Guide Technique TAF Haute Définition
Guide Technique TAF Haute Définition
Avec le sou en du Fonds européen de développement régional - Met steun van het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling
Guide technique
de l’agroforesterie
Préparer, installer, entretenir
et valoriser son projet
Corédac on
Pascal BALLEUX (CDAF asbl)
Relecture et correc on
Marie BURON (relectrice-correctrice indépendante), Nathalie DEHUT (Hainaut Développement), Chris ne MALOLEPSZY, Shirley N’GANGA
(Hainaut Développement), Monique PIERARD (CDAF asbl) et Véronique POLLET (Hainaut Développement)
Financeurs
Avec le Sou en du Fonds Européen
de Développement Régional
Cofinanceurs
Partenaires
Sou en provincial
La Province de Hainaut est par culièrement solidaire des ac ons ini ées par les instances européennes. De nombreuses
théma ques sont abordées et suivies notamment par Hainaut Développement via son asbl HD Ges on. Celle-ci a pour
objet de me re en œuvre, superviser et gérer des projets et ac ons dans le cadre de la promo on et l’accompagnement
de la transi on territoriale du Hainaut. En effet, de par sa situa on géographique, le Hainaut est un territoire
transfrontalier par excellence.
Depuis les prémisses du programme de coopéra on transfrontalière Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, Hainaut
Développement a toujours eu à cœur de s’intégrer et d’encourager le travail de coopéra on soutenu par le Fonds
européen de développement régional. Elle le fait au quo dien en ayant notamment été ac ve sur 6 projets du
programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen, dont Trans Agro Forest, projet ayant élaboré ce guide technique
de l’agroforesterie, et pour lequel Hainaut Développement en est le chef de file.
C’est donc tout naturellement que la Province de Hainaut a souhaité, dans un souci de con nuité et de sou en,
accompagner la démarche des opérateurs dans la réalisa on de cet ouvrage de référence et cela par une prise en
charge intégrale de son impression en format livre.
Nous espérons que cet ouvrage répondra à vos a entes et ques onnements, que sa lecture vous sera agréable et que
vous pourrez faire un usage op mal des informa ons techniques et scien fiques qu’il con ent.
Nathalie QUÉVY,
Directrice de Hainaut Développement,
Province de Hainaut
Préambule
Le projet Trans Agro Forest est issu du programme de coopéra on territoriale européenne Interreg V France-Wallonie-
Vlaanderen. Celui-ci, basé sur la stratégie Europe 2020 en faveur d'une croissance intelligente, durable et inclusive,
cons tuait le cadre de référence dont les objec fs étaient fixés pour l'année 2020.
Durant ce e période, la Commission européenne a mis l'accent sur cinq grandes priorités : l'emploi, la recherche et le
développement, l'éduca on, la lu e contre la pauvreté et l'exclusion sociale, le changement clima que et les énergies
renouvelables.
Afin d'a eindre ces objec fs, un budget de 351,8 milliards d'euros a été inves au profit des régions et des états
européens. De ce e somme, 10,1 milliards d’euros ont été alloués à la Coopéra on territoriale européenne, dont
170 millions au programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen1.
Ce programme regroupe des régions françaises et belges par le biais d’opérateurs qui œuvrent à l’a énua on des freins
que cons tuent les fron ères na onales. Il s’inscrit dans une volonté de favoriser les échanges économiques et sociaux
entre cinq régions frontalières : les Hauts-de-France et le Grand Est en France ; la Wallonie, la Flandre occidentale et la
Flandre orientale en Belgique. En outre, il vise à associer des compétences communes tout en valorisant les richesses de
chaque région et ce, au bénéfice des popula ons.
Le projet Trans Agro Forest est en lien avec l’axe 3 du programme « Protéger et valoriser l’environnement par une
ges on intégrée des ressources transfrontalières ». Il a bénéficié d’un financement de plus d’un million d’euros dont
55 % ont été a ribués par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et 35 % par les régions française et
wallonne, les 10 % restant étant pris en charge par les opérateurs du projet.
Les opérateurs inves s se sont engagés, sur base du projet déposé, à me re en œuvre des ac ons sur la théma que
de l’agroforesterie. Suite au constat de la dispari on, dans certaines régions, du maillage ligneux au sein des paysages
ruraux, il s'est avéré impéra f de redonner une place légi me aux arbres dans le contexte agricole. Des solu ons
devaient dès lors être envisagées afin de protéger le capital sol impacté néga vement par la perte de ces alliés.
Les arbres apportant au sol et au sous-sol qu’ils occupent de nombreux avantages agronomiques et environnementaux,
les partenaires ont ini é le projet Trans Agro Forest : l’agroforesterie au service des sols et de l’eau .
Ainsi, sept opérateurs se sont unis pour développer un certain nombre d’axes de travail visant à promouvoir et à favoriser
l’agroforesterie dans le cadre de la protec on des sols et des ressources en eau.
Ces opérateurs que sont les Chambres d’agriculture des Hauts-de-France, du Nord-Pas-de-Calais et de L’Oise pour le
versant français, et Ressources Naturelles Développement, le Centre de Développement Agrofores er de Chimay et
Hainaut Développement en Wallonie, ont permis de mener ce projet à bien. Le Bosgroep Ijzer & Leie s’est, quant à lui,
associé au projet pour apporter aux opérateurs sa vision du versant néerlandophone.
Différentes ac ons ont étés menées de concert durant l’existence du projet, soit de la fin de l’année 2016 au début de
l’année 2021.
1
h ps://[Link]
Ces ac ons ont débuté par la sensibilisa on du public cible aux atouts et avantages de l’agroforesterie, en parallèle
d’une prospec on auprès des agriculteurs ayant déjà installé ces types de systèmes sur leurs terres ou souhaitant les
me re en œuvre.
Suite à cela, des ou ls de diagnos c et d’analyse ont été édités pour répondre aux besoins des porteurs de projets.
En concerta on avec de nombreux experts externes, ces ou ls ont été éprouvés, simultanément à la cons tu on d’un
réseau de vingt-quatre fermes de référence.
Enfin, signalons que le projet Trans Agro Forest, intégré à un portefeuille de projets nommé Feel Wood2, a eu l’opportunité
d’élargir la concerta on et la communica on liées à ses ac ons.
En effet, axé sur la théma que « filière forêt-bois », Feel Wood a regroupé quatre projets. Forêt Pro Bos et Trans Agro
Forest ont développé en amont les théma ques fores ères et agrofores ères pendant que, en aval, les projets Profilwood
et Formawood se sont intéressés à la valorisa on du bois local dans la filière construc on ainsi qu’au développement
des compétences des professionnels dans les domaines de la construc on en bois.
De l’existence et des acquis de Trans Agro Forest est né ce présent ouvrage, synthèse des techniques et ou ls regroupés
durant le projet.
Les informa ons au sujet de Trans Agro Forest et de ses partenaires, ainsi que les ou ls techniques et le panel de fermes
de référence, sont consultables sur le site internet du projet h ps://[Link]/fr/.
2
h ps://[Link]/fr/
Préface pour la Belgique
L’agroforesterie représente certainement une alliée de choix pour valoriser durablement les
produc ons agricoles. En complément des bonnes pra ques d’élevage et de culture, elle
contribue à mieux produire à la ferme, tant d’un point de vue environnemental que financier.
L’agroforesterie représente une opportunité réelle à saisir pour nos agriculteurs. Ce mode de
produc on agricole présente de nombreux intérêts en termes de protec on des sols et des eaux,
de stockage de carbone, de main en de la biodiversité mais également pour l’agriculture : les
arbres et arbustes cons tuent un abri pour le bétail, perme ent d’augmenter les rendements
des cultures (effet brise-vent) et de les protéger (contre le gel tardif, les vents desséchants…),
d’améliorer les sols agricoles (augmenta on du taux d'humus, recyclage des éléments minéraux,
structura on du sol …). Elle cons tue également une source de revenus complémentaires :
produc on de biomasse, de fruits, de bois… et de tourisme vert !
Sous l’impulsion donnée par la déclara on de poli que régionale, entourés des conseils de
scien fiques et d’opérateurs de terrain avisés, les auteurs et leurs partenaires proposent un
document de référence vulgarisé, à la fois technique et scien fique. Précis et complet pour
les professionnels, ce guide actualise d’innombrables connaissances et savoir-faire en ma ère
d’agroforesterie. Cet ouvrage, largement documenté, où l’illustra on occupe une place de
choix, reste également accessible et concret pour les non spécialistes.
Puissent les agriculteurs s’en inspirer : ils y trouveront des conseils pragma ques pour tenter la
belle aventure de l’agroforesterie mul fonc onnelle, et contribuer aussi, à a eindre ensemble
l’ambi on partagée des 4.000 kilomètres de haies et/ou un million d’arbres de la récente
campagne « Yes we plant » du Gouvernement wallon. Au-delà de la diffusion de ce guide, la
créa on du nouveau site internet h ps://[Link]/ cons tue aussi un des ou ls
concrets pour communiquer l’avenir porteur de l’agroforesterie.
Willy BORSUS
Vice-Président de la Wallonie
Ministre de l’Économie, du Commerce extérieur,
de la Recherche et de l’Innova on, du Numérique,
de l’Agriculture, de l’Aménagement du territoire,
de l’IFAPME et des Centres de compétence.
Préface pour la France
L’agroforesterie fait par e des pra ques majeures de l’agro-écologie combinant les
performances économique, sociale et environnementale (préserva on de l’eau, du sol, du
climat et de la biodiversité). Les agriculteurs adoptent de manière croissante la pra que et plus
de 600 hectares d’agroforesterie ont été implantés ces dernières années en Hauts-de-France.
Olivier DAUGER
Président de la Chambre régionale La Région Hauts-de-France
d'agriculture des Hauts-de-France
Remerciements
Nous sommes reconnaissants envers tous les organismes financeurs ayant assuré la viabilité de ce projet et permis la
réalisa on de ce guide. Nous pensons à FEDER-Interreg (Fonds européen de développement régional), qui a financé le
projet Trans Agro Forest et à la Région Hauts-de-France, à la Région wallonne, au Service Public de Wallonie (Direc on
Générale Opéra onnelle Agriculture, Ressources naturelles et Environnement), à la province du Luxembourg et à la
province du Hainaut, qui l’ont cofinancé.
Merci à Fabienne DEVILERS, députée provinciale de la Province de Hainaut et présidente de Hainaut Développement,
pour son sou en dans la tenue des programmes européens dont est issu ce guide.
Lors de la rédac on, de nombreuses personnes ressources nous ont prodigué leurs connaissances, rées directement de
leur expérience : Olivier BAUDRY (ASBL Awaf), Louise BOULAND (Natagriwal), Violaine CAPPELLEN (ASBL Awaf), Sylvie
CARDON (Cyclone SARL), Cris na CASTAGNOTTO (ID-David), Benjamin CERISIER (ASBL Diversifruits), Pascal COLOMB
(Société Ecosem), Geoffroy COUVAL (réseau Fredon France), Sébas en CREMER (Centre de Michamps), Benjamin
DAIGNEUX (Agraost), Marc DELVAUX (ASBL Diversifruits), François DESSART (Greenotec), Marc GAILLY (société
Pépinières Gailly-Jourdan), Jean-François GILLET (société Ferauche-Gillet), Eric GOOSSE (Centre de Michamps), Lucas
GOSSIAUX (Valbiom), Pascal GOTIAUX (société Go aux), Cédric GUILLAUME (arboriculteur indépendant), Aurélie HICK
(Gal Pays de l’Ourthe), Damien HUBEAUX (ASBL Awaf), David KNODEN (ASBL Fourrages Mieux), Marc LATEUR (CRA-W),
Alain LE ROI (GISER), Simon LINARD DE GUERTECHIN (société ArboPlants), Christophe MANSSENS (Natagriwal), Xavier
MINGUET (société Contact Fores er), Nicolas MOREL (société Clôtures Sacré – Morel), Hervé NEUVILLE (société Clôture
Neuville), Claudy NOIRET (ASBL Les bocages), Mar n PIROTHON (société Pirothon), Olivier PONCIN (société PhiTech),
Bert REUBENS (ILVO Vlaanderen), Dominik RITZ (SCR Plus), Alain RONDIA (CRA-W), Camille TENTONI (société e2d),
Tanguy VAN DE KERCHOVE (société Contryfences).
D’autres nous ont offert de leur temps pour la relecture et la correc on, en en er ou en par e, de notre manuscrit. Nous
pensons tout par culièrement aux partenaires du projet transfrontalier Trans Agro Forest : Alice DUFOSSE, Romain
JENARD, Amélie PEAUDECERF, Fabrice WALRANT, Régis WARTELLE et Pierre WARZEE ; mais aussi aux experts Olivier
BAUDRY, Louise BOULAND, Geoffroy COUVAL, Aurore DEGRÉ, Eric GOOSSE, Lucas GOSSIAUX, Alain LE ROI, Dominique
MANSION, Christophe MANSSENS, Xavier MINGUET et Claudy NOIRET pour leurs remarques judicieuses.
Nous adressons aussi nos chaleureux remerciements à Jean-Yves LAMBERT (CDAF), chargé des illustra ons et de la mise
en page, à Nathalie DEHUT, Chris ne MALOLEPSZY, Shirley N’GANGA, Monique PIERARD et Véronique POLLET pour leur
relecture, et enfin à Marie BURON pour la relecture et la correc on indépendantes.
Enfin, nous formulons le vœu que ce guide technique mo ve les agriculteurs à verdurer nos campagnes avec des
éléments agrofores ers offrant divers bénéfices agronomiques, paysagers, écologiques et sociétaux ; le pari d’un milieu
rural plus durable en est certainement l’enjeu prioritaire.
Les auteurs :
L’ouvrage, fruit de l’expérience de terrain et d’échanges avec des spécialistes, fournit des instruc ons claires et précises
en vue de choisir les TECHNIQUES OPTIMALES et les FOURNITURES IDÉALES pour garanƟr la réussite de chanƟers
agroforesƟers, depuis la prépara on d’un projet de planta on jusqu’à la récolte des produits ligneux. En effet, tout
projet agrofores er réclame des inves ssements considérables en temps et en moyens, que le candidat boiseur doit
pouvoir APPRÉCIER et COMPARER pour DÉCIDER en connaissance de cause.
Pour tout projet agrofores er (haie, brise-vent, alignements, bandes boisées, arbres têtards, arbres frui ers, taillis à
courte rota on…), l’objec f de ce guide technique est d’aider les acteurs concernés à concilier leurs moyens technico-
économiques (i néraires performants) avec les contraintes légales ou les réglementaƟons (lois, circulaires), les aides
publiques (subven ons européennes et régionales) et les réalités agronomiques et écologiques du milieu (sols,
élevages, cultures, facteurs limitants, pression de la faune, enjeux environnementaux).
Ce guide a bénéficié d'une rédac on par un duo agronome-fores er complémentaire et des conseils avisés de nombreux
experts habilités dans la faisabilité de chan ers agrofores ers. Nous avons tenté de rassembler un maximum de
recommanda ons u les pour accompagner votre réflexion :
• Le guide est structuré en 3 phases de réflexion, étayées par 9 chapitres, correspondant aux étapes culturales
d’un projet agrofores er :
ο préparer son projet : (1) objec fs, fonc ons et produc ons recherchées, (2) choix d’un modèle agrofores er per nent,
(3) diagnos c sta onnel et choix des essences ;
ο installer son projet : (4) travaux préparatoires, (5) planta on, (6) paillage, protec on et lu e contre les campagnols ;
ο entretenir et valoriser son projet : (7) entre en, (8) forma on de bois de qualité, (9) récolte et transforma on.
• Les 3 derniers chapitres résument des informaƟons complémentaires exempla ves et une synthèse des
aides publiques octroyées en Région Hauts-de-France et en Wallonie : (10) modèles agrofores ers per nents,
(11) ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols, (12) subsides à la planta on.
• Des renvois aux annexes proposent des renseignements supplémentaires u les : bois raméal fragmenté,
mesure du pH, coordonnées de laboratoires d’analyse des sols, essences éligibles aux subven ons, protec ons
mécaniques individuelles, clôtures électriques, engrillagements, répulsifs, choix de variétés frui ères, exigences
et produc ons d’essences fores ères, poten alités d’essences en arbres têtards…
• Des références et liens de sites Internet vous perme ent d’approfondir vos recherches.
Nous souhaitons que ce guide technique agrofores er apporte des réponses claires à vos ques ons, et puisse contribuer
à résoudre vos problèmes et à mieux orienter vos décisions. Il cons tue aussi un support pédagogique éclairant pour les
enseignants et leurs étudiants.
Précision des objec fs : fonc ons Choix du modèle Diagnos c sta onnel
et produc ons recherchées 1 agrofores er per nent 2 et choix des essences 3
Préparer son projet
A. Première phase
Paillage, protec on et lu e
Travaux préparatoires 4 Planta on 5 contre les campagnols 6
B. Deuxième phase
Installer son projet
Agroforesterie associée à un
Modèles agrofores ers per nents 10 ouvrage d’hydraulique douce 11 Subsides à la planta on 12
D. Compléments
Sommaire
A. Première phase : préparer son projet
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées 20
1.1. Fonc ons des éléments agrofores ers 20
1.2. Produc ons des éléments agrofores ers 36
2. Choix du modèle agrofores er per nent 40
2.1. Typologie des éléments agrofores ers 40
2.2. Localisa on 43
2.3. Orienta on 43
2.4. Structure de planta on 45
2.5. Densité de planta on pour la produc on de bois de qualité 46
2.6. Écartement (E) entre les lignes d’arbres 48
2.7. Espacement (e) entre les arbres au sein de la ligne 49
2.8. Largeur de la tournière (l) 52
2.9. Distance de sécurité par rapport aux câbles, conduites et lignes électriques 53
2.10. Législa on 53
2.11. Défini on du nombre d’arbres à planter 54
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences 56
3.1. Caractérisa on du site par l’inves ga on cartographique 56
3.2. Enquête de terrain 56
3.3. Examen de la sta on 58
3.4. Choix de(s) l’essence(s) 58
D. Compléments
Conclusion 205
Annexes 206
Bibliographie 254
Table des ma ères 258
Introduc on
Force est de constater que, depuis la Révolu on verte, c’est surtout chacun chez soi : les blés dans les champs, les
arbres dans les bois. Pourtant, il n’y a pas longtemps, nos campagnes (du moins dans de nombreuses régions) étaient
plus arborées : haies, vergers, trognes, arbres isolés, alignements… diversifiaient les paysages. Tous ces éléments
agrofores ers offraient de nombreux avantages dont les paysans d’autrefois savaient rer par . Chaque élément ligneux
avait en effet une place et un rôle, bien souvent mul ple. Les pra ques agricoles étaient alors au cœur d’une culture
agro-pastorale, dont le savoir et le savoir-faire se sont pe t à pe t perdus en raison de la dispari on des usages.
Aujourd’hui, les connaissances scien fiques ont largement évolué. À la lumière de ces évolu ons, l’intérêt mul fonc onnel
de l’arbre en champ et en prairie s’affirme de plus en plus. Même si certaines fonc ons ne rencontrent plus les besoins de
l’agriculture actuelle, les éléments agrofores ers con nuent de remplir des rôles essen els face aux enjeux clima ques,
agronomiques et environnementaux.
Les anciens disposaient d’un sens aigu de l’observa on et aujourd’hui, grâce aux nouveaux acquis scien fiques, la
réflexion, intégrant les pra ques passées et actuelles, permet de développer une agriculture moderne, intelligente,
rénovée, plus performante et résiliente.
Ce guide ne cherche pas à nous ramener en arrière ; il vise surtout, sur base des connaissances et des technologies
agricoles nouvelles, à redonner une place aux produc ons et aux fonc ons u les offertes par l’arbre en contexte agricole,
et à l’agroforesterie. C’est la mission portée par le projet Trans Agro Forest, financé en majeure par e par le Fonds
européen de développement régional et cofinancé par la Région Hauts-de-France, la Région wallonne, le Service Public
de Wallonie, la province du Hainaut et celle du Luxembourg.
Défini on
L’agroforesterie peut être définie comme un « modèle agricole associant sur une même parcelle la présence d’éléments
ligneux (périphériques ou intraparcellaires) à des cultures ou à l’élevage, à des fins fonc onnelles et/ou de produc ons ».
L'Associa on européenne d'agroforesterie, EURAF, la définit comme un « système de produc on associant arbres et
plantes cul vées ou pâturées sur la même parcelle agricole ».
A. Première phase
Préparer son projet
Choix du modèle
2
agrofores er per nent
1.1. Fonc ons des éléments la contrer revient à soigner les symptômes et non les
causes originelles.
agrofores ers
Tout élément agrofores er remplit toujours plusieurs
fonc ons. Celles-ci diffèrent suivant les condi ons
pédoclima ques (contexte local du climat et des sols) et
géomorphologiques (formes et caractéris ques locales
du relief) de la parcelle et dépendent du type, de la
structure, de la composi on et des modalités de ges on
des éléments agrofores ers.
Le phénomène d’érosion des sols s’est fortement • Les arbres interceptent une large quan té d’eau dans
amplifié avec l’intensifica on des pra ques agricoles, leur feuillage, sur leurs branches et sur leur tronc.
entraînant une perte du taux de ma ère organique (MO) En début d’averse, une grande par e de l’eau
1
et de la vie du sol. Celui-ci ayant perdu son « squele e », est retenue par les par es sèches du végétal ; si
sa porosité et sa cohésion, l’eau ne s’infiltre plus les précipita ons se poursuivent, l’eau sature les
correctement : elle ruisselle, emportant avec elle les houppiers et arrive au sol avec un décalage, soit
par cules libres cons tu ves du sol. Au printemps et en par égou ement soit en s’écoulant le long du tronc.
été, l’eau ruisselante provoque d’ailleurs une perte pour Une part de ce e eau de précipita on, retenue
les plantes et pour les agriculteurs. sur les différentes par es de l’arbre, est perdue
par évapora on ; la pluie arrivant directement ou
L’objec f prioritaire est de rendre aux sols leur indirectement au sol cons tue les précipita ons
fonc on agronomique première en les envisageant ne es. En cas d’averses violentes durant la feuillaison,
non pas comme un support physique, mais comme un cela réduit les ruissellements. À tre d’exemple, un
écosystème vivant : il faut en prendre soin pour garan r platane à feuilles d’érable en fin de vie peut éviter le
aux plantes les condi ons op males de croissance. ruissellement de 4,5 m³ d’eau (en moyenne par an)
Les techniques culturales simplifiées et les semis sous alors qu’un érable champêtre n’évite le ruissellement
couvert notamment sou ennent ce e agriculture que d’1 m³ (Guinaudeau B., 2016).
de conserva on. Outre ces mesures de base, les • Les arbres augmentent aussi la teneur des sols en
techniques agrofores ères sont également des alliées ma ère organique (MO) par les racines avortées mais
de premier choix. En effet, si les éléments agrofores ers également par les feuilles et les débris de branches
sont judicieusement disposés dans le bassin versant, tombés au sol : la vie du sol est directement favorisée ;
leur présence peut réduire significa vement les la porosité et la capacité de réten on en eau sont
ruissellements et les forces érosives associées mais pas indirectement améliorées.
seulement :
140
suspension. L’infiltra on de l’eau dans
120 Parcelles témoins
Parcelles agroforesƟères
le sol est, par ailleurs, facilitée grâce au
100 maillage racinaire, à la faune plus présente
80 et à l’améliora on de la structure et de la
60 Étude réalisée en Flandre charge organique du sol. Une vaste étude
sur 17 sites comprenant menée par ARÉAS a démontré la réelle
40 des arbres de 6 à 47 ans.
capacité d’infiltra on de l’eau au pied
20 des haies : elle est es mée à 400 l/m²/h
0 avec une varia on de ± 100 l/m²/h (Ouvry J.-F. &
0 10 20 30 40
al., 2012). Pour ces valeurs, il faut en moyenne
Distance depuis la ligne d'arbre (m)
9 m² pour infiltrer 1 l/s. À tre indica f, une
Une étude menée par le projet Agripsol en 2012 a démontré la présence de parcelle de limon fraîchement travaillée
40 % de ma ère organique (MO) addi onnelle sur une profondeur totale de
infiltre entre 30 et 60 l/m²/h, et entre 1 et
2 m dans une parcelle agrofores ère composée d’arbres intraparcellaires âgés
de 18 ans associés à des cultures, et ce par rapport à une parcelle agricole 10 l/m²/h quand la croûte de ba ance y est
témoin. À l’échelle de ce e parcelle agrofores ère, le stockage de carbone développée (Coufourier & al., 2008).
addi onnel moyen sur 1 m de profondeur est de + 12 % par rapport à un
système témoin sans arbre.
Ce e même étude a, en outre, démontré
Améliora on de la capacité de réten on en eau
des taux de sédimenta on très intéressants
Capacité de réten on en eau du sol en fonc on de la avec des fascines et des haies an érosives,
teneur en ma ère organique après un épisode pluvieux
densément plantées et recépées. Les
débits testés étaient compris entre 1 et
28
Humidité du sol (% de la terre sèche)
22
Première phase : préparer son projet
Bonnes pra ques agrofores ères Ges on de l’eau et de l’érosion avec les arbres
À favoriser À éviter
1
Aménagements complémentaires pour freiner les écoulements, infiltrer l’eau et sédimenter les par cules (Coufourier & al., 2008)
23
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Localisa ons per nentes des haies, des alignements d’arbres associés à une bande enherbée
et des fascines vis-à-vis des zones à risque élevé d’érosion (Ouvry J.-F. & al., 2012)
Condi ons d’efficacité op male des haies an érosives et des fascines pour la sédimenta on (Ouvry J.-F. & al., 2012)
La densité : pour les facsines, il faut compter au moins 40 % de densité, et plus si possible, au niveau des ges des fagots. Pour les
haies, il faut compter 6 pieds/m avec recépage et un choix d’essences idéalement drageonnantes pour densifier les ges.
Les courts-circuits : les trous dans les fascines et les haies doivent être contrôlés et comblés le plus rapidement possible car ils
concentrent l’écoulement. Aussi, la longueur du linéaire doit être suffisante pour ne pas engendrer des écoulements de part et
d’autre.
La pente en amont et son évolu on dans le temps : la quan té de par cules sédimentant est propor onnelle à la longueur de
la zone d’eau calme en amont du linéaire, donc à la faible pente du terrain. C’est pourquoi il est préférable de planter en zone
de replat. Au cours du temps, avec les sédimenta ons successives, la pente en amont s’horizontalise naturellement, améliorant
davantage les condi ons favorables à la sédimenta on.
La localisa on : la sédimenta on est d’autant plus importante quand les par cules transportées par le courant sont de taille
élevée, c’est-à-dire dans les zones d’érosion linéaire, en cas de pluie intense sur sol nu, et plus par culièrement en zone de pente
où l’arrachement et le transport de par cules grossières peuvent être très significa fs.
Pour en savoir plus, se référer aux documents « Haie, freiner les ruissellements, provoquer l’infiltra on et la sédimenta on » 4 p. (Coufourier
& al., 2018) et « Fascines et haies, pour réduire les effets du ruissellement érosif, caractérisa on de l’efficacité et conduite d’u lisa on »
68 p. (Ouvry J.-F. & al., 2012). Ils sont téléchargeables sur internet.
24
Première phase : préparer son projet
• Les arbres jouent un rôle de pompe, ils interceptent de la qualité des sols, on tend également vers une
les éléments minéraux lessivés en profondeur grâce aggrada on de la qualité des eaux souterraines et de
à leurs racines et les ramènent en par e à la surface surface.
1
du sol lors de la chute des feuilles. À une densité
de 50 arbres à l’hectare, on peut s’a endre à une [Link]. Eaux de surface
prospec on complète de la parcelle sous la culture
Plantés perpendiculairement aux pentes des terres
par les racines des arbres s’ils sont à maturité
agricoles, les alignements d’arbres et d’arbustes associés
(Artru S. & al. 2019).
à une bande herbeuse re ennent, dès la première
• La ma ère ligneuse peut être valorisée en BRF
année, une par e de l’eau de ruissellement et, surtout,
(Bois Raméal Fragmenté) : ces broyats de rameaux
réduisent la vitesse et les forces érosives.
(Ø < 7 cm) concentrent une grande part de la richesse
minérale de l’arbre (± 75 %), des acides aminés, des L’objec f est, en réalité, de réduire la vitesse du
protéines, des phytohormones, des enzymes, etc. ruissellement à moins de 0,20 m/s (Coufourier & al., 2008).
Le BRF cons tue un excellent amendement agricole Ce e vitesse assure la sédimenta on des ma ères en
pour régénérer les sols. Cependant, son usage suspension (MES) dans le champ lui-même et évite les
nécessite certaines précau ons pour gérer la faim écoulements et la sédimenta on des eaux boueuses sur
d’azote car son C/N (rapport carbone/azote) peut les prairies, les cultures ou les infrastructures humaines
être élevé. Parmi les atouts du BRF, nous pouvons en aval ; elle limite le colmatage des fonds de cours
citer entre autres : d’eau indispensable à la faune benthique.
ο s mula on de la vie du sol, des champignons et des
mycorhizes ; Ces effets posi fs sont surtout vérifiés avec des haies
ο apport majeur en Mg++ et Ca++, éléments essen els an érosives densément plantées (Coufourier & al., 2008),
des liens argilo-humiques ; mais l’u lité des alignements d’arbres associés à une
ο améliora on du pH, de la conduc vité et de
bande enherbée est également indiscutable.
l’assimila on chimique par les plantes ;
ο remobilisa on de certains éléments minéraux et Les arbres retardent l’écoulement de l’eau vers l’aval
réorganisa on sous forme organique : améliora on
en interceptant une quan té importante d’eau de
de la fer lité à court et moyen terme ;
précipita ons au niveau de leur interface aérienne et en
ο augmenta on du taux d’humus des sols : 75 kg
la res tuant au sol avec un décalage de 10 à 20 minutes
d’humus/mᶟ de BRF ;
(Guinaudeau B., 2016) : les ruissellements, l’érosion des sols
ο réduc on des parasites et des pathogènes par la
s mula on d’une pédofaune favorable, etc. et les risques d’inonda on sont ainsi en par e réduits.
Une fiche sur le bois raméal fragmenté (BRF) est annexée L’entraînement des substances fer lisantes (notamment
en fin d’ouvrage (annexe 1, p. 206). le phosphore) et des produits phytosanitaires avec les
par cules érodées vers le réseau hydrographique aval
1.1.2. Protec on des eaux impacte les eaux de surface. Les arbres jouent un rôle
significa f et favorable sur les écoulements de surface en
Si l’agriculture est souvent pointée du doigt face à favorisant l’infiltra on de l’eau. De plus, ils interceptent
la probléma que de la pollu on des eaux, l’arbre les éléments dans le sol grâce à leur maillage racinaire :
peut se posi onner comme un partenaire durable et d’abord et surtout l’azote, mais aussi les ca ons mobiles
efficace pour protéger et améliorer la qualité des eaux comme le calcium, le magnésium et le potassium (Dupraz C.,
(Guinaudeau B., 2016). Liagre F., 2011).
Sédimenta on des ma ères en suspension grâce aux alignements d’arbres perpendiculaires aux pentes et aux fascines vivantes ou mortes
Les ripisylves (bandes d’arbres rivulaires, c'est-à-dire croissant le long des cours d'eau) cons tuent des zones tampons
très importantes, protégeant les eaux contre les dérives éventuelles d’épandage. De plus, elles assurent le main en
d’une bonne concentra on en oxygène dissous dans l’eau, notamment par l’ombrage et le main en d’une température
suffisamment basse en été. En outre, les arbres rivulaires présentent un atout pour la faune aqua que : zone de frais,
cache, site de nourrissage et ombrage (Colle e & al., 2018).
vent
Les arbres et arbustes stabilisent les berges : l’enchevêtrement des racines re ent les terres et limite l’érosion. Avec des
essences bien adaptées aux fonds humides (saules et aulnes notamment) et grâce à un traitement en cépées (rejets de
souche après coupe au ras de sol), ces effets posi fs sont plus marqués.
26
Première phase : préparer son projet
,
,ĂŝĞďrise-vent
feuilluĞĠƚĂŐĠĞ
semi-perméĂble
5°C 5°C
En élevage, la présence d’arbres assure le bien-être
0°C 0°C
-5°C -5°C
des animaux et permet d’éviter les stress thermiques,
-10°C -10°C
lesquels impactent les rendements. L’indicateur THI
(Temperature Humidity Index) permet d’évaluer le bien-
être des bovins : il dépend des données journalières de
température et d’humidité rela ve de l’air. Les seuils de
L’ambiance tamponnée d’un ensemble de haies libres ou de
stress thermique dépendent du type de ruminant, de la
lisières limite les risques de gelées nocives pour les végétaux. race et de l’âge des animaux. Par exemple, le seuil de
stress thermique calculé pour les vaches lai ères est
En agriculture, un microclimat tamponné impacte es mé à 68 ; pour les bovins à viande, il est es mé à 72
posi vement les rendements. (Artru S. & al., 2019).
29
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Indicateur THI de stress thermique (d’après Burgos Zimbelman R., Collier R. J., 2011)
29 70 70 71 72 73 73 74 75 75 76 77 78 78 79 80 80 81 82 83
30 71 71 72 73 74 74 75 76 77 78 78 79 80 81 81 82 83 84 84
31 72 72 73 74 75 76 76 77 78 79 80 81 81 82 83 84 85 86 86
32 72 73 74 75 76 77 78 79 79 80 81 82 83 84 85 86 86 87 88
33 73 74 75 76 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 86 87 88 89
34 74 75 76 77 78 79 80 80 81 82 83 85 85 86 87 88 89 90 91
35 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93
36 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 91 92 93 94 95
37 76 78 79 80 81 82 83 84 85 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96
38 77 78 79 81 82 83 84 85 86 87 88 90 91 92 93 94 95 95 98
39 78 79 80 82 83 84 85 86 87 89 90 91 92 94 95 96 97 98 100
40 79 80 81 83 84 85 86 88 89 90 91 93 94 95 96 98 99 100 101
41 80 81 82 84 85 87 88 89 90 91 93 94 95 97 98 99 101 102 103
Zone de confort Stress thermique Stress thermique Stress thermique Stress thermique
thermique seuil minimum léger modéré sévère
Les épisodes de fortes chaleurs entraînent très Une expérience menée par l’Ins tut de l’élevage français
rapidement une diminu on de la produc on lai ère révèle que des génisses pouvant bénéficier d’ombrage
ainsi qu’une altéra on de sa composi on avec une présentent un temps de pâturage journalier supérieur
diminu on du ra o protéines/ma ères grasses. de 30 minutes et une différence de croissance de
200 g/jour de gain moyen quo dien par rapport à des
THI Perte de lait (L/vache/jour) génisses n’ayant pas accès à l’ombre.
68-71 - 1,1
72-79 - 2,7
D’après les observa ons réalisées par le projet PARASOL
(Béral C. & al., 2018), les ovins recherchent ac vement les
80-89 - 3,9
zones ombragées en prairie arborée, y compris en
Chez les jeunes bovins à l’engraissement, le stress dehors des périodes de fortes chaleurs.
thermique engendre une diminu on de l’inges on et de
Même en présence d’un unique arbre au sein de la
la prise de poids.
prairie, les brebis passent entre 30 et 40 % de leur temps
à l’ombre. En effet, 90 % des ac vités de repos de ces
Température Inges on Gain moyen quo dien
ovins se déroulent en zone ombragée.
27°C -4% - 200 g
30°C - 10 % - 300 g
35°C - 28 % - 800 g
30
Première phase : préparer son projet
Bovins, ovins et porcins apprécient l’ombre en périodes de fortes chaleurs, de plus en plus fréquentes
31
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Essen els à la trame verte, les éléments agrofores ers cons tuent des zones de développement ou de conserva on
de la nature : zones noyaux, relais et/ou corridors écologiques de liaison. Ainsi, ils servent de réservoir d’auxiliaires
pour l’ac vité agricole mais ils peuvent aussi héberger certains ravageurs ; ils accueillent parfois une flore spécifique au
sein du milieu agricole. Les arbres et arbustes associés procurent des habitats d’une grande richesse au bénéfice des
pra ques agricoles et assurent un meilleur équilibre, une plus grande fonc onnalité des agroécosystèmes. Ils dotent
l’agriculture d’une meilleure résilience face aux perturba ons et aux extrêmes clima ques.
32
Première phase : préparer son projet
Les haies, bouquets d’arbres et alignements jouent un rôle de protec on mécanique des bâ ments contre les aléas 1
clima ques (tempête, pluie, gel...) ; ils procurent aussi un effet visuel d’inser on paysagère.
La pollu on est, avant toute chose, extraite de l’air Quan té es mée de polluants absorbés par les
via deux mécanismes : le dépôt humide (via les arbres en prenant en compte 50 % de resuspension
précipita ons) et les dépôts secs (sédimenta on, dans l’atmosphère (Nowak D. J., 1994)
réac on chimique, adsorp on ou absorp on) Polluants Quan té prélevée
(Bealey W. J., 2016). La végéta on peut réduire la concentra on atmosphériques par arbre (kg/an)
de pollu on atmosphérique par des dépôts secs, ce
SO2 0,176
qui est bénéfique pour la santé et le bien-être humain
(Nowak D. J., 1994). Dans le processus de dépôt à sec, les
NO2 0,204
par cules et les gaz sont collectés ou déposés sur des PM10* 0,465
surfaces solides, diminuant leur concentra on dans O3 0,505
l’air. Les par cules atmosphériques et les gaz piégés
* Par cules dont le diamètre < 10 micromètres
par la végéta on peuvent être absorbés dans les ssus
végétaux. Ils peuvent alors parfois être transformés en
33
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Les éléments agrofores ers cons tuent de mul ples atouts pour diversifier les revenus à la ferme, mais aussi pour
améliorer le cadre de vie et le bien-être des agriculteurs et de la popula on. L’agroforesterie permet de cons tuer
un « capital ligneux » sans interrup on du revenu régulier issu des cultures. De plus, elle assure des produc ons
associées valorisables directement ou indirectement (bois raméal fragmenté, bois bûche et plaque es, fruits, miel...).
Elle cons tue ainsi une alliée dans la marche vers l’autonomie énergé que des exploita ons agricoles.
34
Première phase : préparer son projet
Arbres patrimoniaux
35
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Efficience globale des systèmes agrofores ers par rapport à un système agricole et fores er isolés (Dupraz D., Liagre F., 2011)
Mélange ^ĠƉĂƌĂƟŽŶ
Agriculture
у 0,8 ha
Agroforesterie
1 ha
Forêt
у 0,6 ha
36
Première phase : préparer son projet
Les produits ligneux des arbres hors forêt peuvent être valorisés en bois d’œuvre, d’industrie, de service, de feu et
d’énergie, en BRF ou encore en sciage à façon.
Plaque es Pellets
1 MAP (1 m³ apparent) équivaut à un volume d'encombrement de 1 x 1 x 1 m de côté, de produits ligneux (bûches, plaque es ou pellets)
empilés ou en vrac : bois + vides
1 m³ de bois plein ≈ 1,4 m³ (MAP) de bûches empilées en 1 m de long ≈ 2,5 m³ (MAP) de plaque es
1 stère ≈ 1 m³ (MAP) de bûches empilées en 1 m de long ≈ 0,8 m³ (MAP) de bûches empilées en 50 cm ≈ 0,7 m³ (MAP) de bûches empilées
en 33 cm
37
1. Précision des objec fs : fonc ons et produc ons recherchées
Débouchés et propor ons poten elles du volume et de la valeur des produits ligneux des arbres agrofores ers
Valeur Volume
de l’arbre de l’arbre
Bois BRF
Raméal
Fragmenté
30 %
60 %
BS
HOUPPIER
Bûches ou
plaquettes
BF
BE
Classe C
ème
sciage 2èm choix
70 % (menuiserie, charpente)
Classe B BO
BILLE DE PIED
er
40 % sciage 1e choix et usinages
(ébénisterie, menuiserie)
Classe A
tranchage, déroulage, merrain
BO : bois d’oeuvre / BS : bois de service / BF : bois de feu / BE : bois énergie / BRF : Bois Raméal Fragmenté
38
Première phase : préparer son projet
Pour la majorité des éléments agrofores ers, outre les produc ons ligneuses directes, des produc ons ou des bénéfices 1
associés sont poten ellement valorisables.
Fruits
39
2. Choix du modèle agrofores er per nent
Éléments isolés
Arbuste Haut-jet
Arbre de première dimension (h > 24 m) ou de seconde dimension
Ligneux de forme buissonnante (h < 6 m).
(12 m < h < 24 m).
24
18
12
6 6
18
12 12
6 6
40
Première phase : préparer son projet
Éléments linéaires
Haie basse taillée Alignement
Haie maintenue à une hauteur et à une largeur limitées par une Arbres plantés de manière linéaire et régulière, soit le long des voiries soit
taille stricte et fréquente, annuelle ou bisannuelle (h < 3 m). en bordure ou à l’intérieur de parcelles agricoles.
2
24
18
12
12
6 6
Haie composée d’arbustes, de cépées et parfois de hauts-jets à Forme par culière de haie haute mul -rangs, généralement composée de
croissance libre. Entre en occasionnel (6 m < h < 12 m). hauts-jets, cépées et arbustes ; largeur variable < 10 m.
12
10 m
6
Taillis Lisière
24
18
12 12 Fourré
Milieu ĂƌďƵƐƟĨ
agricole
6 Milieu
6 Ourlet ĨŽƌĞƐƟĞƌ
herbacé
41
2. Choix du modèle agrofores er per nent
Éléments surfaciques
Vergers
Parcelle dévolue à la culture d’arbres frui ers, basses- ges, moyennes- ges ou hautes- ges
et à une produc on agricole au sol, le plus souvent herbagère (pour les vergers hautes- ges).
Bosquets
30 à 50 a
Taillis de biomasse
42
Première phase : préparer son projet
Intraparcellaire
40 0.96
0.92
30 0.88
0.84
20 0.80
0.76
10 0.72
0.68
0
0 10 20 30 40 YƵĂŶƟƚĠĚĞ
Distance (m) lumière au sol (%)
43
2. Choix du modèle agrofores er per nent
Superposi on des ombres portées par des arbres adultes plantés en rectangle,
avec deux orienta ons différentes des lignes d’arbres (Dupraz D., Liagre F., 2011)
90
Distance (m)
Distance (m)
80
80
0.96 70
70
0.92
60
0.88 60
50
0.84 50
40
0.80 40
0.76 30
30
0.72 20
20
0.68 10
YƵĂŶƟƚĠĚĞ 10
lumière 0
au sol (%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 0
Distance (m) 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Lignes nord-sud Distance (m)
Lignes est-ouest
Le respect de l’orienta on idéale n’est pas toujours possible. Il est parfois u le de s’adapter à la forme et à l’orienta on
naturelle de la parcelle, lesquelles condi onnent grandement le déplacement des engins agricoles. Si le compromis est
trop difficile à trouver, le projet agrofores er est abandonné pour ce e parcelle et transféré ailleurs. Dans tous les cas,
des lignes de planta on parallèles et droites sont privilégiées, idéalement selon la plus grande longueur et débouchant
ra onnellement sur des chemins existants ou sur une tournière. Dans les situa ons sensibles et à risques, la lu e
contre l’érosion du sol est priorisée tout en évitant de briser les lignes de force du paysage.
Bonnes pra ques agrofores ères Disposi on des éléments agrofores ers en fonc on de la pente
Plus la pente d’un champ est raide et longue, plus les risques
d’érosion sont importants. Les éléments suivants sont à
prendre en considéra on :
44
Première phase : préparer son projet
15
m
13 m
15
m
LEG
A CARRÉ A
TAN
REC
15 m
Globalement perpendiculaires
Suivant les courbes de niveau En bouquet
à la pente et parallèles entre elles
100
90
90
80
80
Pour la mécanisa on des parcelles cul vées, l’espacement entre les lignes d’arbres et la largeur de la tournière en
bordure de parcelle sont déterminants. Pour les planta ons de plein champ, on se cantonne généralement à des
alignements rec lignes perpendiculaires ou parallèles au sens de la pente, voire parallèles au côté le plus long. Les
planta ons suivant les courbes de niveau sont, quant à elles, surtout intéressantes dans les parcelles fortement
impactées par l’érosion et pour lesquelles la protec on des sols cons tue l’enjeu majeur.
45
2. Choix du modèle agrofores er per nent
Pour d’autres planta ons, on peut se perme re une plus une compé on trop prononcée entre les arbres et les
grande liberté tout en respectant les contraintes locales. cultures. Une densité élevée présente aussi l’avantage
Dans le cas d’un verger, par exemple, sa finalité, l’espace d’éviter le regarnissage et d’éclaircir en sélec onnant les
disponible, l’entre en futur du sol et le choix esthé que arbres les plus vigoureux et les mieux conformés.
sont déterminants. Les planta ons en carré et en
rectangle présentent des arbres placés en vis-à-vis qui En Wallonie, dans les zones agricoles au plan de
occupent les coins de la forme choisie. Pour un espace secteur, aucun permis d’urbanisme (CoDT) n’est requis
pour toute planta on de densité inférieure à 100 pieds à
restreint ou une produc on « intensive », ce système ne
l’hectare ou couvrant maximum 20 % de la surface totale.
permet pas une occupa on op male du sol car le milieu Ce plafond est généralement respecté pour éviter toute
du carré ou du rectangle reste vide quand les arbres procédure administra ve et conserver le droit aux aides
commencent à se toucher. Ce e disposi on convient de la PAC (Poli que Agricole Commune). Il est, par ailleurs,
donc mieux à un verger d’agrément ou à une planta on pra quement impossible d’obtenir un permis pour les
pâturée de hautes- ges dont l’objec f premier n’est pas planta ons de densité supérieure à 100 pieds/ha.
la rentabilité. La réglementa on fait la dis nc on entre les
arbres d’essences frui ères et les arbres d’essences
Dans une planta on en quinconce, en revanche, les fores ères. Les frui ers sont assimilés à une produc on
arbres sont alternés, ce qui permet de profiter de plus agricole et sont donc, à ce tre, systéma quement
d’espace et d’occuper plus régulièrement le terrain. Ce admissibles. Certains arbres fores ers peuvent également
système permet, par ailleurs, le passage des machines être considérés comme des frui ers lorsque les fruits sont
récoltés : c’est le cas du noyer, du noise er, du châtaigner…
dans plusieurs diagonales. La planta on en triangle
équilatéral représente la solu on op male en termes Pour les arbres fores ers sur terres arables, les
d’u lisa on de l’espace car les arbres sont équidistants. parcelles sont admissibles aux aides du 1er pilier dans la
limite maximale de 100 arbres/ha (au-delà, la parcelle
Le procédé permet, à surface équivalente, de planter
en ère devient non admissible aux aides PAC) quelle que
plus d’arbres tout en conservant les distances suffisantes soit leur disposi on, sauf pour les bosquets (a en on à
entre eux. ne pas dépasser 10 m de large). Sur les prairies, c’est la
règle du prorata qui s’applique. Il faut es mer la part de la
Dans les prairies pâturées, les arbres des nés à l’ombrage surface comportant des éléments non agricoles résiduels
du bétail peuvent être disposés de manière aléatoire. et déduire le pourcentage à retenir grâce à la grille du
Le rendu est par culièrement intéressant sur le plan prorata.
paysager. La disposi on en quinconce décalé une ligne
Pourcentage de surface Pourcentage à appliquer
sur deux offre l’avantage d’un rendu naturel. Enfin, pour
comportant des éléments pour déterminer la
un parcours à volailles, on envisage généralement des non agricoles résiduels surface admissible
bouquets d’arbres en milieu, voire en fin de parcours.
S < 10 % 100 %
10 % < S < 30 % 80 %
2.5. Densité de planta on pour la
30 % < S < 50 % 60 %
produc on de bois de qualité
50 % < S < 80 % 35 %
Le choix de la densité condi onne l’équilibre entre les S > 80 % 0%
arbres et la culture. Avec peu d’arbres, les produc ons
et récoltes des cultures intercalaires sont facilitées ;
À par r de l’écartement « E » (distance entre les lignes)
avec beaucoup d’arbres, la produc on de bois est
et de l’espacement « e » (distance de planta on au
privilégiée. Généralement, pour la produc on de bois
sein des lignes), on peut aisément calculer la densité
de qualité, 30 à 150 arbres de haut jet/ha sont plantés.
moyenne d’arbres à l’hectare. Le tableau à la page
Ce e densité facilite le travail de la culture en évitant
suivante en présente les valeurs.
46
Première phase : préparer son projet
Formule N = 10000 / (E x e)
4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
10 250 200 167 143 125 111 100 91 83 77 71 67
12 208 167 139 119 104 93 83 76 69 64 60 56
14 179 143 119 102 89 79 71 65 60 55 51 48
16 156 125 104 89 78 69 63 57 52 48 45 42
Écartements « E » : distance interligne (en m)
18 139 111 93 79 69 62 56 51 46 43 40 37
20 125 100 83 71 63 56 50 45 42 28 36 33
22 114 91 76 65 57 51 45 41 38 25 32 30
24 104 83 69 60 52 46 42 38 35 32 30 28
26 96 77 64 55 48 43 38 35 32 30 27 26
28 89 71 69 51 45 40 36 32 30 27 26 24
30 83 67 56 48 42 37 33 30 28 26 24 22
32 78 63 52 45 39 35 31 28 26 24 22 21
34 74 59 49 42 37 33 29 27 25 23 21 20
36 69 56 46 40 35 31 28 25 23 21 20 19
38 66 53 44 38 33 29 26 24 22 20 19 18
40 63 50 42 36 31 28 25 23 21 19 18 17
5m
10 m
10 m 20 m 100 m
100 m
Pour un espacement de 10 m
Exemple et un écartement de 20 m
on ob ent 50 ges/ha.
Formule pour une planta on en Formule pour une planta on N = 10000 / (h x base)
N = 10000 / (√3 x e²/2)
quinconce (triangle équilatéral) en quinconce (triangle isocèle) ou 10000 / (E x e)
47
2. Choix du modèle agrofores er per nent
En défini ve, le tableau présenté à la page précédente offre différentes portes d’entrée dans le cadre de la réflexion
d’un projet de planta on agrofores ère, par les trois données caractérisant sa structure : l’écartement, l’espacement
et la densité. Suivant les contraintes d’un projet, une ou deux données peuvent être fixées perme ant ainsi de calculer
la dernière. Ce tableau ne prétend pas déterminer le nombre d’arbres à planter, il s’agit simplement d’une aide à la
décision dans le processus de réflexion. Seul un calcul plus affiné, prenant en compte les contraintes et la configura on
de la parcelle, permet de définir le nombre exact d’arbres à planter.
E = 20 m E = 32 m
20 ans 20 ans
H H
10 m 10 m
40 ans 40 ans
H H
20 m 20 m
La ques on de la compa bilité avec le matériel agricole u lisé est capitale : la distance défini ve entre les lignes
d’arbres est fixée en tenant compte de la largeur du matériel le plus large et, idéalement, du Plus Pe t Commun
Mul ple (PPCM) entre les différents ou ls agricoles u lisés.
Pour rappel, le PPCM de plusieurs nombres est le plus pe t en er strictement posi f qui soit mul ple de ces nombres :
par exemple, pour un tracteur conven onnel de 2,5 m de large, un combiné de semis de 3 m, un déchaumeur de 6 m
et un pulvérisateur de 15 m, le PPCM égale 30 m.
48
Première phase : préparer son projet
Essence Pommier
Haute- ge (HT) - - - - - - 10 - 12 m 12 - 15 m
50
Première phase : préparer son projet
Taillis à très courte Taillis à courte rota on Taillis à moyenne Taillis à longue
Essence Donnée
rota on (TtCR) (2 à 3 ans) (TCR) (4 à 5 ans) rota on (6 à 8 ans) rota on (> 10 ans)
Densité 15.000 12.000 5.000 2.500 à 3.333
approxima ve pieds/ha pieds/ha boutures/ha boutures/ha
51
2. Choix du modèle agrofores er per nent
Généralement, pour les taillis à très courtes rota ons 2.8. Largeur de la tournière (l)
impliquant une tête de récolte, on opte pour un
espacement de ± 0,6 m ; pour les taillis à courtes
rota ons, 0,8 m à 1 m ; pour les moyennes rota ons, 1
à 1,5 m ; et pour les longues rota ons avec récolte à la
tronçonneuse ou à la pince sécateur, entre 1,5 m et 2 m.
52
Première phase : préparer son projet
2.9. Distance de sécurité par rapport Il faudra ensuite contacter la(les) compagnie(s)
concernée(s) pour prendre connaissance des normes de
aux câbles, conduites et lignes sécurité imposées à respecter scrupuleusement.
électriques
Par exemple en Wallonie, la société Elia interdit
Chaque compagnie ges onnaire dispose de son propre toute planta on d’arbres pouvant a eindre une hauteur
règlement en ma ère de distance de retrait par rapport supérieure à 3 m dans une zone de 25 m de part et 2
d’autre de l’axe des lignes à haute tension ; ceci afin
aux conduites de transport (notamment de produits
d’éviter des travaux d’élagage ultérieurs. Des déroga ons
dangereux comme le gaz), aux câbles et aux lignes
à ce e règle peuvent être accordées mais uniquement
électriques de basse, moyenne ou haute tension. Si la après vérifica on par la société de la compa bilité des
présence de ces dernières est directement visible, cela planta ons envisagées avec les installa ons d’Elia. La
n’est pas le cas pour les câbles et conduites. Dans ce demande de déroga on doit être soumise au Contact
cadre, il est impéra f de s’adresser au service urbanisme Center d’Elia et doit men onner l’emplacement, l’essence
de votre commune et de no fier le projet agrofores er et la hauteur maximale des arbres qui seront plantés.
et la(les) parcelle(s) concernée(s) en s’enquérant de la Autre exemple en France pour les lignes électriques
présence ou non d’impétrants, pour iden fier/informer aériennes, la végéta on mise en place doit être arbus ve
la(les) compagnie(s) ges onnaire(s) correspondante(s). en respectant une distance minimale de 5 m par rapport
aux conducteurs dans les condi ons les plus défavorables
(vent et température). Ce e distance affranchira le
Pour la Wallonie et Bruxelles, vous pouvez aussi propriétaire des contraintes et des coûts générés par les
vous rendre sur la plateforme KLIM-CICC h ps://klim- élagages. Dans le cas contraire, ces travaux seront confiés
[Link]/informa on, rela vement simple d'u lisa on. à une entreprise spécialisée, mandatée par les soins
Malheureusement certaines compagnies ges onnaires de l’entreprise ou du service ges onnaire, aux frais du
ne sont pas encore membres du CICC (Contact fédéral propriétaire.
d’Informa ons Câbles et Conduites) : les résultats ne sont
donc pas fiables à 100 % mais ils donnent déjà un très bon
aperçu de la situa on et d’éventuelles contraintes. 2.10. Législa on
En Wallonie, vous êtes légalement tenu, en tant que maître La législa on règle notamment les distances de retrait
d’ouvrage ou entrepreneur, de no fier suffisamment des planta ons à la limite sépara ve de deux propriétés.
tôt (15 jours ouvrables en Région wallonne pour les
« pe ts travaux planifiés »), aux transporteurs En Wallonie, selon l’ar cle 35 du Code rural, la
ges onnaires de conduites de transport, les travaux prévus distance de planta on à la limite sépara ve de deux fonds
dans une zone de 15 m de part et d’autre des conduites de de propriétaires différents est fixée légalement à 2 m pour
transport. Ils peuvent ainsi vous communiquer en temps les arbres hautes- ges et de 0,5 m pour les autres arbres
u le les consignes nécessaires. et arbustes basses- ges, et cela à défaut d’usage constant
et reconnu. La jurisprudence octroie le statut de haute-
Dans le cadre de l’agroforesterie, les « pe ts travaux
ge à tout arbre de hauteur supérieure à 2 m, et de basse-
planifiés » concernent essen ellement le sous-solage
ge à tous ceux de hauteur inférieure à 2 m.
avant mise en terre, la planta on de frui ers hautes-
ges à la pelle mécanique et la planta on d’arbres et de Le CoDT autorise les travaux de planta on et d’entre en
plançons à la tarière. des arbres et arbustes agrofores ers sans demande de
permis si la planta on n’excède pas 100 pieds à l’hectare.
Une brochure « Travaux-à-proximite-de-conduites-de-transport-
[Link] » (téléchargeable en ligne) En France, si aucune règle ne s’applique localement,
explique, d’une part, comment no fier vos travaux et, d’autre alors les distances à respecter par rapport au terrain voisin
part, comment les réaliser en toute sécurité. varient selon la hauteur des planta ons. Si la hauteur de
la planta on est inférieure à 2 m, la distance minimale à
En France, vous pouvez aussi consulter les registres
respecter en limite de propriété voisine est de 0,5 m. Pour
cartographiques des réseaux (p. ex. : lignes à haute
des arbres supérieurs à 2 m de haut, la distance minimale
tension) sur [Link]. à respecter est de 2 m.
53
2. Choix du modèle agrofores er per nent
<2m
>2m
0,5 m
Limite de propriété
2m
Limite de propriété Arbustes n’a eignant pas une hauteur > 2 m (France et Belgique) par
nature ou par entre en.
Arbres pouvant a eindre une hauteur > 2 m (France et Distance de planta on > 0,50 m minimum de la limite sépara ve.
Belgique) si on les laisse pousser. Jurisprudence : la haie ne peut pas a eindre la hauteur de référence des
Distance de planta on > 2 m de la limite sépara ve. arbres hautes- ges ni dépasser en épaisseur la limite de la propriété.
max.
6m 10 m
2m 2m
Limite de propriété Limite de propriété Limite de propriété
d’un espacement (e) de 10 m, des alignements nord- de placer le dernier alignement à 16 m de la parcelle
sud ont été choisis : ils s’y prêtent par culièrement voisine, soit la largeur de son pulvérisateur avec 1 m
bien vu la configura on de la parcelle. La largeur des d’enherbement à droite de la ligne.
tournières a été fixée à 20 m minimum, impliquant une
distance de 183 m entre celles au nord et celles au sud ; Il est aussi décidé de planter un alignement le long de
par conséquent, 19 arbres sont introduits dans chaque la route en respectant le tracé de celle-ci pour ne pas
ligne. perdre inu lement de la surface cul vable. Tous les 2
alignements sont normalisés sur base du dernier à l’est.
La distance est-ouest séparant nos deux retraits en Nous obtenons 8 alignements de 19 arbres, totalisant
limite sépara ve varie entre 236 m au nord et 250 m au 152 arbres à planter.
sud. Pour éviter les conflits de voisinage, il est décidé
Légende
Alignements
>ŝŵŝƚĞƐĠƉĂƌĂƟǀĞ
Tournières
7031 Villers-Saint-Ghislain
20 0 20 40 60 80 m
Nombre total 51 51 50
55
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences
Ensuite, l’enquête sur le terrain confirme ou infirme, affine et complémente les résultats obtenus sur internet.
3.1. Caractérisa on du site par informa ons riches et précieuses mais insuffisantes :
la prise d’échan llons sur le terrain et leur analyse
l’inves ga on cartographique ultérieure est indispensable.
Vous trouverez une fiche « Mesurer le pH du sol » dans Enfin, pour la prospec on de terrain, l’usage du
l'annexe 3 (p. 209). pénétromètre renseigne, quant à lui, la présence
d’horizons compactés, superficiels ou plus profonds.
L’envoi d’échan llons de sol à un laboratoire garan t des Cela permet d’entrevoir les perspec ves de travaux
mesures précises du pH ; d’autres analyses plus avancées d’améliora on du sol, préalables à la planta on.
peuvent aussi être réalisées, mais elles ne sont pas
essen elles dans le seul cadre d’un projet agrofores er.
3.3. Examen de la sta on
Pour la Wallonie, la liste des différents laboratoires
de proximité REQUASUD est référencée dans l'annexe 4 En recoupant toutes les informa ons disponibles,
(p. 210). Il s’agit de laboratoires accrédités et reconnus l’examen complet de la parcelle à planter évalue les
officiellement par les autorités scien fiques. facteurs sta onnels favorables ou limitants en vue
Pour la France, les laboratoires agréés et les types de sélec onner et d’introduire les essences les mieux
d’agréments accordés par le ministère de l’Agriculture et adaptées.
de l’Alimenta on figurent dans l'annexe 5 (p. 211).
EspècĞƐŝŶĚŝcatrices,
Risques eƚŽƉƉŽƌƚƵŶŝƚĠƐ sĠŐĠƚĂƟŽŶ ŐĂŝŶĂŶƚĞƐŽƵĐŽŶĐƵƌƌĞŶƚĞƐ
ZĠƐĞƌǀĞĞŶĞĂƵĚƵƐŽů ZĠƐĞƌǀĞŵŝŶĠƌĂůĞĚƵƐŽů
сŶŝǀĞĂƵŚLJĚƌŝƋƵĞ сŶŝǀĞĂƵƚƌŽƉŚŝƋƵĞ
58
Première phase : préparer son projet
En Wallonie, pour aider à déterminer les essences sugges on d’essences op males, tolérées ou interdites.
adaptées à une parcelle, on dispose du « Fichier écologique Parallèlement, le site web propose une synthèse
des essences ». Fruit d’une collabora on étroite exhaus ve pour chaque essence recensée : atouts,
entre divers partenaires académiques, ins tu onnels limites, distribu on naturelle, compa bilité bioclima que,
et associa fs, ce logiciel en ligne, très intui f, guide écogramme d’ap tudes, contraintes chimiques et
minu eusement tout porteur de projet en agroforesterie. hydriques, enracinement, effet topographique, aspects
sylviculturaux, tempérament, principaux défauts de
la grume et recommanda ons sylvicoles, agents de
dommages, valorisa on poten elle du bois.
Le « Fichier écologique des essences » est un ou l offrant 3
un support à la décision. Son usage ne dispense pas de la
connaissance et de l’exper se de terrain nécessaires pour
réaliser un choix adéquat. Le recours à des professionnels
est vivement recommandé pour ce e étape. De plus, le
logiciel présente uniquement les essences indigènes de
Wallonie, dont certaines sont d’ailleurs plus ou moins
La fonc on première de ce logiciel est d’accorder le choix impactées par les nouvelles condi ons clima ques.
des essences aux condi ons pédoclima ques de la sta on
en vue d’une planta on réussie. Le logiciel permet de En défini ve, après le tri, le choix des essences est parfois
se localiser instantanément sur une carte pour abou r dras quement réduit si on se cantonne aux essences
rapidement, après une succession d’analyses, à une locales.
Il est important d’envisager des essences étrangères également. Pour rappel, de nombreuses essences présentes dans le même biome
aux États-Unis et en Asie peuplaient nos écosystèmes avant la dernière glacia on. Certaines sont moins sensibles à la sécheresse ; nous
pouvons citer l’érable argenté, le févier d’Amérique, le copalme d’Amérique, le paulownia, ou encore le chêne blanc. Leur réintroduc on
en vue de diversifier les planta ons et de répondre aux incer tudes clima ques mérite indiscutablement des ini a ves, certainement
prome euses. En outre, certaines essences méridionales moins gourmandes en eau sont aussi à considérer, et même davantage : le
châtaignier, le chêne chevelu, le chêne pubescent, le cormier, le noyer hybride, etc. Enfin, si on se cantonne à nos essences indigènes, il
importe de s’intéresser également à des provenances plus méridionales.
Pour en savoir plus, 18 essences indigènes et Bonnes pra ques agrofores ères
exo ques sélec onnées dans un contexte de changements
Introduc on de la donnée de pH
clima ques sont présentées dans la brochure interac ve
d’AForCLIM : « Ouvrons le panel des essences Il est indispensable d’introduire la donnée de pH dans le
agrofores ères dans un contexte de changements « Fichier écologique des essences » pour s’assurer de
clima ques ». Elle est téléchargeable sur internet. résultats qualita vement valables.
Lien : l’ensemble des paramètres u lisés dans le logiciel sont
En Wallonie, les essences d’arbustes ne sont pas reprises développés dans l’onglet « Aide » du Fichier écologique des
dans le « Fichier écologique des essences ». Il faut se essences.
référer au tableau présenté dans l'annexe 7 (p. 216) pour
déterminer les essences convenant à la région concernée.
Il s’agit du tableau de la « no ce technique » des subsides
à la planta on, auquel il faut se référer si demande de
subsides il y a. D’autres données u les sont consultables
sur le site [Link] ou dans le livret « Des haies pour
demain », Collec on Nature et forêts n°1, (p. 36 à 49). Ce
livret est téléchargeable sur le Portail environnement de
Wallonie.
59
3. Diagnos c sta onnel et choix des essences
A en on, les érables sycomores sont à proscrire dans les pâtures à équidés car les samares et autres par es de l'arbre
leur sont par culièrement toxiques, avec une issue souvent fatale.
Depuis plusieurs années, le Centre Régional de la Propriété Fores ère Hauts-de-France met à disposi on du public des
guides et des fiches essences gratuitement sur leur site internet h ps://[Link]/ dans la rubrique : « Informez-
vous, ques ons techniques ».
L’annexe 6 (p. 213) liste l’ensemble des essences éligibles pour la mesure 8.2 du PDR (Programme de Développement Rural) en
France : mise en place de systèmes agrofores ers qui, tout en assurant une produc on à long terme pour l’agriculteur, permet
d’avoir un impact posi f sur l’environnement (protec on contre l’érosion, développement de la biodiversité, diversifica on des
paysages...).
En complément à l’annexe 7 (p. 216), l’annexe 8 (p. 218) présente un tableau plus avancé avec les exigences pédoclima ques
des essences (u le pour la Belgique et la France).
Pour la France, les Chambres d’agriculture ont développé une applica on nommée « Auxil’haie ». Élaboré à l’aide d’ouvrages
bibliographiques et complété par la connaissance d’experts, cet ou l est des né aux conseillers agricoles mais également aux
agriculteurs. Disponible gratuitement sur internet, l’applica on dis ngue les projets agrofores ers selon les cultures en place
(arboriculture, grandes cultures, maraîchage, vi culture). Pour plus de précision, elle prend en compte le département dans
lequel se situe le projet d’implanta on ; elle peut aussi intégrer des besoins spécifiques comme le souhait d’a rer un ou plusieurs
auxiliaires face à certains ravageurs sur la parcelle. Une liste d’essences est alors proposée selon les critères de recherche ; l’ou l
laisse ensuite la possibilité de filtrer les essences selon différents critères : intérêt mellifère, port et hauteur des arbres, capacité
d’accueil d’auxiliaires et condi ons édaphiques.
Chaque essence listée possède en hyperlien une fiche spécifique précisant ses caractéris ques propres, comme le montre
l'exemple dans l'annexe 9 (p. 221).
60
Première phase : préparer son projet
61
B. Deuxième phase
Installer son projet
4 Travaux préparatoires
5 Planta on
Paillage, protec on et lu e
6 contre les campagnols
4. Travaux préparatoires
4. Travaux préparatoires
Les travaux préparatoires à tout chan er de planta on agrofores er visent principalement à éliminer toute la
végéta on préexistante et à améliorer le sol avant la planta on.
4.1. Pré-piquetage terre, les pierres et les débris végétaux à travers une
grille. Les débris végétaux, la terre grossière et les pierres
Un pré-piquetage de la parcelle est nécessaire. Il permet sont arrêtés par la grille et tombent sur le sol avant
de localiser globalement l’emplacement des futures d’être recouverts par la terre plus fine qui la traverse.
lignes d’arbres afin de travailler le sol aux endroits
Un déchaumeur peut enfin être u lisé mais il nécessite
appropriés. En vue d’une planta on agrofores ère,
parfois plusieurs passages dans de bonnes condi ons
il n’est pas u le de travailler toute la parcelle, mais
pour détruire complètement un couvert herbacé.
uniquement les zones à planter.
Ne oyage du terrain
4.2. Destruc on d’un éventuel
Broyeur à axe ver cal Gyrobroyeur à axe horizontal
couvert
à couteaux à marteaux
(Øvégéta on < 4 - 6 cm) (Øvégéta on < 4 - 5 cm)
La majorité des planta ons agrofores ères sont
réalisées en terres de culture et en prairies ; il s’agit
donc tout au plus de détruire un couvert herbacé,
des résidus de culture ou éventuellement un couvert
d’automne-hiver (CIPAN). Néanmoins, dans certains cas,
pour des planta ons en bordure de parcelle agricole,
l’élimina on de végéta on semi-ligneuse (comme la
Gyrobroyeur fores er Déchaumeur
ronce) ou ligneuse (comme le prunellier) indésirable de surface à disques
nécessite un matériel plus robuste. à dents fixes
(tout Ø de végéta on)
L’usage d’herbicides totaux est déconseillé, voire interdit
dans le cadre des subsides à la planta on. Les herbicides
sont également à proscrire dans certains sites, milieux
naturels ou à proximité des zones sensibles (captages,
sources, cours d’eau…). En dehors de ces cas, le
« désherbage chimique » peut toutefois être envisagé.
Enfouisseur de pierres Charrue
Le labour, éventuellement précédé d’un broyage de la
végéta on encombrante, permet d’éliminer facilement
la végéta on herbacée et des résidus de culture.
Sondage au pénétromètre
Pénétromètre électronique
Ce e opéra on consiste à mesurer, par pénétra on,
la dureté d’un profil pédologique. Ce e ac on peut se
réaliser à l’automne mais l’idéal est d’a endre la sor e
de l’hiver : le sol doit être suffisamment humide sur
l’en èreté du profil analysé, en étant toutefois ressuyé.
La résistance à la pénétra on dépend aussi de la texture
du sol : à état hydrique comparable, un sol argileux
est plus résistant qu’un sol limoneux ou sableux. Pour
pouvoir interpréter une varia on de résistance à la
pénétra on comme une différence d’état de compacité
du sol, il faut avoir connaissance a priori des changements
de texture en profondeur. Une bonne pra que consiste
à opérer une force d’appui iden que durant toute la
descente de la ge dans le sol ; ainsi, on peut détecter
les horizons compactés en ressentant la résistance à Pour en savoir plus, le « Guide méthodique de la ge pénétro » d’Agro-
l’enfoncement. Transfert est téléchargeable sur le net.
65
4. Travaux préparatoires
12,5 m
Elle permet ainsi d’établir « de visu » un diagnos c de
l’état structural du sol en profondeur et en un temps
Vider une prétranchée pour éviter de tasser le bloc à observer réduit.
en le prélevant.
Prédécouper les côtés du bloc de sol à observer sur 10 cm de Ce e méthode se situe entre le test rapide à la
côté.
bêche et le profil cultural. Le mini-profil 3D permet
Enfoncer une bêche terrassière à une profondeur d’au moins
40 cm et prélever le bloc de sol. une observa on plus profonde et complète que la
Basculer doucement la bêche et poser délicatement méthode à la bêche, se cantonnant, elle, aux 25 à
l’échan llon de sol sur une bâche. 40 premiers cen mètres du sol.
Mini-profil 3D
Rapprocher les 2 pale es du chargeur avec un écartement de 20 à 30 cm entre elles :
en sol fortement argileux (> 40 % d’argile), cela permet de limiter les contraintes ; en sol 1m
sableux, cela évite l’effondrement entre les pale es du bloc prélevé.
Enfoncer complètement les pale es dans le sol avec un angle de 30 à 45°.
Lever légèrement, sans à-coup, puis redresser les pale es pour éviter l’effondrement
m
70 c
du bloc.
Lever à la hauteur souhaitée pour l’observa on et rebasculer le bloc à l’horizontale.
ř Ś
4
40 cm
ś Ŝ
Lissage marqué accompagné d’un Lissage observé mais Pas de discon nuité
défaut d’enracinement à ce niveau traversée de l’horizon par les racines entre horizons
67
4. Travaux préparatoires
3. Observer l’apparence du bloc sur une face pour chaque horizon en me ant en relief les zones compactes avec un couteau.
Reprise au labour et
travail superficiel indispensables
État O (ouvert)
Structure grumeleuse, fragmentaire
porosité élevée
beaucoup d’agrégats arrondis, souvent d’origine biologique
présence fréquente de mo es cons tuées de pe ts agrégats tenus par des
racines
colonisa on par les racines de tout l’échan llon
Pas de tassement
68
Deuxième phase : installer son projet
En présence d'un sol tassé et lissé, en plus du travail mécanique du sol, il est u le de :
S muler la vie et favoriser la régénéra on naturelle du sol par des apports de ma ère organique compostée (fumier mûr par
exemple), au niveau de la ligne ou du trou de planta on ; elle peut être incorporée aux 10 premiers cm du sol (si fumier frais : dépôt
uniquement en surface).
Réaliser des apports supplémentaires de biomasse en surface avec des paillages biodégradables (paille, copeaux de bois…) de
préférence lignifiés pour perme re le développement de champignons, de mycorhizes et la produc on d’humus.
Profil cultural
La réalisa on d’un profil cultural n’est pas jus fiée dans un cadre agrofores er ; cependant, s’il est réalisé dans un
contexte agricole global, un ensemble de données u les (en lien avec celles présentées dans le point précédent)
devraient être recueillies.
69
4. Travaux préparatoires
Suivant le diagnos c physique du sol et le matériel disponible, le choix des opéra ons culturales peut être arrêté. On
dis ngue :
Le sous-solage ou décompactage
En présence d’un ou plusieurs horizons compactés et lissés liés à des semelles de labour, le sous-solage ou le
décompactage est indispensable pour favoriser la colonisa on et la pénétra on racinaire des arbres. Dans un sol vivant,
structuré et avec absence d’horizon compacté, ce travail du sol n’est pas requis.
Dans des sols plus superficiels ou avec une charge élevée en éléments grossiers, il est parfois impossible de travailler
avec la sous-soleuse. Dans ce cas, on se contentera de réaliser un décompactage plus superficiel.
Sous-soleuse 3 dents Cul vateur lourd chisel Cul vateur léger à dents rigides
(profondeur max. : 60 cm) (prof. max. : 45 cm) (profondeur max. : 30 cm)
Il est conseillé de réaliser le sous-solage le plus tôt possible, soit juste après les récoltes, pour laisser le temps à la terre de se reposer
avant la planta on à l’automne. Idéalement, il convient d’a endre 3 mois avant de me re les jeunes plants en terre pour éviter leur
déchaussement en période de gel et d’engorgement en eau.
A en on aux impétrants, il est indispensable de vérifier, dès le début de la phase de projet, si une conduite de transport de produits
dangereux sous pression (gaz, par exemple) se situe dans la zone des travaux (cfr. point 2.9., p. 53).
70
Deuxième phase : installer son projet
Le fraisage ou le hersage
l’avantage de la fraise sans devoir traiter la végéta on 4.4. Semis d’un couvert
existante à l’herbicide puisqu’il l’enfouit.
Recommandé dans de nombreux cas, le paillage
représente un inves ssement en coût et en main-
d'oeuvre conséquent. En outre, il présente l’inconvénient
grille d’a rer les campagnols. Pour réduire les frais d’une
nouvelle planta on, le semis d’une culture couvrante
sur la ligne de planta on peut être opportun à plus d’un
tre.
72
Deuxième phase : installer son projet
La fétuque rouge (Festuca rubra) : monocotylée de la se développe progressivement pour couvrir le sol en
famille des poacées, ce e plante vivace s’adapte à des arrière-saison.
condi ons variées. Elle s’installe raisonnablement bien
Certaines espèces de plantes herbacées vivaces (à
(elle doit être roulée après semis), plus rapidement pour
fleurs) peuvent aussi parfaitement convenir, nous
la variété rouge traçante compara vement aux variétés
pouvons citer l’origan commun (Origanum vulgare) et
demi-traçante ou gazonnante. Néanmoins, l'installa on
la Brunelle commune (Prunella vulgaris) qui présentent
est assez lente, c'est pourquoi elle peut être mélangée
toutes deux un très bon pouvoir de recouvrement ; elles
à du plantain lancéolé (Plantago lanceolata) ou à une
sont mellifères de surcroît. Malheureusement, elles
plante annuelle. Elle présente une bonne pérennité, un
remplissent significa vement leur rôle de couverture en
feuillage fin et une faible vitesse de pousse (moindre
deuxième année seulement ; il est donc nécessaire de
consomma on en eau et minéraux).
les semer en mélange avec une espèce annuelle comme
Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) : herbacée le souci des champs (Calendula arvensis), la saponaire
vivace de la famille des Plantaginacées, ce e plante des vaches (Vaccaria hispanica) ou la phacélie. 4
présente une grande amplitude écologique, elle est
Un mélange fleuri : les fleurs vivaces sont dans
peu exigeante et lève facilement. Elle forme une
l'ensemble peu compé trices et présentent un pouvoir
rose e basilaire et présente donc un bon pouvoir de
de recouvrement sa sfaisant. Quelques espèces
recouvrement sans toutefois faire de la biomasse. Après
annuelles sont u les pour apporter une plus-value
semis, elle s'installe rapidement.
mellifère la première année. Les mélanges peuvent
Le trèfle blanc (Trifolium Repens) : dicotylée de la comporter un peu de graminées (peu agressives).
famille des fabacées, ce e plante vivace très basse à
ge rampante s’adapte à tout type de sol, ses racines
explorent les 15 à 20 cm premiers cen mètres du
sol. Elle convient bien en agroforesterie mais son
inconvénient est de présenter des stolons appréciés des
campagnols. La variété micro est à conseiller mais elle
s’installe lentement, il faudra donc la mélanger avec une
annuelle. Le trèfle blanc peut être aussi mélangé à de
la fétuque rouge. Densité de semis préconisée du trèfle
blanc : 5 kg/ha.
5. Planta on
Une fois le sol préparé, la planta on peut débuter. Ce e étape comprend les opéra ons de piquetage, de
récep on des plants, d’habillage et de mise en terre. Pour tout projet agrofores er, l’approvisionnement en
plants de qualité, leur bon entreposage et une planta on soignée garan ssent la bonne reprise des plants.
Sur sol sain, la mise en place des plants se fera de préférence en novembre. Sur sol présentant un risque
d’engorgement temporaire et dans les zones très giboyeuses, la planta on aura lieu au printemps après
ressuyage des sols trop humides.
0m 36 m 40 m
e = 10 m
0m 5m 15 m 45 m 50 m
E = écartement
entre les lignes
C D
A B
1. Placer un jalon à chaque extrémité de ligne : ceux-ci sont des
repères fixes. Le troisième est alors posi onné à 10 m d’une 1. Tracer la perpendiculaire CX par rapport à l’alignement AB,
des deux extrémités sur l’alignement grâce aux deux premiers considérer l’écartement voulu et localiser X.
jalons ; il est également fiché en terre. 2. Tracer la perpendiculaire DY par rapport à l’alignement AB,
2. L’opérateur se déplace alors avec le quatrième jalon, il le considérer le même écartement et localiser Y.
posi onne pour l’aligner par visée avec les deux jalons de 3. Tracer XY => XY // AB.
l’extrémité concernée. Pour viser, l’opérateur doit toujours 4. Contrôle : angles X et Y = 90°.
prendre une distance de retrait.
Boussole Recta®
Jalonnement avec deux opérateurs
Opérateur 2
5
Opérateur 1
placement du jalon
vise et oriente
suivant les consignes
l’opérateur 2
de l’opérateur 1
ĮdžĞ ĮdžĞ
retrait
boî er rétractable, capsule avec échelle, miroir
visées à l’œil à l’aide ou non du miroir
1. Placer un jalon à chaque extrémité de ligne, ceux-ci sont fixes. fonc ons mul ples : main en de direc on sans visibilité
2. L’opérateur 1 se place à l’extérieur de la ligne dans orienta on sur terrain et sur carte, contournement
l’alignement des deux jalons fixes, avec une distance de d’obstacles, mesures d’angles
retrait. Il guide l’opérateur 2 afin d’aligner son jalon avec ceux précision : ± 5°
fixés aux extrémités. avantages : instrument d’un bon rapport qualité-prix et très
3. L’opérateur 2 déplace le jalon sur la ligne de planta on. pra que sur le terrain
GPS
5.1.3. Posi onnement
d’alignements parallèles
75
5. Planta on
P
La droite passant par le
sommet d’un triangle
isocèle et le milieu de sa
base est perpendiculaire
à la base de ce même
triangle. A B
01 02
5m
tous les 15 m
des deux autres côtés : 3×3 +
4×4 = 5×5. Matérialisation de
A 3m B
la 2 ème ligne avec le
01 02 dispositif de mesure
76
Deuxième phase : installer son projet
La planta on suivant les courbes de niveau est par culièrement efficace dans le cadre de la lu e contre l’érosion
des sols. Elle présente, en outre, un caractère esthé que largement apprécié pour son intégra on paysagère. Son
inconvénient est de rendre la mécanisa on compliquée si les courbes de niveau évoluent irrégulièrement. Pour
délimiter les courbes de niveau préalablement à la planta on, on u lise généralement un cadre en forme de « A » ; un
niveau à eau rudimentaire peut aussi être u lisé.
ĐƌŽĐŚĞƚ
ŽƵĐůŽƵ
Avec un niveau
ou un fil à plomb.
C D
ϯŵ
U lisa on d’un cadre en forme de « A » pour délimiter les courbes de niveau dans un champ (vue du dessus )
Équerre ? ?
?
D
D
?
D ?
C
4 5
Point de départ 318 m
318 m 3 Courbe de niveau 2
1 2
E = 50 m par exemple
322 m
Courbe de niveau 1
(délimitée précédemment)
322 m
Point de départ
Pour déterminer le point (5) de la courbe de niveau, sachant que les points (1 ; 2 ; 3 ; 4) sont déjà établis et ont la même hauteur par
rapport au niveau de la mer : on place le point C de l’équerre schéma sée ci-dessus sur le point (4), C reste fixe au sol. On déplace ensuite
la jambe BD sur le sol comme un compas jusqu’à trouver l’horizontale ; D marque l’orienta on de la ligne par le point (5) au sol, on le
matérialise avec une bague e et on passe au point suivant.
77
5. Planta on
Entre la récep on des plants et leur planta on, il convient de les stocker adéquatement afin de conserver leur fraîcheur. Ils doivent être
emballés ou mis en jauge.
Mise en jauge
Idéalement, l’endroit choisi pour la mise en jauge doit se trouver à proximité du chan er de planta on, il doit être frais, abrité du vent
et du soleil, de préférence à exposi on nord. La tranchée doit avoir la profondeur des racines des plants et être creusée dans le sens 5
SO-NE. Les plants doivent être posi onnés inclinés avec la tête exposée au nord-ouest pour protéger les bourgeons terminaux du plein
ensoleillement au sud et profiter des vents frais et humides. Par temps sec, il convient d’humidifier le sol de la jauge avant d’installer les
plants.
N-E
ř Ś ś
S-O
Ŝ ŝ Ş
Apporter les bo es sur le lieu de mise en jauge. Ouvrir un second sillon et recouvrir les racines des plants étalés.
Ouvrir un premier sillon orienté SO-NE. Étaler une seconde ligne et plus si nécessaire.
Débo er et étaler les plants dans le sillon creusé. Recouvrir les racines des plants étalés.
A en on, il est important d’avoir la main légère et il ne faut pas « déshabiller » les plants : pour un arbre équilibré et
sans blessure, mieux vaut corriger les défauts de conforma on (fourches, inser on de branches trop redressées ou
trop grosses) 2 à 3 ans après la planta on. Chaque coupe implique en effet une réac on de l’arbre pour se protéger des
pathogènes extérieurs et cons tue un stress supplémentaire à la transplanta on.
80
Deuxième phase : installer son projet
Pour les plants à racines nues, la période de planta on 5.4.2. Planta on de plants en godet
s’étend de novembre à la mi-mars :
Pour la planta on de haies, les plants en godet
• Avant novembre, le feuillage des espèces caduques cons tuent une technique rapide et efficace : ce e
est encore fourni ; il va pomper toutes les réserves technique présente un intérêt majeur face aux printemps
en eau du plant et l’assécher. et étés secs, de plus en plus fréquents. Les plants en
• Après la mi-mars, les nouvelles radicelles de godet, généralement jeunes (1 à 2 années de semis), de
printemps commencent leur croissance ; la pe te taille (< 50 cm) et enracinés dans leur substrat,
transplanta on va donc les briser et entraîner une sont moins sensibles à un déficit hydrique et subissent
diminu on de vigueur durant la première année. moins la crise de la transplanta on. Leur reprise est
logiquement plus performante. Ils sont certes un peu
Globalement, la seconde quinzaine du mois de plus onéreux à l’achat, mais les résultats de reprise
novembre est vivement recommandée ; le vieux dicton sont supérieurs à ceux des plants à racines nues lors de
« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » prend périodes à déficit hydrique.
tout son sens.
Ce e technique dispense de la mise en jauge et de la
En effet, à ce e période, le sol frais et encore légèrement tâche du regarnissage ; cependant, elle nécessite un 5
« chaud » de l’été assure un pré-enracinement des travail préalable du sol et un paillage (les plants de
arbres et une meilleure reprise : ils résisteront mieux à pe te taille sont plus vite étouffés par la végéta on
une éventuelle sécheresse printanière ou es vale. concurrente). Dans un sol ameubli, recouvert ou non
d’un plas que biodégradable, ce type de planta on peut
Pour les plants en godet (synonymes : en mo e ou en éventuellement se réaliser avec une canne à planter,
conteneur), la période de planta on est sensiblement aussi dénommée tube à planter. Ce procédé facilite la
plus étendue, pouvant aller de mi-août à mi-juin. mise en terre et augmente significa vement la vitesse
de planta on.
ř Ś ś Ŝ ŝ Ş
Enfoncer le tube dans le sol jusqu’au niveau de l’indicateur de profondeur.
Ouvrir la mâchoire du tube en appuyant sur la pédale.
Placer le plant en godet dans le tube et le laisser tomber.
Re rer le tube en le faisant pivoter légèrement.
Une fois le plant complètement libéré du tube, rer sur la gâche e pour refermer la mâchoire
de l’ou l.
Recouvrir la mo e de 2 ou 3 cm de terre pour éviter son assèchement (« effet mèche »).
81
5. Planta on
Pour toutes techniques de planta on Manuten on préven ve des plants contre le dessèchement
Risques de dessèchement des racines au soleil Protec on des racines dans un sac de planta on
Notamment pour les plants de hauts-jets de feuillus à racines nues, le pralinage est
recommandé. Il consiste à plonger les racines jusqu’au collet dans une bouillie minérale et
organique, laquelle réduit les risques de dessèchement et favorise une meilleure reprise
racinaire.
A en on à éviter tout dessèchement du pralin sur les racines pour empêcher la rétrac on et
la déchirure des fines radicelles.
82
Deuxième phase : installer son projet
La planta on à la simple fente rapide est à réserver pour des pe ts plants arbus fs de haies. Ce e technique est déconseillée pour
des plants plus forts avec des racines plus développées. Aussi, la planta on en simple fente risque de ne pas assurer une bonne
reprise, sauf sur les terrains préalablement travaillés.
ř Ś ś Ŝ
5
rapidité
Enfoncer la bêche ver calement dans le sol. simplicité
Basculer le manche de l’avant vers l’arrière pour créer une ouverture suffisante.
Placer le plant dans l’ouverture ainsi créée, les racines bien étalées vers le bas, fente étroite et compactage des parois
et ajuster la posi on du collet par rapport au sol. volume du trou : ± 1 l
racines souvent mal posi onnées et
Re rer la bêche et refermer la fente avec le pied.
comprimées
La planta on à la double fente se pra que également pour des plants arbus fs de haies. Ce e technique présente un meilleur
compromis technico-économique par rapport à la planta on à la simple fente.
ř Ś ś Ŝ ŝ Ş
Enfoncer la bêche ver calement dans le sol et la re rer. meilleur posi onnement
Planter la bêche de biais. des racines
rapidité moyenne
Re rer la por on de sol ainsi découpée.
volume du trou : ± 2 l
Émie er finement le substrat prélevé.
Placer le plant dans l’ouverture ainsi créée, les racines bien volume disponible pour
étalées vers le bas, et ajuster la posi on du collet par rapport au sol. les racines encore trop
Replacer la terre avec le pied et tasser modérément de la pointe insuffisant pour les
du pied. plants forts
83
5. Planta on
La planta on à la fente en T est rapide et op male pour des plants de hauteur moyenne : 50 à 100 cm de hauteur.
ř Ś ś Ŝ ŝ
ř Ś ŝ ŝ
rendement intéressant risques de racines mal disposées dans le sol (surtout pour les grands
meilleur compromis
technique de travail plants)
volume du trou : ± 3 l
ergonomique risques de poche d’air
84
Deuxième phase : installer son projet
La planta on en potet, exigeante et plus fas dieuse, est des née aux plants de hautes- ges : hauteur > 100 cm.
A C A C A
B B B
ř Ś ś Ŝ
C A C A A
B
ŝ ŝ Ş ş
85
5. Planta on
Coupe EN BISEAU
à l’extrémité Trou ou tranchée avec paroi
au-dessus Ŝ ŝ ver cale profonde de 15 à 20 cm.
d’un oeil Mélange éventuel de sable et
de terreau dans le fond du trou.
ř ś Bouture adossée à la paroi
L : 10 à 60 cm ver cale et fermement appuyée
Ø : 7 à 12 mm sur le fond.
Ś Le ers supérieur au-dessus
du sol.
Coupe DROITE
à l’extrémité Tassement avec le pied et
en dessous arrossage régulier par temps sec.
d’un oeil
Pour la planta on de peupliers et de saules conduits ultérieurement en têtard, on opte généralement pour des plançons.
Pour la planta on de saules, on prélève généralement les plançons dans la nature durant le repos végéta f hivernal,
idéalement de février à mi-mars. Néanmoins, pour les projets d’envergure nécessitant un étalement des prélèvements
et des planta ons, on peut débuter en novembre. Les plançons prélevés doivent être issus de rejets vigoureux, bien
droits et peu ramifiés d’un diamètre de 2 à 8 cm et d’une longueur de 2 à 3 m. Il convient d’ajuster une coupe franche
en biseau à la base pour faciliter son enfoncement.
ř Ś ś
Réaliser un trou avec une tarière thermique ou manuelle : Ø ± 10 cm, profondeur - 1m.
Disposer le plançon dans le trou en l’enfonçant avec vigueur.
Replacer la terre dans le trou et tasser avec un manche d’ou l.
87
5. Planta on
Pour les peupliers conduits en haut-jets, on opte et la pérennité des planta ons. En Région wallonne,
généralement pour des plançons achetés en pépinière. il convient tout par culièrement de se fournir chez
On trouve actuellement des cul vars sélec onnés selon un pépiniériste labélisé Cer fruit, soit directement
plusieurs critères : adapta on à la sta on, résistance aux chez l’ar san greffeur soit chez l'un des revendeurs
pathogènes, croissance soutenue, rec tude du tronc, adhérents dont les coordonnées sont listées sur le site
résistance aux vents (par exemple, les cul vars Muur [Link] [Link]. Véritable gage de qualité, ce label
et Oudenberg u lisés en alignement agrofores er). assure le respect du cahier des charges des bonnes
Différentes dimensions sont généralement disponibles pra ques et garan t l’origine et l’authen cité variétale ;
mais il est préférable d’u liser des plançons de 2 ans un é quetage durable et officiel ; des variétés adaptées
de catégorie A2 (10-12 cm de circonférence à 1 m à nos régions, tolérantes aux maladies ; une produc on
de hauteur). En pépinière, les plançons doivent être locale et ar sanale ; une qualité supérieure des arbres.
récoltés le plus tard possible avant planta on et être Aussi, il est préférable de commander ses arbres un
protégés lors des transports et des manipula ons. S’il an à l’avance. Cela permet d’obtenir des arbres greffés
y a eu passage en chambre froide, ils seront trempés spécialement pour la commande et évite de recevoir
dans l’eau au moins une journée. Les plants doivent être des fins de stock, des invendus ou des arbres de moindre
bien aoûtés (lignifica on de la pousse terminale), les qualité retournés par les professionnels.
bourgeons toujours présents et en bon état.
L’idéal est, enfin, de se procurer des arbres avec des
La planta on se réalise à l’aide d’une tarière de diamètre porte-greffes de pommier sauvage, bien moins sensibles
compris entre 8 et 15 cm, les trous de planta ons sont à la probléma que du campagnol (plus d’informa ons
forés sur une profondeur idéale de 80 cm, d’une part et possibilité d’achat en s’adressant au Centre de
pour assurer la stabilité des plançons et d’autre part Michamps - BE).
pour favoriser le développement des racines dans les
horizons humides du sol. À la commande, il est recommandé de demander au
pépiniériste de marquer le nord sur les arbres avec une
Des planta ons plus profondes sont conseillées bombe de peinture ; les arbres seront replantés dans
dans certains milieux secs mais, pour des raisons leur direc on ini ale afin d’éviter les coups de soleil.
économiques, elles ne dépasseront pas 1,2 m. Il faut
éviter la barre à mine ou tout autre matériel entraînant La planta on des arbres frui ers hautes- ges nécessite
un lissage des parois. d'être par culièrement mé culeux.
Réaliser le trou de planta on. Installer la cage de protec on contre les campagnols.
A
B
C
ř Ś
5
La largeur et la profondeur du trou de planta on doivent être Treillis métallique : hauteur 1 m, mailles hexagonales de 13
d'un ers supérieures à celles des racines : pour ce faire, on à 16 mm.
considère généralement un peu moins de 2 fers de bêche. Épaisseur du fil : < 0,8 mm pour perme re aux racines de
dilater le treillis par la suite.
Séparer les mo es d’herbe (A), la terre du dessus riche en Ne pas u liser du fil métallique plas fié.
humus (B) et la terre du dessous (C).
Ameublir le fond à la bêche sur environ 20 cm pour une Technique d’élabora on de la cage détaillée à la page 120.
pénétra on plus facile des racines ; sur sol caillouteux, piocher
le fond sur 30 cm et remplacer ce substrat par de la terre
ameublie.
N
O E
Profondeur
шϴϬĐŵ S
ś Ŝ
89
5. Planta on
ďŽƵƌƌĞůĞƚĚĞŐƌĞīĞ
base du sol
base des racines
ŝ Ş
Poser l’arbre sur le cône au centre à 10 cm du tuteur, le bourrelet de Reboucher le trou en recouvrant les racines avec le
greffe doit se situer à 5 - 10 cm au-dessus de la surface du sol. reste de terre riche en humus, en prenant garde de ne
Fixer l’arbre au tuteur à 1 ou 2 endroits avec un lien élas que sans pas former de cavités.
trop serrer (réaliser un 8 en laissant une main d’écart), le lien est fixé
au tuteur à l’aide d’un clou.
ş Š
Raba re le treillis jusqu’à épouser le tronc et le tuteur. Appliquer éventuellement du fumier ou du compost
Arroser en fonc on de l’humidité du sol et des condi ons bien décomposé et les incorporer légèrement (s’il
météorologiques. s’agit de MO fraîche, jamais en contact avec les racines
Placer les mo es de gazon sur les côtés du trou juste avant de ou le tronc pour éviter les risques de brûlure).
refermer complètement celui-ci ; en surface, elles sont des lieux de Pailler pour favoriser la vie du sol et limiter le
prédilec on pour les campagnols. développement des mauvaises herbes : BRF, dalles ou
Répar r la terre du sous-sol aux endroits plus éloignés et tasser films biodégradables.
légèrement.
Consignes par culières : veiller toujours à maintenir le point de greffe hors du sol pour éviter à l’entre-greffe de s’enraciner
(marco age) et d’affranchir le système racinaire originel (issu d’une graine) ; en effet, leur variété et leur vigueur diffèrent. Enfin,
l’enracinement n’est pas iden que s’il est issu d’une graine ou d’un marco age ; cela influe également sur la vigueur générale de
l’arbre.
90
Deuxième phase : installer son projet
91
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
6.1. Paillage Malgré son coût parfois élevé, le paillage cons tue
une solu on efficace ; il consiste à disposer sur le sol,
La végéta on adven ce varie selon les régions et les au pied des plants, un matériau formant un écran pour
condi ons sta onnelles, mais aussi suivant la couverture améliorer leur reprise et leur croissance. Il permet de :
vivante au moment de la planta on et la banque de • limiter le développement des adven ces ;
graines dans le sol. Dès la première année, la reprise • réduire les pertes du sol en eau et contribuer à
végéta ve d’un jeune plant peut être mise à mal si le conserver le sol frais ;
printemps est sec et/ou si la compé on pour la réserve • réguler la température du sol et améliorer sa stabilité
en eau et en minéraux est forte. Dans la lu e pour l'eau, structurale ;
la graminée est la végéta on la plus concurrente : avec • influer posi vement sur la disponibilité des éléments
son chevelu racinaire dense et sa surface foliaire élevée, nutri fs dans le sol ;
elle en est une forte consommatrice. • éventuellement, favoriser la vie du sol.
Les jeunes planta ons réclament donc des interven ons Le risque majeur du paillage est de favoriser la présence
pour réduire la concurrence aérienne et souterraine des du campagnol au sein des lignes de planta on. Si la
adven ces. Trois opéra ons préven ves et cura ves présence du rongeur est pressen e, le paillage est
perme ent de faire face à ce e probléma que : le déconseillé et il faut alors opter pour le dégagement
(cfr. point 7.2., p. 128).
paillage, les dégagements et le désherbage chimique.
92
Deuxième phase : installer son projet
Films et feuilles
Les films et feuilles sont minces (< 5 mm) et flexibles, fabriqués en polyéthylène, polypropylène, bioplas que ou
ma ères végétales.
Les paillis en plaques, toiles ou feutres sont épais (> 5 mm) et plus rigides. Ils sont fabriqués à base de fibres, de pâte de
bois ou de par cules de liège assemblées par un liant soit organique, soit de synthèse, soit de bioplas que.
Les paillis en couche sont les plus épais (> 10 cm). Ils sont fluides et très poreux, ils sont cons tués de matériaux
déposés librement sur le sol : paille, foin, Bois Raméal Fragmenté (BRF), plaque es, écorces, copeaux.
93
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
6.1.2. Vitesse de dégrada on d’un Enfin, l’épaisseur joue un rôle non négligeable car
paillage la par e en contact avec le sol humide se dégrade
en premier, surtout avec des éléments grossiers. On
La vitesse de dégrada on d’un paillage est difficile à considère qu'une couche de 10 à 15 cm est le minimum
déterminer, en par culier pour les matériaux à base requis pour une bonne tenue et une bonne efficacité. En
végétale. Elle dépend des condi ons clima ques, dessous, la dégrada on est trop rapide et les adven ces
de la température, de l’humidité et de l’ac vité émergent facilement.
microbiologique du sol, propre à chaque région et à
6.1.3. Modalités de pose
chaque parcelle. La manipula on et la pose correctes
influent également sur la dégrada on. Les modalités de pose d’un paillage dépendent de ses
caractéris ques. Il est soit installé manuellement soit
Concernant les broyats et les plaque es, outre leur
disposé à l’aide d’un matériel agricole adapté : une
nature, la taille des éléments condi onne la vitesse de
dérouleuse à plas que, une dérouleuse à balles rondes
dégrada on. En effet, un broyat fin se dégrade plus vite
ou une benne distributrice. Pour faciliter la mise en place
du fait de sa pe te taille, mais aussi parce qu'il conserve
d’un paillage individuel ou en bande sur la surface à
davantage l’humidité en son sein. Quand le paillage
recouvrir, il est indispensable de bien aplanir le sol et de
forme une masse humide compacte avec les mycéliums,
ne oyer sa surface en ôtant les obstacles qui pourraient
il commence à se dégrader rapidement. En revanche, les
empêcher le paillis d’entrer en son contact.
broyats grossiers me ent plus de temps à se dégrader :
de par leur taille et un certain brassage de l’air, la par e [Link]. Installa on manuelle
supérieure du paillage sèche plus rapidement et il en
résulte une plus longue tenue. Le paillage manuel est une opéra on à réserver à un
nombre restreint d’arbres.
1. Poser le feutre incisé au 3. Fixer les coins avec des 4. Recouvrir le pourtour avec un
2. Fermer la fente.
milieu. agrafes. bourrelet de terre.
94
Deuxième phase : installer son projet
4. Idéalement, recouvrir le
pourtour et la langue e
1. Posi onner la plaque. 2. Placer la langue e amovible. 3. Fixer les agrafes aux coins.
amovible avec un bourrelet
de terre.
Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’une toile ou d'un film
4. Dans chaque sillon, recouvrir de terre les bords 6. Dégager l’emplacement du trou de
5. Découper une entaille en forme de X
du paillis tout en exerçant avec les pieds une planta on pour y introduire le plant
ou de T (15 à 20 cm) dans le film.
forte pression pour assurer sa tension parfaite. à racines nues ou en godet.
95
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Le paillage mécanique s’envisage soit pour des projets d’envergure soit si le matériel déposé (paille, foin, plaque es...)
est directement disponible sur place.
Bonnes pra ques agrofores ères Pose d’une toile ou d’un film en long
La synthèse ci-après présente les caractéris ques des différents types de paillage les plus couramment u lisés. Certains
résultats sont directement rés d’une étude réalisée par Prom’Haies (Prom’haies & partenaires, 2007) en France ; les coûts sont
actualisés pour la Belgique et la France (août 2019) et sont renseignés HTVA.
96
Deuxième phase : installer son projet
Épaisseur / grammage 80 microns 150 à 200 g/m² 80 microns 110 g/m² 190 g/m²
Coûts de fourniture 0,25 à 0,50 €/m² 0,6 à 3 €/m² 0,95 à 3 €/m² 0,30 à 0,50 €/m² 1,8 à 2,2 €/m²
à 3 mois 4 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 4 4/3 4 4 4
paillant *
à 27 mois 4 3/0 3/1 4 4
Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec Manuelle ou avec
Pose du paillage
dérouleuse dérouleuse dérouleuse dérouleuse dérouleuse
non
nécessite de nécessite de nécessite de
biodégradable
recycler les recycler les recycler les
coût élevé à cause
non agrafes (si agrafes (si agrafes (si
de l’obliga on de
biodégradable placées) placées) placées)
recyclage, la toile
coût élevé à cause bien vérifier la bien vérifier la bien vérifier la
se disloque en
Inconvénients de l’obliga on de composi on composi on composi on
une mul tude de
recyclage (certains produits (certains produits (certains produits
bandele es au
ne favorise pas la con ennent con ennent con ennent
bout d’un certain
vie du sol du plas que, du plas que, du plas que,
temps
même en ok même en ok même en ok
ne favorise pas la
compost ) compost ) compost )
vie du sol
L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul
97
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Feutre de fibres de
Dalles de fibres de Dalles en par cules Toile de chanvre
Type bois, de chanvre… Feutre 100 % PLA
bois compactées de liège hydrolié
aiguilletées (1.000g/m²)
0,5 à 1 cm
Épaisseur / grammage 0,8 cm 0,35 cm 0,45 à 1,3 cm 400 à 800 g/m²
1.000 à 1.400 g/m²
à 3 mois 4 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 4 4 4/3 4 2/1
paillant *
à 27 mois 3/2 4 3/1 4 1/0
perméable à la
biodégradable, pluie biodégradable
perméable à la
durable perméable à la pluie résistant : améliore
pluie
biodégradable améliore légèrement manipula on légèrement la
biodégradable
bonne croissance la vie du sol facile vie du sol
bonne
Avantages des plants résistant : efficace contre manipula on
croissance des
efficace contre manipula on facile les adven ces facile
plants
les adven ces efficace contre les bon compromis efficace contre
efficace contre
bon compromis adven ces pour un coût les adven ces
les adven ces
coût raisonnable raisonnable coût raisonnable
« ok compost »
nécessite une
prépara on
minu euse du nécessite une dégrada on plus dégrada on plus
Remarques sol prépara on rapide en milieu rapide en milieu
dégrada on plus minu euse du sol humide humide
rapide en milieu
humide
L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul
98
Deuxième phase : installer son projet
Copeaux de bois
Copeaux de bois Bois Raméal Fragmenté
Type (plaque es de Écorces de pin
(plaque es de résineux) (BRF)
châtaignier)
Épaisseur / grammage 10 cm 10 cm 15 cm 10 cm
à 3 mois 4 4 4 4
Effet
à 15 mois 3 4 3/2 4
paillant *
à 27 mois 2 4 2/0 4
épaisseur de 10 cm
Remarques épaisseur de 10 cm épaisseur de 10 cm épaisseur de 10 cm
minimum (idéalement
minimum minimum minimum
15 cm)
L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul
99
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Épaisseur / grammage 20 cm 10 cm 10 cm 10 cm
à 3 mois 3 4 4 4
Effet
à 15 mois 3 (recharge) 2/1 1/0 2/1
paillant *
à 27 mois 2 0 0 0
Manuelle (plaques
Pose du paillage de bo es carrées) ou Manuelle ou désileuse Manuelle ou désileuse Manuelle ou désileuse
dérouleuse (balles rondes)
biodégradable
ma ère première favorise beaucoup la
biodégradable biodégradable
disponible localement vie du sol et améliore
favorise beaucoup la favorise beaucoup la
Avantages coût faible sa qualité
vie du sol et améliore vie du sol et améliore
prépara on es vale ma ère première
sa qualité sa qualité
possible, mécanisable parfois disponible
localement
L’effet paillant* fait référence à la lu e contre les adven ces et au main en d’un sol frais.
Légende *
4 : très sa sfaisant ; 3 : sa sfaisant ; 2 : moyen ; 1 : mauvais ; 0 : nul
Bonnes pra ques agrofores ères Choix technico-économique op mal d’un paillage
Films et bâches : le film PLA et la toile PLA ssée répondent au mieux à une pose mécanisée et aux fonc onnalités recherchées tout
en conservant un prix raisonnable.
Plaques, toiles et feutres : les feutres de fibres végétales ou de PLA représentent le meilleur compromis entre efficacité, durabilité,
résistance et perméabilité mais leur coût est élevé.
Paillages fluides : le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est le plus intéressant vu son prix, parfois nul, et l’améliora on induite de la qualité
du sol ; les plaque es fores ères conviennent bien aussi. Ils nécessitent néanmoins tous deux une recharge. Les plaques de paille ou
de foin ne sont pas en reste étant donné la facilité de l'approvisionnement et leur faible coût.
En conclusion, pour des travaux agrofores ers d’envergure avec la planta on de plusieurs centaines de pieds d’essences de haie, on
pourra privilégier la toile de paillage PLA pour des raisons de facilité de mise en œuvre ou du BRF (voire des plaque es fores ères). En
revanche, pour la planta on d’un nombre limité d’arbres à l’hectare, on pourra opter pour des toiles ou des feutres coupés à dimension,
ou des paillages fluides.
100
Deuxième phase : installer son projet
Légende
Espèces animales responsables
Outre les abrou ssements alimentaires, les dégâts comportementaux varient en fonc on du type d’animal et de la
race, notamment :
• bovidés : risques de poussées avec une force importante ;
• ovidés : écorçages, avec une sensibilité élevée des troncs à écorce lisse ;
• équidés : dégâts d’écorçage les plus graves pouvant même mener à la mort de vieux arbres ;
• caprins : écorçages permanents.
Dégâts poten els infligés par le bétail aux planta ons agrofores ères
Abrou ssement Écorçage Poussée et fro ure
prélèvement de bourgeons, feuilles prélèvement de l’écorce avec les fro ement du bétail contre les arbres
et jeunes rameaux incisives pour se libérer des parasites
Dégâts
102
Deuxième phase : installer son projet
Plusieurs types de dégâts peuvent être occasionnés par la faune sauvage : abrou ssement, rongement, fro s, écorçage,
soulèvement, vermillis et bou s. Ils sont d'origine soit alimentaire soit comportementale.
Dégâts poten els occasionnés par la faune sauvage aux planta ons agrofores ères
Abrou ssement Rongement
coupe
horizontale
Dégâts ne e :
lapin
coupe ne e
en biseau :
lièvre
6
coupe mâchonnée irrégulière. Surtout
lapin et lièvre : a aque au niveau
le chevreuil : régime alimentaire à
lapin et lièvre : incisives à du collet
80 % ligneux
croissance con nue campagnol : idem + rongement des
moins le cerf : régime alimentaire à
racines
Auteur(s) dominance herbacée
103
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Dégâts poten els occasionnés par les cervidés aux planta ons agrofores ères
Fro s Écorçage
blessures provoquées par les cervidés par
prélèvement d’écorce par les grands cervidés pour s’alimenter en
fro ement des bois sur le tronc des jeunes
fibres, minéraux et eau
plants
Dégâts
Auteur(s)
feuillus à bois tendre : saules, tremble, risque accru pour les arbres élagués, à écorce mince et peu
sorbier… rugueuse, avant épaississement de celle-ci
ges isolées, droites et souples, ni branchues, sensibilité élevée : frêne, hêtre, sorbier, saules, châtaignier, érables,
Sensibilité
ni épineuses chêne rouge
arbres visibles le long de coulées, en bord de sensibilité moyenne : peuplier, charme
chemin ou près des lisières sensibilité faible : chênes indigènes, aulnes et bouleaux
104
Deuxième phase : installer son projet
Dégâts poten els occasionnés par le sanglier aux planta ons agrofores ères
Déchaussement Vermillis et bou s
Dégâts
le sanglier uniquement
Auteur(s)
Origine alimentaire
On dis ngue deux grandes catégories de protec ons : les protec ons mécaniques empêchent les animaux d’a eindre
une par e ou l’en èreté de l’arbre en cons tuant une barrière physique ; les substances répulsives repoussent les
animaux en les incommodant gusta vement ou olfac vement.
105
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Les protec ons mécaniques peuvent être individuelles, plant par plant, ou globales. Les protec ons individuelles sont,
soit par elles, si elles sont effec ves contre l’un ou l’autre dégât, soit totales, si elles protègent contre tous les dégâts :
abrou ssement, fro s, écorçage et rongement. Les protec ons globales sont installées sur tout le périmètre de la zone
de planta on agrofores ère : clôture électrique, barbelés, engrillagement, palissade en bois.
En fonc on des animaux en présence (bétail, gibier et/ou rongeurs), des dégâts poten els et de leurs hauteurs
respec ves, le choix du disposi f op mal implique un compromis entre exigences de protec on, prix de revient, facilité
de mise en œuvre et dépose. L’esthé que peut aussi orienter le choix final.
En outre, pour la faune sauvage, des mesures préven ves réduisent les risques poten els : équilibre agro-sylvico-
cynégé que, territoires fores ers voisins avec une meilleure capacité d’accueil, plans de r raisonnés et appliqués et
nourrissage uniquement dissuasif.
Hauteur des dégâts poten els sur les arbres en fonc on des animaux en présence
H (cm)
200
180
cheval
160
cerf
140
120 vache
100 chèvre
chevreuil
80 mouton
60
40 lièvre
20 lapin
sanglier
rongeurs
-20
-40
106
Deuxième phase : installer son projet
Protec on des jeunes plants contre les dégâts du gibier, des rongeurs et/ou du bétail
Protec ons mécaniques individuelles : disposi fs localisés au niveau de la par e du plant suscep ble d'être a aquée
manchon cactus double tuteur arbre de fer manchon fendu gaines grandes
mailles
6
corset à bandes gaine à grillage 3 piquets 4 piquets cage
ver cales bardées métallique la s bois fils barbelés rongeur filet extensible
gaine à mailles fines gaine à mailles mixtes tube abri-serre corset métallique rigide
laine de mouton produit à base de graisse de mouton lisier de porc peinture de marquage
107
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
[Link]. Protec ons mécaniques Parmi les protec ons globales, on dis ngue
individuelles l’engrillagement, les fils électriques ou barbelés et
éventuellement les clôtures en bois.
Pour les arbres isolés, les vergers, les alignements
d’arbres espacés et, dans certains cas, pour les haies Au niveau économique, le choix entre des protec ons
(protec on globale impossible ou trop chère à me re individuelles et globales est guidée par le calcul simple
en œuvre), il convient d’envisager une protec on de l’indice cri que. Les critères à déterminer sont les
individuelle. suivants :
Un grand nombre de protec ons sont disponibles • le coût de la protec on globale par mètre linéaire
sur le marché ; elles sont biodégradables ou non. Les (CPG) ;
protec ons biodégradables sont soit élaborées à par r • le périmètre de l’aire à protéger en mètres (P) ;
de produits naturels non transformés (bambou, bois, • le nombre total de plants à protéger (N) ;
jute…), soit issues de produits transformés (papier • le coût de la protec on individuelle (CPI) convoitée
sulfurisé, bioplas que…). ou, pour les protec ons chimiques, le coût d’un
traitement par plant, mul plié par le nombre
Les protec ons en bioplas que, « ok biodégradable » d’années (n) de traitement nécessaires.
et « ok compost », présentent une moindre résistance
dans le temps : 3 ans maximum. Ce e période est jugée Le calcul de l’indice cri que oriente le meilleur choix
trop courte pour perme re à l’arbre d’acquérir des économique :
dimensions et une résistance suffisantes face à certains CPG . P
agresseurs poten els, en l’occurrence le bétail et la IC
grande faune sauvage. Toutefois, certaines protec ons N . CPI . (n)
non biodégradables ne sont pas plus résistantes.
• si IC > 1, économiquement, la protec on individuelle
Le prix de revient des protec ons individuelles varie est plus intéressante ;
fortement en fonc on des modèles et des matériaux • si IC < 1, la protec on globale est préférable.
employés pour leur fabrica on.
Suivant le matériel disponible à la ferme et pour les
Pour les éleveurs notamment, suivant le matériel éleveurs notamment, la protec on électrique est souvent
disponible à la ferme et les disposi fs déjà en place, la plus facile et la moins chère à me re en œuvre car
il est parfois plus judicieux de choisir une protec on les fournitures et l’électrificateur sont déjà disponibles ;
globale électrique. le savoir-faire aussi. Dans ce cas, il est même bien
souvent plus économique d’établir une protec on
Les protec ons individuelles biodégradables et non
globale pour un alignement de hauts-jets que de les
biodégradables sont présentées dans l'annexe 10 (p. 222).
protéger individuellement. Une op on op male consiste
[Link]. Protec ons mécaniques globales à concentrer les planta ons le long des disposi fs
électriques déjà présents sur la parcelle, perme ant
Dans de nombreux cas, notamment pour les planta ons ainsi d’économiser 50 % du prix de revient.
avec un nombre élevé de plants (haies mul rangs,
bandes de taillis, bandes boisées…), il est difficilement Le prix de revient des protec ons globales est renseigné
envisageable de protéger tous les arbres avec des au mètre courant, pose comprise, via entrepreneur. Le
protec ons individuelles. Le projet totaliserait un coût d’une clôture peut varier de ± 25 % en fonc on
surcoût trop élevé. Il convient dès lors d’envisager du lieu du chan er et de son accès, des longueurs à
une protec on mécanique globale, laquelle exclut clôturer, de la forme de la parcelle, de la topographie du
totalement les animaux de la zone. terrain et enfin de la nature du sol (caractère pierreux,
marécageux, travaillé ou non).
108
Deuxième phase : installer son projet
La clôture électrique est un disposi f de protec on cons tué de fils conducteurs électrifiés, fixés sur des piquets par
des isolateurs. Suivant les animaux présents, 2 à 5 fils sont placés à différentes hauteurs. Les quatre critères principaux
auxquels une clôture électrique doit répondre sont : sécurité, fiabilité, visibilité et durabilité.
La clôture électrique représente une mise en défens rela vement peu coûteuse réservée à des chan ers de courte
durée (< 5 ans, sauf si ce genre de disposi f est employé de manière permanente dans l’exploita on), à des terrains
rela vement réguliers (les sols irréguliers favorisent le passage des animaux sauvages sous les fils, voire au-dessus) et
si la surveillance et l’intendance régulières sont assurées.
L’efficacité d’une clôture électrique dépend du nombre • Les fils en plas que sont à proscrire du fait de leur
de fils et de leur hauteur, mais aussi du choix d’un élas cité et du risque de détente des conducteurs.
conducteur adéquat, réalisé sur base de trois critères : • Les fils en cuivre sont déconseillés : bien qu’excellents
sa conduc bilité, sa résistance et sa visibilité. Les conducteurs, leur résistance fait défaut sur de
éléments suivants sont à prendre en compte : longues distances. Les rubans (largeur variable de 20
à 40 mm), plus visibles par rapport aux fils minces
Conducteurs pour clôture électrique difficilement repérés par le gibier, sont cependant
Fil galvanisé classique assez fragiles. Enfin, les cordons (Ø > 6 mm),
également plus visibles, sont plus résistants que les
rubans.
• Les fils revêtus d'aluminium sont préférés pour les
clôtures longues ou très longues. Par rapport au fil
en acier galvanisé, le fil en aluminium présente des
Fil en alliage zinc - aluminium avantages considérables : poids 2,5 fois inférieur,
conduc bilité 4 fois supérieure, résistance totale à la
corrosion, flexibilité faible.
• D’un prix plus abordable, les fils en acier galvanisé
ne sont pas en reste : grande résistance, bonne
conduc bilité et durabilité suffisante.
Fil en acier galvanisé torsadé Le matériau et les modèles des piquets des nés à des
clôtures électriques seront choisis en fonc on du modèle
envisagé et du type d’animal présent. Les piquets en
bois sont généralement u lisés pour les clôtures contre
les cervidés. De nombreux piquets métalliques ou en
ma ères synthé ques sont également proposés par les
Fil synthé que
fabricants de clôtures électriques : fer, acier galvanisé ou
non, fibre de verre, PVC, polypropylène…
Les piquets seront espacés de 4 à 7 m pour les rubans,
6 à 10 m pour les cordons, 10 à 15 m pour les fils
métalliques ; pour les clôtures hautement tendues, la
Ruban synthé que distance entre les piquets peut a eindre 30 m et plus.
fil et cordon à clip pour ruban de coin pour ruban isolateur de coin « œuf »
écarté sur piquet en fer écarté sur piquet en béton Piquets tout en un
L’installa on de tendeurs rota fs en aluminium (durée de vie élevée) couplés à des ressorts (neutralisa on de la fluctua on de la
tension dans le fil due à des écarts de température) est conseillée : hiver comme été, le fil demeure uniformément tendu, perme ant
ainsi d’augmenter la distance entre les piquets.
Pour assurer une libre circula on du courant entre la sor e de l’électrificateur, le conducteur, l’animal recevant une
charge et le sol, l’électrificateur doit comporter une mise à la terre fiable. Si le terrain est trop sec pour assurer un
111
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
113
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
En outre, on préconise de choisir des piquets d'un Le grillage est fixé sur les piquets avec 3 à 5 cavaliers en
diamètre de 6 à 8 cm pour les clôtures contre les « U » barbés avec an retour et enfoncés en par e si on
léporidés ; 8 à 10 cm contre les moutons, les chèvres envisage de démonter la clôture. Les engrillagements de
ou les chevreuils ; 10 à 12 cm contre les sangliers ; type léger peuvent être fixés sur des fils tendeurs avec
et 12 à 15 cm contre les vaches, les chevaux et les cerfs. des ligatures répar es tous les 60 à 100 cm : le premier
fil de tension est toujours posé à 10 cm au-dessus du
Les piquets, installés à l’intérieur de la clôture, sont sol ; les fils tendeurs suivants sont espacés de 30 à
placés tous les 4 à 8 m en fonc on du modèle de clôture 50 cm afin de maintenir la maille bien droite. La tension
et du type de grillage. des fils tendeurs est exécutée tous les 50 m à l’aide d’un
raidisseur.
Si l’enfoncement se fait à la masse, il faut veiller à ne pas
fendre la par e supérieure du piquet. Mais il vaut mieux 110 cm
u liser un pilon à piquet. Si un pré-trou est réalisé à la
tarière, son diamètre devra être inférieur de minimum 60 cm
2 cm à celui du piquet enfoncé.
10 cm
Le grillage peut être tendu avec des raidisseurs ou un Protec on barbelée globale
tendeur à levier Cyclone®. Pour les longues distances,
il existe aussi les barres de tension Haye® avec des
tendeurs à chaîne.
on peut opter pour 6 fils en acier galvanisé classique Protec on globale en bois
à la place des fils barbelés. Ce e alterna ve est assez
commune dans les grandes exploita ons de l’Amérique La clôture en bois est composée de 2 à 3 lisses fixées ou
la ne. emboîtées sur des piquets en bois. Elle demande peu
de technicité de mise en œuvre, peu de surveillance
Les piquets u lisés pour ce type de clôture sont en bois et aucune intendance tant qu’elle reste en bon état.
(généralement en chêne fendu et épointé mais aussi en Elle s’intègre parfaitement aux haras du point de vue
robinier ou en châtaignier), en métal et parfois en béton. paysager. La majorité d’entre elles sont réalisées avec
des lisses demi-rondes en épicéa traité ; le prix de revient
Par culièrement importante pour ce type de clôture, la de ces clôtures peut s’avérer par culièrement élevé
tension des fils se réalise avec un ou llage spécial tel avec d'autres essences de bois et d'autres modèles de
que le tendeur Cyclone® n° 502 et/ou des tendeurs plus clôture.
tradi onnels. Des jambes de force sont ancrées aux
piquets de tension et d’angle, ces points où la tension
peut être par culièrement forte peuvent être renforcés
avec un piquet en acier en T .
6
Ces clôtures ne nécessitent pas de renfort aux coins.
115
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
dans certains cas d’envisager des systèmes de lu e et dans l’espace. En effet, l’étendue des territoires
cura ve plus radicaux. La probléma que du campagnol colonisés augmente significa vement en phase de
est toujours à prendre au sérieux car le phénomène croissance et décroît lors du déclin des popula ons.
de pullula on peut être explosif et les dégâts très On observe des variances dans les déplacements des
conséquents. popula ons en fonc on de leur densité : si elle est faible,
les déplacements sont réduits et si elle est élevée, en
Les habitats de prédilec on des campagnols sont les phase de croissance démographique, ils deviennent très
herbes hautes et les prés de fauche : ils y trouvent refuge importants, entraînant l’extension rapide du territoire
vis-à-vis des prédateurs. De plus, les pra ques agricoles touché par la pullula on.
liées à ces milieux ont tendance à conserver le réseau de
galeries et les réserves de nourriture intacts. Ce phénomène aujourd’hui connu peut s’expliquer
par la conjoncture de divers processus dont le détail
cons tue encore une énigme. Le maillage du paysage
et les pra ques agricoles semblent néanmoins remplir
un rôle majeur dans les ciné ques de développement.
De fait, les éléments linéaires du bocage et les reliefs
importants semblent ralen r considérablement la
diffusion des pullula ons.
6.3.1. Biologie
Illustra on
117
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
La lu e préven ve contre les campagnols est vivement conseillée pour éviter des pertes de reprise et de croissance en
par culier pour les hauts-jets. Le constat est le suivant : les campagnols aiment se réfugier au pied des arbres colonisés
par de la haute végéta on herbacée qui leur assure un refuge face aux prédateurs. Il convient donc de procéder à des
dégagements réguliers. D’autre part, le travail du sol en culture, le pié nement du bétail en pâture, le fauchage-roulage
des prairies de fauche et l’accueil des prédateurs des rongeurs cons tuent des moyens de lu e préven ve efficaces à
privilégier.
Tournière
1 1 1
2 2
→ Favoriser la préda on
La lu e biologique consiste à maintenir un niveau suffisant de prédateurs en favorisant leur présence. Cela passe par des mesures
de protec on individuelle au sein de l’exploita on (ou des parcelles concernées) en améliorant la capacité d’accueil (installa on
de perchoirs et/ou de nichoirs, entre en et/ou restaura on des haies) et en réduisant la pression humaine sur leur popula on,
notamment par la concerta on avec les chasseurs. Cela passe aussi par des mesures collec ves telles que des mesures de protec on
réglementaires.
Comme prédateurs principaux des campagnols, nous pouvons citer les rapaces diurnes et nocturnes, les échassiers héron et aigre es),
les corvidés (à plus faible mesure), les mustélidés (fouine, martre, hermine, bele e…) et enfin certains plus grands mammifères
carnivores : le renard, le blaireau, le sanglier et le chat fores er (dans les régions plus boisées). À ce e liste, vient s’ajouter le chat
domes que.
Les prélèvements sur les popula ons de campagnols sont beaucoup plus élevés lors des mises bas et des nidifica ons. Par ordre
décroissant, le renard, le blaireau et les rapaces sont les plus gros consommateurs : un renard peut prélever jusqu’à 6.000 campagnols/
an (campagnols terrestre et des champs confondus) et un couple de rapaces peut consommer jusqu’à 2.000 campagnols par an.
118
Deuxième phase : installer son projet
Prélèvement annuel de différents prédateurs sur les popula ons de campagnols terrestres
(Macdonald D. W., Bare P., 1995 ; Michel J., 2000 ; Maumary L. & al., 2007)
Renard 7 50 1734
119
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Il n’est pas conseillé de planter un verger dans une prairie de fauche ! La mortalité des
arbres est pra quement assurée.
Concernant les prairies pâturées, certes les animaux pié nent les galeries mais ils restent à
l’étable presque la moi é de l’année. Pour limiter le risque d'y perdre des arbres frui ers,
il faut donc protéger leurs racines, en priorité celles des poiriers, sur lesquels les a aques
sont les plus virulentes, et celles des pommiers dont le porte-greffe n’est pas issu d’un
pommier sauvage. En effet, il semblerait que les porte-greffes issus de pommiers sauvages
soient considérablement moins appétents que les porte-greffes Bi enfelder (les plus
couramment u lisés aujourd’hui). Ils produisent par ailleurs des arbres poussant mieux à
moyen terme, plus résistants et plus longévifs.
Le grillage choisi pour la confec on des cages doit présenter les caractéris ques suivantes :
Treillis métallique non plas fié de 1 m de largeur : il rouille après 5 ans et les racines
peuvent passer au travers.
Mailles hexagonales de 13 à 16 mm. Racines d'un cerisier (ØTRONC 8 cm) complètement
rongées par des campagnols terrestres en
Épaisseur du fil < 0,8 mm afin que les racines puissent dilater le treillis par la suite. l'absence de cage an campagnol
Technique simple et rapide (sans ligature) pour la fabrica on d’un cageot métallique an rongeur
Fermer le cylindre sur un de ses deux Pour renforcer le cageot, réitérer l’opéra on aux deux bords précédemment
côtés ouverts avec de nouveau un pli de 5 cm. retournés, et ce, dans le même ordre et dans le même sens : au total, 4 plis.
Le cageot prend la forme d’un sac ouvert Arrondir et apla r le fond du cageot en y introduisant une ou deux jambes
ovalement au-dessus et fermé dans le fond. pour lui donner une forme évasée et retrousser les coins.
120
Deuxième phase : installer son projet
→ Adapter les protec ons et évaluer la légi mité du paillage si la présence des campagnols est avérée
Le désherbage mécanique avec travail du sol (cfr. point 7.2.2., p. 130) cons tue une méthode plus efficace encore ; s’il est réalisé dès la
planta on, le terrain ne sera pas propice à l’installa on du campagnol et s’il était toutefois présent, la destruc on régulière des galeries et
la terre mise à nu les inciterait à par r. Le désherbage chimique peut aussi convenir. En défini ve, il faut à tout prix éviter l’installa on du
rongeur en rendant le terrain inhospitalier dès la planta on ; une fois le réseau de galeries installé, il devient plus difficile de s’en défaire
sans ou ls de désherbage avec travail du sol.
6
6.3.3. Méthodes de lu e cura ve pour manipuler ces animaux morts ou vivants, ainsi
que les pièges. Les rongeurs ont, par ailleurs, un odorat
La lu e cura ve contre les campagnols consiste fort développé et l’odeur de l’homme peut les inciter à
généralement en la capture et/ou la mort directe de éviter les pièges.
l’animal ; en ce sens, elle est plus radicale. Elle peut
s’appliquer en complément de la lu e préven ve, Après une prise, l’opéra on doit être répétée jusqu’à
même sur des popula ons de faible densité, pour éviter ce que le piège ne se déclenche plus. Il faut alors le
la propaga on sur la planta on. re rer et marquer le trou ouvert avec une bague e ;
s'il n’est pas refermé après 4 heures, il n’y a plus de
Le piégeage individuel est une méthode efficace campagnol dans la galerie.
en termes de capture mais assez contraignante,
chronophage et peu effec ve sur des popula ons à Il faut toujours bien refermer le trou autour d’un piège
forte densité. Les pièges collec fs et le gazage sont plus à l’aide de carton, de feuilles, de débris végétaux et
efficients en termes de résultat sur des popula ons enfin de terre ; les campagnols, méfiants vis-à-vis d’un
nombreuses. trou ouvert ou laissant passer de la lumière, risquent
de bourrer la galerie et déclencher le piège avant leur
[Link]. Piégeages individuels passage.
Les campagnols sont vecteurs de toutes sortes de Le campagnol des champs s’a rape plus aisément avec
parasites et de maladies bactériennes et virales : un appât, disposé soit de part et d’autre du piège, soit
l’échinococcose, la leptospirose ou le virus de Hanta en sur le déclencheur du modèle à guillo ne en métal. Les
sont quelques exemples. Nombreux sont transmissibles cacahuètes sont très efficaces ; les graines de tournesol,
à l’homme et causent de graves troubles. Pour ce e ou un morceau de pomme ou de caro e, fonc onnent
raison, il est vivement conseillé de porter des gants aussi.
121
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols
Fer à taupe bele es et les taupes (mais pas toujours car elles ont
tendance à bourrer ce type de système). Le relevé des
Les fers à taupe se disposent directement au niveau de pièges doit être quo dien car il tue un seul animal à la
la galerie, la pose est assez longue et fas dieuse mais fois.
les résultats sont rela vement bons si le piège est bien
posi onné. Il en existe deux modèles :
Modèle Putange®
Supercat® en plas que
prix : ± 6 € HTVA
fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin prix : ± 17 € HTVA
fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin
Topcat® en inox
prix : ± 60 € HTVA
fournisseur : société Triangle-ou llage (FR) et Semailles (FR/BE)
Piège à guillo ne
Les pièges à guillo ne disposés directement au Fonc onnellement iden que et d’efficacité égale, le modèle en
inox est cependant considérablement plus durable.
niveau de la galerie sont d’une efficacité redoutable :
l’opéra on est simple et rapide. La capture se réalise 1. Repérer une galerie pour y creuser un pe t trou à la ver cale.
dans les deux sens par le mouvement du déclencheur 2. Re rer la terre tombée à l’intérieur ou l’écraser au fond avec
les doigts ou un pommeau.
qui ac ve la guillo ne, tuant généralement l’animal 3. Placer le piège encore fermé.
sur le coup. Ce piège est sans danger pour l’u lisateur 4. Refermer soigneusement l’orifice autour du piège, tasser la
terre autour du piège.
et l’environnement mais il n’est pas sélec f et 5. Tendre le piège.
peut tuer tous les usagers des galeries, comme les
122
Deuxième phase : installer son projet
prix : ± 50 € HTVA
fournisseur : Centre de Michamps - Eric Goosse (BE) Gazage au dioxyde et monoxyde de carbone 6
En France, la technique de gazage entre dans le champ
de l’homologa on des produits phytopharmaceu ques
(PPP).
6.3.4. Conclusion
Piège à colle
Colle
prix : ± 3 € HTVA
fournisseur : grandes surfaces de l’ou llage et du jardin
124
Deuxième phase : installer son projet
7 Entre en
8 Forma on de bois de
qualité
9 Récolte et transforma on
7. Entre en
7.1. Bilan de reprise et regarnissage pour ainsi dire, pas en compé on.
des ges et provoquer, par fro ement, des blessures et naturels à proximité de zones sensibles, ainsi que pour
dessicca ons des pousses terminales. Le contrôle de la l’obten on de subsides à la planta on.
végéta on et son élimina on par elle ou totale doivent
donc être raisonnés au cas par cas. En règle générale, le En l’occurence, il convient de choisir le produit agréé
main en d’une végéta on ligneuse d’accompagnement le plus approprié pour l’usage envisagé et de respecter
peu concurrente est recommandé. scrupuleusement les instruc ons d’u lisa on et les
concentra ons à épandre. Ces consignes prennent
Dans ce but, des essences de gainage peuvent être en considéra on l’impact des herbicides sur
plantées volontairement au départ. À moyen terme, l’environnement et établissent les limites à l’intérieur
l’accompagnement ligneux joue un rôle cultural desquelles leur u lisa on est la plus sécurisée. La
et d’éduca on : protec on contre le vent, le soleil solu on ac ve s’applique localement, par pulvérisa on,
et les animaux ; gainage des plants ; protec on et sur une surface d’environ 1 m² (Ø = 1,2 m).
enrichissement du sol ; améliora on de la forme des
arbres (accéléra on de l’élagage naturel des arbres, Le traitement se réalise surtout au printemps avant
diminuant ainsi le coût des tailles d’élagage). l’explosion de la végéta on et par temps sec, de
préférence tôt le ma n, surtout à par r du mois de mai,
Si le couvert préexistant est complètement détruit avant car l’air devient plus sec et le vent se lève en journée.
la planta on, les jeunes arbres démarreront toujours Une hygrométrie suffisante améliore la performance
avec un avantage considérable sur la végéta on des herbicides systémiques. Si ces indica ons sont
adven ce. De plus, il est facile d’entretenir un sol mis à respectées, on ob ent de meilleurs résultats et les
nu par un binage manuel ou un désherbage mécanique dosages peuvent être réduits.
avec travail du sol.
L’usage des équipements de protec on individuelle
Au cœur de l’été, quand l’ensoleillement génère le plus est indispensable : combinaison, gants et bo es
7
de chaleur, les dégagements tardifs et intenses peuvent imperméables, lune es et protec on respiratoire
occasionner des brûlures ou des échauffements souvent éprouvée pour le produit u lisé.
préjudiciables. La période idéale pour les dégagements
s’étend du printemps jusqu’à la fin du mois de juin et Le désherbage chimique suppose donc des
recommence à par r de la fin de l’été. compétences pour le choix et le dosage des produits,
la période op male du traitement, le matériel à u liser
Enfin, les dégagements nécessitent toujours d’être et les précau ons nécessaires avant, pendant et après
précau onneux car ils présentent des risques de l’épandage.
mauvaises manœuvres, pouvant entraîner des blessures
ou la mort des arbres. En Wallonie, une phytolicence de type P2 est
obligatoire pour les personnes qui achètent, stockent
ou u lisent des produits phytopharmaceu ques à usage
7.2.1. Désherbage chimique professionnel. Le cer ficat délivré par le gouvernement
fédéral assure la manipula on correcte de ces
Le désherbage chimique est une méthode éprouvée : produits. L’objec f de la phytolicence est de réserver
elle supprime efficacement la concurrence herbacée les manipula ons de produits phytopharmaceu ques
et diminue les risques de dégâts infligés par les aux personnes ayant les connaissances requises, ce
campagnols (facilement repérés par les prédateurs), afin de limiter au maximum les risques liés à l'usage
de ces produits sur la santé humaine, animale et sur
elle est peu coûteuse et rapide. Cependant, elle favorise
l’environnement. Les u lisateurs professionnels, les
l’évapora on de l’eau du sol remontant par capillarité et distributeurs et les conseillers doivent rester informés des
est vivement déconseillée sur le plan environnemental. nouvelles évolu ons en ma ère de lu e phytosanitaire à
Elle est d’ailleurs interdite dans certains sites et milieux l’aide d’une forma on con nue obligatoire.
129
7. Entre en
En France, un cer ficat d’ap tude (Cer phyto ou CI-phyto) est également obligatoire pour tout u lisateur ou distributeur de
produits phytopharmaceu ques. Ce cer ficat doit être présenté pour l’achat de pes cides à usage professionnel. En fonc on de
l’ac vité professionnelle et du niveau de responsabilité, il existe 5 types de cer ficats individuels perme ant :
Bonnes pra ques agrofores ères Pulvérisa on op male au pied des plants
Après usage, il importe de conserver les produits en fragmentée et aérée ; l’accéléra on de la minéralisa on
surplus dans un endroit sécurisé. Il ne faut surtout pas de la ma ère organique assure ainsi une fer lisa on
s’en débarrasser en les déversant dans un cours d’eau, naturelle des arbres. Le travail du sol augmente
un égout ou sur le sol ; normalement, cela va de soi. aussi la perméabilité et la porosité du sol, améliorant
l’alimenta on hydrique en cas d’averse. En cassant la
7.2.2. Binage et désherbage croûte et les réseaux capillaires du sol, les remontées
mécanique avec travail du sol et les pertes en eau du sol par évapora on diminuent.
Le sol se réchauffe plus rapidement au printemps et
Par rapport au désherbage chimique, le travail du l’ac vité biologique est s mulée plus précocement.
sol au pied des arbres offre des solu ons certes plus Enfin, le travail du sol limite fortement l’installa on du
coûteuses en termes d’inves ssement et/ou de temps campagnol : celui-ci ne trouve aucune protec on vis-à-
de travail, mais l’opéra on est plus intéressante sur le vis des prédateurs dans une terre à nu. Si malgré tout
plan environnemental et agronomique. le campagnol était présent, la destruc on régulière des
galeries avec des ou ls travaillant plus profondément les
Le binage a pour but d’éliminer les adven ces à un stade incite à déloger. Pour toutes ces raisons, le désherbage
de développement précoce sur une terre ini alement avec travail du sol est vivement recommandé.
travaillée, ceci en sec onnant les racines et en sortant
les plantes de terre. Le désherbage mécanique avec En aucune circonstance le passage des ou ls ne doit
travail du sol peut s’apparenter à un binage. Néanmoins perturber le développement des arbres : pas de blessure
suivant les ou ls, un travail du sol plus profond permet aux troncs, bourrelets de greffe et systèmes racinaires.
l’élimina on d’adven ces plus développées. La structure Aussi, il ne doit pas abîmer les systèmes d’irriga on s’il
du sol en est améliorée car elle est décompactée, y en a.
130
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Le binage s’applique pendant 10 jours après une idéalement de sarclage en pa e d’oie. Ce e technique
averse, surtout au printemps, pour empêcher les est commode et rapide. La profondeur de travail se
adven ces de s’installer dès la levée ; progressivement, règle grâce à une roue arrière de terrage : on peut
la banque de graines en surface tend à s’épuiser. Pour ainsi opter pour une ac on superficielle se cantonnant
les personnes prêtant a en on aux cycles lunaires, les aux 5 premiers cen mètres du sol. Les motoculteurs
anciens binaient en lune descendante pour favoriser sont, dans l’ensemble, assez maniables et perme ent
l’enracinement des arbres. Le binage manuel s’effectue de travailler à proximité des arbres sans les blesser. La
à l’aide d’une bine e, d’une pioche ou encore d’une largeur de la fraise d’un motoculteur varie autour de
houe maraîchère. Ce travail long et parfois fas dieux est 60 cm.
à réserver à quelques arbres seulement. La technique
demeure efficace si elle est répétée régulièrement dès Ce e solu on peut être envisagée avec un microtracteur ;
la planta on. la fraise ou la herse rota ve conviennent toutes les deux.
Houe maraîchère
Enfin, des solu ons de désherbage mécanique avec Le désherbage mécanique avec travail du sol implique
travail du sol développées dans le cadre de l’arboriculture le plus souvent de supprimer les branches basses et
frui ère et de la vi culture sont envisageables. Une large d’enterrer ou de suspendre les systèmes d’irriga on.
gamme d’ou ls est aujourd’hui disponible sur le marché : Il est réalisable avec toutes les espèces d’arbres ;
ils sont dits « interceps ». L’inves ssement pour ce cependant, certaines essences comme le noise er et
matériel neuf oscille entre 8.000 et 17.000 € suivant le prunier myrobolan présentent un système racinaire
l'appareil. On les dis ngue selon le travail du sol réalisé : naturellement traçant et superficiel pour lesquels il faut
labour, bu age, débu age, fraisage, hersage, émo age adapter le choix du matériel. Les ou ls peuvent s’a eler
ou binage. Il est possible, et souvent u le, de coupler deux à l’avant, au milieu ou à l’arrière du tracteur.
disposi fs pour une efficacité de désherbage accrue. La
grande majorité de ces matériels présente un palpeur : Posi on à l’avant
une ge d’acier plus ou moins courbée qui assure le retrait contrôle et précision du travail : meilleure réac vité en cas de
et l’effacement de l’ou l à la rencontre du pied de l’arbre. dévia on
confort de conduite
Le sol est ainsi travaillé sur l’ensemble du rang, milieu relevage avant indispensable et coût plus élevé
compris. limite du poids de la machine sur le relevage avant
Posi on ventrale
En règle générale, les ou ls de désherbage avec
contrôle et précision du travail
palpeur progressent à une vitesse de 3,5 à 4 km/h pour
confort de conduite
perme re au palpeur de bien se raba re. Pour ceux perte de temps à l'a elage et au dételage
sans entraînement par prise hydraulique, la vitesse gêne occasionnée par le porte-ou l si autres travaux
d’avancement doit être supérieure afin de réaliser Posi on à l’arrière
un travail efficace : en général, on se situe entre
le plus courant et le moins cher
8 et 10 km/h. faible confort de conduite
Lame plate bineuse Bineuse rota ve passive Lames cureuses, sarcleuses ou tuilées
réglage facile
binage toujours perpendiculaire au bon compromis entre lames bineuses et
à u liser avant une sécheresse annoncée
sens de l’avancement charrues décavaillonneuses
montage avec fraise rota ve ou disques
appui sur les jeunes plants qu’il faut après leur passage, un léger bu age est
émo eurs pour un travail plus complet
tuteurer pour ne pas blesser nécessaire
adven ces au stade de plantule uniquement
132
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Brosse de désherbage Herse rota ve à axe ver cal Fraise rota ve à axe horizontal
7
Disques émo eurs ou
Charrue décavaillonneuse Disque(s) à chausser et déchausser
disques crénelés (passifs)
réglage facile
efficacité raisonnable sur les adven ces réhausse la bu e
efficace sur les adven ces développées
développées pas de raba age : ne travaille pas le
risques de lissage
pas de raba age : ne travaille pas le milieu du rang
milieu du rang
133
7. Entre en
Mieux vaut travailler le sol dès la première année de pousse trop haute de la végéta on ; un second passage
la planta on pour empêcher que les campagnols ne est pra qué avant l’hiver pour y limiter le refuge des
s’installent et que l’arbre ne forme des racines en campagnols durant ce e période. Un débroussaillage
surface. En effet, les interven ons à un stade plus intermédiaire peut aussi être réalisé au début de
avancé risquent de détruire des racines d’alimenta on l’été, soit début juillet. Quand l’ensoleillement est le
pouvant être présentes en quan té dans l’horizon plus intense, les dégagements engendrent pour les
superficiel. Pour les travaux plus profonds comme le jeunes arbres des risques considérables de brûlures et
labour à la charrue décavaillonneuse, il est préférable, d’insola ons parfois très préjudiciables.
dans un premier temps, de régler l’ou l pour un travail
plus superficiel et éviter de me re la reprise de l’arbre Pour les arbres isolés, le dégagement se réalise sur une
en péril. surface d’environ 1 m² au sol, parfois un peu plus. Pour
les alignements de haies, on considère généralement un
Le désherbage mécanique avec travail du sol présente peu plus de 50 cm de part et d’autre.
aussi certains inconvénients plus ou moins marqués en
fonc on des ou ls sélec onnés : Une grande précau on est de mise lors des dégagements
semi-mécanisés car des fausses manœuvres provoquent
• mise en œuvre difficile en sols argileux et lourds ;
souvent de sévères blessures aux arbres ; la vitalité d’un
• usure des ou ls en sols trop caillouteux ;
plant annelé par le fil de la débroussailleuse est mise en
• éventuels accidents structuraux comme le tassement
péril.
ou la forma on d’une croûte de ba ance si les
condi ons sont mauvaises (privilégier les passages Pour protéger préven vement les arbres d’alignements,
en sol ni trop sec ni trop humide) ; on peut placer à la base de l’arbre une sec on de
• appauvrissement du sol en ma ère organique sur le descente d’eau pluviale de 15 cm de hauteur qu'il faut
long terme aggravant les risques de ba ance et les enfoncer légèrement dans le sol. Ce e installa on
risques de lessivage azoté ; protège aussi le collet vis-à-vis des campagnols. Elle
• destruc on de certains auxiliaires ; doit être coupée dans le sens de la hauteur lors de sa
• incompa bilité éventuelle avec les récoltes mise en place pour pouvoir s’ouvrir avec la croissance
mécaniques au sol de fruits à coque ou de pommes à du diamètre du tronc, si sa dépose n’est pas réalisée en
cidre (risques de sols boueux) ; temps opportun.
• incompa bilité avec les alignements dans le sens de
la pente (concentra on de l’érosion) mais à l’inverse,
pour les alignements perpendiculaires à la pente, le
bu age induit un endroit propice à l’infiltra on de
l’eau.
Pour en savoir plus sur les ou ls de désherbage mécanique, se référer
au document « Désherbage mécanique de la vigne, choisir ses ou ls
interceps » Poissonnet R. & al., 2018.
L’usage d’une débroussailleuse implique un équipement de sécurité dont les éléments les plus importants sont la visière et les coquilles
an bruit.
7.2.4. Dégagement mécanisé près des plants. En vue des entre ens ultérieurs, il est
indispensable de concevoir sa planta on (notamment la
Le dégagement mécanisé vise principalement la largeur entre les alignements) en fonc on du matériel
destruc on des recrûs herbacés de part et d’autre de la disponible ; la planta on doit aussi être bien rec ligne.
ligne de planta on avec un matériel adapté : épareuse,
broyeur à axe ver cal ou horizontal, tondeuse, tracteur Enfin, il existe les ou ls de désherbage « interceps »
tondeuse ou encore motoculteur muni d’une barre sans travail du sol comme le système Herbanet (axe 7
faucheuse ou, idéalement, d’un broyeur à fléaux. Une horizontal) et le système rotofil (axe ver cal). Une
distance de sécurité doit être maintenue vis-à-vis des variante de ce dernier est le système de broyage sous
arbres pour ne pas les accrocher et les abîmer. Dans ces clôture dont le prix d’inves ssement est moindre ; le
condi ons, il reste généralement une bande d’adven ces fonc onnement est le même mais il s’agit de pe ts fléaux
comprise entre 10 et 30 cm de large au niveau de (couteaux) perme ant le dégagement d’adven ces très
l’alignement ; plus pe te elle est, mieux c’est. Les développées. Tous ces modèles perme ent de broyer
motoculteurs, les tondeuses et les tracteurs tondeuses la végéta on au plus près des arbres car ils s’effacent à
sont les plus maniables, perme ant de travailler au plus leur rencontre.
135
7. Entre en
7.2.5. Pâturage contrôlé l’arbre, spécialement si les animaux sont suscep bles de
les écorcer.
Pour l’agroforesterie en prairie, l’accès du bétail au pied
des arbres reste le moyen de dégagement le plus facile Le pâturage contrôlé peut se réaliser avec tout type de
et le plus efficace pour maintenir les adven ces au ras bétail si les protec ons sont adaptées : si elles sont non
du sol, mais la prudence est de mise. Ce e technique électriques, le disposi f doit être robuste pour résister
implique la correspondance entre les essences choisies à des poussées très importantes, car le bétail met toute
et la race des animaux : l’écorce et/ou le feuillage doivent sa masse et sa force en œuvre pour a eindre la par e
être inappétents pour les animaux si on leur laisse accès de l’arbre convoitée. Avec des protec ons électriques, la
à une par e ou à l’en èreté de l’arbre. Ce e méthode dissuasion est des plus efficaces.
implique donc quelques recherches bibliographiques
préalables ou quelques essais.
136
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Les races de bétail sélec onnées (p. ex. : vache Sans entre en, la haie évolue et croît annuellement,
Holstein, Blanc Bleu Belge... ; mouton Texel...) sont elle se dégarnit à sa base et s'étoffe sur le dessus, se
généralement moins intéressées par l’écorce des arbres ; banalise avec les essences vigoureuses et à terme, finit
néanmoins elles n’hésiteront pas à jeter leur dévolu par se fragiliser et à dépérir. De plus, certaines espèces
sur les jeunes rameaux tendres de certaines essences ligneuses se mul plient par semis ou par drageons
ligneuses à la bonne saison. Les races plus rus ques (prunellier, cornouiller sanguin, merisier…) ; la haie tend
(p. ex. : vache Highland, Salers... ; mouton Soay...) sont donc naturellement à grandir et s’élargir.
beaucoup plus gourmandes en ma ère ligneuse.
En bord de route ou de chemin, les entre ens réguliers
et adaptés visent à limiter l’emprise sur la voirie des
branches nuisant à la visibilité et à la sécurité des
usagers ; dans les champs, ils limitent l’empiétement de
la haie sur l’espace cul vé. Il est conseillé d’intervenir de
manière annuelle ou bisannuelle en bordure de voirie et
tous les 2 à 5 ans en plein champ.
137
7. Entre en
Matériel
Inves ssement
moyen (€€) moyen (€€)
matériel neuf
Prix horaire via
55 € HTVA 55 € HTVA
entrepreneur
138
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Matériel
Inves ssement
élevé (€€€) moyen (€€) élevé (€€€)
matériel neuf
Prix horaire via
85 € HTVA 55 € HTVA 95 € HTVA
entrepreneur
139
7. Entre en
Sécateur d'élagage
Lamier à fléaux
140
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
De manière générale, plus le travail d’entre en s’effectue rapide et efficace convient par culièrement bien pour
aux fréquences prescrites par les constructeurs, moins il la lu e contre l’érosion car les cépées sont à chaque fois
y a de risques de blesser les arbres. densifiées. La conduite en taillis concerne idéalement
des essences à croissance rapide et toujours tolérantes
Aussi, ce sont surtout les objec fs fixés qui déterminent
aux recépages réguliers (saule, noise er, cornouiller,
les types d’entre ens : recépages pour les haies
sorbier) ; le diamètre maximal de coupe est de 8 cm.
an érosives (surtout dans un premier temps) et pour
les taillis de biomasse ; tailles uniquement latérales pour Pour les haies, la taille des jeunes rameaux de l’année,
les haies brise-vents ; tailles latérales et sommitales encore rela vement tendres, s'effectue idéalement au
pour les haies basses taillées entourant les parcelles mois d’août pour respecter la période de nidifica on qui
pâturées ; recépages fréquents dans un premier temps, s'étend du 1er avril au 31 juillet. Pour la coupe de branches
puis sporadiques ou conduite libre pour les haies de plus gros diamètre, on procède généralement en
faunis ques, mellifères et à auxiliaires (surtout, éviter période hors-sève.
les tailles annuelles pour perme re la floraison).
En Région bruxelloise, la coupe et l’élagage à l’aide
La largeur du matériel n’est pas à négliger : un lamier à d’engins motorisés sont interdits par la législa on du
couteaux de 2,5 m effectue en un seul passage le travail 1er avril au 15 août. En Région wallonne, cela n’est pas
encore le cas. Seuls les agriculteurs sont tenus de ne pas
de deux épareuses. Le gain de temps (± 40 %) et de fuel
tailler les haies et les arbres du 1er avril au 31 juillet. Il
(± 50 %) sont significa fs.
s’agit d’une mesure entrée en vigueur en juin 2018 et qui
a este du rôle prépondérant rempli par les agriculteurs
NB : En contrepar e du coût d’entre en, les éléments
dans la sauvegarde et la protec on de notre biodiversité.
agrofores ers fournissent des services à l’agriculteur, à
la société (surtout) et, dans certains cas, des produc ons En France, la taille est interdite du 1er avril au 31 juillet
ligneuses valorisables. pour les agriculteurs. L’exploita on du bois et le 7
recépage sont autorisés au tre de la taille des haies. La
Pour la produc on de biomasse, le recépage mécanisé réglementa on des haies est issue de la condi onnalité et
est simple et peu onéreux ; étant pra qué uniquement des Bonnes Condi ons Agricoles et Environnementales
fiche VII (BCAE 7).
pour la conduite des taillis à très courte (TtCR) ou
à courte rota on (TCR), la récolte se réalise en un A en on, il est interdit de supprimer ou de déplacer
passage avec une ensileuse à tête de récolte montée sur les haies sans autorisa on de la DDT (Direc on
l’a elage « 3 points » d’un tracteur. Ce mode d’entre en départementale des Territoires).
Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons de ges on pour les haies agricoles
Pour les haies basses taillées dont la taille sommitale (du sommet) est réalisée en même temps que la taille latérale, il faut appliquer
le même traitement d’année en année (idéalement légèrement au-dessus de celui de l’année précédente pour n’amputer que les
jeunes rameaux) et ne pas descendre brusquement une haie taillée à une certaine hauteur depuis de nombreuses années ; le squele e
doit rester intact sauf lors des recépages. Aussi, pour les haies suffisamment larges et/ou hautes, mieux vaut tailler avec une certaine
oblicité vers l’intérieur : cela permet de faire tomber les rameaux coupés dans la haie elle-même, et non sur le champ, et d’économiser
un passage pour la taille du dessus. Enfin, cela permet d’avoir une plus grande hétérogénéité de la lumière au niveau des différentes
strates avec le main en d’une plus grande diversité d’essences.
Pour assurer une bonne densité, toute haie doit être recépée 2 à 5 ans après sa planta on (taille à 5 cm du sol), lorsque les plants sont
bien implantés et vigoureux.
La taille sommitale périodique affaiblit, dans une certaine mesure, progressivement la haie ; elle favorise le main en des espèces les
plus vigoureuses et la dispari on des plus fragiles. Même si la haie est cons tuée uniquement d’espèces buissonnantes, il vaut mieux
la conduire librement au sommet et préférer un recépage régénérateur, tous les 15-20 ans (a en on à protéger les cépées du bétail).
(Prom’haies, 2013)
141
7. Entre en
Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons de ges on pour les haies à voca on écologique
En théorie, pour la biodiversité, l’idéal est d’avoir une strate arbus ve dense, une canopée avec des ouvertures, des bords irréguliers et
un ourlet herbeux.
Il convient aussi de toujours raisonner les entre ens par tronçon(s), pour conserver les atouts fonc onnels de l’ensemble. Suivant la
structure et la composi on de la haie, on peut envisager une rota on sur 8 ans en appliquant des tailles sélec ves pour le(s) tronçon(s)
envisagé(s). Un contrôle de l’emprise peut se faire en parallèle de manière plus régulière.
Pour ces chan ers, les pinces fores ères et la tronçonneuse perme ent d’être plus sélec f.
(Manssens C., 2020)
142
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Matériel
5 à 20 ans : ce e fréquence assure des ressources 5 à 15 ans : ce e fréquence assure des ressources
Fréquence de passage
alimentaire (pour la faune) et mellifère abondantes. alimentaire (pour la faune) et mellifère abondantes.
Inves ssement
moyen (€€) faible (€)
matériel neuf
7
7.4. Cernage des racines de la rhizosphère : la racine d’une plante concurrente
restera inac ve à cet endroit si elle arrive trop tard. En
Le cernage consiste à contrôler la colonisa on racinaire conclusion, pour avoir accès aux ressources du sol, une
des arbres dans la sphère d’influence des racines des plante doit être précoce et rapide dans sa colonisa on
cultures agricoles adjacentes : il permet de réduire racinaire.
directement la compé on des arbres avec les cultures.
Les cultures d’hiver présentent cet avantage : semées
On dis ngue le cernage naturel, grâce aux cultures
à l’automne, elles germent et commencent à se
d’hiver, et le cernage mécanique.
développer avant l’hiver. Au printemps, leur système
racinaire est déjà bien développé et elles démarrent
7.4.1. Cernage naturel
ac vement leur croissance, bien avant le démarrage
des arbres encore en repos végéta f : cela permet aux
Les cultures perme ent de modeler le système
cultures d’exploiter le sol avant l’entrée en ac on des
racinaire des arbres : à âge et condi on pédoclima que
arbres. De plus, les cultures sont plantées densément
iden ques, les arbres agrofores ers bien menés
; les racines très fines et très denses des céréales sont
présentent un système racinaire plus profond par rapport
très efficaces en termes d’exploita on des ressources.
aux arbres fores ers. Les arbres étant très réac fs par
En revanche, les racines des arbres sont plus grosses
rapport aux plantes présentes à leur pied, ils exploitent
et moins denses. D’une part, elles s’ac vent plus tard
les par es du sol disponibles ; en effet, chaque plante
et, d’autre part, elles sont plus lentes en termes de
prélève localement l’eau et les nutriments u les à sa
colonisa on racinaire ; elles sont donc moins efficaces
croissance. Il en résulte un appauvrissement au niveau
par rapport aux racines des cultures.
143
7. Entre en
En plus de cela, il faut préciser la synchronicité entre spécialement pour ce e tâche, la cerneuse (root pruner) ;
l’appari on des feuilles et le début de l’ac vité racinaire elle peut travailler à une profondeur comprise entre 45
des arbres ; le chêne sessile, le merisier, l’alisier torminal et 80 cm et est munie d’une lame sur vérin hydraulique.
et le noyer commun étant plus tardifs, ils sont donc La lame est inclinable de 40 à 90°. Ce matériel est u lisé
ne ement désavantagés en termes de prospec on en arboriculture, notamment frui ère.
racinaire.
8.1. Produc on de bois de qualité être appliqués : des tailles de forma on, des tailles
progressives d’élagages et/ou des tailles d’émondage.
En agroforesterie, on observe une augmenta on des
défauts de conforma on des arbres par rapport à la
sylviculture classique. La propor on de fourches et de
nœuds plongeants en contexte agricole avec des sols
riches est, en effet, ne ement supérieure. Il convient
de corriger, tôt et progressivement, les défauts de
conforma on et de structure. Ces opéra ons presque
annuelles sont indispensables pour produire du bois
d’œuvre de qualité, plus rémunérateur. Même avec tous
les efforts consen s, il demeure difficile de produire
100 % d’arbres d’avenir. Comme en sylviculture, les
travaux d’améliora on se concentrent en priorité sur les 8.2.1. Principes des tailles
arbres sains, vigoureux et de qualité.
Durant les premières années, seules les tailles de
Critères de santé, de vigueur
forma on sont appliquées ; puis, elles sont combinées
et de qualité d’un arbre d’avenir
avec des élagages ; et enfin, lorsque l’axe de la future bille
bon état végéta f
Arbre de pied est formé, seuls des élagages complémentaires
absence de maladie
sain
absence de blessure ouverte ou des émondages sont exécutés.
Arbre houppier circulaire bien développé en hauteur
vigoureux bon diamètre La taille de forma on vise à supprimer les défauts de cime
rec tude, aplomb et cylindricité du fût (fourches, cimes mul ples…) et les grosses branches
absence de défauts du tronc (fibre torse, gélivure…) redressées qui concurrencent la ge principale ; l’objec f
Arbre de branches fines à inser on horizontale
qualité houppier symétrique est d’obtenir une bille de pied droite et ver cale, aussi
absence de fourche en dessous de 5 m de haut haute que possible (3 à 6 m en agroforesterie). L’élagage
absence de fourche avec entrécorce dans la cime
vise à couper les branches basses, mortes ou vivantes,
au ras du tronc : l’objec f est de concentrer les nœuds
8.2. Opéra ons d’améliora on au cœur de la ge et de produire ainsi du bois net de
nœuds. L’émondage consiste à éliminer les rejets et/ou
Pour produire du bois d’œuvre bien droit et sans gourmands apparus sur le tronc de l'arbre suite à une
nœuds, trois travaux sylvicoles d’améliora on doivent blessure, une plaie d’élagage, un stress hydrique…
146
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Bonnes pra ques agrofores ères Tailles de forma on, d’élagage et d’émondage
6m
dĂŝůůĞƐĚĞĨŽƌŵĂƟŽŶ Élagages
ŵŽŶĚĂŐĞƐ
C 150 = C 150 =
70 cm 110 cm
0
C = 210 cm C = 210 cm
Défauts de cime
Cime diffuse Cime cassée Cime mul ple Fourche de tête
Des plants mal dégagés de la végéta on concurrente, telles les ronces, peuvent être pliés. L’environnement joue aussi
un rôle important sur la rec tude du tronc. En situa on isolée, les arbres doivent s’adapter aux agressions du vent ( ges
penchées), de la lumière, du gel et du dessèchement de l’air. Soumis à ces condi ons extrêmes, les arbres ont tendance
à augmenter le nombre, la grosseur et la longueur de leurs branches. La géométrie du tronc s’en trouve alors modifiée.
À chaque inser on de grosses branches et, surtout, de pseudover cilles, le tronc enregistre une brusque décroissance.
La préven on contre les risques clima ques passe d’abord par le choix d’essences de provenances adaptées.
Défauts de branche
Branche relais Grosse branche
d > D/2
148
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
ɲ
ɲфϯϬΣ
En agroforesterie, les défauts de tronc sont assez fréquents ; principalement les courbures et les inclinaisons
consécu ves aux défauts de tête dans le jeune âge et aux vents dominants du S-O. La forte branchaison provoque aussi
des décroissances importantes.
Défauts de tronc
Courbure Courbure grand rayon Courbure basale Courbure supérieure
L’agroforesterie se basant sur des planta ons de faible densité, on observe donc une augmenta on de la grosseur
des branches le long du tronc et de celle des nœuds dans le bois. Une forte croissance conduit par ailleurs à une forte
conicité de la ge principale. Pour pallier cet effet, l’élagage des branches basses a tendance à augmenter le diamètre
de l’arbre dans la par e où demeurent les branches vivantes. On ob ent dès lors une croissance plus forte de la par e
supérieure de la ge, réduisant la conicité du tronc.
149
8. Forma on de bois de qualité
La produc on de bois de qualité n’est pas toujours Idéalement, la hauteur élaguée ne doit pas dépasser la
envisageable ; défauts très fréquents ou difficilement moi é de la hauteur totale de l’arbre.
récupérables. Dans ce cas, il faut soit renoncer à
intervenir et concentrer ses efforts d’améliora on sur un 8.2.4. Périodes d’interven on
nombre d’arbres plus restreint, soit réduire la hauteur
de bille améliorée. Les atouts d’une taille hivernale sont les bonnes
condi ons de visibilité, une ac vité ralen e des
8.2.3. Fréquence d’interven on pathogènes et une longue période de travail possible.
Les tailles es vales modérées assurent, quant à elles,
En règle générale, les premières tailles de forma on une fermeture plus rapide des plaies, une meilleure
débutent quand le plant a eint 2 m afin de ne pas résistance aux pathogènes, une meilleure restaura on
réduire sa masse foliaire, et de ne pas le perturber mécanique du bois et des rejets non vigoureux en raison
lors de sa phase d’installa on. L’élagage trop précoce du peu de réserves contenu dans les rameaux.
ou trop intensif ralen t le poten el de croissance de
Globalement, il est conseillé de programmer ces travaux
l’arbre en réduisant le volume du houppier (l’usine
de taille de forma on et d’élagage :
photosynthé que à biomasse). L’élagage trop tardif
entraîne, quant à lui, une cicatrisa on lente et difficile • en arrêt de végéta on, hors gel intense et persistant
des blessures, avec des risques conséquents de (T°< -2°C) et surtout hors épisodes de brusque gel-
pourritures et de colora ons. dégel, afin d’éviter des déchirures du bourrelet de
recouvrement et la repousse de rejets ;
Une fois débutées, les tailles de forma on et l’élagage • hors montée de sève et période de débourrement ;
doivent s’opérer à un rythme beaucoup plus soutenu celle-ci s’étend généralement du 15 mars au
que celui de la sylviculture classique. Idéalement, 30 avril mais peut varier en fonc on des condi ons
les branches à élaguer ne doivent pas dépasser 3 à clima ques, du lieu et de l’essence. Cela permet
5 cm de diamètre. Or, les branches latérales grossissent d’éviter les risques de blessures à l’écorce, de limiter
beaucoup plus rapidement dans les champs, vu leur les écoulements de sève et d’éviter de faire perdre
croissance libre et accélérée en sta on agricole, plus riche inu lement à l’arbre les réserves qu'il a accumulées
qu’en forêt ; il n’y a, par ailleurs, pas d’élagage naturel. (notamment glucidiques) ;
Il est donc indispensable de parcourir les planta ons • hors période de descente de sève, vers la fin de
agrofores ères chaque année pour appliquer les tailles l’été (de mi-août à la chute des feuilles), lorsque les
d’améliora on des fûts. Ce e dynamique régulière de réserves retournent aux racines. Il convient donc
suivi est, en fin de compte, la moins énergivore car d’a endre la chute des feuilles.
l’opérateur élimine avec facilité de pe tes branches.
Bonnes pra ques agrofores ères Périodes idéales d’interven on pour les tailles
taille des feuillus hors feuille taille des feuillus hors feuille
WĠƌŝŽĚĞŽƉƟŵĂůĞ
J F M A M J J A S O N D
Période favorable
Période défavorable
hors gel - dégel hors montée de sève hors descente de sève hors gel - dégel
noyer peuplier et chêne
merisier
150
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Dans le cas de grosses branches vivantes dont le des grumes poten elles et de la hauteur d’interven on,
diamètre dépasse 5 cm, il est préférable de procéder à la généralement limitée à 6 m du sol. En effet, les
coupe en fin de période hivernale, juste avant la reprise accessoires de coupe sont u lisés avec des perches
de la végéta on, ceci pour profiter d’une cicatrisa on télescopiques de 4 à 6 m de longueur. Au-delà, des
immédiate et plus rapide. L’idéal reste de ne pas devoir élévateurs, des nacelles ou des échelles sont nécessaires.
éliminer de grosses branches... Les branches mortes
peuvent être coupées en toute saison mais sans trop Hauteur d’interven on op male
a endre car cela augmente les risques d’a aques Opéra ons Noyers Autres feuillus Peupliers
parasitaires.
Tailles de forma on 4m 6m 7 à 10 m
Différentes périodes spécifiques sont conseillées pour Élagage 3à4m 4à5m 6à9m
certaines essences :
• Merisier : les tailles se déroulent entre le 15 juillet et 8.2.6. Ou llage et bonnes pra ques
le 15 août, période la moins favorable à la gommose. de coupe
• Noyers : les tailles en vert en début d’été (en juin)
sont idéales pour limiter l’émission de gourmands. L’élagage à hauteur d’homme se réalise avec un
• Chênes et peupliers : les tailles en août et en sécateur, un ébrancheur ou une scie égoïne. Celui en
septembre perme ent de réduire la repousse et la hauteur s'effectue avec une scie égoïne sur perche ou
survie des gourmands. un échenilloir.
8.2.5. Hauteur d’interven on Enfin, il existe des ou ls mécanisés tels que des sécateurs
La hauteur des tailles de forma on et d’élagage électriques et des tronçonneuses d’élagage, à main ou
dépend des impéra fs liés aux condi ons d’usinage sur perche.
151
8. Forma on de bois de qualité
technique permet de faciliter l’irriga on en sève de la plaie de coupe et, ainsi, la forma on du bourrelet cicatriciel tout
en limitant la proliféra on de rejets.
On constate souvent des erreurs techniques et mécaniques, essen ellement dues à des tailles de forma on ignorées
voire négligées et à des élagages trop tardifs, trop brutaux ou mal appliqués.
Manque d’interven on
8
Interven ons trop tardives : Tailles de forma on négligées : Coupes incorrectes :
plaie trop large fourche de tête préjudiciable présence de chicots
153
8. Forma on de bois de qualité
ɲ
ɲфϯϬΣ
Fourches
154
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
8.2.9. Émondage
L’émondage consiste à éliminer les rejets et/ou gourmands apparus sur le tronc des arbres suite à une blessure, une
plaie d’élagage, un stress hydrique… Le moyen le plus efficace de lu er contre les rejets de tronc et/ou gourmands est
d’éviter leur appari on. Les mesures culturales préven ves sont nombreuses :
• sélec onner des essences adaptées aux condi ons sta onnelles ;
8
• introduire des essences arbus ves d’accompagnement (rôle cultural de gainage) ;
• élaguer de manière progressive (ne pas me re brutalement les troncs en lumière, éviter de supprimer de trop
nombreuses grosses branches) ;
• couper les branches de manière ne e sans déchirure.
La suppression des rejets et/ou des gourmands est conseillée pour le peuplier, le chêne, le merisier et le noyer : la coupe ne e des
gourmands en août (notamment en période de grande chaleur) permet d’éviter leur repousse. L’émondage doit être réalisé au ras
du tronc à l’aide d’un sécateur, d’un échenilloir ou, mieux, à l’aide de l’émondoir à marteau. Grâce à son long manche, il permet de
sec onner les gourmands d’une poussée de bas en haut sans entamer l’écorce. Il est déconseillé d’éliminer les rejets et/ou gourmands
avec des scies manuelles ou mécaniques qui provoquent des déchirures propices au réveil de plusieurs gourmands adven fs au niveau
des plaies.
Émondoir à marteau Gourmand sur un tronc Rejet sur le pourtour d’une plaie
Coupe
Coupe
au plus
parallèle au
près du
tronc sans
bourrelet,
endommager
sans
l’écorce
l’entamer
155
8. Forma on de bois de qualité
8.2.10. Ra rapage d’un arbre non maladies et pour des raisons d’économie. Aussi, le
améliorable sécateur devrait être désinfecté avec du méthanol entre
chaque arbre.
Dans le cas d’une forme buissonnante ou d’une mauvaise
conforma on d’origine accidentelle (abrou ssement, 8.2.12. Taille des arbres frui ers
dégâts de gel, blessures...), le recépage permet de
former un nouveau rejet. Il convient d’engager la taille de forma on dès la
planta on et de la pra quer tous les ans pendant les 5
Recépage à 6 premières années au moins. Il faut éliminer tous les
fruits les 3 premières années pour concentrer l’énergie
→ Sec onner le pied au-dessus du collet durant le repos
végéta f. de l’arbre dans sa croissance et sa forma on.
→ L’année suivante, conserver le rejet le plus droit et le plus
vigoureux et éliminer les autres au sécateur au ras de leur Le CRA-W et l’asbl Diversifruits encouragent aujourd’hui
point d’inser on.
à la conduite en axe ver cal. Les avantages sont les
suivants :
• ne e réduc on du temps de l’élagage ;
• port de l’arbre plus naturel avec des branches
insérées à angles ouverts sur le tronc, propices à
une souplesse accrue et naturelle, à une meilleure
résistance mécanique et à une rapide mise à fruits ;
Année N : ZĞũĞƚƐ Année N +1 : • fruits mieux répar s, mieux calibrés et de meilleure
recépage en ƐĠůĞĐƟŽŶĚƵ
biais à + 10 cm ŵĞŝůůĞƵƌƌĞũĞƚ
qualité ;
• meilleures pénétra on et répar on de la lumière ;
• meilleure aéra on de la couronne avec une
8.2.11. Sécurité sanitaire diminu on des risques de maladie ;
• réduc on possible des distances de planta on de
Avant d’entamer les coupes de taille, il convient de l’ordre de 20 % à 30 % ;
vérifier l’état sanitaire des arbres par un rapide parcours • meilleure longévité des arbres et facilita on du
des lignes de planta on. Seuls les arbres sains et non renouvellement des branches.
tarés sont améliorés pour éviter la propaga on de
Période de taille : durant le repos végéta f, de décembre à la mi-mars pour les arbres à pépins
(de préférence fin février - début mars pour éviter des éclatements dus à la succession de gels-
dégels, souvent propices à la produc on de bourgeons adven fs et de nouveaux gourmands),
en avril-mai pour les arbres à noyaux. A en on, une taille d’hiver implique une taille d’été :
avant l’aoûtement, il faut re rer les gourmands avec les mains ou avec le pouce.
Définir ses objec fs (produc on de fruits, pérennité de l’arbre, biodiversité) pour orienter la
taille.
Se renseigner sur la vigueur de la variété et du porte-greffe : le tempérament des arbres diffère
et la taille est à adapter en conséquence.
Assurer la forma on d’un tronc central autour duquel vont se répar r des branches
charpen ères en essayant d’équilibrer les différentes par es de l’arbre, favorisant ainsi un bon
éclairement de toute la cime ; les branches ne doivent pas « par r » du tronc au même endroit.
156
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
Mieux vaut accompagner régulièrement et doucement l’arbre depuis son jeune âge. Si l’arbre nécessite une interven on
« musclée », il faut veiller à l’étaler sur plusieurs années : au plus l’interven on est forte, au plus l’arbre réagit avec la produc on
explosive de gourmands indésirables. Il ne faut pas dépasser la taille d’1/3 de la cime vivante de l’arbre.
Toujours éliminer en priorité les branches chancrées.
La sève se déplace préféren ellement dans la par e supérieure des branches et dans les branches ver cales. Par conséquent,
couper une branche revient à couper un robinet : il convient de toujours se demander où vont se diriger les « flux » avant
d’intervenir. Dans ce sens, il ne faut jamais « passer d’une autoroute à une route de campagne » : si on doit tailler une « grosse »
branche et s’il n’y a pas de branches conséquentes pour absorber le « flux de sève », on coupe alors la branche à sa base près du
tronc.
Une coupe ne e réalisée avec une scie bien affûtée cicatrise très bien ; il faut privilégier une coupe proche de la perpendiculaire à
l’axe de la branche, avec la plus pe te surface possible.
Si une branche présente un diamètre > 1/3 du tronc, et si elle s’insère avec un angle fermé, il faut la considérer comme concurrente
à la tête et réfléchir à sa suppression.
Toujours désinfecter ses ou ls au méthanol avant d’entamer la taille de l’arbre suivant.
Pour les branches d’un gros diamètre, veiller à enduire les coupes d’un goudron végétal ou d’un mélange « eau / bouse de vache /
argile / cendre de bois » si la taille se déroule durant la période de décembre à février.
8.3. Traitement des linéaires localisées : d’une part, pour favoriser la croissance des 8
arbres à poten alité (bois d’œuvre…) et, d’autre part,
mélangés et irréguliers pour appliquer les coupes sanitaires de sécurité ou de
récolte ciblées afin de garan r la pérennité des fonc ons
La plupart des alignements périparcellaires sont issus
et le rajeunissement de ces éléments semi-naturels.
de résidus d’anciens réseaux de haies bocagères, de
zones de recrûs naturels, voire d'anciennes planta ons ;
ces linéaires plus ou moins inconsistants sont le plus
souvent de structure irrégulière (semis, fourrés,
gaulis, perchis, pe ts, moyens et/ou gros bois) et de
composi on mélangée (feuillus nobles à éventuel
objec f bois d’œuvre, feuillus secondaires, arbustes
et végéta on d’accompagnement). Ce e situa on
hétérogène peut aussi se rencontrer dans le cadre
d’une planta on récente, notamment d’un alignement
d’arbres de haut jet plantés au sein d’un ou plusieurs
rangs d’arbustes en conduite libre.
157
8. Forma on de bois de qualité
Dépressage
→ (AA) : repérer les arbres d’avenir dominants, bien conformés, d’essences valorisables dans un
Éclaircie sans valeur commerciale au
recrû naturel.
profit de jeunes arbres d’avenir aux
→ (O) : réduire la compé on en éliminant les arbres oppresseurs.
stades fourré (± 3 m) et gaulis (± 6 m)
→ (T) : prélever les arbres tarés (répé on de fourches avec entre-écorce ou grosses branches
repérés dans un recrû naturel.
redressées).
6m Légende
Détourage
Éclaircie avec valorisa on (en bois de → (AA) : désigner les meilleurs arbres d’avenir, vigoureux, sains et bien conformés.
bûche notamment) au profit des arbres → (Codo/D) : prélever les arbres voisins gênant dans les étages dominant et codominant.
d’avenir au stade perchis (± 12 m). → (d) : conserver les sujets de l’étage intermédiaire et dominé.
12 m
Légende
Cod AA d AA D
Récolte
24 m
Légende
E AA M S
158
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
159
9. Récolte et transforma on
9. Récolte et transforma on
9.1. Récolte
En agroforesterie, la récolte des bois consiste à couper des produits commercialisables ou pouvant faire l’objet d’un
usage donné. On dis ngue les récoltes intermédiaires (n’entravant pas la vie de l’arbre, ses fonc ons et une récolte
ultérieure) de la récolte finale. Celle-ci est plus radicale mais, dans le cas de certaines essences, un rejet de souche peut
s’opérer.
Coupes intermédiaires
Rajeunissement au sol Raba age en hauteur Étêtage
Récolte
Aba age
Coupe sanitaire ou finale d’arbres arrivés à maturité avec des dimensions d’exploitabilité correspondant aux normes du marché de grumes
valorisables.
Assainissement d’un alignement de bois taré Aba age de billes de pied commercialisables
160
Troisième phase : entretenir et valoriser son projet
9.2. Transforma on
La transforma on comprend l’ensemble des opéra ons entreprises après la coupe, des nées à transformer l’arbre ou
les par es de l’arbre mises à terre en un produit u lisable ou commercialisable.
Façonnage Déchiquetage
Ce e opéra on consiste à transformer l’arbre aba u Le déchiquetage consiste à broyer les produits de la coupe en morceaux de
en produits prêts à être transportés, transformés, tailles variables en fonc on du matériel u lisé et de l’usage projeté. Pour
commercialisés ou u lisés. Plus communément, ce e de grosses quan tés, il est u le de faire appel à un entrepreneur fores er
ac on s’opère pour ne oyer la bille de pied et débiter le disposant d’un matériel adapté. Un bon équipement permet de broyer entre
houppier en bois bûche. 50 et 60 mᶟ/h pour un prix compris entre 200 € et 250 € HTVA/h.
Débardage
Séchage
Après criblage, les plaque es sont généralement séchées dans des hangars
pour assurer un rendement op mal au niveau des chaudières. Le procédé
consiste à disposer le tas autour d’un conduit perforé : l’air humide est
aspiré et évacué. Une autre méthode consiste en un séchage simple (hangar
Criblage couvert mais ouvert) ; les plaque es sont posi onnées en tas et le séchage
se réalise grâce à la fermenta on, l’eau se dégageant sous forme de vapeur
Le criblage consiste à trier le broyat pour un usage au-dessus du tas. Pour une fermenta on naturelle, le broyat doit être issu de 9
ultérieur en chaudière biomasse, nécessitant des bois récemment coupés, 3 mois maximum après la coupe ; au-delà les sucs
dimensions de plaque es standardisées. sèchent et la fermenta on n’est plus possible.
161
D. Compléments
Agroforesterie associée
11 à un ouvrage
d’hydraulique douce
12 Subsides à la planta on
10. Modèles agrofores ers per nents
D. Compléments
Les haies brise-vents mul strates sont caractérisées par une végéta on étagée : les arbres de haut jet surplombent
des cépées et arbustes. Elles sont cons tuées d’une diversité d’essences indigènes ayant des fonc ons et produc ons
spécifiques complémentaires.
11
12
Hauts brise-vents
164
Compléments
Bas brise-vents
5m Surface
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϯ͕ϮĂ
ͲƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲ͕ϴĂ
% de surface
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗
100 m ± 93 %
10 m
10
N
O E 0,7 m
5m
3,4 m
100 m
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
Hauts-jets Cépées Arbustes
Viorne obier - Viburnum opulus
ƌĂďůĞƐLJĐŽŵŽƌĞ Peuplier blanc EŽLJĞƌŚLJďƌŝĚĞ Coudrier - Corylus avelana
Cornouiller sanguin - Cornus sanguinea
Acer pseudoplatanus Populus alba Juglans x intermedia ŚĂƌŵĞͲCarpinus betutlus
Sureau noir - Sambucus nigra
165
10. Modèles agrofores ers per nents
0 5 15 25 35 45 55 65 75 85 95 100 m
0,7 m
Emprise : 3,4 m
0,7 m
10 m
1m
Érable sycomore Peuplier blanc Noyer hybride Viorne obier Cornouiller sanguin Sureau noir
Viburnum opulus Cornus sanguinea Sambucus nigra
Acer pseudoplatanus Populus alba Juglans sp.
récolte à 20 ans récolte à 60 ans récolte à 20 ans Coudrier Charme
Corylus avelana Carpinus betutlus
Bonnes pra ques agrofores ères Recommanda ons pour établir des brise-vents efficaces et bien adaptés
L’efficacité d’un brise-vent dépend de sa structure (hauteur, largeur, forme, orienta on et con nuité) et de sa porosité ; celle-ci varie en
fonc on des essences choisies, du nombre de lignes d’arbres, de la densité de planta on au sein de la ligne et des modalités d’entre en.
En Wallonie et dans le nord de la France, le meilleur compromis consiste à implanter des hauts brise-vents orientés nord-sud et des
moyens ou bas brise-vents perpendiculaires orientés dans le sens est-ouest pour freiner les vents nocifs (vent froid du nord, vents
dominants violents du S-O, vent desséchant de l’est et du N-O) et garan r une luminosité maximale aux produc ons agricoles.
En Région wallonne, pour en savoir plus sur les haies mul fonc onnelles (quel type de haie et quelles essences planter suivant votre région et
vos objec fs) rendez-vous sur le site h p://[Link]/. Le livret « Des haies pour demain », téléchargeable sur le net (h p://environnement.
[Link]/publi/dnf/[Link]), est aussi un recueil précieux.
Hauteur et emprise
< 20 m Culture :
Le choix op mal des intervalles entre les
hauts brise-vents alignements s’ob ent en mul pliant les
< 10 m Prairie :
bas brise-vents
hauteurs finales des éléments agrofores ers
par un facteur de 4 à 12. L’objec f est d'obtenir
120 m 240 m des surfaces compa bles avec les techniques
agricoles actuelles, plus intensives. Néanmoins,
au plus les écartements sont élevés, au plus
120 m
10
O E
garan es d'ensoleillement op males : brise-vent feuillu semi-perméable : brise-vent consistant sur toute sa hauteur :
ο orienta on nord-sud des hauts ralen ssement effec f du vent (± 50 %) protec on efficace de haut en bas
brise-vents brise-vent résineux imperméable : brise-vent avec houppier uniquement :
ο orienta on est-ouest des bas brise- effets de bourrasques avec accéléra on du vent au-dessus et en dessous
vents accéléra on du vent derrière l’élément (p. ex. : alignement de peupliers élagués)
167
10. Modèles agrofores ers per nents
Les planta ons de feuillus inter et intraparcellaires se dis nguent par leur emplacement sur la parcelle, soit
respec vement en périphérie et au sein même de la parcelle. Suivant les objec fs de produc ons ou de fonc ons
recherchées, ces systèmes se rencontrent à la fois en zone herbagère et en culture. Les alignements intraparcellaires
associés à une bande enherbée au pied des arbres cons tuent, en culture, l’agroforesterie de troisième généra on.
Globalement, ces modèles perme ent à l’ensemble du système agricole d’obtenir une rentabilité supplémentaire en
termes de biomasse et/ou de produc ons cumulées (p. ex. : herbage - élevage lai er et/ou viandeux - produc on de
fruits charnus et/ou à coque) sur le long terme, valorisables selon les objec fs fixés par le planteur.
Pour la produc on de bois, les espèces choisies peuvent être des feuillus précieux d’essences indigènes variées pour
échelonner les récoltes futures. Elles sont implantées en alternance pour limiter les risques de diffusion de maladies,
pour op miser le plein développement des houppiers et pour améliorer la biodiversité et l’impact paysager.
168
Compléments
^ƵƌĨĂĐĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
2m ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϬĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϭϬĂ
^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϯϬŵ
N ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϴŵ
ͲůĂƌŐĞƵƌĚĞů͛ĂůŝŐŶĞŵĞŶƚĚ͛ĂƌďƌĞƐ͗Ϯŵ
O E
S 100 m
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĞŶƐŝƚĠ ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϬй
ϱϬƟŐĞƐͬŚĂ
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
Alisier torminal 8m
Sorbus torminalis
Érable sycomore 2
Acer pseudoplatanus m
1 30 m
m
Noyer hybride 2m
Juglans x intermedia 3m 2m
100 m
169
10. Modèles agrofores ers per nents
170
Compléments
^ƚƌƵĐƚƵƌĞĞŶĐĂƌƌĠ
12,5 m ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϭϮ͕ϱŵ
ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϭϮ͕ϱŵ
12,5 m
^ƵƌĨĂĐĞ
ƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
N
ĞŶƐŝƚĠ
O E ϴϭƟŐĞƐͬŚĂ
S
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
100 m
WŽŵŵŝĞƌ
ĞƌŝƐŝĞƌ
WŽŝƌŝĞƌ
WƌƵŶŝĞƌ 100 m
ο rece es des grumes pour les feuillus arrivés à des fins de stock, des invendus ou des arbres de moindre
maturité. qualité retournés par les professionnels.
172
Compléments
10
173
10. Modèles agrofores ers per nents
2 ruches
25 m 3 5
6
4
N
O E 25 m
25 m
S 100 m
Mare parking
7 8
^ĞŶƟĞƌƐ 20 m serre atelier
nurserie
WƌĂŝƌŝĞŇĞƵƌŝĞ
Chemin d’accès
Terres de culture
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
1 Haie libre marcescente (charme, hêtre) et semi-persistante (troène, viorne lantane) contre les vents froids du nord
2 Haie libre brise-vent avec arbres de haut jet (châtaignier, merisier, érable plane) contre les vents dominants du S-O
3 &ƌƵŝƟĞƌƐŚĂƵƚĞƐͲƟŐĞƐ;ƉŽŵŵŝĞƌ͕ƉŽŝƌŝĞƌ͕ĐĞƌŝƐŝĞƌͿ
4 Haie basse taillée (charme, troène, cornouiller, bourdaine, viorne, fusain...)
5 Vigne
6 Arbres têtards (saule, peuplier) + haie morte ou vive d’essences marcescentes (charme, hêtre) contre les vents desséchants de l’est et du N-E
7 WĞƟƚƐĨƌƵŝƟĞƌƐ;ŐƌŽƐĞŝůůŝĞƌ͕ĐĂƐƐĞŝůůĞƌ͕ŵƸƌŝĞƌ͕ĨƌĂŵďŽŝƐŝĞƌͿ
8 &ƌƵŝƟĞƌƐďĂƐƐĞƐͲƟŐĞƐ;ƉŽŵŵŝĞƌ͕ƉŽŝƌŝĞƌ͕ƉƌƵŶŝĞƌͿ
9 Noyers
10
175
10. Modèles agrofores ers per nents
100 m
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
Bosquet
25 m 15 à 100 m²
23
hauts et moyens-jets
,75
m
нĂƌďƵƐƚĞƐнƉĞƟƚƐĨƌƵŝƚƐ
Verger
20 m 20 m
± 70 ares
23
,75
ĨƌƵŝƟĞƌƐŚĂƵƚĞƐͲƟŐĞƐ
m
26
,66
Haie périphérique
m
470 m
15
m
hauts-jets + arbustes
20 m 15 m
Peigne
10 m
arbustes
16
0m
17
,5
N
m
O E
≤ 25 m
S
35
m
4 à 10 m
10
m
15
m
bâtiment
accès = 5 m
10
m
40 m
Schéma de planta on d’un parcours de 16.000 m² pour 4.000 poulets en agriculture biologique (normes belges)
Légende
176
Compléments
25 m
CS ES TR SA TI
23,75 m
26,66 m
20 m 20 m
NO NO NO NO
TI 23,75 m CS
CE CE CE CE PR
15 m
110 m
CS ES
15 m
PR PR PR PR PR
160 m
PM PM PM PM PM
TR TR
PM PM PM PM PM
PÉRIMÈTRE DE PARCOURS
17,5 m
ES TI
10
35 m
CS SA
10 m
15 m
5m
SA TR
40 m
100 m
177
10. Modèles agrofores ers per nents
arbres seront rapidement déracinés. Un treillis facilite les opéra ons d’entre en du parcours. Dans le
légèrement enterré est généralement suffisant ; deux cas d’une planta on en rectangle, l’écartement entre les
pe tes ouvertures modulables perme ent aux volailles lignes de planta on peut varier de 15 à 30 m. Au total,
d’accéder périodiquement au pied des planta ons et de l'idéal est que 30 à 40 % de la surface soit occupée par
gérer les adven ces. les houppiers.
(entre 15 et 100 m²), situés à une vingtaine de mètres Érable champêtre oui + 7/40
(25 m max.) les uns des autres. On veillera ici à associer
Fusain d’Europe non + 3/40
des essences de différentes hauteurs, notamment
des sous-arbustes à pe ts fruits (groseillier, cassissier, Nerprun purga f non ± 3/40
framboisier…) avec des arbustes (grio er, noise er, Noise er oui + 4/40
amélanchier, sureau, prunellier, prunier…) et quelques
Sureau noir oui + 2/40
hauts-jets de première (bouleau, lleul…) et deuxième
grandeur (alisier, sorbier, saule, charme…). Deux ou Troène commun oui + 2/40
trois hauts-jets peuvent être associés à quatre ou cinq Viorne lantane oui ± 4/40
arbustes et à une dizaine de pe ts fruits en périphérie. 10
Viorne obier oui ± 1/40
Parcours à canards
180
Compléments
2m
^ƵƌĨĂĐĞ ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗ϯϬŵ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϬĂ ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϴŵ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϭϬĂ ͲůĂƌŐĞƵƌĚĞů͛ĂůŝŐŶĞŵĞŶƚĚ͛ĂƌďƌĞƐ͗Ϯŵ
O E
S
100 m йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϬй
ĞŶƐŝƚĠ
ϱϬƟŐĞƐͬŚĂ
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ 8m
ŚĂƌŵĞ
Carpinus betulus 2 30 m
m
1
^ĂƵůĞ m
Salix sp. 2m
3m 2m
100 m
ο préserva on des terres par l’améliora on de la mieux vaut planter assez dense qui e à éliminer
structure et de la cohésion du sol ; certains arbres par la suite. La distance finale dépend de
ο meilleur effet tampon lors d’averses violentes. plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, la vigueur de l’essence
• Bénéfices environnementaux : et les cycles de récolte sont les plus déterminants : pour
ο puits de carbone ; les essences très vigoureuses comme le peuplier, le
ο effet favorable sur la biodiversité : niche écologique saule et le robinier, on peut opter pour une distance de
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t 1 à 3 m pour des récoltes annuelles ; 1,5 à 5 m pour des
gibier...), corridor écologique, abri pour la flore récoltes tous les 2 ou 3 ans ; 2 à 8 m pour des récoltes
sta onnelle, habitats pour la faune ; tous les 4 à 7 ans ; et 3 à 10 m pour des récoltes tous les
ο améliora on de la qualité de l’eau et réduc on de la 8 à 15 ans.
pollu on des nappes phréa ques : l’eau est en par e
filtrée de ses résidus d’engrais, de fumiers, de produits NB : Le saule des vanniers est moins vigoureux que les
phytopharmaceu ques ; saules blanc et fragile ; les saules pourpre et cendré le
ο recharge des nappes phréa ques. sont encore moins. Pour ceux-ci, on peut former des
• Poten els économiques : pe ts sujets tous les 1 à 2 m.
ο houppiers récoltés périodiquement pour la
transforma on en BRF (pour usage privé ou revente) Installa on d’un arbre têtard (année 0)
et possibilité de transforma on en plaque es énergie Planta on du plançon Suppression du houppier
si le rythme de coupe est plus long ;
ο en pâture, améliora on des rendements lai ers
et viandeux en contexte de fortes températures :
allongement des périodes de pâturage, métabolisme
op mal à l’ombre et réduc on des stress ;
ο trognes saines commercialisables.
10.6.3. Contraintes
• Besoin d’un matériel spécifique pour la récolte des
houppiers.
• Récolte poten ellement chronophage.
• Suivi nécessaire des arbres pour favoriser la
mécanisa on des cultures intercalaires. Hauteur du houppier
• Impossibilité d’implanta on sur des parcelles
La hauteur de la base de la couronne dépend des
possédant un réseau de drainage.
contraintes agricoles liées à la parcelle : machinisme,
10.6.4. Bonnes pra ques culture, bétail, environnement, voirie… Elle condi onne
la taille des plançons ou la hauteur de suppression du
Installa on d’un arbre têtard houppier sur le baliveau.
La forma on d’un arbre têtard se réalise à par r d’un Hauteur des arbres têtards en fonc on des usages au sol
plançon planté le plus profondément possible (cfr. point
5.4.5., p. 87) ou d’un baliveau d’un arbre existant auquel on
a supprimé le houppier.
2,2 m
1,5 m
182
Compléments
Si aucune contrainte n’impose une hauteur par culière, il faudra l'envisager entre 1,5 et 1,8 m en prévision des entre ens
ultérieurs. Ce e hauteur permet de tailler facilement les rejets sans avoir recours à une échelle. Les entre ens sont
ainsi facilités : ils sont plus sécurisés et plus rapides.
Forma on de la tête
Années suivantes :
Année 1 : suppression Année 2 et + : début de la croissance Années 2 à 4 : Après plusieurs
repousse et nouvelle
des rejets latéraux radiale du tronc et des rejets 1ère taille cycles de taille
croissance des rejets
NB : Au début, il faut idéalement procéder à des cycles de taille rapprochés (2-3 ans) pour renforcer les assises d’où
s’insèrent les rejets. Au bout de 10 à 15 ans, les cycles de taille plus longs peuvent débuter, notamment pour récolter
et façonner du bois bûche.
10
Récolte
Cycles de taille des arbres têtards
Usage Fréquence de taille Pour les cycles de taille longs, il convient d’être régulier et
Vannerie ar sanale 1 an de se conformer à la vitalité des arbres et aux risques de
casse, ce pour garan r leur pérennité : on ne dépassera
Bois Raméal Fragmenté 1 à 4 ans
pas 15 ans pour les bois blancs moins résistants (saule,
Fourrage 2 à 6 ans peuplier...) et 20 à 25 ans pour les essences au bois plus
Perches et piquets de clôture 3 à 10 ans dense (chêne, charme, érable...). Au-delà, l’évolu on de
l’arbre est préjudiciable à la régénéra on de la couronne ;
Bois de feu (bûches) 4 à 25 ans
les risques d’éventrement augmentent et l’interven on
Bois énergie (plaque es) 10 à 25 ans devient dangereuse pour les opérateurs.
183
10. Modèles agrofores ers per nents
De manière générale, la coupe doit être réalisée le plus près possible du tronc, tout en respectant l’empa ement
d’inser on des branches. Il est capital de scier toutes les branches individuellement, même lorsqu’elles partent du
même point. En effet, les grandes surfaces de coupe peuvent affaiblir l’arbre car elles limitent le nombre d’yeux
dormants nécessaires à la repousse : leur cicatrisa on plus difficile peut mener au développement d'un pourrissement
parfois prématuré de la trogne et réduire ainsi l'espérance de vie de l'arbre.
Lorsque les branches présentent un diamètre supérieur à 5 cm, il est indispensable de travailler en deux temps. Ce e
précau on de coupe d’allègement permet d’éviter les déchirements de l’écorce qui se prolongent sur la tête de la
trogne. La première coupe s’effectue à 50 cm minimum de la base de la branche, en suivant un procédé toujours
iden que : d’abord, une première entaille dans la par e inférieure de la branche découpe l’écorce ; ensuite, la seconde
entaille entame la branche par le dessus afin de la couper complètement. La seconde coupe vise à éliminer le chicot
restant au ras de la tête.
L’applica on d’un mas c est onéreuse et n’améliore pas significa vement les cicatrisa ons, son usage n’est pas conseillé
dans ce cas.
Bonnes pra ques agrofores ères Techniques de coupe pour l’étêtage des arbres têtards
OUI
coupe 1
NON
NON
coupe 2
Coupes correctes Coupes incorrectes
coupe 1
coupe 2
Le choix des ou ls de coupe, manuels ou mécaniques, dépend des cycles de rota on. Lorsqu’ils sont très courts
(< 3 ans), il est simple et peu onéreux : sécateur, scie d’élagage, ébrancheur (coupe-branches) et ou ls emmanchés d’une
perche. Ceux-ci perme ent d’intervenir plus haut si nécessaire, sans devoir grimper dans l’arbre. L’usage de serpes ou
184
Compléments
de haches est à proscrire pour éviter de blesser l’arbre. de temps précieux pour le déchiquetage qui suivra.
L’u lisa on d’un matériel thermique ou électrique, telle Les grappins coupeurs avec un guide de tronçonneuse
une tronçonneuse d’élagage, est nécessaire pour les opèrent les coupes les plus ne es. Le désavantage des
plus grosses sec ons (3 ans et plus). autres grappins réside dans une coupe grossière et
parfois éclatée. Dans ce cas, la coupe doit être réalisée à
Ou ls manuels de taille et d’élagage 50 ou 60 cm de la couronne et il faut ensuite raba re les
chicots restants à la tronçonneuse. Ces machines étant
scie égoïne
assez lourdes, il convient de travailler en septembre/
octobre, lorsque les sols sont encore portants.
ébrancheur sécateur
Dans les régions bocagères, les chan ers mécanisés
groupés perme ent de bénéficier d'un prix de revient
moins élevé pour l’aba age, l’étêtage, le déchiquetage
scie emmanchée et/ou le transport des produits ligneux récoltés.
échenilloir
d’en bas depuis une échelle. Pour cela, il faut arrimer Valorisa on énergé que excep onnelle du saule
son harnais à une branche centrale et graviter autour
Ce e par e du guide s’inspire du livre « Le Saule, Roi des Têtards »
pour faire tomber les branches, une à une. A en on, les (Coppée J.-L. & al., 2016).
bois tendres comme le saule présentent un risque élevé
d’éclatement lors de la chute de la branche. La par e Dans une op que énergé que, il convient de valoriser
de la branche entamée à la tronçonneuse peut alors des essences à forte produc on de biomasse. Selon
se décoller dans le sens de la longueur et se me re en les idées reçues, seules les essences à fort pouvoir
mouvement par effet de levier : si l’opérateur se trouve calorifique sont intéressantes pour le bois de feu ; d’un
dans la trajectoire, il peut être violemment percuté. point de vue « calories produites / volume de bois »,
ce principe est vérifié. En revanche, du point de vue
Nous conseillons vivement de faire appel à des « calories produites / masse de bois », le bilan est
professionnels pour les coupes de grosses sec ons, plus nuancé. À taux d’humidité égal (30 %), le pouvoir
qui e à faire venir un entrepreneur uniquement pour la calorifique massique de toutes les essences de bois
mise à terre ; une fois au sol, les branches peuvent être est presque équivalent à 3,33 kWh/kg (soit 12 MJ).
débitées « sans danger ». Par exemple, il est de 3,27 kWh/kg pour le chêne et de
3,18 kWh/kg pour le saule. Ainsi, 1 kg de saule et 1 kg
L’usage d’une échelle est tout à fait déconseillé pour
de chêne fournissent un poten el énergé que plus ou
l’élagage, sauf pour monter dans la couronne. De plus,
moins similaire.
même si la pra que est largement répandue, il est
interdit de travailler depuis la pelle d’un chargeur frontal ;
il faut travailler depuis une nacelle.
Produc vité Chêne têtard (750 kg/mᶟ) Saule têtard (550 kg/mᶟ) * 1 MAP (1 m³ apparent)
équivaut à un volume
Cycle de taille Taille n°1 à 30 ans Après 60 ans Taille n°2 à 30 ans Après 60 ans d'encombrement de
1 x 1 x 1 m de côté de
Volume récolté par arbre (MAP*) 1 MAP 3 MAP 2 MAP 8,5 MAP produits ligneux (bûches,
plaque es ou pellets)
Équivalent bois plein (m³) 0,65 m³ 1,95 m³ 1,30 m³ 5,53 m³ empilés ou en vrac :
bois + vides
Masse (kg) 488 kg 1.463 kg 715 kg 3.042 kg
1 m³ (MAP) de bûches
Contenu énergé que (kWh) 1.596 kWh 4.784 kWh 2.274 kWh 9.674 kWh
empilées en 1 m
de long ≈ 1 stère
Équivalent mazout (l) 160 l 480 l 228 l 971 l
186
Compléments
En conclusion, après 60 ans, un saule têtard rapporte habita on moyenne d’être autonome en chauffage.
à son propriétaire l’équivalent de 971 l de mazout de
chauffage tandis qu’un chêne têtard n’en aura rapporté
que 480, soit 49 % de la produc on du saule.
Essences
1 saule têtard
Globalement, toutes les essences indigènes peuvent se
= 8,5 MAP en 60 ans 971 litres de mazout
= 9674 kWh prêter à la conduite en arbre têtard ; les plus enclines à
l’étêtage, à la cicatrisa on et les plus vigoureuses sont
Ainsi, si on plante 200 trognes de saule, on ob ent celles tradi onnellement u lisées. Dans l'annexe 17 (p. 248),
l’équivalent de 194.200 l de mazout en 60 ans, soit différentes essences sont comparées selon diverses
une moyenne de 3.237 l par année. Ce e source caractéris ques techniques pour orienter le choix de
renouvelable d’énergie douce et durable permet à une planta on des arbres têtards.
10
187
10. Modèles agrofores ers per nents
10.7.1. Caractéris ques de taillis à très courte rota on (TtCR) et courte rota on (TCR)
Les modèles d’alignements de taillis TtCR et TCR inter ou intraparcellaires tendent à se développer car ils
répondent à la fois aux enjeux agronomiques et environnementaux, tout en offrant des produits valorisables
sur le plan agronomique, énergé que ou économique. Les essences implantées sont des essences à forte
produc on de biomasse tels que le saule et le peuplier. Les boutures sont plantées à haute densité, en simple ou
double rang suivant les modèles, pour une durée d’une vingtaine d’années. La récolte de plaque es, tous les 2 à
3 ans pour les TtCR et tous les 4 à 5 ans pour les TCR, nécessite des machines spécifiques dont certains entrepreneurs
sont équipés aujourd’hui.
188
Compléments
Surface Structure
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚŝŶƚĞƌůŝŐŶĞ͗Ϭ͕ϳϱŵ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϰĂ ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗Ϭ͕ϰăϭŵ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲĂ ͲůĂƌŐĞƵƌƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗Ϯŵ
ͲĠĐĂƌƚĞŵĞŶƚĂůŝŐŶĞŵĞŶƚƐ͗ϯϬăϱϬŵ
O E
S
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
100 m
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϰй
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
ƵůƟǀĂƌƐĚĞƐĂƵůĞƐ
ăŚĂƵƚƌĞŶĚĞŵĞŶƚ
47 m
0,4 à
1m
2m 0,75 m
100 m
10.7.2. Per nences des TtCR et TCR racinaires fort développés par le traitement du taillis
en cépées.
• Atouts agronomiques : • Bénéfices environnementaux :
ο culture peu exigeante : besoins limités en intrants ;
ο puits de carbone ;
ο effet brise-vent très efficace : diminu on de la vitesse
ο effet favorable sur la biodiversité : corridor écologique,
du vent et diminu on de l’évapotranspira on ;
habitats de subs tu on pour la faune ;
ο créa on d’un microclimat favorable aux cultures et
ο améliora on de la qualité de l’eau et réduc on de la
aux herbages ;
pollu on des nappes phréa ques : l’eau est filtrée en
ο réduc on notable des effets néga fs de l’ombrage
par e de ses résidus d’engrais, de fumiers, de produits
sur les cultures en raison des courtes rota ons de
phytopharmaceu ques ;
récolte ;
ο recharge des nappes phréa ques.
ο assainissement des sols humides au printemps, u le
au réchauffement des sols ; • Poten els économiques :
ο mul plica on des auxiliaires de culture ; ο culture hautement produc ve : 8 à 15 tonnes de
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité MS/ha/an (pour une culture en plein) : chaque récolte
des agroécosystèmes. génère 2 à 3 fois ce e quan té en fonc on du cycle 10
des récoltes (de 2 ou 3 ans) ;
• Fonc ons an érosives :
ο valorisa on directe des plaque es de bois pour les
ο associées à une bande enherbée, les bandes
chaudières de pe te et moyenne puissance (30 -
ligneuses cons tuent des éléments de rupture de
500 kW) après un séchage naturel de 3 à 6 mois ; en
pente (idéalement en préven on en amont du bassin
li ère de fond dans les étables ou dans les couloirs de
versant) : intercep on efficace du ruissellement, avec
conten on ; ou en broyat pour régénérer l’humus des
sédimenta on des par cules fines ;
sols en culture. Sinon valorisa on indirecte à la vente
ο améliora on de l’infiltra on de l’eau grâce aux
comme bois énergie ou comme paillage hor cole.
racines des arbres et à la vie du sol qui est augmentée
(meilleure structure et porosité du sol) ; 10.7.3. Contraintes des TtCR et TCR
ο effet tampon lors d’averses violentes : régula on
efficace du régime des eaux ; • Sensibilité forte à la concurrence d’adven ces la
ο main en des sols, notamment grâce aux systèmes première année.
189
10. Modèles agrofores ers per nents
• Risque de stress hydrique l’année de La planta on se réalise avec une planteuse de boutures
l’implanta on. type « TtCR de saules ». La parcelle doit être propre et
• Exigence d’un sol frais et humide pour assurer une bien préparée : le labour permet l’obten on d’un sol
bonne produc on. décompacté, u le à la bonne reprise des boutures.
• Produc on efficace 3 ans après l’implanta on.
• Récolte avec du matériel spécifique (tête de récolte) À défaut, il faudra passer au décompacteur : deux
imposant le respect des cycles courts. Au-delà, le passages sont parfois nécessaires. En plus, la terre devra
diamètre des ges n’assure plus la mécanisa on. être affinée grâce à une herse ou une fraise rota ve pour
• Nécessité d’un sol portant en période de récolte. obtenir de bonnes condi ons d’enracinement. Le saule
• Destruc on et remise en état de la parcelle à prévoir est volontaire et se porte bien dans la plupart des sols ;
en fin de cycle. cependant, il requiert de l’humidité pour se développer.
On observe donc parfois des déficits de reprise si le
10.7.4. Bonnes pra ques pour la printemps est sec ou si le sol est trop drainant.
planta on de taillis
Les planteuses, soit manuelles soit semi-automa ques,
Lien : ce e par e du guide s’inspire du document « Les bandes ligno- sont toutes deux tractées par un tracteur et nécessitent
cellulosiques, les taillis à très courte rota on (Ttcr) de saules » (Langlois un opérateur pour la manuten on des boutures.
B., Le Golf A., 2018) et du document « Produc on durable de bois
déchiqueté à par r de Taillis à (très) Courte Rota on » (Dimitriou J.,
Rutz D., 2015). Le premier type de machine plante des pe tes boutures
prédécoupées de 20 cm de long, alors que le second type
Planta on coupe les boutures au fur et à mesure de l’avancement
du tracteur. Les boutures sont enfoncées dans le sol sur
La planta on se réalise par bouturage. Le choix de la 60 à 100 % de leur hauteur.
période d’implanta on est soit automnal soit printanier,
et il relève d’un dilemme.
• La mise en terre en novembre réduit les risques liés
à un déficit hydrique printanier, mais elle est plus
propice à la concurrence des adven ces et aux dégâts
de la faune sauvage (notamment les léporidés)
en période de dise e alimentaire. Les boutures de
saule cons tuent un met de choix durant l’hiver,
lorsque peu de ressources aussi appétentes sont
disponibles.
• L’implanta on en février/mars réduit les risques
Planteuse semi-automa que
de pression animale tout en assurant un sol frais ;
toutefois, la probléma que des adven ces reste Pour les taillis, la planta on en double rang permet un
présente. rendement op misé ; ce e configura on est adaptée
• Enfin, en avril/mai, on peut effectuer l’un ou l’autre aux têtes de récolte, essen ellement pour les saules et
faux-semis préalable mais les risques de déficit en leurs cycles très courts.
eau, préjudiciable à la reprise, sont ne ement plus
élevés. L’écartement usuel de ces doubles rangs est de
0,75 m avec un écart de 1,5 m entre les couples de
Généralement, la période idéale est le mois de mars
lignes. Sur le rang, l’espacement des boutures varie
mais tout dépend des condi ons météorologiques et de
de 0,5 à 0,8 m selon la densité souhaitée et le cycle de
la sta on : relief, sol, drainage naturel...
rota on envisagé.
190
Compléments
191
10. Modèles agrofores ers per nents
192
Compléments
Le peuplier est une essence sélec onnée et performante : croissance rapide, capacité à produire en 20 à 30 ans un
bois d’œuvre de qualité léger et tendre, droit et circulaire. Il présente, de plus, une facilité d’hybrida on avec d’autres
espèces du même genre pour créer des cul vars intéressants. Sa structura on en alignements est typique des paysages
hennuyers. Pour ses différentes qualités, le peuplier a été qualifié par la FAO (Food and Agriculture Organiza on)
d’arbre du XXIème siècle.
10
193
10. Modèles agrofores ers per nents
^ƚƌƵĐƚƵƌĞ
ͲĞƐƉĂĐĞŵĞŶƚŝŶƚƌĂůŝŐŶĞ͗ϲŵ
ͲĂƐƐŝƐĞĚĞƐĂƌďƌĞƐ͗ϯŵ
ͲƌĞƚƌĂŝƚĐůƀƚƵƌĞĠůĞĐƚƌŝƋƵĞĞdžƚĞƌŶĞ͗Ϯŵ
ͲƌĞƚƌĂŝƚĐůƀƚƵƌĞĠůĞĐƚƌŝƋƵĞŝŶƚĞƌŶĞ͗ϭŵ
^ƵƌĨĂĐĞ
ͲƐƵƌĨĂĐĞĐĂĚĂƐƚƌĂůĞ͗ϭŚĂ
ͲĐƵůƚƵƌĞŝŶƚĞƌĐĂůĂŝƌĞ͗ϵϰĂ
N ͲĐƵůƚƵƌĞƉůĂŶƚĂƟŽŶ͗ϲĂ
O E
S ĞŶƐŝƚĠ
ϯϮƟŐĞƐͬŚĂ
100 m
йĚĞƐƵƌĨĂĐĞ
ĂŐƌŝĐŽůĞƵƟůĞ͗ϵϰй
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ
6m
WĞƵƉůŝĞƌŚLJďƌŝĚĞ
Populus x euramericana
2m
2m 1m
100 m
puissance (30 à 500 kW) après un séchage naturel Pour déterminer la poten alité populicole d’une sta on,
de 3 à 6 mois ; en li ère de fond dans les étables ou la végéta on bio-indicatrice oriente le choix : le lierre
dans les couloirs de conten on ; ou en broyat pour terrestre, l’or e, le gaillet gra eron, le sureau ou la
régénérer l’humus des sols en culture. Valorisa on grande consoude indiquent un sol fer le. En revanche,
indirecte à la vente pour alimenter des plateformes la présence de la callune, de la bourdaine et du jonc est
de bois énergie ou comme paillage hor cole ;
défavorable.
ο améliora on des rendements lai ers et viandeux en
cas de fortes chaleurs : allongement des périodes de Choix des plants
pâturage, métabolisme op mal à l’ombre et réduc on
des stress. Le choix des cul vars dépend des condi ons
pédoclima ques mais aussi d’autres facteurs telles la
10.8.3. Contraintes
sensibilité au vent, la résistance aux maladies, la qualité
En zone humide, on observe une perturba on des du bois et l’exigence en termes de conduite pour la taille
fonc onnalités écosystémiques par le pompage de de forma on et d’élagage.
l'eau en excès et un effet dépréciable sur la faune et
la flore embléma ques par la fane riche et volumique. Il est important de choisir des plançons de qualité, les
Il y a donc une mise à mal des services rendus par ces mieux équilibrés possible. Il est préférable d’u liser
écosystèmes à la société. des plançons de 2 ans de catégorie A2 (10-12 cm de
circonférence à 1 m de hauteur) ; les plançons de
10.8.4. Bonnes pra ques 3 ans sont à éviter. Les plants doivent être bien aoûtés
(lignifica on de la pousse terminale), les bourgeons
Ce e par e du guide s’inspire de la fiche « Planta on et entre ens
du peuplier » sur le site du CNP (Conseil Na onal du Peuplier). Pour toujours présents et en bon état. Si certains plançons
en savoir plus, rendez-vous sur le site h p://[Link]-populiculture. présentent des problèmes sanitaires (taches brunes,
be/fr/ pour la Wallonie et sur le site h ps://[Link].
trous d’insectes), ils seront refusés et retournés au
org/ pour la France. Aussi, un dossier technique très complet en
version PDF « Peuplier et populiculture, pour une culture pérenne et pépiniériste.
responsable des peupleraies 2.0 », réalisé dans le cadre du projet Pro
Bos, est téléchargeable sur internet. La planta on
Choix du terrain Avant planta on, le sol doit être travaillé, notamment
pour décompacter les horizons de surface.
Les poten alités d’une sta on pour la planta on de
peupliers doivent toujours être analysées avec a en on, La mise en terre peut se dérouler durant toute la période
sans quoi la reprise peut s’avérer un échec. Les cul vars de repos végéta f, mais on privilégie généralement
de peuplier présentent des exigences spécifiques à ne la fin de l’automne ou le début de l’hiver ; pour les 10
pas négliger. parcelles longtemps inondées, ça se fera en fin d’hiver.
La planta on doit avoir lieu si possible dès la récep on
Les condi ons minimales requises en termes de qualité
des plançons.
du sol sont les suivantes :
• profondeur suffisante : il faut 80 cm au minimum Pour les alignements simples, on considère un
pour la prospec on racinaire ; au plus le sol est espacement de 6 à 8 m. Pour les alignements doubles
profond, au plus le peuplier sera avantagé ; ou triples, on considère 204 plants/ha (7 m x 7 m) ou
• humidité suffisante : le sol doit être bien alimenté en 156 plants/ha (8 m x 8 m) en fonc on de la richesse du
eau, surtout en été (éviter les sols trop filtrants) ; sol. Pour rappel, les planta ons en quinconce occupent
• richesse minérale suffisante : les sols d’alluvions à au mieux l’espace. Aussi, il faut favoriser le meilleur
pH neutre (5,5 à 7,0) sont idéaux ; les sta ons trop brassage possible de l’air entre les cimes adultes voisines
acides ou trop carbonatées en surface sont à éviter. réduisant la virulence des maladies foliaires.
195
10. Modèles agrofores ers per nents
Une bande boisée est la juxtaposi on de plusieurs rangées d’arbres et d’arbustes formant une planta on allongée d’une
largeur de 3 à 10 m. Elles peuvent être menées en taillis (recépage ini al et répété lors de récoltes de produits ligneux),
en taillis sous-futaie (sous-étage de cépées sous une strate dominante de hauts-jets) et même en futaie (hauts-jets).
terre de culture
tournière
10 m
emprise
10 m
2m
cours d’eau
N
O E 10
terre de culture
S
ŽŵƉŽƐŝƟŽŶ Arbustes
Hauts-jets Alisier torminal Merisier ƵůŶĞŐůƵƟŶĞƵdž Fusain d’Europe Cornouiller sanguin
^ŽƌďƵƐƚŽƌŵŝŶĂůŝƐ WƌƵŶƵƐĂǀŝƵŵ ůŶƵƐŐůƵƟŶŽƐĂ ƵŽŶLJŵƵƐĞƵƌŽƉĂĞƵƐ ŽƌŶƵƐƐĂŶŐƵŝŶĞĂ
197
10. Modèles agrofores ers per nents
2m
emprise : 10 m
2m
10 m 1m1m
Tilleul à grandes feuilles Alisier torminal Merisier Érable sycomore ƵůŶĞŐůƵƟŶĞƵdž Coudrier Charme
Tilia platyphyllos Sorbus torminalis Prunus avium Acer pseudoplatanus ůŶƵƐŐůƵƟŶŽƐĂ Corylus avelana Carpinus betutlus
Fusain d’Europe Bourdaine Aubépine sp. Viorne obier Cornouiller sanguin Sureau noir ŐůĂŶƟĞƌ Sorbier des oiseleurs
Euonymus europaeus Frangula alnus Crataegus sp. Viburnum opulus Cornus sanguinea Sambucus nigra Rosa canina Sorbus aucuparia
10.9.2. Per nences des cours d’eau : infiltra on des eaux de ruissellement
agricoles et filtra on en par e des résidus d’engrais,
• Atouts agronomiques : de fumiers, de produits phytosanitaires ;
ο effet protecteur des herbages et du bétail contre la ο recharge des nappes phréa ques.
chaleur, les insola ons et le froid excessifs ; • Poten els économiques :
ο effet brise-vent très efficace : diminu on de
ο récoltes périodiques pour la produc on de bois de feu
la vitesse du vent (réduc on de la verse) et de
ou de BRF ;
l’évapotranspira on, créa on d’un microclimat
ο récolte finale de grumes pour le bois d’œuvre aux
favorable au réchauffement du sol plus précoce au
débouchés plus remunérateurs ;
printemps et au développement des plantes ;
ο poten el mellifère favorable à l’installa on de ruches.
ο accueil d’auxiliaires de culture ;
ο améliora on de la résilience et de la fonc onnalité 10.9.3. Contraintes
des agroécosystèmes.
• Suivi des arbres nécessaire pour limiter l’emprise de
• Fonc ons an érosives :
la bande boisée sur la parcelle ;
ο énorme capacité d’infiltra on de l’eau au pied des
• Possibilité d’effet dépressif des hauts-jets sur
arbres grâce à la largeur de la bande et à la porosité
les cépées voisines ; à l’inverse, possibilité
du sol favorisée par le maillage racinaire, la structure
et la vie améliorées du sol : à favoriser en aval du d’étranglement des hauts-jets par la pousse
bassin versant pour infiltrer des volumes d’eaux de intempes ve et incontrôlée des espèces à croissance
ruissellement plus conséquents ; plus rapide contenues dans les cépées ;
ο barrière physique à l’écoulement des eaux de • Travaux sylvicoles indispensables pour produire des
ruissellement, réduc on de la vitesse de l’eau grumes de qualité pour le bois d’oeuvre à par r
et sédimenta on des par cules fines ne ement des hauts-jets : tailles de forma on, élagages et
améliorée par les recépages (densifica on des ges) ; émondages.
ο effet tampon lors d’averses violentes : régula on
efficace du régime des eaux en limitant les
écoulements en dehors des champs.
• Bénéfices environnementaux :
ο puits de carbone ;
ο effet très favorable sur la biodiversité : niche écologique
de premier choix (auxiliaires, pollinisateurs, pe t
gibier...), corridor écologique, habitats de prédilec on
pour la faune sauvage ;
ο réduc on de la pollu on des nappes phréa ques et
198
Compléments
10
199
11. Agroforestrie associée à un ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols
Si les bu es sont plantées d’arbres, leurs racines structurent la terre en profondeur et aident l’eau à s’infiltrer dans
le sol. Les arbres bénéficient, quant à eux, de l’eau concentrée à leur pied, notamment en période plus sèche. Ce e
technique est bien connue dans les pays du sud pour assurer la survie des arbres là où les précipita ons sont plus rares
mais plus intenses.
Talus planté de frui ers et de rhubarbes (avec fossé et tournière enherbée) en aval d’une terre de culture en forte pente
200
Compléments
Il est aussi conseillé d’apporter de la ma ère organique plantés et le sol nu est recouvert de ma ère organique
sur les talus pour favoriser la vie du sol et améliorer sa ou ensemencé.
structure : ces apports profitent aux arbres et par cipent
aussi à augmenter l’infiltra on de l’eau dans le sol. Plus on rapproche les talus les uns des autres, plus
on réduit les risques d’érosion et l’éventualité de
Pour procéder à la réalisa on de cet ouvrage, les devoir curer les fossés où sédimentent les par cules
courbes de niveau sont préalablement délimitées fines ; toutefois, un réseau trop dense complique la
grâce au cadre en forme de « A » (cfr. point 5.1.4., mécanisa on. Chaque agriculteur doit donc trouver le
p. 77). Ensuite, l’ouvrage de terrassement est réalisé meilleur compromis au cas par cas.
avec une pelleteuse mécanique ; les arbres sont alors
Haie plantée sur un talus (avec fossé et Gros dépôt de ma ère organique
tournière enherbée) en bas d’une terre de culture pour s muler le vie et la porosité du sol
présentant des risques de ruissellements afin de favoriser l’infiltra on de l’eau
11
Le 2ème pilier
densité comprise entre 30 et 250 arbres/ha (au-delà de 100 arbres/ha, l’aide n’est plus
cumulable avec les aides du 1er pilier)
financé par le FEAGA moins de 50 % d’essences frui ères
inclut les mesures de sou en au au minimum 3 essences d’arbres différentes par projet (résineux exclus du disposi f) 12
changement de pra ques agricoles choisir des essences fores ères et frui ères locales et adaptées au contexte pédoclima que
décidé au niveau régional taille des plants inférieure à 150 cm
intégré dans le Programme de taux de reprise des arbres de 100 %
Développement Rural (PDR) des réaliser une première taille de forma on au cours des 3 années suivant la planta on
régions suivre une forma on dispensée par un organisme technique
203
204
Conclusion
Conclusion
L’agroforesterie est une technique agricole moderne répondant à de nombreux enjeux actuels. Riche des
différentes strates qu’il occupe, ce modèle s’inspire des écosystèmes naturels les plus stables : les forêts.
Et il offre sa résilience, ses fonc ons et ses produc ons aux agrosystèmes. Dans un contexte d’incer tude
clima que et économique, ces apports cons tuent une réponse notable.
Les études réalisées à ce jour témoignent de la légi mité et des avantages portés par la présence des arbres
dans les champs. Les études en cours viendront certainement appuyer ces résultats.
L’agroforesterie est une démarche nécessitant une réflexion préliminaire indispensable ; l’objec f est, en
effet, d’assurer une réelle symbiose entre les besoins du porteur de projet, ceux des arbres, des animaux et
des produc ons agricoles. Ce guide a été créé dans ce e op que, pour appuyer le travail de conseil et de
presta on sur le terrain, avec pour but de réussir au mieux les planta ons les plus per nentes.
Les partenaires du projet Trans Agro Forest espèrent voir renaître l’agroforesterie mul fonc onnelle et
pluriproductrice, pour le bénéfice de toutes et tous.
205
Annexes
Annexe 1 : fiche BRF Quelques pistes pour gérer ou a énuer la faim d’azote
sont :
Le BRF, ou Bois Raméal Fragmenté, est un broyat de • planter de la luzerne ou une autre légumineuse
« jeunes rameaux » ligneux. Communément, seules fourragère en vue d’une récolte sur 2 ans au
les branches dont le diamètre est inférieur à 7 cm minimum, afin d’offrir une produc on et un vide
sont recueillies pour être triturées ; en effet, celles-ci sanitaire intéressant pour les cultures en a endant
concentrent la majeure par e de la richesse minérale la « diges on » du broyat par le sol ;
de l’arbre. La période idéale de récolte se situe à • compenser par du lisier ;
l’automne : les rameaux sont plus riches en minéraux • u liser le BRF comme li ère de fond dans les
suite à la transloca on des minéraux des feuilles vers les étables et/ou le précomposter avec le tas de fumier,
rameaux. idéalement par brassage mécanique des andains :
ο qualité du fumier améliorée par la remobilisa on
Le BRF est un excellent amendement valorisable en organique de l’azote et d’autres éléments dans le
agriculture pour régénérer les sols ; ses avantages processus de dégrada on de la lignine ;
agronomiques sont nombreux. Nous pouvons citer : ο meilleure stabilité structurale du compost avec une
• une augmenta on du taux d’humus dans les sols améliora on de la fer lité à moyen terme ;
ο augmenta on du C/N et du taux de ma ère sèche des
(75 kg d’humus/mᶟ de BRF) ;
fumiers ;
• une améliora on de la structure du sol ;
ο désodorisa on des fumiers ;
• une s mula on d’une pédofaune favorable, de la vie
ο pâturage plus rapide des animaux après épandage ;
et des champignons du sol ;
ο main en des li ères saines et plus sèches pendant des
• un développement des mycorhizes u les à une large périodes prolongées en hiver : épandre une couche
propor on de plantes : de 20 à 30 cm de BRF de fond (1 mᶟ de plaque es peut
ο meilleure nutri on minérale et hydrique des plantes absorber 350 l de liquide) ; pailler ensuite comme
par l’augmenta on du volume de sol exploré : d’habitude au fur et à mesure des besoins.
meilleure résistance à la sécheresse ;
ο améliora on de la santé des plantes grâce à la
synthèse d’an bio ques face à certains pathogènes,
à la généra on de phytohormones et à la destruc on
de nématodes parasitaires ;
ο améliora on de la nodula on chez les légumineuses.
• un apport majeur en Mg++ et Ca++, éléments essen els
des liens argilo-humiques, et une améliora on de la
cohésion générale du sol ;
• une augmenta on du pH, de la conduc vité et de
l’assimila on chimique par les plantes ;
• une remobilisa on de certains éléments minéraux et
une réorganisa on sous forme organique : meilleure
fer lité à court et moyen terme.
Le BRF n’aurait aucun effet dépressif sur la germina on.
Il peut être incorporé aux 5 premiers cen mètres du sol
(10 cm maximum) avec une fraise ou un déchaumeur.
Néanmoins, il entraîne directement des faims d’azote.
206
Annexes
Pour les abeilles, il est important d’avoir des ressources mellifères tout au long de l’année :
Mai à juin robinier faux acacia - bouleaux - charme - aubépines première miellée
Juillet à septembre bourdaine - lleuls - châtaignier deuxième miellée
Le nectar est un liquide a rac f et sucré présent dans les fleurs et parfois au niveau de glandes situées sur les feuilles
(p. ex. : le merisier). Les abeilles et autres insectes bu neurs s’en nourrissent ; les abeilles l’u lisent pour produire leur
miel.
Le pollen est cons tué de grains de très pe te taille, il est ini alement contenu dans l’anthère à l’extrémité des
étamines et représente l’élément mobile mâle produit par la fleur. Le pollen sert de nourriture protéique aux bu neurs,
notamment aux abeilles pour nourrir leurs larves.
207
Essences Poten el Calendrier de floraison
Frui ers fores ers N P J F M A M J J A S O N D
Alisier torminal / /
Cormier / /
Merisier 5 5
Noyer commun 1 2
Poirier commun 4 2
Pommier sauvage 5 5
Sorbier des oiseleurs 2 3
Arbustes N P J F M A M J J A S O N D
Aubépines 4 4
Bourdaine 3 5
Cerisier à grappes 5 5
Cornouiller mâle 5 2
Cornouiller sanguin 5 2
Houx 4 3
Néflier 3 3
Prunellier 4 3
Sureau noir 3 1
Sureau rouge 3 2
Viorne lantane 4 2
Viorne obier 2 4
plantes grimpantes N P J F M A M J J A S O N D
Chèvrefeuille arbus f 1 4
Lierre grimpant 4 4
Résineux N P J F M A M J J A S O N D
Douglas / /
Épicéa commun / /
Mélèze d’Europe / /
Mélèze du Japon / /
Pin noir d’Autriche / /
Pin noir de Corse / /
Pin sylvestre / /
Environnement prairies N P J F M A M J J A S O N D
Luzerne cul vée 2 4
Moutarde des champs 5 4
Phacélie 2 6
Pissenlit 6 6
Ronce bleue 3 4
La détermina on du pHeau peut se faire sur le terrain ou Par ailleurs, le diagnos c des contraintes liées à l’acidité
en laboratoire. Elle implique d'effectuer les étapes qui ou à la présence de carbonates peut être affiné par les
suivent. mesures ou observa ons suivantes :
• Prépara on d’une suspension sol/eau ο si le pHeau en surface est supérieur ou égal à 7,5 : un
test HCl est recommandé pour préciser l’abondance
Une suspension sol/eau est réalisée en introduisant
et la localisa on des carbonates ;
dans un flacon en polyéthylène préalablement é queté
ο si le pHeau en surface est compris entre 5 et 7,5 : il peut
1 volume de sol pour 5 volumes d’eau déminéralisée. être u le de déterminer le pH et de réaliser le test
Après fermeture, le flacon est mélangé énergiquement HCl dans la couche sous-jacente (20-40 cm), afin d’y
afin de disloquer les agrégats. Ensuite, il subit trois cycles détecter la présence éventuelle de carbonates ;
« repos-agita on » : repos de 20 minutes et agita on ο si le diagnos c d’ap tude sta onnelle (RW) établit un
énergique durant 30 secondes. niveau trophique de -2 ou -3 : une mesure du pHeau
en profondeur (max. 100 cm) est recommandée.
• Étalonnage et prépara on du pH-mètre
L’interpréta on peut ensuite être affinée en procédant
Avant toute série de mesures, le pH-mètre est calibré à à une analyse des teneurs en éléments échangeables.
l’aide de deux solu ons tampons (pH 4 et pH 7), selon les
Es ma on rapide du pHeau par l’indicateur de pH
instruc ons du constructeur. Le cas échéant, la solu on
Hellige®
interne de l’électrode est mise à niveau.
• À savoir
• Prise du pHeau
Ce e méthode d’es ma on rapide, moins précise, ne
La mesure du pHeau peut être effectuée en immergeant
permet pas de dis nguer certains niveaux trophiques.
l’électrode dans le surnageant juste après agita on de la
Le recours à une analyse de laboratoire avec électrode
suspension. La lecture du pHeau se fait après stabilisa on
est alors nécessaire.
de la valeur.
• Principe
• Ne oyage et conserva on de l’électrode
Le pH est es mé en comparant la couleur du réac f
Entre chaque mesure, l’électrode est rincée avec de l’eau
avec une échelle de référence située sur le récipient en
déminéralisée. Après une série de mesures, l’électrode
plas que blanc.
est conservée selon les recommanda ons du fabricant.
• Méthode de mesure
• Domaines de pHeau et interpréta on
Kit complet : un récipient avec échelle graduée, une
La valeur du pHeau dans la couche 0-20 cm est u lisée
spatule, un flacon de réac f, du papier absorbant.
pour déterminer le niveau trophique à l’aide de la clé
trophique, en référence aux cinq domaines physico- 1. Prélever quelques grammes de terre à l’aide de
209
la spatule et les placer dans la par e circulaire du décanter la terre dans la cupule afin de ne pas fausser la
récipient gradué. Veiller à ne pas toucher la terre mesure (par cules en suspension dans le liquide).
avec les doigts, pour ne pas influencer le résultat du
5. Vider le tout, bien rincer à l’eau et essuyer avec le
test !
papier absorbant.
2. Ajouter quelques gou es de réac f, jusqu’à ce qu’il
recouvre la terre ; mélanger et a endre 2-3 minutes. L’interpréta on de la mesure du pH peut s’avérer
3. Faire couler le liquide le long de l’échelle colorée. délicate, notamment dans la dis nc on des sols acides
4. Es mer le pH en comparant les couleurs du réac f et ou calcaires. La prise en compte du contexte de la sta on
de l’échelle. (nature de la roche-mère, posi on topographique,
exposi on et relevé de la flore indicatrice) cons tue un
A en on, il faut, autant que possible, veiller à laisser
élément très u le pour affiner le diagnos c.
210
Annexes
211
212
Annexes
Annexe 6 : liste des essences éligibles pour la mesure 8.2 (mise en place de
systèmes agrofores ers en Hauts-de-France)
Essences fores ères indiquées dans la présente liste. La planta on de
peupliers ne peut dépasser 40 % du peuplement
• Aulne glu neux (Alnus glu nosa)
arbus f ou ligneux prévu dans le projet.
• Bouleau pubescent (Betula pubescens)
• Cas spécifique expérimental, uniquement sur
• Bouleau verruqueux (Betula pendula)
cultures : robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia)
• Cerisier à grappes (Prunus padus)
pour des parcelles situées à plus de 5 km de la frange
• Charme commun (Carpinus betulus)
li orale, aulne blanc (Alnus incana), aulne de Corse
• Châtaignier commun (Castanea sa va)
(Alnus cordata), tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera).
• Chêne pédonculé (Quercus robur)
• Cas expérimental quel que soit le type d’occupa on
• Chêne sessile (Quercus petrea)
de la parcelle : orme lutèce (Ulmus lutece), cormier
• Érable champêtre (Acer campestre)
(Sorbus domes ca).
• Érable plane (Acer platanoïdes)
• Sur argumenta on spécifique : alisier torminal (Sorbus
• Érable sycomore (Acer pseudoplatanus)
torminalis).
• Hêtre commun (Fagus sylva ca)
• Merisier (Prunus avium) Essences arbus ves
• Noyer commun (Juglans regia) • Ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur le li oral
• Noyer hybride (Juglans regia nigra) • Argousier faux-nerprun (Hippophae rhamnoides) sur
• Orme champêtre (Ulmus minor) - uniquement en li oral
recépage • Aubépine à deux styles (Craetaegus laevigata) sur
• Orme des montagnes (Ulmus glabra) - uniquement en autorisa on
recépage • Aubépine à un style (Craetaegus monogyna) sur
• Peuplier tremble (Populus tremula) autorisa on
• Saule blanc (Salix alba) • Bourdaine commune (Frangula alnus)
• Saule marsault (Salix caprea) • Charme commun (Carpinus betulus) recépé
• Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) • Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum)
• Tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos) • Cléma te des haies (Clema s vitalba)
• Tilleul à pe tes feuilles (Tilia cordata) • Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea)
Autres essences • Cy se à balais commun (Cy sus scoparius)
• Fusain d’Europe (Euonymus europaeus)
• Les peupliers sont admis dans les condi ons ci-
• Groseillier épineux (Groseillier à maquereaux) (Ribes
dessous, sur conseils du Centre Régional de la
uva-crispa)
Propriété Fores ère (CRPF) :
• Groseillier noir (Cassissier) (Ribes nigrum)
ο Pour les projets d’une surface comprise entre 5 et
• Groseillier rouge (Groseillier à grappes) (Ribes rubrum)
10 ha, la planta on de peupliers est acceptée sur
recommanda on du CRPF et en y associant au moins
• Houx commun (Ilex aquifolium)
deux autres essences arbus ves ou ligneuses parmi • Lierre grimpant (Hedera helix)
celles indiquées dans la présente liste. La planta on • Néflier d’Allemagne (Mespilus germanica)
de peupliers ne peut dépasser 70 % du peuplement • Nerprun purga f (Rhamnus cathar ca)
arbus f ou ligneux prévu dans le projet. • Noise er commun (Corylus avellana)
ο Pour les projets d’une surface supérieure à 10 ha, • Prunier épineux (prunellier) (Prunus spinosa)
la planta on de peupliers est acceptée sur • Troène commun (Ligustrum vulgare)
recommanda on du CRPF et en y associant quatre • Saule à trois étamines (Salix triandra)
autres essences arbus ves ou ligneuses parmi celles
213
• Saule cendré (Salix cinerea) • Reine e de Flandre
• Saule des vanniers (Salix vinimalis) • Reine e de France
• Saule roux (Salix atrocinerea) • Reine e de Fugélan
• Sureau à grappes (Sambucus racemosa) • Reine e de Hollande
• Viorne lantane (Virbunum lantana) • Reine e de Waleffe
• Viorne obier (Virbunum opulus) • Reine e des Capucins
• Reine e Descardre
Frui ers - pommes à couteau
• Reine e étoilée
• À côtes • Reine e grise avancée
• Argilière (ou Dimou ère) • Reine e Hernaut
• Ascahire • Reine e jaune
• Bague e d’hiver • Reine e tardive d’Englefontaine (La Clermontoise)
• Bague e viole e • Ruban
• Belle de Pontoise • Saint Jean = Transparente blanche
• Belle fleur simple = Pe t bon ente • Sang de boeuf
• Beurrière • Sans pareille de Peasgood
• Bon ente Belge • Tardive de Bouvignies = Rambour d’hiver
• Bon ente charbonnier • Transparente de Croncels
• Bouvière • Verdin d’automne
• Cabare e • Verdin d’hiver
• Calvi blanc • Vol au vent
• Cellini
Frui ers - pommes à cidre
• Chataîgner
• Colapuis • Amère de Bernieulles
• Court pendu d’Espagne • Amère nouvelle
• Court pendu rouge • Armagnac
• Demie double • Barbarie
• Directeur Lesage = Précoce de Wirwignes • Carisi à longue queue
• Double à l’huile • Doux corier
• Double bon pommier rouge (Belle fleur double) • Douzandin
• Gaillarde • Du verger
• Gosselet • Germaine
• Gris Baudet • Marseigna
• Gris Brabant • Normandie blanc
• Gueule de mouton • Panneterie
• Jacques Lebel • Pomme poire
• Lanscailler • Roquet rouge
• Luche • Rouge extra très tardive
• Marie Doudou
Frui ers – poires à couteau
• Ontario
• Pigeonne e • Beurré d’Anjou
• Quarantaine d’hiver • Beurré Lebrun
• Reine e Baumann • Beurré Superfin
• Reine e d’Angleterre • Comtesse de Paris
214
Annexes
3
3
4
Régions naturelles 4
1. Région limoneuse
2. Condroz
ϯ͘&ĂŐŶĞͲ&ĂŵĞŶŶĞĂůĞƐƟĞŶŶĞ
5
4. Ardenne
5. Lorraine
Essences d’arbres par région (D’après la no ce technique de la subven on à la planta on de la Région wallonne, 2016)
216
Annexes
Essences d’arbustes par région (D’après la no ce technique de la subven on à la planta on de la Région wallonne, 2016)
Aubépine à 2 styles X X X X X X X X X X
Bourdaine X X X X X X X . X X
Cerisier à grappes . X X X X X X . X X
Charme X X X X X X X X X X
Cognassier X X X X . . X X X X
Cornouiller mâle . X X . . . X X X X
Cornouiller sanguin X X X X . . X X X X
Églan er X X X X X X X X X X
Érable champêtre X X X X . . X X X X
Framboisier X X X X X X X X X X
Fusain d’Europe X X X . . . X X X X
Genêt à balais X X X X X X X . X X
Grio er X X X X X . X . X X
Groseillier à maquereaux X X X . . . X X X X
Groseillier noir X X X X X . X X X X
Groseillier rouge X X X X X . X X X X
Houx X X X X X . . X X X
Lierre commun X X X X X X X . X X
Néflier X X X X . . . X X X
Nerprun purga f . X X . . . X X X X
Noise er X X X X X X X . X X
Poirier commun X X X X X . X . X X
Pommier sauvage X X X X X . X . X X
Prunellier X X X X X X X X X X
Prunier crèque . X X . . . . . X X
Prunier myrobolan X X X X . . X . X X
Ronce X X X . . . X X X X
Saule à oreille es X X X X X X X . X X
Saule cendré . X X X X X X . X X
Saule pourpre X X X X X X X X X X
Sureau à grappes . X X X X X X X X X
Sureau noir X X X X X X X X X X
Troène commun . X X . . . X X X X
Viorne lantane . X X . . . X X X X
Viorne obier X X X X X X X X X X
217
Annexe 8 : exigences et produc ons des espèces ligneuses
(d'après Balleux P., Van Lerberghe Ph., 2005)
Produc ons
Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage
à l’âge adulte
superficiel
vitesse de
Port
20/30 cm
compact
pH < 5,5
profond
> 40 cm
calcaire
Essences
neutre
pH > 7
acide
léger
frais
sain
(m)
sec
Feuillus de grande et moyenne taille : bien conduits, ils produisent du bois d’œuvre
Alisier torminal BO BF F
Sorbus torminalis
1 C 10 à 15 BS GP
Aulne blanc BO BF
Alnus incana
123 C 10 à 15 BS BI
P
Bouleau pubescent BO BF M
Betula pubescens
12 C 8 à 15 BS BI P
Bouleau verruqueux BO BF
Betula pendula
12 C 10 à 17 BS BI
M-4
Charme commun BO BF M
Carpinus betulus
1234 CM 10 à 15 BS BI P
Châtaignier BO BF F
Castanea sa va
12 C 15 à 20 BS GP
Chêne pédonculé BO
Quercus robur
12 CM 15 à 20 BF BS
GP
Chêne pubescent BF
Quercus pubescens
12 C 20 à 25 BS
G
Chêne sessile BO BF
Quercus petraea
12 CM 15 à 20 BS
GP
Érable champêtre BO BF M
Acer campestre
1234 C 8 à 12 BS G
Érable plane BO
Acer platanoides
12 C 15 à 20 BS
M
Érable sycomore BO
Acer pseudoplatanus
12 C 15 à 20 BS
M
Frêne commun BO BF
Fraxinus excelsior
12 C 15 à 20 BS BI
GP
Hêtre commun BO BF F
Fagus sylva ca
124 CM 15 à 20 BS BI GP
Noyer commun BO BF F
Juglans regia
1 C 12 à 15 BS BI P
Noyer noir BO BF
Juglans nigra
1 C 15 à 20 BS BI
P
Peuplier blanc BO
Populus alba
12 C 20 à 25 BS BI
P
218
Annexes
Produc ons
Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage
superficiel
vitesse de
Port
20/30 cm
compact
pH < 5,5
profond
> 40 cm
calcaire
Essences
neutre
pH > 7
à l’âge
acide
léger
frais
sain
sec
Feuillus de grande et moyenne taille : bien conduits, ils produisent du bois d’œuvre
Peuplier d’Italie BO
Populus nigra var. italica
1 C 20 à 25 BS
P
Peuplier euraméricain BO
Populus X euramericana
12 C 20 à 25 BS BI
Saule blanc BO BF M
Salix alba
123 C 15 à 20 BS BI GP
Cèdre de l’Atlas BO
Cedrus atlan ca
1 P 30 à 40 BS BI
Cyprès de Lawson BO
Chamaecyparis lawsoniana
1 P 20 à 25 BS BI
Douglas BO
Pseudotsuga menziesii
1 P 50 à 55 BS BI
Épicéa commun BO
Picea abies
1 P 45 à 50 BS BI
Mélèze d’Europe BO
Larix decidua
1 C 30 à 35 BS BI
Pin sylvestre BO
Pinus sylvestris
1 P 30 à 40 BS BI
Thuya géant BO
Thuja plicata
1 P 20 à 25 BS BI
Légende
Adapta on de l'espèce Vitesse de croissance Port Feuillage Produc ons ligneuses Produc ons associées
Essence adaptée Rapide : plus de 50 cm/an Arbre de haut jet 1 Caduc C Bois d’œuvre BO Fruits F
Essence pouvant convenir Moyenne : de 20 à 50 cm/an Arbre en cépée 2 Persistant P Bois de feu BF Miel M
Essence à exclure Faible : moins de 20 cm/an Arbuste haut 3 Semi-persistant SP Bois de service BS Gibier G
Caractéris ques
Océanique : hiver tempéré à doux, été frais Arbuste bas 4 Marcescent M Bois d’industrie BI Plante médicinale P
clima ques
Con nental : hiver froid, été frais
219
Hauteur Climat Sol
Produc ons
Produc ons
associées
ligneuses
Feuillage
superficiel
vitesse de
Port
20/30 cm
compact
pH < 5,5
profond
> 40 cm
calcaire
Essences
neutre
pH > 7
à l’âge
acide
léger
frais
sain
sec
Arbustes de grande taille : recépés pour gainer les feuillus bois d’œuvre et produire du bois de feu
Bourdaine BF M
Rhamnus frangula
4 C 1à2 BS GP
Buis commun BO M
Buxus sempervirents
34 P 2à4 BS GP
Cerisier à grappes BO BF M
Prunus padus
3 C 5à8 BS GP
Houx
Ilex aquifolium
134 P 2à8 BS GP
Noise er à fruits BF FM
Corylus maxima
3 C 3à8 BS BI GP
Prunier de Sainte-Lucie BF M
Prunus mahaleb
34 C 3à4 BS G
Prunier myrobolan BF FM
Prunus cerasifera
34 C 2à7 BS GP
Saule cendré BF M
Salix cinerea
34 C 2à4 BS BI GP
Saule marsault BS M
Salix caprea
34 C 3à8 BI GP
Sureau noir FM
Sambucus nigra
3 C 3à6 BS
GP
Arbustes de pe te taille : recépés ou buissonnants pour garnir le bas étage et servir de refuge et d’alimenta on
Cornouiller mâle BF FM
Cornus mas
4 C 1à2 BS GP
Cornouiller sanguin M
Cornus sanguinea
4 C 1à2 BS
GP
Fusain d'Europe BF M
Euonymus europaeus
4 C 1à4 BS GP
Néflier BO FM
Mespilus germanica
34 C 2à4 BS GP
Nerprun purga f
Rhamnus cathar cus
4 C 1à2 BS GP
Troène commun M
Ligustrum vulgare
34 SP 2à4 BS
GP
Prunellier FM
Prunus spinosa
34 C 1à4 BS
GP
Sureau rouge FM
Sambucus racemosa
34 C 2à4 BS
GP
Viorne lantane
Viburnum lantana
4 SP 1à2 BS GP
Viorne obier M
Viburnum opulus
34 C 1à4 GP
220
Annexes
221
Annexe 10 : protec ons mécaniques individuelles
Légende
ƐƉğĐĞƐĂŶŝŵĂůĞƐĐŽŶĐĞƌŶĠĞƐ
âne et cheval vache chèvre mouton cerf chevreuil sanglier lièvre lapin campagnol
ƐŝůŚŽƵĞƩĞŽƌĂŶŐĞ͗ŵŽLJĞŶŶĞ €€ raisonnable
Protec ons Gaine NORTENE Clima c Bio® Gaine NORTENE Dissuasion Bio®
biodégradables protec on plas que individuelle totale €€ protec on plas que individuelle totale €€
Produit
contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le contre l’abrou ssement, le fro s, l’écorçage et le
rongement rongement
Protec on
222
Annexes
Protec on
223
Protec ons 2 tuteurs Nappe tressée
biodégradables protec on bois individuelle par elle € protec on végétale individuelle par elle €
Produit
Protec on
Coût tuteur tuteur 20 x 20 mm h 150 cm : 0,60 à 2,00 € HTVA h 50 cm : 0,98 à 1,12 € HTVA
non compris Cactus® : ± 15,00 € HTVA / 100 unités h 120 cm : 2,03 à 2,32 € HTVA
224
Annexes
Produit
Protec on
idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
bonne aéra on du tronc
Avantages/ prairie
bonne intégra on paysagère
inconvénients entre en aisé au pied de l’arbre
fort encombrement
inefficace contre les dégâts du lapin et du lièvre
± 5 ans (la base, en contact avec l’humidité du sol, se 3 à 6 ans, et parfois plus en fonc on du traitement des
Durabilité
dégrade dès la première année) la s
longue
prévoir 4 piquets et une hauteur suffisamment élevée
pour les chevaux
Pose lier les fils de fer
prévoir une distance suffisante par rapport à l’arbre pour
empêcher les chèvres d’a eindre le tronc en passant leur
tête
Dépose récupérer les fils de fer oui
h 45 cm : ± 1,30 € HTVA
Coût tuteur h 70 cm : ± 2,00 € HTVA
h 200 cm : ± 58,00 € HTVA
non compris h 120 cm : entre 2,45 et 2,75 € HTVA
h 180 cm : entre 4,40 et 5,00 € HTVA
225
Protec ons non biodégradables
Produit
Protec on
226
Annexes
Produit
Protec on
courber à 90° les 2 axes inférieurs pour former un trident planter le tuteur au demi-diamètre de la protec on par
Pose
à enfoncer dans le sol, posi onner à ± 5 cm du tronc rapport à l'arbre, placer la gaine et l’agrafer à 5 niveaux
227
Protec ons non Gaine à mailles fines ou mixtes Tube abri serre
biodégradables protec on plas que individuelle totale € protec on plas que individuelle totale €
Produit
maille < 3 mm
contre l’abrou ssement, l’écorçage, le fro s et le contre l’abrou ssement, l’écorçage, le fro s et le
rongement rongement
Protec on
effet brise-vent et ombrage tout en assurant une bonne pour pe ts plants d’essences feuillues précieuses en
aéra on plein champ
absence de sor e latérale, de déforma on et effet de serre : croissance ini ale en hauteur supérieure
d’abrou ssement des rameaux et de la flèche terminale trous d’aéra on à la base
Avantages/ déchirement sans endommager le bois croissance équilibrée
inconvénients meilleure longévité : grammage supérieur à 240 g/m² et débourrement précoce et gelées tardives : risques de
protec on an -UV suffisante nécessaires fourches et cimes mul ples
2 tuteurs contre la poussée du mouton défauts de branchaison accentués et difficiles à tailler
inu le face aux chèvres surveillance annuelle
contre-indiqué pour le hêtre (bourgeons effilés) échauffement préjudiciable pour le hêtre
228
Annexes
Produit
contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et contre l’écorçage, le fro s et le rongement (du lapin et
du lièvre) du lièvre)
Protec on
idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet
2 piquets sont indispensables contre la poussée du gros en prairie
bétail bonne résistance face à la poussée
Avantages/
protec on longue durée si bien installée et surveillée tenue parfaite de la protec on dans le temps
inconvénients tenue moyenne dans le temps avec certains animaux : meilleure tenue de la protec on : ajouter un deuxième
risques de bandes arrachées ou pliées, notamment par piquet, ou une barre à béton (enfoncée à 70 cm) et la
les chèvres qui montent sur les bandes horizontales avec fixer au bas de la protec on
leurs pa es avant
Durabilité 10 ans 10 ans et plus
229
Protec ons non Corset en treillis souple Manchon à grandes mailles extensibles
biodégradables protec on individuelle par elle €€ protec on individuelle par elle €€
Produit
Protec on
idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie
bonne résistance à la poussée
extension adaptée à la croissance en diamètre du tronc
tenue parfaite de la protec on dans le temps
Avantages/ protec on longue durée
meilleure tenue de la protec on : ajouter un deuxième
inconvénients tronc impéra vement élagué
piquet ou une barre à béton (enfoncé(e) de 70 cm) et
le/la fixer au bas de la protec on
protec on surélevée de 7 cm pour faciliter l’entre en au
pied de l’arbre
Durabilité 10 ans élevée (6 à 10 ans)
Coût tuteur Ø 30 cm / h 180 cm : ± 7,50 € HTVA piquet(s) et ligature h 120 cm : 1,50 à 1,80 € HTVA
non compris non compris h 180 cm : 2,50 à 3,00 € HTVA
230
Annexes
Produit
Protec on
idéal pour les arbres frui ers et les arbres de haut jet en
prairie ou en champ près des lisières fores ères
indispensable pour les arbres frui ers en prairie non
bon compromis entre coût, rapidité de pose et efficacité
pâturée, en plein champ et partout où la présence de
meilleure tenue de la protec on : choix d'une nappe
campagnols est avérée
Avantages/ grillagée lourde et ajout de deux barres à béton aux
assez facile à réaliser (cfr. p. 120)
inconvénients points cardinaux non tuteurés, enfoncement de 70 cm
bien fermer autour du collet pour empêcher les
dans le sol
campagnols de pénétrer dans la cage
choisir un fil rigide à plus pe tes mailles si présence de
chèvres
résistance limitée contre la poussée du bétail
faire le trou, placer la protec on et le tuteur, reme re placer les piquets, entourer l’arbre avec le treillis et le fixer
Pose
de la terre, refermer la protec on au tuteur
Coût tuteur
± 3,50 € HTVA / disposi f Ø 1 m / h 1,6 m : ± 16,00 € HTVA
non compris
231
Protec ons non Fils électriques / 3-4 piquets Fils barbelés / 3-4 piquets Nappe métallique grillagée / 3-4 piquets
biodégradables protec on individuelle par elle protec on individuelle par elle protec on individuelle par elle
Produit
Protec on
Coût tuteur
h 200 cm : ± 29,00 € HTVA h 200 cm : ± 40,00 € HTVA h 200 cm : ± 45,00 € HTVA
non compris
232
Annexes
Les protec ons individuelles à 3 ou 4 piquets peuvent se réaliser avec des la s en bois, du fil électrique, du fil barbelé
et enfin des nappes grillagées. Le tableau ci-dessous décrit les dimensions, soit la hauteur et la distance entre les
piquets, à respecter en fonc on des animaux présents sur la parcelle. Comparées aux protec ons avec 4 piquets,
les protec ons avec 3 piquets imposent des distances entre les piquets ne ement supérieures : cela implique des
périmètres de clôture souvent plus importants et des coûts plus élevés, suivant le type de protec on.
Pour aider à iden fier le meilleur choix, le tableau suivant calcule le prix des protec ons pour des chevaux. Les prix
variant fortement selon les matériaux, les quan tés commandées et les fournisseurs, ils ont été fixés comme suit :
Chèvre et mouton
+ 90 cm
90 cm
60 cm
30 cm 80
cm 3 fils en acier galvanisé ou en aluminium
hauteur des fils : 30, 60 et 90 cm
si présence fréquente d’agneaux : premier fil à 20 cm
prix pose comprise : 6,00 à 7,50 €/m HTVA
10 à 15 m
- 50 cm
Vache
+ 100 cm
100 cm
cm
50
à1
60 cm
1 00
2 fils en acier galvanisé ou en aluminium
hauteur des fils : 60 et 90 ou 100 cm
prix pose comprise : 6,00 à 7,00 €/m HTVA
10 à 15 m
- 40 cm
Cheval et âne
2 ou 3 rubans ou cordons
+ 140 cm hauteur des cordons et rubans pour chevaux : 2 fils
135 cm
(à 80 et à 135 cm) ou 3 fils (à 65, 100 et 135 cm) ;
100 cm pour ânes : 2 fils (à 70 et à 120 cm)
m
0c soit rubans de qualité supérieure suffisamment
65 cm 15
visibles pour les chevaux : conducteurs fragiles et
durabilité moyenne des rubans avec risques de
cassure ou de détente et prise au vent ; installa on
plus compliquée au niveau de la tension (il existe des
isolateurs bloquants pour la conserver d’un piquet à
l’autre)
4à7m soit cordons de 6 mm à cœur tendre beaucoup plus
- 60 cm solides et durables
prix pose comprise : 9,00 à 12,00 €/m HTVA
234
Annexes
Léporidés
Sanglier
2 fils en acier galvanisé ou en aluminium
hauteur des fils : fil inférieur 20 cm / fil supérieur 40
à 50 cm
piquets à double montant incliné en U renversé
50 cm conseillés contre le sanglier : main en des
cm conducteurs sur 2 hauteurs et sur 2 niveaux. Le fil
80
20 cm supérieur externe sert de contact pour le museau du
sanglier, le fil inférieur interne provoque des chocs
électriques plus intenses sur les pa es moins poilues
10 à 15 m de l’animal
- 25 cm entre en régulier de la végéta on herbacée au pied
du fil indispensable
prix pose comprise : ± 6,00 €/m HTVA
Chevreuil
+ 120 cm
120 cm
90 cm
10 à 15 m
- 50 cm
Cerf
+ 150 cm
150 cm
120 cm
5 fils en acier galvanisé ou en aluminium
90 cm
m hauteur des fils : à 30, 60, 90, 120 et 150 cm de hauteur
0c
60 cm 15 ennent en forêt 3 à 6 ans avec intendance
30 cm prix pose comprise : ± 10 €/m HTVA
10 à 15 m
- 60 cm
235
Annexe 12 : caractéris ques techniques des clôtures grillagées
protec on longue durée : 15 à 30 ans
fiable : efficacité op male €€(€)
impénétrable même pour les agneaux et les léporidés en fonc on de la maille
pas d’entre en
difficulté pour les terrains accidentés avec obstacles
coût élevé
longue durée de pose
Chèvre et mouton
+ 120 cm
3à4m
- 40 cm
Sanglier
+ 120 cm
Chevreuil
+ 150 cm
6à8m
- 50 cm
236
Annexes
Cerf
+ 200 cm
- 60 cm
+ 150 cm
237
Annexe 13 : caractéris ques techniques des clôtures barbelées globales contre
le bétail
mise en défens de planta ons linéaires : alignements, bandes boisées…
protec on longue durée : 20 à 30 ans et plus si réalisée avec des piquets en fer et des liens plas fiés €€
disposi f résistant
surveillance et intendance minimales : bonne tension des fils
convient par culièrement bien pour les bovins, convient pour les ovins et caprins
installa on fas dieuse
+ 130 cm
120 cm
95 cm
70 cm
45 cm
cm
80 4 à 6 fils barbelés
20 cm
prix pose comprise :
± 9,50 €/m HTVA
3à5m
- 50 cm
Annexe 14 : caractéris ques techniques des clôtures globales en bois contre les
équidés
mise en défens de planta ons linéaires : alignements, bandes boisées…
protec on moyenne durée : 10 à 20 ans suivant le bois, son traitement et le modèle choisi €€€
disposi f résistant
surveillance minimale
aucune intendance
convient par culièrement bien pour les chevaux
installa on coûteuse
+ 150 cm
140 cm
95 cm
m
0c
15
50 cm
piquets et lisses en bois : chêne,
robinier, châtaignier, douglas,
mélèze, épicéa imprégné
prix pose comprise : 15,00 à
25,00 €/m HTVA
2 à 3,5 m
- 80 cm
238
Annexes
Produit
contre l’abrou ssement, le fro s et l’écorçage contre l’abrou ssement, le fro s et l’écorçage
Protec on
efficace pendant 1 an
efficace pendant 4 mois
Durabilité appliquer le produit chaque année pour assurer un effet
appliquer de manière répétée 1 à 2 fois / an
durable
239
Protec ons Latex Farine
répulsives WÖBRA® €€€ CERTOSAN® €€
répulsif biologique répulsif biologique
soumis à phytolicence soumis à phytolicence
Produit
Protec on
la formula on latex assure une protec on fiable contre 6 à 8 semaines si applica on au printemps ou en été
Durabilité
l’écorçage durant 6 à 10 ans 4 à 6 mois en hiver
± 15,00 € HTVA/kg
Coût ± 65,00 € HTVA/kg
135,00 à 160,00 € HTVA (seau de 10 kg)
240
Annexes
Produit
contre les dégâts d’écorçage et d’abrou ssement contre les dégâts de soulèvement du sanglier
Protec on
sans phytolicence
Avantages/ simple d’u lisa on
peut s’u liser en mélange avec la peinture de marquage
inconvénients sans phytolicence
efficacité courte
241
Protec ons Amendement
répulsives Wild Granix® € Laine de mouton €
amendement calcaire
répulsif naturel
à effet répulsif indirect
Produit
amendement à base de CaO, MgO et SO3 produit naturel, non traité et non lavé
répulsif olfac f répulsif olfac f et de contact par effet désagréable en bouche
Protec on
sans phytolicence
Avantages/ en fonc on de la température ambiante, il
sans phytolicence
inconvénients dégagerait des odeurs différentes, empêchant les
animaux de s’habituer
odeur répulsive pendant 3 à 5 semaines en fonc on odeur répulsive pendant 2 à 5 mois si la tonte de la laine est
Durabilité
des condi ons clima ques récente
épandage au niveau des lignes de planta on (200 à pose à la main en mars sur les rameaux des plants sans
Pose
300 kg/ha) l’enrouler autour de la ge (nécroses et pourritures)
242
Annexes
Aide au choix de variétés anciennes de pommes pour la planta on de vergers en demi- ge et haute- ge
Dans chacun des groupes A et B, les variétés sont classées par ordre de maturité - conserva on des fruits ; distances
entre les arbres : de 12 m à 15 m.
*: indique les variétés les plus rus ques, adaptées aux situa ons marginales (p. ex. Ardenne)
(1)
RGF-Gblx : acronyme de Ressources Géné ques Frui ères appliqué aux variétés diffusées par le CRA-W
(2)
Trad-RGF : acronyme pour des variétés tradi onnelles rela vement bien adaptées à des produc ons sans usage de traitements
243
B. Variétés anciennes "RGF-Gblx" (1) diffusées par le CRA-W à Gembloux
++
Reine e DuboisRGF-Gblx B m10-05 6 ++ ++ ± ±/– ++ ++ ++
Principaux synonymes : a = Reine e Étoilée ; b = Belle-Fleur Double , Franc Bon Pommier ; c = Calville des Prairies, Pomme de
Côtes Simple ; d = Pe t Bon Pommier, Belle-Fleur Simple ; e = Verdia, Rabaël, Balleau, Lanscailler, Dubbele Belle Fleur, Belle-
Fleur d’Hiver ; f = Eysdener Klumke ; g = Keuleman ; h = Calville des Vergers, Triomphe du Luxembourg, Pomme de Côtes Double ;
i = Mother ; j = Cabare e (diffusée par le CRRG).
Maturité : période de cueille e et de consomma on en condi ons de conserva on dans un bon frui er en cave ; 01, 02 ... 12 = janvier,
février ... décembre.
Groupe de floraison : 1 = très précoce… 7 = très tardif.
Qualité du pollen : détermine la valeur de la variété comme pollinisatrice : ++ très bon ; + bon ; - mauvais. Pour assurer la mise à fruit, la variété
pollinisatrice doit fleurir ± en même temps (même groupe de floraison ou maximum une classe avant ou après) que la variété à féconder, et
avoir un bon pollen .
Sensibilité aux maladies : cote moyenne en année favorable à la maladie : ++ très faible (symptômes très rares) ; + faible (symptômes
immédiatement apparents, peu nombreux et sans préjudice pour la récolte) ; ± moyenne (symptômes nombreux, dégâts préjudiciables) ;
– élevée (symptômes très nombreux, perte d'environ 50 % des fruits ou des branches) ; = très élevée (symptômes extrêmement nombreux,
perte de la plupart des fruits ou des branches).
Pour les quatre dernières colonnes : ++ très bon ; + bon ; ± assez bon ; – médiocre.
Apprécia on globale : sans protec on fongicide : (a) résultat assez bon en situa on très favorable, sinon médiocre ; (b) nécessité de lu er
contre le chancre ; (c) très lente mise à fruit ; (d) produc on alternante ; (e) sensible au feu bactérien ; (f) actuellement très peu commercialisée ;
(g) mauvaise tenue des fruits à l'arbre ; (h) sensibilité au chancre dans certaines localités ; (i) plus forte sensibilité à la tavelure certaines années
et/ou dans certaines localités ; (j) sensibilité à la tavelure plus forte sur les feuilles que sur les fruits ; (k) variété à ne pas planter en haute- ge
car inadaptée ; (l) variété à chair rouge.
Sources : observa ons originales et données bibliographiques (Anonyme, 1939 ; Anonyme, 1947-1948 ; Baker, 1986 ; Bul tude, 1984 ; Dufour,
ca. 1938 ; Kessler, 1945 ; Lijsten, ca. 1945 ; Petzold, 1982 ; S evenard, Lebrun, 1996 ; Van Cauwenberghe, De Keijzer, 1954 ; Vo eler, 1986).
244
Annexes
Adapta on Qualité
Exposi ons
Période de Groupe Qualité Sensibi- Caractéris-
Caractéris ques conseillées Auto-
Demande cueille e et de de du lité ques gusta-
gusta ves pour Haute- fer lité
entre-greffe sur consomma on floraison pollen Tavelure Table Cuisson ves
espaliers ge
cognassier
Précoce de TrévouxTrad-RGF
N, E, S ± OUI - m08 2 + G5:G6 (AF) MS ++ S=A
(F, 1862)
Précoce HeninRGF-Gblx
N, E, S, O NON ± m08 3 + PS +/++ S=A
(B, ~1970 )
Ananas de CourtraiTrad-RGF
N, E, S, O NON - f08-09 3 + PS ±/+ s
(B, 1784)
Calebasse à la ReineTrad-RGF
E, S, O NON + f08-09 4à5 + PS + ++ S=A +(ast)
(B, 1770)
Triomphe de VienneTrad-RGF
E, S, O OUI ± d09 4à5 + PS + S
(F, 1874)
Poire de GrosRGF-Gblx
N, E, S, O OUI ++ d-m09-10 3à4 - PS ± ++ S=A
(B, var. paysanne)
Beurré SuperfinTrad-RGF
E&S NON - m09-10 4à5 + (AF) MS ++ S=A
(F, 1844)
Double PhilippeTrad-RGF,
Doy. Boussoch, N, E, S OUI ++ m09-10 3 - (AF) MS + + S=A
Brré de Mérode (B, 1800)
Beurré LebrunTrad-RGF
N, E, S, O NON ± m09-10 3à4 + AF PS + + s+m
(F, 1856)
Louise Bonne
E&S NON - f09-10 2à3 + (AF) MS/TS ++ S=A
d'AvrancheTrad-RGF (F, 1778)
William's Duchess
E&S NON - f09-10 4 - MS ±/+ + S=A + (ast)
(UK, 1841)
Doyenne du Comice
E&S NON - d10-11 6à7 + TS +++ S=A
(F, 1849)
Duchesse d'Angoulème
E&S NON - d10-11 3à4 + TS +/++ S=A
(F, 1840)
Jeanne d'Arc (F, 1893) E&S NON - d10-12 4à5 + MS/TS + S=A
Jules d'AirolesTrad-RGF
E&S NON ? m10-12 6 ± à -? MS +/++ + S=A
(F ou B, 1836)
Beurré de Naghin (B, 1840) E&S NON + m10-12 3à4 + MS +/++ S=A
Trad-RGF
Beurré d'Hardenpont
E&S NON ± m10-01 4à5 ± MS/TS +/++ S=A
(B, 1759)
245
Adapta on Qualité
Exposi ons
Période de Groupe Qualité Sensibi- Caractéris-
Caractéris ques conseillées Auto-
Demande cueille e et de de du lité ques gusta-
gusta ves pour Haute- fer lité
entre-greffe sur consomma on floraison pollen Tavelure Table Cuisson ves
espaliers ge
cognassier
Madame GrégoireRGF-Gblx
E&S ± OUI + m10-02 1à2 - PS/MS(1) + + s=a
(B, 1860)
Joséphine de MalinesTrad-RGF
E, S, O ± OUI ± f10-01 5 + PS +/++ S
(B, 1830)
Bronzée d'EnghienRGF-Gblx
E, S, O NON ++ d-m10-02 4à5 + PS + ++ s<A + (ast)
(B, 1830)
Comtesse de ParisTrad-RGF
E, S, O NON + m10-02 1 + PS +/± + s
(F, 1884)
Variétés : ( ) = Pays d’origine et date d’obten on ; RGF-Gblx = acronyme Ressources Géné ques Frui ères appliqué aux variétés diffusées par
le CRA-W ; Trad-RGF = acronyme pour des variétés tradi onnelles rela vement bien adaptées à des produc ons sans usage de traitements
Exposi ons conseillées pour les espaliers : N = Nord ; E = Est ; O = Ouest ; S = Sud
Adapta on : Demande une entre-greffe sur le porte-greffe cognassier (basses- ges) : OUI = variétés incompa bles ou de trop faible vigueur si
greffées directement sur le cognassier ; NON = se greffent directement sur le cognassier sans problème
Période de cueille e et de consomma on : période moyenne de cueille e et de consomma on après conserva on en bonne cave ;
01, 02… 12 = janvier, février… décembre ; d = début , m = mi , f = fin
Groupe de floraison : 1 = très précoce... 4 = moyenne saison… 7 = très tardif
Qualité du pollen : détermine la qualité de la variété en tant que pollinisateur : + = très bon pollinisateur ; - = mauvais pollinisateur
Auto-fer lité par elle : AF = variétés parthénocarpiques qui produisent des fruits sans être nécessairement fécondées.
Sensibilité de la variété à la tavelure sans traitement fongicide : PS = peu sensible ; MS = moyennement sensible (variable suivant les années
et les endroits, à réserver de préférence en espaliers) ; TS = variété très sensible (dont la culture en plein vent est risquée - à réserver en
espaliers bien exposés) ; (1) variétés dont la sensibilité à la tavelure est variable suivant les endroits
Qualité table et/ou pour cuire : ++ = excellent ; +/++ = très bon ; + = bon ; ± = moyen ; - = médiocre
Caractéris ques gusta ves : S = très sucré ; s = moyennement sucré ; A = très acide ; a = moyennement acide ; ast = astringent ; M = arôme
par culièrement musqué.
Explica ons succinctes sur la féconda on des arbres frui ers et le choix de pollinisateurs : en règle générale, les variétés d'arbres frui ers
n'ont pas la capacité de se féconder avec leur propre pollen. Communément, pour les variétés qui fleurissent en moyenne saison (groupe 4),
il n’est pas nécessaire de choisir de pollinisateur ; pour les variétés à floraison précoce ou tardive, il faut obligatoirement planter deux variétés
dis nctes du même groupe de floraison, ou d’un groupe mitoyen, et dont l'une au moins a un bon pollen.
Remarques :
ο Certaines variétés sont dites autofer les . En poires ces variétés sont le plus souvent « parthénocarpiques » : elles peuvent être plantées
seules car elles produisent des fruits sans être fécondées ; elles peuvent aussi féconder les autres variétés classées dans les groupes de
floraison similaires.
ο Dans le cas des variétés appartenant aux groupes de floraison 3, 4 ou 5 (qui sont les groupes de floraison les plus courants) et si vous
habitez dans un endroit parsemé de poiriers situés dans un rayon de moins de 100 m, il y a de très grandes chances que votre arbre puisse
être fécondé. Pour les variétés dont la floraison est soit très précoce (groupes 1 et 2) soit très tardive (groupes 6 et 7), il est vivement
conseillé de planter une variété pollinisatrice spécifique.
ο Les variétés « RGF-Gblx » (Ressources Géné ques Frui ères) sont des anciennes variétés spécialement sélec onnées par le CRA-W
(Gembloux) pour leur robustesse et leur tolérance aux principales maladies.
Exemples pra ques de choix de pollinisateurs :
(1) Vous désirez planter la variété Saint-Mathieu appartenant au groupe de floraison 5 . Vous pourrez choisir pour pollinisatrices
des variétés qui ont un bon pollen et qui appar ennent au groupe de floraison 5 (p. ex. : Joséphine de Malines ou Beurré Chaboceau),
mais vous pouvez aussi sélec onner des variétés appartenant au groupe de floraison qui précède (p. ex. : Seigneur Esperen, groupe 4 )
ou, éventuellement, au groupe qui suit.
(2) Dans le cas par culiers où vous voulez planter la variété Double Philippe , située dans le groupe 3 mais qui a un mauvais pollen
(mauvaise pollinisatrice), vous devriez idéalement planter deux autres variétés qui ont obligatoirement un bon pollen et qui sont situées
dans les groupes de floraison 2 , 3 ou 4 (p. ex. Beurré Lebrun et Nec Plus Meuris) qui pourront à la fois féconder la Double
Philippe et se féconder entre elles. Favorisez la présence d’insectes pollinisateurs en développant des bandes fleuries et des abris à
abeilles sauvages.
246
Annexes
Caractéris ques des principales variétés tradi onnelles de pruniers offertes à la vente par les pépiniéristes
en Belgique
A. Variétés tradi onnelles
Qualité du fruit
Groupe de Auto- Sensibilités Apprécia on
Variétés et pays d'origine Maturité Produc on
floraison pollinisa on majeures globale
Table Culinaire
Qualité du fruit
Groupe de Auto- Sensibilités Apprécia on
Variétés et pays d'origine Maturité Produc on
floraison pollinisa on majeures globale
Table Culinaire
Maturité : le tableau est divisé en trois sec ons séparant les variétés précoces, de moyenne saison et tardives : 7 à 10 = juillet à octobre ; d =
début , m = mi , f = fin.
Groupe de floraison : 1 = très précoce... 4 = tardif.
Autopollinisa on : 0 = autostérile ; 1 = par ellement autofer le ; 2 = autofer le ; 0/1 = autostérile ou par ellement autofer le, selon les
sources.
Produc on : (f) faible ; (v) variable suivant la localité ou l'année ; (a) alternante ; (r) régulière ; (rr) régulière et élevée.
Sensibilités majeures : (ca) fruit a aqué par le carpocapse ; (ec) fruit éclatant facilement à la pluie ; (fr) épiderme fragile, se tachant à
la pluie ; (go) fruit contenant souvent de la gomme ; (gu) fruit très a aqué par les guêpes ; (ma) matura on incomplète par automne
froid ; (mo) fruits moniliés par temps humide ; (pl) arbre sensible au plomb à stereum ; (t) sensibilité à la tavelure du prunier ;
(r) sensibilité à la rouille.
Pour les trois dernières colonnes : ++ très bon ; + bon ; ± assez bon ; - médiocre.
Qualité du fruit : (c) compotes et confitures ; (t) tartes.
Sources : observa ons originales et données bibliographiques (Anonyme, 1979 ; Baker, 1986 ; Belmans, 1986 ; Dufour, ca. 1938 ;
Gauthier, 1978 ; Van Cauwenberghe, 1935 ; Van Cauwenberghe, de Keijzer, 1954).
M. Lateur, 2017
247
Annexe 17 : aide au choix des essences dans le cadre d’une planta on d’arbres
têtards
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté
Produc on biomasse ± - + ±
Pouvoir calorifique - ++ + +
Usages directs BO, BF, BS, BRF BF, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF
op mum en sols
meubles, profonds, frais op mum : sols légers,
alluvions des fonds de et bien drainés profonds et frais
vallée y compris sols tolérant aux sta ons à bon drainage
tolérant à l'anoxie, à la
engorgés tendance sèche, aux sols acidophile à neutrocline
compacité et aux sols
acidocline légers peu profonds et argile compacte
Sta on légers
sols de texture légère caillouteux hydromorphie
acidocline à neutrocline
drainage excessif acidophile à neutrocline permanente
sols très acides
engorgement permanent (pH < 7) calcaire ac f (< - 40 cm)
sols compactés grands froids et gelées fonds à gelées
sols compacts et
engorgés
tolérance à la sécheresse :
bon poten el d'avenir :
régula on précoce de la
essence exigeante en
transpira on
risques : sécheresses chaleur
tolérant au manque bonne résistance au
Changement fréquentes et déficit peu sensible aux
d'eau : bon poten el vent : enracinement très
clima que d’approvisionnement sécheresses es vales
d'avenir développé
en eau gelées tardives si
bon poten el d'avenir :
débourrement plus
valorisa on de terres
précoce
acides et légères
consommé par le bétail excellent fourrage : intérêt pour les caprins :
Fourrage très appétent
mais peu appétent feuilles et ramilles surtout les jeunes feuilles
croissance rapide
fixateur d’azote usage en croissance rapide
croissance rapide
rôle majeur dans la gemmothérapie et intérêt pour les parcours
bois durable en
qualité des eaux oncologie (cancer de de porcs en plein air :
Par cularités extérieur : piquets,
main en des berges et l’utérus) produc on élevée de
tuteurs, bardages…
des sols meilleur pouvoir glands
produc on de châtaignes
bois immergé calorifique piquets de clôture
imputrescible
essence rus que
essence rus que fixa on et structura on
enracinement très essence rus que peu
recyclage des éléments du sol : ++
puissant et développé sensible aux maladies et
minéraux : ++ recyclage des éléments
favorisant l’aéra on et la aux ravageurs
fane améliorante à minéraux : +
Avantages structura on du sol (VS recyclage des éléments
impact posi f sur le fane de bonne
sols compacts) minéraux profonds : +
cycle des éléments décomposi on : +
fane améliorante riche fane avec C/N élevé :
fixa on et structura on mellifère : +
en azote et à rapport C/N humus de qualité
du sol : ++ poten el biologique : ++
faible
248
Annexes
Pouvoir calorifique + + + ++
Usages directs BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF BO, BF, BS, BRF
large amplitude op mum : sols profonds,
écologique meubles et aérés
op mum : sols profonds op mum : sols fer les, tolérance : sols
op mum : sols riches,
et frais meubles et profonds superficiels et
sains, profonds et frais
tolérance : sols plus richesse minérale caillouteux
bon approvisionnement en
pauvres (acides élevée : neutrocline (5 plutôt neutrocline :
eau mais sans excès
ou calcaires), plus < pH < 7) 5,5 < pH < 7
Sta on bonne richesse
superficiels et tolérance : sols sensibilité aux sols
minérale : pH neutrocline
subhumides compacts engorgés ou à régime
à basicline
enracinement puissant très sensible au hydrique alterna f
sols sableux ou trop
peu sensible à la manque d'eau : besoin al tude > 300 m :
compactés
compacité d'apports constants température trop
sensible à l'engorgement faible, dégâts de gelées
permanent précoces et tardives
sensible aux
grande plas cité sécheresses es vales essence rus que
décimé par la chalarose,
écologique : et aux stress hydriques très tolérante à la
Changement il est déconseillé d'en
essence assez résistante le cantonner à des sécheresse et aux fortes
clima que planter encore en l'état
au manque d'eau sta ons présentant températures
actuel de la situa on
bon poten el d'avenir une bonne réserve bon poten el d'avenir
u le en eau
arbre fourrager numéro
intérêt pour les caprins : intérêt pour les
1, très appétent pour le
surtout les jeunes feuilles caprins : surtout les réputé comme arbre
Fourrage bétail, même les rameaux
en pe te quan té jeunes feuilles en fourrager
et les feuilles tombées à
pe te quan té
terre à l'automne
fixateur d'azote
intérêt pour les croissance très rapide
intérêt pour les parcours
parcours de porcs en très longue durabilité
de porcs en plein air : feuilles et écorce
plein air : produc on naturelle : piquets,
produc on de glands largement u lisées en
de glands tuteurs
Par cularités piquets de clôture pharmacie.
piquets de clôture drageonnement s mulé
trognes de bois précieux trognes de bois précieux
trognes de bois par la taille des rameaux
(loupes) (loupe)
précieux (loupes) et les blessures sur les
croissance lente
croissance lente racines : peut devenir
invasif
cortège d'espèces
associées important
recyclage des éléments
réservoir réservoir
minéraux : ++ recyclage des éléments
d'auxiliaires : ++ d'auxiliaires : ++
fane améliorante à rapport minéraux : ++
fixa on et structura on fixa on et
C/N faible : humus de fane améliorante riche
du sol : + structura on du sol : +
Avantages qualité même en contexte en azote et à rapport
recyclage des éléments recyclage des éléments
de sol acide C/N faible : ++
minéraux profonds : + minéraux profonds : +
favorise l’ac vité fixa on et structura on
fane avec C/N élevé : fane avec C/N élevé :
biologique et le main en du sol : ++
humus de qualité humus de qualité
de la qualité des sols
fixa on et structura on du
sol : +
249
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté
forte hygrométrie
hygrométrie et réserve sensible aux sécheresses
(versant nord,
peu sensible aux hydrique du sol es vales et déficits
brouillards) et bonnes
condi ons clima ques : inférieures au sycomore hydriques
Changement réserves en eau :
gelées, sécheresses, et supérieures au cantonner l'essence à
clima que cantonner l'essence à
canicules champêtre des sta ons présentant
des sta ons présentant
bon poten el d'avenir bonne résistance au vent une bonne alimenta on
une bonne alimenta on
bon poten el d'avenir en eau
en eau
250
Annexes
Facilité oui
oui oui oui
conduite en têtard mais en plus pe ts sujets
Produc on biomasse + ++ ++ +
Pouvoir calorifique - - - ±
Usages directs BO, BF, BRF BO, BF, BRF BO, BF, BRF BS, BRF
croissance rapide
main en des sols et des
croissance précoce et bois de tressage
croissance précoce et berges
moyennement rapide main en des sols et des
rapide épura on des eaux
Par cularités régénéra on végéta ve berges
régénéra on végéta ve assainissement des
par drageons épura on des eaux
par drageons sols chargés en métaux
lourds
usage en gemmothérapie
251
Légende
++ très élevé, + élevé, ± moyen, - faible
BO : bois d’œuvre, BF : bois de feu, BS : bois de service, BRF : bois raméal fragmenté
Produc on biomasse ++ ++ + +
Pouvoir calorifique - - - -
Usages directs BS, BRF BS, BRF BS, BRF BS, BRF
feuillage, chatons et
jeunes pousses très
feuillage, chatons et feuillage, chatons et feuillage, chatons et
appétents
Fourrage jeunes pousses très jeunes pousses très jeunes pousses très
largement u lisés
appétents appétents appétents
comme fourrage pour les
chèvres
252
Annexes
Produc on biomasse + +
Pouvoir calorifique ± ±
peu sensible aux condi ons clima ques en général peu sensible aux condi ons clima ques en général
Changement
résistant aux sécheresses et canicules résistant aux sécheresses et canicules
clima que
bon poten el d'avenir bon poten el d'avenir
Fourrage autrefois u lisé comme arbre fourrager autrefois u lisé comme arbre fourrager
Il est déconseillé de planter du frêne, a eint par la chalarose et dépérissant à grande échelle ; ce e essence se prête
pourtant par culièrement bien à la conduite en têtard et demeure un excellent fourrage apprécié par le bétail.
253
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256
Crédit photos © INRA, Chaval Y. : p. 117 (3)
© Coq des prés : couverture (6) ; p. 175 (2, 3, 6, 7) © Clemens : p. 132 (1) ; p. 133 (2, 6)
258
B. Deuxième phase : installer son projet
4. Travaux préparatoires 64
4.1. Pré-piquetage 64
4.2. DestrucƟon d’un éventuel couvert 64
4.3. PréparaƟon du sol 65
4.3.1. Diagnos c physique et orienta on du travail du sol 65
4.3.2. Travail du sol 70
4.4. Semis d’un couvert 72
5. Planta on 74
5.1. Piquetage 74
5.1.1. Piquetage avec un cordeau 74
5.1.2. Piquetage avec des jalons 74
5.1.3. Posi onnement d’alignements parallèles 75
5.1.4. Planta on suivant les courbes de niveau 77
5.2. Choix des plants, provenance et récepƟon 78
5.3. Habillage des plants 79
5.4. Mise en terre des plants 80
5.4.1. Période de planta on 80
5.4.2. Planta on de plants en godet 81
5.4.3. Planta on de plants à racines nues 82
[Link]. Règles à respecter 82
[Link]. Planta on manuelle 83
[Link]. Planta on à la tarière 86
5.4.4. Planta on de boutures 86
5.4.5. Planta on de plançons 87
5.4.6. Planta on de frui ers 88
6. Paillage, protec on et lu e contre les campagnols 92
6.1. Paillage 92
6.1.1. Types de paillage 93
[Link]. Paillages consistants 93
[Link]. Paillages fluides 93
6.1.2. Vitesse de dégrada on d’un paillage 94
6.1.3. Modalités de pose 94
[Link]. Installa on manuelle 94
[Link]. Installa on mécanique 96
6.1.4. Compara fs des paillages couramment u lisés 96
6.2. ProtecƟons 101
6.2.1. Types de dégâts 101
[Link]. Dégâts du bétail 102
[Link]. Dégâts du gibier et des rongeurs 103
259
6.2.2. Types de protec ons 105
[Link]. Protec ons mécaniques individuelles 108
[Link]. Protec ons mécaniques globales 108
[Link]. Protec ons répulsives 115
6.3. ProtecƟon contre les campagnols 115
6.3.1. Biologie 116
6.3.2. Méthodes de lu e préven ve 118
6.3.3. Méthodes de lu e cura ve 121
[Link]. Piégeages individuels 121
[Link]. Pièges et procédés collec fs 123
6.3.4. Conclusion 124
D. Compléments
10. Modèles agrofores ers per nents 164
10.1. Les haies brise-vents 164
10.1.1. Caractéris ques 164
10.1.2. Per nences 166
10.1.3. Contraintes 166
10.2. Les plantaƟons de feuillus inter et intraparcellaires 168
10.2.1. Caractéris ques 168
10.2.2. Per nences 169
10.2.3. Contraintes 170
10.3. Les vergers hautes-Ɵges pâturés 170
10.3.1. Caractéris ques 170
10.3.2. Per nences 171
10.3.3. Contraintes 172
10.3.4. Bonnes pra ques 172
10.4. Les vergers maraîchers 172
10.4.1. Caractéris ques 172
10.4.2. Per nences 174
10.4.3. Contraintes 174
10.5. Les parcours à volailles 175
10.5.1. Caractéris ques 175
10.5.2. Per nences 178
10.5.3. Bonnes pra ques 178
10.6. Les alignements d’arbres têtards inter et intraparcellaires 180
10.6.1. Caractéris ques 180
10.6.2. Per nences 181
10.6.3. Contraintes 182
10.6.4. Bonnes pra ques 182
10.7. Les alignements de taillis inter et intraparcellaires 188
10.7.1. Caractéris ques de taillis à très courte rota on (TtCR) et courte rota on (TCR) 188
10.7.2. Per nences des TtCR et TCR 189
10.7.3. Contraintes des TtCR et TCR 189
10.7.4. Bonnes pra ques pour la planta on de taillis 190
261
10.8. Les alignements de peupliers périphériques 193
10.8.1. Caractéris ques 193
10.8.2. Per nences 194
10.8.3. Contraintes 195
10.8.4. Bonnes pra ques 195
10.9. Les bandes boisées 197
10.9.1. Caractéris ques 197
10.9.2. Per nences 198
10.9.3. Contraintes 198
11. Agroforesterie associée à un ouvrage d’hydraulique douce face à l’érosion des sols 200
12. Subsides à la planta on 202
12.1. Aides financières en Wallonie 202
12.1.1. Subsides du DNF 202
12.1.2. Subsides MAEC 202
12.2. Aides financières en Hauts-de-France 203
Conclusion 205
Annexes 206
Annexe 1 : fiche BRF 206
Annexe 2 : potenƟel mellifère en nectar et pollen des arbres et arbustes 207
Annexe 3 : mesurer le pHeau du sol 209
Annexe 4 : coordonnées des laboratoires de proximité REQUASUD pour l’analyse des terres en Wallonie 210
Annexe 5 : coordonnées des laboratoires d’analyse de terre agréés pour la France 211
Annexe 6 : liste des essences éligibles pour la mesure 8.2 (FR) 213
Annexe 7 : essences d’arbres et d’arbustes adaptées par région (RW) 216
Annexe 8 : exigences et producƟons des espèces ligneuses 218
Annexe 9 : exemple de fiche essence Ɵrée de l’applicaƟon en ligne : Auxil’haie (FR) 221
Annexe 10 : protecƟons mécaniques individuelles 222
Annexe 11 : caractérisƟques techniques des clôtures électriques 234
Annexe 12 : caractérisƟques techniques des clôtures grillagées 236
Annexe 13 : caractérisƟques techniques des clôtures barbelées globales contre le bétail 238
Annexe 14 : caractérisƟques techniques des clôtures globales en bois contre les équidés 238
Annexe 15 : protecƟons répulsives 239
Annexe 16 : aide au choix de variétés de pommes, poires et prunes mulƟpliées par les pépiniéristes 243
Annexe 17 : aide au choix des essences dans le cadre d’une plantaƟon d’arbres têtards 248
Bibliographie 254
DocumentaƟons 254
Sites internet consultés 256
Crédit photos 257
262
Belgique - France
Édi on janvier 2021