Pour les projets d’une surface supérieure à 10 ha, • Prunier épineux (prunellier) (Prunus spinosa)
la planta on de peupliers est acceptée sur • Troène commun (Ligustrum vulgare)
recommanda on du CRPF et en y associant quatre • Saule à trois étamines (Salix triandra)
autres essences arbus ves ou ligneuses parmi celles
213
• Saule cendré (Salix cinerea) • Reine e de Flandre
• Saule des vanniers (Salix vinimalis) • Reine e de France
• Saule roux (Salix atrocinerea) • Reine e de Fugélan
• Sureau à grappes (Sambucus racemosa) • Reine e de Hollande
• Viorne lantane (Virbunum lantana) • Reine e de Waleffe
• Viorne obier (Virbunum opulus) • Reine e des Capucins
• Reine e Descardre
Frui ers - pommes à couteau
• Reine e étoilée
• À côtes • Reine e grise avancée
• Argilière (ou Dimou ère) • Reine e Hernaut
• Ascahire • Reine e jaune
• Bague e d’hiver • Reine e tardive d’Englefontaine (La Clermontoise)
• Bague e viole e • Ruban
• Belle de Pontoise • Saint Jean = Transparente blanche
• Belle fleur simple = Pe t bon ente • Sang de boeuf
• Beurrière • Sans pareille de Peasgood
• Bon ente Belge • Tardive de Bouvignies = Rambour d’hiver
• Bon ente charbonnier • Transparente de Croncels
• Bouvière • Verdin d’automne
• Cabare e • Verdin d’hiver
• Calvi blanc • Vol au vent
• Cellini
Frui ers - pommes à cidre
• Chataîgner
• Colapuis • Amère de Bernieulles
• Court pendu d’Espagne • Amère nouvelle
• Court pendu rouge • Armagnac
• Demie double • Barbarie
• Directeur Lesage = Précoce de Wirwignes • Carisi à longue queue
• Double à l’huile • Doux corier
• Double bon pommier rouge (Belle fleur double) • Douzandin
• Gaillarde • Du verger
• Gosselet • Germaine
• Gris Baudet • Marseigna
• Gris Brabant • Normandie blanc
• Gueule de mouton • Panneterie
• Jacques Lebel • Pomme poire
• Lanscailler • Roquet rouge
• Luche • Rouge extra très tardive
• Marie Doudou
Frui ers – poires à couteau
• Ontario
• Pigeonne e • Beurré d’Anjou
• Quarantaine d’hiver • Beurré Lebrun
• Reine e Baumann • Beurré Superfin
• Reine e d’Angleterre • Comtesse de Paris

214
Annexes

• Cornélie • Marie Jouveneau


• Eugène Thirriot • Monsieur hâ f
• Fondante Thirriot • Noberte
• Légipont • Prune Bleue de Seninghem
• Madame Grégoire • Prune de Floyon
• Margueri e Marillat • Reine Claude brune de Dompierre sur Helpe
• Poire à Clément • Reine Claude d’Althan (Conducta)
• Sans pépins • Reine Claude de Bavay
• Sucrée de Montluçon • Reine Claude dorée
• Triomphe de Vienne • Reine Claude d’Oullins
• Reine Claude précoce de Pierremont
Frui ers – poires à cuire
• Reine Claude rouge hâ ve
• Jean Nicolas • Reine Claude verte tardive
• Poire à côte d’or • Sainte Catherine
• Poire à cuire grise de Wierre-au-Bois • Sanguine de Wismes
• Poire de Livre
• Poire de sang
• Poire grise Notre-Dame
• Poire Reine e
• Saint-Mathieu
Frui ers – cerises
• Brune de Romeries
• Cerise blanc nez
• Cerise blanche de Wavrans sur l’Aa
• Cerise blanche d’Harcigny
• Cerise de Moncheaux
• Cerise du Quesnoy
• Cerise du Sars
• Coeur de pigeon noir de La Groise
• Gascogne tardive de Seninghem
• Grio e de Lemé
• Grio e de Vieux-Condé
• Grio e précoce de Samer
• Gros bigarreau de La Groise
• Gros bigarreau d’Eperlecques
• Grosse cerise blanche de Verchocq
• Guigne noire de Ruesnes
• Guigne noire du Pévèle
Frui ers – prunes
• Belle de Louvain
• Coe viole e
• Gou e d’or de Coe
• Madeleine
215
Annexe 7 : essences d’arbres et d’arbustes adaptées par région (RW)

3
3

4
Régions naturelles 4

1. Région limoneuse
2. Condroz
ϯ͘&ĂŐŶĞͲ&ĂŵĞŶŶĞĂůĞƐƟĞŶŶĞ
5
4. Ardenne
5. Lorraine

Essences d’arbres par région (D’après la no ce technique de la subven on à la planta on de la Région wallonne, 2016)

Région naturelle U lisa on conseillée


Nom français Région Basse Moyenne Haute Lorraine Haie Haie Bande boisée et
Condroz Famenne
limoneuse Ardenne Ardenne Ardenne belge taillée libre alignement d’arbres
Alisier torminal X X X X . . X X
Aulne glu neux X X X X X X X . . X
Bouleau pubescent . X X X X X X . . X
Bouleau verruqueux X X X X X X X . . X
Charme X X X X X X X X X X
Châtaignier X X X . . . X . X X
Chêne pédonculé X X X X X . X . X X
Chêne sessile X X X X X X X X X X
Cognassier X X X X . . X X X X
Érable champêtre X X X X . . X X X X
Érable plane X X X X X X X . X X
Érable sycomore X X X X X X X . X X
Frêne X X X X X . X . X X
Hêtre commun X X X X X X X X X X
Merisier X X X X X X X . X X
Noyer commun X X X X X . X . . X*
Noyer hybride X X X X X . X X*
Orme champêtre X X X X . . X . . X
Orme de montagne . X X X X X X . . X
Peuplier grisard X X X . . . X . . X
Peuplier tremble X X X X X X X . . X
Poirier commun X X X X X . X . X X
Pommier sauvage X X X X X . X . X X
Saule blanc X X X X X X X X X X
Saule fragile (et hybride) X X X X X X X X . X
Saule marsault X X X X X X X . X X
Sorbier des oiseleurs X X X X X X X . X X
Tilleul à grandes feuilles X X X X . . X . . X
Tilleul à pe tes feuilles X X X X X X X . . X

216
Annexes

Essences d’arbustes par région (D’après la no ce technique de la subven on à la planta on de la Région wallonne, 2016)

Région naturelle U lisa on conseillée


Nom français
Région Basse Moyenne Haute Lorraine Haie Haie Bande boisée et
Condroz Famenne
limoneuse Ardenne Ardenne Ardenne belge taillée libre alignement d’arbres
Aubépine à 1 style X X X X X X X X X X

Aubépine à 2 styles X X X X X X X X X X

Bourdaine X X X X X X X . X X

Cerisier à grappes . X X X X X X . X X

Charme X X X X X X X X X X

Cognassier X X X X . . X X X X

Cornouiller mâle . X X . . . X X X X

Cornouiller sanguin X X X X . . X X X X

Églan er X X X X X X X X X X

Érable champêtre X X X X . . X X X X

Framboisier X X X X X X X X X X

Fusain d’Europe X X X . . . X X X X

Genêt à balais X X X X X X X . X X

Grio er X X X X X . X . X X

Groseillier à maquereaux X X X . . . X X X X

Groseillier noir X X X X X . X X X X

Groseillier rouge X X X X X . X X X X

Houx X X X X X . . X X X

Lierre commun X X X X X X X . X X

Néflier X X X X . . . X X X

Nerprun purga f . X X . . . X X X X

Noise er X X X X X X X . X X

Poirier commun X X X X X . X . X X

Pommier sauvage X X X X X . X . X X

Prunellier X X X X X X X X X X

Prunier crèque . X X . . . . . X X

Prunier myrobolan X X X X . . X . X X

Ronce X X X . . . X X X X

Saule à oreille es X X X X X X X . X X

Saule à trois étamines X X X X X X X . X X

Saule cendré . X X X X X X . X X

Saule des vanniers X X X . . . X X X X

Saule pourpre X X X X X X X X X X

Sorbier des oiseleurs X X X X X X X . X X

Sureau à grappes . X X X X X X X X X

Sureau noir X X X X X X X X X X

Troène commun . X X . . . X X X X

Viorne lantane . X X . . . X X X X

Viorne obier X X X X X X X X X X

217
Annexe 8 : exigences et produc ons des espèces ligneuses
(d'après Balleux P., Van Lerberghe Ph., 2005)

Hauteur Climat Sol

Produc ons

Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage

à l’âge adulte

5,5 < pH < 7


con nental
océanique
croissance

superficiel
vitesse de
Port

20/30 cm
compact

pH < 5,5
profond
> 40 cm

calcaire
Essences

neutre

pH > 7
acide
léger

frais
sain
(m)

sec
Feuillus de grande et moyenne taille : bien conduits, ils produisent du bois d’œuvre

Alisier torminal BO BF F
Sorbus torminalis
1 C 10 à 15              BS GP

Aulne blanc BO BF
Alnus incana
123 C 10 à 15              BS BI
P

Aulne glu neux BO BF M


Alnus glu nosa
12 C 12 à 18              BS BI P

Bouleau pubescent BO BF M
Betula pubescens
12 C 8 à 15              BS BI P

Bouleau verruqueux BO BF
Betula pendula
12 C 10 à 17              BS BI
M-4

Charme commun BO BF M
Carpinus betulus
1234 CM 10 à 15              BS BI P

Châtaignier BO BF F
Castanea sa va
12 C 15 à 20              BS GP

Chêne pédonculé BO
Quercus robur
12 CM 15 à 20              BF BS
GP

Chêne pubescent BF
Quercus pubescens
12 C 20 à 25              BS
G

Chêne rouge d’Amérique BO BF


Quercus rubra
12 C 15 à 20              BS
G

Chêne sessile BO BF
Quercus petraea
12 CM 15 à 20              BS
GP

Érable champêtre BO BF M
Acer campestre
1234 C 8 à 12              BS G

Érable plane BO
Acer platanoides
12 C 15 à 20              BS
M

Érable sycomore BO
Acer pseudoplatanus
12 C 15 à 20              BS
M

Frêne commun BO BF
Fraxinus excelsior
12 C 15 à 20              BS BI
GP

Hêtre commun BO BF F
Fagus sylva ca
124 CM 15 à 20              BS BI GP

Noyer commun BO BF F
Juglans regia
1 C 12 à 15              BS BI P

Noyer noir BO BF
Juglans nigra
1 C 15 à 20              BS BI
P

Peuplier blanc BO
Populus alba
12 C 20 à 25              BS BI
P

218
Annexes

Hauteur Climat Sol

Produc ons

Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage

5,5 < pH < 7


con nental
océanique
croissance
adulte (m)

superficiel
vitesse de
Port

20/30 cm
compact

pH < 5,5
profond
> 40 cm

calcaire
Essences

neutre

pH > 7
à l’âge

acide
léger

frais
sain

sec
Feuillus de grande et moyenne taille : bien conduits, ils produisent du bois d’œuvre

Peuplier d’Italie BO
Populus nigra var. italica
1 C 20 à 25              BS
P

Peuplier euraméricain BO
Populus X euramericana
12 C 20 à 25              BS BI

Robinier faux acacia BO BF M


Robinia pseudacacia
123 C 15 à 20              BS BI GP

Saule blanc BO BF M
Salix alba
123 C 15 à 20              BS BI GP

Sorbier des oiseleurs BF FM


Sorbus aucuparia
123 C 8 à 10              BS GP

Tilleul à grandes feuilles BO M


Tilia platyphyllos
12 C 15 à 20              BI P

Tilleul à pe tes feuilles BO BF M


Tilia cordata
12 C 15 à 20              BS BI P

Résineux : souvent adaptés aux sols difficiles et de bon rapport

Cèdre de l’Atlas BO
Cedrus atlan ca
1 P 30 à 40              BS BI

Cyprès de Lawson BO
Chamaecyparis lawsoniana
1 P 20 à 25              BS BI

Douglas BO
Pseudotsuga menziesii
1 P 50 à 55              BS BI

Épicéa commun BO
Picea abies
1 P 45 à 50              BS BI

Mélèze d’Europe BO
Larix decidua
1 C 30 à 35              BS BI

Pin laricio de Corse BO


Pinus laricio var. Corsicana
1 P 30 à 50              BS BI

Pin sylvestre BO
Pinus sylvestris
1 P 30 à 40              BS BI

Thuya géant BO
Thuja plicata
1 P 20 à 25              BS BI

Légende

Adapta on de l'espèce Vitesse de croissance Port Feuillage Produc ons ligneuses Produc ons associées

Essence adaptée  Rapide : plus de 50 cm/an  Arbre de haut jet 1 Caduc C Bois d’œuvre BO Fruits F

Essence pouvant convenir  Moyenne : de 20 à 50 cm/an  Arbre en cépée 2 Persistant P Bois de feu BF Miel M

Essence à exclure  Faible : moins de 20 cm/an  Arbuste haut 3 Semi-persistant SP Bois de service BS Gibier G

Caractéris ques
 Océanique : hiver tempéré à doux, été frais Arbuste bas 4 Marcescent M Bois d’industrie BI Plante médicinale P
clima ques
 Con nental : hiver froid, été frais

219
Hauteur Climat Sol

Produc ons

Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage

5,5 < pH < 7


con nental
océanique
croissance
adulte (m)

superficiel
vitesse de
Port

20/30 cm
compact

pH < 5,5
profond
> 40 cm

calcaire
Essences

neutre

pH > 7
à l’âge

acide
léger

frais
sain

sec
Arbustes de grande taille : recépés pour gainer les feuillus bois d’œuvre et produire du bois de feu
Bourdaine BF M
Rhamnus frangula
4 C 1à2              BS GP

Buis commun BO M
Buxus sempervirents
34 P 2à4              BS GP

Cerisier à grappes BO BF M
Prunus padus
3 C 5à8              BS GP

Coudrier (noise er) BF FM


Corylus avellana
34 C 2à6              BS BI GP

Houx
Ilex aquifolium
134 P 2à8              BS GP

Noise er à fruits BF FM
Corylus maxima
3 C 3à8              BS BI GP

Prunier de Sainte-Lucie BF M
Prunus mahaleb
34 C 3à4              BS G

Prunier myrobolan BF FM
Prunus cerasifera
34 C 2à7              BS GP

Saule cendré BF M
Salix cinerea
34 C 2à4              BS BI GP

Saule marsault BS M
Salix caprea
34 C 3à8              BI GP

Sureau noir FM
Sambucus nigra
3 C 3à6              BS
GP

Arbustes de pe te taille : recépés ou buissonnants pour garnir le bas étage et servir de refuge et d’alimenta on
Cornouiller mâle BF FM
Cornus mas
4 C 1à2              BS GP

Cornouiller sanguin M
Cornus sanguinea
4 C 1à2              BS
GP

Fusain d'Europe BF M
Euonymus europaeus
4 C 1à4              BS GP

Néflier BO FM
Mespilus germanica
34 C 2à4              BS GP

Nerprun purga f
Rhamnus cathar cus
4 C 1à2              BS GP

Troène commun M
Ligustrum vulgare
34 SP 2à4              BS
GP

Prunellier FM
Prunus spinosa
34 C 1à4              BS
GP

Sureau rouge FM
Sambucus racemosa
34 C 2à4              BS
GP

Viorne lantane
Viburnum lantana
4 SP 1à2              BS GP

Viorne obier M
Viburnum opulus
34 C 1à4              GP

220
Annexes

Annexe 9 : exemple de fiche essence rée de l’applica on en ligne : Auxil’haie


(France)

221
Annexe 10 : protec ons mécaniques individuelles
Légende
ƐƉğĐĞƐĂŶŝŵĂůĞƐĐŽŶĐĞƌŶĠĞƐ

âne et cheval vache chèvre mouton cerf chevreuil sanglier lièvre lapin campagnol

ĸĐĂĐŝƚĠƐƉĠĐŝĮƋƵĞĚĞůĂƉƌŽƚĞĐƟŽŶ dĞŵƉƐĚĞƉŽƐĞ WƌŝdžĚĞƌĞǀŝĞŶƚ

ƐŝůŚŽƵĞƩĞǀĞƌƚĞ͗ŝŶƐƵĸƐĂŶƚĞ € bon marché

ƐŝůŚŽƵĞƩĞŽƌĂŶŐĞ͗ŵŽLJĞŶŶĞ €€ raisonnable

faible moyen élevé


ƐŝůŚŽƵĞƩĞƌŽƵŐĞ͗ƚŽƚĂůĞ €€€ onéreux

 Protec ons biodégradables

Protec ons Gaine NORTENE Clima c Bio® Gaine NORTENE Dissuasion Bio®
biodégradables protec on plas que individuelle totale €€ protec on plas que individuelle totale €€

Produit

ma ère végétale, maille 3x3 mm ma ère végétale, maille 8x8 mm

 contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le  contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le
rongement rongement
Protec on

 déchirement sans endommager le bois


Avantages/  effet brise-vent et ombrage tout en assurant une bonne  déchirement sans endommager le bois
inconvénients aéra on  courte durée de vie
 durée de vie courte
Dégradabilité  " ok compost "  " ok compost "

 garan e : 18 mois  garan e : 18 mois


Durabilité
 tenue : 3 ans environ  tenue : 3 ans environ
 lapin : tuteur en acier, bambou ou acacia  lapin : tuteur en acier, bambou ou acacia
Pose
 chevreuil : châtaignier ou acacia  chevreuil : châtaignier ou acacia
 gaine : idéalement si ok compost  gaine : idéalement si ok compost
Dépose
 tuteur : récupéra on si en acier  tuteur : récupéra on si en acier
Coût tuteur  Ø 14 cm / h 60 cm : entre 0,85 et 1,20 € HTVA  Ø 17cm / h 60 cm : entre 0,85 et 1,20 € HTVA
non compris  Ø 14 cm / h 120 cm : entre 1,60 et 2,30 € HTVA  Ø 17cm / h 120 cm : entre 1,60 et 2,30 € HTVA

222
Annexes

Protec ons Gaine Bio SODISAC® Bande de toile de jute


biodégradables protec on papier individuelle totale € protec on naturelle individuelle totale €

papier sulfurisé (kra ) en 155 g ou 330 g/m² jute

 contre l’abrou ssement et le rongement  contre le fro s, l’écorçage et le rongement

Protec on

 protec on des plants contre les effets nuisibles du vent


 matériau isolant : protec on des plants contre les effets et du soleil
Avantages/
nuisibles du vent et du soleil  matériau élas que perme ant d’épouser la croissance
inconvénients  bonne résistance mécanique à l’état humide du tronc
 choix entre différentes largeurs

Dégradabilité  100 % biodégradable  100 % biodégradable

 grammage 155 g/m² : 18 mois


Durabilité  2 à 4 ans
 grammage 330 g/m² : jusqu’à 36 mois

 dérouler la bande autour du tronc en la superposant 2


Pose  tuteur : en acier, bambou ou acacia
à 3 fois

Dépose  non sauf si tuteur en acier  non

 Ø 10 cm h 50 cm, 155 g : 0,22 € HTVA


Coût tuteur  ± 7,00 € HTVA (20 cm x 25 m) pour 5 à 15 arbres en
 Ø 10 cm h 50 cm, 330 g : 0,42 € HTVA
non compris fonc on du nombre de couches
 existe en h 60 cm : indispensable si présence du lièvre

223
Protec ons 2 tuteurs Nappe tressée
biodégradables protec on bois individuelle par elle € protec on végétale individuelle par elle €

Produit

nappe tressée en végétaux non transformés


tuteurs sciés et épointés en acacia
(roseaux, palmiers, bambou)
 contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le
 contre le fro s
rongement (du lapin et du lièvre)

Protec on

 pose facile et dépose en op on  bonne aéra on du tronc


 contre les fro s et l’abrou ssement de la flèche  pose facile et rapide
Avantages/
terminale  bonne intégra on paysagère
inconvénients  ajouter éventuellement un manchon de protec on de  dégradabilité totale
pousse terminale Cactus®  lumière déficitaire pour les plants < à 50 cm ou 120 cm

Dégradabilité  biodégradable  biodégradable

 ± 5 ans (la base, en contact avec l’humidité du sol, se


Durabilité  5 à 10 ans
dégrade dès la première année)

Pose  facile et rapide, 10 à 15 cm d’écartement  facile car tuteurs intégrés

Dépose  éventuelle pour réu lisa on  éventuellement

Coût tuteur  tuteur 20 x 20 mm h 150 cm : 0,60 à 2,00 € HTVA  h 50 cm : 0,98 à 1,12 € HTVA
non compris  Cactus® : ± 15,00 € HTVA / 100 unités  h 120 cm : 2,03 à 2,32 € HTVA

224
Annexes

Protec ons Protec on en bambou La s en bois / 3-4 piquets


biodégradables protec on végétale individuelle totale €€ protec on bois individuelle par elle €€€

Produit

bambou et fil de fer 3 ou 4 piquets en bois, 6 la s par côté et vis


 contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le
 contre l’abrou ssement, le fro s et l’écorçage
rongement

Protec on

 idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
 bonne aéra on du tronc
Avantages/ prairie
 bonne intégra on paysagère
inconvénients  entre en aisé au pied de l’arbre
 fort encombrement
 inefficace contre les dégâts du lapin et du lièvre

Dégradabilité  biodégradable  biodégradable

 ± 5 ans (la base, en contact avec l’humidité du sol, se  3 à 6 ans, et parfois plus en fonc on du traitement des
Durabilité
dégrade dès la première année) la s
 longue
 prévoir 4 piquets et une hauteur suffisamment élevée
pour les chevaux
Pose  lier les fils de fer
 prévoir une distance suffisante par rapport à l’arbre pour
empêcher les chèvres d’a eindre le tronc en passant leur
tête
Dépose  récupérer les fils de fer  oui

 h 45 cm : ± 1,30 € HTVA
Coût tuteur  h 70 cm : ± 2,00 € HTVA
 h 200 cm : ± 58,00 € HTVA
non compris  h 120 cm : entre 2,45 et 2,75 € HTVA
 h 180 cm : entre 4,40 et 5,00 € HTVA

225
 Protec ons non biodégradables

Protec ons non Manchon Cactus® Manchon fendu


biodégradables protec on plas que individuelle par elle € protec on plas que individuelle par elle €

Produit

plas que plas que rigide préformé fendu en hauteur

 protec on contre le fro s du chevreuil et les dégâts des


 protec on contre l’abrou ssement du bourgeon terminal rongeurs, convient pour les vergers accueillant certaines
races de moutons peu agressives (p. ex. : hampshire)

Protec on

 idéal pour les arbres d’alignement de hautes- ges


Avantages/  tradi onnellement pour les résineux  ouverture progressive avec la croissance du diamètre
inconvénients  remontée annuelle du manchon  besoin de plants rigides sans branches basses pour
soutenir le manchon

Durabilité  10 ans  5 à 7 ans


 facile et rapide
Pose  posi onner le manchon sous le bourgeon terminal sans  facile et rapide
le blesser
Dépose  oui avec réu lisa on possible  oui avec réu lisa on possible

Coût tuteur  Ø 11 cm / h 55 cm : ± 0,90 € HTVA


 ± 0,15 € HTVA / unité
non compris  Ø 11 cm / h 110 cm : ±1,10 € HTVA

226
Annexes

Protec ons non Arbre de fer Gaine à grandes mailles


biodégradables protec on métallique individuelle par elle € protec on plas que individuelle totale €

Produit

fils de fer soudés maille > 5 mm

 protec on contre l’écorçage et le fro s (ovidés et


 protec on contre le fro s du chevreuil uniquement
cervidés) et le rongement du lièvre et du lapin

Protec on

 idéal pour les plançons et les résineux à croissance


monopodiale
 préférer les disposi fs à branches latérales en quinconce  très grande résistance à l’é rement et à la déchirure
 tradi onnellement pour les résineux  soulèvement des gaines par les cervidés mâles avec
Avantages/
 fonc onne raisonnablement pour les feuillus selon leur leurs bois
inconvénients rec tude et le posi onnement des branches latérales  risque d’abrou ssement du bourgeon terminal sor de
 surveillance annuelle la gaine
 déforma on des ges et rameaux sor s à travers les
mailles

Durabilité  5 à 6 ans  4 à 8 ans

 courber à 90° les 2 axes inférieurs pour former un trident  planter le tuteur au demi-diamètre de la protec on par
Pose
à enfoncer dans le sol, posi onner à ± 5 cm du tronc rapport à l'arbre, placer la gaine et l’agrafer à 5 niveaux

 obligatoire pour éviter l’incrusta on du fer dans le tronc


Dépose  oui
 avec réu lisa on possible

Coût tuteur  Ø 30 cm / h 120 cm : ± 1,60 € HTVA


 ± 0,90 € HTVA
non compris  Ø 30 cm / h 180 cm : ± 2,40 € HTVA

227
Protec ons non Gaine à mailles fines ou mixtes Tube abri serre
biodégradables protec on plas que individuelle totale € protec on plas que individuelle totale €

Produit

maille < 3 mm

 contre l’abrou ssement, l’écorçage, le fro s et le  contre l’abrou ssement, l’écorçage, le fro s et le
rongement rongement

Protec on

 effet brise-vent et ombrage tout en assurant une bonne  pour pe ts plants d’essences feuillues précieuses en
aéra on plein champ
 absence de sor e latérale, de déforma on et  effet de serre : croissance ini ale en hauteur supérieure
d’abrou ssement des rameaux et de la flèche terminale  trous d’aéra on à la base
Avantages/  déchirement sans endommager le bois  croissance équilibrée
inconvénients  meilleure longévité : grammage supérieur à 240 g/m² et  débourrement précoce et gelées tardives : risques de
protec on an -UV suffisante nécessaires fourches et cimes mul ples
 2 tuteurs contre la poussée du mouton  défauts de branchaison accentués et difficiles à tailler
 inu le face aux chèvres  surveillance annuelle
 contre-indiqué pour le hêtre (bourgeons effilés)  échauffement préjudiciable pour le hêtre

Durabilité  3 à 8 ans  > 4 ans


 enfiler autour du plant, planter le tuteur, serrer les
Pose  planter le tuteur, placer la gaine et agrafer
ligatures
Dépose  oui  oui

 Tubex® Ø 10 cm / h 60 cm : ± 1,40 € HTVA


 Tubex® Ø 10 cm / h 75 cm : ± 1,80 € HTVA
 prix variable en fonc on de la qualité et des dimensions
Coût tuteur  Tubex® Ø 10 cm / h 120 cm : ± 2,30 € HTVA
 h 120 cm : 0,50 à 1,40 € HTVA
non compris  Tubex® Ø 12 cm / h 180 cm : ± 3,30 € HTVA
 h 180 cm : 1,60 à 2,20 € HTVA
 Witaplant® 10 x 10 cm / h 120 cm : ± 1,50 € HTVA
(plus grande prise aux vents)

228
Annexes

Protec ons non Corset métallique Corset métallique


biodégradables
à bandes ver cales bardées
protec on métallique individuelle par elle
€€€ en treillis rigide
protec on métallique individuelle totale
€€€

Produit

 contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et  contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et
du lièvre) du lièvre)

Protec on

 idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie  idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet
 2 piquets sont indispensables contre la poussée du gros en prairie
bétail  bonne résistance face à la poussée
Avantages/
 protec on longue durée si bien installée et surveillée  tenue parfaite de la protec on dans le temps
inconvénients  tenue moyenne dans le temps avec certains animaux :  meilleure tenue de la protec on : ajouter un deuxième
risques de bandes arrachées ou pliées, notamment par piquet, ou une barre à béton (enfoncée à 70 cm) et la
les chèvres qui montent sur les bandes horizontales avec fixer au bas de la protec on
leurs pa es avant
Durabilité  10 ans  10 ans et plus

 placer le(s) piquet(s), entourer l’arbre, ser r le métal et


 placer le(s) piquet(s), entourer l’arbre et le(s) piquet(s)
Pose fixer avec des vis (+ rondelles) si piquet(s) à l’intérieur ou
et fixer avec des clous en U ou des ligatures
ligatures en fer si piquet(s) à l’extérieur

Dépose  oui  oui

 plaque l 50 cm / h 170 cm : 8,00 à 12,50 € HTVA


Coût tuteur
(prévoir 2 plaques/arbre, soit 1 m de circonférence en  Ø 30 cm / h 185 cm : ± 20,00 € HTVA
non compris prévision de sa croissance en diamètre : extension possible)

229
Protec ons non Corset en treillis souple Manchon à grandes mailles extensibles
biodégradables protec on individuelle par elle €€ protec on individuelle par elle €€

Produit

treillis Mul plast® soudé :


nappe plas que losangique extensible
h 1,8 m, maille 50 x 50 mm, épaisseur 3 mm
 contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et  contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et
du lièvre) du lièvre)

Protec on

 idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie
 bonne résistance à la poussée
 extension adaptée à la croissance en diamètre du tronc
 tenue parfaite de la protec on dans le temps
Avantages/  protec on longue durée
 meilleure tenue de la protec on : ajouter un deuxième
inconvénients  tronc impéra vement élagué
piquet ou une barre à béton (enfoncé(e) de 70 cm) et
le/la fixer au bas de la protec on
 protec on surélevée de 7 cm pour faciliter l’entre en au
pied de l’arbre
Durabilité  10 ans  élevée (6 à 10 ans)

 placer le(s) piquet(s), entourer l’arbre avec le treillis


Pose et le fixer au tuteur avec des clous en U , des vis (+  nappe ouverte, à enrouler autour du tronc et à ligaturer
rondelles) ou des ligatures

Dépose  oui  oui

Coût tuteur  Ø 30 cm / h 180 cm : ± 7,50 € HTVA piquet(s) et ligature  h 120 cm : 1,50 à 1,80 € HTVA
non compris non compris  h 180 cm : 2,50 à 3,00 € HTVA

230
Annexes

Protec ons non Cage an rongeurs Nappe métallique grillagée / 2 piquets


biodégradables protec on métallique individuelle par elle €€ protec on individuelle par elle €€€

Produit

grillage à poules hexagonal non plas fié


grillage métallique à mailles rectangulaires
(13 mm x épaisseur 0,7 mm)

 protec on des racines contre les campagnols  contre l’écorçage et le fro s

Protec on

 idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie ou en champ près des lisières fores ères
 indispensable pour les arbres frui ers en prairie non
 bon compromis entre coût, rapidité de pose et efficacité
pâturée, en plein champ et partout où la présence de
 meilleure tenue de la protec on : choix d'une nappe
campagnols est avérée
Avantages/ grillagée lourde et ajout de deux barres à béton aux
 assez facile à réaliser (cfr. p. 120)
inconvénients points cardinaux non tuteurés, enfoncement de 70 cm
 bien fermer autour du collet pour empêcher les
dans le sol
campagnols de pénétrer dans la cage
 choisir un fil rigide à plus pe tes mailles si présence de
chèvres
 résistance limitée contre la poussée du bétail

Durabilité  3 à 6 ans  10 ans

 faire le trou, placer la protec on et le tuteur, reme re  placer les piquets, entourer l’arbre avec le treillis et le fixer
Pose
de la terre, refermer la protec on au tuteur

Dépose  non  oui

Coût tuteur
 ± 3,50 € HTVA / disposi f  Ø 1 m / h 1,6 m : ± 16,00 € HTVA
non compris

231
Protec ons non Fils électriques / 3-4 piquets Fils barbelés / 3-4 piquets Nappe métallique grillagée / 3-4 piquets
biodégradables protec on individuelle par elle protec on individuelle par elle protec on individuelle par elle

€€€ €€€ €€€

Produit

3 fils électriques 4 fils barbelés grillage


 contre l’abrou ssement (si
 contre l’écorçage, le fro s et le
 contre l’écorçage et le fro s dimensions adéquates), l’écorçage,
rongement (du lapin et du lièvre)
le fro s

Protec on

 idéal pour les arbres frui ers et les


arbres de haut jet en prairie
 idéal pour les arbres frui ers et les  idéal pour les arbres frui ers et les
 entre en possible au pied de
arbres de haut jet en prairie arbres de haut jet en prairie
l’arbre
 entre en aisé au pied de l’arbre  protec on op male contre tous les
 prévoir 4 piquets et une hauteur
 prévoir 4 piquets et une hauteur dégâts
suffisante pour les chevaux
Avantages/ suffisante pour les chevaux  déposer un paillage longue durée
 prévoir une distance suffisante par
inconvénients  inefficace face aux lièvres, lapins  prévoir 4 piquets et une hauteur
rapport à l’arbre pour empêcher
et campagnols suffisante pour les chevaux
les chèvres d’a eindre le tronc
 mise en œuvre parfois compliquée  entre en impossible au pied de
 inefficace face aux lièvres, lapins
 surveillance régulière l’arbre
et campagnols
indispensable  inefficace face aux campagnols
 surveillance annuelle
indispensable

Durabilité  10 ans  10 ans  10 ans

 placer les piquets, les transversales


 placer les piquets, les transversales,
et le fil barbelé (idéalement tous  placer les piquets, entourer l’arbre et
Pose les isolateurs et enfin le fil
les 15 cm pour les chèvres) ; bien fixer au tuteur
électrique ; bien tendre
tendre

Dépose  oui  oui  oui

Coût tuteur
 h 200 cm : ± 29,00 € HTVA  h 200 cm : ± 40,00 € HTVA  h 200 cm : ± 45,00 € HTVA
non compris

232
Annexes

Les protec ons individuelles à 3 ou 4 piquets peuvent se réaliser avec des la s en bois, du fil électrique, du fil barbelé
et enfin des nappes grillagées. Le tableau ci-dessous décrit les dimensions, soit la hauteur et la distance entre les
piquets, à respecter en fonc on des animaux présents sur la parcelle. Comparées aux protec ons avec 4 piquets,
les protec ons avec 3 piquets imposent des distances entre les piquets ne ement supérieures : cela implique des
périmètres de clôture souvent plus importants et des coûts plus élevés, suivant le type de protec on.

Dimensions des protec ons individuelles 3-4 piquets


Animal Nombre de piquets Hauteur Distance entre piquets Périmètre Emprise au sol
3 piquets 2,5 m 7,5 m 2,71 m²
2m
4 piquets 1,5 m 6m 2,25 m²
3 piquets 2m 6m 1,73 m²
1,6 à 1,8 m
4 piquets 1m 4m 1 m²
3 piquets 1,5 m 4,5 m 0,97 m²
1m
4 piquets 1m 4m 1 m²

Pour aider à iden fier le meilleur choix, le tableau suivant calcule le prix des protec ons pour des chevaux. Les prix
variant fortement selon les matériaux, les quan tés commandées et les fournisseurs, ils ont été fixés comme suit :

• piquets 2,50 m : 5,00 €/pièce ; • fils barbelés : 0,35 €/m ;


• la s de bois demi-rond : 1,10 €/m ; • tendeurs : 0,50 €/pièce ;
• fils électriques en acier galvanisé : 0,07 €/m ; • grillage semi-lourd (h : 2 m) : 2,60 €/m.
• isolateurs : 0,15 €/pièce ;

Nombre Prix Périmètre Longueur totale Prix de la La e Prix total


Types Hauteur de des de la (nombre d’éléments mise en supérieure sur Suppléments de la
piquets piquets protec on x périmètre) défens le pourtour protec on

5 la s de 2m 3 15,00 € 7,5 m 37,5 m 41,25 € non vis 3,00 € ± 59,00 €


bois 2m 4 20,00 € 6m 30 m 33,00 € non vis 3,00 € ± 56,00 €

4 fils 2m 3 15,00 € 7,5 m 30 m 2,10 € 8,25 € 12 isolateurs 1,80 € ± 27,00 €


électriques 2m 4 20,00 € 6m 24 m 1,68 € 6,60 € 16 isolateurs 2,40 € ± 31,00 €

5 fils 2m 3 15,00 € 7,5 m 37,5 m 13,12 € 8,25 € 5 tendeurs 2,50 € ± 38,00 €


barbelés 2m 4 20,00 € 6m 30 m 10,50 € 6,60 € clous en « U » 2,00 € ± 42,00 €

nappes 2m 3 15,00 € 7,5 m 7,5 m 19,50 € 8,25 € clous en « U » 2,00 € ± 45,00 €


grillagées 2m 4 20,00 € 6m 6m 15,60 € 6,60 € clous en « U » 2,00 € ± 44,00 €

Les prix suivants sont à prendre en compte pour le


calcul :
• op ons pour les ovins :
piquets h 1,50 m : 3,50 €/pièce
grillage léger h 1 m : 0,67 €/m
• op ons pour les bovins :
piquets h 2 m : 4,50 €/pièce
grillage semi-lourd h 1,6 m : 2,00 €/m
Exemple de protec on contre le cochon
233
Annexe 11 : caractéris ques techniques des clôtures électriques
 disposi f de protec on globale assez économique
 logis que facile et rapide pour l'installa on et la dépose

 convient pour les sols accidentés mais le dévers doit être régulier
 surveillance permanente et entre en régulier indispensables : tension, alimenta on, dégagement
des recrûs au sol et élagage des branches basses

Chèvre et mouton

+ 90 cm
90 cm

60 cm

30 cm 80
cm  3 fils en acier galvanisé ou en aluminium
 hauteur des fils : 30, 60 et 90 cm
si présence fréquente d’agneaux : premier fil à 20 cm
 prix pose comprise : 6,00 à 7,50 €/m HTVA
10 à 15 m

- 50 cm

Vache

+ 100 cm
100 cm
cm
50
à1
60 cm
1 00
 2 fils en acier galvanisé ou en aluminium
 hauteur des fils : 60 et 90 ou 100 cm
 prix pose comprise : 6,00 à 7,00 €/m HTVA

10 à 15 m
- 40 cm

Cheval et âne

 2 ou 3 rubans ou cordons
+ 140 cm  hauteur des cordons et rubans pour chevaux : 2 fils
135 cm
(à 80 et à 135 cm) ou 3 fils (à 65, 100 et 135 cm) ;
100 cm pour ânes : 2 fils (à 70 et à 120 cm)
m
0c  soit rubans de qualité supérieure suffisamment
65 cm 15
visibles pour les chevaux : conducteurs fragiles et
durabilité moyenne des rubans avec risques de
cassure ou de détente et prise au vent ; installa on
plus compliquée au niveau de la tension (il existe des
isolateurs bloquants pour la conserver d’un piquet à
l’autre)
4à7m  soit cordons de 6 mm à cœur tendre beaucoup plus
- 60 cm solides et durables
 prix pose comprise : 9,00 à 12,00 €/m HTVA

234
Annexes

Léporidés

 3 fils en acier galvanisé ou en aluminium


+ 40 cm
40 cm
80
c m  hauteur des fils : 7, 20 et 40 cm
20 cm
7 cm
 entre en régulier de la végéta on herbacée au pied
du fil indispensable (opéra on compliquée)
 prix pose comprise : entre 5,00 et 7,00 €/m HTVA
10 à 15 m
- 30 cm

Sanglier
 2 fils en acier galvanisé ou en aluminium
 hauteur des fils : fil inférieur 20 cm / fil supérieur 40
à 50 cm
 piquets à double montant incliné en U renversé
50 cm conseillés contre le sanglier : main en des
cm conducteurs sur 2 hauteurs et sur 2 niveaux. Le fil
80
20 cm supérieur externe sert de contact pour le museau du
sanglier, le fil inférieur interne provoque des chocs
électriques plus intenses sur les pa es moins poilues
10 à 15 m de l’animal
- 25 cm  entre en régulier de la végéta on herbacée au pied
du fil indispensable
 prix pose comprise : ± 6,00 €/m HTVA

Chevreuil

+ 120 cm
120 cm

90 cm

60 cm  4 fils en acier galvanisé ou en aluminium


30 cm 80
cm  hauteur des fils : 3 fils (à 40, 90 et 120 cm) ; idéalement
4 fils (à 30, 60, 90 et 120 cm)
 prix pose comprise : entre 7,00 et 8,50 €/m HTVA

10 à 15 m

- 50 cm

Cerf

+ 150 cm
150 cm

120 cm
 5 fils en acier galvanisé ou en aluminium
90 cm
m  hauteur des fils : à 30, 60, 90, 120 et 150 cm de hauteur
0c
60 cm 15  ennent en forêt 3 à 6 ans avec intendance
30 cm  prix pose comprise : ± 10 €/m HTVA

10 à 15 m

- 60 cm

235
Annexe 12 : caractéris ques techniques des clôtures grillagées
 protec on longue durée : 15 à 30 ans
 fiable : efficacité op male €€(€)
 impénétrable même pour les agneaux et les léporidés en fonc on de la maille
 pas d’entre en
 difficulté pour les terrains accidentés avec obstacles
 coût élevé
 longue durée de pose

Chèvre et mouton

+ 120 cm

 nappe grillagée légère à semi-lourde


m  hauteur du grillage : 100 à 120 cm pour
8 0c
le mouton, 150 cm pour la chèvre
 prix pose comprise : entre 10,00 et
13,00 €/m HTVA

3à4m
- 40 cm

Sanglier

+ 120 cm

 nappe grillagée lourde


 hauteur : 120 cm
cm  fil barbelé à 30 cm du sol pour éviter
30 cm 80
que le sanglier ne pénètre le grillage ; un
débord sur le sol peut être envisagé
 prix pose comprise : entre 10,00 et
13,00 €/m HTVA
6à8m
- 30 cm

Chevreuil

+ 150 cm

 nappe grillagée légère voire semi-lourde


 hauteur : 150 cm
cm
 fil barbelé en hauteur interdit : risque
80 d’éventrement du chevreuil
 prix pose comprise : entre 10,00 et
13,00 €/m HTVA

6à8m

- 50 cm

236
Annexes

Cerf

+ 200 cm

 nappe grillagée lourde


 hauteur : 200 cm
 idéalement, rajouter deux fils
de 2,7 mm de diamètre pour
a eindre une hauteur totale
cm d’engrillagement de 220 cm
80  efficacité op male : treillis lourd à
nœuds ; Ø fil : 3 mm
 prix pose comprise : entre 9,00 et
15,00 €/m HTVA
8m

- 60 cm

Grillage double pour la grande et pe te faune

+ 150 cm

 nappe grillagée rectangulaire +


bavolet
+ 20 cm
grillage à mailles hexagonales
 hauteur du grillage à grandes
mailles et épaisseur du fil :
ƉĂƌƟĞǀĞƌƟĐĂůĞ
+ 100 cm
fonc on de la grande faune en
cm présence
80
nappe  contre les léporidés : treillis léger
déposée à mailles hexagonales ( < 3 cm,
+ 30 cm contre les lapereaux ), déport sur
le sol indispensable
6à8m  prix pose comprise :
± 13,00 €/m HTVA (avec le déport
- 50 cm
sur le sol uniquement)

237
Annexe 13 : caractéris ques techniques des clôtures barbelées globales contre
le bétail
 mise en défens de planta ons linéaires : alignements, bandes boisées…
 protec on longue durée : 20 à 30 ans et plus si réalisée avec des piquets en fer et des liens plas fiés €€
 disposi f résistant
 surveillance et intendance minimales : bonne tension des fils
 convient par culièrement bien pour les bovins, convient pour les ovins et caprins
 installa on fas dieuse

+ 130 cm
120 cm

95 cm

70 cm

45 cm
cm
80  4 à 6 fils barbelés
20 cm
 prix pose comprise :
± 9,50 €/m HTVA

3à5m

- 50 cm

Annexe 14 : caractéris ques techniques des clôtures globales en bois contre les
équidés
 mise en défens de planta ons linéaires : alignements, bandes boisées…
 protec on moyenne durée : 10 à 20 ans suivant le bois, son traitement et le modèle choisi €€€
 disposi f résistant
 surveillance minimale
 aucune intendance
 convient par culièrement bien pour les chevaux
 installa on coûteuse

+ 150 cm
140 cm

95 cm
m
0c
15
50 cm
 piquets et lisses en bois : chêne,
robinier, châtaignier, douglas,
mélèze, épicéa imprégné
 prix pose comprise : 15,00 à
25,00 €/m HTVA

2 à 3,5 m

- 80 cm

238
Annexes

Annexe 15 : protec ons répulsives

Protec ons Peinture Répulsif


répulsives SEMA® € TRICO® €€
peinture de marquage répulsif biologique
à effet répulsif indirect soumis à phytolicence

Produit

 répulsif gusta f par les composants amers de la peinture et


visuel par sa couleur dissuasive  base de graisse de mouton
 base de Mergal® : agent de conserva on pour les solu ons  répulsif par son odeur et son goût
aqueuses (biocide)

 contre l’abrou ssement, le fro s et l’écorçage  contre l’abrou ssement, le fro s et l’écorçage

Protec on

 simple d’u lisa on


Avantages/  simple d’u lisa on
 bons résultats et retours des u lisateurs
inconvénients  sans phytolicence
 nécessite une phytolicence

Dégradabilité  manque d'informa on  biodégradable

 efficace pendant 1 an
 efficace pendant 4 mois
Durabilité  appliquer le produit chaque année pour assurer un effet
 appliquer de manière répétée 1 à 2 fois / an
durable

 applica on par pulvérisa on ou à la brosse sur la pousse


 applica on par pulvérisa on
Pose terminale en laissant le bourgeon intact
(4 ml / plant ; ± 1.200 plants / 5 l)
(± 900 plants / seau de 9 l)

 ± 4,00 € HTVA/l  ± 19,00 € HTVA/l


Coût
 ± 36,00 € HTVA (seau de 9 l)  90,00 à 100,00 € HTVA (bidon de 5 l)

239
Protec ons Latex Farine
répulsives WÖBRA® €€€ CERTOSAN® €€
répulsif biologique répulsif biologique
soumis à phytolicence soumis à phytolicence

Produit

 base de sable quartzeux (dioxyde de silicium)  farine de sang (99,8 %)


 répulsif de contact par son effet râpeux en bouche  répulsif olfac f

 contre les dégâts d’abrou ssement, d’écorçage et de


 contre l’écorçage
sec onnement

Protec on

 simple d’u lisa on pour des arbres au stade de gaulis (Ø


tronc : 6 à 15 cm)
Avantages/
 durable  nécessite une phytolicence
inconvénients  nécessite une phytolicence
 prix élevé pour le nombre d’arbres traités

Dégradabilité  biodégradable  biodégradable

 la formula on latex assure une protec on fiable contre  6 à 8 semaines si applica on au printemps ou en été
Durabilité
l’écorçage durant 6 à 10 ans  4 à 6 mois en hiver

 applica on par badigeonnage


 applica on par pulvérisa on, badigeonnage ou
Pose (20 à 35 arbres / seau de 10 kg, en fonc on du diamètre des
trempage des plants (± 2.000 plants/kg)
troncs)

 ± 15,00 € HTVA/kg
Coût  ± 65,00 € HTVA/kg
 135,00 à 160,00 € HTVA (seau de 10 kg)

240
Annexes

Protec ons Engrais Engrais


répulsives SAPU 2010® €€ FERTI 3H® €
engrais biologique engrais à effet
à effet répulsif indirect répulsif indirect

Produit

 engrais organo-minéral naturel  engrais à base de fumier de porc


 répulsif olfac f  répulsif olfac f

 contre les dégâts d’écorçage et d’abrou ssement  contre les dégâts de soulèvement du sanglier

Protec on

 sans phytolicence
Avantages/  simple d’u lisa on
 peut s’u liser en mélange avec la peinture de marquage
inconvénients  sans phytolicence
 efficacité courte

Dégradabilité  biodégradable  biodégradable

 dégoûte le sanglier de se nourrir à l’endroit traité


Durabilité  efficace durant 2 à 4 semaines
pendant quelques mois

 applica on par pulvérisa on sur une largeur de 5 à


10 m sur tout le pourtour de la parcelle, sur une bande  10 à 15 granulés par plant
Pose au pied des arbres et/ou sur les feuilles des plants, ou en  applica on par épandage au niveau des lignes de la
imbibant des chiffons (± 10.000 m² traités au sol / bidon planta on (150 à 300 kg/ha)
de 5 l)

 entre 10,00 et 17,00 € HTVA/l


Coût  ± 27,00 € HTVA/25 kg
 entre 53,00 et 66,00 € HTVA (bidon de 5 l)

241
Protec ons Amendement
répulsives Wild Granix® € Laine de mouton €
amendement calcaire
répulsif naturel
à effet répulsif indirect

Produit

 amendement à base de CaO, MgO et SO3  produit naturel, non traité et non lavé
 répulsif olfac f  répulsif olfac f et de contact par effet désagréable en bouche

 contre les dégâts du sanglier et du lièvre  contre l’abrou ssement et le fro s

Protec on

 sans phytolicence
Avantages/  en fonc on de la température ambiante, il
 sans phytolicence
inconvénients dégagerait des odeurs différentes, empêchant les
animaux de s’habituer

Dégradabilité  biodégradable  biodégradable

 odeur répulsive pendant 3 à 5 semaines en fonc on  odeur répulsive pendant 2 à 5 mois si la tonte de la laine est
Durabilité
des condi ons clima ques récente

 épandage au niveau des lignes de planta on (200 à  pose à la main en mars sur les rameaux des plants sans
Pose
300 kg/ha) l’enrouler autour de la ge (nécroses et pourritures)

Coût  ± 29,00 € HTVA/20 kg  coût faible voire nul

242
Annexes

Annexe 16 : aide au choix de variétés de pommes, poires et prunes mul pliées


par les pépiniéristes

Unité 2 : Biodiversité & Améliora on des Plantes


Bâ ment Émile Marchal· Rue de Liroux, 4 · B-5030 GEMBLOUX
[Link] ; h p//cer fruit ; h p//biodimes ca ; [Link]

Aide au choix de variétés anciennes de pommes pour la planta on de vergers en demi- ge et haute- ge

Dans chacun des groupes A et B, les variétés sont classées par ordre de maturité - conserva on des fruits ; distances
entre les arbres : de 12 m à 15 m.

*: indique les variétés les plus rus ques, adaptées aux situa ons marginales (p. ex. Ardenne)
(1)
RGF-Gblx : acronyme de Ressources Géné ques Frui ères appliqué aux variétés diffusées par le CRA-W
(2)
Trad-RGF : acronyme pour des variétés tradi onnelles rela vement bien adaptées à des produc ons sans usage de traitements

A. Variétés tradi onnelles

Cueille e Sensibilité aux maladies Qualité des fruits


Groupe de Qualité Apprécia on
Variétés et pays d'origine et
floraison du pollen Tavelure globale
maturité Oïdium Chancre Table Culinaire Jus/cidre
sur fruits

Transparente BlancheTrad-RGF Ru 7-8 2 ++ ±/– ±/+ ±/– ± ++ ±/– (a,b)


Reine e DescardreTrad-RGF B m9-11 3 – +/± ±/+ ±/– + ++ +/++ ±/+ (b)
Transparente de Croncels F m9-10 2 -3 + – ± – + + + ±/–
Trad-RGF a
(*)Reine e Rouge Étoilée B m9-11 5 ++ +/± + ±/+ + + + ±/+ (c,g)
(*)Jacques LebelTrad-RGF F m9-11 4 – ±/– +/++ ±/+ – ++ + ± (e,h)
Reine des Reine esTrad-RGF F? d 9-12 4 ++ ± ±/– – + + + +/±
Trad-RGF
Reine e de Chênée B? f9 -12 4 – ±/– ± = ++ ++ ++ ±/–
Trad-RGF b
Belle-Fleur de France B? f9-12 5 – +/± ±/+ ±/– + + ++ ±/+ (c,d,h)
Saint Louis F? f9-02 4 – – ±/– ±/– ±/– + ± ±/–
Reine e Galopin B f9-04 5 – +/± ±/– ±/– + + + + (c,d,f)
Reine e de FranceTrad-RGF B? d10-02 7 – +/++ ±/– ±/– +/++ ++ ++ +/(±) (b,c,e,g,j)
Cwastresse SimpleTrad-RGF c B d10-02 6 + ± +/± ± +/++ + ++ ±/+ (c,f,h,i)
Trad-RGF
Court-Pendu Rouge Eur. d10-02 6-7 ++ ± ±/– – ++ + ++ ±/– (a,b,d,e,j)
Belle-Fleur de BrabantTrad-RGF d B 10-02 6 ++ ±/+ ±/+ ±/– + + ++ + (b,c,d,f,g)
*Belle-Fleur Large MoucheTrad-RGF e B? f9-03 4 – + + ±/+ ± + + + (c)
Belle de Boskoop Nl f9-03 2 – ±/–/= ±/+ ±/+ ±/+ + +/++
Trad-RGFnf
Sabot d'Eijsde Nl f10-04 6 + ± ± ±/+ ± + ± –/± (d,h)
*Gueule de MoutonTrad-RGF g B? f10-05 4 + + ±/– ++ ±/– ± ++ ± (d,i)

Variétés non tradi onnelles

(*)Jonathan US f10-05 4 –5 + ±/– – ++ ± + ± ±


Alkmene D d9-11 3 + +/± ± – +/++ +/++ +/++ +
Suntan UK m10-03 6 - + = = +/++ +/++ +/++ ±

243
B. Variétés anciennes "RGF-Gblx" (1) diffusées par le CRA-W à Gembloux

Cueille e Sensibilité aux maladies Qualité des fruits


Groupe de Qualité Apprécia on
Variétés et pays d'origine et Tavelure
floraison du pollen Oïdium Chancre Table Culinaire Jus/cidre globale
maturité sur fruits

GenevaRGF-Gblx Ca m-f8 2-3 ++ ++ ± ± ± ++ + +(l)

*GrenadierRGF-Gblx UK 8-09 2-3 ++ ++ + + ± ++ + +/++


RGF-Gblx
Reine e Evagil B d9-9 4 ++ + + ±/+ +/++ ++ + +

Transparente de LesdainRGF-Gblx B m9-f10 4 + ++ + + ++ ++ + ++


RGF-Gblx
*Président Roulin B m9-12 (2)-3 ++ +/++ + + ±/+ ++ + ++

La Paixi RGF-Gblx B? f9-(10) 3-4 +/++ ++ ±/+ ±/+ ++ ++ – (k)

Cwastresse Doubleh RGF-Gblx B m9-12 3-4 – +/± + ±/+ ++ + ++ + (d,g,h,i)

Reine e de BlenheimRGF-Gblx UK f9-01 2-3 – +/± ±/+ ±/– + ++ ++ +/± (e,d,h)

RadouxRGF-Gbl B f9-01 4 ++ + ±/+ ±/+ + + + + (d,g,h,i)

Joseph Musch RGF-Gblx B f9-01 2 – + + ±/+ +/++ ++ ++ + (h,i,j)

(*)Reine e HernautRGF-Gblx B d10-04 4 – + + +/± +/++ ++ +/++ + (h,i)

Gris BraibantRGF-Gblx B? m10-05 3-4 – + ±/+ ±/+ +/++ + ++ + (g,h,i,j)

GodivertRGF-Gblx ? f10-05 3-4 – ±/+ ±/– ± ± ++ +/++ ±/+ (d,h,i)


++
Reine e de WaleffeRGF-Gblx B f9-d10-05 5 – + ± ±/– ++ ++ +

++
Reine e DuboisRGF-Gblx B m10-05 6 ++ ++ ± ±/– ++ ++ ++

(*)Président Van DievoetRGF-Gblx B f10-06 4 + ± ±/+ ± + +/++ +/++ +

 Principaux synonymes : a = Reine e Étoilée ; b = Belle-Fleur Double , Franc Bon Pommier ; c = Calville des Prairies, Pomme de
Côtes Simple ; d = Pe t Bon Pommier, Belle-Fleur Simple ; e = Verdia, Rabaël, Balleau, Lanscailler, Dubbele Belle Fleur, Belle-
Fleur d’Hiver ; f = Eysdener Klumke ; g = Keuleman ; h = Calville des Vergers, Triomphe du Luxembourg, Pomme de Côtes Double ;
i = Mother ; j = Cabare e (diffusée par le CRRG).
 Maturité : période de cueille e et de consomma on en condi ons de conserva on dans un bon frui er en cave ; 01, 02 ... 12 = janvier,
février ... décembre.
 Groupe de floraison : 1 = très précoce… 7 = très tardif.
 Qualité du pollen : détermine la valeur de la variété comme pollinisatrice : ++ très bon ; + bon ; - mauvais. Pour assurer la mise à fruit, la variété
pollinisatrice doit fleurir ± en même temps (même groupe de floraison ou maximum une classe avant ou après) que la variété à féconder, et
avoir un bon pollen .
 Sensibilité aux maladies : cote moyenne en année favorable à la maladie : ++ très faible (symptômes très rares) ; + faible (symptômes
immédiatement apparents, peu nombreux et sans préjudice pour la récolte) ; ± moyenne (symptômes nombreux, dégâts préjudiciables) ;
– élevée (symptômes très nombreux, perte d'environ 50 % des fruits ou des branches) ; = très élevée (symptômes extrêmement nombreux,
perte de la plupart des fruits ou des branches).
 Pour les quatre dernières colonnes : ++ très bon ; + bon ; ± assez bon ; – médiocre.
 Apprécia on globale : sans protec on fongicide : (a) résultat assez bon en situa on très favorable, sinon médiocre ; (b) nécessité de lu er
contre le chancre ; (c) très lente mise à fruit ; (d) produc on alternante ; (e) sensible au feu bactérien ; (f) actuellement très peu commercialisée ;
(g) mauvaise tenue des fruits à l'arbre ; (h) sensibilité au chancre dans certaines localités ; (i) plus forte sensibilité à la tavelure certaines années
et/ou dans certaines localités ; (j) sensibilité à la tavelure plus forte sur les feuilles que sur les fruits ; (k) variété à ne pas planter en haute- ge
car inadaptée ; (l) variété à chair rouge.
 Sources : observa ons originales et données bibliographiques (Anonyme, 1939 ; Anonyme, 1947-1948 ; Baker, 1986 ; Bul tude, 1984 ; Dufour,
ca. 1938 ; Kessler, 1945 ; Lijsten, ca. 1945 ; Petzold, 1982 ; S evenard, Lebrun, 1996 ; Van Cauwenberghe, De Keijzer, 1954 ; Vo eler, 1986).

M. LATEUR – Décembre 2020

244
Annexes

Aide au choix de variétés de poires mul pliées par les pépinièristes

Adapta on Qualité
Exposi ons
Période de Groupe Qualité Sensibi- Caractéris-
Caractéris ques conseillées Auto-
Demande cueille e et de de du lité ques gusta-
gusta ves pour Haute- fer lité
entre-greffe sur consomma on floraison pollen Tavelure Table Cuisson ves
espaliers ge
cognassier

Précoce de TrévouxTrad-RGF
N, E, S ± OUI - m08 2 + G5:G6 (AF) MS ++ S=A
(F, 1862)

Précoce HeninRGF-Gblx
N, E, S, O NON ± m08 3 + PS +/++ S=A
(B, ~1970 )

Bon Chré en WilliamsTrad-RGF


N, E, S OUI - f08-09 4 + MS +/++ + S=A + M
(UK, 1770)

Ananas de CourtraiTrad-RGF
N, E, S, O NON - f08-09 3 + PS ±/+ s
(B, 1784)

Calebasse à la ReineTrad-RGF
E, S, O NON + f08-09 4à5 + PS + ++ S=A +(ast)
(B, 1770)

Triomphe de VienneTrad-RGF
E, S, O OUI ± d09 4à5 + PS + S
(F, 1874)

Beurré DillyRGF-Gblx (B, 1840) N, E, S, O NON + d09-d10 3à4 + PS + + S>a

Poire de GrosRGF-Gblx
N, E, S, O OUI ++ d-m09-10 3à4 - PS ± ++ S=A
(B, var. paysanne)

Seigneur Esperen (B, 1827) E, S, O NON - m09-10 4 + MS(1) +/++ S

Beurré SuperfinTrad-RGF
E&S NON - m09-10 4à5 + (AF) MS ++ S=A
(F, 1844)

Double PhilippeTrad-RGF,
Doy. Boussoch, N, E, S OUI ++ m09-10 3 - (AF) MS + + S=A
Brré de Mérode (B, 1800)

Beurré LebrunTrad-RGF
N, E, S, O NON ± m09-10 3à4 + AF PS + + s+m
(F, 1856)

ConférenceTrad-RGF (UK, 1884) E&S NON ± m09-11 4à5 + AF MS(1) + ± S


RGF-Gblx
Saint-Mathieu
N, E, S, O OUI ++ m09-11 5 - PS(1) ± ++ S>a + (ast)
(B? ou F?)

Louise Bonne
E&S NON - f09-10 2à3 + (AF) MS/TS ++ S=A
d'AvrancheTrad-RGF (F, 1778)

Beurré ChaboceauTrad-RGF E, S, O (Haute-


++ f09-10 4à5 + PS + ++ S>a
Je espeer (B, 1790) (Haute- ge) ge)

Beurré Hardy (F, 1820) E&S NON - f09-10 4 + TS +/++ S=A

Durondeau (B, 1811) E&S NON - f09-11 4 + (AF) TS + + s<A + (ast)

William's Duchess
E&S NON - f09-10 4 - MS ±/+ + S=A + (ast)
(UK, 1841)

LégipontTrad-RGF (B, ~1800) E&S OUI ++ f09-11 3à4 + MS/TS ++ S

Doyenne du Comice
E&S NON - d10-11 6à7 + TS +++ S=A
(F, 1849)

Duchesse d'Angoulème
E&S NON - d10-11 3à4 + TS +/++ S=A
(F, 1840)

Nec Plus MeurisRGF-Gblx


E, S, O OUI ± d10-12 2 + PS +/++ S=A
(Beurré d'Anjou) (B, 1822)

Jeanne d'Arc (F, 1893) E&S NON - d10-12 4à5 + MS/TS + S=A

Jules d'AirolesTrad-RGF
E&S NON ? m10-12 6 ± à -? MS +/++ + S=A
(F ou B, 1836)

Beurré de Naghin (B, 1840) E&S NON + m10-12 3à4 + MS +/++ S=A
Trad-RGF
Beurré d'Hardenpont
E&S NON ± m10-01 4à5 ± MS/TS +/++ S=A
(B, 1759)

245
Adapta on Qualité
Exposi ons
Période de Groupe Qualité Sensibi- Caractéris-
Caractéris ques conseillées Auto-
Demande cueille e et de de du lité ques gusta-
gusta ves pour Haute- fer lité
entre-greffe sur consomma on floraison pollen Tavelure Table Cuisson ves
espaliers ge
cognassier

Beurré Alexandre LucasTrad-


RGF E&S ± OUI + m10-01 1à2 - MS(1) + + s<A
(F, 1870)

Madame GrégoireRGF-Gblx
E&S ± OUI + m10-02 1à2 - PS/MS(1) + + s=a
(B, 1860)

Joséphine de MalinesTrad-RGF
E, S, O ± OUI ± f10-01 5 + PS +/++ S
(B, 1830)

Bronzée d'EnghienRGF-Gblx
E, S, O NON ++ d-m10-02 4à5 + PS + ++ s<A + (ast)
(B, 1830)

Comtesse de ParisTrad-RGF
E, S, O NON + m10-02 1 + PS +/± + s
(F, 1884)

Saint-Rémy (B, ± 1850) E&S OUI ++ m10-04 4 - MS/TS - ++ ast

 Variétés : ( ) = Pays d’origine et date d’obten on ; RGF-Gblx = acronyme Ressources Géné ques Frui ères appliqué aux variétés diffusées par
le CRA-W ; Trad-RGF = acronyme pour des variétés tradi onnelles rela vement bien adaptées à des produc ons sans usage de traitements
 Exposi ons conseillées pour les espaliers : N = Nord ; E = Est ; O = Ouest ; S = Sud
 Adapta on : Demande une entre-greffe sur le porte-greffe cognassier (basses- ges) : OUI = variétés incompa bles ou de trop faible vigueur si
greffées directement sur le cognassier ; NON = se greffent directement sur le cognassier sans problème
 Période de cueille e et de consomma on : période moyenne de cueille e et de consomma on après conserva on en bonne cave ;
01, 02… 12 = janvier, février… décembre ; d = début , m = mi , f = fin
 Groupe de floraison : 1 = très précoce... 4 = moyenne saison… 7 = très tardif
 Qualité du pollen : détermine la qualité de la variété en tant que pollinisateur : + = très bon pollinisateur ; - = mauvais pollinisateur
 Auto-fer lité par elle : AF = variétés parthénocarpiques qui produisent des fruits sans être nécessairement fécondées.
 Sensibilité de la variété à la tavelure sans traitement fongicide : PS = peu sensible ; MS = moyennement sensible (variable suivant les années
et les endroits, à réserver de préférence en espaliers) ; TS = variété très sensible (dont la culture en plein vent est risquée - à réserver en
espaliers bien exposés) ; (1) variétés dont la sensibilité à la tavelure est variable suivant les endroits
 Qualité table et/ou pour cuire : ++ = excellent ; +/++ = très bon ; + = bon ; ± = moyen ; - = médiocre
 Caractéris ques gusta ves : S = très sucré ; s = moyennement sucré ; A = très acide ; a = moyennement acide ; ast = astringent ; M = arôme
par culièrement musqué.
 Explica ons succinctes sur la féconda on des arbres frui ers et le choix de pollinisateurs : en règle générale, les variétés d'arbres frui ers
n'ont pas la capacité de se féconder avec leur propre pollen. Communément, pour les variétés qui fleurissent en moyenne saison (groupe 4),
il n’est pas nécessaire de choisir de pollinisateur ; pour les variétés à floraison précoce ou tardive, il faut obligatoirement planter deux variétés
dis nctes du même groupe de floraison, ou d’un groupe mitoyen, et dont l'une au moins a un bon pollen.
 Remarques :
ο Certaines variétés sont dites autofer les . En poires ces variétés sont le plus souvent « parthénocarpiques » : elles peuvent être plantées
seules car elles produisent des fruits sans être fécondées ; elles peuvent aussi féconder les autres variétés classées dans les groupes de
floraison similaires.
ο Dans le cas des variétés appartenant aux groupes de floraison 3, 4 ou 5 (qui sont les groupes de floraison les plus courants) et si vous
habitez dans un endroit parsemé de poiriers situés dans un rayon de moins de 100 m, il y a de très grandes chances que votre arbre puisse
être fécondé. Pour les variétés dont la floraison est soit très précoce (groupes 1 et 2) soit très tardive (groupes 6 et 7), il est vivement
conseillé de planter une variété pollinisatrice spécifique.
ο Les variétés « RGF-Gblx » (Ressources Géné ques Frui ères) sont des anciennes variétés spécialement sélec onnées par le CRA-W
(Gembloux) pour leur robustesse et leur tolérance aux principales maladies.
 Exemples pra ques de choix de pollinisateurs :
(1) Vous désirez planter la variété Saint-Mathieu appartenant au groupe de floraison 5 . Vous pourrez choisir pour pollinisatrices
des variétés qui ont un bon pollen et qui appar ennent au groupe de floraison 5 (p. ex. : Joséphine de Malines ou Beurré Chaboceau),
mais vous pouvez aussi sélec onner des variétés appartenant au groupe de floraison qui précède (p. ex. : Seigneur Esperen, groupe 4 )
ou, éventuellement, au groupe qui suit.
(2) Dans le cas par culiers où vous voulez planter la variété Double Philippe , située dans le groupe 3 mais qui a un mauvais pollen
(mauvaise pollinisatrice), vous devriez idéalement planter deux autres variétés qui ont obligatoirement un bon pollen et qui sont situées
dans les groupes de floraison 2 , 3 ou 4 (p. ex. Beurré Lebrun et Nec Plus Meuris) qui pourront à la fois féconder la Double
Philippe et se féconder entre elles. Favorisez la présence d’insectes pollinisateurs en développant des bandes fleuries et des abris à
abeilles sauvages.

M. LATEUR – Décembre 2020

246
Annexes

Caractéris ques des principales variétés tradi onnelles de pruniers offertes à la vente par les pépiniéristes
en Belgique
A. Variétés tradi onnelles

Qualité du fruit
Groupe de Auto- Sensibilités Apprécia on
Variétés et pays d'origine Maturité Produc on
floraison pollinisa on majeures globale
Table Culinaire

Early Laxton UK f7-d8 2-3 1/2 r pl c+ ±

Early Rivers (Rivers Early Prolific) UK f7-d8 2 1 r + c+ ++

Reine-Claude d'Oullins F d8-m8 3 2 r + c+ +

Monsieur Hâ f F d8-m8 3 0 v ec, fr, gu +/++ +

Bleue de Belgique B d8-m8 3 0/1 a +/++ +

Belle de Louvain B m8-f8 4 2 a go, mo, pl ± c++ -/±

Reine-Claude d'Althan H m8-f8 3 0 a/r ec, mo,t +/++ ±/+

Queen Victoria UK f8-d9 2-3 2 rr pl ±/+ c+ -/±

Reine-Claude Dorée (R-C Verte) ? f8-d9 3 0 vf ec ++ +

Mirabelle de Nancy F f8-d9 4 1 r t + c++ +

Altesse Double I m9 4 1/2 v ca + c+, t++ ±

Altesse Simple ? m9-f9 4 2 a ca + c+, t++ +

Monarch UK f9-d10 2 2 v ma ±/+ -

Reine-Claude de Bavay B f9-d10 2 2 f ma ±/+ ±

B. Variétés anciennes "RGF" diffusées par le CRA-W de Gembloux

Qualité du fruit
Groupe de Auto- Sensibilités Apprécia on
Variétés et pays d'origine Maturité Produc on
floraison pollinisa on majeures globale
Table Culinaire

Belle de Thuin B m8-f8 1-2 0 rr mo, gu, fr +/++ c++, t++ ++

Wignon B m9-f9 3 2 v + c++, t++ +

Prune de Prince B m9-d10 1-2 2 rr r ++ c++ ++

Sainte-Catherine B f9-m/f10 3-(4) 2 rr t + c++, t++ +

 Maturité : le tableau est divisé en trois sec ons séparant les variétés précoces, de moyenne saison et tardives : 7 à 10 = juillet à octobre ; d =
début , m = mi , f = fin.
 Groupe de floraison : 1 = très précoce... 4 = tardif.
 Autopollinisa on : 0 = autostérile ; 1 = par ellement autofer le ; 2 = autofer le ; 0/1 = autostérile ou par ellement autofer le, selon les
sources.
 Produc on : (f) faible ; (v) variable suivant la localité ou l'année ; (a) alternante ; (r) régulière ; (rr) régulière et élevée.
 Sensibilités majeures : (ca) fruit a aqué par le carpocapse ; (ec) fruit éclatant facilement à la pluie ; (fr) épiderme fragile, se tachant à
la pluie ; (go) fruit contenant souvent de la gomme ; (gu) fruit très a aqué par les guêpes ; (ma) matura on incomplète par automne
froid ; (mo) fruits moniliés par temps humide ; (pl) arbre sensible au plomb à stereum ; (t) sensibilité à la tavelure du prunier ;
(r) sensibilité à la rouille.
 Pour les trois dernières colonnes : ++ très bon ; + bon ; ± assez bon ; - médiocre.
 Qualité du fruit : (c) compotes et confitures ; (t) tartes.
 Sources : observa ons originales et données bibliographiques (Anonyme, 1979 ; Baker, 1986 ; Belmans, 1986 ; Dufour, ca. 1938 ;
Gauthier, 1978 ; Van Cauwenberghe, 1935 ; Van Cauwenberghe, de Keijzer, 1954).

M. Lateur, 2017

247
Annexe 17 : aide au choix des essences dans le cadre d’une planta on d’arbres
têtards
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté

Aulne glu neux Charme commun Châtaignier Chêne rouge d’Amérique


Facilité
oui oui oui oui
conduite en têtard

Produc on biomasse ± - + ±

Pouvoir calorifique - ++ + +

Usages directs BO, BF, BS, BRF BF, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF
 op mum en sols
meubles, profonds, frais  op mum : sols légers,
 alluvions des fonds de et bien drainés profonds et frais
vallée y compris sols  tolérant aux sta ons à  bon drainage
 tolérant à l'anoxie, à la
engorgés tendance sèche, aux sols  acidophile à neutrocline
compacité et aux sols
 acidocline légers peu profonds et  argile compacte
Sta on légers
 sols de texture légère caillouteux  hydromorphie
 acidocline à neutrocline
 drainage excessif  acidophile à neutrocline permanente
 sols très acides
 engorgement permanent (pH < 7)  calcaire ac f (< - 40 cm)
 sols compactés  grands froids et gelées  fonds à gelées
 sols compacts et
engorgés
 tolérance à la sécheresse :
 bon poten el d'avenir :
régula on précoce de la
essence exigeante en
transpira on
 risques : sécheresses chaleur
 tolérant au manque  bonne résistance au
Changement fréquentes et déficit  peu sensible aux
d'eau : bon poten el vent : enracinement très
clima que d’approvisionnement sécheresses es vales
d'avenir développé
en eau  gelées tardives si
 bon poten el d'avenir :
débourrement plus
valorisa on de terres
précoce
acides et légères
 consommé par le bétail  excellent fourrage :  intérêt pour les caprins :
Fourrage  très appétent
mais peu appétent feuilles et ramilles surtout les jeunes feuilles
 croissance rapide
 fixateur d’azote  usage en  croissance rapide
 croissance rapide
 rôle majeur dans la gemmothérapie et  intérêt pour les parcours
 bois durable en
qualité des eaux oncologie (cancer de de porcs en plein air :
Par cularités extérieur : piquets,
 main en des berges et l’utérus) produc on élevée de
tuteurs, bardages…
des sols  meilleur pouvoir glands
 produc on de châtaignes
 bois immergé calorifique  piquets de clôture
imputrescible
 essence rus que
 essence rus que  fixa on et structura on
 enracinement très  essence rus que peu
 recyclage des éléments du sol : ++
puissant et développé sensible aux maladies et
minéraux : ++  recyclage des éléments
favorisant l’aéra on et la aux ravageurs
 fane améliorante à minéraux : +
Avantages structura on du sol (VS  recyclage des éléments
impact posi f sur le  fane de bonne
sols compacts) minéraux profonds : +
cycle des éléments décomposi on : +
 fane améliorante riche  fane avec C/N élevé :
 fixa on et structura on  mellifère : +
en azote et à rapport C/N humus de qualité
du sol : ++  poten el biologique : ++
faible

248
Annexes

Chêne sessile Chêne pédonculé Frêne commun Robinier faux acacia


Facilité
oui oui oui oui
conduite en têtard
Produc on biomasse - ± + ++

Pouvoir calorifique + + + ++

Usages directs BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF
 large amplitude  op mum : sols profonds,
écologique meubles et aérés
 op mum : sols profonds  op mum : sols fer les,  tolérance : sols
 op mum : sols riches,
et frais meubles et profonds superficiels et
sains, profonds et frais
 tolérance : sols plus  richesse minérale caillouteux
 bon approvisionnement en
pauvres (acides élevée : neutrocline (5  plutôt neutrocline :
eau mais sans excès
ou calcaires), plus < pH < 7) 5,5 < pH < 7
Sta on  bonne richesse
superficiels et  tolérance : sols  sensibilité aux sols
minérale : pH neutrocline
subhumides compacts engorgés ou à régime
à basicline
 enracinement puissant  très sensible au hydrique alterna f
 sols sableux ou trop
peu sensible à la manque d'eau : besoin  al tude > 300 m :
compactés
compacité d'apports constants température trop
 sensible à l'engorgement faible, dégâts de gelées
permanent précoces et tardives
 sensible aux
 grande plas cité sécheresses es vales  essence rus que
 décimé par la chalarose,
écologique : et aux stress hydriques très tolérante à la
Changement il est déconseillé d'en
essence assez résistante  le cantonner à des sécheresse et aux fortes
clima que planter encore en l'état
au manque d'eau sta ons présentant températures
actuel de la situa on
 bon poten el d'avenir une bonne réserve  bon poten el d'avenir
u le en eau
 arbre fourrager numéro
 intérêt pour les caprins :  intérêt pour les
1, très appétent pour le
surtout les jeunes feuilles caprins : surtout les  réputé comme arbre
Fourrage bétail, même les rameaux
en pe te quan té jeunes feuilles en fourrager
et les feuilles tombées à
pe te quan té
terre à l'automne
 fixateur d'azote
 intérêt pour les  croissance très rapide
 intérêt pour les parcours
parcours de porcs en  très longue durabilité
de porcs en plein air :  feuilles et écorce
plein air : produc on naturelle : piquets,
produc on de glands largement u lisées en
de glands tuteurs
Par cularités  piquets de clôture pharmacie.
 piquets de clôture  drageonnement s mulé
 trognes de bois précieux  trognes de bois précieux
 trognes de bois par la taille des rameaux
(loupes) (loupe)
précieux (loupes) et les blessures sur les
 croissance lente
 croissance lente racines : peut devenir
invasif
 cortège d'espèces
associées important
 recyclage des éléments
 réservoir  réservoir
minéraux : ++  recyclage des éléments
d'auxiliaires : ++ d'auxiliaires : ++
 fane améliorante à rapport minéraux : ++
 fixa on et structura on  fixa on et
C/N faible : humus de  fane améliorante riche
du sol : + structura on du sol : +
Avantages qualité même en contexte en azote et à rapport
 recyclage des éléments  recyclage des éléments
de sol acide C/N faible : ++
minéraux profonds : + minéraux profonds : +
 favorise l’ac vité  fixa on et structura on
 fane avec C/N élevé :  fane avec C/N élevé :
biologique et le main en du sol : ++
humus de qualité humus de qualité
de la qualité des sols
 fixa on et structura on du
sol : +

249
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté

Érable champêtre Érable plane Érable sycomore Peuplier grisard


Facilité
oui oui oui oui
conduite en têtard
Produc on biomasse ± ± ± +
Pouvoir calorifique ± ± ± -
Usages directs BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BRF

 op mum : sols riches,


 op mum : sols riches, sains, profonds et frais
 adapta on : sta ons profonds et frais  tolérance : sols
 op mum : sols profonds
sèches, sols superficiels  adapta on : sta ons superficiels, rocheux et/
(> 40 cm), frais et bien
et caillouteux sèches et versants ou caillouteux
approvisionnés en eau
 peu sensible à la sud, sols superficiels,  bon approvisionnement
 tolérance : sols engorgés
compacité caillouteux en eau mais sans excès
Sta on et compacts
 richesse minérale  richesse minérale  bonne richesse
 légèrement acidocline à
élevée : neutrocline à élevée : pH neutrocline à minérale : pH neutrocline
basicline : pH > 5,5
basicline basicline à basicline
 al tude > 400 m :
 sols engorgés  sols sableux ou  sols sableux ou
implanta on limitée
 al tude > 400 m compactés compactés
 al tude > 500 m  versants chauds
 al tude > 500 m

 forte hygrométrie
 hygrométrie et réserve  sensible aux sécheresses
(versant nord,
 peu sensible aux hydrique du sol es vales et déficits
brouillards) et bonnes
condi ons clima ques : inférieures au sycomore hydriques
Changement réserves en eau :
gelées, sécheresses, et supérieures au  cantonner l'essence à
clima que cantonner l'essence à
canicules champêtre des sta ons présentant
des sta ons présentant
 bon poten el d'avenir  bonne résistance au vent une bonne alimenta on
une bonne alimenta on
 bon poten el d'avenir en eau
en eau

 excellent fourrage sec  feuillage consommé par  feuillage consommé par


d'hiver le bétail le bétail
Fourrage  feuilles, fruits et  feuilles, fruits et  feuilles, fruits et  feuillage apprécié du
rameaux : toxicité pour rameaux : toxicité pour rameaux : toxicité pour bétail
les chevaux les chevaux les chevaux

 tolérance aux condi ons


 usage en phytothérapie clima ques difficiles :
et en cosmé que  bois de qualité à haute installa on possible dans  croissance précoce et
 perchoirs à volailles : valeur économique les trous à gelées , rapide
Par cularités
bois de poule  croissance rapide versants très ombragés  régénéra on végéta ve
isolant par son écorce et encaissés par drageons
caractéris que  croissance rapide de bois
de qualité recherché

 poten el biologique : ++  poten el biologique : ++  poten el biologique : ++


 recyclage des éléments
 fixa on et structura on  fixa on et structura on  fixa on et structura on
minéraux : +
du sol : ++ du sol : ++ du sol : ++
 fane de bonne
Avantages  enracinement puissant et  enracinement puissant et  enracinement puissant et
décomposi on : ±
recyclage des éléments recyclage des éléments recyclage des éléments
 fixa on et structura on
minéraux profonds : ++ minéraux profonds : ++ minéraux profonds : ++
du sol : ±
 fane améliorante : ++  fane améliorante : ++  fane améliorante : ++

250
Annexes

Peuplier tremble Peuplier noir Saule blanc Saule cendré

Facilité oui
oui oui oui
conduite en têtard mais en plus pe ts sujets

Produc on biomasse + ++ ++ +

Pouvoir calorifique - - - ±

Usages directs BO, BF, BRF BO, BF, BRF BO, BF, BRF BS, BRF

 op mum : sols sains,


frais et profonds  op mum : sols riches
(> 40 cm)  op mum : sols profonds (pH > 5,5) et profonds,  op mum : sols profonds,
 tolérance : sols engorgés (> 50 cm), frais sans être alimenta on importante humifères à eaux
et compacts, sta ons engorgés et régulière en eau stagnantes (essence
sèches (mais produc on  acidocline à basicline :  tolérance : sols compacts hygrophile)
Sta on réduite) pH > 5,5 et engorgés  tolérance : sols plus secs
 facteurs clima ques :  sensible aux sols  sols acides  richesse du sol
peu sensible compacts et engorgés  al tude > 500 m : importante : essence
 large gamme de richesse  al tude > 300 m : dégât sensible aux gelées, neutrocline (5,5 < pH
de sols : acides à de gelées grands froids, neiges et < 7)
carbonatés givres
 al tude : aucun risque

 sensible aux sécheresses


es vales et déficits  choix de cul vars plus  essence rus que et
 essence rus que
hydriques résistants au froid résiliente
Changement résiliente
 cantonner l'essence à  cul vars plus ou moins  supporte des milieux
clima que  sensible au déficit
des sta ons présentant sensibles à la sécheresse plus secs
hydrique
une bonne alimenta on et à la casse  bon poten el d'avenir
en eau

 feuillage, chatons et  feuillage, chatons et


 feuillage apprécié du  feuillage apprécié du
Fourrage jeunes pousses très jeunes pousses très
bétail bétail
appétents appétents

 croissance rapide
 main en des sols et des
 croissance précoce et  bois de tressage
 croissance précoce et berges
moyennement rapide  main en des sols et des
rapide  épura on des eaux
Par cularités  régénéra on végéta ve berges
 régénéra on végéta ve  assainissement des
par drageons  épura on des eaux
par drageons sols chargés en métaux
lourds
 usage en gemmothérapie

 poten el biologique  recyclage des éléments  biodiversité  biodiversité


élevé : ++ minéraux : ++ poten elle : ++ poten elle : ++
 recyclage des éléments  fane améliorante et  recyclage des éléments  recyclage des éléments
Avantages minéraux : ++ forma on d'un humus de minéraux : ++ minéraux : ++
 fane améliorante : + qualité : +  fane améliorante : ++  fane améliorante : ++
 fixa on et structura on  fixa on et structura on  fixa on et structura on  fixa on et structura on
du sol : + du sol : + du sol : ++ du sol : ++

251
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté

Saule fragile Saule marsault Saule pourpre Saule des vanniers

Facilité oui oui


oui oui
conduite en têtard mais en plus pe ts sujets mais en plus pe ts sujets

Produc on biomasse ++ ++ + +

Pouvoir calorifique - - - -

Usages directs BS, BRF BS, BRF BS, BRF BS, BRF

 op mum : sols profonds


ou superficiels mais frais
(mésophile à hygrophile)
 op mum : sols  op mum : sols  op mum : sols
 tolérance : sols moins
alluvionnaires, humides alluvionnaires grossiers, alluvionnaires fins,
Sta on humides que les autres
et fer les (pH > 5.5) riches en bases et fer les et bien pourvus
espèces de saules
 essence calcifuge moyennement secs en eau
 essence pionnière à
large amplitude, plutôt
neutrocline
 essence rus que et
 essence rus que,
résiliente en sta on
 essence rus que et  essence rus que, pionnière et résiliente
Changement alluviale
résiliente pionnière et résiliente  sensible au déficit
clima que  bon poten el d'avenir
 bon poten el d'avenir  bon poten el d'avenir hydrique en sta on
 sensible au déficit
alluviale
hydrique

 feuillage, chatons et
jeunes pousses très
 feuillage, chatons et  feuillage, chatons et  feuillage, chatons et
appétents
Fourrage jeunes pousses très jeunes pousses très jeunes pousses très
 largement u lisés
appétents appétents appétents
comme fourrage pour les
chèvres

 bois de tressage  bois de tressage


 épura on des eaux  recommandé pour les  phytoremédia on :
 main en des sols et des  assainissement des travaux de protec on assainissement des sols
berges sols chargés en métaux végétale des berges pollués
 épura on des eaux lourds (fascinage, tressage,  recommandé pour les
Par cularités
 assainissement des  usage en gemmothérapie bouturage) travaux de protec on
sols chargés en métaux  mellifère  main en des sols et des végétale des berges
lourds  le seul saule ne se berges et des sols : fascinage,
bouturant pas  épura on des eaux bouturage
 essence pionnière  épura on des eaux

 biodiversité  biodiversité  biodiversité  biodiversité


poten elle : ++ poten elle : ++ poten elle : ++ poten elle : ++
 recyclage des éléments  recyclage des éléments  recyclage des éléments  recyclage des éléments
Avantages minéraux : ++ minéraux : ++ minéraux : ++ minéraux : ++
 fane améliorante : ++  fane améliorante : ++  fane améliorante : ++  fane améliorante : ++
 fixa on et structura on  fixa on et structura on  fixa on et structura on  fixa on et structura on
du sol : ++ du sol : ++ du sol : ++ du sol : ++

252
Annexes

Tilleul à grandes feuilles Tilleul à pe tes feuilles


Facilité
oui oui
conduite en têtard

Produc on biomasse + +

Pouvoir calorifique ± ±

Usages directs BO, BF, BRF BO, BF, BRF

 op mum : sols profonds, sains et légers, frais ou bien


 op mum : sols profonds, sains et légers, frais ou bien
drainés
drainés
 tolérance : sols compacts, superficiels, rocheux et
 tolérance : sols compacts, superficiels, rocheux et
caillouteux
Sta on caillouteux
 sols acides : exige une richesse minérale élevée
 adapté en al tude
(neutrocline à basicline)
 peu adapté aux sols acides : neutrocline
 très sensible à l'engorgement
 sensible à l'engorgement
 al tude > 500 m : déficit de températures es vales

 peu sensible aux condi ons clima ques en général  peu sensible aux condi ons clima ques en général
Changement
 résistant aux sécheresses et canicules  résistant aux sécheresses et canicules
clima que
 bon poten el d'avenir  bon poten el d'avenir

Fourrage  autrefois u lisé comme arbre fourrager  autrefois u lisé comme arbre fourrager

 usage en gemmothérapie  usage en gemmothérapie


Par cularités
 trognes de bois précieux : tournage, sculpture  trognes de bois précieux : tournage, sculpture

 biodiversité poten elle : ++,  biodiversité poten elle : ++,


 recyclage des éléments  recyclage des éléments
minéraux : ++, minéraux : ++
Avantages
 fane riche en éléments nutri fs et rapidement  fane riche en éléments nutri fs et rapidement
décomposée : + décomposée : +
 fixa on et structura on du sol : ++  fixa on et structura on du sol : ++

Il est déconseillé de planter du frêne, a eint par la chalarose et dépérissant à grande échelle ; ce e essence se prête
pourtant par culièrement bien à la conduite en têtard et demeure un excellent fourrage apprécié par le bétail.

253
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256
Crédit photos © INRA, Chaval Y. : p. 117 (3)

© CDAF asbl, à l'excep on des photos suivantes : © Goosse E. : p. 123


© Agraost : p. 124 (colonne de gauche : 1)
© Baudry O. : couverture (1) ; p. 168 (1)
© Cahez F. : p. 125 (2)
© Noiret Cl. : couverture (2) ; p. 13 (10) ; p. 163 (1) ;
p.181 (1) © Habo belgium : p. 131 (colonne de gauche : 2) ; p. 223 (2)

© Coq des prés : couverture (6) ; p. 175 (2, 3, 6, 7) © Clemens : p. 132 (1) ; p. 133 (2, 6)

© Trans Agro Forest : p. 13 (2) ; p. 16 ; p. 17 (1) ; © Ecosep : p. 132 (2)


p. 19 (2) ; p. 26 ; p. 43 (2) ;p. 96 (5) ; p. 164 (3) ; p. 165 (3) ; © Egretier : p. 132 (3) ; p. 133 (4)
p.168 (3) ; p. 170 (2) ; p. 173 (2)
© Naturagriff : p. 133 (1)
© Noremat : p. 13 (7) ; p. 127 (1) ; p. 139 (1) ; p. 140 (2)
© Rinieri : p. 133 (3)
© Wartelle R. : p. 21 (1) ; p. 142 ; couverture de dos (1)
© Chabas : p. 133 (5)
© Giser : p. 20 ; p. 21 (2) ; p. 23 ; p. 44
© Greentec : p. 137 (1) ; p. 140 (1)
© Consortium Agroforestry Vlaanderen : p. 31 (3) ;
p. 200 (1, 2) ; p. 201 (3) ; p. 223 © Soreau : p. 135 (6)
© Guntamatic : p. 34 (5) © Rousseau : p. 136 (1) ; p. 139 (3)
© IDF : p. 37(3) ; p. 227 (1) © Ben Wye : p. 144
© Diversifruits : p. 39 (1) ; p. 88 (1) © Green agri : p. 151 (6)
© Mahieu (de) F. : p. 39 (6) © Hick A. : p. 161 (3 criblage)
© Phitech : p. 41 (5) ; p. 42 (3) ; p. 188 (1) © Vis S. : p. 161 (4 séchage)
© WalonMap, IGN, SPW : p. 55 ; p. 56 ; © Ferme Frison : p. 175 (4, 8)
p. 57 (colonne de droite)
© Ferme du coin² : p. 91 (2) ; p. 180 (2, 3, 4)
© MGM : p. 64 (5)
© Dominik Rutz ([Link]@[Link]) : p. 188 (3)
© Agro-Transfert RT : p. 67 (3, 4, 5, 6, 7) ; p. 68 ;
© CRAHdf, Le Wast G. : p. 206
p. 69 (1, 2, 3)
© Nortène® : p. 222
© [Link] : p. 59
© Bio Sodisac® : p. 223 (2)
© Forêt Wallonne asbl : p. 78
© Eco Protect Plant : p. 224 (2) ; p. 225 (1)
© Damcon BV : p. 86 (3)
© Brogniet D. : p. 91 (1)
© Heins Th. : p. 88 (2)
[Link]/c2sky : p.124 (colonne de droite)
© Chevalard : p. 96 (6)
[Link]/TobyPhotos : p.125 (1)
© Van Lerberghe Ph. : p. 104 (1)
Libre de droit : p. 32 (1, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; p.35 (1) ;
© CRPF Midi-Pyrénées : p. 104 (2)
p. 39 (5) ; p. 73 ; p. 117 (1) ; p. 199 (1, 2)
© Cyclone : p. 114 (colonne de gauche : 2,3) ;
p. 115 (colonne de gauche : 1) NB : Les photographies sont numérotées respec vement du
© INRA : p. 117 (2) haut vers le bas, par colonne indiquée (gauche ou droite) et/
ou par page (p.) de gauche à droite.
257
Table des ma ères
A. Première phase : préparer son projet
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées 20
1.1. FoncƟons des éléments agroforesƟers 20
1.1.1. Protec on des sols 20
1.1.2. Protec on des eaux 25
[Link]. Eaux de surface 25
[Link]. Eaux souterraines 27
1.1.3. Tampon clima que 27
[Link]. Effet brise-vent 27
[Link]. Effet sur les températures 28
1.1.4. Protec on de la biodiversité et des agroécosystèmes 32
1.1.5. Protec on et intégra on des bâ ments 33
1.1.6. Purifica on de l’air 33
1.1.7. Bénéfices socio-économiques 34
1.2. ProducƟons des éléments agroforesƟers 36
1.2.1. Produc ons ligneuses 36
1.2.2. Produc ons et bénéfices associés 39

2. Choix du modèle agrofores er per nent 40


2.1. Typologie des éléments agroforesƟers 40
2.2. LocalisaƟon 43
2.3. OrientaƟon 43
2.4. Structure de plantaƟon 45
2.5. Densité de plantaƟon pour la producƟon de bois de qualité 46
2.6. Écartement (E) entre les lignes d’arbres 48
2.7. Espacement (e) entre les arbres au sein de la ligne 49
2.8. Largeur de la tournière (l) 52
2.9. Distance de sécurité par rapport aux câbles, conduites et lignes électriques 53
2.10. LégislaƟon 53
2.11. DéfiniƟon du nombre d’arbres à planter 54

3. Diagnos c sta onnel et choix des essences 56


3.1. CaractérisaƟon du site par l’invesƟgaƟon cartographique 56
3.2. Enquête de terrain 56
3.3. Examen de la staƟon 58
3.4. Choix de(s) l’essence(s) 58

258
B. Deuxième phase : installer son projet
4. Travaux préparatoires 64
4.1. Pré-piquetage 64
4.2. DestrucƟon d’un éventuel couvert 64
4.3. PréparaƟon du sol 65
4.3.1. Diagnos c physique et orienta on du travail du sol 65
4.3.2. Travail du sol 70
4.4. Semis d’un couvert 72
5. Planta on 74
5.1. Piquetage 74
5.1.1. Piquetage avec un cordeau 74
5.1.2. Piquetage avec des jalons 74
5.1.3. Posi onnement d’alignements parallèles 75
5.1.4. Planta on suivant les courbes de niveau 77
5.2. Choix des plants, provenance et récepƟon 78
5.3. Habillage des plants 79
5.4. Mise en terre des plants 80
5.4.1. Période de planta on 80
5.4.2. Planta on de plants en godet 81
5.4.3. Planta on de plants à racines nues 82
[Link]. Règles à respecter 82
[Link]. Planta on manuelle 83
[Link]. Planta on à la tarière 86
5.4.4. Planta on de boutures 86
5.4.5. Planta on de plançons 87
5.4.6. Planta on de frui ers 88
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols 92
6.1. Paillage 92
6.1.1. Types de paillage 93
[Link]. Paillages consistants 93
[Link]. Paillages fluides 93
6.1.2. Vitesse de dégrada on d’un paillage 94
6.1.3. Modalités de pose 94
[Link]. Installa on manuelle 94
[Link]. Installa on mécanique 96
6.1.4. Compara fs des paillages couramment u lisés 96
6.2. ProtecƟons 101
6.2.1. Types de dégâts 101
[Link]. Dégâts du bétail 102
[Link]. Dégâts du gibier et des rongeurs 103
259
6.2.2. Types de protec ons 105
[Link]. Protec ons mécaniques individuelles 108
[Link]. Protec ons mécaniques globales 108
[Link]. Protec ons répulsives 115
6.3. ProtecƟon contre les campagnols 115
6.3.1. Biologie 116
6.3.2. Méthodes de lu e préven ve 118
6.3.3. Méthodes de lu e cura ve 121
[Link]. Piégeages individuels 121
[Link]. Pièges et procédés collec fs 123
6.3.4. Conclusion 124

C. Troisième phase : valoriser et entretenir son projet


7. Entre en 128
7.1. Bilan de reprise et regarnissage 128
7.2. Dégagement 128
7.2.1. Désherbage chimique 129
7.2.2. Binage et désherbage mécanique avec travail du sol 130
7.2.3. Dégagement semi-mécanisé 134
7.2.4. Dégagement mécanisé 135
7.2.5. Pâturage contrôlé 136
7.3. EntreƟen aérien 137
7.4. Cernage des racines 143
7.4.1. Cernage naturel 143
7.4.2. Cernage mécanique 144
7.4.3. En pra que 144
8. Améliora on : forma on de bois d’œuvre de qualité 146
8.1. ProducƟon de bois de qualité 146
8.2. OpéraƟons d’amélioraƟon 146
8.2.1. Principes des tailles 146
8.2.2. Défauts à corriger 147
8.2.3. Fréquence d’interven on 150
8.2.4. Période d’interven on 150
8.2.5. Hauteur d’interven on 151
8.2.6. Ou llage et bonnes pra ques de coupe 151
8.2.7. Erreurs à éviter 153
8.2.8. Recommanda ons générales pour la taille de forma on 154
8.2.9. Émondage 155
8.2.10. Ra rapage d’un arbre non améliorable 156
8.2.11. Sécurité sanitaire 156
8.2.12. Taille des arbres frui ers 156
260
8.3. Traitement des linéaires mélangés et irréguliers 157
9. Récolte et transforma on 160
9.1. Récolte 160
9.2. Transforma on 161

D. Compléments
10. Modèles agrofores ers per nents 164
10.1. Les haies brise-vents 164
10.1.1. Caractéris ques 164
10.1.2. Per nences 166
10.1.3. Contraintes 166
10.2. Les plantaƟons de feuillus inter et intraparcellaires 168
10.2.1. Caractéris ques 168
10.2.2. Per nences 169
10.2.3. Contraintes 170
10.3. Les vergers hautes-Ɵges pâturés 170
10.3.1. Caractéris ques 170
10.3.2. Per nences 171
10.3.3. Contraintes 172
10.3.4. Bonnes pra ques 172
10.4. Les vergers maraîchers 172
10.4.1. Caractéris ques 172
10.4.2. Per nences 174
10.4.3. Contraintes 174
10.5. Les parcours à volailles 175
10.5.1. Caractéris ques 175
10.5.2. Per nences 178
10.5.3. Bonnes pra ques 178
10.6. Les alignements d’arbres têtards inter et intraparcellaires 180
10.6.1. Caractéris ques 180
10.6.2. Per nences 181
10.6.3. Contraintes 182
10.6.4. Bonnes pra ques 182
10.7. Les alignements de taillis inter et intraparcellaires 188
10.7.1. Caractéris ques de taillis à très courte rota on (TtCR) et courte rota on (TCR) 188
10.7.2. Per nences des TtCR et TCR 189
10.7.3. Contraintes des TtCR et TCR 189
10.7.4. Bonnes pra ques pour la planta on de taillis 190

261
10.8. Les alignements de peupliers périphériques 193
10.8.1. Caractéris ques 193
10.8.2. Per nences 194
10.8.3. Contraintes 195
10.8.4. Bonnes pra ques 195
10.9. Les bandes boisées 197
10.9.1. Caractéris ques 197
10.9.2. Per nences 198
10.9.3. Contraintes 198
11. Agroforesterie associée à un ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols 200
12. Subsides à la planta on 202
12.1. Aides financières en Wallonie 202
12.1.1. Subsides du DNF 202
12.1.2. Subsides MAEC 202
12.2. Aides financières en Hauts-de-France 203
Conclusion 205
Annexes 206
Annexe 1 : fiche BRF 206
Annexe 2 : potenƟel mellifère en nectar et pollen des arbres et arbustes 207
Annexe 3 : mesurer le pHeau du sol 209
Annexe 4 : coordonnées des laboratoires de proximité REQUASUD pour l’analyse des terres en Wallonie 210
Annexe 5 : coordonnées des laboratoires d’analyse de terre agréés pour la France 211
Annexe 6 : liste des essences éligibles pour la mesure 8.2 (FR) 213
Annexe 7 : essences d’arbres et d’arbustes adaptées par région (RW) 216
Annexe 8 : exigences et producƟons des espèces ligneuses 218
Annexe 9 : exemple de fiche essence Ɵrée de l’applicaƟon en ligne : Auxil’haie (FR) 221
Annexe 10 : protecƟons mécaniques individuelles 222
Annexe 11 : caractérisƟques techniques des clôtures électriques 234
Annexe 12 : caractérisƟques techniques des clôtures grillagées 236
Annexe 13 : caractérisƟques techniques des clôtures barbelées globales contre le bétail 238
Annexe 14 : caractérisƟques techniques des clôtures globales en bois contre les équidés 238
Annexe 15 : protecƟons répulsives 239
Annexe 16 : aide au choix de variétés de pommes, poires et prunes mulƟpliées par les pépiniéristes 243
Annexe 17 : aide au choix des essences dans le cadre d’une plantaƟon d’arbres têtards 248

Bibliographie 254
DocumentaƟons 254
Sites internet consultés 256
Crédit photos 257

262
Belgique - France
Édi on janvier 2021

Editrice responsable : Nathalie QUEVY - Province de Hainaut


Hainaut Développement - boulevard Ini alis 22 - 7000 Mons - Belgique
N° de dépôt légal : D/2021/10871/1
Impression sur papier FSC ou équivalent
Le passage à un système agrofores er nécessite d’acquérir certains prérequis en termes de sylviculture appliquée aux milieux ouverts
d’une part, et de reconsidérer certaines modalités de culture d’autre part. Ce guide technique de bonnes pra ques agrofores ères se
concentre sur la première théma que, c’est-à-dire l’arbre dans un contexte agricole.
Toute personne désireuse d’élaborer un projet en agroforesterie est non seulement confrontée au choix des essences, lesquelles doivent
être adaptées aux condi ons pédoclima ques des parcelles, mais aussi au choix du modèle agrofores er. Celui-ci doit perme re d’offrir un
maximum de fonc ons et de produc ons, recherchées par le ges onnaire, tout en étant le moins contraignant possible pour son ac vité.
Un projet agrofores er engage le porteur de projet pour une longue durée. Avant de planter, il convient de procéder à une réflexion
complète et approfondie afin de fixer les objec fs et d'analyser les contraintes. Il faut ensuite planifier la planta on en prenant soin
d’adopter des techniques et des protec ons qui assurent la viabilité maximale des arbres plantés. Il faut, enfin, assurer le suivi des arbres
pour produire du bois de qualité et/ou entretenir le linéaire. L’agroforesterie moderne étant une pra que encore innovante, il en va de la
responsabilité de chacun de parfaire les planta ons pour assurer un bon retour d’expérience dans le futur, afin de développer davantage
la filière.
Face à la complexité de ce e tâche, requérant des compétences mul ples et des ou ls de diagnos c ou d’aide à la décision, la rédac on
du Guide technique de l’agroforesterie est apparue nécessaire afin de synthé ser et valoriser les connaissances pra ques actuelles. Fruit
d’un partenariat des opérateurs du projet Interreg - Trans Agro Forest, ce guide définit, pour chaque étape du processus, les condi ons
minimales assurant la qualité de la réalisa on. Il retrace les différentes étapes à considérer pour élaborer un projet réussi sur le plan
sylvicole et permet ainsi à tout un chacun de mûrir efficacement son plan d’ac on.
Validé par l’expérience de terrain, ce livre est tout par culièrement des né à appuyer le travail de conseil et de presta on sur le terrain.
Abondamment illustré de photographies, de figures et de tableaux, il s’avère aussi un ou l indispensable aux enseignants, aux étudiants et
à tout amateur d’arbres et d’agroforesterie.

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